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[CFJ, A, 2] Se dégourdir les jambes - 24/01/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 20 Juil - 23:39
Et alors que Samuel observait les environs qui bordaient le corps de ferme où était sensé se trouver le chien, je m'accroupissais lentement, tâchant de me faire discrète au possible quand bien même aucun danger ne se trouvait à une proximité immédiate de nous. Je hochais lentement du chef aux descriptions qu'il me faisait des lieux, tandis que je tentais de visualiser mentalement la description des lieux qu'il me donnait, ne sachant trop quoi faire de son “pas une maison” qu'il me décrivait. Au moins avait-il accepté l'idée de ne pas foncer tête baissée vers la ferme et sa grange au prisonnier canidé dans un premier temps. Était-ce là la manifestation d'un signe d'une quelconque confiance de sa part ? Rien n'était moins sûr...

“Okay... Okay...” répondis-je à ses instructions/suppositions quant à notre prochaine destination. Je plissais les paupières afin de tenter de mieux visualiser de ma vision défaillante le lieu qu'il me décrivait, sans réellement pouvoir en distinguer les détails. Il était vrai que nous étions encore à bonne distance des premières habitations, et que ma vue, loin d'être acérée et encore moins renforcée par l'utilisation de jumelles, laissait grandement à désirer. Néanmoins, je ne pouvais qu'acquiescer à son plan. Nous concentrer vers autre chose que ce corps de ferme, faire une razzia rapide et efficace sur les lieux et foutre le camp aussi rapidement que nous pouvions nous le permettre.

Je tiquais presque lorsqu'il me parla de la clé détenue par Melody et la présence d'une baie vitrée, ayant presque envie de lui répondre qu'on la défoncerait d'un jet de caillasse bien placé plutôt que d'agir en finesse si cela visait le but d'extraire le clébard de sa prison de planches. Très sincèrement, jamais je n'aurais osé risquer ma vie, ni celle – encore moins –  de Samuel pour sauver un clébard, quand bien même j'adorais les chiens ; mais cela semblait lui tenir particulièrement à coeur.

Je l'écoutais décrire les lieux et l'approche lorsque sa blessure à la cuisse sembla se raviver, en témoignât le massage qu'il exécuta de sa main libre contre sa blessure. Les traits de mon visage se durcirent légèrement, grimés par une mine inquiète et soucieuse de son état de santé. Je me blâmais dans la foulée de l'avoir entraîné là-dedans alors qu'il n'était pas encore complètement remis de tout ça, du moins était-ce ce que je supposais en l'observant. Penchant mon visage dans sa direction, je l'observais longuement, mes prunelles écarquillées trahissant l’inquiétude qui venait de me saisir.

“Ça va aller ?” lui demandai-je d'un ton tout en conformité avec mon expression faciale. Je crispais les mâchoires alors que je me rendais compte de mon erreur. Ma trouille et mon appréhension m'avaient conduit à entraîner Samuel dans une position plus qu'indélicate ; aussi me plaçai-je face à lui, posant mes mains sur ses épaules – du moins autant que ma taille inférieure me le permettait – en le secouant très légèrement. Je me mordis la lèvre inférieure en le dévisageant, une certaine culpabilité gravant mes traits.

“Putain...” soupirai-je d'un ton coupable. “J'aurais pas dû t'embarquer là-dedans...” confessai-je, la voix assourdie par les remords. Je me pris la tête entre les mains, crispant mes doigts autour de ma tignasse tout en cédant à une profonde réflexion avec moi-même.

*Okay Ivy, panique pas... On va réussir. C'est obligé putain...* m'encourageai-je silencieusement en faisant quelques allers-retours devant le Canadien.

Quelques instants plus tard, je lui offrais mon épaule en guise d'appui afin d'entamer notre progression vers ce qui n'était “pas une maison”, bien maigre appui que je pouvais constituer pour sa jambe blessée. Néanmoins, dans un regard et un sourire légèrement contrits, je lui soufflais en grimaçant : “J't'ai dit que j't'abandonnerai pas. Plus jamais... ... ... Putain... On t'a jamais dit que t'étais lourd sérieux ?”

Mais au-delà de mes complaintes que je m'évertuais au final à prendre sur moi, au rythme d'une légère claudication, je tâchais de guider le Canadien et moi-même vers notre objectif qui, au fur et à mesure des mètres que nous couvrions, s'avéra être une baraque encore en construction, abandonnée-là dans son plus simple appareil de fondations et sous-sol bruts ; à côté de laquelle se trouvait installé un mobil-home à moitié dévoré par un incendie ayant calciné sa moitié antérieure.

Au terme de notre progression et malgré la fraîcheur hivernale, je me retrouvais le front dégoulinant de sueur d'avoir soutenu Samuel tout le long de notre trajet détourné afin d'éviter au maximum d'attirer les rôdeurs massés autour de la grange. Et alors que le mobil-home calciné  s'offrait à mon regard, je fus saisie d'une appréhension défaitiste quant à nos chances d'y découvrir quoi que ce soit d'utile. Et s'il y avait bien une palette ou deux de matériaux trônant non loin de la maison en construction, bouffées par l'humidité et l'abandon, ni Samuel ni moi n'étions en mesure de ramener de telles charges et encombrants au campement. Un véhicule nous serait très probablement nécessaire pour cela.

Je me dégageais de l'étreinte du Canadien au bout de quelques secondes, lui laissant une instruction tout à fait claire et concise : “Couvre-moi” ; au moment où je m'engageais en direction du mobil-home dont la porte d'entrée tordue et noircie par les flammes s'offrait à ma vue. Instinctivement, je m'accroupissais dans les herbes à moitié hautes et desséchées qui avaient envahi les alentours du chantier, se dressant comme de véritables sépultures végétales sur un monde qui ne nous appartenait plus. Progressant avec lenteur en direction de la demeure temporaire, mon poing droit serré sur le manche du couteau de cuisine, je m'avançai en direction de la porte gondolée puis, au terme d'une longue inspiration pleine d'appréhension et d'un regard inquiet lancé en direction de mon compagnon d'aventure, l'ouvrait d'un geste vif.

Si c'était pas un putain de zombie qui aurait ma peau, j'étais certaine que c'était une putain de crise cardiaque inhérente à la trouille qui me vrillait les tripes en cet instant. Mais du battant en contreplaqué et plastique fondu ne jaillit rien d'autre que des volutes de cendres grises et pâteuses.

“Putain...” soufflai-je en plaquant mon dos contre la carlingue du mobil-home, soulagée de ne voir aucun dégénéré en surgir dans un grognement rauque, prêt à me dévorer et me réduire en charpie. “Mais quel boulot de con...” murmurai-je dans une grimace apeurée, empoignant soudainement mon couteau à deux mains et le rapprochant contre ma poitrine. Trois expirations saccadées plus tard, je me décidais à passer la tête au-travers de l'ouverture, afin de m'assurer de l'absence de toute créature anthropophage, puis adressais un hochement de tête vers Samuel.

“La voie est libre.”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 21 Juil - 15:00
A la question d'Ivy, Samuel la regarda, crispant un sourire un coin par dessus son exaspération tout en hochant la tête. Ça allait mais c'était aussi désagréable qu'un caillou dans la chaussure, une poussière dans l’œil ou une envie pressante... Pas moyen de soulager ça dans la seconde, et surtout, cela pouvait survenir n'importe quand, n'importe où, de quoi gonfler sévèrement un homme qui aime concevoir des plans bien ficelés et voir intervenir le hasard dedans.

En revanche, il sembla quelques peu surpris de la réaction suivante de la jeune femme qui lui donna alors l'impression d'être aux prises avec une angoisse qui n'avait pas vraiment lieu d'être. Doucement, il se permis de tapoter l'épaule de l'intello flippé pour la rassurer alors quelle se prenait la tête dans les mains.


"Ivy, ça va aller, ça fait juste un peu mal. Dans l'école, j'ai du me battre contre deux type en trainant cette jambe qui pissait le sang, c'est incommodant, c'est tout."

En sus de ces paroles aussi réconfortante que possible, le jeune homme ne rechigna quand même pas trop à se servir de la petite comme appui histoire d'éviter de faire trop travailler sa cuisse pour le moment. Leur différence de taille ne permettait pas un grand gain de confort, mais au moins ils purent cheminer jusqu'à leur objectif à une vitesse raisonnable et sans que la douleur ne s'accentue.

Et dans le même temps, Samuel ne tarda pas d'ailleurs à se ré-habituer, bon gré mal gré, à cette désagréable sensation et à retrouver son attitude neutre malgré un boitillement notable de sa part. Il se permis même un très léger rire en répondant à la question rhétorique d'Ivy :


"A dire vrai, non. Mais avant aujourd'hui, jamais une poids plume n'avait autant insisté pour m'aider à marcher."

A ce sujet, il préféré occulter le fait que la famine frappant le camp y jouait beaucoup puisque là où la petite courageuse n'avait plus que la peau sur les os, l'ex-manager semblait avoir mieux préservé sa masse corporelle, sans aucun doute grâce à tout le repos qu'il a put prendre. Ce n'était pas vraiment une chose à faire remarquer et moins la faim était évoquée, mieux c'était.

Bref, lorsqu'ils se rapprochèrent de leur objectif, là ou sa coéquipière observa cette découverte d'une manière plutôt négative, Samuel se sentis en revanche des plus revigoré. Peu de chance de trouver de la nourriture ici, mais en revanche, des outils ou du matériel de pointe pouvait encore dormir dans le coin en ayant échappé au pillage par l'aspect des plus délabré du seul abri en place.

Avant même que le canadien ne donne d'instructions à propos du mobile-home a moitié effondré, Ivy devina parfaitement la marche à suivre en lui demandant ce pourquoi il était le plus efficace en de telles situations. De fait, la paire de jumelles toujours accrochée à sa main droite, il pris calmement son pistolet dans sa main gauche et en vérifia la sécurité ainsi que l'armement avant de le pointer en direction de la porte, mais pas assez haut pour la viser... Sans aucun doute pour éviter d'avoir une jolie femme droit dans sa ligne de mire.

Cela ne l'empêcha pas de pointer très convenablement l'entrée dès quelle fut ouverte tout en grinçant des dents pour s'épargner une exclamation à propos de sa jambe un tantinet réfractaire à toute cette tension. Il demeura en position, ainsi, bras gauche levé, prêt à faire feu, jusqu'à ce que la jeune femme ne lui confirme l'absence de danger à l'intérieur.

Tout en abaissant son arme à feu, il se rapprocha d'un pas lent, boitant un peu plus ostensiblement malgré le fait qu'aucune douleur ne se montre sur sa trombine fatiguée.


"Vas-y, je vais rester faire le guet ici. J'irais faire un petit tour quand tu auras finie."

Et aussi certain qu'elle suivrait ses instructions, il se posta à deux pas de l'entrée de l'abri de chantier pour scruter les environs immédiats. La dites entrée pointant vers l'Est, il pouvait tranquillement effectuer sa surveillance sur les environs du secteur A tout en gardant à l'esprit que le chemin entre eux et le camp demeurait sans surveillance pour l'instant, ce à quoi il lui faudrait remédier avant de tenter quoi que ce soit vers la ferme...

Ce serait dommage de devoir improviser la mission de sauvetage canine à grands coups de bang bang pour s'apercevoir deux cents mètres plus loin qu'un car de touriste en putréfaction se balade dans la plaine à la recherche du buffet à volonté... Et qu'il vient d'être annoncé !

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 21 Juil - 17:18
A l'invitation de Samuel, je m'engouffrais à l'intérieur du mobil-home, me baissant légèrement pour passer sous le plastique fondu du toit qui s'étirait vers le sol en une large langue rigide de matériaux composite, laissant filtrer la lumière du jour par l'ouverture calcinée. Chacun de mes pas laissait une empreinte nette dans la couche de cendres tapissant le sol de la cabane de chantier. Sur ma droite se trouvaient les restes calcinés d'un bureau, probablement celui du chef de chantier ou je ne savais quel manoeuvre, dont seule la structure métallique en aluminim avait résisté à la chaleur du brasier. Sur ma gauche, une rangée de vestiaires métalliques bleus, épargnés par les flammes mais légèrement recouverts de la même couche de cendres qui donnait une teinte morne et grisâtre à l'ensemble du petit local en préfabriqué. A mes pieds, un extincteur renversé, goupille retirée, me révélait que quelqu'un avait combattu les flammes, raison pour laquelle le mobil-home n'avait été entièrement consumé.

Face aux casiers, une petite kitchenette de chantier avait été aménagée, présentant un évier et deux plaques électriques suplombant un petit réfirgérateur table-top. Je me dirigeai vers l'appareil électroménager, puis en ouvrit lentement la porte dont le joint collé résista quelques instants à mes assauts, pour finalement libérer dans l'atmosphère un air aux relents de putréfaction. Je jetais un coup d'oeil rapide à l'intérieur, n'y découvrant qu'une épaisse couche de moissure rampante sur les clayettes, ayant poussé sur quelques plats préparés. Je refermais la porte avec une grimace dégoûtée, l'odeur ayant chassé de mon esprit toute sensation de faim pour de longs instants selon moi. Dépitée, je me rabattais vers les casiers métalliques, dont les loquets se voulaient toujours cadenassés. Un mince sourire éclaira mon visage alors que je comprenais que l'endroit n'avait pas encore était fouillé. Je tirais sur les différents cadenas, espérant que ceux-ci aient pu rester ouverts, en vain.

Lâchant un bref soupir, j'ôtais mon sac de sur mon dos pour le poser à mes pieds à côté de mon couteau, puis en sortais la caisse à outils, ouvrant cette dernière afin de trouver de quoi faire péter ces foutus cadenas. Dénichant un tournevis plat assez large et me saisissant du marteau, je plaçai la pointe plate du tournevis à la jointure entre le verrou et la anse, puis frappai d'un grand coup sec qui résonna contre le métal creux et dans l'espace peu encombré autour de moi. Néanmoins, le verrou à clé résista à mon premier assaut, aussi dus-je le répéter une seconde fois pour parvenir à faire sauter le verrou.

“Y'va pas m'faire chier ce con...” marmonnai-je en dégageant la anse désormais orpheline de l'orifice du loquet, tandis que je virais le corps du verrou tombé à mes pieds du bout de ma godasse. Puis j'entrepris de réserver le même sort aux cadenas des trois autres casiers jouxtant le premier. Une fois ma tâche accomplie, je rangeais les outils proprement dans la caisse, puis débutais mon inspection des casiers. Une inspection qui ne m'offrait guère de satisfaction vis-à-vis des trouvailles proposées, là où j'espérais vraiment venir ici pour trouver de la bouffe et de quoi remettre le camion en état. Casques de chantier, casques anti-bruit, lunettes et gants de protection, quelques vêtements de travail et deux paires de chaussures de sécurité, de pointures bien trop grandes pour mes propres panards. Je récupérais néanmoins les vêtements de travail et les lunettes de protection et les tassais au fond de mon sac-à-dos, ainsi qu'une ceinture à outils qui elle, me serait d'une bien plus grande utilité.

Je lorgnais sans grand intérêt sur les quelques papelards entassés au sommet de l'un des casiers, découvrant là un permis de construire et toutes les obscures références légales au chantier, la seule information que je trouvais digne d'intérêt étant le nom et l'adresse de l'entreprise de gros-oeuvre installée sur Snyder, quand bien même je n'avais aucune putain d'idée d'où cette adresse pouvait bien se trouver. Je récupérais ce simple papier-là et le pliais en quatre avant de le fourrer au fond du sac, avant de le refermer et le remettre sur mon dos. Attrapant mon couteau de la main droite, la caisse à outils dans la gauche, je me décidais à ressortir du préfabriqué pour retrouver Samuel.

“La place est à toi. Ya des chaussures de travail dans les casiers sur la gauche,” lui indiquai-je en lorgnant longuement sur ses chaussures de ville défoncées. “J'espère qu'elles seront à ta taille. En attendant, je vais faire le guet. T'as remarqué d'autres trucs intéressants dans le coin ?”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 22 Juil - 13:55
Aussi vigilant que possible, Samuel déportait doucement son poids d'une jambe à l'autre, guettant les environs avec et sans l'aide de sa paire de jumelles. Comme rien ne semblait vouloir se dérouler dans les parages hormis la grange encerclée, il s'éloigna un petit peu de l'entrée de l'abri et alla jusqu'au coin consumé et écroulé qui lui offrait une vue vers la plaine de l'Ouest. Rien de formidable compte tenu de l'inégalité du terrain, mais un aperçu quand même qui devait l'assurer que rien n'approchait d'eux à découvert, pour le moment en tout cas.

Il ne tarda pas à rejoindre l'entrée lorsqu'il entendit des bruits métalliques venant de l'intérieur du mobile-home. Un bref coup d’œil lui permis de voir que la petite Ivy se battait vaillamment avec des serrures, ce qui lui fila un petit sourire. Comme quoi, même pour une non-combattante, elle possédait de la ressource et ne manquait pas de débrouillardise.

Bien sur, le canadien ne demeura pas bêtement là à l'observer et repris son poste de garde en effectuant sa surveillance minutieuse des mouvements alentours, et ce jusqu'à ce que l'intello ne vienne prendre sa relève, lui offrant par la même quelques indications et une petite question à laquelle il répondit en lui donnant la paire de jumelles.


"Rien pour le moment. Guette surtout la maison, là sur la gauche mais sans en avoir l'air. C'est là que je posterais un éclaireur ou un tireur embusqué si je cherchais à nous liquider, et si tu vois quelque chose de suspect, tu rentres à l'abri pour me prévenir. C'est dommage qu'on ne soit pas venu dans l'après-midi, pour le moment, si quelqu'un à une lunette pour nous observer, c'est nous qui offrons un reflet voyant... Je penserais à le notifier aux autres, mieux vaut avoir le soleil derrière soi que devant soi.

Bref, reste attentive mais ne te stress pas, okay ?"


Il attendit convenablement que la jeune femme ait acquiescé avant de pénétrer à son tour dans l'abri tout en rangeant son pistolet. Ceci fait, tout en se massant un peu la cuisse, il ôta son fusil d'assaut de sur son dos et le posa, adossé à un meuble en piteux état. Il ne lui restait alors plus qu'à enlever son sac pour le poser à son tour, sur un support fiable, puis à commencer son pillage qui devrait se terminer par une petite fouille plus minutieuse, en particulier du coin effondré.

De fait, il vérifia les chaussures de sécurité qui se trouvaient être une pointure plus grande que la sienne. Malgré cela, il les troqua volontiers contre ses chaussures de villes bien niquées... Il pourrait toujours les porter au camp et se faire un peu violence sur son image lorsqu'il serait de sortie. Hélas pour le jeune homme, il lui faudrait attendre de passer par l'autre maison pour espérer attraper un pantalon. Malgré cela, il avisa les casques anti-bruit et en prit deux qu'il rangea donc avec ses chaussures de ville dans son sac... Car lui avait déjà du se forcer à dormir malgré la présence d'une horde, et longtemps il avait regretté l'absence de tels objets.

Quoi qu'il en soit, il continua de fouiller ce que Ivy avait déjà zieutée, passant même par le frigo pour se faire aussi bien "refroidir" que sa comparse. Ce n'est qu'après cela qu'il s'en retourna vers les décombres en partie calcinés de l'autre partie de l'abri. Il n'en espérait vraiment pas grand chose, d'autres pillards avaient déjà du s'occuper de ce qui trainait dehors un peu trop en libre service, comme des outils abandonnés, un groupe électrogène, ce genre de choses... Mais il se refusait à partir sans avoir jeté un œil là.

Ré-armé de son fusil d'assaut, il donna de petit coups de canons contre des bouts de parois, en repoussa d'autres, soulevant de la poussière, faisant tomber des gravats. Rien ne sembla vouloir se montrer mais c'est lorsque Samuel s'en retourna vers son sac, prêt à le prendre pour ressortir, que quelque chose l'interpella. Un faible rayon de soleil brillait contre le plafond plus ou moins intact de l'abri, ce qui n'était pas causé par l'entrée qui n'en laissait entrer qu'un petit carré vu la hauteur actuelle de l'astre solaire.

Intrigué, Samuel s'en retourna vers les décombres et fouilla à la main, en vain, jusqu'à se donner la peine de tracer le parcours logique entre les sources de lumière venant de la partie effondrée du petit bâtiment et le petit éclair de lumière. C'est ainsi qu'il repéra la surface réfléchissante et put se mettre en quête de la libérer du fatras qui la bloquait. Là, plusieurs minutes furent nécessaire afin de remplir cet objectif et c'est ce pourquoi le jeune homme ne manqua pas de prévenir sa coéquipière :


"J'ai vu quelque chose dans les décombres, je le dégage mais ça va prendre un petit peu de temps."

Et ce n'est qu'au bout de ces bien longues minutes qu'il put tirer l'objet de ses convoitises, à la fois découverte fabuleuse et déception monumentale. Il venait de tirer un chargeur solaire puissant ainsi qu'une caméra fixe, liés tous les deux par un câble d'alimentation, la mauvaise nouvelle, c'est que le câble liant les deux objets était sans aucun doute la partie la moins endommagée de l'ensemble. Inutile de nier ou d'avoir de l'espoir, un simple coups d’œil aux objets et l'état de l'abri faisait bien comprendre que le tout avait aussi bien mangé l'incendie que l'effondrement. Malgré cela, il ne manqua pas de prévenir la guetteuse de l'étrange butin :

"Bon, eh bien... Il faudra surement être un génie pour en faire autre chose que des presses-livres, mais j'ai dégoté un générateur solaire et une caméra de surveillance. Il te reste de la place dans ton sac ?"

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 22 Juil - 18:48
J'écoutais Samuel me faire un rapide topo de la situation. Déposant la caisse à outils à côté de l'entrée du préfabriqué pour me libérer la main gauche, je m'emparai ensuite de la paire de jumelles tendue par le Canadien, acquiesçant d'un hochement de tête à sa dernière suggestion. Ne pas me stresser pour rien... J'allais essayer ouais, quand bien même son histoire de tireur embusqué n'était pas pour me rassurer.

Je laissais l'homme pénétrer dans le petit local de chantier pour procéder à sa propre fouille et récolte et commençais à observer les alentours, utilisant ou non les jumelles pour guetter les endroits les plus lointains, les formes les plus étranges créées par la végétation rabougrie qui couvrait la large plaine au relief légèrement accidenté. Me tournant sur ma droite, je portai mon regard en direction du corps de ferme où était censé se trouver terré le chien que Samuel convoitait, essayant de dénombrer les infectés qui s'agglutinaient autour de la grange, en vain. Les silhouettes se voulaient bien trop distantes et entremêlées pour que je puisse en faire un compte exact, d'autant que ma vision altérée des couleurs ne m'aidait en rien à distinguer les surfaces de chair putrescente à la couleur de la grange.

Exécutant une reconnaissance hémi-circulaire autour de moi, je passais en revue les fondations de la maison l'air de rien, ne m'attardant sur aucun détail particulier afin de ne pas susciter la curiosité d'un éventuel planqué qui se sentirait soudainement menacé d'être découvert ; quand bien même il était peu probable qu'un individu ait décidé de se terrer ici juste aujourd'hui, juste maintenant. Quoique... Avec le bol que nous avions. De fil en aiguille, cela me ramena aux événements survenus à l'école. Quelle était la probabilité réelle que deux groupes d'individus distincts se retrouvent en même, au même endroit, avec des intentions similaires et sans aucun échange ? Ridicule. Infiniment ridicule même...

Fronçant légèrement les sourcils, je chassais bien vite ses idées baignées de la paranoïa que généraient chez moi les horreurs de ce monde pour faire quelques pas destinés à contourner le local en préfabriqué et découvrir un peu les environs, m'assurant également au passage qu'aucun invité indésirable ne se ramène vers nous du côté opposé. La main droite fermement serrée autour du manche de mon couteau, je me risquais à jeter un oeil depuis l'angle du mobil-home, ne voyant ni n'entendant rien de suspect, hormis les légers sifflements et craquements de quelques bourrasques jouant dans les branchages de la végétation. Finalement, c'est la voix de Samuel qui me surprit le plus, émanant légèrement étouffée depuis l'intérieur du local, m'informant qu'il avait découvert quelque chose dans les décombres calcinés et dont l'extraction lui demanderait un peu de temps.

“Ouais okay !” lui répondis-je dans un souffle tout en rechaussant les jumelles pour examiner cette moitié-ci de mon champ de vision. Au-loin, encore plus à l'ouest et plus proche de la ville, il me sembla apercevoir la forme triangulaire d'un toit d'une autre maison, dont le reste se trouvait occulté à ma vue par un dénivelé de terrain plus important. Revenant quelques peu sur mes pas, je me dirigeais vers les palettes de matériaux que j'avais aperçues à notre arrivée sur le terrain, y découvrant des amoncellement de sacs de mortier à l'emballage délavé, dont le contenu était probablement bon pour la poubelle après autant de temps passé à subir les affres des intempéries et du climat. Derrière moi, j'entendais très distinctement le brouhaha provoqué par Samuel en train de déplacer les gravats à l'intérieur du local ; jusqu'à ce que celui-ci m'annonce son butin. A sa demande, je me rapprochais du préfabriqué puis déposai mon sac à dos à mes pieds, ouvrant celui-ci afin de vérifier l'espace qu'il me restait.

“Il me reste un peu de place pour un machin pas trop gros ; peut-être la caméra de surveillance...” lui répondis-je tout en bourrant au maximum les vêtements ramassé dans le fond du sac. “Quant à leur état de fonctionnement, on pourra toujours les refiler à Clark voir s'il en tire quelque chose. Au pire, il pourra toujours récupérer quelques composants pour ses autres appareils. S'il te reste de la place dans ton sac, tu peux toujours prendre le chargeur,” lui suggérai-je, en espérant que son sac ne soit pas déjà plein d'autres trucs moins utiles. Quoique, est-ce qu'un générateur solaire et une caméra de surveillance arrachés aux décombres d'un incendie étaient réellement utiles ? Seul l'avenir pourrait nous le dire.

Lorsque Samuel me la confierait, je glisserais la caméra de surveillance dans mon propre sac avant de refermer celui-ci et le remettre sur mes épaules, puis me redresserait, le regard dirigé vers la ferme que nous avions évité précédemment.

“Je pense qu'on a fait le tour du propriétaire, et puis on est plein de toute façon...” résumai-je à haute voix, tant pour moi que pour Samuel. “Il est temps de sortir le toutou de son piège, en espérant qu'il nous bouffe pas lui non plus. C'est un gros chien ?” demandai-je à Samuel, légèrement inquiète à l'idée de tomber sur un molosse bien plus apeuré, affamé et vif d'esprit qu'un infecté tout en passant la lanière des jumelles autour de mon cou, puis reprenant la caisse à outils de ma main libre.

Et comme pour ponctuer ma phrase et rendre cette expédition plus chaotique encore, je pus sentir quelques gouttes de pluie s'écraser sur mes avants-bras et mon visage, l'une d'elle dessinant une traînée de goutelettes sur un verre de mes lunettes.

“Super. Manquait plus que ça...” soupirai-je en essuyant mon front d'un revers de manche, maudissant la météo capricieuse de cette fin Janvier.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 23 Juil - 12:07
Lorsque Ivy lui répondit, il ne perdit pas un instant et vint à elle, à l'entrée du préfabriqué, pour lui remettre la caméra entre les doigts avant de la déconnecter elle-même du générateur solaire, ou du moins ce qu'il en restait. Puis il s'en retourna ensuite dans le local pour ranger délicatement l'objet dans son propre sac et le boucler avant de le remettre sur son dos puis de reprendre son fusil d'assaut, non pas pour le raccrocher à son épaule mais pour le tenir dans ses bras dans cette fois.

C'est ainsi qu'il sortis et, réagissant au constat et à la question de la jeune femme, tourna la tête vers leur objectif suivant avant de retourner au camp et répondit, calme, assuré :


"Pas très grand, mais large, puissant. Faudra pas l'embêter une fois qu'on lui aura libéré la sortie. J'ai laissé deux conserves de pâtée cachées la dedans, j'irais lui en ouvrir une et on laissera ça comme ça, je l'ai déjà fait avec Melody, ça fait quelques temps, mais il doit bien s'en souvenir quand même."

S'en suivit l'ultime remarque de l'intello qui lui fit lever les sourcils avant que lui-même ne sente quelques gouttes s'écraser sur sa chevelure et sa nuque. De ce côté, il ne se sentit pas de répliquer, il avait calculé ce risque mais si la pluie augmentait, la plaine serait un véritable calvaire à retraverser même si, du même coup, ils ne risqueraient pas grand chose de la part d'une horde embourbée et glissante.

Quoi qu'il en soit, il se concentra sur Ivy et se plaça devant elle, remettant son fusil sur son dos afin d'avoir les deux mains libres. Pourquoi ? Pour soulever la paire de jumelles et saisir délicatement la main armée de la petite pour la faire passer précautionneusement dans la sangle.


"Excuse moi, ça ne va pas être très confortable mais ce serait plus facile de couper la sangle si elle se bloque quand tu es ainsi plutôt que prise directement par le cou."

Il relâcha tout aussi délicatement sa main puis vérifia la longueur de la sangle, un peu de mou mais pas trop avant de s'écarter de sa coéquipière et s'en retourner vers le petite complexe fermier.

"Pour eux, la-bas, je ne voit pas d'autres solutions que d'y aller et les descendre. J'ai surement bien assez de munitions pour ça mais ça ne va pas être une vrai partie de plaisir. L'avantage, c'est que je n'ai rien vu déambuler dans tout le coin donc nous avons toutes les chances d'être les seuls à entendre distinctement les tirs.

Bref, on y va, tu restes cinq mètres derrière moi et tu assures mes arrières comme mes flancs pour que je ne me laisse pas surprendre par un invité surprise. On fait le tour de la grange puis le tour de la maison, quand tout est propre, on entre dans la maison, normalement elle est vide... Si elle l'est toujours, ou une fois qu'elle l'est redevenue, je te laisserais fouiller pour me trouver un pantalon de costume et d'autres choses que tu voudras.

Pendant ce temps, je referme en sortant, au cas ou, et je vais ouvrir la conserve. Puis je resterais dehors afin de m'assurer que nous n'avons rien attiré jusqu'à ce que tu m'appelles ou que tu ressortes. Et une fois que c'est fait... On repart.

Ça te va ?"


Un plan pour le moins bordélique mais qui aurait l'avantage d'expédier rapidement les problèmes et de leur permettre d'évacuer le coin très vite tout en remplissant les objectifs encore valides pour cette mission de récupération. De son côté, Samuel ne sembla ni douter, ni avoir la rage ou la moindre excitation, ce n'était qu'un plan comme un autre, impliquant d'éliminer des obstacles qu'il ne semblait pas plus considérer que des insectes. Peut-être un peu nostalgique, mais ça, Ivy n'aurait put en avoir la moindre idée...

Jusque là, il ne s'était pas tellement étendu sur les évènements de Port Mansfield, non pas qu'ils aient intérêt à rester secret, mais il n'aurait pas forcément été positif de conter les victoires et les déboires d'une bande de trompe-la-mort purgeant chaque jour l'équivalent de population du patelin en zombie.

Surtout pour une histoire qui n'a pas de happy ending...

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 23 Juil - 19:17
J'affichais une petite moue contrariée lorsque Samuel me décrivit l'aspect du chien que nous allions tenter de sauver. Pas un molosse, mais pas un chihuahua non plus. J'espérais, à l'image de mon compagnon de route, qu'effectivement le chien ne s'en souvienne et ne nous voit pas comme un buffet sur pattes. S'ensuivit alors une scène étrange, où l'homme se planta devant moi et commença à me prendre la main droite pour la faire passer à l'intérieur de la sangle des jumelles. Intriguée par son geste, j'eus un léger mouvement de recul méfiant, mais tâchais de ne pas mouvoir mon bras armé avec trop de violence, étouffant un réflexe de dégagement afin de ne surtout pas risqué de le blesser ; ou de me blesser avec le couteau. Lorsqu'il eut fini sa manœuvre et commença à me donner les explications de celle-ci, je me décrispais légèrement, lorgnant toujours sur l'homme tout en approuvant son initiative d'un léger hochement de tête.

“Merci...” lâchai-je simplement, préférant ne pas lui faire de remarques quant au fait que j'aurais préféré qu'il s'explique avant d'agir.

Cet épisode clos, je l'écoutais m'exposer son plan pour approcher de la demeure. En gros, rien de bien compliqué sur le papier : dézinguer les infectés, entrer, nourrir le chien et se barrer. Mouais. Sur le papier... Je savais désormais d'expérience et d'appréhension que rien ne se déroulait jamais comme prévu. Néanmoins, je faisais suffisamment confiance à Samuel pour nous ouvrir la voie et nettoyer les lieux des zombies à l'aide de son arsenal. Tout ce que j'avais à faire pour ma part étant d'ouvrir les yeux et prévenir Samuel de tout hypothétique danger approchant. Rien que la perspective de foncer vers un groupe d'infectés faisait naître chez moi un certain malaise. Je pouvais d'ores et déjà sentir mon cœur s'emballer alors que nous ne nous étions même pas mis en route encore. Néanmoins, j'acquiesçai à sa dernière question de plusieurs hochements de têtes frénétiques.

“Ouais. Ça ira...” répondis-je d'un ton mal assuré, accompagné d'un mince sourire tout aussi peu inspiré. “J'te suis...” indiquai-je finalement en désignant la ferme d'un geste du menton.

Comme il me l'avait indiqué, je le laissais prendre une légère distance d'avance au-travers de la plaine tandis que la pluie commençait à gagner en intensité, réduisant la visibilité lointaine derrière un rideau grisâtre.  Au moins la météo désastreuse nous offrirait-elle une légère couverture contre les investigations de potentiels guetteurs lointains, même si dans l'absolu, c'était également vrai dans l'autre sens. Cela ne m'empêcha pas de progresser derrière le Canadien à bon train, jetant de nombreux regards sur nos flancs et derrière moi. Rapidement d'ailleurs, les restes du chantier furent éclipsés à ma vue par le relief et le rideau de flotte, alors que je sentais l'eau glaciale s'infiltrer dans le tissu de mes vêtements. Mon jean, imbibé de flotte s'alourdit de manière très conséquente, le tissu rêche me collant à la peau dans une froide morsure ; imité par ma chemise crasseuse qui me collait au corps désormais. Même comme à l'accoutumée, ce furent mes tennis qui ne manquèrent pas de se gorger de flotte, mes pieds pataugeant et glissant dans des semelles détrempées alors que le sol aride par nature sous mes pas devenait plus boueux et plus glissant.

“Et dire qu'on crèvera de chaud dans trois mois et qu'on priera pour qu'il pleuve...” marmonnai-je en m'épongeant le front et essuyant mes lunettes, laissant malgré tout de fines traces de flotte sur les verres qui floutaient ma vision. On allait encore passer une bonne nuit bien humide sous les tentes. Je souhaitais vraiment que l'on puisse un jour à nouveau crécher dans du dur, solide, étanche et isolé... Enfin, pour l'instant, il nous fallait sauver le chien.

Escaladant une légère butte avec précautions, histoire de ne pas encore me casser la gueule et m'écorchait je ne savais quoi, je commençais à distinguer à nouveau le corps de ferme au-delà du rideau de pluie, et plus fantomatiques encore, les silhouettes des infectés qui ne ressentaient véritablement ni chaud ni froid à l'égard de la météo et du climat ; toujours obnubilés par le contenu de la grange. Je profitais de la légère hauteur prise pour effectuer une dernière reconnaissance des alentours à l'aide des jumelles, couvrant l'ensemble du périmètre à deux reprises et non sans une certaine lenteur ; voulant être sûre de ne rien rater et ne pas être la cause d'un nouveau problème, au terme de quoi je fis un signe en direction de Samuel, pouce levé, pour lui indiquer que tout était clean de mon côté et qu'il était désormais libre d'ouvrir les hostilités.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 23 Juil - 21:37
Devant l'acquiescement d'Ivy, Samuel ne tarda pas à tourner les talons pour se mettre en marche d'un pas calme et souple. Quelques pas plus tard, sans avoir l'air de porter la moindre attention à la flotte commençant à s'insinuer sur ses fringues et en dessous, il passa la main gauche sur ses reins pour se saisir de son pistolet. Le rythme de marche n'était pas anodin puisque même si il aurait été ridicule de glisser sur le sol nouvellement humide, c'était plus la préparation psychologique qui important au canadien.

Cette fois, il n'avait pas l'adrénaline du sauvetage des deux donzelles, l'instinct de survie de l'échange de tirs à l'école, il devait effectuer un nettoyage en règle, avec sang-froid et professionnalisme... Et à dire vrai, Samuel aurait infiniment préféré se charger d'un tel nettoyage avec une carabine et une lunette, mais il ne le pouvait pas.

Cheminant calmement, précautionneux dans le moindre de ses pas, il n'oublia pas de vérifier son arme, il n'avait aucune envie de s'y reprendre à deux fois à cause d'une arme non-chargée ou d'une sécurité laissée, même si il avait effectué une telle vérification il y a seulement quelques instants. A dire vrai, tout était bon pour se maintenir dans un état aussi distant que possible.

Lorsque les deux comparses furent finalement à distance de vue des geignards sous cette météo lunatique, le premier ne manqua pas de jeter un regard à la seconde, répondant à son pouce levé par un hochement de tête plus froid encore que l'eau leurs glaçants tous deux les os. C'était ainsi qu'agissait cet homme lorsqu'il n'embrassait pas la folie meurtrière du bout des lèvres, il était totalement contraint de se fermer, de s'oublier, pour ne pas se risquer à être grisé ou excité par son job.

Enfin, le moment fatidique fut là, le mouvement lent, souple, presque flegmatique, les bras du jeune homme se levèrent, tenant fermement l'arme à feu. Il s'avança alors de quelques pas et lorsque, finalement, la première cible lui apparut distinctement, il pivota, positionnant ses jambes méticuleusement pour garder le meilleur appui possible et s'offrir un tir aussi élégant que précis.

La détonation fut assez surprenant, éclatant au milieu de la morne symphonie de l'eau coulante. La première silhouette se cogna contre la paroi de la grange avant de glisser contre elle pour se retrouver dans une position bien étrange, le bassin faisant finalement l'équerre avec le sol. De là ou il était, le canadien n'aurait su vraiment dire si les autres s'étaient sur le champs tourné vers lui et il ne se donna pas l'opportunité de le savoir. Tel un automate, il pivota légèrement son buste et tira une seconde, puis une troisième fois avant qu'une seconde silhouette ne tombe à la renverse, heurtant le sol dans un son mat et semi-liquide.

Et puis, rien. Une complainte dégénérée porta vers le duo sans que Samuel ne réagisse, cinq secondes, dix secondes, vingt secondes... Enfin, la troisième silhouette avança difficilement dans leur direction, manquant de chuter à deux reprises alors que, étrangement, elle ne semblait pas se diriger directement sur le tireur. Malgré tout, ce dernier ne fit pas plus durer le suspense et, insensible à la fatigue de ses bras toujours dressés et parés au tir, il envoya la troisième silhouette chuter pour de bon au sol, définitivement.

C'est à cet instant seulement qu'il tourna la tête sur son côté gauche, parlant du coin des lèvres pour s'adresser à Ivy :


"Trois au sol, on avancent, lentement et on restent éloignés des coins des bâtiments pour avoir la meilleur visibilité possible."

A peine la réplique sortie qu'il abaissa un peu ses bras et se remis en marche, aux aguets. Ainsi, au lieu de rejoindre les trois corps au sol, l'ex manager se dirigea sur la gauche afin de vérifier le côté et l'arrière de la grange. Là, ils ne tardèrent pas à trouver un corps rampant vainement au sol, attiré par les coups de feu mais ayant eu la malchance de mettre le pied dans un bourbier dépourvu du moindre brin d'herbe. Sans le moindre commentaire, le nettoyeur du jour lui glissa une balle bien placée, sans nonchalance ni hésitation.

La suite fut bien plus tranquille, le duo continua son examen de la zone en terminant son tour de la grange. Là, Samuel fit signe à Ivy de s'écarter de sa position afin de lui offrir une ligne de tir plus libre depuis le dernier coin du bâtiment. Ils y attendirent une demi-minute pendant laquelle l'homme guetta les côtés, s'expliquant en ces mots :


"Reste bien attentive, on est pas à l'abri d'un trainard. Jusqu'à ce qu'on parte, tiens pour acquis qu'il y en a encore un qui se ballade, lentement, et qui sait qu'on est là."

A priori, le dit trainard n'eut pas l'envie de se montrer pour le moment, donc les deux pilleurs se remirent en marche, effectuant cette fois le tour de la maison familiale. Samuel en profita pour vérifier les issues, découvrant à cette occasion que la baie vitrée ainsi que la porte de côté de la maison étaient aussi déverrouillées que l'entrée principale, ce qui pourrait être utile à l'avenir si ils devaient se retrouver dans une situation similaire.

Lorsqu'ils parvinrent finalement à la porte d'entrée, le jeune pénétra dans la maison avant de faire signe à sa coéquipière de suivre la même voie. Sur place, le mur à gauche était toujours couvert de sang et le corps laissé dans le salon, recouvert d'un drap, avait donné l'occasion à l'endroit d'arborer un parfum des plus pestilentiel.


"Yerk, on a beau s'habituer à ça..."

Levant la main droite à son visage pour couvrir son nez et sa bouche, il se retourna vers Ivy pour lui parler, la voix quelques peu étouffée et le visage à nouveau expressif... Même si c'était pour être tordu par un léger dégout :

"Voila, à droite, tu trouveras une buanderie. Le couloir fait un coude, il mène à un débarras, dans les deux, il me semble avoir vu des fringues. Sinon, à l'étage, il y a l'ancienne chambre de la fille du couple, mais je ne me souviens pas avoir vu de vêtements."

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 23 Juil - 23:47
Je restais de longues secondes à observer Samuel alors qu'il entreprenait de se rapprocher un petit peu plus du corps de ferme, arme à la main. Un frisson parcourut ma nuque et se propagea le long de ma colonne vertébrale alors que je lui emboîtais légèrement le pas, gardant malgré tout mes distances, à quelques sept ou huit mètres de lui, afin de me concentrer sur la surveillance des environs. Les jumelles toujours à la main, je portais mon regard vers les infectés massés contre la porte de la grange, jusqu'à ce que la première détonation de l'arme à feu ne retentisse, m'arrachant un passage un sursaut de surprise et de crainte mêlées, ravivant chez moi les horribles souvenirs de l'attaque des hommes du Marchand à l'école. Mon rythme cardiaque s'accéléra alors que je voyais le premier corps putréfié s'effondrer le long de la bâtisse, le calme revenant durant une poignée de secondes, les autres créatures réagissant au coup de feu. Je sentais mes mains trembler, mon corps trembler, sous le froid et la crainte qui me saisissait de voir des morts surgir du brouillard aqueux pour nous submerger, nous dévorer, se repaître de nos chairs. Plus que le froid ou la flotte me mordant jusqu'aux os, c'était bel et bien la tension et la trouille qui me paralysaient désormais sur place.

Un mince filet de buée s'échappa d'entre mes lèvres alors que je soupirais, puis haletais, tournant soudainement mon regard sur nos flancs dans un éclair de lucidité qui me poussait à m'assurer de protéger Samuel, et me protéger moi par procuration. Du coin de l'oeil, j'observais mon compagnon engager sa seconde cible avec calme, presque une certaine aisance que je n'aurais pas imaginée chez lui, le simple commercial de chez Impri-truc. Je sentais mon sang battre à mes tympans, rythmant les clapotis des gouttes de pluie martelant le sol boueux, mon visage et mon crâne. *Putain, putain, putain ! Ce clébard a intérêt à nous faire la fête...* maugréai-je intérieurement en braquant regard et jumelles sur nos arrières, à la recherche presque frénétique du moindre mouvement, de la moindre silhouette dans les environs. De nouvelles détonations retentirent, générant chez moi le même sursaut surpris, faisant cligner mes yeux et jeter des regards en direction de Samuel. Et ce putain de temps qui ne m'aidait guère dans ma tâche en brouillant les lentilles des jumelles.

Fort heureusement, les environs se révélèrent, pour l'instant, dégagés de toute menace en provenance d'un autre axe que le corps de ferme. De nouvelles détonations plus tard et Samuel s'adressa de nouveau à moi, m'indiquant qu'il était temps de se mettre en route, de progresser vers la bâtisse. J'acquiesçais à toutes ses instructions, ne pouvant que me contenter d'obéir presque aveuglément à ses ordres alors qu'il m'apparaissait très à l'aise dans ce domaine, là où j'aurai choisi de foutre le camp et laisser l'animal aux mains des revenants. Aussi me rapprochais-je un peu de lui au cours de notre progression, ne souhaitant surtout pas être laissée en arrière à la merci d'un éventuel maraudeur. J'envoyais mon regard inspecter les environs dans toutes les direction, de manière chaotique, bien loin de la rigueur dont semblait faire preuve le Canadien. Et lorsque nous tombèrent sur un quatrième rôdeur rampant, je me figeais sur place, à quelques pas seulement de mon compagnon de route. Je lâchais la paire de jumelles pour la laisser retomber contre mon flanc droit, crispant soudainement mes phalanges autour du mince manche du couteau de cuisine si jamais Samuel venait à défaillir. Portée par la peur et la détestation de ce genre de situation, je me serais jetée sur ce cadavre pour l'achever, lame en avant pour protéger l'homme. Quelque part, je ressentais aussi un profond soulagement de me savoir prête à agir, malgré toutes les émotions qui me traversaient et nuisaient très probablement à mon efficacité, mais l'idée de tourner les talons ne m'avait pas effleuré l'esprit face à cette menace somme toute bien moindre.

Ce que je n'avais pas prévu, pas même imaginé, c'était que ma proximité d'avec Samuel se révélerait soudainement être un handicap lorsqu'il tira une nouvelle fois pour mettre fin au calvaire post-mortem de la créature. Un éclair déchirant, presque aveuglant, un hurlement aiguë semblable au déchirement de l'acier soumis à une trop forte contrainte. Comme un coup de poignard, précis et efficace, froid et létal qui ne dura que quelques millisecondes qui pourtant se déroulèrent au ralenti lorsque l'ogive tirée traça sa route droit vers le crâne du mort-vivant, laissant derrière elle un sillage de perturbation magnétique si intense que j'eus l'impression que c'était au cœur de mon propre cerveau que la balle s'était déplacée. Me coupant les jambes tout autant que le souffle, je lâchais mon arme et la caisse à outils avant de tomber à genoux, plaquant mes deux mains dans la terre gorgée d'eau, une violente migraine semblable à celle de mon réveil me vrillant les tympans. A l'instar de l'exploration de la tente de l'école, je me sentis défaillir, la vue brouillée, l'ouïe déchirée, ma peau parcourue de frissons, de tremblements, se dressant en chair de poule. A nouveau, je me trouvais être la victime de cette manifestation de cette perpétuelle étrangeté que je ne parvenais pas à dominer qui durant un court laps de temps, prenait le pas sur l'ensemble de mes sens “normaux”. Le temps que tout mon environnement magnétique ne revienne à la normale et ne cesse d'agresser mon esprit, si cela était le cas par ailleurs.

Sortant de mon éphémère tétanie, je pris une grande inspiration en retrouvant l'usage de mes sens et de mes muscles, me redressant lentement et ramassant les objets que j'avais laissé tomber au sol, le métal du couteau, des outils, des armes de Samuel, les montures de mes lunettes ou encore les éléments métalliques de nos sacs et leur contenu se manifestant à mon esprit comme autant points scintillants, aussi distinctifs que les étoiles dans la voûte céleste par une nuit noire et dégagée. Je haletais plus encore, crachais même sur le sol, pliée en deux, les mains sur les cuisses, durant de longues secondes avant que nous ne puissions reprendre notre progression. Je portais un long regard désolé vers mon acolyte, puis hochais lentement la tête.

Il ouvrit de nouveau la marche alors que nous faisions le tour de la grange, puis de la ferme dans son ensemble, inspectant les différentes entrées possibles pour se rendre compte que plusieurs accès n'étaient pas verrouillés, nous offrant autant d'échappatoires que de cul-de-cas au final en cas d'une attaque plus massive. Puis finalement, après la mise en garde de mon compagnon et son entrée dans la demeure, je fis moi-même irruption dans le hall d'entrée, au je remarquais instantanément la trace de sang séché contre le pan de mur sur ma gauche. Je détaillais la disposition des lieux avec attention, une odeur de décomposition putride assaillant mes narines, visiblement tout autant que celles de Samuel. J'acquiesçai, toujours en silence aux informations qu'il me donna, puis le regardais s'éloigner. Selon son plan, il partait s'occuper du chien pendant que je fouillais la baraque. Je déposais donc la caisse à outils qui commençait à me peser sur le sol, dans l'entrée, avant de démarrer la fouille.

Mes noisettes se portèrent sur le drap étendu dans le salon, couvrant ce que je savais être un cadavre en décomposition, à l'origine de l'odeur pestilentielle qui régnait en ces lieux. Je fronçais légèrement les sourcils, puis portais toute mon attention vers la buanderie située sur ma droite, faisant de la pièce la cible première de mes investigations. Ouvrant la petite porte, je laissais ma vue s'habituer à la faible luminosité des lieux avant de commencer à fouiller les diverses étagères et quelques placards qu'ils recelaient. Des draps propres, de la lessive en pagaille... Rien de bien folichon en résumé. Je m'emparais néanmoins d'un drap propre pour essuyer mes lunettes, les jumelles, mon visage et mes cheveux. Au final, je m'enroulais même dans le tissu blanc pour le laisser éponger une partie de l'eau qui imbibait mes vêtements, ne trouvant là-dedans que peu d'objets d'un réel intérêt. C'est toute emmitouflée dans le tissu que je me rendais réellement compte que j'étais frigorifiée, comme pouvaient le témoigner mes doigts rougis serrés autour du drap, près de ma gorge.

M'engageant dans le couloir coudé, je progressais vers le débarras indiqué par Samuel, qui s'enfonçait vers une pénombre de plus en plus oppressante. Je dépassais la cuisine et trouvais finalement la pièce en question, entièrement plongée dans l'obscurité. Par réflexe, je tâtonnais à la recherche d'un interrupteur, avant de finalement me rendre compte que l'électricité n'était plus un luxe dont on avait la jouissance désormais. Cependant, je pouvais très aisément percevoir les perturbations magnétiques de mon sixième sens qui scintillaient tels des phares dans ce lieu sombre. Des formes cylindriques empilées dans un recoin de la pièce m'indiquèrent la présence de quelques boîtes de conserves. Poussant un soupir de soulagement, suivi d'un sourire de circonstance, je tendis la main en direction des boîtes de conserves, grimaçant soudainement de dégoût en sentant la soie collante de quelques toiles d'araignée entraver mes doigts. Je récupérais rapidement quelques boîtes que je balançais derrière moi, dans l'ouverture de la porte, les laissant rouler le long du couloir très faiblement éclairé, puis quittais la pièce en me frottant les mains, affichant une grimace de dégoût en chassant les toiles grisâtres.

“Putain c'est dégueulasse...” grognai-je en me frottant les mains contre le drap trempé. Mon regard se posa sur les boîtes de conserves trônant au milieu du couloir. Je m'accroupis pour un examiner les étiquettes. Pâté pour chien, haricots rouges, maïs, épinards, haricots en sauce et une boîte de thon.

Je déposais mon sac à dos sur le sol et l'ouvrit, examinant la place restante et me retrouvant face  au choix de devoir sacrifier du matériel pour récupérer cette nourriture pour le camp. Le putain de dilemme étant que nous avions tout autant besoin de ces vêtements que de cette nourriture. Quant à la caméra... Putain on n'avait pas d'électricité, à quoi pourrait bien nous servir une foutue caméra cramée ? Merde... J'étais complètement paumée. Tout était devenu utile désormais ; néanmoins, je décidais de déposer la caméra de surveillance dans le débarras pour prendre les boîtes de conserves à la place. Nous avions besoin de nourriture bien plus que de caméra de surveillance pour le moment. Au pire, nous pourrions toujours revenir cet après-midi ou demain pour récupérer le reste, qu'importe ce qu'en dirait Samuel. On ne pouvait pas se nourrir d'une caméra de surveillance...

*Si je sacrifie sa caméra, faut que je lui trouve un pantalon.*

L'échange effectué, je remettais mon sac à dos sur mes épaules et me décidais à monter à l'étage jusqu'à atteindre la chambre de la “fille du couple”, véritable temple de la nostalgie de part tous les posters accrochés aux murs, je ne pus contenir un léger sourire en voyant un poster des One Direction au-dessus du lit. *J'avais six ans putain...* me souvins-je ne restant scotchée devant l'image, avant de me décider à fouiller tous les coins et recoins de la piaule. Rien d'intéressant dans le bureau, ni dans l'armoire qui s'avéra être vide de vêtements, hormis un maillot de bain et quelques robes d'été. Rapidement, je fouillais les quelques étagères dégueulantes de bouquins sans grand intérêt – littérature pour jeunesse et autres conneries du genre – puis décidais de m'aventurer dans les autres pièces de l'étage. Une salle de bain tout d'abord, où je troquais mon drap trempé contre une serviette de bain pour achever de me sécher avec peu d'efficacité. Je tombais sur un miroir trônant au-dessus d'un lavabo, et de facto sur mon propre reflet. Yeux cernés, cheveux hirsutes, traits tirés... Je faisais putain de peur à voir. A un point tel que je doutais que mes parents puissent me reconnaître s'ils avaient encore été de ce monde. Je n'étais même pas sûre de réellement me reconnaître moi-même dans ce reflet aux allures si... différentes.

De la salle de bain, je passais à ce qui semblait être la chambre parentale. Un grand lit, une grande armoire à vêtements visiblement déjà visitée qui ne m'offrit rien pour Samuel. Bref, on était juste venu chercher un clébard et je n'avais rien trouvé de très potable à me mettre sous la dent, hormis quelques conserves qui nous permettrait de cuisiner la moitié d'un repas pour le groupe ce soir. Plutôt déçue du bilan de notre expédition, je me décidais à rejoindre Samuel au-dehors, espérant qu'il ait au moins pu réussir à nourrir le chien sans se faire becter lui-même par le semi-molosse qu'il m'avait décrit.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Ven 24 Juil - 17:57
En voyant qu'Ivy avait bien compris ce qu'elle avait à faire ici, son coéquipier ressortis tranquillement au dehors, tâchant bien de refermer convenablement la porte derrière lui. Si il avait bien dit à la pauvre jeune femme de faire comme si ils étaient toujours sous la menace d'un mort-vivant, ce n'étais pas pour donner l'opportunité à une telle créature d'aller la surprendre alors que l'on lui avait garantie la sécurité de la baraque.

Bref, ainsi, porte refermée, Samuel se dirigea vers la grange, toujours avec milles précautions, que ce soit vis à vis du sol ou de son environnement, cette satanée pluie l'empêchait de distinguer convenablement un geignard de n'importe quel objet projetant l'ombre d'une silhouette tout autant quelle masquait bien des sons, rendant la perception d'un gémissement ou des bruits de pas plus difficile à distinguer qu'avant.

Quoi qu'il en soit, pas à pas, il fut finalement rendu à l'entrée de la grange, en profitant pour examiner les trois cadavres laissés là mais seulement d'un coup d’œil rapide. Sous cette pluie, il se sentait définitivement trop vulnérable pour perdre son temps à fouiller entre les lambeaux de tissu et de chair pour ne rien trouver de concluant. Finalement, tout au plus se surprit-il à noter qu'il s'agissait là de trois femmes avant de rentrer dans le bâtiment.

Une fois à l'intérieur, il laissa la porte ouverte, sans quoi, il n'aurait vraiment pas eu assez de lumière pour se déplacer là en toute sécurité. Malgré tout, il baissa son arme et avança sans crainte jusqu'à s'apercevoir que certaines zones comportaient des traces qu'il doutait d'avoir fait... Peut-être avait-il juste une crise de paranoïa, mais, aussi sec, il se remis en position de tir pour avancer.

De sa position, il vit que la stalle où sa connaissance canine avait élu domicile se trouvait être fermé, ce qui mua ses soupçons en certitudes. Enfin, lorsque la pluie fut suffisamment mise en sourdine, se contentant de rebondir sur le toit sans trop se faire entendre, il perçut de petits bruits de pas, lents, trainant...  Samuel compris immédiatement qu'il avait eu tort de s'imaginer qu'un chien puisse bêtement se faire piéger là.


"Qui est là ? Montrez vous !"

Pour toute réponse, une complainte juvénile lui parvint, le son rauque du corps avançant sans son âme, une réponse sur laquelle Samuel ne put faire d'autres commentaires qu'un long soupire exprimant un sentiment bien indistinct. Bientôt, ce furent le bruit des ongles tordus griffant la porte de la stalle. Malgré la taille moyenne de la porte, il n'arrivait pas à distinguer la moindre silhouette la derrière.

Prêt à faire feu à tout instant, le canadien se rapprocha du box alors que les griffures s'étaient muées en coup. C'est seulement lorsqu'il fut assez près pour contourner l'entrée fermée et jeter un coup d’œil par dessus la paroi latérale que tout l'horreur put le saisir aux tripes, ce qui n'est pas peu dire quoi qu'on puisse penser de cet homme à l'apparence et l'attitude aussi saine que possible. La dedans se trouvaient un homme et une femme, nus et liés dans une position bien peu commune, les détails empirèrent à la vue des liens bloquant et bâillonnant la femme, sans compter la maigreur de l'affreux duo.

L'instant ou le jeune homme sentit une partie de son être se briser et hurler à la mort coïncida avec la vue d'un petit garçon, moitié dénudé, cognant mollement sur la porte avec ses petits poings liés entre eux, son mollet droit manquait en partie, le muscle ayant visiblement été arraché. Et il ne fit alors aucun doute sur ce qu'il s'était passé ici, pendant que les morts cognaient à la porte...


"Non... Non, non, non. Non !"

Reculant précipitamment de la scène, le jeune homme, apeuré, dégouté, heurta le râtelier contre le mur avant de pivoter et chuter, face contre terre. Derrière lui, une nouvelle complainte se fit entendre mais, déjà, Samuel ne l'entendait plus, toussant, pleurant, grimaçant. Sans qu'il puisse se retenir, son esprit s'essorait de nombreuses choses qu'il avait retenu depuis sa résurrection, plongeant ses cinq sens en totale léthargie alors que son cerveau luttait de toutes ses forces pour renvoyer toutes ces images, tous ces souvenirs, et surtout le dernier en date, droit dans un coin qu'il pourrait ensuite occulter... Jusqu'à la prochaine crise.

Ainsi, il n'entendit pas les grognements du petit mort, ni ses coups répétés jusqu'à parvenir à faire glisser le vieux loquet, pas plus que la porte de la stalle finissant par s'ouvrir, non, l'instant qu'avait choisis son être pour se redresser était le pire qui soi... Vainement, ses bras balayèrent le sol sans arriver à toucher son pistolet qui avait glissé deux malheureux mètres plus loin, ses yeux s’écarquillèrent, embués de larmes et piquant à cause de la poussière.


"Merde..."

Dans un pur réflexe d'auto-défense, le canadien leva les bras et stoppa nette le menace enfantine qui se tenait là, au dessus de lui, claquant avidement des dents en cherchant cette viande tant désirée. Toujours au plus bas, la dites viande demeura ainsi, bras tendus pour tenir le prédateur à l'écart. Son salut vint d'ailleurs, lorsque le petit être geignard lui échappa des mains, comme soulevé en l'air. Plus que surpris, Samuel se redressa mollement pour assister à une scène surréaliste, les crocs serrées sur la jambe intact du zombie, l'absent du jour arrivait enfin, balayant, secouant et faisant littéralement valdinguer le cadavre dans tout les sens.

La scène était terrifiante pour tant de raisons que le canadien ne su réellement cerner pourquoi. Comme guidé par un marionnettiste, il se sentit se relever, tendant le bras pour se saisir de la pelle toujours accrochée au râtelier. Il demeura quelques secondes, là, l'outil dans les bras, fixant la puissante bête qui réduisait sa proie en charpie. Ce n'est que lorsqu'il daigna la lâcher, infirme, déformée, les os brisés, que le vivant s'avança, doucement, et leva la pelle pour en abattre la tranche sur le crâne de cet être humain réduit à l'état de poupée de chiffon en putréfaction.

La pelle retomba alors au sol, son éphémère propriétaire titubant, incapable de penser, jusqu'à la pile de bric à bras ou il parvenait à peine à se souvenir qu'il avait caché la nourriture pour chien. Hélas pour lui, il ne put que constater que les bricoles avaient été totalement éparpillées. Il s'entendit bien jurer mais fut incapable de se comprendre lui-même alors qu'il revenait sur ses pas. Il ne se sentit pleinement reprendre conscience que lorsqu'il heurta légèrement la porte de la stalle et réveilla une douleur plus vive qu'il ne l'aurait attendu de la part de sa cuisse.

Sans réellement parvenir à se contrôler ni distinguer si c'était la scène devant ses yeux, la douleur ou l'acte qu'il avait accompli qui lui provoquait cela, il pénétra dans l'endroit et n'eut besoin que d'un coup d’œil pour repérer les deux conserves vides. Il fut sur le point de pester, consciemment cette fois, lorsqu'il son regard se posa sur le saladier en plastique. Il avait été déplacé mais il contenait encore une petite quantité de nourriture, suffisamment comestible à première vue...

Sanglotant toujours, il se retira du box et posa le saladier au sol après quelques pas. Puis, enfin, le pas trainant, il parvint à remettre la main sur son arme et put enfin se poser, faire le point, se remettre et, surtout, guetter autant son sauveur canin qu'il aurait presque oublié, autant que l'entrée qui était toujours ouverte sur la pluie de l'extérieur.

L'animal, de son côté, sembla bienheureux d'obtenir telle récompense à son acte, depuis la dernière visite, il ne semblait pas avoir pris de poids et Samuel ne doutait pas du fait qu'un repas bien frugal puisse ressembler à un véritable festin. Il ne fallut qu'une petite minute pour que l'intérieur du saladier ne redevienne complètement transparent, finalement bien suffisante pour que le jeune homme ne se calme, quitte à seulement avoir retrouvé la maitrise de ses émotions et non évacué le mal-être qui lui ruine encore les tripes.

Finalement, il se releva et, sans prêter plus attention à l'animal, sortis de la grange avec plus ou moins de précautions, tâchant de vérifier les alentours direct de l'issue mais pas de se tenir prêt au tir. A nouveau sous la douche fraiche offerte par le climat texan, il soupira d'aise sans s'imaginer à quel point le mélange poussière/eau était en train de le salir en profondeur. La porte fut refermée en douceur et le pistolet coincé dans le pantalon pour être troqué par le fusil d'assaut, plus lourd, plus rassurant, et Dieu sait que Samuel avait besoin de se rassurer à cet instant.

Après s'être rendu à l'entrée de la maison, il n'eut pas à beaucoup patienter avant que Ivy ne sorte. Alors toujours en train de se remettre, le pauvre glandu ne trouva rien de mieux à faire qu'offrir un semi-sourire suspect sous ses mirettes rougies, d'autant plus que son visage et ses fringues étaient maculés de traces grises/brunes. Pour parachever son œuvre, il prit la parole en premier, la voix désaccordée, enrouée, symptômes de ses sanglots tout récents :


"Ça va ? C'est bon ? Allez, on y va, ma jambe me fait mal, j'ai hâte de pouvoir me mettre à l'abri et me sécher."

Ainsi furent ses derniers mots de l'expédition. Sauf obstacle dangereux sur la route du retour, il se mura dans son silence, à la limite, évacuant des questions ou des remarques d'Ivy de quelques exclamations ou réponses bien vagues. Dans le même temps, il eut un tel mal à se concentrer et retrouver le précédent chemin emprunté à l'aller qu'il décida de juste rentrer, en ligne droite, et d'espérer avoir du bol.

La seule note positive qu'il éprouva fut de se voir suivi, pour quelques minutes, par la bête qui lui avait sauvé la vie avant quelle ne retourne sur son propre territoire, derrière le rideau de pluie, peut-être même pour aller se reposer au milieu des cadavres... Hanté par l'idée saugrenue d'avoir oublié de vérifier les vêtements de l'homme et de la femme pour savoir si ils auraient put leur être utiles.



[SORTIE DE JEU.]
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