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[Spécial, Hors-Zone] Un quelque chose de Texan - 19/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Sam 25 Avr - 19:08
Interprété par Liam O'Connor.

Ce rêve, brutal, cette sensation, atroce et oppressante. Prisonnier de ton propre esprit, tu subis ces incompréhensibles flashs accompagnés de paroles insensées, poétiques et prophétiques. Le temps n'existe plus, l'espace devenu une substance fictive et la réalité n'ayant plus que l'attribution que ton subconscient peut lui donner, et pourtant...

Cela fini par cesser, et les sensations insupportables s'arrêtent. Après quelques instants ayant l'air d'une éternité chacun, perdu dans une trame temporelle dont tu ne peux saisir les fondements les plus élémentaires, tu finis par la ressentir. La morsure froide de la brise du matin, vivifiante bouffée d'air après une nuit fraîche et robuste que tu n'as pas vécu et dont tu n'as pas encore conscience qu'elle ai existé. Tu peux les percevoir, les sensations de ton corps, l'étreinte de la douleur dans tes muscles jusqu'aux os les mieux cachés, la migraine intense, comme après une soirée bien trop arrosée, en plus assommante.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Pour autant, tu ressens tout d'abord un indicible confort dans ton dos et le long de ton corps malgré la douleur. Le toucher doux et rassurant d'un bon matelas au long vécu surmonté d'un oreiller moelleux, chouchouté par l'encerclement d'une couverture qui vient fermer ce cocon savoureux, car c'est dans un lit que tu reprends vie. Tout semble d'un calme plat, hormis ce bruit de fond si caractéristique et agréable de quelques oiseaux chantant loin au dehors.
Il fait froid, terriblement froid et seule la couverture qui te couvre te protège en partie de sa féroce agression, pour éviter un total supplice. Ce lit dans lequel tu es est particulièrement modeste et à sa façon, c'est ce qui le rend si confortable et plaisant. Fait de bois de hêtre sur un fond de mur en bois plus rude, assorti à une table de nuit en vieux chêne où ne sont ornés qu'une horloge visiblement tout droit sortie des années 80 et d'une nappe.

La table de nuit a été soigneusement installée sous une fenêtre aux rideaux à fleurs épais qui laisse filtrer une partie de la lumière à travers les parcelles de blanc qui les dominent, fenêtre par ailleurs ouverte et expliquant l’afflux de fraîcheur. Tu te rends compte que ta main droite est assez peu confortablement, en revanche, placée au dessus de ta tête. Un geste instinctif te fera réaliser que celle-ci est attachée à l'une des barres de la tête de lit, par rien de moins que des menottes. Et celles-ci n'ont à tout croire rien de copies festives.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme. Ainsi te voilà vivant, ta peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.



Éléments scénaristiques:
 

Liam O'Connor

Anonymous
Invité
Dim 26 Avr - 3:37
Ces voix... Ces foutus voix raisonnent dans mon crâne comme un chuchotement dans une cathédrale. Elles tournent en boucle, en canon, l'une se faisant l'écho d'une autre. Tout se mélange si rapidement que je ne comprends pas un mot de leur charabia. J'essaie de me concentrer sur l'une d'entre elles. Celle de la jeune femme, la moins effrayante. Non pas que je sois quelqu'un qu'on effraie facilement, mais n'empêche, j'ai déjà fait des cauchemars plus agréables. Je crois. C'est flou. Cependant, mon cerveau ne semble pas apprécier l'effort que je lui demande. Une vive douleur me transperce le crâne, et tout n'est plus qu'obscurité. C'est cette même douleur qui finit par me réveiller ensuite. Et la soif. J'ai la gorge plus sèche qu'une catin après une nuit de boulot. Combien de temps s'est écoulé, par contre, aucune idée.


Putain, plus jamais je picolerai. C'est la première chose qui me vient à l'esprit. Sinon, comment expliquer mon état ? Chaque fibre de mon être me fait souffrir. Je peux ressentir chaque muscle comme s'il était à vif. Chaque tressaillement est comme une première fois. Putain, je sentirai presque mes poumons se gonfler à chacune de mes inspirations ! Hors de question de bouger un cil pour le moment. J'ai une nausée terrible, et la tête qui tourne tellement que je pourrais aussi bien me trouver en mer, en pleine tempête. Mais non, je suis bien sur un matelas confortable, la tête posée sur un oreiller douillet, dans ma chambre. Je sens la douceur des draps, la chaleur d'une épaisse couverture sur moi, et cela rend ce supplice un peu plus supportable. Sérieusement. Plus jamais je ne boirais. Juré. Ou alors juste un peu, mais je ferai attention. D'autant que j'ai pas le moindre souvenir d'avoir bu la veille. Je devais en tenir une sévère.


Maintenant que j'y pense, je ne me souviens pas de la veille du tout. Bizarre. Que je me prenne une cuite de temps en temps, je l'admets volontiers, mais je ne suis pas du genre à commencer dès le matin. Je devrais pouvoir me rappeler de ce que j'ai mangé au petit déjeuner. Tenez c'est comme cette fois où... Où quoi déjà ? Bordel, j'ai mal au crâne. Et rien ne me revient. J'ai beau fouiller les méandres de mon cerveau, pas la bribe d'un minuscule souvenir ne se présente. Amnésie totale. Je ne suis pas putain de foutu de me rappeler de mon prénom. Et j'ai pourtant cette horrible sensation qu'on a, quand on tient un mot qu'on cherche depuis des heures sur le bout de la langue. Je sais que mes souvenirs sont là, tout près, mais ils pourraient aussi bien avoir disparus. Une légère panique commence à m'envahir. Pourtant, mon instinct me répète que je ne suis pas du genre à m'effrayer facilement. Bordel, qu'est-ce qu'il m'arrive ?


Je décide que je ne le découvrirai pas en restant affalé dans mon pieux. Alors lentement, très lentement, j'ouvre les yeux. La lumière pénètre mes rétines et s'enfonce telle une lame jusqu'aux plus enfouis de mes neurones. Ou une autre manière de dire :


-P'ta c'fmal...


Putain ça fait mal. Bordel, si en plus je suis devenu incapable de parler... Bref, instinctivement, je referme immédiatement les paupières. Une fois que la douleur est passée, je réessaie, plus doucement, par étape, afin de laisser mes pauvres iris s'habituer à ce qu'ils n'ont manifestement pas côtoyé depuis un bon bout de temps. Je me retrouve finalement à fixer le plafond, toujours immobile. Et d'autres sensations oubliées se rappellent à moi. Le froid d'abord. Je le sens sur mon visage, et sur mon bras droit, tendu au dessus de ma tête, les seules parties de mon corps émergeant de sous la couette. Comme l'aurait dit un ami, mais pas moyen de me rappeler qui, "Ça caille sa maman la péripatéticienne !". Si ce n'était pour cette chaude couverture, je serai probablement en état d'hypothermie. Qui a eut l'idée d'ouvrir cette fenêtre ? Mais ce qui revient surtout, et c'est bien plus agréable, c'est le son. Bon, il n'y a pas grand chose à entendre, à part quelques oiseaux piaillant au loin, mais c'est tout de même agréable de savoir que ceci fonctionne encore.


Je jette enfin un œil autour de moi... pour me rendre compte que je ne suis pas du tout chez moi. Ce petit lit, bien que simple et confortable, n'a rien à voir avec le deux places de ma chambre. Le mobilier en bois est très loin du moderne bon marché que j'ai moi-même monté, de mes mains habiles et expertes. En passant, je hais les Suédois. Et c'est quand ce souvenir refait surface qu'une nouvelle douleur me vrille les tempes. Ça fait mal, mais au moins, j'ai conscience que je ne suis pas chez moi. Même si je n'ai aucune idée d'où se trouve ce chez moi. Je suis certain d'avoir plus de goût que ça... Non sérieusement, je ne suis pourtant pas tatillon sur ce genre de sujet, mais les rideaux à fleur, même mes grands-parents n'en auraient pas voulu. Enfin, restons sur l'essentiel.


-C'quoi c'bordel..., je bredouille.


Ah, la voix semble revenir, enfin un bon point. Maintenant si je pouvais deviner où je me trouve, sans parler de mon prénom, je serai le roi du monde. Allez, soyons dingues, je tente de me lever. De toute façons, si je veux pas crever de soif dans ce lit, il faudra bien que je me bouge un jour. J'essaie donc me redresser. Grave erreur. D'abord, la couette retombe sur ma taille, laissant le froid s'engouffrer dessous, et putain... Enfin, disons que je cite à nouveau l'ami dont je ne me souviens pas. Ensuite, chaque muscle de mon corps proteste, au point que je suis persuadé qu'une véritable grève nationale s'est organisée dans mon organisme, avec banderoles, mégaphones et slogans métaphorique sur l'endroit où je peux me carrer mon envie de bouger. Et dernièrement je remarque que mon bras droit reste fermement au dessus de ma tête, attaché à quelque chose. Le fait d'avoir tiré dessus décuple la douleur.


Je retombe comme une masse en arrière, remonte rapidement la couette de ma main gauche, frissonne une seconde, et observe finalement au dessus de moi. Mon poignet droit est menotté aux barreaux de bois de la tête de lit. Bien. Bien, bien, bien.


-Mais c'est quoi ce putain de bordel, je marmonne, la voix pâteuse.


Bon, je suis de nouveau capable de m'exprimer intelligiblement. Youpi, me voilà revenu à mes quatre ans. Grand progrès. Si l'on excepte que si je veux me lever un jour, je vais manifestement devoir me ronger le poignet avec les dents. A cet instant, le dernier de mes sens se remet en marche. Tel l'employé qui s'est pas levé et qui débarque en s'excusant et en demandant s'il n'a rien raté, l'odorat fait son retour. Et mes nausées avec. Qu'est-ce que c'est que cette odeur, merde ? Ça sent... La mort ? Le mort ? Le vieux mort ? Le très vieux mort décomposé, à moitié bouffé par les vers, qu'un putois aurait aspergé de son liquide odorant ? Il me faut quelques minutes pour m'en rendre compte. Mais ça vient bel et bien de moi. Sans déconner, même si j'avais bu au point de m'être rendu malade, d'avoir gerbé partout, puis de m'être roulé dedans pour le plaisir, je ne sentirai pas si mauvais. La question me pousse à m'examiner de plus près.


Oui, on pourrait penser qu'il est étrange de ne pas commencer par s'examiner en détail en se réveillant on ne sait où. Mais je vous pose la question. Pourquoi aurais-je été différent des autres jours ? Même si je ne me souviens pas de ce qu'étaient ces autres jours. Il semble que mon instinct est ce qui fonctionne encore le mieux chez moi pour le moment. Bref, je m'examine, et reconnais mes vêtements. Un jean Levis bleu sombre, un 501 classique. Crasseux au point d'en être rigide. Comme si je m'étais souillé plusieurs fois. Troué à mi-jambe. La droite est même déchirée au point d'en être raccourcie jusque sous le genou. Mes chaussures, des adidas de ville classiques, sont sèches, et raidies. Je porte un t-shirt noir simple, sous un sweet à capuche et fermeture éclair de même couleur. Tous deux sont troués en plusieurs endroits, tâchés de sombre. On dirait du sang. Mais celui de qui ? Mon instinct reprend le dessus. Ma main gauche vient effleurer mon épaule droite. J'y jette un œil, et remarque la trace de la morsure.


Et dans une fulgurante souffrance, qui manque de me renvoyer dans les vapes, les souvenirs reviennent. Tous à la fois, mélangés et brouillons, si bien qu'un esprit plus faible aurait pu ne pas le supporter. Mais je ne suis pas n'importe qui. Liam O'Connor est plus fort que ça. Je suis prostré en position fœtale, les genoux remontés jusqu'au menton, attendant que la douleur passe. Et pourtant un sourire de joie sauvage éclaire mon visage. Je sais qui je suis. Je me souviens de ma vie d'avant. D'avant l'apocalypse. D'avant la morsure. La Morsure putain ! Maladroitement, je tire sur le col de mon t-shirt.


D'une manière générale, depuis que je me suis réveillé, j'ai l'impression d'effectuer chaque geste pour la première fois. Mais ce n'est pas le moment de s'y attarder. Le plus important c'est... Partie. Pas une trace. Pas la plus petite des cicatrices. Impossible. Je me souviens parfaitement de Machin s'accrochant fermement à moi. De ses dents m'arrachant une partie de ma chair, de mon être. Mes vêtements en portent encore la marque. Je me souviens du sang que j'ai perdu, et du dégoût que m'inspirait la blessure. De la terreur à l'idée de devenir un Marcheur...


Bon, j'avoue que sur le moment, je suis perdu. Tout se bouscule. Je ne sais pas où je suis. Comment, et pourquoi j'ai survécu. Qui m'a emmené ici, et attaché ? Toute ma vie défile dans mon crâne, sans ordre ni logique. Le lit recommence à tanguer, ma vision se brouille. En quelques secondes, je dors à nouveau.


* * * * * *


Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé. Une heure ou une semaine. D'après l'horloge qui orne l'un des murs, ça en fait une que j'ai émergé pour la seconde fois. J'ai eut le temps de remarquer que toutes les marques, toutes les cicatrices, putain même le tatouage qui couvrait mon dos, tout a disparu. Je suis aussi propre, j'ai la peau aussi douce que si je venais de naître. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais j'ai horreur de ça. Quelqu'un s'est permit de décider que je serai mieux sans ces traces, sans ces rappels de ma vie, des épreuves que j'ai affrontées. Je n'aurai plus jamais cette petite cicatrice, au coin de l’œil gauche, que le couteau d'un rival avait creusée, manquant de peu de m'éborgner. Une histoire intéressante d'ailleurs, je devrai vous la raconter un jour. Bref, je ne sais pas qui a joué à Dieu, mais j'ai deux mots à lui dire. Ne vous méprenez pas. Je suis ravi d'être resté moi-même, plutôt que de devenir un bouffeur de cervelle aussi mobile qu'une retraitée de quatre-vingt-dix ans en déambulateur avec une jambe de bois et une sciatique. Simplement, il y a des choses qui ne se font pas.


Mais le plus important, pour le moment, c'est de découvrir où je suis. J'essaie de remettre mon cerveau en marche. Et c'est difficile. Comme s'il n'avait pas été utilisé depuis des années. Moi qui m’enorgueillissais d'un esprit si subtile et affûté, j'ai maintenant la sensation de ne pouvoir l'utiliser à pleine capacité. Un peu comme si on vous mettait entre les mains une Ferrarri, mais avec un brideur la limitant à cinquante. Enfin, j'arrêterai les comparaisons là, j'ai toujours été modeste. Bref, la question importante pour le moment, c'est pourquoi suis-je attaché ? Il semble évident que je ne représentai aucun danger pour la personne qui s'en est chargé. J'ai beau être quelqu'un de dangereux lorsque je le veux, même moi je ne ferai pas de mal à une mouche en étant dans le coma.


Bref, ça ne peut pas être une bonne chose. Cela dit, si on avait voulu me tuer, ce serait déjà fait. Mais ce n'est pas en étant optimiste qu'on survit dans le métier que j’exerçai. Mieux vaut se faire la malle si possible. Surtout que j'ai définitivement besoin de nouveaux vêtements, comme d'un bain. Et de savon. Beaucoup de savon. J'observe donc en détail les menottes qui me tiennent prisonnier.


-Rien de bien compliqué, je murmure. Des comme celles-là, j'en ai crocheté des dizaines.


Au moment où je me fais cette réflexion, une autre la suit aussitôt. Comment ? Comment les ai-je crochetées ? J'ai beau chercher, rien ne me vient. Je vois parfaitement les outils que j'utilisai, et lorsqu'ils manquaient, avec quoi je pouvais les remplacer. Mais comment je m'en servais ? Mystère. Pour le moment, je préfère me dire que ces souvenirs là reviendront rapidement, comme les autres. Mais la sensation de réapprendre chaque geste, chaque fonctionnalité de mon corps, me revient à chaque instant, et j'ai l'étrange impression que ça aussi, je devrai l'assimiler de nouveau, de zéro. Mais ce n'est pas le moment de paniquer. Il doit bien y avoir quelque chose d'utile dans cette chambre...


Mon regard tombe sur la table de chevet. Elle comporte un petit tiroir, ainsi qu'une porte. En me roulant sur le ventre, et en prenant garde à mon poignet droit, je parviens à en atteindre les poignées. Aussi silencieusement que possible, j'ouvre les deux. En priant pour trouver quelque chose qui me permettra de me libérer.

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Mar 28 Avr - 20:30
Le froid, le calme, rien n'alertait dans cette pièce son occupant involontaire, si ce n'est ces menottes plus alarmantes qu'elles ajoutaient une lampée peu avare de mystère. Comment était il arrivé ? Où était il ? Rien dans cette pièce sentant bon les vieilles maisons douillettes et bardées d'histoires, ne venait aiguiller les questions potentielles du ressuscité. Ou ce qui pouvait être considéré, comme un ressuscité.

L'intérêt passé sur la table de chevet, la main de Liam vint tirer le tiroir, qui frotta au bruit du bois contre bois, et à l'intérieur : rien. Premier échec, mais il restait encore la porte qui pouvait offrir un indice, un semblant de quelque chose vaguement intéressant. Et quand il ouvrit cette fameuse porte qui couina très doucement, pour scruter l'intérieur, le couperet tomba : rien, encore. Ce pouvait être frustrant, et il y avait de quoi se poser des questions, car ce meuble censé obtenir aux dormeurs de la pièce le confort d'utilitaires à portée, ne contenait pas le moindre objet, rien qui pouvait permettre au cambrioleur de se débarrasser de ses menottes, ou de tout autre chose. Juste une couche de poussière témoignant d'un délaissement de son propriétaire.

« Il n'y a rien à trouver. » Fit entendre soudainement une voix, venue de la porte.

Celle-ci se mit à grincer alors que quelque chose, ou plutôt quelqu'un, la poussait. Visiblement, elle était déjà ouverte, ou entrouverte, et sa plainte dévoila à quel point ses gonds avaient souffert du temps. Derrière, apparaissait la silhouette d'un homme qui était près de l’entrebâillement, et à sa position droite et fixe, on jurerait qu'il était en fait là depuis un temps indéfini. Sa stature est par ailleurs inquiétante : un homme impressionnant. Très grand, arrivant à la hauteur de l'arche de la porte, la carrure certainement pas sportive au vu des quelques rondeurs et pourtant franchement massive et les épaules larges. La lumière venue du dehors éclaire assez bien la chambre, en revanche, le couloir probable dans lequel il se tenait n'était pratiquement pas éclairé, ce qui ne permit pas de voir son visage, si ce n'est une barbe fournie bien dessinée par les rayons lumineux qui le frôlent.

Tu peux distinguer, sans vraiment les voir, que ses yeux t'observent avec insistance.

« Tu ne pensais tout de même pas que j'allais te laisser sous le coude les clés des menottes ? Ou une jolie arme assortie d'un mot de bienvenue. » Ajoutait il, tandis qu'il entrait dans la pièce.

Ses pas lourds firent un bruit bien audible sur le plancher, et ce qui entra tranchait finalement en partie avec l'impression froide et menaçante donnée. Il avait déjà très visiblement atteint un certain âge et paraissait avoir gardé toute sa forme pourtant. Bel et bien massif, robuste et pourvu de quelques rondeurs mesurées, ses yeux sombres qui te regardent sont vissés sur un visage aux traits solides mais détendus par l'âge. Loin d'être menaçant, il semble même naturellement rassurant, le regard bienveillant et paternaliste.
Ses pas l’amenèrent vers le lit qui se situe de l'autre coté de la table de nuit, et tu as rapidement en vue le fusil qu'il tient en main, digne du début du siècle et malgré tout en bon état, le canon vers le sol. Le vieil homme paraît particulièrement calme en réalité, d'une sérénité qui trahit une absence d'hostilité malgré l'armement. Il porte une chemise à carreaux d'un marron forestier très clair. Bretelles et pantalon sont beaucoup plus sombres, bottes épaisses aux pieds, sa chevelure blanche assez longue est organisée par une queue-de-cheval.

S'appuyant d'une main, il vient s’asseoir sur le lit non avec la plus grande facilité, devant trimbaler sa carcasse ancienne, et pose le fusil qu'il fait tenir debout contre le pied du lit. Il revient finalement à toi une fois pour toutes, en marquant une bonne inspiration-expiration et croise les doigts en se penchant, déposant les avants-bras sur les genoux.

« Normalement c'est le moment où je dois me montrer menaçant, pour installer d'office l'idée que toute bêtise te vaudrait un retour dans le sommeil, peut être définitif. Mais entre nous, à force de recevoir des visiteurs impromptus, je commence à me lasser un peu de répéter le schéma. »

Plus qu'une attitude sympathique et une voix posée, il ose même un petit sourire amusé à ses propres mots, laissant le silence reprendre place ensuite.

Liam O'Connor

Anonymous
Invité
Mer 29 Avr - 23:05
Rien dans le tiroir... Bon. Pas grave. Il reste la... Putain ! C'est une blague c'est ça ? Bon, en y réfléchissant bien, c'est logique. Si j'avais voulu garder quelqu'un prisonnier, moi non plus je ne lui aurai rien laissé d'utile à porté de main. Ceux qui m'ont fait ça ne sont pas stupides. Et ça m'arrange pas. Si on peut plus compter sur la bêtise humaine... Non sans déconner, comment voulez-vous que je me débarrasse d'une paire de menottes avec une couette pour seul outil ! Je suis doué, d'accord, mais je ne peux pas faire de miracles. Quoique, si elle est fourrée de plumes... Ou alors, ce tiroir, il doit bien être monté avec des vis, ou des clous. Un clou serait parfait, il suffirait de...

-Il n'y a rien à trouver.


Dans un grincement théâtral, la porte de ma chambre s'ouvre sur un géant. Un vieil homme immense, du genre qui en impose au point de vous faire vous demander si vous n'être pas retombé en enfance. Me revoilà gamin devant mon grand-père tout prêt à me coller une rouste parce que je lui ai piqué son Opinel préféré. J'ai l'étrange impression que le vieux était là à m'observer depuis un moment. Mon orgueil est piqué au vif. Je suis plutôt fier de mes capacités d'observations, et de l'acuité de mes sens, en général. Je suis capable d'entendre quelqu'un venir de loin. Surtout un homme aussi imposant qui pourrait créer un séisme à chaque pas. Mais cette fois, je ne me suis rendu compte de rien. Bon, pour ma défense, je viens de me lever, et je n'ai pas eut mon café. Et peut-être que ça a à voir avec les pertes de mémoires, et l'étrange impression de ne plus pouvoir en faire autant qu'avant. De repartir de zéro...

Le vieil homme a le gabarit puissant, malgré son embonpoint. Mmmh... Peut-être un ancien sportif qui s'est laissé allé ? Une chose est sûre, qu'on soit son petit-fils ou non, personne n'aurait envie de se prendre une avoine de ce gars là. Ce serait un coup à vous retourner la tête façon chouette hulotte. Et en plus de çà, il est armé. Un fusil. Mais il ne semble pas menaçant pour le moment. A vrai dire, le géant dégage une force tranquille. Un peu comme une montagne. C'est un grand machin inébranlable, mais qui ne dégage pas la moindre agressivité. Mais s'il devait y venir, ce serait terrible. C'est difficile de donner un âge à ces bêtes là. Pour autant que je le sache, il pourrait avoir quarante ans et avoir vieilli avant l'âge, ou soixante-dix et être remarquablement conservé. Mais je pencherai plutôt pour la seconde option.

Bref, de toute façon, en cas d'affrontement dans la situation actuelle, les choses pourraient devenir délicates pour votre serviteur. Malgré mon formidable intellect, et l'agilité que j'ai acquise avec les années, même moi pourrait me retrouver en mauvaise posture. Je m'en sortirai, bien sûr ! Comme toujours. Mais rien ne dit que je ne prendrai pas un mauvais coup dans l'histoire... Donc évitons de mettre la montagne en colère. Personne ne veut avoir à fuir une avalanche.

Lorsqu'il entre dans la pièce, je reste parfaitement calme et stoïque. Je cache toute surprise. Je me sens pourtant un nœud dans l'estomac. De la peur ? Impossible. Je n'ai peur de rien. Je suis toujours maître de la situation. Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je masque donc mes émotions derrière mon habituel sourire, légèrement ironique, et qui me donne cet air si charmant et sympathique. Je me redresse, et m'assoit en tailleur, négligemment adossé au mur.

-J'ai vu ça, je lui réponds, moi qui pensai tuer le temps avec des mots croisés...

Je lui laisse savourer mon trait d'esprit avant de continuer, plus sérieusement.

-Et peut-être boire un peu d'eau, si j'y avais trouvé une bouteille. Mais j'imagine que je devrais m'en passer pour le moment.

-Tu ne pensais tout de même pas que j'allais te laisser sous le coude les clés des menottes ? Ou une jolie arme assortie d'un mot de bienvenue ?

Non bien sûr. Ça aurait été trop beau. Mais un petit crayon à la mine bien taillée, était-ce trop demander ? Tout en parlant, il s'approche à pas lourds et pesants. Ses yeux me fixent intensément. Il me jauge, et je le lui rends bien.

-Pas besoin de mot, non, le message était déjà clair, je plaisante en faisant tinter mes menottes. Mais je suis déçu de ne pas avoir trouvé mon chocolat sur l'oreiller.

L'ours vient s'asseoir près de moi. Il prend son temps. Je sens qu'il réfléchit. Peut-être sens-je une pointe d'hésitation. Et puis...

-Normalement c'est le moment où je dois me montrer menaçant, pour installer d'office l'idée que toute bêtise te vaudrait un retour dans le sommeil, peut être définitif. Mais entre nous, à force de recevoir des visiteurs impromptus, je commence à me lasser un peu de répéter le schéma.


Voilà ! Là il y a de la matière ! Là il y a des déductions à tirer ! Et pas qu'un peu. Depuis que je me suis réveillé, j'observe instinctivement chaque détail de cette pièce, et à part le fait que son propriétaire aime les ambiances rustiques, rien ne m'a permis de savoir où j'étais, chez qui, pourquoi. Certes, je ne pourrai pas déduire tout ça des deux phrases qu'il vient d'énoncer, mais il me donne quand même quelques informations.

D'abord, le géant en a marre de jouer les épouvantails avec ses nouveaux venus. Donc il l'a fait plusieurs fois. Il y a d'autres personnes qui ont profité de son hospitalité. A moins que ces personnes ne soient parties, d'elles mêmes ou forcées, il y a des chances pour que nous ne soyons pas seuls dans cette cabane. De plus, s'il est agacé d'effrayer les nouveaux arrivants, c'est que ce n'est pas dans sa nature. Tout chez lui, de sa posture à son fusil pointé en l'air, en passant par son ton et le fait qu'il s'asseye si près d'un inconnu, laisse penser que c'est quelqu'un de bien. Droit dans ses bottes et dans ses convictions. Confiant, surtout. Il y a des dizaines de façons de tuer un homme à mains nues. Certes, je ne les connais pas. Ce n'est pas mon style. Mais il n'en sait rien, et vient juste de se poser à ma portée. Bon, même si avec son gabarit, on ne doit pas trop avoir peur d'un type qui fait deux têtes et soixante kilos de moins.

Dernière chose, il y a de fortes chances pour qu'il soit le maître des lieux. Ou quelqu'un de son entourage très proche. Les gars chargés de mettre les points sur les i aux nouveaux venus, ce ne sont jamais les sous-fifres. J'ai pris quelques secondes pour tirer mes conclusions. Il m'a sourit. Étant donné que je suis d'un naturel avenant, je souris tout le temps. Je l'élargis tout de même un peu en réponse. Et c'est sincère en plus. De première impression, ce type me plaît. J'apprécie l'intelligence, même chez les personnes honnêtes. Ce dont il a l'air. Et les gens honnêtes et intelligents, c'est rare. Si vous saviez combien d'idiots ramènent les porte feuilles pleins de billets qu'ils ramassent... Alors oui, actuellement milles et unes idées pour me débarrasser de lui et / ou prendre la fuite en cas de besoin s'affrontent dans mon esprit. Mais il s'agit simplement de mon naturel prévoyant.

-Comme je l'ai dit, le message était déjà clair, je lui réponds en faisant à nouveau tinter mes entraves.

Je laisse planer un silence dramatique puis j'enchaîne.

-Voyons voir. Arrêtez moi si je me trompe. Je suppose que ces menottes sont plus un précaution qu'autre chose. On ne s'est jamais rencontrés, mais vous m'avez quand même amené chez vous. Vous m'avez forcément trouvé évanoui, puisque je ne me souviens de rien. Il n'y a que trois raisons de récupérer une personne dans les vapes, de l'installer dans un lit douillet et de prendre soin d'elle jusqu'à ce qu'elle se réveille. Soit on veut la sauver, soit on veut des informations, soit... Disons que la troisième ne me plaît pas beaucoup, je vais donc tabler sur l'une des deux premières.

Je marque une nouvelle pause et me racle la gorge, pour bien faire comprendre que j'ai la gorge sèche, et que ce serait très agréable de me voir offrir un verre d'eau.

-On ne s'est jamais rencontré, ni d’Ève, ni d'Adam, je ne vois donc pas quelles infos vous pourriez attendre de moi. En revanche, vous dégagez un je ne sais quoi du type qui vient en aide à son prochain.

J'essaie de ne pas mettre trop d'ironie dans mes propos. Après tout, chacun ses défauts.

-Mais vous n'êtes pas stupide, et prenez vos précautions jusque pouvoir vous rendre compte du danger qu'ils représentent.

Nouvelle pause. Je braque mon regard dans les yeux du vieux. Je joue le tout pour le tout, et je ne veux pas qu'il doute de moi. Hors de question de rester attaché à un pieu jusqu'à se que ma main se dessèche et tombe de l'autre coté de l'anneau qui la retient.

-Laissez moi donc vous éclairer sur ce point. Je ne vous veux aucun mal. Je n'en veux à personne en particulier, en fait. A part peut-être aux créatures qui se promènent dehors. A moins qu'on ait réglé le problème pendant mon sommeil ? Je ne sais même pas combien de temps j'ai dormi. Mais ce serait trop beau, j'imagine.

Mon sourire s'élargit une nouvelle fois.

-Mon nom est Liam. J'étais en vacances dans le coin quand ça a dégénéré. Et je vous suis réellement reconnaissant des soins que vous m'avez porté. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour vous rendre la pareille, je suis votre homme.

Non non, pour de vrai. Après tout, selon mes derniers souvenirs, j'aurai dû finir en charogne ambulante, donc bon... Ça fait relativiser les menottes.

-Mais avant ça, j'aimerai savoir chez qui je suis. Depuis combien de temps. La date aussi. Et comment j'y suis arrivé...

Je ne parle pas de la morsure délibérément. S'il sait quelque chose sur sa disparition, il devrait aborder le sujet lui-même. Sinon, lui apprendre que j'ai potentiellement le virus en moi ne l'aidera pas à me faire confiance. Mais j'espère qu'il pourra m'expliquer ce miracle... Je laisse planer un dernier silence avant de repartir, plaisantant à moitié :

-Bon, tout ça n'est utile que si je ne me trompe pas en misant sur l'une des deux premières raisons. S'il s'avère que c'était la troisième, et que vous comptez finalement m'engraisser avant de faire un mechwi... Bon bah on verra, on se posera pour en discuter à tête reposée, envisager les pour et les contres, tout ça...

Inconsciemment, je me suis redressé durant mon monologue. Je me radosse contre le mur, toujours souriant, lui signifiant que j'en ai terminé, et que c'est à lui. Je déteste être à ce point dépendant d'une autre personne. Sans être vraiment un solitaire, j'aime être maître de ce qui m'entoure et de moi-même. Être suspendu au bon vouloir d'un vieil homme, si grand et baraqué soit-il, est loin de me faire plaisir.

Nelson Wallace

Anonymous
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Sam 2 Mai - 19:30
Le vieil homme demeura dans sa position et sa neutralité en t'écoutant parler, en t'observant bouger et théoriser sur les nombreux cas de figure qui pourraient expliquer ta présence, les événements, les raisons. Frottant ses pouces l'un contre l'autre, les sourcils légèrement retroussés, sans nouveau sourire ni réactivité faciale face à tes dires, il finit par prendre une inspiration et usa de la parole à son tour.

« Eh bien, tu as beaucoup à dire, pour quelqu'un qui revient d'entre les morts. »

Il se redressa en faisant craquer quelques muscles de son dos et soupira, posant les mains sur les genoux.

« Je vais essayer de te répondre, laisses-moi une seconde que je me remémore tout ça, ça fait un moment que je n'ai pas cotoyé quelqu'un de vraiment bavard. »

Il amena une main pour illustrer un tourbillon près de sa tempe, signe qu'il fallait un peu de réflexion, puis reposa sa main et leva les yeux vers la fenêtre ouverte.

« Alors... » Marquait il, revenant à toi. « Ces menottes ne sont pas une précaution, plutôt une mise en garde. Est-ce que je veux te sauver ? Non. Des informations ? Non plus. Faire de toi un... meychi c'est ça ? Ce doit être une espèce de recette je suppose pour dire que je veux te mettre sur le grill. Encore moins. Quant à savoir si je suis stupide, c'est flatteur mais comme tu l'as dit, tu ne me connais pas. Et je ne te connais pas, donc c'est à moi de définir si tu me veux du mal, ou non. Ce que je sais par contre, c'est que les personnes qui parlent beaucoup sont celles qui ont le moins besoin de réfléchir, car elles savent déjà ce qu'elles pensent et veulent, le blabla ce n'est qu'une... poudre aux yeux. »

Il revint croiser les doigts sur ses genoux, et se pencher en te fixant un peu plus dans les yeux.

« Pour l'instant, j'aurais plutôt tendance à dire que tu envisages au moins, du mal, d'une façon ou d'une autre. Au fait, tu n'as pas besoin de me remercier, je me suis contenté de te menotter à ce lit. Hormis te mettre un matelas sous ton popotin, je n'ai rien fait. »

Il finit enfin par laisser se dessiner un très léger sourire. Était-il amical ? Difficile à dire, en tous les cas l'homme ne semblait pas franchement disposé à un quelconque semblant de confiance, et au contraire même, ne cherchait pas à cacher sa méfiance.

« Avant que je ne réponde à toutes tes autres questions, j'en ai une ou deux aussi. Comment tu expliques que tu sois arrivé ici ? Et pourquoi tu me mens ? »

Son sourire s'effaça l'instant d'après, tranchant à l'idée que ce n'était plus « peut être amical », mais bien le contraire à la dureté qu'affichaient maintenant son air déjà méfiant.

Liam O'Connor

Anonymous
Invité
Sam 2 Mai - 23:25
Peut-être qu'il est encore plus intelligent que ce que j'imaginais. Son ton endurci, sa posture plus ferme, et surtout le fait qu'il ne me fait pas confiance. Pourtant, j'en ai déjà baratiné plus d'un. Mais peut-être que cette compétence là s'est envolée aussi pendant ma... mon repos éternel interrompu. Toujours est-il que je conserve mon même sourire affable devant le vieux lorsque je me redresse et pose les pieds au sol, adoptant une posture similaire à la sienne. Je prends quelques secondes pour réfléchir avant de lui répondre, fixant le mur en face de moi. Encore une fois, il m'a donné matière à réflexion.

-Je ne sais pas si je suis particulièrement bavard. Mais peut-être qu'après un certain temps dans le coma, on éprouve effectivement le besoin de se dérouiller les muscles. Et la voix. Disons surtout que de nombreuses questions cherchent leur réponse.

Je laisse planer un silence avant de reprendre, le regardant cette fois droit dans les yeux.

-Je ne peux pas dire que je sois complètement d'accord avec vous.

Je le laisse mijoter deux ou trois secondes là dessus. Il s'attendait peut-être à ce que je lui fasse de la lèche, le titan ? Que je dise amen à son joli sermon ? Ça ne risque pas d'arriver.

-Vous ne me connaissez pas, je reprends en fixant à nouveau le mur, n'avez aucune raison de me faire confiance, d'accord. Et effectivement, certaines personnes essaient de noyer leur interlocuteur sous un flot de parole pour masquer leur bêtise. Sans prendre le temps de réfléchir, sans se rendre compte des énormités qu'ils lâchent. 

Je le regarde à nouveau.

-Mais si il y a bien une chose dont vous ne devez pas douter, monsieur, c'est que chaque chose que je fais, chaque chose que je dis, est mûrement pensée et réfléchie.

Mon sourire ironique s'étire légèrement et prend un quelque chose de carnassier. Mon ton est plus ferme, voir menaçant. A dessein. Il veut de l’honnêteté, en voilà. Le vieillard pense m'insulter, me traiter d'idiot impunément ? Oser dénigrer le génie dont je fais preuve, c'est cracher sur un Van Gogh, putain !

La tension est palpable entre nous, et je sais qu'il mesure pleinement ce qu'impliquent mes paroles. Bizarrement, je ne suis pas tranquille. J'ai toujours eut l'esprit calme et froid dans n'importe quelle situation. Il n'y a que comme ça qu'on s'en sort, quand on se retrouve pourchassé par une meute de bergers allemands, suivis eux-même d'une horde de flics. Alors pourquoi ne suis-je pas serein à l'idée de me mettre à dos ce grizzli humain ? Pourquoi ai-je cette boule au ventre ? Bordel, me dites pas que mon sang froid s'est fait la malle aussi ! Manquerait plus que ça. J'imagine que seuls les restes de mon ancien moi me permettent de feindre l'indifférence.

Il faut absolument que je découvre ce qui m'est arrivé. Comment redevenir celui que j'étais. J'imagine que je peux reprendre chaque entraînement à zéro. Mais j'aimerai vraiment mettre la main sur le fils de pute qui a cru bon de me sauver de la Faucheuse pour me renvoyer en enfer sur terre à l'état de nourrisson. Si j'ai bien compris, et s'il ne ment pas, le vieux n'y est pour rien. Il m'a simplement ramassé. Tiens d'ailleurs...

-Vous dites que vous vous êtes contenté de me ramasser et de me poser sur ce lit.


Tout en reprenant la parole, je me détends, pose même un coude sur la tête de lit en m'y appuyant, afin de lui faire face plus facilement. J'espère dénouer un peu de la tension qui s'est installée. Après tout, même si je tiens à ce qu'il sache que je ne suis pas à prendre à la légère, je ne veux pas m'en faire un ennemi. Mon sourire redevient plus affable, et mon ton plus amical. Et oui, c'est calculé, si vous vous posez la question.

-Pourquoi vous être donné cette peine pour un homme que vous ne voulez ni aider, et dont vous n'attendez rien? Vous auriez très bien pu me laisser là où vous m'avez trouvé, en guise de casse-croûte pour les marcheurs. Soit dit en passant, si vous ne voulez pas de ma gratitude, je n'insisterai pas. Je n'aime pas forcer les gens.  

Nouvelle pause, puis je soupire, avant de continuer.

-Enfin, puisque vous voulez jouer à "tu poses une question, je pose une question", allons-y. Honnêtement, je n'ai pas la moindre idée de la façon dont je suis arrivé ici. Mon dernier souvenir, c'est un ami se jetant sur moi pour me boulotter. Aucune idée de comment je m'en suis sorti.

Je frissonne en y repensant. Mon sourire s'éteint, je fixe le sol, mon visage s'assombrit. Tout me revient à la fois. L'angoisse, le stress, l’adrénaline. J'évite intentionnellement de parler de la morsure. Il n'y a aucune marque, et je ne veux toujours pas lui donner un sujet de méfiance supplémentaire. Puis, secouant légèrement la tête, je me redresse, lui sourit à nouveau, et reprends.

-Quant à la façon dont je suis arrivé ici... Si je le savais, je ne vous aurai pas posé la question. La seule que je puisse imaginer pour le moment, je plaisante, c'est que vous m'avez soulevé de vos gros bras musclés et porté jusqu'ici.

Encore une silence avant d'aborder le dernier sujet. De nouveau je vrille mon regard dans le sien. Mon ton redevient celui du Liam dangereux, mon sourire est plus inquiétant, tout comme ma posture qui se tend.

-Enfin, j'insiste sur le fait que je n'ai menti sur rien de ce que je vous ai dit jusqu'ici. Mais si vous pensez que c'est le cas, soyez aimable et indiquez moi quel sujet vous aimeriez que j'éclaircisse. Si vous parlez du... mal, que j'envisage... Et bien vous n'avez pas tort. En ce moment même, je réfléchis au meilleur moyen, en cas de besoin, de me débarrasser des menottes et de vous. Ou de fuir. Vous voyez, je viens de dîner avec la mort, et aussi sympathique que ça ait été, je ne tiens pas à recommencer de si tôt. Et comme vous ne semblez pas disposé à m'expliquer ce que vous me voulez...

Bon, j'avoue, je bluff. Le tout est de lui laisser penser que je suis effectivement capable de ce que j'avance. Même si, dans l'état amoindri où je me trouve, le seul moyen de me débarrasser des menottes auquel je puisse penser est de tirer dessus comme un malade, en espérant que le barreau du lit lâchera avant mon poignet.

Finalement je me détends encore, pousse un nouveau soupire las. Mon crâne recommence à hurler. Comme si mon cerveau n'était plus habitué à autant de gymnastique mentale. Je ferme les yeux et me masse les tempes, tout en terminant.

-Mais tout ceci est hypothétique. Un simple instinct de survie que j'ai apprit à développer. Je n'ai aucune envie de vous affronter, ou d'entrer dans un conflit quel qu'il soit. Je suis simplement heureux de ne pas avoir fini en pâtée pour chien mort-vivant.

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Jeu 7 Mai - 1:17
Le vieil homme se figea dès tes premières paroles, et à mesure que tu parles, son état de statue dont le moindre membre s'était immobilisé, pour ne plus laisser que ses yeux suivre ton regard et tes gestes. Une chose était sûre, il n'aimait pas, mais pas du tout la tournure que prenait cette conversation. Tout du long de ce discours que tu entreprends, il ne répond pas une fois de plus, te laissant parler, parler...

Passer de la menace, à la tentative de renouer l'entente, pour menacer à nouveau. Peu bête, il ne laisse passer aucun de tes changements d'attitude comme un lunatique extrême passant du soleil à la neige en quelques secondes. Il ne cille pas, ne bouge pas, ne montre ni colère, ni appréhension, et pas le moindre ressentiment lisible si il les cachaient. Fermé, espace clos face à un vent agité, il laisse toutes tes paroles glisser sur lui comme le feu sur la glace, en ayant même eu l'air d'avoir cessé d'écouter tes mots pour ne plus se concentrer que sur ton visage et tes expressions. Enfin, quand le silence s'installa à nouveau pour que toute forme de réponse puisse prendre place à la suite de la vague, il le fit durer, pendant de longs instants, puis de longues secondes, dizaines de secondes, jusqu'à plus d'une bonne minute paraissant une éternité dans cet état d'observation lourde et gênante.

« Pardon. » Laissa t-il entendre à terme, se redressant en clignant des yeux comme si il se réveillait d'un assoupissement. « Tu disais quelque chose ? J'ai décroché entre-temps. Quoi que... »

Il vint passer une main sur sa barbe en jouant la comédie d'une réflexion profonde durant laquelle il essayait soit disant de reconstituer le dialogue.

« J'étais tellement absorbé... tu m'excuseras, je commence à me faire vieux, j'en deviens alzheimer. Ah si, attends. » Releva t-il en lâchant sa barbe pour dresser l'index quelques instants. « Je crois avoir entendu quelque chose comme : tu n'es pas d'accord avec moi, je n'ai pas de raison de te faire confiance, une histoire d’énormités, celles que tu lâches j'imagine. Tout ce que tu dis est mûrement pensé et réfléchit, forcer les gens, mes gros bras musclés et... ah oui, tu réfléchis au meilleur moyen de te débarrasser des menottes et de moi. L'instinct de survie c'est ça ? C'est quelque chose ça, l'instinct de survie. »

Son ton parti de l'auto-dérision, révéla une ironie qui à contrario, mettait en doute tes paroles sans aucune gêne à sortir du contexte certaines de tes phrases, alors que d'autres étaient répétées au mot près, preuve étant qu'il n'était pas si décroché ou alzheimer qu'il voulait bien le prétendre.

« Alors imagine... » Relança l'homme en déglutissant. « Que je n'aime pas du tout tes manières, et tout ce que tu me racontes, dieu m'est témoin que tu parles à foison pourtant et me fait parler aussi. Et imagine, qu'il y a dans cette maison hormis moi-même, une jeune fille à laquelle je tiens comme à la prunelle de mes yeux et qui appuie l'idée que je ne prendrais pas une seule seconde un quelconque risque pour elle et même pour mon chien, malgré qu'il ai lui le don de me casser les baloches à gros rendement quand il fait son capricieux. »

Finissant enfin par te lâcher du regard, il tourna la tête vers son fusil, tendant la main droite pour le prendre par le manche en venant poser l'autre bord sur sa seconde paume.

« En partant de ça grand gaillard. Imagine... » Poursuivit il en engageant le chien de l'arme.

Il vint retrouver une position quelque peu penchée et appuyée, mais cette fois-ci il avait posé l'arme sur son genou, canon droit vers ton estomac, sa seconde main remontée sur le dessus pour maintenir l'arme par appui. Ses yeux reprenaient l'habitude de te fixer.

« Que je décide d'effacer le risque en t'explosant les intestins et le foie, là, maintenant. Le coup de feu va retentir, peut être attirer quelques rôdeurs autour de la ferme, même si de ce coté j'ai la chance inouïe d'être assez tranquille, rapport au manque de civilisation et de voisinage dans les environs immédiats. Il va falloir se montrer un peu discret le temps que ça passe, et entre-temps, un coup de hachoir à viande sur la boite crânienne, ça serait suffisant pour régler le problème définitivement. Un peu répugnant, soit dit en passant. Ça non plus, je n'aime vraiment pas, mais c'est toujours le problème quand on est face à un risque, il faut savoir se salir les mains. L'instinct de survie...

Tout ceci est hypothétique, bien sûr. Qu'en dirais-tu ? »

Liam O'Connor

Anonymous
Invité
Jeu 7 Mai - 2:37
Mais... Mais il ne m'écoute pas, ce con ! Mon air menaçant n'a pas le moindre effet sur lui ! Pire, il se lève pour me pointer un canon scié sur le pif. Je suis vraiment tombé bien bas. Et dire que j'ai fait courir la police Londonienne pendant des mois... Non sérieusement, quand on est recherché dans toute une ville et qu'on parvient à rester introuvable pendant presque un an sans la quitter, on devrait être capable d'échapper à un vieux plouc de la campagne américaine non ?

Et bien apparemment pas. Lorsqu'il s'est levé et s'est fait menaçant, posant une main sur la poignée de son arme, instinctivement, j'ai tiré sur mes menottes. Extérieurement ce fut le seul signe de la panique qui m'envahit. Mon éternel sourire ironique resta de marbre devant le danger, mon regard si charmeur étincela de malice, et je gardais la même position décontractée, faisant face, en levant la tête, au géant grisonnant. Réflexe mécanique du temps où j'étais effectivement capable de rester de marbre face au danger, il semble. Parce qu'à l'intérieur, c'est Bagdad. Mon cœur tambourine si fort contre mes côtes que chaque battement est comme une bombe. Je l'entends se répercuter sur mes tympans, et si je ne me maîtrisai pas mieux, je tremblerai à chacun d'eux. Je sens une boule d'angoisse naître au creux de mon estomac. Si j'avais mangé récemment, je serai probablement devenu vert. Je sens également une goutte de sueur me couler sur la tempe. Et pourtant, il fait toujours aussi froid.

Je laisse le silence planer, gardant mon air détendu, et caressant machinalement le bracelet qui me prive de ma liberté du pouce. Si seulement j'avais eut plus de temps seul pour m'en débarrasser à mon réveil. Si j'avais eut des outils. Un objet quelconque. Ou une lame pour me défendre. Si... si... si... Avec des si... Mais il n'y a rien à faire. Étant donné mon état, je ne pourrai probablement plus me servir convenablement d'un couteau de table si j'en avais un. Je déteste dire ça... Mais il faut savoir s'avouer vaincu. Je soupire à nouveau, gardant toujours mon sourire. J'ai presque envie de rire pour de vrai. Ça doit se ressentir d'ailleurs. Je viens d'échapper à une mort horrible. Tout ça pour me faire mettre la gueule en chou-fleur par la pétoire d'un Cow-boy du dimanche du Texas.

-Ce que j'en dis, je marmonne en fixant les prunelles du vieillard. Ce que j'en dis...

Je réfléchis encore une seconde avant d'enchaîner.

-J'en dis qu'il fut un temps où ces menottes ne m'auraient pas retenu deux secondes. Où je vous aurait désarmé et neutralisé avant que vous n'ayez le temps d'appuyer sur la gâchette. Mais il semble que frôler la mort vous fait oublier tout ce que vous pensiez acquis.

Illustrant cette phrase, je regarde ma main libre, que je referme sur du vide, comme cherchant à accrocher un objet invisible. Puis je reviens vers l'homme qui décidera de ma vie ou de ma mort.

-Vous ne m'aimez pas ? Moi ou mes manières ? Rien à foutre. Je ne veux pas vous plaire. Je veux simplement être honnête. Sur qui je suis. Vous préféreriez peut-être que je vous lèche le cul en suppliant pour ma vie ?

Machinalement, je viens gratter la barbe de trois jours qui orne mes joues.

-Serais-je plus digne de confiance si je vous disais simplement ce que vous voulez entendre ?

Une seconde de silence de plus.

-Vous dites que je parle beaucoup. N'auriez vous pas des questions à poser, si vous vous réveilliez après vous être endormi pour ce que vous pensiez être la dernière fois ?

Je soupire encore. L'ironie disparaît de mon sourire.Remplacé par... De la tristesse, je crois. Je ne suis pas sûr, ça ne m'est pas arrivé souvent. Mais putain... Je venais de me réveiller après avoir échappé à un zombi. J'allais pouvoir reprendre ma vie. Et un con de vieux chnoque va repeindre ses jolis murs de bois avec ma cervelle...

-Bref, ne vous inquiétez pas, je n'ai plus grand chose à ajouter. J'ai déjà dis ce que j'avais à dire, et j'ai été honnête. Je n'avais aucune raison de vous mentir. Je le répète je ne suis pas une menace. Ni pour vous, ni pour votre fille. Ni pour le clébard. Seulement pour ceux qui m'en veulent. Et jusqu'à ce que vous preniez ce fusil, je ne pensais pas que vous m'en vouliez.

Je secoue à nouveau mes entraves.

-Enfin, j'étais une menace. Mais ça a changé. Je suis aussi incapable de me libérer que vous de me faire confiance. Et vous ne me verrez pas vous supplier.

De toute façon je suis mort. Autant crever dans la dignité, hein. Même si merde, je veux pas crever ! Je veux pas ! Je veux pas putain de crever ! Quand je termine, les yeux me brûlent, je sens ma voix trembler. Un sanglot ? Putain... Et moi qui croyait avoir touché le fond. Mais je me fais violence pour garder la même contenance assurée.

-Alors finissons-en. Prenez votre décision. Libérez moi, et entraidons nous. Ou descendez moi, et démerdez vous. Mais décidez vite. Je n'ai jamais aimé le suspense.

Voilà. Pas terrible, comme derniers mots. Mais ça reste mieux que "Non pitié je ferais tout ce que vous voudrez !"

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Sam 9 Mai - 16:32
Le vieil homme, qui ne s'était pas levé puisqu'il avait le canon de l'arme sur son genou, plissa les yeux à t'écouter. Au début, il eut même un léger sourire quand tu parlais de le neutraliser, mais ce sourire disparu bien vite. Au lieu de cela, il glissa un coup d'oeil sur tes menottes, et revint à toi tandis que tu mettais en avant ce que tu considérais comme tes dernières paroles. A cela, quand le silence reprit place, le vieil homme illustra une grande inspiration et plissa les lèvres cette fois, marquant une réflexion qui semblait vraiment se demander quoi décider, face à ta situation.

Finalement, après l'équivalent d'une minute entière à réfléchir et te regarder, il redressa le canon et cette fois se leva en s'appuyant de la main libre sur le lit. Ses yeux ne t'ayant pas relâché pour t'analyser de sa hauteur, il détourna le regard vers la fenêtre ouverte et plongea la main dans sa poche, d'où s'entendait un cliquetis métallique. Il en sortit un petit anneau de fer sur lequel étaient accrochées deux clés. Il manipula les clés en te regardant à nouveau quelques instants, puis se détourna entièrement et prit pas en direction de la porte dans le son claquant de ses bottes sur le parquet.

Ce n'est qu'une fois à la porte qu'il se déporta vers toi et te lança sans autre forme de cérémonie les clés qui volèrent jusqu'à toi.

« Laisse les menottes attachées au lit et les clés sur la table de chevet. Dans l'armoire... » Dit il en désignant le grand meuble posté contre le mur face à ton lit et à l'opposé peu éloigné de la porte. « Il y a tes affaires. Tu prends les escaliers, tu descends dans le salon et tu attends. »

Ceci fait, il ouvrit la porte fusil en main, sorti et referma derrière lui dans le grincement et le claquement caractéristique. Dès lors que tu te seras libéré, et une fois rendu à l'armoire et au moment où tu l'ouvriras - si tu le fais - tu constateras qu'elle est truffée d'étagères excepté au milieu, où un porte-vêtement en barre est fixé et laisse l'espace vide jusqu'en bas où trône, simplement posés, un couteau-papillon, un kit complet de crochetage et l'équivalent en boites de conserves pour une semaine de rationnement. Le meuble est plein de vêtements, de draps et de couvertures, assez propres.

Lorsque tu sortiras de la chambre, elle débouchera sur un couloir calme et absent de toute présence. Un couloir typique des vieilles maisons au parquet trop vieux et à certains endroits cassé ou abîmé. Il y avait une autre porte à droite, la dernière après celle de la chambre où vous avez séjourné. En face la rambarde, qui donnait sur l'étage inférieur et à gauche, le reste du couloir en vérité petit qui longeait la rambarde d'un côté, le mur de l'autre, où était installé un tableau représentant quelques hommes et femmes de l'époque du moyen Âge, ou quelque chose comme ça, dans une situation assez banale : un marché visiblement garni où d'aucuns achetaient leurs provisions et où d'autres les vendaient, sur fond d'un château fortifié qui dépassait de loin les habitations de la rue.
Au fond de ce coté du couloir, après les escaliers qui terminaient la rambarde, deux portes l'une en face de l'autre donnant peut être sur d'autres chambres, ou sur un autre type de pièce. L'escalier lui n'était pas complexe : descendant en ligne droite sur une vingtaine de marches pas très larges mais épaisses, la descente se terminait sur la droite, la fin composée de cinq marches à peine. D'autres tableaux disposés sur les murs le long de la descente des marches sont à observer, incarnant des fruits, des paysages ou d'autres environnement médiévaux.

C'est au terme de ces escaliers, quand tu auras choisi de les descendre, que tu arriveras au fameux salon. Celui-ci n'est pas plus chic : à coté des escaliers, une fenêtre barricadée au-dessus d'un buffet sans décor et dans le petit salon, un canapé, deux fauteuils, une table et un meuble télé, sans télé, le tout en bois. Un papier peint aux motifs de roses d'or sombre sur fond blanc où des cadres photos vides trônent par dizaines. Seul bémol, ces cadres n'étaient habités par aucune image, vides et déprimants. Un environnement des plus spartiates qui trahissait la mesure du danger qu'avait pris le vieil homme face aux menaces qui rôdaient de jour comme de nuit, ou bien était il atteint par autre chose.

Face au salon, une porte en battant. De chaque côté du mur indépendant qui séparait le salon et l'autre pièce derrière cette porte, deux couloirs faisaient l'angle, et se perdaient vers d'autres espaces hors de vue.

Liam O'Connor

Anonymous
Invité
Sam 9 Mai - 19:18
Je fixe le vieillard, m'attendant à ce qu'il tire à tout moment. Il n'a pas l'air d'avoir apprécié. S'il tire, à cette distance, je vais finir en purée mousseline, c'est sûr. Putain, il y a tellement de trucs que je voulais faire. D'accord, je trouvais la vie chiante, mais se retrouver au beau milieu d'un film de survival horror grandeur nature, ça avait redonné un peu de piquant. Oui, je sais, tant de morts, tout ça... Certes, c'est moche, mais j'y peux rien. Alors autant prendre les choses du bon coté. J'ai toujours été un optimiste.

Putain il va le faire. J'en suis sûr. Fini pour Liam. Adieu le gentleman cambrioleur de Londres. Terminée sa légende. Et personne pour être témoin de sa fin. A choisir, j'aurai préféré terminer bouffé par les zombi. Ça avait quand même plus de gueule que fusillé à bout portant par un vieux con dans une cabane. Putain... J'aurai peut-être dû jouer son jeu. Être un peu plus humble ? La fermer un peu plus ? Peut-être que si je me la pétais un peu moins aussi... C'est pas comme si la moitié de mes exploits étaient réels et...

Ho putain ! Il tire pas ! Putain de merde !Je vais vivre ! Je savais bien que mon charme naturel, mon bagoût, et ma gueule d'ange le convaincraient ! Sans déconner, j'aurai pu être avocat. Liam O'Connor, défenseur des criminels "innocents", pour vous servir. Je savais bien que je ne pouvais pas être tombé aussi bas. Il a juste fallu du temps à mes incroyables dons pour se réveiller. Maintenant que le charme est là, peut-être que tout le reste va suivre ?

La tension accumulée s'écoule d'un coup, comme glissant depuis mes épaules et s'étalant sur le lit. Tout mon corps se détend, et je me rends compte que j'étais raide comme un piquet. Un long soupir de soulagement m'échappe. Le vieux, arrivé à la porte, me jette les clés. Je les attrape au vol par réflexe. Il me donne ses consignes et s'en va. Sans perdre une seconde, j'essaye de me libérer. Il n'y a que deux clés, et évidemment je tombe sur la mauvaise. La seconde ouvre l'anneau qui me tient prisonnier. Je pose le trousseau sur la table de chevet, puis essaye de me lever.

Et c'est compliqué. Une fois, ado, j'ai eut une pneumonie. J'étais avec Elizabeth, la voisine, on s'amusait dans la rivière et... enfin, ça ne vous intéresse pas. Toujours est-il que je n'ai pas quitté le lit pendant des jours. La première fois que je me suis remis sur pieds ensuite, c'était comme avoir du coton à la place des muscles. Les genoux tremblants, l'impression d'être beaucoup plus lourd qu'auparavant... J'ai la même impression aujourd'hui. Je dois même me tenir à la table de chevet avant de retrouver un équilibre normal. Puis je marche jusque la fenêtre, jette un œil à l'extérieur, et prend une grande inspiration d'air frais. Le goût de la liberté. Puis je frissonne.

-Oui bon, la liberté c'est bien sympa, mais ça caille sa maman.

Je me dirige ensuite vers le placard désigné par le vieux. Là où sont censées se trouver mes affaires.

-Autant que je me souvienne, je marmonne, tout ce que j'avais sur moi quand il m'a choppé, c'était mon portefeuille et un canif.

J'ouvre la porte du placard pour me retrouver devant une penderie vide, surmontée de quelques étagères. Au sol, un couteau papillon, des conserves et... un kit de crochetage. Intéressant. Tout ceci ne m'a jamais appartenu. Mais le géant semble penser que c'est à moi. Je ne vais pas m'en plaindre. Surtout s'il me laisse enfin une arme. Je saisis le couteau. J'étais plutôt doué avec ces trucs. Il y a plus efficace comme arme, mais quasiment rien d'aussi classe. La tentation l'emporte, et j'essaie de jongler avec la lame comme jel'aurai aisément fait il n'y a pas si longtemps.

-Aïe ! Merde !


Je lâche l'objet, qui tombe et se plante dans le plancher, me coupant légèrement l'index. Juste à la jointure de deux phalanges en plus, ça fait super mal. Me suçotant le doigt, je le récupère, le replie, et le met dans ma chaussure. Encore une chose que je ne sais plus faire.

-Au moins il est aiguisé...

Équipé de ce qui m'appartient désormais, je sors de ma brève, mais angoissante, prison. Il n'y a pas grand chose d'intéressant chez mon "bienfaiteur". Une cabane de bois. Les fenêtres sont barricadées. Soit il est prudent, soit il a déjà subi une attaque. De monstres ou... ? Je descends, n'ayant pour le moment aucun intérêt pour les autres pièces de la maison que le salon. Ce n'est pas le moment de paraître suspect en allant fureter partout. Je viens déjà d'échapper à la mort de peu... une deuxième fois...

En descendant, je remarque les peintures, la plupart représentant des paysages médiévaux. Intéressant. Sa passion pour le moyen-âge s'arrête-t-elle aux peintures ? Ou possède-t-il d'autres objets dans la maison ? D'autres armes que son fusil ? D'accord, j'extrapole peut-être un peu. Mais mettez vous à ma place. Je ne sais pas où je suis, ni à quels dangers m'attendre. On ne survit dans ma branche que si l'on a toujours un coup d'avance.

Finalement, je me retrouve à poireauter dans le salon. Les cadres vides m'intriguent. J'y jette un œil,  cherchant à déterminer s'ils ont pu contenir autre chose que du vide plus tôt. Je cherche une coloration différente de la tapisserie, qui est soi dit en passant hideuse. Ou bien un bout de peinture, de photo, arraché et resté accroché à son cadre. Oui, bon, je m'ennuie quoi.
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