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[Ferme Wallace] Réveil nuageux, réveil heureux ? - 20/02/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Ven 25 Sep - 8:57
Interprété par Adam West & Kyle Collins.


La mort, tu pensais qu'elle t'avait attrapé en plein vol pour t'emmener loin du monde des vivants, que cela soit rapidement ou au bout d'une longue agonie. Le noir complet, le froid, le néant plus rien qui existe hormis cette sensation de froid qui revient sans cesse. Est-ce la mort ? Continuer à ressentir des choses. L'enfer ou le paradis. Le froid augmente autour de toi et bien vite tu sais que cela n'est pas normal surtout qu'à travers tes paupières closes tu peux percevoir de la luminosité. Du froid plus mordant digne d'un jour fortement venteux, le grondement d'un orage au loin, le jappement d'un chien puis la sensation d'être sur quelque chose d'humide s’immisce en toi. Dès que tu ouvriras ne serait-ce qu'un oeil tu pourras discerner un ciel gris-noir au dessus de toi, de lourds nuages menaçant sont là. Petit à petit tes sens se remettent en action et tu sens le vent sur ta peau puis de l'herbe sous tes doigts, une odeur d'humidité flotte dans l'air. Quant à ton ouïe, elle te confirme la présence d'un chien non loin.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Dès que tu essayeras de bouger, deux choses vont t'assaillir en même temps : un violent mal de crane amplifié par des aboiements et la sensation que tu n'es plus en mesure de faire quoi que se soit, tu as des réflexes dignes d'un comateux. Une fois passé le plus gros de la douleur, tu pourras regarder autour de toi pour découvrir que tu es au milieu d'une vaste prairie d'herbe mouillée à moitié jaunâtre. Puis ton regard tombera sur un grand et majestueux doberman qui te fixe babines relevées en grognant et découvrant les crocs, à quelques mètres derrière lui une silhouette bien humaine. Celle d'une toute jeune femme, pas plus de vingt ans, pas très grande et toute menue, ses longs cheveux blonds flottant au vent, elle aussi te fixe du regard et elle n'a pas l'air très rassurée. Tout pourrait aller pour le mieux si ton cerveau tout juste remit en marche ne t'envoyait pas des flashbacks dans le même temps, ceux de ta vie d'avant mais surtout du moment où tu es mort. Mort ? Mais pourtant, tu sembles en vie.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi te voilà vivant, ta peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Adam West

Anonymous
Invité
Jeu 1 Oct - 10:19
Le visage d'un type masqué, à moins qu'il ne s'agisse de bandes, l’embaumant telle une momie. Une femme nue, une silhouette étrange et cette petite fille, qui tenait la main d'une... chose. Il n'y avait aucune prise, rien à quoi se raccrocher, seulement la sensation qu'un tsunami l'emportait non pas au rythme de l'eau, mais de paroles sans queue ni tête ou presque. Des citations, des sous-entendus, plein de palabres qu'il ne comprenait pas. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Un espèce de message codé ? Une énigme que seul un Chuck Norrisien pouvait comprendre ? En tout cas pour le coup, le Son of Chuck était paumé, au bout du rouleau, pas de quoi honorer el padre.

La décharge qui suivie fut un vrai foudroiement, l'extirpant de son cauchemar trop flou, le ramenant à quelque chose qu'il n'était pas sûr de pouvoir comprendre non plus. Rien n'avait plus de sens. Il eut un sursaut, revenant des tréfonds de son délire pour ouvrir les yeux, lentement sur… le ciel. Gris, noir, triste, déprimé, merdique en somme. Le ciel semblait être le reflet des limbes d’où il sortait pourtant, frappant d’effroi une âme fragilisée, qui fut sans davantage de pitié mordue par le froid. Etait-ce la fatigue ou la violence de son état qui rendait ce monde si glacial ? Il se sentait congelé, frigorifié, surgelé, ou tout autre adjectif pour son sentiment synthétisé en « putain ce qu’il fait froid ».
Le mal de crâne qui se révéla fut certainement le plus agressif qu’il eut à supporter depuis sa première beuverie d’adolescent. Grognant subitement en amenant sa main à sa tête, redécouvrant le fait qu’il ait si peu de cheveux, un avantage au jour le jour mais un désavantage quand il s’agissait d’être dans une chambre froide en plein air, il mit du temps à sortir de la stase dans laquelle il était pris. Quand il rouvrit les yeux, les choses étaient un peu moins chaotiques dans son esprit et sa douleur crânienne, toujours aussi forte avec l’impression plus ancrée que l’on avait remplacé sa tête par une boule de bowling.

De nouveau il vit ce ciel gris-noir. Si l’incertitude quant au fait qu’il puisse toujours être dans son délire demeurait, il crut être assailli une fois de plus par les voix quand un bruit sonore et ô combien désagréable vint rajouter à son supplice. Mais bien vite il prit conscience que ce n’était pas les voix. En fait, il ne s’agissait même pas de l’expression d’un humain, mais d’un canidé.

« Putain de merde… »

N’ayant trouvé que cela à sortir très péniblement, il se redressa comme il put sur le côté, soit difficilement, conservant ses yeux plissés. Malgré cela, il put distinguer la silhouette large et puissante du doberman qui était à proximité, ainsi qu’une autre, bien différente puisqu’humaine, avec la forte impression d’être observé, allez savoir pourquoi.

« Qu’est-ce que… qu’est-ce que vous m’avez fait ?... » Baragouinait-il d’une voix faible tandis qu’il se retournait face contre terre en hissant sa carcasse. « Attendez… que je me relève et je vais… je vais… vous défoncer la gu… »

Il n’achevait pas sa phrase, relâchant en remplacement un soupire souffrant en tout et pour tout, servant de conclusion à sa menace, alors qu’il faisait tomber le nez contre l’herbe plus fraîche qu’elle ne devrait. Et tant pis de la manière dont ses vis-à-vis prendraient sa menace, après tout il n’était pas en état de réfléchir et ne savait pas dans quoi il était fourré, si ce n’est que c’était loin d’être plaisant.

Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Jeu 1 Oct - 13:35
Elle observe longuement le réveil visiblement houleux de cet inconnu, reculant de quelques pas en le voyant bouger, il ne l'inspire pas du tout. En même temps les autres n'inspiraient pas plus la jeune femme, à la différence près que cette fois c'est elle qui assiste à cette scène qui est quand même bien irréelle si elle y pense bien. Tout en sortant de sa poche le couteau papillon qu'elle a en permanence sur elle puis en l'ouvrant, elle se remémore les conseils reçus, savoir ce qu'elle doit dire, ce dont elle doit s'assurer. Heureusement qu'elle n'est pas seule en cet instant, la présence de son ami chien l'aide à surmonter la trouille qu'elle ressent. Doberman qui lui aussi a bougé en voyant l'intru remuer, il a avancé de quelques pas et grogne un peu plus fort, restant prêt à attaquer à tout moment. Jusqu'au moment ou la jeune blonde réalise cela et qu'elle lui fait signe de revenir près d'elle, il s’exécute et vient se coller à la jambe de la fille.

Adam, si tu ne peux voir vraiment ce qui se joue près de toi vue ta position, tu pourras néanmoins entendre le chien grogner plus fort puis s'arrêter d'un coup. Dès que tu bougeras de nouveau et que tu pourras observer la jeune femme blonde et le chien, là tu pourras les voir côte à côte, elle tenant une arme blanche dans les mains et le chien semblant attendre un ordre ou un mouvement brusque de ta part pour démarrer. Et signe que tu as du parler plus fort que tu ne le pensais, la jeune blonde t'adresse la parole, d'une voix mal assurée.

- Je ne vous ai rien fait, par contre j'aimerai bien savoir comment vous êtes arrivé au beau milieu de ma prairie ? Et surtout pourquoi ?

Un coup de tonnerre se fait entendre au loin, tandis qu'à tes côtés se trouvent toujours trois objets bien alignés, nettoyés et semblant flambant neuf. Ton mal de crane reste toujours présent mais un peu plus en sourdine pendant que tu peux constater que la fille attend de pied ferme les réponses à ses deux questions. Au milieu de tout ça, le froid qui persiste, tu peux acquérir la certitude que l'époque de l'année à laquelle tu es, ne correspond pas du tout à celle de tes derniers souvenirs réels. Comme si cela ne suffisait pas, d'un coup le doberman redresse les oreilles en tournant la tête sur sa gauche et sans prévenir, il part ventre à terre à une trentaine de mètres de là en aboyant comme un forcené sur quelque chose.

- Tobby ! Au pied !

Mais le chien refuse d'obéir et reste à aboyer devant quelque chose là bas dans l'herbe. Quelque chose que toi du moins, tu ne peux pas voir.

****

Kyle : Tu pensais en avoir terminé avec la vie, libéré de toutes les souffrances de ce monde, ne plus jamais rien ressentir que cela soit en bien ou mal, que cela soit une bonne ou une mauvais chose pour toi. Mais la vie et surtout la mort peuvent être de grandes farceuses, l'une te réclame et l'autre ne veut plus de toi. Le froid t'envahit. Elles ont passé un accord et se moque bien de savoir si tu es d'accord ou non. Ce qui ressemble à une décharge électrique, de prime abord, parcoure ton corps. Un froid vif et mordant t'enveloppe, tu ne rêve pas de cette sensation qui s'ajoute à la perception d'une faible luminosité. Des aboiements arrivent à tes oreilles, violents et rapprochés mais aussi non loin de toi.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Les aboiements se poursuivent à travers desquels il te semble entendre une voix féminine plus loin, le temps que tu percute de ce qu'il se passe et tu verras un ciel gris-noir au dessus de toi. Alors que ton corps est allongé sur de l'herbe, dont tu peux sentir l'humidité sur ta peau et même à travers tes vêtements. Dès que tu essayeras de bouger, deux choses vont t'assaillir en même temps : un violent mal de crâne et la sensation que tu n'es plus en mesure de faire quoi que se soit, tu as des réflexes dignes d'un nouveau né. Une fois passé le plus gros de la douleur, tu pourras regarder plus avant autour de toi pour découvrir que tu es bien sur de l'herbe au milieu d'une vaste prairie. Puis ton regard tombera sur un grand et majestueux doberman qui s'il n’aboie plus beaucoup, depuis ton premier mouvement, te fixe intensément, semblant attendre quelque chose ou quelqu'un. D'ailleurs si tu regarde attentivement, tu pourras voir à une trentaine de mètres de ta position, la silhouette d'un jeune femme blonde. Tout pourrait aller pour le mieux si ton cerveau tout juste remit en marche ne t'envoyait pas des flash-backs dans le même temps, ceux de ta vie d'avant mais surtout du moment où tu es mort. Mort ? Mais pourtant, tu sembles en vie.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi te voilà vivant, ta peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Lun 5 Oct - 10:15
J’avais l’impression de dormir sur une pâte géante de chewing-gum. Vous savez, quand ça devient gluant, qu’on s’enfonce à en perdre pieds, et que le moindre mouvement pour arrêter cette machine infernal ne nous entraine que plus encore vers le fond, parce qu’il n’y a rien de solide à quoi s’agripper. Pas de branche, pas de racine, pas barre de fer ou de pilier de béton.
Ca me rappelait cette soirée bien arrosée avec les frères. Dernier jour de garnison, on rentrait à la maison. On s’était saoulé toute la nuit durant d’alcool local, du tord-boyau, pour n’avoir aucun regret. Je ne pourrais pas donner plus de détail, l’odeur au réveil était plutôt atroce. Pas comme celle que je respirais en l’instant, plus nauséeuse, et dégueulasse, à en faire vriller l’estomac de nouveau.
Et pourtant, fallait être frai comme un pinson. Fallait montrer à l’officier qu’on était de putain de bons soldats. On avait partagé quelques claques dans la gueule pour se remettre mutuellement les idées en place, pendant que les plus vaillants brandissaient les trophées issu du polaroïd. On avait astiqué comme des malades notre lieu de débauche, et on s’était présenté avec notre paquetage, fiers comme des limaces, au pied du Lockheed. Des souvenirs qui ne se partageaient jamais autrement qu’entre nous. Comme disait l’autre, ce qu’il se passait en Opex restait en Opex.

C’était ça, pas vrai ? Mon cerveau faisait un prodigieux retour en arrière, transporté à la plus belle époque de ma vie, condamné à revivre tous ces moments avant de m’entrainer dans la mort. C’était étrange qu’il ait choisit ce moment précis alors que bien d’autre méritait qu’on s’y attarde. Pourtant, tout y était, l’état larvaire, l’odeur nauséabonde, le mal de crâne, les aboiements…

Attend, attend, une minute. Les aboiements ? Non, ça, ça n’y était pas. J’essaye de bouger, j’ai l’impression d’être compressé sous une tonne de ciment cette fois-ci, et ne reçois le signal que de mon index qui plie à ma demande. Je lutte pour ouvrir les yeux. Si je pouvais supplier pour qu’on me libère de cette torture, je le ferais bien, mais j’arrive pas même à ouvrir ma gueule. C’est comme si on m’avait figé dans un bloc de glace, pour l’éternité.
Une éternité qui ne dura que quelques minutes en réalité. J’ai froid jusqu’à mon caleçon congelé, les chaussettes qui patauge dans une espèce de purée juteuse.

«  Putain, les mecs. Z’êtes chier quand même … »

Ca ne pouvait pas être autre chose. Ça ressemblait au bizut Jamie qu’on avait ligoté dans la fosse du parcours, en pleine nuit d’orage. Il pleuvait des cordes. Il avait manqué de se noyer ce con. J’me débats, j’ai pas vraiment envie de finir en ridicule devant les frères. J’vais leur montrer de quoi est fait un vrai Seals.

J’ouvre brusquement les yeux et me redresse, j’avais vraiment cru avoir été attaché pourtant, mais les mouvements se font d’un seul coup plus libre que je ne l’avais cru. Et alors que mon buste atteint le point culminant, ma tête me rappelle à l’ordre en s’acharnant sur ce qu’il me reste de cerveau à coup de pilon. La gerbe me monte aux lèvres, je sers les dents pour ne rien cracher, mais c’est plus fort que moi.
Je me tourne de l’autre côté de mon épandage, sur le ventre. J’ai un mal de chien à retrouver mes esprits. On est quel jour ? On est où ?

De l’herbe. Rien à voir avec les dunes rocailleuses, ou le sable oppressant. Humide en plus. J’ai presque de la boue collée sur le menton, et la goutte au nez. Je m’essuies les lèvres d’un revers de manche lorsque le grondement de cabot fait encore écho à mes oreilles, plus sourd cette fois-ci, plus menaçant. Ma tête me fait encore un mal titanesque, mais j’ai connu sans doute pire, alors je lutte, je relève la tête droit devant moi pour observer la plaine qui s’étend loin, au-delà de ma vision réduite par un temps aussi obscure qu’une pleine nuit d’hiver.
C’est là que je vis. Les oreilles dressées, il me regarde droit dans les yeux. Les siens sont d’un espèce de jaune, fendu. J’imagine déjà ses crocs se planter dans ma chair. Je sais pertinemment que ce genre de clebs c’est tout ou rien. Soit j’ai la chance que son maitre soit pas loin, soit je pris immédiatement la sainte vierge pour que ce soit rapide et le moins douloureux possible.
C’est dingue ce que cet animal a comme effet sur moi. Je me suis immédiatement figé dans ma posture très peu glorieuse, je fais d’un seul coup moins le fière. Sans blague, je me rappel bien les dégâts que font ces trucs, on m’a déjà fait porter la tenue toute rembourrée en me disant « vas-y, excite le ! » . Alors je m’étais mis comme un paon devant l’animal à claquer des mains et le menacer, me foutant de sa gueule au passage tandis qu’il tirait sur sa laisse en attendant un seul mot, un seul, de son maitre, pour partir comme un dératé. J’ai alors couru, Sainte Mère de Dieu, comme un dératé moi aussi, et le molosse, un Malinois avec des crocs monstrueux, relâché et démuselé, m’a coursé. En trois secondes, il était sur moi. Il m’a sauté dessus en agrippant mon bras et m’a trainé au sol sur plusieurs mètres. Malgré les protections, j’ai eu un bleu énorme.
Et là, j’ai pas de protection. Alors je me retrouve comme un con en attendant ma sentence. J’sais pertinemment que m’enfuir en courant servirait à rien.

Je passe mon regard aux alentours. Je vois la blondasse pas loin. Et puis je me souviens… les morts qui marchent, la décadence de l’humanité, le champs de guerre à domicile. Celle qui m’a mordu avait la même crinière, blonde comme les blés, maculés de sang, crasseux, collants, couvert de boue, mais je les savais blond. J’ai l’impression de sombrer plus bas que terre. Je calcule plus rien. Ni le chien, ni sa dominante. Il me faut une arme, absolument, désespérément.
Comment survivre sans ?

Je cherche des doigts,  je tombe sur un truc rigide et courbe, un bâton ? Ils ne vont pas tarder à débarquer, je dois me mettre en sécurité. Ça fera l’affaire. Je brandis l’arc sans me rendre compte de son véritable usage, je le sers entre mes doigts. Si les créatures se pointent, j’exploserais leur crâne les uns après les autres. J’me laisserais pas faire. Je le sais maintenant, que cette blonde, cette femme, ce n’est plus la mienne. La mienne est morte.

Adam West

Anonymous
Invité
Lun 5 Oct - 18:43
Il resta affalé un petit moment, alors que les aboiements reprenaient de plus belle. C'était un vrai supplice, comme si il avait une monstrueuse migraine d'après-fête qu'un employé de la ville s'amusait à achever au marteau-piqueur de bon matin tandis qu'il s'efforçait de rentrer chez lui. Non ça c'était pas une comparaison, c'était un souvenir. D'ailleurs d'autres lui revenaient, doucement dans son esprit, rapidement dans la réalité. Son cerveau semblait faire une sorte de point express, il essayait de réordonner ce trou béant qui le paralysait à moitié, mais tout ce bruit l'assommait un peu plus à chaque seconde.

Grommelant de façon bien assez audible tout en soulevant péniblement sa carcasse de coté, il lâcha le plus franchement du monde : « Tu peux pas dire à ton clebs de la boucler ? »

Plus ça allait, moins ça allait, mais ça allait quand même. Rouvrant les yeux en restant appuyé sur son épaule, les bras mollement soulevés du sol humide, il eut l'impression qu'on lui collait une lampe-torche à deux centimètres en plein dans la mouille tant la lumière naturelle lui dégommait les rétines. Il plissa les yeux jusqu'au point où il ne voyait presque rien, si ce n'est un flou absolu d'où il discernait la silhouette demeurée à quelques pas de lui. Il pouvait tout de même se rendre compte que son gros caniche avait prit la tangente, cela dit de là à savoir où, il n'en était pas encore venu à ce stade de conscience et il s'en fichait royalement dès lors que la bestiole se tirait.
Peu à peu, la lumière devint moins agressive et il se laissa tenter à ouvrir les yeux, délogeant les couleurs du monde à son regard embrumé, jusqu'à ce que sa vision soit totalement rétablie. Le simple fait de remettre ses neurones en marche et d'observer ce qu'il avait devant lui demandait un effort quasi-colossale l'espace des premiers instants, un état de fait qu'il devait à cette horrible migraine persistante. Pourtant déjà, il y avait un peu plus d'ordre dans sa caboche. Adam, il s'appelait Adam West. Ca commençait par son prénom, puis le reste émergeait comme une tornade qui au lieu de prendre tout sur son passage, retournait la gravité à la manière d'un sablier pour tout lui balancer en pleine poire. Ses parents, ses frères, ses conneries, ses ex, la fille du voisin, l'enfoiré de la piscine, Chuck Norris, le générique de Texas Ranger, Back in Black d'AC/DC... et les bouffeurs de tripes.

Si sa vie défilait dans son esprit, le laissant comme un con dans sa position idiote au sol, pratiquement figé près d'une longue et harassante minute, elle s'empressa de bâcler les bons moments pour revenir aux plus chiants de l'historique West. Autant dire qu'elle ne tarda pas à lui rappeler, au-delà de sa bonne vieille Harley Davidson avec laquelle il avait passé ces derniers mois, les bâtiments en flammes, les créatures de l'enfer et le foutu bordel de ce putain de monde. L'hémoglobine, les coups de guitare acharnés sur le crâne d'une gamine zombifiée, le hurlement bien viril d'une Sterling L2A3 trouant tous ces fumiers en faisant gicler des gerbes et des gerbes de choses dont il ignorait jusqu'au nom scientifique, le coup de hache dans le ventre du vieil épicier en lambeaux.
En fait non, dans son cas on pouvait pas dire qu'il y ai vraiment eu de moments chiants depuis que la terre était devenue un parc d'attraction géant ultra-gore. En tout cas, jusqu'au moment où il s'était fait surprendre, jusqu'au moment où... il ne savait plus trop, il s'était fait mordre ? Griffé ? Il s'était prit quelque chose ? Il y avait un... camion ? Cet épisode-là fut beaucoup moins bien raconté par son cortex cérébral et coupa net à son déphasage momentané, si ce n'est le souvenir de s'être fait fumer la tronche, assez pour être dépouillé, décédé, défenestré, débarbouillé, démonté... tous les trucs en "dé".

Ce qui était plus clair tout de suite, c'est qu'il devait bouger car les minutes défilaient et à divaguer comme ça, il risquait de retourner vite-fait chez tonton Jésus. Retourner ou y aller ? Tout était mélangé dans sa tête. Etait-il encore mort ou en enfer ? Cela ne lui avait pas vraiment traversé l'esprit en fait. Après tout si il était mort il aurait pas le dos en compote, si il était au paradis sa première vision aurait dû être un joli cortège de beautés en string et si il était en enfer, il devrait avoir le cul en feu. Des raccourcis ? Peut-être, cela dit dans la seconde on s'en foutait un peu. Ainsi, sans plus s'éterniser au ras de l'herbe, il se retourna à nouveau sur le ventre mais cette fois s'appuya brusquement sur le sol et se hissa dans un grognement caractéristique du mec qui en chie, grognement qui ne prit fin que lorsqu'il était de nouveau debout. Droit comme un "i" et frais comme un gardon, il se tint majestueusement et plongea son regard digne de Clint Eastwood dans celui de la nana. Non c'est pas vrai.
La vérité, c'est qu'il tangua comme un bébé qui découvre l'utilité de ses jambes à la seconde où il fut debout et manquait de se rétamer à nouveau comme un pâté de canard trop chaud dégoulinant sur le sol, la planète se mettant à tourner autour de lui durant quelques longues secondes. A moins que ce ne soit lui qui était vraiment déréglé. Levant les mains à mi-hauteur devant lui et pour lui-même, il secoua sèchement la tête par réflexe, n'ayant aucun vrai bénéfice à le faire que de s'aider psychologiquement parce qu'en fait, il en rajoutait une couche. C'est au moment où son crâne descendit du grand huit qu'il prit conscience que la blondinette lui avait répondu. A croire que d'une ligne directe sans interférence, son cerveau s'était pour l'instant mit sur répondeur roumain et recevait les messages en - très - différé.

« Ta prairie ? Mais qu'est-ce que tu... »

Il fronçait les sourcils en répondant quand il mit le frein à main sur son dernier mot, détaillant un peu mieux celle qu'il avait en face de lui. Une petite bout de chou n'ayant à priori même pas la vingtaine et aussi frêle qu'une guêpe anorexique. Plutôt jolie d'ailleurs malgré son coté cure-dent, bien que sa chevelure blonde et ses petites formes lui donneraient dans d'autres circonstances bien envie de se curer avec. Un peu bizarre comme image mais c'était toujours plus subtile que dire qu'il l'aurait bien sautée. Ah bah c'est dit. Seulement ce n'était ni son physique ni ses petits airs qui attirèrent vraiment son attention, mais plutôt le couteau, ou l'aiguille à tricoter selon son point de vue, qu'elle tenait en main.
Cette fois ses sourcils se levèrent de perplexité et il l'observa un instant, avant de tourner le regard à gauche, puis à droite, localisant le chien qui visiblement avait quelque chose ou quelqu'un d'autre dans le collimateur. Il semblait que la petite avait l'intention de se protéger, à moins qu'elle soit assez couillue pour plutôt tenter de lui sauter dessus, et bien que dans une situation plus classique il lui rirait au nez, il devait bien avoué qu'il n'était pas dans son assiette et surtout, n'était pas du tout en forme. Le pourquoi du comment, il verrait plus tard, pour l'instant, il baissa les mains et la fixa autant qu'elle avait prit soin de le fixer, un peu plus tôt ou toujours en l'état.

« T'as l'intention de faire quoi avec ton couteau à beurre petite ? Tu veux me planter ? » Il laissa échapper un genre de léger rire plus amusé que moqueur, même s'il demeurait dans son ton et ses manières la tête dans le cul. « Tu crois que parce que j'ai l'air défoncé tu peux rétamer le bon Chucky avec tes mains d'enfant ? »

Titubant légèrement de droite à gauche, à la fois par mal-aise et par nonchalance, il conserva son sourire en coin un peu dédaigneux, certainement provocateur, avant de jeter un oeil à coté de ses pompes. Il n'y avait pas fait vraiment attention, mais son coin d'oeil ne l'avait pas trompé. Il y avait du matos par terre, et pas tout à fait de la bouse. Un sac, des clopes, un briquet et le plus intéressant, un joli hachoir flambant neuf, comme sorti de l'usine la veille.

Prenant un air de rien, il revint à elle, soutenant son regard si elle ne disait rien, lui donnant l'impression d'être attentif si elle rétorquait, ne bougeant pas si elle agissait. Dans un cas comme dans l'autre, il ne manquerait pas de se pencher soudainement sur le coté pour saisir maladroitement le manche du hachoir, rasant l'herbe tandis qu'il poursuivait son élan involontairement en basculant sur deux ou trois pas, frappé d'un vertige, avant de se redresser tant bien que mal et affirmer sa prise sur le manche de son arme de sa main non-directrice, beaucoup plus confiant tout de même à présent. Autant dire qu'il était prêt à en découdre, si elle voulait jouer au con.

Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Mar 6 Oct - 12:18
Comment il a dit déjà ? Ah oui ne pas les brusquer, les laisser reprendre leurs esprits et essayer de ré-apprivoiser leurs corps. Elle doit rester patiente et surtout ne jamais oublier qu'elle doit limite les considérer comme des enfants réapprenant à vivre et qu'elle ne doit pas leur tenir rigueur des paroles ou des mouvements qu'ils peuvent avoir. Mais bon sang que c'est dur pour elle de rester stoïque, elle se sent mise à nue, vulnérable et elle a la trouille, même si elle sait qu'elle ne risque rien. Oui une bouffée de panique est monté en elle quand elle a réalisé que le doberman a déniché la seconde personne se trouvant là, quelle idée elle a eu là de leur dire qu'elle pouvait s'en charger pour une fois. C'est surtout qu'elle ne s'attendait pas à tomber sur deux hommes avec une stature pareille et dont au moins celui devant elle n'avait pas droit à un réveil facile.

Adam, ta position verticale est instable au possible et tu as raison de penser que tu ressemble à un bébé apprenant à marcher pour la première fois, néanmoins tu parviens à rester debout. Pendant que tu avise ton arme, la jeune femme te répond d'un ton calme autant que tu puisses en juger :

- Je vous le redis, je ne vous ai rien fait et je ne veux pas vous faire quoi que se soit, juste que vous répondiez à mes questions.

Elle te voit galérer à essayer de ramasser ton arme et elle ne bouge toujours pas restant à quelques mètres de toi et quand tu te stabilise enfin, sa voix se fait entendre à nouveau :

- Vous ne devriez pas, vous allez vous faire mal !

La jeune blonde ponctue sa phrase d'un sourire doux et franc pendant que dans son regard passe un réel nuage d'inquiétude à l'idée que tu te blesses. Et le pire, tu peux le sentir, elle a entièrement raison, dans ton état tu es incapable de soulever correctement ton hachoir et tu acquière la certitude que tu serais tout aussi incapable de t'en servir. Ce poids pourtant léger pèse mille fois plus lourd qu'il ne le devrait, comme si tes muscles fraîchement remis en marche ne pouvaient pas le supporter. Et tout aussi simple d'emploi que peut l'être ce hachoir, il te fait l'effet d'être un poids.

Pendant ce temps là, Kyle, tu émerges de ton inconscient, tu prend connaissance de ce qui t'entoure difficilement, tes souvenirs reviennent et tu attrape l'arc que tu prend pour un simple bâton. D'ailleurs à ta manière de le tenir, il y en a un autre qui prend cela pour un bâton, tu peux voir le doberman devant toi remuer de la queue, penchant légèrement la tête d'un côté puis de l'autre en émettant un couinement. Par ses mouvements, il t'invite clairement à jouer avec lui, un chien aussi dangereux qu'il peut être joueur. Ce qui te fait comprendre qu'il est certes dressé à la garde et donc très dangereux mais qu'il n'est pas non plus un chien tueur ou un chien de ring comme tu as pu en côtoyer avec le malinois de tes souvenirs. Tu es sans nul doute sur son territoire.

D'ailleurs en parlant de territoire, maintenant tu peux mieux appréhender ce qui t'entoure et te rendre compte qu'à part la vaste prairie, il n'y aucun mort-vivant à l'horizon et que si un venait à approcher les lieux, tu aurais largement le temps de le voir venir. Les seules choses vraiment menaçantes à proximité, sont l'orage qui s'apprête à éclater au dessus de ta tête et le doberman devant toi. Plus loin à une trentaine de mètres, la voix de la jeune blonde te rappelle qu'elle est bien là et bien vivante :

- Tobby ! Ce n'est pas l'heure ! Ramène le ici plutôt.

Le chien se fait réprimander de vouloir jouer avec toi alors que visiblement, il ne devait pas le faire. D'ailleurs il change d'attitude et se remet droit sur ses pattes, les oreilles pointées en avant sur toi mais peut-être que tu ne le verras pas faire, qu'à la place tu verras directement que la jeune femme n'est pas seule et qu'à quelques mètres d'elle se trouve un autre homme. Un autre inconnu qui semble chancelant sur ses pieds et tout aussi paumé que toi dans cette situation.

Adam, tu auras pu suivre le regard de la jeune femme te quittant tes yeux un bref instant, tu l'auras entendu s'adresser au chien et tu peux maintenant découvrir qu'à côté du doberman se trouve un autre homme tenant quelque chose dans ses mains sans que tu arrive vraiment à mettre un nom dessus. Un homme qui a l'air tout aussi perdu que toi même.

Kyle et Adam, vous avez maintenant pleinement conscience de vos présences respectives au milieu de cette prairie avec pour compagnie une jeune femme blonde et son chien de garde.

Kyle, le doberman ne te laisse que peu de temps pour saisir la situation avant de t'inviter à le suivre en faisant des aller-retours : il s'éloigne de quelques mètres de toi en direction de la jeune femme tout en piétinant à moitié puis il revient à toi et ainsi de suite. Si jamais tu ne réagis pas assez vite à son goût, il ira même jusqu'à prendre ta manche dans les dents, si tu es à genoux. Ou par le tissu de ton pantalon, si tu es debout, essayant de te tirer dans la bonne direction.

Bien entendu, Adam, tu pourras voir le chien faire ses "pas de danse" s'il te prend l'envie de le regarder, à moins que tu restes concentré sur la jeune femme devant toi.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Ven 9 Oct - 22:42
J’ai l’impression de planer. D’avoir bouffé du space-cake ou une connerie du genre. L’espace d’un instant. Un bref instant. J’ai cru que c’était l’apocalypse. Mes souvenirs sont tronqués ? J’ai du mal à savoir où est la réalité et où est le rêve. Il n’y a pas de mort, pas de créature nappées d’hémoglobines, juste des gens normaux, qui parlent, marchent et se tiennent normalement. Mes doigts me faisaient mal tellement je serrais le bâton fortement entre mes mains. J'étais pourtant prêt à en découdre, avec n'importe qui, n'importe quoi, tout ce qui pouvait bien s'avérer comme un danger menaçant ma vie. Et pourtant, la petite blonde n'était pas Elle, et il n'y a pas de puissant molosse prêt à me bouffer la carotide, par ailleurs.
Je regardais le chien, il faisait des aller-retour, remuait la queue, joueur et attendait. Attendait quoi ? Qu’est-ce qu’il espèrait ? Que je vienne le caresser ? Que je lui donne de la bouffe ?
J’ai mon cerveau fonctionnant à cent à l’heure et mes idées s’embrouillaient. Comment j’ai pu seulement croire que des morts pouvaient bouffer des vivants ? C'était forcément ça, un espèce de rêve tellement réaliste, tout du moins sur le plan émotionnel, qu'on en vient à croire qu'il s'est produit. J'avais dû m'endormir devant le dernier Romero Jr.

J’ai un espèce de petit rire nerveux, complètement crispé dans mes bask', je perdais la boule. Je sentais ma main droite relâcher la pression et passer sur mon visage pour tenter de retrouver mes esprits. Va falloir que je dénoue ce sac de nœud et bien vite si je veux pas me retrouver à faire la vache au milieu de ce près.

"Ok, ok." Dis-je tandis que je relevais la main devant moi, paume vers le bas, en approchant de la gamine avec une prudence calculée.

Le but était de n'effrayer ni la bête, ni sa maîtresse. Quand au grand dadet qui se trouvait non loin, son visage, et surtout les expressions qui s'en dégageaient, autant dire que je n'étais pas vraiment à l'aise. Je m'apprêtait à nouveau à ouvrir la bouche, mais le chien me surprit encore dans mon élan, me laissant idiot sur ce que j'avais imaginé à son propos un peu plus tôt.

En fait, ce cabot était vraiment étrange. Rien à voir avec ceux dressé pour tuer que j'avais, plus ou moins, fréquenté. Je ne doutait tout de même pas que si mon attitude avait été autre, il aurait davantage préféré me transformer en gelée de cochon. Peut-être que tant que je gardais cette attitude, il continuerait de se montrer amical.

Le voilà qui se met à me tourner autours dans l'espoir de m'inciter à avancer. Du moins c'est ce que je pense comprendre de son attitude. J'ai jamais vraiment essayé de comprendre ces trucs là avant ce jour. Pourtant, mon père en avait deux très beaux.  Un couple de Braque de Weimar à la robe grise argentée. Il s'en servait pour la chasse. Je n'ai pas pu les côtoyer longtemps. Enfin, rien à voir avec ce Doberman de toute façon.

Je fais un nouveau pas vers la blonde, observant son visage. J'ai l'impression de m'attendre à chaque seconde voir ce dernier troué de vers gluant, ramper et la ronger. Des boyaux qui sortent de son ventre, de la bave, et autres trucs peu ragoutant. Mais non, rien de tout ça. Elle semblait tout à fait normal, comme elle devait être.

Avant que le molosse ne s'agace de ma non-réactivité, j'observe attentivement l'autre homme se saisir de son hachoir.

"Mademoiselle ? Vous avez besoin d'aide ?"

Bon, ok, j'ai sans doute l'air complètement paumé dans cet endroit plus qu'étrange. Je ne sais pas vraiment ce que j'ai fais la veille en vérité pour finir dans cet état, mais pour le coup, ce n'est pas ce qui me passe par la tête en premier. Plus j'observe la femme, et plus j'ai l'impression qu'elle a encore moins sa place que nous dans cet endroit, face à deux hommes armés. Oui, j'ai bien identifié au passage que ce n'était finalement pas un bâton mais un arc à poulies. Étrange circonstance de le trouver ainsi par terre d'ailleurs.

Et puis le chien se met à me traîner par le bas du pantalon. J'ai faillit abattre mon arme de fortune sur la tête de ce cabot quand j'ai vu qu'il ouvrait sa gueule vers mon mollet, et fort heureusement pour moi, mon temps de réaction du fait de ce maelstrom dans ma tête, frôlait l'indécence, m'empêchant de commettre l'irréparable.

Adam West

Anonymous
Invité
Sam 10 Oct - 16:46
C'était un vrai capharnaüm, non, c'était carrément un bordel. Ce putain de hachoir semblait peser une tonne alors qu'il y a deux mois à peine, Adam tranchait des trucs avec ce genre d'outils et ça depuis des années. Après tout cette apocalypse avait transformé le monde en un abattoir géant et c'était le type d'endroit dans lequel l'ancien boucher un peu - ou beaucoup - cinglé se sentait très à l'aise. Tuer des bêtes, c'était son boulot et putain ce qu'il aimait son boulot, c'est pourquoi dire que le monde était devenu un abattoir, c'était comme dire qu'il était devenu un parc d'attraction, le pied intégral, même s'il fallait pour ça manger parfois, souvent, de la merde et sentir la poule moisie, de toute façon c'était pas le fait de se laver tous les cinq jours qui embêterait un mâle comme lui.

Mais pourquoi galérait-il autant ? Ses muscles paraissaient peser trois tonnes sur le coup, ou alors c'était l'arme qui pesait trois tonnes sous sa force de crevette diabétique. Un sacré emmerdement dont il se serait bien passé, mais la thèse de la drogue ingérée par la contrainte se faisait plus probable d'un coup. Il était pas mort, c'était pas possible, il avait peut-être survécu à sa morsure, ce qui faisait de lui un vrai Son of... sa morsure ! Il tourna le regard vers sa jambe droite et vint, en dépit d'un nouveau vertige, brusquement tirer son pantalon jusqu'au genou en s'énervant sur le pan récalcitrant, afin de pouvoir voir son mollet. Et là... rien. Pas une égratignure. La morsure avait tout simplement disparu.
Plus ça allait et moins ça allait, vraiment ça allait pas en fait. C'était pas normal cette situation, cette prairie à la con et cette nana qui lui parlait comme à un gosse. L'incompréhension, les difficultés et le malaise qu'il ressentait lui donnaient des envies de meurtre, ça lui faisait monter la rage et il ne tarda pas à l'exprimer. Il leva, certes péniblement, le hachoir à mi-hauteur en désignant la jeune femme et prit un ton sec et colérique tandis que sa mâchoire se crispait et que ses traits s'étiraient, ses yeux bleus s'éclaircissant encore plus comme deux lampes-torches - même si le comparatif était un poil abusé.

« Tu me dis pas ce que je dois faire la collégienne et t'as intérêt à retirer ton sourire de garce tout de suite si tu veux pas que je te pète les dents ! C'est quoi cette saloperie de farce ? Tu te fous de ma gueule avec une bande de potes c'est ça ? Vous m'avez amené ici pour me faire tourner en bourrique ? »

Comme si ça ne suffisait pas et que sa désorientation ne le mettait pas suffisamment en rogne, le molosse revenait, accompagné d'un autre type qu'il n'avait vu se relever que du coin de l'oeil, n'ayant pas vraiment accordé d'attention à ce qu'il se passait plus loin. Il avait une gueule de top-model homosexuel bon à pomper du dard et se faire troncher dans un club échangiste. A sa main, il portait un arc, parce qu'en plus d'avoir une tête à claques ce gars se la jouait Robin des Bois version mascotte de club de fitness. En le voyant arriver, Adam ne baissa pas son hachoir et lui jeta un regard méprisant de haut en bas avant de très vite revenir à la nana.
Pourtant, le nouvel arrivant trouva utile d'ouvrir son clapet en servant du mademoiselle et en prenant l'air de celui qui vient se mêler de ce qui ne le regardait pas, peut-être qu'il se pensait capable d'intervenir si elle avait "besoin d'aide". A cela, Adam tourna les yeux vers lui sans le regarder et lui lança tout aussi brutalement de sa voix rauque et impatiente, dont l’énervement ne faisait que monter davantage.

« De quoi je me mêle Blanche-neige ? Occupe toi de tes fesses et ferme ta gueule si tu veux pas que je te siphonne les deux. » Il revint à la blondinette en baissant son arme, non par choix mais plutôt parce que ça commençait à peser sévèrement sur le peu de force qui lui restait. « J'ai pas envie de jouer avec toi ni avec ton gigolo, alors si tu veux que je réponde à tes questions t'as intérêt à me dire exactement à quoi tu joues et ce que je fous ici.

Je te préviens. Si toi ou tes potes vous avez abîmé ma bécane je transforme ta putain de prairie en zone de guerre et je vous donne à bouffer aux bestioles du coin. »


Il était vraiment désorienté et de mauvais poil, l'un allant forcément de paire avec lui et bien qu'il le sentait, il était vraiment pas en forme, fatigué, il n'avait pas l'intention de s'écraser et de laisser quiconque ici ou ailleurs se foutre de lui aussi facilement. Il n'était pas con, dans son état il n'avait aucune chance de sortir vainqueur d'une mêlée avec un molosse comme celui qui était à quelques pas de lui, avec ou sans le hachoir. Mais quand vous vous réveillez après avoir normalement crevé au milieu de nulle part face à une gamine qui fait la maline, avec un état de drogué et sans aucun repère ni vos possessions fétiches à portée, il paraît évident que les "salut" et "ça va ?" ne sont pas de mise.

Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Lun 12 Oct - 17:02
Du coin de l’œil, elle voit le chien accomplir sa mission et diriger tranquillement l'autre homme vers elle, ce qui a le chic de la faire sourire,  il est vraiment doué dans ce qu'il a à faire. Mais cela lui laisse aussi le temps de poursuivre son observation du premier homme, celui en face d'elle. Elle le voit qui commence à comprendre qu'il est à la limite de ne plus rien savoir faire mais surtout elle le voit s'en prendre à son pantalon pour en inspecter sa jambe tant bien que mal. Et là elle sait qu'au moins celui là est dans le même cas que les autres avant lui d'après les conversations auxquelles elle a assisté et les mises en garde qu'elle a reçues.

Adam, à ton premier éclat de voix, tu peux voir la jeune blonde sursauter légèrement avant de reculer d'un pas ou deux et tu as l'impression qu'elle resserre sa prise sur le couteau qu'elle a en main. Pour autant elle ne te répond pas et si son sourire ne disparaît pas, il s'amenuise. De nouveau elle tourne brièvement sa tête vers le chien et le nouveau venu.

- Juste que vous n'en rajoutiez pas plus, s'il vous plait.

Si tu as tout le loisir de pouvoir t'adresser à l'inconnu à l'arc, elle lui aura parlé avant toi.

Kyle, alors que tu approches sous la surveillance du chien, tu as pu entendre l'homme s'adresser à la jeune femme d'un ton sec et colérique. Puis elle répond à tes questions par une demande, nul doute qu'elle craint que la situation s’envenime si tu en viens à t'énerver. C'est le moment choisi par l'autre homme pour s'en prendre à toi puis de nouveau à elle.

Adam et Kyle, alors que la situation semble aller de mal en pis, vous pouvez voir le doberman venir se coller contre la jambe de la jeune fille, babines retroussées dévoilant ses crocs, il est prêt à défendre sa jeune maîtresse quoi qu'il arrive. Et tout le monde sait qu'un chien qui n'aboie pas, et fait cela, est encore plus dangereux et imprévisible que le reste du temps. Mais surtout vous pourrez voir la blonde claquer de la langue et perdre toute envie de gentillesse, réagissant en dépit du bon sens comme n'importe quel jeune adulte : sous l'impulsivité du moment. Envolée sa retenue, elle réagit au quart de tour aux nouvelles paroles de l'homme au hachoir, pas par des gestes mais par des paroles, perdant dans le même temps le vouvoiement qu'elle a mis jusque là.

- Je viens de te demander comment tu es arrivé ici et pourquoi, c'est bien que je ne le sais pas moi même. Et de nos jours, je n'ai pas vraiment le loisir de faire des blagues ! L'apocalypse, les zombies qui bouffent les gens, ça ne te rappelle rien ? Vu ta réaction un peu plus tôt sur ta jambe, je dirais que tu vois très bien de quoi je parle. Et j'ai un autre scoop pour toi, oui tu as été mordu par un rôdeur et oui tu en es mort mais pour une raison que j'ignore te revoilà bien en vie et ici au beau milieu de ma prairie. Et avant que j'oublie, tu n'as pas un peu l'impression qu'un détail cloche dans la météo ? Je parie que dans ton dernier souvenir on était à la fin du printemps ou dans l'été 2034 et bien sache qu'on est fin Janvier 2035. Ah et tu es à Snyder...

Elle a parlé vite et vous la voyez se stopper d'un coup dans ses paroles et se mordre la lèvre inférieure, comme si elle venait de réaliser qu'elle s'est laissée emporter et qu'elle en a trop dit et trop vite, adoptant la posture typique d'une enfant qui va se faire sermonner par un adulte. Bien que cela laisse supposer qu'elle aurait encore des choses à vous dire et donc qu'elle est on ne peut plus sincère. En tout cas après le choc de votre réveil, en voici un nouveau pour vous deux, car même si elle ne s'est adressée réellement qu'à l'un de vous deux, Adam en l’occurrence, ses paroles vont obligatoirement résonner dans la tête de l'autre, Kyle donc.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Lun 19 Oct - 9:51
Je ne sais pas si c’était les circonstances qui me mettaient de mauvais poil, ou si c’était sa gueule qui me revenait pas, mais je sentais que le grand loustique avait besoin d’être remis à sa place. Il m’avait piqué à vif alors que j’avais encore l’impression d’être en plein bad trip, et menaçait de surcroît cette frêle jeune femme avec son couteau de boucher en main. J’avais l’impression de débarquer comme un cheveu dans la soupe sans rien comprendre de ce qu’il se passait, mais il y avait des choses que ni la raison ni la logique ne pouvait laisser passer.

Je sentais ma main raffermir sa prise sur le bâton dont j’avais finalement identifié l’usage. C’était drôle, mais ce geste-là, la corde plaquée contre mon avant-bras gauche, m’était davantage plus familier que le timbre même de ma voix. Certes je sentais bien que quelque chose clochait, que l’appréhension que j’avais sur l’engin était différent d’habituellement, du moins de ce que mes souvenirs me laissaient me rappeler, mais le brouillard s’était légèrement estompé à ce sujet.
Ma main droite avait détaché l’une des flèches fixées au cadre de carbone, encochant celle-ci sans tendre la corde, prêt à réagir en cas de pépin.

Je ne doutais pas que le clébard qui grondait non loin de la petite blonde serait plus vif à intervenir que moi, mais si ça pouvait accentuer un peu plus la pression à l’autre con de service, ça n’en serait que bénéfique. Je lui lançais par la même occasion un regard sévère et vindicatif, un truc sourcils froncés et visage froid histoire de lui confirmer qu’ici il n’y avait aucune place pour une plaisanterie supplémentaire.

J’ai failli répondre au grand dadet, mais la donzelle fut plus rapide que moi dans l’histoire. Et pour tout avouer, ses paroles me déstabilisèrent, peut-être plus qu’à l’autre.

Que venait-elle de dire ? Zombie, apocalypse ? J’avais bien un souvenir du même genre, mais pour moi c’était un mauvais rêve d’une nuit cuitée supplémentaire, rien de réel. Rien de réel, n’est-ce pas ? C’est là que je me suis souvenu, la morsure, la fièvre, la douleur. Mais je suis bel et bien en vie non ? Je crois que j’ai eu un léger tique nerveux, mon visage s’est crispé, mais j’ai essayé de faire genre : bien évidemment, je le savais. Pas de soucis à ce niveau-là, moi j’vais bien.
Et là, elle balance les quatre vérités au loubard, et j’ai l’impression que c’est mes propres réflexions qu’elle a perçu. Vient-elle de lui dire que lui aussi a été mordu, est mort de la fièvre et est revenu en vie comme un lendemain de fête ?
Vient-elle de dire qu’on est en Janvier 2035 et à Snyder ? Je me sens vraiment pas bien d’un coup, le sang a quitté mon visage. La concordance entre les dires et mes pseudos-rêves est bien trop étroite pour être vrai, tout ceci n'est qu’une espèce de coup monté, de caméra cachée ? Trop gros pour être vrai.

J’pouvais pas rester figé comme ça à me poser cent millions de questions, j’avais besoin de réponse, mais un temps pour chaque chose.

Je lève mon menton vers l’autre homme, le désignant de ce geste avant de prendre la parole après avoir humecté mes lèvres que je sentais de plus en plus sèches.

« Ecoute mon gars, pose ce couteau. T’es pas la moitié d’un con pour savoir que ça te mènera nul part ce que tu as en tête là. Y’a des trucs louches que t’arrive pas à capter, j’veux bien te croire, mais calme tout de suite ton jeu, l’Grincheux, c'pas comme ça qu'on obtient des réponses, surtout dans ta situation. »

Je me déplaçais légèrement, pas à me mettre pile devant la gamine, mais au moins pour être prêt à faire rempart au cas où. Il avait intérêt à lâcher prise, j'avais vraiment pas que ça à faire.
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