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[Ferme Wallace] Sous l'arbre moqueur - 27/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Dim 9 Aoû - 20:39
Interprété par Jordan Getz.


Elle voltige, la brise du matin, avec un arrière goût de liberté. L'herbe est froide, désertée depuis trop longtemps et en proie aux nuits fraiches. Il y a une odeur, qui provient d'ailleurs, mais semble traverser le champs comme un souffle de vérité, une odeur de brûlé à peine perceptible mais assez pour s'en rendre compte. Et toi, tu es allongé sur le sol, le visage contre l'herbe, la bouche écrasée et le nez désagréablement appuyé. A peu de choses près et tu t'étouffais, cela aurait été aussi ridicule que dommage, que de revivre pour mourir aussitôt, à cause de l'inconscience qui accompagne la renaissance. Mais sais-tu seulement la nature de ce qui t'arrive ?

Il y a un bruit en fond, comme un grognement, menaçant, léger, prudent, que tu perçois à peine alors que tu sors de ton sommeil profond pour rejoindre ce monde.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Le temps de réaliser et tu pourras distinguer le décor : une plaine, aux abords d'un vaste champs. Tu es sous un arbre, à quelques pas d'une clôture qui devance le champs, semblant seul perdu dans ce lieu de campagne tandis que la forêt est au loin vers le nord-est. A tes cotés, au sud, il y a la route, grand sentier moderne qui parait partir du bout du monde pour rejoindre l'autre bout. Le soleil grimpant après l'aurore demeure timide et la lumière du ciel n'est pas à son meilleur.
Une fois redressé, tes yeux pourront néanmoins percevoir ce vide béant, sans vie ni construction civilisée à des kilomètres à la ronde... ou presque ? De l'autre coté de la route au loin, bien huit cent mètres de l'endroit où tu te trouves, tu peux peut-être distinguer cette bâtisse. Une ferme ? Un entrepôt isolé ? Ces questions, il n'est pas temps de se les poser car d'autres se bousculent. Que fais-tu donc ici ? Mais quelle est cette plaine ? Comment t'es-tu retrouvé sous cet arbre ?

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de toi et presque dissimulé par l'herbe, aligné et nettoyé. Ainsi te voilà vivant, la peau aussi propre au contraire de tes vêtements qui sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

D'un coup, ton état premier est balayé par l'origine du grognement que tu comprends maintenant très bien, à deux mètres de toi, animal... un chien. Pas n'importe quel chien, il s'agit d'un dobermann aussi grand que l'on peut l'imaginer, canines tranchantes visibles, qui à son regard fixe et ce fameux grognement, n'a pas l'air d'apprécier ta présence sur son territoire. Aurais-tu eu la malchance de tomber sur un chien errant ? Il ne semble pas sale, ni affamé, bien à l'inverse en réalité. Quoi qu'il en soit, une telle bête risque fort de mettre fin à ton escapade si cela devait dégénérer : tu sors à peine de ta torpeur avec l'impression que ton crâne va imploser et désorienté dans tes sens comme dans la manipulation de ton corps, presque entièrement engourdi sur le moment. Et honnêtement, même à tes pleines aptitudes, que pourrais-tu faire contre cette masse de muscles féroce ?


Éléments scénaristiques:
 

Aaron Steevenson

Anonymous
Invité
Lun 10 Aoû - 11:49
Rien, le noir, le néant le plus total englobe mon esprit tandis qu’un lointain ronronnement, le bruit d’un train ?, arrive à mes oreilles. Petit à petit, ce bruit se rapproche et se fait de plus en plus perçant, de plus en plus présent. Il semble englober mon âme. Toujours rien : le vide. J’ai froid, un peu en tout cas. Le bruit se transforme, s’amplifie tandis qu’un frisson fait tressaillir mon corps comme un vulgaire poisson hors de l’eau. Mes yeux s’ouvrent, mes yeux souffrent de cette aveuglante lumière. Mon nez, appuyé contre le sol, m’oblige à respirer par la bouche. J’avale un peu de poussière et tousse.

Redressant légèrement le cou, un maelström de mille couleurs m’agrippe l’arrière du crâne dans un violent déchirement. Des larmes coulent le long de mes joues tandis que je pose un genou au sol. Une sensation de vertige m’attrape le cœur et me renverse sur le dos. Impuissant, je pose un bras sur mon visage pour atténuer cette menaçante clarté. Le résultat n’est pas escompté.

Ta-Ta-Ta-Ta … Ta-Ta-Ta-Ta … Comme des tambours de guerre, mon mal de crâne s’amplifie tandis que des formes commencent à émerger. Le vert se tasse, le bleu se dilue et le blanc se moutonne. Je tends la main et sens la rudesse d’une écorce. Un arbre… Un arbre grimpe magistralement vers le ciel déployant ses branches nues et crochues au-dessus de mon visage. Rampant faiblement, j’arrive à m’y adosser. Le cigare toujours dans le pâté, j’observe les environs. Rien… De l’herbe, des champs et… Une ferme. De là où je suis, elle semble inhabitée, laissée à l’abandon, chose courante de nos jours.

Une légère brise glisse sur mes joues et mon cou avant de s’engouffrer sous ma veste. Baissant les yeux, je remarque le sang coagulé dessus, mon jean déchiré. Chose étrange, il me manque une chaussure. Un flash, un souvenir me revient en mémoire et la douleur l’accompagnant aussi. La morsure me déchire de nouveau le flan. Affolé, les mains tremblantes, je soulève mon habit d’été et observe rien.
Rien ? Comment est-ce possible. Je me souviens très bien les rôdeurs, la fuite du groupe, la douleur et rien. Je n’ai rien, pas une griffure, pas une plaie. Même mes mains, d’habitude rugueuses, semblent s’être adoucies. Mes cicatrices de jeunesse se sont, elles aussi, évaporées dans l’éther. J’ai l’impression de devenir fou, mes mains tâtonnent l’herbe autour de moi et tombent sur une poignée d’objets. Un tournevis –flashback : je me revois les mains dans le cambouis-, d’la bouffe et une boussole… C’était à moi ? Quelqu’un les a laissés ici ? Paniqué, encore un peu plus, je jette des coups d’œil à droite et à gauche. Le mal de crâne revient au galop.

Cependant, je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur mon sort ou même d’y réfléchir. Le grognement reprend, un grognement canin. Droit de devant moi, molosse me regarde, oreilles dressées. Je ne connais pas cette race, mais compte tenu de mon état, il aurait très bien pu s’agir de Cerbère en personne… Suis-je en enfer d’ailleurs ? Question à laquelle je n’ai pas le temps de penser en entendant son grondement amplifier. Ses babines se retroussent, ses canines apparaissent et me laissent une sueur froide dans le dos.


-SA…Sa..sa. S’lut toi.
-Grrrrr WOuaf ! Grrrrrrrrr

Les animaux… Je sais que j’ai toujours préféré leur compagnie à celle des hommes. Est-ce pour cela qu’un chien se présente à moi ? Peut-être. En attendant, je sonde du bout des doigts les objets à proximité et tombe sur un sachet plastique. Le ramenant contre moi, je l’ouvre avec toutes les peines du monde et en extrait un morceau de viande séché. Le tenant délicatement, entre le pouce et l’index, je le tends en direction de l’animal.

-Hey, t’as f.faim ? T’es tou.. tout seul ici ? Même parler m’est encore difficile…

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 13 Aoû - 0:31
Aaron : Le chien demeura sur place, sans aboyer, se contentant de grogner de façon intelligible pour mettre en garde l'inconnu. Il conserva une attitude ferme jusqu'à ce que celui-ci sorte un morceau de viande séchée. La bête pencha alors la tête et sortie sa langue avec curiosité, fixant l'inconnu et son morceau de viande entre intérêt et méfiance. Finalement, il fit un pas de coté et bascula la tête, puis la redressa, bascula encore et revint à sa position initiale. Il était certain qu'un conflit se tramait en son fort intérieur : devait-il céder à la tentation et venir se saisir de la viande alléchante, ou continuerait-il de faire son devoir sans corruption aucune ?

Il aboya alors vers l'homme, plusieurs fois et avec force, avant de tourner la tête vers un autre endroit non loin, scrutant quelque chose qui se trouvait à proximité de la barrière de bois à une quinzaine de mètres. C'est d'ailleurs dans cette direction qu'il alla, galopant en aboyant de nouveau sur ce qui avait détourné son attention de l'offrande d'Aaron. C'est là que le mécanicien pu voir qu'il y avait bel et bien quelque chose et même, quelqu'un, qui se mouvait là-bas.

***

Jordan : L'herbe est froide, désertée depuis trop longtemps et en proie aux nuits fraiches. Il y a une odeur, qui provient d'ailleurs, mais semble traverser le champs comme un souffle de vérité, une odeur de brûlé à peine perceptible mais assez pour s'en rendre compte. Les petites plantes verdâtres caressent ton visage et chatouillent ton nez, l'une d'elle se posant au coin de ton oeil alors que tu te trouves allongé sur le coté, à même le sol. Cette position, ô combien inconfortable, est à peine atténuée par la terre qui te sert de sommier, un bras étalé à même celui-ci jusqu'à la main, l'autre tombant dessus avec négligence.

Ton corps est affaissé, ton cou trop relevé par rapport à ton épaule fait basculer ta tête pour qu'elle s'appuie sur l'herbe et ton dos est douloureux. La première chose qui frappe ton esprit, c'est la caresse de l'air froid de cette saison hivernale dont tu n'as pas conscience et le bruit strident d'aboiements qui te martèlent le crâne déjà en proie à de douloureuses remontrances. Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Le temps de réaliser et tu pourras distinguer le décor : une plaine, aux abords d'un vaste champs. Il ne semble pas y avoir grand chose et se dessine au-delà d'une barrière en bois face à ton regard embrumé, une forêt vers le nord-est. Dans ton dos, au sud, il y a la route, grand sentier moderne qui parait partir du bout du monde pour rejoindre l'autre bout. Le soleil grimpant après l'aurore demeure timide et la lumière du ciel n'est pas à son meilleur.
Une fois redressé, tes yeux pourront néanmoins percevoir ce vide béant, sans vie ni construction civilisée à des kilomètres à la ronde... ou presque ? De l'autre coté de la route au loin, bien huit cent mètres de l'endroit où tu te trouves, tu peux peut-être distinguer cette bâtisse. Une ferme ? Un entrepôt isolé ? Ces questions, il n'est pas temps de se les poser car d'autres se bousculent. Que fais-tu donc ici ? Mais quelle est cette plaine ? Comment as-tu pu te retrouver perdu dans cet endroit et dans cette position aussi désagréable ?

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de toi et presque dissimulé par l'herbe, aligné et nettoyé. Ainsi te voilà vivant, la peau aussi propre au contraire de tes vêtements qui sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

Attiré par l'aboiement qui se répétait maintenant à une courte et alarmante distance de toi pour résonner dans ta boite crânienne, tu finiras par découvrir ce qui te hurle dessus dans un langage pleinement animal : un dobermann, aussi grand que l'on peut l'imaginer. Masse de muscles féroce, tu ne saurais dire si il te menace ou t'interpelle, ni même si il s'agit d'un chien possédant un maître ou vivant dans l'errance. Ferais-tu son prochain repas à peine revenu... d'où d'ailleurs ? Tout se mélange, c'est un véritable chaos qui frappe ton esprit. Y mettre de l'ordre s'impose à toi, savoir quoi faire devant cette bête capable de te mettre en pièces sans effort, une priorité.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 13 Aoû - 5:39
La mort est-elle toujours aussi froide qu’une sombre nuit d’hiver ? Ou bien est-elle aussi chaude que les bas-fonds de l’enfer ?

J’aurai dit la deuxième réponse. Avant. Car à ce moment, j’avais froid, très froid. Surtout aux bras. La mort voulait-elle que je remette mon sweat-shirt ? Je l’aurai fait si j’avais pu, seulement, la douleur m’imposait de rester immobile. La douleur me paralysait le dos, je crois que je n’avais jamais connu ça. J’avais mal à la tête, des vertiges. Je ne sentais pas mes jambes, ainsi que mon bras droit, le gauche quant à lui, me faisait un mal de chien. Je me sentais barbouillé, j’avais envie de vomir, mais en même temps faim. C’est à l’odeur de brûlé que je sentis au loin qui me donnait faim, et qui me fis vomir malgré moi. Dans la bouche. J’avais tellement faim que je ne pouvais pas me permettre de perdre le peu de nourriture qu’il y avait dans mon estomac. L’effort me brûla la gorge, et me força à me faire tomber sur le dos. Ce n’était pas plus mal, je respirais bien mieux comme ça.

J’ouvris les yeux. Un ciel vierge, dénué de toits de grattes ciels et de nuages, teinté d’un bleu apaisant. Le genre de bleu que j’aimerai voir si j’étais au paradis. Malgré le voile terne qui disparaissait progressivement de ma vue, il n’y avait aucune erreur possible, c’était bel et bien le ciel que je voyais là. Je me souvenais m'être fait mordre à l’épaule gauche, pourtant je ne sentais aucune douleur, je tournais légèrement la tête vers ma blessure qui avait à cet instant disparu. Rien, plus aucune trace. Le paradis me faisait du bien à première vue. J’entendis un bruit au loin, qui se répétait et qui prenait le dessus sur le sifflement auquel mes oreilles étaient en proie. Il se rapprochait, et bien plus vite que je ne le pensais, bien trop vite. Je pris une grande inspiration par le nez, et je lançais le haut de mon corps vers l’avant pour essayer de m’assoir. C’était dur, d’une part à cause de la douleur de mos dos qui m’aurait arraché un cri si je n’avais pas eu la gorge desséché et aussi douloureuse à cause de mon repas précédemment expulsé puis ravalé mais aussi à cause du fait que je ne sentais plus mes membres, à part mon bras gauche, qui lui aussi me faisait souffrir. J’étais assis. Je le suis resté une seconde tout au plus, je n’avais pas force de me tenir dans cette position, je retombais lourdement sur le dos. En arrière, me cognant la tête. Étais-je devenu vieux ? Ou au contraire un nouveau-né ? Dans tout les cas, le bruit s’était assez rapproché pour être bien distinct. Un aboiement.

Mon cerveau bouillonnait, je réfléchissais à une allure folle, que c'était-il passé ? Où étais-je ? Des souvenirs de mon passé surgissaient aléatoirement, comment faire la roue ? Comment donner un coup de pied sauté retourné ? Maman, le Boss, Stan. Stan. Il n'aurait jamais voulu me voir dans cet état là à m’apitoyer sur mon sort. Je devais réagir, et vite. Les questions seraient pour plus tard, ce n'est pas en étant mort que j'obtiendrai des réponses.

Je devais réagir, et vite, je n’étais plus qu’une loque humaine, et il n’y avait pas de chiens au paradis, c’était une certitude. Et l’enfer n’était pas aussi frais. Je n’étais pas mort, c’était sûr.
«  La douleur existe pour imposer à l’homme des limites, pour l’obliger à ne pas se tuer à la tâche. Et si la douleur t’oblige à ne pas mourir, c’est que tu es vivant » Stan m’avait appris ça, et Stan avait toujours raison.

J’étais vivant, mais les aboiements qui se rapprochaient m’obligeaient à me demander pour combien de temps. Je devais trouver une solution, et vite. M’assoir ? Impossible. Me lever ? Encore moins. Me remettre sur le côté et tenter de rouler ? C’était ça ou rien. J’avais le cerveau en ébullition, tout faire pour ne pas se faire à nouveau bouffer. Tout faire pour survivre. Je posais ma main droite sur le sol. Ma paume caressait l’herbe fraîche que je n’avais pas remarqué tout à l’heure, et je mis mon bras gauche sous mon corps, la paume vers le ciel, même si elle ne touchait que mon dos pour l’instant. Je poussais de toute mes forces pour me mettre sur le côté, j’avais du balancer mon poids sur le côté pour pouvoir parvenir à rouler sur côté gauche. J’étais à présent face contre terre. Je tournais ma tête vers la droite, vers les aboiements qui étaient de plus en plus proches.

Je vis une barrière de bois alors que le voile sur mon regard s’amoindrissait. Rien d’autre qu’une plaine et que des champs au loin. Et juste à côté, un sac à dos. Il pourrait me servir pour le chien. Je l’attrapais de mon bras droit. J’arrivais à bouger un peu mes bras, du moins plus vite, et mes mouvements étaient plus sûrs. Dès que je fis bouger le sac, je vis derrière une sorte de toile en tissu, replié sur lui-même, avec des attaches au bout, je découvris très vite qu’il s’agissait d’un hamac, il pourrait me servir pour le chien aussi. Dès que le sac fut près de moi, j’élançais mon bras pour prendre le hamac. Cadeau de Dieu ? Un couteau était juste derrière le hamac. Couteau papillon, repliable, efficace, tout ce dont j’avais besoin. J’en avais déjà utilisé avant, il fallait juste faire attention à bien le déplier. Je balançais à nouveau mon bras droit vers l’avant pour saisir le couteau, mais je fus incapable de l’attraper, car le chien était là. Il se tenait devant moi, juste au dessus du couteau.

Je relevais lentement mon buste grâce à mes mains posé contre l’herbe, les yeux écarquillés alors que même le soleil levant ne pouvait les faire ciller tant j’étais absorbé par ce monstre. Je ne m’y suis jamais connu en chien, mais celui là devait presque faire mon poids, et ce n’était certainement pas un labrador. Il parait que les chiens sentent la peur. Il n’y avait aucun doute sur le fait que je la puais. Je tremblais. De peur, mais aussi parce que tout mon poids était sur mes bras qui étaient bien plus que maigres. Ma vision devenait claire. Derrière le chien gigantesque, je pouvais voir une maison à travers la route qui semblait infinie. Une grosse maison, peut être un entrepôt ou bien une ferme ? Sûrement une ferme vu les champs à proximité. Dans tout les cas, le chien était en face de moi, et je ne pouvais rien faire. La peur et la douleur m’en empêchaient.

Peut être allais-je me faire bouffer encore une fois ?

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Dim 16 Aoû - 22:56
Le chien aboyait à nouveau, l'air toujours menaçant et hostile. Pourtant, il ne semblait pas avoir l'intention de passer à l'attaque. Aaron, lui, semblait trop perturbé par son réveil et son mal de crâne pour vraiment réagir. D'ailleurs Jordan pourra se rendre compte de sa présence, cet homme blond sous l'arbre, qui paraissait dans un état tout aussi désastreux et ne faisait acte d'aucune vrai réaction à l'égard de Jordan.

Finalement, le bruit d'un moteur parvint, relativement éloigné depuis le nord-ouest, soit dans le dos de Jordan et face à Aaron. Le vrombissement s'éclairci peu à peu et on pu percevoir qu'une voiture s'approchait par la route à une distance assez élevée. Le chien ne bougea pas mais porta son attention à la voiture, tout en aboyant une énième fois avec vigueur, plutôt sur Jordan que sur le véhicule inconnu. En fait, on croirait presque qu'il le garde jusqu'à l'arrivée de ce dernier. La voiture fit le trajet jusqu'à arriver au niveau de Jordan, ce n'est qu'à ce moment qu'elle consentie à ralentir afin de s'arrêter à proximité.
Son modèle était, pour quiconque avait des notions en automobile, à présent clair : une Ford F-150 grise, dont la carcasse en avait vu du temps passer. Une fois à l'arrêt, la portière s'ouvrit coté conducteur et c'est un homme qui en sorti. Cet homme d'un âge avancé était immense, près de deux mètres et massif, robuste. Pourvu de quelques rondeurs mesurées, le visage aux traits solides mais détendus par l'âge. Il portait une chemise à carreaux d'un marron forestier presque noir. Bretelles et pantalon s'avéraient encore plus sombres, bottes épaisses aux pieds, sa chevelure blanche assez longue est organisée par une queue-de-cheval. A son cou, une chaîne d'argent était visible, au bout de laquelle était suspendue une croix catholique et sans la moindre discrétion, il tenait dans sa main droite un fusil Ruger Model 44 prit sur le siège passager, lunette de visée bien installée.

D'un geste il referma la porte et posa aussitôt ses yeux analytiques sur Jordan, le scrutant durant quelques instants avant de balayer du regard les lieux et s'attarder sur Aaron, demeuré contre l'arbre. Il ne semblait pas surpris un seul instant et même, donnait l'impression d'avoir attendu la venue des deux garçons.

« Toujours en vie et réveillés. C'est déjà ça. Tobby, rentre à la maison. »

Il avait entendu ses premiers mots après être revenu sur Jordan, puis s'adressa au chien en achevant son ordre par un sifflement sonore. Le Dobermann aboya une ultime fois, puis sortant sa langue en haletant, trottina vers la voiture et passa à coté. Il s'arrêta, jeta un coup d'oeil vers son maître et reparti, s'éloignant soudainement au pas de course en direction de la bâtisse au loin. Le vieil homme avait patienté que le chien s'en aille avant de revenir à Jordan et avancer de deux sereins pas en pointant directement le canon de son fusil tenu fermement sur son visage.

« Pas de geste brusque mon garçon. Tu te réveilles, tu es désorienté, c'est normal. Ce ne sera pas facile mais ça va revenir progressivement. Sache que je peux t'aider, t'offrir l'asile et même t'expliquer ce qui t'arrive. Du moins, une partie. Mais pour obtenir tout ça tu vas faire exactement ce que je te dis, tu crois pouvoir faire ça ? »

Il avait posé sa question de sa voix grave et tranquille sans spécialement attendre de réponse puisqu'il enchaîna l'instant d'après.

« Comment t'appelles-tu ? Et sais-tu comment lui s'appelle ? » Dit-il en indiquant d'un signe de tête le blondinet plus loin.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 17 Aoû - 3:19
Le chien continuait à aboyer, mais ne semblait pas vouloir m’attaquer. C’était déjà au fond, une bonne nouvelle, je n’allais pas encore me faire bouffer. Ce n’est pas pour ça que j’allais bouger, pas du tout. Mes yeux restaient fixés vers le chien, mon regard ne pouvait être attiré que par ce molosse.
J’avais peur. Très peur. Qui n’aurait pas peur d’un monstre comme ça ? Surtout qu’il était certainement plus gros que moi, et qu’il aurait pu m’arracher un bras s’il avait voulu.
Je reprenais peu à peu possession de mon corps, de mes sens. Mes oreilles ne sifflaient plus, je voyais clair, mes membres étaient de moins en moins engourdis. Je me risquais à observer les alentours tout en gardant un œil sur le monstre que certains appellent un chien.

Sur ma gauche, je vis un grand arbre, immense à vrai dire, d’où les rares feuilles semblaient danser avec légèreté au gré de la brise qui s’y engouffrait. Et à terre, juste dessous, je vis un homme. Blond.  Vivant ou mort ? Conscient ou inconscient, je ne saurai le dire, dans tout les cas, il n’avait pas l’air de pouvoir bouger. S’il était vivant, il était dans un sale état. Comme moi à mon réveil en fait.
Cela me faisait plaisir de ne pas être seul, livré à moi-même dans ce monde complètement détraqué, mais en même temps, qui était-ce ? Ami ou ennemi ? Est-ce qu’il était seul ? Qu’allait-il se passer si jamais je m’approchais de lui ?
Toutes ces questions qui se baladaient dans mon esprit et auxquelles je ne cherchais que des réponses furent interrompues lorsque j’entendis le son d’un véhicule. Ce bruit arrivait de derrière moi, je n’osais pas me retourner. En fait, je n’osais pas quitter le molosse des yeux. Il ne fallait surtout pas que je le perde de vue, qui sait ce qu’il pouvait se passer dans la tête d’un chien comme ça ?

 Ce chien oui, regarda vaguement la voiture, qui approchait de nous à une vitesse telle que j’entendis le bruit se rapprocher chaque seconde. D’ailleurs, ce n’est pas parce que la voiture arrivait que le chien allait s’empêcher de m’aboyait dessus, encore une fois. C’était sûrement un chien de garde qui attendait son maître, son maître oui, qui était dans cette voiture. Cette voiture qui s’arrêta près de moi, sur ma gauche. Une voiture grise. Je ne m’y connaissais absolument pas en voiture, d’ailleurs, je ne savais même pas conduire, j’étais monté bien des fois en voiture, mais jamais du côté du conducteur. Le moteur arrêté, je vis la porte du côté conducteur s’ouvrir, tout en gardant le chien dans mon angle de vue.

L’homme qui en sorti était grand, en fait non, c’était un géant. Il faisait presqu’une tête de plus que moi. Des grosses bottes à ses pieds, un pantalon noir ou presque, attaché grâce avec des bretelles de couleur identique. Il portait une chemise marron à carreaux, un marron sombre lui aussi, qui contrastait avec ses longs cheveux blancs. Il s’approchait, et je vis qu’il avait une chaîne autour du cou, une croix y était accrochée. Une croix catholique. Je m’étais intéressé aux religions et aux sectes à une certaine époque. Ce qui m’inquiétait, c’était surtout son arme qu’il tenait dans sa main droite. Un fusil de précision à priori. Gros calibre. Assez gros pour tuer un homme en un coup. Mieux ne valait pas rigoler avec un mec comme ça. Surtout qu’il n’avait pas l’air maigrichon. C’était une montagne, et de plus, bien costaud. Du genre à t’arracher la mâchoire en une tarte dans la gueule. J’en ai connu des mecs comme ça. J’en ai fait chier aucun.

L’homme avait parlé, dans un premier temps, dans sa barbe, m’empêchant ainsi de pouvoir entendre quoi que ce soit. Il avait ensuite dit à son chien de rentrer, juste avant de siffler. Tobby. C’était le nom du monstre. Faut dire que j’ai failli me pisser dessus. Le chien aboya une dernière fois, pour le plaisir sans doute, faut dire qu’une fois de plus ou de moins ça changeait pas grand-chose. Après ça, le chien parti, doucement, en passant à côté de son maître, tranquillement. On voit bien que ce n’était pas lui qui se faisait aboyer dessus.

Une fois parti, son maître s’avança de deux pas vers moi. Et il me pointa le fusil directement en plein devant ma tête. Une pression sur son doigt aurait fait exploser mon crâne. Exploser. Littéralement. Je ne bougeais plus, je ne respirais plus. Je détournais mon regard vers le couteau qui était posé, là, au sol, juste à porté de main. Aurais-je le temps de l’attraper avant qu’il tire ? Que ferai-je après ? S’il avait voulu me tuer, il l’aurait fait avant, donc il était amical. Non ? A vrai, dire, je me posais un tas de question, mais mon esprit était vide. Allais-je mourir aujourd’hui ? Je refuse. J’approchais ma main du couteau.

« Pas de geste brusque mon garçon. Tu te réveilles, tu es désorienté, c'est normal. Ce ne sera pas facile mais ça va revenir progressivement. Sache que je peux t'aider, t'offrir l'asile et même t'expliquer ce qui t'arrive. Du moins, une partie. Mais pour obtenir tout ça tu vas faire exactement ce que je te dis, tu crois pouvoir faire ça ? »

Il avait certainement vu ma main, il savait ce que j’avais prévu de faire. Dans tout les cas, cet homme avait quelque chose à m’offrir, et ce quelque chose n’était pas négligeable. J’avais faim, j’étais fatigué, j’avais besoin d’aide. Et surtout, je souhaitais avoir des réponses. J’étais prêt à faire ce qu’il me demanderait. J’ouvris la bouche pour lui répondre que oui, j’acceptais ce marché. Mais, avant que je puisse répondre, il avait enchaîné.

« Comment t'appelles-tu ? Et sais-tu comment lui s'appelle ? »

L’homme là-bas ? Le blond ? Je ne savais pas qui c’était, et pour être honnête, je ne savais même pas s’il était en vie.

« Je m’appelle Jordan, Jordan Getz, et je ne connais cet homme là-bas… »

Je suis prêt à tout pour vivre, et même pire, pour survivre.

Aaron Steevenson

Anonymous
Invité
Mar 18 Aoû - 12:53

Le chien disparaît aussi vite qu’il n’est apparu. Un os à ronger, un chat à chasser ou bien l’aspect d’la bouffe. Peu importe, ce n’est plus une menace et c’est tout ce qui compte. Repoussant la tête en arrière, je m’appuie d’autant plus sur l’arbre que je voudrais me fondre dans sa masse. Me métamorphoser pour ne plus subir les autres, ce mal de tête : sortir de ce cauchemar. Une poignée d’oiseaux volent haut au-dessus de mes problèmes. Je laisse échapper un rire qui me vrille les tympans ainsi que la vue et me fait grogner un juron à moitié camouflé. Tandis que sur sa branche, un corbeau bien perché croaille sur mon sort. Ce mot existe ? Croailler... Croasser… Railler… Je crois que j’en perds mon français médiocre. Si mon état persiste, je vais finir avec le QI d’une moutre… Et ça continue. Merde.

Un nouveau frisson, plus violent cette fois, traverse mes nerfs. Il faut que je bouge, c’est un fait, et même une réalité. Il n’y pas que les rôdeurs qui ôtent la vie, le froid aussi. Le chien s’est enfin tu. Comme un tournesol, je tourne la tête –non pas vers le soleil- mais en direction de l’absence de bruit. Une pointe de stress m’englobe lorsqu’un inconnu se redresse. Le chien détale… Un rôdeur ?
Certaines choses ne changent pas… La loi de l’emmerdement maximum par exemple. J’attrape la boussole et la fourre dans ma poche tandis que le tournevis se loge dans ma paume droite. De l’autre main, je bascule sur la gauche pour me relever, mais la nausée revient au galop et me cloue contre le bois. Nouveau croaillement du corbac comme s’il était la voix de l’arbre. Tant pis, je vais devoir attendre la suite des évènements et me démerder avec ça, comme toujours en fait.

Heureusement, ils ne se font pas attendre. Rapidement, le ronronnement d’un moteur se glisse jusqu’à mon oreille et jusqu’à mes yeux lorsque le véhicule apparaît près de la barrière. Je reconnais le modèle : c’est la Ford F-150 ou -300, avec ce mal de tête, je n’arrive pas à me concentrer. Un homme en descend, il est Mastoc. Le propriétaire de Molosse certainement. Tel chien, tel maître comme on dit. Il s’approche de l’inconnu, pointe un fusil sur lui et donne un signe de tête dans ma direction. J’ai une mauvaise sensation, un mauvais feeling avec la situation actuelle.

Mon esprit bourdonne d’idées, mais la majeure partie est impossible à réaliser. Tout simplement à cause de mon état mais aussi de mon arme –le tournevis- ne faisant pas le poids avec la sienne… Dans un effort suprême, j’arrive à me mettre sur pied. Avec le temps, la nausée commence à disparaître… Tout comme la gueule de bois. Pour le moment, la seule chose qui me vient à l’esprit est : d’attendre. Et, tandis que cette solution plus que banale fait son petit bout de chemin, j’attrape mon accessoire de prédilection et lève un bras dans leur direction.


-Hey ! Vous voulez d’la viande séchée ? …

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Jeu 20 Aoû - 23:53
Le vieil homme avait appuyé sa prise, en effet, sur son arme en voyant la main de Jordan flirter avec le couteau tout près, tintant son acte par un claquement de langue réprobateur.

« Non... ne fais pas ça. Tu en subirais les conséquences avant moi. »

Il écouta attentivement sa réponse en plissant les yeux, comme si il cherchait à sonder à travers les expressions et le visage du jeune homme le mensonge ou la vérité de ses propos. Après quelques instants de silence où son regard semblait imperceptible sur le fait qu'il soit favorable ou non à la réponse, il se décida à esquisser un léger sourire amical, ou amusé, difficile à dire exactement.

« Bonjour Jordan Getz. Moi c'est Nelson, Nelson Wallace. Considère que je suis la seule personne à des kilomètres à la ronde qui daignera t'offrir un coup de main. En fait, la plupart de ceux que tu pourrais rencontrer te proposeront l'inverse. » Il fit signe de tête vers l'arme blanche trônant sur l'herbe. « Tu peux ramasser ton sac et mettre le hamac dans le coffre, l'abri n'est pas loin, mais le couteau reste au sol, je vais le récupérer. Je suis sûr que l'on se comprend. »

Sur cela, il insista un peu plus son sourire et recula de deux pas avant de se tourner vers la voiture pour rejoindre le coffre à l'arrière, qu'il ouvrit d'une pression de la main. Indiquant l'intérieur au jeune homme d'un geste, il reprit son arme à deux mains et porta maintenant son attention à Aaron resté au loin, vers lequel il se dirigea d'un pas décidé mais sans précipitation, non sans jeter un regard au sol afin d'être sûr d'où il posait les pieds. Jordan pourra librement, si il le souhaite, placer ses affaires et prendre place, découvrant de la même façon que les clés n'ont pas été laissées sur le démarreur, des fois qu'il eu l'idée "d'emprunter" la voiture. Par ailleurs, elle était étonnamment propre si on omettait la poussière, surtout sur le sol qui se mêlait avec des feuilles mortes et quelques brins d'herbe éparpillés. Les tapis de sol en revanche avaient de l'âge et cela se voyait.

S'éloignant en écrasant l'herbe sous ses bottes, le vieil homme observa longuement le blondinet tandis qu'il s'avançait, jusqu'à être assez proche. Aaron aura pu voir que le canon du fusil n'était cette fois pas pointé sur lui, mais qu'il n'avait pas cessé de vouloir affirmer son maintien sur celui-ci.

« Pourquoi pas. » Répondit-il finalement à présent qu'il n'avait plus besoin de crier pour se faire entendre. « Peut-être que l'on pourrait partager ça autour d'une table, à l'abri du monde extérieur. Qu'en dis-tu ? »

Il finit par s'arrêter lorsqu'il parvint à une douzaine de mètres environ, penchant légèrement la tête sans avoir détourné le regard avec une mine introspective.

« Tu saurais me dire ce que tu fiches ici ? Tu connais le type derrière moi ? »

Il donnait l'impression de répéter ses questions comme si les réponses à celles-ci s'avéraient cruciales à ses décisions présentes et à l'attitude qu'il choisirait d'adopter à l'égard de ces inconnus, chose qu'Aaron ne pourrait savoir puisqu'il n'avait pu entendre le moindre mot de son échange lointain avec Jordan.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 21 Aoû - 0:58
Je le voyais s'approcher de mon visage. Son canon. Une pression et je perdrai la tête. Littéralement. Il ne voulait pas me tuer, il l'aurait fait bien avant dans ce cas. En même temps, j'aurai fait la même chose à sa place, je ne laisserai personne prendre un couteau, qui sait ce qu'il pourrait arriver ?

« Non... ne fais pas ça. Tu en subirais les conséquences avant moi. »

Oui, il m'avait vu essayer de prendre mon couteau. Mais il n'avait pas l'intention de me tuer, c'était déjà ça. Mais dans tout les cas, il se méfierait de moi, c'était un mauvais point pour moi. Il avait un visage froid. Dénué de toute émotion, ça rendait le géant encore bien plus impressionnant. Il se décida a esquisser un sourire. Il se foutait sans doute de ma gueule. Moi qui était allongé par terre, le canon de son fusil sur la tronche et qui avait été obligé de ravaler son vomi juste avant. Ou alors il était content que je lui dises mon nom. En tout cas, il avait un air de grand-père qui s'amuse avec ses petits-enfants avec cette tête là.

Il me donna son nom.

« Bonjour Jordan Getz. Moi c'est Nelson, Nelson Wallace. Considère que je suis la seule personne à des kilomètres à la ronde qui daignera t'offrir un coup de main. En fait, la plupart de ceux que tu pourrais rencontrer te proposeront l'inverse. »

J'avais son nom. Nelson. Je savais aussi qu'il ne voulait pas me tuer, du moins pour l'instant. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là, peut être que les morts ont pris possession des lieux, ou bien peut être que les militaires veulent nettoyer les lieux par la force ou réquisitionner tout ce qu'on a. Je n'en sais rien, je ne veux pas m'imaginer le pire. Surtout pas, je ne sais pas ce qu'il se passe, et je ne le saurai qu'en demandant à Nelson.


Il me montra le couteau par un mouvement de tête.

« Tu peux ramasser ton sac et mettre le hamac dans le coffre, l'abri n'est pas loin, mais le couteau reste au sol, je vais le récupérer. Je suis sûr que l'on se comprend. »

" Evidemment " je répondis. Que répondre d'autre ?

Intelligent et balèze le Nelson. Je ne veux surtout pas l'avoir comme ennemi. Jamais. Les ennemis intelligents sont les pires. Après ces mots, son sourire était bien plus prononcé.

Je me levais. Non pas sans mal, étant donné que je voyais des étoiles en plein jour, et que je n'arrivais même pas à rester droit, j'avais des vertiges, je titubais. Rien que de ramasser mon sac et mon hamac a été un vrai calvaire.

Nelson avait ouvert le coffre juste avant de partir. Il partait vers l'homme au pied de l'arbre. Le blond. Certainement la raison pour laquelle il hurle qui veut manger du bacon comme un abruti alors qu'un géant me fout un fusil sur la tête. Y a des gens qui n'ont aucune logique, c'est pas possible. Si j'avais pas eu aussi mal à la gorge, j'aurai explosé de rire. C'était hilarant. Y a les morts qui se relèvent pour nous bouffer, je sais pas où je suis, y a un géant qui me pointe avec son fusil, et lui, tranquille, il gueule :

-Hey ! Vous voulez d’la viande séchée ? …
Putain, rien que d'y penser ça me fait marrer.

Je mettais mon hamac dans le coffre, et je tenais mon sac de la main gauche. J'aurai aimé avoir mon couteau sur moi. Je ne ferme pas le coffre, non. Peut être que Nelson veut y mettre quelque chose, ou bien l'autre type.

Putain mais merde quoi ! Le mec il gueule :

-Hey ! Vous voulez d’la viande séchée ? …

Alors que la moitié du monde est morte si ce n'est pas plus, qu'on a  plus nulle part où aller, alors qu'on est seuls et perdus je ne sais où ! Mais c'est quoi ce débile... Putain, j'en ai vu des cons, mais comme ça... Je le connais pas, mais ce mec, je vais avoir du mal à faire passer cette première impression.

Je devais calmer mes vertiges, je m'adossais à  l'arrière du véhicule, juste avant le coffre, lâchant mon sac qui tomba juste à côté de mon pied gauche, et je croisais les bras.

J'attendais que le géant et l'autre abruti reviennent.

Aaron Steevenson

Anonymous
Invité
Dim 23 Aoû - 12:44


Partager la viande autour d’une table ? Je lève un sourcil et un sourire m’apparaît au coin des lèvres. Il a bien dit autour d’une table ? Cool. Qui dit table dit minimum de confort, mais avec un peu de chance, d’autres choses à manger et, en cet instant, je l’espère plus que tout autre chose.

Grand, confiant, costaud et prévoyant. Voilà comment je résumerai Mastoc, le maître de Molosse. Le problème ? Il ne faut jamais juger avant d’avoir vendu la peau du moine… Ou bien, tout habit peut cacher un ours ? Dans tous les cas, je m’en tamponne royalement le coquillage. À tel point que n’importe quel forain aurait été jaloux de voir autant de tamponnade. Mais bon, je divague et mon corps ne tiendra pas longtemps si je ne graille pas dans l’heure qui vient. Ce ne sont d’ailleurs pas les borborygmes gémis par mon estomac qui diront le contraire. Je crois bien que le vieux au fusil a pu les entendre. En parlant de ça, il en est… Prévoyant, je parle.
Distance de sécurité, arme bien en main. Malgré son âge, il n’est pas en reste. L’œil encore vif, il semble prêt à en découdre au moindre écart.
J’écoute ses autres questions en me grattant machinalement le flanc. Ce que je fous ici ? Je lève ma main libre et les épaules dans un geste universel signifiant l’ignorance de la réponse. Tout en regardant lentement à gauche, puis à droite, j’essaye de me souvenir. Ne serait-ce qu’un détail, un fragment ou un élément déclencheur dans le paysage pour m’aiguiller, je suis preneur. Seulement, rien ne se passe et je reste comme un con avec mes propres questions avortées par une nouvelle de l'inconnu.

C’est vrai qu’il y a l’autre. J’ai failli l’oublier. Penchant la tête sur la droite, j’observe le troisième homme. Ça n’a pas l’air d’être la joie non plus. Des haillons et une mine de déterré. C’est quoi ce bordel ? Pourtant, je n’ai pas l’impression de le connaître. Malgré la distance, je décide de miser sur cette sensation. D’un non de la tête, je réfute sa question. Une poignée de secondes s’égrainent- tandis que l’on se regarde dans le blanc des yeux- avant que je n’avance vers lui les paluches à demi-levées et les paumes en l’air.


- J’dis pas non pour grailler un bout.

Je claudique donc dans sa direction. Non que ce soit un problème à la hanche -ou toute autre difficulté physique- mais bel et bien en raison d’un manque. Mon manque de repères, de souvenirs et, principalement, d’une chaussure. À chaque pas, une décharge glacée perce ma voûte plantaire avant de traverser tout mon corps, comme si je marchais dans un champ rempli de glaçons. J’en ai la chair de poule… J’espère ne pas chopper froid.

Arrivé à sa hauteur, je m’arrête en face de lui. Seule une enjambée nous sépare. Le dos bien droit et le visage sans artifices (ni sourire, ni pétillement dans les yeux), je reste quelques secondes de plus à l’examiner avant de tendre la main dans sa direction.


-Steeve.
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