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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Feu de Camp - 11/01/35
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Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Mer 29 Avr - 0:47
Interprété par Brooks Thornton & Ivy Lockhart.

Au cœur de la nuit du 11 au 12 Janvier 2035.


Matthew, voici donc l’homme en charge. Il fallait que ce soit lui. Non pas que Brooks le connaisse, mais il fallait que ce soit ce genre d’homme. Cette figure immuable et impénétrable. Il était en effet de ce type d’humain monolithique, rempart émotionnel derrière lequel les survivants se cachaient. Finalement du camp, il en était la seule porte d’acier.
Notre grand garçon avait tendance à douter de ce genre d’homme. Qu’ils soient capable ou non, ils étaient bien trop souvent renfermés dans leur assurance pour ne pas laisser entrer les idées nouvelles. Brooks chassa cette pensée de sa tête, trop tôt pour émettre ce genre de jugement hâtif. Et quand bien même il n’avait pas l’esprit clair ce soir.

Il hocha la tête à l’attention du chef de camps et lui répondu quelques platitudes pour le remercier de son accueil, lui faire comprendre que le message était bien passé et enfin qu’il tâcherait de se montrer disponible dès la nuit passée.  Cette réponse s’avéra plus une tentative de fuite d’un quelconque interrogatoire qu’il ne voulait pas avoir avec cet homme, pas ce soir tout du moins. En substance ceci aurait pu se traduire par un « merci, entendu, tu viendras m’emmerder demain », mais plus diplomatique.
Si la petite Jenny avait été le fantôme énigmatique qui l’accompagnait dans sa balade, Matthew semblait être son penchant sombre, l’ombre tapis dans l’obscurité.
Brooks ne tarda pas en divagation surnaturel, il y en avait déjà bien trop eu durant les quelques dernières heures.

Faisant signe à Clarrance et Andréa qu’il les laissait là pour ce soir, il les remercia tout de même sincèrement du sauvetage et de la petite marche nocturne. Leur souhaitant de trouver un endroit où dormir et de passer une bonne nuit. Des gens très agréable au demeurant, il tâcherait d’en garder un bon souvenir et de les aider quand le besoin s’en ferait sentir.

Il aurait aimé se balader dans le camp, fureter ici et là, suivre son instinct, pour y découvrir les milliers de petites trouvailles que pouvait cacher de genre de microcosme. Mais la nuit faisant office de voile il ne pouvait que se diriger vers le feu, les détails et les trésors lui étaient interdis ici et maintenant. Si bien que, tel un moustique vers une ampoule, il se dirigea vers le brasier. Réflexe ancestrale des premiers foyers protecteurs.

Durant ce court trajet quelques silhouettes semblaient le dévisager dans la pénombre. Des nocturnes tel que lui, qu’il salua d’un hochement de tête, sans même savoir si ils avaient remarqué, ou non, le geste. Il aurait le temps demain de s’intéresser à eux tous. A ces nouveaux comparses, à « ces semblables » selon les dires de Jenny.  

Atteignant enfin le foyer qui éclairait le campement, il soupira de soulagement. Debout devant cet élément primaire. Doucement il sortit les mains de ses poches et les tendit au-dessus du brasero. Il ferma les yeux une petite minute et s’accorda le simple plaisir de ressentir cette chaleur, oubliant son environnement, ce monde et cette folie. Puis il s’agenouilla à côté et regarda plus intensément le cœur des flammes.  Quel que soit l’objectif de feu, cela ne devait pas être pour de grande flamme et une forte luminosité.  Ici, il fallait quelque chose de plus ténu, un brasier chaud qui consume son combustible lentement mais jusqu’à la cendre. Simple, discret et efficace.
Brooks enfoui d’un geste vif sa main dans la manche de sa vielle veste en cuir malodorante. Et avec lenteur et précision, il commença à déplacer, tourner, secouer les planches et morceaux de chaises qui brûlaient déjà pour atteindre cet objectif de simplicité, de discrétion et d’efficacité. En espérant que cela satisfasse l'assemblée.

Il le faisait pour le camp bien sûr, pour ces inconnus avec qui il vivrait dorénavant. C’était comme un geste de bienvenue. Mais il le faisait également pour lui. Le sommeil viendrait tard ce soir, s’il venait et que ces milliers de questions ne refaisaient pas surface. Alors il aurait besoin d’un coin chaud pour dormir avec un minimum de chaleur jusqu’à ce que le matin le réveil.
Qu’il détestait cette sensation de vouloir dormir sans le pouvoir.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 3 Mai - 2:15
Après une nouvelle journée à déambuler dans le camp, à aider aux tâches diverses et variées, qui se voulaient toutes aussi ingrates que nécessaires, ponctuées de deux repas frugaux et sans saveur, la nuit avait fini par tomber, et avec elle son invitation à dormir ; pour les autres peut être. Pour ma part, il ne s'agissait que d'une énième nuit de plus à tenter d'occulter le brouhaha du champ magnétique qui me harcelait durant ces phases de repos, là où le calme s'imposait enfin et la concentration venait à me manquer. Paradoxalement, si j'avais appris à occulter cette perception durant la journée en occupant mon esprit à d'autres tâches, une fois la nuit parvenue et le repos nécessaire, au moment où l'esprit appelait à un peu de tranquillité, quand je relâchais enfin la pression, mon don revenait me hanter ; et de don, il devenait fardeau. Aussi n'avais-je d'autre choix que de me concentrer pour l'occulter, mais j'occultais de la même manière ma faculté à m'endormir. Je me retrouvais donc contrainte, une nouvelle fois à me tourner et me retourner sans cesse sous le maigre tissu de la tente qu'Harvey avait eu la gentillesse de nous céder, à Elizabeth et moi-même, ne parvenant à ne trouver ni sommeil, ni repos.

Au-dehors, je pouvais très distinctement entendre le feu crépiter, les flammes dévorant le bois dans des craquements plus ou moins éphémères et sonores, lorsque par-dessus ce bruit ambiant vint se superposer le ton grave de Matthew, qui roulait dans l'air comme la résonance d'une ondée orageuse lointaine. Si je ne parvenais pas à en distinguer le moindre mot, la conversation étouffée n'en attisa pas moins ma curiosité. Je me redressais lentement sur mon séant, veillant à ne pas perturber ma compagne de nuitée dans son sommeil pour glisser un oeil curieux au travers du mince filet entrouvert que laissait percer les deux pans de la tente, distinguant dès lors notre chef de campement en pleine discussion avec trois inconnus. Je fronçais les sourcils, ma curiosité piquée au vif se manifestant à mon esprit par quelques contractions sur mon visage, et un fourmillement discret courant le long de mes membres. *De nouveaux arrivants ? Des connaissances plus anciennes ?*

Je gardais ces interrogations pour moi durant de longues minutes, qui se groupèrent en dizaines, tendue. Finalement, l'un des nouveaux arrivants vint se positionner près du feu de camp, profitant de sa chaleur et remuant celui-ci. Je l'observais durant de longues minutes. Qui était-il ? D'où venait-il ? Était-il un véritable survivant, à l'instar de Matthew et des autres, ou un ressuscité lui aussi ? Les questions se mirent à fuser sous mon crâne, occultant finalement la mélodie tenace et grésillante de notre planète pour laisser place à un autre genre de persécution : le désir de ne pas rester dans l'ignorance.

Lentement, j'écartais les pans de la tente qui en constituaient l'entrée en plus de nous offrir un semblant d'intimité toute relative, pour m'extraire de cette demeure de fortune et me diriger vers l'inconnu, massant mes paupières et mon visage aux traits tirés avant de m'annoncer à lui.

“Salut...” l'abordai-je à voix basse, passant ma main gauche derrière ma nuque d'un air gêné. “T'es nouveau ? Tu viens d'arriver ?” Questions stupides s'il en était, sachant que j'en connaissais déjà les réponses. Mais dans mes difficultés à entamer le dialogue avec mes congénères, il fallait bien commencer quelque part. Et pourquoi pas par la normalité des choses ? C'est ainsi que je tendis mon bras droit dans sa direction, lui offrant une poignée de main fine certes, mais chaleureuse, l'accompagnant d'un simple mot :

“Ivy.”

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Dim 3 Mai - 16:43
Satisfait de son résultat Brooks s’assit sur le sol, les jambes arquées, le dos courbés, les avant-bras reposant sur les genoux et les mains ballantes dans vide. Sa tête s’enfonçant naturellement dans ses épaules, il observa quelque seconde l’évolution du feu.

Sa vision périphérique lui indiqua que quelqu’un s’approchait de lui. Il regarda, du coin de l’œil, la petite silhouette s’avancer au fur et à mesure qu’elle se dévoilait à la lumière. Dans la lumière jaune orangée sous fond noir, Brooks prit quelque temps à distinguer totalement la jeune femme. Une sorte de petite figure fluette au moins aussi fatiguée que lui.
Il n’avait ni le courage, ne l’envie de se lever. Il avait attendu toute la soirée un endroit calme où se poser. Et maintenant qu’il l’avait, il ne comptait pas en bouger avant demain matin. Se contentant de faire pivoter son bassin, il tendit son bras et se courbant et serra la main de la jeune femme.

Ce contacte chaleur de peau à peau l’étonna. Outre le fait que sa main étant colossale par rapport à la sienne, cela semblait faire un baille que ça ne lui était pas arrivé. Et même si il n’était pas un adapte du contact physique, ce fut un petit instant fugace de bonheur que de sentir la vie quelque part. Il remarqua également que sa sensation du touché avait changé, plus réceptive. Un élément qu’il rangea dans l’effet de « peau neuve » qu’il ressentait depuis son réveil.
Puis il se rendit compte que ce court temps analytique avait rendu cette poignée de main bien plus longue que prévu, que ce qu’elle avait l’habitude d’être. Il avait encore oublié ce qu’il était en train de faire. Il libéra celle de la jeune femme dans l’instant, d’un geste un peu précipité.

« Mmh… Désolé. Salut Ivy, moi c’est Brooks. » Dit-il simplement en se raccrochant à son regard, diminuant le volume de sa voix pour s’aligner sur la sienne. Puis il se désintéressa d’elle la seconde d’après.  Commençant à sortir tranquillement ce qui devait être une boite à chaussure usée du sac plastique qui trônait à côté de lui. L’ouvrant il regarda son contenu, quelques boites de conserves, des fruits secs et autres denrées avec une longue durée de vie.
Prenant le temps de vérifier les dates de péremption, il se choisi deux boites en métal qui contenaient selon les étiquettes, des sardines et des tranches d’ananas. Qui que ce soit qui l’est déposé dans les bois, ils semblaient avoir été consciencieux et intelligents quant au choix des aliments.

Pendant ce même temps où il choisissait son repas frugal du soir, il répondit aux questions d’Ivy. « On est arrivé y a quoi… dix minutes. Avec Clarrance et Andréa qui doivent traîner quelque part dans le camp, à moins qu'ils aient déjà trouvé un coin où crécher. C’est Jenny qui nous a amené ici après notre « réveil ». On a fait une petite balade en forêt, c’était sympa. »

Rapportant son regard à celui d’Ivy, il lui indiqua avec un sourire serein son choix pour diner, sardine et ananas donc. Brooks se moquait totalement de l’heure où il mangeait, à dire vrai son horloge interne semblait absolument déphasée et il n’arrivait même pas à savoir si il avait faim ou non. Dans le doute, il avait donc choisi de se coucher avec le ventre plein.

Indiquant un point aléatoire proche du feu de camps, il invita Ivy à s’asseoir : « Pose toi donc si tu veux profiter du repas. »  Puis dans la foulée, il renchaîna avec ce qu’il disait précédemment. « Jenny disait qu’on trouverait ici des gens « comme nous » »  Insistant sur l’ironie de ces deux mots « Je ne sais pas vraiment ce que ça signifie, mais je compte bien approfondir la question. Et peut-être sauras-tu m’éclaircir sur le sujet. »
- Si elle s’assoit et semble favorable au repas, il lui tendra nonchalamment la boite de sardine. -

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 3 Mai - 20:22
J'observais la paluche monstrueuse du bonhomme happer la mienne dans une étreinte polie qui masqua ma main à ma vue durant de longues secondes. Mon léger sourire, qui se voulait au départ chaleureux se crispa malgré tout quelque peu lorsque notre poignée de mains sembla s'éterniser au-delà du conventionnel, lorsque que l'homme finit par rompre le contact, un peu précipitamment d'ailleurs, comme s'il était gêné ou effrayé que je lui refile des microbes ou je-ne-savais-quelle autre connerie du genre. Puis finalement, il fit l'effort de se présenter, toujours s'en prendre la peine de se lever. Quelque part, ça m'arrangeait de pouvoir saluer et discuter avec quelqu'un sans avoir à constamment lever la tête.

Puis l'homme se détourna de moi sans autre mot, ni explication. Mes sourcils s'arquèrent sous la surprise, mes lèvres se pinçant légèrement alors que je passais ma langue contre l'intérieur de ma joue, soufflant très brièvement par les narines. *Okaaaaay... Dis-le si j't'emmerde...* ruminai-je en pensée en le voyant manipuler une espèce de boîte à chaussure entre ses mains, avant d'en découvrir le contenu : quelques boîtes de vivres. Le prénommé Brooks les étudia quelques instants, afin d'en choisir deux parmi le reste avant de finalement répondre à mes questions, achevant sa réponse sur une remarque que j'interprétais comme plutôt sarcastique.

Je ne pus m'empêcher de tiquer en l'entendant parler de “réveil”, fronçant les sourcils dans une moue captivée, soudainement très intéressée par ce qu'il allait bien pouvoir me dire d'autre. Croisant mes bras sur ma poitrine, je m'accroupissais afin d'amener mon visage à hauteur du sien tandis qu'il me montrait ses deux boîtes de conserves. Sardines et ananas... Pourquoi pas ? Mes noisettes rencontrèrent ses prunelles, puis il m'invita à m'asseoir à ses côtés, me proposant même de profiter de son maigre repas. Acquiesçant à son invitation d'un bref hochement de tête, je me rapprochai de lui et finis par poser mes miches sur le sol, croisant mes jambes en tailleur et laissant traîner mes mains mollement entre celles-ci alors qu'il reprenait la conversation, mentionnant pour la seconde fois cette “Jenny” que je n'avais jamais vue mais dont Harvey m'avait parlé, entre autre choses. Je ne pus m'empêcher de le dévisager longuement, murée dans un silence profond lorsqu'il parla de “gens comme nous”. Puis il m'offrit de piocher dans sa boîte de sardines, la tendant devant moi comme une invitation à partager son repas.

Je ne me fis pas prier et piochai un des filets de poiscaille dans boîte, laissant l'huile s'égoutter quelques secondes dans celle-ci, hochant la tête à sa demande de lui apporter quelques précisions quant à la signification de ce “comme nous”.

“Merci,” lui répondis-je en premier lieu d'un ton laissant trahir ma reconnaissance. J'aurais bien ajouté que j'acceptais ce met par pure politesse, mais la vérité se voulait bien plus simple : je crevais la dalle. Il pourra d'ailleurs le constater en me voyant engloutir le morceau de poisson avec une certaine précipitation, puis lécher mes doigts huilés par la suite, avant de finalement lui répondre aussitôt après avoir avaler ma bouchée.

“Mouais... J'vois. Tu t'es réveillé au beau milieu d'nulle part, les mêmes fringues puantes sur ton dos mais propre et lisse comme un sou neuf, avec du matos déposé à côté d'toi ? Un truc dans l'genre ?” supposai-je tout en repoussant la boîte de sardines avec douceur. “Mange le reste, t'en as besoin...” lui conseillai-je d'un ton que je voulais amical de premier abord, mais qui se révéla nuancé d'une certaine autorité. “C'est ce qu'est arrivé à une grande majorité d'entre nous ici, dont j'fais partie ; alors que pourtant... j'suis censée être morte ya plusieurs mois d'ça, croquée par un rôdeur. Ça t'rappelle des souvenirs ?”

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Lun 4 Mai - 14:33
Récupérant la petite boîte, il la porta au niveau de son visage, fit basculer son menton à l’horizontal et transféra rapidement un des poissons gorgés d’huile dans sa bouche. Les joues gonflées par un trop plein de nourriture, il s’essuya l’huile qui coulait à la commissure de ses lèvres d’un revers de la manche.
Il rester quatre sardines dans la boite, bien assez pour deux si l’on prenait en compte les ananas qui feraient office de dessert. Et vu comment Ivy avait happé sa précédente proie, il était clair qu’elle aussi avait les crocs.
« Pas d’chichi. Si t’as faim, mange. » Tenta-t-il de prononcer la bouche pleine en reposant la boite entre eux deux.

Pendant qu’il l’écoutait, ses yeux fixaient la globalité du ciel et sa mastication finit avec une tête méditative. Il repensait à sa mort. Quelques secondes, le temps de remettre les mots qui collait à ses sensations, à réveiller sa mémoire pour faire le tour de l’évènement. Il décida de s’accouder de tout son long sur le sol, dans un petit râle de soulagement. Qu’il soit dut au simple fait de sa position reposante ou d’avoir mis quelque chose dans son ventre. Son visage se pencha vers elle. Sa bouche libérée de son contenu, il commença à parler au fur et à mesure qu’il se remémorait son histoire. Sa voix était grave mais calme lorsque les premiers mots sortir.

«  On était parti avec des potes faire un roadtrip à moto. Du Dakota du Nord au Texas, traverser le pays quoi. Mais arrivé là-bas on a vite compris que c’était un point de non-retour. Alors par la force des choses on est restés et on a filé un coup de main à des survivants ici et là. Jusqu’à ce que je marche dans ce putain de buisson et que ce connard me chique le mollet. Les bikers ont été cool. Un dernier verre de sky pour faire passer le cachet à tout le monde. On a bavaché  un peu. Quand j’ai senti que ça le faisait plus, j’ai pris ma bécane et j’ai roulé. Quand je pouvais plus rouler, j’ai marché. Et quand je pouvais plus marcher, je me suis adossé à un lampadaire en me craquant un cigarillos. »

Brooks se dit intérieurement qu’il aurait dut trouver un arbre, histoire de rendre le tableau un peu plus bucolique.  Enfin, ça faisait un moment qu’il n’avait plus toutes ces capacités cognitives à l’époque.
Ne sachant si sa petite histoire l’avait intéressé, il se contenta du fait que pour lui, ça lui faisait du bien. De lâcher une telle pierre dans la mare. De parler de mort avec une personne qui, comme lui, en était revenu.

« Et voilà fin de l’histoire. Jusqu’à ce que je me réveille en pleine forêt. Avec un rêve étrange en tête que je n’ai pas eu l’idée de mémoriser. » Ajouta-t-il profondément désolé, autant pour elle que pour lui-même. Même si il ne savait pas si elle aussi considérait cela comme une erreur inadmissible.  

« Dommage que je n’en retire qu’un profond sentiment d’échec. Comme si j’avais failli dans mon rôle de survivant. Comme si c’était un rôle qu’on m’avait attribué. Je pense qu’il y a plus intéressant comme conclusion à en tirer. Ça me fait un peu chier. »

Enfin, il se dit qu’il avait bien assez parlé de lui, que la petite Ivy devait, elle aussi, avoir une histoire à elle tout aussi valable. Et surtout, il espérait que sa version des faits lui apporte un autre regard, d’autres indices quant à la compréhension de cette situation que beaucoup de monde avait vécue ici.

La bouche embourbé dans une nouvelle sardine, il lança d’une façon absolument naturelle :
« Enfin, j’ai une mort plutôt sympa à y réfléchir. Et toi ça s’est passé comment ? »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 4 Mai - 17:19
J'écoutais avec une attention presque méditative les mots qui s'échappaient des lèvres légèrement huileuses de Brooks, ne coupant l'homme à aucun moment dans son récit, l'imitant même quant à sa position, après avoir pris le soin de dégager une caillasse pointue venant me titiller les côtes au-travers de ma chemise. A ses propos, ses tournures de phrases, la manière qu'il avait tant de se comporter que de raconter, je n'eux aucun mal à me dessiner le portrait d'un homme plutôt débonnaire, semblant préférer se laisser porter par ses envies et traçant sa route un peu au hasard.  Des pensées qui m'arrachèrent un mince sourire amusé alors que notre sujet de conversation ne s'y prêtait guère. De ma première impression que je me faisais de lui, il semblait être à l'opposé de moi sur ses questions, moi qui avait passé et dépensé tant de temps et d'énergie à viser un objectif à très long terme, sacrifiant – sans réellement m'en plaindre par ailleurs – de nombreuses années de ma vie à étudier, travailler mes cours jusqu'au bout de la nuit, à poursuivre les restes d'un rêve que ma physiologie m'avait arraché à mes douze ans. Bref, deux voies et deux philosophies de vie bien distinctes pour parvenir à la même destination au final : crever de la pire infection qui soit.

Et alors qu'il mentionnait le rêve étrange qui avait précédé son réveil, j'envoyais finalement ma main gauche préalablement posée sur ma hanche de manière négligée piocher dans la boîte de sardines, ne résistant guère plus longtemps aux appels de mon estomac, et malgré mon intention première de ne pas priver le récemment ressuscité de ressources nutritives. Je ne mâchouillais que trop peu le poisson avant de l'avaler, chassant d'un revers de la main l'écoulement lipidique de l'huile coulant depuis mes lèvres vers ma mâchoire, en hochant finalement la tête aux derniers mots de Brooks, lorsqu'il évoqua les regrets qu'il avait de n'avoir “pu faire mieux”.

“Semblerait que quelqu'un, ou quelque chose, ait décidé d'nous donner une deuxième chance...” tentai-je de relativiser avec maladresse. Je ne pus m'empêcher d'afficher un sourire surpris, puis amusé par l'ironie de sa dernière, juste avant qu'il ne me demande comment j'avais moi-même succombé. Je roulais des yeux, l'air toujours amusée par sa réflexion.

“J'pensais pas qui pouvait y'avoir des morts sympas...” plaisantai-je sans rien dissimuler de mon sarcasme, accompagnant mon dernier mot de guillemets mimés  avec mes doigts. Puis mon sourire s'effaça de mon visage, rendant à ce dernier l'impassible gravité que j'arborais  habituellement. Mes noisettes croisèrent son regard une dernière fois, avant que je ne détourne la tête, suivie du reste de mon corps pour m'allonger sur le dos, les bras croisés derrière ma nuque, les yeux désormais rivés vers la voûte céleste, s'occupant à rechercher les différentes constellations qui le parsemaient à l'image de ma mémoire cherchant les mots pour raconter l'histoire de ma mort.

“Ça  f'sait bientôt dix ans que j'avais emménagé sur Austin, pour poursuivre mes études. Quand toute c'te merde a éclaté, on a fuit la ville, mon père et moi, pour essayer d'gagner la frontière Mexicaine. Mais dans not' fuite, mon père s'est fait mordre et j'ai fini par m'retrouver à errer seule dans la cambrousse Texane ; j'saurai même pas te dire où... 'Fin bref, j'ai fini par débouler dans un ranch où la famille a bien voulu m’accueillir. J'y ai passé des semaines, y'avait pas des masses d'infectés qui passaient par chez eux, jusqu'au jour où une p'tain de horde de plusieurs centaines de Z a fini par débarquer. On a même pas cherché à s'enfuir, on savait que c'était fini d'toute façon, qu'si yen avait là, yen avait de partout ailleurs... Bref, j'ai fini par accepter ma fin lorsque l'un deux m'a croqué le mollet. J'ai agonisé pendant des heures à attendre que la mort m'emporte, seule, dans la poussière et l'obscurité d'une grange... Rien d'bien bucolique, ni d'très philosophique, ni même d'héroïque là-d'dans.”

Je poussais un long soupir las, comme pour accompagner les derniers mots de mon histoire “re-prénatale” avant de finalement reprendre.

“Et puis un beau jour, ya à peu près un mois d'ça, j'me suis réveillée menottée à un plumard dans une ferme pas trop loin d'ici, avec Sam. C'est un aut' gars du campement, j'te l'présenterais s'tu veux, c'est un type sympa ; qui cause trop, mais sympa...” Je tournai mon visage en direction de Brooks, essayant de capter son regard à nouveau.

“Et sinon, t'avais quoi comme bécane ?” Lui demandai-je sur un ton plus curieux, passant en toute franchise et simplicité, sans aucune transition, du coq à l'âne.

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Mer 6 Mai - 22:16
A écouter le récit de la jeune fille, Brooks se dit que finalement oui des morts pouvaient être sympa. Dès lors qu’il avait la possibilité de poser un comparatif, il était en mesure d’en comparer la sympathie. Aussi étrange que cela puisse paraître. Aussi étrange finalement que cette discussion presque légère entre deux rescapés de la mort.  
Et il espérait qu’elle aussi trouvait la sienne plus « tolérable ». Sans quoi il la penserait clairement masochiste. Enfin, vu qu’on s’en souvient, la mort avait quelque chose de tellement plus personnel que la naissance qu’il était difficile de juger celle des autres. C’était censé être le bout du tunnel. Et là, comme le point culminant d’une montagne russe, on te refaisait plonger dans les entrailles de l’enfer de la vie.

« En effet, pas folichon tout ça. Tu m’excuseras de préférer la mienne. » Lui répondit-il à la fin de son histoire, lui empruntant son ton sarcastique teinté d’honnêteté.  Ne voulant pas l’offusquer, c’était pour Brooks un simple constat. « En moins d’un an, la faucheuse aura réussi à nous surprendre deux fois de suite… De quoi nous faire tourner les méninges une petite centaine d’année… » Médita-t-il, la dernière sardine pendant mollement au-dessus de sa bouche avant d’être happée par le néant.

« Allez hop, direct dessert. » Dit-il en se levant soudainement pour attraper cette fois la boite de conserve et se mettre dans une posture où il éviterait de se faire saucer par du jus d’ananas.  Essayant d’attraper la languette en faisant glisser l’ongle de son pousse dessous, il répondit à la question d’Ivy.

« J’avais une Honda Valkyrie, enfin je crois. Je m’occupais juste de la faire rouler. Les gars du Motor Club la retapait, en échange je leur faisais leur compta et d’la bière maison. C’était autre chose que de la Bud, je peux te le promettre. »
Et l’ongle dérapa pour la troisième fois ponctué par un petit « Merde ». Changeant de position, il calla la boîte entre ses genoux pour avoir un peu plus de force.

« Je reviens sur ce que tu disais, concernant qui ou quoi nous avait ressuscité. Ça  m’chiffonne. Si tu regardes mes fringues elles puent la mort. Pas le sale, pas la moisissure. La décomposition ! C’est pas comme si elle avait traîné par terre, ou attendu dans un placard ou… je sais pas quoi encore. J’ai plus l’impression qu’on les a ramassé sur notre cadavre à moitié bon à jeter. Ca fait quoi, quatre heures que je suis réveillé, et y a déjà des trucs qui me paraissent louches. Je pense franchement y moyen d’creuser le sujet. »
Puis il s’arrêta net dans son envolé lyrico-analytique. Apparemment réellement déçu de ne pas avoir réussi à mener ça plus loin. Trop d’élément manquant, pas assez d’indice. Il soupira profondément en fixant la boite qui s’avéra récalcitrante à toutes ses tentatives.

« Enfin c’est même pas l’ébauche d’un début de théorie… Tiens…  J’arrive pas à l’ouvrir. » Dit-il avec un sentiment de fatalité, tendant le contenant en métal à Ivy.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 8 Mai - 16:17
J'écoutais Brooks parler de sa bécane, citant la marque, le modèle et... Point barre. Il m'avoua ensuite ne pas vraiment faire partie de cette population de mordus de mécaniques qui bidouillaient leurs bolides à peine avaient-ils ôté leurs culs de sur la selle. Moi qui pensait pouvoir un peu parler de mécanique et me changer les idées avec un autre mordu du genre. A la place, il me confia ses habitudes de brasseur artisanal, ce qui ne manqua pas de m'arracher un sourire amusé une nouvelle fois.

“N'vas pas raconter ça partout hein... Tu risquerais d'faire des envieux,” plaisantai-je sur un ton plus décontracté, le voyant aux prises avec sa boîte d'ananas.

Je levais mon regard vers lui, lui offrant de nouveau toute mon attention alors qu'il revenait sur le premier sujet que nous avions abordé. Mon visage se rembrunit presque aussitôt, mes pensées retrouvant le droit chemin de leur fil habituel après ce petit écart anecdotique. En effet, comment ne pas comprendre ce qu'il ressentait alors que j'avais dû tremper et frotter mes fringues un bon paquet de fois avant de réussir à en atténuer l'odeur de décomposition qu'elles diffusaient. Mais je devais bien avouer que la conversation que nous avions se révélait plutôt passionnante. En effet, jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de discuter de tout cela – mes souvenirs, mes ressentis, mes doutes et mes interrogations – avec un autre survivant de manière plus approfondie. Mes seules interrogations de jusqu'alors n'étaient adressées qu'à moi-même et cette potentielle entité qui nous avait ramené à la vie.

Le barbu me tendit la boîte d'ananas qui lui offrait une sournoise résistance en concluant ses propos. Je m'emparai du contenant en métal, glissant mon index bien plus fin sous la languette en aluminium avant de tirer dessus d'un geste sec, ouvrant le couvercle et m'aspergent la main de quelques gouttes de jus sucré. Je lui tendis la boîte de fruits, sans la lui rendre, afin qu'il se serve de son dessert. “A toi l'honneur.”

Je restais ainsi, assise durant de longues secondes à tenir la boîte en suspension au bout de mon bras, me cloîtrant dans mes pensées quant aux propres théories plus ou moins fumeuses que j'avais moi-même élaborées au cours de mes réflexions, puis repris la parole.

“Et t'es pas encore au bout de tes surprises à c'sujet-là,” commençai-je, avant de piocher une tranche d'ananas dans la boîte, puis de croquer dedans. Au terme de ma mastication, je poursuivais. “Certains d'entre nous, peut-être tous j'sais pas trop... semblent avoir acquis des sortes de dons bizarroïdes, genre X-Men tu vois ? Et franchement, j'ai beau me creuser la tête, j'vois aucune explication à ça. Comme le fait d'me retrouver dans un corps tout neuf, sans la moindre égratignure, la moindre cicatrice ni trace de morsure alors que le Z m'a clairement arraché un bout de mollet ; et surtout, un corps qui est très clairement le mien, mais qui me paraît complètement étranger pourtant. J'ai des souvenirs en pagaille de tout ce que j'ai pu faire avant, mais j'ai pas moyen de les mettre en pratique. Tout me semble flou et inaccessible, même si ça semble revenir petit-à-petit... Au début, j'me suis dit qu'on était en Enfer, ou dans le Purgatoire ou ce genre de conneries-là ; mais bon, Matthew et Calvin par exemple, ne sont pas morts eux... Ou alors... On est p'têtre dans la Matrice,” conclus-je dans une plaisanterie , tentant de désamorcer la gravité de la discussion par un brin d'humour.

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Mer 13 Mai - 19:44
« Bah tu sais d’ici à ce que j’trouve du malt,  du… euh attends… c’était quoi déjà...  Merde, je sais plus... » Brooks se gratta rapidement le coin du crâne comme pour déterrer de vieux souvenirs. Comment il avait pu oublier ça. Ce n’était pas il y a si longtemps. Et il avait fait ça pendant pas mal d’année. Il se sentit particulièrement bête d’avoir manqué ça, lui qui se targuait d’avoir bonne mémoire. Par dépit et par flemme de se triturer les méninges sur une thématique aussi superficiel, il mit sa sur le compte de son réveil. «Bon fait chier. Je dois pas encore avoir toute ma tête.»

Observant Ivy ouvrir la boîte sans difficulté, il se pris à apprécier d’avoir rien à carrer au concept tel que la virilité ou ce genre de stupidité. Quand bien même il se trouva, encore une fois, un peu bête d’avoir failli à cette tâche affreusement banale.
Rien de bien grave en somme. Il se complaisait dans ce genre de moment. De l’oisiveté menée par de la nourriture et une discussion qui tournait bon train sur des sujets de fonds. Il repensa rapidement à ses fameuses bières qu’il aurait aimé avoir ici et maintenant.

Piochant lui aussi dans cette réserve alimentaire, il écoutait la jeune femme d’une moue dubitative. Croire en l’incroyable n’était pas de tellement son genre. Au contraire, il cherchait constamment le rationnel. Et là il n’y avait rien de rationnel.
Elle lui parlait de quoi ? De super pouvoir ?

Quand bien même la situation actuelle offrait de piètres indices, il avait une base logique sur laquelle théoriser. Que ça soit les fringues aux odeurs de macchabées ou le corps remit à neuf. Il ne doutait pas de possibles réponses encrées dans le réel. Même si il ne les avait pas encore visualisé. On restait tout de même dans le domaine du possible, de l’hautement improbable certes, mais du possible.
Si bien que les paroles de la jeune femme sonnaient faux chez lui. Elles tenaient de la croyance et du mythe moderne dont Brooks n’avait prêté attention que pour satisfaire son imaginaire. Sans jamais lui donner un quelconque semblant de vérité.

Mais par respect pour la jeune femme il l’écouta attentivement. De toute façon il l’était, attentif, bien que tout ceci soit saugrenue. Il se dit que pourquoi pas, tout avait tellement changé. Les morts marchés, les marcheurs ressuscités et les ressuscités avaient chourave les gènes du Docteur Xavier. Donc, pourquoi pas…

Il affichait un visage légèrement hostile aux propos, un peu mal à l’aise face à la croyance d’Ivy. Comme lorsqu'un ami commence à se lancer sur de saugrenue théorie complotiste. Sa tête semblait attendre un peu plus que ces simples phrases lancées, elle semblait demander une preuve ou quelque chose à laquelle se raccrocher, rien que pour y croire un peu. Ne sentant pas vraiment bien au fait de s’opposer à ce qu’elle disait, il se perdit dans des excuses préventives afin de ne pas la brusquer.

« Je… Enfin désolé, c’est pas contre toi… Mais c’est juste que… ça parait totalement impossible.  Les corps tout neufs, okay. Je sais pas très bien où en est la médécine, mais ça fait pas mal de temps qu’on sait retaper un corps. Pour les souvenirs… là je sèche. Je sais pas trop si on peut les manipuler. Ni qui en a la possibilité d’ailleurs. »

Repensant un instant à son histoire de bière, il se dit que cela pouvait en être là cause. Mais là encore l’étrangeté de ce qu’il avait vécu rendait l’idée d’une fatigue cognitive largement plus respectable. Si rien ne revenait avec le temps, il tendrait alors peut être vers l’opinion d’Ivy.  
Puis remplissant de nouveau son estomac de tranche de fruit exotique vieilli en cuve. Il continua. Son ton lui restait tout aussi posé qu’avant. Il ne cherchait pas à appuyer son point de vue de façon agressive. Sachant la chose parfaitement contre-productive.

« Mais ton histoire d’X-men ou de super pouvoir. Désolé encore une fois… mais j’y crois pas... Y a une réalité physique quand même, on peut pas faire n’importe quoi avec elle. C’est pas que je veux pas croire à ce que tu racontes mais je demande à voir. »


Il ne chercha pas à débattre sur l’axiome de la matrice d’où le fait qu’il ignora cette partie. Ce genre de thèse généralement indémontrable avait tendance à l’horripiler. On faisait des religions avec ce genre de concept, mais rien de bien utile.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 15 Mai - 18:34
J'arquai un sourcil interrogatif en observant Brooks, sentant monter en moi une légère contrariété alors qu'il semblait visiblement avoir du mal à appréhender ce que je lui racontais. En même temps, à bien y réfléchir, c'était là une réaction normale, une réaction que j'avais eu avant lui alors que je me retrouvais confrontée à ma propre résurrection, mes doutes et mes interrogations. La pilule avait eu beaucoup de mal à passer et aujourd'hui encore, beaucoup trop de choses restaient floues, beaucoup trop de questions ne trouvaient pas de réponse, seulement des hypothèses farfelues. Cependant, et très étrangement, à la différence de Brooks, ma résurrection avait précédé la sienne d'environ un mois, aussi estimai-je mes propos plus recevables, puisque étayés par ma maigre avance sur le calendrier.

"Je sais que ça paraît dingue. J'ai moi-même commencé par nier cet état de fait lorsque c'était qu'une rumeur, colportée par Ricky en plus. J'apprécie le factuel, le tangible, l'observable..." Je commençais à m'enorgueillir dans mon ton. "Après j'suis une scientifique... Enfin, j'étais plutôt... Bien calée, mademoiselle je-sais-tout, l'horripilante première de la classe ; tu vois ? Pas du genre à tout mettre sur l'dos d'un Dieu, de Ses volontés et Ses desiderata..." Je secouais la tête avec dédain.

"Non merci, très peu pour moi. Tout évoluait dans un cadre, aux limites pas encore parfaitement définies, mais on avait quand même de bonnes bases pour ça... Puis les morts se sont rel'vés, ont attaqué les vivants ; puis je suis morte et rev'nue à la vie ensuite, et visiblement bien loin de mon lieu de décès. J'ai oublié tout ce que j'avais appris, ou du moins une très grande partie, me souvenant que des bases théoriques, c'que sait le quidam moyen..." Je claquais des doigts. "...Comme ça. Quatre mois écoulés et une vie entière d'études et de travail presque totalement effacée."

Je poussais un long soupir, puis me resservais d'une tranche d'ananas que je mâchonnais, très pensive, comme digérant les reliquats ma propre perplexité.

"J'comprends que tu ne puisses pas gober cette histoire de supers pouvoir, j'y ai pas cru non plus au début. Comme tu le dis si bien, il y a une réalité physique, des lois, des règles qui régissent notre univers, notre environnement et même notre propre corps ; même si pour ma part, j'suis bien mieux calée en astrophysique qu'en biologie. Du moins, c'est aussi c'que je pensais jusqu'à ce que ça me tombe sur l'coin de la gueule à mon tour ya une quinzaine de jours... A croire que c'est la réalité physique qui fait désormais n'importe quoi avec nous..." conclus-je dans un dernier soupir, jouant avec le jus d'ananas restant dans le fond de la boîte, créant un petit vortex en faisant tournoyer celle-ci entre mes mains. A la suite de quoi, je me relevais lentement, rendant la boîte en aluminium au colossal barbu avec un sourire poli.

"J'vais pas chercher à t'convaincre plus que ça... Après tout, t'as aucune garantie que j'sois pas juste... totalement folle à lier," lui lançai-je dans un sourire amusé en lui assénant une petite tape que je voulais amicale sur l'épaule. "J'vais m'coucher. Tu d'vrais pas trop tarder non plus... Le contrecoup est assez dur à encaisser. Bonne nuit, et merci pour l'repas. C'était sympa."
Fin du jeu.
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