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[Ferme Wallace] Récits Quotidiens
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Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Debuba110/0[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Debuba100/0[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Mar 4 Aoû - 23:54


Récits Quotidiens des Survivants

Eléments scénaristiques:
 
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 20 Sep - 10:48
Une longue marche 27/01/2035

Nous étions d’accord. Nelson me le fit savoir en me broyant la main. Juste quelques secondes après m’avoir libéré de son étreinte, Pamela entrait dans la cuisine. Elle était visiblement très stressée vu comment elle jouait avec ses mains, peut être était-ce ma présence qui la rendait comme ça ? Peut être que je l’effrayais ? Suite à la demande de Nelson, elle m’accompagna dans ma chambre sans dire mot. En sortant de la cuisine, on pouvait voir le salon. Spacieux, il révélait une télévision avec deux canapés dans le coin droit, juste à ma gauche après la porte, il y avait un poste radio, ainsi qu’un piano juste en face de la porte par laquelle on était sorti. Je savais jouer du piano, j’en avais fait lorsque j’étais plus jeune, j’avais d’ailleurs continué un peu quand j’étais adolescent. J’avais toujours adoré ce son. Pur et cristallin. Un moyen de s’évader, de libérer mon esprit de tout ce qui était secondaire, un moyen de s’apaiser.

Le salon débouchait sur deus couloirs, l’un était du côté droit du salon, vers les canapés, l’autre était du côté du poste radio, on s’avançait vers lui d’ailleurs. Mais on prenait l’escalier qui débouchait sur un grand corridor. Pamela m’emmenait au milieu de ce couloir pour ouvrir la porte qui se situait sur le côté droit. Une fois fait, elle m’invitait tant bien que mal à poser mes affaires et à me reposer, plutôt mal que bien d’ailleurs, ma présence devait la gêner. Je ne voulais pas la mettre mal à l’aise. Je la remerciais tout simplement en lui lâchant un sourire sincère. La chambre possédait deux lit et une table de chevet au milieu, une commode se trouvait juste à côté de la porte.  Elle partit, juste après qu’elle est quitté la chambre, je testais mon corps. Je me tenais droit, puis je faisais reculer mon corps en arrière pour voir si mes jambes étaient toujours aussi souples. Elles l’étaient, mes genoux partaient bel et bien en arrière. J’étais toujours hyperlaxe. Des jambes du moins, j’espère que mon dos l’était encore, je me mis à genoux sur le sol mais un vertige m’obligeât à me relever, je voyais des étoiles, ma tête tournait. Ce n’était pas l’heure de faire de la gymnastique. Je m’allongeais sur le lit qui se trouvait du côté gauche lorsqu’on entrait dans la chambre. Yeux fixés sur le plafond.

Pamela entra dans la chambre, je me redressais donc tant bien que mal pour pouvoir m’assoir. Elle avait une assiette dans les mains, je me levais en sortant du lit pour pouvoir prendre l’assiette. De la purée et un steak haché, l’odeur me donnait l’eau à la bouche. Je remerciais Pamela qui me souhaitait un bon repas difficilement. Un sourire se dessinait sur mon visage, je ne sais pas si c’était son attitude, son physique ou bien tout en elle qui la rendait aussi mignonne, mais une chose était sûre, elle était adorable. Je crois que c’est ses yeux qui me faisaient tomber. Mais j’avais faim. Je goutais ce plat qui était tout bonnement excellent, la purée comme le steak haché. Je n’avais jamais été un bon cuisinier, en fait, je ne savais pas faire grand-chose à part des conserves ou des surgelés, mais je savais une chose, c’était reconnaitre ce qui était bon ou non, et ça, c’était juste excellent. Malgré la faim, je mangeais lentement, en réalité, je n’arrivais pas à manger plus vite, j’étais exténué, par tout, physiquement comme mentalement. C’était dur, je devais toujours avoir la gueule de bois. Le plat était bon, une fois fini, je déposais l’assiette sur la table de chevet avec les couverts. J’étais fatigué, je n’avais qu’une envie, dormir.

J’enlevais mon sweet et mon t-shirt pour les poser dessous la fenêtre qui était juste en face de la porte, enfin, à côté de mon lit. Je ne m’étais pas lavé, et franchement, je m’en foutais, je ne savais même pas où était la salle de bain. Je rentrais dans le lit et je fermais les yeux qui étaient juste avant rivés sur le plafond de la chambre.

__________

Je me sentais oppressé, enfermé, j’avais beaucoup de mal à respirer. J’ouvris les yeux et ne voyais rien d’autre que les ténèbres. J’étais allongé sur un sol dur, j’essayais de me redresser, en vain. Ma tête se cogna à un plafond bien trop bas. Où étais-je ? Dans une boîte ? Je tendais les bras pour toucher ce plafond si bas et essayer de le faire bouger. Inutile. Au contact de mes mains, je sentais que c’était du bois au dessus de ma tête, et pas en parfait état. Impossible à soulever, mais usé. J’essayais de pousser au niveau de mon ventre, impossible. J’essayais ensuite de le soulever au niveau de ma tête, je sentais que cela bougeait, de très peu, mais ça bougeait. Mais ce n’était pas les quelques millimètres qu’avait fait ce morceau de bois qui allaient me faire sortir de cette boite.
Je me sentais de plus en plus serré, l’air manquait. J’allais céder. Il fallait absolument que je sorte. Absolument. Au niveau de ma tête le bois semblait plus faible, je ne pouvais pas le lever, je n’avais qu’à l’exploser. C’est certainement pas une planche à moitié pourrie qui allait me tuer, certainement pas. Je suis un survivant, je ne mourrai pas encore, et certainement pas là. Je n’avais pas besoin de réfléchir, c’était la meilleure solution, et c’était d’ailleurs la seule. Poing fermé, prêt à frapper. Je frappais avec mon poing droit le bois juste au niveau de ma tête, et je poussais au même niveau avec ma main gauche. Le bois était dur, mais à moitié pourri. J’avais mal à mon poing dès le premier coup, mais qu’importe ? Il ne serait me d’aucune utilité si je mourrai. Je frappais. Sans compter. La douleur était forte. Trop forte. Mais toujours moins que mon envie de sortir. Je saignais des phalanges. Je le sentais car des gouttes tombaient sur mon visage, des gouttes avec le goût du sang. Mon sang. Je ne saignais que pour moi-même. Jamais pour un autre. Après un nombre incalculables de bruits de choc entre mon poing et le bois, un étrange son se fit entendre. Des os qui se brisaient certainement. Non, ce n’était pas ça, mes os étaient intacts. C’était le bois. Il cédait. Je suis toujours le dernier à céder. Réflexion faite, j’avais ma chance de sortir, mais l’air manquait, cruellement. Je frappais encore. Plus, toujours plus. Vite. Le bois craquais de plus en plus, j’allais enfin pourvoir sortir. Je poussais de plus en plus fort avec ma main gauche, le bois bougeait. De plus en plus. Il se plaignait, d’avoir été brisé, il cédait. Je le sentais se soulever sous la pression de ma main gauche. J’arrêtais de frapper, il me fallait plus de force. Je poussais avec les deux mains sur le bois. Mes mains tremblaient, pas de peur, de rage. Je voulais sortir et j’allais sortir. Je commençais à étouffer, je devais sortir, je paniquais, je n’avais plus assez d’air, je ne voulais certainement pas crever ici. Le bois se soulevait, il craquait je le sentais, je l’entendais. Je sentis quelque chose tomber sur mon front, glisser dans mes yeux, c’est douloureux, je n’arrivais plus garder les yeux ouverts, c’est horrible cette sensation. Je cru que je n’avais plus d’air. Je n’arrivais presque plus à respirer. Je ne m’arrêtais pas de pousser avec mes mains, il fallait que je sorte de là !

Le bois lâcha prise. Mes mains sortirent de cette boite qui m’oppressait, mais ce n’était pas l’air qu’elles atteignirent. C’était du sable, le même sable qui me tombait sur le visage, celui qui m’empêchait d’ouvrir les yeux, celui qui se mêlait au sang sur mon visage, celui qui essayait de rentrer dans ma bouche, celui qui avait réussi, et celui que je recrachai. Il y avait peu de sable, j’arrivais à le sentir, mes mains en sortaient directement, et il y avait bel et bien de l’air juste après. J’essayais de rapprocher au mieux ma tête du trou percé dans le bois, le sable continuait de tomber, mais après une dizaine de secondes, le sable s’arrêta de tomber, et je pouvais enfin respirer. L’air était lourd, mais beaucoup moins que dans la boîte. Je devais retrouver mes esprits, il fallait que je respire lentement. Après quelques instants, je me décidais d’ouvrir les yeux.

Une plage était face à moi. Autour de moi en fait. Et ce n’était plus une plage, il n’y avait pas de mer. C’était un désert de sable. Le soleil était haut dans le ciel, légèrement sur ma droite. En fait, ce n’était pas une boîte. C’était un cercueil. Quelqu’un m’avait enterré là. Qui ? Pourquoi ? Et surtout, où j’étais putain ? Je n’ai jamais vu de désert comme ça. Même dans l’extrême sud du pays. Il fallait que je sorte. J’élançais mon corps vers le haut, mes mains sur les rebords du cercueil pour sortir, le couvercle bougeait un peu, ce qui me permettait de sortir. Je sentais en m’extirpant le bois brisé contre mon ventre rentré. Les coudes sur le couvercle du cercueil ensablé, je rampais pour pouvoir sortir complètement de mon lit de mort. Mes paumes sur le sol. J’avais du sable sur les mains, sur ma main droite. Celle qui saignait, il fallait que je nettoie ça. Le soleil tapait. Fort. Mais pas assez pour me faire abandonner. Je ne suis pas mort dans un cercueil, ce n’est certainement pas là que je crèverai. J’arrivais à me mettre sur les genoux et à me lever. Je faisais quelques pas pour ne pas rester sur le couvercle du cercueil qui va certainement lâcher sous mon poids. Mes chaussures pleines de sable, le soleil dans l’œil droit. Je frottais le dos de ma main droite sur l’intérieur de mon t-shirt que je venais de retourner. J’essayais d’enlever le plus de sable possible de ma plaie, mais il me faillait de l’eau. Absolument. Et pour ça, il me fallait marcher. Mais vers où ? Je faisais un rapide tour sur moi-même vers la gauche, avec l’ombre de ma main gauche protégeant mes yeux des rayons du soleil. Je ne savais pas si c’est une hallucination ou un problème de vue, mais je voyais un point noir au loin.

J’ai défoncé un putain de cercueil à moitié enterré dans le sable, ce n’est certainement pas pour crever comme une merde dans un désert. C’est parti. Evidemment, marcher dans le sable en chaussures, très peu pour moi. Heureusement que j’avais mes chaussettes, le sable était brûlant. Aller, je ne suis pas une pédale, je suis un homme un vrai, Stan m’aurait foutu sur la gueule si j’étais resté dans cette boîte, et il aurait eu raison. Les vainqueurs sont ceux qui ne renoncent jamais. Et je refuse d’être le perdant de ma vie. En avançant, je ne voyais qu’une chose, le point noir qui grossissait au fur et à mesure que je m’avançais vers lui. Ce n’était pas une hallucination, une vision, ou je ne sais quelle connerie qu’on voit quand il fait chaud. C’était un homme. Et il ne bougeait pas. A tous les coups c’est ce connard qui m’avait foutu dans ce trou. Putain, mais quel taré attendrai tout seul en plein désert ? Sérieusement.

Le mec était face à moi, il me regardait comme un con, j’avais mes chaussures à la main, et lui, il était tranquille, au milieu d’un désert en costard-cravate. Costume noir, la même taille que moi, cheveux plaqués au gel, et en chaussures. Il avait ses chaussures en plein désert. Il devait être fou. Sûr et certain. Putain il s’est retourné ce con ! Il me regardait marcher et il me tourne le dos ! Et il commençait à se barrer ! Il voulait que je le suive ? De toute façon, si je ne le suivais pas, où serai-je allé ? Nulle part. Il faisait chaud, le soleil tapait fort, vraiment très fort. Pour être tout à fait honnête, c’était à la limite du supportable, j’avais de la sueur qui coulait dans mes yeux, et j’avais du mal à respirer. La bouche sèche, et le regard vide, j’étais en train de puiser dans mes dernières ressources pour le suivre. Il y avait une grande dune, très grande, il attendait en haut, debout, les mains sur les hanches, il me regardait. Alors que j’étais à environ une vingtaine de mètres de lui, il se retourna et descendit la dune. Putain. J’en pouvais plus, j’avais du sable partout dans mes chaussettes et du sang sur mon pantalon à force de m’essuyer la main dessus. Cette dune était haute, et le plus dur c’était le sable, je glissais, j’avais du mal à tenir droit, j’ai failli tomber plusieurs fois, mais non, j’ai réussi, j’ai pu arriver tout en haut. Au somment de la dune, le panorama était magnifique. Je voyais l’homme en bas de la dune, une trentaine de mètres plus loin, en face de la porte d’une chapelle à moitié enterrée dans le sable. Il se retourna vers moi.

La chapelle était à moitié ensevelie dans le sable, enfin, la moitié arrière de la chapelle, car la porte principale était ouverte, et pouvait être fermée sans être encombrée par le sable. L’homme en costume était au milieu des portes principales ouvertes. Ce qui m’intriguait le plus, c’était la chapelle, au milieu du désert et en parfait état. Là, y avait un truc qui clochait. Mais franchement, ce n’était pas ma priorité de savoir ce que foutait une putain de chapelle en plein milieu de ce putain de désert. Putain. J’étais exténué, j’avais faim, soif, chaud, je pissais le sang et j’avais du sable partout dans mes fringues. Pendant que je descendais, le mec me regardait, il m’attendait. Je n’avais pas de raisons de me précipiter pour risquer de me casser la gueule dans la descente de la dune, aucune raison. Absolument aucune. J’étais à une dizaine de mètres en face de lui, et il me tourna le dos, encore une fois. Et il rentra dans la chapelle, après avoir descendu les quelques mètres restants pour entrer dans la chapelle, je le voyais, il était au fond, à côté de l’autel ? C’était bien comme ça que ça s’appelait ? Le truc où se mettait le prêtre ? Non ? Je ne me suis jamais intéressé à la religion. En fait, c’est à l’homme de faire ses choix, l’homme n’a aucune excuse à avoir, il est responsable de ses actes. Ceux qui commettent des actes au nom de Dieu sont des lâches. Stan m’avait appris ça, et il avait raison, l’homme est bien plus grand que quelconque dieu, car il est libre de ses choix. Je m’avançais vers l’homme en costume qui me tournait le dos. Il était immobile et regardait la croix sur laquelle le fils de Dieu était crucifié. La longue marche était terminée.

La chapelle était vraiment petite, enfin, c’est une chapelle quoi, pas une église. C’était la taille normale, mais je n’avais pas l’habitude, j’ai vécu dans les grandes villes, avec des gratte-ciel partout, pas avec des bâtiments aussi petits que ça. Il y avait six bancs dans la chapelle, trois sur ma gauche et trois à droite. Une allée les séparait en plein milieu. Je m’avançais pour m’adresser à l’homme en costume. J’étais à deux mètres derrière lui quand j’ouvris la bouche pour m’adresser à lui. Il m’avait devancé. D’ailleurs, aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. L’homme en costume m’a dit, d’une voix calme :

« Es-tu une arme, ou un dieu ? Je m’explique, une arme est un objet utilisé pour tuer. Un dieu quant à lui, est un être capable de toute chose sans aucun maître. Que choisis-tu d’être ? Une arme ou un dieu ? Préfères-tu être l’esclave, ou le maître ? »

Après avoir dit cela, l’homme se retourna. Son visage était couvert de sang, son sourire qui ne prenait que le côté droit de son visage était terrifiant, mais le pire, c’était le sang. Il en avait partout sur son visage, et sur ses deux mains qu’il venait de lever au niveau des épaules, paumes ouvertes. Je n’avais pas réalisé tout de suite, mais cet homme en costume, avec les cheveux plaqués au gel, c’était moi. Il avait mon corps, mon visage, ma voix. C’était moi.
« Qui es-tu ? » demandai-je dans un premier temps.

Toujours avec son sourire dérangeant, il me répondit :

« Tu le sais, je suis toi actuellement. Je suis toi depuis la mort de Stan. Ensanglanté et enfanté, je suis le nouveau toi. Tu es mort, et je suis né. Je suis le toi de maintenant, et le toi d’après, je suis toi depuis que tu as tes mains tâchées de sang. Je suis toi depuis que Stan est mort. Je ne veux pas mourir, alors je suis là pour te guider, pour ne pas que tu finisses comme Stan qui est mort comme un chien sans avoir rien pu faire. Tu penses vraiment qu’il a été un bon professeur ? Mort à la place de son élève comme un chien ? »

Stan n’était pas mort comme un chien, il m’a protégé, il m’a tout appris, si j’ai pu survivre pendant toutes ces années, c’est grâce à lui et à personne d’autre ! J’aurai été incapable de survivre sans lui, il m’a épargné le poids de la survie pour m’offrir la présent d’une vie descente, et personne, pas même moi ne peut dire le contraire ! J’ai eu les mains tâchées de sang car c’était nécessaire ! C’est ce que Stan aurait voulu ! Stan aurait voulu que je vive ! C’est pour Stan que je me lève, c’est pour lui que je me bats ! Tout ce que Stan aurait voulu que je fasse, je l’ai fait ! Qu’aurais-tu voulu que je fasse Stan ? Tu accepterais que je sois devenu un monstre ? Que je ne sois devenu qu’une machine de mort ? Une arme ?

Un léger murmure me fit frémir. Une voix plus que familière m’atteignit, je ne savais pas d’où elle venait, mais cette voix me donnait des frissons. C’était lui. Stan.

«  Je t’ai appris à être un homme, je t’ai appris à être un humain avec des valeurs et une morale. Tu as toujours fait ce que tu avais à faire, et tu feras de même à chaque fois que ce sera nécessaire. Penses-tu que tu serais encore vivant si tu avais fait des erreurs ? Non, bien sûr que non. L’élève que tu es a dépassé le maître, mais tu as encore besoin de mon enseignement, tu es perdu, tu n’as plus de repères, je suis prêt à te guider. Je serai là à chaque instant, à chaque fois que tu auras besoin de moi, je serai là. Seulement, penses-tu vraiment que tu es cet homme ? L’homme plein de sang et qui n’a aucune plaie qui se tient là ? Penses-tu que tu es du genre à tuer par plaisir ? Penses-tu être un esclave à tuer à cause d’ordres ? Penses-tu être un dieu ? Je t’ai appris l’humilité. Je t’ai appris l’humanité. Je t’ai appris le respect. Je t’ai appris à être respecté. Je ne t’ai juste pas appris à te débrouiller seul, et c’est pour ça que je resterai à tes côtés jusqu’à ce que tu sois devenu indépendant. Même Dieu n’a pas à te dire que tu es mauvais. Alors est-ce qu’un simple homme peut te dire cela ou te donner des ordres ? »

Ce discours m’avait semblait durer une éternité, mais il n’en était rien. L’homme qui me faisait face n’avais pas bougé, il n’avait pas du s’écouler plus d’une seconde. C’était bel et bien Stan qui m’avait parlé, c’était sûr et certain. Il resterait auprès de moi à chaque instant où j’en aurai besoin. J’avais toujours été juste, je m’étais défendu. Stan m’avait tout appris, et chacun de ses conseils était bon, chacune de ses paroles avait un sens. Mais surtout, Stan m’avait appris à être un homme, à savoir qui écouter, qui respecter, mais aussi, qui faire taire. Et ce « moi » devait se taire. Je n’étais pas un monstre, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais. Cet homme en face de moi n’était pas moi. C’était le mal. Le diable dans une chapelle. Il ne méritait que de mourir. Je fis un pas en avant pour être juste en face de lui, à moins d’un mètre. Je le fixais dans les yeux, son sourire s’était allégé, mais son regard était devenu dédaigneux, la position de ses mains, au niveau des épaules, paumes ouvertes vers le plafond de la maison de Dieu, accentuaient l’expression malsaine de son regard. Je pliais mon genou droit pour le relever au milieu de mes côtes, puis je levais légèrement mon pied déchaussé légèrement pour qu’un angle droit soit formé au niveau de mon genou. Et je tendis ma jambe d’un seul coup. Une des premières techniques que Stan m’avait apprises. Le Sparta Kick.

Mon talon alla s’enfoncer quelques centimètres sous le plexus du Diable humanisé pour le faire tomber à la renverse. Il tomba lourdement sur le dos. Je fis deux pas vers l’avant pour me positionner à gauche de son corps lourdement affalé sur le sol. Son regard possédait une toute autre expression. Ce n’était plus du dédain, mais de la peur. Ce regard me donna de la force, déjà que mes douleurs et peurs avaient disparues, il ne restait plus qu’à détruire le mal à sa source. Il me fixait dans les yeux, sa main droite posée à plat sur le sol commençait à s’appuyait sur le sol pour le relever. J’écrasai sa main avec mon talon. Peut être que l’impact aurait été plus puissant avec des chaussures, mais je m’en moquais. Son cri de douleur m’était satisfaisant. Son regard de chiot battu demandait pitié en écho avec sa voix. Il osait me demander pitié. J’enrageai. Il osait demander pardon, il oser me demander la pitié ? Réellement ? La seule chose qu’il obtint fut un coup de pied direct dans sa tête, au niveau de la tempe. Il ne réclamait plus rien, ne disait mot. Il était sans aucun doute sonné, j’en profitais alors pour m’agenouiller au niveau de son épaule. Je posais mes chaussures, puis je mis mes mains sur sa gorge. Il respirait encore. Mais plus pour longtemps. Je serrai mes mains sur sa gorge qui était si faible. Si fragile était le mal. Une simple pression l’anéantirait. Je ne l’épargnerai pas. Il devait périr ici, dans la maison de Dieu. Le Diable mort dans une chapelle, hilarant. Ses yeux s’ouvrirent en grand, emplis de peur. Je lui dis alors : « Je suis un homme prêt à tuer sans aucun maître. »

Ses yeux restèrent fixés sur moi, sans aucune expression visible. Il ne respirait plus. J’avais les mains pleines de sang. Du mien qui avait coulé pour me libérer du cercueil, et de celui qui avait coulé sur le visage de l’homme. Je venais de tuer le « nouveau » moi. Comme quoi, on peut toujours changer le destin. Je suis mon seul et unique maitre. Je suis un homme. Je me relevai, je me sentais bien. Je n’avais plus mal nulle part, j’étais bien.

« Tu as fais ce que tu avais à faire Jordan, comme toujours. Et comme toujours, je suis fier de toi. » La voix de Stan résonnait dans ma tête. Cela me rendait heureux que Stan me dise ça. Et cela me rendait d’autant plus heureux que Stan sera là auprès de moi à chaque fois que j’aurai besoin. Je regardais le plafond de la chapelle. Un léger murmure glissa entre mes lèvres, il n’avait qu’un destinataire.

« Merci. » murmurai-je en fermant les yeux avec pour dernière vue, le plafond de cette chapelle.

______________

Le lit était étonnamment moelleux. J’ouvris les yeux, et vis la noirceur de cette chambre. Je me sentais bien dans l’obscurité. Paradoxal non ? Je n’aime pas les chemins inconnus, mais j’apprécie d’être dans le noir, où je n’ai aucun repère. Je me sentais bien, un peu affaibli mais vraiment bien. Peut être que le fait de savoir que Stan serait toujours là pour moi me rendait heureux à ce point ? C’était une évidence. Je sorti du lit pour m’approcher de la fenêtre que j’ouvris. L’air était frais, vraiment très agréable. J’ouvris les volets et je voyais une longue étendue de champs, avec pour seules lumières celle de la lune et des étoiles. Je passais par-dessus la fenêtre, je m’asseyais sur le rebord, laissant passer mes jambes de côté extérieur de la ferme. Là, je me sentais bien. Vraiment bien.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 4 Oct - 13:58
Du 27 au 30 Janvier 2035.

Le calme quotidien de la ferme avait été plus dérangé cette dernière semaine qu'à l'habitude. Si des revenants s'invitaient toujours pour d'obscures raisons, à priori, ce dernier arrivage avait été plus conséquent, intensifiant l'idée que quelque chose les attiraient ici.

Au 27 Janvier, deux ressuscités étaient apparus presque côte à côte sous l'arbre solitaire, de l'autre coté de la route qui bordait la prairie de la ferme. Un certain Steeve et Jordan, c'étaient leurs noms. Pourtant, une fois arrivés, Steeve avait rapidement été écarté pour des raisons que le chef de la ferme, Nelson Wallace, c'était bien gardé de dévoiler à son camarade de fortune, laissant Ricky Jefferson, l'apprenti cow-boy s'en occuper.

Plus tard, après que Jordan ai rencontré Pamela et prit quartiers à la chambre d'ami, il aura reçu un bon repas. Le fameux Steeve n'aura plus donné signe de vie.

Au 28 Janvier, Jordan aura pu profiter d'une bonne grasse matinée avant d'être intercepté à la sortie de la chambre par Nelson Wallace. Celui-ci l'aura convié à venir l'aider aux champs. Après un copieux petit-déjeuner, tous deux, accompagnés de Ricky Jefferson qui aura simplement gratifié Jordan d'un salut, auront récupéré du matériel à la grange voisine à la maison. La journée aura été consacrée aux champs de blé, travaillant la terre, tâche davantage confiée à Jordan et Ricky, tandis que Nelson alternait avec le traitement du blé lui-même. Le déjeuner, puis plus tard le dîner, auront fait office de pauses bien méritées. A la fin, Nelson aura amené Jordan dans la seconde chambre d'ami ne comportant qu'un grand lit double, prétextant qu'ils avaient besoin de la première sans entrer dans le détail.

Jordan apprendra d'ailleurs au moment du coucher qu'avant qu'il ne se lève le matin, une jeune femme aura été à son tour trouvée dans le champs par Clark Blackcorn, l'opérateur du groupe, mais qu'elle aura préféré partir. Il ne l'aura pas croisée de toute la journée.

Le 29 Janvier, au petit matin, Jian, un autre invité trouvé dans le champs en pleine nuit par Ricky Jefferson, aura eu droit à son réveil menotté (chambre 1). Avant que Jordan ne se réveille, le cow-boy aura conduit Jian à se débarbouiller à la salle de bain, avant de partir vers la forêt à la recherche de bois pour le feu.

En parallèle, Ana Stanford, la brune du groupe, aura trouvé un cinquième revenant, Johann, qu'elle aura brièvement conduit à la cuisine, puis à la salle de bain du rez-de-chaussée, avant de l'inviter à l'extérieur pour l'aider à son tour. De son coté, Jordan se sera réveillé avec un mot à son attention, laissé par Nelson Wallace (au sein de la chambre 2). Vint le moment du petit-déjeuner, où Jordan aura été convié, ainsi que Jian à son tour, ramené par Ricky de leur sortie. Ce n'est qu'un peu après, que viendra le troisième invité du moment, Johann. Tous les trois auront l'occasion d'obtenir davantage de réponses à leurs questions, de part le chef de cette étrange ferme, Nelson Wallace.

Le fameux Steeve et la jeune femme non-nommée, auront bel et bien disparus.

Au 30 Janvier, trois autres hommes seront apparus, d'un coté Kyle et Adam se réveilleront en pleine prairie de bon matin, sous le regard inquisiteur de Dakota Marlon et de Tobby le chien. Plus tard, le même molosse accompagnera Pamela Baker aux œufs, récupérés dans le petit poulailler installé au sein de la grange, où Gabriel s'éveillera à son tour.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Lun 26 Oct - 22:04
29 janvier.

La discussion sur notre avenir immédiat  à tous les trois avait enfin fini sur un consensus. La porte de la cuisine venait de se refermer derrière nous, laissant Jordan seul à la cuisine, et je retrouvais donc le papier peint du salon que je trouvais toujours aussi moche ; j’avais déjà repéré les WC et la salle de bains de cet étage et découvrit rapidement l’étage supérieur à la suite de notre guide, qui finit la visite en nous laissant dans ce qui serait visiblement « notre » chambre pour les jours à venir, Jian et moi. A tout prendre, je préférais sans doute la partager avec lui qu’avec Jordan. Il serait sûrement meilleur compagnon. Dès qu’Ana fut repartie, je le laissais sans aucun soucis choisir le lit qu’il voulait et envoyait les affaires que j’avais auparavant récupérées dans la cuisine sur le second lit que possédait la chambre. Le sac à dos dans lequel j’avais fourré la boîte à outil fît entendre un gros « BLONG-CLIING » en tombant sur la couverture, suivi de mon blouson en cuir qui dégageait toujours une tenace odeur de moisi. Je passerais quelques heures, plus tard, à le nettoyer autant que possible pour atténuer cela, car il était hors de question que je m’en débarrasse. Enfin, je m’assis au bord du lit et entrepris de me mettre à jour quand à ce qu’Ana avait présenté comme « mes possessions » ; ce faisant, Jian s’éclipsa pour profiter de la salle de bains, me laissant tranquillement seul.

Le sac à dos était effectivement vide, complétement, définitivement, vide. Même pas de saleté, de poussière, gravier, miettes. Non, rien de rien. Je le rejetais de côté et m’intéressais à l’outillage. Une boîte aux outils communs, ni de qualité pro, ni trop bas de gamme. Il y avait tout ce qu’un bon bricoleur aurait mis, c’est-à-dire un jeu de tournevis complet, des clés de toutes tailles, un marteau standard juste suffisant pour s’écraser un doigt, une scie à métaux et une petite à bois, des clous et des vis, des douilles… Je la refermai en soupirant. Comment cette chose s’était retrouvée avec moi ? Je la repoussais plus loin et pris ma veste dont j’entrepris de vider les poches. Dans la première poche extérieure, je trouvais un trousseau de clé que je reconnu immédiatement ; il y avait là 3 clés : mon appart, le local du groupe de potes où on bricolait nos motos et le passe du boulot. Il y avait également le transpondeur de ma moto qui n’allait plus me servir à grand-chose désormais. Je souris à la vue de ces objets du quotidien dont je ne m’étais jamais résigné à me débarrasser, bien au contraire puisque j’avais toujours l’intention de retourner là-bas. Je les posais à côté de moi. La seconde poche extérieure délivra un bandana tube à carrés noir et gris. Après l’avoir mis sous le nez, je ne pouvais que constater que lui aussi avait bien besoin d’une lessive et c’est avec une légère grimace dégoutée que je le déposais avec les clés. Je passais ensuite aux poches intérieures. Bien sûr, la poche de mon portable était vide depuis longtemps, le téléphone n’ayant pas survécu à une de mes fuites précipitée lors de mon errance. Quant au portemonnaie, je n’ai jamais su où je l’avais perdu. La dernière poche intérieure, sécurisée d’une fermeture éclair, contenait une enveloppe tachée d’humidité. Je restais sceptique quelques instants, à la tourner et retourner entre mes doigts. Il y avait là quelque chose qui persistait à ne pas vouloir se rappeler à mes souvenirs, je le savais. Je finis par l’ouvrir car ce n’était pas en regardant bêtement l’objet que ça allait me revenir.

L’enveloppe contenait trois photos fatiguées, cornées et légèrement abimées par l’humidité ; à l’instant précis où mon regard tomba sur la première, je me souvins de tout. Comme si l’espace vide de mes souvenirs venait de recevoir en vrac, d’un bloc, tout ce que je m’étais efforcé de me cacher, d’oublier volontairement. Ma gorge se serra, la tête me tourna et je restais là à fixer les trois images de mon passé, les avants-bras posés sur mes cuisses, mon attention passant lentement de l’une à l’autre sans pouvoir en détacher mon regard alors que je les faisaient défiler entre mes mains, encore et encore. Si, à cet instant, quiconque entrant dans la pièce aurait voulu me parler, je ne m’en serais même pas rendu compte. Je savais désormais pourquoi j’étais parti, pourquoi j’étais seul et pourquoi j’avais voulu oublier cette partie de ma vie, pourtant la plus importante. La première photo représentait une jeune fille souriante aux longs cheveux blonds cascadant sur ses épaules devant un gigantesque gâteau d’anniversaire décoré de crème rose et blanche, entourée de ses amis dans un appartement où volaient des ballons de couleurs et des décorations d’anniversaire - ma fille il y a deux ans, en 2033, pour ses 15 ans. Ma toute petite fille alors pleine de vie et de rêves d’avenir... La seconde photo était le portait d’une femme d’une quarantaine d’année aux yeux bleu et aux cheveux blonds clairs coupés en carrés volant au vent, avec une large rivière en fond et un ciel bleu pâle de fin d’été sur lequel se découpaient des buildings. Elle souriait au photographe - moi - et arborait ce petit air mutin que je lui aimais tant. Ma femme, ma moitié, celle qui avait fait de moi un type bien. La dernière photo nous montrait tous les trois. Ma fille assise sur une barrière ouvragée, moi et ma femme debout, côte à côte ; j’avais passé mon bras sur ses épaule. C’était devant un parc quelconque au printemps, on voyait des arbres aux feuilles vives en fond. L’image même de la famille unie et sans doute le seul vestige de ce que j’avais été. En regardant ces photos, j’avais l’impression de revoir ma vie défiler devant mes yeux, comme ça se passe quand on meurt, paraît-il ; notre rencontre, notre fille, notre vie, tous ces instants qui ont de la valeur, les bons et les mauvais côté, les engueulades, les réconciliations, les joies et les peines du quotidien… Sauf que je n’étais pas en train de mourir, juste de me retrouver en face à face avec moi-même. Je me souvenais bien sûr aussi de l’instant où ma vie avait basculé une première fois. Je sentais que les larmes n’étaient pas loin, bien malgré moi, et je les retenais non sans mal alors que les dernières bribes de cette vie reprenaient leur place dans ma mémoire malmenée. L’appel de mon boss, le retour en urgence, l’hôpital. Ces deux corps qu’on m’a interdit de voir. La descente aux enfers, destructrice. Mon départ sans but sur les routes pour éviter de sombrer complétement. Tout.

Je me sentais mal et dans un état second. A la fois par le choc de me souvenir d’elles, et en même temps par la honte de les avoir oubliées. Comment avais-je pu seulement vouloir occulter cette partie de ma vie ? Et comment j’avais réussi à le faire ? Plus jamais, je me le jurais. Plus jamais je ne les oublierais. Je posais les photos sur le lit sans faire plus attention à elles et me levait. Je sortis de la chambre pour aller à la salle de bain du rez-de-chaussée puisque celle de l’étage était occupée et là, passais abondement de l’eau froide sur ma figure pour m’éclaircir les idées. Je restais ensuite longuement à fixer mon image dans le miroir sans penser à rien, cherchant juste à retomber sur terre et à éliminer cette désagréable sensation d’irréalité qui était revenue en force. Quelque chose n’allait pas, pourtant. Quelque chose que je ne parvenais pas à cibler. Plus je me regardais, plus j’en étais sûr et moins je trouvais ce que c’était. Pris d’une impulsion, j’ôtais mon t-shirt et me tournais de trois quart. Elle n’était plus là. Je passais mes doigts sur la peau, là où, partant de l’omoplate gauche et descendant en légère ligne courbe vers l’extérieur sur pas loin de 25 centimètres devait se trouver ma cicatrice héritée d’un accident de moto que j’avais eu à 21 ans et qui avait failli me laisser sur le carreau. C’était impossible. Un frisson glacial m’envahi. Je regardais mes mains, mes bras. Là également. Les deux points de suture à mon index droit ; la coupe nette du couteau à l’annulaire gauche qui avait marqué l’empreinte digitale ; toutes les petites cicatrices et marques d’une vie. Effacées. Disparues. C’est à ce moment précis je crois, que j’ai réellement cru à toute cette histoire de résurrection. J’étais donc vraiment mort pour revenir à la vie ensuite ? C’était possible ? Sinon, comment est-ce que je pouvais expliquer ça ? La médecine actuelle, malgré toute son avancée, ne pouvait pas faire ça, j’en étais sûr, malgré mes maigres connaissances dans ce domaine. Et pourquoi le ferais-t-on ? C’était là la preuve indéniable, flagrante, que je ne pouvais pas éluder, ou nier, ni rejeter. Impossible de faire comme si ça n’était pas arrivé. Je me tenais des deux mains au lavabo, mais ça ne suffisait plus. Je m’assis par terre, dos au mur, alors que tout tournait devant mes yeux. Je restais ainsi cinq, dix minutes, aucune idée. Quand le monde cessa de tourner, j’avais cessé de lutter contre mon esprit également. J’avais accepté ce qui m’arrivait comme étant la seule, vraie, réalité, autant que j’avais accepté la perte de tout ce qui importait auparavant à mes yeux. Ce n’était pas moins douloureux, nullement, mais j’avais cessé de le rejeter, ce qui était un sacré progrès. Je regardais mon alliance comme si elle avait pris une nouvelle signification et j’étais content de ne pas l’avoir perdue comme tout le reste. En mon for intérieur, j’en étais presque à remercier le ciel pour leur avoir évité de vivre ça, cet enfer dans lequel nous avions tous été jetés. Piètre réconfort, néanmoins ; peut-être que, autrement, dans d’autres circonstances, si elles avaient vécu... Je refusais d’y penser sous cet angle, me levais, remis mon t-shirt et retournais dans la chambre.

Elle était vide. Jian n’avait pas encore réintégré les lieux, ou il en était déjà reparti. Les photos m’attendaient sagement sur le couvre-lit, étalées à la vue de tous. J’espérais que personne ne les avait vues et je m’en voulais de ne pas les avoir rangées. C’était trop personnel ; je me hâtais de les remettre dans leur enveloppe  puis dans la poche de ma veste. Les clés allaient rejoindre une des poches fermées sur le côté du sac à dos puis je fourrais le sac et la boîte à outils sous le lit, la veste sur une chaise, y lançais également le bandana histoire de ne pas oublier de le laver et pensais au dernier moment à retirer mes chaussures avant de m’allonger sur le lit, de dos, un bras replié comme appui sous ma tête. Je n’avais absolument pas l’intention de m’endormir. Pourtant, vaincu par l’épuisement et le trop plein d’émotions depuis mon réveil, il ne fallut pas 30 secondes avant que je ne sombre dans un sommeil si profond que tirer au canon dans la pièce ne m’aurait pas réveillé ; je laissais ainsi filer d’une traite le reste de la journée, la soirée et toute la nuit.

***

30 janvier et jours suivants.


Je me réveillais aux aurores le lendemain, comme tous les jours qui allaient suivre. Vielle habitude. Après le premier instant de dépaysement qui allait de pair avec un réveil dans une pièce inconnue, les événements me revinrent en mémoire et ma première pensée consciente fût pour regretter que ce ne soit pas un cauchemar, banalité que les trois quarts des gens dans ma situation devaient avoir comme réaction. Dans la chambre, j’entendais la respiration calme du jeune asiatique et me levais en tentant de ne pas le réveiller. C’est à ce moment que je constatais que j’avais dormi tout habillé, chose que j’aurais bien du mal à ne pas faire les nuits suivantes d’ailleurs, après des mois passés à devoir être prêt à une fuite précipitée quel que soit l’instant, même et surtout de nuit.
Je récupérais mes chaussures et descendis après un bref passage à la salle de bain afin de me passer de l’eau froide sur le visage pour toute toilette. Je me sentais bien, vraiment mieux, autant physiquement que mentalement. Comme quoi, dormir restait effectivement un remède sûr contre à peu près n’importe quoi ; même pour les effets secondaires de la résurrection, Ana avait raison. En attendant que tout le monde se lève et avant de manger, je cherchais un endroit où je pourrais ne réveiller personne pour m’astreindre à un court moment d’exercice physique, histoire d’accélérer ma remise en forme ; le salon me parut plus indiqué que le garage et, même si j’en avais très envie, je ne pris pas le risque de sortir, même si c’était plus pour éviter qu’on me prenne pour un marcheur que par crainte réelle de ces derniers. Et puis, je soupçonnais que Tobby n’apprécierais pas non plus. Il était d’ailleurs fort probable que je ne sois pas le seul à me lever très tôt, ce qui n’allait pas me poser d’autres problèmes que le fait de n’avoir aucune envie de discuter au réveil si je croisais quiconque. Après le déjeuner, j’allais « profiter » d’une très  rapide douche à l’eau désespérément froide, parfaite pour achever de me réveiller. Ce quasi rituel, j’allais le conserver jusqu’à mon départ.
Une de mes premières demandes le matin même fût de pouvoir récupérer mes vêtements, sales mais pas importables si ce n’est la légère déchirure en bas de la jambe droite ; il fallait bien l’avouer, je n’étais pas follement à l’aise dans ceux de Nelson. Et histoire de dépanner Pamela, j’allais jusqu’à lui proposer si ce n’est de les laver moi-même, au moins de l’aider, ce qui m’arrangeait bien, vu que j’en profitais pour m’occuper également de ma veste en cuir qui allait presque complétement perdre et sa couche de crasse, et son odeur de décomposition. J’allais passer ma première journée complète à découvrir autant le reste des gens que le reste de la ferme et les suivantes à prendre gentiment une sorte de routine qui, si elle ne durerait pas, serait néanmoins bien réelle.

Rapidement d’ailleurs, j’avisais la moto dans le garage et appris de la bouche même de l’intéressé qu’elle était à Nelson. J’osais lui demander si  je pouvais lui donner un coup de main à l’occasion, m’attendant à un refus – chaque possesseur d’une moto est souvent fondamentalement jaloux et possessif de son engin. Je me trompais ;  il me proposait plusieurs fois de le rejoindre, en dehors du boulot de la ferme proprement dit bien sûr ; assez régulièrement d’ailleurs, Ricky s’incrustait sans manière, visiblement intéressé. Parfois, j’avais carrément l’impression de voir un grand père avec son petit fils. Durant ces périodes où nous étions dans le garage les mains dans le cambouis, au salon ou à la cuisine à parler mécanique, j’arrivais souvent à en oublier complétement l’étrange réalité qui était la nôtre. Pourtant, dans le même temps, malgré le fait que ça fasse partie de ma vie depuis une éternité, je me sentais maladroit, mal à l’aise devant ces pièces mécaniques éparpillées, comme si j’avais oublié à quoi servaient la plupart. Si je pouvais les reconnaître, parfois après un temps de réflexion, j’avais par contre l’impression d’avoir été spolié du mode d’emploi. C’était frustrant et usant et il m’arriva une fois de quitter le garage de manière précipitée après avoir envoyé une clé de 16 valser contre la porte ; j’avais une fois de plus échoué à retrouver la bonne information que je savais pourtant connaître et j’étais furieux, en colère contre moi-même, contre le monde entier, contre Nelson et sa moto qui me renvoyaient à ma propre faiblesse. Je ne tardais d’ailleurs pas à revenir m’en excuser face à lui. Cela ne se produisit qu’une fois, même si intérieurement, j’enrageais très souvent de mon incompétence manifeste. En plus, j’étais en manque de clopes et y penser n’arrangeait pas les choses. Etrangement, jusqu’ici, j’avais toujours trouvé presque plus facilement des paquets de cigarettes que de la nourriture. Et pourtant, ici, personne ne fumait et j’étais réduit à une abstinence forcée qui, si je n’étais pas sûr d’en ressentir encore physiquement le manque, avait certainement une prise encore plus forte sur mon esprit qui avait de toute manière et depuis longtemps relégué tout ça en habitude ancrée profondément. Ca ne faisait qu’ajouter aux instants de frustration que je vivais de temps à autre et ne m’aidait pas vraiment.

Si j’étais libre de toute corvée, mes pensées dérivaient et c’était toujours du côté désagréable ; il fallait que je sois occupé pour penser à autre chose, pour que je me sente utile également. Je faisais généralement en sorte de trouver quelque chose à faire et à proposer mon aide, si elle n'étais pas requise spécifiquement. Les rares moments où je me permettais de rester à ne rien faire, je les passais souvent à sympathiser avec le chien et à jouer avec lui dans la cour. C’est lors d’une partie de « ramène moi la branche » fort prisée de toute l’espèce canine que je rencontrais Dakota. Je crois que nous n’avons dû parler que du chien... A chaque fois que je la voyais, elle me faisait penser à ma fille. Elle ne lui ressemblait pas physiquement et était plus âgée, mais ça venait sans doute de son côté insouciant, frais, comme si elle ne risquait pas sa vie chaque jour qui passait, étrange et irréelle impression. C’était malgré elle, mais j’évitais de rester trop longtemps à ses côtés et, généralement, mettais assez rapidement fin à nos rares contacts. Il y a certaines choses que je préférais ne pas m’imposer. Elle et Clark étaient sans doute ceux que je croisais le moins souvent et pour le jeune homme, qu’en dire ? Je crois que nous n’avions juste aucuns points en communs. Je n’avais rien à lui dire, il n’avait rien à me dire. Ce n’était pas de l’antipathie, absolument pas, mais nous n’étions tout simplement pas du même monde. Au final, je ne pris pas vraiment le temps de faire connaissance de manière approfondie avec la petite équipe qui tournait autour de Nelson ; et puis de toute manière, je n’allais pas rester, alors à quoi bon ? Seul Ana aiguillonnait vraiment ma curiosité et mon intérêt. C’est sans doute pour ça que je l’évitais le plus possible et ce, volontairement. Je ne voulais pas avoir à la regretter par la suite. J'avais ma dose de regrets. Autant ne pas en rajouter.

***

Un jour, un autre, encore un autre, sans véritable autre différence que leur date. Au bout de la semaine, lorsqu’on put faire connaissance avec les survivants de l’autre campement, j’avais presque l’impression d’avoir retrouvé une vie normale. C’était étrange. Décalé. Et profondément agréable.

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Mar 10 Nov - 19:24
Au 30 Janvier

Tobby, le chien, accompagne Pamela Baker aux œufs, récupérés dans le petit poulailler installé au sein de la grange, où Gabriel menotté ; et reposant sur une couche de foin ; s'éveille. Après une mise au point relativement rapide, malgré le bégaiement de Pamela, Gabriel rejoint la maison d'habitation, accueilli par un Ricky fidèle à lui même avant que ce dernier ne doive s'éclipser, laissant Dakota Marlon se charger de Gabriel. Dakota expliquant à Gabriel, tout ce qu'il doit savoir sur la ferme avant de l'entraîner à sa suite pour qu'il l'aide.

Ce n'est qu'au moment du repas que Johann, Jordan et Jian apprennent la présence de ce nouvel homme, tout juste revenu d'entre les morts tout comme eux trois. Jordan apprenant en même temps qu'il va devoir partager sa chambre avec Gabriel voir même son lit, à moins que cela ne leur pose un problème auquel cas, un matelas d'appoint sera disposé dans leur chambre. Gabriel passera ainsi sa semaine avec les trois autres et les habitants de la ferme, il sera lui aussi mit à contribution pour aider et se rendre utile à la ferme.

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Anonymous
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Mar 16 Fév - 2:27
Au 20 Février.

L'arrivée d'Adam et Kyle, deux nouveaux ressuscités, n'aura pas été de tout repos et suite à leurs interactions individuelles, ils furent contraints de partager la même chambre (chambre 1) située à l'étage. Après un repas chaud et le prêt de couvertures pour passer la nuit froide, trouvant de ce fait un confort chaleureux malgré tout au sein de la ferme et de sa sécurité vraisemblable, c'est un Nelson Wallace debout aux aurores qui aura apporté des tartines beurrées et des chocolats chauds - rien que cela - aux deux hommes.

Malgré l'heure matinale et une nuit peut-être agitée, puisqu'elle suivait leur retour à la vie, le vieil homme aura prit soin de mettre les deux gaillards au travail au champs, y passant une bonne partie de la journée avec Ricky, Clark, Ana et même Dakota pour traiter les nouvelles plantations qui avaient souffert de ce premier hiver post-apocalypse. Il n'y eut de coupure que pour les repas et des pauses bien méritées relevées par de bons et revigorants verres d'eau glacée, car après tout ainsi que l'eut dit Nelson : la meilleur façon de ne pas penser à ce qui nous préoccupe, c'est de se fatiguer à la tâche.

Bien sûr, cette ambiance tranquille aura été dénotée par la présence d'armes à portée du groupe, à l'exception évidente des deux hommes et le départ soudain et répété d'Ana et Ricky pour se charger d'un rôdeur ou deux qui passaient dans les environs. En fin de journée et sous la tutelle d'un Ricky Jefferson, jeune homme au chapeau de cow-boy dont il était fier, les deux hommes eurent loisir de couper du bois derrière la maison pour le feu du soir que le doyen aura initié dans la cheminée du salon.

Une journée bien remplie soldée par un repos bien mérité et un repas convivial près du feu, dans le confort des canapés - hormis Ricky qui aura prit sur lui de faire le guet ce soir-là. Cependant, c'était sans savoir ce qui se tramait à l'insu des deux hommes, car ils ne seraient pas les seuls à s'inviter dans cette petite ferme isolée par chance, magie ou indulgence du destin du chaos et de la souffrance du monde extérieur.

Kyle Collins

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Jeu 18 Fév - 16:43
20 Février et jours suivants

S’occuper l’esprit était sans doute le meilleur moyen de ne pas penser à tout ceci, aux morts, aux vivants, à ceux qu’ils nommaient ressuscités. J’avais d’ailleurs indiqué que je ne souhaitais pas que l’on me qualifie de cette manière. Toucher à la résurrection, c’était pour moi un aspect un peu sensible, à la limite de l’hérésie. Jésus avait ressuscité. Pas moi. C’était un don qui n’était réservé qu’à l’Unique. Miraculé était sans doute un meilleur terme. C’était ce que j’avais expressément demandé.

J’avais préféré ignorer le dénommé Adam avec qui ils m’avaient collés. Ils avaient fini par aller le récupérer, et je n’étais pas vraiment favorable à cela, mais il semblerait que ces gens soient du genre à récupérer tous les canards boiteux du pays. Un jour, ça leur sera fatal et ils pourraient bien le regretter, d’une manière ou d’une autre. Pour ne pas paraitre grossier, j’avais évoqué cette idée au détours d’un repas généreusement offert, mais j’ignorais si le message avait été entendu réellement. Ils avaient l’air tous assez braqué dans leurs bottes et leurs idées.

Toujours était-il que nous coller des activités de la ferme m’avait certes occupé l’esprit, mais j’aurais cent fois préférés passer ce temps-là à essayer de retrouver mes reflexes. Il fallait pourtant bien mettre la main à la pâte pour rendre ce qu’ils nous avaient offert. Toujours était-il qu’ils ne nous avaient pas donné d’arme au cas où, pour nous défendre, mais eux-mêmes en portaient presque continuellement. Sans doute cela allait dans le sens de ma réflexion de la veille.

J’étais néanmoins pressé de quitter cet endroit, pressé de prendre le taureau par les cornes. Je détestais rester inactif vis-à-vis de la situation et de celle de Kat. Plus vite je rencontrerais ce groupe dont ils m’avaient parlés, et plus vite je pourrais la retrouver.
C’était con, je m’en voulais de ne pas avoir été assez attentif à elle, à l’endroit où elle était partit se réfugier. Tout ça à cause de cet état vaseux dans lequel on m’avait foutu et de l’autre blaireau au langage fleurit.

Le reste du temps, je finissais de m’épuiser en quelques exercices de force. Peu de temps à dire vrai, je peinais à retrouver ma forme, mais me poussait jusqu’à ne plus pouvoir dormir debout. Et puis franchement, je préférais cents fois aller me coucher en m’endormant immédiatement qu’avoir à partager n’était-ce qu’un bref échange de mot avec mon voisin de piaule.

Je n’avais pas risqué à demander au moins une arme blanche pour le cas où. Ça m’était égale pour dire vrai. En cas de soucis, je savais où les trouver, et c’était suffisant.

Adam West

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Sam 20 Fév - 0:23
20 au 21 Février.

L'injonction du vieux fermier était, malgré tout, restée en travers de la gorge d'Adam qui s’accommoda néanmoins de cette chambre. Enfin, c'était le cas avant de savoir qu'il devrait la partager avec Blanche-neige. Quand le blondinet vint, il était assis sur le lit et se contenta de l'observer, le fixer même, avec un air moqueur. Voir cette tête blonde se pavaner avec son air idiot et m'as-tu vu. C'est dans un silence mérité qu'il profita du repas chaud et se mit au lit, pas triste de pouvoir dormir sans menottes et oublier l'espace de quelques heures qu'il était revenu, revenu ici qui plus est, dans ce beau bordel.

Le lendemain, le réveil matinal du maître de maison le rendit grognon et c'est à peine si l'air frais l’apaisa, quoi qu'il en soit c'était journée champs de patates, ou quelque soit la saloperie qu'il faisait pousser sur son terrain dont il se fichait royalement et autant dire que ça le gonflait sévère de revenir d'entre les morts pour se la jouer Charles Ingalls au rabais. N'y mettant que bien peu de volonté, il fit à peu près sa part tout de même, moins que le blondinet en tout cas qui était sans doute préoccupé à bien se faire voir, manquait plus qu'il lèche les bottes sales du vieux à moitié sénile. Il ne manqua d'ailleurs pas au moment d'aller profiter du premier repas de bousculer par soit-disant accident Kyle d'un coup d'épaule en simulant un "désolé" particulièrement peu crédible, joignant un regard dédaigneux.

Plus tard, on leur présenta Fate, un espèce de hippie genre méga-naze qui aurait eu droit à une résurrection gratis lui aussi, le grand gaillard croyant toujours aussi difficilement à cette histoire. L'idée que l'endroit où il allait, qui était déjà inconnu et potentiellement bourré de survivants en mode geignardes tafiolesques, il s'y rendrait en compagnie de ces deux tarlouzes lui cassa les burnes modèle géant. Néanmoins à la voiture, il fit en sorte de s'asseoir coté fenêtre et ne se montrait pas particulièrement partageur avec la place à diviser étant donné qu'il était question de trois carrures d'hommes, enfin une stature d'homme et deux corps ados à ses yeux.

Ils partaient à peine que ça sentait déjà à moitié la merde. Putain de nouvelle vie.

Evènements

Anonymous
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Lun 4 Avr - 10:25
Du 27 Février au 18 Mars 2035 - Ellipse temporelle


Une nouvelle page s'imposa au livre très volumineux nommé la vie, pour quatre morts redevenus vivants qui avaient rejoint les chambres de la ferme Wallace dans le but d'un repos nécessaire mais mitigé, à savoir s'il était mérité ou non. Matt, Cassandra, Kaitlin et Armstrong étaient leurs prénoms. La nuit fut pour tout un chacun assez agitée, peut-être plus encore pour Matt qui avait découvert que sa soeur si ardemment recherchée était là, à quelques kilomètres potentiellement et qu'il lui tardait de retrouver. Le lendemain pourtant, les choses ne se présentèrent pas de façon aussi avenantes que la veille et pour cause, le quatuor avait rencontré le propriétaire des lieux, le vieux Nelson Wallace dont la description serait la suivante : un homme immense, près de deux mètres et massif, robuste. Pourvu de quelques rondeurs mesurées, le visage aux traits solides mais détendus par l'âge et à l'air naturellement rassurant, le regard bienveillant et paternaliste. Il portait une chemise à carreaux d'un marron forestier presque noir. Bretelles et pantalon sont encore plus sombres, bottes épaisses aux pieds, sa chevelure blanche assez longue est organisée par une queue-de-cheval. Une chaîne d'argent à son cou au bout de laquelle était suspendue une croix catholique fièrement présentée.

Son regard s'était fait analytique, de ceux qui vous épient en cachant un flot de pensées, et de prime abord une impression de jugement même s'il n'en était rien. Sa voix s'avéra grave et tranquille, ses manières paisibles et l'expression de ses yeux bruns qui laissaient transparaître ses sentiments. Il avait convié les quatre individus au petit-déjeuner et au bout de quelques présentations, marquant un temps avant d'aborder le vrai sujet, leur fit une annonce qui encore une fois du frustrer plutôt l'aîné Campbell : il n'était pas possible de rejoindre le groupe de ressuscités. Il prétexta que celui-ci s'était déplacé à cause des migrations importantes des rôdeurs et que ces déplacements avaient gêné toute possibilité de les contacter. Concluant qu'il ne savait pas pour le moment où ils se trouvaient et n'avait pas d'information précise à leur donner, mais qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, il affirmait au final que dès qu'il connaîtrait leur nouvelle position, il ferait le nécessaire pour les y emmener.

En attendant, n'hésitant pas à insister lourdement sur la nécessité de rester à la ferme - au risque de perdre la vie dans une région bien trop hostile et pas simplement du fait des rôdeurs, ruinant ainsi tout l'intérêt de cette résurrection, il proposa aux quatre de rester les aider aux tâches diverses nécessitées par l'entretien de la ferme, en échange du gîte et du couvert jusqu'à ce qu'ils puissent partir à leur guise. Après cela, ils furent guidés aux champs par le vieil homme, accompagnés d'Ana, la vétérinaire, de Dakota, la jeune blonde et de Pamela, la plus jeune blonde de cheveux, bien plus timide et tous travaillèrent dur aux plantations et à l'attention de celles-ci. Le vieil homme, soucieux de leur sortir de la tête leurs préoccupations, les intéressa au métier délicat qu'était celui de fermier et leur offrit de se suer à un labeur très fatiguant, mais d'une bonne fatigue qui détendrait leurs esprits et leurs muscles, avant que le déjeuner ne soit servi. C'est à ce moment là qu'un habitué entra avec un nouveau visage à découvrir : Ricky Jefferson, le jeune cowboy des lieux, était entré dans la cuisine avec une jeune femme asiatique, Koda, découverte une heure plus tôt.

Le fermier expliqua à Koda ce qu'il avait expliqué aux autres concernant l'état du camp à rejoindre et à partir de cela, le groupe s'inséra dans un quotidien fait d'une survie isolée et très calme en comparaison de ce qu'ils avaient connu, presque idéale. Chaque jour, il y avait quelque chose à faire, que ce soit oeuvrer aux champs, couper et ramener du bois de la forêt qui entourait la ferme, entretenir la maison, la grange et les outils. Le fermier laissa tout de même pas mal de temps libre aux cinq survivants, n'exigeant pas d'eux la même charge de travail que celle que s'imposaient les résidents de la ferme. Bibliothèque de livres, promenades toujours accompagnés d'un résident ou de Tobby, le fidèle chien de Nelson, repos, il n'y avait pas énormément de loisirs à la ferme mais ils avaient le luxe d'une tranquillité qui paraissait surréaliste aujourd'hui. Pamela, le cordon bleu, se chargeait des repas ainsi que du nettoyage des vêtements et des possessions du camp, ne travaillant pas beaucoup aux champs et aux tâches très physiques de son petit gabarit, ne passant pas énormément de temps non plus à l'extérieur, ou toujours accompagnée de Tobby.

Ana et Ricky travaillaient à toutes ces tâches et avaient également pour charge les rondes, les guets de nuit ou lorsqu'un mort-vivant ou deux traînaient dans les environs, le devoir de l'abattre, gardant toujours sur eux une arme à feu bien qu'ils usaient d'une pelle, fourche, couteau ou autre arme du genre pour accomplir cette affreuse besogne. Dakota était bien moins portée sur la défense mais aidait beaucoup aux tâches manuelles et physiques et donnait un soutien indéniable à Pamela, il fut par ailleurs vite évident qu'elle était la petite amie de Clark Blackcorn étant donné leurs marques publiques d'affection et le temps conséquent qu'ils passaient ensemble. Clark lui, se qualifiait comme l'opérateur-radar qui passait le plus clair de son temps à vérifier, réparer, bidouiller toutes les machines, tous les outils et les appareils ménagers, entretenir et compter les stocks de ressources et de munitions.
Mais son titre lui venait surtout du temps, très important, passé auprès du poste-radio un casque sur les oreilles pour ne pas opprimer les gens de la ferme avec les grésillements incessants du poste. Il fouillait les innombrables fréquences à la recherche de la moindre transmission qu'il intercepterait, le moindre signe de vie et surveillait comme il le disait souvent, un message éventuel du groupe de ressuscités. Cependant il ne partageait jamais ses éventuelles trouvailles avec quelqu'un d'autre que Nelson. D'ailleurs Nelson, lui, en bon patriarche, œuvrait à toutes les tâches citées sans exception, car en tant que propriétaire de cette ferme il se considérait le premier à devoir veiller sur elle de toutes les façons et avait sa fierté de vieux texan qui voulait que rien n'était trop dur pour lui, pas même libérer les morts-vivants de leur condition contradictoire.

Un jour devint des jours et les jours, des semaines. Ça dura dix-neuf jours, rien que cela, qui parurent paradoxalement une éternité alors qu'ils passèrent plus vite au final. Souvent, Ricky ou Nelson partait on ne sait où pour on ne savait quel but, le cowboy utilisant la moto retapée de modèle Yamaha YZF-R1 noir et le vieux fermier, une Ford F-150 grise, l'autre restant veiller sur la ferme avec Ana en second. Par deux fois, ils étaient partis tous les deux et c'est Ana qui avait eu la pleine charge de la ferme. A ces moments-là, ils purent remarquer que la vétérinaire les emmenaient à chaque fois en forêt pour la recherche de bois ou pour l'accompagner dans sa ronde en ces lieux et quand ils revenaient à la ferme, ils retrouvaient les deux hommes présents et toujours aussi avares en informations sur leurs escapades.

Au terme de ces dix-neuf jours, Nelson leur annonça qu'ils avaient reçu des nouvelles du groupe et qu'ils allaient bien, mais surtout qu'il était venu le moment de les rejoindre. Il demanda à Matt, Cassandra, Armstrong et Kaitlin de monter dans la Ford, tandis que Ricky prendrait la moto avec Koda derrière. Tous purent récupérer leur équipement avant le départ ainsi qu'une bouteille d'eau et ils eurent droit à un dernier repas assez copieux pour "marquer le coup" comme le signifia Ricky. Bien vite, le décor de la ferme aura disparu derrière eux qui filèrent sur la route aussitôt après, avec la promesse silencieuse, peut-être, de ne jamais y revenir...

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Debuba110/0[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Debuba100/0[Ferme Wallace] Récits Quotidiens Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Dim 15 Sep - 18:56







Clôture de la Ferme Wallace : First Season.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A
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