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[Ferme Wallace] La Cuisine - 29/01/35
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Ana Stanford

Anonymous
Invité
Sam 24 Oct - 14:10
Ana ne manqua pas d’afficher une sincère surprise lorsque Jordan prit la parole suite à son invitation, là où elle s’était imaginée voir le jeune homme silencieux lever la main et refuser de s’exprimer ; ce dernier lui fit le plaisir de répondre. Et quelle réponse… Au fur et à mesure que les mots quittaient les lèvres du jeune homme, la vétérinaire avait croisé ses doigts et laissé reposer son menton sur ses phalanges, les coudes posés sur la table, ses azurs ne cessant de dévisager le visage de Jordan tout au long de ses propos. Et si elle trouvait que ses doutes, ses questions et ses hypothèses étaient tout à fait justifiés et justifiables, elle ne put s’empêcher de grimacer légèrement, plissant le nez en constatant que certains points qu’elle avait abordés souffraient d’une légère incompréhension. Néanmoins, elle tâcha de le laisser finir avant de rectifier certaines choses, préférant d’ailleurs attendre que Jian, puis Johann, y aillent aussi de leurs propres avis et pensées.

D’ailleurs, elle ne put s’empêcher de ressentir une certaine satisfaction à voir ces trois-là réfléchir, raisonner,  et analyser une situation qui les dépassait encore de très loin, situation dans laquelle ils s’étaient retrouvés plongés sans avoir rien demandé. Les yeux de la quadragénaire glissèrent d’ailleurs sur Johann alors qu’il semblait faire preuve d’un certain fatalisme quant à sa situation. La sagesse de l’âge ? Ou de la simple résignation qui n’avait pas encore réussi à entamer la fougue des deux autres, bien plus jeunes ? Mais la véritable surprise vint lorsqu’il invita la jeune Pamela à prendre la parole et donner son avis, ce qui attira irrémédiablement le regard de la brune vers sa cohabitante aux cheveux d’or.

Jusqu’à présent, et tout au long de l’échange, cette dernière s’était contentée d’écouter les propos échangés en triturant sa part d’omelette de la pointe de sa fourchette, comme absorbée par ses propres pensées et souvenirs. Ce n’est que lorsque Johann la prit à partie directement qu’elle releva le nez de son assiette, les yeux légèrement écarquillés et la bouille surprise, trouva dans un premier temps le regard de celui qui l’avait interpellé avant de braquer ses yeux océans vers Jordan, puis reprendre la parole de sa voix balbutiante.

“Je-Je n’en co-connais p-pas beau-beau-beaucoup d’entre eux,” confia-t-elle à Jordan. “Seu-seulement qua-quatre sont re-re-revenus ici a-avant t-toi, et-et vous mê-même. Tout ce qu-que je sais, c’est que de-deux d’entre eux so-sont m-morts en vi-ville, et-et les de-deux autres so-sont tou-toujours au camp. Mais-mais moi, je-je leur f-fais con-confiance,” avoua-t-elle en hochant la tête à plusieurs reprises, alors que ses yeux se mouillaient très légèrement.

“Tous-tous les au-autres ont é-été ré-récu-récupérés dans la-la nature p-par le frè-frère de Ri-Ricky… P-par gen-gentillesse,” acheva-t-elle avant de se relever, repoussant son assiette et ses couverts, essuyant ses yeux humides d’un revers de manche. “Ex-excusez-moi…” ajouta-t-elle avant de quitter la cuisine d’un pas empressé.

Ana suivit la jeune femme de son regard, ayant vainement tenté de la retenir en lui agrippant le bras jusqu’à ce que celle-ci ne disparaisse de la cuisine, la porte claquant derrière elle ; puis reporta son attention tour-à-tour sur les trois hommes. Au terme d’un soupir las, elle finit par reprendre la parole.

“Ne le prenez pas pour vous personnellement. Pamela était attachée à certains d’entre eux.” Elle porta une attention plus particulière sur Jordan avant de continuer. “Je peux comprendre tes craintes et tes réserves à propos de ce groupe, et je doute qu’aucun de mes mots, ni de ceux de Pamela, ne saura te faire changer d’avis là-dessus. Mais comme le dit Johann, ça ne vous coûtera rien de les rencontrer.” A la suite de quoi, elle tourna son attention vers l’asiatique.

“Ce groupe de survivants existe parce que Ricky et son frère, ont choisi de leur faire confiance, de croire en eux et de leur donner une chance là où ils auraient pu choisir de les abandonner à leurs sorts. Et c’est, je pense, ce que ce groupe continuera de faire, par solidarité et empathie, sinon par mimétisme. Ensuite, nous n’allons pas vous laisser moisir dans vos tenues dégueulasses,” ajouta-t-elle en appuyant plus spécialement son regard sur Jian.

“Je dis surtout ça pour toi et ton uniforme reconnaissable entre mille. Ces gens n’ont pas besoin de savoir d’où tu viens, du moins pas de cette façon-là… Ce sera à toi de faire preuve d’honnêteté à ce sujet-là avec eux, ou de décider de leur cacher. Tu régleras ça avec ta conscience, même si en ce qui me concerne, je préfère juger les gens sur leurs actes plutôt que sur leur apparence. Mais on ne parle pas de moi là…” conclut-elle d’un ton parfaitement solennel avant de revenir à Jordan.

“Concernant le Marchand, j’ai dû mal m’exprimer, mais il ne cherche pas à tuer les autres survivants, juste à les capturer, ce qui, selon moi, n’est franchement pas plus enviable quand on sait les horreurs qu’il fait subir à ceux qui lui résistent.” La brune prit une longue inspiration, faisant craquer ses doigts avant de vous embrasser tous les trois d’un regard perçant.

“Maintenant, c’est à vous de me dire si vous souhaitez les rencontrer. On peut les contacter par radio, les faire venir ici. Un bon compromis d’après moi pour vous aider à prendre votre décision.”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 24 Oct - 18:38
Le chinois avait l'air d'avoir peur, et il avait raison. Avant, personne ne lui aurait fait confiance avec ce qu'il avait sur le dos, alors aujourd'hui, lorsque les personnes que l'on côtoyaient au quotidien s’entretuaient pour une bouchée de pain, personne n'avait de raison de faire confiance à un taulard. En réalité, j'avais pitié de lui à ce moment là. Johann s'était contenté de s'adresser à Pamela. Elle disait que la moitié de ceux qu'elle connaissait étaient morts. Un bon point ça. Lorsqu'elle évoqua le frère de Ricky, j'avais compris ce qu'il c'était passé. Il était mort lui aussi. Celui qui les avait accueilli était mort, trop de " gentillesse " sans doute, dans ce monde, c'est ce qui arrivait. Nous n'avions pas été faibles pourtant, et la mort était venue nous chercher.

Qu'importe. Seul, je n'irai pas loin, et ces deux là avaient l'air décidés de partir avec eux. Mais bon, quoi que je puisse penser, j'étais bien obligé de les suivre. Je n'avais pas envie de mourir encore une fois, et puis je savais me défendre si jamais ça devait foirer quelque part, j'étais mort parce que j'avais été faible, ça n'arriverait plus. Aujourd'hui, je n'avais rien à perdre, et on le savait, un animal était bien plus dangereux parce qu'il n'avait pas peur de la mort, contrairement aux hommes. Je n'avais plus rien à perdre, et tout à gagner, autant tenter le tout pour le tout. Quitte à aller voir ce camp.

Ana avait raison, ça ne me coûterait rien d'y aller. Enfin, toujours moins qu'à Jian. Bah, la brune allait lui donner de nouveaux fringues. Elle croyait vraiment ce qu'elle disait, sur leur solidarité, empathie et tout ça. Et puis pour ce qui était des marchands, ils capturaient les survivants, enfin, s'ils pouvaient. Des monstres. Soit disant. Elle nous proposa des les contacter par radio. Un très bon compromis. Qui sait, peut être que nous pourrions les rencontrer avant d'aller à leur camp, ce serait le mieux. Je hochais lentement la tête.

" Faisons ça. "

Jian Wei

Anonymous
Invité
Dim 25 Oct - 1:23
Jian resta silencieux le reste de la conversation… En fait, plus il y réfléchissait et plus il avait l’impression de parler pour ne rien dire… C’était certainement une mauvaise pensée et le garçon n’était pas normalement d’un naturel impatient, mais pour le coup il avait l’impression que ses deux compères étaient en train de se noyer dans un verre d’eau…
Après l’argumentaire qu’il venait de balancer, les propos de Jordan semblaient tout à fait raisonnables et quant à ceux de Johann, ils l’étaient encore plus puisqu’il était issu non pas d’une longue réflexion mais du simple bon sens commun à chaque être humain. En plus d’être contreproductif, juger des gens qu’on n’avait pas encore rencontré tenait de l’ignorance pure et dure (et cela, le taulard aux rayures avait bien l’intention de le prouver) et au final même d’une certaine imprudence. Rien n’empêchait d’avoir des soupçons ou des doutes sur une personne mais juger d’emblée faisait état d’une certaine forme d’ignorance et aussi de stupidité. Même s’il se disait que cela ne ferait pas avancer les choses, Jian prit partit.

- Sans vouloir vous offenser monsieur Jordan, je suis d’accord avec mons… Avec Johann. Je sais que je suis mal placé pour le dire, mais juger les gens avant même de les rencontrer ne nous mènera nulle part, nous devons essayer et il sera toujours temps de faire bande à part si nous le sentons pas, dans le pire des cas nous aurons juste rencontré un groupe avec qui nous pourrons envisager de rester en contact, nous avons donc tout à y gagner.
Dit-il en souriant d’un air espiègle avant de rajouter ce qui lui trottait dans la tête.
- Quant au fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences, j’espère vous donner une bonne raison de croire en cette maxime dans les jours qui viennent.
Ajouta-t-il en gage de bonne volonté envers ceux qui allaient maintenant partager son quotidien.

Le reste de la conversation serait cependant beaucoup moins légère quand Pamela, submergée par l’émotion en parlant du groupe de survivants, s’exila dans la cuisine pour pleurer les disparus. Jian ne put s’empêcher d’éprouver une grande compassion pour elle et toute trace de bonne humeur récemment acquise disparut de son visage.

Puis la conversation dévia de nouveau de sujet et se centra particulièrement sur l’uniforme rayé et puant du jeune Chinois qui remercia son hôte d’une inclinaison de tête. La simple idée de pouvoir enfin quitter ces frusques sales de lin grossier (et puantes) fut un soulagement pour Jian, en plus de savoir qu’il ne porterait plus sur le dos la marque des bagnards qu’il avait un jour été.

- Merci beaucoup Mademoiselle Ana. Bizarrement, je n’éprouve pas un grand attachement émotionnel envers ces vêtements et je serais ravi de les échanger contre une collection un peu plus discrète.
Dit-il encore une fois en essayant de faire un trait de cet humour occidental qu’il avait tant de mal à apprivoiser.
- Mais rassurez-vous pour vos amis, je n’aime pas garder de secrets, je leur dirais sans détour d’où je viens quand ils me le demanderont. Je préfère être clean à ce niveau-là plutôt que de vivre avec la peur constante d’une épée de Damoclès au-dessus de la tête…
Au moment où les mots « épée de Damoclès » sortirent de sa bouche, le sourire de Jian perdit un peu de sa superbe et il baissa les yeux en se pinçant les lèvres avant de finalement conclure.
- J’ai vécu suffisamment longtemps avec le fardeau de mes erreurs passées sur les épaules, je veux m’en débarrasser et aller de l’avant, pas le cacher.
Et c’est finalement par une proposition de contact que s’acheva la conversation, non sans un détour sur les méthodes du marchand qui avaient été mal comprises par le groupe (mais ne semblaient pas pour autant très diplomatiques). A cette proposition de contact, Jian ouvrit la bouche pour parler avant de se faire interrompre par Jordan. Il ferma donc la bouche et se contenta de hocher la tête pour signifier son approbation.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 25 Oct - 2:30
Jian abonda dans notre sens, à Ana et moi, d’une manière directe qui me prit par surprise plus d’une fois ; en plus de prendre franchement  position, il parvint surtout à sortir plus de dix mots sans (presque) aucune formule de politesse. Visiblement il savait s’adapter, ce qui était plutôt bon signe. L’ambiance fut grandement refroidie lorsque Pamela répondis à mon intervention. Sur le coup, j’en étais désolé. Je n’avais pas eu l’intention de l’amener à une telle réaction et ne me doutais pas qu’elle soit si sensible. J’avais envie de m’en excuser, mais ce n’était pas le moment ; elle avait filé se réfugier ailleurs où personne ne lui demanderait plus rien, j’imagine. J’espérais bien pouvoir lui faire mes excuses plus tard, quand on en aurait terminé ici, à condition qu’elle ne m’évite pas. En attendant, j’étudiais Jordan en me demandant si j’avais tapé juste ou si les émotions de la blonde lui resteraient indifférentes. Cette conversation s’éternisait et je commençais à subir l’effet du reste de la matinée. La fatigue m’assommai malgré mes efforts pour l’éloigner, mes pensées dérivaient, mon attention s’effaçait. Je m’étirais en me redressant sur ma chaise, penchait la tête, droite, gauche, et tirait les épaules en arrière. Chaque muscle soumis à l’étirement renâcla à l’effort et me récompensa d’un douloureux mais revigorant inconfort ; l’immobilité me pesait, j’avais besoin de bouger, de changer de pose, de n’importe quoi d’autre que de rester le cul sur une chaise. Tandis qu’Ana reprenait la parole, je me levais en prenant mon assiette et ma tasse en main pour aller les déposer à côté de l’évier, sur le plan de travail. Au lieu de retourner à ma place, je restais là, debout, me retournant et restant appuyé contre le meuble de cuisine, mes mains posées sur le rebord du plateau de travail, face à Jordan et partiellement derrière Ana, qui aurait dû tourner la tête pour m’avoir en visuel, pareillement que Jian. A mon sens, je n’avais plus rien à dire ; cela ne m’empêchait pas d’écouter, constatant que le discours de Jordan avait également faussé mon jugement sur certains points de détails.

Quand elle eut terminé, le silence me sembla écrasant. Comme si une chape de plomb s’était abattue, il me sembla que nous étions tous dans l’attente d’une réaction, quelle qu’elle soit, de Jordan. Enfin, il la lâcha et je ressenti  une pointe de satisfaction devant cette concession qu’il accordait sans aucun doute à contre cœur, mais qu’il accordait quand même. Il avait dû se rendre à l’évidence devant la logique des arguments, ou devant Pamela, ou accepter de baisser sa garde, dans tous les cas j’étais plutôt content pour lui. Tout être humain, même sur le fil et instable, méritait d’avoir un maximum de chance de survies. Je pensais vraiment, en attendant mieux, que ce groupe serait notre plus grande chance de survie au vu des éléments dont nous disposions.

- On dirait, Ana, que tu pourras leur demander de venir ici, histoire qu’on fasse connaissance. Maintenant… Je sais pas ce que t’as prévu pour la journée, mais je dois avouer que je suis pas au mieux de ma forme.

J’avais besoin de pouvoir digérer la masse d’informations qu’on venait de se prendre en pleine figure et je n’allais pas dire franco que j’étais rattrapé par l’épuisement tant physique que nerveux. J’étais juste vidé. Après tout, je venais en pas beaucoup plus d’une paire d’heure de reprendre conscience, de découvrir et d’entendre les trucs les plus improbables qui soient, ça faisait un peu beaucoup en une seule fois. Même en encaissant bien, même avec beaucoup de bonne volonté, j’étais pas Superman.

Ana Stanford

Anonymous
Invité
Dim 25 Oct - 11:04
Suite à ses dernières précisions, Ana s’aperçut, pour elle comme pour eux, qu’ils avaient fait le tour du sujet, une ligne de conduite directrice ayant fini par se dégager de tout ça. Son attention se porta sur Jian, qui répondait à ses suggestions en confiant qu’il ferait preuve d’honnêteté envers l’autre groupe, précisant même qu’il avait vécu assez longtemps avec le poids de ses erreurs. Une remarque qui ne manqua pas d’arracher à la vétérinaire un haussement de sourcil dubitatif, vu le jeune âge de Jian, estimait-elle, il devait légèrement exagérer le poids de ses années. Néanmoins, elle lui confia son assentiment d’un simple sourire satisfait avant de porter ses azurs vers Jordan qui acceptait de rencontrer cet autre groupe, ici, à la ferme.

Johann fut le dernier à réagir, se redressant, s’étirant puis se levant finalement pour débarrasser son assiette avant de gagner le plan de travail jouxtant l’évier. Ana le suivit tout d’abord du regard jusqu’à ce qu’il passe dans son dos et ne s’échappe de son champ de vision. Lentement, elle se retourna sur sa chaise, passant son bras droit par-dessus le dossier de cell-ci et dévissant un peu plus le cou pour l’observer, donnant un crédit silencieux à sa dernière remarque d’un signe de tête, comme à son habitude, avant de reprendre la parole.

“Très bien. Je vais demander à Clark ou Ricky de les joindre par radio, afin de voir quand est-ce qu’ils pourront venir vous rencontrer,” promit-elle d’un ton résolu, avant de détailler Johann plus longuement d’un regard perçant, puis le faire glisser vers Jordan, puis Jian.

“En ce qui concerne Jordan, je pense qu’il va être gentiment réquisitionné par Ricky ou Nelson pour aider à quelques tâches,” commença-t-elle sur un ton légèrement plaisantin avant de poursuivre. “Mais pour vous deux, je vais vous faire visiter la maison, vous indiquer la salle de bain et votre chambre, afin que vous puissiez prendre une douche, vous changer et vous reposer. Le début de journée a été assez chargé comme ça, et il semblerait que le repos et la tranquillité s’avèrent être d’excellents traitements contre les symptômes de la résurrection,” conclut-elle dans un sourire plutôt encourageant avant de se lever à son tour de sa chaise.

Fin.

Eléments scénaristiques:
 
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