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[CFJ, C, 3] Finir en pièces - 27/01/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 14 Aoû - 19:08
Interprété par Takashi Kuribayashi et Ivy Lockhart.

Après une longue nuit passée à continuer de désosser le camion autant que je le pouvais, je finissais par émerger lentement d’un sommeil lourd. Un réveil compliqué d’ailleurs, au terme du quel je plissais mes paupières sur mes prunelles encore collantes pour essayer de me rappeler où je me trouvais, parvenant finalement à me souvenir que je m’étais assoupie dans la remorque du camion, le dos calé contre le tablier. Une mauvaise idée que les courbatures qui m’assaillaient désormais me faisaient regretter. J’étais incapable de me souvenir à quel moment le sommeil m’avait gagné d’ailleurs. Je portais mon regard sur les multiples pièces détachées que j’avais abritées à l’intérieur de la remorque qui s’étalaient à mes pieds, disposées dans un ordre très précis, un arrangement issu de ma seule logique toute personnelle et subjective, en espérant que personne n’ait l’idée de venir y foutre le souk. De toute façon, je savais d’expérience que j’incendierai copieusement celui ou celle qui aurait l’audace de le faire.

Au terme d’un long bâillement, je me décidais à me relever lentement, prenant appui sur la tôle du tablier pour m’aider avant de commencer à me diriger vers les portes de la remorque, posant les pieds avec précaution entre les pièces détachées pour ne marcher sur aucune d’entre elles, puis je sautais finalement à bas du poids-lourd avec une seule idée en tête aujourd’hui : partir en excursion pour trouver des pièces de rechanges pour le camion. Même si pour l’instant, il s’agissait surtout de trouver quelqu’un pour m’accompagner. Bien évidemment, je pensais en premier lieu à Samuel, mais après mes exactions de l’avant-veille, je doutais que le Canadien accepte de m’accompagner cette fois-ci. Et puis je devais bien avouer que je n’avais toujours pas digéré son intervention entre Ricky et moi l’autre soir. Je détestais toujours autant que l’on me force la main. C’est donc partagée entre culpabilité et rancune que je me mettais en quête d’un compagnon de route.

Dans un premier temps, je me dirigeai vers ma tente, espérant y trouver Liz’, d’une part pour l’inviter à m’accompagner et d’autre part pour la rassurer sur mon absence nocturne, histoire de ne pas l’affoler, l’informer que je n’avais pas foutu le camp en douce comme d’autres auparavant. Mais je découvris non sans surprise une tente vide. D’un regard circulaire, je me mis en quête de la jeune femme afin d’essayer de la trouver, sans y parvenir. D’ailleurs, je remarquais que pas mal de gens n’étaient plus là. Je sentis une boule me nouer le ventre en pensant qu’ils avaient peut-être foutu le camp sans moi, pensant que j’avais moi-même mis les voiles comme je l’avais laissé entendre lors de notre dispute. *Putain, putain, putain… Déconne pas Ivy… Déconne pas…*

Finalement, je trouvais du regard l’un des derniers arrivés non loin de moi : l’asiatique au prénom imprononçable et à l’accent indigeste. J’espérais qu’il puisse me renseigner sur ce qu’il était advenu des autres alors que l’inquiétude me gagnait à leur sujet et ne faisait qu’accentuer ma mauvaise humeur matinale. Je l’abordais donc d’un simple geste de la main, le visage renfrogné, ayant du mal à lui offrir plus qu’un sourire sonnant relativement faux et forcé tout de même.

“Salut. Ça te dirait de venir en ville avec moi ? J’ai besoin de trouver des pièces de rechange pour remettre le camion en état de rouler, mais j’vais avoir du mal à tout charrier toute seule.”

Takashi Kuribayashi

Anonymous
Invité
Sam 15 Aoû - 23:49
Même en restant souvent au campement et étant, entre guillemets, dans le secret des dieux ; le pauvre Takashi n’avait strictement rien compris à ce qui s’était passé dans le camp ces derniers jours… Une chose était cependant certaine, les choses et les gens se barraient à une vitesse affolante et remettait en question la survie à court terme de ce petit campement de survivants…
C’était dommage mais Takashi n’était peut-être pas le plus affecté par ces évènements… A vrai dire au-delà de l’impact émotionnel de cette décomposition, il voyait surtout le risque que cela leur faisait courir d’être à la merci des zombies et donc de la nécessité d’instaurer un plan de survie le plus rapidement possible… L’homme est un animal sociable comme le disait les philosophes Grecs, et cet animal social avait plus que jamais besoin de ses semblables pour survivre contre ses anciens semblables qui voulaient maintenant les dévorer tout cru à tous instants.
Mais dans le même temps, plus le temps passait et plus Takashi se demandait si cela valait vraiment le coup de continuer… Après tout quel espoir avaient ils maintenant dans ce monde , L’humanité était certainement condamnée à une mort lente et douloureuse et la seule destinée qui attendait ses survivants était de s’entredéchirer pour les dernières miettes de l’ancien monde, les dernières rations de nourriture, de munitions ou de médicaments afin de prolonger de quelques jours encore leur misérable survie… Pour qu’une espèce survive, il faut qu’elle soit dans un monde équitable… A l’époque des premiers hommes, la nature complète ne s’était pas dressée contre eux… Aujourd’hui tout était hostile à l’être humain, plus rien ne pouvait être construit faute de danger omniprésent et la seule chose qui gardait les humains de l’extinction c’est certainement leur technologie avancée, dépendante de l’électricité et condamnée à mourir dans les années, voir les mois à venir et les renvoyer à l’âge de pierre, les jetant de ce fait dans un combat perdu d’avance…

Non, au final les choses ne valaient peut-être pas le coup… C’est sur cette maxime pessimiste que Takashi mit fin à sa réflexion quand l’une des rares survivantes encore présente au camp lui demanda de l’accompagner. Sans hésiter, il sauta du capot sur lequel il était assis et se dirigea vers elle.

- Pas de problème. Où on va ?
Les traces de cet horrible accent Japonais qui n’avait jamais été le sien étaient encore présentes mais avait fortement diminué pour être remplacé par l’accent lent et lancinant des locaux Texans, quelque chose qui était déjà plus logique étant donné son origine géographique (et non pas ethnique).
Le jeune asiatique accompagna donc cette demoiselle qu’il ne connaissait pas jusqu’à l’inventaire de la base et s’arma avec n’importe qu’elle arme qu’on daignait lui accorder, de corps à corps ou à feu (ou aux poings si on ne lui filait rien !).
Une fois préparé, il s’avança vers la demoiselle et lui tendit sa main accompagnée d’un franc sourire.

- J’m’appelle Takashi. Et toi ?

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 16 Aoû - 16:44
Je regardais le jeune asiatique sauter à bas du capot d’un des véhicules sur lequel il était assis, haussant légèrement les sourcils d’étonnement en constatant avec quel entrain il avait accepté ma proposition, trouvant même son absence d’interrogation ou d’une quelconque méfiance encore plus surprenante. Visiblement, il n’avait jamais entendu parler de mon “courage légendaire” sur le terrain. Ou alors était-il lui aussi à ce point désespéré qu’il ne s’inquiétait même pas de savoir avec qui il partait, ni quels risques il prenait en acceptant. D’un autre côté, je me fis la réflexion que Samuel non plus n’avait guère hésité à m’accompagner hors du camp, quand bien même il savait à quoi s’attendre. La différence, c’est que je savais Samuel capable de se défendre de lui-même ; là où j’étais plongée dans l’ignorance la plus complète en ce qui concernait Takashi. De ce que j’avais cru comprendre, il était déjà parti en excursion avec Liz’ et le type qui avait mis les voiles hier et en étaient revenus entiers. Il y avait donc un certain optimisme - très relatif - à intégrer à cette équation.

Je lui emboîtais le pas alors qu’il se dirigeait vers la caravane du campement, probablement avec l’espoir de s’y équiper. Un espoir que je décidais de rapidement tuer dans l’œuf en accélérant ma foulée pour le devancer et plaquer ma main droite sur la porte de la caravane, secouant légèrement la tête.

“Désolée, mais plus rien ne sort des réserves du campement tant qu’on a pas décidé quoi faire de notre avenir, ni de comment répartir tout ça. Ya trop de gens qui se sont tirés en douce dernièrement. J’espère que t’as gardé de quoi t’défendre dans tes poches…” Et comme pour appuyer mes propos, je lui montrais le couteau de cuisine que je gardais glissé à la ceinture de mon pantalon de travail, avant de reprendre, d’un ton moins dur et plus pédagogue.

“Le prends pas mal… Ça n’a rien de personnel, mais la communauté passe avant tout, et j’te connais pas suffisamment pour te faire confiance. Pour l’instant…” conclus-je avec un très mince sourire, espérant lui montrer que j’étais malgré tout prête à faire un pas en avant dans la construction d’une relation plus coopérative, de confiance et d’entraide.

“M’appelle Ivy,” finis-je par me présenter, en réponse à la démarche de l’asiatique à l’accent vraiment étrange, nuancé d’un simili-texan avec un je-ne-savais-trop quoi d’exotique. Je lui rendis sa poignée de main avec un léger entrain et un mince sourire.

Les présentations faites et nos préparatifs inexistants achevés, je commençais à me diriger vers la sortie du campement, gardant le panneau du motel en ligne de mire, marquant l’extrémité du mur de véhicules. C’est à ce moment d’ailleurs que je me rendis compte que j’avais totalement omis de répondre à l’une des questions de mon compagnon de route de la journée ; à savoir notre destination.

“Je pensais m’aventurer plus loin en ville, dans le secteur C, là où vous êtes déjà allés avec Elizabeth. Elle a mentionné la présence d’une station-service où je pourrais peut-être trouver quelques pièces de rechanges. Au pire, ça me permettra toujours de repérer quelques carcasses de véhicules, voir si ya moyen d’en tirer quelque chose d’utile. Puis d’après elle, vous avez laissé quelques trucs sur place, dans le magasin de chasse. Mieux vaut les récupérer avant que d’autres ne le fassent.” Je marquais une pause, dans dans mes propos que dans ma progression, me tournant vers Takashi, le dévisageant avec une moue légèrement contrariée.

“Par contre, vu que Clark et Ricky se sont tirés avec la bagnole, on va devoir marcher jusque là-bas. J’ai pas besoin d’te dire d’être prudent, mais la route qui mène à Snyder…” Je désignais du doigt la langue de bitume qui longeait le campement par l’Ouest. “...s’avère être particulièrement dangereuse. Ya pas mal de relief qui nous masque la vue à certains endroits, et certains d’entre nous ont eu de mauvaises surprises. Si t’es prêt, on peut y aller,” lui lançai-je finalement en resserrant les lanières de mon sac à dos autour de mes épaules.

Takashi Kuribayashi

Anonymous
Invité
Mar 18 Aoû - 23:08
Descendant du capot avec entrain au vu de la promesse d’aller faire autre chose que de juste se tourner les pouces, Takashi s’était peut-être montré un peu trop enthousiaste aux yeux de Ivy et les mimiques de cette dernière eurent tôt fait de trahir son état d’esprit envers le nouveau venu qu’il était.
D’un côté, Takashi comprenait cette réaction car au vu des récents évènements, il semblait difficile d’accorder sa confiance à qui que ce soit et tout particulièrement  quelqu’un comme lui qui venait tout juste d’arriver. D’un autre côté, Takashi n’acceptait pas pour autant d’être victime d’une telle méfiance car au vu de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous, ils seraient bientôt tous dans la tombe s’ils se tiraient dans les pattes, les trahis comme les traîtres.

A ce titre, le jeune asiatique fronça les sourcils d’un air grave quand Ivy lui barra le passage de l’armurerie et il ne tarda pas à s’offusquer, néanmoins retenu par son self-control et le fait qu’elle-même ne se réservait pas une part de lion étant donné qu’elle ne s’armait que d’un couteau.

- Heu… Je comprends, que vous vouliez pas balancer des armes et tout, surtout à des nouveaux comme moi ok… Mais là je suis à mains nues, je me bat pas contre des zombies à mains nues c’est hors de question ! J’veux au moins une barre de fer ou un couteau comme toi.

En disant cela, il porta tout de même son regard sur les alentours et essaya de repérer un objet qui correspondrait à la description qu’il venait de donner. Takashi n’était pas exigeant mais il voulait au moins de quoi se défendre… Surtout lorsqu’il entendit de la part d’Ivy qu’elle était leur destination. Il ne put réprimer un hoquet de surprise à l’évocation de cet endroit et secoua la tête d’un air peu assuré.
- Raison de plus pour ne pas y aller désarmés ! La dernière fois que j’y ai mis les pieds, la zone était infestée de Z.
Le jeune homme laissa alors un sourire se dessiner sur son visage.
- Par contre ça dégueulait aussi de loot… Certainement un bon endroit à fouiller, même pour autre chose que des pièces de voiture.
Au final, Takashi avait retrouvé son enthousiasme et dès qu’il aurait remis les mains sur une arme potable (en l’occurrence un pied de table qu'il trouva par terre et dont la forme lui faisait bien penser à une Batte de Baseball) il se mettrait en route à la suite d’Ivy, couvrant ses arrières de manière attentive.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 20 Aoû - 18:14
Comme je m’y étais attendue, l’asiatique ne comptait pas s’en laisser compter ni partir en exploration sans arme. Une réaction tout à fait compréhensible, d’autant plus qu’il me précisait que la zone où je comptais l’emmener regorgeait d’infectés. Nous avions cependant un avantage par rapport à sa dernière sortie : celui de ne pas s’y pointer en véhicule, et donc de jouer d’autant plus la carte de la discrétion et du silence. Je dévisageai Takashi durant quelques secondes, me mordant l’intérieur de la joue, puis roulai des yeux avant de prendre le couteau glissé à ma ceinture et le lui tendre, tenant la lame avec précaution entre mes doigts, alors qu’il était manifestement à la recherche d’une arme de fortune.

“C’est du bois pour le feu que t’es en train d’embarquer là… Prends mon couteau plutôt… J’suis pas vraiment douée avec ce genre de trucs de toute façon.”

J’insistais d’ailleurs en lui tendant l’arme blanche, l’invitant à reposer le morceau de bois là où il l’avait trouvé, appuyant ma demande d’un regard légèrement courroucé.

“Mais tu vas être garant de la préservation de nos deux culs. S’il m’arrive quelque chose, tu régleras ça avec ta conscience ; et les autres…”

Lorsqu’il aurait pris le couteau, je me mettrais finalement en route, l’estomac noué d’un léger malaise à ne plus ressentir le métal de mon arme auprès de moi. Je fronçais très légèrement les sourcils en me demandant depuis combien de temps mon esprit s’était accoutumé à l’idée de porter une arme en permanence, et surtout pourquoi je ressentais une telle gêne, à la limite de l’impudeur, de ne plus en avoir alors que je détestais toujours autant le recours à la violence. La crainte du danger ? La perspective que, comme d’habitude, cette excursion allait partir en vrille ? Le fait de laisser ma sécurité entre les mains d’un parfait inconnu ? Probablement un ensemble…

Je jetais un rapide coup d’oeil vers le Soleil, plissant les paupières face au bref éblouissement, afin d’estimer l’heure qu’il était, puis laissais mon regard se porter vers le Nord-Est et la silhouette fantomatique de Snyder se détachant à l’horizon, précédant mes pas.


* * * * *

J’avais tâché de conduire mon compagnon d’aventure au travers des plaines ceignant la périphérie de la ville, gardant malgré tout un visuel sur la route principale qui menait droit vers elle, profitant de rares couverts ouverts par des buissons rachitiques ou des reliefs du terrain pour dissimuler notre progression à un éventuel observateur, sans certitude cependant d’y parvenir vraiment efficacement. Je tentais surtout de reproduire le schéma de progression que Samuel m’avait montré lors de notre précédente excursion, essayant de repérer les infectés qui pouvaient se dresser sur notre route et ainsi mieux anticiper leur contournement.

Au loin, vers le Nord-Ouest, je pouvais apercevoir la silhouette des hangars de l’aéroport, tandis que se dressaient droit face à nous, les premiers quartiers de banlieues véritablement plus denses de la ville ; ce que j’imaginais être le Quartier 1 sur le découpage du Secteur C. Le léger vent qui balayait la bordure de la ville ne manquait d’ailleurs de ramener vers mes narines l’odeur putride des miasmes de décomposition des principaux occupants de la ville, accompagnés d’un silence lourd, à peine déchiré de manière sporadique par les croassements de quelques corbeaux, ou les râles des rôdeurs les plus proches.

De mon point de vue, la ville semblait calme, tout semblait si paisible en fait. Une impression que je savais trompeuse. La Mort nous guettait toujours en silence, ne s’annonçant et ne se dévoilant qu’au dernier moment, pour nous faucher sans état d’âme. Prise d’un réflexe inexplicable, je ne pus m’empêcher de m’accroupir derrière un épais buisson dépourvu de feuillage, dont les branchages décharnés semblaient former une toile d’araignée déstructurées, prête à se saisir de la moindre proie passant par là. Putain mais d’où me venaient toutes ces comparaisons morbides ? C’était juste un con d’arbuste et des abrutis de piafs.

Je lâchais un bref soupir, puis glissais un regard vers mon compagnon alors que nous étions à l’orée de la ville, prêts à sauter dans la gueule d’un loup vorace, à l’appétit insatiable et la détermination inébranlable. Je focalisais ensuite mon attention sur l’avenue la plus large qui contournait puis s’enfonçait droit au sein du quartier résidentiel, devant logiquement nous conduire vers le Quartier 3 d’ores et déjà exploré par Liz’, Taka et l’autre brun. Je désignai la route de mon index droit pointé droit sur elle, lorgnant de nouveau sur l’asiatique.

“J’suis jamais venue aussi loin, contrairement à toi. A toi de me dire si vaut mieux qu’on fonce à travers ou si on tente un contournement plus discret. Quoi qu’il en soit, j’te laisse ouvrir la marche.”

Takashi Kuribayashi

Anonymous
Invité
Jeu 20 Aoû - 22:51
Quand Ivy prévînt le jeune asiatique que ce qu’il était en train d’emporter s’avèrerait probablement useless, il ne passa pas loin de lui rétorquer que c’était toujours mieux que les mains nues et seule la proposition de d’Ivy de prendre son couteau lui fit considérer la possibilité de se débarrasser de ce morceau de bois. Le fait de débarrasser Ivy de son arme gêna Takashi mais le jeune homme chassa rapidement sa culpabilité à l’idée de lui montrer de quoi il était capable (c'est-à-dire pas grand-chose mais sur un malentendu il pouvait peut-être se montrer digne de ce couteau !). Il hocha alors la tête et déclara l’air confiant.
- Aucun souci, compte sur moi.
L’idée ensuite évoquer de devoir faire avec sa conscience s’il la perdait fit perdre un peu de sa superbe à son sourire mais il ne laissa pas pour autant sa motivation  s’évanouir et la réaffirma.
- Ne t’en fais pas, je te protègerais. On y va ?
Demanda-t-il comme un enfant demandant à ses parents s’ils se mettaient ou non en route pour Disneyland. Du coup puisque la demoiselle ne voulait pas de son fantastique pied de chaise, Takashi le replaça là où il l’avait trouvé et les deux nouveaux compères pourraient donc se lancer à la découverte de l’inconnu et possiblement de la fortune ! Ou d’une mort douloureuse aussi… Ça dépend.

*******

C’est après une bonne trotte que les deux compères finirent par arrivé au lieu qu’ils avaient décidé de fouiller en ce jour. Peu de zombies sur le chemin et des déplacements silencieux avaient permis aux deux compères d’économiser la lame de leur couteau de combat.
Après tout de même plusieurs dizaines de minutes de marche et la nécessité de constamment se faire discrets, l’enthousiasme de Takashi avait peu à peu diminué alors qu’il réalisait en temps réel à quel point leur vie était fragile ici : ils étaient totalement isolés avec une seule arme pour deux et potentiellement entourés d’une horde de créatures hostiles qui chercheraient à les transformer en sushi dès qu’ils bougeraient.
Non… Décidément la situation n’était pas idéale… Ceci étant elle allait s’améliorer d’ici peu alors que le jeune homme se gratta nonchalamment la jambe et fronça les sourcils en sentant un objet si longtemps resté dans sa poche qu’il avait oublié jusqu’à son existence. Amusé de sa bêtise même si ça devait le faire passer pour un complet idiot, le jeune homme tendit le couteau à Ivy en extirpant de sa poche un tournevis cruciforme.

- Tu vas me détester… J’avais complètement oublié que j’avais ce truc dans ma poche.
Avec un peu de rouge aux joues, le jeune asiatique rendit donc son couteau à Ivy et s’accroupit avec elle pour planifier la suite des opérations. Il ne l’interrompit pas quand elle proposa les deux options mais l’une d’entre elles le fit clairement grimacer.
- Foncer ? No way, oublie ça… Si on avait une voiture pour repartir vite je dis pas, mais là c’est juste pas possible. Faut qu’on tente l’infiltration. Au pire ou se tirera en courant si on alerte des Zombies mais autant que faire se peut, il faut éviter d’attirer leur attention… D’autant que si on va toujours au magasin de chasse, on aura qu’à se baisser pour récupérer ce qu’on a laissé le dernier coup. Avec un peu de chance, ce sera rapide et pas dangereux… Avec de la chance.
Dit-il avec un sourire aussi rassurant que possible.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 23 Aoû - 20:58
Je lançais un regard blasé à l’asiatique alors qu’il me rendait mon couteau, ayant étrangement retrouvé un tournevis dans le fond de ses poches, puis secouais lentement la tête en récupérant mon arme, mon malaise de me savoir désarmée s’atténuant fortement au moment où je sentais mes doigts se resserrer autour du manche du couteau.

“J’vais pas t'détester pour ça… Mais c’est en bonne voie si tu commences comme ça,” lui soufflai-je d’un ton légèrement agacé en gardant l’arme en main alors qu’il m’indiquait très clairement qu’il valait mieux progresser avec prudence et discrétion. Si Takashi était étourdi voire maladroit, au moins n’était-il pas totalement inconscient. D’un hochement de tête affirmatif, je plissais les paupières derrière les carreaux de mes lunettes en me passant la langue sur les lèvres, en proie à mes réflexions.

“Okay,” finis-je par reprendre en désignant la première rangée d’habitations qui nous faisaient face de ma main libre. “On trace au moins jusqu’à l’angle de cette baraque-là, puis on la contourne par la petite allée qui est en parallèle de l’avenue principale jusqu’à atteindre la station-service à l’autre bout. Et oui, je compte toujours faire une escale par ton magasin de chasse, voir si j’trouve pas une corde d’arbalète pour Melody en plus du reste. Mais ma priorité reste de trouver des pièces détachées pour pouvoir réparer le camion.” Je marquais une pause en tournant à nouveau mon attention sur Takashi.

“Dernier point. Oublie la chance…”

Sur cette dernière remarque, je me redressais de derrière le buisson, les genoux pliés et le buste en avant pour entamer la traversée de la langue de bitume craquelé qui nous séparait de la maison que j’avais désigné, regardant à droite et à gauche afin de vérifier qu’aucun rôdeur ne soit susceptible de nous repérer lors de notre traversée à découvert, ainsi qu’un regard en arrière pour m’assurer que l’homme me filer au train. C’était vraiment pas le moment de se retrouver séparés, d’autant que nous n’avions aucun moyen de communiquer à distance autrement qu’en gueulant. Et il était hors de question que je hausse le ton dans un endroit pareil…

La traversée se déroula sans encombre, aucun rôdeur ne se dressant sur notre route ni se dessinant dans mon champ de vision alors que je parvenais à hauteur de la palissade aux planches fracassées qui marquait la délimitation du jardin de la première baraque du quartier.

Je me faufilais au-travers de celle-ci par un large interstice où plusieurs planches manquaient, visiblement défoncées, notant mentalement que démonter une palissade de ce type pourrait nous donner pas mal de bois et de matériaux de constructions pour barricader ou consolider une installation existante. Parvenue dans le jardin, je me retrouvais avec des herbes hautes jaunies et asséchées jusqu’aux chevilles, mais n’apercevais toujours aucun infecté dans les environs. Je prenais donc le temps d’inspecter l’extérieur de la maison du regard. Une grande maison de banlieue, aux vitres cassées pour la plupart, dont les lambris avaient accusés le coup des intempéries et des violences consécutives à l’épidémie. Deux arbres marquaient les angles du jardin clôturé, projetant leurs ombres blafardes par-dessus quelques buissons de haie qui, non taillés, épanchaient leurs branches dans toutes les directions.

Cette image de désolation d’un lieu de vie qui devait être paisible, joyeux et animé, m’arracha une légère grimace de dépit. Je secouais la tête avec une certaine lassitude, percevant cette scène qui allait constituer mon quotidien comme un douloureux rappel de ce que j’avais perdu. Ce que nous avions tous perdu. Autant la petite ferme du secteur A n’avait pas suscité chez moi cette impression, peut-être du fait de son isolement, peut-être parce qu’on nous y avions - enfin, Samuel y avait - abattu de nombreux rôdeurs qui pouvaient en donner une explication, qui accrochaient quelque part bien au paysage ; autant voir de mes yeux l’intégralité d’un quartier résidentiel plus dense subir le même sort marquait mon esprit d’une empreinte de désolation bien plus profonde, à deux doigts même d’être brûlante.

Je lâchai un long soupir d’une complainte que je gardais silencieuse, puis entamai ma progression dans le jardin laissé à la friche, prenant garde aussi bien à ce que je découvrais depuis les angles de la maison qu’à l’endroit où je posais les pieds. Après avoir parcouru une bonne dizaine de mètres, je ressortais de l’autre côté, jetant un regard plus qu’inquiet et suspicieux sur la porte arrière de la baraque dont le battant jaunie avait été fracassé, les rares morceaux de bois encore suspendus aux charnières laissant très clairement apparaître des traces de doigts brunâtres, à la limite du noir le plus profond. Des traces que je savais désormais reconnaître, malgré ma vision des couleurs défaillantes, comme du sang séché. Un frisson me parcourut l’échine tandis que je détournais mon regard, surtout désireuse de m’assurer qu’aucun non-mort n’allait jaillir de cette ouverture pour nous sauter dessus. repérant le portail qui donnait sur la petite allée passant derrière la maison, puis desservant les baraques voisines, je le poussais avec une lenteur affligeante, en proie à la peur et la prudence. En aucun cas je ne voulais nous voir surpris par un groupe d’infectés, ni même un seul zombie isolé. Je n’osais imaginer les regards réprobateurs et les jugements sévères des autres s’il nous arrivait quoi que ce soit, à Takashi ou moi ; sans même parler de ma propre confiance en moi, de ma capacité à me dire que je pouvais finalement m’adapter à tout ça, être suffisamment forte pour m’en sortir lors “de cette vie-là.” Un désastre quoi…

Passant la tête par l’ouverture du portail, je me chargeais de longuement observer la petite allée devant nous qui déroulait son asphalte à mes yeux sur une bonne centaine de mètres, cernée part et d’autres d’habitations de banlieues massives, entourées de jardins ou de cour, bordées de haies masquant à notre vue de potentiels dangers. Néanmoins la voie qui s’ouvrait à nous semblait dégagée, dépourvue du moindre obstacle bouffeur de chair. Je fis un signe de main à mon compagnon, l’invitant à m’emboîter le pas alors que j’entamais la remontée de cette allée, longeant les palissades et autres haies situées sur ma droite. Au bout de celle-ci, je parvenais à discerner l’enseigne de la station-service, perchée au sommet d’un mât publicitaire. Cette simple vision me regonfla légèrement le moral, alors que j’avais sous les yeux la preuve physique que nous touchions au but.

Au bout de quelques dizaines de mètres arpentés, au rythme lent de mes pas cadencés par les battements de mon coeur en proie à une angoisse profonde, je me retrouvais face à la carcasse abandonnée d’un véhicule - un break Ford - dont le flanc droit se trouvait collé contre un muret ceignant une des maisons, dont le coffre, d’un volume conséquent, se trouvait être rempli ras la gueule d’affaires visiblement entasses à la va-vite dans la perspective d’un départ précipité.

Succombant à ma curiosité et l’espoir d’y trouver des choses intéressantes : vivres, valises, armes peut-être ou même des vêtements, bref, n’importe quoi d’utile, je m’en approchais et tentais de l’ouvrir. Malheureusement, le hayon du coffre se voulait soit coincé, soit verrouillé, et je m’acharnais dessus en tirant plus fortement sur la poignée d’ouverture, secouant légèrement le véhicule au rythme de mes impulsions.

“Allez connard… Ouvre-toi…” grognai-je dans un murmure en renouvelant une nouvelle fois mon effort, sans obtenir l’effet désiré initialement. Je me sentis devenir blanche comme un linge lorsqu’au terme d’une énième secousse, l’alarme du véhicule se déclencha, brisant le silence d’un hululement aigu et répétitif qui allait sans aucun doute attirer tous les rôdeurs environnants.

Je tournais mon visage blême et coupable vers Takashi, me traits se décomposant en une moue désolée et paniquée alors que mon rythme cardiaque et ma fréquence respiratoire venaient de doubler.

“On s’tire !!” m’exclamai-je en criant assez fort pour courir le vacarme de l’alarme, désignant d’un geste du bras la station-service de nombreux mètres plus loin. J’espérais au moins pouvoir atteindre cette zone avant que tous les infectés du coin ne nous tombe dessus. Avec énormément de chance, à laquelle je ne croyais plus, l’alarme du véhicule offrirait une diversion sonore à notre fuite.

Takashi Kuribayashi

Anonymous
Invité
Mar 25 Aoû - 13:25
Le jeune garçon afficha une grimace désolée à la déclaration d’Ivy et réitéra ses excuses.
- Je suis désolé… Vraiment excuse-moi… Enfin en même temps, est-ce qu’on peut vraiment appeler ça une arme ?
Dit-il pour sa défense en ricanant, sachant quand bien même que dans le monde dans lequel ils vivaient maintenant, tout pouvait être une arme, hélas...

Les deux compagnons d’infortune continuèrent donc leur épopée jusqu’au moment où la demoiselle zyeuta sur une jolie voiture plein remplie d’affaires. Elle avait sûrement appartenu à l’une de ses pauvres âmes qui avait tenté de fuir la ville au moment où la fin du monde se déclarait mais s’était retrouvé submergé par les légions de morts. Tout ce qui restait aujourd’hui de son passage sur cette terre était donc cet amas d’objets, effets personnels issus d’un siècle de consumérisme effréné et qui, paradoxalement, étaient aujourd’hui plus précieux encore qu’ils ne l’avaient jamais étés au plus fort de la période passée.
Cependant, même si c’était tentant, le bon sens de Takashi lui dit qu’il n’était pas très sage de vouloir s’emparer de ces biens et après avoir brièvement taté la poignée de la porte pour constater qu’elle était toujours fermée, il décida de passer son chemin et ne remarqua que quelques secondes plus tard qu’Ivy était resté en arrière pour essayer de forcer l’entrée. Takashi fit volte-face et revînt vers elle d’un pas pressé et une expression de panique sur le visage.

- Arrête ! Tu vas faire du bruit, on a aucun moyen de…
L’alarme qui se déclencha à cet instant le coupa dans sa phrase et comme sa partenaire, Takashi devînt livide. Après une brève seconde de battement, la peur céda la place à la colère et la panique.
- Da fuck have you done ?! On s’arrache !
Lui cria-t-il presque dessus avant de se mettre à courir avec elle. Les deux compères coururent donc le plus vite possible mais bien vite Takashi aperçu au loin une foule de walkers se dirigeant vers eux la bave aux lèvres.

Il fit volte-face pour voir son compagnon d’infortune en mauvaise posture, courant verds la station-service avec trois zombies qu’elle ne semblait pas avoir remarqué. Takashi ne réfléchit pas une seule seconde et son instinct de survie qui lui hurlait de se barrer et la laisser faire l’appât ne parvînt pas à supplanter la voix qui lui hurlait qu’il ne pouvait pas la laisser dans ce mauvais pas. Il courut alors de direction de ces bestioles et avec un rugissement pour se donner du courage, il enfonça le tournevis dans la boîte crânienne du premier. Le coup avait été d’une rare violence et du sang coagulé vînt maculer le manche du tournevis tandis que le premier e ces mangeurs de chair s’effondrait et que les deux autres se retournaient contre lui. Le combat qui s’ensuivit fut acharné et bien qu’il dut si reprendre à plusieurs fois, Takashi réussit à mettre à terre ces deux bestioles après avoir fracassé leur occipital avec l’outil qu’il avait en sa possession.

Sans réfléchir, Takashi ouvrit la porte de la station-service et s’engouffra à l’intérieur du magasin à la suite d’Ivy avant de renverser une imposante armoire contre la porte afin de la verrouiller de manière solide. Ça avait fait du bruit mais après l’alarme, ils n’en étaient plus à ça près. Essoufflé et profitant d’un bref moment de répit bien mérité, il évacua son stress.

- Mais qu’est-ce qui t’as pris c’est pas vrai ! Forcer une voiture non mais qu’elle idée !
Tandis qu’il soufflait et que l’adrénaline retombait, Takashi sentit une douleur lui tirailler les avant-bras, une douleur lancinante qu’il avait déjà expérimenté une fois… Il releva vite les manches de son T-shirt maculé de sang et c’est à cet instant qu’il découvrit avec horreur que ce sang qui avait tâché en abondance les manches de son T-shirt maintenant déchiré n’était pas celui des zombies.
- Oh merde…
Dit-il blême en pensant aux conséquences qu’allaient avoir ces blessures sur lui dans un avenir très proche.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 26 Aoû - 13:52
Au fur et à mesure de ma course, j’entendais de plus en plus distinctement les halètements de mon souffle remplacer les hurlements de l’alarme automobile. Lançant un bref regard par-dessus mon épaule en direction de l’asiatique afin de m’informer de sa situation, je le vis à quelques mètres derrière moi alors que nous tentions de fuir les lieux. Mais c’était bien évidemment sans compter sur le boucan provoqué par la voiture - par moi - qui avait agi comme une écluse soudainement ouverte qui relâchait des flots de morts-vivants dans les rues. Où que je posai mon regard, où que je portai mon attention, je voyais des silhouettes claudicantes se mouvoir en râles rauques, de plus en plus stridents, jaillissant des jardins, d’entre les clôtures et les maisons alors que la bagnole gueulait toujours son appel au rassemblement. Je sentis mon estomac se nouer tandis que l’odeur de putréfaction se faisait désormais bien plus forte, la petite allée se remplissant peu-à-peu d’infectés grouillant se lançant à nos trousses, la plupart s’étant désintéressé du véhicule pour nous prendre en chasse.

Je stoppais ma course durant quelques secondes, regardant tout autour de moi pour chercher quelle direction mettrait le moins de ces cadavres sur notre route, lorsque qu’un violent craquement résonna sur droite, à quelques mètres de moi seulement. Un morceau de planche à la peinture blanche écaillée et au bois visiblement vermoulu venant glisser à mes pieds alors qu’un bras décharné, à la musculature épaisse et presque mise à nue venait de jaillir au-travers, accompagné d’un râle strident et rageur qui me glaça le sang. Je restais figée, tétanisée par la vue de ce membre qui en voulait à ma chair, avant de reculer de quelques pas maladroits, puis tourner les talons tandis que le zombie s’acharnait contre la palissade qui nous séparait encore.

Je sentais mon cœur sur le point d’exploser, gonflé d’adrénaline, sollicité par mes muscles avides d’un oxygène que mes poumons brûlants peinaient à fournir en quantité suffisante alors que je reprenais ma course, retrouvant en point de mire l’enseigne de la station-service à l’extrémité de l’allée. Un craquement plus sinistre encore retentit derrière moi lorsque la palissade finit par céder sous les assauts inlassables du ou des infectés. Je n’osais même pas regarder combien ils étaient, ni où ils se trouvaient, bien trop focalisée sur ma course, ma trajectoire, ma fuite en avant vers un lieu plus fermé. Je contournais les cadavres maladroits qui se dressaient sur mon chemin, réussissant à les prendre de vitesse avant qu’ils ne nous cernent par leur nombre.

Je jaillissais de l’allée et rejoignais une rue un peu plus large, plus encombrée de véhicules abandonnés aussi. Sous mes yeux se distinguait enfin la petite station-service, ses pompes et sa boutique. J’apercevais également l’enseigne du magasin de chasse décrit par Liz’, logée quelque part entre de nombreux autres bâtiments, de bas-immeubles d’habitations à quelques bureaux ou devantures de commerces complètement fracassées par le chaos des morts. Et des morts qui convergeaient en masse vers notre point d’origine, ou vers nous… Surtout vers nous. Je vis Takashi me dépasser puis se précipiter vers la boutique de la station-service et lui emboîtai le pas.

A peine la porte franchie que je l’aidais à barricader cette dernière à l’aide d’un meuble présentoir semblable à une grosse armoire, dans un vacarme assourdissant une fois de plus qui ne ferait qu’attirer encore plus de morts sur notre position. Essoufflée, le cœur au bord des lèvres, les mains appuyées sur les genoux, je récupérais de ma course durant le bref répit que nous accordait la boutique, sentant la sueur inonder mon front et rouler sur mon arête nasale malgré la température encore fraîche, lorsque Takashi commença à m’incendier, à juste titre d’ailleurs.

“Oh ta gueule hein !” commençai-je à répliquer très sèchement, laissant parler la panique et la colère qui m’animaient. “J’pensais qu’après tout ce temps... la batterie s’rait largement à plat.” Je poussais un long soupir d’effort entre deux tirades. “On a besoin d’ce matos, tu piges ? On a besoin d’ressources, d’moyens, d’bouffe… De tout !” finis-je par m’exclamer en me redressant pour avancer dans la boutique, m’éloigner de la porte et des fenêtres pour aller m’adosser contre le comptoir dévasté en me frottant le visage et le front. Je pestai intérieurement, contre l’asiatique et contre moi-même. Contre lui pour se permettre de venir me faire des reproches alors qu’il venait juste d’arriver et n’avait encore rien enduré ni vécu de notre calvaire quotidien. Contre moi-même pour avoir agi sans considération, sans faire preuve de la moindre prudence à l’égard de cette bagnole. Et maintenant, nous nous retrouvions coincés là, avec une armée de morts au cul et des perspectives d’avenir presque inexistantes. Mais comment est-ce qu’on allait se sortir de ce merdier, sans arme et sans moyen de joindre qui que ce soit ?

J’avais laissé mon regard se perdre dans la contemplation d’un porte-clé traînant au sol, en proie à mes réflexions lorsqu’un juron de Takashi m’arracha à mes pensées. Je relevais la tête vers lui pour m’enquérir de la raison de son juron, m’imaginant voir une foule de rôdeurs encercler la boutique et s’attaquer aux vitres, à la porte, aux murs même tellement ces créatures étaient stupides. Mais non, rien de tout ça - pour l’instant - sinon une image bien pire, et bien plus lourde de conséquences. En détaillant l’asiatique avec attention pour la première fois depuis notre arrivée, je pus voir ses vêtements souillés de sang coagulé, profondément noir à mes yeux, mais surtout son tee-shirt déchiré, découvrant des traces de saignements, maigres hémorragies que l’on auraient qualifié “d’écorchures superficielles” dans le monde d’avant, mais qui se voulaient aujourd’hui porteuses d’un fatalisme bien plus sombre, conduisant droit vers un destin inéluctable.

Je me sentis devenir livide. Mon coeur manqua un battement et mes jambes devinrent cotonneuses, tremblantes et incapables de me soutenir. Je me laissais lentement glisser le dos contre le comptoir jusqu’à ce que mon cul atteigne le sol, mon visage se décomposant dans une moue défaite, cruellement déchirée entre l’horreur et la culpabilité. Une culpabilité qui se mua bien rapidement en colère alors que je repensais à ce que j’avais dit à Takashi un peu plus tôt dans la matinée. ~ S’il m’arrive quelque chose, tu régleras ça avec ta conscience ; et les autres… ~ Et c’était désormais à moi que s’appliquait ma propre remarque. Moi qui voulait me montrer capable, responsable et indépendante, voilà que le type que j’avais embarqué avec moi en excursion se retrouvait blessé - griffé ou mordu quelle importance ? - et surtout condamné par le biais d’une longue agonie, à l’instar de Doug la semaine dernière.

Et dire que tout cela était de ma faute… Si j’avais pas tripoté ce coffre de voiture, si j’avais pas embarqué Takashi avec moi et mon inexpérience, dans un lieu aussi dangereux sans aucun matos pour se défendre convenablement. Je retirais mes lunettes, puis me passais la main sur le visage, le front, les cheveux, basculant ma tête en arrière alors que je sentais s’ouvrir sous mes pieds et mon cul un gouffre béant de désespoir, finissant par poser mon regard sur l’asiatique. Que devais-je faire maintenant ? Lui dire qu’il était condamné ? Le laisser dans l’ignorance ? Lui donner de faux-espoirs pour espérer qu’il m’aide à me sortir du pétrin dans lequel je nous avais mis ? Le ramener au campement en espérant que James puisse s’occuper de lui ? Après tout, son pouvoir pouvait peut-être combattre l’infection ? Putain j’en avais strictement aucune idée…

Tout ce qui me venait à l’esprit dans l’immédiat, c’était de lui passer une brasse pour s’être fait avoir. Mais d’un autre côté, je ne pouvais pas accabler un condamné d’être sur le point de mourir pour la seconde fois. Je me redressais lentement, m’aidant du comptoir comme point d’appui avant de marcher en direction de Takashi pour aller inspecter sa blessure. J’avais beau ne rien y connaître en bobologie, il fallait bien que je lui apporte un minimum de soutien pour ses dernières heures.

“Faut qu’on trouve de quoi soigner ça…” lui suggérai-je dans un murmure inquiet. J'avais décidé de jouer la carte du faux-espoir. “Quand on sera de retour au camp, James pourra t’examiner…” Je jetais des regards aux alentours, voyant par les fenêtres les non-morts avancer vers la boutique, le premier d’entre-eux venant même coller son visage à la vitrine, plaquant son nez écorché à vif et ses lèvres à moitié arrachées contre le verre, grattant à celle-ci du moignon qui avait autrefois porté sa main gauche, ses radius et cubitus crissant contre la surface lisse en translucide en y laissant une traînée sombre et poisseuse.

“Faut qu’on se casse de là avant d’être cernés,” soufflai-je à l’asiatique. rapidement mon regard balaya la boutique du regard, avisant finalement une porte indiquant “Atelier : Accès réservé au personnel”. Je désignais la porte du doigt.

“Par là !”

Takashi Kuribayashi

Anonymous
Invité
Mer 26 Aoû - 18:45
Le jeune asiatique s’accorda un moment de réflexion tandis que son esprit bouleversé examinait ses blessures tout en ayant en tête les visions de ses zombies assoiffés de chair et de sang, se disant qu’il allait peut-être bientôt rejoindre cette horde affamée… Cette simple pensée lui fit venir les larmes aux yeux mais il n’eut pas vraiment le temps de s’apitoyer sur son sort puisque le tambourinage des zombies sur la porte de la station-service lui rappela bien que pour le moment il n’était pas encore des leurs et ils avaient toujours autant envie de le croquer.

Refocalisé sur sa survie, Takashi ignora l’état émotionnel dans lequel se trouvait Ivy et commença à examiner leurs possibilités de sorties quand cette dernière lui déclara un peu naïvement qu’ils devaient rentrer au camp pour s’occuper de lui. Le prenait-elle pour un con ou était-elle véritablement désemparée face à ce qui venait de se passer, voir dans le déni ? Quoi qu’il en soit Takashi n’hésita pas à lui rappeler la réalité dans laquelle ils vivaient.

- Ca ne se soigne pas… Tu le sais aussi bien que moi…
Et d’ajouter après un long soupir, abdiquant déja.
- On va rentrer au campement et après… On avisera.
En réalité, même si aviser était peut-être la chose à faire, Takashi n’en avait aucune envie car conscient du fait que même si le privilège de la survie lui était de nouveau accordé, il devrait certainement supporter une des plus horribles agonies que l’homme n’aie jamais connu… Et si ça ne marchait pas encore ? Hors de question de revivre ça encore une fois sans même être sûr que ce serait sa survie…

En bref, le moral et la volonté de vivre de Takashi en avaient pris un sérieux coup après cet accident et la proposition d’Ivy de passer par l’arrière-boutique ne fut accueillie que par un « oui oui » distrait de la part de l’asiatique. Cependant Takashi n’avait pas oublié pour autant son instinct de préservation des autres et c’est pour cela qu’il retînt vite Ivy par le bras et lui proposa de passer devant.

- De toute façon, je risque pas grand-chose de plus maintenant…
Dit-il en prenant en main son tournevis encore maculé de sang noir. Prenant donc la tête de l’expédition, le jeune Takashi fit un bref tour des pièces et découvrit dans l’une d’elles un zombie en si piteux état que ç’aurait presque été drôle si ce n’était pas aussi pitoyable… Il l’acheva rapidement et après s’être rendu compte que cet amas de chair putréfiée en mouvance ne gardait rien de plus précieux qu’un bureau déjà retourné, il alla vers la porte de sortie de derrière et l’entrouvrit timidement afin de jeter un coup d’œil dehors.

La vision qu’il eu l’emplit d’effroi car même si les deux humains n’avaient pas étés repérés par les zombies arrivés de l’autre côté de la rue, une masse importante de chair en putréfaction errait dans la rue, l’air hagard et affamé. Le jeune asiatique referma doucement la porte et se tourna vers Ivy l’air désolé.
- Ils sont trop nombreux, pas moyen de se faufiler, il faudra courir… Et encore…
Un silence oppressant s’installa alors pendant quelques secondes avant que Takashi ne pousse un long soupir, ressemblant presque à une longue plainte et il se tourna vers Ivy, l’air désolé.
- Je vais faire diversion… Je vais… Putain… Je vais devoir les attirer ailleurs et… Toi t’attends ici, dès qu’ils sont assez loin, tu t’en vas… Te retourne pas…
La mort dans l’âme, il glissa sa main dans sa poche et se fendit d’un petit rire nerveux.
- Putain c’est pas comme ça que j’imaginais ma journée ce matin !
Dit-il en ricanant tout seul, un de ces rires nerveux qu’on pouvait avoir quand tout espoir était perdu. Il sortit de sa poche une boîte de cartouches de fusil et les tendit à Ivy.
- Tiens… Je voulais les garder  pour moi mais… Vous en aurez plus besoin que moi.
Une fois le dernier don de fait, Takashi regarda de nouveau à l’extérieur et soupira de nouveau. Il se tourna vers Ivy, les yeux ambués prêt à prononcer ses derniers mots.

- Je sais que je suis pas au camp depuis longtemps… Que je suis presque un inconnu pour vous tous mais… M’oublie pas. C’est tout ce que je te demande… Ne m’oublie pas…

Intérieurement, Takashi se doutait qu’elle allait l’oublier, comme elle avait peut-être déjà oublié des gens plus importants à ses yeux et qui étaient morts aujourd’hui, simplement le sacrifice qu’il faisait aujourd’hui, même dans les yeux d’un inconnu, cela valait peut-être au moins une petite parcelle de mémoire non ? Dans tous les cas, Takashi était maintenant prêt, et dès qu’elle lui donnerait le signal, il piquerait le sprint de sa vie… Et le dernier…
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