Haut de page
Bas de page



 

[CFJ, C, 3] Derniers espoirs - 29/01/2035
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Excursions

Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 3 Sep - 20:12
Interprété par Mark S. Logan, Samuel Freeman, Frida Rivero & Ivy Lockhart.


Le temps. La relativité. Son écoulement si particulier. Sa furieuse fuite en avant, insaisissable alors que nous baignions dans son flux au cours si calme. Quatrième dimension qui n’avait daignée se soumettre qu’aux effets de la gravitation, seule force capable d’en influencer l’intensité ; le déformant, l’accélérant ou le ralentissant au gré de la masse des corps. Plus un corps se voulait massif, plus le temps s’écoulait lentement à son approche. Et si bien évidemment, je savais qu’il était impossible de ressentir cela sur Terre, mon corps se voulait si lourd, si pesant, que le calvaire qu’il subissait semblait s’étirer vers l’éternité elle-même. Le calvaire que je vivais. Jamais je n’aurais cru me sentir si vivante d’être aux portes de la Mort. Je ressentais chaque seconde, la vivait pleinement, douloureusement, au rythme de ma respiration haletante, du sang qui battait à mes tempes dans un martèlement funeste. Mon corps luttant contre l’infection, en vain, déployant tout son arsenal immunitaire totalement inoffensif.

Je déglutissais à nouveau, avec énormément de difficulté. Je crevais de soif. La bouche pâteuse, les lèvres gercées, chaque souffle que j’inhalait ou expirait se voulait plus sec que le précédent, à la fois tranchant et étouffant. Noyée dans l’obscurité la plus complète, le silence avait fini par se faire ; les rôdeurs enfermés au-dehors ayant fini par abandonner leurs assauts morbides contre le rideau de fer pour je ne savais quelles raisons, m’abandonnant à mon sort ; leur sort en devenir. A leur image, j’avais fini par renoncer à un objectif. Je n’avais même pas trouvé la force d’essayer de quitter ce lieu sordide, à l’environnement glauque à souhait, nauséabond, putride, dont ma carcasse ranimée viendrait bientôt compléter l’oeuvre macabre que seul un monde à l’abandon comme le nôtre pouvait accoucher. L’abandon. Voilà bien un mot qui résumait l’oeuvre de ma vie. Mes vies. Abandon de mes rêves, de mes espoirs, de mes parents, de Matthew et Samuel, de Takashi et finalement de moi-même… J’avais laissé ma fierté et mon courage sur l’asphalte de ce trottoir, là où mon sort et mon destin s’étaient vus scellés d’un simple claquement de mâchoires, aussi fugace et éphémère qu’un claquement de doigts. Trop lâche pour accepter ma mort cette fois-ci, trop lâche aussi pour me la donner et abréger mes souffrances. Non… Tout ce qui m’arrivait était mérité. Je méritais d’endurer ce calvaire pour tout ce que j’avais abandonné. Un calvaire qui prendrait bientôt fin… Je pouvais la sentir approcher. Cette faim qui n’avait pas de sens, car bien qu’affamée, je n’avais pas d’appétit. Ces spasmes douloureux qui agitaient mes membres, arrachaient des tremblements et des sursauts à mes muscles douloureux, raidis et gonflés. Cette folie qui m’envahissait, me confrontait et me confortait dans ma dépravation. Bientôt, je pourrais rejoindre ceux que j’avais abandonné et leur demander pardon. Bientôt…


* * * * *

De nombreuses heures auparavant

J’ignorais combien de temps j’avais passé à m’apitoyer sur mon sort, recroquevillée sur moi-même, allongée sur le flanc droit, mon bras blessé replié contre ma poitrine. Le sommet du crâne reposant contre le sol, mes cheveux s’engluant dans ma propre gerbe, je cherchais à fuir ma douleur tout autant que mon désespoir, lesquels s’épanchaient tous deux en moi au rythme des battements de mon coeur qui s’accélérait, lentement mais sûrement ; véritable compte à rebours au terme indéfini. Et c’était bien là ce qui m’effrayait le plus : ne pas savoir combien de temps il me restait à vivre, ni combien de temps mettrait l’infection à me tuer. Déjà je pouvais ressentir des fourmillements me dévorer la main gauche, picotements désagréables accrus à l’extrémité de mes doigts.

La migraine me gagnait. Violente et sournoise, arrachant à mon front des perles de sueurs glaciales. Ma tête me paraissait extrêmement étroite, bouillante alors que ma cervelle s’échauffait déjà des miasmes contaminés qui se répandaient en moi. Et pourtant, presque paradoxalement, je sentais un grand froid saisir le reste de mon corps, s’installant de manière pernicieuse dans mes membres. L’immobilisme ? Le désespoir ? L’infection ? Je n’en savais rien. Peut-être le vide béant qui s’ouvrait en moi, l’absence d’un avenir et d’espoir qui me glaçait le sang. La peur aussi, très certainement. Plus le temps passait, plus j’avais l’impression de geler sur place. La patience n’avait jamais été mon fort, alors attendre la mort ainsi prostrée me rendait dingue. Et pourtant, je n’osais bouger. par crainte de réveiller ce mort qui me tenait compagnie, par crainte d’accentuer encore ma douleur, accélérer la propagation de cette ignominie dans mon sang.

Une nouvelle fulgurance de douleur migraineuse me vrilla le crâne, avec l’efficacité et la puissance d’un foret à pointe diamantée monté sur un marteau-perforateur, m’arrachant un véritable hurlement de douleur qui fit tendre chacun de mes muscles dans un spasme agonisant. Au terme de celle-ci, je pris une longue inspiration sanglotante, à nouveau baignée des champs magnétiques distordus qui se mouvaient dans cette chambre froide, leurs grésillements dissonants s’amplifiant à ma perception à mesure que mon mal de tronche devenait plus épidermique encore. Roulant sur le dos, sentant le bois de l’arc s’écraser contre celui-ci, je plaquais mes mains sur mes oreilles dans un réflexe aussi idiot que vain, sachant parfaitement que mon ouïe n’influait en rien ma perception de ces champs.

“TA GUEULE PUTAIN... LA FERME, LÂCHE-MOI !!” hurlai-je à m’en déchirer les cordes vocales, s’adressant à mon don comme s’il avait été une entité quelconque, puis m’agrippant les cheveux en poignées dans une grimace de douleur crispée, n’ayant au final fait qu’amplifier encore un peu plus la fournaise qui régnait sous mon crâne, et accentuer ma perception du magnétisme ambiant. D’un geste rageur, j’enlevai mes lunettes de sur mon nez et les balançai au loin. Pour ce qu’elles me serviraient désormais. J’allais crever dans le noir le plus complet, avec pour seule compagnie un autre cadavre et des carcasses de viande en décomposition. Pas besoin d’y voir clair pour être lucide.

Sauf que lucide, je ne l’étais guère plus. La réalité m’avait rattrapé et dépassé. Souillée, future âme du passé, je n’en faisais quelque part plus partie. Mon corps et mon esprit lui serviraient de défouloir pour les prochaines heures. Les prochains jours ? A me retrouver projetée ainsi hors du temps, je le sentais pourtant passer. Au point qu’une nouvelle poussée de migraine, encore plus soudaine et pénétrante que la précédente, me transperça littéralement, m’arrachant de nouvelles complaintes, de nouvelles grimaces torturées, semblant galvaniser l’appétit des rôdeurs enfermés au-dehors qui ne cessaient de s’acharner contre l’obstacle qui nous séparait. Tout autour de moi, je pouvais sentir le métal présent dans pièce s’affirmer un peu plus à mon esprit, à mes sens, miroitant dans cette obscurité comme de multiples scintillements qui ne me semblaient pas étrangers, semblables aux ciels étoilés que je n’avais de cesse de contempler depuis que j’étais môme. A l’exception près que ce ciel-ci était véritablement pauvre en astres, l’air n’était ni frais, ni pur, ni vivifiant. Une comparaison bien ténue à bien y réfléchir, mais qui m’apaisa très légèrement pour une poignée de secondes avant que je ne sombre dans une inconscience salvatrice.

* * * * *

Au moment présent

Mon esprit n’avait plus de cesse de divaguer, s’égarant entre souvenirs morbides et hallucinations folles alors que je devais goûter à mes dernières heures de calvaire. Mes dernières heures de vie. Je repensais au message radio comme j’avais émis vers le campement. Avait-il réussi à être reçu là-bas ? Quelqu’un l’avait-il eu ? Et si oui, comment avaient-ils réagi en l’entendant, ou en l’apprenant ? Est-ce qu’ils s’étaient inquiétés pour moi ? Allaient-ils venir ? Ou avaient-ils estimé que, comme Doug ou Takashi, j’étais foutue de toute façon, que le risque était bien trop grand pour un bénéfice totalement nul ? Putain… Si j’avais su, j’aurai pris le temps de leur dire à quel point je les appréciais, tous, derrière mes airs farouches et mon attitude solitaire ; et surtout à quel point ils allaient me manquer… Je ressentis même un profond regret en pensant à Samuel, me faisant la réflexion que j’aurais dû me montrer plus engageante à son égard, moins distante. Décidément, j’en avais fui des choses... Et si par le plus grand des hasards ou des miracles, une nouvelle chance m’était encore donnée d’ici à quelques mois, je me jurais de corriger toutes ces erreurs. Finalement, je ne pus retenir un petit rire nerveux d’abandon et de fatalisme, marquant mon renoncement à cet espoir totalement ubuesque.

“Ouais… Dans tes rêves ma vieille…” articulai-je faiblement en guise de conclusion.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Jeu 3 Sep - 22:13
"Dans quelle galère je suis allé me mettre, je ne pouvais pas l'écouter non. Je serais déjà à Fort Worth mais non il a fallut que je dévie la trajectoire, , tout ça parce que je voulais en trouver une."

À l'évocation de cette pensée, l'homme sent un tremblement parcourir son corps, les doigts, de sa main droite, se resserrent sur le manche de son couteau pendant qu'il plaque un peu plus fort son dos contre le mur. Ce n'est pas vraiment le moment de se focaliser là dessus alors qu'il vient d'échapper à une dizaine de zombies voulant le dévorer. Enfin en principe. Avant de se risquer à jeter un coup d'oeil dans la rue qu'il vient de quitter, l'ex mineur lève les bras devant lui et penche légèrement la tête sur le côté. C'est bien ce qu'il pensait, ses mains ont été gagnées par le tremblement, une grimace passe sur son visage. La tête appuyée contre le mur, il ferme les yeux et comme un automate aux engrenages bien huilé, il rapproche sa main droite de son poignet gauche. Détachant son pouce droit de la garde de sa lame, il écarte rapidement le bout de tissu entourant son poignet et vient enfoncer son ongle dans ses chairs, là ou la blessure se trouve, la rouvrant par la même occasion. Le sang perle et un éclair de douleur traverse son corps alors que des images de son passé défile dans sa tête, il entrouvre la bouche en une expression de douleur avant qu'un soupir de soulagement et de plaisir franchisse ses lèvres.

L'homme laisse retomber ses bras le long de son corps et reste sans bouger pendant une bonne minute, il savoure cet éphémère, et quelque peu frustrant, moment. Il sait très bien qu'il ne pourra se contenter de cela bien longtemps. Finissant par rouvrir les yeux, il décolle sa tête du mur, portant dans le même temps ses mains à sa tête pour soulever les lunettes de soudeur qui lui masque les yeux. Il a besoin de toute la lumière possible pour regarder son poignet gauche et son oeuvre le mieux possible. Il plisse les yeux, cela ira et sera facile à cacher au cas où, comme d'habitude même s'il faut qu'il pense sérieusement à changer cette bande provenant d'un vieux drap. Resserrant le bout de tissu autour de son poignet, la blessure se retrouve dissimulée.

"Le vrai problème mon vieux c'est que tu aurais du te casser de cette ville il y a deux jours déjà au lieu de t'entêter à vouloir chercher la source de cette alarme que tu as entendu ! Un zombie a du faire cela et tu le sais très bien en plus."

Il se sermonne avant de remuer la tête, il devait faire cela, il devait chercher si la source du son provenait d'un humain et ce même si il a failli y passer une bonne dizaine de fois. À croire que cette ville, Snyder, est un concentré de morts-vivants, comme toutes les villes du Texas d'ailleurs, voir des USA en entier. Ou peut-être pas, après tout Snyder n'est que la deuxième grosse ville qu'il croise depuis qu'il est sur la route.

" Et puis de toute manière Il veille sur moi."

Remit à peu près d'aplomb, l'homme remet ses lunettes de soudeur sur son nez puis il se risque à regarder, par l'angle du bâtiment, la rue qu'il a quittée il y a quelques minutes. La dizaine de zombies, qu'il pensait avoir semé à la course, sont bien là bas à quelques centaines de mètres, les charognards ont quand même réussis à prendre la bonne direction. Il reste à les regarder avancer en se traînant, même à deux à l'heure ils n'abandonnent jamais ceux là, pire que des chiens de garde. Il soupire et en revient à la rue dans laquelle il est, regardant à droite et à gauche, normalement il ne devrait plus être très loin, fichue alarme qui s'est tue l'avant veille au soir, avant qu'il est le temps de s'en approcher suffisamment. Par contre il n'a pas loupé les déplacements des zombies et s'il ne se plante pas, ils venaient de par là.

L'homme part vers sa droite, reprenant ses recherches d'un indice, d'une trace ou mieux encore d'une voix qui lui ferait comprendre qu'il ne cherche pas en vain. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, comment trouver quoi que se soit dans le merdier qu'est devenu cette ville. Cadavres de voitures en tout sens, encastrées dans des vitrines ou des façades, encastrées les unes dans les autres, voiture banale et même de la police et autres corps d'Etat. Des papiers collés au sol ou voletant dans les rues quand ce ne sont pas des tas d'ordures. Ou des traces en ocre, bordeaux et noir, taches, traînées, il y a le choix. Il poursuit sa progression le plus rapidement possible, essayant de ne pas louper un précieux indice. Il arrive à une nouvelle intersection et se stoppe avant, regardant d'abord derrière lui si les zombies n'ont pas encore débouché dans la rue, rien. De nouveau il se plaque au mur pour regarder par l'angle si la voie est libre, rien à droite, par contre à gauche il peut apercevoir des zombies semblant dormir sur place.

L'ex mineur tourne encore ainsi quelques fois à droite, à gauche, à droite etc., cette sensation de tourner en rond le reprend, et une nouvelle rue s'ouvre devant lui. Il s'enquille dedans et commence à la remonter, des immeubles, encore des immeubles, une vieille devanture de magasin fermée par un rideau de fer, un immeuble, une maison. Eh ! Il se stoppe net et retourne à la hauteur de l'ancienne boutique, c'est bien cela, c'était une boucherie avant, il hésite et fait jouer les muscles de ses épaules. Les quelques provisions, qu'il a dans son sac à dos, remuent, elles ne lui tiendront plus très longtemps et si ici c'est comme chez lui, il pourrait trouver dans cette boutique d'autres boites de conserves, du pâté, de la terrine, ce genre de trucs. Seulement faut-il qu'il puisse ouvrir le rideau de fer et ce n'est qu'en essayant qu'il le saura.

Il range son couteau à sa ceinture pour avoir les deux mains de libre et s'approche du rideau de fer avant de se baisser pour se saisir de la poignée permettant de le boucler. Il force, le rideau résiste à sa tentative, il recommence bien plus fortement et le truc daigne céder et débuter sa lente remontée en émettant un long grincement. Il grimace, vu le bruit qu'il fait, il va rameuter ces choses vers lui à tout les coups. Au lieu d'abandonner et de passer son chemin, il continu à ouvrir pour pouvoir passer dessous en se pliant simplement en deux. Chose qu'il fait aussitôt pour tomber presque nez à nez avec un bras coupé, la pénombre l'empêchant de définir s'il s'agit d'un bras humain ou du bras d'un charognard. Il arque un sourcil et une moue de dégoût passe rapidement sur son visage avant qu'il ne se redresse.

Alors que d'autres marqueraient leur présence par une quelconque parole, lui se contente de faire glisser ses lunettes sur son crane rasé de près avant de reprendre en main son couteau. S'il y a encore quelqu'un de vivant là dedans, le bruit de l'ouverture du rideau de fer aura suffit à leur faire comprendre que ce n'est pas un zombie qui a pu faire cela. Il reste sur le pas de la porte à regarder vers l'intérieur laissant son regard s'acclimater au peu de luminosité présente, être vu est une chose mais voir venir l'opposant est une obligation, si opposant il y a.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 4 Sep - 22:54
De nombreuses heures auparavant

J’émergeai de mon inconscience dans une grande inspiration, emplissant mes poumons avides d’un air sirupeux et avarié, aux relents putrides. Je m’étais redressé soudainement, comme si j’avais jailli d’un cauchemar, ce qui était par ailleurs plus ou moins lecas. Découvrant de nouveau l’obscurité qui m’enveloppait, je me retrouvais vivante une fois de plus. Les battements de mon coeur, cette migraine insoutenable qui me vrillait le crâne, la faim qui me cisaillait l’estomac et la soif qui me tirait la gorge. Toujours seule, toujours infectée, toujours pas morte. Posée sur mes fessiers, je ramenais mes pieds vers moi et croisais mes jambes en tailleur, me massant les tempes dans une grimace douloureuse, sentant mon bras gauche complètement engourdi et dévoré de fourmillements insupportables. Je le frottais de ma main libre avec acharnement, essayant d’y faire revenir quelques sensations, mordant même mon index gauche de mes dents afin d’y générer un quelconque signal de douleur.

Puis lentement, mon esprit comme mon envie furent attirés par les quelques boîtes de conserves encore intactes que j’avais découvertes près du cadavre. tendant lentement la main dans leur direction, je m’emparai de la première d’entre elle, incapable d’en déterminer la nature ou le contenu dans cette obscurité absolue, je coinçais celle-ci entre mes genoux et commençais à tenter de l’ouvrir avec l’une des pointes du tomahawk. Et si mon acharnement et ma patience finirent par venir à bout de l’opercule d’aluminium, je me souviendrais longuement à quel point cette opération s’était révélée délicate. Je plongeai mes doigts affamés à l’intérieur du contenant,, me servant de ceux-ci comme d’une cuillère de fortune pour porter la nourriture à mes lèvres. Mon goût ne mit guère de temps à identifier la nature de ce que j’ingurgitais avec avidité : des raviolis en conserve. C’était froid, gluant, dégueulasse et pourtant délicieux. Je m’empiffrais littéralement de cette maigre portion de nourriture, l’un de mes derniers repas ; sentant la sauce tomate rouler depuis les comissures de mes lèvres jusqu’à mon menton. Loin d’avoir la classe, mais aussi loin d’en avoir encore quelque chose à faire. Je me trouvais à la fois satisfaite et pathétique, et pourtant, je n’étais pas rassasiée…

Alors que je râclais le fond de la boîte, en léchais les bords, m’occasionnant quelques coupures bien sentie sur la langue et les lèvres, je ressentais un profond malaise, une tension pesante sur l’estomac ; celle d’un appétit à peine satisfait, qui n’exigeait pas tant de nourriture que de chair, saignante et palpitante. Horrifiée par cette constatation, par cette rage carnivore qui commençait déjà à m’habiter, je secouais la tête, me donnant presque la nausée. Et si je n’avais pas eu si faim, ressenti un tel besoin de me nourrir, j’aurais très probablement dégueulé ce que je venais d’ingurgiter. Au lieu de quoi, je me contentai simplement de jeter la boîte de conserve vidée dans un recoin de la chambre froide avant de lâcher un profond soupir glissant ma tête entre mes mains.

A quoi cela pouvait-il bien servir ? Manger... Boire... Dormir… Que cherchai-je donc à prouver ? A tenter ? Mon sort n’en restait pas moins scellé. J’étais déjà morte, quoi qu’il advienne… Et plus le temps s’égrainait, plus j’avais le sentiment que personne ne viendrai me chercher, ni même m’achever. J’étais une cause perdue. Je n’étais pas faite pour ce monde et ce monde venait de me rejeter. Alors pourquoi m’entêtai-je à nourrir cet espoir insensé que quelqu’un finirait par venir me sauver ; ou encore pourquoi faire durer ce calvaire plus que nécessaire ? Une nouvelle fois, je ramassai le tomahawk posé à mes côtés, prenant le manche à deux mains au prix d’un effort douloureux, puis je plaçai la lame de la hache face à mon visage. Il ne suffisait que d’un coup, précis, violent et mortel pour mettre fin à tout cela. Tuer l’espoir et moi-même dans un seul et même geste finalement salvateur. Les yeux fermés, je pouvais néanmoins ressentir le métal vibrant de cette lame que je laissais volontairement peser sur mon destin, une seule question tournant désormais dans mon esprit : aurais-je les couilles ?

* * * * *

Au moment présent

J’avais porté toute ma concentration sur ma respiration haletante et fiévreuse, essayant tant bien que mal - plutôt mal d’ailleurs - de tempérer celle-ci alors que chaque battement de mon coeur, chaque petite poussée de mon sang dans mes veines me faisait l’effet de milliers d’aiguillons courant sous ma peau. Cependant, rien n’y faisait. La maladie s’était emparée de moi ; au point que j’en devienne une part enitère. Juste une putain de boîte de Petri humaine, un bouillon de culture bouillonnant d’une fièvre inutile ; parce qu’il ne restait que ça, je ne m’identifiais plus qu’à cela : de la douleur, omniprésente et intemporelle. J’avais rejeté l’espoir, la foi,  j’avais rejeté la vie elle-même. réduite à une masse inerte d’impatience et de souffrance, j’attendais simplement ma délivrance.

Une délivrance qui sembla soudainement se manifester par le hurlement métallique du rideau de fer qui me séparait et m’isolait du monde extérieur et de ses dangers. Croyant tout d’abord à une énième hallucination de mon esprit fiévreux, je dus bien me rendre à l’évidence que quelqu’un était présent au bout de longues minutes, lorsque mon don me laissa entrevoir, au milieu de ces multiples champs entremêlés, la silhouette d’un objet de métal tenu en l’air, ayant l’apparence et la forme d’un couteau de bonne taille.

Un très maigre sourire étira mes lèvres alors qu’une pensée heureuse, presque trop belle pour être vraie en cet instant, traversa mon esprit. *Ils sont venus. Quelqu’un est venu.* Je dus rassembler tout ce qu’il me restait de force et de courage pour parvenir à tirer sur mes muscles et m’obliger à me redresser, lentement, la main droite en appui sur l’une des guibolles inertes du cadavre. A peine parvins-je à me mettre debout que je portais cette même main à mon front, grimaçant sous le nouvel assaut de cette migraine farouche et violente qui m’assaillait de nouveau, digérant visiblement très mal ce changement de position. Je titubais avec énormément de difficulté jusqu’à la porte de la chambre froide, devant m’y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à me saisir de la poignée intérieure. Un état qui n’était pas sans me rappeler quelques cuites mémorables que j’avais pu prendre auparavant, génitrices de situations rocambolesques et d’avoinées bien senties de mon paternel.

Ouvrant lentement la porte, la faisant glisser sur son rail, je quittais la chambre froide, le bras tendu droit devant moi pour aller chercher le mur opposé qui me servirait d’appui dans un souffle d’effort laborieux. Mes prunelles habituées à l’obscurité ne purent d’ailleurs supporter la maigre lueur qui semblait émaner de la boutique en elle-même et je fermais les paupièrs dans un grognement de douleur, finissant par m’adosser au mur pour me laisser glisser contre lui, ramenant mes fesses au sol. Rien que ces quelques pas m’avait éreinté au-delà de l’imaginable.

Prenant quelques inspirations saccadées, je finis par lancer un appel vers mon sauveur, d’une voix au timbre sec et éraillé.

“Sam…” articulai-je très faiblement, avant de me racler la gorge. “Sam ? C’est toi ?” Je sentis mes yeux s’imbiber de larmes de joie tourmentée. Ils étaient venus, pour me voir crever certes ; mais ils étaient venus.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 5 Sep - 14:08
L'homme reste sur le pas de la boutique plusieurs minutes, à l'écoute du moindre bruit pouvant se manifester devant lui puisqu'il ne peut compter sur son regard pour le moment. Il espère simplement ne pas se faire surprendre, à coup de fusil, par  le propriétaire des lieux, s'il est encore en vie et n'a pas fuit ou part un autre survivant isolé. Finalement, il devrait être tranquille alors qu'aucun bruit ne se fait entendre et qu'aucune silhouette ne pointe le bout de son nez, cela le rassure mais le déçoit aussi en même temps, ce qui se manifeste par un léger haussement d'épaule, il n'a plus qu'à fouiller les lieux et partir de là avant que des charognards ne se pointent.

À mesure que les secondes se sont égrenées , il a commencé à percevoir des formes dans l'obscurité et devant l'absence de mouvement, il s'est laissé aller à une inspection. Plissant les yeux, comme s'il cherchait par là à faire le point, à mieux discerner les choses. Fixant son regard sur un point précis à chaque fois, par là un vieux présentoir dont il ne saurait dire s'il est vide ou non, un espace vide qui doit mener sur l'arrière boutique, le comptoir avec une grosse forme dessus, la caisse enregistreuse ? Il ne sait pas. Puis la longue vitrine réfrigérée qui abritait autrefois les morceaux de viande, il cherche maintenant derrière la vitrine sur le mur voir s'il peut apercevoir des rayonnages sur lesquels il trouverait son bonheur. Un claquement de langue, d'agacement, résonne dans l'air alors qu'il en arrive à la conclusion qu'il va devoir fouiller les lieux du bout des doigts sans voir sur quoi il tombe. Déjà avec l'odeur ambiante, il n'ira certainement pas mettre les mains dans la vitrine qui ne doit plus être que bouillasse infecte, viande putréfiée voir grouillante d'asticots.

L'ex mineur n'a pas fait deux mètres en direction de la vitrine, non sans envoyer valser avec ses pieds un truc se trouvant au sol, qu'il se stoppe net et se tourne vers le trou béant et noir menant plus loin dans la boutique. Il a l'impression d'avoir perçut un bruit en provenance de cette direction, il raffermit sa prise sur son couteau et reste à guetter la suite des opérations, jurant en même temps après l'absence d'une lampe électrique qui lui serait bien utile là. Il n'a pas rêvé d'autres légers bruits se font entendre puis un grognement, il arque un sourcil ne comprenant pas ce qu'il entend étant donné que cela ne ressemble pas au son que les choses émettent habituellement. La réponse lui parvient par une petite voix au timbre empreint de fatigue et comme si la personne avait la gorge desséchée, saisissant malgré tout les quelques paroles prononcées, il y répond.

"Non."

Sa voix grave et rauque a laissé tomber la sentence. L'homme se retrouve un peu surpris d'entendre le son de sa propre voix, il faut dire que cela fait bien trois semaines qu'il n'a pas croisé quelqu'un de vivant, enfin vivant, et donc qu'il n'a pas eu l'occasion de parler à voix haute. Il cherche toujours à savoir qui il a en face de lui et ou la personne se trouve exactement tout en se faisant la réflexion que cela ne doit pas être un homme. Une femme ? Un enfant ? Un jeune homme à la voix encore fluette ? Il hausse les épaules, cela n'a aucune importance enfin si cela en a une mais pas pour l'instant.

"Qui est ce Sam ? Blessé ? Faim ? Soif ?"

Questions brèves certainement mais qui ont chacune leur importance pour cerner l'autre en face et savoir ou il met les pieds. Attendant les réponses, il ne fait pas un seul pas en direction de l'autre pour l'instant, non à la place, il prend le temps de se glisser derrière la vitrine et d'une main il commence à tâter ce qu'il pourra, ou non, sentir sous ses doigts. Son autre main restant fermement resserrée autour de son couteau de combat, dans une posture qui a tout du mec sur ses gardes, prêt à encaisser la moindre couille alors que sa voix elle aurait plutôt fait penser à du flegme ou de la tranquillité. Le mélange des deux donnant surtout le fait qu'il ne se précipitera dans rien de ce qu'il fera une fois les réponses obtenues.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 5 Sep - 15:06
Ou pas… Je ne reconnus pas la voix qui avait lâché ce simple “non” qui venait pourtant de tomber, m’assommant un peu plus de désespoir, mais surtout d’une soudaine angoisse. Fronçant les sourcils, je laissais ma tête basculer en arrière, le sommet de mon crâne se calant contre le mur tandis que je grimaçais une nouvelle fois. De douleur, de dépit, de trouille. Tout était si emmêlé, si dépourvu de sens. Qui était ce mec ? Comment m’avait-il trouvé ? Me cherchait-il d’ailleurs ? Je déglutis avec beaucoup de difficulté, sentant mon cœur s’emballer dans ma poitrine à mesure que la trouille me gagnait, me dévorant les tripes comme l’infection me dévorait de fièvre. Mes noisettes glissèrent lentement vers le trou noir et béant de la porte de la chambre froide, là où se trouvait mon arme, tout le matériel que j’avais déposé. Dans la précipitation de voir un visage familier et amical, poussée par ce fol espoir, j’avais complètement oublié de me munir de mon arme. Jamais je n’aurais cru qu’un inconnu ne parvienne jusqu’à ma planque, délibérément, et au moment-même où je m’y trouvais encore. A croire que le sort s’acharnait sur moi…

Extrêmement méfiante, j’attendais silencieusement que l’homme se manifeste à nouveau. Tout ce que je pouvais percevoir de lui, au-delà de sa voix, c’était la présence de sa lame qui flottait dans les airs, de l’autre côté de ce mur. Pour l’instant, il n’avait pas vraiment bougé, ni ne s’était rapproché. Impossible de savoir cependant s’il était hostile ou juste aussi méfiant que moi, ne sachant pas non plus sur quel pied danser à mon égard. L’obscurité jouait pour l’instant à mon avantage. La série de très brèves questions qu’il me posa par la suite me plongea encore plus dans mes réflexions. Qui était Sam ? En voilà une de bonne question… Un compagnon d’infortune ? Un ami ? Un chef à suivre ? Un béguin ? Un regret ?

“C’est… C’est un ami,” finis-je par répondre de ma voix éraillée, me demandant d’ailleurs pourquoi ce type s’intéressait-il plus à savoir qui était Sam plutôt que de qui étais-je, moi. Etait-il à ce point dangereux et sûr de lui pour ne pas s’inquiéter de mon hostilité potentielle ? “Quant au reste…Trois fois oui… J’meurs de soif… Entre autres.”

Je ne voulais pas l'informer de la nature de ma blessure, dès fois que dans un accès de méfiance - ou de pitié - il ne se décide à m'abattre. Je le sentais se déplacer très légèrement, sans s’approcher de ma position pour autant. Je pris une longue inspiration et fermant les yeux quelques secondes, avant de décoller mes cheveux poisseux et collants de sueur de contre le mur, poussant sur mes bras pour me redresser dans un grognement d’effort, me relevant tant bien que mal, laissant malgré tout mon épaule droite contre le mur, prenant appui sur celle-ci avant de faire quelques pas vers la porte donnant sur la boutique, m’arrêtant près du chambranle. La maigre clarté en provenance de la boutique semblait me brûler les yeux et je plissais les paupières dans un nouveau grognement, tâchant de m’habituer à ce regain de luminosité aux contours flous.

“J’suis pas hostile… et j’suis pas armée,” repris-je lentement en forçant sur ma voix et ma gorge pour hausser légèrement le ton, éclaircissant celle-ci. “Donc... si vous pouviez baisser votre arme, ce s’rait cool… J’en ai ma claque de voir le sang couler…” soufflai-je lentement en ramenant mon bras gauche contre ma poitrine, soutenu par ma main droite. “J’m’appelle Ivy…” lâchai-je finalement en guise de conclusion, signifiant par là que j’étais prête à entamer une discussion plus posée et moins tendue.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 5 Sep - 21:28
L'homme tâtonne sur une étagère, le corps pratiquement tourné vers l'autre humain présent, il se méfie néanmoins de ce qui pourrait arriver dans son dos si bien qu'il déplace ses doigts méticuleusement pour ne pas faire de bruit ou le moins possible du moins. Les réponses commencent à arriver et il cesse tout mouvement analysant les faits, une femme déjà, maintenant il en est sûr. Il ferme les yeux et prend une profonde inspiration alors qu'une de ses jambes est assaillie par un léger tremblement, son poing libre se ferme dans le même temps et il se pince les lèvres.

"Non pas maintenant, tu ne dois pas céder, tu ne dois pas lui sauter dessus, elle vient de le dire elle n'est pas forcément seule, l'autre peut débarquer d'une seconde à l'autre. Tu dois d'abord en savoir plus et puis elle dit être blessée !"

Pensée ponctuée par une sorte de grognement sortant de sa gorge et qui peut très bien passer pour un accusé réception des réponses obtenues. Il doit contrôler sa pulsion à tout prix. Reprenant ses mouvements de la main, il se dit qu'en prime il doit garder une attitude normale ainsi il recommence à tâtonner sur l'étagère, ses doigts ne rencontrant que le vide pour le moment pendant que son regard reste plus que jamais fixé vers là ou elle se trouve. Son esprit vagabondant dans ses souvenirs, il se revoit là bas en sortie non autorisée et les actes qui se sont passés à chaque fois qu'il faisait le mur. Il la perçoit bouger de nouveau sans pour autant savoir ce qu'elle peut bien faire avant de finalement apercevoir une forme puis de nouveau cette petite voix.

"Mark.

On ne s'attendrait pas à le voir glisser son couteau à la ceinture dans le même temps et pourtant il le fait. Est-ce en signe de bonne foi ou parce qu'il ne se sent aucunement en danger là ? Les deux sont possibles et plausibles. Sauf que pour lui il s'agit surtout de ne pas effrayer le petit oiseau pour pouvoir l'approcher tranquillement. Il a à peine remit son couteau en place qu'il sent enfin un objet sur l'étagère qu'il fouillait, prenant l'objet en main, il se redresse pour déplier sa carcasse, portant sa main vers la porte de la boutique et donc la source lumineuse.

Un sourire en coin passe sur son visage alors qu'il reconnait l'objet : un lampe torche ! Il lève les yeux vers le ciel, il le savait, Dieu ne l'a pas abandonné ! "Béni sois-tu Seigneur tout puissant" Comment ne pas croire à une intervention divine alors qu'il venait de maudire l'absence d'une lampe et qu'une lui tombe sous les doigts. Trouvant ensuite facilement le mode d'emploi de l'engin, il met la lampe en route et se tourne vers la jeune femme et approche d'elle de quelques mètres, gardant néanmoins une distance de sécurité. Balayant la frêle silhouette avec le rayon de la lampe, il ne peut empêcher sa langue de venir passer sur ses lèvres devant les formes féminines avant que la lumière ne se pose sur le bras gauche de la dénommée Ivy. Du sang frais, du sang coagulé, une belle bouillasse.

"Mordue ?"

Question dont le timbre de voix laisse penser que c'est à mi chemin entre une affirmation et un vrai questionnement. Et comme si  la réponse n'avait aucune importance, chose fausse bien entendu, Mark défait son sac de sur son dos avant de le poser sur le bout de comptoir devant lui. Ouvrant le sac, il en sort sa bouteille d'eau vide aux trois quarts avant de la tendre vers Ivy.

"De l'eau, buvez."

Geste qui peut surprendre mais il a déjà vu tellement de choses depuis le déclenchement de cette apocalypse, qu'il réagit en fonction de ces faits là. Ou plus simplement elle lui a dit avoir soif donc que cela soit une morsure ou une blessure, vue la tête de son bras, elle doit galérer depuis un moment.

"Vous savez ou est votre ami ?"

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 6 Sep - 13:51
J’esquissais un très mince sourire en voyant l’inconnu ranger son arme, sentant ma tension et mon appréhension légèrement se relâcher, puis opinais du chef en apprenant son prénom. C’était bien la première fois que je rencontrais un inconnu dans cette ville qui n’avait visiblement pas l’envie de me faire la peau sans raison particulière. Et dire qu’il m’avait fallu attendre d’être aux portes de la mort pour retrouver un très mince espoir en l’humanité. finalement, les choses pourraient peut-être s’améliorer pour ceux qui allaient rester. Une pensée brève, que je balayais bien vite alors que le prénommé Mark s’empressait d’en faire de même avec moi. Dans un réflexe et une grimace incommodée, j’avais porté ma main droite devant mes yeux alors que le pinceau de lumière de sa lampe-torche avait brièvement passé sur mon visage, me faisant même reculer d’un pas pour regagner l’obscurité plus dense de l’arrière-boutique dans un grognement.

Quelques secondes plus tard, je pouvais voir le rayon de lumière s’arrêter sur mon bras gauche, fixé sur ma blessure que je découvrais de mes propres yeux en même temps que lui. Et quand bien même je ne pouvais la voir nettement, je savais que ce n’était pas beau à voir. La manche de ma veste de travail avait fini par noircir du sang coagulé, et lorsque j’écartais légèrement le tissu lourd et poisseux, déchiré à l’endroit où le rôdeur avait planté ses chicots dégueulasses et souillés, au-delà d’une intense douleur qui m’arracha un gémissement en conséquence quand le tissu se décolla de mes chairs, je pus voir pour la première fois de mes propres yeux l’empreinte de la mort gravée sur mon avant-bras. Une boursouflure noirâtre, gonflée et suintante de pus ou que savais-je d’autres, brûlante, palpitante, malodorante ; autour de laquelle je pouvais voir le réseau de mes veines se dessiner à l’encre noire sous ma peau rêche aux reflets jaune-verdâtre. Lâchant un profond soupir accompagné d’une grimace de dégoût bien visible, je ramenais finalement ma main droite couvrir ma plaie puis levais mes noisettes à la vue défaillante sur la silhouette de l’homme qui me faisait face.

Un véritable colosse, qui me paraissait gigantesque. Tout en muscle, le crâne rasé, impossible pour moi d’en détailler le visage mais je me l’imaginais être à l’image de sa carrure, dur et empreint de force, peut-être de férocité. Et pourtant, son attitude à mon égard jurait avec son physique. Si j’avais pus le voir avant de le percevoir, jamais je n’aurais entrepris de l’approcher ni d’établir le moindre contact avec un monstre pareil, m’imaginant tomber sur une brute écervelée qui aurait rapidement pris l’ascendant sur moi. Au lieu de quoi, je me contentais simplement de lâcher un simple “Ouais…” d’un ton las et désabusé pour répondre à sa question. J’aurais pensé qu’en le découvrant, l’homme tournerait les talons et me laisserait à mon agonie, ou bien reprendrait son arme et s’occuperait de mon cas avant que je ne devienne une menace ; chose que je crus quelques instants lorsqu’il déposa son sac-à-dos sur le comptoir pour en sortir quelque chose. Une arme ? Allait-il me flinguer ?

Je reculais de quelques pas maladroits à nouveau, soudainement tremblante de peur plus que de fièvre, m’enfonçant un peu plus dans la pénombre jusqu’à sentir mon dos heurter le mur derrière moi, pour finalement constater qu’il n’en était rien. Je le vis me tendre un objet aux reflets bleuâtres et translucides, seule couleur que je savais percevoir comme étant juste. Une bouteille d’eau. Je me décrispais légèrement, contemplant le contenant en plastique comme s’il s’agissait du putain de Graal lui-même, avant de faire quelques pas hésitants en direction de Mark. Et si c’était un piège ? Et s’il essayait de m’amadouer pour mieux me piéger ou m’abattre par la suite ? *Oh ta gueule Ivy… T’es déjà foutue de toute façon…* me réprimandai-je intérieurement en tendant ma main valide vers la bouteille d’eau, jetant un regard à la fois intrigué et reconnaissant vers le colosse.

“Merci…” murmurai-je à l’homme dans un soupir avant de finalement m’emparer de la bouteille, pouvant la voir trembler, elle et son contenu, au bout de ma main droite. J’en dévissais le bouchon avec maladresse et empressement avant d’en porter le goulot à mes lèvres asséchées, avalant son contenu avec avidité. Putain que c’était bon de sentir le liquide noyer ma langue, couler le long de mon œsophage, humidifiant mes lèvres et étanchant très légèrement ma soif. Sans vraiment y prêter attention, j’avais vidé la totalité du restant de flotte, relevant la tête et le coude pour n’épargner aucune goutte, recueillir la moindre trace de flotte avant de finalement rendre la bouteille vide à son propriétaire, passant ma langue encore humide sur mes lèvres gercées afin de les humecter. Puis à nouveau, je levais les yeux sur Mark, le gratifiant même d’un franc sourire.

“Merci encore… Merci beaucoup…” lui répétai-je à nouveau, d’un ton plus assuré et surtout laissant très clairement paraître la sincérité et la reconnaissance que j’éprouvais à son égard. Peut être que le geste de Mark ne lui semblait pas grand chose, mais à mes yeux, ces quelques centilitres de flotte représentaient un véritable luxe, venus éclaircir et adoucir très légèrement mon calvaire quand bien même celui-ci tirait à sa fin. D’autant plus que vu mon état, il aurait très bien pu préférer garder pour lui ses ressources et ne pas les gaspiller pour adoucir les dernières heures d’une condamnée. Néanmoins, sa dernière question m’étonna et me surpris légèrement, m’arrachant un léger froncement de sourcils en même temps qu’une nouvelle bouffée de désespoir. Non. Je n’en savais rien. Peut-être en route, peut-être au camp, voire peut-être… Non ! Je secouais lentement la tête en tournant la tête en direction de l’entrée de la boucherie, posant sur l’ouverture du rideau de fer des prunelles emplies de faux-espoirs.

“Non… J’en sais rien. Pas très loin j’espère…” répondis-je finalement en allant m’asseoir contre le comptoir de la banque réfrigérée, ma tête commençant à sérieusement me tourner et mes jambes à me supporter maintenant que la tension était passée, maintenant que je ne considérais plus vraiment Mark comme une menace ni un vulgaire bandit. Je passais ma main dans mes cheveux collants et poisseux, ébouriffant ceux-ci en me massant le crâne.

“Pour être franche, j’sais même pas s’il sait que j’suis là... que je crève à petit feu tout en nourrissant l’espoir complètement fou de le voir arriver, lui dire à quel point je suis désolée d’avoir été aussi idiote et égoïste avec lui. Avec eux même…”

Je lâchais un long soupir, ruminant et exprimant mes regrets et mes remords plus pour moi-même que pour Mark, puis je reportais finalement mon attention sur l’homme.

“Et toi alors ? Toi aussi t’es revenu d’entre les morts ? Te retrouvant paumé dans ce trou du Texas sans même savoir qu’il existait avant que tu ne t’y réveilles ?” demandai-je au colosse qui me tenait compagnie. Au moins sa présence allégeait-elle très légèrement mon calvaire, ne serait-ce qu’en détournant mon attention et mes pensées du destin qui m’attendait.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Lun 7 Sep - 10:10
"Tain fait pas le con maintenant, elle vient de te dire qu'elle a été mordue, tu sais ce que tu risque là si tu la touche."

Oh oui Mark sait ce qu'il lui coûterait de mettre les mains sur la petite chose en face de lui mais cela ne l'empêche pas de frémir alors qu'elle se rapproche pour attraper du bout des doigts la bouteille d'eau qu'il lui tend. Cette proximité a du mal à passer et il doit se faire violence pour ne pas broncher, se passant une main sur le menton frottant sa barbe inexistante. Il ne va tout de même pas céder maintenant et risquer d'y passer connement alors que cela fait des mois qu'il tient le coup dans cet Armageddon, des mois qu'il prouve à Dieu que l'humanité va se remettre de son châtiment. Seuls les fidèles se relèveront et pourront continuer à fouler cette terre bénie, renvoyant en enfer un par un les démons de Lucifer qui ont osés prendre le corps des hommes.

Tandis qu'une prière tourne dans sa tête pour l'aider à tenir le coup, voilà qu'elle le remercie autant qu'elle le peut pour la bouteille d'eau. Elle devait sans doute s'attendre à ce qu'il l’achève ou se sauve mais pourquoi l'aurait-il fait, s'il devait en arriver là ce ne serait pas avant qu'elle est tourné charognard elle aussi. Un nouveau grognement sort de sa gorge qui est simplement là pour dire "il n'y a pas de quoi". Certes c'était sa dernière bouteille d'eau mais il trouvera bien un moyen d'étancher sa soif d'ici quelques heures. L'homme récupère le récipient vidé de son précieux liquide avant de plier la bouteille entre ses deux mains, le plastique couinant comme un mal propre pendant la procédure, pour finir par la lancer dans un coin de la boutique. Elle est infectée et vient de boire dedans, quoi de plus logique que de faire cela. Il referme ensuite son sac avant de le remettre sur ses épaules, ne poussant pas sa générosité apparente jusqu'à lui proposer quelque chose à manger, il a jaugé que l'eau lui serait plus utile dans l'immédiat, on verra plus tard si elle survit. Faisant cela en l'écoutant parler et répondre à sa question concernant le fameux Sam, il en hoche la tête en enregistrant les informations qu'elle lui donne.

"Non seulement elle n'est pas seule mais visiblement ils sont plusieurs, l'occasion de te poser un peu et puis il y aura peut-être d'autres femmes dans le lot, des saines."

Cette pensée lui arrache un demi sourire en coin plus que celle du potentiel point de chute, à condition qu'il y en ait un et que ce ne soit pas un groupe de passage tout comme lui. La suite de ce que la jeune femme sort, lui fait froncer les sourcils et stopper tout mouvement l'espace de quelques secondes. Elle est folle ou elle délire totalement là ! La fièvre de la morsure sans doute. Un très bref et rare rire le secoue avant qu'il ne réponde.

"Je ne ressemble pas vraiment à une des ces choses pourtant. Tu délires là. Si tu as des affaires, prend les, faut qu'on sorte de là avant que les charognards arrivent."

Avec le bruit qu'il a fait en ouvrant le rideau de fer, c'est déjà étonnant qu'il n'y en ait pas un ou deux pour pointer son nez devant la boutique.

"Retrouver ton ami."

L'homme attendra de voir ce que fait la jeune femme avant de bouger lui même, ils n'ont plus temps à perdre en discussion surtout si elle est vraiment sous le joug de la fièvre. Si elle accepte de sortir de là avec lui, il la laissera aller chercher ses affaires si elle en a, éclairant le chemin de la jeune femme au besoin, puisqu'il se doute que si elle a quelque chose à récupérer cela sera dans la pièce du fond là ou il fait encore plus sombre. Et si elle refuse de le suivre dans un premier temps, Mark ira à l'entrée de la boutique jeter un coup d'oeil dans la rue pour jauger de sa dangerosité immédiate, voir s'il a encore du temps ou non devant lui pour la décider. La demie promesse de croiser d'autres survivants et qu'Ivy le mène à eux est alléchante mais pas au point de se laisser coincer dans la boucherie ou mourir sous les dents d'un zombie.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 7 Sep - 19:17
A la réponse de l’homme, je fus tenté de répondre avec véhémence, défendre mon point de vue et mon histoire. Putain, j’étais pas encore folle à lier, quand bien même cette fièvre m’avait provoqué quelques hallucinations totalement délirantes, mais je me rendais surtout compte de deux choses. D’une part, c’était tellement difficile à croire et à envisager que cela s’était réellement produit - n’avais-je pas eu moi-même un mal fou à faire face à cette réalité ? - et ensuite, je ne sentais absolument pas la force physique ou morale pour tenter de convaincre Mark. Il aurait sûrement bien assez de temps devant lui pour s’en rendre compte par lui-même.

Venait ensuite sa seconde proposition, celle de lever le camp et les voiles. Je lâchais un profond soupir de lassitude, puis prit une grande inspiration. Rien que l’idée de devoir me lever à nouveau m’apparaissait comme un effort insurmontable à réaliser tant je me sentais lourde et percluse de douleur. Je fermais les yeux quelques instants, empoignant les cheveux de ma frange de ma main droite et prenant de longues inspirations alors que cette putain de fièvre ne voulait pas redescendre ni me laisser de répit, puis poussais un long grognement en me redresser très lentement, m’aidant de mon coude appuyé contre le comptoir pour alléger la force nécessaire à mes jambes. Le bras gauche toujours replié contre ma poitrine, j’avisai de mon regard cerné et rougi par la fatigue et la maladie la noirceur béante de l’arrière-boutique, progressant ensuite lentement vers celle-ci en boitillant, manquant par deux fois de m’étaler de tout mon long et me rattrapant tant bien que mal au pan de mur qui jouxtait l’encadrement de la porte. Je serrais les dents afin d’aller chercher les dernières doses de cran, mes dernières forces au plus profond de moi, m’accrochant seulement à l’espoir ténu de revoir Samuel et les autres avant de partir pour ne pas simplement abandonner, m’abandonner.

Aidée du faisceau de lumière de la lampe-torche de Mark, je découvrais pour la toute première fois de mes yeux les lieux que j’avais occupés au cours de ces dernières heures, et cela m’arracha d’autant plus un haut-le-cœur abject et renforça mon dégoût et mon malaise. De la viande moisie, dévorée d’asticots et recouverte de moisissures, des moitiés de carcasses encore suspendues aux esses, des flaques de fluides organiques séchés parsemant le sol. Mon sang, mon urine, ma gerbe, plus d’autres résidus d’organe dégueulasses, séchés et rabougris. Pour la première fois, je découvrais le cadavre du boucher avec lequel j’avais passé mes derniers instants, sans même réussir à savoir combien de temps il s’était écoulé depuis ma morsure jusqu’à présent. Il m’avait paru s’écouler une éternité, mais pourtant, je doutais y avoir passé plus d’une journée entière. Je n’aurais pas pu tenir aussi longtemps, pas dans ces conditions…

Rapidement, j’avisais le matériel qui traînait au sol, l’arc, la caméra, mon tomahawk, mon sac à dos. Je passais l’arc en bandoulière autour de ma poitrine, puis fourrai le caméscope dans une des poches de mon sac-à-dos, avant d’enfiler celui-ci sur mes épaules, non sans souffrir le martyr en dépliant mon bras gauche, puis ramassais enfin le tomahawk que je gardais dans ma seule main valide, sentant véritablement tout le poids de l’arme peser sur mes muscles raidis et courbaturés. Et malgré toute l’efficacité que pouvait prodiguer cette arme, je doutais être capable de la manier pour me défendre ; déjà qu’en temps normal, en pleine possession de mes moyens, ce n’était pas gagné, alors dans un tel état de décrépitude… Je lançais un regard en coin vers Mark, me demandant soudainement si l’homme n’allait finalement pas revenir sur sa décision et me laisser-là, vu que j’allais être un fardeau tout juste bon à le ralentir.

Finalement, je retrouvais mes lunettes et les rechaussais puis quittais les lieux, jetant un dernier regard au cadavre du boucher, marmonnant un “A bientôt Andrew” juste pour moi-même. Après quoi, je finis par sortir de cette chambre froide pour marcher vers mon prochain tombeau. Posant mes noisettes sur l’homme au crâne rasé dont je détaillais plus nettement les traits désormais, je lui fis signe que j’étais prête d’un simple hochement de la tête, commençant à me diriger vers la sortie de la boucherie d’un pas chancelant et vraiment mal assuré.

“Il faut partir vers l’ouest…” lui confiai-je de ma voix éraillée, entre deux souffles rauques. “...puis bifurquer vers le sud... vers l’aéroport… C’est moins… dense…”

A peine avais-je fini de prononcer ces quelques mots que je m’obligeais déjà à prendre appui contre le rideau de fer à moitié relevé, le front posé contre les lamelles de métal, le froid de celle-ci me faisant un bien fou.

“P’tain… J’vais pas aller bien loin comme ça...“ grommelai-je à mi-ton à mon acolyte de fortune, tout en me demandant ce qui pouvait bien pousser cet inconnu à me venir en aide. Un bon samaritain peut-être ? Un peu comme Matthew l’avait été... Ou alors, juste une putain d'hallucination de plus qui me poussait malgré moi au suicide... Je soupirais. De toute façon, vue ma situation, j’étais prête à croire et à me raccrocher à n’importe quoi...

Mark Logan

Anonymous
Invité
Lun 7 Sep - 22:20
L'ex mineur regarde la jeune femme bouger et progresser dans la boutique, se contentant d'éclairer le chemin et ce malgré le fait qu'il la voit manquer de chuter à plusieurs reprises. Non pas qu'il ne puisse pas l'aider mais il se refuse de l'approcher de trop près pour ne pas être tenté plus qu'il ne l'est alors qu'il se répète en boucle qu'elle est infectée, qu'il ne doit pas céder, qu'il trouvera plus sain qu'elle bientôt. Et il y a aussi une part de lui qui cherche à jauger l'état réel dans lequel elle se trouve, si elle va pouvoir avancer facilement ou non, si elle ne risque pas de lui claquer dans les doigts trop rapidement. Qu'elle ne lui fasse pas ça tout de suite, pas avant qu'elle lui indique le chemin pour qu'il trouve les autres. Il reste sur le pas de la porte de ce qui lui apparaît nettement comme une chambre froide, haussant un sourcil en voyant l'état des lieux mais surtout le mélange de fluide répandus sur le sol. Et là il a beau être de nature solide, la vue et l'odeur viennent lui piquer les yeux et le nez et il en vient à se couvrir le nez et la bouche avec le dos d'une de ses mains.

"Comment elle s'est retrouvée là dedans et comment elle a pu tenir le choc surtout, serait-elle plus forte et résistante qu'elle en a l'air ?"

Fort heureusement, Ivy ne traîne pas longtemps dans cette chambre froide de l'horreur et elle se dirige vers la sortie aussi rapidement qu'elle peut, ayant le bon goût de se stopper avant de passer sous le rideau de fer. Mark la talonnant, il a eu un doute l'espace d'un instant, celui de la voir passer en dessous et passer dans la rue sous le nez de charognards. Elle lui indique par où ils doivent passer pour commencer, ouest, sud, aéroport, un semi grognement marque le fait qu'il a bien compris puis il enquille la lampe dans la poche de sa veste légère et il reprend son couteau dans sa main droite avant de se glisser lentement sous le rideau de fer. De l'autre côté il reste à moitié courbé, à l'affût des bruits et des mouvements dans la rue avant de se redresser vivement, se tournant vers la boutique et la jeune femme, il lui tend la main par dessous le rideau.

"Vite, ils sont là !"

Marquant par son geste le fait qu'il va l'aider à venir le rejoindre et par son timbre de voix qu'elle doit se grouiller. Elle ne peut pas encore les voir mais une bonne trentaine de zombies sont dans la rue à moins de cent mètres de leur position. En approche lente, chaotique mais constante malgré le fait qu'ils se bousculent les uns, les autres pour arriver tous en premier sur ce festin soudain. Ils ont beau essayer d'avancer de front, certains d'entre eux sont ralentis par les véhicules accidentés parsemés sur la chaussée. En les voyant, quelque part il regrette de ne pas avoir planté la fille à son propre sort au moment ou il a su qu'elle était bel et bien mordue. Non de toute manière, il ne l'aurait pas fait et il le sait pertinemment.

Dès qu'Ivy sera passée, elle pourra à tout moment observer en détails pour mieux le découvrir. Un mètre quatre-vingt dix, brun aux yeux marrons pour ce qu'elle pourra en juger, une veste légère sous laquelle se tient un débardeur moulant laissant clairement voir qu'il est baraqué. Vrais muscles ou gonflette ? Elle ne pourra le dire. Les traits du visage peu marqué et avec une expression de neutralité la plus totale, ses lunettes de soudeur sur son crane. Et pour terminer le tableau, un simple blue jean, une ceinture, des chaussures à coques et son sac à dos.

Mais surtout dès qu'elle sera passée, lui ne perdra pas de temps et il l'entraînera du côté opposé aux zombies, se dirigeant sans le savoir vers une station service. Mark va néanmoins à son rythme à elle, l'attrapant à la volée pour l'empêcher de s'étaler au sol si elle défaille à un moment ou un autre, la reposant le plus vite possible les deux pieds sur le sol pour poursuivre leur route et avancer. Ce n'est que bien plus loin au détour d'un véhicule qu'il se décide à chopper Ivy dans ses bras alors que de nouveaux zombies sortent d'une petite rue parallèle. Gêné par le sac qu'elle porte tout comme son arme et le fait qu'il essaye de ne pas se stopper, il doit s'y reprendre à deux fois pour la caler correctement dans ses bras, une de ses mains frôlant les fesses de la demoiselle pendant l'opération, un grognement sort de sa gorge. Se forçant tant bien que mal à faire abstraction de ce fait, il presse l'allure, il espère pouvoir distancer suffisamment la nouvelle dizaine de zombies avant qu'il ne soit trop tard.
Page 1 sur 5Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: