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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CFJ, B , EXP] Exploration du secteur B - 01/01/35
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 2 Mar - 0:24
Interprété par James Everett, Elizabeth Evans, Jimmy John & Ivy Lockhart.

Je m'étirais durant de longues secondes en baillant tout mon soûl, mes yeux s'embuant de larmes de fatigue. Je me massais lentement les paupières de mes mains, caressant le contour des cernes commençaient à sévèrement se dessiner sous mes yeux du bout de mes doigts. Je n'avais réussi à dormir qu'une poignée d'heures, après avoir tenté de combattre cet espèce de boucan permanent qui me sifflait aux oreilles et cognait aux portes de mon esprit, caressant et électrisant ma peau sans discontinuer ; bien en vain. Seul un épuisement extrême avait fini par avoir raison de cette conscience perpétuelle du chant de notre planète, et si j'avais finalement compris ce que représentaient ces sifflements et autres grésillements, il me semblait apparemment être la seule à pouvoir le ressentir. Et je me traînais donc depuis quelques jours, en plus d'une incompréhensible résurrection, un putain de cadeau empoisonné de Mère Nature ou je-ne-savais-qui. Ça ne faisait pas trois minutes que j'étais éveillée et je ressentais déjà la migraine revenir à grands galops à mesure que le bourdonnement se faisait toujours plus présent, résonnant inlassablement dans une perpétuelle litanie.

Je tendis mon bras gauche vers mes lunettes, sans même avoir besoin de les voir de mes propres yeux. Je pouvais ressentir leur présence juste à mes côtés, le métal de la monture se dessinant dans les perpétuelles lignes de champ presque aussi clairement que si j'avais été une aveugle dotée d'un sonar, percevant leurs oscillations aussi nettement qu'une fausse note stridente au sein d'une mélodie harmonieuse. Merde... j'étais tellement bien quand j'étais morte. Non, en fait, même cette pensée n'avait pas de sens. Mes bigleuses finalement placées sur mon nez, je levais la tête vers le ciel matinal ayant à peine commencé à pâlir. De lourds nuages roulaient lentement sous la voûte céleste, une très légère bise soufflant sur le campement encore calme. Je tournais mon regard en direction de la caravane, discernant avec peine la silhouette de Matthew postée sur son toit, le regard porté vers l'horizon, me demandant si ce mec fermait l’œil de temps à autre, à moins que lui aussi ne soit atteint du même genre de malédiction que moi, peut-être même en pire. Je secouais lentement la tête, puis me relevais avec précautions avant de me diriger vers le petit lac.

A peine parvenue au bord de celui-ci que je me laissais tomber à genoux et plongeais mes deux mains dans ses eaux glaciales, buvant et me débarbouillant la tronche avec énergie, chassant les dernières traces de fatigue résiduelles d'un grand coup de fouet aqueux et vivifiant. Je savais que cet effet ne durerait guère, la véritable fatigue reviendrait rapidement s'imposer à moi, mais au moins cette petite étape fraîcheur me permettrait-elle de garder les idées claires durant quelques heures. N'empêche, qu'est-ce que je donnerais pas pour une simple tasse de café. Même un café soluble et dégueulasse comme celui présent au distributeur de l'université... Le visage ruisselant, quelques mèches de cheveux humides collant à mon front et à mes jours, je poussais un long soupir de soulagement, m'apercevant que me concentrer sur une tâche annexe me permettait de réduire ma perception de ce chant parasite ; puis je me relevais enfin, bien décidée à aller grignoter un petit quelque chose avant de me préparer à partir en compagnie de James et Elizabeth vers le secteur B. Au moins le premier jour de cette nouvelle année s'annonçait-il plus intéressant en terme de tâches à effectuer que la très simple et angoissante situation du “Dégage ! J'ai mal à la tronche et j'comprends pas c'qui m'arrive...” vautrée dans un recoin du campement.

J'allais piocher une barre de céréale dans la caravane de Clark, saluant Matthew au passage, puis partis déguster mon frugal petit-déjeuner sur le capot avant de la première bagnole constituant le mur de véhicule attendant, les pieds posés sur le pare-choc avant déglingué, que mes deux compagnons de route ne se présentent. Mes noisettes se posèrent, contemplatives, sur les ombres matinales à peine distinguables sur l'asphalte qui s'étiraient très longuement, traversant la route pour aller mourir sur l'orée de la forêt s'ouvrant à l'ouest ; puis se portèrent finalement vers le nord-nord-ouest, dans la continuité de la langue de bitume qui roulait jusqu'à la banlieue de Snyder, selon les cartes présentes dans la caravane. Au moins, tout ce merdier résonnant avait-il l'avantage de m'offrir un sens de l'orientation digne d'un putain de pigeon.

Quand le cadet Jefferson avait raconté à qui voulait l'entendre que le docteur Jimmy était doté de “super-pouvoirs” de guérison à son arrivée, j'avais pensé que ce gamin était aussi défoncé que bavard... Mais depuis quelques jours, je me demandais sans cesse pourquoi ce bon docteur avait eu la chance d'hériter d'une aptitude utile au groupe, et que je devais pour ma part me farcir des insomnies et migraines carabinées, juste pour percevoir le champ magnétique terrestre. Une boussole humaine totalement déboussolée... Gé-nial.

Je n'avais de cesse de ressasser mes questions, entre deux crissements plus ou moins stridents qui me donnaient la chair de poule dans un frisson glacial tout en achevant de mâchouiller la dernière bouchée de ma barre de céréales. Pourquoi certains d'entre nous avaient-ils ces étranges capacités ? A quoi pouvait bien ressembler Snyder, et le reste du monde, après tant de mois d'abandon ? Y avait-il d'autres groupes qui vivaient sur Snyder ? Et si l'aéroport était occupé, par des milliers d'infectés, ou des bandits ? Je m'allongeais sur le capot, relevant les genoux et ramenant mes talons derrière mes cuisses, croisant mes bras derrière ma tête sur le pare-brise froid et fissuré de la berline rendue à l'état d'épave. Allait-on au moins en revenir de cette expédition ?

*Et pourquoi il peut pas s'arrêter d'couiner ce p'tain d'champ magnétique !??* hurlai-je en mon for intérieur à l'encontre du phénomène, exténuée de l'entendre fredonner inlassablement avant que ma raison ne me rétorquât d'un ton pédagogue, et passablement arrogant envers moi-même. *Parce que ça nous tuerait tous... Idiote.*

Je poussais un long soupir d'exaspération. Putain... Mais comment est-ce que j'allais bien pouvoir me débarrasser de ce truc ? Il devait bien y avoir une solution à ce problème...

*Et puis y'foutent quoi les deux autres ??* m'interrogeai-je avec impatience, plutôt contrariée de savoir qu'eux, pouvaient profiter d'un sommeil plus lourd et reposant que le mien. Du moins je l'espérais. Le manque de sommeil avait une très fâcheuse tendance à saper ma bonne humeur, ainsi que ma patience déjà pas franchement développée à la base. Je pris une longue inspiration, emplissant mes poumons d'une longue goulée d'air frais matinal, cognant par la suite l'arrière de mon crâne contre le pare-brise du véhicule, essayant de détourner mon esprit de son assaillant passif.

“Faudrait que je plonge la tête sous l'eau éternellement...” soliloquai-je dans un murmure, fronçant légèrement les sourcils en proie à mes réflexions, qui s'intensifiaient au fil des minutes s'écoulant.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 2 Mar - 22:46
Un nouveau jour, une nouvelle année, de nouvelles résolutions.

Tout comme pour noël, le nouvel an ne fut pas fêté, ce qui était au moins compréhensible même similaire, qui irait faire la fête en une période aussi trouble et tragique ? La perte de Davis, le premier événement de cette année 2035 fut une tragique mise en garde et un rappel froid qu'aucun endroit n'était plus en sécurité. Cela mit d'autant plus mal à l'aise James que sa certitude n'en fut que renforcée, ne pouvant néanmoins dissimuler sa tristesse à la perte d'une vie quel-qu'elle soit, il voulait survivre.
Survivre, une notion versatile et trop facile à interpréter, car James ne voulait pas survivre à tout prix pour autant et son humanité, sa santé mentale, il souhaitait les conserver aussi longtemps qu'il le pouvait afin de ne pas céder à la facilité, à la monstruosité. Il se leva de bonne heure, comme tous les jours, et comme tous les jours son premier acte à son réveil fut un soupire, une façon d'expier ses doutes intérieurs pour mieux les effacer aux yeux du monde. Non que le doute soit condamnable, mais l'exposer n'était probablement pas la meilleur chose à faire en cette nouvelle année et auprès de ce groupe encore frais et fragile.

Se glissant hors de sa tente tout en se donnant un coup de fouet à lui-même de son geste dégageant la toile d'entrée de son palace, il se redressa en observant rapidement le camp, un oeil fermé tandis qu'il affrontait les restes laborieux de son réveil matinal, se frottant après quoi le visage à plusieurs reprises pour réveiller ses pores et raffermir les traits et les contours de son visage, aussi efficace qu'un tel geste plus de l'ordre du psychologique que du physique puisse être.
En premier lieu, il fit signe de salut à Matthew sur le toit de la caravane en le ponctuant d'un « bonjour » aimable auquel le chef de camp répondit de son strict et réservé signe de tête. Puis c'est vers le lac qu'il se dirigea, humant l'air et prenant des inspirations régulières pour assimiler telle une magnifique drogue l'air frais revigorant et enivrant, le plaisir simple d'une vie redonnée qu'il célébrait chaque jour, même lorsqu'il était sujet à la mélancolie et à la peine. Il prit la liberté de fermer les yeux sur le chemin, une fois son coup d'oeil certifiant qu'il n'y avait nul mort-vivant à l'horizon, pour mieux profiter des sensations qui s'offraient à lui et de la caresse de son environnement naturel.

Auprès du lac, il ajouta à ses nouveaux frottements au visage de l'eau fraîche, ce qui eu un bien meilleur résultat et lui arracha même un souffle élancé, ressentant maintenant que les conséquences d'une bonne nuit de sommeil avaient troqué le labeur du réveil à une forme bien méritée, s'abreuvant de la même eau afin de se donner force et courage. Il revint au camp, puis gagna sa tente et récupéra le sac à dos qu'il avait emprunté, le hissant à son dos quand bien même il n'y avait encore rien et le laissant entrouvert dans le cas où il faudrait récupérer rapidement une trouvaille quelconque. Il avait également des jumelles sommes toutes classiques mais pratiques attachées à la ceinture, de quoi lui permettre de porter un oeil lointain vers l'aéroport qu'ils visaient et même sur le chemin, s'accordant à lui et au groupe plus de chances de voir venir un danger que de le constater à courte portée. Ce n'était pas infaillible, il devra demeurer attentif et s'en servir régulièrement, sans espérer la perfection, mais c'était un atout sur lequel ils pourraient compter. La carte confiée par Elizabeth se trouvait à sa droite.
Demeuré accroupi dans son antre, il marqua un temps de réflexion face à face avec sa conscience et les murmures qu'elle lui portait, se questionnant sur la façon dont il pourrait réagir contre les menaces qu'il était en mesure de rencontrer, et s'interroger sur l'idée de ce qu'il était prêt à accomplir pour protéger son groupe et sa vie. C'est à l'achèvement de cette longue réflexion qu'il vint passer la main sous sa couche, au niveau de la tête et en sorti ce qu'il y avait dissimulé : son poing américain, la seule arme qu'il possédait et d'une certaine façon bien choisie par ceux qui la lui avaient confié.

Cela semblait n'être rien, cet outil n'avait ni la dangerosité à distance d'une arme à feu, ni la fulgurance de la lame acérée, cependant pour quelqu'un comme lui qui affectionnait avant tout ses poings lorsque l'heure de se défendre était venue, cet outil-ci saurait s'entendre avec l'homme. En dépit de cela, il ne le passa pas aux phalanges et préféra le ranger dans la poche intérieure gauche de sa veste, se donnant le luxe de pouvoir sentir l'arme métallique près de son coeur afin de se rassurer sur le terrain. Un détail qui avait sa valeur sur la psychologie, il le savait pertinemment, une personne qui pouvait sentir son arme à portée avait généralement un sang-froid plus installé grâce à son pouvoir apaisant.
Qui plus est, l'entraînement qu'il s'était imposé depuis la mise au point du plan avec Ivy et Elizabeth, sans en avoir fait un athlète accompli, lui avait permit de retrouver la vigueur de ses jambes et les sensations de ses poings, une préparation qui lui avait prit du temps et dont les efforts furent difficiles dans les conditions de son retour à la vie, mais qui gardait une absolue nécessité pour une question de survie élémentaire. En tant que membre de cette excursion, c'était néanmoins en médecin et soutien en quête de matériel et de nourriture pour ses camarades qu'il comptait envisager cette excursion.

Il finit par s'extirper une dernière fois de la tente et se dirigea vers le mur de voitures, dessinant rapidement la silhouette d'Ivy avachie sur une voiture près de l'entrée du camp et venant à elle avec une intention récemment construire bien que solide de visu à ce départ.

« Bonjour Ivy, lança t-il avec sérénité. Me voici paré au départ. »

Il remarqua alors immédiatement une surprise : elle n'avait rien. Ni arme, ni outil, ni kit, donnant l'impression de se préparer à partir les mains dans les poches à une simple randonnée sachant qu'ils envisageaient d'aller à l'intérieur de la ville qui devait être très dangereuse et, supposant l'aéroport comme un point d’affluence suffisamment important pour qu'ils puissent compter sur de très nombreux rôdeurs peut être. En espérant que ce ne soit pas surpeuplé ou pire encore, qu'ils ne tombent pas sur des bandits.

« Tu comptes vraiment partir comme ça ? Ce n'est pas un peu... inconscient ? »

Jimmy John

Anonymous
Invité
Mar 3 Mar - 11:37
Le soleil vient de se lever, encore une belle journée et il va bientôt arriver, l'ami Harvey, il vient toujours au bon moment avec ses copains et ses couinements, l'ami du petit déjeuner, l'ami Harvey. Il choisit toujours la bonne heure, celle ou on chante tous en chœur, l'ami du petit déjeuner, notre ami Harvey…

Et un jour je le ferais taire c'est certain… j'en peux plus, c'est comme mon réveil à l’hôpital, en l'entendant me réveiller, j'avais envie de le jeter contre un mur et le défoncer à coup de pompe… Harvey c'est pareil en fait… Heureusement pour lui qu'il n'y as pas de mur … quand je me rappelle de l'état de mon réveil… nan je ne peux pas souhaiter ça, même à Harvey.

Il faut dire que ça fait plus de 15 jours maintenant qu’il squatte ma tente.

Bon allez une nouvelle journée dans le gentil campement de Mr Robinson Crusoé. Il est ou ce gosse, il est déjà sorti ? C'est de l'extérieur de la tente que je l'entends? Je dois développer une intolérance auditive.

Bon, de toute façon, aujourd’hui il faut que je me trouve une occupation. Ça va me faire du bien de plus l'entendre et puis en plus (Imitant la grosse voix de Rambo) « Écoutes Jimmy, faut être utile dans le camps. Si tu sers à rien tu dégages s'est compris ?! » Depuis que je suis arrivé ici, mise à part « réparer les petits bobos des gamins » je n’ai fait pas grand-chose. Si je veux assurer ma place et ma survie ici, j'ai intérêt à me sortir les doigts et faire des trucs.

Allez Jimmy, faut se bouger, sinon tu ne vas pas pouvoir rester ici et ce n'est pas sûr que tu restes en vie bien longtemps à l'extérieur de ce refuge. Alors bon, contre mauvaise fortune bon cœur, on la joue sérieux, propre sur soi et on part à l'assaut de …. de où déjà ?
Merde je ne sais même pas ou on vas au fait. ont m'a dit que Ivy partait, avec James et Liz mais je sais même plus où.

Bah avec Ivy, Liz et James, ce ne sont pas des foudres de guerres à première vue donc ils vont forcément aller dans un endroit pas trop dangereux. Ça devrait le faire. De toute manière ils ne vont pas envoyer des gens inexpérimentés en zones risquées… ce serait fou.

Haha Jimmy, t'inquiètes donc pas autant, ça va être comme une petite sortie dans le jardin de l’hôpital à pousser les mamies en fauteuil. Un plan bien tranquille, bien sympas, bien cool.
Sortant de la tente, je cherche du regard les "GO" qui veulent partir crapahuter en dehors du camp. Les trouvant rapidement je me dirige vers eux d'un pas nonchalant, les mains dans les poches. Arrivé à leur hauteur je lève la main en l'air dans un signe de salut et ajoute :

« Salut tout le monde !! Il paraît que vous partez en expédition, je peux venir avec vous pour vous aider ? Deux bras de plus, ça peut toujours être utile…» Et je leurs offre mon plus beau sourire. Avec Un sourire comme ça ils ne peuvent pas me refuser ma compagnie si ? Allez les mecs, sinon je me fais virer du camp !

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 3 Mar - 23:12
Le jour J était là, et évidemment, elle était à la bourre. Elle avait pourtant pris bien soin de se lever aux aurores et de préparer toutes ses affaires, mais chaque fois qu'elle pensait avoir fini, elle partait revérifier que tout était bien en ordre. Elle avait tenté de démonter et remonter son arme cinq fois, et nettoyé entre-temps systématiquement, mais ses souvenirs et la gestuelle employée semblaient lui accorder des actes étrangers si bien qu'elle priait à chaque fois pour que l'arme marche une fois remise en état. Elle était passé quatre fois par la caravane, et au dernier passage, elle avait bien senti l'agacement palpable même si non verbale qu'éprouvait Clark dans ces incessants aller-retour, simplement pour consulter les registres et être bien sûr de leurs objectifs, du plan qu'elle avait elle-même proposé et des différents itinéraires tels qu'elle se souvenait dans sa mémoire, la carte ayant été confié à James la veille.
Si aux yeux des autres elle paraissait sans doute pour une folle, elle-même ne s'apercevait pas de son propre manège, et continuait perpétuellement le même cirque. C'était sans doute les nerfs, et le stress qui la gagnait peu à peu. Elle avait pourtant trouvé un certain réconfort ces derniers jours au campement, se livrant à ses petits rituels, accompagnée ou non, et s'installant un précaire mais certains conforts dans l'automobile qui était devenue maintenant la sienne.

Lors d'un énième aller-retour dans le campement, elle aperçut alors deux silhouettes près de la sortie du mur de véhicule, qui semblait attendre, bientôt rejoins par une troisième. Était-ce déjà l'heure ? Impossible ! En regardant la position du soleil dans le ciel, elle eut pourtant confirmation : elle était bel et bien en retard. Achevant ce qu'elle était en train de faire, elle finit par entamer le chemin de la sortie du campement avant de se souvenir qu'elle avait oublié les chargeurs supplémentaires empruntés à l'intérieur son véhicule. Elle bifurqua discrètement vers son logement de fortune  en essayant de ne pas être remarqué et récupéra les effets oubliés avant de définitivement se mettre en chemin, l'air pas totalement sereine et certaine qu'elle avait omis encore quelque chose sans savoir vraiment quoi.

Elle avait aussi profité de la matinée pour ajuster le pull qui lui était trop grand. Elle avait raccourci les manches et resserré les pans à ses hanches pour ne pas laisser trop d'amplitude à ce dernier. Elle savait pertinemment que ce genre de détail pouvait couter la vie. Elle s'était également attaché les cheveux - et s'y était reprise à trois fois pour être certaine que cela tienne en toutes circonstances - et cela n'avait vraiment, mais vraiment aucune consistance et reflétait parfaitement le groupement de mots : moche mais pratique.

Elle avait glissé son arme dans sa ceinture improvisée et avait garni ses poches des munitions supplémentaires qu'elle avait emportés, spécialement choisie en .22LR.
Lorsqu'elle se présenta enfin au groupe, elle resta d'abord un peu surprise de constater la présence de Jimmy John, le second médecin du campement, et arrivé après les dialogues, ne comprit pas vraiment ce qui se passait.

« Y'a un soucis ? »

Elle espérait que son retard passe inaperçu et soit oublié par ce que Jimmy avait potentiellement annoncé sans en avoir une fichue idée, prenant un air aussi décontracté que possible, bien que le stress accumulé depuis la veille au soir ne cessât de grandir dans son esprit. Elle allait affronter à nouveau le monde hostile extérieur et potentiellement faire face à plusieurs dégénérés alors qu'ils avaient conclu quinze jours plus tôt, que pour ces morts, ce n'était peut-être pas définitif au final...

Le froid mordait en ce jour plus fort qu'accoutumé et elle sentait malgré l'épaisseur de son vêtement qu'il ne faudra pas rester trop longtemps statique au risque de finir frigorifié. Elle resserra alors ses bras autour de sa poitrine, les croisant en protégeant ses mains un maximum de la morsure du temps un peu trop matinale, et les observa tour à tour, espérant capter un début de réponse.
Lorsque son regard s'arrêta sur James, elle lui sourit amicalement. Elle avait été habitué à le voir tous les matins, ou presque depuis quelque temps pour leur séance de footing-périmètre, mais en ce premier jour de l'an 2035, les habitudes avaient dérogé à la règle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 4 Mar - 21:10
Je me perdais dans mes pensées depuis de longues minutes maintenant, mes noisettes fixant le ciel toujours couvert et contemplant parfois le brouillard en train de s'épaissir sous l'effet du jour naissant, tandis que je sentais les lignes de champ magnétique rouler sous mon corps, la carcasse de la bagnole s'insérant presque fatalement dans celles plus faibles du champ magnétique terrestre. Et si la sensation procurée par ce changement de configuration magnétique s'apparentait à des picotements légers mais désagréables courant à la surface de ma peau, au-travers de mes vêtements, je venais de découvrir qu'avec suffisamment de concentration, je parvenais à les ignorer. Aussi, je n'avais ni vu, ni même entendu s'approcher James, sursautant dans un hoquet de surprise lorsqu'il m'adressa la parole pour simplement me saluer. Posant ma main gauche sur mon cœur dont la fréquence venait de doubler en l'espace de quelques secondes, je posais sur son visage barbu un regard soulagé, suivi de près par un court soupir.

“Oh putain tu m'as fait peur...” répondis-je presque instantanément à son salut, avant de lui adresser un sourire crispé, laissant transparaître la gêne qui venait de me saisir alors que les stridulations du champ magnétique s'immisçaient de nouveau au sein de mon esprit. Je me redressais lentement, m'aidant de mes coudes, pour finalement m'asseoir sur le bord du capot avant dont la tôle ploya quelque peu sous les mouvements de mon corps et la pression de mon cul. Je passai une main dans ma tignasse hirsute et désordonnée avant de le dévisager plus longuement, tiquant quant à sa question sur mon absence d'équipement. Je grimaçais à nouveau, ma main droite prolongeant son mouvement jusqu'à l'arrière de mon crâne avant de baisser les yeux, visiblement ennuyée par sa remarque.

“Ben... J'suis pas comme toi, ou Liz'...” commençai-je d'un ton à la fois désolé et un poil irrité. “J'sais pas me battre, ni me défendre... Avec un couteau, j'serai juste bonne à m'couper un doigt, et j'pige rien aux armes à feu... Enfin si... J'sais parfaitement comment ça marche... Le percuteur qui initie la combustion d'la poudre contenue dans la douille, dont la dilatation du gaz permet l'expulsion de l'ogive par l'canon bla-bla-bla...” je marquais une pause en poussant un long soupir “...mais j'ai jamais tiré avec une arme à feu...” finis-je par avouer en détaillant avec beaucoup d'intérêt la pointe de mes godasses, mes mains jointes entre mes genoux.

Je finis par porter mon regard sur le médecin, un regard dans lequel on pouvait lire un début de culpabilité au-travers de mes carreaux. “Et il n'y avait plus grand chose de disponible dans la caravane comme matos qui pourrait être utile à l'expédition... alors autant que je parte les mains vides pour revenir les mains pleines. J'serais au moins utile à ça. Toi, au moins...”

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase, que la silhouette de Jimmy apparut dans mon champ de vision ; l'homme s'approchant visiblement de nous d'un air pressé, mais chaleureux. Je l'écoutais énoncer sa demande de nous accompagner en arquant un sourcil intrigué. Non pas que compter sur la présence d'un quatrième individu ne me dérangeait, qui plus est celle d'un autre médecin ; mais je m'interrogeais sur le fait que justement, les deux médecins du camp partaient ensemble sur la même expédition. Il fallait très sincèrement croiser les doigts que nous en revenions sains et saufs, pour le bien du groupe. Et puis sa présence faisait naître un second malaise en moi, totalement irrationnel en réalité : celui de la géométrie triangulaire. Le triangle était la forme géométrique la plus stable, pas pour rien qu'elle était si appréciée en architecture ou en mécanique. Indéformable, quelle que soit la nature de la contrainte appliquée, jusqu'à son point de rupture mécanique. Je hochai cependant la tête, n'ayant pas le cœur à refuser sa proposition et son aide, et encore moins la tête à essayer de me la prendre. Et puis cela nous permettrait de faire plus ample connaissance également. Aussi je le regardais en précédant ma réponse d'un hochement de tête.

“Bien sûr... Ça ne me pose pas d'problème,” mentis-je en premier lieu, me mordant l'intérieur de la joue pour réprimer une grimace de désagrément. Putain... On l'avait pas prévu dans nos plans le Jimmy. On n'avait pas encore quitté le campement que déjà le plan commençait à se voir foutu en l'air par un élément perturbateur. Merde... Je détestais ce genre de situations, sans pour autant en porter le blâme sur le doc'. Lui ou un autre, ç'aurait été pareil.

Je sautais à bas du capot de la berline et commençais à me masser les tempes en y appliquant de petits mouvements circulaires du bout de mes doigts, cherchant Elizabeth du regard avant de finalement l'apercevoir non loin du véhicule qui lui servait de logis. Lorsqu'elle nous rejoignit, demandant si souci il y avait, je secouais lentement la tête en signe de négation.

“Non... Juste un invité-surprise en la personne du doc' John,” lui exposai-je en désignant l'intéressé d'un geste du menton. “On peut y'aller ?” demandai-je ensuite assez sèchement, bien plus sèchement que je ne le voulais par ailleurs, ce qui me fit moi-même tiquer en les dévisageant tour-à-tour, avant de lever une main d'excuse.

“Pardon... Désolée... Faites pas attention à moi... Juste que j'suis pas dans mon assiette, et qu'ça fait une semaine que j'me lève du pied gauche... Qui est-ce qu'a l'itinéraire ?” finis-je par demander, d'un ton plus agréable.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 5 Mar - 21:48
Le haut le coeur d'Ivy, prise par la surprise, failli faire sursauter James qui dressa les sourcils un instant de sa propre surprise, avant d'expirer discrètement de soulagement en sentant la situation un brin bêbête sur le coup. Le calme reprit ses droits et à ses réponses, James aurait voulu lui répondre qu'il ne faisait que s'inquiéter et qu'elle n'avait pas à se sentir mal à l'aise à cause de ce qu'il avait dit, mais ils furent interrompus par l'arrivée de Jimmy, qui se présenta le plus naturellement du monde.

A la demande de ce compagnon potentiel, il jeta un regard à Ivy afin de voir comment elle réagirait à cette proposition audacieuse, et demeura presque silencieux jusqu'à la venue d'Elizabeth, se contentant d'un « bonjour » à l'un comme à l'autre. L'air surpris d'Elizabeth et l'attitude d'Ivy, même si elle semblait faire des efforts d'une manière ou d'une autre, alertèrent James sur le froid que cela jetait vis à vis de Jimmy qui pourrait prendre tout cela comme une distance. Aussi s'empressa t-il d'étirer un sourire simple mais sincère à l'attention de l'homme en lui tendant la main, prétextant dans le but d'esquiver la situation en faisant sa présentation.

« James Everett. Jimmy c'est cela ? Navré, je ne connais votre nom de famille. On m'a laissé entendre que vous étiez médecin aussi, c'est agréable de trouver un confrère dans ce genre de campement, je suis sûr que l'on aura les moyens de faire du bon travail à deux. J'avais d'ailleurs quelques idées dont nous pourrions parler à l'occasion. »

Il attendrait que Jimmy réponde à son geste de main et serrerait la sienne amicalement si c'était le cas, de toutes les façons, il avait l'obligation d'avancer.

« Enfin, pour le moment il est surtout question de se mettre en route pour notre... expédition, escapade, récupération, je ne sais franchement pas quel terme serait le mieux indiqué pour ce que nous allons faire. Ceci étant dit c'est moi qui ai la carte. »

Il attrapa la carte pliée à sa ceinture et s'employa à la déplier, l'ouvrant suffisamment pour avoir vue sur la ville de Snyder dans son ensemble. Bien que les trois quarts ne lui servaient pas c'était une simple question de visuel, l'autre partie de la carte gardée repliée sous sa main.

« Alors, si on en croit la carte la route mène directement à Snyder, mais il faudra se déporter vers l'ouest pour rejoindre la zone B sans passer par l'entrée de la ville. On peut couper par la plaine ou longer la forêt par l'extérieur, à vous de voir. Commençons déjà par la route. »

Il prit une bonne inspiration, instinctivement puisque les inspirations étaient des mimiques quotidiennes à l'homme qu'il était et replia la carte en la gardant dans sa main gauche. Ceci fait il acquiesça autant pour lui-même que pour les autres et entama le pas en prenant la tête - physiquement - du groupe tout en ajustant la position le sac à dos à son épaule, passant à coté du panneau du motel qui était sans doute resté tel quel durant des mois à s'encrasser, sans plus personne pour l'entretenir.

Il ne tarderait pas à rejoindre la route en prenant sur sa droite, se lançant avec le reste du groupe - et veillant à ne pas avancer tant qu'ils ne suivaient pas - vers leur objectif aussi nécessaire qu'il contenait un je-ne-sais-quel grain de folie. Après tout, si l'on prêtait regard à ce qu'ils allaient faire, c'était clairement un voyage visant à prendre ce qu'ils pouvaient là où ils en trouveraient, quoi que soit la ressource ou le bien. A croire qu'aujourd'hui il n'y avait plus que les bons pillards, et les mauvais pillards. Pour le moment, il n'y avait que cette route qui semblait sans fin et incessamment observée par la forêt voisine.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 9 Mar - 20:24
Bien qu'un peu intrigué de la distance d'Ivy quant à sa présence, et la prudence d'Elizabeth, Jimmy avait répondu au geste de main de James en rétorquant d'un sourire.

« Docteur Jimmy Jones, responsable du service d’oncologie de l’hôpital de Houston… enfin, rebouteux actuellement vu les moyens du bord. Et vous-même, cher confrère, où exerciez-vous ? »

Tandis qu'il prenait le pas pour suivre James qui s’éloignait, un sifflement survint depuis le campement, interpellant le groupe. Matthew, arbalète fidèlement tenue en main, était sorti des environs du feu de camp sans s'approcher réellement de vous, attendant que les deux médecins se soient retournés pour faire signe à Jimmy de venir d'un air renfrogné, bien que cet air était ce qui devait se rapprocher le plus de la neutralité tant il était inscrit sur son visage.

Demeurant à sa place, il patienta d'être rejoint par le plus ancien médecin des deux et s'adressa à lui de quelques mots qu'aucun ne pouvait entendre de par leur portée lointaine, l'incitant à le suivre vers l'opposé du camp. Dans un dernier regard, il fit un signe de tête vers le trio, sa façon de leur souhaiter bonne chance et d'illustrer le fait qu'il gardait Jimmy avec lui, aussi brève soit elle.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 10 Mar - 10:35
Les évènements s’étaient enchainés à une vitesse si folle qu’Elizabeth avait l’impression d’avoir perdu le peu d’assurance qu’elle s’était forgé dans l’optique du départ. Elle n’avait pas considéré sa question comme déplacée, elle ne savait vraiment pas de quoi Jimmy John était venu leur parlé, ayant raté leur conversation par son arrivée tardive.
Ivy semblait déjà de mauvais poil, et répondit à son interrogation sur un ton assez tranchant, avant de s’empresser de s’excuser. Tout le monde semblait un peu sur les nerfs ce matin. La perspective de cette sortie dans un environnement hostile rappelait à chacun les instincts primaires de défense dont ils étaient capables, et la nervosité ne fit que rajouter aux angoisses de la brune qui n’était en rien sereine.

Toujours est-il que James enchaina bien rapidement, accueillant la potentielle nouvelle recrue avec quelques courbettes et salutations polies d’usage, échangeant les présentations avec lui, avant de sortir la carte pour constater le trajet, de la replier une fois fait et de prendre la tête du petit convoi qui c’était ainsi formé. Elle aurait aimé avoir son mot à dire sur le sujet, mais visiblement, tout le monde semblait déjà au point et d’accord pour embarquer avec eux le second médecin du campement. Elle sentait une certaine panique grandir. Elle avait passé tellement de temps à réviser cette sortie depuis qu’ils l’avaient planifié à trois qu’inclure la potentialité qu’une quatrième se joindrait à eux balayaient toute cette préparation mentale dont elle avait fait preuve.
S’en était presque trop pour elle, et elle eut du mal à entamer le premier pas qui la sortirait définitivement de l’enceinte sécurisée du campement, pourtant James prenait déjà un peu d’avance, entamant la route en tournant à droite, son objectif et sa destination déjà bien ancrée.

Oh, ce n’était pas particulièrement contre le docteur. Ça aurait été n’importe qui d’autre que l’angoisse aurait germé avec la même intensité. Non, c’était plutôt cette sensation de n’avoir pu dire quoi que ce soit à ce sujet et que tout ce qu’elle s’était forgé pour ne pas perdre pied s’effondrait sous son poids.
C’est sans doute l’instant que choisis Matthew pour intervenir à son tour subitement. Dans son esprit défaitiste, tout était fini. Il y avait eu un problème et l’excursion était annulée. Elle l’espérait peut-être d’ailleurs tant cela mettait le trouble dans ses pensées. Depuis l’incident du camion, elle ne parvenait pas à retrouver le moral et à se raccrocher à ses propres capacités pour se dire qu’elle pourrait s’en sortir. Il avait fallu qu’elle s’accroche à quelque chose de bien tangible, comme la préparation de cette sortie pour retrouver le courage de sortir de son autarcie, et voilà qu’on lui avait retiré des mains cette petite branche à laquelle elle s’était accrochée sans avoir même la politesse de lui demander la permission.

Elle prit un air résigné avant même de savoir ce que le chef du campement leur voulait réellement… jusqu’à ce que Jimmy le rejoigne, interpelé par lui, et qu’il fasse signe qu’il faudrait se débrouiller sans lui. Pardon ? Elle se sentit à la fois coupable et soulagée, mais surtout très mal à l’aise. Pourquoi était-elle empreinte de tant de pensée négative ? Chacun voulait donner du sien et prendre part au travail. Et puis, il faudra bien qu’elle s’habitue aux éléments surprises ou à ne pas voir les plans établis être tenus jusqu’au bout. Il faudrait bien qu’un jour, elle se forge aux perturbations qu’imposait ce nouveau monde dans lequel elle avait du mal à s’adapter.

Toujours silencieuse, portant la main à son arme pour la sortir de son rangement de fortune, elle finit par rejoindre les deux autres et leur emboiter le pas dès qu’ils retrouveraient le chemin de leur périple. Et voilà que ses pensées dérivaient à nouveau sur d’obscure contradiction : un deuxième médecin, c’était toujours plus sûr qu’un seul. S’ils avaient été à un moment dans la panade, il aurait sans doute pu être utile, et cela aurait fait des bras supplémentaires pour porter le matériel qu’ils étaient partis chercher.

Elle secoua la tête. De toute manière, elle n’avait pas les moyens de changer la situation à nouveau. Le regard bas, inspirant profondément, elle essaya de retrouver une certaine contenance et d’assurer au moins le rôle qu’elle s’était elle-même assigné : celui de surveiller les environs à la recherche de potentiel ennemi.
Leur marche serait longue, et elle le passerait sans doute plongé dans son aphasie, afin de garder le plus de concentration possible sur les alentours. Ça au moins, elle ne pouvait pas le rater… si ?

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 10 Mar - 21:14
Je jetais un regard furtif sur la carte de Snyder dépliée par James, laissant de temps à autre courir mes noisettes sur Jimmy plutôt furtivement, ou plus longuement sur Elizabeth avant de finalement revenir sur le rectangle de papier, localisant l'aéroport représenté comme un enchevêtrement de lignes épaisses au Sud-Ouest de la ville. A la proposition de James de savoir s'il valait mieux couper par la plaine ou longer la lisière de la forêt par rejoindre le secteur B, je fis pivoter mon corps entier pour faire face à la route, contemplant dès lors le mur forestier nous faisant face, de l'autre côté de la langue de bitume craquelé, puis laissais mon regard dériver sur les alentours alors que le brouillard matinal se voulait encore épais, me rendant bien compte qu'il allait être difficile de voir approcher une menace à plus de quelques dizaines de mètres, ce qui n'arrangeait en rien l'appréhension que je me faisais à propos de cette excursion qui ne suivait déjà plus le plan adopté. Je resserrais les pans de ma trop mince chemise autour de ma carcasse maigrichonne en poussant un long soupir que le froid eut tôt fait d'embuer, les yeux perdus dans la profondeur laiteuse de cette forêt que Matthew nous avais vivement conseillé d'éviter. Et puisqu'on parlait du loup...

Un sifflement aigu déchira l'ambiance nerveuse qui se dressait lentement, m'arrachant à mes pensées pour attirer mon attention dans sa direction. Je distinguais, au bout de quelques secondes, la silhouette aux muscles secs de notre chef de camp, semblant inviter – ordonner ?? – au doc' Jones de le rejoindre, nous indiquant ensuite d'un bref signe de tête qu'il nous laissait partir sans le médecin. Je fronçais les sourcils, franchement dubitative quant à la manière de s'exprimer de notre hôte.  *Putain... Ca lui ferait mal d'utiliser des mots ??*

Je lançais un regard étonné et légèrement incompréhensif vers mes deux compagnons de route, avant de hausser les épaules, étrangement soulagée de finalement me rendre compte que nous ne partirions qu'à trois... Comme prévu. Je laissais James ouvrir notre expédition sur la route de Snyder, forçant un peu ma propre allure et l'allonge de mes guibolles pour suivre son rythme de grand ; notamment pressée par le fait qu'au-delà d'aller au-devant de l'inconnu, nous jouions également contre le temps. Il était hors de question de passer la nuit hors du campement et de la vigilance de Matthew, pas avec le peu d'équipement que nous emmenions avec nous, et certainement pas au milieu d'une marée de morts-vivants, voire à proximité de bandits, ou de types à la solde du Marchand. Ces dernières hypothèses bien sombres m'arrachèrent des frissons. A moins qu'il ne s'agissait du froid ? *Nope... C'est d'la pétoche ma vieille...* dus-je m'avouer dans un souffle peu ragaillardi.

Je ne pouvais d'ailleurs pas m'empêcher de regarder tout autour de moi, de nous, ne cessant de m'assurer des présences de Liz' et James non loin de moi. Hors de question de les perdre de vue dans ce brouillard et me faire larguer. Je remarquais d'ailleurs qu'Elizabeth avait sorti son arme et la tenait en main, parfaitement silencieuse et aux aguets. C'est du moins l'impression que me donnait son visage à l'expression si fermée, si concentrée... Était-ce pour se protéger des rôdeurs, ou pour se protéger de ses propres craintes, comme on porterait un artefact rassurant et encourageant. Je posais mes prunelles sur l'arme à feu, dont j'ignorais jusqu'au nom, durant quelques secondes, me remémorant de façon éphémère ma réaction lorsque je fus confrontée à devoir en manier une. Simplement refuser, ne serait-ce même que de m'en emparer... Refuser que de ma main, sous la simple impulsion de ma volonté, puisse en jaillir un éclair fugace et brûlant de mort et de souffrance ; et quelque part, j'enviais Elizabeth d'être capable de la porter, de la tenir et d'oser s'en servir, d'avoir les épaules pour assumer les responsabilités et conséquences que cela impliquait.

Au bout d'un certain temps presque que je ne parvenais à calculer, je changeais très légèrement de direction pour me retrouver à la gauche d'Elizabeth, lui jetant un regard et un mince sourire sincère, avant de glisser doucement ma main droite dans sa main libre et la serrer avec le peu de force dont j'étais capable, si tant est qu'elle ne se libère pas de mon étreinte dans un réflexe, puis de lui glisser d'un ton confident, que je voulais rassurant au possible. “Ça va bien s'passer...” lui soufflai-je amicalement, avant de pousser un bref soupir. “J'suis morte de trouille... Mais ça va bien s'passer...” Je déglutis, puis soutint le regard sombre de la jeune femme durant de longues secondes, avant d'en décrocher pour de nouveau me concentrer sur nos environs immédiat, puis je haussai légèrement le ton pour faire part à mes acolytes de mes doutes et mes réflexions quant à l'itinéraire choisi tandis que la lisière de la forêt commençait à s'éclaircir sur notre gauche.

“Je s'rai d'avis de pas trop longer la forêt pour rejoindre le secteur B, et de couper à travers la plaine plutôt. J'ai pas envie d'voir un truc, genre...” je mimai des guillemets de mes doigts “...n'importe quoi d'hostile... jaillir des bois à la dernière seconde pour nous avoir par surprise.” Je marquais une courte pause et marmonnais d'une voix plus faible et plus rauque : “Et puis y peut pas s'lever ce putain d'brouillard là ?”

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 13 Mar - 22:21
La perspective d'un collègue donnait à James matière à envisager davantage en terme d'installation et de fournitures médicales, si il pouvait se concerter avec un autre dans le but de partager les tâches. A la question de Jimmy, il répondu en revanche de façon assez évasive, comme si la perspective d'évoquer le sujet ne le mettait pas tellement à l'aise.

« J'exerçais à Fort Worth, j'étais principalement chirurgien. »

Esquivant de devoir en dire plus, il avait ainsi prit la direction de la route, se raisonnant sur le fait que ce genre de questions était normal et qu'il devait s'attendre à en recevoir. Il pensa alors à devoir se préparer au choix de ses réponses, une pensée qui pouvait paraître un brin paranoïaque mais qui finalement pouvait peser ses justifications, comme le fait de ne pas donner de fausses illusions aux membres du camp en tournant ses phrases de façon à laisser croire qu'il avait plus de compétences que la réalité ne l'imposait, ou au contraire que ses réponses ne puissent amener que plus de questions. Il ne voulait guère devenir un centre d'attention pour quiconque, préférant demeurer discret et entendre parler d'autres plutôt que de parler de lui.

Si il avait toujours eu un sens de l'écoute respectable, et une capacité à soutenir psychologiquement autrui, il était relativement médiocre à traiter ses propres difficultés et à parler de ses expériences. C'était à la fois un opposé extrême au besoin d'attention et de prétention, et une version plus gangrenée de la modestie. Lorsque l'on en vient à vouloir éviter les regards pour ne pas être le centre d'attention, on peut en venir à s'effacer du regard d'autrui et malgré lui, il ne cherchait pas à obtenir un meilleur ou plus équilibré résultat, se poussant malgré lui à une certaine solitude alors que la présence d'humains autour de lui pourrait l'aider à trouver une motivation à avancer, une source de vouloir-vivre qu'il n'avait pas vraiment l'impression de posséder.
Elizabeth, pour qui il jeta un regard alors qu'il s'était arrêté à la route pour s'assurer qu'ils l'accompagnaient, n'avait rien fait de particulier que de partager leurs footings matinaux et discuter un peu de leurs propres expériences, bien qu'il avait noté que si il avait fait des efforts conséquents pour divulguer quelques vérités sur lui-même, Elizabeth semblait avoir encore plus de mal à communiquer, chose à laquelle il n'avait en fait pas de griefs, bien à l'inverse. Avoir été aux cotés, même brièvement, d'une personne qui partageait son calme et son manque de bon parler s'était en réalité révélé être une forme de communication agréable, dans le silence et la simple proximité.

Il remarqua, plus tardivement que les autres, la venue de Matthew et sa façon d'interpeller le second médecin, ce qui attira plus que son regard, sa curiosité et son inquiétude. Y avait il un problème de si bonne heure qui méritait d'interrompre leur départ si longuement et psychologiquement préparé à affronter le monde extérieur après leur récent retour à la vie ? Qu'elle ne fut pas sa surprise de découvrir que leur chef de camp emportait leur camarade vers l'opposé de leur lieu de vie en ne s'excusant que d'un signe de tête se suffisant à lui-même. Il trouva cela dommage dans une certaine mesure, pouvoir discuter avec un confrère lui donnait des raisons de communiquer et il aurait pu compter sur son avis pour diverses idées qui permettraient de donner à ce groupe encore frais des moyens de soins solides. D'un autre coté, il n'était pas plus mal qu'il ne prenne pas de risques à les accompagner, et cela faisait une donnée hasardeuse en moins pour lui et ses deux compagnes de voyage qui si ils avaient travaillé ce départ ensemble, n'avaient pas prit en compte la venue d'un tiers.
Il ne chercha pas plus à comprendre, se contentant de rester fixé sur leur objectif pour ne pas se distraire, et scruta l'approche des deux filles ainsi que de l'arme qu'Elizabeth avait extrait. Cette fameuse arme qu'il avait rencontré en même temps qu'elle la première fois, son canon aussi certainement pointé sur lui que les yeux de sa propriétaire quand il avait tenté de nouer le contact, chose ironique pour quelqu'un qui se laissait penser comme asocial, cette nouvelle vie cachait sans doute quelques autres surprises qu'il n'était pas forcément pressé ni prêt à découvrir. Il avait prit la marche, suivi par Ivy à qui il offrit un sourire serein, de visu à défaut d'être aussi certain intérieurement, la présence de ce brouillard gênant leur vue à plus de quelques mètres n'aidant pas le chirurgien à rester apaisé.

Il n'omis pas de jeter un regard derrière lui de temps à autre pour s'assurer qu'elles le suivaient toujours. Au cours d'un regard, il vit quelque chose de très surprenant : Ivy, aux cotés d'Elizabeth, avait glissé sa main dans la sienne. Une marque d'humanité, un geste de bonté pour s'aider l'une l'autre à se rassurer, un signe d'espoir au monde présent. La vue de ce geste et d'une Ivy souriante s'adressant à tout croire le plus généreusement du monde à Elizabeth, quant bien même il n'entendait rien à sa distance, lui donna du baume au coeur et le rassura tandis qu'il ramenait son regard vers la route en laissant un sourire plaisant et revigorant se dessiner sur ses lèvres. Il n'avait pas de main féminine dans la sienne pour le réchauffer, pourtant avoir vu cela le rassurait et l'encouragea peut être plus que les deux femmes elles-mêmes, conservant son allure plus décidée encore à travers le brouillard incertain de leur marche en direction de Snyder, une main tenant la bretelle droite de son sac, l'autre conservant d'un poing presque serré la carte qui leur permettrait de s'orienter.

« C'est pas faux. Répondit il à Ivy. Tu en penses quoi Elizabeth ? »

Vers l'inconnu...
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