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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Abord du camp – 02/01/2035
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Camp Jefferson :: Périmètre

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Lun 23 Mar 2015 - 22:48
Interprété par Harvey O'Brian & Matthew Jefferson.

Fait chier bordel de bordel de merde !!!

*tu fais une connerie calme toi avant d’empirer les choses.*

Non je ne peux pas me calmer, ça fait des jours que la moutarde me monte au nez, notamment à cause du message de Jenny qu’il a gardé pour lui, à cause de sa gueule souriante et de ses petits mots toujours agréables, de sa présence chaleureuse… pour le voir faut prendre un rdv pire que ma mère.

*Respires, retourne aux camps, prends le temps d’y réfléchir… tu le connaissais à peine ce Jimmy.*

J’ai les yeux qui piquent, je suis en colère, et les larmes ne sont pas loin… Hier j’ai été odieux avec le Doc. Putain c’est un cauchemar. Matthew a beau accélérer le pas, je tiens la cadence et le rattrape même.  Il ne peut pas faire ça, il ne peut pas dire « Jimmy a disparu considérez le comme mort » comme ça… il ne peut pas !! Il faut que l’on retrouve le doc. Il ne se serait jamais cassé du camp comme ça, il avait toujours peur de tout. Même pour aller chercher de la flotte fallait u aller avec lui… et puis, ses affaires, sa tente….


*Mais putain tu t’en fous !!! Tu ne vas pas t’attacher au premier connard qui va être sympa avec toi et qui t’a raconter sa vie. Putain, le complexe du père absent va vite me brouter si ça commence comme ça !*


« Matthew !!! »

*Mais t’es fou !!! Lui parle pas comme ça !! ce gars peut et dérouiller avec son auriculaire, et s’il te largue du campement… tu y a penser à ça? Et puis on ne sait même pas ce qu’il glande dans la forêt tout seul tous les jours !!! Vas y dis-lui bonjour, excuses toi et barrons nous…*

Même si c’est à son dos, j’arrive à délivrer ma question :

« Il faut qu’on parle ! Où est le toubib Jonnes !? Et non je ne vais pas me contenter d'un "il faut le considérer comme mort"!! Jimmy ne serait jamais parti comme ça! Vous lui avez dit quoi?! »

La colère s’entend dans ma voix, la tristesse aussi… Mais cette fois il y a une détermination nouvelle. Comment les autres peuvent rester aussi stoïques ? Putain, Matthew parle à JJ, et dès le lendemain JJ a disparu et on doit admettre un « il faut le considérer comme mort » sans poser de question? Il délivre son message et se barre tranquillou comme ça??!

Non, je refuse, ça ne marche pas comme ça dans mon monde et tant pis si ce n'est pas celui de Matthew.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 28 Mar 2015 - 1:08
A chaque fois, c'était comme une claque arrogante lancée en plein visage, dénuée de toute compassion. Un morceau dévoré du morceau du pourcentage infime d'espoir qu'il restait à un homme qui n'attendait plus grand chose de la vie, un rappel inutile et pourtant insistant de ce que le monde était devenu, ce à quoi il devait se faire quelque soit sa lassitude ou son dédain. Le monde n'était pas si différent de ce qu'il était avant, plus simple d'une certaine façon, plus cruel d'une autre, et l'un dans l'autre la logique résumait toute forme de raison à l'instinct le plus élémentaire.

Être prudent, aller toujours de l'avant, ne jamais se retourner sur un mort, tirer sans hésiter quand il y avait incertitude, et oublier tout souvenir d'avant cette guerre de vivants et des morts pour ne pas sombrer au delà du seuil d'amertume à tout et tout ce qui est. Il avait parcouru moins de trois kilomètres cette fois. Ayant réveillé Calvin aux heures les plus hâtives du matin de ce 2 Janvier de la première année de la fin du monde pour reprendre son poste, il avait scruté le camp avec un pressentiment, de ceux qui laissent planer la perception d'une ombre sournoise autour de soi, qui épie vos faits et gestes en laissant entendre un rire moqueur sans son, sachant qu'elle était au courant de quelque chose qui était arrivé, ou qui allait arriver, et dont vous ne saviez encore rien.
L'habitude de Matthew, peu respectueuse de l'intimité mais il n'en avait cure disons-le, était d'entrouvrir le tissu de chaque tente dans le but de vérifier l'intégrité et la présence de chacun, répétant le même exercice matinal pour les voitures de bord de campement, sans avoir besoin de plus qu'un coup d'oeil dans ces cas-là. Il le faisait, et le ferait, chaque matin, d'assez bonne heure pour que la plupart n'aient pas à le subir consciemment, ou ne puissent chercher à s'en dérober. Un rituel, comme lorsque l'on comptait le bétail de la ferme pour vérifier qu'aucun compagnon animal n'avait disparu durant la nuit et malgré la garde, puisqu'il y avait trop à couvrir et à surveiller en la défaveur de la nuit noire, espérant que les loups ne se soient pas faufilé pour en dévorer certains à son insu.

Tout était en ordre, il ne pouvait en être autrement, car quoi qu'il aurait pu se passer il n'aurait pu que le voir perché sur sa caravane et l'oeil consciencieux à veiller sur ceux qui étaient les siens maintenant, qu'il l'ai voulu ou non. Il pu de ce fait s'occuper de lui-même une fois le cow-boy en place, manger un peu et rejoindre la forêt où il se sentait tellement mieux pour retrouver d'autres compagnons, qui chantaient dans les arbres, se baladaient sur les écorces ou couraient dans les buissons. Là où il se sentait davantage chez lui que nulle part ailleurs, quant bien même il tenait au campement qu'il avait prit sur lui de fonder avant l'arrivée des ressuscités. C'était son moment de calme et de plénitude, qui succédait aux doutes de la nuit, et il y passait le temps nécessaire à réordonner ses idées et assurer ses objectifs de la journée.
Au retour dans le campement, quelques heures plus tard, il avait découvert par Calvin le départ de Jimmy, l'un des médecins en qui il avait placé le maigre espoir d'apporter ce qu'il ne pouvait donner lui-même et qui se révélait pourtant si précieux : la présence de soins et de protection médicale en cas de besoin, face aux mille et unes menaces qui rôdaient à chaque heure et chaque jour. Il avait tenté de le retrouver, une nouvelle fois, comme il l'avait fait avec Davis, puis Scott il y avait peu, et courir après chacun de ces réfugiés qui prenaient tous les risques pour une raison ou une autre le fatiguait. Il voulait voir ce groupe se renforcer, il voulait voir ces gens coexister, accepter que ce monde les rejetaient et qu'au sein de ce camp, aussi relatif soit il, ils pouvaient trouver unité et réconfort, comme pouvaient le faire les soldats d'un bataillon envoyé sur un front qu'ils n'aimaient guère, avec des individus qu'ils n'avaient pas choisi, mais avec qui ils vivaient pourtant comme des frères. Pour survivre.

Une fois encore, en dépit de ses efforts, il était revenu seul. Jamais deux sans trois disait on. Cela allait il s'arrêter ici ? Comprendraient ils tous que ce monde fusse t-il plus hostile que le précédent, avait établi de nouvelles règles qu'ils devaient considérer pour leur propre bien ? Matthew n'appréciait pas la témérité à moins qu'elle n'ai prouvé sa bonne efficacité et donc sa bonne intelligence, et si il s'était résigné à ne plus la constater depuis un moment, cette nouvelle perte d'un membre de ce groupe l'harassait, même si il ne les connaissaient qu'à peine, il avait choisi de les accueillir et de veiller sur eux. C'était sa tâche, à laquelle chaque vie perdue ajoutait un terrible échec qu'il devait assumer, qu'il s'octroyait de toute façon à lui-même d'une colère silencieuse.
C'est pour cette raison qu'il fut si cru, si sec dans l'annonce de la nouvelle, et qu'il n'ajouta rien, les laissant conclure ce qu'ils souhaitaient et en tirer les leçons qu'ils considéreraient, ou non, la peine qu'ils auraient peut être, ou qu'ils n'auraient pas. Pour sa part, il n'y avait rien à ajouter, aucune proximité à avoir, aucun réconfort à trouver. Jimmy était parti, c'était ainsi, terriblement ainsi, pourtant le fait de ne pas vraiment le connaître facilitait la transition vers ses propres devoirs qu'il devait retourner accomplir. Il s'éloignait arbalète à la main, la pointe du carreau vers le sol et la démarche ni vive ni triste, neutre et fermée au possible, à l'extérieur du camp afin de traverser le périmètre et rejoindre les abords de la seconde zone de chasse où il devait trouver un peu de gibier. C'était son but, quand il fut interpellé par cette insupportable voix, celle de l'exigence à la justification, celle qui recherchait la compréhension à l'incompréhensible, un coupable à un crime qui n'avait pas de bourreau, seulement une victime.

Il s'arrêta, son dernier pas posant lourdement sa botte sur le sol sec et aride, le visage voilé de ses mèches chaudes et salies se tournant lentement, progressivement, en même temps que le reste de son corps de pierre dont la chaleur biologique n'était qu'illusoire au froid glacial qui avait prit règne en lui. A peine son profil était dégagé vers le jeune homme s'approchant, ce dernier ne pouvait entrevoir qu'un oeil qui était venu pour le fixer crûment, sans que le moindre mot n'ai donné réponse.

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Sam 28 Mar 2015 - 18:00
Devant le regard froid de Matthew j’ai quelques difficultés à avaler ma salive et je manque de me ramasser tellement que j’ai les jambes raide.

*Bordel, je t’avais prévenu !! Il n’est pas trop tard… sauves toi !! Cours avec les autres !! Il n’osera jamais t’étriper devant son frangin ! Cours Forest !! Coooooouuurrrss !!!*

Dans le genre regard de serial killer qui est en train de choisir quel morceau il va taillader en premier, ce mec est juste hyper crédible. Un peu trop pour moi qui à toute les peines du monde à ne pas écouter son instinct qui lui hurle de fuir.

Mais la douleur, la colère, et le besoins de savoir sont plus fort. J’en ai marre d’avoir peur de ce type, j’en ai marre de voir les autres s’écrasé, résigné à chaque annonce de morts sans poser de question. C’est peut être moi qui est un problème, mais je m’en fou, Jimmy ne méritait pas ça. Ricky non plus ne mérite pas d’être délaissé comme ce gros naze le fait.

J’avance jusqu’à être à son niveau, ignorant que toute les fibres de mon corps veulent que je retourne parmi le troupeau attendre sagement qu’on me donne le prochain nom de la liste.

*Sauf que s’il a tué Jimmy, le prochain de la liste ça pourrait bien être toi… et tu sais quoi du con ? A part peut être cette geignarde de Ricky, tout le monde s’en foutra. *

Le silence qui s’éternise me met hyper mal à l’aise pourtant je ne cille pas et soutien son regard. Penser à ce bon vieux docteur, à ses encouragements, à sa patience, au fait qu’ils soit toujours souriant… aux derniers mots horribles que je lui ai dit… cela me donne une force et une détermination que je n’aurais jamais pensé avoir vis-à-vis du pitbull qui nous sert de chef. Impossible qu’il n’est pas entendu la question. S’il ne répond pas c’est qu’il ne veut pas répondre.

*A quoi tu t’attendais du con ? Bah oui je lui ai donné rdv pour le saigner dans la forêt pour le culte d’une divinité tribale… parce qu’en fait je ne sais pas chasser et qu’il faut bien trouver de la viande quelque par… *


Je parle étrangement calmement compte tenu du ras de marré de chagrin qui me dévaste et même si j’ai les yeux qui piquent, ma voix ne tressaille pas, pour une fois :

« Il s’appelle Jimmy Jones, il n’’est peut-être rien pour vous, mais pour moi c’est l’homme qui m’a aider avec Jenny à ne pas me faire bouffer par ce que je prenais pour des secours, c’est celui qui a fait diversion pour nous permettre de survivre contre des tarés dans la forêt, c’est celui qui m’a accueilli sous sa tente et qui m’a soigné… il disait n’avoir que 50 ans, il n’a pas eu la chance d’avoir d’enfant mais il se sentait le père de tous ses jeunes patients, il travaillait avec la femme qu’il aimait et n'avait qu'une soeur comme famille, mais elles sont mortes toutes les deux sous ses yeux, pourtant… il a gardé le sourire… même quand il flippait, quand il avait mal ou quand je lui pétait les couilles, il n'a jamais arrête de sourire. Il répétait : "Harvey, même si ça va très mal, il faut que tu gardes le sourire, si tu ne fais pas pour toi, fais le pour les autres, ça les aidera à rester forts et à garder le sourire aussi… et quand tu les verras sourire à ton tour, le monde te paraitrait un peu moins cruel…"»

je suis obligé de faire une petite pause en repensant au Toubib, a sa patience, à nos discutions, à sa façon de nous empêcher de faire trop de connerie avec Ricky quand nous lui expliquions nos idées de test de pouvoirs. Bordel... non... il ne peut pas être mort.

Je serre les poings a m'en faire blanchir les jointures lorsque je reprends.

« Jimmy n’est pas qu’un nom d’une liste de personnes qui ne sont plus là, c’est mon ami, c’est un mec bien, et un mec fort à sa façon, parce que là, maintenant, moi, je ne peux pas sourire du tout… alors, si vous ne voulez pas me répondre parce que vous vous en foutez complétement, je ne peux pas y faire grand-chose à part partir le chercher moi-même sans aucun indice. Donc ça m’arrangerait bien que vous me répondiez : Qu’avez-vous dit à Jimmy et que lui est il arrivé ?»

Je le regarde droit dans les yeux, il peut me faire son regard de psychopathe comme il le sent, je me rend compte que je n'ai plus peur, je suis prêt a affronter son silence et a aller chercher Jimmy moi même s'il le faut. Dire qu'il y a encore quelques minutes j'avais peur de lâcher les sphincteres.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Lun 30 Mar 2015 - 0:43
Matthew était resté là, à l'observer d'un semi-regard, gardant sa position de profil l'arbalète dans la main opposée à la direction du jeune homme, l'autre bras laissé posément le long du corps. Il ne cillait pas, ne bougeait pas d'un millimètre, seul son oeil visible suivait le visage de son vis à vis, jetant quelques coups furtifs vers le reste de son corps, détaillant ses actions et réactions dans le silence le plus total, et au combien mortuaire.

Lorsqu'Harvey prit voix pour déverser un flot de paroles défoulées, critiquant, accusant, jugeant du chasseur et de ses pensées sans avoir eu le moindre mot justificateur de telles considérations, il ne fit pas l'effort de se justifier, ou ne serait-ce qu'avoir un simple haussement de sourcils pour marquer la surprise ou la contestation. Il resta là, à le scruter. Pourquoi s'évertuerait il à répondre à chaque mot de ce plaidoyer ? Aucun, rien qui ne méritait l'effort. Harvey était jeune, impulsif, critique et enorgueillit de sa colère, sans doute prit de convictions quelconques, l'homme doutant qu'elles aient pu être éprouvées pour affirmer leur existence.
Quand il eu enfin terminé, le chasseur fit volte-face pleinement vers lui, l'observant de haut en bas avant de soupirer d'éreintement devant une telle attitude, un tel ramassis de bêtise humaine concentrée en un seul adolescent qui ne s'était à ses yeux, évertué qu'à faire l'idiot depuis son arrivée au camp, n'ayant guère d'illusion sur le fait qu'il manquait probablement de toute la prudence et de toute la sagesse qui lui permettrait d'éviter une mort stupide, aujourd'hui que la moindre décision, le moindre geste pouvait vous tuer impunément, et sans fournir de raison ni de procès équitable. La langue du chasseur vint très légèrement balayer sa lèvre inférieure avant de disparaître, et il porta le regard ailleurs, sur un point vague du décor environnant, dégageant ses mèches de cheveux encombrantes d'un geste de tête qui s'ajoutait au mouvement. Sa voix rauque et grave se découvrit à nouveau au jeune homme, d'un calme extrême :

« J'ai connu un gars quand j'étais à Baraawe, un bleu de la division dans laquelle je me trouvais. C'était un morveux. Il avait un avis sur tout, se mêlait de ce qui ne le regardait pas, impulsif et borné. Il concluait au premier coup d'oeil, jugeait sur une première impression et critiquait sans réfléchir, même si il ne savait rien sur le sujet ou la personne à qui il avait à faire, même si il ne savait rien sur rien. Il venait d'une petite ville tranquille, où il avait vécu une petite vie confortable, avec ses histoires qu'il considérait comme des expériences, comme si s'être fait cogné dessus par le gros dur du collège ou s'être fait jeter par la petite blonde du bal de fin d'année étaient des épreuves de la vie.
Mais la vérité, c'est qu'il n'était qu'un morveux agaçant et suffisant, qui passait son temps à faire l'idiot, et qui considérait que le fait d'assumer ouvertement qu'il était un petit con lui donnait le droit de jouer au petit con. On lui répétait, de la fermer, d'apprendre à se ranger, d'arrêter de foncer sans réfléchir. Que sa tête brûlée, et sa façon de "casser les couilles" à tout le monde allait finir par lui attirer des ennuis, mais il n'écoutait rien, parce qu'il était trop demeuré pour se rendre compte que c'est avec sa propre vie qu'il jouait. Il ne voulait pas comprendre qu'à la guerre, il n'y avait pas de place pour les idiots et les bornés. Quand on est dans une situation de survie continue qui nous met à fleur de peau, qu'un explosif peut rayer un bataillon d'un seul coup à n'importe quel moment, que l'on manque de nourriture, d'hygiène, de distractions, de réconfort, uniquement entouré d'hommes armés qui se préparent chaque jour à l'éventualité de se prendre une balle de sniper en pleine tête, d'avoir sa jambe mise en pièce par une mine... il n'est pas difficile de déraper. »


Il revint à Harvey, plongeant de nouveau son regard intense et froid dans le sien.

« Deux mois plus tard, il y a eu une opération qui a tourné au vinaigre, pour parler gentiment. Il y a eu des morts, et ce morveux y est passé. C'était triste, mais c'était comme ça, c'était la guerre. Il y a eu une cérémonie, comme pour les autres, une lettre de condoléance adressée à la famille, comme pour les autres, et un nom inscrit sur un mur, comme pour les autres. Il y avait une chose en revanche, qui ne s'était pas passée comme pour les autres. La balle qu'il avait prit avait été reçue dans le dos et avait fait éclater le foie, comme un ballon. Sauf... que l'ennemi que l'on attaquait, se trouvait retranché devant nous, devant lui, pas derrière. »

Il finit sa dernière phrase plus lentement, relevant la nature sournoise de la fin de son histoire, s'éternisant à fixer Harvey dans les yeux. Cela faisait longtemps que Matthew n'avait pas prit le temps de plus que quelques mots, pas depuis leur arrivée au camp, et ce qu'il disait était bourré de sous-entendus, tous adressés au jeune homme qui face à lui, avait le poing serré. La main du chasseur relâcha la détente de l'arbalète et il laissa glisser l'arme jusqu'à la corde, descendant progressivement jusqu'à toucher le sol tandis qu'il faisait quelques pas en avant. Il arrivait à quelques centimètres du jeune homme, le regard impassible, la mâchoire contractée et menaçante, la corde de l'arme ne tenant plus qu'entre deux doigts de Matthew qui était prêt à la lâcher d'un instant à l'autre. Une fois à proximité d'Harvey, il conclut de derniers mots d'une riche cruauté, lançant la réponse à la question envoyée précédemment sans la moindre once de compassion.

« Tu veux savoir ce que je lui ai dit avant qu'il ne parte morveux ? Je lui ai dit...

Que je ne voulais pas d'un crétin souriant, ni dans ce campement, ni sur le terrain. Je lui ai ordonné de dégager sans faire de vague, lui et sa carcasse engraissée, si il ne voulait pas que je lui ouvre la mâchoire en deux. »

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Lun 30 Mar 2015 - 11:24
Je ne suis pas sûr d’avoir tout pigé à son histoire de militaire…

*Non sans blague ?*

D’ailleurs pourquoi il me raconte ça ? Y’a un rapport avec la situation de maintenant? Jimmy était militaire et m’aurait rien dit ? Ça me laisse perplexe et j’essaye de suivre la fin de son récit, lâchant un peu l’affaire je l’avoue, en me rendant compte qu’il est en train de s’énerver à sa façon.

Mais pour être honnête, la réponse concernant Jimmy n’est vraiment pas celle que je pensais avoir et je reste un petit moment à essayer de la comprendre.

*Arrêtes d’essayer !!! Casses toi !! là c’est une menace il va te buter !!!*


En fait, je sais que je devrais avoir peur, et je reconnais que je ne suis pas fier, mais je reste étonnement calme compte tenu de la situation. Peut-être parce que je m’en fou qu’il me cogne, peut-être parce que Ricky, à force de me parler de son "frangin d’avant" ,pour me prouver qu’il n’est pas un crevard, à plus qu’écorné son image de gros dure, ou encore parce que ma longue expérience de tabassage démontre que les types qui menacent sont ceux qui espèrent surtout que l’on se sauve… les autres, ils cognent de suite, ou rassurent de façon sadique avant que cela ne tombe.

Certainement que Matthew s’attendait à ce que je m’énerve, que je refasse une crise d’angoisse, trop la honte d’en avoir déjà fait une devant lui l’autre jour, ou que je me casse vite fait. Mais étrangement, je ne suis pas en panique, je n’ai pas envie de partir et j’ai la sensation que ça lui ferait trop plaisir que je lui dise que c’est un connard et que je lui saute dessus. Et puis... au fonds de moi, j'ai dû mal à le croire. Même si je ne vois pas pourquoi il me mentirait, s'il avait dû virer Jimmy, le toubib m'en aurait parlé pour qu'on parte ensemble, il aurait pris ses affaires... et puis... pourquoi virer un super docteur qui fait des miracles et garder les autres, du genre moi qui ne fait que de la merde?

Je reste donc, assez calment, à soutenir son regard, pas rassurant quand même.

*Il va te tueeeerrr !! Bordel de merde !!!! c’est pas parce que tu es le divertissement de son petit frère qu’il va se montrer clément, ensuite il dira a tout le monde que tu n’es plus et basta !!!*

J'ai beau chercher, difficile de trouver le mec que Ricky s'évertuait à défendre, le type qui faisait des crêpes a ses frangins, qui les emmenait dans les parcs d'attractions et qui va super mal parce que sa petite sœur n’est plus. De même j’ai du mal à l’imaginer s’inquiéter pour une jeune fille fluette et muette. Mais ça me parait carrément impensable que Jenny saute au coup d’un mec qui serait un psychopathe de la branche serial killer et qu’elle lui demande de veiller sur nous. Comme j'ai dû mal a imaginer Ricky être en adoration devant ce genre de déviant.

« J’ai besoins de savoir ce qui est VRAIMENT arrivé à Jimmy. A moins que tu ne sois sur le point de me dire de dégager de ton camp moi aussi pour éviter de m’arracher la tronche, à moi, et à tous les autres qui t’énerve dans le camp ?... »

Je me rends compte en parlant qu’en fait… mis à part son frère et ses deux amis, et encore, tout le monde semble lui prendre la tête dans les camps.  Mais pourquoi il nous ramène chez lui s’il ne veut pas de nous… ? Ce type est aussi compliqué qu’une gonzesse.

« … je pense avoir compris que je t’agace que t’as hâte que je me casse loin de toi, ou de vous, je ne sais plus. T’es un militaire et je suis sûr que sans Jenny tu te serais pas encombré d’un "morveux" inutile comme moi. Ricky a beau dire le contraire, je me rends bien compte que j’ai toujours pas trouvé mon pouvoir, que je ne sais pas faire grands choses de mes dix doigts et qu’avoir envie d’aider, bah, c’est pas carrément pas suffisant pour savoir réparer des trucs, trouver de la bouffe ou savoir tuer tous ceux qui nous mettent en danger. Et ça, si tu veux qu’on en recause, on le fera…  et ça sera même pas la peine de me menacer de me péter les dents. Mais là, maintenant j’ai besoins de savoir ce qui s’est passé avec le Toubib… je ne peux pas rester sans savoir… si ça se trouve il est juste dans la merde et attend de l’aide, il s’est peut être simplement paumé en allant pisser ou il a vu un truc qui l’a fait flippé et nous refait une crise de tétanie quelque part… je ne sais pas moi, mais je ne peux pas rester les doigts dans le cul en me disant qu’il n’est peut-être pas trop tard et que je peux le sauver… »


*Attends t’essaye de faire quoi là ? De lui expliquer ? Tu veux qu’un pitbull dressé pour tuer comprenne tes sentiments de petit lapinou émotif?? T'es sérieux là? Y’a pas une journée ou tu fais une pause dans ta connerie !!*


Pourtant je m’accroche à ce que m’a raconté Ricky… si c’était sa sœur qui avait disparu… il pourrait rester à ma place avec juste un " elle n’est plus passe à autre chose ? ".

*Ricky est encore plus couillon que toi !! Ça serait une fille il faudrait en stériliser un des deux de peur que vous vous reproduisiez !!! Son frère il en a rien à carrer de personne !! de son frangin aussi !! Tu l’as vu s’occuper de Ricky depuis que vous êtes arrivé ? Il le fuit tout pareil que les autres… Alors ta pathétique tentative de lui demander gentiment c’est juste la psychologie de comptoir… tu sais, le truc que tu ne comprends pas !!!! Comme le reste!!! Alors maintenant arrêtes tes conneries, dis-lui "pardon monsieur", fous toi à genoux et implore sa pitié !!!*

Je reste là, devant lui, stoïque, à attendre sa réponse, en espérant qu'il ne va pas me confirmer sa première...

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mer 1 Avr 2015 - 2:04
Matthew demeura là, à le fixer, patientant sa réaction sous la forme d'un test brutal qu'il avait lancé avec impulsion, de ses mots cruels et dénigrants à l'égard du regretté Jimmy. Cependant, à sa surprise il devait bien l'avouer, le jeune homme se montra pour la première fois calme et ne fit pas de bêtise. Les mots qui suivirent de sa bouche, affirmèrent cependant l'impression de Matthew d'avoir à faire à un idiot, mais force est de constater qu'il se contentait plutôt de dire des idioties, que d'agir en idiot, et cela changeait de quelques millimètres l'angle de vue avec lequel le chasseur l'avait considéré jusque lors.

Il ne le connaissait pas, c'était un fait. Que ce soit lui, ou les autres survivants arrivés au camp, il s'en méfiait comme de la peste, une peste mue d'une vie redonnée et innocente en soi qu'il avait prit sur lui d'accueillir, car la vie était ce qu'elle était pour l'homme : précieuse et instable.

« Tu n'as rien compris, encore. » Lâcha t-il d'une intonation rasoire.

Il s'approcha encore un peu plus, un pas menaçant qui le mettait quasiment à tête contre tête avec le jeune homme. Il leva à cet instant une main crispée vers son visage et s'arrêta à proximité, ses narines inspirant une bonne quantité d'air et ses lèvres se plissant, comme si il avait une irrésistible envie d'écraser cette même main sur son visage. Ses yeux n'exprimaient pas la haine, ni la colère. Ils exprimaient une sorte de frustration agacée, le reproche et la désolation, tant d'émotions retranscrites dans un regard, ne trouvant raison que dans ce que les philosophes définissaient du regard : la fenêtre de l'âme. Il se contenta de serrer le poing explicitement et rabaissa la main après quoi dé-serrée.

« Tu parles sans réfléchir, tu baragouines à tout bout de champs et tu te victimises en affichant ton air provocateur exaspérant... tu es comme ce bleu, comme lui tu es stupide et comme lui tu vas y laisser ta peau. »

Si l'on pouvait croire que ce n'était plus possible, cette idée n'existait pas pour ce qui était sauvage. C'est pourquoi il s'approcha encore, d'une impulsion qui colla son front à celui d'Harvey, comme si il cherchait à enfouir si profondément son regard dans le sien, que ses yeux transpercent à ce point les siens que cela briserait une bonne fois, ou ne serait-ce que fissurer pour lui montrer la voie, le mur d'absurdité qui cachait le potentiel d'un garçon qui n'avait pas encore prit conscience de tout ce qui se passait autour de lui.

« Cesse de parler sans arrêt, réfléchis. »

Grogna t-il dans un murmure, plaquant son index contre la tempe du jeune homme, la volonté bien présente de le secouer non pas pour chercher à le faire réagir impulsivement, comme précédemment, mais pour le pousser à se ressaisir au contraire. Harvey était resté stoïque jusqu'ici, peut être le resterait il encore ou choisirait il d'agir dangereusement à cette proximité, c'est en tout cas ce dont Matthew le défendait alors.

« Tu dis vouloir te sortir les doigts du cul, mais ce ne sont que des paroles en l'air pour essayer de te convaincre toi-même. Ces putains de doigts sont encore nichés si profondément que tu ne te rends pas compte de la merde dans laquelle tu te trouves maintenant, dans laquelle on se trouve tous. »

Il recula d'un pas. Il ne s'était pas énervé, à aucun moment, lui qui restait toujours affreusement calme, il n'avait fait qu'appuyer distinctement ses mots sans élever la voix, affirmer l'intérêt de ce qu'il lui disait bien qu'il se fichait de savoir comment il allait le prendre et ce qu'il en pensait. Il lui disait ce qu'il avait à lui dire : la vérité. Qu'il en profite pour essayer d'intégrer ne serait-ce qu'un peu de celle-ci, tant mieux, qu'il ne le fasse pas, tant pis. Il n'avait pas envie de perdre son temps et son énergie pour un possible cas perdu d'avance. Un fait qui restait entre les mains d'Harvey, et de lui seul.

« Peut être qu'il est parti parce qu'il en avait marre de jouer les infirmières ? Qu'as-tu fait depuis que tu es ici ? Hormis faire le pitre, brailler pour une raison ou une autre et foncer dans la connerie à finir dans les mains d'un médecin qui avait autre chose à penser et à faire de sa vie que d'assumer un boulet qui se fracasserait la gueule contre un mur si on lui laissait croire qu'il pourrait passer au travers. Du temps, de la nourriture et des ressources, voilà ce que tu as fait perdre aux autres, tu ne leur a rien apporté. Si tu penses que de cette façon ils risqueront leur nouvelle vie pour toi, qu'ils te donneront du respect, tu te plantes sur toute la ligne. Cesse de parler sans arrêt, réfléchis.

Ricky dit que tu es capable, qu'au fond tu pourrais devenir utile au groupe, avoir ta place ici et prouver ta valeur. Je commence à croire que mon petit frère est simplement trop idéaliste et naïf, parce que moi je ne vois rien de tout ça. Tu veux aller sauver Jimmy ? Le ramener de sa crise du survivant ? Vas-y, fonces. Pars au hasard avec juste ton inconscience et ta bouille pour veiller sur toi, je retrouverais ton corps dans quelques heures, une journée avec de la chance, démembré ou pire encore. A moins que tu ne tombes dans les mains du Marchand et de sa bande de salopards ? Tu ferais une jolie femme pour certains d'entre eux. »


Il se mit de profil en le regardant de travers et tourna finalement les talons, redressant la bandoulière de son arme pour la récupérer et la mettre sur son épaule. Il prit la marche, sans s'occuper de savoir si le jeune homme allait le suivre. Peut être allait il le faire, peut être allait il le suivre et chercher à comprendre, chercher à obtenir des réponses à ses questions, en insistant et agissant plus intelligemment, en réfléchissant. Peut être n'allait il pas le suivre, rester là, sans aucune réponse ni aucune utilité à ce qui venait d'être dit, aussi sèchement et franchement que cela a pu être dit. Il se peut qu'il demeure là, un bleu qui ne cherche pas à avancer et qu'il retrouvera mort un jour ou l'autre comme d'autres avant lui, sans aucun accomplissement. Il se peut qu'il choisisse une autre voie. En ce qui concernait le chasseur, il ne comptait pas le tirer pour avancer, concrètement ou d'une façon de parler, il ne prendrait pas cette décision pour lui.

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Ven 3 Avr 2015 - 22:49
Oula oula oulalala !! Trop d’infos d’un coup !! Beaucoup trop !

Bah oui j’ai rien compris mais en même temps, il est aussi clair qu’un prof de philo de sexe féminin. Déjà que quand les gens sont normaux je rame un peu mais là c’est juste le froncement de sourcils garanti.

*Lui il a l'air de t'avoir bien capté par contre.*


Je n’arrive pas forcement a tout bien appréhender ce qu’il m’explique, si tant soit peu que ça soit vraiment des explications. Putain, un mec c’est pas censé être simples ? Oui/non, blanc/noir, c’est cool/merde.

Le coach disait toujours, entre deux coups de sifflet, un bon capitaine d’équipe c’est un type qui sait être concis, clair et présent. Matthew il doit pas connaitre ces règles.

En fait, je commence à comprendre au moins un truc, mon problème ce n’est pas seulement d’avoir sept mois de retard sur ce type, c’est d’être au moins une vie à la traine sur lui. Alors le coup de "faudrait le sortir les doigts du cul" je suis bien partant, sauf que sans mode d’emploi, à part faire comme Ricky… j’ai du mal à savoir quoi faire d’autre. Je ne dis jamais non quand on me demande de l’aide et ça serait le pied si j’arrivais à faire un truc de brillant du genre réparer une voiture ou les douches, de sauver le monde, de soigner des blessés… mais en fait… je ne suis pas très manuel.

*Ni intellectuel rassure toi…*


Putain… pourvu que mon pouvoir soit top utile et vienne vite, sinon ça va être grave la merde pour ma tronche et je vais me faire dégager de l’équipe à coup sûr. Je ne suis pas sûr de bien me rendre compte de ce qui se passe dehors, mais vu la tronche de Ricky quand il m’en parle, ça me semble assez moche dans la catégorie vraiment très moche.

Ses actes sont carrément bizarres, sa façon de voir les choses aussi… maintenant, Ricky m’a expliqué qu’il ne s’était pas remis de la mort de sa sœur et qu’avant ça il était déjà dans les machin de guerre en vraie.

J’ai plein de questions mais j’imprime le fait que, visiblement, dans sa liste de reproches qui me visent, y’a le fait que je parle trop… du coup, je préfère ne pas les poser. Pas la peine de l’énerver. J’essaye de rester concentré et de démêler ce qu’il me dit. Bon, il est pas content après moi, ça c’est bon, j’ai capté, mais pour Jimmy, là, je ne le suis plus… en fait… il s’est passé quoi au final ?

Je commence à me demander s’il le sait vraiment… mais une nouvelle interrogation vient me perturber. Décidément, je vais avoir mon record de sourcils froncés avec cette énigme à pattes qui nous sert de chef.

Comment ça je ferais une jolie femme ?

*Il n’a pas dû bien te regarder ou ces mecs n’ont vraiment pas de gout.*


D’un coup, sans préavis, sans rien expliquer... il se casse, comme ça. Il me plante, sans réponse…

mais … mais… mais…  



Mais hein !?


Je lui emboite le pas complétement incrédule et incapable de comprendre ce qui se passe dans la tête de ce type.

« heu.. Attends… tu vas ou ? Tu vas chercher Jimmy ? »

Et merde !! J’ai ouvert mon bec…

Pff à tous les coups je vais me reprendre une volée de bois verts.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Lun 6 Avr 2015 - 1:16
Donner l'exemple, être pédagogue...

Voilà des idées bien encombrantes, alors qu'elles étaient parallèlement d'une extrême logique, et d'une certitude indiscutable. On obtenait rien à simplement critiquer et aboyer des ordres, Matthew l'avait appris et constaté plus de fois qu'il ne s'en souvenait réellement. L'unité, c'était la seule manière d'avancer et d'arriver à la première force d'un groupe. Même si elle était incertaine, même si elle était basée sur un fil tendu sur lequel le leader marchait et que chaque écart nécessitait d'imposer, parfois sévèrement, l'équilibre pour garantir la conservation de cette force, plus que jamais l'unité était la survie.

Il y pensait régulièrement, rabâchait ce besoin dans son esprit, non pas par manque de mémoire ou de réflexion, mais parce qu'elle lui donnait un brin de volonté à poursuivre sur la voie tortueuse et ingrate de la pédagogie qui lui manquait tant. Il le constatait maintenant encore, car même si il avait voulu faire comprendre certaines choses à Harvey qu'il semblait échappaient à sa vision, il l'avait fait très durement, assez pour que d'autres s'emballent très vite ou se vexent, bouillonnent de colère et brisent l'échange tant leur orgueil trouverait inacceptable d'entendre de tels coups parlés. Dans le cas d'Harvey, pourtant, cette même vision manquant d'outils avait en contrepartie une incompréhensible et agaçante persévérance à poursuivre la tâche ou l'échange, quant bien même ce qu'il avait en face pouvait être amer ou violent. Leur conversation l'illustrait, tout comme sa folie dans la forêt, outre le danger dans lequel il s'était jeté, l'avait mise en avant et l'avait lui-même mis en avant des coups et de la douleur.
En dépit des coups durs, et bien que le chasseur avait le sentiment que l'inconscience du jeune homme à beaucoup de choses avait une part dans tout cela, Harvey malgré tous ses défauts apparents avait de la persévérance et ne s'arrêtait pas à la dureté des mots qu'il avait employé. Il devait bien lui reconnaître cette qualité. A dire vrai, Matthew n'avait pas été totalement honnête dans ses mots, certes il doutait d'un coté de la capacité à Harvey de devenir un atout en se basant sur ses actes - ou non actes - depuis qu'il était arrivé au camp, et à contrario il voyait le potentiel dont avait parlé Ricky, comme un joyau brut qui ne demandait qu'à être taillé pour en faire quelque chose de plus conséquent, de plus... spectaculaire qu'en l'état. Ce n'était pas aisé de le voir, ni même de le chercher, le potentiel était capricieux et parfois ce qui semblait être destiné à de grandes choses finissait dans le bac à poubelle avant même d'avoir entrouvert les possibilités. Ses pensées filèrent à travers son esprit et voulaient mesurer son énervement à voir Harvey se comporter comme il l'avait fait juste avant, et sa colère à la perte inexpliquée et inutile de Jimmy. C'est pourquoi après avoir parcouru une courte distance en tenant la bandoulière de l'arme à son épaule, la démarche un brin nonchalante mais ferme à ses intentions, il s'arrêta en soupirant et tourna le regard vers le jeune homme.

Plus il observait Harvey, plus il avait l'impression de voir son propre frère, Ricky, ou ce qu'il serait si il n'avait pas été présent pour le bousculer, le protéger, le raisonner en tant qu'aîné adulte et terre à terre. Matthew avait il raison sur tout ce qu'il pensait et ce qu'il projetait ? Peu importait. Avec le tort ou la raison, seul le résultat que cela donnait et ce que l'on décidait de faire de tout ça avait de l'importance. Matthew avait envie d'aider Harvey, il avait envie d'aider chacune des personnes présentes dans ce camp, même si il ne l'avouait pas, même si il n'avait pas la finesse ou la manière d'aborder les gens et l'instruction, avec un groupe aussi important à ses yeux encore moins.

« Hier matin Jimmy a voulu accompagner James, Ivy et Elizabeth en ville pour leur excursion. Ce n'est pas un homme taillé pour ce genre de risque, je l'ai bien vu la première fois où je l'ai vu dans la forêt, et pourtant il voulait le faire, peut être pour montrer qu'il avait son utilité et pour faire ses preuves. Je l'ai interpellé, j'ai fait signe au groupe de partir et je lui ai parlé en privé. Je lui ai dit qu'il n'avait pas besoin de faire ça, qu'il avait déjà fait ses preuves en s'occupant de toi et de Melody, et que je voulais qu'il reste pour veiller sur votre état et celui de Calvin. Je lui ai aussi dit que je n'avais pas l'intention de virer qui que ce soit du campement si je n'y étais pas contraint, et que ce que j'attendais de chacun de vous, était de la volonté et des efforts à vous en sortir.

Jimmy est... était, un médecin. Il était précieux ici et je comptais sur sa présence et ses compétences pour le bien de ce campement, mais il a choisit de partir. Je ne sais pas pourquoi, ni pour quelle raison, ni ce qui a bien pu lui passer par la tête pour partir seul et sans prévenir personne. J'ai tenté de le retrouver, mais j'ai perdu sa trace en ville. Je ne sais pas si il est encore en vie. Ce que je sais, c'est qu'il a choisit de partir, c'était son choix et c'est à lui de l'assumer. Ni toi, ni moi ne pouvons l'obliger à rester ici ou à le sauver de lui-même. N'essaies pas d'aller le chercher, il est peut être déjà loin, il est peut être déjà mort et même si ce n'était pas le cas, il y a de très fortes chances que si tu pars, tu ne reviennes pas. Je ne risquerais pas ma vie, ni la tienne, ni celle d'aucun membre de ce groupe pour quelqu'un qui a choisit de son propre chef de partir et c'est la seule possibilité, Calvin ou un autre l'aurait vu si il avait été contraint.

Je ne veux pas te voir ruminer pour quelqu'un qui n'est plus là, occupes-toi de ceux qui sont ici, occupes-toi de les protéger et pour pouvoir les protéger, il faut que tu te ressaisisses et que tu trouves ce pourquoi tu es fait, ce qui te rendra utile. Gardes le sourire si tu veux, mais n'attends pas que ça se passe, ça ne se passera pas, les choses ne fonctionnaient déjà pas comme ça avant, elles ne fonctionnent plus maintenant. »


Harvey avait sa réponse. Il n'ajouta rien de plus, se contentant d'un regard explicite dans sa volonté de le voir avancer et se prendre en main, quelque soit la façon, pour trouver le moyen de veiller du mieux que possible à sa propre survie, puisque personne d'autre, pas même Matthew, ne pouvait la garantir dans un monde aussi fou que celui-ci.

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Dim 26 Avr 2015 - 23:26
Bah là pour le coup… j’ai vraiment pas envie de sourire et un petite aiguillons de culpabilité commence à pointer le bout de son nez. Matthew m’a donné, pour une raison qui m’échappe complétement, plein de versions du départ de Jimmy et de la conversation qu’ils ont eues. Celle-là me parait, malheureusement très plausible. Enfin, plus que les autres.

Mais putain, non seulement on s’était pris la tête la veille pour une connerie, Jimmy et moi, mais en plus, je l’aurais vu s’il allait mal. Non ?

*Dis le mec qui ne voit même pas ses chaussettes quand elles sont sur tes pieds. Et puis… ta  grève du lavage de pieds donnerait des envies de suicide même à une mouche à merde.*


En fait, je crois que j’aurais préféré qu’il me dise qu’il l’a tué, c’est mesquin, mais je préfèrerais lui en vouloir à lui plutôt qu’à moi. Ce qui rajoute un petit caillou à mon sac de reproches à me faire. Si a ce n’est pas de l’égoïsme.

La vérité est encore plus moche et plus simple que ça :

« Si tu savais comme j’aimerais pouvoir faire ça, pouvoir vraiment protéger les autres… mais... entre le fait que je ne comprends pas tout, voir pas grand-chose, et celui que je ne sais pas trop comment m’y prendre pour… heu… m’adapter on va dire… bah c’est pas simple. En fait, y’a deux semaines mes seuls problèmes c’étaient de savoir comment j’allais me faire pardonner de mon meilleur pote de m’être cassé à un match à l’autre bout du pays et comment j’allais survivre aux punitions de ma mère pour cette fugue… du coup, j’ai l’impression d’être super à la ramasse. J’ai peur, ça, pas de soucis, le peu que j’ai vu a suffi pour que je me rende bien compte qu’on peut crever du jour au lendemain… même si je ne comprends toujours pas pourquoi y’a des mecs qui partent en roues libres au lieux de faire un front unis pour dégager les zombies…. »


Oui en fait, c’est vraiment ce qui me chiffonne le plus. Dans ma tête accepter qu’il y ait des zombies n’avait, finalement, pas été compliqué à gérer, avec les jeux vidéo, les films et nos débats avec Doug, on s’était toujours dit que ça finirait pas arriver, ça ou les extraterrestres… ou un incident nucléaire… ou un choc géothermique, enfin bref… par contre de ce dire qu’en cette période sombre pour l’humanité il y a des gens qui en profitent pour massacrer d’autres alors que c’est juste complétement con. Moins on est de vivant, plus les zombies pourront faire des dégâts. Ces types jouent contre leur camps… et ça ne se fait pas de jouer contre son équipe.

« En fait… avant… j’ai toujours eu mon coach ou Doug pour me dire quoi faire et m’éviter les conneries. Là… c’est un peu la première fois que je me retrouve tout seul et je ne sais pas trop quoi faire pour aider. Pour le moment j’essaye de me caler sur Ricky qui a l’air de savoir ce qu’il fait lui….  »

Triste constat en fait. Je suis en train de lui dire que je suis un paumé et un suiveur. Je n’y avais jamais réfléchi avant mais avec du recul, c’est vraiment ça. Bah le monde n’est pas près d’être sauvé par super Harvey et celui la haut qui choisit les « 2e chances », il a dû bien se marrer en me désignant.

«  Excuses moi... je t’empêche d'aller chasser... je vais essayer d'aller me rendre utile dans le camps. Je crois qu'il y a de la lessive à faire et Ricky doit m'attendre »

Je laisse Matthew a ses activités et va mollement vers mes activités pas assez viriles à mon gouts.

[Fin du jeu]
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