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[CFJ, C, 3] Derniers espoirs - 29/01/2035
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Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 7 Sep - 23:17
Les armes étaient déjà sur lui, aussi, il ne lui avait resté qu'à aller se saisir d'un talkie et de la seule paire de jumelles du camp. Là, il s'était contenté d'aller voir Melody pour la prévenir qu'il y allait et, sans un regard pour les volontaires... Et en fait, pour LA volontaire la plus incongrue, il émergea du camp. Dès les premiers pas sur l'asphalte, il s’étonna de ne pas entendre ses talons claquer, trahissant là son esprit proche de l'état second en jetant un coup d’œil distrait à ses pieds pour observer ses nouvelles chaussures, des chaussures d'ouvrier, celles qu'il avait récupéré avec Ivy.

Pourquoi tout devais tourner autour d'elle ? A moins que la question soit "pourquoi je m'arrange pour tout ramener à elle ?", quoi qu'il en soit, le canadien eut tôt fait de passer les mains sur son visage, évacuant en un clin d’œil la moindre once d'émotion qui avait put se lire sur son visage. Un jour viendrait ou il pourrait craquer, s'exhiber sans artifice, mais pas aujourd'hui...

Ainsi, au fil de la route, fidèle à lui-même, il eut plus souvent la paire de jumelles en main que son fusil, observant sans cesse les alentours de la route lorsqu'une partie du décor se dévoilait. Il n'avait plus de temps à perdre à gambader dans le bas-côté ni dans les champs... Mais il n'avait pas non plus le temps de se faire surprendre par un obstacle. Hélas pour la volontaire du jour, cette tâche le rendait passablement taciturne, lâchant tout au plus certaines infos bateau sur ce qu'il voyait à l'aide des précieuses lentilles de l'objet entre ses doigts maigres.

Un zombie par ci, une bête sauvage par là, des cadavres apparus ou disparus de là où il les attendait, tout du moins à partir de ses vieux souvenirs de la récupération de Gale et Melina, soit déjà un certain temps, bref, rien de bien intéressant, une vie post-apocalyptique sauvage suivant son horrible cours même quand ils n'étaient pas là pour en subir tous les traumatismes. Ainsi, ils purent cheminer, à la propre surprise de Samuel, jusqu'au tournant de Houston Avenue sans avoir eu le moindre problème, merci à un petit passage par la voie des champs pour s'esquiver à la vue du Cogdell Memorial.

Hélas, ils étaient là les problèmes qui n'avaient pas été sur la route. Ho oui, bien dispersés quand même, et heureusement, sans quoi, la mission aurait vite tournée cours, cependant, traverser l'avenue pour rejoindre le quartier trois ne serait pas une partie de plaisir si ils tenaient à avancer discrètement... Quant à avancer sans discrétion, la chose était totalement exclue.


"Et merde. Tiens moi ça, tu veux ? Continue de guetter les environs."

D'un mouvement simple, il tendit la paire de jumelles à Frida tout en sortant le talkie-walkie de sa poche. Que la porto-ricaine prenne l'objet ou pas, il n'en ferra pas le moindre cas, continuant d'observer lui-même les environs, à l’œil nu ou avec l'objet en question après s’être assuré d'être sur le bon canal radio pour s'adresser à Melody. Sa voix demeurait neutre, son élocution étant, elle, proche de la perfection malgré le débit élevé de mots.

"Melody, j'espère que tu me reçois bien. Comme prévu, il y a encore un peu de foule sur l'avenue, l'itinéraire de détour par l'ouest, à la lisière avec le secteur B, me semble plus indiqué si on ne veut pas perdre trop de temps... A moins qu'ils se soient agglutinés par là aussi. Est-ce qu'il y a quelque chose de nouveau du côté de Clark ?"

Sans un mot de plus, il relâcha le bouton pression du petit objet et scruta l'avenue pour le moins inaccessible, avant de tourner un regard légèrement inquiet vers le supposé détour qui les sortirait de ce merdier. Combien de fois allaient-ils devoir changer de plan ? Samuel était prudent, Samuel était optimiste, mais Samuel ne pouvait réfuter la réalité qui était que cette mission demeurait à haut risque et qu'il n'avait pas consommé toutes les lettres de l'alphabet pour se tracer ses plans de route jusqu'à leur objectif. Qu'adviendrait-il si ils devaient simplement reculer et abandonner ?

Frida Rivero

Anonymous
Invité
Mar 8 Sep - 18:00
Frida n'avait pas vraiment prévenu Samuel ni même Melody qu'elle participerait à la mission.
Elle s'était juste contentée de se lever tôt, se laissant aller à un rapide footing matinal pour se mettre en condition. Elle avait attaché ses longues dreadlocks en une unique tresse coincée dans son gilet pour ne pas qu'elle la gêne s'il devait y avoir « de l'action » à un moment ou l'autre de cette escapade.
Elle alla ensuite enfiler un petit sac à dos déniché dans la caravane, une dose d'anti-douleur qui pourrait s'avérer utile étant donné l'état de souffrance dans lequel Ivy devait se trouver après deux jours d'infection, ainsi qu'un coupe-papier qui lui servirait d'arme. Il y avait bien des couteaux de chasse et de cuisine, mais elle les avait trouvé trop encombrant ou gênant à porter.

Suite à cela, elle rejoignit James Bond sans un mot alors qu'il s’apprêtait à quitter le campement, avec un petit air renfrogné comme si elle craignait qu'il lui demande la raison de sa participation à cette mission suicide qu'elle avait d'ailleurs été la seule à accepter.
Heureusement pour elle, l'homme n'ouvrit pas plus la bouche qu'elle  et, à vrai dire, daigna à peine  poser les yeux sur elle. Un simple merci ne lui aurait pas arraché la bouche ; après tout, ce n'est pas comme si elle était sur le point de risquer son cul pour les aider, Ivy et lui...

Ils quittèrent donc le reste des survivants pour s'aventurer droit vers l'inconnu – du moins pour la noiraude qui enfila sa capuche en talonnant Samuel de près.
Et si elle était pour le moins satisfaite de sortir un peu du camp Jefferson et de pouvoir peut-être prouver sa bonne foi aux autres, cela ne l'empêchait pas d'être terriblement anxieuse...

Elle n'avait définitivement pas envie de crever... ou en tout cas, pas en étant une fois de plus bouffée à vif par ces saloperies de zombies ! Et elle redoutait d'autant plus que ce soit par quelqu'un qu'elle avait eu l'occasion de côtoyer quelques jours plus tôt... !
Samuel semblait tout aussi angoissé, pour ne pas dire dix fois pire... ! Il était évident qu'il se rongeait les sangs pour la binoclarde, au point d'en être exécrable au possible.

Il ne parla que pour décrire brièvement ce qu'il voyait à l'aide de ses jumelles, descriptions qui s'apparentaient plus à des soupirs ou des ronchonnements.
Il est vrai que le début du trajet avait été terriblement long, bien que s'étant dérouler sans encombre grâce aux planques et raccourci qu'ils avaient emprunté jusqu'alors.

Les choses se corsèrent lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée de la ville -qui ressemblait étrangement à celle dans laquelle la métisse s'était faite avoir par une horde et avait perdu la vie quelques mois plus tôt, ce qui n'eut pas pour effet de la rassurer....
D'autant plus que ce coin de Snyder restait relativement campagnard, avec ses maisons espacées qui ne dépassaient pas le 1er étage pour la plupart. Autant dire que la jeune femme ne pourrait pas se servir de l'environnement à son avantage...

Elle fut interrompue dans ses pensées par le voix du canadien qui lui tendit les jumelles avec toujours autant d'amabilité, ce qui lui arracha un rictus mauvais. En temps normal, elle lui aurait envoyer la paire en pleine gueule en lui disant d'aller se faire foutre, qu'elle n'était pas sa bonniche, mais heureusement pour lui, il y avait circonstance atténuante...

Elle inspira un grand coup pour se contrôler, et zieuta donc brièvement la zone avec l'appareil, admirant en gros plans les corps putréfiés et noirâtres des revenants qui déambulaient dans les rues.
Un frisson de dégoût et de frayeur lui parcourut l'échine à cette vision d'horreur qui n'était pas sans lui rappeler ses propres tentatives de survie par le passé... Sauf que cette fois, elle n'avait plus ou moins que son cul à sauver... plus ou moins...

Samuel sortit son talkie-walkie pour contacter Melody qui apparemment, était censée les guider par elle ne savait quel moyen.

Elle jeta un nouveau un coup d'oeil dans les jumelles, et en effet, il y avait des saloperies un peu partout... Aucun chemin n'avait l'air plus sûr qu'un autre, sans compter les maisons et clôtures qui obstruaient leur vision, cachant potentiellement d'autres zombies.

« On pourrait pas faire une diversion... ? J'sais pas... faire du bruit pour les attirer quelque part ou quoi... ? » questionna-t-elle le nouveau chef en chuchotant pour ne pas perturber sa conversation.

En observant les alentours, elle avait peut-être trouver un moyen de faire du tapage sans qu'aucun d'eux ne se fasse remarquer afin de leur ouvrir une voie... mais cela comportait des risques et il risquait de devoir répéter le processus plusieurs fois car le bruit n'attirerait que les quelques zombies aux alentours...

Elle préféra donc attendre ce que proposait Costard-Cravate qui semblait tout de même plus rusé qu'elle, et ne proposerait son plan qu'en dernier recours.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 9 Sep - 19:49
Du coin de l’oeil, j’observais Mark passer à mes côtés et franchir le rideau de fer en se baissant pour passer de l’autre côté, puis m’inviter à le rejoindre d’une main tendue mais d’un ton pressé. D’après ce qu’il venait de me confier, des infectés se trouvaient - encore - au-dehors et n’allaient certainement pas tarder à se lancer à nos trousses, qu’importe notre degré de discrétion. Je me remémorais le rôdeur que j’avais rencontré derrière le magasin de chasse, me tournant le dos, figé, comme s’il avait cherché à humer ma présence. Les infectés auraient-ils - malgré leur propre odeur corporelle de décomposition - un odorat si développé qu’il puisse nous chasser ainsi ? C’était une hypothèse que j’avais largement eu le temps de réfléchir et mûrir depuis ma cellule morbide, sans pourtant parvenir à m’en faire la moindre idée juste. Cela aurait tout aussi bien pu être une mauvaise interprétation de mon imagination alors que j’étais en proie à la plus grande anxiété.

D’un geste lent, trop lent, je finis par glisser ma main - qui paraissait minuscule - dans celle du colosse, grognant une nouvelle fois sous l’effort alors que je sentais sa poigne se raffermir autour de mes doigts et m’aider à avancer, à franchir l’obstacle qui m’avait très certainement sauvé la vie. A peine mis-je le nez à l’extérieur de la boucherie que je reprenais pleinement conscience de la lumière du jour, me foudroyant les rétines. D’un réflexe maladroit, je grimaçais et plissais les paupières, ramenant ma main gauche en casquette sur mon front pour m’épargner cette trop forte intensité lumineuse, pourtant atténué par un ciel nuageux. Puis mon attention se porta vers les rôdeurs qui progressaient dans notre direction. Un groupe massif, d’une trentaine d’individus, peut-être même plus - qui avançait d’un pas lent et traînant, mais qui n’en restait pas moins implacable. Malgré leur apparence risible de pantins malhabiles et désarticulés, ces choses conservaient pourtant leur impact psychologique très fort, faisant de nouveau naître chez moi cette angoisse qui m’avait quitté de nombreuses heures plus tôt alors que je me sentais plus ou moins en lieu sûr.

Mais je n’eus guère le loisir de m’attarder sur la contemplation de cette horde que le mastodonte m’entraînait déjà bien malgré moi dans la direction opposée. Je forçais sur mes jambes pour essayer de tenir le rythme de marche qu’imposait l’homme, bien que je voyais que lui-même se muselait dans son élan pour ne pas me distancer. Chaque pas était une véritable souffrance laborieuse. Je sentais les muscles de mes jambes se raidir sous l’effort que je leur imposais, rendant mon équilibre de plus en plus précaire. Je n’avais même pas dû faire dix mètres à ses côtés que je sentais déjà ma poitrine me brûler, mes poumons se remplissant d’air avec beaucoup de difficulté, le souffle court et entravé par les miasmes de la maladie qui se manifestaient par de brefs gargarismes issus des tréfonds de ma gorge.

Quelques pas de plus et je trébuchais, sentant fort heureusement les bras de mon bon samaritain me retenir juste à temps pour m’éviter de mordre l’asphalte à pleine dents. Pliée en deux, l’abdomen courbée sur l’avant-bras de l’homme, je tentai de retrouver mon équilibre et mon souffle, mais seule une quinte de toux bien grasse et amère quitta ma gorge. Portant ma main droite à mes lèvres, je pus ensuite constater les quelques projections de liquide noirâtre et poisseux qui constellaient ma paume, mes yeux s’écarquillant sous l’horreur, le dégoût et la peur. Mon corps était en train de me lâcher, le compte à rebours de mon existence devant très probablement s’approcher du zéro. Combien de temps me restait-il ? Une heure ? Moins ? Une demie-heure ? La fatalité de ma situation me tétanisait littéralement sur place, malgré tous les efforts de Mark pour me remettre sur pieds et me forcer à avancer, tout ne me semblait plus que souffrance et abandon.

*J’peux pas abandonner maintenant… Faut qu’j’tienne encore un peu…* me ressassai-je en boucle en tirant sur mes muscles pour reprendre ma progression laborieuse. Mais je me sentais si lourde. Si j’en avais eu la force, je me serais débarrassée de mon sac à dos, de cet arc qui me brûlait la peau, voire même de mes godasses. Je voulais juste les revoir une dernière fois. Samuel, Elizabeth, James, Seth et Melody. Même Clark et Ricky… Revoir leurs visages. Pourquoi avait-il fallu que je me fasse croquer comme une conne pour un putain de camion, une putain de corde d’arbalète, juste un peu de confort ? Je m’en voulais terriblement. Ma stupidité et ma faiblesse allaient de nouveau provoquer de nouvelles souffrances au sein de ce groupe qui aurait pu devenir une nouvelle famille, un nouvel espoir… *Va te faire foutre putain de monde… Va te faire foutre !* rageai-je intérieurement, intensément.

* * * * *

De nombreuses heures auparavant

“Ils sont partout...“ commença l’homme. “Ils peuvent pas m’atteindre ici, mais ils m’attendent. Ma femme. Mon fils. Ma fille.” Sa voix se brisa alors qu’il secouait la tête, chassant deux petites larmes perlant à ses yeux. “Ils sont là aussi. Pour moi. Pour me dévorer. C’est… Ce sont de vrais monstres. J’arrive pas à y croire… J’ai tout tenté pourtant...Les médicaments… Les calmants… Les antibiotiques…” L’homme sembla lever les yeux vers le ciel avant de reprendre d’un ton désespéré. “J’ai tant prié, je Vous ai tant prié Seigneur… Pourquoi m’avez-Vous abandonné ? Je ne peux pas croire que Vous restiez absent.” J’observai l’homme joindre ses mains, paupières clauses, psalmodiant une prière dans un murmure inaudible alors que je ne pouvais retenir les larmes qui m’étaient montées aux yeux, ma main gauche plaquée sur ma bouche pour retenir et étouffer mes sanglots.

La scène de ferveur dura de très longues minutes, semblant s’éterniser alors que de nombreuses larmes roulaient tant sur le visage de cet homme que sur le mien. Partager les derniers instants de ce mec, sans pouvoir interagir, intervenir, le soutenir, simple spectatrice d’un désastre remontant d’ores et déjà à plusieurs mois n’avait fait que raviver mes propres souvenirs, ma propre souffrance, d’incompréhension et de culpabilité.

“Pardonne-moi Seigneur…” finit-il par reprendre d’une voix plus ferme, mais toujours emplie de trémolos sanglotants, suivis d’une profonde inspiration. “Si quelqu’un voit cette vidéo un jour… J’espère qu’il restera des hommes pour cela, sachez juste que je m’appelle Andrew Boyd et que je me suis battu jusqu’au bout… Pour protéger ma famille… En vain… Ces... choses... m’ont tout pris. Ma famille... Mon âme... Ma foi… Et bientôt ma vie... Qui que vous soyez… Qui que vous étiez… Juste… Ne m’oubliez pas…” L’homme lâcha un profond soupir, puis l’image se figea dans une dernière secousse, avant que l’appareil ne revienne au menu de sélection des vidéos.

Lentement, je fis défiler les différentes vidéos proposées en lecture, observant dans leurs aperçus des visages souriants d’enfants, des paysages à couper le souffle, les gradins bondés d’un stade de football… Autant de moments de vie, de souvenirs à jamais éteints et pourtant conservés. Puis je retournais l’appareil de capture entre mes doigts, tâtonnant ses divers boutons jusqu’à réussir à en allumer la petite lumière intégrée dont le faisceau m’éblouit durant quelques secondes, offrant à mes yeux un très maigre aperçu de l’endroit où j’avais trouvé refuge. Mais je ne pris guère le temps de m’y attarder, préférant de loin me concentrer sur l’objectif qui me faisait désormais face, lançant l’enregistrement vidéo.

“Salut les gars…”

* * * * *

Au moment présent

De nouveaux grognements se firent entendre sur notre droite, détournant mes noisettes du goudron de la rue et l’épave de véhicule que nous contournions vers leur direction, de nouveaux rôdeurs surgissant d’une petite ruelle s’insinuant entre deux bâtisses. L’empressement me saisit les tripes alors qu’à nouveau les morts inondaient les rues. Derrière nous, autour de nous… Il me semblait que ces nuées macabres se voulaient sans fin, intarissables. C’est alors que je sentis le colosse raffermir sa poigne sur moi, tandis que l’abattement et le fatalisme me coupaient les jambes ; et je me sentis être soulevée dans les airs, plus trimbalée que soutenue comme un vulgaire fardeau qu’on ne veut surtout pas abandonner. Je me sentais si mal d’avoir entraîné ce pauvre type là-dedans. Pourquoi ne m’abandonnait-il pas tout simplement là ? Quoi qu’il advienne, j’étais perdue. Je ne l’aurais pas blâmer de me laisser en arrière pour sauver sa vie qui pouvait encore l’être. Et paradoxalement, je trouvais un grand soulagement et réconfort dans ses bras. Tout d’abord parce que mon corps n’était plus bon à rien. Mes cuisses et mes mollets s’étaient contractés si violemment lors de mes derniers pas que j’aurai fini au sol, incapable de me soutenir, totalement écrasée, vaincue par la maladie. En proie à de nombreux spasmes incontrôlables, j’obligeais Mark à s’y reprendre à plusieurs fois pour me porter, moi et mon bordel, le long de la rue, alors que j’apercevais la station-service que nous avions traversée, Takashi et moi, bien plus tôt.

Putain… On n’allait pas vers l’Ouest là… On fonçait droit dans l’antre de la bête. Dodelinant de la tête, chaque pas du colosse secouait mon crâne et ma fièvre, rendant cette dernière totalement insupportable. Je grimaçais de douleur, puis devais bien me rendre à l’évidence que notre direction, si elle pouvait mener au camp plus directement, était plus du choix des hordes à éviter que du choix de l’homme. J’ignorais où nous allions finir, enfin, géographiquement.

“Mais… Mais pourquoi... tu t’accroches putain…” marmonnai-je faiblement entre mes dents serrées, demandant à l’homme - et probablement à moi-même - à quoi pouvait bien rimer cette course contre la mort que je ne pouvais pas gagner.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Jeu 10 Sep - 10:46
L'ex mineur ne pourra pas tenir le rythme bien longtemps avec la jeune femme et son bordel dans les bras, il ne peut que se contenter de marcher vite présentement alors qu'il devrait courir. Fuir ces choses le plus vite et le plus loin possible, courir pour sa vie une nouvelle fois, courir sans s'arrêter, sans se retourner. Mais Dieu en a décidé autrement et lui a mit la petite sur le chemin, infectée, aux portes de la mort mais pouvant le mener vers d'autres survivants, d'autres humains. Une nouvelle épreuve avec le Graal avec la fin, une épreuve qu'il se doit de remporter haut la main. Elle lui parle ou plutôt elle marmonne, est-ce adressé à lui ou à elle même, il ne saurait le dire, à eux deux certainement. Il baisse les yeux vers elle l'espace de deux ou trois secondes.

"Parce que Dieu nous met à l'épreuve."

S'il avait pu, il se serait arrêté et aurait déposé Ivy sur le sol, la gardant à moitié dans ses bras malgré tout. D'une de ses mains libérée, il aurait glissé ses doigts sur le visage de la jeune femme, dégageant une mèche de cheveux et il lui aurait répondu tout autre chose, resserrant sa poigne sur elle pour ne pas lui laisser le choix quant à la suite.

"Non mais tu te vois faire cela, même sans les zombies au cul, elle reste infectée idiot !"

Ses yeux reporté sur la route devant eux, il grince des dents, se concentrer sur le chemin à prendre et sur les bruits derrière eux et non pas sur le reste. Revenu à la réalité, il perçoit vaguement que les râles rauques derrière eux perdent un peu de chemin progressivement mais qu'ils sont loin d'être en sécurité. Les muscles de ses bras commencent à chauffer et le brûler à mesure qu'il progresse avec sa cargaison, six-sept-huit mois qu'il n'a plus l'habitude de porter une charge surtout sur la distance, elle a beau ne pas être si lourde que ça, il y sent passer là et bien comme il faut. Le carrefour de la station service est proche quand il voit enfin un panneau routier plus ou moins encore droit sur son poteau malgré la voiture encastrée dedans. Reconnaissant une des icônes présente, celle d'un avion et la direction à prendre pour s'y rendre : à droite. Si jusque là il s'est contenté d'esquiver les zombies, il a enfin la bonne direction qu'il doit prendre se remémorant les indications d'Ivy, ouest-aéroport-sud. Le tout est de pouvoir y aller sans plus de risque qu'il en a aux fesses actuellement.

Le carrefour est là, un coup d'oeil à gauche puis à droite avant de bifurquer et...

"Fuck"

Juron lâché dans un souffle à demie voix. De chaque côté une hordes de zombies se trouve là, ils errent sans but pour le moment mais ne vont pas tarder à les voir ou les sentir alors qu'ils sont pleinement exposés. On repassera pour le pas plus de risques. Les râles derrière eux regagnent du chemin et eux aussi vont donner l'alerte. Une bouffée de panique monte en Mark alors qu'il ne voit pas de solution à leur problème, que faire, ou aller pour leur échapper. Fuck, fuck, fuck ! S'engouffrer dans un des immeubles ? Ils vont se retrouver coincés dedans par une gigantesque hordes quand ils se seront tous rassemblés. L'alerte est donnée, les charognards se tournent tous vers eux et se mettent en branle, agitant leur bras décharnés devant eux.

L'homme prend la seule option possible et part tout droit au sud, la seule voie qui a l'air libre pour le moment. Il repart aussi vite que possible alors que la jeune femme commence à glisser de ses bras, il doit la recaler correctement dans un grognement d'effort. Il va devoir la poser et rapidement avant de la lâcher bien malgré lui, il doit la poser de toute manière, ils doivent pouvoir se stopper, l'urgence de la situation l'empêche d'avoir les idées claires et de trouver une solution. Il commence à avoir soif également et ne peut plus compter sur ses réserves.

Une ruelle sur leur droite, à peine assez large pour qu'une voiture puisse y circuler, Mark s'engouffre dedans et commence à la remonter, passant devant une benne à ordure. Il se stoppe d'un coup avant de déposer Ivy sur le sol, sans même prendre le temps de lui adresser la parole, il se redresse et se dirige sur la benne à ordure. L'odeur qui s'en dégage laisse supposer qu'il y a plus que de simples poubelles là dedans et pourtant il pose les mains dessus, cherchant à la faire bouger. Les roues de la benne sont rouillées et il galère à lui faire faire ne serait-ce que quelques centimètres. Après de longues minutes d'effort, il parvient à mettre la benne en travers de la rue et retourne vers la jeune femme.

Utopique de croire que cela stoppera la marrée de zombies, utopique de croire qu'aucun d'eux ne les verra. Cela leur donnera peut-être quelques instants de répit dans leur tombeau à ciel ouvert. Toujours est-il qu'il regarde la jeune femme et reste parfaitement silencieux et statique.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 10 Sep - 12:19
Toujours un peu anxieux à propos de la marche à suivre, Samuel accueillit la réponse de Melody avec un soulagement certain mais mesuré. A cette occasion, il prit soin de bien régler le volume du petit outil afin de s'assurer d'être bien entre les deux extrêmes, entendre convenablement sans que les zombies puissent entendre convenablement.

- Reçu cinq sur cinq Samuel. Bonne idée, ils avaient l'air de partir vers l'Est hier. Non pas de nouvelles de Clark encore, j'attendais un message de toi avant d'essayer de le contacter. Tient moi au courant de votre avancée et faites attention à vous surtout. Terminé.

Une étrange expiration s'échappa d'entre ses lèvres, presque semblable à un soupire sans en être un, jusqu'à ce que Frida ne lui pose une question toute légitime à laquelle il répondit sans délai mais avec calme :

"Pour ça, il nous faut un endroit totalement hors de vue, un objet plus ou moins bruyant et une stratégie de sortie plus ou moins complexe selon le boucan généré. L'ennui, c'est qu'avec ceux là..."

Relevant à peine le bras à moitié, il désigna l'avenue avec l'index tout en continuant de parler.

"On attirera jamais toute la colonne en une fois à moins d'attirer toute l'armée avec elle. Et aller de couvert en couvert en lançant des cailloux sur les boites aux lettres, c'est long... On devra surement faire diversion avec d'autres, mais moins nombreux, ça vaut bien le détour."

Sur ces mots, il se détourna de la route et en sorti calmement. Talkie dans la main droite, il occupa alors sa main gauche avec son arme de poing puisque l'heure semblait être venue pour les mauvaises surprises et autres dangers. Évidemment, avec un bref regard vers elle, il fit signe à Frida de le suivre en lui laissant la charge d'observer les alentours pour lui à l'aide des jumelles. Ainsi, ils allaient couper par quelques sentiers pour rejoindre l’extrémité du quartier 1 et le coin sud-ouest du très imposant pâté de maison.

A nouveau, la tâche s'était révélée plus fastidieuse que dangereuse puisque seul quelques zombies isolés se trouvait à déambuler en dehors des sentiers, surement coincés là depuis un bout de temps puisque le relief du terrain ne semblait laisser que peu de possibilités à deux jambes trainant les pieds. Bon pour eux. A voir si Frida aurait observée une menace plus lointaine ou décelée un danger qui avait put échapper au canadien.

Le duo fut sans aucun doute très proche d'enfin s'arrêter et se poser pour examiner minutieusement leur prochain périple lorsqu'une voix se fit entendre dans la main droite de Samuel :


« Test, un-deux, un-deux, Samuel tu me reçois ? A vous.

Puis une seconde :

- Réception impeccable pour moi. À vous.

Un léger sourire se plaça sur les lèvres du jeune homme avant qu'il ne trouve son expression la plus basique, suivie d'une réponse en bonne et due forme, de sa voix neutre et calme. Peut-être que si il avait de l'auto-tune, il aurait put se faire passer pour un robot...

- Idem ici. On approchent de l’extrémité du secteur. Il va donc nous falloir observer le chemin avant d'y aller. Clark, tu as ce laps de temps pour me dire si quelque chose a bougé et si on cours droit sur une embuscade de bandits... Pour le moment, Frida et moi sommes toujours dans le quartier 1, à l’extrémité Ouest.

Melody, pense bien à noter toutes les informations, si je fais la moindre erreur d'orientation ou de compréhension, c'est à toi de me reprendre. »


Terminant de donner ses instructions à l'arrière-garde, marchant toujours vers leur objectif, il posa le regard sur Frida pour lui adresser ses propres instructions. Contrairement à l'instant d'avant, il ne se montra pas si neutre et même un peu plus agité, comme si la petite porto-ricaine suscitait chez lui bien plus d'émoi, quel qu'en soit l'origine.

"Bien, on ne va pas tarder à s'arrêter. Tu concentreras ton observation sur le Nord et l'Ouest histoire qu'on voit bien ce qui nous attends, le principal du moins. Enfin, s'il te plait, si je tire en l'air, si je prends une balle ou que je te dit de te barrer, tu t'en vas et tu ne t'arrêtes qu'au camp. Je n'ai aucune intention que tu regrettes d'avoir risquée ta vie pour des étrangers."

Enfin, ils allaient arriver au bon endroit pour observer la rue à l’extrémité du quartier ainsi que la campagne environnante, et là, ce serait à miss Rivero de lui conter les banalités qu'elle allait observer pendant que Samuel assurait la surveillance des alentours directs, prêt à tirer si un grave danger devait les menacer.

Frida Rivero

Anonymous
Invité
Jeu 10 Sep - 19:02
Alors que Frida pouvait entendre la voix de Melody à travers le petit appareil, elle ne put s'empêcher de ressentir un certain soulagement d'avoir un soutien à distance pour les guider... D'autant plus que Samuel, qui n'avait pas les idées bienclaires de par son inquiétude grimpant de minutes en minutes, n'avait pas l'air de trop savoir quoi faire pour traverser l'avenue sans se retrouver avec un tas de zombies aux basques.

Celui-ci répondit d'ailleurs à sa proposition de diversion et semblait plutôt pour, même si comme elle le pensait, cela risquait de demander un certain temps avant qu'ils ne parviennent à éloigner toutes les saloperies qui erraient le long de la route.

La métisse fit une moue de capitulation, avant de suivre l'homme qui avait décidé d'emprunter un chemin plus discret par les sentiers.
Et comme elle était apparemment la nouvelle responsable de la surveillance, elle balayait régulièrement les alentours afin que rien de fâcheux ne les surprenne.

Les yeux rivés sur les lunettes des jumelles, elle ne pouvait s'empêcher de bloquer quelques instants sur les différents morts-vivant que son regard croisait, se demandant quelle vie pouvait bien mener ces gens avant de devenir ces choses monstrueuses sorties tout droit d'un film d'épouvante.
Parmi ces personnes, elle avait pu apercevoir une petite fille qui ne devait pas avoir plus de 7 ou 8 ans, ce qui lui fit l'effet d'un poignard en plein cœur...
Des enfants... quel Dieu, quelle entité quelle qu'elle soit pouvait bien infliger un tel sort à un être aussi pur et innocent qu'un gamin... ? Ses mains se crispèrent violemment sur les jumelles et sa mâchoire se crispa, se remémorant la fin impitoyable et sanguinaire qu'avait connu son cousin quelques mois plus tôt... Une fin atroce que même le pire des salauds ne méritait pas, et qui s'était pourtant abattue sur son petit protégé qui incarnait pour elle tout ce que l'être humain avait de bon en lui.
Mais au final, tout ceci n'était probablement que l’œuvre de l'Humain lui-même, qui avait toujours eu un don indéniable pour s’autodétruire...

Frida se força à finir son inspection des lieux, et retira les jumelles de devant ses yeux.

« J'vois pas de grosse menace, mis à part un petit groupe de 5-6 saloperies derrière la camionnette bleue là-bas » dit-elle en pointant le véhicule qui se trouvait à quelques dizaines de mètres de leur position, en évitant soigneusement le regard du canadien alors que ses yeux s'étaient légèrement humidifiés. Elle avait en revanche eu plus de mal à masquer le tremblement dans sa voix, dû à une forte émotion bien trop soudaine. Elle se racla la gorge et reprit.
« Mais on aura pas trop d'mal à s'en débarrasser normalement, à moins que tu veuilles passer par un autre chemin. Bref, j'te suis. »

A peine eut-elle terminé sa phrase que le talkie-walkie se fit entendre à nouveau, dévoilant la voix d'un homme qui devait probablement être Clark, suivit de celle de Melody une fois de plus.

La réponse de James Bond et l'allusion aux bandits fit se tourna Frida vivement vers lui avec une mine soucieuse.
Des bandits... ? Ceux du Marchand... ? Elle n'avait même pas pensé à l'idée qu'il pouvait y en avoir dans cette ville paumée, et cela n'était pas pour la rassurer...
Elle redoutait probablement plus les humains encore bien vivants que ceux qui ne l'était plus qu'à moitié... Elle savait que dans ce genre de chaos, les gens étaient sans foi ni loi, et pouvait leur réserver un sort bien pire que les zombies... !

Elle déglutit alors que son partenaire finissait de s'adressait à elle, les sourcils froncés.
Qu'est-ce qu'il comptait faire, au juste ? Jouer au stand de tir avec son joujou ? Non, il était censé être le plus posé du groupe, c'était le chef après tout non ?
Quoi qu'il en soit, ce n'était pas le moment de penser aux emmerdes, mais plutôt à sauver Ivy et si possible sans rameuter tout le quartier, ce qu'elle illustra par un haussement d'épaules.

« Ouai, on verra... Mais on va plutôt se concentrer à sauver l'cul de ta copine, si c'pas déjà trop tard, c'est l'plus important pour le moment. » lâcha-t-elle nonchalamment pour se donner une certaine contenance.

Mais en vérité, plus ils avançaient, et plus elle flippait. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter de suivre ce type pour sauver une gonzesse condamnée ? Elle qui, si elle avait été seule, n'aurait pas hésité à abattre cette personne pour ne pas prendre de risque ?
Si c'était juste un moyen de se donner bonne conscience, de ne pas Le décevoir, elle aurait eu d'autres occasions pour ça... et des occasions plus légitimes.
Et maintenant qu'elle se rendait compte de l'attachement de Samuel pour la binoclarde, elle regrettait d'autant plus son choix... La retrouver n'apporterait rien de bon au canadien, à part de finir détruit psychologiquement en voyant la brunette sombrer dans le monde sombre et froid qui lui était désormais destiné... Et ça, c'était s'ils arrivaient jusqu'à elle en un seul morceau... !

Non vraiment, quelle idée... ! Il ne lui restait plus qu'à s'arrangeait pour ne pas que tout parte en vrille, maintenant qu'elle avait les pieds dans la merde... !

La porto-ricaine laissa échapper un long soupir nasal, avant de porter à nouveau les jumelles à ses yeux et observer les côtés nord et ouest comme le lui avait demandé son compagnon de mésaventure.

« RAS côté ouest, quelques pourritures qui vaguent à leurs occupations.... » dit-elle avant de se tourner côté nord. « Et par là-bas, y'a toujours le petit groupe dont j't'ai parlé, ils se sont juste un poil dispersés... »

Elle marqua une petite pause et se tourna vers Samuel en haussant un sourcil.

« On est censé aller de quel côté au juste ?  J't'avoue que j'ai pas pensé à regarder les cartes, donc j'suis complètement paumée...»

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 10 Sep - 19:26
Malgré ma peine et ma douleur, je ne pus retenir un très maigre sourire en coin grimaçant à la réponse de Mark à ma question. Dans bien d’autres circonstances, je lui aurai bien gentiment répondu que Dieu - s’il existait - était un incompétent en plus d’être un bel enculé de sadique. Mais pour le coup, je me contentais simplement d’acquiescer d’un hochement de tête extrêmement bref. Je n’avais ni l’envie d’aborder une question aussi épineuse alors que je me trouvais aux portes de la Mort, ni le désir de voir mon sauveur prendre la mouche et m’abandonner à mon sort en plein milieu de la rue pour un putain de blasphème.

Par ailleurs, je sentais bien que Mark, malgré son imposante carrure, commençait à fatiguer lui aussi. Lentement mais sûrement, j’étais véritablement entrain de l’entraîner dans ma chute, et en plus du risque de se voir contaminé par mes propres miasmes, voilà qu’il risquait de se faire tout simplement croquer par une des hordes que nous avions au cul, surtout au sien. Je voulais bien croire qu’il voulait satisfaire les exigences de son Seigneur et endurer son épreuve, mais le suicide  même assisté - n’était-il pas un péché ou une connerie du genre ?

Je détournais rapidement le visage vers l’avant afin de lâcher une nouvelle quinte de toux, ne souhaitant absolument pas projeter un quelconque fluide infecté sur l’homme, ayant l’impression que mes trapèzes et autres muscles mastoïdiens allaient se déchirer sous l’effort alors que mon corps tout entier semblait s’ébrouer sous les spasmes provoqués. Au terme de ma toux, je pouvais sentir ma respiration s’affoler, se faire encore plus laborieuse, de nombreux fourmillements parcourant désormais mes bras et mes jambes. D’un regard assommé, je pouvais voir le dessus de mes mains se marbrer légèrement de traces brunes, mes veines se dessinant sous ma peau comme le delta d’un fleuve aux eaux noirâtres.

L’homme arrêta soudainement sa progression, lâchant un juron alors que nous étions parvenus à l’intersection de la station-service. De part et d’autre, encore des rôdeurs qui déambulaient sans but, des dizaines d’individus qui nous cernaient, coupant court à toute idée de potentielle retraite. A nouveau, dans ce dédale de rues et ruelles, les marcheurs allaient imposer son itinéraire à Mark. Quelques râles rauques, parfois stridents et déchirés, retentirent à plusieurs dizaines de mètres de nous. La chasse reprenait de plus belle - si elle avait cessé à un moment d’ailleurs - avec toujours plus de prédateurs à nos trousses.

Le colosse s’engouffra dans une ruelle étroite entre deux bâtiments, pour l’instant dépourvue d’infectés, quand bien même ceux-ci n’allaient pas tarder à nous rejoindre. Mais au lieu de tenter de creuser la distance, l’homme s’arrêta une nouvelle fois, me déposant à même le bitume jonché de détritus volatiles pour ensuite tenter de bloquer la ruelle avec un gros conteneur poubelle nauséabond sous mon regard interrogatif. Mais qu’est-ce qu’il était en train de branler ce con encore ? Il était temps d’abandonner, de sauver ta peau et de me laisser là. Il était visiblement à bout de souffle lui aussi. Son acharnement me dépassait, me fascinait, m’impressionnerait presque si je n’étais pas condamnée et si je ne le savais pas vain. Rien n’arrêtait jamais ces saloperies. Elles finissaient toujours pas vous avoir, que ce soit à l’affût ou à l’usure. Et l’usure approchait. Elle approchait enfin…

*You’re now running out of time…* me susurra une petite voix intérieure éraillée.

J’arquai un sourcil en esquissant un très mince sourire d’évidente résignation. “Il était temps putain…” grommelai-je dans un râle soupirant, me parlant visiblement à moi-même avant de lever mes noisettes en direction de Mark, l’observant longuement de mes yeux cernés et fatigués.

“L’aéroport... puis vers le sud… toujours le sud… jusqu’à la 350… Jusqu’aux ruines d’un vieux motel…” lui expliquai-je très laborieusement, me raclant la gorge à plusieurs reprises pour en chasser les miasmes qui l’entravaient de plus en plus, rendant ma respiration difficile et sifflante. Je sentais mon cœur s’affoler, montant dans les tours et battant le sang à mes tempes dans un rythme effréné. Je crevais de froid, je crevais de trouille, j’étais glacée jusqu’aux os et tremblais de tout mon corps dans mes derniers instants de supplice.

“T’es un mec bien… Mark...” articulai-je encore plus laborieusement “…Mais faut qu’tu dégages maintenant,” avais-je lâché dans un dernier râle rauque, d’un ton qui n’autorisait aucune contestation. Je comptais bien faire mon emmerdeuse entêtée jusqu’au bout. Je hochais doucement la tête en fronçant légèrement les sourcils.

“Ça va aller… Alors… Juste… Merci… Et cass’toi...” soupirai-je une dernière fois avant de déglutir, fermant les paupières dans une dernière grimace de douleur, dans une dernière seconde s’étirant mollement jusqu’au point de rupture où, dans un dernier souffle, je pus ressentir une pointe remonter depuis le plus profond de mes tripes jusqu’à ma poitrine, transperçant mon cœur dans une morsure glaciale et électrique.

*Salut les gars…*

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 11 Sep - 21:02
Mark se retrouvait là, auprès d'Ivy qui rendait son dernier soupir, en lui sommant de sauver sa propre vie après lui avoir donné des indications. Dans la ruelle, les premiers rôdeurs passaient l'angle du bâtiment pour s'engouffrer à l'intérieur et le destin semblait s'être clos pour la jeune femme alors que pour son compagnon d'infortune, la décision s'avérait plus difficile que prévu. Pourtant, quelque chose d'autre vint perturber la scène en un vrombissement infernal...

Dominant tous les râles encore assez lointains des rôdeurs qui passaient les uns après les autres, entrant à une dizaine dans la ruelle, un puissant moteur hurla dans l'avenue, d'abord à une certaine distance puis de plus en plus proche pour se faire très perceptible. Cette arrivée, si elle n'avait pas été suffisamment enragée pour attirer les morts-vivants qui sans plus voir leurs proies se tournaient vers ce boucan, marqua toute l'absence de sa finesse en déchaînant des hurlements détonants encore plus terrifiants. Rugissant en un écho si strident qu'il rendait de là où il était Mark à moitié sourd dans l'immédiat, dès lors qu'il ne pouvait plus entendre grand chose d'autre, des tirs d'une arme lourde pourfendirent la première ligne de rôdeurs comme si un psychopathe avait mis la main sur un fusil d'assaut dans un abattoir.

Si Mark avait eu le réflexe de regarder de quoi il en retournait, il pourrait assister au spectacle immonde des bras, des têtes et des jambes des mangeurs de chair explosant, volant, relâchant d'impressionnantes giclées de substance mêlant sang pourri et autres hémoglobines gélatineuses en éprouvante quantité. En quelques secondes, une quinzaine de rôdeurs tombèrent et le véhicule, une jeep militaire sans portières ni toiture s'engouffrait dans la ruelle à toute allure.
Debout, le responsable de cette boucherie fit de nouveau hurler ce qui s'avérait être une gatling fixée en hauteur vers l'arrière de l'engin, à laquelle il se raccrochait. Le son des coups de feu suivant une ligne droite à travers la ruelle fit siffler les oreilles de l'ex-mineur et le conducteur roula allègrement sur les restes déchiquetés des créatures sans stopper sa course effrénée, malgré les secousses, droit vers son objectif... celui qui vivait et celle qui venait de mourir. A son bord en plus du conducteur, il pouvait apercevoir qu'il y avait un autre homme à ses cotés, le tireur à l'arme lourde et au moins deux autres têtes, si tant est que Mark ne se soit pas déplacé dès le début des hostilités. Le reste de la horde ne tarderait assurément pas à suivre la route et bien d'autres écervelés attirés dans toute la zone finiront par affluer, coupant toute possibilité de retraite.

Le danger avait sonné son cor pour clamer sa venue.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 12 Sep - 17:17
Statique et silencieux devant elle mais Ivy a décidé de ne pas l'être pour sa part et elle se met à lui expliquer plus en détails la route à suivre s'il veut sortir de là et trouver les personnes dont elle lui a parlé. L'homme arque un sourcil en l'entendant lui dire que c'est un mec bien, il est vrai que pour lui il est mais pas au regard de la société dite normale, si elle savait ce qu'elle lui dit là. Par contre pour la suite, il l'interrompt aussi sec.

"Chutttt dit pas de conneries, laisse moi souffler deux minutes et on repart !"

D'accord il a les informations qu'il faut pour retrouver le fameux Sam et les autres mais s'il arrive là bas avec elle, même mourante, dans les bras, cela lui fera un meilleur laisser-passer que s'il arrive les mains vides jusque là bas. Il veut bien que l'infection la ronge et gagne du chemin petit à petit et qu'il s'épuise à la porter mais ce n'est pas une raison pour qu'elle abandonne tout espoir et qu'elle lui demande de se casser.

"Non, non, non, non, non fait pas ça..."

L'ex mineur se rue sur la jeune femme à l'instant ou elle ne bouge plus et de ses grosses paluches, il la pousse doucement pour voir si elle est juste inconsciente ou si c'est pire. Puis il cherche son pouls comme il l'a vu faire dans les films. Rien, nada, niet. Soit la technique ne marche pas, soit elle vient de lui claquer dans les doigts. Il se passe la main droite sur la figure avec un air perplexe sur la figure, que doit-il faire : la traîner encore avec lui pour le cas ou elle est juste inconsciente ou attendre jusqu'à la dernière seconde ,que les zombies arrivent, pour octroyer à Ivy le repos éternel d'un coup de lame dans le crane dès qu'elle reviendra comme ces choses.

Mark lève son regard vers le ciel et il soupire, il sait ce qu'il doit faire maintenant. Remettant ses lunettes en place sur ses yeux, sa main droite part se loger autour de la garde de son couteau de combat, un coup d'oeil vers l'entrée de la ruelle au delà de la benne en travers. Cela serait dommage de ne pas en profiter en attendant. Il reporte son regard sur le corps de la jeune femme, sa langue vient passer sur ses lèvres tandis que sa main gauche se pose sur le ventre de la jeune femme. Lentement mais surement ses doigts glissent sous les vêtements d'Ivy pour enfin sentir la tiédeur de sa peau. Une décharge électrique parcoure le corps de Mark alors que ses doigts remontent sur la poitrine de la gamine. Un sourire arrive sur son visage alors qu'il fait rouler le téton de la damoiselle entre ses doigts puis...

Un vacarme assourdissant résonne dans l'air et lui vrille les tympans, vacarme qui se rapproche à toute vitesse lui laissant un sifflement strident et continu dans les oreilles. Mark se redresse d'un seul bond oubliant tout le reste sur le coup, il grimace de douleur et porte ses mains à ses oreilles.

"Me dit pas que c'est l'ami de la fille qui fait ça ?"

Cela serait logique vu que ça leur arrive droit dessus mais d'un coup l'ex mineur n'a plus du tout envie de rencontrer ces personnes là. Ce n'est pas tant la puissance de feu qu'il semble y avoir dans le véhicule que le manque de discrétion qui le fait penser ainsi. Un groupe de personnes même bien armée ne devrait pas agir comme cela et lui qui aime le silence et le calme, progresser le plus tranquillement possible sans se faire remarquer. Et si ce n'est pas son ami qui arrive ainsi ? Il sait pertinemment quel genre de groupe on peut croiser depuis ces derniers mois, des comme lui et même pire encore. Même en admettant que Ivy ne soit pas infectée et potentiellement vraiment morte, il ne veut pas la goûter de cette manière là. Il n'a pas non plus les armes qu'il faut pour se disputer le bout de gras qu'elle représente. Et comme s'il lui fallait une raison supplémentaire de ne pas jouer à pile ou face là, vu le vacarme produit, toute tentative d'évasion va très vite se refermer par l'arrivée de tout les zombies de la ville comme si une petite centaine là ce n'est pas suffisant.

Le véhicule arrive à l'entrée de la ruelle et sans un seul regard vers le corps d'Ivy, Mark prend ses jambes à son cou et part en sens inverse, courant aussi vite qu'il le peut. Un sprint qui il l'espère l’amènera au bout de la ruelle avant que le véhicule ne puisse le rattraper, fort heureusement ils vont devoir ôter la benne du milieu du chemin avant de poursuivre leur progression vers lui. S'ils le suivent et ne se contentent pas de se stopper pour Ivy voir lui tirer dessus en même temps. Droit devant, toujours garder le regard fixé sur ce qu'il a devant lui et déboucher rapidement sur la prochaine rue qui croisera la ruelle.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Sam 12 Sep - 20:19
En attendant la réponse de Clark, Samuel demeura évidemment attentif aux environs, l'arme à la main, prêt à réagir. Mais en fait, ce n'était pas tant les dangers physique qui le menaçait pour le moment, à commencer par la réplique de Frida qui, dans son manque de classe à propos d'Ivy, n'aura pas manqué de générer chez Samuel un regard pour le moins négatif et un serrage de mâchoire des plus visible.

Ensuite, un groupe... C'était un groupe de zombie qui leur bloquait encore le chemin. Ils pouvaient les éviter, les esquiver en se laissant détecter, les abattre, mais au final, il fallait encore prendre une décision, encore perdre du temps, c'était infernal.

Et enfin, la pauvre Frida qui lui renvoyait en pleine gueule le défaut majeur de son plan, prendre une volontaire sans l'avoir briefé préalablement afin de lui conserver son initiative en toutes circonstances. Il n'était pas chef depuis une semaine que la première mission qu'il commandait, aussi difficile soit-elle, puait déjà l'échec à plein nez.


"Au Nord, ensuite... Il faut aller vers l'Est. Il y a une grande artère qui va jusqu'à le 350, mais surtout, le quartier 3 se trouvera directement sur notre gauche."

A peine sa phrase terminée, son talkie se remit à piailler, aussi, le canadien, dans sa mansuétude, se rapprocha un peu plus de la porto-ricaine, tenant l'objet entre eux de telles sorte que la voix s'élève et soit entendu avec clarté par les deux protagonistes :

« Ok, les données sont encore plus difficiles que la fois précédente, mais j'arrive à discerner un point... non deux. Il y a deux points de chaleur en mouvement lent - attendez ils viennent de s'arrêter. J'ai l'impression qu'ils se superposent, je suis pratiquement sûr que l'un d'eux est le même qu'hier, toujours faible. Maintenant je le détecte correctement. Ils doivent être en pleine rue. Ça devrait...

Mais, qu'est-ce que c'est que ça ? Deux secondes c'est pas clair...

Oh non, Samuel, j'ai quatre - plutôt cinq nouveaux points relevés, peut-être plus... Ils se déplacent vite, même très vite et prennent un virage.

Samuel... c'est un véhicule. Il y a un véhicule bondé qui arrive droit sur les deux autres points ! Ils seront dessus dans moins d'une minute ! »


A ces mots, Samuel devint livide puis carrément blanc comme un linge. Cette petite pute de destin était carrément en train de lui faucher toutes ses chances avec une bande de trou du culs qui allaient ramener ce secteur dans le même état qu'il y a deux jours, histoire d'être certain que personne n'ait la moindre chance de survie dans ce quartier pourri, ce n'était pas juste, non, vraiment.

En quelques secondes, il repris un peu de couleurs, amenant le talkie un peu plus haut avant d'appuyer sur le bouton poussoir pour s'exprimer, la voix aussi absente que son regard :


"J'en... J'en ait plein le cul que ce monde fasse l'impossible pour me casser les couilles."

Il relâcha alors le bouton avant de presser l'objet sur le buste de Frida avec une vigueur et une indifférence en proportion de l'idée de ras-le-bol qui l'habitait. Que la jeune femme pense à se saisir de l'objet ou non, il le lâchera pour bouger en avant, vers le Nord, vers la rue et le groupe de zombie, arme au poing.

Et pourtant, malgré son étrange comportement, il ne semblait toujours pas décidé à sombrer. Son pas était décidé mais pas précipité, sa main tenait son arme avec la même fermeté qu'avant, sans la moindre crispation, il n'avait aucun tremblement, aucun trémolo, aucune colère dans la voix.

Il prenait juste un risque inconsidéré en s'exprimant normalement tout en se rapprochant de la petite horde de morts.


"Derrière moi Frida. Garde contact, je vais être occupé là."

Oui, il était bel et bien parti pour envoyer chier la discrétion et abattre le groupe à l'aide de son beretta, en tout cas, ça en avait bien l'air. Fort heureusement pour la porto-ricaine, elle avait un certain temps pour essayer de le raisonner ou le stopper puisque les morts se trouvaient malgré tout à une distance trop respectable pour être facilement liquidés au pistolet.

Samuel n'en demeurera pas moins fermé, ne répondant pas au moindre argumentaire mais n'allant pas jusqu'à repousser Frida si cette dernière se mettait en tête de le stopper. Mais ça... Ce fut jusqu'à ce moment...  Cet instant divin pendant lequel des coups de feux d'une puissance inouïe résonnèrent dans le secteur. Légèrement choqué à l'idée de la scène qui devait se dérouler à quelques centaines de mètres de leur position, il entre-ouvrit la bouche et murmura :


"Putains d'animaux enragés..."

C'est là qu'il cessa totalement de douter, se mettant carrément à trotter dans la rue au pas de course. Ce boucan ne portait pas assez pour masquer le bruit de son arme, mais la sienne ne produirait que quelques éclats, c'était sa chance de liquider un obstacle rapidement, proprement, sans être détecté par quiconque.

Dans son malheur, ils avaient la chance de voir les quelques morts commencer leur route vers le quartier qu'ils désiraient également gagner. Ainsi, parfaitement confiant, le canadien trotta dans leur dos, ne ralentissant l'allure que lorsqu'il fut à courte distance, assez courte pour que certains se retourne... Mais aussi assez courte pour que le jeune homme enchaine cinq tirs rapide et mortels afin de tous les coucher avant que la pluie de plomb dans le voisinage ne se taise enfin.

Ce n'était pas là un exercice des plus difficile mais il ne put s'empêcher de se sentir emplis d'un exaltant sentiment de fierté qui allait peut-être lui ramener une once d'espoir... Ou bien le convaincre définitivement qu'il en avait bien assez fait aujourd'hui au nom du groupe et qu'il serait temps de se faire plaisir aussi.
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