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[CFJ, A, EXP] À la découverte du secteur A - 02/01/35
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Ethan Walker

Anonymous
Invité
Ven 13 Mar - 1:05
Soudain, la chambre bascula. Il y avait sans doute un monde d'atrocités dans cette maison, au-delà de ce qu'on peut s'imaginer en termes littéraires ou cliniques. La démence se situe toujours au-delà de ce  qu'on croit être l'orée d'une forêt de visions étranges, biscornues, monstrueuses en un mot. Mais on pouvait dire, sans l'ombre d'un doute, que Ethan n'était pas encore fou: il avait bel et bien senti quelque chose de réel, d'extraordinaire, parcourir sa colonne vertébrale. Il n'avait pas quitté la position dans laquelle l'avait laissé le désespoir, mais son attention s'était recentrée sur quelque chose; le tremblement de son corps se suspendit à une suite monotone notes longues et graves, émise par une corde familière. Sa main s'abaissa sur sa bouche, laissant découvrir des yeux qui interrogeaient la porte de sa chambre, ce qui s'y trouvait au-delà.
Tout à coup, son dos se décolla du mur. Il haletait à quatre pattes, sous la pâle lumière que la fenêtre réfléchissait à la manière d'une loupe. Une fenêtre solide, à double vitrage, qui lui garantissait de ne plus rien entendre de ces choses qui, depuis cinq jours déjà, frappaient à la porte du garage. Certes, il mit assez de temps à comprendre que son îlot de silence s'était englouti. Ses adieux à l'Atlantide faites, il s'adossa à la désormais fine paroi qui le séparait du monde de l'action. Il dut sûrement lui falloir un certain moment pour se rendre compte qu'avec suffisamment de calme et de concentration, il percevait quelque chose de nouveau. Sa colonne vertébrale, effectivement, vibrait littéralement au rythme des deux créatures tambourinantes; et elle ne jouait pas seulement une seule gamme, mais deux. Par-delà les deux cadences infernales, quatre, cinq six ondées quasi-imperceptibles, presto attaca aumentado… qui se pinçaient de plus en plus fort… Il se détacha derechef du mur sous la fenêtre, tâtant de la main le fer chauffé à blanc qui lui cuisait le dos. Il dirigea ses yeux éberlués vers l'infini du ciel gris cadré par la fenêtre, assimilant lentement les informations. Il en était pratiquement sûr: le silence de mort s'était rompu pour de bon.
Le petit vieux se tendit modérément vers la fenêtre, une main sur le dos. La prudence, toutefois, le fit ne dépasser du cadre que la moitié de son visage. La scène se tenait face à lui comme une ligne de mire. A le voir plisser ses yeux, on pouvait juger que sa vue ne s'accommoda pas immédiatement à la lumière, à la distance. Mais ni cet inconvénient passager, ni la buée de sa bruyante respiration ne l'empêchèrent de voir une diane chasseresse planter quelque chose dans le crâne. Du sang noir tachait la verdeur désordonnée qui bordait le gris de la route: un cadavre en haillons gisait. Derrière, à bonne distance, un homme en bomber et une femme à la peau mate.
Le voyeur se retira de son perchoir. Estimait-il en avoir assez vu ? Comptait-il faire quelque chose ? A moins que cela ne le désintéressa complètement. Non, c'était impossible: car un rien dans le rien de ces derniers jours tranchait radicalement avec le reste; car déjà crépitait dans son regard songeur une exaltation tragique, une allégresse farouche. Au coin du lit osseux, boiseux, vaseux, ses chaussures de chantier semblaient l'appeler à l'aventure. Terrible lieu commun qui domestique l'aventure d'avance ! Plutôt l'image absurde et ancestrale du guerrier plongé vivant dans une mer de crotales fourchus et mourant dans son cri de guerre, le poing brandis comme un noeud rompu. Ethan ne put s'empêcher de sourire seul, dans l'ombre accorte des lieux de sa désolation. Il se saisit, sans plus tarder, de son arc et de son sac, puis descendit pieds nus au rez-de chaussée. Le parquet soupirait un peu sous le poids de ses orteils. Les traces familières du carnage n'attiraient à lui aucune réflexion, aucun souvenir, aucune attention; toutes les couleurs étaient emportés par la nouveauté de la situation. Toutefois, un détail le figea sur place. Fronçant les sourcils, il regarda la baie vitrée, rayée, ensanglantée: l'infâme créature qui rôdait près de la niche avait disparu. La présence des trois autres avait dû l'attirer. Et toujours cette douleur lancinante dans le dos qui, ajoutée à la migraine naissante… il s'agita, puis se calma soudain. Il renifla, ses narines aspirant l'air ambiant, compassé et renfermé. On tarde toujours à respirer un air plus frais dans ces conditions. Mais on se souvient aussi de la petite comptine du poulet qui, s'élançant hors de la cage avec l'énergie du désespoir, finit à l'abattoir. Il se précipita vers le vestibule et se positionna près de la porte, lorgnant à travers le judas la scène qui s'ensuivit.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 13 Mar - 11:26
Un genou à terre Melody encaisse la douleur, non celle de l'écorchure de ses mains ou de son genou mais celle qui est montée dans son bras gauche pour se stopper à son épaule. Épaule encore faible de la balle prise et se chargeant par elle même d'envoyer un majestueux pic de douleur dans son corps, elle en respire bien trop vite pour la maitriser à cet instant et elle ne peut rien faire d'autre que d'attendre que cela se tasse, d'attendre de reprendre plus ou moins le contrôle de ce qu'elle ressent. Recouvrant petit à petit une respiration plus calme, elle sent les battements de son coeur faire de même, elle arrive enfin à tourner la tête vers le zombie, il est bel et bien mort, l'éclat brillant du couteau fiché dans son crane. D'un coup elle écarquille les yeux en se rendant compte qu'elle tourne le dos aux autres qu'ils soient morts ou vivants et que tout peut lui arriver là, non sans mal, elle se redresse et fait volte face finissant par pousser un léger soupir de soulagement, rien de dangereux dans son dos. La brune prend le temps d'observer vers Seth et Rani pour constater que pour eux aussi tout va bien, se détournant d'eux le temps d'approcher le zombie et d'extraire le couteau de Seth de son crane. Essuyant ensuite la lame sur un lambeau de chemise du cadavre avant de la regarder, semblant réfléchir à quelque chose avant d'en revenir à la maison et au reste.

Il est temps qu'ils s'occupent des autres zombies pour enfin avoir le champs libre et explorer la maison, quoi que cela se discute avec les deux rôdeurs grattant la porte du garage, pourquoi s'acharnent-ils autant là dessus ? Un survivant à l'intérieur tout juste mort ou encore bien vivant ? Melody n'a pas vraiment envie de croiser quelqu'un de vivant, elle ne peut s'empêcher de repenser aux trois hommes dans la forêt et ce qu'ils voulaient lui faire à elle ou à Jenny ou ce qu'ils auraient pu faire à Harvey et Jimmy. Elle secoue la tête, pour éviter de voir ses démons revenir au galop, ce n'est pas du tout le moment, elle doit se recentrer sur leur exploration et puis elle n'est pas seule, Seth est là, un homme avec un gabarit qui en impose et puis il est armé maintenant et puis il y a Rani dans une moindre mesure. Oui voilà, c'est rassurant tout cela, elle se concentre là dessus pour en revenir à son cheminement de pensée sur les zombies du garage et si ils grattent comme ça parce qu'il y a un animal à l'intérieur ? Pas le chien de la maison en tout cas qui a du y passer avec le zombie près de sa niche. Elle réalise alors que le dit zombie n'est plus là ou il devrait mais qu'il avance maintenant vers elle, elle n'a pourtant pas fait autant de bruit que cela, il a du la sentir, elle ne voit que ça comme explication. Le choix s'offre à elle maintenant, aller à sa rencontre pour s'en charger, attendre qu'il ne vienne à elle ou retourner auprès des autres.

La demie écossaise pèse le pour et le contre de chaque possibilité, si elle se rapproche de lui, elle s'éloigne et s'isole encore plus de Rani et Seth et du coup il aura plus de mal à la couvrir comme il lui a dit sans compter que ça la rapprochera de trop des deux zombies du garage. Vu sa lenteur, s'il doit venir à elle, elle risque d'attendre un peu sans compter que cet abruti est capable de se mettre à grogner et donc d'attirer l'attention des deux autres. Et si elle retourne près de Rani et Seth, il en fera de même avec toujours le même risque d'attirer les deux autres. Choix compliqué s'il en est...Il reste un choix qu'elle se refuse à évoquer : aller voir de l'autre côté de la maison ce qu'il se passe, il devrait certes y avoir une baie vitrée permettant d'entrer dans la maison mais il se peut aussi qu'il y ait encore plus de rôdeurs. Melody n'a pas une vue assez dégagée pour prendre ce risque, elle en voit plus que depuis le bosquet mais encore pas assez pour dire si oui ou non le chemin est dégagé. Elle fini par prendre sa décision, retourner près de Seth et Rani, à trois ils sont plus forts que si elle reste isolée.

Les premiers mètres la font légèrement claudiquer du choc sur son genou puis la douleur passe et elle reprend le petit pas de course pour retourner au bosquet. Une fois arrivée là bas, elle prend le temps de souffler avant de parler à voix basse.

- Ça va vous deux ? Le marcheur de la niche va arriver sur nous...Faut qu'on décide quoi faire surtout avec les deux autres. Survivant dans le garage ou non, on insiste sur cette maison où on va voir plus loin...

Seth Willis

Anonymous
Invité
Ven 13 Mar - 16:47
A son plaisir, Rani n'avait pas mal prit ce qu'il lui demandait. Il ne voulait pas la commander, il voulait simplement répartir les taches mais parfois les gens pouvaient prendre la mouche sans que l'on ne le veuille. Cela devait d'ailleurs être le plus souvent pouvait il présumer. Mais pas la et tant mieux. Il laisse donc la surveillance des zombies proches de la maison à l'indienne pendant qu'il surveille le déroulement de l'attaque surprise de Melody sur ce zombie de dos. La guetteuse ajoute un commentaire et une question à sa tache qui font légèrement détourner la tête de Seth vers elle, sans pour autant qu'il ne quitte des yeux la chasseuse et lui répond à voix basse.

"Je ne sais pas ... Possible... Mais comme nous ne veut pas dire sympa. Il faut rester prudent."

Il regarde donc l'action de Diane. Le geste est aussi simple que possible et son raté pourrait passé pour un geste voulu. Un peu comme un assassin qui fiche sa lame sa cible s'effondrant. De nos jours, cela ne suffit pas et l'assaillante réagit au quart de tour. Elle se jette sur le marcheur qui commence a se retourner se demandant sans doute ce qu'il se passe pour retirer la lame et la lui planter dans le crane, mettant fin définitivement à sa non vie. Seth a un léger mouvement réflexe de se redresser quand il la voit tomber un genoux en terre mais en reste la, une simple esquisse, quand il voit qu'elle se réceptionne sans trop de peine, inconscient de la douleur qu'elle peut ressentir.

Par contre ce dont il prend conscience aisément, c'est que Rani s'est aperçu de sa demi chute et réagit à cela, au lieu de surveiller les trois zombis qui eux aussi auraient pu entendre le grabuge. Enfin grabuge, un tout petit grabuge. Deux corps qui tombent au sol, cela fait du bruit, mais ce n'est pas non plus un concert de death metal. Du coup c'est lui qui tourne la tête vers la maison pour se rendre compte de ce qu'il se passe. Celui de la niche a effectivement bougé. Il a entendu du bruit mais va t il se rendre compte d'ou ils étaient ? Ce n'était pas encore sur, bien que probable. Les deux autres par contre n'avait pas bouger, faisant trop de bruit pour se rendre compte d'un bruit plus lointain. C'était déjà ça, même si maintenant ils n'étaient plus maitre de l'état de surpris. Ceci fait, et lui relativement rassuré, mais Rani pas.

"Ne t'emballe pas, attendons de voir ce qu'elle va faire. De toute façon on peut pas l'empecher et au pire on est la pour intervenir si jamais ça partait en cacahuète."

Il faisait preuve de sang froid. Ou ... pas. Non pas qu'il était paniqué mais il cherchait surtout à rassurer Rani qu'il sentait affolée et ce n'était pas une bonne chose. ni pour leur discrétion, ni pour une phase d'action qui n'allait pas tarder à venir il le sentait. Il avait toujours eut ce dont d'empathie qui vous fait ressentir ce que les gens en face de vous ressentait. C'était plutôt à double tranchant car lui aussi était du coup plus sensible émotionnellement parlant. Mais c'est ce qui faisait de lui ce qu'il est. Une personne qui va vers les autres et qui les aide.

Ce qui devrait rassurer pour de bon, ou pas, l'indienne, c'est que Melody revient vers eux pour faire le point sur ce qu'ils voulaient faire. Ce qui ne rassure pas Seth par contre c'est de la voir claudiquer. Il plisse un peu le nez dans une moue et faisant un signe de menton vers elle il lui demande à voix basse.

"Ca dépend surtout de toi, tu te sens comment ? Si tu te sens, on pourrait prendre celui qui arrive en tenaille, a défaut d'une lame je peux toujours prendre un bon caillou pour lui écraser le crane. Si les deux la bas gratte à la porte comme ça c'est qu'il y a probablement un truc intéressant."

Rani Sachdeva

Anonymous
Invité
Sam 14 Mar - 16:47
"Je ne sais pas ... Possible... Mais comme nous ne veut pas dire sympa. Il faut rester prudent."

Ma bouche s'ouvre en un "oh" de compréhension subite. Mais comme je ne le verbalise pas, trop sous le choc de cette révélation, cela va sûrement rester invisible.
Évidemment. Je suis morte alors que j'étais déjà une réfugiée en lutte pour ma survie. Il y avait déjà des pillards à l'époque. Donc, effectivement, ce n'est pas parce que jusqu'à présent je ne connais que des miraculés du type réfugié qu'il n'existe pas aussi des pillards non-morts. Tant de naïveté me sidère et me déprime: franchement, moi qui me méfie tant des étrangers à l'heure actuelle, faire un amalgame aussi stupide est ridicule. Cela étant, cela n'aurait pas vraiment affecté mes chances de survie: je ne pensais pas me précipiter au devant d'un inconnu sous prétexte qu'il aurait peut-être été comme nous.

Quoi qu'il en soit, cela ne me distrait pas de ma surveillance, ni de ma montée d'adrénaline. Seth tente alors de me calmer... Ce qu'il dit me fait réfléchir, donc cela a une relative efficacité, calmant mes ardeurs, mais ne me convaincs pas vraiment: comment attendre de voir ce qu'elle va faire alors qu'elle est à terre et encore inconsciente du danger? C'est nous, qui sommes censés surveiller et la prévenir si les autres déboulent!
"Mais... Puisque je te dis que celui de la niche est en train de bouger! Regarde, il va vers elle, elle..."
Et bien, elle se relève. Et prend conscience par elle-même du danger. C'est vrai qu'ils ne sont pas du genre rapides en général, en tous cas celui-là semble dans cette norme. Me contentant de coups d'oeil fréquents mais rapide vers la situation de Melody et de Niche-zomb, je concentre ma panique sur les deux du garage: pour l'instant, ils n'ont toujours pas conscience de ce qu'il se passe, mais un second combat risque de changer la donne. D'un autre coté, que faire de mieux? Il nous faudrait un plan... Rapidement.

Là-dessus, Melody revient vers nous... Pourquoi? Elle va attirer le malade avec elle! Raaaah, Rani, arrête de faire ta poule mouillée! Elle s'est chargée du premier toute seule, on ne craint rien à trois contre un! Non, le danger, c'est bien les deux autres, il faut trouver une solution pour la suite! Je n'écoute donc que d'une oreille semi consciente Melody, oreille qui redevient attentive d'un coup lorsqu'elle parle de laisser la maison derrière elle. Je m'apprête à la houspiller: elle qui prônait des valeurs chevaleresques, elle voudrait abandonner un survivant potentiel à son sort? Bonjour l'humanité! Mais Seth me prend par surprise. Quoi?! Attaquer un malade avec un caillou? Mais c'ets stupide! Surtout qu'il y a 3 couteaux de lancer, il peut bien en prendre un!
Je m'agrippe à ma poche, hésitante: dois-je lui proposer mon coupe papier?
"Euh... Pourquoi tu ne prends pas juste un de tes couteaux? Il y en a bien plusieurs non? Sinon, j'ai bien ça, mais c'est peut-être plus fragile."

Je tends donc mon coupe-papier, malgré ma réticence à me retrouver sans défenses. Cherchant un autre moyen de me protéger, le plus rapidement possible vu l'urgence, je pointe vite mon regard vers le haut: les arbres! Mais bien sûr! J'ai eu le temps de vérifier mon état physique depuis mon réveil, et grimper aux arbres, c’est largement à ma portée! Bon, peut-être pas un arbre sans branche basse, droit et lisse, mais dans ce bosquet, j'ai ce qu'il me faut. Et comme ça, ça me donne une réponse pour Melody, que je lance d'une voix pressante, bien que toujours étouffée de crainte de nous signaler aux autres:
"OK! J'ai un plan pour les deux suivants. On ne va sûrement pas abandonner un survivant à son sort si on peut l'éviter", dis-je en pointant un regard furieux sur miss "je suis une star des sermons mais sur le terrain je mets l'éthique au vestiaire". Je presse alors Seth de se saisir de ce que je lui tends, s'il ne l'a pas déjà pris. "Tiens, Seth, prends-le vite, Niche-zomb est bientôt là! Je vais grimper, si les autres ne bougent pas, je les attirerai une fois que vous serez prêts, et s'ils vous repèrent j'essaierai de faire pareil et de les détourner de vous. Comme ça vous les prendrez à revers dans les deux cas."

Devant l'urgence, vu que le malade n'est plus qu'à quelques mètres à cause de mes hésitations (je me flagellerai plus tard) je n'attends pas vraiment de réponse. Évidemment, si j'étais un peu plus zen, je réaliserai qu'il était déjà à quelques mètres depuis le début, et qu'il a certes avancé mais qu'à son rythme on a encore quelques secondes devant nous. Sauf que je ne suis pas zen, et donc après un énième regard vers les deux du garage, je ramasse quelques cailloux précipitamment, puis commence à grimper sur un arbre un peu incliné, avec des branches à trois mètres du sol suffisamment robustes pour me porter. Bon, faudra pas que je m'avance trop, mais je n'en ai pas vraiment l'intention non plus. En attendant, mes exercices ont fait leur petit effet, et je n'en suis pas peu fière. Voilà quelque chose que je maîtrise. Mon corps n'est pas mon ennemi, et, cailloux dans les poches, je fais un petit saut pour attraper une branche pour m'aider, puis commence à me hisser. Pas de soucis, j'en suis capable, la preuve est faite. Mais mes camarades sont-ils d'accord avec ma proposition?

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Lun 16 Mar - 9:30
Spectacle édifiant que celui d'une femme qui tentait de monter à un arbre tandis que l'horreur se précipitait vers le groupe. Au travers de la distance qu'impliquait le petit trou de la lorgnette, il prenait un tour curieux. Les visages déshumanisés par un oeil qui ne parvenait pas à en saisir les détails, les gestes invraisemblables, imprévisibles, inexpliqués et peut-être inexplicables; les allées-et-venues, les hochements de tête et les courses soudaines… De l'observatoire détaché du reste du monde, tout cela se déroulait dans un silence déraisonnable et sans angoisse. La migraine était encore là, battant obstinément le chambranle qui liait son cerveau au cervelet; le bulbe rachidien semblait comme avoir été soumis à la rigueur des courants d'air dont la maison était percluse. Mais la concentration chassait temporairement la douleur, la séquestrant ailleurs — quelque part derrière la lunette, précisément. De bouche bée, Ethan devint sourire. Sourire suspendu à l'exubérance apparente de ces formes étranges un peu déformées par l'objectif — et sourire qui creva à la surface du jour comme une fine écume.
« Idiot. »
Qu'est-ce qui lui faisait dire cela, d'une voix grave et un peu enrouée ? Avait-il déjà prêté à ces deux femmes et à cet homme une intention, un sens, un plan qu'il avait jugé stupide ? A moins qu'il ne qualifiât plutôt la teneur du spectacle. Reste qu'il se détourna soudain du judas et se dirigea vers le living-room. C'est alors qu'il ne put s'empêcher de regarder le jardin sur lequel donnait la baie vitrée. Son regard se fixa sur un endroit très précis, et il y resta longtemps: c'était là, près de la baie où, parmi les herbes hautes, et fichée dans une masse de tissus indistincte, l'empenne fluorescente d'une flèche pointait vers le ciel gris. Le poing de Ethan se serra, un voile d'ombre obscurcît ses yeux. Contre quels vents, contre quelles marées fallait-il encore que la mince corde de son existence résiste; combien de temps encore avant le ploiement, puis le déracinement définitif. Ethan se détourna de la baie vitrée. Plus tard, ailleurs, la situation est trop urgente pour réfléchir à ce genre de choses, l'essentiel est d'agir sans se laisser absorber par les petits vertiges qu'on médite d'ordinaire dans le confort et la quiétude, c'est un luxe qu'on ne saurait s'accorder maintenant, ressaisis-toi mon vieux, c'est pas le moment… Logorrhée de raisons que l'on se donne incontinent pour conjurer la perte et la disparition; médicamentation au doute et à l'incertitude quant à l'avenir dans cette réduction de l'essentiel à l'immédiat. Elles suffisent la plupart du temps, et c'est bien là l'essentiel.
A droite, il y avait la cuisine et une de ces fenêtres-guillotine. Il s'était maintes fois aventuré de ce côté de la maison, fixant longuement la fenêtre et la campagne environnante qui s'étalait face à ses yeux par-delà l'enclos du jardin. Sans doute avait-il songé à sortir par-là ces deux derniers jours, mais une de ces choses avaient surgis de nulle part et s'était stationné près de la niche, à la façade est de la maison. Le groupe l'ayant attiré, la voie était désormais libre. Ethan frémit au contact de l'herbe encore humide de la rosée du matin. La lumière grise diffusa sur ses yeux une onde de choc qui les fit se fermer. Lorsqu'il s'y accoutuma, deux chemins s'offraient à lui. L'un menait à la niche, qui n'était déjà plus celle de "Flippo" — et vers ce qui se trouvait au-delà; — l'autre menait au groupe et à l'une de ces créatures. Présenté ainsi, le choix était vite fait. Pourquoi hésitait-il donc ? Pourquoi regardait-il à droite et à gauche, semblant peser le pour et le contre ? En équilibre sur sa tête, les deux chemins — autant dire: les deux destinées — lui taraudait l'esprit à lui en arracher la grimace; à moins que ce ne fut la migraine, dont il n'a eu de cesse d'en subir les assauts. Et ce fut sans doute elle, et non d'éventuels remords, qui le poussèrent à trancher…
L'arc brandit avec une flèche dans son encoche, Ethan progressa en se collant à la façade avant de s'arrêter à l'angle de la maison. A sa droite, il aperçu furtivement les créatures qui s'acharnaient contre la porte du garage, ces fichues créatures qui l'avaient souvent empêché de dormir. Droit devant, entre lui et les humains, se précipitait vers le bosquet celui que ces derniers aimantaient. En portant la corde de son arc et la flèche à sa joue, ses sourcils ainsi que ses jambes flageolèrent quelque peu; un moment de résolution plus loin, ils se raffermirent. Ceux qui le connaissaient savent combien il n'était certes guère dans ses habitudes de revenir sur une décision qu'il avait prise.

Un siffle aigu fendit l'air et alla se ficher dans l'épaule du déambulant. Ethan jura entre ses dents. Cela suffira-t-il du moins à détourner son attention du bosquet ?

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 16 Mar - 11:53
Melody observe la bouille de Seth et la moue qu'il fait quand il la voit revenir, elle trouve cela absolument charmant de voir cette pointe d'inquiétude sur son visage. Une partie d'elle est entrain de se dire "t'as vu comment il s'inquiète pour toi, fonce fille" alors qu'une autre, elle se dit "non mais c'est pas toi spécialement, il s'en ferait pour n'importe qui". Pendant que ses pensées s'affrontent, Seth prend la parole, elle esquisse un sourire avant de lui répondre.

- Tout va bien, ne t'en fait pas ce n'est pas une petite écorchure qui va me stopper ! Un truc intéressant oui sans doute mais est-ce un survivant comme nous ou un de ces bandits, s'il y en a qu'un. On verra bien, déjà les zombies.

Bien qu'elle doute qu'il y ait plusieurs personnes dans la maison ou du moins plusieurs personnes malveillantes, ceux là ont le chic pour toujours être bien armés et donc ce n'est pas quatre zombies qui auraient pu les stopper. Pas le temps de penser à quoi que se soit de plus que Rani passe en mode tornade, tendant un coupe papier à Seth avant de...grimper dans les arbres...Non mais elle est pas bien là, qu'est-ce qui lui prend ? Ce n'est pas une manière de faire et c'est un coup à ce qu'elle reste coincée dans son arbre, pour le moment la situation est sous contrôle mais elle peut déraper très vite, une meute de zombies peut arriver ou les fameux hommes du Marchand et elle sera une proie facile. Sans compter que la branche peut casser sous son poids, elle se retrouvera écrasée au sol au mieux blessée, au pire en plein milieu des deux zombies et il faudra sauver son cul. A cet instant là Melody ne peut s'empêcher de soupirer alors que la paume de sa main vient taper sur son visage et que sa tête émet un mouvement latéral pour signifier la négativité, un facepalm de désespoir et d'agacement quoi.

- Rani, tu veux descendre de là, ça va pas de faire ça, tu peux finir bloquée là haut ou pire...


Que Rani l'écoute ou non, ils ne peuvent pas se permettre de perdre plus de temps à parlementer alors que le zombie, inexorablement, continu sa route vers eux et qu'il sera bientôt en mesure de les atteindre pour les griffer et les mordre. Melody reporte donc son attention vers le mort vivant, le prendre en tenaille comme l'a suggéré Seth n'est pas une mauvaise idée, ils sont tout les deux armés, qu'il se tourne vers l'un ou l'autre et le second pourra lui planter une lame dans la tête. D'ailleurs, elle se demande s'il ne vaut pas mieux qu'il se tourne vers Seth et que cela soit elle qui puisse frapper, pas qu'elle doute de l'homme mais plutôt de son outil et sa fiabilité...

Ses yeux émeraude sont rivés sur le rôdeur, un léger sifflement se fait entendre avant que la brune ne voit le corps du zombie être bousculé. Elle met quelques secondes à réaliser et assimiler ce qu'il vient de se passer, reconnaissant enfin quelle arme produit ce bruit : un arc ou une arbalète ! Matthew serait-il dans les parages ? Les surveillait-il et interviendrait-il pour les aider ? Mais alors pourquoi le zombie ne s'est-il pas effondré un carreau fiché dans le crane ? Pour leur dire "je suis là et je vous file un coup de main mais terminez seuls" ? La réponse vient d'elle même alors que le zombie oscille entre se tourner et poursuivre sa route, elle peut clairement reconnaitre qu'il a une flèche dans l'épaule et non un carreau, les flèches étant bien plus longues que ces derniers. C'est soit un inconnu qui veut les aider, soit Matthew qui a trouvé un arc et le teste en ne l'ayant pas vraiment en main, bien qu'il puisse avoir une autre possibilité : ils étaient visés et c'est le zombie qui a prit. Quoi qu'il en soit le zombie est "perturbé" là et ils doivent en profiter bien que cela change quelque peu le plan de départ, reprenant bien en main le couteau de lancer, elle regarde Seth et lui lance.

- Beretta, couvre moi, l'angle de la maison.

Pas difficile de comprendre d'où provient la flèche vu où elle s'est plantée dans le zombie, cela vient de devant eux et devant eux c'est la maison, de plus la flèche n'a pas l'angle adéquat pour laisser penser à un tir depuis l'intérieur et/ou les hauteurs de la maison, il ne reste qu'une possibilité.

Melody s'élance vers le zombie en espérant que Seth fasse sauter la sécurité de l'arme et engage une balle dans la chambre de tir. Elle arrive au contact du mort vivant et avant qu'il ne finisse "d'hésiter" pour se ruer sur elle, elle reste légèrement de côté pour ne pas qu'il l'atteigne et la griffe avant de lui planter le couteau dans le crane en passant par l'oreille. Elle doit s'y reprendre pour finir d'enfoncer la lame dans le cerveau du zombie qui fini par s'écrouler, elle récupère et le couteau et la flèche qu'il a prise, récupérant son souffle dans l'attente de ce qui va bien pouvoir se passer maintenant. Ce qui ne la rassure pas du tout, un frisson de peur lui parcourant l'échine alors que son coeur s'emballe maintenant qu'elle a le temps de penser à cet inconnu et les intentions qu'il pourrait avoir...

Seth Willis

Anonymous
Invité
Lun 16 Mar - 21:17
Seth remarque l'expression de Rani quand il lui dit que ce n'est peut être pas quelqu'un d'amicale qui est dans le maison. Il la remarque mais ne juge ni ne fait de remarque. Il n'y avait pas de quoi. Oui il avait penser à cela malgré son optimisme patenté parce qu'il ne fallait pas trop y compter. Il savait qu'il y avait des malfrats dans le coin, Matthew le leur avait dit. Cette histoire, ce Marchand qui le faisait tant s'inquiéter. Si lui fier et ténébreux qu'il était, s'inquiétait pour cet homme, c'est qu'il devait y avoir matière à. Ou que Matthew sous ses abords de bad boy badass était une flipette. Ca se pourrait ça ? Il se refusait à y croire, trop confiant dans l'âme humaine. Vous savez celle qui à fait des milliers de guerres et des millions de mort. Il fallait bien chercher l'espoir parfois pour pouvoir le garder.

Il tente de la rassurer mais cela ne fonctionne qu'a moitié. S'il détourne son attention de la brune, elle revient sur le zombie qui vient vers eux. Il l'avait vu. Il avait le temps de gérer la situation pensait il. Tord ou raison, sur l'instant il le pensait et puis Melody revenait vers eux pour leur demander leur avis. Il s'inquiéta d'elle ce qui la fit sourire et elle le rassura. Sur ce point du moins car elle aussi pointa du doigt le fait que cela pouvait être autre chose qu'un potentiel allié derrière cette porte de garage. Il propose un plan d'attaque. Mieux qu'un caillou, peut être, rani lui propose son coupe papier qu'il prend en main, un peu contraint bien que cela ne le dérange pas outre mesure. A peine le temps de dire ouf, que la tornade des indes se met en branle et commence à grimper à un arbre au grand damne de la texane qui affiche clairement son dépit qui n'a rien de silencieux contrairement à une herboriste de sa connaissance. Elle a une idée bien arrêter sur le fait que Rani grimpe à l'arbre mais un bruit caractéristique se fait entendre et le zombie qui approchait que Seth gardait du coin de l’œil se retrouve bousculer. Le brun fait sauter la sécurité de l'arme d'un geste du pouce et cherche du regard d'ou provient la flèche. Il ne se pose lui pas la question arbalète ou arc, moins habitué qu'elle il pense au plus proche de ce qu'il connait, un arc. Melody lui donne un ordre n'hésitant pas pour aller à la rencontre du marcheur pendant qu'il se demande ce qui lui arrive lui demandant de la couvrir. Il se déplie alors un peu, restant malgré tout relativement courbé même si sa taille ne le rend pas aussi discret que les femmes qu'il accompagnait en expédition. Il quitte alors pleinement les fourrés tenant en joug l'angle de la maison ne sachant ce qu'il allait découvrir.  Pourquoi se mettait il tant à découvert ? Pour la simple raison que la brune serait dans sa ligne de mire, entre lui et l'angle de la maison et s'il devait la couvrir d'un potentiel ennemi ce ne serait pas idéal. Et puis s'il y avait un ennemi, il attirerait probablement ses attaques. Un homme avec une arme à feu cela devrait plus le préoccuper qu'une femme avec une petite lame.

Même s'il se décalait, il restait au maximum dans l'angle des fourrés de manière a ce que les deux au fond ne le voit pas. Il découvrit alors un homme armé d'un arc qui avait la pire tête qu'il ait vu depuis un bout de temps. A cette distance l'homme lui inspirait plus de la détresse qu'autre chose. A priori il les avait aider mais un homme armé qu'il ne connaissait pas, en ces temps, il préférait se méfier. Il le mit en joug donc, l'arme prête à tirer mais le doigt le long du chien pour temporiser et montrer qu'il n'allait pas tirer tout de suite. Il espéra qu'il baisse son arc en signe de non agression. Cela le rassurerait et puis à défaut d'en faire un ami avec une arme à distance silencieuse, ils pourraient s'occuper des deux marcheurs. Il ne restait plus qu'a espérer que l'homme ne soit pas agressif envers eux...

Rani Sachdeva

Anonymous
Invité
Mar 17 Mar - 12:09
Rester coincée? Mais qu'est-ce qu'elle raconte?
"Comment veux-tu que je reste coincée, je vais pas..."
Mais elle ne me laisse pas le temps. Et elle a tout à fait raison d'agir ainsi: elle doit partir s'occuper du malade. Alors la politesse, là, c'est pas franchement la priorité.

Tandis que je me hisse sur les branches basses, me contentant de rester à 2m50-3m du sol, à la base d'une branche épaisse et solide, je regarde Seth et Melody agir en vrais pros, en tous cas à mes yeux. Leur faisant pleine confiance pour s'en occuper à deux contre un armés jusqu'aux dents, je surveille attentivement les deux du garage. Qui décidément n'ont l'air de se préoccuper que de ce qu'il y a derrière le portail qui les obsède depuis tout à l'heure.

Je ne prête ainsi pas tellement attention au léger sifflement, que je suis incapable d'identifier et qui donc ne m’interpelle pas. Ce qui en revanche me fait à nouveau y regarder de plus près, c'est que Melody se précipite au lieu de suivre le plan, tandis que Seth se met à l'écart en continuant de pointer son arme même une fois le malade terrassé. Attitude quelque peu perturbante à mes yeux, puisque le mécano s'éloigne des malades restants, et en plus ne pointe pas son arme sur eux. Pourquoi fait-il ça? Y a-t-il un autre malade qui viendrait de derrière le maison? Forcément, je vérifie. La première chose qui accroche mon regard, c'est donc la flèche. Mais nous n'avons pas d'arc ni de flèches! Bon, dans d'autres circonstances, j'aurais juste supposé qu'un autre survivant l'avait blessé et avait perdu sa munition, mais avec l'attitude de Seth, et même de Melody qui parait prudente elle aussi, j'en déduis que ce doit être un tir récent.

Et mon premier réflexe, baigné par l'imaginaire télévisuel, c'est de chercher dans les hauteurs: s'il y a un archer, il doit être perché, si j'en crois les séries et films que j'ai regardé. Observant vivement les toits, sans perdre un instant, puis les arbres autour de moi, je ne trouve personne. Pourtant, autre avantage de ma position, j'ai un bon champ de vision. Je me dis que ça ne sent pas bon. Visualisant déjà une embuscade, je jette un nouveau coup d'oeil aux malades: ce serait bête de les laisser mordre mes amis juste pour chercher d'hypothétiques pillards: les marcheurs, je suis sûre qu'ils sont bien là et dangereux, au moins. Mais aussitôt après, je cherche à nouveau aux alentours. Et c'est là que je le vois. Celui que menace Seth, et dont doit sûrement se méfier Melody, tout cela  par saine prudence: hirsute, hagard, défraichi, les qualificatifs qui me viennent ne sont pas des plus valorisants. Mais ils sont pensés sans méchanceté: en résumé, il a la belle allure d'un ressuscité. Sauf qu'on doit sûrement pouvoir gagner ce bel aspect simplement en étant un survivant isolé, donc aucune conclusion hâtive.

Et de toutes façons, quoi qu'il en soit, cela peut toujours être un piège. J'hésite donc à descendre, parce qu'à deux contre un il pourrait se dire qu'il peut les avoir par surprise, alors qu'une troisième personne pourrait le dissuader. D'un autre côté, s'il n'est qu'un appât pour un groupe en embuscade, ne vaut-il mieux pas que je reste à ce poste privilégié pour pouvoir les avertir? Ne sachant trop quelle est la meilleure solution, je finis par opter pour l'inaction: je suis plus utile ici qu'en bas, vu mon manque d'arme et de capacités offensives.

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Mer 18 Mar - 10:31
La jeune femme s'était relevée de la courte rixe qui l'avait opposée à la créature. Trois regards se fondirent en un seul, noir, qui pointait sur Ethan le trou d'un canon. Tout sembla se perdre dans cette soudaine béance du réel auquel Ethan était en proie. Nulle frayeur ne transparaissait de son humeur aqueuse; il y flottait surtout de l'incompréhension.  Que la méfiance eusse été ou non de rigueur en d'autres circonstances, elle ne justifiait en aucun cas l'étrangeté de la scène. Le canevas était pourtant éprouvé. Voir un survivant à première vue isolé s'expliquait de plusieurs manières, mais aucune ne tendait nécessairement à faire croire à des moeurs policées, à des intentions bienveillantes ou même à une conscience raisonnable. Répondre aux signes d'intelligence par d'autres signes d'intelligence était donc ce qu'il fallait faire. Il finit par commencer d'avancer d'un pas lourd, tentant avec hésitation de lever des bras tout aussi lourds. Que tout cela devait être à la fois lourd et vivace pour un homme dans sa posture ! Mais que voulez-vous: il faut se rendre sans vergogne à la nécessité de rassurer les autres sur sa nature, ses intentions, son identité, et Dieu sait quoi d'autre. En société plus ou moins bonne, la meilleure part échoit spontanément aux vaincus pour autant qu'on y sait, comme nulle part ailleurs, combien la solitude est terrible et à chaque fois définitive.
Il s'avançait donc, les mains à moitié levées, alors que le danger sourdait à son oreille droite; car en effet, les deux créatures qui s'acharnaient stupidement contre la porte se dirigeaient maintenant vers lui d'un pas irrégulier. Un des cadavres ambulants en particulier semblait ne plus tenir de joie, car il marchait d'un pas formidablement vif et allègre tandis que ses deux joues arrachées laissaient bailler un sourire glaçant. Le second suivait sans grand enthousiasme, crâne chauve et grosse bedaine se bornant à claquer les dents — par anticipation, probablement. 
Il avait sans doute dû les oublier, car il avait l'air, si l'on ose dire, d'avoir vu un mort. Il en avait certes vu deux, mais il est curieux de voir, dans un étrange renversement qui tient presque de l'humour noir, comme les situations les plus extrêmes justifient les expressions les plus courantes et les plus ordinaires. La panique fit faire au pauvre homme des mouvement brusques et désordonnés. Cela se comprenait, lorsqu'on voyait qu'il ne restait dans l'embase de son arc qu'une seule et unique flèche — excepté le fait qu'il semblait un peu inexpérimenté, cela s'entend. Alors que la créature n'était plus qu'à une poignée de mètres de lui, un tourbillon de cheveux jaunes marqua la résolution de fuir; le recul précipité l'effectua; faire volte-face fut l'affaire d'une demi-seconde. On dit que l'instinct, dans une telle situation, commande de fuir vers le connu: et c'est dans cette mesure qu'il ne fût guère étonnant de voir l'archer faire volte-face pour se précipiter vers le jardin, avec à ses trousses un marcheur rapide et déterminé.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 18 Mar - 14:10
Melody pose ses prunelles vertes sur la nouvelle donnée de l'équation humaine et elle ne peut rien faire d'autre que de le scruter. Baboum...Dans les oreilles, elle n'a plus que le bruit de son coeur qui tambourine dans sa poitrine à une vitesse folle comme une machine qui s'emballe dans ses mouvements. Plus aucun autre son ne parvient à franchir ses tympans alors que sa respiration se fait courte et saccadée, que ses mains se crispent sur le couteau et la flèche qu'elle tient. La panique n'est pas loin de l'envahir contrastant avec le profond calme qui l'habitait encore quelques secondes avant, se méfiant bien plus des vivants que des morts qui eux sont une donnée fixe et invariable pour elle. Ils sont ce qu'ils sont et ce sans aucune exception, une donnée linéaire, elle a depuis longtemps acquis que ce qu'il peut rester de leur cerveau a été reprogrammé pour une seule chose, enfin deux, errer et bouffer les vivants. La brune fixe l'inconnu, cette variable qui peut basculer d'un côté comme de l'autre, ne s'apercevant pas dans un premier temps que son bras gauche en tremble légèrement et que la douleur d'une balle fantôme se fait vivace dans son épaule.

S'il l'attaquait là maintenant, elle serait incapable de se défendre, incapable de lancer ce couteau qui pourrait lui sauver la vie. Elle l'observe des pieds à la tête et quand il se met à avancer, elle n'a qu'une envie celle de reculer et d'aller se réfugier près de Seth mais elle a l'impression d'être clouée sur place. Il amorce son mouvement de lever les mains, elle en ferme les yeux quelques instants le voyant déjà se servir de sa dernière flèche sur elle pour le voir, ensuite, se contenter de lever les bras dans un signe de paix et avancer ainsi pas après pas. Un signe de bonne volonté qui permet à son esprit d'envoyer un signal de tranquillité à ses organes, son souffle s'apaisant légèrement tout comme son coeur qui ralentit permettant ainsi à son ouïe d'écouter vaguement les bruits alentours. C'est comme cela qu'elle arrive à percevoir que les deux zombies se mettent en branle en lâchant leur porte, qu'elle arrive à percevoir que Rani bouge de son perchoir. Mais pour autant elle n'arrive toujours pas à assembler les évènements correctement ou à bouger de là où elle se tient, ses pieds s'y refusant même si elle parvient à poser sa main droite sur son bras gauche pour en faire cesser le tremblement.

Ce n'est qu'en voyant l'expression de peur sur le visage de l'inconnu qu'elle prend conscience du danger en approche et qu'elle tourne la tête vers les deux zombies en approche...C'est bien leur veine, dans le lot il faut que l'un d'eux soit plus rapide que les autres zombies et ne donne l'impression de piquer un sprint vers l'archer, il est sous amphétamine celui là ou quoi ? Quoi que c'est mieux qu'un zombie sous viagra...ou pas d'ailleurs. L'homme semble ne plus savoir comment réagir à voir les mouvements qu'il a et choisi de se barrer de là pour lui échapper, chose que Melody ne comprend pas dans un premier temps, ils étaient à quatre contre deux zombies, ils auraient pu leur faire face sans aucun problème. Mais d'un autre côté, elle peut comprendre qu'il parte, pour affronter les rôdeurs, il aurait fallu qu'ils puissent se faire un minima confiance ou du moins qu'ils fassent une trêve dans ce face à face, chose faisable certes mais faut-il vouloir prendre le risque de voir une lame ou une flèche être détournée de leur but premier.

Sauf que la brune ne le conçoit pas ainsi, son instinct prenant le dessus à cet instant précis, elle en oublie de rationaliser les choses, elle en oublie temporairement sa peur de l'inconnu. Bien que quelque part l'on pourrait dire que c'est l'inverse, c'est la raison qui la pousse à agir ainsi et non son instinct. Melody s'élance derrière speedy zombie qui est parti derrière l'homme, hors de question pour elle de le laisser se démerder seul ou fuir ainsi, hors de question qu'elle puisse plus tard penser qu'il est peut-être mort à cause d'elle - à condition qu'il y passe et qu'elle le sache of course - mais le doute la tiendra au corps et cela elle s'y refuse. Comblant rapidement les mètres la séparant du zombie, trop rapidement même, elle s'apprête à lui planter sa lame dans le crane sauf qu'elle rate complétement son coup et avec l'élan qu'elle vient de prendre elle s'en retrouve déstabilisée et se retrouve au sol dans une sorte de roulé-boulé. Non seulement elle vient de prendre un choc sur son épaule gauche mais elle en a lâché et la flèche et le couteau. Basculant sur le dos au moment précis ou speedy zombie lui tombe à moitié dessus, lui agrippant la jambe pour venir tenter de la mordre, de sa jambe libre elle lui frappe le crane mais il tient bon alors qu'à tâtons elle cherche le couteau ayant valsé dans l'herbe, ses doigts et ses ongles ne rencontrant que de l'herbe et de la terre...
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