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Souvenirs aléatoires de Mark S. Logan
 :: Memorial :: Mémoires

Mark S. Logan

Anonymous
Invité
Ven 13 Nov - 19:35
Été 2023

Une belle nuit pleine d'étoiles qui brillent là haut, au firmament, mais dont leur éclat est terni et voilé par la lune, si belle, si ronde. Une lune pleine qui dardent ses rayons argentés à qui veut bien les admirer. Ses rayons traversant les nuages puis la voûte des arbres pour plonger vers le sous bois. Finissant par taper sur ce qui ressemble à une vieille cabane en bois délabrée, si vieille et si reculée au sein de la forêt que plus personne ne s'en sert depuis bien longtemps. Certaines planches sont absentes, à l'appel, sur les murs, avachies à pourrir sur le sol ou carrément parties dieu sait où. Le toit plat, et lui aussi fait de planches, se voit orné de plusieurs trous de ci, de là, fait à la guise des événements naturels. La port gît, à moitié arrachée de ses gonds, ne fermant plus grand chose. Étrangement l'unique fenêtre de la cabane tient coûte que coûte son rôle, un peu comme si elle voulait être la grande gagnante à la tombola de l'effondrement à venir

Plus personne ne se sert de la cabane ? Cette nuit là, cela est faux alors qu'une silhouette s'écarte de la couche, restée là par oubli. La silhouette est celle d'un homme dont les yeux marrons cherchent à percer l'obscurité, levant son visage vers le plafond ajouré. Il cherche de l'air, à reprendre sa respiration alors qu'il est dans un état second où le bien-être règne en maître absolu. Un grognement de satisfaction sort de sa gorge pendant que son corps termine de se couvrir d'une pellicule de sueur, lui donnant chaud et froid en même temps. Il tremble un peu avant de chopper un bout de tissu du bout des doigts pour l'enquiller sur son dos et ses épaules malgré la moiteur ambiante. Fermant ses yeux l'espace d'une seconde, il fronce les sourcils, quelque chose cloche dans le paysage.

Des pleurs lui parviennent en partance de la couche, il baisse les yeux vers la source de ce bruit et reste sans bouger à observer la scène qu'il a sous les yeux. Allongée là, un rayon de lune farceur vient éclairer son visage et son buste mettant sa madone en avant. Mais en lieu et place du sourire qu'il espérait y trouver lorsqu'il la contemplerait, il n'y voit que chagrin, peur et douleur. Les larmes ruisselaient d'elles mêmes sur son visage et de sa poitrine s'échappait une complainte triste et ténue. Elle sent le regard peser de l'homme et tournant vivement sur elle même, elle enfouie son visage dans le vieux tissu râpeux du matelas. Il penche la tête sur le côté, dévorant des yeux les courbes de son dos et de ses fesses, sentant au fond de lui renaître son désir. Pourtant il ne comprend pas la réaction qu'elle peut avoir.

L'homme abaisse son regard sur son propre corps pour l'observer dans la pâle clarté, approchant de la fenêtre pour mieux se voir. Aucun liquide carmin ne vient consteller sa peau nue, il s'en doutait déjà, il a été l'incarnation même de la douceur. Ses mains se lèvent vers son visage, là encore nulle trace de quoi que se soit, ni sous ses ongles, ni dans ses paumes, il ne lui a involontairement rien ôté. Une moue passe sur son visage, perplexe il comprend encore moins les sanglots étouffés qu'il perçoit près de lui. Il se retourne et la regarde de nouveau, se peut-il qu'en cours de route elle ait changé d'avis ? C'est ridicule, elle le voulait, il l'a lu dans ses yeux dès que leurs regards se sont croisés là bas dans le village même si elle n'a jamais pu le voir vraiment, il le sait, elle le voulait. Peut-être qu'il lui a fait mal quand il l'a entraîné ici par le bras ? Il secoue la tête, il n'a aucun souvenir d'une telle chose ou d'un quelconque refus à un moment ou un autre. Et d'un coup tout s'éclaire.

Son poing s'abat contre un des piliers de bois, il vient de tout saisir, dans ses pensées, il n'entend pas le couinement de souris qu'elle vient d'avoir. Elle est ni plus, ni moins que  comme toutes les autres femmes sur cette terre, un oui qui veut dire non, un non qui veut dire oui, juste pour qu'on la supplie et qu'elle arrive à ses fins. Elle veut se jouer de lui ou jouer avec lui là en tentant de l'émouvoir, il ne sait juste pas encore pourquoi mais par contre il veut bien jouer avec elle encore une fois. Un sourire apparaît sur son visage et il approche tranquillement du vieux lit, ôtant ce qu'il avait posé sur ses épaules pour le laisser tomber sur le sol. Il s'assoit à côté d'elle, elle se fige et se tend. Il avance et pose la main sur le haut de son dos, la faisant lentement glisser vers sa croupe, la chair de poule la saisit et entre deux sanglots elle l'implore d'une toute petite voix à peine audible.

« Pitié, ne faites pas ça, s'il vous plaît... »

Ses doigts cessent leurs mouvements quand il l'entend, plissant les yeux dans le même temps. Elle n'aime pas qu'il la caresse ? Ou alors trouve t-elle que cela est trop lent ? Soit, puisque c'est ainsi autant entrer dans son jeu surtout que cela n'est pas pour lui déplaire bien au contraire. Il ôte sa main de son dos et d'un mouvement il se retrouve à genoux sur le lit derrière elle, la couvrant de son corps il vient lui murmurer à l'oreille et dans un délicieux frisson :

« Gourmande. »

Jamais encore une femme n'avait voulu de lui aussi rapidement une deuxième fois, de quoi gonfler sa fierté de mâle alors qu'il se redresse pour glisser une main entre le matelas et le ventre de la fille. La ramenant contre lui vivement pour que leurs corps s'emboîtent d'ici quelques instants alors que sa seconde main aide la première en venant se glisser autour du cou de son amante. Il a remarqué que les femmes aiment ce genre de chose, il les a assez vu se donner à celui qui sait y faire, il doit juste trouver le bon dosage pour qu'elle ne s'évanouisse pas. Leurs corps se frottent l'un contre l'autre, il la sent remuer du bassin jouer à s'éloigner de lui, il la ramène à chaque fois. L'excitation monte encore plus rapidement et vient l'instant ou il la possède, d'abord lentement puis de plus en plus violemment. Et elle se laisse aller entre ses mains, renonçant à se battre, elle n'a plus qu'à laisser passer l'orage.

Pas une seule fois elle n'aura pu voir réellement à quoi il ressemblait, elle sait juste que c'est l'un d'eux. Tout ce qu'elle peut en dire, c'est une taille approximative et qu'il avait une voix grave. Elle en est sortie vivante et c'est tout ce qui compte, une fois qu'il a eu terminé, il a fini par s'en aller, la laissant là bas jusqu'à ce qu'elle revienne à elle. Elle refuse d'expliquer son retard de plusieurs heures à ses parents, son père la gifle, elle court se réfugier sur son lit.

Si belle, si jeune à la peau si douce, et il en jurerait, qui dégageait une odeur et une saveur de cannelle. Allongé sur son plumard, il sourit en pensant à elle et leurs ébats, une nouvelle fois il a pu sortir et entrer de la base sans ennuis et une nouvelle fois il a pu goûter aux saveurs locales, si exotiques à ses yeux. Plusieurs heures se sont déroulées depuis cet instant dans la cabane et là alors qu'il est bien au chaud et heureux, il fini par s'endormir pour quelques brèves heures avant que le clairon ne sonne.

Mark S. Logan

Anonymous
Invité
Sam 30 Jan - 18:19
Avril 2011

Une cloche sonne quelque part dans le bâtiment, le son strident qu'elle émet se répercute sur les murs, gagnant les couloirs et les salles. Le calme ne règne plus en maître absolu, remplacé par un joyeux brouhaha de chaises qui se bousculent, de voix qui s’élèvent dont certaines essayent de couvrir le bruit pour se faire entendre. Ils n'écoutent déjà plus et sont tous entrain de ranger leurs affaires, fermer leur cartable avant de se lever comme un seul être. Se ruant hors de la classe pour attraper leurs blousons accrochés aux patères sur le mur du couloir avant de courir à travers les couloirs de l'école et ce même s'ils n'ont pas le droit de le faire. Le troupeau de têtes blondes et brunes se précipite hors de l'école, chacun d'entre eux retrouvant leurs parents, baby-sitter ou cars respectifs pour retourner chez eux.

Au milieu de toute cette joie de vivre enfantine, un garçon âgé de sept ans s'arrête net dans sa course pour chercher des yeux sa mère, ne la trouvant pas à l'endroit habituel. Quelle ne fût pas la surprise du petit garçon de découvrir, à quelques pas, de là son paternel, c'est la première fois qu'il voit son père venir le chercher. L'effet de surprise passé, il ne cherche pas vraiment à comprendre le pourquoi du comment et un grand sourire s'affiche sur son visage alors qu'il se jette sur son père pour l'enserrer de ses petits bras d'enfant.

«  Papaaa ! »

L'homme reste stoïque avant de repousser l'étreinte de son fils dans une relative délicatesse avant de lui tapoter la tête, accompagnant ce geste par un :

« Ouais, ouais, ça suffit Mark, fait pas le bébé. »

Le petit garçon baisse le nez vers le sol, un air fautif  mêlé de tristesse sur le visage. Lui, qui était si heureux de voir un peu son père, ne pige pas ce qu'il a bien pu faire de mal, ni pourquoi il se fait repousser ainsi. L'homme sentant venir un débordement d'émotion, de la part de son fils, et qu'il ne supportera pas, coupe immédiatement à cela en relevant assez brutalement le visage du gamin pour le regarder.

« T'vas pas faire comme ta pute de mère et te mettre à chialer, t'es un homme pas une tapette, compris ?! »

Le gamin hoche la tête pour faire comprendre à son père qu'il a bien compris ce que son père vient de lui dire. Satisfait de cela, l'homme le prend par le bras avant d'entraîner son fils à sa suite pour retourner à sa voiture à quelques mètres de là.

« Ce soir, tu vas chez tes grand-parents, j'ai autre chose à foutre que te garder. »
« D'accord papa. »

Le père et le fils ne disent plus un mot aussi bien l'un que l'autre, ce n'est qu'une fois la voiture démarrée et sur la route que le gamin se risque à demander quelque chose.

« Dit papa, c'est quoi une pute ? »

L'homme lève les yeux de la route pour regarder son rejeton dans le rétroviseur du véhicule avant qu'un air mauvais ne passe sur son visage et qu'il n'esquisse un sourire en coin.

« Une pute, c'est une femme qui fait n'importe quoi et déshonore sa famille par son comportement inacceptable comme ne pas venir chercher son fils à la sortie de l'école. Et ouais ta mère a préféré se prendre un nouveau travail, soit disant, plutôt que s'occuper de toi comme elle le devrait. Oh mais croit moi qu'elle le regrettera un jour, je ne laisserai pas passer cela bien longtemps. D'ailleurs à partir de maintenant c'est ton grand-père qui viendra te chercher le soir et tu resteras chez lui jusqu'à ce que je vienne te chercher, compris ? »

Le petit garçon n'est pas sûr d'avoir tout bien compris, si ce n'est que sa mère a fait quelque chose de mal même s'il ne voit pas quoi exactement. Par contre il a bien compris que sa mère l'abandonne dans un certain sens, mais il ne peut pas croire que cela soit vrai, sa maman l'aime, elle le lui dit tout les jours. « Tu es mon petit garçon, mon amour, n'oublie jamais ça ». De nouveau le chagrin l'envahit et cela se voit sur son visage, ce que son paternel ne loupe pas, se mettant à gronder dans la voiture.

« Compris Mark ? Me force pas à me répéter ! »

Il sursaute sur la banquette arrière en attendant le ton employé par son père et c'est d'une toute petite voix qu'il lui répond.

« Oui papa. »

L'homme se met à rire, d'un rire qui ne laisse présager rien de bon avant de se concentrer à nouveau sur la route défilant devant lui. Le gamin s'enfonce dans son siège, développant des efforts considérables pour ne pas se mettre à pleurer dans la voiture alors qu'en plus de tout le reste son paternel lui fait peur.

Voulant se faire oublier de son père, l'enfant se fait tout petit à l'arrière de la voiture, ne faisant plus un geste, il reste silencieux, sentant de temps à autre le regard de son vieux passer sur lui en provenance du rétroviseur. Ne pouvant qu'espérer qu'en agissant ainsi son père ne se mette pas plus en colère. Et effectivement, l'homme reste également silencieux savourant l'effet qu'il a produit sur son fils. Ce n'est que devant la maison des grand-parents qu'il fait entendre sa voix à nouveau.

« Allé ouste, file de là, ton grand-père t'attend sur le pas de la porte, ne le fait pas attendre. »

Le petit garçon se redresse alors pour regarder par la vitre, constatant qu'effectivement son papy est devant la porte d'entrée et qu'il attend tranquillement. Son père laissant le moteur de la voiture tourner, descend du véhicule pour venir ouvrir la portière arrière de son gamin et le faire descendre , non sans une dernière recommandation.

« Et tu as intérêt à être sage Mark, une seule connerie et tu sais ce qu'il se passera. »
« Oui papa, je serais sage, promis. »

En effet, l'enfant se doute qu'il se prendra une claque par son grand-père s'il fait des bêtises et qu'il en prendra une autre par son père quand il le reverra. Alors que l'homme retourne à sa voiture, n'adressant qu'un geste rapide à l'autre adulte présent, le gamin agrippant son cartable se dépêche de rejoindre son grand-père, se retournant au dernier moment pour malgré tout adresser un au revoir à son père avec sa main. Si le père n'en a rien faire, le grand-père ramène le gamin sur terre en le poussant vers l'intérieur de la maison avec une froideur bien palpable.

Ce n'est qu'une fois à l'intérieur, déchaussé, le cartable posé à sa place tout comme son blouson, que le gamin obtient le droit d'aller dire bonjour à sa grand-mère, celle-ci accueillant son petit-fils par un rapide câlin avant de le faire goûter. Oubliant rapidement la séance avec son père, il retrouve le sourire, nuancé par la froideur que garde son grand-père vis à vis de lui. Ce qui ne l'empêche pas de terminer ainsi sa journée, en faisant ses devoirs puis en jouant gentiment dans la pièce qui lui est réservée avant de dîner copieusement avec ses grand-parents. Ce n'est qu'au moment d'aller dormir qu'il se risque à demander si c'est parents ne vont pas venir le chercher, sa grand-mère se chargeant de lui expliquer que non et que le lendemain c'est eux qui vont l'emmener à l'école. Tout comme ils viendront le chercher le lendemain soir avant que son père ne revienne le chercher une fois son boulot terminé. L'enfant comprend ainsi que son père disait vrai, ne pouvant faire autrement que de penser que sa mère se fout réellement de ce qui lui arrive.
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