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[CFJ, ZdC 1] Ce matin, un lapin... - 31/01/35
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Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 29 Sep - 22:11
Sa main, elle aura fini par la lui tendre malgré le fait qu'elle n'aime que peu le contact physique avec de purs inconnus, même un prénom ne change pas le donne. Ne gardant le contact entre elle deux que le strict nécessaire avant de se mettre en route, restant de fait à la hauteur de Jena et si elle, elle est silencieuse, il n'en va pas de même pour celle qui se décrit comme une citadine quelques minutes après. Quand arrive une question con mais qu'elle peut tout de même comprendre et à laquelle a déjà du répondre de nombreuses fois pour satisfaire les touristes venant se perdre dans son coin d'écosse. La partie la moins plaisante de son job, servir de guide touristique de temps à autres, supporter les gens qui s'ils montrent de l’intérêt à la nature font malgré tout n'importe quoi. Enfin c'est aussi comme ça, qu'elle avait rencontré son mari alors qu'il jouait les touristes, la brune se souvient qu'elle l'avait trouvé craquant dès la première seconde et tout citadin et homme d'affaire qu'il était, il avait une grande sensibilité et une réelle envie d'apprendre à protéger les lieux naturels et pas que pour se donner bonne conscience lors de dîner mondain.

- Un excellent sens de l'orientation déjà. Et puis la forêt n'est pas si différente d'une ville, prend la tienne et visualise la, imagine que chaque immeuble la composant sont des arbres, chacun d'entre eux est différent et t'indique ou tu dois aller. Même deux immeubles de construction identique ont des différences ne serait-ce que dans les décoration aux fenêtres, deux arbres d'une même espèce auront des décorations différentes, mousse ou marque sur le tronc, branches plus ou moins tordues. Etc. Il suffit de faire attention à ce genre de détails. Tu vois c'est tout simple.

Techniquement cela est plus compliqué et il y a plus de données à prendre en compte et aussi une grande part d'innée mais cela devrait permettre à Jena de mieux comprendre les choses, voir qu'il n'y a pas de magie là dessous avec des trucs cachés. Toujours est-il que Melody a répondu à voix basse sans ralentir le rythme, c'est à peine si de temps à autres elle marque un léger temps pour ajuster la trajectoire à prendre afin de faciliter la progression de celle à côté d'elle. La marche se poursuivant ensuite en silence, ce qui n'est pas pour déplaire à la solitaire de service bien au contraire qui pour un peu se penserait presque seule à écouter les bruits de vie dans les sous bois. C'était sans compter sur sa compagne de route qui se remet à parler, d'abord pour revenir sur l'histoire du Marchand puis pour lui poser des questions déplaisantes. Surtout qu'elles ravivent des faits qu'elle aimerait oublier mais qui reviennent sans cesse sur le tapis.

Un long temps de silence s'en suit durant lequel Melody hésite à répondre mais surtout quoi répondre et comment plus pour ne pas trop raviver les souvenirs que pour omettre volontairement un morceau de la vérité. Puis d'un coup elle se stop net et attend que Jena fasse de même et la regarde avant de parler.

- C'est donc bien ses hommes que tu as croisé, c'est leur style de faire cela...Et oui déjà vus...

Joignant le geste à la parole comme pour prouver ce qu'elle dit là, elle passe l'arbalète dans sa main gauche avant de dénuder légèrement son épaule gauche avec sa main droite. Juste assez pour que Jena puisse y voir la cicatrice caractéristique d'une blessure par balle. Elle remet sa veste en place pratiquement aussitôt, rejouant des mains sur son arme de jet avant d'adresser un demi sourire à l'autre femme.

- On y est presque.

Melody se remettant en marche en espérant que Jena n'ait pas vu la tristesse lui passer dans les yeux pendant qu'elle manipulait l'arbalète avec mille fois trop de précaution. Comme si elle avait dans les mains un trésor inestimable ou un artefact représentant un mauvais souvenir.

Il leur faut bien dix minutes de marche supplémentaire avant que Melody ne s'arrête à la hauteur d'un arbre et ne se baisse légèrement pour regarder un peu plus loin vers le sol ce qu'il se passe. Elle se redresse et sourit bien plus franchement cette fois, montrant d'un signe de main à Jena ce qu'elle a vu : les deux collets un peu plus loin qui contiennent chacun un lièvre de bonne taille. Finalement les coups de feu de l'inconnue auront servis la cause de la chasseresse en effrayant les animaux qui se sont jetés dans les pièges de la brune, un coup incroyable quand même deux lièvres de chopés ! Voilà de quoi nourrir correctement les autres dans le campement ! Même si oui ça ne vaut pas un sanglier ou une biche. Seul point noir, un des deux lièvres est toujours en vie, le collet ne l'a pas étranglé net contrairement à l'autre et il gigote tout ce qu'il peut dans son piège mortel.

La demie-écossaise ne perd pas de temps et elle se rue sur le lièvre avant qu'il ne se carapate avec sa ficelle autour du cou. Arrivée au dessus de lui, elle l'attrape et le sert contre elle pour lui murmurer "désolé mon grand" avant de lui tordre le cou, grimaçant quand les vertèbres cervicales de l'animal se brisent. Elle a fait comme Matthew le lui avait appris avant que...Décidément tout la ramène à l’aîné des Jefferson aujourd'hui. Lui qui s'est si bien occupé du campement et de tout ceux y vivant, lui qui accueillait tout le monde même en se méfiant et elle qui cherche volontairement ou non à suivre ses pas. Son lièvre toujours dans ses bras, elle se tourne vers Jena.

- Non je ne vis pas seule, je fais parti d'un campement, on est une bonne demie douzaine et on peut t'y offrir le gîte et le couvert.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 30 Sep - 19:24
Suivant la réponse de Melody à propos des compétences nécessaires à avoir pour réussir à s’orienter et trouver son chemin en forêt, je ne pus effectivement m’empêcher de visualiser New-York. Ma merveilleuse New-York et ses quartiers de Manhattan, de Brooklyn, Cinatown et Little Italy… Le Queens et autant d’autres recoins splendides que je prenais plaisir à arpenter et contempler. Et puis l’image de la destruction s’imposa à moi. A quoi pouvait-elle bien ressembler désormais ? Ses hauts buildings aux fenêtres brisées, aux façades brûlées, ses rues et avenues désormais à jamais figées dans des embouteillages colossaux, au milieu desquelles devaient errer des milliers d’infectés hagards, des milliers de mes concitoyens. En faisant la parallèle entre un patelin minable comme Snyder et la Grosse Pomme, je n’osais imaginer ce que devait être devenue ma ville. Un grouillot gigantesque de marcheurs, comptant des millions d’entre-eux. Probablement était-elle devenue une zone de non-vie, là où aucun survivant, même surentraîné et bien préparé, ne pourrait tenir tant le nombre de morts devait y être faramineux.

Difficile au final de projeter une image de ce qu’avait été ma ville sur une parcelle de forêt qui pâlirait sûrement de honte et de jalousie face à la beauté de Central Park. J’avais beau tenté et faire l’effort, cela ne me mènerait à rien, sinon à me perdre un peu plus dans ces bois. Ainsi, j’avais du mal à simplement croire, comme l’affirmait mon interlocutrice, que c’était aussi simple. C’est à peine si je savais distinguer un chêne d’un marronnier, alors un chêne d’un autre chêne… Néanmoins, j’opinais du chef à la fin de ses explications, demeurant silencieuse par la suite et tâchant de la suivre, jetant malgré tout des regards intrigués tout autour de moi pour essayer de remarquer des détails de végétation suffisamment marquant et démarquant qui pourraient m’aider à me repérer, en vain. Je n’avais d’autre choix que de me fier aveuglément aux compétences de cette inconnue, écoutant sa réponse affirmative quant à l’appartenance des bandits qui nous avait attaqué au groupuscule de ce Marchand sans réellement relever ce détail. Que ces mecs-là bossent pour un psychopathe ou un autre ne changeait rien à la profonde haine que je ressentais à leur égard. Une haine qui ne se trouvait dépassée que par ma soif de vengeance, quand bien même je savais au plus profond de moi que la vengeance ne me ramènerait rien de ce qu’ils m’avaient pris. C’était juste devenue une raison tout à fait valable de justifier ma volonté de continuer à vivre. Une raison comme une autre.

Et c’est alors que je ressassais en boucle les événements de la semaine passée que Melody m’arracha à ce tourbillon de pensées en me dévoilant le souvenir cutané d’une rencontre avec ce type, ou ses hommes, elle n’avait rien précisé à ce sujet. Je lui adressais un léger hochement de tête compatissant, manifestant la bouffée de colère ainsi suscitée de mon poing gauche qui se serra et se mit à légèrement trembler, une brève inspiration quittant mes lèvres ; au moment où elle m’informa que nous étions presque arrivées sur les lieux de son objectif.

Avec une certaine surprise, et non sans un intérêt certain, j’observais quelques instants plus tard la jeune femme se pencher sur deux lapins - lapins ? lièvres ?- prisonniers d’un système d’étranglement relativement bien fichu. Enfin, ça avait l’air d’être simple à confectionner un collet. Je ne pus cependant réprimer une légère grimace de dégoût en la voyant tordre le cou de la pauvre bête apeurée avec une efficacité et un naturel redoutable.

Et finalement, je finis par obtenir une dernière réponse de la part de la brune. Et même plus qu’une réponse, une véritable invitation qui me laissa toute aussi surprise que sans voix. Ainsi, les lèvres légèrement entrouvertes d’une certaine béatitude, je ne pus m’empêcher de marquer mon hésitation et ma surprise d’un “eeeeeeeuuuh” qui me parut éternel. Je secouais légèrement la tête, chassant la surprise et tâchant de retrouver mes esprits, relevant légèrement la visière de ma casquette pour me gratter le front de la main droite.

“Je… Je ne sais pas trop… Je n’avais pas vraiment prévu ça… Enfin j’veux dire : je n’avais rien prévu du tout, hormis foutre le camp de ce coin-là,” hésitai-je en tout premier lieu. Après, rien ne m’assurait pour l’instant que ce n’était pas un piège. Et quand bien même Melody était totalement honnête et son offre sérieuse et alléchante, qu’est-ce que cela aller me coûter en retour ? Ses compagnons allaient-ils accepter ma présence ? La présence d’une autre bouche à nourrir, d’une parfaite inconnue à laquelle ils ne savaient pas s’ils pouvaient se fier, quand bien même je m’estimais totalement fiable et apte à les aider à leurs tâches et leurs travaux. A moins qu’il ne s’agisse d’un groupe de survivants qui, ayant subi comme Melody les sévices du Marchand, cherchait à se venger de cet homme-là. Étais-je réellement prête à m’engager dans une sorte de guérilla urbaine post-apocalyptique ? Je posais un regard sur les deux lièvres de Melody, me faisant la remarque que si c’était certes une belle prise, je ne voyais pas une demie-douzaine d’individus manger là-dessus. Et si c’étaient des cannibales ? Je secouais lentement la tête, perdue dans les digressions de mon esprit, toutes de plus en plus abracadabrantesques les une que les autres avant d’en arriver à une dernière question : et si c’étaient simplement des gens biens ? Il devait bien en rester après tout. Cette Melody en était - pour l’instant - la preuve.

Finalement, j’esquissais un mince sourire à l’attention de la jolie brune. “Pourquoi pas après tout. Si tu m’avais répondu être seule, je t’aurais de toute manière demandé si tu voulais pas faire équipe pour... quelques temps,” lui confiai-je par la suite. “C’est tellement rare de croiser des gens altruistes, j’veux dire… vraiment altruistes ; ces temps-ci…”

De ma main gauche, je désignais mon propre sac à dos en secouant la bretelle. “J’ai encore de quoi tenir un peu niveau nourriture, donc je tâcherais de ne pas abuser de votre générosité à ce niveau-là. Du moins les premiers temps, histoire d’être sûrs de ton côté comme du mien que ma présence ne se révèle pas… gênante. Après tout, le prends pas mal, mais on ne se connaît pas… encore. Je trouve ça déjà complètement… dingue… comme offre. Presque inespéré en fait.”

Pour être toute à fait franche avec moi-même, je n’en revenais tout simplement pas. Moi qui me pensais condamnée d’une manière ou d’une autre à plus ou moins courte échéance, vu que je me savais incapable de survivre parfaitement seule et isolée, tomber sur Melody dans cette forêt ; ou plus exactement sur ce soldat infecté qui l’avait conduit à moi, se révélait être un véritable signe du destin.

“Par contre, j’ignore quelle utilité ou avantage vous pourriez tirer de ma présence dans les premiers temps. Je ne suis - n’étais - qu’une simple attachée de presse avant tout ça… La chasse ou la survie ne faisaient pas vraiment partie de mon cursus universitaire,” révélai-je à la jeune femme sur le ton de la plaisanterie.

“Et sinon… toi et ton groupe êtes ensembles depuis le début de cette merde ?” lui demandai-je d’un ton bien plus sérieux, histoire d’estimer à quel point je risquais d’être vue comme une étrangère à celui-ci à mon arrivée.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 1 Oct - 11:05
La fourrure douce et tiède du lièvre entre ses mains, elle réalise que cela commence à lui poser moins de soucis qu'avant de tuer un animal et elle n'aime pas ça du tout. Si bien que pendant que Jena marque sa surprise et lui arrache un sourire amusé, la brune dépose le lièvre à côté de l'autre, attrapant les deux animaux, elle leur noue les pattes ensemble. Haussant les épaules à l'intention de Jena, l'air de lui dire "c'est rien", et c'est vrai, de base elle devait juste la sortir de la forêt et on a déjà vu que cela ne lui demandait aucun effort. Un geste naturel. Pendant que Jena poursuit sur sa lancée, Melody l'écoute tout en ôtant son sac de sur son dos pour l'ouvrir et venir y déposer les deux lièvres avant de le refermer.

- Pour les plus anciens d'entre nous, ça fait un mois et demi qu'on s'est rencontré. Il y a en au d'autres mais qui sont repartis seuls de leur côté ou...

Melody se relève et remet le sac sur son dos avant de fixer Jena d'un air on ne peut plus sérieux.

- Autant que tu saches ou tu met les pieds avant d'accepter mon invitation. Elle soupire légèrement. Au départ notre campement était dirigé par Matthew Jefferson, secondé par son jeune frère Ricky et par deux autres, Calvin et Clark. Il y a quinze jours, on a fait un raid pour récupérer des armes, je te passe les détails mais Matthew a été enlevé par les hommes du Marchand, la seule chose qu'on a retrouvé de lui est l'arbalète que je tiens, son arme fétiche. Ce qui a fortement secoué tout le monde surtout qu'il était un roc inébranlable pour nous tous. Puis il y a six jours alors que Calvin nous annonçait, qu'il allait emmener les deux autres dans une ferme à l'abri, un sniper du Marchand l'a abattu près de notre source d'eau. Et comme si ça ne suffisait pas, par la radio, le Marchand s'est fait entendre, il veut qu'on se rende à lui, qu'il détient Matthew et une autre connaissance, Jenny. On ne sait pas très bien ce qu'il veut de nous mais c'est ainsi.

On essaye de se remettre sur pieds comme on peut, on a nommé un autre chef, alors bien sûr on a tous en tête un jour ou l'autre de lui faire payer les kidnappings, les morts et le reste mais ça, ce n'est pas pour tout de suite bien sûr.


La brune marque un court temps de pause pour laisser à Jena les moyens d'assimiler les choses en gros même si bien sûr Melody n'a pas tout dit là encore. Elle aurait pu lui dire que le Marchand en veut à eux les "revenants" et leurs pouvoirs, elle aurait pu lui dire qu'ils comptent bien déménager. Mais pour le premier, cela ferait trop gros à croire et pour le second, un manque de confiance encore.

- Quant au fait que tu puisse gêner, ce n'est pas compliqué, l'air de rien il y a toujours quelque chose à faire au campement, des sorties chasse, des sorties récupération dans les secteurs de la ville, faire les repas, prendre les tours de garde de surveillance du périmètre, les tours de garde au poste-radio, améliorer les installation existantes. On travaille tous ensemble, chacun en fonction de ce qu'il peut faire, personne n'est inutile, on partage pratiquement tout. Par exemple si tu vois qu'il manque une arme pour une sortie à laquelle tu ne participe pas, personne ne viendra t'engueuler ou autre si tu ne prête pas la tienne.

Donc à moins que tu ne te mette réellement toute seule dans ton coin en permanence à ne rien faire, il n'y aura aucune raison pour que ne puisses pas rester avec nous et profiter du peu que l'on a comme nous tous. Toujours partante ?


Melody n'a plus qu'à attendre les réactions de Jena que cela soit en bien ou mal avant de pouvoir soit éclaircir certains points, soit se remettre en route pour sortir de la forêt ou faire les deux à la fois. Quoi que l'autre décide, elle la sortira du sous bois de toute manière.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Sam 3 Oct - 12:38
J’écoutais avec attention les réponses de Melody concernant l’histoire de son groupe et la manière dont celui-ci fonctionnait, laissant ma tête osciller légèrement sur mon cou de droite à gauche ou de haut en bas selon les informations qu’elle me confiait, et leurs natures. Ainsi, nous avions un ennemi commun ; ainsi, il ne s’agissait que de simples survivants se débrouillant comme ils le pouvaient dans ce monde de merde. Ces informations, bien que nombreuses et assez lourdes à assimiler d’un seul bloc, me réchauffèrent cependant légèrement le cœur, suscitant chez moi un léger espoir de pouvoir trouver un nouveau groupe où me poser, où reprendre pieds et ainsi poursuivre ma quête de vengeance depuis une place plus sécurisée, et épaulée par des individus nourris du même bois revanchard. Un sourire de satisfaction rassuré passa sur mes lèvres durant quelques secondes, avant que je ne reporte mon attention sur Melody, hochant la tête une nouvelle fois, d’une manière franche et bien plus assurée.

“Dans ce cas, j’accepte ton invitation avec plaisir,” finis-je par répondre à sa dernière question, un certain soulagement se laissant même deviner dans le ton de ma voix.

D'un mouvement des épaules, je réajustais les bretelles de mon sac à dos sur celles-ci, puis dégageais quelques mèches de cheveux de mon visage pour les glisser derrière mes oreilles, dégageant ainsi ma vision périphérique de toute gêne.

“J’te suis,” l’informai-je d’un ton plus enjoué alors qu’elle allait reprendre la route vers la sortie de cette forêt.

Et tandis que je marchais à ses côtés, je ne pouvais m’empêcher de glisser de nombreuses œillades vers son arbalète, l’arbalète ayant appartenu à ce Matthew, ce roc inébranlable qu’elle m’avait brièvement décrit. Je ressassais silencieusement les informations qu’elle m’avait confié, revenant sur chacune d’entre elles, point par point, les agençant et les distillant, les classant dans diverses cases de mon esprit et de ma mémoire afin de pouvoir les exploiter au mieux par la suite et en tirer le meilleur bénéfice possible. Sans vraiment trop comprendre ni savoir pourquoi ou comment, j’avais le sentiment d’être en mesure de tirer mon épingle du jeu, peut-être la meilleure carte possible, au sein de ce nouveau groupe. Après tout, d’après les informations que Melody venait de lâcher, ils ne se connaissaient vraiment que depuis peu, et même si la situation très précaire de notre monde avait tendance à forger des relations très fortes et durables assez rapidement entre les individus, j’aurais mis ma main à couper que de nombreuses tensions devaient encore régner entre ces gens, des concessions et des reproches, avoués ou non ; de  quoi apporter de l’eau à mon moulin.

Mais alors que je m’étais murée dans mes pensées, accompagnant ma sauveuse dans notre progression au milieu des bois, je remarquais que la lumière du jour, bien qu’atténuée par les nuages, devenait de plus en plus vive, comme si la forêt elle-même s’éclaircissait petit-à-petit. Nous ne devions plus être très loin de la sortie de celle-ci. Ce qui me poussa à reprendre la parole comme si, me trouvant finalement rassurée par la promesse de quitter ces bois, je ressentais le besoin d’exprimer et diffuser verbalement mon sentiment, revenant sur une remarque qu’avait faite la jolie brune.

“Je ne suis pas du genre à rester seule et isolée dans mon coin. La solitude a plutôt tendance à me peser d’ailleurs. Il faut reconnaître que j’ai toujours vécu entourée, à nouer des contacts à droite à gauche, à entretenir des relations avec la presse, les journalistes, les avocats et les instances officielles. Je bossais au Ministère de la Justice, à Austin, donc autant te dire que les conflits et les concessions, ça me connaît,” plaisantai-je alors que je voyais enfin la lisière de la forêt s’offrir à mes yeux.

Lorsque nous la franchissions, je découvrais une longue route, assez large, avec sur ma gauche la lointaine silhouette de Snyder qui se découpait sur l’horizon plat et grisâtre ; et sur ma droite, cette langue de bitume qui se perdait vers le lointain et le néant. Le vent s’était calmé de manière assez abrupte depuis quelques minutes, et le tonnerre roulait de plus en plus sous la couverture nuageuse. Assez rapidement, je perçus, puis sentis, le bruit mat puis l’impact humide de grosses gouttes de pluie. Cette fois-ci, l’orage se pointait bel et bien, menaçant, un rideau de pluie épais et laiteux se profilant droit devant moi, venant de l’Est. Je poussais un long soupir, puis posais mes prunelles azurées sur Melody.

“On devrait se magner avant de se faire complètement doucher…” lâchai-je d’un ton plein d’évidence.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 3 Oct - 16:28
Melody aura pu assister à chacune des réactions de Jena jusqu'au sourire final et qui précède son acception à l'invitation. Elle ne peut savoir quelles conclusions l'autre en a tiré, ni le cheminement de pensée menant à cela, tout ce qu'elle voit c'est que Jena en a même l'air soulagée. Elle hoche la tête rapidement et ne se fait pas prier pour se remettre en route, son sac sur son dos, son arbalète bien en main, elle prend le chemin du retour, bien qu'elle fait un léger ajustement malgré tout.

Au lieu d'aller droit vers l'entrée du campement, Melody s'arrange pour que les deux sortent un peu avant sur la route. Et pour une fois ce n'est pas une histoire de méfiance envers la jeune femme, bien que celle-ci perdure et ne passera pas comme ça en claquant des doigts. Non la brune fait cela pour ne pas surprendre celui qui est en poste sur le toit de la caravane, cette personne l'aura vu partir toute seule pour la voir surgir d'un coup de la forêt et accompagnée. Tout peut être imaginable sous le coup de la surprise, le guetteur pouvant s'imaginer que Melody revient sous la contrainte, un tir qui part. Ou autre connerie quoi. Que là en arrivant par la route, le guetteur aura le temps de les voir arriver tranquillement en marchant côte à côte, il n'y aura aucun doute à avoir, juste se demander qui est cette inconnue.

Progressant en silence tout en continuant à veiller sur le chemin emprunté, afin que Jena ne galère pas et ne se retrouve pas sur le cul à cause d'une souche, Melody se refait le film de la rencontre. Et logiquement, son esprit dérive de nouveau vers Matthew, ne ressentant pleinement que maintenant toute la déception ne pas l'avoir trouvé au bout de cette arme mais d'avoir trouvé Jena à la place. Ce n'est pas vraiment sympa à penser mais quelque part elle en veut à la jeune femme, ce n'est pas non plus logique ou fondé mais c'est ainsi. N'ayant pas besoin de regarder en l'air pour savoir qu'elles approchent de la lisière de la forêt, c'est la voix de sa compagne de route qui la sort de ses pensées. Elle lui sourit en retour quand elle percute du ton de plaisanterie employé par Jena avant de lui répondre plus par principe que par réelle envie de communiquer.

- Que moi j'aime la solitude comme tu as pu le voir, les grands espaces et tout ce qui va avec. Sinon je n'aurais pas bossé au parc national des Cairngorms en Écosse. Tu as bien du courage pour avoir bossé dans ce genre d'endroit en tout cas.

Une fois les deux pieds sur l’asphalte, Melody se rend compte que le vent est tombé et que l'orage est quasiment au dessus de leur tête. Elle hume l'air, savourant l'odeur montante des premières gouttes de pluie pendant que Jena elle met en évidence à voix haute ce qui va leur tomber dessus. Effectivement, elles devraient se dépêcher, heureusement elles n'ont pas non plus un long chemin à faire, un pas rapide voir trottiner sur la route et elles pourront se mettre à l'abri dans le campement. La brune ne perd pas de temps et remonte la route en s'éloignant de Snyder, accélérant l'allure à mesure que le rideau de pluie se rapproche à vitesse grand V. Et si elles ne pourront pas le distancer, elles pourront limiter les dégâts.

Ce qui n'empêchera pas Melody, à l'arrivée, d'emmener Jena voir Samuel, faire les présentations si on peut dire et expliquer à l'homme comment elles se sont croisées toutes les deux et les conclusions que Melody en a tiré. Puis Melody laissera Jena s'installer, faire connaissance avec les lieux et/ou avec les autres et elle s'éclipsera pour aller s'occuper des deux lièvres. Les dépecer, les vider, les préparer pour la cuisson et les mettre à cuire pour le repas et seulement après elle ira reposer le talkie dans la caravane.

[Fin du jeu]

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 4 Oct - 23:14


Excursion Validée

Récompense(s) :
L'équipe repart avec une Grenade à gaz soporifique. La chasse a rapporté à Melody deux Rations de nourriture.

Conséquence(s) :
Jena gagne 10 points de moral.
Melody gagne 5 points de moral.

Vous avez consommé :
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Les Scénaristes
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