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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CFJ, A, 2] Les survivants, les geignards et le chien - 7/02/35
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Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 7 Oct - 17:34
Interprété par Samuel Freeman & Jena Higgins.

Une certaine jeune femme était venue le trouver il y a deux jours. Elle en avait marre de secouer la poussière en trainant des pieds dans le coin, et c'était compréhensible, même en sachant à quel point les sorties pouvaient se montrer mortelles depuis peu. Ainsi, Samuel avait répondu positivement à sa demande tout en exacerbant son impatience... Il l'avait encore fait attendre deux jours afin d'être certain de ne rien laisser en plan.

Ce matin là, avant que l'aube ne se pointe, il s'était déjà levé, là, depuis le coin isolé du camp. Il s'était débarbouillé, avait bu et un peu mangé avant de s'équiper convenablement de son imposant barda. Déjà, le pistolet, le fusil et le gilet pare-balle avaient constitué un solide équipement de combat, mais ce n'était que maintenant qu'il avait parfait sa tenue de sortie avec un talkie permanent et les jumelles qu'il avait trouvé et n'avait pas tellement exhibé au reste du camp... Puisque c'était les siennes et qu'elles ne risquaient pas de se retrouver volontairement entre d'autres mains que les siennes.

Quoi qu'il en soit, malgré une certaine faiblesse dans sa volonté, il avait réussi à se lever et se préparer assez rapidement pour être prêt lorsque l'aube se lèverait, non pas pour partir avec le soleil en face mais passer un peu de temps à examiner les alentours et s'assurer une énième fois de bien avoir enregistré dans sa mémoire la zone qu'ils allaient traverser et celle qu'ils allaient explorer.

Le reste de cette matinée, il la passa derrière le motel, assis à même le sol à griller la fin d'un paquet de cigarettes en regardant vers l'Est, à la fois attentif et distrait, plongé dans ses pensées, bien occupé à se reconstruire après les évènements du week-end dernier jusqu'à ce que la matinée ne se termine et que l'après-midi commence.

Pour son déjeuner, il avait bien emporté un petit paquet de saucisses sèches, mais le manque d'appétit l'avait contraint à n'en manger qu'une tout en attendant à la lisière du camp, jusqu'à ce que Jena ne le rejoigne, et surtout, jusqu'à ce que le soleil ait réellement dépassé son zénith. Quoi qu'il en soit, le ventre presque vide mais loin de réclamer la moindre subsistance, Samuel salua poliment Jena dès qu'il la vit, faisant d'ailleurs un bien étrange geste de "coucou" de la main droite, quasiment collé contre son buste... Comme pour éviter d'agiter le bras de sa chemise toujours teinté de rouge où de libérer la sangle du fusil d'assaut accroché à son épaule.

Puis il s'exprima, pas très différemment de quand elle était venue le voir, mais infiniment plus par rapport à son indifférence lors de son arrivée. Là, sans être souriant, il se montrait plutôt attentionné, le visage clair, assez neutre et l’œil vif, la voix forte sans être sèche, comme auparavant, il se laissait chuter pour mieux se redresser... Même si les choses n'était pas encore finies, pas totalement :


"Salut. T'es prête ? T'as mangée quelque chose ?"

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 7 Oct - 18:41
Une fois de plus, un nouveau jour semblait se lever sur une certaine routine qui commençait à s’installer au campement rejoint une semaine plus tôt, sans que les choses n’évoluent vraiment. Ambiance lourde, chacun se tenant plus ou moins dans son coin ou vaquant à ses occupations, à l’image de leur leader, si distant qu’il avait même placé sa tente loin des autres. Un détail dont l’intérêt ne me titillait plus du tout désormais. Mais je commençais à m’ennuyer fermement à répéter sans cesse les mêmes obligations. Se lever, avaler un maigre petit déj’, monter la garde sur le toit de la caravane tout le reste de la matinée, puis s’occuper ensuite d’une façon ou d’une autre jusqu’à la tombée de la nuit, regagner sa tente et trouver le sommeil au milieu des cauchemars… Et on recommençait le lendemain.

Assise en tailleur sur le toit de la caravane alors que le soleil devait parvenir à son zénith au-dessus des nuages qui s’éclaircissaient peu-à-peu, en témoignait la luminosité plus flagrante du jour, le Five-seveN à la main, les azurs portant aux environs, j’observais avec attention un paysage que je connaissais désormais par cœur. La forêt qui me faisait face et s’étendait au loin vers l’ouest, à perte de vue - celle où je m’étais perdue - jusqu’à ce que Melody ne m’y récupère, la longue route qui marquait l’entrée du camp, courant du sud vers le nord tel un sillon dans la vaste prairie, les ruines du motel et des magasins de cette aire de repos à l’est. Rien ne bougeait, et rien ne semblait vouloir le faire. Laissant un mince soupir s’échapper d’entre mes lèvres, la fameuse question de “qu’est-ce que je fous-là ?” se répétait dans mon esprit de manière de plus en plus régulière.

Du sommet de la caravane, je laissais mes azurs se poser sur le sommet arrondi de la tente du “chef”, me demandant ce qu’il pouvait bien glander de si important tous les jours pour n’apparaître que brièvement dans le camp, à la vue des autres, avec son humeur de chien qui tendait tout de même vers une amélioration palpable jour après jour. D’après les rumeurs et histoires qui circulaient au camp, de-ci, de-là, de ce que mes tympans avaient pu percevoir des bruits qui couraient, Samuel semblait avoir perdu un être cher parmi eux très récemment. Et si je pouvais comprendre - au moins aussi bien que lui sinon mieux - ce n’était pas une raison pour se terrer comme un ermite. Encore plus quand on avait la responsabilité d’une demie-douzaine d’âmes qui comptait sur vous.

Une voix m’arracha à mes pensées, l’un des survivants venant prendre ma place sur le toit de la caravane pour le restant de la journée. D’un bref hochement de tête et salut poli, je laissais donc mon poste à mon successeur et descendais de mon perchoir pour aller grignoter un petit quelque chose. Cela faisait maintenant deux jours que Samuel m’avait en quelque sorte “promis” une excursion, et deux jours que je poireautais à attendre son bon vouloir. Un bon vouloir qu’il sembla enfin m’accorder lorsque, en ressortant des toilettes, je le remarquais posté près de la sortie du campement. Je pris le temps de récupérer dans ma tente mon sac à dos et vérifiait d’avoir bien rempli le magasin de mon arme avant de la glisser à son emplacement habituel, entre mes reins. A la suite de quoi, un petit détour par la caravane afin de récupérer quelques munitions supplémentaires, Melody nous ayant informé dans son speech de lundi des risques que nous avions de croiser de nombreux rôdeurs sur le secteur A que nous comptions visiter aujourd’hui. Je fourrais donc les munitions dans une des grandes poches latérales de mon pantalon cargo puis enfilais ensuite mon sac sur mon dos avant de me diriger vers le chef d’un pas rapide, révélant là toute l’impatience qui m’animait de sortir enfin de ce trou.

Parvenue à sa hauteur, je lui rendais son salut, d’un geste de la main plus franc et souligné d’un mince sourire empli de politesse, avant de faire glisser quelques mèches de cheveux derrière mes oreilles, me servant finalement de ma casquette de sous-off’ encore humide comme d’un serre-tête de fortune. Garder un champ de vision des plus dégagés constituait l’une de mes priorités en matière de survie.

“Salut. J’ai avalé un petit truc et je suis prête à te suivre,” répondis-je sobrement à ses questions, prenant soin de fermer ma veste en cuir jusqu'à la base de mon cou, puis de manifester mon impatience à me mettre en route.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 7 Oct - 21:14
A la réponse de la jeune femme, Samuel hocha la tête en étirant ses lèvres en un mince sourire en coin. Puis il se tourna vers l'Est pendant que cette dernière refermait sa veste là ou l'ex-manager comptait seulement sur un pantalon de tissu largement déchiré sur la cuisse et son pare-balle surmontant sa chemise pour le tenir "au chaud". Il demeura quelques secondes à examiner l'horizon bien éclairé malgré les nombreux nuages empêchant le soleil de convenablement se montrer.

Puis, il retourna la tête vers une Jena qui semblait s'impatienter, lui lâchant les premières instructions de la sortie :


"Si tu as put déambuler dans la forêt sans te fatiguer, le relief ne devrait pas te faire peur. On va faire des détours, sans quoi on pourrait se faire surprendre par des morts, ou pire, par des vivants. Tant qu'on garde le soleil dans le dos, c'est la bonne direction, et en cas de problème, direction le soleil jusqu'à retrouver le camp ou la route.

Bref, allons-y avant que tu te mettes à piétiner."


Et sur ces paroles, il se tourna droit vers l'Est et se mit en marche, d'un bon pas, ample et encore un peu raide malgré les conseils de Melody. Au moins, il ne se trimballait plus en chaussures de villes complètement ruinées par leurs différents voyages, dans la plaine, la forêt, les débris urbains, on ne peut pas dire que les chaussures d'ouvriers étaient beaucoup plus confortable sur sol inégal, mais au moins, elles résistaient parfaitement.

Ainsi, ils marchèrent quelques centaines de mètres avant que l'ex-manager ne dégaine sa superbe paire de jumelle à vision nocturne, d'où ? D'une sacoche pendant sur son côté gauche, retenue par une lanière lui enserrant le côté droit du cou. Avec ceci, il commença à faire de brèves haltes de quelques secondes pour examiner toutes les directions, en particuliers lorsqu'ils avaient finis de grimper un relief.

De ce fait, effectivement, plusieurs détours furent effectués mais il apparaissait aisément que Samuel se guidait de telle sorte d'avoir toujours le meilleur point de vue, sinon une bonne hauteur pour examiner le chemin en avant. Malgré cela, certains endroits ne pouvaient définitivement être sûr et le jeune homme tâchait bien de se montrer des plus prudent dans ces cas-là, que ce soit en augmentant ou en ralentissant la cadence, de sorte d'être aussi discret que possible jusqu'à avoir put examiner la zone proche avant de la traverser sans attendre un danger inopiné.

Comme d'habitude, aucun réel danger ne se montra, quelques morts flânait dans la nature, sans doute à la poursuite d'un lapin qui avait su se terrer ou un coyote qui leur avait échappé dans des hautes herbes, quoi qu'il en soit, rien qui ne valut de détour supplémentaire, ni d'attente, ou pire, de combat. Ils arrivèrent alors aux abords du secteur A, ayant enfin le visuel avec LA ferme, l'endroit qu'il tenait absolument à examiner.

C'est là, qu'enfin, après avoir été extrêmement peu loquace pendant les déplacements, il se permis enfin d'avoir la langue un peu pendue, sans s'arrêter de marcher :


"On approchent du secteur. Là, il y a une ferme. C'est juste une maison, un garage et une grange. La maison est vide, le garage a quelques merdouilles mais... Il est bouclé, c'est Melody qui a la clé il me semble, et dans la grange... On avaient trouvés un chien.

On lui a donné à manger ce qu'on aurait pas put vraiment ramener. Je suis repassé, avec... Heum... Avec Ivy, il y a peu, il allait bien mais il y avait eu des squatteurs vivants, enfin, qui l'avaient été, et une sacré brochette de morts, donc on va croiser pas mal de cadavres là. Quoi qu'il en soit, depuis, je ne pas repassé, mais quand on étaient partis..."


Il jeta un œil vers Jena, comme hésitant, juste l'espace d'une seconde, avant de reprendre :

"Enfin, il m'a sauvé la vie dans cette grange et il nous a suivis pour nous regarder partir. J'ai pris quelque chose à manger et avec un peu de chance, il va finir par me suivre jusqu'au camp. Une fois qu'on aura fait ça, on continuera à l'Est, sur la route. Plus loin, il y encore quelques baraques qu'on a pas vu.

Et après ça, selon notre situation, on verra si on peut aller jeter un œil à la maison où Melody a trouvé le camping-car, je ne sais pas si notre puissance de feu serait bien indiquée pour faire du nettoyage, mais jeter un coup d’œil ne coutera rien si on est pas trop alourdit."


A nouveau, il posa son regard sur la jeune, cependant, ce coup-ci, il semblait bien assuré, positif, volontaire, bref, enfin lui-même, pour le moment en tout cas.

"Ça te va ou tu voulais plus d'action ?"

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 7 Oct - 23:43
Croisant les bras sur ma poitrine, j’inclinais très légèrement ma tête sur le côté en écoutant attentivement les quelques explications de Samuel à propos du chemin qui nous séparait de notre objectif, prenant même bonne note des quelques conseils d’orientation qu’il me donnait. Néanmoins, je ne pus m’empêcher de lever un regard circonspect vers le ciel encore bien obstrué de nuage, n’hésitant pas à douter très légèrement de l’efficacité d’un repérage par le soleil avec une météo pareille. Probablement une consigne d’ordre général, pour les prochaines fois. Une consigne que je gardais malgré tout en tête, des fois qu’à force de vent, les nuages finissent par migrer vers d’autres horizons.

J’acquiesçai à ses propos de quelques hochement de tête avant de finalement lui emboîter le pas, tâchant de rester assez près de lui sans pour autant oublier de surveiller ce qui pouvait bien se pointer dans notre dos. Et le chemin fut plus long que ce que je me l’étais imaginé en observant rapidement la carte, probablement à cause des quelques détours que nous empruntions selon les obstacles qui se présentaient face à nous. Quelques rôdeurs au loin, dont les silhouettes à la démarche mal assurée étaient reconnaissables à des centaines de mètres, visiblement lancés à la poursuite de quelques animaux sauvages puisqu’ils ne semblaient en aucun cas se pointer vers nous. Par mesure de précaution, j’avais quand même sorti mon arme hors de sa planque pour la garder dans ma main droite, ne cessant de jeter quelques œillades envieuses vers l’arme lourde de Samuel. Avec un engin pareil et de l’entraînement, je savais que je pourrais faire rendre l’âme à un sacré paquet d’enfoirés, morts ou vifs.

Finalement, nous arrivâmes en vue d’une ferme, aisément reconnaissable de par son architecture, ou la présence d’une grange somme toute plutôt imposante. Ce fut d’ailleurs le moment où Samuel reprit la parole, m’expliquant plus en détail ce qui nous attendait et quelle serait la suite du programme. Je ne pus m’empêcher de tiquer très légèrement lorsqu’il fit mention du garage fermé à clé ; clé que Melody aurait gardé. Je plissais légèrement les paupières d’une grimace de réflexion, surprise par l’absurdité de la réflexion. Étions-nous venus jusqu’ici sans prendre la clé d’un des endroits que nous comptions visiter ? Mais comment ces types avaient-ils faits pour survivre jusqu’à présent ?

D’ailleurs, on était venu faire quoi exactement ? Récupérer un chien ? Je pensais qu’on venait en repérage pour le déménagement annoncé par Melody quelques jours plus tôt, le repérage et le nettoyage des lieux d’ailleurs. Je remarquais aussi l’hésitation qu’il avait marqué en prononçant le nom de cette Ivy, et ne connaissant personne au camp de ce nom-là, j’en déduisis rapidement qu’il devait s’agir de l’une des pertes récentes qu’ils avaient connu. Et alors qu’il continuait de m’expliquer le déroulement qu’il avait prévu pour l’excursion, je ne cessais d’observer les lieux depuis notre point d’observation, ne remarquant pas vraiment de mouvements suspects aux alentours, du moins jusqu’à ce que l’homme ne me pose sa fameuse question, à laquelle je ne pus masquer le sourire en coin qui se dessina sur mes lèvres, suivi d’un très bref haussement d’épaules.

“L’action saura nous trouver bien assez tôt,” lui répondis-je en lui présentant mon arme à feu dans un geste d’évidence, le canon braqué vers le ciel et l’index encore bien loin de la queue de détente avant de reprendre. “Donc pour l’instant, ça me convient,” conclus-je finalement en le laissant ensuite reprendre la route vers la ferme.

Il ne nous aura fallu guère de temps pour couvrir le reste de la distance alors que je laissais à Samuel l’initiative du trajet pour nous y mener. et alors que j’atteignais l’enceinte de la ferme, je pris le temps de m’arrêter dans un buisson décharné à proximité de l’entrée et m’accroupir juste derrière, prenant tant le temps de tendre l’oreille pour guetter d’éventuels râles d’infectés que d’observer minutieusement les alentours à la recherche d’un quelconque mouvement. Mais la voie semblait libre, du moins à l’extérieur. Lentement, je me relevais et continuais ma progression vers la porte du garage. Si, d’après les explications de Samuel, la maison se voulait entièrement vide, alors s’engager dans celle-ci ne présentait strictement aucun intérêt. Une perte de temps dans le meilleur des cas.

M’arrêtant devant la porte du garage, je pliais légèrement les genoux pour amener ma main libre sur la poignée, tentant de faire jouer celle-ci et d’ouvrir la porte, en vain. les lieux se trouvaient toujours verrouillés. Quelque part, j’interprétais cela comme un bon signe. Personne - depuis la dernière visite de Samuel - n’avait eu l’idée de venir ici, à moins qu’un hypothétique visiteur ait lui aussi eu l’idée de laisser les lieux inexplorés. Peu probable en réalité. De nos jours, plus personne ne craignait d’ouvrir les portes fermées à grand coups de latte. Mais je décidais de délaisser, pour l’instant, ce maigre obstacle verrouillé pour m’intéresser à la grange non loin, et les quelques cadavres gonflés d’humidité dégageant une odeur répugnante qui se trouvaient encore étalés devant celle-ci. D’un geste du menton, je désignais ceux-ci à l’attention de Samuel.

“C’est les tiens ?” lui demandai-je d’un ton volontairement détaché en me caressant la pointe du menton de ma main gauche.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 8 Oct - 13:42
A la réponse de Jena, le patron lui accorda un autre sourire, peut-être par mimétisme, avant de se délester doucement de son fusil d'assaut pour le prendre dans ses bras et s'assurer de garder la jeune femme à sa gauche puisque le gaucher qu'il était se retrouvait à pointer le canon vers la droite.

"Ça je te l'accorde, jusque là, je ne pense pas qu'on l'aient provoquée, jamais volontairement en tout cas."

Ou, tout du moins, pas après sa résurrection, mais ça, il se gardera bien d'en parler, d'autant plus avec une quasi-inconnue. Quoi qu'il en soit, lui-même prudent mais commençant à être un peu habitué des lieux, c'est à peine si il montra sa volonté de se masquer à la vision d'une menace. De toute façon, ils allaient passer par là et des bandits ne se seraient pas découverts aussi facilement.

Malgré tout il patienta et tendit l'oreille pour n'entendre que le sifflement du vent s'engouffrant dans sa jambe de pantalon et lui rafraichissant sa jambe au risque de raviver une blessure pas si vieille que ça. Rien à repérer dans la zone, et tant mieux, aussi purent-ils, tous les deux, se remettre en marche et atteindre le garage, signe qu'ils avaient un peu trop dérivé au Nord puisque Samuel avait plus l'habitude de passer entre la grange et la maison.

Là, il vit la châtaine tripoter la poignée de la porte du garage sans obtenir de résultat, ce qui tira un autre bref sourire à Samuel. Qui serait assez désespéré pour défoncer cette porte alors que les alentours et l'intérieur de la grange étaient jonchés de cadavre et qu'un autre sans tête pourrissait dans la maison depuis des mois maintenant, une maison bel et bien retournée et vidée ? Aucun doute que les autres baraques du coin auraient offert un abri et un lieu de pillage plus avisé.

Malgré tout, il n'en fit pas la réflexion à voix haute. Au fond, il avait réfléchi à ça pendant des semaines en relisant ses rapports personnels d'excursion, alors en tenir rigueur à quelqu'un qui n'avait jamais visité cet endroit serait un peu fort, d'autant qu'il s'agissait là d'une prudence toute élémentaire.

Et puis, enfin, le gros morceau, cette grange, porte fermée mais toujours aussi perméable grâce à l'ouverture pour animaux, trois cadavres, dont l'un se trouvaient toujours dans une position hautement ridicule, le buste contre le mur en bois de la grange et le bassin totalement éclaté faisant l'angle entre le mur et le sol. Sur cette vision, la question de Jena sonna presque comme une blague, ce qui le força à réprimer un rire qu'il aurait regretté dans la seconde, mais pas à s'empêcher de répondre :


"Oui, en revanche, je dois admettre que c'est la première fois que je les voit vraiment. Il pleuvait à verse quand je leur ait tiré dessus, et je n'avais pas envie d'aller vérifier leurs effets personnels. Jette un œil si tu veux, mais bon, ils sont là depuis deux semaines, vaut mieux pas y toucher à part avec des gants et un masque.

Moi, je vais rentrer et... Enfin, je ne te connais pas encore assez. Là dedans..."


Cette fois, c'est une vrai hésitation, pleine de dégoût, contenant à la fois rage et tristesse, malgré le temps passé, le jeune homme ne semble pas avoir encore réussi à faire avec l'idée de ce qu'il s'était passé là, si près de leur camp, juste entre deux passages... Mais ce n'est pas une raison pour laisser Jena dans le flou.

"Dans cette grange, il y a un enfant, une femme et leur ravisseur. Le petit avait été mordu, et eux, ils sont morts avant sa transformation. Enfin, tu comprends, on dit que la plus pure horreur se crée dans notre esprit, mais c'est faux... Car les images de l'esprit finissent par disparaitre, pas celles que nos rétines impriment."

Et tout en parlant de ça, rien de mieux que de marcher précautionneusement sur le bras d'un des cadavre avant de titiller son crâne ramolli avec le canon de son fusil. Apparemment, Samuel était bien un homme à hiérarchiser l'horreur puisque cela ne lui provoquait pas le moindre émoi, contrairement à sa voix empreinte du même dégoût, de la même rage, de la même tristesse que l'instant avant.

"Du coup, à toi de voir, tu peux guetter de dehors ou de dedans, assure toi juste que rien ne nous prenne par surprise s'il te plait."

Samuel observa alors Jena, attentivement, et posa sa main droite sur la poignée de la porte de la grange. Ce coup-ci, il montrait plus de prudence en se plaquant contre le mur. N'importe qui ou n'importe quoi avait put se cacher là sans faire de traces, aussi valait-il mieux éviter de présenter son corps défendant dans l'ouverture et entrer canon en avant. Bien sur, dans cet ordre d'idée, il s'assura que Jena ne s'expose pas, quitte à lui faire signe de se plaquer en douceur contre le mur, comme lui.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Jeu 8 Oct - 17:52
Je regardais l’homme me répondre sur sa responsabilité quant à l’élimination de nos amis décérébrés allongés devant nous, haussant les sourcils d’une surprise non masquée en apprenant qu’il avait fait ce carton sous une pluie battante. Visiblement, Samuel semblait savoir se débrouiller avec une arme à feu. Néanmoins, je tiquais légèrement lorsqu’il me laissa le choix de fouiller les corps tombés. Mon regard passa rapidement sur les cadavres loin d’être frais avant de revenir sur le chef de camp, une grimace de dégoût assumée crispant les traits de mon visage. Il était très clairement hors de question que je colle mes paluches sur ces horreurs, même complètement revêtue d’une combinaison Hazmat.

Puis il aborda le sujet de la grange, de ce qu’elle contenait, marquant une hésitation extrêmement palpable à ce sujet-là. Je le sentais légèrement réticent d’un premier abord, avant qu’enfin il ne laisse libre court à ses pensées, prenant un ton qui se voulait, pour le coup, beaucoup moins détaché que précédemment. Un ton que je ne reconnaissais que trop pour moi-même y céder dans mes affrontements avec ces créatures. A ses propos, je lui accordais raison, ainsi qu’une sincère empathie de quelques hochements de tête plutôt lents, me mordillant très brièvement la lèvre inférieure en repensant aux propres horreurs qui hantaient mon sommeil. Cependant, j’arquais un sourcil étonné en le voyant parler d’horreurs et tripoter du bout de son canon le crâne éclaté et ramolli d’un des cadavres, piétinant même l’un des bras de sa semelle, arrachant même au membre en décomposition un craquement sec et sinistre lorsque l’os finit par céder. Visiblement, ce gars-là avait du mal avec les enfants infectés, tout du moins plus qu’avec les cadavres décomposés. Une faiblesse que je ne partageais plus depuis longtemps, ayant vite fait de catalogué tout infecté, quelque soit son genre ou son âge, dans la case nuisible à éliminer sans état d’âme.

Les horreurs que les vivants s’infligeaient étaient mille fois plus cauchemardesques que le plus ignoble des rôdeurs, fut-il un chérubin auparavant. J’acquiesçai à ses instructions de faire le guet d’un simple “Yep” soufflé à mi-ton, attendant qu’il se soit bien assuré de la sécurité de la grange et ait finit par y pénétrer pour l’y rejoindre à mon tour, me contentant de me tenir plaquée contre le battant fermé de la porte, observant l’extérieur et les alentours depuis ce couvert de fortune. Laissant mes prunelles azurées balayer les environs d’une extrémité à l’autre de la fenêtre de vision que m’offrait l’ouverture, les lèvres fermées et le visage austère, tendant l’oreille derrière moi, vers les gestes de mon compagnon et ses potentielles demandes.

En pénétrant dans les lieux à sa suite, je n’avais pas vraiment pris la peine de les inspecter, laissant cette tâche à Samuel alors que j’étais chargée de couvrir nos arrières. L’inattention était ce qui nous avait conduit à nous faire surprendre, mes anciens compagnons d’infortune et moi, par ces bandits. Il était depuis hors de question que j’en vienne à commettre cette erreur à nouveau. Néanmoins, au bout de quelques instants, je ne pus m’empêcher de prendre la parole, sans pour autant dévisser la tête de mon objectif.

“Tu sais…” commençai-je d’un ton bien plus grave, à un volume assez réduit pour que ma voix ne porte pas plus loin que nécessaire, dans lequel se laissait deviner toute l’amertume et la colère qui m’animaient, articulant chaque syllabe lentement, comme si chacune d’elle pesait de sa propre importance. “J’ai vu les pires horreurs être commises par des hommes, bien vivants, et en pleine possession de leurs moyens. Des soldats pour la plupart... Dans le camp de refugiés où nous étions… parqués, littéralement… Le racket, le chantage, le vol... sans parler des viols et des violences gratuites ; des civils jetés de l’arrière de camions bâchés, les genoux explosés, en guise d’appât ou de diversion pour les hordes de rôdeurs. Des hurlements à n’en plus finir, qui vous glaçaient le sang et brisaient les os comme du verre… Les complaintes à longueur de journée des malades et des blessés... Ceux qui crevaient de faim et ceux qui crevaient d’autre chose, le manque d’hygiène très souvent. Et...”

Je marquais un long silence, me mordant l’intérieur des joues tout en me retrouvant pensive, plissant légèrement les paupières pour voir au loin un animal sauvage courir en travers de la plaine sur quelques mètres, disparaissant quelques secondes plus tard derrière un relief.

“... Et je t’envie très sincèrement si la vision de ce môme est la pire image que tes rétines aient eu à imprimer depuis ces neuf derniers mois,” conclus-je dans un souffle, ma sourde colère ayant peu-à-peu pris le pas sur mon amertume, faisant quelque peu tressaillir ma voix alors que je sentais les phalanges de ma main droite s’écraser sur la crosse de mon arme.

Après quoi, je garderais le silence tout en continuant d'assurer nos arrières, que Samuel réagisse ou non à mes propos, et ce, jusqu’à ce qu’il m’annonce avoir fini ou ce qu'il comptait faire d’autre ensuite.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 8 Oct - 22:03
Une fois Jena en position, il poussa la poignée, déverrouillant la porte, il la poussa ensuite vers l'intérieur avant de reprendre son fusil à deux mains. Aucune complainte, aucun bruit de quelque sorte, c'était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, mais il lui fallait quand même jeter un œil. Ainsi, pour ce faire, il amena son fusil, canon vers le sol, jusqu'à l’entrebâillement, puis le releva en douceur pour porter la crosse à son épaule.

Ainsi, sans même mettre un pied dans la grange, il balaya doucement l'intérieur plongé dans une pénombre que l’entrebâillement peinait à éclairer. Il n'y avait rien, pas même de poussière en suspension... Tout ce qu'il ressortait de l'endroit était une odeur cent fois plus pestilentielle que celle émanant des cadavres du dehors, ce qui lui amena une ironique pensée au sujet de la maison... Si ils devaient habiter la dedans, ils devraient aussi s'habituer à l'odeur de cadavre qui avait du imprégner l'intégralité des tissus depuis le temps.

Pour l'heure, il se mit à respirer par la bouche pour refréner ses nausées et se présenta devant l'entrée. Là, à l'aide de son pied droit, il donna deux petits coups dans le paroi afin d'attirer l'attention de Jena sur le fait que la porte n'allait pas jusqu'au sol, et ainsi, sans quitter l'intérieur du regard :


"'Tention à la marche, c'est pas l'endroit pour se tordre la cheville."

Et sur ce, il pénétra dans le bâtiment, prenant grand soin d'éviter l'obstacle qu'il venait d'évoquer. Bien sur, ses premières gestes allèrent vers ses flancs afin de s'assurer que personne n'attendait patiemment sur le côté pour dézinguer les intrus, mais non, il n'y avait rien.

En avançant, ses yeux commencèrent tout juste à distinguer ce qui se trouvait quasiment dans le noir. La pelle, le petit corps, presque nu, le crâne complètement enfoncé, presque tranché, et plus loin, la stalle et les deux autres cadavres. Il s'y était fait à cette scène, il avait du s'y faire, se faire au fait que même à seulement quelques bornes, il n'avait pas le pouvoir de sauver tout le monde... Même ceux qu'il s'était juré de protéger jusqu'à la mort.

Et puis, soudainement, il sortis des méandres de son esprit rongé par la culpabilité en heurtant le saladier vide au sol. Ce dernier roula un peu et finit par trouver un semblant d'équilibre, deux mètres plus loin. Il n'y avais aucun animal ici, et en fait, il aurait du trouver ça diablement logique. Quel canidé aurait accepté une tanière envahie par trois cadavres pourrissant ? Il pouvait être n'importe ou...

Dans son dos, Jena avait suivis, cependant, pour quelque raison que ce soit, elle fit preuve de patience avant de reprendre la parole, un temps suffisant pour que Samuel n'aille prendre le saladier, tenant son AK-47 par le canon seul pour ce faire, et puisse l'examiner quoi que ce fut parfaitement inutile. Il était vide, désespérément vide depuis qu'il s'en était allé.

C'est là que la jeune femme se répandit un peu sur son expérience passée, un regard de pure survivante qui n'a jamais connue la mort mais aussi la vision de la société ayant cessé d'être le protecteur des faibles... Pour finir sur une incompréhension toute logique compte tenu du fait que la châtaine ne puisse observer l'entièreté de la scène, notamment les deux morts, figés dans leur chevauchée grotesque.

Malgré cela, Samuel ne tint pas à éclaircir ce quiproquo, se sentant déjà d'autant plus mal de ne pas avoir put avouer cette vision à Ivy, aussi se contenta t-il de répliquer à propos de ce qu'il s'était passé, avant qu'il meure, avant que Jena ne doive faire sans "l’État".


"Il y a des choses que certaines personnes ne peuvent pas accepter, ma chance a sans doute été de voir plus de gens pris par le plomb des vivants que les dents des morts. Alors... Si j'en crois ton témoignage, leur chance a été de suivre un homme qui les a amené vers une mort rapide et indolore."

Lentement, il se retourna pour se rapprocher de Jena, le fusil et le saladier ébréché dans les mains, en revenant vers la lumière, son visage sembla très fermé, et ce à grande peine :

"Ne m'envie pas, je ne souhaite à personne d'être le dernier debout après avoir juré à une foule de donner sa vie pour eux. Ni d'être assez con pour vouloir sauver le monde lorsque le bon Dieu décide que le meilleur purgatoire est un retour parmi les vivants."

Enfin près d'elle, un fin courant d'air dissipa légèrement la puanteur pour lui amener quelques effluves de la survivante. Malgré ce constat personnel, il demeura de marbre, se contentant de murmurer quelques mots.

"Inutile de s'intoxiquer plus longtemps, il n'y a plus rien à voir ici. Direction l'Est, la route, qu'on ne soient pas venus pour rien."

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Sam 10 Oct - 0:45
Je contractais les mâchoires à la première réponse de Samuel, celle-ci me laissant légèrement perplexe. De quoi parlait-il ? Et surtout, de quand, par rapport au début de l’épidémie ? Pinçant légèrement les lèvres, je gardais mes doutes pour moi, me détachant de la porte alors que je sentais l’homme se rapprocher de moi. Lorsqu’il reprit la parole, je ne pus m’empêcher de glisser un regard en coin dans sa direction alors qu’il me sommait de ne rien lui envier, mais affichant surtout ma perplexité à ses derniers propos concernant le purgatoire. Était-il un de ces croyants fanatiques qui avaient vu dans cette épidémie un sinistre Jugement Divin ? Je fronçais les sourcils, dévorée de doutes et légèrement mal à l’aise. Il n’en avait pourtant pas l’air. Néanmoins, je hochais lentement la tête à ses propos, avant d’esquisser un sourire qui se voulait plus amical, bien que contraint, envoyant ma main gauche se poser sur l’épaule de Samuel, serrant légèrement celle-ci.

“Évite de jurer de mourir pour nous dans ce cas-là,” lui glissai-je sur un ton de plaisanterie maladroit et relativement ironique. “Je tiens encore à ma vie, fut-elle cauchemardesque.” Après quoi, je me remettrais en route à sa suite, selon ses instructions et tâcherais de le suivre jusqu’à notre prochaine destination.

En ressortant de la grange, je ne pus m’empêcher de poser mon regard sur la porte du garage verrouillée, m’arrêtant dans ma progression, que Samuel le remarque ou non. Je laissais mes prunelles contempler la poignée de cette porte que nous séparait de potentielles précieuses ressources. L’idée me traversa de braquer le canon de mon FN droit sur le verrou et le faire sauter de quelques ogives. Après tout, il ne restait presque rien ici. Presque… C’était là toute la nuance de la chose. Puis mes azurs se posèrent sur l’homme, durant quelques secondes silencieuses avant que je ne me remette en route, non sans regret de laisser un hypothétique butin derrière nous. Il fallait bien comprendre que chaque ressource pouvait désormais posséder une valeur marchande auprès d’autres survivants, une valeur d’échange que manifestement, ces gens-là n’avait pas eu le temps ou le loisir d’apprendre. S’ils savaient la valeur d’un simple flacon de pénicilline...

Au loin, je pouvais discerner quelques maisons qui s’avéraient être plutôt imposantes, et bien isolées les unes par rapport aux autres. Fronçant sur mes yeux, j’observais la plus proche d’entre elles, celle vers laquelle nous nous dirigions manifestement, et qui n’avait manifestement rien à voir avec la ferme que nous venions de quitter. Cossue, pour ne pas dire immense. Un toit fait de tuiles noires, dominant une massive haie qui, par manque d’entretien, avait continué de croître et s’étendre pour former un véritable massif opaque à notre vue. Depuis ma position, seul le premier étage et sa façade lambrissée d’un blanc passé était discernable. Quant à savoir comment les lieux étaient disposés, c’était en réalité presque impossible à savoir. La haie semblait courir tout le long du périmètre de la maison, délimitant très probablement un jardin florissant, ou une piscine, voire même les deux. La pointe d’un autre toit, dépassant de la haie et excentré par rapport à la maison même, donnant plutôt vers la route, côté Ouest, révélait la présence d’un garage ou d’une dépendance annexe.

Une baraque dont les dimensions et l’apparence ne manquèrent pas de susciter chez moi une profonde mélancolie, tant elle ressemblait à celle que j’habitais dans la banlieue d’Austin avant que tout ne dégénère. Mes muscles se contractèrent l’espace de quelques secondes, rendant mes mains tremblantes et mon souffle légèrement plus court alors que je forçais le pas et l’allure, prenant presque l’initiative sur Samuel dans ma progression alors que j’imaginais cette maison comme notre nouvel objectif.

Mais un râle rauque, porté par le vent jusqu’à mes oreilles, refréna soudainement l’ardeur qui commençait à me gagner. Les sens soudainement en alerte, je me stoppai finalement et levai mon arme à mi-hauteur, envoyant ma main gauche sous la crosse en soutien de la droite. tendant l’oreille en plus du reste de mes muscles, je tentais d’identifier l’origine de ce grognement reconnaissable parmi des centaines. Et je les perçus. Non pas un, ni même quelques-uns, mais tout un brouhaha lugubre de râles lointains, légèrement étouffés, provenant de l’autre côté de la haie. Cette baraque était une véritable infestation de zombies. Même leur odeur pestilentielle commençait à se faire sentir au gré des rafales.

La mine grave, le visage fermé mais les lèvres entrouvertes d’une hésitation toute justifiée, j’adressais un regard silencieux et interrogateur au chef de camp, une légère inclinaison de ma tête en direction de la maison soulevant la question de sa prochaine décision. Un signe qui ne dura que l’espace de quelques secondes, lorsque de nouveaux râles, plus gutturaux, agités, presque excités, nous parvenaient très distinctement. Je fronçais les sourcils une nouvelle fois, sans quitter Samuel du regard, et resserrai ma prise sur mon arme de poing, allant même, dans toute ma défiance à l’égard de ces saloperies, à laisser mes lèvres s’étirer d’un sourire en coin passablement mauvais et résolu, révélateur de toute la hargne revancharde qui grandissait en moi.

“On dirait bien que l’action s’offre à nous…” soufflai-je à l’homme, mon ton rendu fébrile par la perspective de satisfaire mes pulsions vengeresses.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 11 Oct - 23:15
En réponse à sa vision assez lugubre de ses résultats de protecteur, Jena parvint à tirer à Samuel un sourire plus bref mais plus franc, peut-être était-ce ce contact sur son épaule ou bien les paroles, ou les deux, mais le canadien semblait avoir été réceptif à ce comportement qu'il aurait clairement jugé digne de lui au sommet de son positivisme.

Et puis, ces quelques secondes passées, il émergea de la grange en tâchant de s'assurer à son tour de l'absence de danger. Ceci fait, il ne lui avait alors resté qu'à laisser tomber le saladier en plastique, juste à côté de l'entrée. Hors de question de se trimballer une gamelle vide pour rien, hors de question de rentrer à nouveau dans cette grange pour aller la chercher.

Ceci fait, il ne lui resta qu'à se mettre en route, l'absence très temporaire de la jeune femme ne le poussant alors qu'à un simple coup d’œil par dessus son épaule, coup d’œil qui suivi son regard vers le garage. Aussi, puisque cette question semblait terriblement la tarauder, il se décida à être plus clair à ce sujet, mais seulement lorsqu'elle revint à sa hauteur :


"Ne te bile pas avec le garage, on a fouillés là-dedans avec Melody, je te le dis, au mieux, il y avait des pièces détachées pour l'un ou l'autre véhicule. Je suis certain que le bric à brac qu'il reste dans la maison peut receler bien plus de matériel d'improvisation. Ca pourra servir si on s'installent là, sinon, ça ne vaut vraiment pas le coup de faire des aller-retours pour bourrer la caravane d'ordures."

Voila qui était fait, voila qui devrais mettre totalement fin à la curiosité de cette nouvelle arrivante qui allait vite comprendre que les alentours ne recelaient pas grand chose d’intéressant si ce n'est le fort potentiel que le manager y voyait pour une installation durable. Malgré tout, après un peu de marche, il n'aurait put nier que les quelques baraques qu'ils avaient en vue n'exaspéraient pas sa curiosité. Cependant, il n'aurait pas vraiment put l'avouer à Jena, de la même manière qu'il aurait eu un certain mal à expliquer sa collection de souvenirs dépouillés à des zombies ou pillés des différents endroits visités.

Hélas pour lui, la curiosité qui le menait à l'imposante villa, doublé de la discrète mais notable excitation de la châtaine, fut littéralement anéantie à l'écoute d'une véritable horde bien confinée derrière les barbelés de la nature. Synchrone avec sa collègue d'excursion, il braqua son fusil en direction de la haie, par pur réflexe, mais ne fut pas assez stressé pour faire la bêtise de tirer à l'aveugle, non, il laissa les râles et les gémissements envahir son esprit et alimenter sa réflexion qui ne fut coupée que par une Jena aux intentions pour le moins agressives, étranges, presque semblable à un comportement qu'il préférait masquer.

En l'entendant, sa réaction fut immédiate, preste, et pourtant douce, mesurée. En lâchant la poignée de son AK-47, il amena sa main, paume dirigée vers le sol, au dessus des deux mains de la jeune femme, alors enserrées sur son arme de poing. Là, il l'abaissa, quitte à doucement imposer le mouvement avant de lui glisser, plus bas encore qu'elle et peut-être même tout juste audible par rapport au brouhaha qui leur parvenait :


"Attends qu'elle s'impose, la bande au Nord peut se gérer à deux avec des armes de poings, ça, en revanche, c'est sans doute une affaire pour quatre ou cinq avec des armes mixtes."

Ces quelques mots lâchés, sa main gauche délaissa sa tâche pour pointer le Sud, à leur droite. Avec ce mouvement, il énonçait clairement son envie de contourner la maison. Quel que put être l'état de l'entrée, que ce soit un portail, une haute porte ou une allée ouverte, il préférait passer par derrière, une voie surement moins voyante, mais surtout, une voie qui pourrait aussi leur en dire plus sur le bâtiment, et donc les possibilités d'une fouille en douce.

De là, il se contenta d'observer le visage de son interlocutrice afin d'y déceler sa réponse, mais pas que... Même loin d'avoir put retrouver sa vigilance et son empathie d'antan, il n'avait pas put rater ce comportement, cette attitude. Il lui fallait savoir si Jena était capable de se dominer ou encline à certaines imprudences. Difficile de croire qu'une maniaque émotive ait put survivre autant de temps... Mais pas impossible...

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 12 Oct - 1:02
Bien rapidement, je sentis mon maigre sourire s’effacer lorsque Samuel posa sa main sur les miennes, m’obligeant ainsi à rabaisser totalement le canon de mon flingue vers le sol. Aussi, je ne fus pas surprise des propos qui suivirent, me demandant tout simplement d’oublier toute idée de partir à l’affrontement avec une horde pareille. Je serrais les mâchoires en entendant ceux-ci, faisant saillir mes muscles maxillaires tout en prenant une longue inspiration résignée par le nez, rangeant finalement mon arme à son emplacement initial. Ceci fait, je restais de longues secondes à le dévisager, soutenant son regard aussi bleu que le mien en m’interrogeant sur ses réelles capacités à donner la mort et affronter ces horreurs. Néanmoins, je finis par abdiquer d’un hochement de tête plutôt sec avant de tourner mes prunelles dans la direction qu’il m’indiquait, comprenant d’emblée qu’il souhaitait que nous contournions la maison. Le seul maigre réconfort que je pouvais tirer de cette renonciation étant la perspective de pouvoir me venger un peu plus tard, sur d’autres cadavres ambulants.

“C’est comme tu l’sens, chef,” avais-je finalement répondu, appuyant ce dernier mot assez sèchement, trahissant là toute ma frustration avant de me remettre en route, les lèvres pincées.

Forçant légèrement l’allure, imprimant une cadence plus soutenue à ma progression, comme si je tâchais d’exulter cette frustration dans la puissance de mes pas. Avançant dans la direction indiquée par l’homme, je ne pouvais m’empêcher de garder à l’oeil l’immense baraque que nous contournions, située sur notre gauche. Le mur de haie ne tarda pas à révéler une petite ouverture, certainement pas l’accès principal à la demeure, juste un portail pour piéton, assez haut, massif, formant une arche à son sommet qui se voulait dominer par un fronton de végétation aussi dense que le reste. Mais le portail se trouvait ouvert, grinçant légèrement sur ses charnières au rythme des rafales de vent. Une légère ouverture que me permit, et probablement aussi à mon compagnon de route, d’avoir un très maigre aperçu du jardin de la maison.

Une large étendue herbeuse rendue sauvage par le manque d’entretien comme le reste, qui laissait deviner la présence d’une terrasse bien plus spacieuse encore. Un parasol aux baleines retournées et au tissu déchiré, rouge et blanc, se démarquait au-dessus des têtes de nombreux rôdeurs. De très nombreux rôdeurs qui se massaient contre la façade de la baraque, grattant le lambris de celle-ci avec acharnement et résignation, lançant leurs râles affamés à destination de je-ne-savais qui. Un spectacle qui ne manqua pas de m’arracher un froncement de sourcils empreint de curiosité et de réflexion. Y avait-il des gens là-dedans pour que les infectés portent autant d’intérêt à cette maison ? Je m’arrêtais d’avancer durant plusieurs secondes, contemplant la maigre ouverture donnant sur ce macabre spectacle, puis je finis par hausser les épaules, gardant pour moi mes questionnements.

Pour le coup, Samuel avait eu raison. Nous n’étions pas assez de deux pour nous occuper de ces créatures. Le surnombre m’apparaissait désormais comme évident. Quant à savoir si d’autres personnes se trouvaient réellement enfermées là-dedans… Valait mieux elles que moi. Je m’étais suffisamment mise en danger comme ça sur cet aéroport à la con la semaine dernière en attirant par mégarde toute une horde à mes trousses alors que je l’avais cru toute focalisée sur un jet de luxe pour je-ne-savais quelle raison là encore... Ça m’avait pris des plombes pour réussir à semer ces saloperies ; et en l’occurrence, nous étions bien trop proches du campement pour prendre le risque d’exciter ces infectés-là. Je notais néanmoins la nécessité d’un gros nettoyage à venir sur la zone si Samuel et sa bande avaient réellement l’intention de s’installer dans le coin.

Ainsi, je me remis en route, portant mon attention aux alentours avec la même crainte sourde habituelle, celle de voir des morts surgir de nulle part au dernier moment pour nous chopper par derrière. Ce n’était d’ailleurs pas tant une crainte palpable et affichée qu’une angoisse perpétuellement présente, qui vous dévorait les tripes à petit feu et vous faisait voir le danger partout. J’avais d’ailleurs légèrement réduit mon allure, pour me retrouver à nouveau aux côtés de Samuel, ma frustration s’étant légèrement atténuée à défaut de s’être totalement dissipée pour l’instant. Néanmoins, je reconnaissais avoir eu mes torts sur ce dernier point. Je ne pouvais plus guère me permettre de succomber à mes élans revanchards devant d’autres survivants, au risque qu’ils ne me voient comme trop téméraire ou instable. Et vu l’étendue aride qu’il nous restait encore à traverser avant de parvenir à la prochaine maison qui n’était encore qu’une frêle silhouette à l’horizon, le moment me sembla parfaitement bien choisi pour un petit mea culpa avec mon compagnon.

“Désolée de m’être légèrement emportée,” lui confiai-je d’un ton parfaitement neutre, ne lui adressant aucun regard cependant, continuant de porter ma vision au loin, par nécessité, mais aussi par fierté. “C’est juste que… je hais ces choses. Viscéralement. Pour tout ce qu’elles m’ont pris... Pour tout ce qu’elles représentent…” Je marquais une pause, esquissant un maigre sourire désabusé avant de lever les yeux au ciel durant une fraction de seconde. “Remarque, j’suis pas la seule tu me diras…” Ce ne fut qu’à ce moment-là que je tournais la tête vers mon interlocuteur, cherchant son regard, le visage marqué d’une profonde empathie. “De ce que j’ai entendu, toi aussi t’en as pas mal bavé dernièrement ; alors… si jamais tu ressentais le besoin d’en parler… de l’extérioriser… si jamais… enfin… Je suis là... malgré que je te sois encore une parfaite étrangère. Et puis, tu peux pas rester comme ça… comme t’as fait... à t’isoler dans ton coin et ruminer tout ça.” J’adressais un signe de tête assez sec en direction - très approximative - du campement avant de préciser d’un ton plein d’évidence. “Ces gens là, ils ont besoin de toi…”
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