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[CFJ, B, 1] Les yeux dans les yeux - 27/01/35
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James F. Everett

Anonymous
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Mer 23 Sep - 0:55
La façon dont elle s'était blottie avait ajouté au plaisir de ce moment, mais il fut achevé à la suite de ses propres paroles, se maudissant par la même occasion. Observant Elizabeth se redresser après avoir relâché sa main, sentant au fait qu'elle se soit si vite détachée qu'elle n'était pas aussi enchantée que lui, à moins qu'il n'y ai que la crainte de ce qui se trouvait hors du cockpit, il se contenta de rester au sol, affalé en observant le dessin de ses hanches, la cascade de ses cheveux et la finesse de ses jambes séduisantes avec une certaine mélancolie née avant l'heure.

« Je ne sais pas, je vais essayer. » Répondit-il en levant les yeux au plafond. « Je ne l'ai fait que deux fois, avec Calvin qui n'était que légèrement blessé et avec Samuel. Je n'avais pas réussi à refermer complètement sa blessure pare-balle, mais il a pu conserver sa jambe alors je devrais pouvoir arranger ce type assez pour qu'il s'en sorte. De toute façon on a pas tellement le choix, on a aucun matériel de soin. Je... regrette d'avoir déconné à ce point, je me suis comporté comme un cinglé. »

La laissant d'abord récupérer ses affaires en ayant porté le regard à son visage qui provoquait toujours autant de tendresse en lui malgré les étreintes parfois sauvages qu'ils venaient de vivre, il s'amusa à venir scruter le tee-shirt qu'elle utilisait pour cacher son intimité et imaginer la forme de ses seins et le creux de ses cuisses quelques instants durant. A la fin, une fois qu'elle avait rassemblé ses affaires, il laissa échapper un sincère soupire à devoir ainsi revenir à leurs problèmes à contre-coeur, mais c'était nécessaire et il ne traîna pas plus qu'il ne le fallait. Ses pensées quant à l'état de l'homme s'accrurent et la peur de le trouver derrière la porte, prêt à bondir fit surface, réalisant qu'ils avaient laissé leurs armes également hors de leur portée. Une grossière erreur dont il se rendait compte, pouvait leur coûter la vie. De ce fait motivé, il fit en sorte de se redresser d'un mouvement et se mit sur ses pieds, attrapant au passage son caleçon qu'il s'empressait de remettre.

Il n'omit pas de constater toute la provocation d'être debout face à elle qui était assise, se retrouvant tous deux dans une posture très aguicheuse. Son sous-vêtement enfilé, il se pencha pour saisir son pantalon et passer ses jambes l'une après l'autre, prenant de vitesse sa partenaire et refermant le bouton avant de sangler sa ceinture. En revanche, il ne demanda pas son tee-shirt, s'approchant plutôt de la porte en lançant à voix basse à Elizabeth :

« Fais moi plaisir Eli', ne sors pas avant que je ne te demande de le faire. »

Lui accordant un doux sourire tout en terminant, il posa la main sur la poignée et marqua un temps durant lequel il se retint de souffler puis, cherchant à ne pas laisser paraître à son amie sa crainte, il avait deux possibilités : sortir en douceur et tâter le terrain pour minimiser les risques immédiats, en risquant au contraire de mettre Elizabeth en danger aussitôt s'il était surpris, ou sortir à la volée et fermer dans le mouvement pour affronter ce qui pouvait se trouver de l'autre coté de cette porte sans danger pour elle. Sa réflexion quant à ce choix, fut incroyablement rapide et il ouvrit brusquement la porte en sortant tel quel torse-nu, ne tournant pas le dos et attrapant l'autre coté de la poignée pour fermer derrière lui sans attendre.
Le temps d'accomplir cela, ses yeux identifièrent l'environnement. L'homme était toujours à terre, il semblait bouger quelque peu et il jurerait l'entendre gémir, mais l'inconnu ne s'était pas déplacé ni n'avait eu la conscience ou la force de préparer une embuscade. De même, les monstres étaient demeurés de l'autre coté de la porte blindée de l'entrée, ce qui arracha à James le fameux souffle qu'il avait retenu dans le cockpit, fermant les yeux un instant en s'affalant contre la porte de celui-ci. Son arcade le lança, tirant une grimace qui l'illustra tandis qu'il portait sa main à sa blessure. Elle ne saignait plus mais restait douloureuse, de même que sa lèvre quelque peu ouverte qui elle, le brûlait continuellement. Il avait prit sur lui de faire avec la douleur, pratiquement oubliée durant ses ébats avec sa belle et contenue pendant leur câlin.

Maintenant qu'il était seul, il pouvait plisser les lèvres, froncer les sourcils et étirer son visage de différentes manières propices à exprimer ses gênes. La première chose à faire dans l'instant était de ramasser les armes et s'occuper de ce type. Il prit le pas décidé et après quelques mètres se penchait pour ramasser le bobcat quand il fut prit d'un violent vertige mêlant l'appui malheureux sur son estomac. Il avait prit un méchant coup à la tête et un autre aux côtes, ça il l'avait occulté puisque ça ne lui avait plus fait mal sur le moment, mais voilà que ces maux aussi lui rappelaient leur existence. Le médecin se rattrapa au mur et se redressa après un court moment en lâchant un soupire plus rauque. Il porta sa main libre à ses yeux pour les masser, réordonner ses pensées et admettre que l'énergie qu'il avait dépensé sans compter dans la cabine de pilotage n'avait pas été sans conséquence sur son état. Mais tant pis songeait-il, il aimerait recommencer si tout cela était propice. En fait, il imaginait bien partager de tels moments et bien d'autres encore avec la tendre Elizabeth, dans un lieu tout aussi clos, peut-être sans les morts-vivants ou les vagabonds agressifs néanmoins.

« R.A.S. » Fit-il entendre de sa voix posée en relâchant ses paupières, réitérant le mouvement penché pour venir récupérer l'arme plus doucement cette fois. « Il n'y a... pas de danger. »

L'ironie de cette affirmation ne lui échappait pas, étant donné que la situation était toujours aussi alarmante, quant bien même ils avaient fait en sorte de l'effacer le temps d'un abandon l'un à l'autre. Laissant librement à Elizabeth la tristesse de découvrir que tout était resté à peu près là où ils les avaient laissé, il avançait l'arme à la main vers l'homme en prenant une longue inspiration, son regard se posant sur son visage meurtri alors qu'il était au dessus de lui. Il demeurera ainsi jusqu'à ce qu'Elizabeth se soit approchée pour le sortir de ses pensées morbides ne serait-ce que par sa présence ou davantage, puis il tournera la tête de coté en lui adressant en finalité.

« Je vais le déplacer à l'arrière tant qu'il n'est pas dangereux pour l'isoler quelque part, il doit y avoir des toilettes j'imagine. Je ferais mon possible ensuite. Si il s'est installé ici il doit sûrement avoir son propre stock, essaies de regarder ce qui reste dans l'avion et si tu trouves de la corde ou quelque chose comme ça... on en aura besoin pour lui. S'il te plait. »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 23 Sep - 12:42
Elle fut presque vexée de ne pas le voir succomber à une quelconque déraison, à tenter de la retenir davantage contre lui, à la freiner dans ses tentatives d’évasion, et à ne point lui susurrer quelques tendres mots à l’oreille. La réalité était si dure à affronter qu’elle regretta aussitôt de s’être redressé, d’avoir la première rompue le contact de leur corps, car elle savait, au fond d’elle, que cet instant, unique, privilégié, ne se reproduirait peut-être pas de sitôt.
Elle reporta sa frustration sur elle-même, maudissant à nouveau ses instincts primaires qui revenaient prendre le pas sur ses véritables volontés, la forçant à reprendre ses distances. Les circonstances ne seraient peut-être plus au rendez-vous, et elle avait la crainte que James ne comprenne pas vraiment si elle venait à le repousser la prochaine fois qu’il tenterait une approche.

Elle l’écouta d’une oreille distraite lorsqu’il évoqua ses capacités et prononça son mea-culpa, non pas que ses mots étaient tout à fait inintéressants, mais la vision de son corps nu avachi sur le sol, et les effluves de leurs ébats encore présents dans l’atmosphère troublèrent bien encore la jeune femme qui se contenta d’un hochement vague de la tête en guise d’acquiescement.

Elle l’observa se redresser, de toute sa hauteur, la forçant à reculer un peu plus, détachant son regard de lui quelques instants plus tard d’un air effarouché. Leur récente intimité n’avait pas eu raison de ses quelques troubles et des distances qu’elle prenait avec les autres. Le malaise était palpable, et à nouveau, elle s’en voulait pour cela.

Finalement, il prit les devants, à moitié vêtu, sans doute pour ne pas avoir à réclamer le tissu qu’elle serrait inconsciemment bien fort contre elle, attachée à l’odeur qu’il portait, lui imposant une directive qu’elle voulut protester, mais dont le silence produit par ses lèvres ne put empêcher d’agir, interrompu par la tendresse du sourire qu’il venait de lui adresser. Elle prenait alors conscience qu’il était hautement probable qu’un quelconque danger pouvait bien se trouver au-delà de ce sanctuaire qu’ils s’étaient tissés, à l’effigie d’un mort ou d’un vivant. Que pouvait-elle bien faire de toute manière ? Les lieux étaient suffisamment exigüe pour qu’ils se gênent mutuellement en cas de véritables soucis, et pour avoir vu ses capacités de combat, a contrario des siennes bien inexistante, elle doutait vraiment pouvoir l’assister.

A peine eut-il franchit la porte et fermé derrière lui, qu’elle se redressa pleinement pour se préparer et s’habiller le plus rapidement possible, guettant le moindre bruit au-delà de la barrière métallique qui la séparait de son compagnon. S’il avait besoin d’elle, et d’aide, elle serait prête alors à réagir. Mais avec quoi ? Ses maigres poings dont la force devaient déjà frôler le néant, avant même d’avoir dépensée toute cette énergie, quelques instants plus tôt.
D’un regard circulaire, elle inspecta la cabine qui les avait réfugié un long moment durant, sans trouver quoi que ce soit d’utile. En ouvrant une espèce de placard métallique derrière le siège pilote, elle put alors constater la présence de quelques chemises blanches, pantalons et vestes de costard.
C’était l’excuse toute trouvée pour justifier l’abandon du tee-shirt qu’elle avait en vérité glissée sous son propre pull lorsqu’elle s’était habillé, incapable de s’en défaire. Mais ce n’était pas avec cela qu’elle ferait un quelconque dégât.

La voix de James fit à nouveau écho, et fort heureusement, pour de bonnes nouvelles pour une fois. C’était une attitude qu’ils devraient adopter à l’avenir : s’assurer qu’aucun danger ne les menace avant d’entrer dans un lieu, surtout si confiné. Elle s’était jeté tête la première dans cet avion sans s’être même assurée qu’il était vide, et quelque part, c’était de sa faute s’ils avaient été surpris et menacé par leur agresseur. Et elle ne s’en était même pas excusé.
Elle se sentait brusquement honteuse à cette évidence, annonçant à haute voix d’un « J’arrive » simple, son regard se reportant sur le placard toujours ouvert. Sur l’étagère du haut, un petit objet attira son attention. Rectangulaire, elle n’eut aucune difficulté à connaître son utilité : une radio portative.

La chance tournait sans doute enfin.

D’un pas élancé, sac à dos sur le dos elle rejoignit James vers l’arrière, finalement peu déconcertée de voir que rien n’avait changé, ni l’homme au sol, ni les créatures bloquant leur unique sortie. Dans d’autres circonstances, elle aurait sans doute affiché sa mine la plus désemparée, ignorant alors comment ils allaient faire pour s’en sortir, mais au lieu de cela, après lui avoir laissé prendre la parole le premier, elle lui présenta ses trouvailles.
Le Talkie, dans un premier temps, lui fut dévoilé.

« On va pouvoir contacter le campement. Ils viendront nous aider, j’en suis sûre. Tiens, met ça. Je pense que ça t’ira. C’est un peu poussiéreux, mais au moins, c’est propre. » Affirma-t-elle, l’air enjouée, omettant volontairement de révéler qu’elle s’était bien approprié le vêtement de James.

« Je vais voir si je peux te trouver de la corde, ou un truc du genre. Attends. »

La simple possession de cet objet entre ses mains lui donna presque des ailes dans le dos. Elle avait désormais la certitude qu’ils s’en sortiraient. Ils retourneraient au campement, ils survivraient, ensemble. Tandis qu’elle se déplaça vers le premier coffre de cabine qui se présenta à elle, elle essaya de se remémorer la fréquence de communication sur laquelle le poste radio du campement était branché. Neuf … sept… c’était quoi la suite ?
En inspectant le coffre ouvert à son regard, elle tomba sur une paire d’écouteurs, sans aucune utilité, une casquette de l’équipe de Baseball des Cats de Fort Worth, taille enfant, un bloc-notes escorté d’un crayon graffite, dont elle se saisit et glissa dans son sac en compagnie d’un paquet de cigarettes et son briquet tempête, trouvé dans le même compartiment.
Pas de corde à l’horizon.

Ses recherches se poursuivirent alors qu’elle continuait à faire fonctionner sa mémoire.

« Bingo ! » Annonça-t-elle en mettant cette fois-ci la main sur quelques sangles laissées en compagnie de plusieurs autres matériels. Sans doute la cache secrète du squatteur. Une espèce de console un peu bizarre, une petite valisette au contenu encore inconnu, et une boite scellée avec le logo produits chimiques marqué dessus. Rien de bien folichon en soit, et surtout, pas de nourriture à l’horizon.

Elle apporta les sangles jusqu’à James, avant de reporter son attention sur la radio qu’elle tenait toujours.

« Neuf, Sept… quatre, cinq. Oui c’est ça ! » Dit-elle après un laps de temps léger d’hésitation.

Immédiatement, elle bascula les commutateurs pour programmer la fréquence, avant de mettre l’interrupteur sur On.

« Batterie faible… mais ça devrait aller le temps de passer le m… »

Elle se stoppa dans son élan lorsqu’une voie s’extrada de l’appareil, faiblement, mais audible.

« …la trouille… J’espère que tu comprendras… Bonne chances les gars… »

Levant son regard sur James, elle haussa un sourcil.

« On dirait la voix d’Ivy, non ? »

Et le message reboucla.

« Les gars… C’est Ivy…On est parti avec Takashi... Sur le secteur C ce matin… Pour faire un peu de récup’... Mais… On va pas pouvoir rentrer. Putain… Y’en a partout…Takashi… il s’en est pas sorti...et j’ai été mordue... Je pensais pouvoir rentrer, mais ils sont trop nombreux… J’suis désolée… J’suis vraiment désolée… J’crois que j’me suis fait piéger… »

Le sang d’Elizabeth se glaça dans ses veines. Brusquement, elle brisa la communication, poussant le bouton transversale pour autoriser la transmission, et hurla presque dans le petit objet.

« Ivy ? Ivy !? C’est Elizabeth ! Tu me reçois ? Ivy ? J’suis avec James au Secteur B, on va venir te chercher, d’accord ? Ne bouge pas ! Où est-ce que tu es exactement ? Ivy ? Tu me reçois ?… »

La présence lumineuse de l’appareil s’estompa. La batterie était H.S., coupant la communication sans même avoir pu transmettre ses mots jusqu’au campement, la puissance sans doute trop faible pour couvrir cette distance-là, puisque de toute façon, la jeune Ivy n'était déjà plus présente. Pire que la fatalité et la désillusion de n’avoir pu envoyer son message, ce qu’elle venait de capter à l’aide de la radio la mit dans un état plus que second.
Mordue ? Elle avait bien dit mordue ?

Ses yeux s’embuèrent, ses mains tremblantes, elle-même paniquée, tandis qu’elle s’acharnait à tenter de refaire fonctionner la radio, pivotant tous les boutons possibles à plusieurs reprises, cognant contre de la paume de la main.

« Non, non, non … non… allume toi. J’t’en prie allume toi. Ivy ? Tu m’entends ? Ivy ?? » Tenta-t-elle en appuyant sur le commutateur de transmission, fortement.

Les larmes coulèrent à flot. Ils étaient piégés dans cet avion, une horde de zombies à ses portes, et son amie mourrait peu à peu dans le secteur voisin. Si seulement elle n’était pas partie seule avec James, si elle n’avait pas pensé qu’à elle. Si seulement…

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 15:55
Après avoir fait sa demande, James se tourna davantage pour voir Elizabeth, la regarder parler et observer de plus près ce qu'elle lui montrait. Un talkie-walkie ? Le hasard se serait-il décidé à oeuvrer en leur faveur ? Une idée bien paradoxale, mais c'était sa façon de se dire que la chance tournait, oui. Acquiesçant sans ajouter quoi que ce soit, il prit la chemise qu'elle lui proposait et la suivie du regard tandis qu'elle s'éloignait.
Il posa ensuite les yeux sur l'homme et bascula la tête en arrière puis sur le coté pour faire craquer ses cervicales, s'approchant du siège rétractable sur lequel il s'était précédemment assis avant que leur désespoir ne se mue en farouche étreinte. Dessus, sans le déplier, il déposa le bobcat et entreprit de glisser un bras après l'autre la chemise sur son dos, effectivement blanche et propre, ce qui le changeait de ses vêtements d'avant-mort gardés depuis trop longtemps. Alors qu'il travaillait à boutonner sa nouvelle chemise, Elizabeth fouillait les coffres, il en arriva au dernier bouton et récupéra le bobcat en remettant la sécurité, pour ensuite le glisser dans son dos.

Le "bingo" de son amante le tira de sa momentanée rêverie, avançant dans l'allée centrale sans passer au-delà de l'homme qui au sol, bougeait mollement les doigts et tournait la tête avec une lenteur affligeante, encore incapable de faire quoi que ce soit d'autre de concret que gémir un peu plus fort qu'avant, c'est à dire faiblement. Bien vite, il pu constater les trouvailles qui expliquaient la raison de son élan victorieux quand elle revenait lui porter les sangles découvertes. Il offrit un sourire à Elizabeth en prenant les sangles et commençait à les arranger entre ses mains - un vrai fouillis ces choses - pendant qu'elle, se concentrait sur la radio. Des trouvailles qui en valaient la peine, probablement pas de risquer autant leur vie mais ils pourraient se dire que tout ce labeur n'avait pas été vain.
Sa joie fut cependant de courte durée. Alors qu'il commençait à attacher les mains de l'inconnu en écoutant d'une oreille distraite la femme à ses cotés, une voix survint du talkie-walkie et il reconnu en effet Ivy après quelques secondes, ce qui le poussa à se redresser le visage s'illuminant de soulagement tout d'abord, puis... il y eut le message.

La voix d'Ivy, son ton désemparé... dès le début, James saisit malgré lui que quelque chose n'allait pas et avant même d'arriver à la moitié du message, son esprit qu'il s'efforçait de soumettre pour l'obliger à penser autrement que par la fatalité avait compris de quoi il en retournait. A mesure que le message, gêné par les grésillements importants, perdurait, le médecin devenait livide. Il n'en croyait pas ses oreilles, c'était... un cauchemar.

L'impulsion d'Elizabeth tentant avec grande peine de contacter Ivy laissait James devant elle, figé dans un silence de mort, le regard se vidant de tout l'espoir qu'il avait retrouvé, de toute l'envie de s'en sortir qu'il ressentait grâce à elle, un événement de plus s'abattant sur eux comme une vérité cruelle et absurde qu'il voulait tant démentir. Elizabeth paniquait, envahie par les larmes et lui, il restait absent durant un long moment, le regard s'abaissant vers le sol, vers le visage de cet homme, vers le sang et la souffrance, un visage que son esprit jugea bon de changer par celui d'Ivy, dans un état plus insupportable encore.
Ses mains lâchèrent leur emprise sur les sangles, ses jambes soulevèrent lentement son poids, James se redressait debout et fit un pas de coté pour se dégager d'au-dessus de leur prisonnier involontaire. Il amena ses mains à son visage et les imposa sur son front, puis les fit glisser péniblement tout du long jusqu'à son menton en faisant grogner sa barbe. Pourquoi un tel acharnement ? Pourquoi cela devait arriver à Ivy ? C'était un véritable cauchemar. Mordue. Elle était mordue et elle était seule. Le médecin ne pu s'empêcher de se maudire par tous les démons de l'enfer d'être parti avec Elizabeth en laissant sa seule autre amie dans le camp partir de son coté avec cet inconnu tout juste arrivé. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer par tous les saints ? Était-ce lui ? Cet asiatique, qui avait commis une erreur impardonnable et provoqué sa mort, puis maintenant... celle d'Ivy ? Il l'a laissé partir, James l'avait laissé partir pour mieux condamner Elizabeth dans cet avion, en abandonnant Ivy à son sort.

Il sentit un noeuds atroce à la poitrine, si fort et si douloureux qu'il dut se baisser, posant les mains sur l'accoudoir du siège devant lui pour ne pas descendre plus bas. C'était son coeur qui était broyé par la nouvelle, par l'idée qu'Ivy était quelque part, dehors et mourrait, seule, le visage couvert de sang et de larmes... et il la sentie remonter, sa colère, sa rage. Une fois de plus, il l'avait enfoui davantage bien que mal, grâce à Elizabeth, mais une fois de plus, le reste du monde voulait l'y noyer à nouveau. Ses ongles s'enfoncèrent dans l'accoudoir, ses dents se serrant jusqu'au supplice et son visage s'étira jusqu'à ce qu'il soit forcé de fermer les yeux, ensuite il frappa.
Sa main droite ôta son appui et forma un poing qu'il abattait de toutes ses forces sur le siège d'à coté, qui était par ailleurs dans un sale état, si bien que lorsqu'il se releva pour projeter sa jambe en chassé avec haine, la force employée dans sa botte fit basculer en avant le siège presque arraché à son pied à l'origine. Devant la symbolique mutilée du siège, le médecin fut immergé dans une irrépréhensible idée d'en finir et vint saisir le dossier du bas et du haut pour le tirer violemment, faisant céder sans mal les dernières coutures et projetant sa victime dans l'élan vers l'avant, le siège valdinguant sur quelques courts mètres en faisant des tonneaux jusqu'au mur qui stoppa brutalement son parcours. Il l'avait bien dit, tous ceux auxquels il s'attachait mouraient, tout ce qu'il touchait, était réduit en cendres.

La douleur toujours présente dans sa poitrine, il s'accroupit en croisant les mains derrière sa nuque, cherchant par tous les moyens de calmer cette avalanche de colère qui n'eut pas grand mal à diminuer, la lassitude et la peine prenant le pas. Il resta ainsi, plongé dans son marasme, sa tête trop embrouillée pour parvenir à s'éclaircir les idées, ses efforts ayant de plus ravivé ses blessures. Il finit malgré tout par détacher ses mains et poser les coudes sur ses genoux, redressant le visage pour scruter sans intérêt les alentours. Les rôdeurs à la porte, qui tambourinaient de plus belle, le siège arraché, la moquette poussiéreuse et sale, où il pouvait distinguer du sang séché par endroits, et les armes.
S'arrêtant sur cette dernière vision, il pencha quelque peu la tête, passant du SIG-Sauer P226 qu'il reconnaissait comme l'arme qu'Elizabeth lui avait confié à une autre qu'il ne reconnaissait pas. C'était l'arme de leur agresseur qui trônait sur le sol. Se relevant, avec l'impression d'être déphasé, transporté dans une dimension parallèle où l'urgence n'existait plus, il s'approcha de l'arme et se baissa nonchalamment pour la ramasser et l'observer de plus près. Cette arme, il l'avait déjà vue durant ses missions d'ancien médecin-soldat, un Heckler & Koch VP70, une arme pour terroristes, une arme pour assassins. D'une main il détacha le chargeur qui lui tomba dans la paume pour en observer le contenu. Douze balles, c'est ce qu'il y restait. C'était peut-être suffisant pour ce qu'il s'apprêtait à faire, il fallait que ce le soit.

Son regard se fermant, trahissant le fait qu'il s'apprêtait à faire une chose insensée, il replaça le chargeur dans l'arme et chargea celle-ci. Se tournant d'un pas décidé, il avança : droit vers la porte d'entrée. Il n'y avait pas d'autre solution, il n'abandonnerait pas Ivy, il ne laisserait pas Elizabeth mourir ici et au diable le danger, au diable sa putain de vie. Sa main crispée se posa sur la poignée de la porte, prête à déverrouiller cette séparation et faire face à l'enfer. C'était le moment d'affronter son seul avenir possible, la mort.

***

Deux jours plus tard...
29 Janvier 2035 - environ 15h30.


Il faisait froid, la température de cette journée frôlait le zéro, du moins le pensait-il tandis qu'il immergeait d'un profond et désagréable sommeil, à moins que ce soit à cause de la fatigue plus grande encore maintenant. Il était allongé à même le sol, si ce n'est sa veste mise en boule qui lui avait servi de coussin, du moins c'était le cas de sa première veste. Sur le dos, il avait toujours cette chemise donnée par Elizabeth, à laquelle il avait ajouté une autre veste en cuir, noire celle-ci, qui avait appartenu deux jours plus tôt à un homme qui avait tenté de les tuer. Aujourd'hui elle était à lui et l'aidait à supporter le froid, au détriment de l'inconnu. Ce n'était heureusement pas la seule chose qui l'aidait à supporter.
Elle était là, sa Elizabeth, dormant tout contre lui, leurs visages l'un devant l'autre, presque unis de part leurs nez se frôlant et leurs souffles se mêlant. Ses bras l'entrelaçaient et l'un servait de coussin à sa camarade, sans doute plus confortable que le sien, l'autre la tenant par la taille pour la serrer contre lui. Toute la nuit et matinée durant ils avaient été ainsi, malgré ce froid qu'il devait ressentir un peu plus en tant que celui qui couvrait et non était couvert, sans doute pas grande différence cela dit.

Deux jours étaient passés et le froid n'avait été qu'un des fléaux de ce monstre métallique dans lequel ils restaient confinés. La faim primait, tiraillait, pour l'un comme pour l'autre, les très maigres morceaux partagés n'ayant servi qu'à ne pas crever complètement de faim. La soif également, leur petite bouteille d'eau n'ayant elle servi qu'à ne pas se retrouver déshydraté, à peine secondée par la toute aussi faible quantité d'eau parmi les réserves de l'inconnu. Et l'oppression, de ces murs, de ces morts qui ces deux jours n'avaient cessé de frapper contre cette foutue porte d'entrée de l'avion, de persister de leur saloperie de volonté ou absence de volonté à vouloir entrer même si ils n'avaient eu aucune chance.
Et eux, qui pour tenter d'échapper à ces créatures, s'étaient enfermés dans le cockpit encore plus confiné pratiquement tout le temps, se réchauffant l'un l'autre, autant que faire se peut, en partageant le très peu de ressources qu'ils avaient, en se soutenant du maigre espoir qu'il leur restait, trop tristes et désespérés pour aspirer à davantage l'un avec l'autre. Ils n'avaient plus rien fait d'autre que de s’enlacer, pas même un baiser ne fut offert, tout cela était trop dur à vivre, si bien qu'ils n'étaient plus parvenus à trouver le réconfort du désespoir l'un en l'autre comme deux jours plus tôt.

James n'était pas sorti armé finalement, il n'avait pas ouvert cette porte et provoqué un massacre, car c'est tout ce qu'il aurait obtenu. A la place, ils s'étaient évertués à emporter l'homme dans le compartiment à bagages, encore plus exiguë que ce cockpit à cause des valises en vrac qui s'y trouvaient - ne comportant que des vêtements et des produits de beauté, et l'avaient attaché à un tuyau dont l'utilité leur échappait et ne les avaient pas le moins du monde intéressé. James avait utilisé son pouvoir, qu'il ne comprenait toujours pas, pas tout à fait, mais qui avait eu pour résultat de refermer le plus gros de ses blessures, le visage de l'inconnu toujours parsemé de plaies et d'ecchymoses douloureuses, mais l'épargnant d'une morte certaine en tout cas.
Après s'être enfermés dans le cockpit, ils n'en étaient sortis que pour vérifier son état et lui donner moins que le strict minimum de ressources, moins que pour eux-même il fallait l'avouer, mais ils avaient eu la décence en dépit de tout ce qu'il méritait de ne pas l'abandonner ainsi attaché à une autre mort. Pourtant, cet imbécile avait continué à leur être hostile, ce qui donna envie à James de le délaisser définitivement à plusieurs reprises, même si cela ne dépassa jamais sa pensée. Autrement, leur but avait été de cesser tout bruit, espérant sans vraiment y croire que les rôdeurs finiraient par se lasser car ils n'avaient trouvé aucune autre sortie possible, le compartiment dans lequel ils avaient enfermé l'homme totalement verrouillé, leur tentative de le forcer avait échoué.

Le reste du temps, ils demeuraient là, assis sur les sièges des défunts pilotes à regarder au dehors de ces vitres infranchissables malgré leurs efforts ici aussi, contre le mur à même le sol en regardant la moquette ou allongés à attendre que le temps passe. Bien qu'ensemble, la moitié du temps avait été offerte au silence seulement gêné par les râles et les coups sur les parois métalliques, l'autre moitié, ils le passèrent à discuter de tout et de rien. De ce qu'ils auraient aimé faire de cette nouvelle vie, de ce qu'ils auraient voulu faire si l'apocalypse n'avait pas tout détruit, de ceux qui étaient morts depuis leur arrivée au camp, de ce que pourrait bien donner le lead de Samuel avec Melody, du Marchand, des choses qui rôdaient, de ce qu'ils voudraient faire si ils s'en sortaient et... d'Ivy.
Car son message, si terrible message, avait cessé de tourner à la radio mais continuait sans cesse de tourner dans leurs esprits, dans celui de James. Elle était sûrement morte depuis des heures et même si elle avait résisté aussi longtemps que Doug, c'était sans doute déjà fini, sans qu'ils aient pu faire quoi que ce soit. C'est la première chose à laquelle James pensa en s'éveillant, ne cherchant pas à bouger, restant ainsi allongé Elizabeth contre lui, ses yeux parcourant le visage de cette femme si belle qui était à ses cotés, avec la seule satisfaction de savoir qu'elle, était toujours en vie, pour le moment...

Non loin, trônait le sac à dos d'Elizabeth et son contenu dont les cigarettes et leur briquet, auquel ils avaient rajouté quelques vêtements et produits de soin pour l'un et l'autre, à coté le SIG-Sauer à même le sol, le Bobcat, la paire de poings américains de James, ainsi que ce qu'ils avaient trouvé : le talkie-walkie H.S, la Console technologique, le Kit de chirurgie avancé, le Heckler & Koch VP70 et la boite scellée avec le logo produits chimiques marqué dessus.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 28 Sep - 12:30
La faim et la soif les affaiblissaient heure après heure, jour après jour. Le froid s’immisçait toujours plus profondément en eux, jusqu’à avoir l’impression que les os même étaient gelés. Ils avaient trouvé alternative à se blottir l’un contre l’autre, quand cela devenait nécessaire, forçant Elizabeth à prendre sur elle-même le temps de retrouver confort, se concentrant sur autre chose comme une conversation. C’était une distance assez étrange, pouvant être considérée de circonstance, mais déconcertante tout de même au regard de l’étreinte fusionnelle qu’ils avaient partagée.
Parfois même, elle préférait rester dans son coin, lorsque les efforts à fournir étaient bien trop importants, laissant James attendre qu’elle s’endorme, et constater ensuite qu’elle grelottait pour la saisir contre lui, dans ses bras .

Que pouvaient-ils faire d’autre hormis attendre en silence ? Et combien de temps allaient-ils pouvoir tenir ? Il viendrait un moment où il faudra prendre la décision de sortir car le constat lui donne plus de chance de survie que de rester. La moindre blessure, la moindre griffure, et s’en était fini d’eux. Il fallait bien se rendre à l’évidence qu’ils n’avaient pas l’étoffe de jouer les héros, et c’était bien à contre cœur qu’elle avait tenté de tempérer les élans de son compagnon, prêt à tenter le tout pour le tout pour sortir et espérer sauver Ivy. La vérité, c’est qu’il n’y avait plus rien à faire. Quand bien même elle n’avait pas succombé immédiatement à la fièvre, aurait-elle seulement voulu qu’ils risquent leur vie pour simplement lui dire au revoir.
A défaut d’une réelle présence, Elizabeth avait guidé ses pensées jusqu’à elle, espérant qu’elles soient si fortes que son amie en ressente la présence, qu’importait où elle se trouvait.

James était désormais le seul qui restait et pour qui elle désirait encore se battre. Même si elle ne parvenait pas à s’ôter de l’esprit que leur union n’avait été que de circonstance, elle s’était attachée à lui plus que de raison, et elle ne pouvait se résoudre à l’ignorer seulement. Elle avait besoin de lui, autant qu’il était sans doute vrai qu’il avait besoin d’elle. Elle verrait bien alors jusqu’où cette relation les porterait tous deux. La mort serait peut-être au bout du chemin, c’était même indéniable, mais à quoi bon vivre son espoir en solitaire ?

C’est dans ce silence profond, où une simple respiration était audible, qu’elle s’éveilla. Elle se sentit entourée par un bras protecteur, lui assurant à la fois confort et chaleur. Elle s’était endormie alors que la journée avait depuis de nombreuses heures déjà entamée sa course, et si la nuit était encore assez loin de proclamer son règne, les gros nuages qui s’étaient agglutinés au-dessus de leur tête assombrissaient assez le ciel pour n’offrir qu’une timide luminosité. Les orages ne tonnaient pas encore, mais il était certain que cela n’allait pas tarder. Et alors suivrait le déluge de pluie. Ouvrant les yeux sur cette semi-pénombre, elle leva d’abord son regard vers le ciel, les fenêtres du cockpit suffisamment large pour ne pas avoir à bouger pour cela.
Sa propre respiration se fit plus profonde, comme un soupir, annonçant à son compagnon son éveil.

Elle ne put qu’attendre le dernier moment pour fuir ce contact, ayant espéré que ses angoisses ne surgissent pas encore, mais c’était peine perdue. Le cœur palpitant et la boule au ventre étaient les annonciateurs de cette échappatoire irrémédiable. Sans paraître brusque, elle se redressa le plus lentement possible, étirant son dos et ses bras avant de venir se frotter le visage de la paume de ses mains. Combien de temps avait-elle dormi ? Quelle heure était-il ?

Son ventre ne grondait plus depuis quelque temps déjà, ayant passé le stade de la simple faim. Et dire qu’elle s’était déjà rationnée le reste de la semaine pour économiser au groupe le peu de nourriture qu’ils avaient. Si elle avait su …
Si elle avait su, tout aurait pu être différent. Ivy ne serait pas morte. Ils ne terreraient pas dans le ventre métallique d’un avion en espérant que les hordes qui frappaient contre la carcasse ne finissent pas se disperser, attirer par quelque chose d’autre.
Elle avait bien pensé jeter leur prisonnier dehors pour détourner l’attention, mais cela n’avait pas même franchi le seuil de son esprit, retombant irrémédiablement sur le fait qu’elle ne voulait pas être ce genre de personne, prête à sacrifier la vie d’autrui pour assurer la sienne.
C’était au-dessus de ses forces.

« Je vais faire l’inspection… » Murmura-t-elle en posant son regard sur James, encore bien trop attristé pour arriver à lui accorder une ombre de sourire, bien que son regard n’inspirât qu’une tendresse certaine à son attention.

Cela sous-entendait aller voir leur prisonnier et prendre la mesure de son état physique. Quelque part, elle avait tout de même pitié de son état. Autrefois, il n’était sans doute pas l’homme d’aujourd’hui. Peut-être avait-il été père et homme aimant ? Peut-être que les horreurs qu’il a vues l’ont poussés à un comportement agressif. Peut-être qu’en d’autres circonstances, ils auraient réagi de la même manière que lui. Que devait-il penser, seul dans sa prison, attaché, obligé d’attendre dans sa solitude ?

Elle se redressa complètement avant de s’éclipser hors des lieux, prêtant attention à refermer derrière elle dans la plus grande discrétion, comme ils avaient pris l’habitude de le faire. Elle se faufilerait alors jusqu’à l’endroit où l’homme avait été « entreposé ».
Combien de temps faudrait-il encore avant d’arrêter d’entendre les…

Dans sa progression, elle se stoppa net. Tendant l’oreille aux bruits extérieurs, elle fut surprise de ne recevoir que le silence. A pas feutrés, elle se rapprocha des hublots, restant dans un premier temps à distance certaine avant de se rapprocher au maximum de la paroi. Le tarmac était désert.
Les créatures s’étaient éclipsées, deux, ou trois à peine, errant à plusieurs dizaines de mettre de l’appareil, sans objectif particulier. Enfin…

Retournant à pas prompt vers James, franchissant la porte s’il ne l’avait pas franchi lui-même entre temps, elle lui annonça alors, d’un ton affirmé, sans même prendre l’attention d’être discrète.

« Ils sont partis. Les morts. Ils ne sont plus là. »

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 10 Oct - 15:27
James avait regardé sa bien aimée, ou celle qu'il voudrait qu'elle soit sa bien aimée, se détacher de lui sans protester, bien que son coeur l'aurait voulu. Cette étreinte, cette... affection qu'ils s'accordaient mutuellement avait été la seule chose qui permis au médecin de ne pas péter les plombs à force d'entendre les morts frapper comme des cinglés exigeant que l'on vienne leur ouvrir pour qu'ils puissent prendre tout ce qu'ils voulaient, tout, simplement.

L'oppression de créatures, de monstres voulant vous tuer qui s'acharnaient ainsi de jour comme de nuit, s'avérait un calvaire psychologique très efficace, si bien que le barbu songea à de nombreuses reprises à ouvrir la porte et en finir une bonne fois pour toutes. Il n'était pas l'homme imperturbable que rien ne secouait, il n'avait pas de résistance mentale particulière par rapport à d'autres, il ressentait toutes ces choses comme l'homme le plus commun, soit une torture. Mais elle avait été là, elle l'avait aidé à penser à autre chose, à ne pas sombrer encore plus bas - chose qui semblait étrangement possible, tout comme il s'était gardé de faire part de ses propres faiblesses et de ses pensées désespérées. Il avait besoin d'elle et, probablement, qu'il continuerait à avoir besoin d'elle même si par miracle ils ne mourraient pas ici.

Elizabeth se redressait pour se frotter le visage et lui se laissa basculer sur le dos en amenant ses yeux sur le plafond qu'il connaissait à présent par coeur. Quand il ne pensait pas à Elizabeth, quand il n'était pas avec elle, chose rare, ou plutôt quand il était avec elle mais que son esprit dérivait un peu plus loin, c'était pour penser à Ivy. Cette fille, il s'y était attaché et maintenant elle n'était plus là. Il n'avait pas encore pleuré sa mort, car il avait du mal à y croire, et pourtant il faudrait qu'il finisse par s'y décider. Enfin, s'il s'en sortait, sinon il ne tarderait sans doute pas à la rejoindre pour pouvoir, peut-être, développer un peu plus cette relation amicale naissante dans l'autre monde.
La voix de sa seconde amie, qui ne l'était plus vraiment - devenue quelque chose de plus, lui parvint, le sortant de ses pensées. Il bascula le regard et acquiesça, simplement. Que dire de plus ? Ils avaient prit toutes les précautions et Elizabeth était armée. De toute façon, il n'avait pas le courage de l'empêcher de respirer pour jouer au preux chevalier. Ce type, qui avait choisi de devenir leur ennemi en manquant de peu d'être leur assassin, leur racketteur, son violeur... peu importe quelles aient été vraiment ses intentions, n'avait fait que récolter ce qu'il avait semé. James n'appréciait pas de penser qu'un autre être humain méritait d'être traité comme une bête et pire encore, enchaînée dans un enclos, mais alors qu'ils perdaient une personne de plus dans leur groupe, et non des moindres, il dû admettre que parfois le choix n'était pas là.

Il fallait agir, pour eux, pour le groupe. S'il avait été plus catégorique par le passé, peut-être ne serait-il pas mort, ou quoi qui lui soit arrivé, peut-être serait-il encore auprès de Jessica, de David et des autres. Peut-être, que les choses auraient été différentes. Il se rendit compte de l'ironie, d'avoir échoué à sauver des vies en étant jugé coupable, frappé de la sentence d'une seconde chance. Il eut en échange ce don, ce... pouvoir, et Elizabeth qui était à ses cotés à présent. Il aurait tellement aimé que Jessica la connaisse, qu'il l'ai lui-même rencontré dans d'autres circonstances, moins pénibles. Qu'il puisse un jour revoir Jessica, retrouver son ancien groupe en vie, pour les inciter à survivre avec ses nouveaux alliés, comme une famille. Tout ça en imaginant que son groupe actuel en était capable, ce qui était incertain.
Il divaguait et la porte qu'Elizabeth, sortie, refermait le tira à nouveau de sa rêverie. Lâchant le trente-sixième soupire depuis leur enfermement dans cet avion de malheur, il se redressa sans vrai volonté et lentement, se remis debout. Son regard, il le porta autour de lui, de cet habitacle si étroit et en même temps, si protecteur. C'est sûr, la grande villa impersonnelle n'avait jamais valu la petite maison douillette, les faits le démontraient à nouveau. S'ils avaient dû rester dans l'espace principal, à passer leur temps entre deux sièges avec la porte d'entrée de l'avion à proximité et le bruit plus violent et strident des morts, ils auraient sûrement déjà pété les plombs. C'est même certain, car ils y étaient déjà à deux doigts dans ce contexte-ci.

Se traînant les pattes, il se dirigea vers les affaires laissées au sol et se mit accroupi pour récupérer le Sig-Sauer qu'il vint caler à l'arrière entre son caleçon et sa peau, superposé par son jean plus haut. C'est alors qu'il se rendit compte qu'Elizabeth n'avait pas prit son arme et il s'empressa de ramasser le Bobcat avant de se redresser et avancer vers la porte, quand celle-ci s'ouvrit soudainement, manquant d'assommer le chirurgien qui recula de deux vifs pas en basculant sa tête en arrière par réflexe.
A la seconde où il vit son visage, son regard, il su que quelque chose n'allait pas, qu'il y avait eu du changement. Il redoutait la mauvaise nouvelle, que pouvait-elle ajouter à leur débâcle ? Plus de rôdeurs ? L'avion complètement encerclé ? L'inconnu qui se serait détaché et avait trouvé le moyen d'ouvrir la cale arrière pour s'échapper et aggraver leur enfermement ? Non, rien de ça, même tout le contraire. Ils étaient partis, ils n'étaient plus là, les morts. Voilà ce qu'elle lui dit, peut-être pas dans cet ordre, mais c'est ainsi qu'il le perçu. Il percuta derechef que son regard n'avait été ni inquiétude ni désarroi, mais bien autre chose.

« Partis ? » Reprenait-il, comme s'il avait du mal à y croire. « Tu es sûre ? »

Cette question, elle n'avait pas de raison d'être, seulement là pour entendre la réponse qu'il connaissait déjà, pour entendre l'affirmation de la bouche de sa brune préférée. Son visage avait changé d'expression, ses yeux s'étaient ouverts, sa mine, se déridait subitement, son visage fut frappé d'une légère mais inespérée illumination. Cette situation même était inespérée, mais après avoir passé deux jours à inspecter encore et encore, à avoir observé et patienté jusqu'au supplice, il se doutait qu'elle ne pouvait pas lui lancer cela par simple supposition.
Il marqua malgré lui un temps, portant sa main à sa barbe en frottant énergiquement tout en faisant quelques pas de coté, le temps d'une réflexion qu'il bâcla comme l'éclair. Ils n'avaient pas de temps à perdre et ils devaient sortir, ça ne faisait pas de doute, ils devaient saisir cette chance. Ce qui le préoccupait, c'était l'homme qu'ils avaient attaché. Devaient-ils l'abandonner à une justice expéditive, abusive, pour ce qu'il avait fait ? C'était dur d'être ainsi prit de court, et en même temps il y avait suffisamment réfléchit, mais devant le fait accompli il se sentait revenu à la case départ. Pour le moment, ils devaient se préparer, il fallait sortir au plus vite. Ce n'était plus le temps de se poser des questions.

Il tourna les talons et s'approcha d'Elizabeth pour prendre sa main d'un geste, dévoiler sa paume et y loger le Bobcat, plongeant son regard dans celui de sa belle, reprenant d'une voix calme qui se voulait sûre d'elle.

« On s'en va, faut pas rater cette occasion. Occupe toi des affaires, inspecte l'extérieur, vois si on a un moyen de se faufiler, laisse moi m'occuper de lui. Je vais le relâcher, mais je dois d'abord faire quelque chose. Fais-moi confiance. »

Ceci fait et après son acceptation, il opina du chef et la contourna pour passer derrière elle, passer la porte, puis traverser l'allée centrale. Son pas était décidé, sa volonté certaine, tout était plus clair à présent pour elle et pour lui, il y avait de nouveau de l'espoir, même s'il doutait qu'un miracle puisse toucher Ivy également. Mais ils n'étaient pas encore sortis d'affaire et il restait le cas de l'inconnu.
D'un geste il déverrouilla la porte et amena sa main à la poignée, portant la main droite à l'arrière pour récupérer le Sig-Sauer. Se passant la langue sur la lèvre inférieure, il fit sauter la sécurité d'un coup de pouce et ouvrit la porte en grand. Il retrouva la soute, tous les bagages entassés en vrac et ouverts, sans dessus-dessous. Dans le coin, l'homme était là, recroquevillé contre le tuyau où la corde faisait le tour et venait sangler ses mains. En voyant le médecin entrer, l'homme à la barbe massive sur un visage épuisé et moindrement blessé jetait de nouveau son regard assassin sur lui, comme il l'avait fait la première fois, comme il l'avait fait chaque jour. S'avançant de quelques pas, James s'arrêta à distance et soutint ce regard qu'il haïssait et qui ramenait à la surface son envie de l'étrangler et de l'abandonner.

« La horde s'est dispersée. » Lâcha t-il froidement. « Et nous allons partir. »

L'inconnu mouva la mâchoire en refusant de relâcher son regard avec un mélange de colère et de mépris, avant d'étirer un sourire aussi ironique qu'irrité, envers James.

« Tu viens m'achever c'est ça ? Ou tu voulais juste me prévenir que vous alliez me laisser crever ici ? T'aurais pas dû te donner cette peine. De toute façon je t'emmerde et je vous souhaite de crever, toi et ta pétasse. »

Le médecin prit une inspiration en réponse et expira en crispant sa propre mâchoire, s'approchant un peu plus, il vint s'accroupir face à lui. Ni l'un ni l'autre n'avait détourné les yeux, les clignements se faisaient rare, la provocation était toujours de mise. Malgré que le temps avait passé depuis leur affrontement, c'était comme s'ils avaient toujours un compte à régler, un éclaircissement à apporter à ce combat qu'ils n'avaient pas achevé par l'intervention d'Elizabeth, en tête à tête.
Et pour l'inconnu qui avait eu le visage ruiné, les soins apportés durant son inconscience avaient sonné comme de la pitié moqueuse, un choix de lui permettre de se remettre à peu près de ses plaies juste pour pouvoir l'enfoncer davantage et le laisser souffrir des blessures qui demeuraient. Il ne se doutait pas que pour James, ça n'avait pas été un geste de pitié, mais de bonté, de principe moral qu'il s'évertuait à conserver, pour ne pas devenir ce qu'il considérait être ce que l'inconnu était devenu. La blessure séchée par le sang à sa tempe et les résidus douloureux de son crâne, rappelaient au médecin que cette querelle n'avait pas été sans conséquences. D'une façon ou d'une autre, ni l'inconnu ni James, n'avaient envie de trouver de compromis au-delà de ce qui avait déjà été fait, de quitter leur point de vue pour comprendre l'autre. Ce qu'il s'était passé, avait creusé un fossé toujours plus profond, pour qu'il soit maintenant infranchissable.

« Que tu nous ais attaqué, par doute, par peur ou par incompréhension, et même si j'aimerais te faire avaler tes dents pour l'avoir touché elle, l'avoir malmené gratuitement... je veux bien l'accepter et le pardonner. Que tu ais voulu nous voler, pour survivre, ça aussi je veux bien l'accepter, et le pardonner. Mais tu as tiré, tu as cru l'avoir tué et tu n'as éprouvé aucun remord, rien, que de vouloir t'en servir pour me briser. Et à cause de toi, nous sommes restés enfermé dans cet enfer pendant deux longs jours. Ça, je ne peux pas l'accepter, et je ne veux pas le pardonner.

Pourtant, je t'ai soigné. Même si t'achever comme tu le dis, m'a traversé l'esprit plus d'une fois, même si je t'ai haï, nous ne t'avons pas laissé mourir. Nous avons partagé ce que nous avions, le peu que nous avions, pour que tu survives toi aussi. Mais tu as continué à nous provoquer, à nous pousser à la haine, à nous inciter à te laisser crever, parce que tu es un crétin fini. »


Sa conclusion - douce comparée au méfait - balancée à la figure de ce type, James se releva et consenti à briser le premier leur fixation mutuelle pour venir se saisir du noeud, très solide, qui maintenait les liens de l'autre coté du tuyau.

« Je vais te libérer, même si tu ne le mérites pas. Tu sais pourquoi ? Parce que je ne suis pas comme toi, je n'ai pas l'intention de devenir ce genre d'homme. J'ai faillis, j'aurais pu le devenir, mais j'avais quelqu'un sur qui compter pour m'aider. A toi de voir si tu comptes continuer à être un crétin terré dans son coin, prêt à crever seul comme un chien, car c'est ce qui arrivera. Ou si tu veux tourner la page et changer, donner une chance aux autres et par conséquent, te donner une petite chance à toi-même, d'être aidé, d'avoir quelqu'un sur qui compter. »

Tandis qu'il parlait, sous le silence de l'inconnu qui ne cherchait pas à répliquer, se contentant de regarder devant lui, enfermé dans sa fierté et son mépris, il détachait le noeud et relâchait l'étreinte des liens qu'il avait lui-même serré, afin de le libérer.

« Cette fille que tu croyais avoir tué, est certainement meilleur que je ne le suis, beaucoup plus que toi. Peut-être même qu'elle te donnerait ta chance, si tu te décidais à changer. Mais tu veux que je te dise ? Le monde est cruel et vicieux, il l'a toujours été et maintenant, il est plus instable que jamais. C'est la loi du plus fort. Il faut l'accepter et se serrer les coudes. On doit tout faire pour protéger les siens, même si on doute de ses camarades, même si on ne sait pas où on va. Notre capacité à aider les autres, c'est la première chose qui nous différencie de ces morts-vivants et c'est la meilleur façon d'être aidé en retour.

Mais j'ai perdu des camarades et pendant que nous croupissions ici avec toi, une amie cher mourrait à son tour, une fille à qui je tenais. Je n'étais pas là pour l'aider. Maintenant j'en ai marre de prendre tous ces risques, de douter, de me demander qui d'autre je vais perdre, si je serais moi-même mort demain. Je dois la protéger, elle, Elizabeth, c'est ça qui compte maintenant. C'est pour ça qu'il est hors de question que je te donne une chance. Je prendrais pas ce risque pour un type de ton genre, ce n'est que justice. »


Le noeud défait, l'homme ramenait lentement ses mains à lui et de l'une, vint frotter son poignet douloureux en dégageant la corde, daignant poser de nouveau le regard sur son geôlier qui prenait la direction de la porte sans attendre. James s'arrêta au pas de celle-ci et ne tourna que les yeux vers lui, sans croiser son champs de vision.

« Si jamais moi ou un membre de mon groupe te croise à nouveau et que tu fais ne serait-ce que mine de le menacer, ou de me menacer. Je te tuerais sans hésitation. »

Il sortit ensuite en tirant la poignée et referma la porte, pour rejoindre Elizabeth.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 13 Oct - 0:29
Il n'y avait pas de temps à perdre, pas de question à se poser. Quelque part, Elizabeth était heureuse qu'il prenne les devants et lui donne quelques directives à suivre. Elle ne se sentait, ni prête, ni capable de penser toute seule. Elle ne s'était pas encore adapté à cet environnement de survie et ça lui offrait également une mesure de facilité : en cas de soucis, elle n'aurait pas à se blâmer.
Sa question sonnait à ses oreilles plus rhétorique qu'interrogative. Bien entendu qu'elle lui faisait confiance, il n'avait pas besoin de le lui demander. C'était pour elle une évidence indubitable. Elle se contenta pour autant d'acquiescer à ces mots pour lui donner réponse, d'un geste vif du menton, avant de se faufiler vers le cockpit, là où ils avaient laissé leurs affaires.

Son sac à dos trainait à même le sol, en compagnie des diverses trouvailles qu'ils avaient récupérés dans l'appareil. C'était un maigre butin à son avis, mais un butin quand même. Ils venaient de passer deux jours dans un jet, les autres du campement les croyant peut-être mort, ils n'allaient tout de même pas rentrer les mains vides, ils n'auraient alors que peu d'excuses pour calmer les ardeurs de reproche... si tenté qu'après la mort d'Ivy, ils en aient encore à formuler.
Ivy, elle s'était efforcé d'arrêter d'y penser, sans y parvenir pour autant. Les petits gestes de la vie quotidienne qu'elle avait pris à ses côtés revenaient à elle comme un claque en pleine figure à chaque fois. Elle n'oserait même pas toucher à leur tente commune qu'elles avaient partagée, ne désirant pas profaner les seuls souvenirs qui lui resteraient alors d'elle.

Tout le bardas technologique, elle le fourra dans le sac après l'avoir vidé. Ça y rentrait au chausse-pied et elle dû s'y reprendre plusieurs fois, jouant des petits interstices, et tirant sur la fermeture éclair pour qu'elle daigne correctement se mettre, mais ça y rentrait, même après y avoir glissé son calepin qu'elle avait trouvé deux jours plus tôt et sur lequel elle avait déjà commencé à griffonner de ses noires pensées qui l'avaient travaillé pendant son séjour dans cet espace clos. Au sol, il restait le paquet de clope, la boite de munition, l'arme de poing de leur captif, le kit de bistouris, et les boîtes avec un logo étrange dessus qu'elle n'avait pas identifié, en plus du Talkie HS.
Elle avait déjà glissé son Bobcat dans l'arrière de son jean, mais pour le reste, il faudrait faire un choix.

C'était un casse-tête chinois d'organiser tout ça, surtout dans l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait : ils ne faillaient pas qu'ils trainent davantage sur place au risque de se voir coincer à nouveau. Elle opta pour la seconde arme, la boite de munition, et le kit. Elle plaça les boîtes, qu'importaient leur utilités, dans une chemise restée dans le placard du pilote - en plus de celle que portait James en l'instant - afin de faciliter leur transport. Ces dernières, les clopes et la radio HS, James pourraient les porter sans doute sur lui, s'il ne préférait pas les abandonner.
Lorsque tout fut bien calé comme il fallait, elle traina son sac et le reste des affaires qui n'avaient pas encore trouvé place près de la porte d'accès et passa son regard par le hublot en attendant James. La prochaine fois, il faudrait qu'il emporte plus de sac, ou du moins des sacs plus grands.

Au-dehors, ce n'était pas le désert du Sahara, elle s'y attendait de toute manière. Il y avait encore des zonards qui trainaient à droite et à gauche, perdu dans cet océan de vide, sans but, à l'instar des premiers qu'ils avaient croisé en arrivant sur les lieux. Son angle de vue ne lui permettait pas en revanche d'observer le chemin d'origine, et elle avait beau se coller contre la paroi de verre, cela n'y changeait rien.
Elle avait cependant bien aperçu, dès le premier jour pour dire vrai, cette série de voitures parquées  au pied de la tour de contrôle. Au regard des habitants qui hantaient cette dernière, envisager s'y aventurer paraissait un plan presque insensé, mais chargés comme ils l'étaient, elle n'était pas certaine qu'ils parviendraient à se lancer dans une course effrénée, à slalomer entre les dégénérés, surtout qu'il était impossible de calculer le trajet à l'avance.

Au retour de James, elle s'empressera de lui désigner son plan du bout de son index collé à la vitre qu'elle n'avait pas quitté des yeux.

" Là, tu vois ? Avec un peu de chance, y'en a une avec les clés cachées dans le pare-soleil. Si la porte de la tour de contrôle est fermée, on ne devrait pas y avoir beaucoup de soucis, on pourra éviter celui-là qui se tient sur le chemin. Le truc, c'est qu'on n'est pas sûr de la direction qu'a prit la horde. Pour peu qu'elle se tient au grillage, on est prit au piège, et le matos est assez lourd et encombrant, mais je suis certaine qu'il est utile. On arrivera pas à les esquiver... T'en penses quoi ? "

Evidemment, lui seul déciderait du fin mot de l'histoire. Elle n'était pas qu'à demi-sérieuse dans son histoire de confiance, elle savait qu'elle pouvait se fier à lui les yeux fermés et qu'il serait assez réfléchi pour ne pas mettre leur vie en danger. Sa propre expérience au sein du FBI, aussi risible soit-elle de par sa conclusion précipitée, n'avait absolument rien à voir avec la sienne dont il lui avait confié l'existence, au sein de l'armée.
Elle aurait aimé pouvoir le lui dire, ou le lui prouver, davantage profiter de sa chaleur et de ses épaules, mais sa réserve le lui interdisait.
Le fil de ses réflexions se perdit au-delà des objectifs tandis qu'elle portait son regard sur celui de l'homme revenu de la soute, et sa première pensée fut : "Combien de temps tiendra-t-il avant de la fuir en lui reprochant son évidente frigidité et les distances qu'elle prenait vis-à-vis de lui ?". Elle en fut tellement troublée que son regard dévia rapidement. Peut-être que cette fois-ci serait différente ? Ou peut-être pas...

Quoi qu'il en déciderait, elle suivrait son avis, et s'il partageait le sien, alors elle prendrait les devants, lui laissant le soin d'assurer ses arrières tandis qu'elle partirait en quête d'un véhicule qui daigne bien bouger plus d'un centimètre. Il n'y aurait plus qu'à croiser les doigts pour que la tour de contrôle soit fermée. Il n'y avait pas de raison pour que la chance ne leur tourne à nouveau le dos...

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 26 Nov - 23:24
Il avait prit sa décision, en choisissant consciencieusement d'éviter à Elizabeth d'avoir à participer à celle-ci, au moins lui épargner cela. Reverrait-il cet homme ? Dur à dire, quelque part, il en doutait car le monde est vaste, mais au fond, il le craignait car le monde est à la fois si petit, si étroit. La porte refermée pour ne pas avoir à se demander plus tard s'il était mort après leur départ et si avoir laissé cette porte ouverte pourrait avoir joué sur cette éventuelle mort, il longea l'allée centrale en passant vaguement ses mains sur les dossiers des différents sièges sur son passage.

Lorsqu'il arriva à l'avant de l'avion, voyant la belle Elizabeth s'intéresser au dehors, il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour parler mais fut rapidement interrompu par sa compagne qui lui désignait l'extérieur. L'écoutant exposer son plan, il suivit ses indications en se plaçant à coté d'elle pour regarder à l'extérieur à son tour et voir plus clairement la situation qu'était la leur. La série de voitures, la tour d'où rien ne sortait, du moins pas encore et ces inévitables mangeurs de chair en nombre abordable, ou tout du moins réduit par rapport à ce qui les avait tenu prisonniers dans cet avion. James acquiesça et continuant de scruter la piste également, répondit très simplement :

« J'en pense que c'est un bon plan. Va falloir faire vite et espérer qu'il n'y ai pas de mauvaise surprise - encore - mais c'est mieux qu'un autre plan. Bien joué. »

Il recula sans perdre de temps et tira le Sig-Sauer qu'il saisit à deux mains et pointant le canon vers le sol à ses pieds, vérifia qu'il était bien chargé, retira la sécurité, autant mettre toutes les chances de leur coté. Puis il frotta de manière expéditive sa barbe en revenant à Elizabeth, en parallèle d'une réflexion intense sur la manière de procéder.

« On va devoir piquer un sprint. Tu gardes le plus gros des affaires et dès que j'ouvre la porte, tu fonces droit vers les voitures. Tu ne t'arrêtes pas, tu ne te retournes pas, tu ne me cherches pas, tu fonces vers elles, tu ne regardes qu'elles. Je vais te couvrir et m'occuper des rôdeurs. » Il prit une grande inspiration et esquissa un léger sourire à la brune, le genre de sourire qui appréhende mais cherche l'espoir. « J'ai confiance en toi. »

Un mot, simple en apparence, complexe en réalité, mais sincèrement dit. Il avait confiance en elle, une foi pleine et entière, pas parce qu'ils avaient couché ensemble, mais parce qu'après ce qu'ils avaient vécu ces deux derniers jours et les semaines passées, ils se comprenaient bien assez pour que tout paraisse clair l'un pour l'autre. Pour que tout soit limpide entre eux. Pourtant, cette intimité partagée, si on pouvait appeler cela comme ça, pesait fortement sur la balance. Sur cet aveu volontiers et après avoir planqué le tabac, le briquet et le talkie-walkie dans ses poches bien pleines maintenant, la boite de composants sous le bras, il rejoignit la porte blindée de l'avion en tenant fermement son arme à la main droite.
Là il saisit la poignée de quelques doigts, attendit qu'Elizabeth le rejoigne. Une respiration plus tard, il ouvrit la porte qui grinça lourdement à la manipulation et tira d'une main pour la dégager en grand, laissant libre passage à sa compagne - ou en tout cas sa camarade, tout n'était pas encore défini hors de ces murs métalliques. Elle se jeta à travers l'arche pour sortir, descendant les escaliers à la volée chargée comme une mule tandis que James la suivait de près. Il ne fallu pas longtemps pour attirer l'attention des rôdeurs les moins éloignés, ou les plus proches selon le point de vue.

Elizabeth quitta la dernière marche et conformément à son objectif, fonça droit devant elle, soit droit vers le rassemblement de véhicules à l'arrêt. James laissa quelques mètres de distance afin d'éviter tout accident, pour que son champs de vision et par conséquence évidente son champs de tir soit dégagé. Il tenait son arme, il était prêt, il n'avait pas le droit à l'erreur... il ne devait plus y avoir d'erreur, il y en avait trop eu cette semaine. La suite aurait pu être longuet d'un point de vue spectateur, mais fut incroyablement rapide pour les deux survivants, si bien qu'ils n'eurent pas le temps de réfléchir.
Le chirurgien tira à une, deux, trois, non quatre reprises. Les quelques morts-vivants qui se trouvaient de-ci de-là se retournaient, les fixaient, s’avançaient les uns après les autres, dans leur dos, sur les cotés, l'un d'eux au-devant. Combien étaient tombés ? Il n'était pas sûr d'avoir neutralisé ses cibles. Les avoir touché oui, l'un à l'épaule, qui avait été bousculé par le choc, l'autre où ? Au thorax ? Le troisième, il n'avait pas prit le temps de regarder, à moins qu'il n'eut pas le temps de s'en rendre compte, car il courait non loin de la brune vers qui son attention et ses pensées allaient plus que vers ces agents de la mort ambulants. Courir et se soucier, voilà des facteurs qui n'étaient pas en faveur de l'usage d'une telle arme, surtout quand on manquait de pratique après une résurrection, surtout quand on avait passé tant de temps sans s'en servir, surtout à une main.

C'est le quatrième qui toucha, ça, il en était sûr. Le monstre s'était trouvé presque devant eux, à moins de quinze mètres d'Elizabeth qui fixée sur son objectif pour ne pas flancher, ne s'était pas détournée. Elle avait confiance en lui, il avait confiance en elle, la symbiose opérait. Peut-être était-ce la "connexion" entre eux, l'instinct, ou seulement la chance pour un pauvre hère comme lui. Quoi qu'il en soit, ce quatrième tir affreusement risqué toucha comme il l'avait ardemment espéré, frappant sa cible non tout à fait entre les deux yeux car il perçait l'oeil qui éclatait avec dégoût, mais en bousillant bel et bien le cerveau car la créature s'effondra. Elle tomba de coté et tenta dans sa mort définitive de faire barrage à Elizabeth, qui l'enjamba d'un léger saut. James en fit de même et il soupira dans sa course. Qu'aurait-il fait si les choses s'étaient passé autrement ? S'il n'avait pas tenu sa promesse en ratant ce coup-ci également.

Les autres n'étaient pas neutralisés et les suivaient, d'autres plus loin étaient attirés par les râles des uns, comme une chaîne de machines qui, parcourues d'une décharge électrique, s'activaient les unes après les autres rien que pour eux. Mais ils finirent par y arriver, à ces voitures. La tour n'était pas ouverte, et leur épargnait le vrai danger de la masse de monstres qui y était enfermée. Une chance encore une fois, à croire qu'ils survivront peut-être à cette escapade finalement. Cela dit ni lui ni elle n'étaient d'humeur à forcer le destin en faisant durer le suspense plus longtemps et chacun de son coté, ils se mirent à explorer les voitures, ouvrant les portières, tentant de trouver des clés, en vain. Une voiture, deux, puis trois. Les monstres approchaient.

« Bon sang ! » Lâcha le chirurgien de colère.

Alors qu'il faisait le tour d'une voiture inutile pour approcher de la quatrième, il s'arrêta brusquement en retenant son souffle, émettant involontairement un son de stupeur en levant son arme : un corps gisait au sol, celui d'un rôdeur, mort-mort pour le coup. Il expira en posant la main sur le coeur, ayant frôlé l'attaque et ne tarda pas à observer l'arrivée imminente des quelques créatures qui les avaient suivi. Il approcha d'une voiture, une Cadillac Escalade ESV, dont il ne savait lui-même pas grand chose si ce n'était qu'il s'agissait d'une Cadillac. Il n'avait jamais été très intéressé par les voitures au point de retenir les noms des modèles. Autrefois son avis se résumait à "tant que ça roule et qu'elle est présentable", aujourd'hui c'était plutôt "tant que ça roule" uniquement.
Il fouilla l'intérieur, boite à gants, pare-soleil, rien. Il tapa du poing sur le siège, ça sentait vraiment mauvais. S'accordant un instant de réflexion alors qu'Elizabeth essayait en vain un autre véhicule, il eut une idée saugrenue : il tourna la tête vers le rôdeur gisant à terre. Et là, l'idée parue encore plus saugrenue, mais il n'y avait rien à perdre en l'occurrence, tout à gagner. Il s'approcha en trombe, hésita une seconde en s'accroupissant puis se décida sans attendre à fouiller les poches de la victime de ce monde saugrenu. La chemise, rien. Quelle odeur répugnante. La veste, rien. Il était mal, très mal d'être aussi près de ce cadavre pourrissant, plus qu'il ne le devrait, à la vue de ces cheveux restants à l'aspect de paillasse et de ces yeux manquants. Le pantalon, rien... ou presque. Dans l'une d'elle, un porte-feuille et un trousseau de clés.

Il aurait embrassé ce pauvre type s'il n'était pas ainsi décédé, desséché. Il se promit en son fort intérieur, qu'une fois revenu à la sécurité du camp avec sa tendre, il s'intéresserait à tout document pouvant l'identifier pour se souvenir du nom de cet homme qui était mort dans la douleur hier, pour peut-être leur sauver la vie aujourd'hui. Il restait toujours à essayer les clés. Il se redressa en fourrant le porte-feuille dans sa poche intérieure droite et se mit sur le siège. Le temps d'enfoncer la clé, il tourna le contact.

La voiture démarra.

Enfin, après toutes ces galères, le ciel était enfin en leur faveur. Ne pouvant retenir un sourire de soulagement, il sortit rapidement en enclenchant l'ouverture du coffre et couru à l'arrière en interpellant Elizabeth qui peinait avec une énième carcasse métallique.

« Ici ! Fonce ! »

Le temps qu'elle le rejoigne pour remplir le coffre de leurs affaires, il avança vers l'angle de la voiture voisine pour avoir vue sur les monstres qui n'étaient plus qu'à quelques mètres. Il devait tenter le tout pour le tout : il tira, sans interruption, pas moins de huit fois avec son P226 dont il arrivait toujours à encaisser le recul, c'était déjà ça. Une arme fiable, militaire, précise, facile à manier. Au cours de ces huit détonations hurlantes à travers l'aéroport à qui voulait bien l'entendre, ces huit chances de gagner du temps, il vit trois cadavres, quatre peut-être mais il en doutait, tomber au sol pour ne plus bouger. Elizabeth lui intimait d'une voix sous pression de grimper et il recula, tira un dernier coup et fonça coté passager pour grimper et fermer la portière, tandis qu'Elizabeth démarrait.

Le temps qu'elle projette cette bête de métal vers l'avant, il eut le temps d'entendre quelques rôdeurs se jeter et frapper contre les vitres de la voiture. Un instant plus tard, ils partaient à toute allure, vers le camp, vers le groupe munis de leurs affaires, mais aussi d'un tas de vêtements et de produits ménagers, ainsi que d'un Remington model 870 "Wingmaster". Une arme que James avait bien connu, qui lui irait certainement pour la suite de leur survie. Il partaient vers une nouvelle chance de s'en sortir, et en même temps, une nouvelle chance de souffrir.

Car s'ils revenaient, Ivy elle, ne reviendra pas.

Fin du jeu.

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 27 Nov - 0:47


Excursion Validée

Récompense(s) :


L'équipe bénéficie de trouvailles : Un talkie-walkie, une Console technologique, un Kit de chirurgie avancé, un Heckler & Koch VP70, des Composés chimiques et naturels divers, du Tabac et/ou Briquet.

Elizabeth obtient en objet rare une Cadillac Escalade ESV.
James obtient en objet rare un Remington model 870 "Wingmaster".

Conséquence(s) :
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Vous avez consommé :
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Les Scénaristes
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