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[Spécial, Hors-Zone] Triste dénouement - L'école - 17/01/35
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 16 Juin - 23:53
En sentant le corps de Samuel se tendre sous mon étreinte, le bras qu'il passa dans mon dos se raidissant alors que Brooks aspergeait sa plaie de lotion désinfectante, je consentis enfin à relâcher ma prise et me reculer un peu. Posant un genou à terre et essuyant les larmes perlant à mes paupières d'un revers de la main droite, j'adressai à Sam un maigre sourire gêné et compatissant, réalisant ma bêtise et désolée de lui avoir causé plus de souffrances qu'il n'en subissait déjà. Rendue muette mais ne pouvant réellement réprimer l'immense soulagement qui m'avait enfin gagné. Lentement, je me relevais de moi-même, encore sonnée par ce surplus d'émotions contradictoires s'accumulant et se chevauchant, se percutant même dans mon cœur et mon esprit, chamboulant mes pensées et retournant ma raison. J'observais Brooks achever de panser la plaie du blessé autant que faire se pouvait, me demandant si l'homme avait au moins la moindre idée de ce qu'il faisait d'un regard intrigué. Probablement. Je l'espérais... Pour Samuel, pour lui-même, pour notre moral à tous...

Mais mon esprit se vit frapper d'une nouvelle résonance de ma raison qui se rappela à moi, coupant net ce très bref sentiment de petite victoire pour en revenir à nos raisons justement : Matthew et Samuel. Samuel ET Matthew. Je braquais mes noisettes s'assombrissant d'inquiétudes vers le commercial, la voix encore fébrile et tremblante de mes émotions, jetant des œillades inquiètes autour de nous avant de finalement prononcer deux mots portant pourtant à eux-seuls toute la gravité de mon interrogation :

“Et Matthew ?” demandai-je au blessé d'un ton empreint d'espérance, bien que le cœur n'y soit pas vraiment et se voyait déjà assommé par l'obscure logique de ma rationalité revenant au grand galop.

Matthew n'était pas homme à laisser les siens derrière. S'il n'était pas avec Samuel, c'était que quelque chose s'était passé. Une chose peu souhaitable, un sort bien funeste même qui rendit toute sa consistance à la chape de plomb coupable qui me pesait sur les épaules depuis la veille, en y ajoutant à cela l'information précédemment donnée par Melody et son groupe.

Mais ce fut le tambourinement du rythme d'ascension d'Elizabeth qui attira mon attention dans les instants qui suivirent. Je me retournais brusquement, comme craignant de voir une nouvelle menace débouler avant de finalement reconnaître la chevelure brune et la silhouette gracile de la jeune femme. Je fronçais les sourcils en la voyant grimper les escaliers comme si elle avait eu le diable aux trousses, métaphore qu'elle confirma quelques secondes plus tard dans un souffle inspiré ; et pour le coup très inspirant. Je ramassais très rapidement mon couteau traînant sur le sol du demi-palier, ainsi que le pistolet que Samuel avait laissé glisser quelques instants plus tôt pour le lui rendre, découvrant à nouveau cette étrange et odieuse sensation d'un métal lourd et froid, étranger à ma main et mes sensations, carnassier effrayant à mes principes. Si Sam récupérait l'arme de poing, je laisserais ainsi ma main tendue vers lui, afin de prêter main forte – façon de parler – à Brooks pour aider le blessé à se relever. Les grognements rauques et reconnaissables entre milles me parvenaient d'en contrebas, pressants et affamés, réclamant un dû de chair fraîche, une pitance promise, mais résolument non acquise.

“Faut qu'on dégage de là !” ordonnai-je avec empressement, dans une sorte de pléonasme verbal. “Doit y'avoir une autre issue de l'autre côté,” suggérai-je sur le même ton, plus poussif encore.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 17 Juin - 14:48
Alors que Brooks continuait son affaire sans trop mal, s'auto-congratulant d'avoir convenablement élargis l'ouverture dans le pantalon pour rendre le bandage presque aussi aisé que sur une cuisse nue, Samuel ne trouva quant à lui pas grand chose à dire ou à faire lorsque Ivy retrouva contrôle d'elle-même. Tout au plus lui rendit-il un sourire fatigué qui devait sans aucun doute le faire ressembler un vieux vampire flippant vu ses cernes, sa peau pâle et ses traits tirés, et ceci pendant que son bras glissait de la jeune femme à mesure qu'elle se relevait, passant doucement sur sa hanche et sa cuisse avant de retomber mollement au sol.

Là, pendant une seconde, Samuel se laissa un peu aller, fermant doucement les yeux et prenant de longues inspirations en sachant pertinemment que le retour au camp serait un long calvaire durant lequel il n'aurait qu'une envie, piquer un bon petit somme, quitte à ronfler au sommet d'une pile de cadavre. La dernière fois qu'il avait été fatigué comme ça, il était mort le lendemain pour s'être permis de dormir là ou il ne fallait pas, et pourtant, il était à nouveau prêt à faire la même erreur...

Ce n'est que lorsque l'armoire à glace termina d'apporter ses soins à la baguette pas cuite qu'Ivy lâcha le nom de Matthew qui trouva d'abord réponse auprès de l'infirmier, un signe de négation, puis du patient qui marmonna dans sa barbe, les yeux toujours clos :


"Tout à l'heure... L'est sortis, par... Par la fenêtre. Les types... Ils nous cherchaient tous les deux. Ils l'ont pas pris... Il.... Hmf, froid, dodo..."

En douceur, sa tête s'affaissa jusqu'à ce que son menton ne repose sur son buste, cela ne dura que quelques secondes, son sa somnolence demeurant insensible à la bruyante montée d'Elisabeth pour tout envoyer foutre lorsqu'elle lâcha les deux pires mots à lancer si on les laisse s'accompagner de la symphonie des morts.

Derechef, sa tête se redressa et, les yeux grands ouverts, une brève lueur de panique se lisant dans son regard avant qu'il ne retrouve son air un peu éteint et crevé. Sur sa gauche, IVy lui rendit son arme à feu dont il se saisit avec précaution avant de lui présenter son avant-bras. De l'autre côté, Brooks alla également pour le soulever, bien occupé qu'il avait été à remettre de l'ordre dans le kit de secours avant de le boucler. Bien que laissé un peu en arrière-plan, cela ne l'avait pas empêché de cogiter et la réplique d'Ivy ne manqua pas de faire mouche dans son esprit.


"Les deux "trouducs"."

Avant que l'une des deux femmes ne puisse se demander de qui pouvait bien parler le costaud, son regard croisa celui de Sam qui, de son côté, acquiesça, visiblement content de pouvoir laisser les explications à un Brooks en pleine forme alors que lui-même tenait de moins en moins debout, même soutenu par ce dernier. Aussi, afin de ne pas faire passer cela pour une bête private joke, il repris rapidement la parole à l'adresse de Ivy et Elisabeth.

"Là-haut, il y avait du sang, beaucoup de sang. Cela s'en allait à l'autre bout du couloir. Si ils s'étaient fait bouffer, on les auraient entendus, et si ils sont passés en force, les morts doivent être après eux, bref, c'est vide, en avant !"

Dans le même temps, il fit signe aux deux femmes, lui-même devait porter ce blessé de Samuel qui, à nouveau, trimballait le lourd fusil sur son bras droit alors que son pistolet et sa main gauche restaient accrochés à l'épaule de Brooks. Bref, pour faire court, il était hors de question que ce duo là soit en première ligne, d'autant que c'était surement Elisabeth qui serait la plus à même de choisir si ils valaient mieux emprunter le couloir de l'étage supérieur ou inférieur puisqu'ils se trouvaient entre deux.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 20 Juin - 11:32
Il fallait à tout prix qu'elle s'empêche de trop réfléchir. Si elle laissait à nouveau à son esprit la possibilité de s'évader, elle retomberait à coup sûr dans son illusion fantasmagorique. Elle luttait drastiquement pour oublier le visage décharné de cet enfant au bas des escaliers, une vision plus cauchemardesque que tout ce que son imagination avait bien pu lui offrir jusqu'ici.
Une vision qui la renvoyait bien des mois en arrière, et elle préférait oublier, ne plus y penser.

Alors dès que le grand barbu lui offrit la solution du repli alternatif, elle s'y engagea derechef en suivant la piste des traces de sang restant focaliser sur cette trainée digne des cailloux du petit poucet. Un coup d'oeil en arrière lui permit de vérifier que tout le monde avait bien enchainé à sa suite, et elle priait pour qu'ils le fassent vite car elle ne voulait croiser aucun visage cadavérique émergeant de la cage d'escalier.
Elle doutait bien entendu qu'ils aient mis si peu de temps à grimper les quatre étages qui les séparaient, mais autant ne pas trainer d'avantage.

Lorsqu'elle se serait assuré qu'ils aient pris le chemin après elle, ouvrant la piste qui les mènerait jusqu'à leur sortie, elle prendrait la tête de l'escorte pour laisser l'éclopée et sa béquille humaine en protection derrière elle.  
Le long du couloir, elle garda le regard fixe sur les indices rouges écarlates au sol qui lui ouvrait la voie, et les potentiels dangers qui feraient irruption d'une pièce ou d'une autre de chaque côté. Le reste, elle l'oublia. Les dessins d'enfant sur les vitres intérieures, les portes manteaux où étaient annotés le prénom de chaque enfant pour qu'ils y déposent leur manteau, les noms des Maitres et Maitresses sur les portes de chaque classe, les bureaux, cahiers, et livres qui jonchaient le chemin, et tout un tas d'autres affaires qui pouvaient bien être capable de rappeler durement à Elizabeth le lieu qu'elle arpentait et qu'elle rejetait pour sa propre stabilité mentale, qui commençait à presque défaillir.

Le chemin les mènerait sans doute vers une seconde cage d'escalier, un peu plus loin, à l'extrémité opposée du bâtiment d'ailleurs, dont la sortie allait probablement déboucher à l'intérieur même du préau. Et comme l'avait prié Brooks peu avant, avec beaucoup de chance, les morts seraient partit après les fuyards ensanglantés, en libérant le chemin, tout du moins jusqu'à ce qu'ils trouvent refuge dans la forêt.

Une nouvelle communication dans son Talkie retentie, rappelant à sa propriétaire de l'instant qu'il n'était pas vraiment seul dans la zone, ou plutôt pas encore. Elle les avait complètement oublié dans l'histoire, mais voilà qu'ils annonçaient leur retrait imminent. Sans prendre la peine de leur répondre, car il fallait qu'elle reste attentive et ne cède à aucune distraction, elle s'engagea dans la seconde cage d'escalier, après un ultime coup d'œil en arrière.

La trainée de sang s'arrêtait pour former une petite flaque sur le palier intermédiaire de la première volée de marche, et dans un coin, à moitié éventré, se trouvait un sac à dos abandonné agrippé entre les doigts d'un dégénéré à la tête explosée.
Sans doute avait-il appartenu aux fameux deux "trouducs" qui dans leur fuite effrénée avec quelques morts à leur trousse, avait dû l'abandonner pour mieux continuer sans se retourner.

Les doigts d'Elizabeth se refermèrent sur les bretelles du sac plein de quelques fournitures inconnues pour arracher ce dernier aux mains crochus et griffus du rôdeur étalé au sol, quitte à le rendre inutilisable par la suite, tant que cela lui assurait la sauvegarde de son contenu.
Un regard vers le groupe et elle se justifia :

" Peut-être qu'on trouvera quelques indices là-dedans sur leur campement ou quoi... on sait jamais..."

C'était une pensée certes un peu trop lucide pour les circonstances, mais le fruit de son implacable concentration dont elle ne cessait de faire monstration depuis quelques minutes. Oh, sans doute qu'elle s'effondrerait mentalement une fois arrivée au campement, mais jusque là, elle ne voulait pas perdre prise.

La suite de cette aventure sera sans doute mieux conté par les protagonistes partenaires, mais leur chemin les mènera irrémédiablement vers le campement, en un seul morceau, elle l'espérait.

[Sortie du Jeu]

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 20 Juin - 16:19
Essayant d'aider Brooks à relever Samuel, bien qu'en comparaison du gabarit du motard, je ne dus pas être d'un grand secours, j'emboîtais le pas à Elizabeth quelques secondes plus tard, la laissant ouvrir notre marche vers l'étage supérieur, en plein pistage de la traînée d'hémoglobine qui pouvait potentiellement nous mener vers une autre issue. Placée entre la jeune femme et le duo de mâles claudiquant, je ne cessais de jeter des regards inquiets sur nos arrières, craignant que les infectés à nos trousses ne finissent par nous rattraper alors que note vitesse de progression se voyait considérablement ralentie par la blessure de Samuel, bien que l'homme n'était pas à blâmer.

Mes noisettes se portèrent durant quelques secondes à la contemplation de la trace ocre de fluide vital s'épanchant sur le sol carrelé, au milieu de quelques débris de verres et de nombreux détritus divers reposant ça et là dans un chaos qui ne laissait que bien peu d'indices quant au déroulement de ce qu'il avait pu se produire ici. Mon imagination se laissa malgré tout porter et emporter par la multitudes de patronymes de mômes étiquetés au-dessus des rangées de patères longeant les murs du couloir. Reliques de vies et d'espoirs d'avenir emportées par une mort abjecte, peut-être même par les visages familiers de proches, parents ou instituteurs mués en monstres cannibales, abusant d'une confiance et d'une image rassurante chez les jeunes élèves pour mieux les dévorer ensuite, les convertir à leur conditions, les damner à une errance morbide et éternelle.

Je secouais la tête en fermant les yeux, chassant ces images projetées tout droit issues de mon imagination pour me concentrer sur ma tâche de guetteuse. Liz' assurait nos devants, je me devais d'assurer nos arrières. Ne relâchant pas ma préhension sur mon arme improvisée, je tendais l'oreille vers la cage d'escalier et le trajet que nous avions parcourus pour tenter de discerner les grognements rauques et torturés des corps décharnés de nos poursuivants, au-delà des souffles des deux hommes. La voix de Seth crachée depuis le talkie d'Elizabeth m'arracha un sursaut de surprise apeuré, trouille qui s'amplifia lorsque les mots de l'homme et leur sens atteignirent enfin mon esprit. *Un problème médical ? Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?* L'inquiétude me gagna. Avaient-ils trouvé Matthew, blessé et agonisant après avoir trouvé son arbalète dans le même état ? Avaient-ils été blessés ? L'un d'eux avait-il fait un malaise ? Autant de questions qui resteraient visiblement sans réponse, Seth n'offrant aucune autre information.

Je me fis la remarque que les communications à distance n'étaient foutrement pas notre fort. Beaucoup de choses par ailleurs ne semblaient pas être notre fort, à l'exception de nous retrouver toujours plus profondément enfouis dans des emmerdes de plus en plus conséquentes. J'espérais de tout cœur qu'ils avaient réussi à trouver Matthew et le ramenaient vers le campement, avant de me raisonner non sans abattement. *Ils nous l'auraient dit s'ils l'avaient trouvé... Pour ne pas nous laisser chercher en vain...* Je maudissais cette poisse qui semblait nous coller aux miches. Quand est-ce que nous parviendrions enfin à nous rendre maîtres d'une situation, plutôt qu'en être les simples victimes ? Et à quel prix ? Assaillie par le doute, la peur et l'incompréhension, je prêtais à peine attention à la progression de Liz' juste devant moi, ne pouvant m'empêcher, entre deux œillades vers nos arrières, de chercher le regard de Samuel, puisant dans sa condition physique pour me rassurer que cela pourrait être bien pire pour moi, que je pourrais être bien plus mal en point. J'adressai même un maigre sourire d'encouragement à l'homme malgré tout, qui devait paraître bien fade et effacé en réalité ; mais je n'avais guère le cœur ni la force de faire plus.  

Déjà j'appréhendais notre retour au camp, probablement plus misérable et lourd de conséquences que la veille encore. Comme réagiraient Clark et Calvin face à la disparition de leur leader ? Pire encore, comment réagirait Ricky ? Comment parviendrions-nous à le canaliser ? A l'empêcher de commettre une erreur irréparable ? Putain... Au-delà de tout ce qu'il avait pu faire pour nous, l'aide précieuse qu'il nous avait apportée, je maudissais Matthew de s'être montré si distant et si égoïste ; si protecteur qu'il en était devenu indispensable pour l'équilibre de tous. Avait-il un jour seulement envisagé qu'il pouvait faillir, disparaître ou mourir sans que nous ne connaissions le même sort, nous laissant livrés à nous-mêmes, à devoir apprendre à affronter de par nous-mêmes tout ce qu'il avait craint de nous laisser confronter ? Et encore plus Ricky ? *Quel enculé ce Matthew...* le blâmai-je intérieurement.

Ce fut l'intervention orale de Liz' qui m'arracha à mes questionnements intérieurs, et mon regard se porta presque immédiatement sur le sac à dos en piteux état mais visiblement bien chargé qu'elle venait de trouver sur ce demi-palier d'escaliers. Comment était-on arrivés-là putain ? J'avais beau chercher à me souvenir de notre trajet, je me rendis compte que la profondeur de mes interrogations avait laissé dériver mon esprit bien loin de la situation présente. Je me contentais donc d'opiner du chef à sa remarque, lui offrant un acquiescement silencieux pour toute réponse, avant de finalement reprendre notre descente vers le rez-de-chaussée et la cour de l'école.

Me concentrant enfin sur notre progression, je laissais Brooks et Samuel passer devant moi, à la suite d'Elizabeth, afin de fermer la marche et assurer mon rôle de manière plus efficace. Et si les grognements des zombies présents à nos trousses – ou non  d'ailleurs –  se laissaient toujours percevoir quelque part dans l'enceinte du bâtiment, je ne remarquais aucun visage ou corps décharnés dans notre environnement immédiat. Je suivais la descente laborieuse des quelques étages en m'accrochant au pied-de-biche, bien résolue à m'en servir à nouveau pour défendre ma vie et celle de mes compagnons du moindre danger qui pouvait débouler. Chaque pas, chaque marche franchie me rapprochant de la sortie, de la cour, et du campement par extension, accentuait cependant ma fatigue. Physique et mentale. Constamment aux aguets, à redouter chaque angle et recoin, chaque obstacle et chaque découvert. Seuls mes nerfs portés à vif et cette nécessité de ramener mes trois compagnons au campement m'empêchaient de céder à mon envie de simplement m'asseoir ici, me poser quelques minutes et sombrer dans un profond repos.Je sentais la lourdeur de mes paupières peser jusque sur mes épaules, s'ajoutant encore à la culpabilité et l'angoisse qui ne cessaient de me ronger à chaque seconde écoulée.

Lorsque nous sortions enfin à l'air libre mais nauséabond, je portais mes yeux sur la lisière de la forêt s'étalant au-delà du grillage éventré. Promesse d'une sécurité toute relative et d'un repos agité dans l'enceinte du campement. Je laissais vagabonder mon regard sur le campement militaire à l'abandon, les tentes avachies ou déchirées, l'absence de toute autre trace de vie. Je poussais un long soupir en percevant toujours les râles morbides émanant de l'école qui nous pressaient de continuer sans prendre une quelconque pause. Je m'approchai de Samuel et posai ma main gauche libre dans son dos.

“Tiens le coup. On y est presque,” tentai-je de le rassurer avec un mince sourire, même si ces quelques mots s'adressait à tous et moi-même au-delà de leur destinataire originel. Baissant mon pied-de-biche pour le laisser pendre au bout de ma main droite, le long de ma cuisse, je me plaçais aux côtés d'Elizabeth, cherchant le regard de la jeune femme de mes prunelles fatiguées.

“Je vais nous conduire jusqu'au campement,” l'informai-je d'un ton las, fermant les paupières quelques instants en marquant un long silence en laissant le magnétisme ambiant se frotter à mon “sixième sens” qui me guiderait une nouvelle fois dans cette forêt à l'orientation aveugle.
[Sortie du jeu]

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Sam 20 Juin - 22:09
Sans plus de discours, les deux jeunes femmes prirent la décision de cheminer vers l'étage supérieur, Brooks n'aurait put en avoir conscience, mais pour Samuel, à peine capable de se tenir sur ses jambes et plus du tout en état de réfléchir normalement ou de parler, c'était une bien sage décision puisque, pour avoir put entendre ses assaillants mettre le bordel avant de faire un boucan du diable avec l'échange de coup de feu, il était on ne peut plus évident que cet étage était vide de menace décharnée.

Quoi qu'il en soit, les deux hommes, ou simplement le costaud entrainant le gringalet, se lancèrent à la suite de Ivy et Elizabeth. Là, le barbu ne fit que peu de manières pour éviter d'être trop ralenti par le canadien, compressant légèrement le buste de ce dernier pour le soulever et éviter une ascension à cloche-pied.

Trop crevé pour protester ou avoir bien conscience de ce qu'il se passait, le fin bonhomme ne l'était encore pas assez pour juste se laisser aller sans réagir, et surtout en sentant brusquement le sol se dérober sous ses pieds pendant que son souffle diminuait de lui-même. Légèrement paniqué par ces troublantes sensations, il moulina un peu des jambes et remua le bras droit, manquant presque de cogner son fusil d'assaut sur la rambarde, ce qui aurait put conduire à quelque chose d'encore plus emmerdant, qu'il lui glisse des doigts et aille rejoindre le rez-de-chaussée.

Un peu vif mais sans le moindre désir de blessé celui qu'ils étaient venus chercher, l'armoire à glace cogna un petit coup dans le bide de l'éclopé afin de lui remettre les idées en place.


"Pas de stress. Regarde moi, reste réveillé et relax !"

Lorsque le regard des deux hommes se croisèrent, furtivement, Brooks put s'apercevoir d'un certain mépris de la part de Samuel, une grimace quasi-instinctive, voyante, ostensible, bien loin de son attitude neutre et ses façades bien contrôlées. Cependant, l'instant d'après, cela s'en était allé, il n'était plus que le pâle trentenaire a la mine fatiguée, préservant tant bien que mal sa conscience en se concentrant sur son infirmier du jour.

Fort heureusement, il sembla retrouver un certain calme, à moins que la fatigue n'ait finit par terrasser ses sens et ses instincts de survie. Rapidement, ils se retrouvèrent dans le même couloir qu'il y a quelques instants, et, à nouveau sur leurs trois jambes, l'avancée se faisait toujours plus rapide. Tout au plus Samuel se fit-il remarquer en ricanant brièvement lorsqu'ils passèrent sur le verre brisé, souvenir fugace de la folie qui l'avait enhardi et offert la chance de repousser ses adversaires. Ce sera hélas le seul signal qu'il put donner pour assurer de sa conscience puisque c'est à peine si il sembla distinguer Ivy et son faible sourire, à contrario, Brooks lui rendit le sien, sans joie, mais empreint de bien plus de force et d'énergie que la petite intello à peine moins éreintée que le blessé.

Lorsqu'ils émergèrent enfin du couloir, Samuel eut un soubresaut, peut-être conscient du changement d'air, il n'en fut hélas pas plus rapide ou agile pour descendre ces nouvelles marches, forçant donc le duo à perdre un peu de vitesse.

Un peu plus bas, de tout ce que le duo put faire vis à vis du mort, du sac à dos et de la réplique d'Elizabeth, ce fut un hochement de tête pour le fort et un baragouinage du faible... A l'encontre du cadavre... Et c'était sans aucun doute du français vu la sonorité du son babillage. Quoi qu'il en soit, ils n'avaient pas l'air de faire trop de cas du fait de chiper un sac à un mort. Au contraire, cela aurait même put paraitre providentiel pour l'esquinté si il avait put y réfléchir.

Finalement, un bon indice indiqua que le pauvre type avait finalement atteint un point critique de fatigue et de semi-conscience en ne montrant aucune réaction à la sensation de la main d'Ivy dans son dos, suivis d'un regard hébété sur cette dernière, ses paroles ne lui arrivant que difficilement, comme si le sommeil lui-même tentait de le tirer dans une dimension parallèle qui ne devait pas laisser passer toute cette lumière, tout ces sons.

Et c'est bien pour cela que son armoire de glace de coéquipier lui claqua un peu le visage pour le maintenir suffisamment alerte. Heureusement pour eux tous, ce petit manège ne se révéla finalement vain que lorsqu'ils furent quelques peu enfoncés dans la forêt et que le gringalet rendit finalement sa dernière lueur de conscience avant de s'évanouir. Là, après avoir calé son pistolet derrière sa ceinture et le fusil bien dans ses bras, il fut tout simplement porté jusqu'au camp... A se demander comment aurait put se finir le voyage sans monsieur Thornton.


[Fin du jeu]

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 23 Juin - 13:37


Excursion Validée



Récompense :

Les survivants ont trouvé un Petit sac à dos à recoudre, une Ration de nourriture & une Boite de munitions gros calibre.

Les Scénaristes
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