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[Ferme Wallace] Chambre 1 - 29/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Ven 11 Sep - 15:58
Interprété par Jian Wei.

Courant le long de ton esprit embrumé, les paroles claires à saisir mais difficiles à comprendre se succèdent comme un enregistrement ne se lassant pas de repasser les mêmes scènes, les mêmes images et les mêmes sonorités. Virevoltant dans les méandres de ton inconscient, il n'y a aucune prise, aucune corde à laquelle se raccrocher, aucun sol sur lequel trouver un équilibre, emporté par une vague d'impuissance là où la raison cessait d'exister et où la peur comme la douleur n'avaient jamais vécu.

Mais la vague finie par heurter une falaise de lumière et contre celle-ci, ce glissement sans sensation laisse place à une vive souffrance, prenant racine dans ton crâne et se répandant à tout ton corps. Voilà que malgré toi, tu reviens des limbes.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

La douleur, bien que toujours présente, est accompagnée par la perception d'un doux confort, celui d'un lit dans lequel tu reprends vie, bon matelas au long vécu surmonté d'un oreiller moelleux, chouchouté par l'encerclement d'une couverture qui vient fermer ce cocon savoureux. Il s'avère très modeste et à sa façon, c'est ce qui le rend si confortable et plaisant. Le temps de recommencer à discerner correctement les choses et tu peux mieux constater l'endroit où tu te trouves.

Une chambre, à l'odeur de vieux bois et des draps d'un autre temps, bien que toujours à leur poste. Deux lits, un de chaque coté, faits de bois de hêtre sur un fond de mur en bois plus rude, assortis à une table de nuit en vieux chêne qui n'est ornée que d'une horloge visiblement tout droit sortie des années 80 et d'une nappe.
La table de nuit a été soigneusement installée entre deux et à coté de chaque lit une fenêtre avec rideaux, à fleurs, épais qui laissent filtrer une partie de la lumière à travers les parcelles de blanc qui les dominent, celle des étoiles en l'occurrence car l'heure semble tardive. Les fenêtres sont ouvertes et l'air qui en provient est assez frais. Face au lit à gauche de la fenêtre, une armoire large et grande, à deux portes actuellement ouvertes, truffée d'étagères excepté au milieu, où un porte-vêtement en barre est fixé et laisse l'espace vide jusqu'en bas. Le meuble est plein de vêtements, de draps et de couvertures, assez propres.


Tu es allongé sur le lit de gauche, face à l'armoire et le second lit n'est pas vide : quelqu'un s'y trouve, un homme, la tête sur un oreiller et allongé dans le sens inverse du lit, les pieds coté fenêtre, ce qui te permet de le voir sans gêne. Il est habillé d'un tee-shirt noir surmonté d'une chemise beige foncé, d'un jean et de bottes de cow-boy. Sur la tête, un chapeau aussi distinct couvre son visage et ne laisse voir que son menton sur lequel un très court début de barbe est né, il doit être assez jeune pour un adulte. Tu te rends en plus de tout cela compte que ta main droite est redressée contre les barreaux du lit et si tu tentais d'en reprendre possession, un bruit métallique semblable à un cliquetis accompagnant une ferme force autour de ton poignet, empêchant ta main d'être récupérée, t'indiquera la présence de menottes te reliant aux barreaux de bois.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme. Ainsi te voilà vivant, la peau aussi propre au contraire de tes vêtements qui sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Tes possessions si tu en avais ont disparu. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Jian Wei

Anonymous
Invité
Ven 11 Sep - 18:58
La mort… Ca y est, il y était… Après une vie aussi courte qu’inutile aux yeux des autres hommes, le jeune Jian y était. Comme il était de tradition chez les voleurs et criminels de son espèce, elle avait terminé dans la douleur et l’humiliation, suspendu en l’air et battant des jambes pour la foule qui l’observait alors qu’il tentait en vain de grappiller une bouffé d’air salvatrice, avec la promesse de pouvoir ainsi prolonger sa vie de quelques précieuses secondes. Ça avait été lent, une éternité durant laquelle Jian avait eu tout le temps de repenser sa vie et demander intérieurement pardon pour le mal qu’il avait fait… Une éternité pendant laquelle il ne se rendit pas compte des écoulements sortant de tous ses orifices, pas plus qu’il ne perçut ou ressentit les abominations festoyant sur ses jambes convulsées et souillées de ses déjections. Pour lui, plus rien n’importait à part la douleur de cette agonie, l’expiation finale de ses péchés pour lesquels il devrait continuer d’implorer la grâce du seigneur jusqu’à ce que la vie le quitte définitivement. C’avait été soit un avant-goût de l’enfer qui allait le consumer, soit une dernière punition avant la fin de ses souffrances. Quoi qui l’attende après, Jian accueillit l’inconscience comme une délivrance et ne cessa intérieurement d’implorer le pardon de son créateur.
Maintenant il était de l’autre côté, le noir tout autour de lui et certainement face à ceux qui lui rendraient son jugement final, le vrai et l’unique. Le noir était là, le silence aussi et Jian n’osait pas ouvrir ses yeux car il avait peur… Il avait peur de se confronter à l’éternel ou quoi que ce soit d’autre qui doive maintenant décider si son âme méritait le paradis ou l’enfer ; Il avait peur car il avait honte de sa vie, honte de ses actions à tel point qu’il ne semblait même pas encore trouver la paix dans la mort ! Sa conscience continuant de le tourmenter et son corps, toujours aussi douloureux…
Attends une minute… J’ai mal… J’ai mal… Comment ça se fait ?
Se dit alors Jian dans sa tête. Certes, Jian ne s’était convertit à la religion que peu de temps auparavant et même s’il voulait y croire, il fallait bien admettre que n’importe quoi pouvait arriver après la mort, n’importe quoi d’autre que de faire face à une entité omnisciente jugeant votre âme… Par contre ce dont il était presque sûr c’était qu’avoir mal ce n’était pas normal…

Après avoir roulé ses yeux derrière ses orbites fermées et avoir passé sa main droit autours de son cou, le jeune garçon décida finalement de prendre son courage à deux mains et d’ouvrir lentement ses yeux. Une douce lueur nocturne vînt délicatement réactiver ses rétines et une fois que le jeune garçon put voir dans le noir, il entama l’examen des alentours où il se trouvait : une chambre, un peu vieille mais confortable avec à côté de lui un homme assoupi. Essayant de bouger, Jian se sentit restreint, mais seulement au niveau du poignet droit où le contact familier d’une menotte se faisait sentir, entravant ses mouvements. Alors que les doutes concernant son décès commençaient à envahir l’esprit de Jian, une forte odeur assaillit ses narines et venant de sous les draps : son uniforme, il le portait toujours. C’était le même que celui qu’il portait avant, mais il avait vieillit… Les fibres étaient maintenant trouées par endroits, les rayures blanches avaient considérablement jauni tandis que les noires étaient moins vives qu’avant. Sous les bretelles qui retenaient son pantalon, il put repérer le petit rectangle de tissu blanc où était inscrit son matricule, maintenant presque effacé par le passage du temps.

Une chose commençait à devenir claire : ce n’était pas la mort. Jian ignorait où il était, ainsi que QUAND il était, mais à première vue l’heure de son jugement dernier avait bien été retardée.

Une joie immense l’envahit alors et un soulagement gigantesque qui fit perler des larmes de bonheur au coin de ses yeux. Il n’était pas mort ! Il n’était pas mort comme un chien au bout de cette corde, il était toujours vivant et visiblement en bonne santé à l’exception de ses muscles ankylosés qui lui faisaient mal. C’était un miracle ! Tout simplement ! Un miracle ! Jian ne trouvait pas d’autre explication à cela et l’analyse de son corps faite dans les instants à venir le conforterait dans cette idée : pas une trace de blessure, ni cicatrice, pas même un bouton d’acné. En dehors des parasites que son uniforme puant avait dut amener sur sa peau, il était d’apparence impeccable et neuve, aussi neuf qu’un bébé, aussi neuf que s’il venait de renaître…
Il n’en faudrait pas plus au garçon superstitieux pour joindre les mains (avant de se rappeler qu’une était attachée) et marmonner quelques mots en cantonnais tout en levant ses yeux mouillés vers le ciel. Pas spécialement décontenancé, mais surtout bouleversé et qu’importe ce que cela cachait, et qu’importe même qu’il y ait une explication rationnelle à son sauvetage, celui qui gouvernait toute chose avait, à ses yeux, forcément à voir avec tout ceci et l’avait choisi lui, Wei Jian, pour avoir droit à une deuxième chance.

Une fois l’émotion passée, Jian redescendrait sur terre et se tournerait vers l’homme endormit. Se redressant légèrement sur son lit, il se racla la gorge avant de parler sur le ton monotone qui caractérisait son accent de Hong-Kong.

- Monsieur… Excusez-moi… S’il vous plaît monsieur ?
Il continuerait d’essayer de le réveiller en usant d’extrême politesse jusqu’à ce que celui-ci le remarque. Jian commencerait alors à poser ses questions.
- Pardonnez-moi de vous avoir dérangé… Mais j’aurais voulu comprendre quel est cet endroit ainsi que connaître votre identité, soit dit sans vouloir vous froisser d’aucune manière.
Dit-il avec un petit sourire gêné, en ponctuant sa phrase d’une respectueuse inclination de sa tête vers l’avant, presque en réflexe.

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 15 Sep - 2:25
L'homme allongé semblait très confortablement installé, ne réagissant pas ne serait-ce que d'un mouvement du pouce lorsque Jian l'interpella. Les mains croisées sur son estomac, il ne se fit pas non plus réceptif à son deuxième appel. Ce ne fut qu'au troisième que ses mains se détachèrent lentement et qu'il vint, sans se presser, redresser quelque peu son chapeau sous lequel ses yeux ouverts, bien qu'assez peu visibles de cet angle, venaient l'observer. Avait-il été assoupi tout du long ou faisait-il simplement semblant ? Difficile à dire, quoi qu'il en soit, il ne semblait pas le moins du monde surpris d'être ici et encore moins de la présence du jeune asiatique menotté à deux pas de lui.

Ecoutant les paroles de celui-ci, il marqua un temps durant lequel il demeura statique et n'afficha aucune expression, sans même relâcher son index qui avait redressé son chapeau et restait suspendu en dessous. Ce n'est qu'après quelques instants qu'il fit entendre sa voix claire et jeune, bien qu'assez grave, d'un ton désabusé.

« Eh bah dis-donc. Toi mon pote, t'es carrément spécial. »

Redressant davantage son chapeau, il s'appuya sur le lit de ses deux mains pour se redresser, toujours aussi peu pressé, se mettant assis en posant ses bottes sur le sol en plancher. Maintenant qu'il se montrait plus en avant, il était plus facile à décrire. Des mèches brunes de sa chevelure ni courte ni longue dépassaient du couvre-chef, ses yeux étaient marrons foncé et ses traits relativement juvéniles, n'ayant à vu d'oeil pas tout à fait la vingtaine, en dépit de l'existence d'un début de duvet qui donnait à son visage un air mal rasé plus mature. Ramenant ses mains pour les croiser de nouveau, ses coudes bien apposés sous ses genoux en appui, il scruta Jian avec un air quelque peu curieux et assez amusé, reprenant avec plus d'humour, sans paraître vraiment moqueur, plutôt diverti par les manières moins communes que l'on pouvait l'imaginer de son vis à vis.

« Tu te réveilles de je ne sais quelle raclée que t'as pu prendre, dans un endroit inconnu, menotté à un lit comme si t'allais te faire siphonner le postérieur par un détraqué de série Z et tu t'excuse de m'avoir dérangé ? Vous avez vraiment un problème de branchement au niveau de la caboche les sushis. »

Il referma ses lèvres et se passa la langue sur la rangée supérieure de ses dents d'un air méfiant, puis plissa un oeil sans détourner son regard de Jian, devenant tout à coup très sérieux.

« Je m'appelle Wayne, John Wayne et t'es dans mon saloon, le genre de saloon qui stock autre chose que de l'alcool si tu vois ce que je veux dire... » Ponctua t-il d'une expression qui se voulait menaçante, fronçant les sourcils en acquiesçant légèrement, plusieurs fois. Puis finalement, il redressa ces mêmes sourcils et étira un grand sourire taquin. « Non je déconne, je m'appelle Ricky Jefferson, t'es dans une ferme en pleine campagne. En même temps tu risques pas d'être dans une ferme en plein centre-ville... et toi Ping-Pong ? T'es qui au juste et qu'est-ce que tu fiche ici ? »

Jian Wei

Anonymous
Invité
Mar 15 Sep - 18:50
A la fois délicat et un peu maladroit, le jeune chinois avait progressivement élevé le son de sa voix pour essayer de réveiller enfin la personne à côté de lui. Au bout d’une bonne minute à s’époumoner en hurlant ses murmures, Jian parvînt enfin à obtenir l’attention de cet homme qui partageait sa chambre avec lui. Après que ce dernier aie prit la parole et lancer au jeune chinois une longue tirade sur son incompréhension devant sa grande politesse, le jeune homme afficha une mine  confuse et désolé à la fois avant de tenter de s’expliquer.
- Pardonnez mon arrogance, mais j’ai peur que votre analyse de la situation en vous mettant à mon point vue est très limitée… Pour ma part, je me réveille dans un lit douillet, donc bien que cette menotte témoigne de votre méfiance légitime à mon égard, votre hospitalité témoigne pour moi d’une certaine bienveillance. D’où mon utilisation réciproque d’une certaine bienveillance à votre égard tandis que je vous réveille en pleine nuit.
Déclara-t-il avec un sourire légèrement satisfait sur son visage. Il le laissa ensuite lui expliquer où il se trouvait mais fronça tout de même les sourcils quand celui-ci lui déclara qu’il se trouvait en pleine ville. Le jeune Chinois avait beau ne pas être habitué au sarcasme, il pensait malgré tout pouvoir le déceler dans la voix de son interlocuteur. Il utilisa donc la prudence verbale toute particulière qui le caractérisait tout en fronçant les sourcils, trahissant ainsi son air peu convaincu.
- Pardonnez mon impudence mais… Vous ne seriez pas en train de vous moquer de moi ?
Malgré son manque d’humour, le jeune garçon essaya de se rattraper et se força à rire de manière un peu maladroite avant de s’excuser de nouveau.

- Excusez-moi si mon attitude peut vous paraître étrange, mais j’ai beaucoup de mal à comprendre l’humour occidental, n’y voyez surtout aucune malveillance.
Dit-il en inclinant sa tête en avant et en s’efforçant de paraître le plus avenant possible. Malgré l’année et demi qu’il avait déjà passé aux États-Unis, Jian avait véritablement du mal à se faire à cette vie en tous points opposés à la sienne et la manière de vivre hautement protectionniste de la Chine (ainsi que de sa famille) n’avait pas aidé le jeune garçon à s’ouvrir à cette culture que la moitié de la planète partageait pourtant.

Puis vînt enfin la question fatidique de ce qu’il faisait là et Jian baissa la tête. Il baissa la tête par pudeur pour que son interlocuteur ne puisse pas y lire la honte dans ses yeux et il répondit.

- Je… Je sais pas…
Aussitôt, il secoua la tête négativement, sachant que cette ridicule explication ne conviendrait pas à son interlocuteur, mais aussi qu’il lui devait plus.
- J’ai… Je suis mort… En fait… Je ne sais pas ce qui s’est passé, tout est flou, c’était confus. Mais j’ai sombré dans l’inconscience et… Et en fait je croyais ma dernière heure arrivée…
Jian redressa sa tête, l’air toujours un peu confus mais pour autant sincère sur le peu de choses qu’il savait alors, il reprit la parole avec ce fort accent monotone et haché qui le caractérisait.
- Sur ce, je me suis réveillé ici. Pardon de ne pas pouvoir vous en dire plus, mais tel que vous me voyez, je ne comprends absolument pas ce qui m’est arrivé… En dehors du fait que vous m’avez amené ici et pour ça vous avez toute ma gratitude.
Dit-il en inclinant une ultime fois sa tête en avant en signe de respect. C’était un réflexe de sa part mais malgré tout conscient de l’étrangeté de ce code pour les occidentaux, Jian avait pris l’habitude de le refréner pour qu’il ne paraisse ressembler qu’à un hochement de tête.

Une fois ces politesses échangées de nouveau (ou plutôt livrées, dans un seul sens), le jeune Chinois fit cliquer les menottes accrochées à son poignet et prit la parole d’un air de nouveau gêné.
- Pardon de vous demander ça mais… Je comprendrais tout à fait que vous ne soyez pas à l’aise à l’idée de me voir détaché, et comme vous pouvez vous en douter à ma tenue, j’y suis habitué bien que je n’aime pas… Mais je vous serais infiniment reconnaissant de m’ôter ces attaches si vous le voulez bien…

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 18 Sep - 23:47
Le jeune cow-boy observa Jian avec un air dépité, face à ses réponses. Conservant ses mains croisées, il se mit à faire tourner ses pouces l'un par dessus l'autre en boucle, mouvant sa mâchoire avec une grimace de peu de bonne manière, semblant ne pas apprécier les mots de son interlocuteur, bien que ce ne soit pas tout à fait exact : il n'appréciait pas non plus son attitude.

Tandis que Jian se forçait à rire, le jeune homme se redressa debout, sereinement et détacha ses mains, puis tourna les talons, allant vers l'armoire à pas lent, avant de revenir, faisant les cent pas dans la pièce. Tout en jetant des regards furtifs à l'asiatique menotté, il prit appui sur ses hanches en continuant sa marche et reprit ses mouvements de mâchoire qui lui donnaient un air de baroudeur, cherchant peut-être à se faire intimidant.

Au final, quand Jian eu terminé ses réponses et demandait à être libéré des menottes, il put voir le cow-boy s'arrêter, se tourner vers lui et une lueur de colère transparaître de ses yeux, marquant un temps plus court qu'imaginé avant d'avancer brusquement jusqu'à lui. Arrivant comme un buffle sur Jian en martelant le plancher de ses bottes, il le repoussa violemment d'un geste de main sur le lit, ayant l'avantage du réveil difficile de Jian, sa forte migraine et sa condition affaiblie qui ensemble tranchaient sa réactivité et ses capacités. Alors il se pencha quelque peu, gardant une certaine distance en lui lançant d'une voix autrement plus agressive et d'un regard réprobateur, sans crier pour ne pas réveiller toute la baraque :

« Oui c'est ça, demande moi pardon le jaune. "Veuillez me pardonner", "excusez-moi", "pardon". Avec tes signes de tête à la con et ta voix hautaine de tarlouze, tu crois avoir affaire à qui sale petit enfoiré de prétentieux ?! » Grondait-il, prit d'une vive irritation qu'il projetait verbalement sur cet invité inconnu. « Vous autres les salopards d'hypocrite, avec vos belles phrases, vos airs à la cool à deux ronds et votre façon de jouer au type raisonnable bien rangé. Vous savez y faire pour baratiner les bonnes poires, mais je te vois faire l'amateur. Ton air satisfait et ton putain de sourire dédaigneux tu te les collent dans le fion si tu veux pas que je te l'étire en y enfonçant un manche de guitare. »

Il se redressa de nouveau en serrant le poing droit, prit d'une vive envie de le lui coller en pleine figure, avant d'en extraire l'index avec lequel il pointait du doigt l'adolescent fixement.

« Mon analyse de la situation est limitée ? Je vais te dire dans quelle situation tu te trouves crétin. Je vois un gamin merdeux qui joue au plus malin alors qu'il se réveille menotté à un lit dans un lieu qu'il ne connait pas avec des gens armés qui s'en foutent de sa tronche, prêts à lui faire sauter la tête si il se fout de leur gueule. Alors le petit merdeux va revoir son ton et garder ses menottes. Je ne suis pas ton pote ni ton bienfaiteur t'as pigé ? Je suis ton geôlier, t'as intérêt à faire gaffe à ce que tu dis. »

Jian Wei

Anonymous
Invité
Sam 19 Sep - 0:37
Pendant plusieurs secondes, Jian resta silencieux et observa les mouvements, les allées et venues du type dans la chambre sans vraiment parvenir à faire sens de son attitude. A vrai dire Jian avait mis de la bonne volonté à paraître amical et même si le fait qu’il ait des réserves paraissait normal dans leur situation, son hostilité qui avait l’air de grandir de manière exponentielle semblait irréelle et à la limite même de l’irrationnel. Jian perdit donc le peu de sourire et d’assurance qu’il avait pour s’enfoncer un peu dans le lit en attendant la réaction de cette individu qui tardait à venir, mais dieu qu’il ne fut pas déçu du voyage quand ce mec explosa et se mit presque à lui hurler dessus en lui plaquant la main sur le torse.

Par cette action cependant, il avait mis au clair les choses pour le jeune asiatique qui ne pourrait pas vraiment compter sur sa propre définition de la sympathie pour s’attirer celle de son interlocuteur… Pour autant tout cela restait incompréhensible pour le jeune homme qui roula ses yeux dans tous les sens d’un air un paniqué et beaucoup moins assuré que quelques secondes plus tôt quand il avait cru établir un contact positif. Confus, Jian baragouina.

- Non…. Non non non … C’est pas ce que vous croyez…
Il n’aurait cependant pas l’occasion de terminer avant que le type face à lui n’enchaîne avec les insultes, notamment en rapport à ses origines et sa manière de s’exprimer. Ayant touché la corde sensible, Jian fronça ses sourcils et se redressa un peu dans son lit, fixant le type dans les yeux et la bouche serrée le temps qu’il termine son discours. Quand il eu terminé, Jian avait du mal à contenir sa colère et dut réaliser un effort important pour peser ses mots et retenir ses poings afin de ne pas faire ou dire quelque chose qu’il allait regretter par la suite. Cependant son honneur avait été souillé ici et même si des excuses s’imposaient, il convenait également de remettre les choses dans l’ordre.

- Non mais vous plaisantez ou quoi ? D’abord vous me traitez de jaune, de sushi, vous parlez des gens de ma race et c’est vous qui vous sentez insulté ? Non mais vous vous rendez compte de la portée blessante de tout ce que vous m’avez dit depuis tout à l’heure ? Quant au fait que je sois poli, excusez-moi mais oui, je pars effectivement du principe que je vais pas insulter un personne qui est vraisemblablement celle qui m’a sauvé la vie, si vous êtes pas capable d’y voir autre chose qu’une attitude hautaine et irrespectueuse eh bien je suis désolé pour vous mais vous avez certainement grandit dans une famille qui vous a pas appris ce que c’est que de dire merci !
La colère de jian avait passé dans ces mots mais toujours pas sa confusion, il posa sa main sur son visage pendant un instant puis la secoua violemment, comme pour dégager sa boîte crânienne de sa propre étreinte avant de continuer.
- Écoutez, je ne comprends pas ce qui m’arrive ! Les derniers souvenirs que j’ai, j’étais à l’agonie, en train de mourir et je me suis réveillé ici. Vous m’avez offert un lit et des soins mais maintenant vous m’agressez, m’enfin mais qu’est-ce que vous voulez ?

La détresse et l’incompréhension étaient palpables dans les yeux de l’adolescent à cet instant et pour un peu il se serait presque mit à pleurer. Ce qu’il voulait, il ne tarderait cependant pas à l’expliquer et à ces mots, le visage de Jian se referma de nouveau, cette fois-ci dans une sorte de colère résignée. Quand il eut terminé son paragraphe, Jian répondrait après avoir imbriqué à sa pomme d’adam un mouvement de va et venue vertical dans sa gorge.
- Je connais ce genre de situation… Yes sir…
Répondit-il amer mais visiblement maté. Un silence s’écoula durant lequel le jeune Jian fit fonctionner ses méninges à toute allure pour essayer de faire descendre la tension maintenant existante.

Le naturel revenant au galop il reprit la parole de sa voix posée et calme.

- Ecoutez… Je mets ça sur le compte de l’incompréhension culturelle. Je crois qu’il y a eu un malentendu entre nous ici, mais croyez-moi quand je vous dis que je n’ai absolument pas cherché à vous prendre de haut où à vous offenser de quelque manière que ce soit… Vous m’avez sauvé, et je vous en suis reconnaissant, et sachez que ce n’est pas dans ma nature de me foutre de la gueule de gens envers qui j’ai une dette aussi grande, et encore moins si ces gens sont armés et me retiennent prisonnier… Et ce n’est pas la taule qui me l’a appris.
Jian poussa ensuite un soupir et bougea légèrement le poignet, faisant ainsi cliqueter la chaîne de ses menottes contre les barreaux du lit avant de lâcher une dernière phrase qui précéderait la réponse de son interlocuteur.
- Que puis-je faire pour vous prouver ma bonne foi ?
De la détermination était palpable dans sa voix, mais la bienveillance était beaucoup plus discrète car Jian hésitait maintenant à en employer avec cet homme qui semblait la confondre avec une tentative de se foutre de lui.

Evènements

Anonymous
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Mer 23 Sep - 22:47
Le jeune cow-boy ramena l'index et lentement, vint croiser les bras, continuant de fixer l'asiatique avec un regard noir. Tandis que son vis à vis s'empêtrait dans ses réponses, il fronça les sourcils puis prit une mine désabusée avant d'arquer le sourcil droit, le tout sans relâcher sa posture ni répondre directement, laissant couler ce qu'il entendait avec l'impression donnée qu'il avait affaire à quelqu'un parlant dans une langue bien assez étrangère pour qu'il se demande où il cherchait à aller.

Détournant les yeux un instant de coté avant de revenir à lui, il secoua la tête légèrement en lançant d'un ton exaspéré :

« T'es un gamin complètement abruti ou tu le fais exprès ? Je viens te de dire que tu peux te faire exploser le crâne si tu revois pas tes manières et tu insultes ma famille ? Tu veux crever ? Hein ? Tu veux claquer c'est ça ? T'es pas suffisamment heureux de te réveiller que tu cherches à retourner te faire bouffer par les vers ?

C'est pas un problème culturel, t'es juste trop con, il est là le problème. »


Alors qu'il accablait l'adolescent, sans le ménager d'aucune façon, un bruit vint perturber cet échange presque musclé : quelqu'un toquait à la porte. C'était doux, mais étant donné le silence environnant les deux jeunes hommes, il n'en fallait pas plus pour qu'ils l'entendent tous les deux. Le garçon au chapeau tourna la tête vers l'origine du bruit en achevant ses derniers mots, marqua un temps puis revint à Jian en décroisant les bras.

« Je veux pas de ta bonne foi alors tu la boucles et crois-moi tu vas rester menotté. Plus tu insisteras, pire ce sera pour toi. »

Après quoi, il se dirigea vers la porte de la chambre et posa la main sur la poignée pour la manipuler, entrouvrir la porte et regarder au dehors par le faible espace qu'il avait cédé. Après qu'une autre voix se soit faite perceptible, calme et trop faible à la distance de Jian pour qu'il en distingue aucune caractéristique ou le moindre mot, le cow-boy jeta un regard vers ce dernier quelques instants avant d'ouvrir un peu plus et de sortir, refermant derrière lui.

Se retrouvant seul, dans cette ambiance pesante et incertaine, Jian pouvait entendre qu'une discussion avait lieu de l'autre coté de la porte, veillant à être assez basse pour ne pas être comprise. Cela dura un certain temps, deux bonnes minutes, bien plus longues qu'elles ne devraient paraître car elles faisaient se suspendre une large épée de Damoclès au dessus de la tête du jeune homme.

Finalement, son geôlier présumé rouvrit la porte pour entrer, le pas plus lent que précédemment. Dans sa main droite, Jian pouvait aisément le distinguer, il tenait un fusil Ruger Model 44, le canon vers le plafond et planqué sous son bras. Scrutant l'asiatique en refermant derrière lui, il fit couiner le plancher au rythme de ses pas, toujours aussi lents, se rapprochant de lui en redressant l'arme pour la saisir entre ses deux mains, sans viser encore Jian.

Ce n'est qu'une fois qu'il eut retrouvé sa place à quelques centimètres du lit qu'il chargea l'arme d'un mouvement sec.

« Nous avons décidé quoi faire pour toi. Je suis désolé... » Commença t-il péniblement, l'air d'être absolument contre ce qu'il disait lui-même.

Jian Wei

Anonymous
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Mer 23 Sep - 23:47
Jian observa son interlocuteur exprimer sa haine, son désarroi et sa colère par toute une multitude de mimiques et de mouvements de bras caractéristiques, puis le coup de grâce lui fut enfin asséné quand ce mec recommença à l’insulter et le malmener dans tous les sens.
Empli d’une incompréhension mêlée de colère, Jian secoua lentement sa tête de gauche à droite, essayant en vain de faire sens de cette envolée lyrique qui, à ses yeux, se contredisait elle-même. A quel genre de frapadingue avait-il affaire ? C’était la question qui trottait dans son esprit à l’instant et qui commençait aussi à l’inquiéter, au point qu’à la colère se mêlait maintenant un vent de peur perceptible dans son regard de plus en plus inquiet et la légère sudation qui sortait maintenant de la racine de ses cheveux.
Quand le type eu finalement terminé et lui dit de la boucler, beaucoup de réactions violentes, physiques comme verbales, venaient en tête du jeune homme. Ayant cependant appris à se contrôler en prison où le moindre faux-pas pouvait avoir de graves conséquences (un peu comme ici en fait), Jian résista à l’envie d’envoyer chier son interlocuteur et se contenta d’une réponse étrangement dénuée de tout sarcasme.

- Yes sir…
Ce type était son geôlier, et même si pendant un moment le jeune homme avait espéré être sorti d’affaire, la vérité était tout autre : il était bel et bien toujours en prison, figurativement si ce n’était littéralement. A partir de là, il devait traiter le gardien avec le même respect que les membres de l’administration pénitencière qui avaient, comme lui, toute latitude d’infliger les punitions qu’ils souhaitaient aux détenus.

Après cette déclaration, Jin baissa même les yeux. Sa fierté en prit un coup, mais en prison il n’y avait pas de place pour ça, alors autant agir comme il l’avait fait jusqu’à maintenant. Ca ne l’empêcherait pas cependant de regarder ce jeune homme de travers quand il aurait le dos tourné pour répondre à la visite d’un inconnu. Des types comme lui, il en avait vu en taule… Pas des fortes-têtes, des dominateurs, ceux qui se croyaient au-dessus de tout le monde et pissaient sur le reste du monde du haut de leur pied d’estal… Souvent ça se réglait à coup de surin dans les douches et ce genre de petite attitude hautaine était définitivement effacé de leur personnalité, à tout jamais… Ce que Jian se disait à ce moment ? Deux choses : que d’une il avait de la chance que lui n’était pas comme les autres détenus, les bêtes déchaînées enfermées pour des activités de gang aussi stupide que violentes, et deuxio qu’il avait de la chance que la prison n’existe plus à l’heure actuelle, car s’il y était, par sa main ou une autre, le sort de ce type serait scellé de la même manière.

Quand enfin ce type eu terminé de s’entretenir avec le mec derrière la porte et qu’il revînt vers lui avec une arme en main, Jian n’eut pas besoin d’un temps de réflexion supplémentaire pour faire les maths. Le jeune garçon devînt complètement livide et se renfonça dans son lit autant qu’il le pouvait. Une fois que le mec face à lui ai annoncé la funeste sentence, l’asiatique ne put retenir les larmes qui coulèrent de ses yeux et essaya d’étouffer un sanglot. Après quelques secondes, il secoua la tête.

- Non vous ne l’êtes pas…
Malgré qu’il l’ait déjà affronté par le passé, Jian n’était pas plus prêt à mourir qu’il ne l’était l’autre fois… Mais comme l’autre fois ce n’était pas à lui de décider. En tout cas ce type s’était bien foutu de sa gueule tout du long… Peut-être même que cette finalité avait été prévue depuis le début et qu’il n’avait fait que s’amuser avec lui… Cette idée traversant l’esprit de Jian lui parut totalement cohérente à en juger la situation et ne fit qu’ajouter à sa rancœur. Ou peut-être s’amusait-il avec lui en ce moment même et ce n’était pas du tout ce qui avait été dit de l’autre côté de la porte… Dans les deux cas ce mec était désormais confirmé comme un sadique finit et Jian n’allait pas lui faire le plaisir de détourner le regard, ou encore moins de le supplier. Bravant sa peur, il se redressa dans le lit pour affronter la mort encore une fois, implorant du bout des lèvres le seigneur pour que tout ça ne soit qu’une mauvaise farce… Ou qu’il veuille bien l’accueillir dans son royaume quand ce serait fait…

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 19:16
« ... d'avoir été odieux. » Termina le cow-boy d'un ton signifiant clairement qu'il se force, après avoir laissé tout le loisir à Jian de subir ce moment de doute intense. « Mais étant donné que tu m'as insulté en plus de ton attitude à deux balles, tu peux aller te faire voir pour le reste. Sauf si tu t'excuse, là, je serais ok pour en faire autant. Sinon... »

Ne daignant pas céder à sa semi-hostilité, il n'en demeure pas moins qu'il glissa une main dans sa poche en lâchant la détente de l'arme. A t-il volontairement laissé planer le doute et permis à Jian d'appréhender une rapide nouvelle mort ? Possible. Était-il sadique ? Difficile à dire, à moins qu'il ne s'agissait que d'une vengeance à sa manière, les larmes du jeune homme ayant sans doute cru frôler la mort - à juste titre, ne lui faisaient ni chaud ni froid en apparence, voir même ajoutaient à sa satisfaction intérieure, ce qui était également difficile à statuer dans un sens ou un autre.
De sa poche, il sortit une paire de petites clés rattachées à un anneau métallique, qu'il lança d'un geste indélicat sur le torse du menotté. Récupérant la crosse de l'arme de la main en amenant son index près de la détente, il recula de deux pas et revint au lit voisin, sur lequel il prit le temps de poser son postérieur. Le jeune homme resta silencieux tandis qu'il patientait que son invité se libère le poignet du grand anneau emprisonnant. Ce n'est qu'à ce moment là, le fixant toujours en ayant à peine cligné des yeux, qu'il s'adressa de nouveau à lui.

« Je vais te dire, ça fait dix minutes que je te connais et je ne t'aime déjà pas. Toi non plus tu ne m'aimes pas j'imagine mais puisque tu es l'invité et moi l'hôte permet-moi de m'en fiche. J'aurais encore préféré que tu continues à pioncer et ne pas avoir attendu dans cette piaule aussi longtemps pour avoir droit à ça. Mais tu es là, et surtout je suis là. Et par chance ou grâce au bon dieu, nous ne sommes ni des bandits, ni des assassins. Je dirais même que le chef de cette ferme est de loin le meilleur homme que j'ai croisé depuis le début de toute cette merde, si ce n'est de ma vie. Enfin, hormis mon frangin. » Marquant un temps, il posa le fusil sur ses genoux et plaça ses deux mains dessus, y prenant un appui dont il n'avait probablement pas besoin.

« Mais soyons clairs. Si t'as le malheur de tenter quoi que ce soit contre lui, ou contre qui que ce soit ici, ou si tu essaies de nous voler... tu n'auras pas le temps d'en tirer la moindre satisfaction que tu te retrouveras avec une jambe déchiquetée, en prévision de ce qui suivra. Et tu n'aimeras pas ce qui suivra. Comme n'importe qui, à moins d'être un gros taré masochiste, et même là... bref. Ne réponds rien avant que je ne termine, ça peut être long. Merci. » Coupa t-il net sur la fin, que Jian ai tenté de répliquer ou non et s'arrachant par la même un remerciement forcé.

« Je dois t'éclairer, c'est mon boulot du jour. Alors, on va commencer par le commencement. Tu te trouves dans une ferme, éloignée de la ville. Je dirais même qu'elle est pratiquement paumée, c'est ce qui nous donne l'avantage de ne pas vivre un enfer. Ça et d'autres circonstances j'imagine. L'homme qui la tien s'appelle Nelson Wallace, un fermier qui a le don de cogner comme une enclume et de coller sa fourche dans le cul des cons. Il est très sage et croyant.
Nous sommes, à la base, sept dans notre groupe, sans compter les visiteurs comme toi. Nelson, Clark, l'intello du groupe, Pamela, une jolie blonde avec des mains en or, Dakota, une autre jolie blonde avec une voix en or et Ana, une jolie brune avec des fesses en or. Mais ça, tu le répètes pas si tu veux pas qu'elle te casse la gueule, et qu'elle me casse la gueule, ce qui m'obligerait à te doublement casser la gueule et mettrait Nelson en colère qui me doublement ruinerait la gueule. Et comme ça me ferait foirer mes chances avec elle, je triplement casserais ta gueule. Tu vois un peu l'effet papillon, ce serait dommage pour moi et surtout pour toi. »


Il s'arrêta sur ces dernières paroles empruntes de philosophie - ou pas, joignant ses lèvres en passant sa langue sur la rangée inférieure de sa dentition d'un bout à l'autre, chose très visible. Au fait qu'il n'ai pas reprit, Jian pouvait aisément comprendre qu'il lui laissait la parole.

Jian Wei

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 23:35
Toujours raisonnablement partagé entre les doutes qu’il avait sur le fait que ce mec ne tirerait pas et les doutes qu’il avait concernant le fait qu’il tire, Jian avait quand même fait le bilan sur son âme quand son braqueur décida de finalement baisser l’arme, prouvant de ce fait qu’il était un enfoiré aux yeux de Jian. Passé le soulagement, Jian explosa en larmes et enfoui son visage dans sa main détachée pendant quelques secondes avant de finalement le redresser, ruisselant de larmes et figé dans une expression de colère intense.
- (Cantonnais) Espèce de… De… (Anglais) Vous n’avez pas le droit ! Ça ne se fait pas de jouer avec la vie des gens comme ça !
Il faudrait encore bien une bonne dizaine de secondes à Jian pour se calmer et reprendre ses sens. Il récupéra au vol les clés des menottes et les considéra un bref instant avant de les tourner dans les menottes. Libérant finalement son poignet, il massa l’endroit où son bracelet de métal était fixé pour faire passer la douleur et l’engourdissement.

Maintenant libre de ses mouvements, Jian réfléchit à ce qu’il allait faire : lui demander pardon ? Il n’en avait pas vraiment envie après ce qu’il venait de faire, mais dans le même temps rester dans un attitude de rancœur ne servirait à rien, quand bien même il avait vraiment une envie extrêmement forte d’écraser son poing dans la figure de ce type pour lui apprendre à ne pas traiter les gens comme ça. Après avoir poussé un soupir, il déclara simplement.

- Je vous ai déjà dit que je ne cherchais pas à vous vexer. Si je vous ai blessé, je le redis, je m’excuse…
Cependant, Jian n’en restait pas là et son regard sous-entendait bien qu’il voulait que son interlocuteur en fasse de même pour son comportement inqualifiable…

Puis il en rajouta une couche, déclarant qu’il ne l’aimait pas et ainsi de suite. Jian le coupa immédiatement, malgré l’impolitesse de cette intervention, il en avait marre de le voir jouer son petit numéro de cow-boy et tout sauveur qu’il était, il y avait besoin de clarifier des choses.
- Pardon de ne pas avoir apprécié des insultes racistes et de mettre fait braquer par cette carabine. Il y a d’autres manières pour sympathiser avec les gens que leur foutre la trouille de leur vie, et pour quoi au final ? C’était juste gratuit ! Et méchant !
Cette objection pouvait peut-être sembler puérile pour son interlocuteur mais pas pour Jian, il avait eu très pur et ses mains tremblaient encore de l’adrénaline. Peut-être que ce type n’avait pas pensé à mal autant que ça, mais en attendant, Jian avait vécu cela comme à la limite du traumatisant.
Mais dans le même temps, Jian voulait comprendre, quel genre d’individu faisait ça ? Le genre à n’être ni des braqueurs, ni des bandits à ses dires. Jian décida alors de clouer son bec et de ravaler temporairement sa fierté et décida de ne pas rajouter de l’huile sur le feu, le laissant continuer jusqu’au bout.

La fin du discours de Ricky laissa se dessiner un petit sourire sur le visage de Jian, très amusé par ses explications et sa manière de présenter les gens dans la ferme. Par peur que ce sourire soit pris pour une impolitesse ou une moquerie, il l’effaça de son visage dès qu’il dut prendre la parole, s’excusant en coup de vent avant d’enchaîner.

- Excusez-moi… Bien… Merci d’avoir pris le temps de m’expliquer ça… Je... Je n’ai pas vraiment compris ce qui s’était passé ces derniers temps. Je suppose que vous m’avez sauvé de la prison où j’étais incarcéré… Est-ce que vous y avez secouru d’autres gens ?
Et heu… aussi qu’est-ce qui s’est passé à l’extérieur ces derniers temps ? En taule, on ne nous a rien dit.
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