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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Camping Car de Melody - 5/02/35
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Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 0:23
Je ne pus réprimer un mince sourire, tant de compassion que de soulagement en constatant que Melody parvenait à se maîtriser de manière convenable. Durant quelques instants, j’avais réellement imaginé que le pire allait se produire lorsque j’avais posé ma main droite sur l’épaule gauche de la jeune femme. Lorsqu’elle se redressa subitement, chassant pour le coup ma main et m’obligeant à reculer d’un pas méfiant dans le même temps, je ressentis pourtant cette crispation tendre mes muscles à nouveau, mes azurs se posant et suivant la chasseuse qui paraissait très clairement sur le point de craquer.

Cherchant ses mots, cherchant ses repères et un espoir auquel se raccrocher, peut-être même une simple branche, je ne pouvais en réalité rien faire d’autre que de la contempler tenter de négocier contre l’évidence même, quelques secondes avant qu’elle ne concède à sa raison. Au diable les élans emportés emplis de bonnes intentions. Forcer sa chance était tout sauf recommandable dans ce monde qui ne vous en laissait aucune. Au diable aussi les élans vengeurs et revanchards contre la fatalité et le destin. C’était ma soupe ça, et Dieu savait qu’on s’y brûlait les lèvres. Il était donc hors de question que je laisse Melody y succomber à son tour. Elle méritait clairement mieux que ça.

A sa question, je ne pouvais qu’approuver d’un léger hochement de tête, faisant claquer ma langue contre ma palais avant de reprendre la parole.

“Ça fait des mois entiers que l’on survit à ça, ensemble ou séparément. Si Seth a trouvé un refuge quelque part, il passera la nuit sans difficulté, et il reviendra dès qu’il le pourra. C’est du moins ce que j’essaierais de faire...” confiai-je à la jeune femme d’une voix pleine de soutien et d’espérance, avant de prendre une longue inspiration, braquant mes prunelles dans les siennes, plus brillantes de détermination encore alors qu’elle annonçait ses futures intentions.

Comment aurait-elle effectivement pu prendre du repos ce soir alors que l’inquiétude devait lui broyer les tripes et lui empoisonner l’esprit. Elle avait raison sur un point : s’occuper l’esprit, faire en sorte de mettre ce problème de côté tant que le jour ne poindrait pas demain. Inutile de tirer des plans sur la comète en suppositions ou tergiversations alors que nous ne pouvions au final qu’attendre un nouveau jour. Et pourtant, d’un autre côté, j’appréciais et admirais la force de caractère de la brunette, découvrant qu’au moins, nous partagions cela en commun ; cette aptitude à nous raisonner et raisonner les autres même quand cela nous atteignait en plein cœur. Si je m’étais écoutés, deux semaines auparavant, j’aurais moi-même plongé tête la première dans un guet-apens pour aller au secours de mon époux,  quand bien même il était déjà trop tard, ayant pu contempler de mes propres yeux sa cervelle s’épandre sur un tronc d’arbre. Des souvenirs encore vifs, malgré l’apparent masque impassible que je tentais plus ou moins d’afficher devant ce parterre d’inconnus.

“Je t’accompagnerai à sa recherche, demain. En attendant…” Je portais mon attention vers Jordan en poursuivant “...quitte à s’occuper l’esprit, on a quelques tentes à monter avant la nuit pour nos invités, et sûrement quelques repas à préparer en plus,” proposai-je d'un ton solennel en dévisageant le jeune homme.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 1:03
Par pur réflexe, je reculais légèrement la tête en arrière tout en prenant une grande inspiration lorsque je vis Melody se redresser brusquement. Peur ou réflexe ? Aucune idée, peut être les deux. Bon, il fallait être honnête, je n'avais certainement pas le tact nécessaire pour pouvoir réconforter Melody ou bien pour tout simplement la calmer, contrairement à Jena qui s'y prenait bien mieux que moi. J'avais jamais fait dans le social. Melody ne perdait pas pied. Pour l'instant. Malgré les légers espoirs dont elle nous faisait part, elle prit la bonne décision en décidant de ne pas partir sur le moment, surtout à cette heure-ci. Mais elle avait raison, elle devait s'occuper l'esprit pour ne pas penser au pire, elle le devait, pour son bien.

Jena avait des talents d'oratrices, moi, qui aurait été certainement trop sec ou trop brut, Jena avait été assez douce et compatissante. Elles avaient sans doute traversé les mêmes épreuves, les pertes, le deuil, la peur... Tout ceci, tout ce qui était le quotidien de cette nouvelle vie. De notre nouvelle vie, car à présent, nous étions ensemble ici. Ensemble dans le beau merdier qu'est le monde actuel. Autant se serrer les coudes et s'entraider le plus possible. Tout comme le faisait Jena avec Melody actuellement. Je me sentis tout à coup bien inutile, planté là comme un flic faisant la circulation en plein milieu d'un carrefour, j'étais de trop et je n'étais que trop voyant. Je souhaitais m'éclipser lorsque Jena émit la proposition de monter des tentes supplémentaires et de préparer le repas.

Qu'importe, je n'appréciais pas de rester à rien faire, et encore moins de me sentir inutile. Je n'avais jamais fait de camping, mais je savais me débrouiller pour faire la cuisine. Je n'avais aucune envie d'être encore le boulet de service, aucune envie de n'être qu'une bouche inutile à nourrir. Je hochais légèrement la tête lorsque le regard de Jena se dirigea vers moi. J'étais prêt à les suivre et à les aider, que ce soit pour préparer les repas pour le campement, ou bien pour monter les tentes, après tout, ça ne devrait pas être sorcier.

Ce qui m'inquiétait le plus, c'est qu'elle avaient prévu de partir le lendemain à la recherche du disparu. Elles allaient risquer deux vies pour une seule, qui n'était, certainement plus. Mais pour le moment, il fallait soutenir Melody, enfin, c'était surtout Jena qui le faisait, elle avait sans aucun doute bien plus de tact et bien plus de compassion. Peut être que demain, Seth répondrait à son talkie, ou non. Quoi qu'il en soit, demain était un autre jour, pour le moment, je devais donner un coup de main à Jena.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 13:03
Melody se contente de hocher la tête en entendant Jena confirmer que oui c'est ce qu'elle ferait également, se chercher un abri temporaire et rentrer dès qu'elle le peut. Ses prunelles émeraudes se braquant ensuite sur Jordan dans l'espoir que lui aussi réponde quelque chose du même genre mais hélas le jeune homme reste muet. Elle ne peut lui en vouloir, ni elle en a la force par ailleurs, alors qu'à la ferme déjà ce ne sont pas les paroles de Jordan qui auraient pu la saouler. Oui ce n'est pas elle qui lui jetterait la première pierre parce qu'il aime le silence. Et quelque part mieux vaut qu'il ne dise rien plutôt que de se montrer maladroit ou de mettre de l'huile sur le feu. Qu'importe de toute manière, Jena reprend la parole, faisant revenir l'attention de la brune sur elle.

- Non Jena, j'irai toute seule. En passant par la forêt, j'irai plus vite que par la route avec quelqu'un et c'est non négociable.

Bien sûr que cela est vrai, elle mettra moins de temps toute seule pour gagner la ville par la forêt, c'est le après qui sera un peu plus difficile surtout si les zombies sont toujours dans les parages. D'ailleurs à un moment donné entre maintenant et demain matin, il faudra qu'elle arrive à parler à Frida ou Mark pour savoir exactement où ils étaient quand la horde leur est tombé dessus. Et puis là encore c'est inconsciemment mais la brune ne veut pas que la blonde ou quelqu'un d'autre risque sa vie pour aller chercher Seth, c'est son problème à elle et à personne d'autre si elle veut se battre contre des moulins à vent.

La demie écossaise ne laisse que quelques secondes de silence après cette affirmation, au ton suffisamment strict pour être crédible et appuyer la véracité de ses dires, avant de reprendre d'une voix bien plus neutre.

- Justement, depuis le temps qu'on doit le faire, je vais vider notre tente et tout installer dans le camping-car, ça fait déjà une tente de moins à monter. Désignant par son "on", Seth et elle même. Jordan, elle est pour toi, tu pourras t'y installer directement avant qu'on fasse le reste. D'ailleurs pour les trois autres garçons, il faut voir avec eux, s'ils veulent qu'on le fasse ou s'ils se débrouillent et s'ils partagent ou non les tentes savoir combien en monter exactement. Cela ne sert à rien qu'elles s'abîment si elles restent vides. Et ils sont plus que des invités Jena, ils vont rester avec nous à partir de maintenant mais oui il faut aussi préparer un dîner plus conséquent et puis il faudra que je reparte à la chasse dès que possible maintenant qu'il va y avoir douze bouches à nourrir.

Douze ? Oui douze, bien sûr qu'elle compte Seth dans le lot, il est hors de question que cela ne soit pas le cas et qu'elle dise onze. Tout comme de nouveau elle a parlé rapidement d'un seul bloc même si elle a hésiter sur quelques mots, signe que ses paroles sont le reflet du bordel dans sa tête. Et que la brune cherche réellement à faire refluer toutes les pensées et les sentiments néfastes pour tenir le coup et ne pas se laisser submerger, une vraie guerre contre elle même si on peut dire.

Joignant le geste à ses paroles, elle invite Jena et Jordan à venir avec elle pour commencer par la tente qu'elle partage avec son compagnon porté disparu. Lançant également au jeune homme.

- D'ailleurs Jordan maintenant qu'on est en petit comité, tu as peut-être des questions ?

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 14:16
Malgré mon stoïcisme apparent, la réplique de Melody, refusant mon offre de partir en sa compagnie à la recherche de son compagnon, m’arracha un frisson tant de crainte que de contrariété. D’un geste lent, surtout contenu, je rechaussais mes lunettes de soleil sur mon nez, coupant là l’éclat orangé du soleil descendant avant de croiser mes bras devant ma poitrine, resserrant l’étreinte de ma veste en cuir autour de mon torse. Je me mordillais la lèvres inférieure pour contenir dans un premier temps l’envolée lyrique que suscitait chez moi la décision de la chasseuse, cédant surtout à la nécessité de ne pas lui rentrer dans le lard aussitôt après lui avoir annoncé cette nouvelle. La brune devait encore réfléchir sous le coup de l’émotion, bien que je lui tirais mon chapeau pour sa contenance, et le moment n’était pas le mieux choisi pour la contrarier.

Ainsi, à son signe de la suivre, je décroisais les bras puis m’engageais derrière elle vers le centre du campement. Contournant le feu de camp pour atteindre la tente de Melody et Seth, à l’extrémité nord du demi-cercle des tentes formé par les dômes de tissu, je commençais à aider la chasseuse à rassembler ses affaires et celles de son compagnon sous les instructions de cette dernière. Je ne manquais d’ailleurs pas de lorgner sur la tente voisine, demeurée vide depuis une semaine maintenant, secouant très légèrement la tête d’exaspération devant ce que j’estimais être une réaction profondément stupide - humaine certes, mais pas moins stupide - en plus d’être une torture quotidienne pour la prénommée Elizabeth, et un gâchis pour le reste du camp. Néanmoins, je reportai mon attention vers Jordan en lui désignant d’une inclinaison de la tête, la tente vide installée à la droite de celle que nous vidions.

“Hep Jordan,” l’interpellai-je à voix basse, pour que mes mots ne portent pas au-delà de notre trio de paire d’oreilles. “Interdiction formelle de toucher à cette tente-là, et encore moins de l’occuper,” l’informai-je d’un ton assez sec qui reflétait bien là toute l’aversion que j’éprouvais à l’égard de cette consigne loufoque. “Tu pourras faire passer le message à tes trois potes, si je ne les vois pas avant.”

Au terme de quoi, les bras chargés de quelques affaires appartenant à Seth et/ou Melody, je m’engageais verbalement sur un terrain bien plus glissant en abordant de nouveau la jeune femme.

“Il est hors de question que tu partes seule à la recherche de Seth demain matin,” lançai-je à Melody d’un ton presque autoritaire. “Même si je reconnais que t’es la plus compétente de nous tous pour te déplacer en forêt, ya peu de chances que tu arrives à fermer l’oeil cette nuit, à ressasser les évènements d’aujourd’hui et t’inquiéter pour lui. Partir seule, fatiguée et obnubilée par l’objectif de le retrouver coûte que coûte… Non, c’est hors de question. C’est beaucoup trop risqué,” continuai-je sur le même ton sans en avoir atténué la franchise ni la dureté. Je poussais un léger soupir avant de reprendre, d’une voix encore plus sèche et dure.

“Et imagine deux secondes que tu le retrouves, que tu tombes sur lui, mort et infecté, rôdant à l’état de cadavre… T’auras vraiment le cran de l’achever ?” Je secouais la tête, bien consciente d’aller frapper là où ça faisait mal, très mal, de remuer une lame acérée dans une plaie encore très vive. “Donc demain, tu emmènes quelqu’un avec toi ; et ça, c’est pas négociable.”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 16:08
Le regard de Melody se posa sur moi, peut être attendait-elle quelque chose ? Une réponse ? Un acte ? Quoi qu'il en était, Melody répondit à Jena. Partir seule en forêt ? Je ne savais presque rien de Melody, si ce n'est qu'elle était la chasseuse du groupe, donc oui, peut être qu'elle irait plus vite seule en forêt, seulement, elle partirait seule. Plus rapide, plus discrète mais aussi bien plus vulnérable. Ce n'était pas une bonne idée, mais elle ne partirait pas ce jour-ci, la nuit lui porterait sans doute conseil, enfin, j'espérais. Comme on nous avait dit à la ferme, parcourir les routes seuls ces jours-ci était synonyme de mort, un aller simple vers sa propre tombe.

Melody souhaitait déménager, aller dans le camping-car, où nous étions interdits d'accès. De ce fait, elle m'indiqua que cette tente pouvait être mienne, il ne restait qu'à savoir combien de tentes nous devrions ouvrir pour nous, les nouveaux. J'en avais une pour moi, peut être que je la partagerai avec un de mes compagnons d'infortune. Nous étions une douzaine actuellement dans le campement, ça faisait du monde. Pour le moment, je ne connaissais que les ressuscités de la ferme, Melody et actuellement Jena, Melody m'avait aussi parlé de Samuel, de James, de Jimmy, d'Ivy, et maintenant, de Seth. Jena avait parlé de Mark et Frida, j'avais ici, tous les noms, ou presque. Les bras chargées des affaires de Melody et de Seth, je répondis à sa question.

" Tu nous as dit que tout le monde ici apportait sa pierre à l'édifice en donnant un coup de main, je ne suis pas docteur, ni tireur d'élite, mais je sais me défendre et faire la cuisine. Je peux aussi donner un coup de main pour surveiller les environs ou bien autre chose si jamais vous en avez besoin. Ça te va ? "

Je n'étais qu'un individualiste, mais un individualiste doit toujours préserver ses intérêts, et je savais que je devais m'intégrer dans ce groupe, donner un coup de main en espérant que l'on me le rende, avoir quelqu'un qui surveille l'horizon pendant mon sommeil. Des gens sur qui compter qui sauraient m'aider et m'aideraient si jamais le besoin se présentait. Quoi qu'il en était, je savais bien me défendre, et très bien me battre, et la cuisine était un art qui m'avait été donné de dompter grâce à ma mère. J'étais ici à présent, le passé n'avait plus d'importance. Il fallait que je m'intègre, et le mieux possible. J'étais sans aucun doute un boulet dans mon ancien groupe, mais c'était avant. Enfin, j'espérais, c'était aussi pour ça que je voulais me rendre utile au mieux pour les autres ici, au campement. Si quelqu'un devait partir, je ne voulais pas que ce soit moi.

Jena m'avait interpellé. Dans un premier temps, je n'avais pas très bien compris pourquoi elle parlait à voix basse, puis elle enchaîna directement sur le fait qu'il était formellement interdit d'approcher la tente vide juste à côté de l'ancienne de Melody. Si, dans un premier temps j'avais les sourcils froncés suite à mon incompréhension et surtout face au ton de Jena que je n'appréciais guère, je me ravisais à faire quelconque commentaire. Elle était là depuis plus longtemps que moi, elle devait avoir ses raisons, et puis même si le ton qu'elle employait n'était pas propice à une bonne entente, mais après tout, je n'étais qu'un inconnu pour elle, elle devait se méfier de nous, les nouveaux.

" Euh... D'accord, si je les vois je leur dirai. "

C'était juste après ceci que Jena entra dans le vif du sujet et qu'elle cessa sa compassion envers la brune. Elle contredisait Melody, avec le même ton de voix que Johann lorsqu'il l'avait faite sortir de ses gonds. Sauf que là, ce n'était pas du tout le moment. Je prenais une grande inspiration par le nez, j'appréhendais la réaction de Melody, qui j'espérais sincèrement au fond de moi, serait plus douce qu'à la ferme. Mais Jena avait raison sur toute la ligne. Absolument tout. Melody ne devait surtout pas partir seule, et elle n'aurait sans doute pas le courage de faire retourner Seth dans sa tombe, si jamais il était bel et bien mort, ce qui était très probable. Mon regard s'était perdu entre les deux femmes, craignant la réaction de Melody plus qu'autre chose. A première vue, Jena savait se contrôler, c'était une bonne chose, surtout envers la chasseuse. Je restais planté là, à attendre la réponse de Melody, à attendre de voir sa réaction, à espérer qu'elle ne soit pas dévastatrice que ce soit pour elle, ou bien pour les autres.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 21:26
Le trajet dans la mini Chevy s’était déroulé sans accroc ni grande discussion ; j’avais passé la majeure partie du temps à regarder dehors, m’imprégnant du paysage, essayant d’y poser déjà quelques repères, redécouvrant par un biais familier – la route - ce pays que je sillonnais jadis en long et en large. Et enfin apparut devant nous le motel en ruine, destination de notre course. Nous y voici donc, à ce fameux campement. Il correspondait en tout point à la brève description que nous en avait donnée Melody : une sorte de mix entre un camping de longue durée et une place forte de bric et de broc. Je comprenais sans trop de mal pourquoi ils voulaient en partir, il n’avait pas l’air très sécuritaire à première vue, avec son manque d’abri en dur et ses multiples accès ouverts,  mais c’était tout de même largement mieux que de dormir à la belle étoile au milieu de nulle part, offert à tous les carnassiers, comme je l’avais fait les derniers mois. En sortant de la voiture, je ne pouvais manquer de remarquer le gros porteur offrant aux regards son cœur ouvert ; il semblait bien que quelqu’un se soit attellé à travailler dessus. Je me promis d’aller y jeter un œil à l’occasion en gardant bien à l’esprit qu’il allait peut-être être pour moi source de déception plus qu’autre chose, ne me souvenant que trop bien de la frustration rencontré face à la moto de Nelson en constatant l’ampleur de mes lacunes, là où il n’y aurait pas dû en avoir. Donc, pour plus tard. De toute manière, je n’eus que le temps de suivre l’hyperactive Melody au centre du camp

Une fois sur place, celle-ci joua son rôle d’hôtesse jusqu’au bout, nous familiarisant rapidement avec les règles de base de leur petite communauté, nous présentant succinctement leur mode de vie, la gestion de leurs ressources et tout et tout. J’écoutais, je regardais, je découvrais avec l’attention du gamin en course d’école, mains dans les poches. Pas grand-chose ne m’étonnait dans ce que je voyais, somme toute, je m’étais fait une image assez juste de ce camp. Enfin, après avoir fait en bonne et due forme le tour du propriétaire en finissant par la caravane stockant les équipements, Melody nous laissa à notre installation. Je pris rapidement Gabriel à partie pour lui demander si ça le branchait de partager une tente avec moi, ce qu’il accepta facilement. Pas que j’aie besoin de compagnie, ni que je craignais le noir, non, mais il aurait été complétement idiot de prendre une tente simple alors qu’il y avait de quoi nous loger tous les quatre dans les tentes doubles. Et à tout prendre, je préférais la compagnie d’un flic à celle de deux gamins à peine pubères. La chose était entendue et le fait que Jordan se fût éloigné de nous dès que j’abordai Gabriel ne l’aura rendue que plus simple. Quant à Jian, il se débrouillerait avec Jordan et ça m’allait très bien.

Laissant les autres à leurs découvertes, je remontai dans la caravane laissée ouverte par Melody à notre intention pour explorer plus en détails les réserves rangées là. Ce qui m’étonna le plus furent les cartes et je perdis quelques longues minutes à les parcourir attentivement avant de les ranger soigneusement à leurs places ; puis, j’étudiais ainsi les armes et autres objets, tout ceci me renvoyant cependant à ma réalité de non-combattants alors que je soupesais machinalement une dague, ma seule compétence dans ce domaine étant de savoir dans quel sens la tenir – ce que j’estimais déjà pas mal. Est-ce que j’allais seulement pouvoir être à la hauteur et leur amener une aide quelconque ? Je l’espérais, mais j’espérais aussi qu’ils n’en attendent pas plus que ce dont j’étais capable. Dieu seul savait ce que Melo pouvait s’être fait comme idées à propos de nous. On allait bien voir. Après avoir satisfait ma légitime curiosité et laissé les choses strictement en l’état, j’empoignais une des deux tentes doubles et sortit sur les marches. De là, je vis que Jordan avait rejoint Melody et une autre jeune femme que je n’avais encore pas eu loisir de voir et qu’ils se trouvaient tous les trois affairés vers la première des tentes, à ma gauche.  Je ne tardais pas à les rejoindre.

Le sac de tente à la main, j’arrivais vers le petit groupe juste à temps pour entendre de loin Jordan répondre à l’inconnue, juste avant qu’elle ne se tourne vers Melody et ne l’interpelle d’un ton suffisamment bas pour que je n’entende pas ses paroles. Melody tirait d’ailleurs une drôle de tête et avait cet air abattu qui est commun à toute personne venant de subir un choc quelconque. Mais qu’est-ce que j’avais bien pu manquer pendant ce court laps de temps ? J’avais l’impression d’arriver à un moment des plus inopportun et craignais de déranger, d’ailleurs j’hésitais brièvement à faire demi-tour, avant de me reprendre. Bah quoi, j’étais sensé m’installer, après tout. Si je dérangeais tant que ça, ils le diraient. Je franchis donc les quelques pas qui me restaient pour les rejoindre réellement. Je n’entendais toujours pas clairement ce que disait la blonde, mais dans tous les cas, pour que Melody tire une tête pareille, ça devait être sacrément sérieux. Je déposais la tente à côté de celle qu’ils étaient manifestement en train de vider et vint vers Jordan, l’apostrophant d’un ton mi-figue mi-raisin avant qu’il ne le fasse.

- Leur dire quoi ? Qu’est-ce que t’as encore fait, on peut vraiment pas te lâcher du regard toi.

Puis mon regard se porta vers Melody et sa compagne, la petite distance m’en séparant désormais  me permit d’entendre d’une oreille les toutes dernières paroles de l’inconnue envers Melody qui venait de finir sur son injonction « non négociable », ce qui ne manqua pas d’ajouter à mes interrogations vu que je n’avais de loin pas toutes les pièces du puzzle. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé, mais tout indiquait que c’était grave et que ça impliquait la jeune brune qui, j’en déduis, voulait donc partir toute seul à l’extérieur du camp, nul besoin d’avoir fait le MIT pour en conclure que l’idée était mauvaise par les temps qui courent. Il était également manifeste qu’il y avait nécessité de la convaincre de ne pas le faire. Pourquoi ? Quand ? Où ? Là, je n’avais pas suivi. Mais instinctivement, je réagis, même si ça ne me regardait pas.

- C’est vrai ça Melo, on vient de te rencontrer, ça nous ferait vraiment mal de perdre notre ange gardien. D’ailleurs, si je peux être d’une aide quelconque… une fois que j’aurais monté la tente. Est-ce que ça dérange si je la pose à côté de celle-ci ? Je la partagerais avec Gabriel.

Je désignais la tente en train d’être vidée d’un geste de la main tout en cherchant le regard de la brunette ou de la blonde, passant de l’une à l’autre. Alors que mon but n’était que de désamorcer la tension palpable, après une seconde de réflexion je me disais que ça aurait peut-être l’effet inverse et que j’allais peut-être bien m’en reprendre encore une couche après mon intervention, comme le coup de la cuisine. Peut-être bien que j’aurais dû me taire. Peut-être bien que je n’aurais même pas dû venir jusqu’ici. Et peut-être que Melody avait tout, sauf l’envie que quelqu’un qu’elle connaissait depuis quelques heures s’en mêle. Malheureusement, c’était rarement avant de l’ouvrir que je pensais à ce genre de choses, ce qui était fait était fait. Je pris donc l’air du type innocent qui n’a pas pensé à mal – ce qui était vrai – et attendis la suite. Au meilleur des cas, je serais purement et simplement ignoré, ce qui ne serait pas un grand drame.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov - 13:13
En temps normal elle aurait été amusée de voir Jordan s'expliquer sur ses talents présents ou absents mais là elle reste de marbre. Même si elle ne peut que noter et enregistrer ce que le jeune homme lui indique, elle est toujours dans l'optique du chacun fait ce qu'il peut et sait faire.

- Bien sûr que oui ça va Jordan.

Arrivée près des tentes mais surtout devant la sienne, elle l'ouvre afin de pouvoir sortir ce qui a besoin de l'être, ayant pourtant du mal à faire le premier mouvement pour attraper quoi que se soit, la sensation d'avoir un étau enserrant son coeur la saisissant d'un seul coup. Ce n'est qu'en voyant Jena bouger pour l'aider, qu'elle se décide à remuer elle aussi, une bonne surprise cela sera pour Seth quand il va rentrer que de voir enfin leurs affaires dans le camping-car. Là ou ils auront plus de place mais aussi de tranquillité pour leurs têtes à têtes nocturnes. Finissant de ramasser les maigres affaires dans la tente, qu'elle aurait pu largement porter seule si elle avait prit le temps de les enquiller dans son sac à dos, elle entend ce que Jena sort à voix basse à Jordan. Le pauvre il ne doit plus rien y comprendre, la brune prend sur elle de répondre puisqu'elle n'a pas le choix.

- Ne t'en fait pas Jena, je leur avais déjà indiqué que toutes les tentes montées sont occupées même si celle-ci ne l'est que par l'esprit d'Ivy et le chagrin d'Elizabeth...

Insinuant ainsi qu'elle trouve elle aussi cela ridicule même si elle comprend parfaitement le besoin de 'Liz d'interdire la tente alors qu'elle est parti s'installer avec James, après tout ne fait-elle pas un peu la même chose en cet instant ? Toujours pas consciemment bien sûr et à la différence près que 'Liz sait parfaitement qu'Ivy est morte tandis que Melody ne peut qu'espérer que Seth est toujours en vie.

Elle se redresse alors que Jena lui fait face avant de se lancer dans un dialogue que la brune n'aime pas du tout encore moins que le reste. La blonde se prend pour qui là ? Sérieusement, Melody est tout à fait apte à bouger seule, elle est même plus en sécurité en solitaire qu'avec n'importe lequel d'entre eux. Même en ne dormant pas, elle est mille fois plus en sécurité seule. Non pas qu'elle ne leur fasse pas confiance mais en fait si, c'est tout à fait le cas, elle n'a pas confiance en eux pour revenir indemnes du monde à l'extérieur du campement. À vrai dire si Melody le pouvait, elle leur interdirait même de sortir du campement pour les garder tous en sécurité surtout ceux qu'elle apprécie le plus et Jena a réussi à en faire partie en un rien de temps. Peut-être parce qu'elle sait lire dans les yeux de la blonde la tristesse du deuil qui reste présent même de longs mois après, le style de chose que les gens partagent sans même s'en rendre compte et ce sans avoir besoin d'un seul mot.

Jena la poignarde en plein coeur avec ses paroles, torturant dans le même temps l'âme de la brune qui n'avait pas besoin d'entendre tout haut ce qu'une partie d'elle ne pense sans vouloir l'admettre. Le déni le plus total. Et comme si cela ne suffisait pas, elle perçoit l'approche du rouquin qui en remet une couche, peut-être en voulant bien faire mais qu'importe, la demie écossaise ne l'écoute pas vraiment. Orgueil et colère se mêlant étroitement en elle au lieu de laisser les larmes la submerger, ses poings se sont fermés et crispés sous l'effet des dires de la blonde et ce n'est que pur hasard si la brune n'a pas lâché ce qu'elle tient dans ses bras. Sa migraine se fait plus violente et sous les regards de Jordan et de Johann, dans le dos de Jena, une pierre traînant par là sur le sol, entame une drôle de danse. Les deux hommes peuvent voir la pierre, de la taille d'un poing fermé, s'élever dans les airs, bougeant de droite à gauche, avec l'impression visuelle qu'une main invisible la retient et qu'il en faudrait peu pour qu'elle parte percuter violemment l'arrière du crane de Jena. Comme si la dite main hésite entre ne rien faire et envoyer ce projectile mortel.

Elle n'a qu'une envie, celle de coller son poing dans la figure de la blonde pour lui apprendre à avoir du respect et pour lui signifier qu'elle doit cesser de raconter n'importe quoi, n'importe quand ! Seth est vivant et elle le retrouvera, seule qui plus est, comme elle l'a annoncé quelques minutes avant. Elle n'est plus vraiment dans la réalité du moment, elle s'entend répondre à Jena d'une voix ou l’orgueil et la colère s'expriment.

- Je ferais ce qu'il faut faire si cela arrive.

Elle a l'impression qu'on vient de la remettre dans son corps avec la force d'une catapulte, elle revient à la réalité du moment et ses poings se décrispent. La pierre derrière Jena retombe au sol inerte en émettant un ploc bien audible. Melody tourne la tête vers Johann et signe que quelque part elle a entendu sa question, elle s'adresse à lui d'une voix un peu plus calme.

- Non, ça ne dérange pas.

Sans se soucier de la tête des autre ou de leurs réactions, Melody s'écarte d'eux, commençant à marcher pour retourner au camping-car déposer ce qu'elle tient dans ses bras. Le faisant surtout parce qu'elle n'est pas sûre de ne pas arriver à craquer, de ne pas fondre en larmes et qu'elle ne veut surtout pas que ça arrive devant les trois autres, pas maintenant. Et même si elle se doute que Jena ne va pas laisser tomber et la suivre, cela lui donne quelques secondes d'oxygène, à moins que la blonde -ou Jordan- ne décide d'expliquer à Johann la mauvaise nouvelle. Le rouquin devant être encore plus paumé que Jordan là.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov - 18:49
Si je ne me doutais absolument pas qu’une caillasse était en train de danser une gigue menaçante dans mon dos, je ne pouvais que constater à quel point mes mots avaient fait mouche chez la brune. Et pour cause, puisque j’en avais été moi-même la cible quelques mois auparavant, lorsque je refusais d’admettre la réalité de la perte de mes proches. J’observais la chasseuse se tendre, se crisper, les poings serrés, lisant dans ses émeraudes tant la colère que la douleur ; à un tel point que j’avais manqué de sursauter de surprise lorsqu’un deuxième homme s’invita dans la conversation et prit la parole. Une tente à la main, il s’agissait de l’un des nouveaux arrivants, d’un âge très certainement proche du mien, voire plus. Il prit la parole pour soutenir mon point de vue tout en tentant d’arrondir les angles avec Melody. Une stratégie qui aurait sûrement pu s’avérer payante si le sujet de conversation s’était voulu moins lourd, moins accablant. Mais je savais, après des années passées à gérer la communication du cabinet de mon sénateur de paternel, que face à un auditoire à l’esprit échauffé, les demi-mots et les belles paroles avaient autant d’impact qu’un insecte percutant un pare-brise.

Néanmoins, difficile de blâmer les deux hommes qui venaient de débarquer dans une situation extrêmement tendue. C’était clairement ni l’heure, ni le jour ; mais le destin n’en n’avait rien à carrer de nos états d’âmes. Pour changer… Ignorant le nouvel arrivant et Jordan de la même manière pour garder mon attention focalisée sur Melody, je restais ainsi à soutenir son regard fulminant, laissant sa réplique prétentieuse glisser sur moi sans m’atteindre ni me faire dévier d’un iota sur mes positions. Je compatissais à sa douleur, je comprenais sa fierté et je pouvais ressentir sa colère de manière empathique. Je savais ne pas en être la récipiendaire. J’étais juste l’annonceuse de mauvaise nouvelle et, pour le coup, la voix fluette de la raison qui espérait se faire entendre dans la clameur d’une foule d’émotions.

Ainsi, je restais en place, attendant qu’elle finisse par tourner les talons pour rejoindre le camping-car, les bras chargés d’une partie des affaires de son compagnon et elle, avant de totalement tourner mon attention vers le nouvel arrivant à la tignasse rouquine. Je laissai un bref soupir s’échapper de mes narines, puis trouvai son regard, luisant des mêmes teintes azurées que le mien avant de reposer quelques affaires au sol et lui tendre une franche poignée de main gantée de mitaines.

“Bienvenue au campement. Jena,” me présentai-je tout d’abord, d’un ton que j’avais souhaité chaleureux, mais qui se révéla encore très sec, habité des reliquats de mes précédents propos. Je laissais un second soupir, plus long, s’enfuir d’entre mes lèvres avant de poursuivre, éclaircissant quelque peu la situation pour le nouvel arrivant, histoire de le mettre au parfum, et l’inciter ainsi à faire preuve de tact avec la chasseuse.

“Désolée pour l’accueil pour le moins tendu. Un des nôtres manque à l’appel, et il s’avère que Melody et lui étaient…” Je marquais une brève pause en cherchant le terme le plus adéquat “...proches.” Pas besoin de lui balancer un quelconque détail. S’il avait deux fils qui se touchent sous le crâne, il en tirerait les conclusions de lui-même. Je préférais garder pour moi les potins et secrets du campement que j’aurais pu avoir, estimant pouvoir en tirer plus tard quelques bénéfices à mon avantage.

“Quoi qu’il en soit, tu as le champ libre pour planter ta tente.” A nouveau, je désignais la tente d’Elizabeth et Ivy, répétant ce que j’avais déjà précisé à Jordan. “Juste… Ne touche pas à celle-ci. C’est un mausolée dédié à la connerie et la douleur,” l’informai-je, légèrement acerbe avant de diriger mon regard vers le camping-car et la silhouette de Melody. Pliant légèrement les genoux, je tendais mon bras droit vers le sol et récupérais les affaires déposées, me chargeant à nouveau, puis revenais aux deux hommes.

“Je ne serai pas contre l’aide de quelques bras supplémentaires pour porter tout ça au camping-car,” leur glissai-je sans détour en désignant le reste des affaires présents dans la tente de Melody et de Seth. “A moins que tu ne préfères commencer à monter ta tente ?” lançai-je au rouquin avant de porter mon regard sur Jordan. “...Ou préparer la popote ? Quoi que vous décidiez, je viendrais vous filer la main quand j’en aurais fini avec Melody.”

Quelles que soient leurs décisions, je partirais ensuite dans les traces de la chasseuse, la rejoignant à son camping-car et y déposant les affaires emportée dans l’entrée de celui-ci, avant de m’adosser contre la carlingue, à côté de la porte, croisant mes bras sur ma poitrine. Je garderais ainsi le silence durant une bonne minute, remuant mes pensées et cherchant les mots à adopter pour convaincre coûte que coûte la jeune femme, lui accordant ainsi un léger répit. Mes prunelles finiront par se poser sur l’arbalète de Melody, ou plus exactement de Matthew ; l’arme de trait m’offrant soudainement l’argument qui me manquait pour tenter de convaincre la brune de ne pas partir en solitaire dans cette quête.

“Il y a quelques jours de ça, j’ai rencontré une chasseuse solitaire en forêt,” commençai-je à raconter d’une voix plus calme bien qu’appuyée, d’un ton pensif, amical, presque confident. “Cette nana m’a sauvé la vie, m’a offert le gîte et le couvert au sein de son camp, de son groupe, sans rien demander en retour... Un groupe qui avait perdu son leader, son roc inébranlable, enlevé et détenu captif par les hommes du Marchand pour avoir voulu protéger et sauver les siens, à lui seul, dont le dernier souvenir qu’elle avait encore de lui était une arbalète…” Je marquais une légère pause dans l’évocation de ce souvenir encore très frais, décollant mon dos de contre la carlingue du camping-car pour aller chercher le regard et l’attention de Melody.

“Ce que je me demande, ce que je te demande... S’il y avait la moindre possibilité de revenir en arrière et de changer le passé, est-ce que tu laisserais encore Matthew assumer ça seul ?”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov - 20:11
Melody avait l'air de s'être calmé, d'une part du fait qu'elle nous réponde calmement à Johann et moi. Le roux, qui venait d'arriver en plein milieu de la conversation, et qui, n'était sans aucun doute pas le bon moment. Johann. Le fait qu'il m'adresse la parole d'une manière aussi détachée et décontractée alors que la situation et la conversation n'étaient absolument pas propice à cela ne fit que me soutirer un léger soupir. J'avais l'impression qu'il voulait faire ami-ami avec tout le monde, passer pour le gentil, tenter de s'intégrer... Un peu comme moi pour être honnête. Jena avait perdu tout sens de la diplomatie, déjà que Melody avait l'air du genre à s'emballer et à partir au quart de tour lorsque quelque chose ne lui plaisait pas, je ne saurai dire ce qu'il pouvait se passer si on l'attaquait verbalement comme Jena l'avait fait. Mon attention se porta tout particulièrement sur la pierre qui entamait une valse derrière Jena, ma seule crainte était qu'elle ne devienne sa cavalière. Le poing serré, le visage fermé, la brune n'avait l'air d'être proche de la surchauffe. On avait tous perdu quelqu'un un jour ou l'autre, de façon plus ou moins tragique, quelqu'un qui était plus ou moins proche de nous, quoi qu'il en soit, on avait tous perdu quelqu'un, et aucun d'être nous n'aurait aimé entendre les paroles de Jena. Personne. Même si elles n'étaient que pure vérité, elle n'en étaient que des plus violentes. Je ne connaissais la brune que depuis quelques heures, mais dans ses discours et même dans son attitude, je devinais qu'elle était du genre tenace, une personne qui ne lâcherait pas prise, j'avais du respect pour elle, mais en même temps de la peine. On avait tous perdu quelqu'un, ce n'était jamais pareil, ce n'était jamais comparable, nos souffrances n'étaient jamais équivalentes, ni même plus fortes ou plus faibles, elles étaient juste différentes.

Melody s'était calmée, sa main s'était ouverte, la pierre avait terminée sa dernière danse, enfin, j'espérais, et elle avait pris la direction du camping-car, je lui emboîtais le pas, les bras chargés, je restais à l'extérieur du camping-car, sur le côté, tout près du pas de la porte, me refusant à entrer chez qui que ce soit sans son autorisation, et aussi tout simplement parce que j'avais peur que Melody me foute dehors, et surtout, j'avais peur qu'elle choisisse de ne pas tout simplement me le demander gentiment. J'attendais que quelqu'un prenne les affaires que je portais avant de faire encore un aller-retour pour aider Jena qui nous avait demandé, à Johann et à moi un coup de main juste après lui avoir expliqué que cette tente interdite était un lieu de recueillement. Elle n'avait pas l'air spécialement enjouée à l'idée de garder une tente comme un monument aux morts. Mais qu'importe, elle avait expliqué la situation simplement à Johann et de ce fait, j'avais une corvée de moins. Je n'étais pas contre donner un coup de main à Jena, même si elle avait l'air assez dure, qu'importe ce qu'elle était, nous résidions avec elle, et nous n'étions pas que des invités, comme le disait si bien Melody.

Jena continua de parler à Melody alors que j'étais parti récupérer des affaires dans la tente de Melody et Seth. Enfin, de la mienne maintenant. Je les amenais à Melody jusqu'à ce que ma tente soit vide, puis, avant de partir pour aller commencer à faire à manger, je lançais un léger sourire aux deux femmes avant de leur tourner le dos pour aller poser dans ma tente mes affaires, bien minces soient-elles, mon sac avec à l'intérieur, mon hamac, qui m'étais actuellement bien inutile. Je me décidais donc d'aller le poser avec les autres affaires du campement, enfin, l'endroit m'y était interdit, mais je le déposais juste devant la porte, ou bien je demanderai à quelqu'un de le prendre dans le but de le ranger à dedans. Dans les deux cas, je repartirais vers ma tente pour y déposer mon sac à dos tout neuf, à l'intérieur, sur le côté gauche. Je gardais néanmoins mon couteau papillon. Neuf il était et j'espérais intérieurement qu'il le resterait pour le plus longtemps possible. Trop de sang avait coulé. Enfin, je partirai pour aller commencer à faire à manger pour le campement, ou bien je commencerai à aider la personne qui aurait commencé si je n'étais pas le premier arrivé.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov - 21:29
Bon. Ok. J’avais mis les pieds dans le plat, ce ne serait ni la première ni la dernière fois. Il semblait bien que j’avais largement sous-estimé la situation; d’un autre côté, on n’aurait pu m’accuser de le faire exprès, n’y comprenant toujours rien, si ce n’est que Melo en avait gros sur la patate. Mais j’avais vu pire, personnellement je survivrais sans problème à quelques mots mal placés – qui avaient d’ailleurs été ignorés. Je me demandais par contre si ça allait être le cas de la fille devant moi alors que la pierre entrait dans mon champs de vision, menaçant semblait-il directement celle qui faisait face à Melody. Pour avoir eu une démonstration de ses capacités pas plus tard que le jour même, ça m’indiquait assez le niveau de tension de la brune. Je sentis un frisson se dérouler dans mon dos, de haut en bas, ne sachant s’il valait mieux ne rien faire et ne rien dire, ou porter l’attention de l’inconnue sur le danger derrière elle.
A côté de moi, Jordan optait manifestement pour la seconde option qui était de laisser faire et je choisis de faire pareil, estimant qu’alerter la blonde ne pourrait qu’empirer les choses et, certainement, mettre Melody encore un peu plus hors de contrôle. Heureusement, le survol du petit rocher ne dura guère et je suivi sa chute à la suite des paroles de Melody d’un regard à la fois ébahi et soulagé. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça. Mais bon… poêle ou caillou, vous me direz… aucun des deux n’est sensé voler.

Je mis quelques millisecondes à comprendre que c’est à moi que Melody adressait la seconde partie de sa réponse et je n’eus que le temps d’un hochement de tête en guise de remerciement et d’acquiescement avant qu’elle ne tourne les talons vers le camping-car. C’était en général le moment où il fallait ficher la paix à la personne qui s’éloigne et je n’aurais jamais eût l’idée de vouloir faire autre chose. J’en étais à mes pensées lorsque l’inconnue se retourna vers moi, ce qui m’offrit l’occasion de la détailler. Elle semblait un peu plus âgée que Melody, la trentaine à mon avis, jolie malgré ses airs de militaire. On aurait difficilement pu lui donner moins, bien que l’époque actuelle ne devait pas l’épargner, comme nous tous. Elle semblait plus posée également, plus adulte en quelque sorte que Melo. Je ne fus guère étonné qu’elle soit encore à cran en me saluant et répliquait sans paraître avoir relevé, venant serrer de même manière la main tendue.

- Johann, salut. Est-ce qu’on peut m’expliquer.. ?

A peine ai-je eût le temps de poser la question basique de circonstance qu’elle enchainait déjà. Je n’en aurais même pas eu besoin. D’un seul coup, tout devenait beaucoup plus clair. C’était donc le copain de Melo qui avait disparu. Ceci expliquait cela. J’émis un « Oh » muet qui pouvait autant suggérer que j’étais désolé ou que je n’en revenais pas. Toujours est-il que je compatissais profondément avec la brune, mes propres souvenirs revenant balayer la surface de ma mémoire comme un mauvais coup de vent. Je réprimais un autre frisson qui, cette fois, n’avait plus rien à voir avec un caillou volant. Tout le monde, ici, devait avoir perdu tout ou du moins une grande partie de ses proches ; cela rendait-il chaque nouvelle perte plus facile ? J’en doutais. Même si je n’avais pas encore été face à la situation de perdre à nouveau quelqu’un de cher, encore, et que j’espérais grandement ne pas l’être – même si rejoindre un groupe augmentait d’autant la probabilité d’y être confronté, cela ne voulait pas dire que je ne connaissais pas le sentiment de perte, bien au contraire. Je savais combien le réconfort pourtant plein de bonne volonté des amis était inutile et même, pouvait être malvenu et non désiré lors de ces moments.

Mon regard dérivait sur le camping-car lorsque Jena, puisque c’était ainsi qu’elle s’était présenté, me ramena à la réalité présente en me montrant une autre tente à côté de celle-ci, argumentant de quelques sibyllines paroles qui ne purent que me faire hausser un sourcil sceptique. Mais de quoi parlait-elle ainsi avec ses histoires de mausolées ?! J’étais encore en train de tenter de décrypter cette brumeuse information quand la blonde nous laissa clairement entendre qu’il serait bienvenu de l’aider. Je ne pus que retenir un semblant de sourire à la pensée que, quel que soit l’état du monde, certaines choses ne changeaient jamais ; en l’occurrence, les femmes auraient toujours cette agréable domination sur nous autre hommes. Comment aurait-on pu refuser demande si bien tournée ? Laissant donc de côté la tente démontée que je venais de rapatrier de la caravane, je m’attelais à aider Jordan en sortant tout ce qu’il restait de l’intérieur de l’habitat de fortune, entassant sans manière le tout entre ses bras et le laissait faire les deux derniers voyages vers le camping-car de Melody.
Je jetais alors un regard sur la tente désormais vide puis vers le camping-car où Jena était appuyée contre l’entrebâillement. Elle semblait, sinon proche, du moins liée d’une certaine manière à la brune et j’imaginais qu’elle allait tenter de poursuivre son approche pour l’empêcher de partir à la recherche du disparu, puisque j’avais enfin compris de quoi il ressortait. Pendant que je restais dans l’expectative, Jordan et son mutisme habituel avait visiblement entrepris d’établir ses quartiers dans ce qui venait de devenir l’ex tente de Melody. Ce n’est qu’après que le jeune homme se soit définitivement éloigné vers le feu de camp que je me décidais à me secouer, détournant mon regard du paysage déprimant qui s’offrait à ma vue – c’est-à-dire le campement, et non pas Jena pour qui aurait un doute, et me baissait pour tenter de comprendre comment la tente se montait, tout en me demandant non sans une pointe d’anxiété si ce genre de connaissances avaient elles-aussi décidées de se barrer voir ailleurs lors de mon retour parmi les vivants. Ca, ça aurait été la honte… Je m'y attelais donc sans grand enthousiasme.
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