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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

La tente de Samuel - 17/01/35
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Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 23 Juin - 15:39
Interprété par Samuel Freeman & James Everett.

Finalement, l'équipe de sauvetage s'en était revenu et, avec autant de soulagement que de surprise, Samuel avait été ramené, inconscient, pour être déposé dans sa tente personnelle, bien à l'écart des autres, avec le peu de matériel qui lui appartenait et auquel il continuait plus ou moins à s'accrocher dans son sommeil, ses deux jolies pétoires luisantes qu'il allait bien sur vouloir garder envers et contre toutes les instructions à propos du partage du matériel.

Aucun doute que si il avait été un peu secoué, il aurait surement put ouvrir un œil, bailler et se remettre sur ses guiboles pour être soigné, pour manger, boire, mais vu la nuit qu'il avait passé et son expérience supposée d'échanges de coups de feux, on le laissa simplement encore dormir un peu jusqu'à ce que quelqu'un n'aille complètement s'occuper de lui, tôt ou tard, sachant qu'il n'était pas le seul blessé qui avait été ramené de l'expédition.

Pour autant, il n'en demeura pas si "inactif" et montra des signes de sommeil paradoxal suivies de nombreuses paroles désaccordées et sans sens, que ce soit en anglais, en français ou en espagnol, ce pourquoi il avait pensé bien plus judicieux d'établir sa tente à l'écart. A contrario, il ne montra pas plus d'agitation que d'autres nuits malgré sa fièvre, bien visible à sa transpiration malgré la température encore fraiche de la journée.

Quoi qu'il en soit, il fut difficilement déposé dans sa tente tunnel et ses armes écartées de ses mains et fourrées dans un coin qu'il ne risquait pas de fouiller avant son réveil. Malgré son teint pâle, sa fatigue et son estomac bien vide, il ne parut pas en danger immédiat tant qu'il pouvait se reposer et être soigné, même avec les moyens du bord. Il aurait bien l'énergie de faire savoir son désir de boire et manger si il commençait à vraiment en ressentir le besoin.

A cet endroit, il ne fit rien d'autres que comater, rattrapant son éprouvante nuit blanche en la revivant par l'intermédiaire de brumeux cauchemard dont il était toujours bien difficile de comprendre le sens malgré ses nombreuses exclamations, sans aucun doute à cause de l'intervention d'autres terribles évènements qui rendaient déjà ses nuits agitées.

Ainsi, à moins d'avoir été laissé six heures sans dérangement, le jeune homme ne se sera pas réveillé de lui-même, ne sera pas sorti de sa tente et ne se sera pas non plus arrêté de garantir à quiconque passant non-loin qu'il était toujours vivant et bien bruyant.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 25 Juin - 21:51
Des heures, au moins, si ce n'est bien plus, c'est le temps qu'avait passé James, là, au dehors et seul. Le coup de feu qu'il avait voulu tirer pour se faire exploser le crâne n'était pas parti, il n'avait en finalité pas osé mettre fin à ses jours. Par incapacité à se donner la mort, par abandon ou peut-être à cause d'une lueur d'espoir apparue du tréfonds de son âme, difficile à dire. Cela ne l'avait pas empêché de prendre des risques loin de l'aura protectrice du camp et là-bas, au cours d'une longue et interminable marche qui l'avait amené à un arbre puis à s'insinuer plus à l'intérieur de la forêt sans trop se risquer à se perdre, il s'était retrouvé avec lui-même.
Il aurait été plus approprié de parler d'une prise de conscience ou d'une intense réflexion, mais à la vérité il avait passé du temps à demeurer figé et à ressasser, tout et rien. Les pertes et les peines, la douleur de ce qu'il n'avait plus et la frustration de s'être enfermé à ce point, jusqu'à laisser Elizabeth, Ivy et les autres partir sans les suivre et affronter une mission de sauvetage incertaine d'où ils pourraient ne pas revenir. Il s'en était voulu, il en avait voulu à la vie, à tout, à tout le monde et puis, au bout d'un moment, ce furent les larmes qui exprimèrent sa souffrance.

Le reste, il le gardera en secret pour lui-même. Quoi qu'il en soit la silhouette de James revint à proximité du camp, portant toujours sa veste en cuir noire et son jean bleuâtre, Il ne pleurait plus, ne s’apitoyait plus, il en avait assez de rester enfermé sur quelque chose qui avait prit fin. Des réponses il n'en avait pas trouvé et n'en trouverait jamais mais tant pis, ce qui lui importait alors était de cesser de penser à ce qui lui faisait mal et revenir au camp, en espérant retrouver tout le monde sain et sauf, Elizabeth et Ivy peut-être plus que les autres, faute au lien qu'il avait commencé à tisser. Il espérait aussi, à moindre mesure, qu'ils ne lui en voudront pas trop pour s'être débiné. Oh il avait conscience d'avoir été ridicule et lâche, il l'avait été à l'aéroport, il l'avait été au départ de la mission de sauvetage et si dieu avait consenti à les ramener, il ferait tout ce qu'il pourrait pour racheter ses fautes.
S'approchant du panneau poussiéreux d'entrée du motel en ruines, signe d'entrée du campement, son coeur s'accéléra et sa respiration devint plus sensible, ses yeux bien ouverts scrutant le moindre signe positif ou négatif répondant à sa crainte de retrouver les autres et la façon dont il les retrouveraient. Abordant la dernière voiture qui faisait barrage coté sud, il appuya le pas à mesure que ses incertitudes allaient prendre fin à propos du sort du groupe et se surpris même à sprinter littéralement en passant le panneau, s'insinuant dans le campement en regardant à droite à gauche, puis en poursuivant sa foulée rapide vers la caravane, point de repère de leur lieu de vie sans murs.

Il frappa à la porte en appelant Clark, la personne la plus probable à trouver ici, mais ce fut Calvin qui ouvrit. Les yeux craintifs et curieux de James tombèrent sur la silhouette d'un jeune homme, allongé sur un lit de camp. Un jeune homme qu'il reconnaissait être ce Doug, arrivé l'avant-veille. Fronçant les sourcils, il observa Calvin, triste et soucieux, qui sorti en fermant la porte de la caravane, pour enfin éclairer James sur ce qu'il s'était passé. Le coup fut dur à digérer, Matthew qui avait disparu, son arbalète ensanglantée, la blessure de Doug par un infecté et Samuel, part balle. C'était un fiasco, le type de débâcle dont on ne pouvait blâmer personne tant elle était inévitable. Le médecin s'empressa de lui demander comment allait les autres et fut soulagé d'apprendre qu'ils allaient bien, qu'Ivy et Elizabeth allaient bien. Il s'en voulait d'avoir l'impression de donner plus d'importance à la vie de certains par rapport aux autres mais c'était plus fort que lui, si bien qu'il ne tarda pas à manifester sa volonté d'aider et signifia à Calvin à quel point il était désolé.
Avec son accord, il demanda à Clark le kit de chirurgie qu'il avait déjà vu dans les stocks et s'en muni pour rejoindre le seul qu'il pouvait aider, Samuel, dans sa tente. Pour Doug, c'était horrible mais il ne pouvait rien faire, il le savait pertinemment. Il n'avait jamais pu sauver quiconque avait été blessé par un rôdeur, même avant de perdre son précieux savoir, seulement assister à leur mort et cela il n'avait pas besoin dans ce contexte. Samuel avait plus besoin de lui que quiconque, il prendrait le temps d'aller voir Elizabeth et Ivy plus tard, en espérant ne pas être jeté par l'une et l'autre, bien qu'il comprendrait sûrement ça vu son comportement. Atteignant la tente en retrait des autres le kit sous le bras, il vint saisir un des deux pans d'ouverture de la tente pour jeter un oeil à l'intérieur, puis s'y glissa. Samuel avait les yeux fermés et semblait endormi, si ce n'était des mots qu'il prononçait dans une autre langue, de l'espagnol ?

Au moins il était toujours en vie et c'était un premier bon signe, le reste dépendrait sans doute de lui et il allait devoir faire de son mieux, se concentrer complètement à cette tâche pour ne pas penser. Se mettant accroupi près de Samuel, de toute façon la petite tente ne lui laissait guère plus de place, il vint secouer légèrement l'homme pour le réveiller. Non qu'il ai besoin qu'il soit éveillé pour le soigner mais il ne voulait pas le surprendre en le manipulant ou en réveillant la douleur, ce pourrait être une bien mauvaise chose. Il préférait faire les choses en bonne et douce forme.

« Samuel ?... Samuel ? » Il attendra qu'il émerge avant de poursuivre. « Salut, moi c'est James. On ne se connait pas vraiment mais on s'est déjà souvent croisé, je suis médecin. Comment tu te sens ? »

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Ven 26 Juin - 21:11
Doucement, les traits du canadien s'apaisèrent lorsque James vint l’appeler et le secouer. Il lui fallut pourtant un bien long instant pour entre-ouvrir les yeux et se permettre d'observer celui qui l'avait sortis de ses tourments. Lorsqu'il perçut enfin l'identité de son visiteur, il laissa ses paupières se refermer avant de bailler longuement, sans bruit, tout en couvrant sa bouche à l'aide du dos de sa main droite.

Ceci fait, il reposa son bras le long de son corps et ouvrit grand les yeux après quelques clignements rapides pour dissiper les embryons de larmes autant que cette sensation de regard embué qui le prenait à chaque réveil. C'est à cet instant que le toubib se présenta avant de lui poser la question à laquelle il s'attendait bien.

Et... C'est un peu étrange, mais Samuel ne trouva rien à répondre sur l'instant qu'un début de rire, bien vite réprimé avant grande force, jusqu'à se boucher le nez pour s'empêcher de s'élancer sur un fou rire qu'il savait parfaitement inopportun. Dans son esprit fatigué et chamboulé se battaient tant de questions sérieuses, d’inquiétudes légitimes, mais à cet instant, il n'y avait plus que ce souvenir bidon. Malgré tout, il trouva rapidement la force de se reprendre, suffisamment pour parler en tout cas, hoquetant de temps à autres dans ses efforts pour retenir sa légèreté qui ne ferrait sourire personne :


"Désolé... James. C'est... C'est vraiment nul de ma part. J'te raconterais un de ces quatre, peut-être un jour où on pourra tous rire. Hem..."

Sur ces excuses, il retrouva tout son self-control mais pas son fin sourire. En conséquence, bien que sa réplique suivante retrouva ce ton neutre qui lui sied tant, une certaine touche de positivité perdura dans l'air, comme une aura de joie tentant de s'infiltrer dans toute la noirceur qui les entourait lors de cette journée trop mouvementée.

"Ça va. Ma cuisse me fait toujours mal mais tant que je ne bouge pas, ça le fait. Par contre... Tiens, tu peux regarder dans le coin là ?"

Sans se redresser ni même regarder, il leva son bras gauche pour designer le bout de la tente et plus particulièrement "le coin là" où trainaient quelques bricoles, des feuilles griffonnées, un stylo, un briquet, l'une ou l'autre photo, cartes de portefeuille et même quelques billets dollars noircis, mais surtout, une grande bouteille d'eau pleine et un truc quelconque à grignoter.

"Je meurs de soif, j'ai rien avalé depuis hier soir et c'est à peine si j'avais dormis. D'ailleurs..."

Ce coup-ci, il redressa un peu la tête, renifla, puis ramena sa main gauche vers sa chemise et en souleva le col avant de renifler à nouveau. Sa tête retomba alors sur son frêle oreiller avec une légère grimace gênée.

"J'suis pas aussi désolé que j'en ai l'air, mais promis, j'me décrasse dès que je tiens debout."

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 30 Juin - 0:11
Samuel eu un réveil difficile et ça se comprenait, c'était déjà un miracle qu'il puisse ouvrir les yeux après la soirée et la nuit qu'il avait passé, ce qui comptait dès lors était d'effacer au plus vite tout cela de son corps, à défaut de pouvoir le faire pour son esprit. Du réveil suivi une prise de conscience de ce qui entourait Samuel, puis un rire. La dérision était d'une certaine façon signe de bonne santé mentale. James se laissa prendre au jeu en souriant quelque peu, à peine, juste de quoi ne pas paraître froid ou insensible aux émotions de son vis à vis, bien que les choses ne s'y prêtaient en effet vraiment pas.

« Mieux vaut rire que pleurer dit-on, alors je ne vais pas t'en vouloir, surtout que ce n'est pas moi le blessé ici. » Répondit-il d'un ton franc, qui ne recherchait aucune complication.

Observant attentivement ses réactions, plus pour son rôle que pour son vouloir, il écouta sa demande et tourna la tête vers "le coin là" que désignait Samuel, scrutant les bricoles avant de revenir à lui, puis déposa son kit de chirurgie et s'éloigna d'un pas chassé demeurant accroupi pour fouiller le tas que le survivant semblait accumuler pour x raisons, des raisons aussi rationnelles qu'il pourrait après tout lui-même en faire autant. Récupérant la bouteille d'eau pour le désaltérer et les fameux trucs à grignoter, ce qui ne serait pas mauvais pour son patient, il revint d'un nouveau pas chassé et lui tendit la bouteille, posant le reste à coté.

« Laisse tomber le bain au lac pour l'instant, on va déjà essayer de voir dans quel état est ta jambe et la soigner. Mais hum... tu vas devoir retirer ton pantalon pour que je puisse examiner ta cuisse. »

Il n'était pas vraiment gêné de le lui demander, il devait pourtant en avoir l'habitude puisqu'il avait été médecin, mais il ressentait l'impression étrange et désagréable de ne pas avoir exercé depuis des années, comme si il redécouvrait la médecine et le rapport aux patients après quinze ans d'inactivité. Tout ne lui était pas encore revenu, il avait beaucoup à rattraper, bien des connaissances qui refusaient de se manifester à nouveau dans son esprit, cependant il espérait en avoir encore assez pour soigner Samuel, mais ce qui lui trottait le plus dans la tête n'avait rien à voir avec des instruments et des produits...
L'épisode du semi-remorque lui revenait en tête sans arrêt depuis qu'ils étaient arrivés au camp. Il se souvient de ce moment où il avait porté la main sur le front ouvert de Calvin. Ce qu'il s'en rappelle, c'était cette énergie qui l'avait parcouru, comme un électrochoc et cette répulsion qui l'avait envoyé fesses à terre sur le sol du conteneur. Et la plaie de Calvin, disparue. Il avait été tellement absorbé par ses doutes et son illusion d'un rêve, qu'il n'avait pas vraiment cherché à retenter l'expérience depuis. De ce qu'il savait, certains avaient des... pouvoirs ici. Envers et contre toute logique, ce qu'il s'était passé à l'arrière du semi-remorque s'en approchait, il ne pouvait pas le nier. Ce serait peut-être l'occasion d'en avoir le coeur net, pour lui et pour la jambe de Samuel.

« Je suis vraiment désolé Samuel, j'aurais du être avec vous là-bas... je ne sais pas si j'aurais fait la différence, mais j'aurais pu être là. J'espère pouvoir me racheter auprès de vous tous un jour. »

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 30 Juin - 16:59
La bouteille et les trucs trop gras, trop salés, trop sucrés déposés à ses côtés, Samuel ne laissa pas s'écouler la moindre seconde avant de saisir la bouteille d'eau et d'en dévisser le bouchon. C'est alors que James lui confiait que la douche était aussi facultative que ne l'était pas le fait de pouvoir être soigné sans tomber le pantalon qu'il s redressa sur son coude droit. Ainsi redressé, l'ex-commercial observa le toubib silencieusement, le regard neutre, pas absent, comme si le silence ainsi installé devait signifier quelque chose.

Et puis, brusquement, il lui répondit, simplement et toujours avec cette touche de jovialité limite dérangeante :


"Oui, bien sur. Juste, une seconde..."

Bien sur, il n'attendait pas là la moindre autorisation et s'imaginait mal pourquoi le médecin pourrait lui proscrire toute hydratation avant d'être observé, et c'est bien pourquoi il amena le goulot de la bouteille à ses lèvres pour faire couler un peu d'eau dans sa bouche. Cela dit, bien que réellement assoiffé, il pris soin de boire doucement et par petite gorgée avant de reposer la bouteille et refermer le bouchon.

Alors rallongé, le jeune homme mis les mains à sa ceinture en cuir, la défaisant sans mal alors qu'il pivotait des pieds pour ôter ses chaussures de villes, fort salies et même limite sur le point de s'ouvrir en deux vu leur tête. Il était en train d'ôter sa jambe droite de l'habit lorsque James présenta de bien étranges excuses, venue de nulle part... L'espace d'une seconde, son esprit se laissa bien tenter par l'idée qu'il avait émergé dans un univers parallèle ou lui-même avait déjà fait des remontrances à ce pauvre homme, et puis, la seconde d'après, il se mit à y réfléchir.


"La seule chose qui pourrait vraiment faire la différence, c'est de se trouver dans un monde normal. Tu peux m'aider pour la jambe gauche ? J'ai pas trop envie de la remuer si ce n'est pas nécessaire."

Cette fois, il fit même l'effort de se redresser presque à l’équerre, soutenant son buste avec ses mains posées sur son épais sac de couchage. Malheureusement, même de cette position, impossible de juste saisir le bout de la jambe de pantalon pour la faire glisser, et c'est bien pourquoi le canadien demandait encore de l'aide à son comparse. D'autres part, l'idée de se trouver en caleçon n'avait pas vraiment l'air de le chiffonner, comme quoi, ce ne sont pas forcément ceux qui s'habillent plus distingués qui sont les plus pudiques... A moins que Samuel ne soit qu'une exception bien sur.

Quoi qu'il en soit, soit il laissera James s'occuper de finir de lui ôter son pantalon, soit, finalement, il s'en occupera, doucement, mais dans tous les cas, il reprendra doucement la parole, poursuivant sans aucun doute sa réponse commencée l'instant d'avant, mais en ayant un ton parfaitement neutre cette fois, un retour subtile mais notable au sérieux :


"Là-bas, c'est moi qui aurait dut faire la différence. Je suis sur que j'ai vu ces salauds de loin, préparer leur embuscade. J'ai bien prévenu Matthew mais on ne pouvait pas perdre du temps à aller voir et risquer l'escarmouche dans la forêt, sans visibilité.

Et si j'avais de nouveau eu toutes ces années entre mes mains, avec ce fusil, j'en aurais descendu bien assez pour qu'ils repartent en murmurant mon nom. Et enfin, si j'avais été plus habile, mes deux jambes seraient intacts.

Crois moi, James, on dit que les absents ont toujours tort mais il faut être aussi suicidaire que téméraire pour penser que n'importe quel risque d'échec vaut bien une tentative. Il faut juste savoir faire la part des choses, et surtout... Eww..."


Il se stoppa juste quelques secondes, observant son bandage et tâtonnant sa cuisse, au dessus de la blessure, sans vraiment appuyer dessus. Visiblement, le visuel lui plaisait de moins en moins à mesure qu'il reprenait totalement ses esprits. Puis il releva le regard vers le toubib avec un air un peu désolé.

"Pardon. Quoi qu'il en soit, tu es là, tu ne t'es pas enfuis du camp, tu ne t'es pas pendu, c'est une bonne chose. Après les départs, les morts, c'est une bénédiction d'avoir quelqu'un qui a de l'espoir. Crois moi, on ne culpabilise pas lorsqu'on a plus d'espoir... Et les gens se sentent bien mieux lorsqu'on partage nos espoirs avec eux, pas nos culpabilités.

Nos peurs, nos regrets et nos erreurs, ça ne se livre qu'en temps de paix ou cela s'emporte dans la mort."

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 4 Juil - 14:46
Je demeurais là, aux cotés de Samuel qui se restaurait, il semblait assoiffé et je le comprenais plus que bien. L'individu aux allures de bureaucrate en cessation d'exercice forcée ne montrait pas de difficulté à se déshabiller, ce qui faciliterait grandement les choses, en tout cas pour lui. Je venais l'aider à se défaire, terminant de lui retirer les chaussures en les déposant un peu plus loin et tirant sur le pantalon au niveau des genoux en le laissant le repousser plus en haut de ses propres mains. Une fois le vêtement retiré, je pouvais contempler la fameuse blessure et le moins que je pouvais penser était que la vue de ce bandage sale, imbibé de sang, était la devanture d'une très vilaine plaie.
Savoir qu'il avait passé la nuit dans cette école avec une tel trou dans la cuisse, je n'imaginais pas la frustration et la douleur qu'il avait du ressentir, je ne pense pas être pressé de le savoir, mais ça c'est autre chose. Il me répondit pendant que je retirais ma veste, non que j'avais particulièrement chaud mais je serais beaucoup plus à l'aise dans mon tee-shirt gris simple pour travailler, ou ce qui se rapprochait d'un travail, mon - ancien ? - travail. Samuel disait les avoir aperçu, qu'ils n'avaient pas prit de risque. Est-ce qu'ils auraient pu mieux s'en sortir en réagissant d’emblée à la menace dans la forêt ? Franchement, qui viendrait leur faire des commentaires à ce sujet ? Certainement pas moi et quiconque avait un grain de jugeote ne le ferait pas. Il y avait de toute façon de fortes chances que les choses se soient passées plus mal encore si ils avaient agit autrement.

A sa façon, il entendait que je n'aurais rien pu faire de plus et pour le coup il avait mille fois raison, sans qu'il y ai besoin de l'essayer. Des fusils d'assaut, des rôdeurs partout, pris en sandwich des deux cotés, je serais bien présomptueux de croire que j'aurais vraiment pu faire la différence, faire mieux. Même si j'avais été orgueilleux, je ne pense pas que j'aurais cru pareille chose, il faudrait être stupide de croire qu'en l'état n'importe qui d'entre nous aurait pu faire mieux. C'était déjà un miracle qu'ils soient revenus vivants, enfin... presque tous, malheureusement.
Je commençais à examiner de plus près la cuisse, défaisant le bandage délicatement pour ne pas trop réveiller la douleur. J'étais en train de faire le tour de la cuisse en m'aidant de mes deux mains pour retirer le bandage quand il acheva ses mots en touchant Le point sensible : je m'étais enfui du camp, j'avais voulu me pendre et j'avais abandonné tout espoir, plutôt deux fois qu'une même. Et quand bien même je n'étais pas allé jusqu'au bout, ce serait une traîtrise de lui faire croire - de leur faire croire - qu'il en avait été autrement.


« J'aimerais bien te dire que tu dis vrai, mais c'est faux Samuel, tu te trompes à mon sujet. »

James terminait de retirer le bandage et le plia sur la partie la moins salie pour appuyer avec celui-ci sur la plaie, passant l'autre main sous sa cuisse pour venir constater que la balle était ressortie de l'autre coté, perforant sa chaire à l'opposé. Sa cuisse était en vraiment mauvais état et il se dit qu'avec son maigre équipement, il allait avoir du mal à faire des merveilles, il fallait qu'il retente ce qu'il avait vraisemblablement accompli dans le semi-remorque. Avant ça, il se devait d'aller au terme de sa pensée et d'être totalement sincère pour une fois.

« Quand les autres sont partis pour aller te chercher, toi et Matthew, j'étais là. Je les ai regardés s'en aller, je les ai vus partir droit vers le danger avec la possibilité que tous ne reviennent pas. J'aurais pu me décider et y aller, je voulais le faire et j'aurais du le faire, mais je ne l'ai pas fait, j'ai préféré me convaincre que je n'étais qu'un bon à rien, c'est ce que j'ai été à ce moment là. Un bon à rien qui avait perdu ceux qu'il aimait à l'instant même où il était revenu sur terre et qui n'a pas trouvé de meilleur solution que de prendre le Beretta qui était resté dans la caravane, de se planquer derrière le camp et de se mettre le canon dans la bouche. »

Il se redressa quelque peu en gardant le bandage appuyé sur la plaie de Samuel, levant les yeux vers lui, expressifs de la triste réalité.

« J'ai voulu me tuer, j'avais abandonné. Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout et je suis sorti du camp avec l'intention de mourir seul, très loin. J'ai passé un moment du coté de la forêt et j'y suis resté des heures, à me demander si j'allais me faire exploser le crâne pour être sûr d'y rester, si j'aurais le cran de prendre la route en solo, ou pas. J'ai pas réussi à aller jusqu'au bout encore une fois.

Crois-moi Samuel, je ne suis pas un exemple d'espoir ou de conviction, je ne l'ai pas été une seule fois depuis que je me suis réveillé allongé sur ce parking avec Seth, Elizabeth et le pauvre Jared. Juste un type qui refusait de reconnaître que tout avait foutu le camp et que je m'étais bien éveillé dans la réalité. C'est ça la vérité. Au sport de la survie tu t'en es mieux sorti. »


Il sourit en coin, quelque peu, assez tristement mais d'une ironie qui avait bien sa place dans la folie qui les entourait. Revenant à son oeuvre, il retira le bandage et le posa au sol, avant de venir appliquer sa main droite sur la plaie du dessus et la main gauche en dessous, maintenant tout près de Samuel, penché et sa cuisse tenue entre ses mains. Il se remit à le fixer brièvement avant de se concentrer sur l'origine du mal.

« Je vais essayer quelque chose, faut que tu me fasses confiance. Il ne t'arrivera rien de pire qu'une cuisse percée de toute façon et si on est pas aidé par un miracle, ta jambe pourrait s'infecter malgré les soins et finir par pourrir. T'inquiètes pas, je suis mauvais survivant mais je m'en sors bien pour les rafistoler. »

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 5 Juil - 19:04
Laissant au toubib le soin d'examiner la plaie, Samuel demeura aussi immobile que possible malgré une désagréable sensation de chatouillis mêlée d'une légère douleur, grandissante à mesure que le bandage se desserrait de sa cuisse. Quelques part, bien que le monologue de James sembla pas mal le préoccuper, il se rallongea doucement et, tout en l'écoutant monologuer.

Alors qu'il lui expliquait ce qu'il en avait été de sa situation alors que la mission de sauvetage se déroulait, ses mains vinrent à son buste et caressèrent le gilet pare-balle qui lui avait été laissé. Le jeune homme pouvait bien sentir une certaine lâcheté au niveau des attaches, donc que soit elles s'étaient desserrées au cours de sa fuite, soit quelqu'un l'avait fait avant de le laisser dormir. Quoi qu'il en soit, bien qu'il ne représentait alors plus une gène à sa respiration ni même à recevoir les soins, il le détacha lentement, assez lentement pour ne pas laisser croire une seconde à James que son attention était détournée de lui.

C'est durant la seconde partie de sa confession qu'il se redressa mollement pour retirer le vêtement et le repousser sur le côté. Là, il put se reposer sur ses coudes afin de regarder ce que faisait le doc, mais surtout, le regarder lui, observer ses mimiques, ses attitudes, ce qu'il pouvait laisser transparaitre en plus des mots.

Ceci dura jusqu'à ce que le bandage ne soit posé et que le beau gosse ne fasse quelque chose de bien étrange en appuyant ses mains sur les deux côtés de la plaie, ce qui ne manqua pas de crisper Samuel qui sentait bien là l'ancienne douleur se réveiller et lui faire savoir à quel point il était loin d'avoir une peau d'acier. Celui qui lui causait cette désagréable réminiscence tâcha heureusement de se montrer rassurant quant à ce qu'il faisait, ce à quoi ce pauvre type qui n'y connaissait en fait rien en médecine se contenta de répondre avec un léger sourire inquiet :


"Si tu le dis, je te fait confiance. De toute façon, si tu as foutu les mains dans les entrailles d'un cadavre, ce serait trop tard pour te stopper maintenant."

Comme quoi, lui, Samuel Freeman, avait bien une idée précise de comment les choses pouvaient empirer, et même si la chose avait été lâchée avec un certain humour, même teinté de cette inquiétude visible sur ses lèvres, elle n'en semblait pas moins résonner comme quelque chose qu'il a put ou aurait put connaitre.

Cependant, ses neurones se remirent rapidement en ordre et ré-initialisèrent son attitude au niveau amical. Pourquoi ? Car il était assez évident que son inquiétude n'avait que peu de sens tournée vers sa propre personne. Au fond de lui, les évènements récents ne faisait que lui confirmer quelque chose qui savait déjà et gonflait bien trop son ego pour qu'il se sente vulnérable. Non, il lui fallait parler d'autres choses que lui, et cela, il le fit avec autant de calme que possible, en choisissant ses mots avec grande minutie puisqu'il s'adressait à celui qui n'aurait eu aucun mal à lui glisser un doigt dans son nouveau double orifice.


"Ce n'est pas quelque chose de forcément bon à avouer, mais pour avoir été un meneur d'homme, même dans un bureau, et mourir seul après avoir perdu toute sa troupe, je n'ai pas connu le grand succès que j'avais espéré lorsque j'ai fait route vers le sud. Tu sais ce que je me suis dit en me réveillant ? Que si je n'étais pas mort, c'était par ce que j'avais encore bien des souffrances à endurer, pour me punir de ne pas avoir pris un instant pour culpabiliser sur toutes ces personnes disparues, même lorsque j'étais à l'agonie, à me cramponner la même cuisse que tu tiens entre tes mains. Pendant une seconde, j'ai failli désirer la mort.

Et ensuite, j'ai sentis la menotte, mais surtout, j'ai vu Ivy. Je n'étais plus seul, quelqu'un pouvait encore avoir besoin de moi, d'une manière ou d'une autre. Et je suis sur que toi, médecin, tu as du comprendre qu'il faut juste avancer, que tu te sois trompé ou que l'épreuve soit trop difficile, on doit juste faire avec. Abandonner n'est pas seulement se condamner car nous ne sommes plus dans un monde ou les vies et les connaissances peuvent se gaspiller, abandonner c'est accepter délibérément de condamner autrui..."


Là, il se stoppa, la bouche entre-ouverte. Étonnamment, il lui semblait avoir perdu le fil ou ne plus savoir comment faire avancer son idée. Il n'avait rien d'un survivant mais il était un battant et comme un vrai guerrier, il avait choisis une vie de défi. Ce point atteint, il ne pouvait qu'espérer que James ne soit pas entré dans le médical à grand coup de piston, sans quoi, il n'aurait effectivement pas grand chose à voir avec lui, qui ne devait que son lancer initial à ses prédécesseurs avant de retomber et de se mettre à ramper en dévorant ses adversaires les uns après les autres.

Quoi qu'il en soit, il demeura là, l'air juste un peu hébété jusqu'à ce qu'il ne referme la bouche et ne se décide à laisser le pauvre homme le soigner, quel que soit sa manière.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 8 Juil - 14:31
Je n'avais pas été gêné par ce que faisait Samuel pendant que je parlais, après tout il avait le droit à un peu de confort et maintenant que j'étais lancé, autant aller jusqu'au bout. A ses premiers mots de réponse, je ne pu retenir un léger rire amusé, vraiment léger mais toujours mieux que ma mine renfrognée et triste des secondes plus tôt. Il semblait prendre la vie avec un relatif fatalisme, sans pour autant se victimiser. Le fait d'accepter que je puisse avoir contaminé sa plaie ne le dérangeait pas puisqu'il n'y aurait plus rien eu à faire pour cela, mais je m'empressais quand même de le rassurer sur ce point-ci aussi en lui jetant un regard.

« Ne t'en fais pas, j'ai pris soin de ne pas faire joue-joue avec un rôdeur avant de venir te voir, je ne suis pas idiot à ce point là. »

A m'écouter, je venais de me traiter d'idiot. Tant pis et en fait pourquoi pas ? Avec mon comportement des derniers jours, je n'avais pas de meilleur qualificatif pour le résumer et de toute façon nous n'avions pas le temps ni lui ni moi de nous attarder sur ce genre de détail. Par contre, il avait su me rendre très attentif sur la suite, l'observant - de très près c'est vrai et toujours avec les mains sur sa cuisse, rendant la situation assez... étrange, quand il développa sa réponse à mes propres fautes et angoisses. Je revins à sa jambe après quoi en me rendant compte que j'étais toujours en train de le manipuler et soupirait, acquiesçant à ce qu'il avait dit, raffermissant ma prise en rétorquant rapidement pour passer à la suite : sa jambe qui attendait toujours d'être soignée.

« Je me suis réveillé en pensant que tout ça était un rêve, que j'étais sans doute déjà mort et que je me trouvais en outre-monde, probablement en enfer. Je n'avais peut-être pas de menottes mais j'étais avec des inconnus dont une me tenait en joug avec une arme chargée. J'avais choisi le déni et ça a failli coûter d'autres vies que la mienne. C'est bien que tu sois revenu aux cotés d'Ivy, c'est une gentille fille, sincère... et elle est très jolie. Il y a du bon et du mauvais partout, c'est comme le verre à moitié vide, les choses dépendent de la façon dont on les voient.

Aller, ta jambe maintenant. »


James s'étira les épaules en soufflant, comme si il se préparait à réaliser un effort physique, alors qu'il n'en était rien. Marquant quelques instants dans le vague, le regard dirigé vers la jambe blessée et les mains immobiles, il chercha... quoi ? Le déclencheur ? L'origine de cette possible capacité ? Difficile à décrire. En fait, il eu le doute à cet instant d'être à coté de ses pompes et au final, de finir encore plus idiot à avoir ainsi fait durer les soins et le suspens à tenir sa jambe pour rien.
De longs instants passèrent et toujours rien. James plissa les lèvres en grimaçant, demeurant concentré comme si il était à présent seul avec cette jambe. Il était pourtant sûr de ce qu'il s'était passé, enfin il en était presque sûr. Peut être en essayant autrement ? Il prit une grosse inspiration et ferma les yeux, en quête d'un nouveau moyen de solliciter ses sens et son investissement à ce qu'il cherchait - au hasard fallait-il le dire - à faire. Les secondes passèrent, puis les dizaines de secondes, puis la minute... quand cela le prit brutalement.

C'était incroyable et douloureux à la fois, mais elle s'était manifestée à nouveau : cette impulsion, décharge, secousse électrique et force invisible, qui le frappait de plein fouet et parcourrait son corps d'un bout à l'autre jusqu'à trouver son paroxysme dans son crâne qu'il sentait s'enivrer, comme si l'énergie qui le touchait redonnait vie à son cerveau et ses connexions... ses neurones ? Etrange et drôle formulation, mais il était compliqué de décrire l'effet que cela lui faisait, si ce n'est qu'il avait l'impression d'avoir mis les doigts dans la prise. Ça ne dura qu'une seconde, juste le temps de la ressentir d'instinct, ne l'identifiant pas plus qu'il ne la comprenait, bien qu'il eu été intimement convaincu de l'avoir appelée, voulue, provoquée. Sortant de cette secousse neurale pour reprendre sa lucidité immédiate, il se retrouvait face à ce fait des plus spectaculaires pour l'homme et le médecin.
Cette extraordinaire secousse électrique parcourant son corps vint se concentrer dans ses mains, aussi clairement visible pour lui que pour Samuel à présent et entrait en contact avec les plaies sur lesquelles il était appuyé. Pour Samuel, ce n'était pas douloureux, ce n'était pas même irritant ou chatouillant, c'était au contraire intensément doux, une véritable injection de morphine sans effet secondaire qui faisait disparaître la douleur et lui donnait l'impression d'avoir posé la jambe sur le plus doux de tous les couffins de la terre. Plus encore, une sorte de connexion énergétique - spirituelle ? - s'était créée entre James et lui, l'espace de quelques instants.

Les mains de James se mirent à trembler, de plus en plus fort, ses poils se hérissant et une colonie de fourmis semblait traverser ses bras et chatouiller ses os. Puis, tout aussi brutalement, la connexion se brisa et l'énergie se dissipa, comme si elle avait implosé. Le médecin se sentit rejeté et bascula en arrière, s'effondrant sur le sol de la tente en frottant sa tête contre le tissu, jusqu'à cogner le piquet en angle. Une affreuse migraine le prit d'un coup, arrachant un grognement qui se superposait au choc du piquet. N'ayant pu amortir sa chute, il s'était étalé à demi, la tête redressée et arrêtée dans son élan, il se laissa glisser sur le coté pour se retrouver complètement allongé, soulageant quelque peu son agression.
Il devait prendre un peu de temps pour se remettre, désorienté. Pour Samuel, les choses étaient bien différentes. Après la douceur et le soulagement, il pu constater ce phénomène improbable : ses plaies étaient pratiquement refermées. Si le sang ayant coulé était toujours présent et la peau rougit, ces épais trous dans la cuisse avaient pratiquement disparu, ramenant ce mal à l'état de grosse coupure tout au plus, devenues blessure légère. La douleur était revenue, beaucoup moins forte et il lui faudrait tout de même quelques soins et du repos pour sa jambe qui souffrirait tout de même de l'affaiblissement, mais elle n'était plus en danger. Il pouvait en être sûr maintenant, il se remettrait de cela sous quelques jours.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 8 Juil - 16:21
Quelques part, il eut de la chance que James ait suffisamment assimilé l'idée qu'il cherchait à lui transmettre, sans quoi, il aurait bien put réaliser l'effet inverse de celui recherché en lui faisant croire qu'il ne faisait que blablater pour noyer le poisson du désespoir. Son soigneur ne semblait pas encore tiré d'affaire, loin du positivisme, mais il semblait quand même entrevoir la voie lumineuse, la possibilité de retrouver la foi en lui-même. Cela demanderait du temps mais tout était question de temps et Samuel en avait bien conscience.

C'est pour cela que lorsque James décida quand même de s'en retourner vers ce pourquoi il était venu, le canadien se contenta de le gratifier d'une petite tape sur l'épaule, se laissant reposer temporairement sur un seul coude tout en lui partageant un bref mais beau sourire, le genre qui éclaire le visage et ferrait presque oublier l'horreur de ce monde, comme une image encore vivante du quotidien d'avant, infiniment plus forte qu'un souvenir.

Puis, enfin, il laissa le toubib faire son étrange travail dans le plus grand silence, demeurant quand même appuyé sur ses coudes afin d'observer ce qu'il se passait au niveau de sa cuisse, sans dire un mot ni donner l'occasion à James de se sentir observé ou jugé dans sa tâche. Il s'étonna même de pouvoir de nouveau entendre la vie autour de lui, et surtout les bruits du quotidien du camp, assez lointain pour ne pas provoquer le moindre dérangement.

Ainsi, les minutes s’égrenèrent sans que rien ne se passe et sans que Samuel ne se décide à poser de questions ou à montrer le moindre signe d'impatience. Lui-même se demandait si il était pleinement responsable des étranges choses qu'il avait vu se passer, et donc si il aurait même put réaliser consciemment ce genre d'exploit, le guider. Il n'avait jamais pris de temps pour ça, il se sentais déjà suffisamment mis à l'épreuve par ses réflexions sur le fonctionnement du camp et l'optimisation pour s'offrir de nouvelles migraines chroniques.

Plongé dans ses pensées, notamment en se remémorant la chute simultanée des zombies en allant chercher les deux femmes au motel, la manière dont, furtivement, il s'était demandé si la Force n'était pas avec lui, une étrange sensation envahit sa cuisse, une douceur comme jamais il n'en avait sentis, un petit morceau de plénitude absolue qui irradiait de sa jambe sans parvenir à gagner le reste de son corps.

Cependant, pour le moins chamboulé par cela, il laissa ses coudes glisser vers l'extérieur et se rallongea parfaitement sur le sol de la tente, loin de vouloir continuer à se fatiguer à observer le processus, il désirait seulement profiter de cet instant de tranquillité, de paix et, étrangement, de lien privilégié, presque intime, avec un homme qu'il connaissait à peine. Au termes de ce bref instant de semi-plénitude, la sensation se dissipa brusquement, mais plus que ça, il sentis bel et bien James chuter au sol et se cogner, ce qui le poussa à se redresser derechef afin de le regarder.

Il en arriva à se pencher vers lui pour le secouer doucement tout en jetant un coup d’œil étonné à sa jambe :


"Eh, James, ça va ? Dis donc, quand tu fais quelque chose, tu n'y va pas à moitié toi !"

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 11 Juil - 1:39
J'aurais été incapable de décrire avec exactitude ce que j'ai ressenti, ce que j'ai comme aspiré dans mon esprit. Une énergie intense et folle, s'animant du plus profond des recoins insoupçonnés de mon corps, s'exprimant d'une puissance qui m'était étrangère et que je percevais pourtant comme mienne. Ca avait été incroyable, terrifiant et j'en étais aussi abasourdi qu’époustouflé, bien que dans la situation présente ma tête me faisait trop mal pour m'en rendre compte.
Car le contre-coup avait été violent, j'avais eu l'impression d'être repoussé par une amante satisfaite, qui se débarrassait de ce qui maintenant l'encombrait. Après avoir été le conducteur de cette force invisible transcendant ma chair et mon sang, celle-ci avait implosé et tiré tout de ma volonté pour m'envoyer sans aucune considération cogner ce piquet de tente. Bon dieu, sur toute la surface de cette foutue toile, il avait fallu que je percute ce piquet, qui venait décupler la douleur déjà harassante provoquée par la migraine aussi fulgurante, que brève qui m'avait envahi l'espace de quelques instants.

J'étais au sol, désorienté, éméché même, quand je sentis une main me toucher et me secouer. Une seconde, une minute, vingt ? Combien de temps était passé depuis le moment où j'avais été projeté, après avoir vu cette énergie à l'apparence semblable à de l'électricité en surcharge plus visible que visible, contre le sol. Je reprenais conscience, grimaçant comme jamais, ressentant mes traits se tirailler comme si ils avaient été soumis à des dizaines de coutelas m'écorchant la peau. Je me rendis même compte que je m'étais en partie recroquevillé sous l'assaut de mes sens et de ma chair, victime de ce que j'avais cherché à provoquer.
Le temps d'identifier de nouveau l'air qui entrait dans mes poumons, j'entrouvrais un oeil, puis le refermait en grognant intelligiblement avant de le rouvrir plus franchement. J'avais besoin de quelques instants pour me remettre, ou en tout cas pour commencer à m'en remettre, puis j'ouvris le second oeil qui m'offrait de distinguer la matière et les couleurs. Bordel, quelle imprécation.


James se laissa rouler sur le dos, un grognement rauque lui échappant tandis qu'il ouvrait les yeux vers le toit de la tente, posant une main sur son crâne tandis que l'autre s'appuyait au sol, éprouvant la terre qui se trouvait sous le tissu plus fin que quiconque vivait dans ce type d'habitat de fortune ne le voudrait. Il se redressa quelque peu, regardant Samuel avec une vue un brin flou l'espace d'une seconde pour après le voir très distinctement, constatant qu'il était deux fois plus surpris qu'il ne l'était lui-même, faute des effets secondaires de... quoi donc déjà ?

«Ça a marché ? Enfin... »

Il avait parlé d'une voix que l'on entendait presque enrouée, plissant un oeil tout en passant le regard de son collègue à la jambe du même, pour voir le miracle qu'il avait espéré : la plaie s'était majoritairement résorbée, laissant l'équivalent d'une grosse coupure. Il haussa les sourcils et ouvrit la bouche, pétrifié à la preuve de ce qu'il avait tenté, à la fois espéré et tourné en dérision, mais il n'était pas fou. Il s'était bien passé quelque chose dans ce semi-remorque, et il s'était passé quelque chose aujourd'hui encore.

« C'est pas croyable... c'est moi qui ai fait ça. » Reprit-il, avec l'impression d'avoir été témoin et non responsable. « Alors c'est vrai, cette histoire de... pouvoir. C'est réel. »

Clamant ses derniers mots lentement, la voix diminuant d'intensité face à cette révélation auto-suggérée, il retira sa main de son front et amena les deux devant lui, paumes ouvertes en les contemplant. Le monde et son pragmatisme, toutes les théories du possible auxquelles il avait pu adhérer, venaient d'êtres changées à jamais. Mais que lui était-il arrivé dans l'autre monde ?
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