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[Spécial, Hors-Zone] Triste dénouement - L'école - 17/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Ven 22 Mai - 0:40
Interprété par Samuel Freeman, Brooks Thornton, Ivy Lockhart & Elizabeth R. Evans.


Orienté vers quelque chose de concret, Brooks grimpait à l'arrachée le dernier étage, son arme improvisée en main et passa les portes-battantes qui débouchèrent sur un couloir : des salles de classe, tout du long, et à un certain nombre de portes plus loin dans ce large corridor, il distinguait l'origine de cette alerte qui l'avait attiré dans les hauteurs de l'école, un pot de peinture trônant renversé sur le sol, sans qu'aucune trace de peinture ne s'en soit échappé et entouré de morceaux de verre brisé. De nouvelles traces de sang étaient perceptibles au sol au même endroit et il pouvait observer qu'elles partaient maintenant à l'opposé du couloir qui n'était qu'à courte distance, devant probablement donner sur d'autres escaliers.

Samuel était la source de cette alerte, planqué dans le salle de classe à coté de laquelle trônait le pot de peinture et le verre. Il avait entendu les bruits de pas rapides dans les escaliers, sans savoir encore qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle menace, mais de Brooks, un allié du camp qu'il ne connaissait pas vraiment encore. Tous deux étaient sur le point de se rencontrer pour ainsi dire, et Brooks aura au moins retrouvé l'un des hommes qu'il était venu chercher avec le reste du groupe, si il ne faisait pas juste demi-tour.
Il n'y avait plus de menace qui les surprendrait au détour d'une porte, d'un couloir, d'une tentative... les classes saccagés ne contenaient que deux ou trois cadavres d'enfants-zombies abattus. La trace de sang que Brooks avait en vue appartenait aux deux hommes qui avaient attaqué Samuel et qui s'étaient maintenant lâchement enfuient le plus discrètement possible, cherchant à échapper à cette situation dont la dangerosité les avaient pratiquement mis aux portes de la mort, sans doute blessé pour l'un d'eux, si ce n'est les deux. Cela aussi, les deux survivants n'en avaient pas les informations, ou seulement une partie pour chacun. Remettre en ordre tout cela serait une bonne chose, quoi qu'il en soit la trace de sang irait se perdre dans les escaliers opposés, pour descendre vers les étages inférieures et rejoindre une sortie arrière donnant sur une grande cour.

Cette cour avait à sa gauche un autre bâtiment disposant d'un petit gymnase, d'autres salles de classes, d'une salle de musique et de pièces annexes. En face, un troisième bâtiment, faisant office d'internat et comportant des salles de permanence et de repos, ainsi que la bibliothèque du complexe. Enfin sur la droite, la sortie arrière de l'école qui donnait sur une étroite petite route rejoignant le campement à l'avant, et surtout sur la forêt.

Au rez-de-chaussée, l'altercation entre Ivy et Elizabeth avait laissé place à un calme et un silence total. Ayant cédé son dernier souffle dans un râle sifflant, l'homme qu'elles avaient découvert agonisant gisait désormais comme les autres cadavres du couloir ainsi coincé sous son armoire, tête et bras couchés dessus, les yeux grands ouverts mais dont les prunelles sont désormais vides du moindre sentiment de vie. La marque de la mort dominatrice rappelant que par leur main ou d'une autre manière, elle en venait toujours à remporter la victoire pour ne céder sa place qu'au silence...

Brooks étant parti découvrir ce qu'il se passait au dernier étage, il ne restait plus comme compagnie animée que les quatre rôdeurs victimes du feu spontané apparu plus tôt, qui frappaient obstinément sur les fenêtres pour pouvoir entrer à l'intérieur et s'en prendre à elles. Elles avaient reçu, ou plus particulièrement Elizabeth à proximité d'Ivy, un message explicite de Melody restée dehors. Il était maintenant question de choisir entre aller vers l'intérieur, découvrir le hall principal au bout du couloir : un grand espace, de multiples portes présentes sur la gauche sur le long d'un mur dont une bonne partie est approfondie vers l'intérieur, identifiant le préau qui s'enfonçait sous le bâtiment. Les portes devaient permettre d'y accéder.

Ce grand espace comprenait également plus loin, face au couloir où elles pourraient arriver, de larges escaliers métalliques et une demi-douzaine de corps traînent de parts et d'autres à une certaine distance les uns des autres. A moitié de la distance séparant le couloir des escaliers, une traînée de sang venait d'une des portes menant au préau et remontait très visiblement vers les fameux escaliers. A droite, d'autres et vastes murs contenant d'autres portes menant vers d'autres endroits, ou plutôt menant vers la cour extérieure précédemment décrite.

Elles pourraient également choisir de sortir vers le camp militaire à l'avant, et découvrir ce qu'avait découvert leurs trois autres camarades...


Eléments Scénaristiques:
 

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 25 Mai - 15:01
~ Le mutisme. L'incompréhension. Au-delà des démons de ce nouveau monde que j'affronte, je ne peux rationnellement pas imaginer que le monde ait à ce point changé. J'ai déjà tant de mal à me réapproprier mon propre corps, je ne comprends pas pourquoi mon esprit suit la même pente. A quel moment ai-je commencé à tomber dans une déchéance mentale, à sacrifier mes principes et mes valeurs pour le simple compte de la survie. Ma raison et mon intelligence sont ma fierté, à l'image de mon statut d'humain supérieur dominant nombre d'éléments de la nature même, pas uniquement mon environnement, mais ma propre nature d'être humain ; et pourtant tout cela semble s'être effondré d'un simple claquement de doigts. Transgresser les lois de la nature en revenant d'entre les morts m'obligeait-il, inconsciemment, à transgresser toutes les lois précédemment acquises ? Tuer une de ces créatures pour survivre, ça passe déjà très difficilement, mais ça passe en forçant un peu, en y réfléchissant bien, c'est même un mal nécessaire à m'infliger. Mais laisser mourir un homme, encore doué de conscience, d'intelligence, d'humanité, même ramenée à epsilon... Jamais je n'aurais pu. Jamais je n'aurais dû. Il avait certes été un monstre, selon mon jugement et les paramètres du moment, placé dans mon référentiel. Mais lui-même avait confié avoir affronté un autre monstre, avoir été contraint, avoir des regrets. Peut être fus-je alors son monstre, de ne l'avoir pas aidé, pas soutenu, enfoncé dans sa misère, accablé de remords dans son trépas afin que ses dernières pensées n'aient rien rien d'apaisant et qu'il parte terrassé et tourmenté.

C'est bien là tout le problème. Relativement, je suis du bon côté et lui du mauvais. Mais tout aussi relativement, le soleil et la lune tournent autour de moi, le sol défile sous mes pieds et je suis le centre de l'univers. Mais dans l'absolu, je ne suis rien. Rien de plus qu'une autre survivante, obligée d'agir pour survivre, et même la notion d'obligation se veut pernicieuse. Nous avons toujours le choix, de tout, pour tout. Seuls le jugement et la peur des conséquences nous orientent à faire des choix qui nous apparaissent comme des obligations. Cet homme a eu l'impression de ne pas avoir le choix que de suivre les ordres, ayant de facto admis que désobéir lui serait fatal et que son instinct de survie l'a poussé à rejeter cette solution, consciemment ou non. En tuant ces infectés, j'ai totalement omis le choix qui m'était donné de faire : accepter de mourir. Tout simplement. Et à cet instant, le cul posé sur le carrelage souillé de cette école, c'est un nouveau choix qui s'offre à moi, très clairement : continuer ou renoncer ? Me battre ou abandonner ?

Une question dont la réponse s'impose mécaniquement à moi : me battre ! ~


Prostrée dans mon mutisme, mes bras serrés autour de mes jambes, les épaules secouées de sanglots colériques et silencieux, les mâchoires crispées sur cette rage que je refusais de laisser échapper à nouveau, je laissais mes larmes emporter dans leur fuite toute la tension qui m'avait maintenu alerte jusqu'alors, mon esprit se fermant au monde extérieur pour ne s concentrer que sur moi-même, mes paroles intérieures qui se livraient à un débat farouche, préférant même omettre ma propre condition d'individu pour se placer dans un référentiel scientifque beaucoup plus confortable car absolu. J'ignorais le temps et sa profondeur, j'échappais à son emprise, pour quelques secondes ou plusieurs heures, il ne m'atteignait plus vraiment. Et lorsqu'enfin je redressais la tête, décollant mon front de sur mes genoux pour poser mes prunelles rougies et embuées de larmes sur l'homme sous l'armoire, je constatais alors son trépas. Une mort silencieuse dont l'instant m'avait totalement échappé, contrairement à son échéance qui elle, m'avait paru inévitable.

Dans un reniflement, j'essuyais mon nez morveux d'un reste de manche, contemplant le cadavre de l'homme durant de longues secondes, alors que mon environnement s'imposait à nouveau à mes sens. Je frottais mon visage de mes mains, chassant l'humidité salée des dernières larmes de mes joues et de mon menton, avant de finalement me redresser, lentement et grimaçant sous l'effort physique et encore plus mental que cela me demandait. Je fis quelques pas en direction de l'armoire et du cadavre qu'elle retenait, pour m'arrêter au pied de celle-ci et contempler le visage de l'homme. Mes noisettes s'attardèrent de longues secondes sur le regard sans vie du défunt, ses yeux ouverts n'offrant plus la moindre étincelle de vie ou de conscience, à l'image de cette infectée que j'avais occis quelques instants plus tôt. Empoignant sa chevelure de ma main gauche dans une grimace de dégoût, je relevai légèrement sa lourde tête atonique et rabaissai ses paupières de ma main droite avant de reposer la tête de l'homme sur l'armoire.

“Repose en paix, connard...” lui murmurai-je d'une voix presque imperceptible avant de me détourner de lui pour reporter mon attention vers Elizabeth.

La jeune femme, de dos, semblait elle aussi murée dans un silence profond. Probablement était-elle en proie à ses propres pensées suite à ce qu'il s'était produit. Le moins que l'on pouvait dire était que je ne m'étais pas franchement présentée sous mon meilleur profil en flirtant avec l'hystérie et une haine exacerbée. Et pourtant, quand bien même mes membres étaient toujours parcourus de légers tremblements, je ne regrettais pas mes actes, ni mes propos. Je regrettais juste que la jeune femme ait eu à y assister dans un premier temps, puis en être la cible dans un second temps. Après tout, je n'avais rien contre Liz', ç'aurait été Brooks, Melody ou même Matthew à sa place, ma réaction aurait été la même, à l'instar de la teneur de mes propos. Et si la colère était certes retombée pour laisser place à une grande confusion quant à mes actes et mon identité, je ne trouvais pas le courage d'aborder ce sujet encore trop vif. Les nerfs toujours à fleur de peau, je me contentais de ramasser le pied-de-biche traînant au sol avant de me diriger vers elle, m'arrêtant à un peu plus d'un mètre d'elle.

“On devrait retrouver Brooks rapidement... J'aime pas l'idée d'le laisser seul trop longtemps...” lui proposai-je, préférant très largement occulter ce qui s'était passé avant. Nous aurions largement le temps d'en parler une fois de retour au camp, quand mon esprit sera plus apaisé et reposé.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 25 Mai - 19:44
Tourner le dos à la réalité plutôt que d'y faire face, c'est ce qu'Elizabeth venait d'accomplir, tant au sens propre, qu'au figuré. Ses bras pendaient le long de son corps, figé, immobile, dans une posture qui n'avait rien de naturel, mais qui retranscrivait assez lucidement les émotions qui passaient à cet instant même en elle.
La tête basse, les yeux mi-clos en observant le sol ainsi jonché de détritus et autres traces écarlates en unique témoin dans son champ de vision du carnage que venait de subir ce couloir, les poings serrés si fortement que ses ongles s'enfonçaient dans la chair de ses paumes et que les jointures de ses doigts blanchissaient à mesure du temps, le buste légèrement courbé en un abattement prostré tandis qu'il était secoué de soubresaut au niveau des épaules à peine perceptible.
Définitivement, la vie était devenue bien différente de ce qu'elle avait jusque alors connu, en tout point. Elle, qui avait été si détaché de la sociabilité s'était retrouvé contrainte d'effort surhumain pour s'accrocher au minimum vital qui pourrait lui permettre d'avancer.
Elle, qui avait toujours mis un point d'honneur à se créer son propre code de conduite afin de punir les méchants et sauver les innocents, se retrouvait si confronté à une palette de nuance si immense qu'elle en avait perdu sa propre place dans ce chef-d'oeuvre de peinture apocalyptique. Quant à son code, il s'envolait en fumée dès lors que le choix qu'elle devait prendre un cryptage autre que binaire.
La réalité telle qu'elle fut autrefois lui avait pourtant appris à jouer des variations, mais ces dernières s'étendaient désormais jusqu'à l'infini, et dans ce nouvel univers, son monde s'écroulait.

Elle n'avait vu, ni entendu, la mort de l'homme qui pesait dans un silence de plomb, si bien que les flagrances de brûlée qui lui venait jusqu'à ses narines n'avaient plus qu'une place de dernier choix face au lourd et pesant mutisme qui s'était installé en ces lieux. Elle perçut à nouveau le froid la saisir, mais si la surface même n'était en rien atteinte, la fraîcheur intense ne venait de nul autre part que de l'intérieur, et se propageait tel un réseau immense de toile d'araignée, parcourant tous ses organes, un par un, jusqu'à en saisir les parts même de son cerveau déjà figé.

Et puis la sanction tombe enfin dont le glas surgit comme quelques reniflements, et des bruits de pas finalement dirigé vers elle, n'ayant pu entendre ou percevoir un traitre mot de ce que la jeune femme qui s'était également prostré dans son coin, venait de prononcer.
Les frissons reprirent de plus belle, poussante Elizabeth à se frotter les avant-bras comme si ce geste si simple aurait pu guérir le gel qui la paralysait de l'intérieur. Levant les yeux, à hauteur d'homme sans se tourner vers son interlocutrice qui venait de la rejoindre à quelques pas de distance, elle se contenta dans un premier temps d'un simple hochement de tête aphasique comme toute réponse à lui donner, suivit d'un mouvement disgracieux de la manche qui venait éponger la part de visage humide autour de ses yeux et de ses narines, rajoutant à son apparence frêle, fragile et déjà négligé une touche supplémentaire de disgrâce. Quelle femme, de toute manière, pourrait encore jouir et se vanter d'une féminité sans failles ?

D'un haussement d'épaule, se raclant la gorge, elle rajouta à se commentaire muet, l'apostrophe sonore qui lui manquait.

"Oui. Tu as raison. Il n'aurait pas dû partir seul."

Non pas qu'elle n'avait aucune confiance dans les capacités de cet homme aux allures plus que débrouillard, mais elle avait compris à ses dépens que la solitude ne menait qu'à une impasse au bout de laquelle se trouvait une tombe, et aucune autre alternative possible.

Elle finit par retrouver l'usage de sa motricité, déplaçant son corps comme s'il avait été deux fois plus lourd qu'à l'actuel, et pivotant vers le couloir qu'avait emprunté leur camarade quelques instants plus tôt.
D'instinct, elle prit la radio, se rappelant le message reçu un peu plus tôt, et répondit alors à Melody d'une voix assez fluette, inhabituellement douce, à moins que ce ne soit de l'abattement.

"On ne sort pas tout de suite. Brooks est partit à la recherche de Samuel et Matthew sans nous, vers les coups de feu. Du coup, on part à sa recherche. "

Si-fait, elle rangea l'appareil à sa ceinture, et se contenta de fixer son futur objectif. Le couloir, puis les escaliers, avec prudence, est appréhension de ce qui pourrait se trouver au bout du chemin. Aurait-elle droit à assister une seconde mort ?

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 28 Mai - 21:18
Toujours rien dans le couloir, et la chose s'était éternisé à un point assez avancé pour que Samuel somnole, convaincu de pouvoir enfin se reposer, jusqu'à ce que les portes-battantes ne s'ouvrent en grand en lui rappelant par la même une possible menace que son état lui avait quasiment occulté après son faux lancer de grenade.

Réprimant alors un grognement d'exaspération, il ramena son arme contre lui et tendit l'oreille afin de guetter du mieux qu'il le put ce nouveau visiteur. Les bruits de l'escalier qu'il avait auparavant perçu interdisait totalement l'idée qu'il s'agisse d'un zombie, à moins que ce ne soit d'une sorte qu'il n'en avais jamais vu ni entendu parler. Convaincu qu'il s'agissait d'une personne bien vivante, restait à savoir si il s’agissait d'un allié ou d'un ennemi.

Cependant, il ne bougea pas plus, demeurant caché contre le bureau, hors de vue tout en sachant pertinemment que le bordel qu'il avait crée dans le couloir devait bien sauter aux yeux. Cette impression fut confirmée lorsqu'il entendit quelque chose de pesant écraser les bouts de verres éparpillés dans le couloir. Ni une ni deux, Samuel sembla un peu trop vite convaincu de pouvoir prendre par surprise cette personne, qui qu'elle soit, et se retourna en se redressant juste assez pour reposer ses bras sur le bureau et pointer son arme vers le couloir.

Il ne fut que plus surpris de voir que personne ne se tenait dans sa ligne de mire. Cependant, avant de penser à une hallucination, d'autres bruits se firent entendre, là, devant lui, derrière le muret qui avait offert leur salut aux deux autres raclures. Sans aucun doute que sa propre indiscrétion en faisant retomber ses bras sur le bureau avait quelques peu démasqué sa position également, c'est ce pourquoi il renonça à l'idée de se recacher et lança dans l'air, d'un ton diminué mais agressif :


"Alors, ils vont comment les deux trouducs ?"

Aux aguets, un peu nerveux et la mâchoire bien serrée pour s'empêcher de geindre par la faute de sa cuisse, il eut en retour une réponse pour le moins inattendue, lui qui s'était déjà convaincu d'aller d'emmerde en emmerde et d'avoir seulement défoncé deux types pour voir leurs renforts arriver.

"Samuel ? C'est Brooks, du camp. Tu me remets ? Je suis arrivé il y a moins d'une semaine !"

Ne laissant sortir qu'une légère exclamation d'incompréhension un peu stupide, Samuel cessa de viser, laissant s'écouler un bref instant avant que la tête du solide gaillard ne dépasse du muret pour jeter un œil et assister à la scène. Un type en costard, tout pâle, les yeux cernés et le front luisant de sueur, se cramponnant au bureau pour ne pas chuter.

Bien plus vif que l'ex-commercial a moitié dans les vapes, Brooks passa son pied de biche sur les rebords du cadre de la vitre pour évacuer tous les petits bouts pointus et tranchants demeurés là avant de passer par l'espace laissé. Pressé mais pas imprudent, il évita bien sur de s'embourber bêtement dans la peinture laissée sur le sol et contourna tout aussi facilement la misérable barricade pour arriver vers Samuel qui n'avait pas bougé d'un pouce.


"Allez debout l’allumette ! Ça te ferrait trop plaisir de mourir ici mais c'est hors de question."

Assez vif, l'ancien motard souleva le canadien pour le retourner doucement et lui permettre de se rasseoir. Bien qu'il fallut encore un long instant à ce dernier pour se remettre de sa surprise et remettre ses idées bien en place, il put finalement regarder Brooks dans les yeux, puis lui indiquer l'endroit ou se trouvait l’agrafeuse, mais aussi le coupe-papier.

"Prends le. S'il te plait, j'ai pas les poches pour ça et les mains déjà pleines."

En effet, à peine l'esprit un peu éclaircis, il avait agrippé son fusil d'assaut avec sa main droite, gardant son pistolet dans le gauche avant de se relever tout en douceur pour épargner sa cuisse qui commençait à lui faire sentir la gravité d'une blessure laissée sans soin.

Et de ce côté, l'armoire à glace fut des plus salutaires pour le gringalet en le soutenant avec une certaine facilité. Samuel avait choisis de rester au côté droit de Brooks, même si cela ne lui permettait pas de réagir vite à une menace puisque son pistolet, sécurité mise, trainait sur l'épaule de son nouveau co-équipier, cela lui donnait l'opportunité de quasiment éviter de poser son pied gauche au sol et donc de faire travailler sa jambe.

Ainsi, ils cheminèrent d'un pas rapide mais sans empressement jusqu'à la vitre manquante. Ainsi, ils passèrent tous les deux par cette issue pour débouler dans le couloir.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 31 Mai - 22:49
J'observais Elizabeth me répondre, n'offrant crédit à ses propos que d'un simple hochement de tête avant de la laisser informer le groupe de Melody resté hors de l'école de notre situation. La réponse qui me parvint par l'intermédiaire du talkie fit naître chez moi un nouveau nœud qui m'enserra l'estomac dans une étreinte nauséeuse. Ils avaient trouvé l'arbalète de Matthew, cassée et surtout sans Matthew avec. Ma gorge se serra alors que je sentais un profond désespoir – encore un – m'envahir, doublé d'une intense culpabilité. Tout ceci était de ma faute. Cette conclusion n'avait rien de rationnel, ni même de justifié, mais cela faisait bien longtemps maintenant que j'avais laissé la rationalité de ma psychologie loin derrière moi. Un abattement sans nom ni proportion me gagna, faisant s'affaisser mes épaules sous une chape de plomb forgée dans la lourdeur de mes échecs. A l'image de ma myopie qui offrait à mes yeux un monde flou et abstrait, l’absence potentielle de Matthew jetait le même flou sur l'avenir du campement. Notre avenir à tous. Qu’allions-nous devenir sans cet homme pour nous montrer la voie ?

Je lançais à Liz' un regard qui trahissait sans vergogne toute l'inquiétude qui venait de me saisir, dirigeant ensuite celle-ci dans la même direction que les prunelles de ma compagne d'infortune ; à savoir vers le couloir vide de toute vie et parsemé de détritus, et ses escaliers en toile de fond menant droit vers de nouveaux étages d'incertitudes et de dangers. Resserrant la prise de ma main droite autour de mon arme de fortune, je pris l'initiative d'ouvrir la marche dans le couloir, laissant derrière moi le cadavre de l'homme et ses multiples interrogations et remises en question laissées en suspens, m'assurant malgré tout que la jeune femme m'accompagne. Finir séparées et isolées serait désormais la pire chose qui pouvait encore nous atteindre ; car au-delà de notre très récent différent qui n'avait pas encore vu venir le temps de son dénouement, je m'accrochais à la présence physique de la jolie brune comme un marin en perdition pouvait se raccrocher à sa bouée de sauvetage.

Enjambant un banc renversé en travers du couloir en progressant le long de celui-ci, lorgnant avec une inquiétude toute justifiée les portes fermées qui recelaient je-ne-savais quels dangers en leur sein, j'avançais droit vers les escaliers par lesquels Brooks avait dû nous quitter. Au bout de plusieurs dizaines de mètres, j'avisais sur ma gauche les multiples portes vitrées qui donnaient sur le préau, prenant pleinement conscience des multiples cadavres d'infectés qui en jonchaient le sol dans des postures de marionnettes inanimées répandant leurs fluides organiques dans une toile macabre. Une sorte de toile très contemporaine, bien au-delà du peu de goût et d'expertise que je pouvais – avais pu – avoir dans ce domaine à l'appréciation si subjective. Je remarquais simplement une longue traînée de sang régulière, partant de l'une des portes pour se diriger droit vers les escaliers, piste macabre laissée à l'attention d'un quelconque  allié ou poursuivant. Instinctivement, le désir me prit de la suivre, voir vers où – et surtout qui – elle menait. Supposant que Brooks avait dû se faire le même type de réflexion, le sang constituant la traînée me semblant bien trop frais pour être celui d'un infecté, je me mettais en tête de la suivre le long de la montée de marches qui s'offrait à mes noisettes inquiètes.  Posant le pied sur la première marche, je tournais mon visage vers Elizabeth, pointant de mon index gauche la trace de sang, puis le haut de la cage d'escaliers, comme une invitation à la jeune femme de me suivre, agrémentée d'un très faible sourire qui ne faisait que conforter l'inquiétude qui m'assaillait. Qu'allions-nous découvrir dans les étages supérieurs ? Pour ma part, je m'attendais déjà au pire, parce que jusqu'à présent, c'était tout ce que ce monde avait eu à nous offrir. Du mal en pis.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Ven 5 Juin - 13:43
En posant leurs pieds dans le couloir, les débris de vitre craquèrent légèrement sous leurs poids, les broyant en plus petits bouts tout aussi tranchant et c'est ce pourquoi les deux hommes resserrèrent leur accroche l'un à l'autre afin que le plus léger et le plus faible ne puisse surtout pas chuter la dedans et rentrer en prime avec des coupures superficielles, ou pire, une maladie qui aurait put être portée par chaque être humain, vivant ou mort, ayant perdu des fluides vitaux dans cette zone.

Avec précaution, ils cheminèrent par la voie que Brooks avait emprunté pour rejoindre le canadien pendant que ce dernier comatait à moitié, résistant aussi vaillamment que possible à la somnolence qui le tenaillait, motivée par la sécurité que lui inspirait son co-équipier ainsi que l'idée de rejoindre. Ironiquement, le fait de s'épargner beaucoup de douleur en devant s'appuyer sur sa jambe blessée jouait en ce sens, lui apportant un soulagement tel qu'il lui semblait difficile de ne pas se sentir relaxé.

Cependant, c'est le grand gaillard qui l'aida le plus à se maintenir éveillé en le secouant et en lui parlant dès lors qu'il semblait vraiment trop se reposer sur lui et menacer de s'endormir debout. Et pour l'aider à se maintenir aussi alerte que possible, ils pressèrent le pas afin de pouvoir retrouver les filles aussi vites que possible. Ainsi rassemblés, ils pourraient vérifier sa cuisse et sans aucun doute changer son bandage qui ne devait plus valoir grand chose.

Il leur fallut quand même un bon instant pour parvenir jusqu'aux portes battantes et se trouver enfin devant l'escalier qu'ils n'allaient pas pouvoir descendre à grande vitesse, toujours à cause de l'état du pauvre Samuel. Malgré tout, suffisamment secoué par la montagne sur son côté gauche, il eut enfin la présence d'esprit d'utiliser son fusil d'assaut en guise de béquille trèèès archaïque mais lui offrant quand même un léger soutien afin d'assurer son équilibre et éviter une chute bien plus grave à cet endroit.

Et puis, seulement après quelques marches descendues, d'autres vibrations, d'autres bruits de pas sur la structure métallique alertèrent le duo, et plus Brooks que Samuel évidemment. Ce dernier, trop concentré sur son équilibre, sembla des plus surpris d'entendre la puissante voix du premier, s'adressant aux présences supposées en bas, ce qui pourrait difficilement être considéré comme une menace mais ce qui n'empêcha pas l'homme de s'assurer de ne pas être attendu plus bas par des mercenaires.


"Ivy ? Elisabeth ? J'ai trouvé Samuel, montez, vite !"

Tout en demeurant parfaitement attentif à la réponse, Brooks pressa suffisamment la descente pour arriver à la zone de plat où les escaliers font leur boucle, suffisamment vaste pour laisser monsieur costard choir doucement au sol, ce à quoi il ne répondit qu'une chose, en désignant son bas ventre d'un signe de tête, le regard posé sur le coupe-papier qu'il avait coincé là, d'une manière ou d'une autre.

"Brooks, fais gaffe avec ça, un coupe papier, ça... Ça a vite fait de devenir un coupe burne."

De sa bêtise émergea un léger sourire en coin, bref, juste assez pour signifier qu'il était encore assez conscient pour raconter des blagues pas drôles et donc qu'à priori, sa santé mentale demeurait intacte ou, tout du moins, aussi intacte que la veille. Là, sans que Samuel ne puisse vraiment se rendre compte si il avait réussis à tirer un sourire à son public d'une personne, le dit public d'une personne, une fois convaincu de l'identité de celles qui arrivaient, se pencha sur la blessure du jeune homme, et surtout le bandage de fortune totalement imbibé de sang.

A quoi bon sauver les miches d'un mec si c'est pour le laisser choper une infection le temps de retourner au camp et devoir faire de lui un demi-cul-de-jatte ?

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 8 Juin - 22:30
Le silence qui suivit la dernière communication fut très pesante. Bien que l'annonce évoqua une issue assez dramatique à cette information acquise, Elizabeth préféra rester le plus inexpressive possible. Non pas qu'elle n'éprouvait aucune crainte à la perte de ce pilier dans le campement, mais elle se disait que si elle-même avait survécu à tout ce cauchemar, Matthew ne pouvait disparaitre de cette manière.
Sans prêter attention à la détresse qui se lisait sur le visage de sa camarade, alourdissant un peu plus encore l'ambiance nappée de son rideau noir des dernières altercations, la jeune femme se contenta de suivre le chemin que lui traçait la petite brune à ses côtés, vers ce qui apparait alors comme un grand escalier menant vers les étages supérieurs.

Des marques de sang glissaient sur les murs blancs qui avaient jadis accueillit les mains de dizaine, voir centaine d'enfants. L'image sanglante se superposa à celle d'une divagation alors qu'elle revoyait encore nettement les rires de ces derniers se fondre en échos sonore et assourdissant, de quelques images floutés comme des fantômes d'un passé qui n'a plus aucune chance de se reproduire à nouveau. Les rires résonnaient à ses oreilles tandis que les silhouettes dévalaient un peu plus au ralentis les marches de ces escaliers là, pressés de retrouver la cour de leur école pour leur pause récréative.
Le corps entier d'Elizabeth se trouva figé dans cette espace-temps lié à un passé fictif qui se superposait au réel actuel. Puis, petit à petit, tandis qu'elle peinait à savoir si elle parviendrait à sortir de ce cauchemar incarné, les petites mains des enfants rieurs tracèrent sur les murs blancs les traces de sang qui les nimbaient désormais définitivement. Et les fantômes s'évanouirent peu à peu, laissant le côté pâle et macabre s'enraciner sur les traits de la femme.
Jusqu'à ce que l'écho d'une voix ne la transperce de toute part, la ralliant à l'horreur qu'elle venait d'imaginer sans qu'elle ne comprenne encore le sens des mots qu'elle venait d'entendre.
La voix était grave, et lourde. Elle semblait à celle du grand Brooks qui les avait accompagné jusqu'ici. C'était son timbre, son intonation. Mais à la sortie du nébuleux immatériel, cela avait une consistance assez particulière et différente.

Elle du lutter un bon moment contre son esprit pour lui faire entendre raison et revenir enfin à ce qui venait de se dire.
Samuel venait d'être retrouvé. Matthew n'était pas évoqué, mais peut-être que cela ne tarderait pas.

Alors ses prunelles se posèrent sur la seconde femme qui l'accompagnait, comme si elle attendait un commun-accord pour obtempérer à la demande qui venait d'être faite, et dès que cela serait le cas, alors elle grimperait les marches une à une en prenant bien soin d'éviter les murs tant du regard que du touché.

"On arrive !" déclara t-elle simplement sur un ton plutôt monotone.

La raison étant qu'elle ignorait si la nouvelle de la trouvaille était plutôt bonne, ou plutôt mauvaise.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 14 Juin - 16:31
Je ne cessais d'observer à la volée la jeune femme qui m'accompagnait, m'assurant de sa présence non loin de moins, par pure conscience et simple désir de ne pas la perdre de vue elle non plus, comme ce fut le cas de Brooks quelques instants plus tôt, mais aussi pour me rassurer moi-même de ne pas me retrouver complètement seule et isolée dans ce lieu macabre. Mais ce fut bien la voix de Brooks, résonnant de manière caverneuse et descendante le long de la cage d'escalier qui m'arracha enfin ma première bouffée d'espoir de la journée. Des dernières quarante-huit heures même. Il venait de retrouver Samuel. Pas d'indication sur l'état, impossible pour nous de juger s'il était oui ou non sain et sauf, ou s'il ne s'agissait-là que d'une nouvelle découverte morbide qui parachèverait de jeter une chape de plomb et de désespoir sur mes frêles épaules.

Néanmoins, cette simple annonce me fit l'effet d'un coup de fouet, une vague frémissante d'énergie hérissant chaque poil de ma peau, et insufflant une nouvelle décharge dans mes muscles. A contrario d'Elizabeth, je me jetais avec empressement à l'assaut des marches d'escaliers qui nous séparaient des étages supérieurs, de Brooks, de Samuel ; de la nécessité que j'avais d'enfin nourrir mes espérances, d'inonder ce jour de quelque chose de positif. Juste une seule putain de bonne nouvelle.

Ma main gauche s'agrippait à la rambarde des escaliers, m'aidant à tirer le reste de mon cœur vers une ascension toujours plus rapide et inconsciente tandis que je fonçais vers Brooks, gravissant les marches deux-à-deux sans considération pour le danger qui pouvait m'attendre au détour d'un palier, ou le bruit que pouvais provoquer le résonnement de mes pas lourds et pressés sur la structure métalliques. Ma fatigue s'était envolée, chassée par ce regain de vitalité qui n'aurait qu'un effet très temporaire, et probablement un contre-coup dévastateur.

Parvenue au palier donnant sur le troisième étage, et levant mes noisettes vers le demi-palier suivant et marquant la moitié de l'ascension vers le quatrième, je vis enfin les silhouettes des deux hommes, Brooks se tenant auprès d'un Samuel avachi, visiblement blessé, s'occupant de défaire un bandage imbibé de sang ocre. Il était vivant ! L'espoir qui m'avait porté jusqu'ici se mua en une immense vague de soulagement. Je gravissais la dernière volée de marche avec empressement là encore, me laissant inonder par ce soulagement de retrouver Samuel, mais aussi par ce très profond et pugnace sentiment de culpabilité qui ne m'avait pas quitté depuis la veille. Atteignant enfin le demi-palier, et sans considération aucune pour la blessure de mon compagnon, son état de santé, la présence de Brooks ou les jugements qu'ils pourraient avoir en cet instant, je lâchais le couteau de cuisine dans un recoin du palier pour m'effondrer à genoux devant l'homme – m'explosant les rotules au passage – puis me jetais au cou du commercial, l'enlaçant de ma force à peine ragaillardie de satisfaction en passant mes bras autour de son cou.

Mes yeux s'embuèrent de larmes au cours de l'étreinte qui dura de longues secondes, mon menton calé contre l'épaule du pauvre homme que je ne devais pas ménager dans la manifestation de ma joie.

“Putain... J'suis désolée Sam. J'suis désolée, j'suis désolée, j'suis désolée...” répétai-je en bafouillant et reniflant. “J'voulais pas... J'ai eu si peur p'tain...” repris-je entre deux sanglots tandis que toute la tension et l'inquiétude accumulées au cours de ces dernières heures trouvaient enfin là leur exutoire larmoyant et morveux sur le col “blanc” de Samuel.

Dans ma précipitation, j'avais totalement occulté les présences de Brooks ou d'Elizabeth, les éventuels propos ou même les possibles contestations de Sam, simplement sourde et subjuguée par les émotions de l'instant présent. Qu'importe les pensées, les propos, les rumeurs ou les réactions, je savourais là une bien maigre victoire sur ce putain de monde de merde. Au moins une...

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 14 Juin - 18:27
Puisque Elisabeth avait lancée une réponse claire et nette, Brooks n'avait, de son côté, pas perdu une seule seconde, profitant de coupe-papier récupéré seulement un instant auparavant pour agrandir l'ouverture dans le pantalon sans avoir à totalement mettre le tissu en lambeau pour avoir un accès plus aisé au bandage de fortune. Et une fois l'accès bien élargi, il fit de même avec le tissu imbibé de sang en le limant légèrement avec la lame fine pour ne pas perdre une seconde à chercher et défaire un nœud.

En dessous, les bruits martelaient l'escalier, signifiant sans aucun doute que les filles avaient compris l'idée lorsque Brooks avait simplement dit "vite !". Lui-même assuré de qui montait, sans même réellement penser à Samuel qui, bien qu'étourdi, n'aurait eu qu'à lever son bras pour refroidir d'éventuels agresseurs, il se concentra sur le bandage afin d'en ôter le tissu aussi vite que possible, sans réelle considération pour les quelques spasmes du blessé qui se retint quand même d’émettre la moindre plainte.

Arriva alors Ivy qui, sans prévenir, sembla presque craquer en voyant la scène. Inattentive à Brooks qui leva la tête ou Samuel qui lui adressa un sourire fiévreux, elle se jeta presque sur le second pour l’étouffer, mais juste un petit peu, sa petite constitution étant à remercier puisqu'il est clair que si monsieur Thornton avait été pris du même élan d'affection, ses gros bras additionné au pare-balle porté par l'ex manager l'aurait rapidement achevé dans un gargouillis de supplication pleine de vulgarités françaises.

Non, puisque Ivy le gênait à peine, il se laissa complètement happer par la surprise puis par le soulagement. Cela en vint au point qu'il lâcha son pistolet qui glissa au sol sans bruit pour ramener son bras dans le dos de la jeune femme et lui rendre son étreinte, sans dire un mot.

De son côté, Brooks profita de cette diversion pour finir de virer le bandage foutu et révéler le joli trou de balle qui perçait la cuisse du jeune homme de part en part. En l'état, il n'y avait pas grand chose qui puisse être fait à ce propos, et c'est ce pourquoi l'opération ne prendrait que quelques instants. Ainsi, le grand gaillard ouvrit le kit de secours en sa possession pour en sortir le désinfectant, il n'y avait pas grand chose et pas énormément de bandages non plus, mais pour une seule blessure, cela pourrait être suffisant en attendant de rentrer au camp.

Samuel serra bien les dents lorsqu'il se fit asperger les plaies mais le fait d'avoir une jeune femme soulageant ses nerfs contre son épaule le poussa à nouveau à conserver le silence. Malgré tout, cette dernière n'aura pas manquée de sentir toute sa douleur dans la raideur de son bras... Sur les petits bobos, ça pique, mais quand on balance ça sur des gros, ça brule !

Quoi qu'il en soit, la blessure convenablement nettoyée et désinfectée, Brooks put ensuite sortir compresses et filets pour terminer son affaire. Cela lui prendra un peu de temps, ce qui tomberait bien puisqu'il allait falloir relever une Ivy un peu bouleversée et que Samuel ne serait pas en état de réaliser ça, pas plus que de bien marcher. Dans tous les cas, Elisabeth allait être indispensable au groupe pour rentrer rapidement.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 16 Juin - 16:52
Tandis qu'Elizabeth siégeait dans son état lymphatique, les pâles fantômes dansant encore par occasion devant le voile de ses yeux embrumés, Ivy elle, avait cédé à une réaction bien opposée. Le premier pas placé sur la première marche, d'une lenteur extrême tandis que tout son être était tendu par la crainte que les spectres diurnes ne se figent dans la réalité et lui accorde un regard transperçant accablant de culpabilité tous les hommes sur terre qui les auraient laissé "mourir", et déjà Ivy avait parcouru la moitié du chemin ascensionnel qui les séparait de Brooks et du porté disparu enfin retrouvé.
Son sang se glaçait petit à petit, à chaque marche franchie où elle ne voyait que le chaos, la mort et l'horreur là où aurait du régner éternellement la joie, la gaieté de rire d'enfant.

Arrivé à l'inter-palier, elle s'accorda une pause, son regard imprégné d'un rythme paresseux qui se dressait vers la destination que venait d'atteindre son homologue.  Ses lèvres blanchissaient à mesure que son esprit ne parvenait à sortir de cet environnement illusoire qui se mêlait à la réalité, et qu'elle prenait enfin conscience de ce qui avait bien pu se passer en ces lieux.

La voix d'Ivy dans la cage d'escalier, arrivant enfin à la rencontre des deux hommes se répercutèrent en échos assourdissant, mais ne pénétrèrent la conscience de l'ex-psychologique que mollement, si bien qu'elle mit plusieurs très longues secondes à percuter que le discours ne pouvait être que la résultante d'une "putain de bonne nouvelle". Les sanglots lui parvinrent à leurs tours, et un long soupir exutoire s'échappa d'entre les lèvres de la brune, les yeux trouvant enfin l'obscurité imposé par le rideau de ses paupières qui lui épargnèrent définitivement la vision brumeuse des phantasmes aériens de rire  d'enfant.

Son teint restait néanmoins livide, et il était à parier que sa tension artérielle était suffisamment bas pour en inspirer l'inquiétude. Les deux mains appuyés contre la rambarde, la tête fléchie vers le sol et le corps légèrement courbée par le poids de cette espièglerie de son esprit, elle revenait à elle, lentement, le temps que les trois compères quelques étages au dessus ne se retrouvent pleinement.
Et puis l'écho d'un grondement lui parvint aussi nettement que les battements sourds de son coeur qui martelait à ses oreilles, comme une sonnette d'alarme qui vibrait dans ses tempes et la secouait plus durement encore. Un grondement rauque mais fin, tiré d'un corps qui n'avait pas la contenance d'émettre un son plus lourd.

Redressant le visage, les muscles tendus face à la menace qui brisait sa pause émotionnelle, les yeux bruns de la femme croisèrent ceux sans vie de la créature, qui ardait à son encontre une envie dérangeante de chaire et de sang. C'était le corps chétif d'un garçon d'à peine une dizaine d'année qui avait autrefois sans doute arborait un sourire ravageur d'espièglerie tandis que ne restait désormais que celui carnassier et dévasté d'un monstre informe.
Il était immobile, aux bas des escaliers et l'idée aurait sans doute pu le comparer à un prédateur sagace qui calculait la meilleure opportunité avant de fondre sur sa cible. A moins qu'elle n'attendit que l'arrivé de quelques collègues qui franchirent l'angle obstrué des arrêtes des murs pour entrer dans le champs de vision, déjà paniqué par la scène, d'Elizabeth.

Ses muscles se tendirent brusquement alors qu'elle avait déjà assez perdu de temps à bien réaliser le danger qui venait d'arriver à elle, et qu'elle avait cessé de se demander si ils étaient capable de grimper les escaliers lorsque le premier d'entre eux fit pas sur elle en ce sens, bien qu'avachi.

Avalant les marches trois, voir, quatre par quatre, elle parvint rapidement à ses congénères et leur adressa un regard pressant, ignorant les fantasques de leur posture.

" Ils arrivent. " Inspira t-elle dès qu'elle arriva sur eux.

Et en écho, leur grondement sonore franchirent les étages qui les séparaient.
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