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[CFJ, A, 2] Se dégourdir les jambes - 24/01/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 13 Juil - 1:10
Interprété initialement par Samuel Freeman & Ivy Lockhart.

Les jours avaient passé, faussement paisibles comme pouvait l'être une rivière dont les flots d'apparence si calme en surface recelaient en leur sein un tumultueux et fougueux courant invisible. J'avais longtemps ressassé les derniers événements, trop longtemps d'ailleurs, plongée et enfermée dans mes doutes et mes craintes qui nourrissaient toujours un peu plus l'amertume de plus en tenace et intense qui croissait en moi. Du moins jusqu'à ce matin où, arrachée de mon sommeil agité par un autre cauchemar mettant en scène zombies, agresseurs inconnus et divers membres de notre campement dans une enceinte d'école de moins en moins familière et de plus en plus dangereuse, décharnée, oppressante, presque rendue vivante et dévorante. Je m'y revoyais constamment en train de plonger la lame de ce couteau dans le crâne de cette bonne femme infectée, ôtant une vie qui avait pourtant cessé d'être depuis bien longtemps. Mais à chaque fois, la créature offrait à mes yeux un regard à la fois haineux et implorant, bien doué d'une certaine forme de conscience, à peine palpable, lointaine et décomposée, mais présente. Parfois même, dans mes cauchemars les plus profonds, sombres et horrifiants, ce visage devenait-il celui de Matthew ; qui ne se montrait plus ni haineux ni implorant, mais juste purement et simplement accusateur.

Et alors qu'une nouvelle fois je jaillissais hors de la tente, toujours dans ce désir de prendre de grandes bouffées d'air frais, de m'assurer qu'un nouveau jour était en train de se lever et que rien de ce que j'avais rêvé ne s'était reproduit, je parvenais finalement à me calmer au terme de longues minutes passées à respirer et faire les cent pas pour dissiper les restes de ces malaises oniriques. La seule différence notable d'avec les jours précédents était cependant la putain de résolution qui m'avait saisi les tripes – en même temps que la faim par ailleurs – de finalement commencer à me bouger le cul, pour moi et pour les autres ; mais surtout pour moi. Pour me sortir de cet affligeant marasme quotidien.

Je me dirigeais vers la caravane, poussée vers elle par les gargouillis de mon estomac et le besoin viscéral de le combler un minimum en piochant une frugale ration de nourriture, un énième machin fade et desséché, pauvre en goût. J'aurais tué pour un fruit ou une salade de tomates ; un truc frais et juteux. Et je ne parlais même pas de cette envie de m'enfiler un bon steak bien cuit, de la vraie viande... Je repensais à Nelson et Pamela, au repas qu'ils nous avaient offert et à quel point ce souvenir me paraissait déjà lointain, bercé de résonances oniriques, impalpables et irréalistes. Avançant en traînant lentement les pieds, soulevant quelques volutes de poussière sur mon passage qui venaient danser avec les rayons du Soleil, je finis par atteindre la porte de la caravane et m'engouffrai à l'intérieur afin de récupérer l'équipement nécessaire à une excursion, profitant du calme et de l'isolement tout relatif de la caravane pour étudier les quelques données cartographiques que nous possédions sur Snyder, ruminant par ailleurs mes pensées lorsque mon regard s'arrêta sur une petite clé pendue à un crochet, à côté de la clé que je reconnaissais être celle du camion porteur toujours en rade sur le parking.

Je me fis la promesse de me pencher sur le cas de ce gros bonhomme une fois revenue de ma sortie. Je m'emparai de la clé et la fourrai dans l'une de mes poches, puis me tournai pour m'intéresser ensuite au contenu de nos réserves. Mon visage blêmit très légèrement en voyant la très maigre proportion de vivres qu'il nous restait pour finir la semaine, et malgré la faim qui me tenaillait, je me résolus à ne pas l'amaigrir un peu plus en oubliant toute idée de petit déjeuner pour aujourd'hui. M'équipant d'un sac à dos et empruntant une des deux caisses à outils dont je vérifiais le contenu pour m'assurer de ne pas manquer des “indispensables”, je récupérais par ailleurs ce fameux et maudit couteau de cuisine dont le simple contact du manche en polymère dans la paume de ma main réveillant une nouvelle fois un bien désagréable malaise doublé d'un certain dégoût. Dégoût de cette violence, dégoût de moi-même, dégoût de savoir à l'avance que ma main donnera la mort, encore, de nombreuses fois.

Quittant la caravane en passant une bretelle de mon sac-à-dos sur mon épaule, j'allais me diriger vers le petit parking où se trouvaient garés nos trop rares véhicules pour vérifier la présence ou non de la Chevrolet quand mes prunelles tombèrent sur la tente de Samuel. Mon cœur se pinça légèrement sous l'angoisse qui m'assaillit alors que je repensais au fait de ne pas avoir pris de ses nouvelles depuis son retour de l'école, me disant – m'aveuglant surtout – qu'il aurait probablement besoin de repos pour se remettre de tout ça, malgré les soins apportés par James. Même si en vérité, je ressentais toujours honteuse d'une part de l'avoir abandonné à l'école, et d'autre part de m'être montrée aussi “démonstrative” dans mon soulagement lorsque nous l'avions retrouvé.

C'est donc avec une appréhension mêlée d'une flagrante timidité que je me détournais de mon objectif premier pour aller à sa rencontre, espérant qu'il ne dorme pas. Arrivée à hauteur du pan de tissu marquant l'entrée de sa tente, je m'arrêtais durant de longues secondes en proie à mes doutes. Et s'il refusait de m'accompagner ? Ou ne se sentait pas en état ? Ou pire, s'il m'envoyait tout simplement chier, ayant gardé rancœur de mon comportement des derniers jours ?

Après tout, il n'avait échappé à personne que le courage ne faisait pas vraiment partie de mon caractère, Samuel ayant même eu droit à une démonstration en avant première de ma couardise lors de notre réveil chez le vieux Nelson. Pas sûre qu'il daigne venir risquer sa peau à mes côtés alors que le doute subsistait quant au fait que je risquais de le planter face à la première menace venue. Enfin... Je n'avais pas l'intention de le planter ni de le laisser en plan, une résolution que je m'étais faite au lendemain de nos déboires à l'école ; mais entre une résolution prise dans un lieu sécurisé et une décision à prendre sous le feu de l'action, la différence était de taille et de poids. *Au pire, je partirais seule... Personne regrettera la trouillarde du groupe de toute façon...* maugréai-je dans mon for intérieur, avant de secouer la tête en levant les yeux au ciel de l'étendue de ma propre connerie.

“T'es vraiment trop conne des fois...” me blâmai-je en soliloquant dans un murmure. Si je me sentais effectivement le cran de partir seule dans le secteur A, peu peuplé de zombies selon le rapport établi par Melody, je n'oubliais rien non plus de ses reproches survenus quelques jours plus tôt. Secouant une nouvelle fois la tête et poussant un long soupir, je m'accroupissais devant l'entrée de la tente de Samuel, sans chercher à l'ouvrir et m'incruster dans son intimité sans y avoir été conviée. L'homme avait placé sa tente à l'écart des autres, ce n'était certainement pas pour que nous y entrions à notre guise. D'un ton doux, mais suffisamment appuyé pour qu'il puisse m'entendre, je l'appelais ; en espérant – chose élémentaire – qu'il soit bien présent.

“Samuel ? Sam ? C'est Ivy. T'es là ? J'te dérange pas ? T'es pas à poil ?”

*Non mais putain c'est quoi cette question ?*

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 15 Juil - 15:15
La complète guérison étant fort proche, Samuel avait bien tenté de reprendre un rythme de vie plus en accord avec le reste du camp. Passer la nuit à écrire devant le feu pendant que tout le monde ronflais, il l'avait fait... Et si la vigie de nuit n'avait pas été là, personne n'aurait put soupçonner qu'il était encore vivant et bien actif malgré sa cuisse encore un peu en vrac malgré le véritable miracle opéré par James.

Et ce matin, cela faisait en fait plusieurs heures qu'il était réveillé, incapable qu'il avait été de faire durer sa nuit jusqu'au bout, il s'était consolé en se disant que pour une presque nuit blanche, il s'était largement rattrapé et ne manquerait pas d'énergie maintenant que sa jambe ne le gênait presque plus.

Et alors que Ivy se baladait dans le camp, toute à ses pensées et son désir de bouger, Samuel demeurait allongé sur son sac de couchage. Entre ses lèvres, une cigarette non allumée trainait, remuant en rythme comme un étrange métronome qui permettrait au jeune homme de s'auto-hypnotiser. Cependant, son regard était posé sur les quelques bricoles qu'il possédait et, en fait, tant les "souvenirs" qu'il avait récupéré en excursion que les notes lui permettant, autant que faire se peut, de garder un souvenir clair et frais de ceux qu'il ne verrait jamais... Ou jamais plus...

Malgré tout, il ne fut pas dans ses pensées au point de ne pas entendre les bruits de pas proche de sa tente. Cependant, c'est à peine si il posa ses affaires pour se redresser et se saisir mollement de son pistolet. Pas réguliers, assurés, non-discret sans marteler pour autant, il imaginait mal le Marchand envoyer un poids léger se promener ici la tête haute sans que quelqu'un du camp n'envisage même la possibilité d'en faire leurs repas pour la semaine à venir.

Ce n'est que lorsque Ivy parla qu'il se relaxa totalement et que, sans empressement et sans lâcher son pistolet d'ailleurs, il rampa un peu pour rejoindre le bout de la tente et ouvrir l'entrée à moitié, ce qui lui était bien suffisant pour entrer et sortir en général... Les mains vides bien sur. Entrée orientée plein Nord, il put voir le soleil illuminer le côté droit d'une jeune femme accroupie devant l'entrée, et cela le fit sourire.


"Qui dormirais nu de nos jours ?"

De son côté, il était à genoux, assis sur ses talons déchaussés de telle sorte qu'ils se trouvaient tous deux au même niveau et donc pouvaient s'observer facilement. Bien sur, il enchaina rapidement, ne désirant pas laisser certaines questions en suspends... Même si les réponses étaient inutiles.

"Du coup, oui, je suis là, et non, tu ne me dérange pas, j'allais bien finir par mettre le nez dehors de toute façon. Quelque chose ne va pas ? Un problème ?"

A dire vrai, il avait pleinement conscience de la stupidité de ses propres questions. Même après avoir passé le plus gros de la semaine couché dans son coin, nul n'aurait eu besoin d'être un expert en relation humaines pour sentir que tout le camp avait eu l'esprit empoisonné par les récents évènements... Mais il n'avait pas eu lui-même la force d'aller vers eux, trop conscient du fait que sa jovialité puisse finir par être vraiment interprétée comme du je-m'en-foutisme, du cynisme, voir carrément de la psychopathie.

Bref, pour l'heure, il désirait seulement savoir ce que Ivy lui voulait, trop heureux qu'on vienne le voir pour autre chose que juste examiner sa blessure qui ne laisserait finalement que deux petites cicatrices et que la jeune femme ne pouvait voir malgré le fait que Samuel continue de porter son pantalon largement déchiré et ouvert à ce niveau... Ça lui apprendra à cet idiot de manager de croire qu'on peut faire face à la fin du monde en costard !

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 15 Juil - 19:59
Lorsque j'entendis le zip caractéristique de la fermeture éclair ouvrir la devanture de la tente, je sentis mon angoisse monter un petit peu plus, juste avant que le visage de Samuel n'apparaisse finalement en affichant un air jovial, presque comme d'habitude me fis-je la remarque. Il était vrai qu'aussi récents et pourtant lointains remontaient mes souvenirs, je n'avais jamais vu l'homme en costard arborer une mine renfrognée. Même avec la cuisse trouée et une nuit de solitude à l'école, il avait trouvé la force de sourire et lancer quelques vannes. La question s'imposa à moi de savoir d'où il pouvait bien tirer un tel positivisme alors que nous étions tous plus ou moins anéantis par la disparition de Matthew. Néanmoins, la vision de son léger sourire déclencha chez moi un réflexe - mimétique peut-être - et m'arracha un mince sourire équivalent. Rafraîchissant même, malgré que la météo actuelle n'avait rien à y envier. Au moins Samuel ne me rappelait-il pas à mes propres pensées et doutes.

Sa remarque, empreinte d'une certaine ironie, amplifia même mon propre sourire et fit naître quelques ridules en pattes d'oies aux coins de mes yeux. Difficile de répondre à sa remarque d'ailleurs. Nous probablement, lorsque nos fringues ayant déjà bien souffert de nos mésaventures finiraient par tomber en lambeaux de tissus. A son enchaînement de questions consécutif, portant sur la raison de ma présence ici, je me départis de mon sourire fugace afin de retrouver un air plus sérieux. Je secouais la tête dans un signe de négation avant de prendre la parole.

"Non. Ça va. Tout va bien... Merci de demander," commençai-je d'un ton léger et sincère. "C'est juste que je comptais partir en ville, chercher des trucs. Je reviens de la caravane et j'ai vu que nos réserves s'épuisent assez rapidement... Et puis on aurait vraiment besoin de nouvelles fringues..." ajoutai-je en désignant le trou visible dans son pantalon de costume et en lui montrant par ailleurs d'un geste de ma main libre l'état désastreux de ma chemise déchirée et perclus de nombreux accrocs.

"Aussi, je voulais savoir si tu voulais pas m'accompagner. J'suis pas franchement à l'aise avec l'idée de partir seule là-bas," avouai-je d'un ton bien moins léger et assuré. "Surtout après ce qui est arrivé à Doug... Et puis..."

Je marquais un long silence, baissant le regard vers le sol pour ne pas avoir à soutenir celui du Canadien. Mon visage se referma tandis que je retrouvais peu à peu le confort de mes vieilles habitudes sociales antemortem. Je me mordis l'intérieur des joues durant quelques secondes avant de finalement retrouver l'usage de la parole et des mots retenus par une épaisse boule m'ayant soudainement serré la gorge.

"Enfin... J'crois que j'te dois des excuses pour l'autre soir à l'école, de t'avoir abandonné, toi et les autres en fait..." confiai-je non sans maladresse, jouant de mes mains pour accompagner mes propos hésitants, risquant même un sourire triste en guise de ponctuation de phrase. Je fis claquer ma langue contre mon palais en envoyant mes noisettes glacées accrocher à nouveau le regard de Samuel.

"J'ai paniqué. J'ai merdé ouais... Faut dire que ça m'fout la trouille toutes ces conneries. Devoir tuer d'autres humains, même s'ils sont plus vraiment humains..." Je poussais un long soupir.

"Désolée. J'viens t'emmerder avec mes histoires direct de bon matin mais... Enfin... J'sais que j'ai mal réagis depuis. J'suis un peu trop bornée parfois. Souvent..." A nouveau je me taisais, secouant la tête une nouvelle fois.

"J'sais même pas pourquoi je te raconte tout ça. Je viens me lamenter devant toi alors que c'est toi qui a pris une putain de balle... Comment tu vas ? Paraît que James a fait des miracles sur ta jambe ?" lui demandai-je d'un ton plus léger, laissant malgré tout transparaître une inquiétude sincère.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 16 Juil - 17:54
Lui qui avait posé des questions simples, il ne s'était pas tant attendu à ce que la jeune femme, plus qu'y répondre, ne commence à vider son sac, tant sur une culpabilité qui les tenaillaient un peu tous, que certaines dont il n'avait pas réellement eu conscience jusque là.

Gardant un mince sourire, il avait acquiescé de bon cœur à l'idée de pouvoir aller en ville, tant pour se dégourdir les jambes que pour récupérer quelques trucs utiles, et encore plus avec une tenue aussi mal foutue que la sienne, car Ivy ne pouvait pas voir les chaussures de Samuel, bazardée sur sa droite, et qui faisaient vraiment la gueule, à deux doigts de simplement s'ouvrir en deux, que la semelle se tire et qu'il ne lui reste finalement plus que ses malheureuses chaussettes courtes pour endurer le sol.

Son attitude passablement agréable s'effaça pour redevenir neutre lorsque son interlocutrice lui confia ses peurs, en particuliers lorsqu'elle remis sur le tapis les deux évènements critiques qui avaient mouvementé leur semaine. Redresser le moral du camp urgeait de plus en plus, sans quoi, ils avaient toutes les chances de finir dispersés avant mi-Février et de devenir des proies de choix, désunis, mal équipés. Cependant, Samuel ne montra pas de telles inquiétudes, ni même du regret ou de l'angoisse, c'était son boulot de garder le plus possible son sang-froid, nul n'accepte d'ordre venant de quelqu'un qui agit sous la peur, la panique ou la tristesse.

C'est aux répliques suivantes que sa résistance fut mise à plus rude épreuve en le forçant à faire face à la pleine culpabilité d'Ivy. Comme pour James plusieurs jours auparavant, il demeurait stoïque pendant que son esprit, enfermé dans son carcan, turbinait à pleine vitesse pour analyser ces informations sans se laisser distraire par bien des émotions qui, cette fois, s'éveillaient par rapport à l'identité de la papoteuse et non tant par le fond de ses répliques.

En revanche, il ne manqua pas de rebondir avec force à l'ultime question d'Ivy, une parfaite occasion de repartir sur du positif, et c'est pour cela qu'il ré-adopta un sourire, plus large cette fois, pour lui répondre :


"Plus qu'un miracle, un vrai envoyé de Dieu. Ça me fait encore un peu mal, surtout quand je marche, mais sans lui, je serais encore couché avec cinq centimètres de bandage m'enserrant la cuisse et la formelle interdiction de bouger... Et j'ai connu cette situation, une balle dans le mollet, j'peux t'assurer qu'il n'y a pas homme plus heureux que moi d'avoir put assister à ça.

Tiens, recule, je vais sortir."


Toujours à genoux, il se pencha en avant, remettant la sécurité sur son arme à feu avant de la mettre dans son futal, à l'arrière, puis il attrapa son barda, c'est à dire le pare-balle, ses chaussures et son fusil d'assaut pour le poser à l'extérieur une fois que Ivy se serait écartée pour ne rien recevoir sur ses petits petons.

Puis il sortis et s'étira longuement avant de reprendre la parole, avec plus de sérieux cette fois :


"L'autre soir, à l'école, c'est du passé, ce qu'il s'y est déroulé, ce qui a suivi, encore du passé, ce qu'il nous est arrivés avant de mourir, c'est encore et toujours du passé. J'aimerais bien revenir à cet instant et dire à Matthew de tout arrêter, que des gens allaient nous tendre une embuscade, mais je ne peux pas, alors je vit avec, je me tiens là, vivant. Et en portant ça par dessus le marché, je ne me montre pas tentant de masquer un échec, j'exhibe mes victoires."

Après avoir enfilé ses chaussures, il avait poursuivi en enfilant son gilet pare-balle et en réglant les attaches après s'être assuré que ce dernier ne gênait pas sa capacité à dégainer son pistolet. Il termina son petit monologue après s'être finalement saisi de son fusil d'assaut et avoir passé son bras droit dans la sangle pour qu'il repose lui aussi dans son dos.

"Je ne t'en veux pas, pour quoi que ce soit. On gère tous le danger et la culpabilité à notre manière. Si on a pas appelés à l'aide ce soir là, c'est par ce qu'on savaient bien que vous n'aviez pas plus les moyens que nous de vous sortir de là une fois pris entre les morts et la pluie de plomb.

Vous avez tous fait votre maximum dans votre état, de même que j'ai fait de mon mieux pour que votre sauvetage n'ait pas été vain. C'est malheureux, mais ce qu'il s'est passé n'est que la poursuite de cet affreux quotidien qui s'était déjà lancé avant notre mort. J'avais rassemblé vraiment beaucoup de monde pour partir vers le Mexique, je me souviens encore de leurs noms, à tous, et aujourd'hui, ils sont partis. On ne peut pas s’appesantir sur tout ça et continuer d'avancer, pour ceux qui respirent encore, même si on est le dernier.

Bref..."


Sur ce, il se déplaça en direction de Ivy et, d'un geste preste, tenta de "l'attraper" à l'aide de son bras gauche afin de l'étreindre contre lui, toujours uniquement à l'aide de son seul bras, tout en murmurant :

"Merci d'être venu me chercher Ivy."

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 16 Juil - 23:02
J'arquai légèrement les sourcils, avec force d'étonnement lorsque Samuel présenta James comme un véritable envoyé de Dieu. Ironie ? Foi ? Simple constat ? Impossible à dire. Même si la teneur de notre quotidien, notre résurrection et pour ne pas dire notre nouvelle “nature” avait de quoi légitimer l'existence d'une puissance largement supérieure ; ou d'une réalité alternative, réalité que nos avancées scientifiques des dernières décennies n'avaient même pas osé imaginer. Ce que j'en retenais presque absolument par contre, c'était la mention que Samuel avait fait de la douleur qu'il ressentais, surtout lorsqu'il marchait. Je fronçais très légèrement les sourcils en relevant cette information. N'allais-je pas le forcer à dépasser ses limites et aggraver sa blessure, voire rallonger la durée de sa convalescence à le traîner ainsi en ville ? Remarque, il n'avait pas encore dit oui...

Et alors que je me redressais et me reculais de quelques pas à sa demande, je ruminais soudainement une autre information : il avait déjà pris une balle auparavant ? Quel genre de vie avait-il bien pu avoir  avant tout cela ? Un ancien flic ou soldat ? Une simple victime ? Un criminel ? Je le vis déposer à mes pieds une petite partie de notre arsenal, que je contemplais de mes yeux s'écarquillant légèrement de surprise alors qu'un léger dégoût doublé de crainte se dessinait sur mon visage. Les armes à feu n'auguraient jamais rien de bon et, quand bien même j'en saisissais toute l'utilité de nos jours, je répugnais toujours à l'idée d'avoir à m'en servir moi-même. Hors, il me faudrait bien me résoudre à franchir ce cap, un jour prochain, afin de pouvoir me protéger et protéger mes compagnons. M'endurcir aussi, surtout. Devenir un pâle simulacre de Matthew ou de Melody, apte à survivre et à agir sous le feu de l'action autrement qu'en me barrant. Mais putain... Une mitraillette... C'était pas rien...

Et puisque la discussion avait tourné autour du pouvoir de guérison de James, je me surprenais à ouvrir mon propre “sixième sens” à mon environnement immédiat, observant le métal constituant le fusil d'assaut se muer en une vague forme ondulatoire, aux contours mal définis, générant comme un grincement aux consonances distordues dans le calme – tout relatif – du champ magnétique terrestre qui me nimbait et fluctuait très légèrement le long de mon épiderme, à peine perceptible à l'image d'un voile ultra-fin m'embaumant complètement. Une sensation toujours aussi étrangère, mais qui me devenait de plus en plus familière.

Ce fut uniquement lorsque Samuel reprit la parole que j'oubliais ma brève absence pour replonger pleinement dans la réalité bien visible et palpable de notre monde, et me concentrait sur mes propos, nouant mes bras devant ma poitrine en détournant le regard. J'ignorais comment il pouvait se permettre de tourner la page et avancer aussi rapidement. Peut-être parce qu'il avait été avant tout victime et non coupable de ma lâcheté. Ou peut-être était-ce simplement-là sa philosophie de vie, sa façon à lui de voir et appréhender le monde, passé et à venir. Ses mots firent cependant suffisamment mouche pour atteindre ma raison, ou plus exactement mon cœur, et soulager quelque peu la culpabilité qui me pesait alors. Et puis confesser à Samuel mes peurs, mes doutes et mes fautes avait également joué en ce sens. Et l'homme réussit à véritablement toucher ma raison et mes réflexions dans la seconde partie de son discours. Même s'il était en vérité très difficile de savoir, et même prédire, ce qui ce serait passé si nous étions restés pour “combattre”, tenir, unis face à l'adversité dans une glorieuse résistance face... Non... Cette idée puait toujours autant à mon sens. Je n'éprouvais en réalité aucune honte à avoir fui. J'en éprouvais seulement à avoir laissé les autres derrière moi. La nuance n'était certes pas très simple à appréhender, mais je la distinguais très nettement, sans avoir besoin d'artifices oculaires pour cela.

Aller de l'avant... C'était bien ce que je comptais faire aujourd'hui. Et demain. Et les jours suivants. Surmonter toutes ces épreuves et faire mien ce nouvel environnement. Devenir une personne de confiance, une personne à suivre comme j'avais suivi Matthew et comme je suivrais Samuel. Lentement, je décrispais mes bras d'autour ma poitrine pour les laisser pendre le long de mon corps, renouant le contact visuel avec le Canadien alors que je digérais et ressaisissais encore ses propos, comme une véritable litanie. De ses quelques mots, il avait réussi à me mettre un peu plus de baume au cœur et renforcer d'autant plus ma résolution à agir et me battre, contre moi-même avant tout.

C'est alors que Samuel eut un geste dans ma direction, tendant son bras gauche vers moi dans une étreinte de réconfort plus charnelle et moins verbale. Légèrement hésitante, presque intriguée, il me fallut quelques secondes pour franchir les quelques pas qui nous séparaient, avant de me hisser sur la pointe des pieds pour combler notre différence de taille et l'enlacer doucement, prenant garde à ne pas trop peser de mon maigre poids sur l'homme afin de ne pas trop le faire forcer sur sa jambe. Les quelques mots qu'il me glissa dans un murmure m'arrachèrent un maigre sourire gêné, que je pouvais par chance masquer à sa vue au cours de notre étreinte.

“J'ferais quand même en sorte que ça se reproduise pas...” lui répondis-je finalement d'un ton à peine plus élevé avant de rompre le contact et reculer de quelques pas, plutôt mal à l'aise. Il n'était pas vraiment dans mes habitudes de me livrer à ce genre de contacts plus de quelques secondes, moi qui avait toujours eu tendance à être plutôt distante et sauvageonne par le passé. Comme si la mort avait aussi atténué ce trait de caractère-ci. Quelque part, je me reconnaissais comme totalement méconnaissable. L'étreinte rompue, je me reculais à nouveau de quelques pas, regagna ma position d'origine en le dévisageant longuement, une moue étrangement partagée entre la reconnaissance et la méfiance.

*Méfie-toi toujours des hommes Ivy. Surtout des meilleurs...* Je me remémorais les conseils de mon défunt paternel alors que je n'étais encore qu'une pré-ado. J'essayais de m'imaginer ce qu'il pourrait bien me dire désormais, face à ce monde de merde ; et me rendais compte qu'il me manquait affreusement. Je hochais lentement la tête, à plusieurs reprises, en proie à mes digressions mentales, avant de revenir soudainement au Canadien.

“T'as besoin de quelque chose avant qu'on parte ? Tu veux peut-être manger un truc ? Je comptais prendre la bagnole, mais on m'a visiblement précédé...”

Samuel Freeman

Anonymous
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Ven 17 Juil - 17:17
A la réponse d'Ivy, Samuel ne tenta pas de réprimer son propre sourire, large, éclatant malgré le fait que la jeune femme ne puisse le voir. De son côté, jusqu'à ce que le contact ne se rompe sans qu'il n'ait montré la moindre réticence à laisser la petite s'écarter, il avait largement profité de ce contact, chose bien trop rare de nos jours à l'heure où tout le monde se méfie de tout le monde tout en ayant souvent une irrépressible envie de quelque chose, un moyen de rester connecter à ce qu'il reste d'Humanité en eux.

Bien sur, il ne manqua pas de remarquer l'attitude de l'intello qui suscita en lui certains questionnements qu'il ne tint pas à montrer, gardant son grand sourire pour tout masque malgré le fait que son regard, sous son bouclier, paraisse moins naturel, un peu figé dans le reste de son expression faciale la plus avenante.

Un léger instant s'écoula ainsi alors qu'Ivy paraissait un peu dans ses pensées, cependant, elle se reprit rapidement et revint au principal sujet du jour, l'excursion. A sa question, Samuel laissa enfin s'évanouir son beau sourire pour méditer brièvement à propos de ses besoins. Il ne lui fallut que quelques secondes à se gratter le menton avant de plonger les mains dans ses poches pour en sortir quelques feuilles de papier pliées et repliées jusqu'à ne prendre qu'un minuscule espace bien compact dans sa main.


"Après l'excursion avec Melody, j'avais pris des notes... Faut juste que je retrouve laquelle c'est."

Tout en s'expliquant légèrement sur ce qu'il faisait, il s’exécutait, dépliant un peu chaque papier pour en observer le contenu avant de les replier et les loger dans son autre main. A nouveau, cela ne dura que quelques petites secondes avant qu'il ne s'exclame doucement et déplie complètement une feuille de papier comportant des notes et un plan grossier.

"Voila, on a été surpris par une Horde en revenant, la campagne est assez accidentée et on s'est fait avoir à cause du relief. Attends une seconde, on va aller à la caravane."

A ces mots, il tourna les talons et revint à sa tente pour balancer les morceaux de papiers pliés à l'intérieur et en refermer l'entrée. De ce fait, il laissait là dedans  ses objets de conforts tout en récupérant un paquet de clope usagé et son briquet presque vide ainsi que le sac de course qu'il n'avait pas encore ramené dans le stock de la caravane. Une fois ceci fait, il se retourna vers Ivy et lui fit signe de venir avec lui tout en venant à son côté pour poursuivre vers la caravane. Là, sa voix se fit un peu plus douce, plus basse, il ne désirait surement pas déranger des gens fatigués qui auraient tenus à poursuivre leur nuit jusqu'à ce que le soleil ne soit haut.

"Avec les cartes qu'on a, j'ai essayé de déterminer un itinéraire à l'aide de quelques points notables du paysage mais je n'ai pas encore eu l'occasion de vérifier si il est aussi sur ou clair que je le crois. Dans tous les cas, il faut que je prenne les jumelles, y'en a marre d'apercevoir quelque chose du coin de l’œil et le rater par ce que je n'ai pas les yeux d'un pilote de chasse. Au passage je prendrais aussi un sac et..."

D'une manière un peu distraite, il se tapota sur le ventre sans qu'un gargouillement ne vienne répondre. La faim le tenaillait, comme tous mais compte tenu de son état, il trouvait qu'il s'était bien accommodé des pires réserves que le camp avait gardé avant d'atteindre la famine qui les guettaient tous.

"Ça ira, j'ai grignoté un petit quelque chose ce matin et ce n'est pas l'énergie qui me manque. En revanche, vivement qu'on arrivent en ville, il y a de vilains courants d'airs là."

Crispant légèrement la mâchoire, il continua de marcher tout en se penchant en avant, essayant de rentrer les pans de sa jambe de pantalon dans le trou exhibant sa cuisse histoire qu'ils puissent au moins un petit peu le protéger des vents frais de cette matinée.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 17 Juil - 20:46
J'écoutais Samuel m'expliquer quels pouvaient bien être les dangers placés entre nous et le secteur que nous convoitions, le laissant tout à ses notes prises lors d'une précédente excursion, me narrant les déconvenues que lui et Melody avaient rencontrés sur le chemin du retour. A peu près les mêmes que nous avions eu, Liz', James et moi lors de notre expédition vers l'aéroport. Je me fis la remarque que cette route était passablement dangereuse, malgré nos fréquents passages pour nous rendre en ville ; une situation que rien ne semblait pouvoir arranger. Les errances des infectés se voulaient totalement chaotiques, imprévisibles à moins de créer une quelconque diversion, et nous pouvions en croiser une dizaine comme aucun, en s'en remettant au simple facteur “chance”. Facteur qui brillait par son absence ces derniers temps...

Ramassant boîte à outils et couteau posés au sol, j'emboîtais le pas de Samuel pour l'accompagner vers la caravane, en hochant lentement la tête à sa remarque à propos des jumelles et de sa “vision d'aigle” peu développée ; affichant un léger sourire qui étira mon visage dans un rictus ironique. Moi qui n'était même pas capable de distinguer nettement les contours de ma main en ayant le bras tendu devant moi ; et encore... dans des nuances qui en étonnerait plus d'un.

“Tu sais pas ce que c'est que d'avoir une vision de merde...” lui susurrai-je à mi-voix, d'un ton amusé alors que nous approchions de la caravane.

Je me calais le dos à la carlingue qui jouxtait la porte, sentant les plis du sac à dos vide me rentrer légèrement dans le dos tandis que j'essayais tant bien que mal de trouver un endroit sur la taille de mon jean où glisser ce foutu couteau sans me charcuter la cuisse ou le cul à chaque pas. Malheureusement pour moi, la rigueur de nos conditions de survie n'avait rien fait pour arranger la maigreur qui me caractérisait déjà bien avant l'apocalypse. La ceinture de mon jean baîllait sur mes hanches, me laissant tout le loisir de pouvoir glisser une main entre mon abdomen et le pantalon sans forcer. Trouver une ceinture pour compenser ma perte de poids ne sera pas un luxe non plus.

Patientant que Samuel ne finisse de s'équiper, je laissais mes noisettes vagabonder sur le campement encore calme. Enfin calme... Je me demandais bien qui avait bien pu emprunter la Chevrolet ce matin, et où est-ce qu'il comptaient se rendre. Peut-être les croiserions-nous en ville. En attendant, je me redressais de contre la caravane pour ôter mon sac de sur mon dos, l'ouvrant en grand pour y glisser la caisse à outils. Au moins ne m'encombrerait-elle pas les mains pour le voyage aller. Remettant finalement mon sac sur mon dos, je dus en resserrer les bretelles autour de mes épaules alors que je sentais tout le poids de l'outillage cliquetant s’appesantir sur ma colonne vertébrale. Néanmoins, je me trouvais suffisamment parée pour entreprendre la marche qui nous mènerait vers le secteur A. C'est alors qu'une fulgurance frappa mon esprit, et de cause à effet, j'envoyais ma tête passer par la porte de la caravane, cherchant Samuel du regard.

“Si tu peux aussi prendre un talkie, sait-on jamais...” lui demandai-je d'un ton poli accompagné d'un mince sourire. Avec la perspective de bouger, agir, faire quelque chose et me rendre utile, je sentais mon moral légèrement revigoré, quand bien même cela n'allégeait en rien la morosité qui m'avait gagné depuis quelques jours. Cette excursion revêtait des airs de fond de teint en somme.

Lorsqu'enfin mon binôme serait prêt à partir, je me dirigerais vers la sortie du campement, veillant à rester à ses côtés afin de le soutenir si jamais sa blessure à la jambe se révélait soudainement plus douloureuse. Néanmoins, sur ce maigre trajet, une question ne cessait de m'asticoter à l'égard de Samuel ; question qui attendrait que l'on soit suffisamment éloigné du campement pour être posée.

“T'as dit tout à l'heure que t'avais déjà pris une balle auparavant... C'est arrivé comment ? Ça a pas l'air d'être ton genre. Enfin... J'veux dire, t'as pas la tête d'un mec qu'a fait l'armée ou ce genre de trucs...” Putain mais est-ce qu'il était possible de faire plus maladroit que ça ? “Enfin... J'sais que ça veut rien dire mais... Voilà... J'me posais la question. Enfin... Si c'est pas indiscret...”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 20 Juil - 16:20
Tout en entrant dans la caravane, Samuel confia un clin d’œil furtif à Ivy en réponse à son commentaire sur sa vision quelques peu défectueuse. Pour cette fois, il est vrai que sa remarque n'était surement pas adressé à la meilleure personne et lorsqu'il se faisait reprendre avec autant d'élégance, il n'avait clairement pas le cœur à défendre ses erreurs.

A l'intérieur de la caravane, Samuel eut tôt fait de troquer ses quelques babioles contre le matériel requis pour cette sortie, c'est à dire un sac et une paire de jumelles, cette dernière allant trouver sa place dans le premier qui, lui-même fut enfilé par le jeune homme, ce qui réclama quelques manipulations avec son fusil d'assaut pour ne pas avoir seulement une lanière du sac sur les épaules, ou pire, la seconde lanière qui puisse gèner la prise de l'arme.

C'est alors qu'il replaçait la AK à sa place que la voix d'Ivy lui parvint, lui apportant une intéressante suggestion à propos de la communication. Immédiatement, il tourna la tête vers la jeune femme et acquiesça, répliquant son sourire sur son propre visage, par pur mimétisme, avant de s'en retourner vers les stocks. Là, il se décide à se saisir de l'outil désiré et le glissa dans la poche droite de son pantalon, là ou le tissu avait le moins souffert.

L'échange étant terminé, il se dirigea vers le registre où il nota entrées et sorties du stock avant de ressortir dans les courants d'airs qui lui hérissèrent immédiatement le poil sans qu'il ne se donne la peine de s'en plaindre. Et ainsi, fin prêt, ils s'en allèrent vers le soleil, ce qui suscita une question intérieure pour Samuel... Où s'en étaient-allées toutes les lunettes de soleil de ce monde ?

Cependant, il ne se laissa pas distraire longtemps par cette question métaphysique, prestement, ils se trouvèrent assez loin du camp pour que la carte et les jumelles commencent à trouver leurs utilités, mais aussi pour que Ivy révèle toute la curiosité qui l'habite. Indiscrète ? Sans aucun doute, mais ce n'est pas Samuel qui allait lui faire la leçon dans ce domaine, peut-être même qu'il devrait en tirer une en voyant la patience dont Ivy à fait preuve... La confiance également... Ce n'est pas le meilleur endroit pour découvrir que son unique compagnon de route est une personne peu recommandable.

Malgré cela, il préserva son calme mais ne lâcha pas de sourire cette fois, se contentant de désigner son sac en premier lieu avant de parler, le ton neutre, le regard attentif :


"Ça ira, ne t'inquiète pas, mais avant, si tu pouvais me donner la paire de jumelles, elles sont dans mon sac."

En sachant bien la différence de taille caractérisant cet étrange couple, il se stoppa et s'abaissa un peu pour faciliter la prise à Ivy, cette attente lui permis de penser tranquillement sa réponse puis de la lui offrir avec sérénité.

"Comme tu le sais, je vivais à Harlingen. J'étais à la frontière avec le Mexique et ce n'était pas toujours le meilleur coin pour vivre. Entre l'immigration, les trafics en tout genre et le fait de tenir des boutiques à la pointe de la technologie commerciale, je n'ai pas passé dix ans derrière un bureau à uniquement faire des entretiens et des réunions.

C'était il y a sept ans... Je crois..."


Un peu méditatif, il se repris rapidement et pris les jumelles dès que Ivy les lui tendraient, inutile de perdre plus de temps que nécessaire la dessus.

"Disons que j'ai énervé la mauvaise personne. Les filiales d'Impritech à la frontière avaient évidemment pour objectif d'attirer l'attention d'entreprises et de particuliers mexicains et... Dans le même temps, on avaient une bonne partie d'employés d'origine étrangère, tous propre vis à vis des services de l'immigration. Bref, je ne suis pas trilingue pour le plaisir, je traitais avec beaucoup de gens qui préféraient parler espagnol plutôt qu'anglais."

Les jumelles en main, il regarda les prismes, de chaque côté, afin de s'assurer qu'ils étaient convenablement dépoussiérés ou, si ce n'était pas le cas, réaliser le dit dépoussiérage à l'aide d'un pan de sa chemise.

"Ça faisait trois ans que je bossais ici, je m'étais habitués aux remarques et menaces des gens les plus bas du front. Seulement, un jour j'ai envoyé paitre un client qui ne voulait pas être par un "métèque", en retour, une bande de gros bras ont essayés de ravager nos bureaux."

A cette pensée, un léger sourire se montra sur ses lèvres, cependant, il s'effaça aussi rapidement qu'il était apparut. Il jeta alors un coup d’œil dans les binoculaires afin d'observer un large cône de terrain devant eux, hélas, en partie masqués par certains écueils, collines et dénivelés de terrain.

"Un seul avait une arme à feu, mais je ne m'y étais pas attendu. Je les aient menacés avec mon colt .45 personnel et l'armé de la bande a répliqué. L'échange a été bref mais intense. C'est notre chef de la sécurité qui l'a abattu mais, entre temps, j'avais reçu un bout de plomb dans le mollet."

Un petit coup d’œil à sa carte et un signe pour se mettre en marche, et les revoilà lancés, rythme de marche tranquille, ponctués de nombreux coup d’œils dans les jumelles.

"J'ai eu moins de chance que l'autre jour, la balle était restée dans ma jambe et j'ai eu fréquemment des crampes dans le muscle pendant deux ans environ, sans parler de tout le bordel post-opératoire et les tours au centre de police pour retracer le reste de la bande qui s'était convenablement dispersé. Sale affaire mais je m'en suis bien tiré au final. On a eu d'autres problèmes, mais après cet incident, je me suis très convenablement entrainé, ce qui m'a permis de garder l'ascendant avec la racaille."

Son histoire terminée, il se concentra complètement sur leur route. Et quelle route, eux qui n'étaient pas réellement fait pour le tout-terrain, surtout Samuel et ses godasses à l'agonie, ils firent un nombre conséquent de détour, en particulier pour s'écarter des zones de visibilité réduite ou, au contraire, se donner la peine de prendre un peu de hauteur pour examiner les environs.

Quelques zombies furent de la partie, fort heureusement, isolés, voir carrément rampant, le duo ne pris pas la peine de les éliminer alors que les esquiver fut d'une grande facilité. En complément, quelques bêtes sauvages allaient et venaient dans la plaine sans avoir l'air de craindre outre mesure la menace permanente de la mort geignarde.

Le seul vrai inconvénient de tout ce cirque fut de largement rallonger leur route, les forçant à continuellement se détourner de la ligne et finalement effectuer près de deux fois la distance à faire en ligne droite, ce qui ne fut surement pas au gout de leurs petons. Ce n'est qu'à l'approche de la ferme que Samuel et Melody avaient visités qu'il stoppa enfin la marche. Hélas, vu la tête que le jeune homme tira, ce n'était visiblement pas simplement pour se reposer.


"Eh merde..."

Un coup d’œil dans ses jumelles lui confirma immédiatement la mauvaise nouvelle, plusieurs affamés cognaient mollement sur la grange jouxtant la bâtisse, une grange qu'il savait être le refuge d'un être vivant, emprisonné là depuis Dieu sait combien de temps. Le visage tordu par une inquiétude bien légitime, il regarda Ivy avant de lui confier quelques mots :

J'espérais repasser là pour trouver un chien. J'ai l'impression qu'il s'est piégé tout seul la dedans mais... Je n'arrive pas à savoir combien ils sont en totalité à cogner sur les murs. Il ne doit surement y avoir que ceux que je voit mais ce n'est pas sûr...

Divisé entre sa prudence et son empathie, il demeura là, se mordant la lèvre inférieure tout en réfléchissant à pleine vitesse pour trouver une solution miracle. L’inquiétude se lisait toujours sur son visage, mais il ne laissait rien transparaitre d'autres, ni peur, ni panique, ni angoisse, il avait déjà une solution toute trouvée, y aller l'arme au poing et étaler tous les emmerdeurs qui en auraient après leurs fesses encore trop dodues à leur gout... Mais ce n'était pas la meilleure idée qui soit, ça non...

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 20 Juil - 18:36
A la demande de Samuel, j'acquiesçais silencieusement d'un hochement de tête et passais dans son dos pour sortir les jumelles de son sac-à-dos avant de les lui remettre, tendant l'oreille vers le début de réponse qu'il offrait à mes précédentes questions portant sur son passé et sa blessure. L'écoutant attentivement, je m'instruisais littéralement de son histoire personnelle, m'étonnant même de voir qu'un “simple” boulot de commercial pouvait receler de tels risques, ancrant en moi la certitude que le monde dans lequel nous avions vécu était complètement barge. Au moins j'apprenais que le Canadien savait y faire avec les armes à feu, du moins auparavant. Ses aptitudes étaient-elles revenues depuis notre résurrection ? Je n'avais pas eu le souvenir de le voir s'entraîner au tir au campement, ni même l'occasion de le voir user d'une de ses armes depuis notre réveil.

Je le laissais terminer son histoire, puis ouvrir la marche vers le secteur, reconnaissant au loin quelques détails du terrain que nous avions parcouru lors de notre précédente excursion avec James et Liz' ; mais je ne manquais pas de pester intérieurement contre les détours que quelques groupes isolés d'infectés nous obligeaient à faire parallèlement à la route principale afin de les éviter. Et je devais bien avouer que progresser sous un ciel de plus en plus couvert, annonçant probablement des pluies à venir et un léger vent qui n'arrangeait en rien la température déjà fraîche était en train d'ébranler un poil ma motivation à partir en excursion. Enfin, je ne comptais pas faire demi-tour, mon estomac vide et la fatigue consécutive à cette sensation de faim quasi-perpétuelle me poussant à aller toujours plus de l'avant.

Je n'avais rien dit suite à l'histoire de Samuel. Déjà parce que je pensais avoir été suffisamment curieuse pour aujourd'hui, mais surtout parce que je n'avais rien à répondre à cela. On ne m'avait jamais tiré dessus, enfin, si, mais seulement au-travers d'un écran sur des jeux-vidéos ; et puis je ne baragouinais même pas deux mots d'espagnol histoire de faire causette. Et comme l'homme n'avait pas relancé de sujet de conversation derrière, ni même été curieux vis-à-vis de moi, j'avais choisi de gardé le silence. Une petite voix hargneuse d'arrogance résonna quand même dans mon esprit, me susurrant de sa voix éraillée que je ne présentais pas vraiment d'intérêt, ni pour Samuel, ni pour personne. Je secouais la tête pour chasser cette idée débile et me concentrais à nouveau sur la route.

A l'horizon, je crus voir se dessiner les toitures de quelques baraques éparpillées, annonçant très probablement que nous approchions enfin de notre destination. Je plissais les paupières pour essayer de distinguer d'éventuelles silhouettes indésirées dans le quartier, mais l'exclamation de Samuel eut tôt fait de dissiper mes doutes à ce sujet. Tournant son regard dans ma direction, il me fit un rapide topo de la situation, et de ses intentions. Je fronçais légèrement les sourcils lorsqu'il fit mention d'un chien, mes noisettes lorgnant d'abord sur l'homme, puis sur le corps de ferme devant nous. Il me semblait que Samuel tournait ses réflexions et sa concentration vers le problème que posait la récupération – pas pour le bouffer j'espérais – du chien. Probablement ses grognements et ses glapissements avaient-ils attirés par là quelques infectés rôdant dans le quartier ; à moins que l'animal ne soit déjà mort et que seule l'odeur de son cadavre n'attire les zombies. Je décidais de prendre la parole, sautant sur l'aubaine qui s'offrait à nous.

“Le chien nous offre une diversion pour l'instant...” commençai-je à voix basse, craignant que l'un des infectés ne m'entende alors que nous étions relativement loin. “On pourrait en profiter pour aller s'occuper d'une autre maison, et voir sur place ce qu'on pourrait à notre tour créer comme diversion pour éloigner les zombies de la grange, et récupérer le chien ensuite. Qu'est-ce t'en penses ?”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 20 Juil - 21:18
Malgré le fait que son propre cerveau tourne à plein pot pour trouver une solution miracle, Samuel n'en demeura pas moins attentif à la réponse d'Ivy dont il espérait tirer les clés d'un raisonnement moins formaté que le sien. Et au fond, c'est ce quelle fit en le contraignant plus ou moins à accepter l'idée qu'ils ne devraient pas agir immédiatement, même en conservant tout leur sang-froid.

Malgré tout, cela ne sembla pas lui enlever un quelconque poids, préservant son air inquiet. Cela expliquera sans aucun doute sa réticence à simplement acquiescer à la suggestion d'Ivy même si, après un instant à danser entre les deux plans, il ne rende finalement les armes en murmurant, à nouveau par mimétisme plus que par prudence naturelle tant il s'était assuré que les environs soient vides. Cela ne l'empêcha pas de louer la discipline de la jeune femme pour cette fois où elle le surpassait sans avoir des airs de paranoïaque.


"Passe pour l'autre maison d'abord, mais ne trainons pas... De toute façon, nous n'avons pas de quoi emporter une tonne de matos, donc on cherche de la nourriture et dès qu'on a fait le plein, de nourriture ou non, on revient, on se débarrasse d'eux et on rentre."

A nouveau, il posa les jumelles devant ses mirettes afin d'examiner les environs et de jauger les environs. La route séparait le petit complexe fermier d'autre chose, une route avait été tracée mais à cette distance, tout ce qu'il pouvait jurer, c'est qu'il y avait quelque chose mais que ce n'était pas une maison.

Plus encore sur leur gauche, se trouvant la maison qu'il savait vide par les registres d'exploration, ainsi, aucun intérêt à part se fatiguer et risquer de tomber sur quelque chose pour ne pas recevoir le moindre gain. Et si ils désiraient trouver autre chose d'inexploré et intéressant, il leur restait alors à effectuer une longue marche... Cela, Samuel s'y refusait encore. Cependant, il ne l'avoua pas ainsi à Ivy, pointant de manière peu voyante la zone voisine où se trouvait "pas une maison".


"On peut tenter là, avec un détour, on est certain de ne pas être vus et cela reste proche... On peut immédiatement repartir vers le camp en cas d'ennui, on sait que c'est assez propre derrière nous. Même avec les jumelles, je n'arrive pas à distinguer correctement ce que c'est, il n'y a juste pas de maison à première vue, mais quelque chose se tiens là, j'ignore quoi mais on le verra en se rapprochant."

De là, Samuel observa la petite intello en esquissant un tout petit sourire contrastant avec son air préoccupé. Cependant, avant quelle ne réponde, un éclair illumina ses souvenirs, lui rappelant certaines choses à propos de l'ancienne maison visitée jouxtant la grange mise à l'épreuve.

"Merde... La porte sur le côté, je n'ai pas la clé, c'est Melody qui l'a, zut... Mais il y a la baie vitrée... Qu'on a pas essayés d'ouvrir, grmf, ça aurait été facile de les amener d'un côté et ressortir d'un autre. M'enfin, la maison là, je l'ai visité avec Melody, je ne suis pas sur qu'ils aient de quoi se fringuer à la pointe mais il doit bien y avoir un petit quelque chose... Les parents étaient du troisième âge mais la fille ne doit pas être tellement plus grande que toi, dur de comparer avec des photos ancienne et je n'ai pas eu le temps de..."

Subitement, il se coupa dans son monologue murmuré et serra la mâchoire. Son air inquiet s'effaça derrière une légère douleur qui lui pris la cuisse, rien de méchant, seulement hautement désagréable compte tenu du fait qu'il n'avait presque rien sentis pendant le voyage et que cela le prenait maintenant qu'il se contentait de se tenir debout. Quoi qu'il en soit, tout en frottant un peu sa main dans le trou de son pantalon, il lâcha quelques mots, étonnamment doux compte tenu de son air passablement exaspéré.

"Excuse moi, des fois je ne sais pas quand la boucler, on devrait trouver du tissu propre dans la maison à condition d'éloigner les geignards de là."
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