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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CFJ, B , EXP] Exploration du secteur B - 01/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Lun 20 Avr - 0:57
L'aéroport de Snyder n'a rien de bien extraordinaire.

Vous voilà enfin, après toutes ces péripéties, tout près de votre objectif avec comme dernier obstacle qui vous sépare de lui, un grillage qui autrefois aurait eu l'avantage de freiner quelques tentatives maladroites de le franchir, mais qui à l'heure actuelle offre bien trop d'accès pour se vanter de cet effet.

Vous êtes tout près de la piste Sud/Nord, dont vous apercevez le chiffre 33 à son seuil, et devinez plus loin la seconde piste perpendiculaire qui couvre l'axe Est/Ouest, et hormis le taxiway, il n'y a rien de plus à l'horizon immédiat. Autant dire que c'est un tout petit aéroport qui ne devait sans doute à l'époque accueillir que quelques vols de fret, et vols sporadiques à destination de Fort Worth.
Plus loin, quelques hangars se dessinent à l'horizon en compagnie de la fameuse tour de contrôle, qui n'assure depuis bien longtemps plus aucun vol, l'espace aérien étant tout aussi vierge qu'à l'époque antique. C'est à cette limite que vous arrêtez ce qui pourrait se désigner comme le Quartier 1, qui ne comporte d'ailleurs qu'un Lieu Spécifique : l'aéroport, mais le secteur est loin de ne comporter que ces quelques menus détails.

En tout, quatre Quartiers peuvent être distinctifs, au delà de l'aéroport. Peut être quelques maisons ou d'autres lieux intéressants, mais de votre position vous n'avez pas la capacité de voir ce que comporte les trois autres lieux, et pour se faire, vous devrez en franchir les frontière invisibles et vous aventurer dans un environnement moins désert que l'étendu sauvage d'asphalte et de goudron qui vous fait front.
Mais personne n'a dit que cette zone serait sans danger...

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 21 Avr - 0:25
Les choses avaient une drôle de façon de se goupiller et la vie était vraiment cruelle. Sa mort, ou ce qui semblait l'avoir été, puisqu'il ne savait rien de ce qui avait bien pu se passer, lui avait tout prit : Jessica, son groupe, des mois entiers de sa vie, ses espoirs et ses projets pour survivre. Et pourtant, aussi vite que les choses s'étaient faites pour lui, elles lui en avaient rendu en contrepartie : ce nouveau groupe, de nouvelles possibilités, de nouveaux espoirs. Il bouillonnait de colère et la tristesse continuait d'affluer dans son coeur après qu'il ai prit pleinement conscience de la réalité, et d'un autre coté, il ne pouvait pas s'empêcher d'être heureux que les deux femmes soient saines et sauves. Il en fallait peu... non ?

Mais cela suffisait comme ça. Il avait assez de penser, assez de douter, assez de chambouler son esprit de ce qui était, de ce qui n'était pas, ce qu'il n'avait plus et ce qui l'attendait. Depuis son retour sur terre, il n'avait fait que penser et réfléchir, modeler son environnement en fonction de ses propres blocages et mis en branle ses aptitudes. Il avait été un poids pour lui-même et pour les autres. Il suffisait comme ça, il était temps d'en avoir marre d'avancer à reculons. C'était le moment de prendre de l'avant, et advienne que pourra. Même si ce n'était qu'un rebond sur quelque chose qu'il venait de vivre soudainement et qu'il n'avait pas eu le temps de bien encaisser du fait des événements. Même si la dépression et la peine l'attendaient, être là, ici, avec Elizabeth et Ivy, trois vies avec un but, devait suffire à le faire tenir, au moins le temps de leur sortie.

Il se rendit rapidement compte de la gêne qu'il avait provoqué en agressant d'affection ses deux comparses de cette façon, et ne tarda pas à les relâcher, reculant en ramenant à lui timidité, extrême politesse, crainte du contact et habitudes en société qu'il avait mis de coté. A son tour, il était gêné et se passa la main sur la barbe en regardant quelques instants le sol, avant d'esquisser un sourire incertain mais témoignant toujours de son soulagement partagé. Ce que disait Elizabeth était bien fataliste en effet, mais James y voyait une vrai vérité tournée certes de façon fataliste, mais vérité tout de même. Que dirait Matthew si il les voyaient là ? Si il avait vu leur réaction ? Que diraient les autres ? Bien sûr qu'une horde était terrifiante, qui serait assez bête pour ne pas avoir peur si ce n'est un idiot ? Mais faire telle zizanie ne les - ne l'avait surtout, pas aidé. Les paroles d'Ivy avaient ainsi tout leur sens, son geste aussi.

« Je l'admets, je l'admets... je crois que je n'étais en fait pas prêt pour cette sortie. Je suis désolé, j'ai été... chamboulé. Tel est pris qui croyait prendre. Les conseils sont plus faciles à donner qu'à suivre après tout, mais je vous promets de ne pas recommencer. Vous êtes ici, je suis ici - on, est ici. Il faut rester concentré, nous aurons tout le temps de nous morfondre plus tard. »

Ce qu'il disait, d'une respiration accentuée par ses mots, résonnait plus comme des paroles à lui-même qu'aux filles. Sa réaction, il n'aurait jamais du l'avoir. Elle avait été démesurée et avait mis Elizabeth en danger, l'avait mis lui-même en danger aussi. Il fallait qu'il tienne, c'était important, pour ceux qu'il avait perdu... pour Jessica. Il ne devait pas replonger, pas avant la fin.

Il fallait qu'il tienne.

« Pardon Elizabeth. » Lui dit il plus particulièrement d'un regard navré et coupable, avant de se tourner vers la zone "B" sans plus de cérémonie. « Si c'est bien la tour de contrôle, alors l'aéroport est tout près, allons-y. J'ai peur que cette horde sur laquelle on est tombé puisse être plus grosse et qu'elle ne se dirige vers le camp alors que l'on part à l'opposé. On entre, on prend ce que l'on trouve au plus près, et on file. »

Cherchant à mettre les bouchées doubles, il emboîta ses mots par un signe de tête à l'attention de ses compagnes de voyage et prit le pas sur la plaine aride et caillouteuse, afin de se diriger vers l'entrée de la zone dont rapidement, ils pourraient constater qu'elle donne directement sur l'aéroport, ou du moins ses pistes. Dans la marche, il ne perdrait pas de temps et détacherait les jumelles de sa ceinture pour les empoigner, et démarrer son inspection à distance.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 21 Avr - 9:36
L'enthousiasme de l'instant retombé, Elizabeth ressentit à nouveau le besoin nerveux et survivaliste de s'échapper du contact, de l'étreinte forcée, car si elle avait espéré sur le coup avoir guérit de manière fulgurante de son haptophobie, il n'en était évidemment rien. C'est lorsqu'elle commença à ressentir cette gêne immense et à se tortiller pour se dégager que James décida de relâcher son étreinte.

Elle ne put réprimer un soupir de soulagement, qui aurait sans doute pu passer pour lié au fait que tout le monde soit sain et sauf, mais qui en réalité n'était tourné que vers elle et son propre état. Un soulagement axé sur l'évitement d'une situation qui aurait pu dégénérer à nouveau à cause d'elle et qui aurait laissé un froid glacial dans l'ambiance qui venait de se tisser, la marginalisant un peu plus du groupe.

Au final, la psychologue ne fit qu'hocher la tête aux échanges des deux autres protagonistes. Ivy avait raison de lui en vouloir, bien qu'elle ne pût elle-même exprimer le même sentiment, persistant encore à se croire coupable de la situation. Après tout, elle ignorait encore ce qui lui avait pris de saisir la main du docteur et ce qui s'était passé alors. Peut-être qu'elle lui avait causé une quelconque perturbation. Elle en avait entendu parler, des survivants qui, semblable à son histoire, se retrouvaient pourvus de don encore inconnu, non maîtrisé et terriblement perturbant. Elle était terrifiée de savoir si elle était dans le même cas et surtout de savoir de quoi il en retournait.  
Elle ne voulait être le cobaye de personne, encore moins de sa propre personne, ce qui l'avait poussé à ne rien tenter ni investiguer à ce propos. Mais la sanction était bien réelle : à ignorer elle se retrouvait dans une situation qui aurait pu causer la mort de quelqu'un.

Sortie de ses pensées, elle plongea son regard dans celui de James à l'instant où il affirma ses excuses, ce qui renforça son sentiment de culpabilité davantage. Pourquoi s'excusait-il ? N'avait-il pas conscience qu'il était possible que rien ne soit de son fait ? A moins qu'elle ne se monte à nouveau le ciboulot pour rien et que la sensation n'avait été qu'un simple frisson sans aucune conséquence ? Encore, ses réflexions la plongèrent dans un mutisme certain et une immobilité parfaite. Combien de temps ? Qu'importait. A son retour à la réalité, l'homme était passé à autre chose.

Elle reposa alors plus d'attention sur leur destination, et l'entrain gagné retomba aussitôt. Était-ce raisonnable de continuer ainsi ? Elle avait envie de baisser les bras, d'abandonner, de faire demi-tour et de rentrer, ou même bien, puisque le danger se dressait sur leur route, de rester sur place, de se creuser un trou et d'attendre que le monde ne succombe définitivement. A quoi bon ? Ils venaient de prouver qu'ils n'étaient capables de pas grand-chose. Ils venaient de démontrer qu'au-delà des dégénérés, ils étaient davantage une menace pour eux-mêmes.
Ça n'avait pas de sens de croire qu'ils avaient une chance dans quoi que ce soit. Et si l'un d'eux venait à mourir ? Quelle place lui resterait-il ?

« Peut-être qu'on ... » dit-elle simplement en regardant en arrière, le regard trouble et hésitant.

Mais elle ne put achever sa phrase, car dans son élan, James débordant non pas d'optimisme mais d'une volonté de fer de croire en eux, de croire en la capacité du groupe, prit pas vers le grillage qui les séparait des pistes avant d'observer de ses jumelles les alentours.
Un nouveau soupir s'échappa d'entre ses lèvres pour conclure une prise de parole qui n'aurait dû être et préféra se laisser porter par la vague, car même Ivy paraissait se relever d'un certain espoir. Elizabeth n'avait plus qu'à donner son ingrédient au gâteau et espérait qu'il sortirait du four brûlé. Au mieux juste infecte à manger...

Du regard, elle chercha une brèche dans le grillage suffisamment large pour les faire passer sans anicroche, mais également pour repérer un point de fuite au cas où ils auraient à le franchir dans l'urgence et encombrés.
Laissant James à son inspection lointaine, elle se contenta de se diriger vers ce qui lui semblait convenable, un peu plus à l'Ouest, et entreprit de plier la clôture pour élargir le passage et effacer le moindre bout de ferraille qui pourrait les blesser.

« Ici, ça me semble pas mal. Et c'est repérable, pile dans l'axe de la piste 33. »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 21 Avr - 18:16
J'observais les échanges entre James et Elizabeth d'un oeil compatissant, ne trouvant finalement pas le cœur à ajouter quoi que ce soit qui n'ait déjà été dit. Et puis je n'étais guère en meilleure place qu'eux pour me permettre d'ajouter un grain de sel – encore un – au milieu de ce qui ne me concernait pas de toute manière. Chacun avait ses doute, ses craintes, ses faiblesses. Le début de phrase de Liz' et son regard en arrière en disaient long sur son idée première, idée à laquelle j'aurais apporté tout mon soutien si ma fierté ne me poussait pas à refuser l'échec de la sorte. Je me mis donc en marche à la suite de mes partenaires d'expédition sans piper mot, me contentant simplement de fixer l'horizon droit devant moi et l'objectif à atteindre que nous nous étions fixé.

Le grillage constituant l'enceinte de l'aéroport ne tarda d'ailleurs pas à se détacher sur le paysage, découpant celui-ci d'une infinité de losanges dont le réseau maillé révélait de nombreuses brèches en divers endroits, offrant à notre expédition quelques points d'entrées sans que nous ayons besoin de faire le tour du périmètre. J'y voyais par ailleurs là un point positif : avec ces ouvertures dans le grillage, les potentiels infectés prisonniers en son sein auraient tout le loisir de foutre le camp d'ici pour aller chasser l'humain en d'autres lieux. Mais à bien y réfléchir, cela signifiait également que d'autres étaient passé avant nous. Réflexion qui m'arracha une petite moue de contrariété, quant à l'éventualité de primo, tomber sur d'autres être humains intelligents et donc potentiellement hostiles ; secundo, que l'on ait fait tout ce chemin pour ne rien trouver sur place.

Une fois que Liz' eut fini de nous préparer l'entrée, choisissant une brèche judicieusement bien placée et aisée à retrouver en cas de nécessité de fuite – comme précédemment – dans le grillage, je décidai de m'y aventurer la première après m'être assurée qu'aucune mauvaise surprise ne se trouvait à proximité. Tâche rendue relativement simple par le paysage parfaitement plat qui s'étendait à perte de vue en une longue et large langue de bitume noir et légèrement fissuré par les mauvaises herbes qui parvenaient à reprendre leurs droits, maintenant qu'aucun homme ne prenait soin d'entretenir la piste d'atterrissage. D'un coup d'oeil cependant, j'estimai la largeur de cette piste d'atterrissage et en déduisit que l'aéroport de Snyder n'avait rien de la structure à dimension nationale, à défaut d'être internationale, que je m'étais imaginée. Aucun avion de ligne ne pouvait atterrir là-dessus. J'imaginais bien quelques jets privés et petits aéronefs cargos, voire des coucous pour pilotes amateurs, mais rien n'étant destiné à du gros fret de passagers. Je retenais un juron déçu en commençant à marcher sur le bitume, mon regard se portant vers la lueur moins intense de ce qui devait être la tour de contrôle, quelques bâtiments en tôle grise luisant par ailleurs au devant de celle-ci, bien que la distance à laquelle ils se trouvaient ne me permettait pas d'en être certaine pour l'instant.

Je jetais un coup d'oeil par dessus mon épaule, m'assurant que James et Liz' me suivent bien avant de pousser ma marche plus en avant, jetant de nombreux regards craintifs tout autour de moi en espérant ne pas voir débouler toute une tripotée de zombies affamés. Malgré l'heure encore matinale et la température hivernale, je pouvais déjà ressentir la chaleur monter du bitume et brouiller par effet d'optique le paysage au ras du sol. Ce détail me fit penser que nous n'avions emporté ni eau, ni nourriture avec nous. *Raison de plus pour pas rester là pendant des plombes...* me suggérai-je, recentrant mon esprit sur notre objectif rappelé par le médecin un peu plus tôt. Prendre ce que l'on pouvait trouver d'utile et foutre le camp fissa.

Au bout de longues minutes de marche, j'avisais finalement un des hangars les plus proches de nous, masquant désormais à ma vue la tour de contrôle de l'aéroport. Une première inspection de ses alentours immédiats n'indiquait aucune présence indésirables, mais en tendant l'oreille plus attentivement, je pouvais discerner quelques râles et grognements en provenance de l'intérieur de celui-ci. Je me tournais vers mes deux acolytes en secouant la tête en signe de négation, plaquant mon index droit sur mes lèvres, une grimace mêlée de crainte et de gêne grimant les traits de mon visage. Pour moi, le jeu n'en valait pas la chandelle. Nous devions pousser notre exploration vers un autre lieu moins “occupé”.

Je levais donc mes mains devant moi dans un geste d'incompréhension expectative, mes lèvres articulant silencieusement un “Et maintenant ?” à l'attention de mes compagnons de route.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 22 Avr - 23:44
James avait saisi ses jumelles et entamait l'inspection des lieux. Si les pistes d'atterrissage proches étaient plus ou moins désertes, de quoi rassurer le médecin sur les risques immédiats à s'aventurer au delà de ces murs, il en fut autrement lorsqu'il vit la suite. Traversant les clôtures après que les deux femmes soient entrées, ce qui le plaçait maintenant à l'arrière du groupe, il ressaisit ses extensions d'yeux et poussa l'observation vers la tour de contrôle et les zones les plus éloignées, ce qui le fit s'arrêter pendant quelques secondes où il garda les verres collés aux yeux, comme si il avait cherché à les incruster.

« Mon dieu... » laissa t-il échapper pour lui-même, abasourdi - c'était un euphémisme.

D'innombrables silhouettes, semblables à des fourmis de par la distance qu'ils avaient avec eux, vadrouillaient et fourmillaient partout dans les structures contiguës à l'aéroport des quartiers voisins et les morceaux de piste les plus éloignées vers l'ouest. Ils se croisaient, erraient dans tous les sens et parallèlement occupaient une véritable forteresse depuis la tour de contrôle à la porte verrouillée, mais dont il constatait les hauteurs vitrées et les interstices. Pour le coup oui, il y en avait partout, encore heureux qu'ils soient enfermés dans le bâtiment, ce qui donnait tout de même la terrifiante impression à James qu'une véritable armée se rassemblait en ces lieux, pour de sombres et infernaux objectifs. Point positif : le long de la piste d'atterrissage et les premiers hangars semblaient déserts, ce qui entendait que les choses avaient probablement dégénéré et que des survivants avaient du se réfugier dans la tour de contrôle, pendant que d'autres fuyaient les pistes. Il y ajoutait à ses théories les quelques avions à l'arrêt, sans doute abandonnés, sur les vastes pistes.
Il savait, ou plutôt avait cru comprendre que les rôdeurs s'amassaient parfois en hordes, leur petit trio en ayant croisé une - de petite taille probablement - en l'occurrence. Mais pouvaient ils former de véritables armées en mesure de marcher sur un même lieu, et de cibler une même proie ? C'était difficile à imaginer, il n'avait pas encore eu la malédiction d'observer de plus près les comportements sociaux et codes de conduite qu'avaient ou n'avaient pas les rôdeurs entre eux pour peu qu'ils aient conscience les uns des autres. Quoi qu'il en était, la partie nord de la zone B était à proscrire, absolument. Il abaissa ses jumelles avec un air à la fois lassé et frissonnant sur les bords, s'adressant à ses deux comparses dès lors qu'il avait reprit la marche pour récupérer leur niveau.

« C'est un véritable raz-de-marée du coté nord. »

Il n'avait rien ajouté de plus qu'ils ne tardaient pas à approcher des hangars, et de la tour de contrôle qu'il ne pouvait s'empêcher de scruter plus qu'autre chose avec une attention extrêmement prudente. Il avait presque avancé machinalement et suivi Elizabeth et Ivy sans vraiment prêter gare aux alentours immédiats, leur laissant le soin de cela tandis qu'il demeurait absorbé par les recoins plus lointains. Ce furent les râles à peine perceptibles, et les grognements qui succédèrent de façon un brin mieux audible, qui le sortirent de l'horizon.
Ivy, qui avait prit la tête du groupe à son tour, semblait s'être arrêtée là et sa grimace, comme ses autres gestes, étaient explicites sur le fait de rester discret mais surtout d'envisager un autre endroit à explorer que cet hangar visiblement déjà occupé. Ils n'avaient pourtant pas beaucoup de choix, car ce fut au tour de James de plisser les lèvres avec une grimace en indiquant la tour de contrôle, avant de passer la main sous la gorge, serrée, en mimant une décapitation. Une façon très brute mais claire d'entendre que le bâtiment principal de l'aéroport avait tout d'un guet-apens.

Il regarda Elizabeth, puis Ivy, et lorgna avec réflexion sur le hangar en replaçant les jumelles à sa ceinture, puis dégagea un soupir en attrapant le pan de sa veste, passant l'autre main sous celle-ci afin de récupérer quelque chose dans une poche intérieure, ou approximativement. Lorsqu'il la sortie, il avait en main un poing américain, une arme très surprenante mais ô combien judicieuse puisqu'il n'avait pas le moindre autre choix personnel pour se défendre. Il amena ses yeux sur ce qu'il faisait et glissa les interstices à ses doigts, installant l'arme dont le métal froid réveillait ses phalanges et lui donnait la désagréable sensation de gêne.

Ce faisant, il revint aux filles et indiqua un second hangar un peu plus à coté, puis celui devant lequel ils étaient, une façon de donner son avis assez direct pour le coup : l'un, ou l'autre, le reste était trop exposé et trop dangereux à son goût.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 23 Avr - 21:52
Une fois ses deux camarades ayant franchi le grillage pour pénétrer à l'intérieur de la zone aéroportuaire, Elizabeth se contenta de leur emboîter le pas en restant vigilante sur les environs. Le large environ plat qui s'étendait face à eux avait le grand avantage de leur offrir une vue assez lointaine et de prévenir des éventuels mouvements, mais cela restait tout de même restreint à leurs propres capacités humaines. James et son équipement faisaient ensemble une bien meilleure sentinelle. Elle n'avait plus qu'à se contenter des abords proches, restant relativement attentionnée sur les zones telles que touffes d'herbes hautes qui pouvaient cacher l'un des contaminés rampants.

La piste, même si de taille très modeste attestant les capacités réduit des avions qui pouvaient s'y poser, était bien longue, surtout lorsqu'il fallait franchir tout cela à pied, mais les minutes de marche qui les séparaient du premier bâtiment ressemblèrent plus à quelques secondes à peine. A l'annonce funeste du docteur, Elizabeth ne releva aucune réponse. Une horde. Après tout, elle s'y attendait un peu. Les gares, les aéroports, les marinas, l'ensemble de ces lieux constituaient sans nul doute des foyers de concentration de non-mort, garni de personnes qui avaient simplement essayé de fuir le plus rapidement et le plus loin possible, à défaut de pouvoir le faire en voiture - car là encore, les grands axes au départ de chaque ville, plus ou moins grandes, avaient sans aucun doute été témoins d'un effroyable et interminable embouteillage.

Un frisson parcourut son échine. Le froid ou l'appréhension ? Sans doute un mélange des deux. Ils venaient de rentrer dans une zone potentiellement dangereuse et la mort pouvait surgir de n'importe où, alors il fallait qu'elle reste discrète et aux aguets, et surtout qu'elle garde à tout prix la tête froide en toutes circonstances.
Elle avait encore en tête sa réaction lors de la rencontre avec le groupe de Matthew, et l'incident du camion, et plus encore, celui où elle avait cru perdre James dans la bouche d'égout, et qu'elle avait tiré sur cette créature sans même savoir s'il en était une. Non, définitivement, elle devait retrouver foi. Mais ce n'était que dans les instants de pause et d'accalmie qu'elle était capable de se faire entendre raison, raison qui s'enfuyait à toutes jambes dès que l'urgence réclamait toute son attention, cédant davantage à la panique.

Inspiration. Expiration. Ils avaient passé le premier hangar où les râles et gémissements, où le chant des morts résonnaient, la faisant trembler de toute part. Et maintenant, ils étaient à mi-chemin du second bâtiment et le silence qu'ils avaient dû faire avant de s'en éloigner était moins de mise.

« On s'en passera, autant se concentrer sur le coin pour le moment. On peut continuer vers le second hangar et trouver du matériel pour renforcer les défenses du campement, ou jeter un oeil à ceux-là. » Déclara-t-elle à voix basse en désignant de l'index deux avions, des petits coucous, laissés à l'abandon, l'un sur le taxiway et l'autre en bout de piste.

« Avec de la chance, les gars qui voulaient déguerpir d'ici avaient prévu d'emporter des provisions avec eux. »

Ils pouvaient faire aussi les deux, et dans ce cas, Elizabeth préféra indiquer les deux engins à faire passer en premier. Au moins, la fouille serait plus rapide, et ils ne seraient pas trop encombrés pour la suite de l'investigation : celle du hangar. Dans les hangars, s'ils trouvaient du matériel, tel que des outils ou autres, cela risquait de leur occuper trop les mains pour espérer continuer.
Elle attendit quand même la réponse d'Ivy à ce sujet, se calant sur la majorité si elle n'allait pas en son sens. En attendant, elle récupéra son arme resté à l'arrière de son pantalon et inspira profondément en lorgnant sur les environs, le poing serré sur la crosse, sécurité toujours engagée. La réverbération du soleil sur le tarmac lui donnait mal aux yeux et elle avait l'impression de se trouver en plein été si le froid de la brise ne la rappelait pas à la réalité.

Elle espérait qu'Ivy prenne une décision rapidement et la suivrait dans cette dernière : le second hangar ou les deux aéronefs.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 25 Avr - 9:59
Revenant légèrement sur mes pas pour m'éloigner du hangar grouillant, je prenais bonne note des observations de James qui, de gestes parfaitement explicites expliqua que la grande majorité des bâtiments de l'aéroport étaient infestés de rôdeurs, à commencer par la tour de contrôle, et je n'osais parler du hangar devant lequel je m'étais tenue quelques instants plus tôt dont les râles révélaient à la fois le danger et la menace qui pesaient sur nous à chaque seconde écoulée. C'est alors qu'Elizabeth désigna deux coucous stationnés sur les pistes, visiblement abandonnés en plein décollage ou atterrissage, c'était selon, probablement bloqués par des hordes d'infectés et de fuyards encore bien vivants à ce moment-là. Mais visiblement, la jeune femme consultait également mon avis et attendait ma décision de son regard appuyé. La réflexion ne me fut pas longue, et la décision s'ensuivant ne tarda pas à être prise. Entre deux aéronefs abandonnés et deux hangars potentiellement remplis de Z, mon choix se porta naturellement vers la solution la moins risquée et la plus rapide.

“J'suis d'l'avis d'Elizabeth,” finis-je par répondre d'un ton presque murmuré, craignant de trop élever la voix et attirer une attention dont je ne souhaitais profiter sur nous. Je braquai mon regard et mon index droit en direction des oiseaux métalliques. “On d'vrait commencer par fouiller les avions. Ils sont suffisamment isolés et éloignés pour nous permettre d'les fouiller discrètement, sans pour autant nous empêcher d'voir une quelconque menace arriver de loin ; et ça nous permettra d'lever les voiles rapidement en cas de pépin.”

Je reportais par la suite mon attention sur le barbu, avisant d'un oeil circonspect le poing américain qu'il arborait à sa main. Je n'osais m'imaginer en train d'employer une telle arme d'appoint. Déjà, avec ma force de crevette, je n'assénerais pas de grands coups suffisamment violents pour tuer une de ces choses, du moins était-ce là ce que j'imaginais, n'ayant aucune connaissance ni expérience dans ce domaine pour jauger de la résistance osseuse d'un crâne décomposé ; mais surtout, je n'aurais certainement pas le cran d'enfoncer mon poing dans la masse sanguinolente d'une bouillie de chair en décomposition, de lambeaux de peau à la texture flasque et visqueuse, d'os émiettés, de cervelle broyée, de sang coagulé et autres fluides vitaux dégoulinants. James était un chirurgien de ce que j'en savais, la barbaque, le sang et les tripes restaient son domaine, même si je l'imaginais opérant avec des outils un peu moins invasifs qu'un putain de poing américain. Après observation et réflexion, le pistolet d'Elizabeth et l'idée de s'en servir m'apparaissaient beaucoup moins terrifiants et peut être plus à ma portée finalement. Plus propre, plus distant, moins salissant ; et je ne parlais pas de mes vêtements, mais bel et bien de ma conscience quant à ce dernier terme. Ces pensées finirent par m'arracher un frisson de dégoût qui me parcouru l'échine et fit courir la chair de poule sur mon épiderme. Il fallait que je cesse mes digressions mentales pour revenir à l'objet de notre éprouvante expédition. Ainsi, soutenant le regard du barbu d'un air interrogateur, je lui adressais un petit geste du menton puis désignais les aéronefs d'un léger mouvement de la tête.

“Ces hangars m'paraissent trop risqués. Donc si t'es d'accord avec nous, on d'vrait aller j'ter un oeil à ces piafs.”

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 25 Avr - 17:33
La sensation du métal froid revigorait ses muscles dont l'énergie était retombée, l'augmentation d'adrénaline passée. Sa main serrait l'arme comme pour se convaincre d'être prêt à en faire usage, alors que c'était tout l'inverse. La plupart des gens qu'il avait rencontré pensaient qu'un chirurgien, habitué aux démonstrations de sang et de chair ouverte, de découpes de membres et prélèvements d'organes, seraient probablement peu sensibles aux morts-vivants qui tombaient en lambeaux, aux couteaux qui pénétraient la peau d'autres vivants, bref, à la boucherie qui pouvait avoir lieu dans ce nouveau monde sans limites.

C'était pourtant d'une erreur absolue, car James ne le voyait pas ainsi. Entre avoir un enfant dont une partie du corps devait être ouvert pour extraire une tumeur afin de le sauver, proprement et au sein d'un bloc - d'un environnement - bien ordonné, et toute cette folie, il y avait un fossé de la taille de l'Atlantique. Dire qu'il trouvait ça ragoûtant était peu dire, et ouvrir un crâne ne lui était pas beaucoup plus facile, c'était surtout une question de situation et de psychologie. James avait appris la chirurgie pour sauver des vies, réparer des corps, améliorer le sort de ses congénères dans des circonstances rigoureuses, pas déchiqueter qui que ce soit à coup de machette ou mettre en lambeaux un corps en décomposition qui cherche à vous dévorer parce que quelque chose en lui le dit, malgré que plus rien ne fonctionne.

Il y avait une tension dans l'air, rien qui ne soit surprenant mais tout de même. Entre lui qui serrait son bout de métal, Elizabeth qui indiquait les deux avions en serrant son pistolet et Ivy, qui se retrouvait au milieu - entre guillemets, Elizabeth soulevait certains arguments auxquels le chirurgien n'avait rien à redire, Ivy en ajoutait pertinemment, c'était décidé : les hangars étaient trop risqués. Se contentant d'un signe de tête approbateur, à défaut d'avoir quoi que ce soit à ajouter, James passa devant les filles en leur faisant signe d'attente, dans le sens où il valait mieux le laisser se mettre en avant, puis une fois quelques pas mis entre lui et elles, transforma son geste en appel de venir.
Il y avait sans doute de la mentalité masculine dans ses actes, certainement, après tout un homme restait un homme et une femme une femme. Sans parler de sexisme, le gabarit était généralement différent au détriment de l'une et c'était le devoir d'un homme que de se mettre en péril pour protéger son homologue féminin, comme son père le lui avait appris. Nombre de féministes le prendraient sûrement comme un affront, mais il y a de toute façon toujours des individus pour râler, même quand cela va dans leur sens ou à leur considération. Cela dit, James ne doutait pas tellement que les filles ne se sentent pas imaginairement insultées par le fait qu'il prenne les devants sans arrière pensée, et de toute façon dans son cas, il avait la seule arme de corps à corps à leur disposition.

Allait il pour autant en faire usage au quart de tour sur toute menace qui apparaîtrait comme un tank enragé ? Rien n'était moins sûr, on ne pouvait pas tout avoir : le courage et la capacité. L'idéal, en fait, serait que sa place du mort ne soit pas mise à l'épreuve aujourd'hui, ils en avaient assez vécu comme ça. James approcha du vieux coucou en regardant de parts et d'autres l'avion à l'apparence assez étonnante à vrai dire.

[CFJ, B , EXP] Exploration du secteur B - 01/01/35 - Page 4 Coucou11

Propre, sans dommage ni la moindre égratignure visible, le petit avion tranchait totalement avec le décor du reste des structures et des rares appareils visibles sur l'ensemble de la piste, certains à l'autre bout. Avait-il été abandonné là récemment ? Ses propriétaires ou ses usurpateurs ont ils même eu jamais le temps de l'atteindre ? Il y avait forcément eu tentative, sinon pourquoi serait il là au milieu de la piste ?
Tout cela lui paraissait quand même étrange mais en l'état, ce devait probablement être le dernier de leurs soucis. Prenant une nouvelle inspiration en s'approchant à pas plus prudents, se mettant presque de profil en avançant un pied après l'autre, le poing se redressant instinctivement en gardant pression sur son arme et l'autre main se levant avec méfiance dans l'air en désignant sa volonté de toucher la porte installée sous l'aile, un silence lourd s'instaura durant quelques poignées d'instants. Lorsque enfin sa main toucha la porte, entrant en contact avec une nouvelle sensation métallique glaciale, le temps se suspendu au cours de quelques secondes. James vint passer la tête à travers le hublot pour regarder à l'intérieur, ou du moins l'essaya t-il, car une seconde plus tard, des mains vinrent se plaquer violemment contre le hublot, faisant sursauter l'homme qui recula de deux pas brusques en changeant de profil.

« Attention ! » Avait-il lâché dans l'impulsion.

Un mot bien explicite, mais pour quelle raison ? Son instinct l'avait guidé une fois de plus, puis laissa la raison revenir au galop avant que l'homme ne recule davantage de crainte que ces mains ne l'atteignent. Car ces mains ne pouvaient passer à travers la porte, et pourtant, il ne fut pas pour autant rassuré. Fissurées par endroits, ternes et sales, ces mains appartenaient à un rôdeur dont le visage ne tarda pas à se dévoiler après elles. Un visage lançant une plainte endiablée que le trio ne pouvait pratiquement pas entendre, mais qu'ils devinaient sans mal.
Frottant le hublot avec férocité, plaquant le visage en gémissant avec une envie démesurée, la créature tentait de forcer ce qui la séparait de la vue de ce tas de chair sain qui l'appâtait tant, inconsciente de l'absurdité de ses efforts. L'homme quand à lui soupira en se rendant compte qu'il avait réagit peut être un peu trop excessivement et se reprit, identifiant alors l'aspect cadavérique de ce visage qui le fixait, et c'était affreusement triste. Se remettant droit sur ses jambes, il observa la créature qui avait été femme autrefois, et tourna le regard vers celles saines et sauves qui l'accompagnaient de chaque coté de lui.

Pendant sa réflexion, il pensa d'abord à aller voir ailleurs et oublier cet avion et son contenu, puis sans trop tarder, cette fameuse raison qui le poursuivait lui murmurait qu'à force de fuir toute confrontation, il finirait par trouver pire encore, comme cela avait été le cas à Fort Worth, comme cela avait été le cas quand il...
Quoi qu'il en soit, ils avaient évité les hangars pour ne pas se retrouver face à une légion de ces choses, et fuir contre une seule d'entr elle maintenant, ce serait peut être passer à coté de la meilleure occasion de cette journée. C'était dur, de raisonner ainsi, de recommencer à compter, à peser, l'existence d'une créature comme juste une saloperie qu'il valait mieux affronter qu'une vingtaine d'autres. C'était vraiment comme cela que les choses se passaient à présent ? Peser le pour et le contre, et agir par simple survie, qu'importait le mal qui pouvait être fait.

Cette femme en décomposition, n'importe lequel d'entre eux aurait pu être à sa place. Ce n'était pas le cas grâce au ciel, mais voilà, maintenant, il fallait décider et il n'aimait sincèrement pas ça.

« Il y a peut être des provisions à l'intérieur... » Dit-il finalement, comme si il parlait par dépit, puis souffla de tristesse. « Et on a prit assez de risques pour une seule journée. »

Il avança alors jusqu'à la porte, et posa la main sur sa poignée, jetant un regard à la créature qui s'agitait à quelques centimètres de lui. Marquant un instant, ses yeux d'un bleu clair se posèrent sur son poing armé, puis se levèrent sur la vaste et vide piste d'atterrissage. Sans lâcher la poignée, il tourna les talons vers Elizabeth, et glissa maintenant son regard sur son arme, puis sur elle, l'air profondément désolé en revenant à son poing qu'il redressait quelque peu.

« Je ne peux pas, pas aujourd'hui. » Il se mit à fixer Elizabeth. « Nous aurons le temps de fouiller et de filer avant que quoi que ce soit n'arrive. »

Dieu pouvait le sentir, à quel point il l'était : désolé. Ses mots, ses gestes, tout était limpide comme de l'eau de roche, James n'était pas prêt à défoncer le crâne de cette femme, même déjà morte, à coup de poing américain. En dépit de sa colère, en dépit de sa tristesse et de sa prise de conscience du malheur qu'était le leur, il n'avait pas la force de se transformer en animal et de répandre sauvagement une cervelle autrefois innocente sur le bitume, pas encore, c'était trop pour lui.
Il ne restait que l'arme d'Elizabeth, qui mettrait fin à leur difficulté rapidement, sans douleur, quoi que puisse ressentir cette chose ni vivante ni morte. Il savait que c'était sans doute beaucoup lui demander maintenant, que c'était cruel de l'obliger à commettre un tel acte, mais leurs possibilités étaient limités.

Ne pouvant réprimer sa culpabilité et sa tristesse à la mettre devant le fait accompli, il ne dit rien de plus, car rien ne pouvait excuser cela. Il se contenta d'attendre un signe de sa part, pour ouvrir cette porte et reculer. Finalement, ce n'était pas aujourd'hui qu'il remplirait son rôle de mâle protecteur, maintenant, il n'avait plus qu'à se taire et attendre.

Elizabeth R. Evans

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Dim 26 Avr - 20:02
Tout le monde semblait avoir approuvé son idée et, quelque part, elle était soulagée de ne pas avoir à pénétrer dans une vaste zone sombre qui lui rappelleraient un peu trop les bois desquels elle venait quelques instants plus tôt de sortir. Pour un peu, et elle allait devenir nyctophobe, comme si ça propre crainte n'était pas suffisante, le monde d'aujourd'hui allait s'empresser de lui en rajouter une nouvelle.

Restant sur ses gardes, un oeil davantage dirigé vers la tour de contrôle tandis qu'ils faisaient route vers le petit avion resté en stationnement sur le taxiway. Il y avait dans cette ambiance quelque chose d'inquiétant, ou plutôt de plus inquiétant que l'angoisse qui régnait déjà sur le monde depuis de nombreux mois. Le grand espace vide dans lequel ils se trouvaient et ce petit espace clos qui contenaient une fourmilière de dégénérés errant sans but, grondant leur faim et n'attendant qu'une chose : qu'une proie passe sous leur nez et les libère pour se déverser en une immense nuée.
Cela ressemblait presque à une gigantesque boite de Pandore pour cette première femme avertie. Et si tout au fond de cette tour, après avoir franchi la mort elle-même, se trouvait l'espoir ? Quelle forme prendrait-il ? La clé de leur échappatoire ? Une réponse ? Ou, rien du tout ? Juste l'illusion d'un esprit préoccupait qui commençait à imaginer n'importe quoi et qui plaçait son seul espoir - fut t-il inconnu - dans ce lieu infranchissable. Une espèce de délire paranoïaque monté en une fraction de seconde.

La curiosité la gagna presque tout autant que cette première femme de l'humanité selon les Grecques. L'Anésidora des temps modernes qui observaient ce lieu presque obsessionnellement jusqu'à ce que finalement ses pas s'arrêtent juste avant de percuter James enfin arrivé à destination. Gênée, elle se plaça sur le côté en espérant ne pas avoir été remarqué dans sa maladresse et laissa à l'homme, le temps de sortir de ses idées burlesques et idiotes, le soin d'inspecter l'intérieur.
Elle eut presque un sursaut lorsqu'il lança son avertissement sonore, dans l'effroi de cette tête décharnée qui venait d'apparaitre au hublot de la porte d'accès. Son poing s'était crispée sur son arme, prête à réagir au quart de tour, et son coeur n'avait fait qu'un bon dans sa poitrine.
Elle aurait pu lui dire en grinçant des dents qu'il lui avait foutu la trouille, mais elle préférait cent fois ce fait plutôt que de se faire surprendre sans aucune prévention. A cette pensée, elle ressentit un lourd pincement au niveau de sa nuque, là où des crocs et une mâchoire décharnée avaient arraché une  bonne partie de sa chair, en sectionnant sa carotide et l'envoyant avant même qu'elle n'ait pu sentir la douleur de se faire dévorer vivante, dans le royaume des morts, du moins le pensait-elle. A moins que ceci ne soit que le fruit d'un rêve d'après mort justement, et que son corps se trouvait bien six pieds sous terre, comme si l'esprit était demeuré alors que le corps avait succombé ?

Elle reprit sa respiration un bref instant interrompu en inspirant longuement, et expirant du même temps. Un seul non-mort, cela devait être gérable. Et puis le couperet tomba : James n'était pas encore prêt à faire usage de son arme de poing, à enfoncer ses phalanges, aussi métalliques soient-elles, dans le crâne de l'un d'entre eux, qui fut autrefois une personne bel et bien vivante.
Elle ne lui en voulait pas et comprenait aisément  cela. Avouer ses faiblesses était d'une grande force quelque part, mais pour elle, c'était davantage un choc que désormais, cela reposait sur ses épaules. Son regard se baissa sur son arme à feu, la contemplant avec toute l'appréhension que l'on pouvait prêter à une chose que l'on s'apprêtait à faire, et dans un souffle laissa échapper :

« D'accord, j'vais l'faire. »

Elle sentait une immense boule coincer dans sa gorge lorsqu'elle prononça ces mots en relevant ses prunelles fixement vers James. Elle tenta même de déglutir à plusieurs reprises pour essayer de faire passer cette angoisse qui montait et se caractérisait physiquement par cette gêne affreuse.
Il n'y avait pas à réfléchir. Dans d'autres circonstances, elle n'aurait sans doute pas le temps de le faire et devrait réagir rapidement, sans penser ni appréhender. Il fallait qu'elle se mette dans le même état d'esprit que si elle se retrouvait devant le fait accompli avec l'obligation de réagir, mais avec un laps de temps supplémentaire qui lui permettait d'anticiper.

Devant la porte de l'engin volant, elle hésitant de longues secondes, durant lesquelles sa main portant l'arme se mit à trembler férocement. Elle eut quelques brefs soubresauts, le temps de faire taire le conflit qui présidait dans son esprit, et remettre tout en ordre. Elle leva donc le canon de l'arme en direction de la porte, à plusieurs pas en arrière pour se tenir prête sans qu'on se jette sur elle.
Dans sa tête, il n'y avait plus de James, plus d'Ivy, plus que son arme, et le zombie qui grattaient frénétiquement à la lucarne, avidement, cruellement, impatiemment. Elle avait songé au bruit, au raffut que cela pourrait faire si elle usait de son arme dans ce lieu étendu. Maison venait de lui assurer que le temps passé à prendre et partir seraient suffisant avant que quoi que ce soit n'arrivait. Elle n'entendait plus rien si protestation ou discussion il y avait. Elle avait réussi à faire taire son esprit au point de s'être totalement coupé du reste du monde. Elle pouvait le faire, elle savait qu'elle en était capable, que cela n'était qu'une sinécure et paradoxalement, qu'un labeur.
Elle était prête. Physiquement. Elle l'était. Et inutile de donner de signal à James, car dans son monde il n'existait déjà plus, il n'avait qu'à observer pour le savoir et connaitre son approbation.

La porte s'ouvrit, libérant la bête, vomissant la créature qui s'effondra sur le bitume comme de l'eau qui débordait d'un évier, immuablement. Le silence pourtant.
Un silence qui peut-être n'avait pas régné dans les environs proches de la femme, mais qui dans sa tête raisonnait singulièrement. Oxymore.
Elizabeth mit du temps à réagir et à percuter qu'une chose n'allât pas. Du temps dans son esprit qui tournait au ralentit, mais qui dans la réalité n'avait duré qu'une fraction de seconde, le temps d'un souffle et d'un constat : la créature portait un casque, semblable à ceux de tout pilote, le cordon de sa radio arrachée pendouillant à ses côtés, protégeant la seule zone qui pourrait conduire son trépas définitif, sans même l'avoir fait exprès. Ainsi avachie par terre et commençant à ramper pour optimiser son temps, elle ne voyait aucun accès qui aurait pu garantir à sa balle de percer la cervelle.
Baissant son arme, elle se contenta de lever la main gauche qui avait libéré la crosse, pour interrompre le moindre mouvement de ses comparses si d'aventure ils voulaient en faire un.

« Il est lent. Je n'ai qu'à l'attirer et l'emmener à l'écart. Je peux trouver quelque chose près des hangars qui l'arrêta et ça vous laissera le temps de fouiller. J'en suis capable. »

Elle recula d'un pas pour agrandir l'espace que le zombie d'efforçait de réduire et observa ses compagnons. Elle s'était préparé à abattre un dégénéré, alors cette perspective n'était pas plus angoissante encore.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 27 Avr - 0:05
Après notre petite mise au point commune et que notre décision fut prise, j'emboîtais le pas de James qui prenait la direction de l'aéronef le plus proche, stoppé dans son approche au beau milieu du taxiway, carcasse métallique étincelante sous le soleil matinal. Et je sentais mon soulagement augmenter proportionnellement à notre éloignement de ces hangars pleins de rôdeurs, me demandant si ceux enfermés au sommet de la tour de contrôle étaient à-même de nous apercevoir depuis leurs perchoir dominant les pistes et si, le cas échéant, cela n'allait pas les émoustiller, les pousser à se ruer contre les baies vitrées dans un élan de stupidité qui leur était si caractéristique, les faire céder et plonger dans le vide ; ou encore si la fureur vorace que notre vue provoquerait chez eux ne se répandrait pas aussi certainement que la “chose” les ayant contaminé dans leurs rangs et que ceux-ci finiraient par se ruer dans le bâtiment, cognant, grattant, griffant tout ce qui était à leur portée jusqu'à trouver la porte de sortie, l'issue qui les mènerait droit vers un festin dont le menu se résumait à : nous.

Je sentis une boule lourde d'angoisse et de mauvais pressentiments me nouer l'estomac alors que j'accélérais sensiblement le pas pour coller aux pas de James en direction du coucou abandonné. Quelque chose clochait dans ce vaste environnement désert, beaucoup trop calme. Je déglutissais presque trop bruyamment en me répétant mentalement que l'endroit n'était pas sûr. Pas sûr du tout malgré l'absence évidente de tout danger à proximité. Ces saloperies allaient trouver un moyen de sortir de leurs prisons de verre, de béton et d'acier, d'une manière ou d'une autre, ces choses parvenaient toujours à leur but, quand bien même elles n'en avaient strictement aucun. Probablement un effet secondaire de leur endurance à toute épreuve.  Mes noisettes se posèrent sur la silhouette de James qui avait désormais une approche plus lente et plus méfiante, se présentant presque de profil face à l'appareil.

Non loin derrière lui, je commençais à contourner le petit avion, passant au-devant de son moteur et son unique hélice afin de m'assurer qu'aucune menace Z ne se trouvait masquée à nos vues par la carcasse de l'appareil. Mes appréhensions rapidement rassurée, je commençais à très légèrement me détendre lorsqu'un cri de prévenance de James me fit sursauter, arrachant à ma gorge un bref hurlement en écho à son avertissement en même temps qu'un hoquet de frayeur faisait bondir mon cœur dans ma poitrine et battre mon sang à mes temps sous l'effet d'une montée d'une adrénaline, accélérant aussi ma fréquence fréquence. Je m'accroupis derrière l'avion de tourisme, jetant un regard curieux et inquiet en direction de James et d'Elizabeth pour ne voir que deux paires de jambes reculer de quelques pas ; et les grognements et coups étouffés d'un infecté visiblement pris au piège à l'intérieur du cockpit. Toujours accroupit, je crapahutais jusqu'à l'autre porte, celle du pilote, pour jeter un regard discret au-travers de la verrière, apercevant la tête casquée et agitée de spasmes de la créature au rythme de ses coups et ses complaintes gutturales, avant de finalement tourner le dos à l'aéronef puis laisser reposer ce dernier contre la carlingue de métal, la lèvre inférieure tremblante de peur. Je me laissais glisser lentement contre le métal jusqu'à poser mes fesses sur le bitume, ramenant mes genoux vers ma poitrine et les enlaçant de mes bras crispés.  Putain... Jamais ces trucs là ne nous lâcheraient. Qu'importe l'heure, le temps et l'endroit, il y en toujours un pour nous empêcher d'avancer.

James résuma parfaitement bien mon état d'esprit de par ces quelques mots. Oui. On avait assez pris de risques pour la journée. Pour la putain de semaine même... Oui. Se débarrasser d'un simple rôdeur devait bien être à leur portée. Trois humains intelligents contre une seule de ces stupides créatures. La seule différence qui pourrait bien faire pencher la balance étant l'hésitation. La chose n'hésiterait pas elle, mue par son instinct et sa faim. Nous, nous étions depuis le départ ralentis par nos craintes, nos hésitations, nos doutes ; bref, notre humanité qui nous rendait si différents et supérieurs semblait paradoxalement être notre plus grande faiblesse. Une faiblesse qu'avoua James quelques instants plus tard. Et l'arrière de mon crâne qui cogna contre la carlingue en signe de protestation, alors que, sans la voir, j'imaginais sans peine la scène. A sa place, j'aurai eu la même réaction. Juste un putain de calvaire que devoir m'imaginer en train de défoncer le crâne d'un zombie à mains nues – même équipée d'un poing américain pour en renforcer les impacts – c'était tout bonnement impossible.

Ce fut lorsque Liz' annonça sa volonté de le faire, probablement par canon interposé, que mon stress grimpa en flèche pour atteindre son paroxysme. Elle n'allait quand même pas tirer un putain de coup de feu ici, alors qu'une armée de rôdeurs traînaient ses lambeaux de chair à une centaine de mètres de nous, parqués dans des bâtiments certes, mais nous n'avions pu tout voir. Peut être en restait-il des dizaines d'autres, cachés, immobiles, attendant patiemment qu'une proie – nous encore – ne fasse la pire et la dernière des conneries de son existence. Je me redressais presque d'un bond, poussée par la trouille et avec la ferme intention d'empêcher Elizabeth de se servir de son arme pour mettre fin aux jours de la créature en contournant l'aéronef. Un temps trop tard. Je posais ma main sur une des pales de l'hélice en contemplant la suite des événements. James avait ouvert la porte menant à la cabine et déjà l'infectée se vautrait sur le bitume du taxiway, rampant dans une série de râles affamés en direction de la jeune femme qui, l'arme braquée vers le Z, reculait désormais de quelques pas sans pour autant ouvrir le feu. Liz' nous exposa dès lors son idée, à savoir se laisser poursuivre par la créature en pleine reptation pour nous laisser le temps de fouiller l'aéronef. Je poussais un long soupir en secouant légèrement la tête, avant de finalement lui donner mon avis, sans aucun détour, qu'importe qu'il compte à ses yeux ou qu'elle en tienne compte.

“Idée d'merde. C'est risqué, dangereux, inconscient et aléatoire. Tu vas t'retrouver seule avec cet'abomination, en espérant qu'ce soit la seule...” Je dodelinai de la tête dans une grimace hésitante, mais empreinte de sarcasme. “Mais vu que quand on essaye de bien faire les choses, avec prudence, et préparation, et tout le reste, ben ça merde complet ; alors du coup ça d'vrait marcher non ?” conclus-je en haussant les épaules, cette dernière interrogation n'attendant pas vraiment de réponse de sa part ; tout comme elle ne semblait pas vouloir entendre ni attendre que nous lui donnions notre bénédiction. “Sois putain de prudente Liz'...” Un conseil qui ne valait rien puisque son idée allait à l'encontre même de toute notion de prudence.

J'adressai un regard sincèrement désolé à James, puis tournai les talons pour regagner la porte du cockpit donnant sur le siège de pilotage. Je l'ouvrais après avoir fortement tiré sur la poignée, les joints de l'habitacle semblant s'être collés entre eux, chose compréhensible quand je vis les traînées sèches de fluides vitaux qui parsemaient le revêtement en tissu de l'intérieur de la trappe. Et l'une des premières choses qui m'assaillit fut l'odeur de décomposition dégueulasse, forte, musquée, aux relents d'ammoniac et de fer. Une odeur prenant, qui me prit le nez et m'arracha un haut-le-cœur alors que la pestilence semblait fuir sa propre odeur par les portes ouvertes et l'air plus frais de l'extérieur. Mes yeux s'embuèrent de larmes tellement la puanteur se voulait intense et insoutenable, et c'est en retenant ma respiration que je fis une première inspection de l'intérieur du cockpit. Et à l'exception des miasmes organiques le parsemant sous forme de traînées brunâtres, cet avion était étrangement propre. Très propre même en comparaison à ce que nous avions pu croiser jusqu'alors. A première vue, je ne remarquais rien de très utile. Des cartes et plans de vol repliés entre les sièges du pilote et de son passager. Des coordonnées géographiques griffonnées sur des post-it rendu encore plus jaunes par une trop longue exposition à la lumière. Le seul truc intéressant sur lequel je m'attardais au poste de pilotage était l'unité radio. J'eus une pensée pour Clark, me disant que l'appareil de communication aurait trouvé une seconde jeunesse entre ses doigts de geek ; mais sans le moindre outil pour le sortir de son encastrement, j'abandonnais rapidement l'idée pour me concentrer sur du plus pratique et plus facile à atteindre. Elizabeth ne pourrait pas promener l'infectée indéfiniment, aussi passai-je de l'autre côté du siège pilote pour me retrouver à l'arrière de l'habitacle, où trônaient deux autres sièges de passager ; et encore derrière, filant droit vers la queue de l'aéroplane, plusieurs filets suspendus où s'entassaient quelques valises de diverses tailles.

Un mince sourire étira mes lèvres tandis que je contemplais là le maigre fruit de notre expédition, sans même savoir si nous avions réellement touché au but. Je laissais un peu de place sur la droite de l'appareil à James, s'il m'avait rejoint pour commencer les fouilles, tandis que je m'occupais du côté gauche de la carlingue, m'y prenant à deux mains pour soulever certaines valises atrocement lourdes pour les approcher des portes. Je remarquais par ailleurs un petit extincteur de quelques dizaines de litres suspendu dans un des angles du plafond de l'habitacle. Je me décidais à le décrocher de son emplacement et le déposer à proximité des valises avant de finalement sauter à bas de l'habitacle pour regagner le tarmac. Dans un ahanement de bœuf, je m'emparais des trois valises que j'avais amassé pour les étaler sur le sol et les ouvrir. La première d'entre elle était essentiellement remplie de – ô surprise ! – des fringues. Au moins ces vêtements étaient-ils propres et un minimum pliés, mais une rapide inspection m'informa que ces vêtements étaient bien trop légers ; des vêtements d'été pour la plupart. Une trousse de toilette contenant tout le nécessaire à hygiène basique, du savon, du shampoing, des rasoirs, de la mousse à raser, un flacon de parfum et un autre d'après-rasage ; et une boîte de capotes... Une vraie valise de mec à n'en pas douter. Je trouvais sous les vêtements quelques paquets de cigarettes dont les inscriptions espagnoles semblaient indiquer une provenance Mexicaine. Mais aucune nourriture. Juste la valise du mec de passage, dormant à l'hôtel, mangeant au restaurant et repartant aussitôt. Néanmoins, vu les conditions dans lesquelles nous avions passés les derniers jours au campement, ces maigres trouvailles ma paraissaient être un véritable luxe. Mais avant d'ouvrir la seconde valise, je levais les yeux à la recherche de James, l'interpellant d'une voix modérée.

“T'as trouvé des trucs intéressants ?”
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