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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Centre du campement, près du feu - 18/01/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 24 Juin - 22:17
Interprété par Melody Campbell, Seth Willis, Elizabeth Evans et Ivy Lockhart.

“SAM' !!!” avais-je hurlé en me redressant sur le tissu dur de la tente qui constituait une bien maigre couche entre le sol et mon dos. Assise, le regard hagard et paniqué, le souffle haletant, j'avais tatôné le sol à mes côtés de ma main droite à la recherche d'une arme quelconque – un pied de biche dans mes souvenirs oniriques – avant de finalement m'apercevoir que mon agitation n'était que le fruit d'un cauchemar affreusement réaliste et perclus des souvenirs de la journée d'hier. Cherchant à reprendre mon souffle autant que mes esprits, je frottai mon visage de mes mains durant de longues secondes, massant mes paupières closes du bout de mes doigts et essuyant mon front perlant de sueur malgré la fraîcheur matinale. Et encore, je n'avais guère de certitudes qu'il s'agisse encore du matin. Combien de temps avais-je pioncé depuis notre retour la veille ? Je m'étais réellement sentie éreintée lorsqu'enfin nous avions pu atteindre les abords du camp. Et la tension et l'inquiétude plus que palpables liées à la disparition, presque assurée, de Matthew n'avait rien fait pour arranger mon moral ni mon humeur. La journée se terminait sur une nouvelle des plus inquiétantes pour le campement et son avenir.

Pire encore, James avait lui aussi disparu de la circulation alors que Samuel avait désespérément besoin de soins, et Doug s'était fait griffer par un infecté à l'école. Une accumulation de déboires qui m'avait littéralement mis K.O., plongeant mon esprit dans une aphasie frôlant la neurasthénie alors que je me voyais incapable de réfléchir, de réagir à toutes ces nouvelles plus dramatiques, assommantes et emmerdantes les unes que les autres. Le dépit et l'abattement s'étaient emparés de moi, nouant ma gorge dans une étreinte suffocante d'inquiétude et d'interrogations toutes aussi justifiées que farfelues. Qu'allions-nous devenir sans Matthew désormais ? Qui prendrait les rênes du campement ? Qui aurait le caractère et la force de nous faire tenir, nous regrouper ; alors que nous étions encore perdus pour la plupart ?

Une flopée de questions et d'incertitudes qui, bien au-delà de mettre mon esprit en branle, noua mon estomac dans une douloureuse nausée qui exigea de moi de sortir à l'air libre, bien loin de l'environnement soudainement trop clos et trop étroit de la tente que je partageais avec Elizabeth. Ouvrant le pan de tissu à la volée, l'arrachant presque de sa couture, je quittais le dôme à quatre pattes, lorgnant sur le feu de camp à peine plus vaillant que moi avant de me redresser avec difficulté. Je sentais le sang battre à mes tempes sous les manifestations d'un mal de crâne sourd et saisissant. Je happai une grande goulée d'ar frais, avisant la position du Soleil pour estimer l'heure qu'il devait être. Visiblement pas très loin de midi déjà. Je reniflais bruyamment, sentant mes sinus bouchés et obstrués de quelques glaires, et comprenais finalement que j'étais en train de me chopper un putain de rhume. Comme si ces derniers jours n'avaient pas été suffisamment merdiques comme ça...

Les yeux encore gonflés et collant de quelques résidus de somnolence, j'avançais à pas lents et mal assurés en direction de la caravane, chaque secondes et chaque pas se déroulant rendant le souvenir de ce cauchemar plus flou, plus distant et moins préhensile par ma conscience revenue, chassant dans le même élan la nausée qui m'assaillait, bien que la douleur persistait à poindre dans mes entrailles. Légèrement grimaçante, j'atteignais la caravane et pénétrais dans celle-ci, trouvant Clark en train de veiller sur un Doug agonisant et fiévreux. D'un échange de regards muets, je compris que la situation n'allait pas en s'arrangeant pour le garçon, ce qui ne fit que renforcer un peu plus la culpabilité qui me rongeait à l'égard de cette expédition désastreuse. Piochant dans nos rations de nourriture qui s’amoindrissaient à vue d'oeil, je récupérais quelques denrées pour Elizabeth et moi-même, histoire que nous puissions partager un frugal petit déjeuner, et reprendre notre conversation là où... elle n'avait pas vraiment commencé en fait.

Je quittais la caravane quelques minutes plus tard, victuailles dans les mains puis allais m'installer non loin du feu de camp, posant mon cul sur un morceau de parpaing détourné de sa fonction originelle pour constituer un siège improvisé. Je déposais les vivres à mes côtés, en profitant pour déballer une barre céréalière et croquer dedans, me forçant à mastiquer et avaler malgré les douleurs gastriques qui me coupaient l'appétit, replongeant dans mes propres pensées hasardeuses, ne sachant plus vraiment vers qui ou quoi les porter. Samuel ? Matthew ? Doug ? James ? Ricky ? Moi-même ? Pour la première fois depuis très longtemps, je ressentais à nouveau cette profonde et frustrante colère d'être totalement impuissante face à la situation qui me faisait face ; et – pire que tout – de ne pas entrapercevoir la moindre solution, comme si mon esprit, ma conscience, refusaient presque sciemment de se confronter au problème en préférant le déni et l'attentisme. Je n'avais pas la moindre idée de par quel bout commencer. Cela m'abattait. Incapable de relever la tête, mes noisettes perdues dans la contemplation du feu mourant, je me décidais au bout de longues minutes à raviver celui-ci en y jetant quelques morceaux de petit bois racorni, remuant le foyer et les cendres sans grande conviction, dessinant une certaine analogie avec mes propres sentiments de l'instant présent. Âpre, sans saveur, laissant sur mon palais un arrière-goût de cendres sur la nourriture tout comme sur mon avenir en ce monde.

Je reniflais une énième fois, essuyant mon nez d'un revers de manche déchiré avant de finalement guetter la présence de Liz' quelque part dans le camp, en espérant pouvoir la trouver. Au moins pouvais-je déjà régler ça... A défaut d'avoir un commencement, j'aurais déjà une conclusion.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 28 Juin - 12:48
Le retour au campement avait été des plus difficiles pour Melody, pour commencer, elle avait du se résoudre à laisser l'autre groupe dans l'école, sans savoir ce qui pouvait bien s'y passer réellement, sans savoir s'ils allaient trouver Matthew ou Samuel. Et cela parce que Doug faisait un malaise bien plus important que le premier, le jeune homme était vraiment out cette fois-ci et elle ne pouvait pas laisser Seth le trainer seul jusque là bas. Tout et n'importe quoi pouvait se passer sur le chemin du retour, que Doug meurt et se réveille en zombie, que Seth n'ait pas le temps de réagir, que des rôdeurs leur tombent dessus ou tout simplement que Seth se perde en forêt. Il ne faut pas sortir d'une haute école pour se rendre compte que la forêt et son compagnon, font deux voir quinze...Elle était la seule à pouvoir trouver vraiment son chemin là dedans, enfin hormis Ivy qui arrive à retrouver son chemin par elle ne sait quel moyen alors que là aussi on voit bien que la jeune femme n'est pas de la nature.

Retour difficile aussi parce que la brune était -et est toujours- rongée de culpabilité sur les évènements, à chaque pas de plus en forêt, elle avait, non seulement, eu l'impression d'étouffer mais aussi que l'arbalète de Matthew pesait de plus en plus lourd, que le sang sur l'arme se répandait sur elle. Car elle n'arrivait pas à se sortir de l'esprit que c'était le sang de l'homme sur l'arbalète, elle n'arrivait pas à se dire que c'était peut-être celui d'un des hommes du Marchand. Et puis elle avait du forcer sur ses muscles déjà endoloris pour arriver à aider Seth à porter ou trainer Doug à travers le sous bois, elle s'était refusé à laisser son compagnon le faire seul.

Mais le plus difficile de tout avait été l'arrivée au campement, l'explication qu'il avait fallu fournir à Calvin de pourquoi Doug est blessé, la réaction qu'avait eu aussi bien Calvin que Clark, même si la plus déchirante de toute aura été la réaction de Ricky à la disparition de son frère. Même si au final l'autre groupe n'était pas encore là et qu'eux pourraient avoir de meilleures nouvelles que le premier trio. Est arrivé très vite l'instant ou Calvin et Clark ont isolés Doug dans la caravane, elle a essayé de les suivre avant de se retrouver dehors, qui, comment, elle n'arrive plus à se le remémorer, elle ne sait même plus comment son sac à dos s'est retrouvé vidé des objets que Doug lui avait confié. Elle sait juste qu'elle a de nouveau craqué un peu plus tard en voyant l'autre trio revenir à quatre au final, un Samuel inconscient ou presque avec eux et visiblement blessé par balle à la cuisse et toujours aucune trace de Matthew.

Cela avait été au dessus de ses forces que de leur demander s'ils avaient eu des indices ou quoi que se soit d'ailleurs, inutile de préciser qu'elle pensait au pire en les voyant. Elle se revoit vaguement grignoter un truc et avaler de l'eau, sans doute forcée à cela par Seth, bien qu'elle n'en soit pas sûre du tout, elle sait qu'elle a somnolé un peu dans la tente qu'elle partage avec lui mais elle ne se souvient pas y être allée. Comment peut-elle avoir autant de trous sur le déroulement des évènements ? Est-ce un tour de son esprit pour éviter qu'elle ne sombre totalement ? Pour la protéger ? Et puis il y a eu ce matin, elle se revoit sursauter en inspirant une longue bouffée d'air comme si elle en avait été privée pendant un temps. Elle est sorti de la tente à toute vitesse, constatant que la journée était déjà entamée depuis une heure ou deux, un flash lui revenant en tête, elle est retournée dans la tente pour y trouver la fameuse arbalète.

Melody repense à tout ça alors qu'elle est agenouillée près du petit lac en sous vêtements, elle revient à la réalité du moment et regarde ce qu'elle faisait avant que son esprit parte à la dérive. Ah oui, ça lui revient, elle frottait nerveusement l'arbalète pour en ôter les traces de sang, après avoir lavé ses vêtements qui sèchent un mètre plus loin. Et visiblement c'est le froid qui l'a faite revenir les pieds sur terre, combien de temps a t-elle passé dans ses pensées ? Elle ne saurait le dire là, elle sait juste qu'elle a froid et qu'elle doit terminer ce qu'elle faisait. La brune se force à se concentrer sur l'arme pour voir qu'elle a réussi à ôter le sang qui trônait dessus, elle pose l'arme près de ses vêtements avant de rapidement se laver le corps comme elle peut. Attrapant ses affaires, elle constate qu'elles ont eues le temps de sécher, elle a du "rêvasser" pendant un long moment pour que cela soit ainsi et elle se dit que n'importe quoi aurait pu lui tomber dessus pendant ce temps là. Sauf que là, elle s'en fiche...

Le froid la fait claquer des dents pendant qu'elle termine de se rhabiller, appréciant la chaleur de sa veste quand elle l'enfile. Elle en a un espèce de petit rire amer en le faisant, après tout cette veste elle l'a payée de sa vie puisqu'elle est morte à peine une heure ou deux après l'avoir trouvée. La brune récupère ensuite l'arbalète qu'elle glisse à son épaule, évitant de justesse un autre rire nerveux alors que d'un coup l'arme lui semble dix fois plus légère maintenant que hier ou même le matin même. Encore un sale tour de son esprit que cela...Un long soupir s'échappe de ses lèvres alors qu'elle prend le chemin du retour pour retourner dans le campement, elle est lasse, fatiguée et elle traine à moitié les pieds, se demandant à quoi ça sert de tenter de continuer à vivre dans ce monde là, se demandant si elle est faite pour ce genre de chose, elle qui avait une vie de rêve finalement avant l'apocalypse.

La brune fini par arriver au campement et elle se dirige vers le feu de camps comme télécommandée par son propre corps qui lui réclame un peu plus de chaleur encore. Elle se fige en voyant Ivy se tenant là, la brune n'a aucune envie de voir ou de parler à l'autre jeune femme, elle ne sait pas ce qui pourrait arriver si jamais elle en venait à lâcher le flot de reproches qui la démangent depuis deux jours. C'est un nouveau frisson de froid qui la pousse à continuer à avancer, elle va se poser au plus près possible du feu mais le plus loin possible d'Ivy et si son corps apprécie cette nouvelle tiédeur, elle n'a qu'une envie : celle de partir de là. Melody évite de lever le nez et les yeux vers l'autre jeune femme, installant l'arbalète sur ses genoux, elle observe la corde cassée, jusqu'à entendre Ivy renifler.

La demie-écossaise se décide à lever les yeux vers elle, la fixant, sans doute pour voir si elle discerne une quelconque trace d'elle ne sait trop quoi. Et si Ivy la regarde en retour, elle pourra voir Melody plus pâle que jamais, les yeux cernés, l'émeraude de ses yeux en ressortant encore plus, leur donnant un aspect irréel. Deux billes vides d'émotions et qui pourtant semblent accusatrices de tout les maux de la terre.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 30 Juin - 16:39
Un voile sombre tombe sur le monde à l'instant même où le soleil décide, dans sa grande magnanimité, à faire place dans l'imposante étendue cyan et or. Un rideau d'ombre, qui estompe petit à petit la clarté du monde victime de son inébranlable cycle.
Tandis que les yeux d'Elizabeth peinait à rester ouvert et offrait, tantôt lumière et tantôt obscurité à sa vision réduite, son propre soupir la fit sursauter comme si son corps la secouait de lui-même pour qu'elle ne sombre pas dans une fatigue incontrôlable.

A leur retour au campement, tandis que silence de mort se faisait lors de leur progression aux allures hasardeuses dans la forêt connexe au campement, l'ex-psychologue, à l'instar de ses compagnons, avait appris la triste disparition de Matthew, qui en dépit des mots réconfortant que Samuel avait prononcé à son égard, n'avait pas refait surface depuis lors. Mais également la griffure du jeune Doug, arrivé seulement la veille chez eux, et dont le verdict de sa contamination et sa mort imminente se faisait sentir à mesure que le temps passait.
Elle avait longuement repensé à Harvey qui avait fuit la veille de l'arrivé de son meilleur ami et qui ne connaitrait sans doute jamais la triste réalité de l'histoire. S'il avait eu le courage et la patience de seulement quelques heures de plus, peut-être que l'adolescent n'en serait pas là. Il succombera, peut-être, si loin et si proche à la fois de son camarade.
Et comme si ces deux nouvelles n'avaient pas suffisamment entamé le moral déjà bien amochée de la brune, une autre disparition était venue alourdir le tableau noir des survivants laissés, abandonnés, à leur désarroi : celle de James. Et cet événement, en plus d'alourdir davantage le coeur d'Elizabeth face à l'incompréhension, plongeait Samuel, dont la jambe blessée nécessitait des soins urgents, dans un avenir médical plus qu'incertain.
A cela s'ajoutait assurément la maladie plus qu'étrange de la belle rousse et la disparition de son conjoint depuis de trop nombreuses lunes.

S'en était trop. Trop à supporter, trop d'un seul coup. L'appétit lui en avait été coupé, tout comme son sommeil en dépit de son corps qui ne cessait de criait l'un et l'autre des besoins. Pour compenser les occupations des membres du campement, tant à la surveillance des deux blessés qu'à gérer un Ricky plus dévasté que jamais, et un relai à assurer au niveau du campement, Elizabeth s'était porté volontaire pour prendre la garde de la prochaine nuit.

Perchée en haut de la caravane, le canon du fusil de Calvin serré entre ses deux mains jointes, elle avait guetté l'horizon tant pour se retrouver seule que pour espérer voir apparaitre à la frontière du matériel et du ciel, les silhouettes de James ou de Matthew. Mais à l'aurore, ni l'un, ni l'autre n'avait fait acte de présence, ni même en avoir émit l'hypothèse.
Les larmes avaient tant coulé devant la fatalité des événements et leur incompréhension que ses joues portaient de larges sillons creusés dans la poussière de son liquide lacrymale, ses yeux avaient rougit en miroir à la teinte des cieux, et sa tête lui causait un mal si intense, qu'elle aurait simplement bénit le mot Aspirine.

C'est dans cette scène, dans cette posture et cet état de fait qu'elle fut surprise dans son silence par quelques déplacements en contrebas. Elle posa son regard affaiblit et anéantit sur la présence qui se déplaçait comme une âme errante, jusqu'à trouver refuge à la chaleur d'un feu de camps bien trop impuissant pour panser le froid qui régnait dans les coeurs.
Muette, elle observa son parcours et suivit le fil discret de ses pensées qui se reflétaient sur la surface de son visage sans dire mot ni interpeller. La solitude et le désespoir rongeait chacun un peu plus chaque jour, et bientôt il ne resterait plus que les vestiges de leur trajet qu'ils auraient chacun tenté de tracer avant de succomber de leur propre désespérance.

Refermant un peu plus ses mains jointes sur le canon de l'arme, ses doigts emmitouflés dans les manches de son pull pour garder un maximum de chaleur, elle se demanda quelle pourrait bien être la conduite à tenir avec les autres, elle qui n'avait jamais été douée pour les relations humaines, elle faisait une piètre épaule pour une conseillère mentale. A maintes reprises, ses jambes eurent quelques légers sursauts pour s'étouffer dans leur élan quelques dixièmes de secondes après, sans trouver le courage de continuer.
Et puis, un autre élément fit son entrée vers l'horizon. C'était Melody, qu'elle considérait sans doute comme la plus forte et la plus capable des femmes ci-présentes dans le camp, qui se joignit à la contemplation taciturne du feu crépitant.

D'où elle se trouvait, elle ne pouvait voir cependant le regard de la seconde, mais la distance et la pesanteur qui régnait ici était si palpable qu'elle poussa enfin Elizabeth à se redresser, manifestant sa présence à quiconque y serait attentif.
Un dernier coup d'oeil à l'horizon, pour être certaine qu'aucune agréable ou mauvaise nouvelle ne viennent perturber l'instant autre que sa propre intervention orale.

"On dirait que les nuits vont être de plus en plus longues..."

Elle ne pouvait descendre de son poste mais souhaitait se mêler, d'une manière ou d'une autre, à la présence d'Ivy et de Melody en contrebas.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 4 Juil - 0:06
Toute perdue dans la contemplation des flammèches peinant à se revigorer du feu de camp à mon image, je mastiquais ma bouchée de barre céréalière avec une lenteur et un automatisme trahissant les digressions de mon esprit. C'est à peine si j'avais eu conscience de la présence d'un autre individu non loin de moi, de l'autre côté du feu. Reprenant mes esprits, je relevais lentement mes noisettes en direction de la présence perçue et reconnaissais le visage de Melody. Mes yeux s'agrandirent d'une légère stupeur derrière mes carreaux alors que je contemplais les marques d'épuisement qui cernaient ses yeux et gravaient son visage.

Je plissais très légèrement les paupières en observant les deux émeraudes luisantes que la nature avait incrusté dans ses orbites. Et pourtant, toutes magnifiques étaient-elles, ses prunelles me semblaient éteintes, froides et charriant pourtant, au-delà de bien des maux, un message réprobateur dont je me sentais – à tort ou à raison ? A raison probablement... – destinataire. De toutes les manières, je n'avais de cesse de ma blâmer et culpabiliser de tout ce qui pouvait se produire de néfaste autour de moi, de nous. Pas étonnant dès lors que je pensais lire dans les prunelles de la jolie brune le même genre de conneries. Et ma mémoire, mes souvenirs et mes actes de ces derniers jours ne cessaient de m'entraîner dans cet infernal engrenage des regrets, des remords, de la culpabilité et de l'aveu de mes incompétences. Je ne pus vraiment soutenir le regard de Melody au-delà de quelques secondes avant de laisser celui-ci glisser sur l'arbalète à la corde cassée qu'elle tenait entre ses mains. La simple vue de l'arme de trait abîmée et rendue inutilisable pour l'instant me noua la gorge. A mes yeux, cette arbalète se dressait tel le parfait reflet de notre communauté aujourd'hui brisée, cassée, dénuée de l'un de ses organes vital, et non le moindre. L'arbalète ramenait inexorablement le fil de mes pensées vers Matthew. Sa présence rassurante, son mutisme et sa solitude inquiétante, son aisance à appréhender ce monde et surtout son putain de protectionnisme aux conséquences aberrantes ; suffisait de voir notre état à tous.

Lorgnant toujours sur la belle brune installée face à moi, sans vraiment la regarder d'ailleurs, je terminais de mâchonner la fin de barre céréalière et en jetait l'enveloppe vide dans les flammes à peine plus vigoureuses du feu de camp, puis me frottais les mains pour me réchauffer les doigts. Revenant vers Melody, je ne pouvais m'empêcher de penser – et redouter – à son état de fatigue visible, tranchant très nettement avec l'allure assurée et la force de caractère dont elle semblait faire preuve. J'allais me redresser dans sa direction pour lui tendre la barre de céréales que je destinais préalablement à Liz' lorsque la voix de cette dernière surgissant de nulle part m'interpella soudainement et m'arracha un léger sursaut de surprise, alors que la jeune femme, demeurait invisible à mon regard, du moins jusqu'à ce que je ne le relève vers le toit de la caravane, voyant sa silhouette fluette se découper dans le ciel matinal et lui adressant un très mince sourire fatigué en retour. Je lui offrais un simple et discret salut de la main, du même acabit que mon sourire avant de finalement lâcher un long soupir.

“Envers et contre toute logique... Ouais... On reste cantonné là, à attendre et espérer le retour de ce con de Matthew comme on attend le lever du Soleil,” lui répondis-je dans la continuité de mon soupir, d'un ton partagé entre amertume et lassitude. “La seule différence, c'est que le Soleil finit toujours par se pointer, lui,” conclus-je avant de me redresser doucement, la seconde barre de céréales en main. M'éloignant de quelques pas du feu, réprimant un frisson provoqué par la fraîcheur matinale et mon nez obstrué, je lançais le snack en direction de ma compagne de nuitée.

“P'tit dèj ?” lui demandai-je d'un ton faussement jovial qui n'appelait pas de réponse. Après tout, qui ne crevait pas de faim ici ? Qui ne crevait pas tout court, à petit feu...

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 6 Juil - 12:43
Melody a beau regardé Ivy, à part un peu de stupeur rien de bien probant n’apparaît sur le visage de l'autre brune, sans doute autant de fatigue qu'elle en ressent elle même mais pas ce qu'elle escomptait y trouver. Enfin est-ce que la demie-écossaise voulait vraiment y voir quelque chose ? Attendait-elle quelque chose d'Ivy ? Assurément oui, des regrets, des remords, de la culpabilité, les mêmes sentiments qu'elle ressent depuis leur première sortie de l'autre soir et qui n'a fait que croître même après la déconvenue de la veille ou seul un Samuel blessé a été retrouvé. Un Samuel qu'elle n'est pas encore aller voir par ailleurs, contrairement à ce qu'elle aurait fait en temps normal pourtant quelque part enfouit en elle, elle sait qu'elle est contente qu'il soit là, blessé mais vivant mais elle lui en veut. Oui ça aussi elle le sait, lui aussi a le doit aux reproches intérieur de la brune, elle lui en veut d'être là alors que Matthew a disparu, peut-être que si elle allait lui parler, il pourrait lui en dire plus. Mais elle se connaît, elle serait capable de le prendre dans ses bras pour lui montrer qu'elle est contente et la seconde suivante lui coller une gifle pour être revenu seul.

À bien y réfléchir, Melody en veut à peu près tout le monde là de toute manière : À Seth parce qu'il est là et qu'elle tient à lui, sans lui elle ne serait pas rentrée l'autre soir . À Doug pour s'être jeté ainsi sur le rôdeur et s'être fait griffer alors que lui aussi elle n'a pas encore trouvé la force d'aller le voir. À Brooks et Elizabeth pour ne pas être venu l'autre soir et n'avoir pas ramené Matthew la veille. À Calvin et Clark pour être resté au chaud au campement. À James pour avoir disparu au lieu de les accompagner ou au moins être là pour soigner Samuel voir Doug. Et même à Matthew pour avoir disparu alors qu'il est le pilier du campement, qu'il lui avait donné un des deux seuls points d'ancrages qu'elle a dans ce nouveau monde. Il n'y a guère que Ricky qui échappe aux reproches de la brune, du moins pour le moment.

Peut-être que pour elle, d'en vouloir ainsi à tout le monde, lui rend sa propre culpabilité un peu plus facile à porter ? Ça, elle ne saurait pas vraiment le dire même en tournant et retournant les faits dans sa tête. C'est sans doute pour cela, qu'elle vient de guetter les réactions d'Ivy qui est sans doute celle a qui elle en veut le plus du groupe. Hors elle n'a rien lu sur son visage, l'écossaise était pourtant douée avant pour ressentir les émotions des autres juste en les regardant quelques secondes, une éponge à sentiments comme on dit. D'ailleurs c'est une des choses qui l'avait poussée à avoir un travail de solitaire, se préserver de tout cela, de tout ces sentiments bons ou mauvais. Et là rien...elle n'est vraiment plus bonne à rien, elle ne sert plus à rien, elle avait déjà ce sentiment collé à l'âme depuis son réveil mais ces derniers jours sont encore pire que les autres...

Perdue dans ses pensées, ses doigts jouant mécaniquement sur l'arbalète posée sur ses genoux, elle a cessé de prêter attention aux regards d'Ivy et de ce qui l'entoure, le regard rivé sur les flammes du feu de camp. C'est une voix venue de nul part qui la ramène à la réalité en la faisant sursauter quelque peu, elle cligne des yeux quelques instants tout en cherchant d'où cela provient. Assurément pas d'Ivy alors que la jeune femme est près d'elle et que la voix semble venir de plus loin et d'en haut, à son tour elle lève les yeux vers la caravane pour y découvrir une Elizabeth faisant le guet. Melody hoche la tête machinalement pour un oui silencieux à l'intention de la guetteuse, effectivement cette nuit a été plus que longue même si elle n'arrive pas encore à remettre tout ses souvenirs en place.

Cette entrée dans la ronde d'Elizabeth aurait pu se poursuivre sans heurts mais c'était sans compter sur la réaction d'Ivy qui en se redressant, tient des propos qui font grincer les dents de Melody pendant que ses mains se resserrent sur l'arbalète. C'est d'une voix froide mais sèche qu'elle réplique du tac au tac :

- Et peut-être qu'il n'aurait pas besoin de se pointer lui si quelqu'un n'avait pas fuit ainsi avant-hier soir.


Voilà s'était dit...Melody aurait voulu éviter que le sujet arrive comme ça, voir qu'il arrive tout court mais là, elle ne pouvait laisser passer les paroles d'Ivy sans réagir. S'en était trop pour elle même si en y réfléchissant Ivy n'avait potentiellement pas totalement tord sur le fond. Par contre sur la forme...

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 8 Juil - 21:38
Si le ciel supportait ça et là quelques nuages grisâtres, la pesanteur sensible de l'atmosphère ne venait certes pas du temps lourd, et appelant à quelques gouttes de pluie plus tard dans la journée, mais bien à l'ambiance qui s'installait progressivement et surement entre les deux femmes du coin du feu.
Les rancœurs accumulées devaient sans doute un jour s'exprimer pour qu'aucun fardeau du silence ne pèse sur les épaules de quiconque, mais ces moments là étaient toujours difficiles à passer.

Le regard d'Elizabeth resta un instant figé sur le centre du campement, délaissant par ailleurs sa surveillance des alentours. Elle avait écouté Ivy sans vraiment approuver sa réplique plus que cynique, et attrapa le snack lancé par la petite binoclarde, le regard se baissant sur ce dernier sans vraiment parvenir à s'ouvrir l'appétit et profiter de l'attente délicieuse que pouvait provoquer ce met à sa simple vue.
Le laissant entre ses doigts, elle ne redressa le visage que pour observer le commentaire acerbe de la troisième protagoniste, qui entamait, doucement mais surement les hostilités.

Elle ne pouvait blâmer la colère que certains ressentaient envers d'autre, et elle ne doutait pas qu'elle était aussi concerner par un reproche quelconque et sans doute justifié, aussi elle n'irait sans doute pas à l'encontre de celles-ci, tout du moins autant qu'elle pouvait contenir ces comportements et qu'ils ne dépasseraient pas les limites.

Elle préféra donc garder le silence, du haut de son perchoir, bien à l'abris des premières remarques, laissant les deux femmes démêler entres elles le chagrin qui les contenait et les séparait. Après tout, un orage aussi violent soit-il, ne faisait qu'assouplir ensuite le climat et relâchait la pression de l'air qui stagnait trop lourdement. Dans leur cas, c'était une belle analogie.
Pour sa part, elle avait également éprouvé de la rancoeur. Envers James le premier qui avait disparu sans laisser de mot, sans laisser de trace, comme les trois derniers a avoir déserté le camp, comme si aucun d'eux n'avaient jamais compté à ses yeux. Tous ces matins passés en sa compagnie, certes sans énorme discussion, mais ces instants qu'elle lui avait céder de son temps avait été, à son regard, bien plus précieux que n'importe quelle fortune, pour elle, la grande marginale, la grande asociale. Sans doute que s'il repointait le bout de son nez, alors qu'elle est haut perché sur la caravane, fusil en main, elle lui accorderait une munition de rappel, histoire de lui faire savoir à quel point elle était en colère. Et puis elle pleurerait sans aucun doute...
Elle en voulait également à Ivy, pour ne pas avoir été l'amie qu'elle avait pensé être à l'avoir traité de la sorte dans l'école. Cela l'avait blessé, et le reste du voyage, aussi bien la retrouvaille avec Samuel que leur retour, l'avait plongé dans un mutisme plus lourd qu'accoutumé.
Quant à Matthew, elle ne pouvait que le plaindre au contraire, de subir les pensées négatives de tout un campement alors qu'il a tout fait pour lui, jusqu'à donner sa vie si elle s'était échappée en cette heure.
Muette, toujours, elle déborda son regard sur l'horizon, attendant la réaction d'Ivy à cette attaque, appréhendant la suite de l'histoire.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 8 Juil - 23:57
Je contemplais Liz' attraper la barre de céréales sans pour autant y prêter l'intérêt que j'aurai - à sa place - porté à un peu de nourriture alors que je mourrais de faim. Par ailleurs, je restais quelques secondes dans l'attente d'une quelconque réaction de celle qui avait tenu le guet toute la nuit pour nous permettre de prendre du repos, bien en vain tandis que derrière moi, la voix de Melody résonna, lâchant sur un ton que je ne reconnaissais que trop bien, une critique qui m'était toute destinée, bien que la jolie brune semblait avoir cru bon de ne pas la rendre nominale. Typiquement le genre de chose qui avait le don de m'irriter de manière très efficace. Digérant les paroles de Melody, je fermai les yeux en prenant une longue inspiration nasale et me mordant les lèvres en essayant de faire abstraction afin de ne pas laisser éclater cet abcès d'une manière trop... expansive. Malheureusement, je ne me connaissais que trop bien, et si ma résurrection m'avait coûté le prix de mes connaissances et de mes aptitudes ; je savais que mon foutu caractère était resté lui, bel et bien intact. Je serrais les poings, à m'en déchirer les paumes de mes ongles si ceux-ci avaient été plus longs et moins abîmés, ainsi que les dents, me mordant l'intérieur des joues jusqu'à ce que la douleur ne m'oblige à m'interrompre, espérant par ce biais taire la colère et le bouillonnement d'émotions contradictoires qui s'emmêlaient et se déchiraient au plus profond de moi.

Dans un sens, Melody n'avait pas tort. Je le savais - et m'en blâmais - depuis l'instant même où j'avais rejoins le camp seule, ce fameux soir, laissant derrière moi et à leurs sorts mes compagnons d'infortune ; abandonnant Samuel et Matthew au profit d'un course effrénée destinée à sauver ma peau face à une menace qui me dépassait. Mais pourtant... malgré cette immense culpabilité qui me hantait, qui m'avait poussé lors de notre retour la veille à littéralement craquer, exploser et renier une bonne partie de mes principes et à revoir la définition même que je me faisais du "sens moral", je ne pouvais pas simplement laisser à Melody le loisir de m'enfoncer ainsi. Je n'avais pas eu besoin d'elle pour me sentir coupable et me remettre en question. Pas besoin d'elle pour me résoudre à ne plus céder à la panique, à ne plus abandonner mes compagnons d'infortune dans la galère, et ce, dès le lendemain. J'avais tenté de veiller sur Liz' et sur Doug autant que je pouvais me le permettre de mes très maigres aptitudes à combattre et à me défendre.

Malgré la honte, la trouille et le désespoir, j'avais tenté de tenir bon autant que je le pouvais, et sur ce point, j'estimais n'avoir rien à me reprocher. Et ce n'était pas à une pimbêche de venir s'en prendre à moi alors que la fuite, après coup, n'était au final que la meilleure des choses à faire face à une menace qui nous dépassait très largement, en nombre et en équipement. La jolie brune avait des raisons légitimes de m'en vouloir, mais mon ego blessé ne pouvait tolérer une telle attaque sans qu'aucune réplique ne soit faite à cet affront. Ce fut donc en proie à un véritable maelstrom de sentiments intenses et contradictoires qui se livraient bataille que je sentis ma colère me dominer. Une colère qui ne trouvait pas sa source tant dans la pique lancée par Melody que dans l'absurdité de celle-ci. Prétendre ainsi que ma fuite était la cause de la disparition de Matthew n'était qu'une intolérable ineptie issue d'un esprit incapable de rationaliser suffisamment la situation pour l'appréhender avec recul et objectivité. Je savais que j'avais merdé en fuyant, que ma lâcheté n'était pas pour me servir, mais Matthew avait, comme à son habitude, voulu nous protéger et nous mettre à l'abri du danger. Que croyait-elle ? Qu'elle était la seule à s'inquiéter pour Matthew ? Qu'elle était la seule à éprouver se sentir coupable et impuissante ? Pensait-elle vraiment que...

“Tu vaux mieux que moi peut-être ?” répliquai-je sur le même ton sec et rude, faisant volte-face et délaissant totalement Elizabeth pour faire face à Melody, cherchant son regard de mes noisettes par-delà les flammes du feu de camp.

“Tout ça parce que toi t'es capable de courir les bois sans te paumer et chasser l'écureuil avec Matthew ? Ou parce que t'éprouves visiblement aucun remord à tuer un zombie alors que cette créature aurait pu être toi, ou Seth, ou moi, il y a tout juste deux mois de ça ?” fulminai-je en haussant de plus en plus le ton, à un point tel que ma voix rauque et éraillée devait désormais bien dépasser le simple périmètre du feu de camp ; tandis que je m'avançais droit vers la jeune femme pour réduire la distance nous séparant. Mes années – noires – passées au  lycée et à l'université m'avaient suffisamment endurcie pour tenir tête à une autre de ces poufs qui se pensaient supérieures à moi.

“Tu crois peut-être que je me sens pas minable ? Que t'es la seule à t'inquiéter et te sentir coupable ? Vire donc tes œillères et réfléchis un peu... J'sais pas me battre, j'sais pas me servir d'une arme à feu ou d'une arbalète  ; alors puisque tu sembles si douée, si j'étais restée avec Matthew au milieu de c'foutoir, dis-moi à quoi j'aurais bien pu servir ? A finir comme Samuel ? Ou comme Doug sinon pire ? A le distraire et le gêner encore plus ? T'aurais peut-être préféré qu'on crève tous là-bas ? Au moins, on aurait la conscience tranquille pour de bon... Ça nous aurait au moins fait ça en commun !” crachai-je finalement alors que je me retrouvais postée à moins d'un mètre de la jeune femme désormais, cherchant toujours à soutenir son regard dans l'espoir de lui arracher des arguments un peu plus rationnels, à défaut d'excuses que je n'obtiendrais certainement pas.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 12 Juil - 14:57
Tout en lâchant sa phrase, Melody observe plus particulièrement Elizabeth sur son perchoir, elle essaye de voir comment l'autre belle brune prend les paroles qui viennent de résonner dans l'air aussi bien de sa part que de celle d'Ivy. La voyant les fixer quelque peu tour à tour sans pour autant qu'elle n'ait l'air d'en déduire quoi que se soit, à moins que 'Liz en les entendant ne  vienne de décider de ne pas s'en mêler pour le moment. Chose que Melody peut comprendre aisément puisque la joggeuse n'est pas concernée directement par ce qu'il vient de se passer, elle se dit qu'elle ferait la même à sa place. Du haut de son perchoir Elizabeth lui fait penser à un arbitre de tennis sur sa chaise qui compte les points ou là en l'occurrence les balles sont remplacées par des mots « tendres ». Et encore cela ne fait que commencer puisque Ivy fait demi-tour pour fixer la demie écossaise en lui posant une question, amenant une réponse spontanée :

- Sur ce coup là, oui !

Réponse que Melody n'a aucune envie de nuancer ou de développer en coupant Ivy dans sa lancée verbale. Surtout que la suite des questions/reproches/affirmations de la petite brune, qu'elles soient rhétorique ou non, entraînent une réaction pour le moins inattendue de la chasseuse. Une réaction qu'elle même n'a pas vu venir : un fou rire nerveux qui a de quoi déstabiliser ceux écoutant l'échange en court. En tout cas pas besoin d'avoir fait d'études ou autres pour reconnaître un rire nerveux, le genre de rire qui vous prend malgré vous au plus mauvais moment et qui sonne « faux ».

Rire nerveux qui a plusieurs origines possibles ou aucunes à la fois. Melody serait bien en mal si elle devait en définir l'origine là, est-ce les paroles d'Ivy elles mêmes ? Ou encore d'entendre le ton de plus en plus colérique de l'autre jeune femme ? Ou la manière dont Ivy lui arrive dessus alors qu'elle est toujours assise en tailleur près du feu et les mains serrées autour de l'arbalète ? Ou encore un mélange de tout ça ou rien du tout ?

De son côté, Melody essaye juste de le contrôler et de l'arrêter, délaissant visuellement Ivy pour poser le regard sur l'arbalète. Ce qui n'aide pas en soi puisque d'un coup elle imagine Matthew chasser l'écureuil avec son arme, un carreau dans l'animal et il n'est plus bon que pour servir d'appât ou à la rigueur de chair à saucisse. Encore faudrait-il qu'ils aient des boyaux pour faire des saucisses et elle voit bien la scène le soir autour du feu « Ce soir au dîner, saucisses d'écureuil » et les autres râler parce qu'il n'y a pas de frites et de ketchup avec.

Non ce n'était pas une bonne idée de regarder l'arbalète, du coup, Melody reporte ses prunelles émeraudes sur celles, noisettes, d'Ivy dont les autres questions ont réussies à percer le voile nerveux qui l'enveloppe. Levant le visage vers son vis à vis qui est bien trop proche d'un coup et dans le fameux périmètre de sécurité qu'elle impose à tout le monde excepté Seth. Elle se mord les lèvres pour en virer le sourire allant avec le rire nerveux avant de prendre une profonde inspiration pour essayer de parler le plus calmement possible.

- À cinq on aurait pu faire front plus facilement, d'une manière ou d'une autre, on aurait pu essayer tous ensemble. Matthew m'avait envoyé vous rejoindre Seth et toi pour qu'on aille tout les trois les rejoindre sous le préau de l'école, lui devait ramener Samuel en sécurité, ce qu'il a fait vu que vous l'y avez trouvé. Parce que je ne pense vraiment pas que Samuel a pu se traîner dans l'école avec une balle dans la cuisse sans être aidé. Déjà rien que pour une balle dans l'épaule il a fallut qu'on me porte alors imagine à la cuisse.

Ce qui veut donc dire que Matthew a forcément été dans l'école et qu'il a du en ressortir pour éloigner la menace de Samuel. On aurait tous été là, il n'aurait pas eu à faire cela, voir Samuel n'aurait pas été blessé mais ça c'est autre chose. Et même sans être douée en armes à feu ou autres comme tu dis, tu aurais pu aider Samuel à bouger et moi j'aurais pu aider Matthew à se défaire de ces hommes.

Et même sans aller jusque là, tu t'es tirée toute seule dans ton coin, il pouvait t'arriver n'importe quoi en route, puisque de toute évidence tu sais toi aussi retrouver ton chemin en forêt, ce n'est pas que tu t'égare qui a fait peur mais bien le reste. Imagine ce que les hommes du Marchand aurait fait d'une fille s'ils t'avaient trouvé déjà que lorsqu'ils nous sont tombés dessus avec Harvey, Jenny et Jimmy, j'ai failli y passer, pense à toi toute seule. Et puis tant qu'on y est on aurait pu faire trois groupes de un l'autre soir, toi d'un côté, Seth de l'autre et moi ailleurs...


Quelques tics nerveux restant pendant qu'elle a parlé, elle a néanmoins réussi à parler d'une voix à peu près posée, contrastant avec le reste de ses propres réactions et le ton d'Ivy. Comme elle l'aurait fait si elle avait eu en face d'elle un animal blessé qu'il fallait rassurer à tout prix. Oui un animal, l'être humain oublie facilement qu'il reste un mammifère comme les autres et Melody sait pertinemment qu'elle a blessée Ivy. L'écossaise voulait une réaction et elle l'a eu finalement même si bien entendu le temps de potentielles excuses n'est pas arrivé.

Et ses paroles sont aussi le signe qu'elle a passé plus de temps à réfléchir à tout cela, à assembler les morceaux qu'à se nourrir ou se reposer depuis deux jours. Ce qui explique aussi l'état de fatigue intense qui se lit sur son visage et finalement qui explique aussi son rire nerveux. Et comme il n'y a pas qu'Ivy qui est concernée par les reproches de Melody :

- Et toi Elizabeth, pourquoi n'es-tu pas venue avant-hier soir ?...

Autant que tout sorte d'un coup non ? Enfin tout, là ce n'est pas possible mais ça en fera au moins deux.

Seth Willis

Anonymous
Invité
Mar 14 Juil - 21:34
Seth avait eu du mal à s'endormir. Leur expédition lui tournait en tête encore et encore. Ce qu'il avait fait, ce que Doug avait fait, la crise de Melody, l'autre groupe dans l'école mais surtout Doug. Doug et lui même en fin de compte. Doug parce qu'il avait fait n'importe quoi face à ce zombie, se croyant dans un jeu vidéo avec son bricolage aussi stupide qu’inefficace. Cette griffure ... Il avait ce qu'il pouvait sur place mais le tumulte, "leurs amnésies" sélectives leur autant toutes bribes de compétences qu'ils avaient, les obligeant à tout réapprendre. Il aurait aussi bien pu lui faire boire le désinfectant cela aurait eu le même effet. C'était terriblement frustrant de se sentir si inutile alors que les siens ont besoin de vous...

Qu'allait il advenir de lui ? Allait il s'en sortir ? Ils ne pouvaient pas le perdre. Ca serait un tel coup dur de perdre un enfant. Il avait beau être la depuis très peu s'il était la c'est qu'il faisait parti de la "famille" si on pouvait dire cela ainsi. Seth trouvait l'image pas idiote. Le campement c'était un peu ça. Des gens qu'on a pas forcement choisi mais avec qui on doit composer au quotidien avec les humeurs et les caractères de chacun. Ca serait donc quelque chose de dur pour la famille, après la disparition de Matthew qu'ils n'avaient pas pu retrouver dans l'école. Ou avait il bien pu passer ... En fuite ? Kidnappé ? Caché en attendant le bon moment pour sortir ? Rejoins par un autre groupe qui ne soit pas du Marchand. Beaucoup de possibilité s'affichaient devant lui. Un panel qui n'avait pourtant en moyenne rien de très rassurant.

Son esprit revint sur Doug. C'était régulier ces heures ci. Depuis qu'il avait fait sa rencontre avant l'expédition il ne pouvait pas s’empêcher de penser à son fils en voyant Doug, en pensant à Doug. Comment allait il ? Etait il encore vivant ? Etait il en danger ? De fil en aiguille de son fils il passait à son frère. Qu'avait il bien pu lui arriver. Etait il vivant ? Etait il comme eux rescapé d'une mort par un moyen mystico flippant ? Son esprit glissa une nouvelle fois sur son ex  femme cette fois ci. Ils n'avaient pas garder contacte après le divorce mais il n'arrivait pas lui en vouloir de l'avoir quitter. Pour lui elle avait eut raison. Il avait été un mauvais époux mais de fait il restait une dose d'inquiétude pour elle. De celle qu'on a pour les gens que l'ont a aimé.

L'éclat de voix de Ivy le sorti de ses pensées. Il tourna la tête vers le feu voyant les trois femmes autour. Il était trop loin pour savoir de quoi il s'agissait mais voyant Melody il se laissa glisser du capot de la voiture ou il était pour se rapprocher du feu d'un pas mou. Plus il se rapprochait plus le comportement de sa brune l'étonnait. Il ne l'avait jamais vu ainsi. Que pouvait il bien se passer ?

Sa marche le porta jusqu'au coté de Melody. Il posa sa main sur son épaule d'un geste relativement tendre et se laissa doucement glisser assis sur une fesse d'abord, puis sur la seconde pour trouver une position stable. Il retira alors sa main demandant somme toute naïvement.

"De quoi parlez vous ? "

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Dim 19 Juil - 11:54
Prévisible.
C'était bien de cette manière qu'Elizabeth avait imaginé que les rancœurs allait ressurgir. On s'accusait mutuellement les torts de nos propres actes manqués, on cherchait des coupables, un visage sur lequel porter la faute d'un fait qui nous avait touché au coeur. C'était terriblement humain, et indubitablement incontrôlable.
De toute manière, il fallait bien que ça sorte, car ancré dans les pensées, cela aurait causé bien plus de tort à la cohésion de groupe.

De son perchoir, Elizabeth jaugea les réactions et les éruptions de paroles de chacune d'entre elle. Pour le moment, cela ne partait pas encore en vrille. Certes les mots montaient plus haut les uns que les autres, mais pas de réel coup de sang. Emporté par la colère, chacune était pourtant capable de maitriser ses émotions et ne s'emportaient guère plus que nécessaire. Il y avait une certaine tempérance et une certaine mesure dans leur discours. Les points de vue divergeaient, mais chacun avait sa part de raison.

Les élans de voix poussèrent néanmoins la brune sur son promontoire à observer les alentours une nouvelle fois. Les vastes plaines pouvaient porter les voix bien loin de leurs origines et elle craignait un groupe de dégénéré stationné non loin attirait par les ardeurs colériques des demoiselles.
Pourtant, bien vite, l'attention lui fut porté. Etrangement, la réflexion lui tira un haussement de sourcil. Elle s'était imaginé que l'attaque viendrait plutôt de l'autre femme, c'était pourquoi son étonnement était si marqué.

La crosse du fusil toujours posé au sol, s'appuyant sur ce dernier pour maintenir une posture affaissé et surtout soutenir un corps rompu de fatigue, elle reporta son regard sur la chasseresse, secouant la tête d'un air plutôt las mais empreint d'une certaine compréhension.

"Le monde a toujours été peuplé d'individu fort différent physiquement, que mentalement. La diversité convenait à la société dans laquelle nous évoluions et c'était le fer de lance de l'humanité : cette capacité pluridisciplinaire où chacun jouait le rôle dont il se sentait le plus capable.
Les derniers événements, cette catastrophe qui a fait succomber au minimum 95% de la population, et même notre résurrection n'ont pourtant rien changé à ce que nous sommes capable de faire, pour le moment. Il faut davantage de temps pour certain, à s'adapter.

Melody, tu te sens plus dans ton élément et ton esprit forgé par un passé que nous n'avons en rien expérimenté, te permet de t'adapter à ce monde mieux que d'autre et c'est, sans aucun doute, tout à ton honneur. A terme, tu serais bien capable de devenir l'égal féminin de Matthew lorsque tu auras vécu suffisamment de temps dans cet apocalypse, mais nous n'avons pas été chauffé dans la même forge. Ce qui ne fait pas, je pense réellement, que nous sommes moins utile pour autant.

Ne juge pas nos réactions instinctives car elles sont encore calqués sur un schéma malheureusement dévolu. Nous avons nos faiblesses, la mienne est d'avoir eu peur de vous accompagner et de vous handicaper par ma présence plus qu'elle ne vous aurait été utile.
Plutôt que de nous juger, enseigne nous. Nous aurions plus à y gagner, chacun d'entre nous..."


Elle porta son regard sur le jeune homme, et nouvellement conquête de la brune à qui elle s'adressait, un instant, s'arrêtant là pour ne pas monopoliser la parole et laisser aux autres le soin d'intervenir, de protester ou d'acquiescer.
Oui, elle avait eu la trouille. La peur que son délire psychotique ne cause de mort supplémentaire. Elle avait déjà eu raison d'un homme, avant d'arriver au campement. Matthew l'avait laissé sur le bas-côté, mais elle savait maintenant qu'il ne l'aurait pas fait s'il n'avait pas été condamné. Elle savait pour avoir vu son caractère que la seule raison qui avait fait que Matthew ai ordonné à partir sans lui, c'était parce qu'il avait été griffé ou mordu.
Et elle savait aussi que c'était par sa faute. Parce qu'elle n'était pas sortit de sa psychose qui causait une réaction vive et surtout incontrôlée.

Il fallait qu'elle s'adapte. Elle savait déjà qu'elle n'y parviendrait pas seule et que c'était sans doute la raison, son isolement, qui avait fait qu'elle n'était parvenu à le faire auparavant.
Elle aurait pu réagir autrement à tout cela, mais elle avait préféré ne pas renchérir et avait choisit l'option de la raison.
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