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[CFJ, ZdC 1] Ce matin, un lapin... - 31/01/35
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Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 15:28
Interprété par Jena Higgins et Melody Campbell.

Depuis le retour de sa dernière excursion, Melody est restée bien plus pensive encore qu'à son habitude, quelque chose semble la travailler au corps. Les autres devant se dire que s'est du au message radio d'Ivy et tout ce qu'il peut bien impliquer pour la suite des événements et quelque part ils n'auront pas tord. Mais pour elle ce qui prend souvent le dessus, et lui évite aussi de songer à miss lunettes, c'est le phénomène qui s'est produit lorsqu'elle était dans cette maison là bas avec Seth. Cette tasse qui s'est envolée toute seule et qui a manqué de percuter son compagnon en pleine tête. Les suppositions qu'elle en a tiré derrière, à savoir que cela venait peut-être d'elle, après tout ils sont censés, tous autant qu'ils sont, avoir un pouvoir sommeillant en eux depuis leur résurrection mystique...De ce qu'elle a entendu James a déclenché le sien, Samuel lui a confié qu'il a l'impression que lui également, et peut-être même que Ivy aussi vu comment elle avait retrouvé son chemin en forêt en disant ne rien y connaitre.

Elle a passé ses derniers jours entre le déni le plus total et l'acceptation complète de ce fait, allant même jusqu'à faire des essais pour voir comment le phénomène se déclenche en elle. En vain, elle n'est parvenue à aucun résultat d'aucune sorte, si ce n'est que les objets visés semblaient la narguer toujours un peu plus à chaque tentative. Elle s'est souvenue que dans la maison, elle était vraiment en colère contre Seth et son imprudence, elle a essayé de reproduire ce sentiment mais là encore quelque chose devait manquer et ce fut un échec de plus. Plus elle y pense, moins elle voit comment s'est possible et le sentiment d'avoir assisté à quelque chose d'impossible a reprit le dessus une fois encore. Elle a du rêver de tout cela, il n'y a pas d'autres solutions possible et bien entendu elle s'est gardée d'aller en parler avec son compagnon de peur qu'il ne la prenne pour une folle.

Ce matin là, à son réveil, sa première pensée va au fait qu'elle doit cesser ses bêtises, qu'il est temps qu'elle se bouge et surtout qu'elle fasse quelque chose de vraiment utile. Non pas qu'elle n'ait rien fait du tout au campement, elle ne pourrait pas rester sans agir mais sur sa propre échelle de valeur, elle est restée trop tranquille. Cela va finir par devenir un running gag mais là en cette journée, elle a besoin d'action, d'aller en forêt et surtout de se retrouver entièrement seule, isolée pour se ressourcer dans la nature. Et ce même si cette dernière n'est plus aussi sûre qu'avant, pauvres ours, loups et coyotes, entre autres, a qui on a ravi leur place dans la hiérarchie des dangers les plus mortels.

C'est dans cet état d'esprit qu'elle se lève, s'habille et prépare son sac et ses affaires, notant au passage qu'elle va devoir quand même parler avec Seth un de ces quatre pour leur logement, savoir s'ils restent dormir dans la tente ou s'ils optent pour le confort du camping-car dont elle garde précieusement la clé sur elle. La brune part ensuite récupérer de quoi grignoter dans la caravane, avisant les talkies, elle hésite un moment à en prendre un ou non. Finissant par se dire que cela serait plus prudent d'en avoir un sur elle au cas où, pouvoir contacter le campement si le besoin se fait sentir. Néanmoins pour ne pas risquer que l'engin se mette en marche et ne fasse fuir le gibier, elle l'éteint avant de le mettre dans son sac à dos. Contacter les autres sans pouvoir être dérangée dans sa chasse au mauvais moment. Elle glisse enfin son sac sur son dos, empoigne fermement l'arbalète de Matthew ou plutôt la sienne maintenant, ce qui comme à chaque fois lui provoque un pincement au coeur, puis elle ressort de la caravane.

Elle vérifie à plusieurs reprises qu'à part le guetteur sur le toit de la caravane personne d'autres ne la voit faire avant de s'éclipser du campement. Elle n'a aucune envie d'être suivie dans sa partie de chasse comme cela a déjà été le cas une fois. Seule loin de tout le monde, elle en a besoin mais allez faire comprendre cela aux autres...mission pratiquement impossible. Melody se dépêche de traverser la route séparant le campement de la forêt pour entrer dans cette dernière, elle a à peine franchit l'orée des bois qu'un soupir de soulagement se fait entendre. Elle a l'impression de se sentir renaître au milieu de cette végétation dont elle a besoin et aussitôt elle se met en marche, ses réflexes revenant au triple galop, elle progresse avec une aisance déconcertante au milieu des arbres, des buissons, des branches et du reste. Ses sens se mettent à fonctionner avec encore plus de vigilance qu'au camp, elle repère rapidement quasiment chaque détail qui l'entoure. Que la chasse commence...

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 16:01
Courir, fuir, se cacher. Progresser lentement, de couverts en couverts. Observer, rester patiente. Craindre les morts et leur rencontre. Craindre les vivants encore plus. Lentement, je repoussais les branchages que me barraient la route, se prenant dans le tissu de mes vêtements, me griffant les poignets et gênant ma progression. J’étais complètement perdue dans ces bois. Quelle idée avais-je eu là d’y chercher refuge pour échapper aux non-morts et aux vivants ? C’était stupide. J’étais tout bonnement incapable de m’orienter en forêt, et ce n’était pas le soleil absent, dissimulé derrière une épaisse couche nuageuse qui allait m’y aider. J’avais ôté mes lunettes de soleil de sur mon nez pour les glisser au col de mon débardeur, la pénombre ambiante de la forêt en rendant caduque l’utilité pour l’instant alors qu’au-dessus de ma tête grondait la colère des cieux, le tonnerre roulant au loin. Mais pire que tout, le vent, fort et violent, brassant la végétation qui n’hésitait pas à venir me fouetter le visage, générant de multiples craquements de bois tout autour de moi qui m’empêchaient de faire la différence entre une inoffensive branche qui craque et l’approche d’une menace réelle.

Cela faisait désormais quelques heures que j’arpentais ces bois, avec pour seule impression celle de tourner en rond. Aucun point de repère, aucune manière de m’orienter convenablement, pas même un sentier. Le paysage était à la fois constamment différent et tout autant identique. Un arbre, suivi d’un autre, suivi d’encore un autre… Cette forêt n’avait-elle pas de fin ; ou tournai-je réellement en rond depuis des plombes autour de la même foutue parcelle de bois ?

Mon arme fermement tenue dans ma main droite, le canon tremblant pointé droit devant moi, balayant le même espace que mes prunelles azurées au fur et à mesure de ma progression, je ne pus m’empêcher de sursauter de surprise lorsqu’un petit animal que je n’avais même pas eu le temps de repérer s’enfuit à toute vitesse devant moi. Mon coeur avait bondi contre ma poitrine l’espace d’un instant, l’adrénaline rendant mon respiration plus agitée et saccadée, aiguillant ma fébrilité de l’instant. Sur le coup, j’avais pointé mon arme en direction du bruit de feuillage piétiné, la main gauche venue en soutien sous la crosse du Five-seveN, restant ainsi figée durant quelques secondes avant de l’abaisser, poussant un long soupir de soulagement en laissant mon bras droit reposer contre ma cuisse.

Fronçant légèrement les sourcils avec détermination, je me passais la main gauche derrière la nuque, puis repris ma progression au milieu des bois, convaincue du fait que je parviendrais bien à réussir à sortir de ce labyrinthe de végétation à un moment ou un autre. Le Texas, c’était quand même pas le parc national de Yellowstone non ? Je me prenais à regretter ma vie citadine, ma luxuriante ville de New-York, sa jungle de grattes-ciel et de buildings aux sentiers de bitume fléchés. Quelle genre de personne normalement constituée pouvait bien prendre plaisir à arpenter des étendues de verdures sauvages et boisées sans en ressentir un vertige ahurissant et déstabilisant quant à l’impossibilité de s’y orienter convenablement ?

*Des tarés… A n’en pas douter…* pensai-je en contournant le tronc massif d’un chêne probablement centenaire, aux branches nues, épaisses et distordues. Je levais le nez en direction des hauteurs de l’arbre, décelant la présence vagabond d’un petit écureuil au pelage noir bondir de branches en branches, ne prêtant pas attention à ce qui traînant à mes pieds, aux obstacles pouvait bien joncher le sol.

Guère étonnant donc que la pointe de ma chaussure de randonnée aille s’échouer contre une épaisse racine s’arquant légèrement hors du  sol, ni même que je me vautre lamentablement dans l’humus humide dans une exclamation de surprise. Le choc contre le sol me coupa le souffle durant de longues secondes, mais au-delà du ridicule de la situation, qui aurait bien pu me faire marrer, ce fut surtout les grognements rauques qui répondirent à mon cri qui me glacèrent les sangs instantanément. Me ramassant sur moi-même, je me redressais bien rapidement, le rythme cardiaque de nouveau boosté, levant mon arme à deux mains droit devant, les coudes légèrement pliés, les jambes écartées comme me l’avait expliqué l’ancien Sergent. Je tâchais d’identifier l’origine sonore de la menace cadavérique, essayant d’apaiser ma respiration et focaliser mes sens, ma vue et mon ouïe, sur l’environnement qui m’entourait.

Et il était là… Surgissant sur ma gauche dans un grognement avide de chair. Je pivotais lentement sur moi-même pour pleinement le découvrir à une dizaine de mètres de moi, ses vêtements en lambeaux se mêlant aux branchages de ronciers dont j’ignorais jusqu’au nom. Le visage de cet homme, trentenaire, bouffi d’humidité et souillé de terre, aux joues creusés, aux yeux exorbités, me fixant sans me voir, sans même comprendre la menace que je faisais peser sur lui. Prenant une nouvelle inspiration, je crispai les mâchoires et pinçai les lèvres avec résolution tandis que je sentais toute ma haine resurgir pleinement, m’envahissant et me secouant les tripes comme autant de fourmillements d’une future exaltation à venir. Cette saloperie qui, avec ses congénères, m’avait tout pris : mes biens, mon coeur, ma vie. Cette saloperie allait payer une infime part du prix de ma souffrance, sacrifiée sur l’autel de ma satisfaction vengeresse.

J’alignai son faciès dégoûtant avec les organes de visée surplombant mon canon, puis pressais la détente à deux reprises. Le recul secoua mes avant-bras, chacune des détonations m’arrachant un petit clignement des paupières et une grimace d’effort alors que l’odeur sulfurée de la poudre consumée envahissait mes narines. J’observais le cadavre s’écrouler sur le sol, dans un dernier râle étouffé, un sourire en coin trahissant ma satisfaction étirant mes lèvres alors que je baissais mon arme au canon encore légèrement fumant, tendant l’oreille pour guetter le moindre râle supplémentaire qui aurait eu l’idée de surgir de la densité de la végétation ; puis avançais lentement vers ma victime, observant le corps sans vie de celle-ci d’un regard froid et vide de toute compassion. Ma première ogive avait arraché sa jugulaire noircie de sang coagulé, la seconde réduit l’arrière de son crâne en une bouillie infâme de cervelle et d’os broyés.

“Fils de pute…” l’insultai-je amèrement et gratuitement, d'un ton méprisant en assénant à son visage boursouflé et distordu par la maladie un dernier coup de talon rageur, avant de finalement reprendre ma progression au-travers de ces bois, sans vraiment savoir où mes pérégrinations aléatoires allaient me mener.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 26 Sep - 18:13
La solitude est une maîtresse exigeante mais qui elle au moins a le mérite de le vous rendre avec de bienfaits à la hauteur de ces demandes. À mesure qu'elle s'enfonce dans la forêt, la demie écossaise se détend de plus en plus, évacuant les frustrations, la tristesse et toutes les questions qui lui trottent en tête depuis un paquet de temps maintenant. Plus aucun parasite ne vient interférer dans les gestes qu'elle accomplit, chacun d'entre eux est millimétré et parfaitement exécuté avec ces poids en moins à l'esprit. Seul l'instant présent compte, le prochain pas à faire, l'orientation suivante de son corps, différencier chaque bruit les uns des autres et Gaïa sait que ce dernier point est sans doute le plus épineux d'entre tous. Il faut dire que la journée n'est pas la plus optimale possible pour progresser en forêt là, un vent fort souffle à travers les rangées d'arbres donnant des allures de fantômes à chaque bruissement de feuilles, quand ce ne sont pas des branches mortes qui craquent avant de tomber sur le sol. Il est ainsi bien plus délicat de repérer les grognements des zombies dans ces conditions là et encore heureux, la présence du vent empêche la pluie de tomber pour l'instant ce qui réduirait largement son champ de vision.

Le bruit d'un écureuil qui remonte dans sa cachette après une sortie peu fructueuse ; la piste d'un cervidé, bien trop veille pour être encore suivie efficacement ; des bruissements au pied d'un buisson, démontrant la présence d'un ou plusieurs rongeurs quelconques ; une souche d'arbre avec une forme particulière qui lui fait tilt, elle est déjà passé par là lors d'une de ses sorties. Melody s'arrête examinant la souche puis les arbres autour d'elle, alors si elle va par là, elle va se retrouver vers la pointe de la zone de chasse par laquelle on peut voir le secteur C. De ce côté il y a le campement, par là bas, elle peut retourner à la route est en sortir pour se retrouver bien plus près de Snyder. Dans cette direction, elle sait qu'il a un accès rapide à la zone B mais avec le risque d'un trop grand nombre de zombies. Finalement elle opte pour une autre solution et s'enfonce encore un peu plus dans la Zone, par là bas, elle n'y est encore jamais vraiment allé, cela lui fera l'occasion de repérer le terrain.

Plusieurs minutes de marche plus tard, son regard émeraude accroche enfin une piste laissée là par un animal, elle en approche et se stoppe au dessus avant de s’accroupir. Elle examine avec soin la coulée aussi bien avec ses yeux qu'en tâtant le sol à un endroit, tester la terre sous ses doigts. Le verdict tombe : la piste est régulièrement empruntée par un ou des lièvres. Un sourire naît sur son visage, si elle joue bien son coup, elle pourra ramener au moins une proie au campement, de quoi justifier son "évasion" aux yeux des autres. Qui pourrait refuser de la viande fraîche après tout ? La brune se redresse et reprend son arbalète pour la charger, ce geste fait elle s’évertue à remonter la piste en marchant à côté, faisant attention à ce que ses pieds touchent le moins possible le sol, ne pas laisser trop d'odeur.

Une centaine de mètre plus loin, la piste se sépare en deux et l'examen des lieux n'apporte rien de concret cette fois-ci, la voilà prise dans un dilemme, quel côté choisir ? Et si elle n'en choisissait aucun des deux ! Délicatement elle appui la tête de l'arbalète sur le sol et le manche contre un arbre avant d'ôter son sac de sur son dos pour l'ouvrir. Elle farfouille dedans, chose rapide puisqu'il ne contient quasiment rien avant d'en sortir deux morceaux de ficelles préalablement découpés de sur la pelote qu'il y a dans le sac. Elle coince un des morceaux entre ses dents avant que ses mains ne se mettent à l'oeuvre pour produire ce qui va donner un collet. Elle le met en place au dessus d'une des deux pistes, le calant pour qu'il fonctionne du premier coup puis elle fait la même chose avec le second morceau de ficelle avant de lui aussi le caler mais au dessus de l'autre piste. Un coup de quitte ou double cela, soit elle attrape quelque chose, soit rien du tout.

La belle brune se redresse puis de sa poche elle sort la pochette de ses couteaux à lancer avant d'en sortir un et de retourner à côté de l'arbre ou se tient son arbalète. Doucement elle entaille le tronc de l'arbre pour en ôter un morceau d'écorce, le tronc adoptant à cet endroit une teinte plus claire et vive. Petit signe bien plus discret qu'une croix ou autre connerie de ce genre pour marquer l'emplacement des collets. Au moment ou elle termine cela ; en se disant qu'elle n'a plus qu'à aller voir plus loin si elle trouve mieux, plus fiable et plus rapide ; elle s'écarte un peu trop vivement du pied de l'arbre, manquant de louper son attrapage d'arbalète au vol. Elle a rêvé ou elle vient d'entendre le bruit d'une détonation bien plus loin ? Elle lève le nez vers la cime des arbres, le ciel est toujours aussi menaçant mais le vent toujours aussi fort, il y a donc peu de chance que cela soit un lointain coup de tonnerre. L'orage va certes éclater mais il est bien trop "tôt" pour cela.

Melody se dépêche de remettre son couteau en place puis sa pochette ainsi que son sac sur ses épaules. Elle se met en position, l'arbalète redressée prête à la lever pour aligner son regard, l'arme et une cible et elle se met en branle, avançant à pas de loup dans la direction supposée du coup de feu. Faisant attention à progresser non seulement silencieusement mais aussi à couvert, voir avant d'être vue. Une pensée lui venant directement en tête et expliquant qu'elle aille au devant du bruit : Matthew peut être là quelque part, vu qu'elle n'a toujours pas abandonné l'idée de le voir surgir à tout moment et puis lui était...est aussi à l'aise qu'elle en forêt.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 27 Sep - 13:33
Laissant derrière moi le cadavre de l’infecté que je venais d’abattre, je continuais à progresser au-travers des buissons et de la végétation avec toujours autant de difficulté, sentant mes pas lourds et mal assurés se poser sur la terre molle et humide, le bout de mes chaussures se prenant le plus souvent dans de petites racines, des branchages rampants, les boucles de mes lacets s’entremêlant aux épineux et autres ronciers, à l’instar du bas de mon pantalon, le tissu se prenant dans leurs pointes acérées, me griffant la peau des mains, des avants-bras ou des tibias. Qu’est-ce que je pouvais détester cet endroit, cette forêt, cette nature à un tel point hostile qu’elle me gênait sans ne rien faire. Et moi qui avait cru pertinent d’y trouver refuge pour échapper à la vue d’éventuels bandits, masquer ma progression et ma présence… C’était raté.

Non seulement j’étais complètement paumée et désorientée, mais en plus de ça, les nombreuses branches qui craquaient sous mes pas, mes grognements et mes complaintes d’efforts à chaque nouvelle griffure, chaque nouvel obstacle de végétation franchi, devait en révéler bien plus sur ma position qu’une enseigne publicitaire lumineuse pointant un “Vous êtes ici” criard et racoleur droit dans ma direction. Au bout de longues minutes d’errance, à tourner à droite, à gauche, j’eus la très désagréable surprise de retomber sur un chêne visiblement centenaire, avec non loin de lui le cadavre d’un zombie au crâne explosé à ses pieds.

*Nom de Dieu !* m’exclamai-je intérieurement en reconnaissant-là mon point de départ. Depuis tout ce temps, je n’avais fait que tourner en rond. Lentement, je me passais la main libre sur le visage, me massant les paupières en fermant les yeux, la mine déconfite et l’humeur mauvaise. Ce labyrinthe connaissait-il une fin quelque part ?

Désabusée, je partais cette fois-ci à l’opposé du cadavre, suivant une très légère pente. Avec un peu de chance, je finirais bien par tomber sur la lisière de cette forêt, ou un petit ruisseau à suivre. Après tout, toutes les rivières finissaient bien par se jeter dans l’océan… Restait plus qu’à espérer ne pas continuer comme ça jusqu’au Rio Grande. Cette pensée m’arracha une moue dédaigneuse et exaspérée.

“Sortir de là serait déjà un bon début…” soupirai-je d’une voix lasse en contournant un épais buisson. C’est alors que je remarquais, droit devant moi, un éclat bleuté, qui semblait s’agiter légèrement au loin, entre une ligne de troncs d’arbres assez espacée. Intriguée main néanmoins heureuse d’avoir trouvé un point de repère visible, je progressais en direction de cet éclat inconnu, resserrant mon emprise sur mon arme.

Au bout de plusieurs mètres d’avancée toujours aussi laborieuse, je découvrais, non sans surprise, que l’éclat bleuté n’était autre que le tissu synthétique d’une petite tente dôme de camping, dont l’un des pans déchirés voletait sous les assauts du vent, claquant légèrement dans l’air. Lentement, je relevais mon arme droit devant moi, tournant sur moi-même pour bien inspecter les environs et m’assurer d’être seule - pour ce que je pouvais en juger de ma position et mes maigres compétences dans ce domaine - puis, rassurée, je glissais mon arme entre mes reins, m’assurant d’avoir bien remis la sécurité en place auparavant.

Après quoi, je commençais à fouiller les environs. Première constatation, la tente était totalement irrécupérable. Déchirée, de nombreux impacts de balles en avait déchiré la toile et la structure, celle-ci s’étant à moitié effondrée sur-elle même, il y avait même de nombreuses traces de sang séché souillant le tissu synthétique. Qui que soit le propriétaire des lieux, il avait soit dû se résoudre à un départ précipité, soit avait connu une fin tragique… et atroce. Je soulevai un des pans de la tente battant dans les airs pour sonder l’intérieur de celle-ci. La vision d’horreur qui me surprit à l’intérieur m’arracha un hoquet de surprise horrifié, me faisant reculer de quelques pas et tomber à la renverse lorsque mon talon gauche heurta un obstacle ; une des sardines de la tente encore plantée dans le sol. Je sentis les quelques boîtes de conserve roulant au fond de mon sac à dos me rentrer dans le creux des reins alors que je m’écrasais lourdement sur celui-ci dans un râle étouffé.

Je grommelais copieusement en me redressant lentement, m’aidant de mes coudes désormais souillés de terre, puis me relevais pour retourner vers la tente, cette fois-ci bien plus avertie de la mauvaise surprise qui s’y trouvait.

Un sac de couchage déchiré ayant répandu son fourrage en peluches blanches partout aux alentours, la plupart s’étant imbibées du sang de son propriétaire qui y gisait encore, l’abdomen éventré et ouvert, son intestin grêle à moitié dégusté se déroulant en une ligne sinueuse grisâtre. Le bras gauche du cadavre manquait également, jusqu’à l’épaule, une épaisse flaque brune de sang sec et coagulé s’étant formé dans un des coins de la tente, suivant la légère pente du terrain et incapable de filtrer à travers le tissu étanchéifié. Si ces vêtements n’avaient pas été déchiré pour laisser apparaître les restes graisseux d’une poitrine féminine, je n’aurais jamais pu déterminer le sexe du cadavre, tant son visage et sa gorge déchirés en lambeaux de chairs la rendait méconnaissable, ses rares muscles faciaux restants semblant malgré tout s’être figés dans une dernière grimace d’horreur agonisante.

A ses côtés gisait une glacière en plastique vert pomme renversée ; contenant vers lequel je tendais la main gauche en me couvrant le nez et la bouche de la droite, soutenant très difficilement l’odeur pestilentielle qui se dégageait du dôme de tissu. rapidement, je tournais la glacière dans ma direction, découvrant son intérieur totalement vide de tout bien, hormis quelques insectes et feuilles mortes. Pas même une petite boîte de conserve ou un emballage vide ne trônait dans le fond. Dépitée, je rendais la glacière à sa propriétaire, puis m’extrayais de la tente, pliée en deux, faisant quelques pas pour m’en éloigner au plus vite, le visage blême et l’estomac noué dans une boule nauséeuse.

Je pris de grandes inspirations, les mains plaquées sur mes genoux légèrement pliés, emplissant mes poumons de l’air frais et sauvage porté par le vent, avant de finalement succomber à ma nausée et déverser le contenu de mon estomac sur le sol dans un gargarisme dégoûtant. Je finis même par poser un genou à terre, posant ma main droite au sol pour finir de rendre mon petit-déjeuner et cracher les restes amers de bile mélangés à ma salive durant quelques dizaines de secondes où je cherchais surtout à reprendre mon souffle et calmer ma nausée.

Je m’essuyais lentement les lèvres du revers de la main, puis ôtais mon sac à dos de sur mes épaules pour le poser devant moi, sortant de celui-ci ma bouteille d’eau et en profiter pour me rincer la bouche à plusieurs reprises, avant d’en avaler plusieurs gorgées. Et alors que je rangeais ma bouteille dans mon sac, un craquement de branche lourd résonna sur ma droite, attirant de fait mon attention sur la silhouette massive d’un zombie à la carrure colossale, entièrement vêtu d’une tenue de camouflage forestier, des Rangers aux pieds, un gilet tactique sur le torse et un casque balistique sur le crâne. il émit un râle rauque, grave et puissant en plongeant dans ma direction de sa démarche mal assurée.

“Putain de merde !!” m’exclamai-je de vive voix en me redressant, laissant mon sac sur le sol pour bondir en arrière sur mes pieds, me retrouvant en position verticale plus vite que je n’avais eu le temps d’y penser, le rythme cardiaque soudainement affolé par la décharge de trouille et d’adrénaline qui venait de se déverser dans mes veines. Rapidement, j’avais porté ma main droite à l’arrière de mon pantalon pour me saisir de mon arme alors que le défunt soldat se jetait sur moi, bras en avant et gueule ouverte. Plus par réflexe que par réelle habileté au combat, j’interposai mon avant-bras gauche entre lui et moi, sentant ses mains encore gantées se refermer autour de celui-ci avec une violence inouïe ; puis j’envoyais ma main droite armée frapper d’un coup de crosse contre le casque du militaire.

Sur le coup, le zombie se trouva légèrement déséquilibré alors qu’un coup de feu venait de partir de mon arme sans même que j’y fasse attention, mon doigt ayant pressé la queue de détente où moment où je frappais. De nombreux oiseaux charognards s’envolèrent au-dessus de nos têtes suite à la détonation dans divers piaillements dont je me foutais royalement alors que je tournais vers mon adversaire qui venait de me relâcher en titubant légèrement sur ma gauche. Ma haine faisant suite à ma frayeur ne s’en trouva que décuplée lorsque je pointais mon flingue vers lui, lâchant trois ogives à son encontre dans un acharnement rageur, sans prendre le temps d’ajuster ma visée ni même tenter de retrouver légèrement mes esprits sur le coup. Les trois balles finirent leurs courses dans le gilet pare-balle couvrant le torse du soldat qui, s’il ne cilla même pas de douleur ou d’une surprise quelconque, bascula en arrière sous la puissance d’impact de l’énergie cinétique des munitions tirées à seulement deux mètres de distance.

Le zombie sur le dos battit l’air de ses bras et de ses jambes en se retrouvant sur le dos, relevant la tête et poussant un nouveau grognement que j’aurai pu qualifier de frustré s’il s’était agi d’un homme, alors que je marchais dans sa direction, mon faciès crispé dans un rictus haineux et résolu. Le contournant rapidement par droite alors qu’il redressait le thorax pour entamer de se relever, j’envoyai mon pied droit dans un geste rageur contre sa poitrine, le renvoyant en position allongée, puis laissai mon pied posé sur sa poitrine, m’appuyant de tout mon poids dessus. Je sentis sa main droite se refermer autour de ma cheville gauche, mais je tâchais d’être plus rapide que lui pour pointer le canon de pistolet à quelques centimètres de son visage seulement, l’orifice de mon arme soutenant son regard vide et exorbité, sa gueule ouverte, aux dents noircies par le sang coagulé lâchant un dernier grognement vorace avant de presser la détente à nouveau, les dents serrées de rage, les mâchoires saillantes et les sourcils froncés d’une sourde colère.

“Ta gueule !!” m’entendis-je hurler au moment où sa tête explosée frappait le sol une toute dernière fois. Je ne pus d’ailleurs m’empêcher de tirer une deuxième balle dans son visage déjà bousillé et désormais privé de vie.

Puis finalement, le souffle haletant, je dégageais ma jambe gauche de sa dernière étreinte et reculais de quelques pas, reprenant mon souffle et déglutissant, les bras ballants, mes prunelles azurées posées sur le cadavre du soldat infecté. De ma main gauche, j’essuyais les larmes furieuses qui avaient fini par perler au coin de mes yeux, puis retrouvais légèrement mes esprits, juste assez pour me permettre de m’avancer vers ma dernière victime avec précaution et méfiance, craignant qu’elle ne se redresse soudainement dans un dernier sursaut de non-vie, bien que ce ne fut pas le cas ; puis commençais à fouiller les diverses poches de son gilet tactique désormais déchiré de multiples orifices. J’espérais y trouver des munitions ou une arme quelconque, priant même pour me dégotter une couteau qui ferait une excellente arme d’appoint silencieuse ; mais tout ce qui restait sur son cadavre était une grenade dont j’ignorais l’utilité. Néanmoins, cet objet pourrait toujours me servir à un moment ou un autre ; ou peut-être pourrais-je la troquer contre autre chose de plus utile à un éventuel survivant qui ne se montrerait pas hostile à mon égard pour une fois.

Une fois ma fouille terminée, je fourrai la grenade dans mon sac à dos puis me décidais à quitter les lieux assez rapidement, avant que le raffut que je venais de provoquer n’attire d’autres de ces mange-merde, ou pire, de véritables survivants. Gardant mon arme à la main, je laissais derrière moi la tente et son occupant et reprenais ma progression le long de la pente douce, fuyant les lieux d’une démarche rapide, trottinant presque sans porter réellement attention à la végétation qui se mettait en travers de ma route. Je devais sortir de cette forêt, coûte que coûte avant qu’une prochaine saloperie ne me tombe dessus.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 28 Sep - 11:03
À mesure qu'elle progresse dans la forêt, n'écoutant plus que le bruit du vent dans les arbres, les pépiements des oiseaux et autres signes de vie de ce genre de lieu, elle se rend compte que quelque chose cloche dans son raisonnement. Si c'est bien Matthew, comment se peut-il que l'homme se serve d'une arme à feu ? L'ayant vu progresser en forêt, il n'a pas besoin de cela pour semer un ou des poursuivants qu'ils soient humains ou zombies. Comment a t-il pu avoir une arme à feu ? En s'échappant des mains du Marchand et de ses hommes peut-être. Oui mais alors s'il s'est échappé, pourquoi faire feu ? Elle entrouvre la bouche moitié de surprise, moitié d'inquiétude. La seule explication plausible est que si c'est bien Matthew, il doit être blessé assez sérieusement pour ne pas distancer ce qu'il a aux fesses. C'est un coup à ce qu'elle fonce droit dans les emmerdes là et se retrouve piégée d'une manière ou d'une autre. La brune secoue la tête, de toute manière elle n'a pas le choix, elle est obligée d'aller vérifier par elle même ce qu'il en est.

En admettant d'ailleurs que cela soit bien cette idée là qui l'attend au bout du chemin et non le corps d'un autre survivant mutilé par des zombies lui étant tombés dessus, chose possible avec le vent qu'il y a, difficile d'entendre un quelconque hurlement à moins d'être à quelques mètres. Ou encore un humain attrapé par les hommes du Marchand, femme ou homme ils s'en foutent ceux là, la finalité de leurs gestes n'est juste pas la même. Dernière hypothèse, quelqu'un l'a repérée et on lui tend un piège dans lequel elle est entrain de se ruer purement et simplement. Melody s'arrête net et se colle contre un arbre, son regard trahissant ses pensées, tout comme son visage, elle se met à passer en revue le moindre mouvement qu'elle a eu jusque là, la moindre sensation qu'elle a ressentit. À aucun moment elle ne s'est sentie épiée ou en danger, elle aurait forcément senti quelqu'un l'approcher ou se tenir non loin d'elle. De plus, il y a très peu de chance que dans les bourrins du Marchand il y en ait un qui soit, autant qu'elle, capable de ne pas faire de bruit.

Un léger reniflement et la demie écossaise se redresse, s'écartant du tronc du chêne, les épaules et le dos droit, un port de tête qui reflète entièrement toute la confiance qu'elle a en elle et en son raisonnement et elle reprend son avancée au milieu de sous bois. Elle guette maintenant le prochain signe de vie humaine autre qu'elle dans cette forêt. Signe qu'elle n'a pas à attendre longtemps alors qu'une nouvelle détonation se fait entendre après, à peine, trois ou quatre minutes. Coup de feu qui se fait entendre en provenance d'une nouvelle direction, un peu plus loin dans la forêt et plus sur sa gauche, la brune réajuste son itinéraire et poursuit sa route. Une poignée de secondes plus tard, un groupe de rapaces passe au dessus d'elle et de la cime des arbres, à les entendre peu de doute, ils ont été effrayés par le coup de feu. Et si elle se demande à quelle espèce elle a à faire, elle note également que s'ils sont aussi nombreux cela ne peut vouloir dire qu'une chose : ce sont des charognards et de là ou ils viennent, il y a au moins un cadavre en décomposition.

Melody augmente légèrement son allure pour progresser un peu plus vite, son avancée toujours aussi silencieuse, elle sait que même si elle doit faire vite, elle ne doit pas baisser sa garde, n'importe quoi peut l'attendre au bout du chemin. Sans compter qu'il n'y a pas que le risque humain à prendre en compte, les détonations font forcément attirer les zombies qui errent dans le coin. Il manquerait plus qu'elle se fasse surprendre bêtement. Deux nouveaux coups de feu se font entendre, elle en grimace légèrement, elle n'aime pas ça du tout mais en même temps cela lui apprend que le responsable des tirs n'a pas bougé mais en plus qu'elle s'en approche rapidement.

Il lui faut encore plusieurs minutes pour enfin apercevoir droit devant elle une tache bleue, elle ralentit son pas et observe les alentours. Alors qu'elle n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres de ce qu'elle peut maintenant identifier comme une tente, elle voit une silhouette se frayer maladroitement un chemin parmi les arbres et les ronces, visiblement fuyant la tente et son environnement immédiat. La brune ajuste sa trajectoire en fonction de celle de la silhouette et poursuit son avancée, si elle ne se plante pas, elle sera à portée de voix sans avoir à hurler dans très peu de temps. Si elle veut aborder la silhouette en diagonale, elle est aussi très bien placée pour voir ce qui attend l'autre devant lui. Quarante mètres, la silhouette est une femme...Trente mètres...Et merde ! Elle va droit dans les griffes d'un zombie stationné contre un arbre. Ah non pas stationné, en mouvements lents, ils vont se percuter. Melody gueule pour que sa voix se fasse entendre par dessus le vent :

- STOP RECULE !!!

Ne pouvant se permette d'attendre de savoir si oui ou non l'autre l'entend et s'exécute, elle se stoppe net, lève son arbalète, aligne son regard, l'arme et le zombie et elle tire. Le carreau file en fendant l'air avec une telle vitesse qu'il vient transpercer l'épaule du zombie et l'entraîne un pas en arrière, juste assez pour que la tête du carreau se fiche, en surface, dans le tronc de l'arbre. Melody n'a pas pu mieux viser dans l'urgence et si le zombie va pouvoir se défaire facilement de l'arbre, cela va donner quelques précieuses secondes à l'autre femme pour réagir pendant qu'elle même recharge l'arbalète avant de se remettre à avancer. Le zombie bien déterminé à avancer, gigote en grognant tout ce qu'il peut et d'ici dix secondes voir quinze, la tête du carreau sera arrachée de l'arbre ou le bras du zombie arraché de son corps en putréfaction.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 28 Sep - 18:36
Et alors que j’avançais avec toujours plus de peine au travers de la végétation qui se densifiait au fur et à mesure que je dévalais la légère pente, ma démarche se trouvant mal assurée entre mon désir de quitter rapidement les lieux avant que ceux-ci ne soient infestés de zombies et la prudence de bien vérifier où je mettais les pieds, j’entendis un cri derrière moi. Ou plus exactement un ordre, se détachant très clairement malgré le vent qui me sifflait aux oreilles, m’ordonnant de m’arrêter puis de reculer. Une voix féminine. Sûrement un autre de ces bandits qui en avaient après moi - pas personnellement j’entendais - mais en tant que survivante isolée. J’ignorais combien ils étaient, j’ignorais pourquoi une femme prenait leur tête ou se trouvait être la première à m’aborder. Était-ce un piège ? Un leurre ? Une tentative de susciter un semblant de confiance plus aisé à générer envers une femme qu’un homme ? J’étais persuadée que les nombreux coups de feu que j’avais tirés quelques instants plus tôt l’avait mise sur ma piste. N’écoutant que mon instinct, je me ployai légèrement en avant, baissant la tête, prête à me jeter au sol si l’inconnue se décidait à ouvrir le feu sur moi.

Mais alors que j’allais progresser ainsi, courbée, je n’eus guère le temps de faire un pas en avant qu’un grognement d’infecté résonna sur ma gauche, guttural, effroyable, affame. La créature apparu dans mon champ de vision périphérique en premier lieu, sa silhouette sale et en cours de décomposition se détachant de contre un tronc d’arbre dont les nuances de son écorce jouaient presque ton sur ton avec le teint d’ébène de l’autre saloperie qui venait de me prendre par surprise. Sans m’en rendre compte, je savais que je fonçais droit sur ses crocs voraces, et sans le hurlement de l’autre bonne femme, le zombie m’aurait très probablement eu. Sans le hurlement et le truc qui siffla non loin de moi pour venir se planter dans l’épaule de l’infecté, le faisant légèrement reculer sous l’effet de l’énergie cinétique du projectile qui se ficha dans l’arbre juste derrière, épinglant le monstre comme un trophée encore vivant et palpitant sur le tronc.

Sans vraiment réfléchir, agissant par pur réflexe sous le stress qui m’envahissait alors que j’avais encore du mal à réaliser que je venais d’échapper à une mort certaine, je levais mon poing armé vers le visage disgracieux de la créature, ramenant ma main gauche en soutien sous la crosse du Five-seveN alors que j’ajustai ma mire. Sous mes yeux, je vis l’infecté se reprendre sur ses appuis mal assurés, levant de nouveau ses bras décharnés dans ma direction dans un râle aigu, tirant sur le projectile planté dans son épaule et déchirant ses chairs sans même en frémir. Depuis tout ce temps, ces mois passés à affronter cette hostilité et ces horreurs, je ressentais toujours le même effroi et dégoût à la vision de ces saloperies capables d’endurer les pires sévices physiques sans jamais tressaillir ni faillir à leur volonté de nous dévorer. Les vêtements et les tissus musculaires de la créature se délitaient littéralement sous l’effet de sa propre avancée, mais je pressais finalement la queue de détente de mon arme avant que l’infecté ne s’arrache complètement à son entrave provisoire.

L’ogive ainsi tirée pénétra dans le globe oculaire gauche du zombie pour rejaillir de l’autre côté de sa boîte crânienne dans une gerbe de cervelle, de sang coagulé et de fragments d’os venant éclabousser et tapisser l’écorce de l’arbre. Puis je laissais le canon de mon arme suivre la chute lente de ce corps désarticulé et finalement inanimé le long du tronc, m’assurant ainsi du trépas définitif de cette saloperie avant de lâcher un grand soupir de soulagement. Puis mes prunelles azurées se posèrent sur le projectile qui venait de me sauver la vie, reconnaissant-là une espèce de flèche assez courte, rappelant à ma mémoire et mon instinct que je n’étais absolument plus seule, et pas plus en sécurité que quelques instants auparavant. Je pivotais sur moi-même, tournant mon visage et mon regard vers la direction pointée par le cul de la flèche, relevant de nouveau mon arme et la braquant vers… quoi ? J’avais beau plisser les paupières pour essayer de distinguer la silhouette de ma sauveuse - et encore, je n’étais encore certaine de rien quant à ses intentions - je ne parvenais pas à la trouver au milieu de cet amas de végétation.

Je balayais la forêt du regard et du canon, la respiration haletante et le cœur battant la chamade, bien peu rassurée à l’idée de ne pas pouvoir déceler la présence d’une personne qui m’avait, elle, bien repérée et aurait même pu m’abattre sans que je m’en aperçoive quelques secondes plus tôt.

“Mon… Montrez-vous !!” criai-je d’une voix tremblante à son intention, ne cessant pas pour autant de braquer la gueule de mon arme vers… des arbres. “J’suis pas hostile !” clamai-je de nouveau, la panique et la peur pouvant très aisément se laisser percevoir dans mes intonations de voix.

“J’suis pas hostile mais j’suis pas complètement conne non plus,” murmurai-je entre mes dents serrées, sans baisser mon arme pour autant, ni relâcher mon attention. “Où te caches-tu, bon sang ?” me questionnai-je ensuite sur le même ton, priant pour ne pas être tombée sur une bandit, ou une psychopathe...

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 28 Sep - 21:25
Le temps de recharger son arbalète et Melody redresse la tête pour voir l'autre femme réagir et lever son arme de poing sur le zombie. Elle ne sait si elle le fait dans un réflexe de peur ou dans un geste mûrement réfléchit mais le résultat est le même au final. Rôdeur qui lui en profite pour faire un mélange, s'il termine pas arriver à arracher la pointe du carreau de l'arbre, son bras manque de peu de s'arracher de son corps sous l'effet de ses mouvements et de ses chairs qui se disloquent. L'autre en profite pour enfin lui tirer dans la tête, juste à temps, pour un peu Melody allait devoir tirer à nouveau, le corps du zombie s'effondrant aux pieds de la fille. Un soupir de résignation se fait entendre, la brune va devoir s'accroupir pour récupérer son carreau. Enfin pour le moment elle doit le rejoindre lui ainsi que l'inconnue, de ce fait elle se remet en marche.

Se faisant son chemin à travers la végétation, elle hausse un sourcil en voyant la femme la chercher de partout et braquer son arme n'importe où. Puis son second sourcil se hausse lui aussi en l'entendant parler. Melody ne fait pourtant pas plus attention que cela à ne pas être vue, du moins pas consciemment, son instinct lui dictant de faire attention que l'autre n'est peut-être pas seule et que cela peut toujours être un piège. Ou peut-être pas en écoutant les intonations de voix de l'autre femme, à moins qu'elle soit une formidable actrice, il est difficile de simuler la panique et la peur que Melody perçoit et ressent. Si l'autre ne la voit vraiment pas, elle peut facilement se mettre à sa place et imaginer les films qu'elle pourrait se faire dans sa tête. Ce monde n'est vraiment plus que chaos, ne laissant que très peu de place aux sentiments positifs quels qu'ils soient.

La brune n'est plus qu'à une dizaine de mètres de la femme, un détour de bosquet et elles seront face à face. Sa voix se fait de nouveau entendre, d'un ton calme et posé avec un accent texan bien que quelques notes provenant de l'écosse s'y mêlent.

- Je ne me cache pas. Que tu me garde en joug est une chose mais si tu pouvais reculer de quelques mètres que je puisse récupérer mon projectile, ça serait parfait.

Terminant de parler au moment où cette fois l'autre ne pourra plus la louper. L'inconnue peut maintenant pleinement la voir et la jauger, une silhouette d'un mètre soixante-cinq ce qui la place dans la moyenne, des formes à donner envie à plus d'une personne alors que l'on peut voir qu'elle ne doit pourtant pas dépasser les cinquante kilos. De longs cheveux bruns, qui s'ils n'étaient pas en queue de cheval lui tomberaient à mi-dos, avec quelques reflets tirant sur le roux par ci, par là. Un regard émeraude qui la fixe et qui laisse entrevoir que si elle insiste vraiment son regard peut se faire pesant voir dérangeant. Vêtue d'un pantalon en toile noire aux multiples poches, d'un top noir lui aussi avec par dessus une veste kaki et sans nul doute chaude, chaussure de marche aux pieds et un sac à dos pour compléter le tableau. Si on fait abstraction de l'arbalète imposante qu'elle tient de ses deux mains, arme chargée qui n'est ni baissée, ni réellement pointée sur l'inconnue.

Et si la brune détaille la fille des pieds à la tête, elle attend surtout qu'elle se recule comme demandé gentiment certes mais avec certitude comme une simple formalité. Un "tu ne me fais pas confiance, moi non plus, faisons un compromis". Dès que son vis à vis aura reculé, Melody approchera du corps du zombie avant de s'accroupir, venant laisser reposer l'arbalète sur ses genoux avant d'en détacher une de ses mains pour ensuite attraper la hampe du carreau. Tirant dessus pour sortir le projectile de son logement, elle ne peine pas de trop avec l'épaule préalablement à moitié disloquée. Son oeuvre terminée, elle ramène sa main sur son arme et se redresse, sans faire un mouvement plus rapide l'un que l'autre afin de ne pas surprendre l'inconnue. Du coin de l'oeil, elle voit un tapis de mousse à trois mètres de là et se déplace dans cette direction, recommençant le même mouvement qu'avant en s'accroupissant à nouveau, cette fois pour venir essuyer le carreau sur la mousse humide, le débarrasser du sang et des morceaux de chair du rôdeur.

- Tu devrais faire un peu plus attention quand tu es en forêt et ce même quand visiblement tu essayes de fuir quelque chose.

Dit-elle en se redressant avant de vérifier l'état de propreté du carreau puis de hausser les épaules rapidement, nul doute qu'elle vient de se faire une réflexion à propos du projectile voir de son arme aussi puisqu'elle y jette un regard avant de reporter ses prunelles vertes sur l'inconnue.

- D'ailleurs tu fuyais quoi ? Le ton de sa voix se faisant encore plus sérieuse que jusqu'à maintenant.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mar 29 Sep - 0:05
Lorsque la voix retentit de nouveau, légèrement sur ma droite, je ne pus m’empêcher de braquer regard et arme dans sa direction, plus par réflexe que par réelle intention de nuire au demeurant, les mains légèrement tremblantes, toujours sous le coup du stress des derniers événements. J’avais cependant eu la décence d’esprit de glisser mon index armé derrière la gâchette, la pulpe de mon doigt reposant désormais contre le pontet et non sur la queue de détente. Je remarquais dès lors - et enfin - la silhouette de celle qui venait de me sauver la vie, légèrement dissimulée à ma vue derrière un bosquet d’épineux encore dense malgré la nudité de ses branchages. Le ton de sa voix, calme et posé, bien différent de celui plus affirmatif et probablement urgent d’il y avait quelques instants, acheva de me rassurer sur les intentions de l’inconnue, bien que l’idée qu’il puisse s’agir d’un piège savamment élaboré et étrenné ne me quitta pas.

Je parvenais aisément à reconnaître l’accent purement Texan qui transparaissait dans sa prononciation, bien que dilué dans quelques sonorités plus pures et altières, probablement issues du vieux continent. Un accent qui se voulait parfaitement discernable à mes oreilles de New-Yorkaise pure souche. Je l’examinais durant quelques secondes, paupières plissées sur mes icebergs avant de finalement percuter l’objet de sa demande, comme revenant à mes esprits une fois la surprise passée ; même si… bon sang, qu’est-ce qu’elle était proche de moi. Et je n’avais rien remarqué de sa proximité. Lentement, je baissais mon arme, laissant ma main droite retomber le long de ma cuisse en poussant un nouveau soupir franchement soulagé, ma main gauche venant essuyer mon front suintant de sueur après ma rixe contre le soldat infecté et ma fuite en avant avant d’esquisser un léger geste d’excuse à l’attention de la brune aux yeux d’émeraudes.

Je reculais de quelques pas précautionneux, prenant garde à ne pas encore me prendre les pieds dans une racine ou me fouler la cheville dans un trou quelconque, laissant libre voie à la jeune femme pour aller récupérer son projectile, ne pouvant cependant m’empêcher de la garder à l’œil, juste au cas où. J’avisai notamment l’arbalète assez conséquente qu’elle tenait entre les mains, haussant subrepticement un sourcil d’étonnement à voir un engin assez massif dans les bras d’une jeune femme à l’allure aussi frêle. Et bien que je devais la dépasser d’une petite tête, je me sentais pourtant en position d’infériorité alors qu’elle semblait dégager une assurance que sa silhouette ne suggérait pas. Et quelque part, je ne pus m’empêcher de ressentir de la jalousie naître en moi à l’égard de cette femme, enviant son arme silencieuse et efficace, son assurance, sa flagrante habileté à se déplacer dans ces bois en toute discrétion, son évident savoir-faire. J’ignorais si elle était seule ou accompagnée ; si comme moi, elle se contentait d’arpenter la région en quête d’un je-ne-sais-quoi propre à elle-même, à moins qu’elle n’en soit simplement une native et la connaissait sur le bout des doigts et y avait des attaches, amicales ou familiales.

Et tandis qu’elle ramassait puis nettoyait le carreau de son arbalète, je commençais à porter des regards brefs sur nos alentours, craignant de voir débouler des rôdeurs attirés par mon énième coup de feu. Combien en avais-je tiré au total ? Huit ? Neuf ? Dix ? J’avais perdu le compte dans la précipitation et la colère, aussi fis-je glisser le chargeur hors de son logement pour compter le nombre de cartouches restant à l’intérieur. Dix au total, soit onze balles en comptant celle qui se trouvait chambrée. Je fronçais légèrement les sourcils en remettant le chargeur en place dans un geste devenu habituel à force de répétition ces derniers mois ; alors que l’inconnue m’adressait à nouveau la parole. A sa remarque, je ne pus m’empêcher de rouler des yeux dans une moue de lassitude, soufflant bruyamment du nez en haussant les épaules.

“A vrai dire, je ne fuyais rien. J’essayais simplement de sortir de cette forêt…” soupirai-je. “Ça fait des heures que je tourne en rond au milieu de ces bois, même si pour le coup, je m’empressais surtout de quitter l’endroit où j’ai abattu ces infectés avant que d’autres ne rappliquent. T’as sûrement dû entendre mes coups de feu d’ailleurs…”

Je secouais de nouveau la tête en poussant un nouveau soupir, fronçant très légèrement les sourcils en posant mon regard sur la dernière de mes victimes, avant de nouveau porter mes azurs dans les émeraudes de mon interlocutrice, le visage crispé dans une mimique fatiguée.

“Mais d’une manière générale, ça fait quelques jours que je fuis des hommes. Des bandits qui nous ont attaqué sans aucune raison, mon groupe et moi, de l’autre côté de la ville. Donc disons que je fuis cette ville de merde et les tarés qui l’occupent, pour tenter de reconstruire quelque chose ailleurs ; avec d’autres gens moins… agressifs.” Je pris une profonde inspiration en marquant une pause, divaguant légèrement dans mes pensées, les traits de mon visage se durcissant légèrement à ses souvenirs ; puis je revins à mon interlocutrice, soutenant de nouveau son regard, les paupières légèrement plissées.

“Tu saurais m’aider à sortir de cette forêt ? T’as l’air de t’y connaître bien mieux que moi…” embrayai-je ensuite, passant du coq à l’âne avant de marquer une très brève pause, hésitant soudainement sur mon excès de franchise. “En échange de quelques boîtes de conserve ou… Ou d’une grenade que j’ai récupérée sur le zombie de tout à l’heure, si tu préfères. J’sais pas trop… Comme tu veux, j’en sais rien.”

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 29 Sep - 11:01
Plus grande qu'elle mais tout aussi fine, les cheveux châtains assez clairs et long, des yeux azur, des vêtements semblant fonctionnels et une attitude qui continu à démontrer qu'elle n'est pas à l'aise en forêt. Melody a le temps de la détailler pendant qu'elle vérifie le chargeur de son arme avec une certaine habilité, trop même elle pourrait dire, se souvenant de son réveil et des sensations ressenties avec l'arme à feu qu'elle avait. De nouvelles questions venant envahir l'esprit de la brune alors qu'elle fini par abaisser totalement son arbalète, ne la tenant plus qu'à une seule main pour le moment. Bien que l'on peut clairement voir qu'elle reste prête à la reprendre correctement et à faire "feu" avec. Sa première question trouvant assez rapidement une réponse, Melody se contente de hocher la tête à l'évocation des coups de feux, c'est une évidence qu'elle a entendu, sinon il y avait combien de chances pour qu'elles se croisent ainsi ? Très peu voir nulles.

La demie-écossaise plisse les yeux alors que l'autre fille se remet à parler en anticipant les prochaines questions qu'elle voulait lui poser. En l'entendant ses mâchoires se serrent faisant grincer quelque peu ses dents alors qu'une lueur de colère voir de haine passe dans ses yeux émeraudes. Profitant de la pause que son vis à vis fait dans ses paroles, sa voix se fait de nouveau entendre, froide cette fois-ci comme si elle cherchait à contrôler d'autres émotions.

- Alors tu as croisé les hommes du Marchand, un groupe de bandits capables de tout et n'importe quoi. Tu as de la chance de t'en être sortie indemne et de leur avoir échappé.

Inutile qu'elle en dise plus, qu'elle lui explique ce que peuvent faire ces hommes, viols, kidnappings, tortures, meurtres, pillages sans aucun doute. Tout comme elle ne lui dira pas que le Marchand arpente le coin à la recherche de personne ayant vécus comme elle une résurrection et développant soit disant des pouvoirs. À force de l'observer et de l'écouter, Melody est pratiquement certaine qu'elle n'a pas subit ce phénomène ou pas récemment du moins et ce n'est pas vraiment un sujet qu'on peut aborder facilement. "Salut, toi aussi tu étais morte et quelque chose t'a ramené à la vie avec un pouvoir ?", non cela ne le ferait vraiment pas même en y mettant les formes.

Elle sort de ses pensées quand l'inconnue lui demande de l'aide voir même un échange, bouffe ou grenade contre sortir de là, elle lui adresse un demi sourire encore teinté de colère avant de lui répondre dans le même temps.

- Oui je peux t'aider mais non je ne veux rien en échange.

Pas qu'elle n'ait besoin de rien pour elle ou le camp mais elle ne se voit pas avoir ce genre de pratique avec une inconnue sans doute de passage. Car oui pour le moment Melody ne lui parlera pas du campement pouvant l’accueillir si elle le souhaite, la méfiance reste de mise malgré tout et elle ne va pas ouvrir grand les bras à cette femme avec un "bienvenue" alors que cela peut toujours tourner en piège. Et en même temps la faire sortir de la forêt ne lui coûte aucun effort, sauf celui de ressortir sur la route bien avant le campement donc un simple ajustement de trajectoire.

- Mais avant, je dois aller relever mes collets voir si j'ai choppé le repas du soir. Au fait tu peux m'appeler Melody.

Oh elle pourrait amener l'autre à la route et revenir ensuite en forêt pour vérifier ses pièges et continuer de chasser en solitaire mais là en faisant cela, elle gagne du temps pour essayer de mieux cerner cette inconnue. Voir si oui ou non, personne ne lui tombera dessus en traître, voir si elle peut ou non lui parler du campement et lui proposer de le rejoindre. Cette faiblesse d'espérer encore qu'il n'y a pas que du mal en l'homme va finir par lui jouer des tours un de ces quatre mais elle ne peut pas se refaire du moins pour le moment. Et inconsciemment, un recoin d'elle espère qu'un inconnu soit entrain de faire la même chose pour son frère, l'aider par pure gentillesse et ce où qu'il soit.

Melody ayant posé sa condition, c'est à prendre ou à laisser si bien qu'elle finira par se mettre en route, reprenant son arbalète de ses deux mains, prête à tirer sur n'importe quoi d'hostile. Si l'inconnue la suit bien, elle veillera à prendre le chemin le plus facile possible de manière à ce que l'autre ne se vautre pas, se calant sur son pas tout en restant à côté d'elle. La brune ne va tout de même pas lui offrir son dos en cible.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mar 29 Sep - 19:17
Je ne manquais pas de hausser les sourcils d’un étonnement et d’une surprise tout à fait justifiés lorsque l’inconnue refusait mon offre d’échanger une partie de mes biens contre son aide. Dans un contexte différent, j’aurais probablement ricané d’un dédain fataliste face à ce genre de comportement purement altruiste. Tout avait toujours eu un prix en ce bas monde, encore plus depuis que l’apocalypse avait frappé notre pays. Le refus de la brune ne fit que me renvoyer aux souvenirs assez désagréables de notre campement de réfugiés dans lequel j’avais survécu avec mes proches, un lieu où chaque ticket de rationnement se négociait à prix d’or contre des cigarettes, de l’alcool ou des médicaments. Fronçant les sourcils, je ne pus m’empêcher de dévisager la jeune femme qui me faisait face, cherchant à déceler dans ses traits ou son attitude une quelconque trace de manipulation, persuadée qu’un tel altruisme ne pouvait que dissimuler un coup fourré à venir à mon encontre. Son refus suscitait chez moi une certaine gêne. Quel individu sain d’esprit serait prêt à refuser de la nourriture contre un service ou un autre bien alors que les lendemains restaient si incertains ?

Néanmoins, je finis par me contenter de simples et brefs hochements de tête silencieux en guise de remerciements, que je voulais malgré tout sincères… pour l’instant. En attendant de voir ce que cela pouvait bien cacher, quelle genre de contrepartie elle finirait par exiger en retour de son aide. Lorsqu'elle indiqua vouloir aller relever ses collets - un langage qui m’était étranger - je ne pus m’empêcher d’acquiescer de la même manière que précédemment, plus pressée de quitter ces lieux que de savoir ce qu’était qu’un collet. En guise de bonne foi, voire même de remerciement pour son attitude et son aide, je finis par ranger mon arme à ma ceinture, toujours glissée à ma ceinture, entre mes reins. Ainsi, j’espérais pouvoir susciter chez elle un début de confiance naissante, bien que je ne me faisais aucune illusion à ce sujet. La confiance était toujours dure à gagner et si facile à perdre, encore plus depuis que tout été parti en couille. Cependant, vue ma position de débitrice à son égard, c’était bien là le moindre des gestes que je pouvais entreprendre pour tenter de la rassurer sur mes intentions et lui prouver ma bonne foi quant à ma non-hostilité.

Par ailleurs, je pris aussi le temps de me présenter à la prénommée Melody qui venait d’initier ce simple geste de sociabilisation, tendant vers elle une poignée de main désormais désarmée que je voulais amicale et engageante, accompagnée d’un mince sourire de circonstance.

“Jena. Jena Higgins,” me présentai-je sobrement en retour. Qu’elle l’accepte ou non, je finirais ensuite par lui emboîter le pas au-travers des bois, restant à ses côtés tout en observant les environs comme si j’espérais reconnaître quelque chose ou repérer un détail environnemental qui aurait pu m’aider à me situer dans cette forêt, en vain. Tout n’était que forêt et bois, nuances de gris, de brun et de vert sans distinction particulière. A nouveau, j’enviais cette femme d’être ainsi capable de se situer et s’orienter dans un lieu aussi indiscernable et répétitif. Elle devait sûrement avoir des combines, des trucs bien à elle pour parvenir à le faire de la sorte, aussi lui posais-je simplement la question. Après tout, cette Melody n’avait pas l’air de rechigner à aider son prochain ; et le prochain en question s’avérait pour le coup être moi.

“Comment fais-tu pour retrouver ton chemin et t’orienter dans cette forêt ? T’es du coin ? T’as une combine secrète ? Je t’avouerais que pour avoir passé la majorité de ma vie à New-York, je suis plus coutumière d’un autre genre de jungle... “ plaisantai-je douteusement à mi-ton, tâchant de ne pas trop élever la voix, tant pour rester discrète que pour entendre approcher un éventuel hostile à notre encontre. Et puis je devais bien reconnaître qu’évoluer dans cet environnement nécessitait pour ma part une concentration assez conséquente ; suffisamment pour ne pas vraiment porter attention au volume de ma voix. Eviter les branches et autres pièges du terrain se révélait suffisamment fastidieux en soi. Cependant, la présence de Melody et le fait qu’elle sache - apparemment - ce qu’elle faisait atténuait mon besoin de me concentrer sur cette tâche particulière, laissant plus de marge à mon esprit de se focaliser sur d’autres points qu’elle avait elle-même abordé.

Aussi, au bout de plusieurs minutes où j’avais gardé le silence, lui laissant ainsi tout le loisir de me répondre -ou non - je reprenais de nouveau la parole, sous la forme de nouveaux questionnements.

“Je n’ai jamais entendu parler de ce “Marchand”... J’ignore si ceux qui nous ont attaqué ont un quelconque lien avec lui. Tout est allé si vite... On s’est fait tiré dessus sans aucune sommation, sans même la moindre menace… C’était juste... gratuit. Innommable.” Je lâchais un soupir, m’apercevant que j’avais agrémenté mes propos de quelques gestes des mains plus pas réflexe que par réelle volonté. Aussi je continuais, consciente de peut-être aborder un point sensible. “Ce type là… Le Marchand… Il t’a déjà fait du mal ? Tu l’as déjà rencontré ?” Je marquais une courte pause, prenant conscience que j’allais peut-être un peu trop loin dans mes interrogations. “Enfin… T’es pas obligée de répondre… C’est juste par curiosité. D'ailleurs… Tu vis -survis - seule ?”
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