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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Camping Car de Melody - 5/02/35
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Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 1 Déc - 18:09
La brune sent Jordan sur ses talons ou du moins pas très loin derrière elle mais si elle est agacée par l'outrecuidance du jeune homme, elle a d'autre chats à fouetter que lui et donc elle ne bronche pas. Disons surtout qu'elle lutte contre elle même pour ne pas s'effondrer en larmes ou pour tout envoyer bouler et partir là maintenant toute seule en forêt. Oh oui elle pourrait le faire, il lui suffit juste de lâcher ce qu'elle tient dans ses bras, de courir jusqu'au camping-car, se baisser pour attraper l'arbalète au vol et fuir vers la forêt, vers là ou elle sait qu'elle pourra aisément semer n'importe qui voulant la suivre. Mais elle sait aussi que la nuit va vite tomber et que si elle est capable de se repérer de nuit dans les sous-bois, éviter ne serait-ce qu'un zombie sera difficile voir impossible surtout dans son état actuel. À moins que cela ne soit autre chose qui la retienne, tel que les dernières paroles de la blonde.

Arrivée à son véhicule, elle en ouvre la porte avant de monter à l'intérieur pour déposer ce qu'elle porte, revenant à la porte pour attraper ses affaires dans les bras de Jordan sans pour autant adresser la parole ou un regard au jeune homme. Jordan par contre pourra voir qu'elle est au bord des larmes. Alors qu'il repart vers la tente désormais sienne, Jena vient s'appuyer à la carrosserie de l'engin et recommence à parler pour user d'une nouvelle tactique pour faire entendre raison à la brune. Melody se fige à l'intérieur du camping-car en l'entendant, la blonde ose jouer sur la corde sensible de Matthew, mais comment a t-elle réussi à connaître l'histoire de la sortie foireuse dans les détails ? Elle n'a aucun souvenir de le lui avoir raconté en tout cas. Dès le mot arbalète prononcé par Jena, les yeux de la chasseuse s'écarquillent avant que d'un bond elle ne soit à la porte puis un autre et la voilà les deux pieds sur le sol, se dépêchant de ramasser l'arme fétiche et de la dépoussiérer après sa chute d'il y a quelques minutes. Finissant par de nouveau faire face à Jena au moment où cette dernière prononce sa dernière phrase et c'est sans réfléchir qu'elle lui répond.

- Non, je serais restée avec lui ce soir là, comme j'aurais dû le faire. Il n'aurait pas eu à lutter seul contre les hommes du Marchand pour protéger Samuel. Mais j'ai mieux pour toi, je suis une bonne chasseuse, Matthew est loin au dessus de moi. Samuel est bon tireur, Matthew le survole et de loin et ainsi de suite. Donc tu vois, déjà à la base c'est de notre faute si Matthew a disparu, il n'aurait dû emmener aucun de nous pour cette expédition, on a été des poids pour lui, sans nous il serait revenu depuis longtemps.

Non seulement Melody en est convaincue mais en plus Jena peut se rendre compte que ce n'est pas comme ça qu'elle fera changer d'avis la brune. Têtue ? Orgueilleuse ? Oui sans aucun doute.

- Donc non, tu ne viendras pas avec moi demain, pas que tu risques d'être un poids mais parce que je refuse que tu prenne des risques inutiles pour moi et ma recherche de Seth. C'est mon problème s'il est parti sans moi, s'il a été exposé à une horde, pas le tien.

Cette fois Jena peut-être sûr que ses paroles ont quand même réussies à se frayer un chemin dans l'esprit de la brune et qu'elle a bien prit conscience que Seth est probablement mort même si elle refuse de l'admettre ou de réellement l'envisager.

Melody récupère les affaires ramenées par la blonde et les monte avec le reste dans le camping-car avant de revenir sur le pas de la porte. N'ayant de toute manière pas grand chose à ramener de base, le déménagement est terminé, si bien que Melody reste à regarder Jordan prendre possession de son ancienne tente. Son regard le suivant quand il se rend à la caravane puis quand il part voir pour le dîner, il devra sans nul doute retourner à la caravane s'il veut cuisiner autre chose que de la viande fraîche. Prendre ses marques dans son nouveau lieu de vie. Puis son regard glisse sur Johann affairé après la tente qu'il doit monter s'il veut dormir à l'abri. C'est de voir ces scènes si ordinaires qui finissent par faire couler des larmes sur les joues de Melody, la vie continu, le monde tourne encore même si c'est de travers et quoi qu'elle fasse ou qu'elle pense, elle ne peut qu'attendre qu'il tourne encore. Essuyant les larmes roulant sur ses joues du bas de la manche de sa veste, Melody lance à Jena.

- Je vais aider Johann.

Garder l'esprit occupé. Phrase simple qui reste une invitation un peu voilée pour la blonde, un "tu viens aussi ?" laissant sous entendre que la brune n'a rien contre. Et peut-être que si Jena, tout aussi têtue que le brune, trouve d'autres mots à employer, Melody cédera, peut-être.

Melody se retrouve bien vite à la hauteur de Johann, s’accroupissant près de lui.

- Désolé pour tout ça. Je vais t'aider à t'installer.

Joignant le geste à la parole presque aussi sec, à deux cela ne devrait pas prendre plus que quelques minutes pour monter la tente et encore moins de temps si Jena arrive à son tour.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mar 1 Déc - 22:28
Je croisais les bras sur ma  poitrine, tâchant d’afficher une posture inflexible alors que la chasseuse donnait réponse à la question que je venais de lui poser, ses propos ne manquant pas de me faire serrer les dents alors que je contenais l’énervement qui commençait à sérieusement me gagner. J’avais beau me montrer compréhensive envers sa détresse et sa douleur - bien que je le lui cachais derrière la franchise et la dureté de mes mots - je ressentais un agacement sérieux face à l’attitude bornée de Melody. Et si j’estimais la persévérance comme étant une excellente qualité ; la voir ainsi poussée à l’excès, et soutenue en prime parce que je percevais n’être qu’un ramassis de conneries, avait le don de me faire monter la moutarde au nez.

Pire encore, l’ordre et le refus catégorique de Melody concernant ma proposition de l’accompagner, et même d’être accompagnée par un autre survivant - celui qu’elle voulait, je m’en moquais - me révéla toute l’orgueilleuse irrationalité et culpabilité de la chasseuse, ce qui ne fît qu’accroître mes craintes à la voir partir seule à la recherche de son compagnon.

“Nom de Dieu Melo’ !” m’exclamai-je de nouveau très sèchement en haussant le ton, pour que la jeune femme puisse m’entendre depuis l’intérieur du camping-car ; et le reste du campement aussi probablement. “Le seul risque inutile ici, c’est ta foutue fierté ! On est un groupe ! Si l’un de nous manque à l’appel, ça nous concerne tous. T’aider à retrouver Seth, c’est pas franchement ce que j’appelle un risque inutile, c’est un risque nécessaire,” lui rétorquai-je en prenant bien soin d’appuyer ce dernier mot. Après quoi, je m’interrompis durant quelques secondes, secouant la tête de désolation avant de poursuivre, d’un ton bien plus calme, plus posé, mais qui affichait très clairement la détermination qui m’animait.

“Tu veux me protéger ? Tu veux pas que je prenne de risques ?” demandai-je non sans une certaine défiance. “Dans ce cas, faudra bien que tu m’accompagnes demain, parce que je compte bien aller le chercher, avec ou sans toi,” lui avouai-je, espérant ainsi acculer la jeune femme dans une impasse. “Maintenant, t’as toute la nuit devant toi pour trancher ce dilemme,” conclus-je en trouvant son regard émeraude alors qu’elle réapparaissait à la porte du camping-car.

Juste le temps pour moi de voir quelques larmes naître aux yeux de la chasseuse, qu’elle s’empressa d’effacer ensuite de ses joues d’un revers de manche. Quelques perles argentées et fugaces qui firent naître en moi un profond sentiment de culpabilité, quand bien même je savais avoir totalement raison sur toute la ligne. Prenant une énième inspiration suivie d’un encore plus énième soupir, je venais me pincer le haut du nez entre mon pouce et mon index droits en secouant légèrement la tête d’un dépit certain. Qu’est-ce que je pouvais détester me trouver entre le marteau et l’enclume ; quand bien même cela fut mon job des années durant.

Silencieuse, j’acquiesçais doucement à la phrase de Melody m’informant qu’elle allait aider Johann à monter sa tente. Sans rien dire, je la laissais repartir vers la tente, prenant quelques secondes pour moi en m’adossant à nouveau contre la carlingue du camping-car, laissant le sommet de mon crâne s’appuyer contre le métal froid, passant mes mains dans ma chevelure en poussant un nouveau soupir.

“Putain de tête de mûle…” me murmurai-je en pensant à Melody avant d’aller la rejoindre auprès du rouquin, les aidant par la suite à monter la tente sans plus relancer le sujet de la rescousse de Seth. J’avais pris ma décision, la balle était désormais dans le camp de la chasseuse.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Jeu 3 Déc - 23:31
Etalant les diverses pièces de tente devant moi à la manière d’un jeu de construction géant, je ne tardais pas à en trouver le sens. C’était une tente à montage facile, pas une de ces saleté où on passe un temps incroyable à réfléchir au sens du truc, en mode meuble Ikea où il faut un manuel d’interprétation du plan de montage avant de commencer. Bref, c’était pas dur. Je commençais à la monter quand une voix résonna derrière moi et qu’une silhouette déjà familière s’imposa à mon côté en commençant à s’excuser.

- T’excuse pas, Melo, c’est à moi de le faire. Je ne savais pas pour ton ami, je suis désolé j’aurais dû me taire.

J’étais un peu mal à l’aise du coup, non pas que je me sente bouleversé ou ne serait-ce que touché émotionnellement par la disparition d’un type que je n’avais jamais croisé, mais côtoyer quelqu’un qui vit ça mettait forcément mal à l’aise n’importe qui d’un minimum empathique. On ne souhaite ça à personne. Forcément, ça met toujours un blanc dans les conversations, aussi je lui jetais un regard en coin tout en lui tendant un paquet de barres à assembler et tentait de modifier le sujet. Pas que celui-là fût vraiment mieux.

- N’empêche, t’as bien failli réitérer le coup de la poêle avec Jena. Tu t’en es rendu compte ? T’es sacrément flippante comme femme. Je vais éviter de te mettre en colère à l’avenir.


Je me relevais, m’étirais, les mains sur les hanches, tandis que Jena nous rejoignais, l’air contrariée. Je me demandais si ses arguments avaient fait mouches et lui lançais un regard interrogateur. J’attendis sa réaction ou sa réponse avant de me remettre silencieusement à l’ouvrage, la tente prenant forme à vitesse grand V. Je me sentais un peu grand seigneur, entouré de ces deux femmes. Malgré les circonstances qui ne prêtaient pas à rire, il y avait quelque chose de comique à ça et j’en souriais en coin en m’en rendant compte et imaginait les remarques ironique que ma femme aurait lâché, sans aucune jalousie. Mon dieu, je me rendais compte à quel point elle me manquait et à quel point j’avais été seul ces derniers mois. J’observais à la dérobée le profil de Melody, la plus proche de moi. Je commençais à comprendre que, plus que la sécurité d’un camp, c’est le fait d’avoir de la compagnie qui m’avait motivé à les rejoindre, l’envie de ne plus être seul, d’avoir des gens à qui parler, de retrouver un semblant de vie sociale. Déjà l’idée de risquer perdre quiconque de ma nouvelle « communauté » me déplaisait.

La tente se dressait désormais fièrement à côté de sa voisine et je roulais en boule son sac de rangement pour le jeter à l’intérieur en attendant d’y ajouter mes maigres affaires que j’avais laissées vers la caravane, puis jetait un œil vers le centre du camp où Jordan s’intéressait visiblement au coin cuisine. Tant qu’à faire, je me préparais à aller le rejoindre, histoire d’avoir tout vu dans le camp, mais je me retournais au dernier moment et interpellais doucement Melody.

- Du coup, tu vas faire quoi ? Tu vas partir à la recherche du disparu avec Jena ?

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 12:05
Les paroles de Jena résonnent dans l'esprit de Melody alors qu'elle se dirige vers Johann et s'il y a bien une chose dont elle est certaine c'est de savoir ce qu'elle en pense et comment y réagir. Arrivée près du rouquin elle s'excuse avant de s'accroupir, répliquant direct.

- Justement tu ne pouvais pas savoir, je ne t'en veux pas, idiot va.

Marquant la fin de sa phrase d'un sourire, pas un de ceux qui apparaît pour marquer un moment joyeux. Non, un sourire là pour souligner ses paroles et indiquer que cette histoire d'excuse est réglée pour elle. L'homme change de sujet de conversation, enfin en partie, la brune attrape ce qu'il lui tend, le suivant du regard alors qu'il se redresse.

- Je l'ai compris après, mal de tête violent, tout ça. Comme dit je ne le contrôle pas... Du coin de l'oeil, elle voit Jena arriver. Chut, Jena n'est pas au courant pour nos résurrections, on en parle après si tu veux.

Melody avait instinctivement baissé le son de sa voix, elle n'a aucune envie de dire à Jena que tout les autres au campement sont morts et revenus à la vie et avec des pouvoirs. Bien que cela pourrait être une bonne vengeance que de le lui annoncer de but en blanc. "Ah au fait Jena, on est tous morts et on est tous revenus à la vie et on a ou va tous avoir des pouvoirs. Surpriseee !" suivi d'un "Non ce n'est pas une caméra cachée !". Espérons que Johann ne dira rien.

La demie-écossaise se met à emboîter les tubes de la tente, l'un dans l'autre, ne s'occupant pas du regard de Johann envers la blonde. Tout ce qui lui importe là est de s'occuper l'esprit et les mains et quoi de mieux qu'une tache manuelle pour cela du moins tant qu'elle ne devient pas un automatisme lui laissant la possibilité de réfléchir à ce qui lui ronge l'esprit et le coeur. La suite se passe en silence, ce qui n'est pas pour lui déplaire, bien qu'elle ne sache pas si oui ou non une conversation banale ne l’énerverait pas. Après tout Johann est étranger à ce qu'il se passe et Jena comme n'importe quel autre survivant n'est pas aussi concerné que Melody par la disparition de Seth. Mais elle ne peut en même temps pas arguer que ce qu'elle vit est pire que ce qu'eux ont vécus ou pourrait encore vivre. Bien que cela soit un réflexe humain à la limite du contrôlable de se montrer narcissique dans ce genre de situation, avec une forte tendance à trouver son mal plus important et pire que ceux des autres, de ne pas arriver à relativiser en gros. Finalement le silence n'est brisé que par leurs mouvements et les légers cliquetis de l'arbalète à l'épaule de la brune puisqu'elle ne se sépare pratiquement jamais de l'arme de jet et encore moins après les paroles de Jena impliquant Matthew.

La tente terminée, Melody se redresse pour observer Johann en prendre possession, va t-il y dormir seul ou la partager avec Gabriel ou Jian ? Pure curiosité alors que la réponse n'a finalement pas vraiment d'importance et qu'elle le verra bien le soir même. Fixant la tente de son regard émeraude, elle met quelques secondes à percuter que Johann lui parle, commençant par porter son regard sur l'homme avant de le porter sur Jena.

- Elle ne me laisse pas vraiment le choix si je veux qu'il ne lui arrive rien...

Et il est clair que cela ne lui plait pas du tout. Mais ce qu'ils ne peuvent savoir, c'est qu'elle est bien décidé à trouver un moyen pour partir seule le lendemain matin et qu'elle a toute la nuit pour y réfléchir.

Avisant la direction que souhaite prendre Johann, elle regarde derrière lui pour apercevoir un Jordan affairé autour du feu de camp. Il serait peut-être bien qu'elle aille voir comment il se débrouille avec la viande et les rations, ça serait dommage qu'il gâche de la nourriture. Le jeune homme venant tout juste d'arriver, elle veut bien le laisser s'intégrer et participer mais la méfiance reste toujours de mise. Du coup elle rejoint Johann, lui indiquant par les mouvements de son corps, qu'elle est prête à rejoindre Jordan. Attendant que le rouquin se mette en marche pour voir ce que fait Jena, tout comme elle entendra toute parole venant de la jeune femme mais n'y répondra pas tout de suite. À la place, elle demande à Johann.

- Je vous ai montré en gros le campement mais tu as peut-être des questions ?

S'occuper l'esprit et les mains. Encore et toujours cette pensée pour éviter de craquer alors que de toute manière, n'importe qui peut voir sur son visage que quelques larmes ont déjà réussies à faire leur chemin sur ses joues et qu'il en faudrait peu pour que ça recommence.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 19:24
Passablement contrariée, j’avais fini par rejoindre Melody et Johann en train de monter la tente de ce dernier. Sans dire un mot, les lèvres pincées et les mâchoires serrées, je m’étais emparée d’une partie de la toile de tente et avais commencé à la déplier, la tendant et la préparant pour recevoir les arceaux que la brune était en train d’assembler. Après quoi, je préparais les sardines et mettait de côté les tenseurs, ruminant toujours les propos de ma confrontation verbale avec la chasseuse - tant sur la culpabilité qui m’avait gagné de la frapper si fort que de la dangerosité de ma proposition à partir seule à la recherche de Seth. Car je devais bien me l’admettre, je n’avais strictement aucune intention d’aller risquer ma peau tout seule là-bas dehors une nouvelle fois. Je m’estimais déjà chanceuse d’avoir survécu quelques jours - et surtout quelques nuits - à ce monde et ses menaces après que mon ancien groupe se soit fait décimer, ce n’était pas pour forcer ma chance à la rescousse d’un probable cadavre. Mon intention de base restait de préserver la sécurité de Melody, que j’estimais la plus apte ici à nous protéger nous, et donc moi.

Et alors que nous commencions à dresser la tente, je ne pus m’empêcher de vouloir m’occuper l’esprit d’une toute autre manière, cherchant à changer de sujet et de préoccupations. Je jetais quelques regards en coin vers Johann, me demandant qui il pouvait bien être derrière ces airs de baroudeur sympathique. Je me questionnais par ailleurs sur les raisons de sa présence ici, sur la nécessité d’aller le récupérer, lui et les trois autres, je ne savais trop où. Était-ce un genre de fusion de groupes de survivants ? Une OPA de l’apocalypse ? Un simple groupe de mecs victimes, comme moi et les miens, d’attaques de la part d’autres survivants moins enclins à la collaboration et l’entente pacifique ? Et sinon, d’où venait-il ? Que faisait-il ? Qui était-il ? Avait-il des proches encore vivants, quelque part ? Le genre de question que je pouvais destiner au rouquin comme à la chasseuse par ailleurs… A dire vrai, je ne connaissais vraiment personne ici au-delà du strict nécessaire ; les noms et rôles de chacun, l’histoire abrégée des emmerdes qu’ils avaient connu ici… Mais rien qui ne m’aide à vraiment mieux cerner ces gens, ni à me dire qu’eux aussi, avait eu une vie normale.

Finalement, la tente dressée et les sardines plantées, Johann avait fini par poser une question à Melody, une question dont la réponse me concernait et donc m’intéressait au plus haut point. Et une réponse qui ne manqua pas de m’arracher un profond sentiment de soulagement et de satisfaction, malgré qu’il soit écueillé par la tournure de sa phrase. Encore cette foutue arrogance qui laissait très clairement sous-entendre que je n’étais pas à même de me protéger moi-même… Nous avions pourtant tous survécu à tout ça jusqu’à aujourd’hui, une preuve suffisante à mes yeux que nous n’étions pas si incapables qu’elle voulait le bien le penser. Mais bon, je relativisais son ton et sa remarque du fait que j’avais été extrêmement dure avec elle dans mes propos, et que je l’avais quelque part acculée au pied du mur en affirmant vouloir partir en solitaire. C’était juste de bonne guerre. Néanmoins, je ne pus m’empêcher de répondre à la question de Johann, quelques secondes après que Melody eut fini de parler, d’un simple mot qui en disait pourtant long :

“Pareil.”

Au terme de quoi, observant l’homme se diriger vers Jordan et le feu de camp et Melody bien décidée à lui emboîter le pas, je me relevais, m’époussetant les mains des quelques traces de terre ramassées suite au montage de la tente. Après tout, il me fallait bien laisser un peu d‘air à la chasseuse, et je m’étais mis en tête d’aller trouver l’irascible chef de camp pour obtenir quelques consignes ou informations à propos des excursions à venir, des choses à prévoir ou préparer pour le déménagement futur.

“Je vous laisse. Je vais tâcher d’aller secouer Samuel un peu,” avais-je lâché d’un ton de nouveau plus dur, n’ayant pas encore totalement digéré l’accueil plus que glacial du chef de camp. “A plus tard.”
[Sortie du jeu]

Invité

Anonymous
Invité
Sam 5 Déc - 22:27
Après avoir posé mon sac dans la tente de Melody, enfin, ma tente, je me dirigeais vers le centre du campement, dans l'espoir de pouvoir aider à faire à manger. J'adorais faire la cuisine, ma mère m'avait donné goût à ça, préparer à manger, j'adorais juste. Seulement, arrivé au centre du camp, je ne vis, au feu, que de la viande. Bien que j'appréciais énormément la viande, il fallait être honnête, je préférais manger autre chose avec. Je ne pouvais pas faire à manger qu'avec de la viande. J'allais revenir sur mes pas quand je vis le trio monter la tente de Johann. J'attendais un peu sur place, près du feu, cherchant ce qu'il y avait comme viande, et en quelle quantité.

Manger était important, vital même. Je me souvenais à cet instant d'avant. De mon groupe, quand la faim nous tiraillait l'estomac nous obligea à nous aventurer dans les villes, dans l'espoir de trouver de quoi nous sustenter. En y repensant, la faim n'était sans aucun doute pas notre problème majeur, mais c'était certainement celui qui m'obsédait le plus. Mais aller fouiller les villes était dangereux, on avait perdu pas mal de monde, et personnellement, je n'avais pas très envie de partir chercher de la nourriture en ville pour ces gens que je connaissais pas, peut être que cela changerait avec le temps, mais pour l'instant, il en était ainsi.

En repensant à tout ça, à ma vie d'avant, et d'après, en repensant à ce qui venait de se passer aujourd'hui, que ce soit la ferme, ou bien notre départ, j'avais des doutes. D'une part parce que j'avais eu des doutes avant, lorsque Ana nous expliqua le fonctionnement et le passé du campement, autant parce que là, lors de mon premier jour, j'avais pu voir ce que je craignait. Un mort. Enfin, peut être pas, si on était optimiste, mais un mort, aujourd'hui, sûr et certain, si on était réaliste. C'était le petit ami de la chef en plus, et deux de ses camarades étaient rentrés dans lui.

Que s'était-il passé ? Ils l'avaient abandonnés ? Poussé dans les morts pour pouvoir s'enfuir ? Autant de questions trottaient dans mon esprit, mais une s'arrêta et attira mon attention. Quand serai-ce mon tour ? Quand est-ce que j'allais être abandonné et laissé pour mort comme les autres ? Car oui, c'était leur ami, le petit ami de la chef en plus. Alors, auraient-ils autant de réticence à me laisser derrière, moi, le petit jeune qui venait d'arriver, que personne ne connaissait ? Certainement bien moins que vis à vis d'un mec qu'ils connaissaient depuis plus de temps et qui était le mec de la chef.

Je fus sorti de mes pensés lorsque Johann et Melody s'approchèrent de moi. Je me relevai, puis me tournais vers eux.

" Oui ? "

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Anonymous
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Lun 7 Déc - 22:45
Tandis que Melody s’avançait jusqu’à me dépasser de peu, poursuivant mon mouvement interrompu,  je la regardais à la dérobée. Elle s’efforçait de paraître forte, cherchant à offrir une image inébranlable à la face du monde, mais j’imaginais sans trop de peine ce qu’elle devait avoir au fond du cœur après la nouvelle qu’elle avait dû dorénavant envisager dans toute sa perspective. Cette sensation de vide, le refus de l’inéluctable, le questionnement et les sensations physiques qui vont avec, le mal être, cette impression de surnager dans une mousse cotonneuse, l’irréalité imbibant toute chose et plus que tout, la nécessité de soulever des montagnes pour se prouver que rien n’est perdu et que tout peut encore être gagné, sauvé, que l’inévitable ne sera pas. Sans aucun doute que des conditions de vie telles que les nôtres forçaient à s’endurcir, fatalement, mais elle, elle me laissait l’impression d’un stoïcisme de longue date qui, sans être galvaudé par l’apocalypse, était présent dans son caractère bien avant. Elle n’était pas une survivante par hasard, elle devait l’être par une force de caractère qui ne laissait ici à voir qu’un simple échantillon de sa force de résilience. Elle s’en remettrait certainement, si elle récupérait assez de raison pour survivre jusqu’au moment où la réalité se forcerait un passage, brut, violent, et forcerait son esprit à reprendre un raisonnement logique, cohérent, terre à terre. En fait, je n’étais moi-même que trop en train de revivre mon propre passage par cet abîme sombre et inconnu dans lequel ce genre de perte nous envoie valser tête la première, sans garantie de réussir à s’en extirper un jour et non sans laisser de profondes balafres internes qui, parfois, ne se refermaient jamais. Les miennes étaient en voie de guérison, pour elle, ce n’en était que le tout début. J’espérais sans trop y croire que son ami avait eu une chance de survie là-bas et attendait sagement dans un coin protégé qu’il soit recueilli par l’escadre de secours, Melody à sa tête, mais mon côté rationnel plus quelques mois d’expérience en enfer avaient tendance à rejeter ce dénouement, sans toutefois totalement écarter la possibilité qu’il en soit autrement ; après tout, qui savait ce dont était capable un homme aux abois ? Ce qui par contre était très clair pour n’importe qui avec le brin de jugeote  qui manquait actuellement à Melody, c’est qu’elle persistait à vouloir partir à deux, dans une zone fortement infestée et dangereuse, sans savoir même où chercher, alors que si cet homme avait survécu, où qu’il soit, il survivrait bien un jour de plus. Je n’allais pas le lui jeter à la figure, qui étais-je pour en avoir le droit ? Il fallait qu’elle s’en rende compte par elle-même, elle n’écouterait d’ailleurs personne, comme elle avait rejeté Jena. Voyant son attente à  mon niveau, je lui emboîtais le pas et repris mon cheminement à pas lent en direction de Jordan et du feu de camp.

- Non, pour l’instant, j’ai pas de questions. Mais ça viendra sûrement.

Tournant désormais le dos à Jena, je me tournais à demi en levant une main en guise de salut lorsqu’elle annonça aller voir ailleurs. Elle avait sans doute jugé avoir fait tout ce qu’elle pouvait pour Melo, ce que son laconique « Pareil » semblait conclure de manière assez brutal. Il n’en restait pas moins que sa réponse à propos de son départ avec la blonde m’avait laissé une étrange sensation de non-dit, un peu du même genre que lorsqu’une personne en profonde déprime vous réponds un « Tout va bien, t’en fais pas » alors qu’elle vient de s’avaler un flacon entier de cachets. J’hésitais entre ne rien dire et m’en mêler encore. Je n’étais pas exactement le genre de personne super empathique qui tenait absolument à s’occuper de tout et de tout le monde, mais la voir ainsi ne pouvait que me renvoyer dans mon propre passé assez proche et ce que je ressentais aujourd’hui étais somme toute assez nouveau pour moi qui, avant cela, ne portaient aux autres qu’un intérêt somme toute très conventionnel et superficiel. Mais peut-être ce que je pensais ressentir et avait envie de dire n’était qu’un moyen de me renvoyer dans le miroir les mots que j’aurais aimé qu’on me dise lorsque j’en aurais eu besoin, et qui m’avaient désespérément manqués à un certain moment ?

- Mélo, je peux te poser une question ?

Ce n’était à vrai dire pas une question car j’embrayais directement sur la suite sans attendre de réponse ou d’acquiescement. Juste un moyen de capter son attention, pour un moment, avant que l’on rejoigne Jordan. J’avais quelques pas pour discuter sans qu’il soit directement à portée de voix, même si au vu de la petitesse du camp, il devait néanmoins, en tendant l’oreille, entendre une bonne partie des quelques mots que j’allais lancer au vent.

- Dans tout ça, tu as pensé à ce qu’il aurait voulu, ton ami ? Je veux dire par là…

Mon pas se ralenti tout seul, jusqu’à stopper à mi-chemin entre les tentes et le feu, laissant Jordan dans l’attente, mon regard pâle reflétant sans doute mes propres émotions, plongé dans mon propre ressenti à cet instant-là, se tournant vers la brune, alors que d’une main, cherchant à la retenir par le bras, je l’invitais à une pause, elle aussi. J’étais très calme, d’un ton de voix égal, très posé, je laissais sortir ces mots que j’aurais voulu entendre, ni plus ni moins. Auraient-ils fait une différence pour moi ? Aucune idée. Mais j’avais besoin de les offrir à quelqu’un, comme pour évacuer cette frustration de ne pas les avoir eus. Et c’était à elle, qui était là.

- Attends, Melo.  Tu penses qu’il serait d’accord que tu te mettes en danger, au point de vouloir te sacrifier pour qu’il survive ? Tu veux qu'il pense être responsable de ta mort et forcé à vivre sans toi ? Tu vas prendre ce risque, même avec  Jena. Je vais te dire…

Si elle avait continué sa marche, ignorant ma demande, j’aurais commencé par hausser la voix, puis aurais repris ma marche, la rattrapant en deux pas pour être à sa hauteur et conclure malgré tout.

- J’ai souvent pensé à ça de mon côté. La réponse est non. Si tu aimes quelqu’un, tu ne veux pas ça pour lui. Jamais. Pense-y, je suis sérieux. Ne prends pas de risques inutiles, il ne te le pardonnerait sûrement pas. Si il est vivant, il saura attendre en sûreté que tu monte une vraie expé de secours... non ?

Dans le cas contraire, si elle avait obtempéré à mon arrêt, j’aurais attendu d’avoir terminé puis, après un dernier regard plongeant dans le vert émeraude de ses yeux, comme pour sonder sa détermination, j’aurais repris mon avancée dans ma direction d’origine. En deux ou trois pas de plus, le peu de distance me séparant de notre futur cuistot était engloutie.

- Hey Jordan ! On vient voir si tu t’en sors. J’ai aucune envie de mourir empoisonné, figure toi !


Un mince sourire en coin ornait le coin de mes lèvres, comme souvent lorsque je m’adressais à Jordan, lui lançant une nouvelle vanne - il était tellement bon public. Une manière pour moi de me détendre, de faire baisser la pression, de rejeter au loin ce que mon esprit versatile venait de faire remonter en surface et que je ne me remémorais à chaque fois qu’avec une onde de tristesse dont je me serais bien passé. Melody pouvait bien m’ignorer désormais ou me jeter des cailloux volant à la figure. Ou quoique ce soit d’autre. Je l’aimais bien, même si cela ne faisait pas plus de quelques heures que je l’avais rencontré, mais mon instinct, dans ce genre de cas, se trompait rarement et je n’avais décidément pas envie d’avoir déjà à la biffer de ma liste de connaissances d’après l’apocalypse. Déjà qu’elle était courte…

Invité

Anonymous
Invité
Mar 8 Déc - 12:35
Melody observe Jena s'éloigner après un rapide salut et une explication qui aurait pu laisser la brune perplexe si elle était en état d'y réfléchir. Quelle idée d'aller voir Samuel surtout comme ça, alors qu'il est clair que la blonde est encore remontée, les deux risquent de s'affronter verbalement si elle l'abord comme cela. La suivant des yeux quelques instants avant d'en revenir à Johann qui est censé ne pas avoir de question mais qui deux secondes après en a une. Logique masculine que cela, qui aurait probablement pu l'amuser en temps normal, s'en est même certain et où elle lui aurait répondu par une taquinerie. Question qui d'ailleurs n'en est pas vraiment une alors que le rouquin enchaîne sans attendre, elle se pince les lèvres qui blanchissent sous la pression à lui en faire mal, lui évitant de voler dans les plumes de l'homme. Comme si cela ne suffisait pas, il lui impose un arrêt dans leur progression pour poursuivre ses explications, elle le fixe droit dans les yeux sans ciller, le vert émeraude contre le bleu topaze.

Et si Melody s'empresse de retirer son bras de la main de Johann, tacitement elle accepte de ne pas se remettre en marche immédiatement et de le laisser terminer. Ou plutôt elle n'a pas d'autre choix que de le laisser terminer, devant se faire violence pour continuer à ne pas lui voler dans les plumes mais aussi pour ne pas fondre en larmes. Son regard exprimant ce maelström de sentiments se jouant dans son esprit, nul doute que le rouquin pourra le percevoir. Laissant même passer quelques longues secondes de silence avant de lui répondre.

- Non, Seth ne serait pas d'accord mais il ferait la même chose pour moi.

Johann, continuant de la regarder, pourra voir passer une brève lueur de doute dans le regard de la belle brune. Est-ce que ses paroles l'ont vraiment touchée au point d'ébranler ses convictions ou il y a t-il autre chose ? Les deux pour tout dire. Johann a entrouvert une brèche, lui faisant prendre à moitié conscience qu'aussi bien lui que Jena n'ont pas totalement tord, la précipitation ne mène à rien de bon.

Elle l'a vu, il n'y a pas si longtemps de ça quand Samuel avait voulu foncer illico presto sur le secteur C pour sauver Ivy, heureusement qu'elle l'a arrêté à temps et qu'elle est allé faire des reconnaissances du terrain sinon il ne serait peut-être plus de ce monde. Bien qu'en même temps ils ont dû attendre deux longues journées avant de pouvoir partir et que le "chef" est arrivé trop tard pour sauver miss lunettes. Mais en même temps, encore, ils savaient tous quelle était sa situation et sa localisation approximative que là ils ne savent rien. Melody va vraiment devoir parler avec Frida ou avec Mark pour connaître la dernière position de Seth et aller faire une reconnaissance du coin, enfin si elle le peut, s'ils n'ont pas été trop loin...trop en ville. Du doute aussi, parce qu'au final, elle n'est pas entièrement sûre et certaine que son compagnon aurait vraiment voulu faire la même chose qu'elle dans une situation aux rôles inversés. Non, à part ce qu'elle aimerait croire là, elle n'a aucune certitude, un manuel plus qu'un combattant, il n'y a qu'à voir comment il se reposait sur la brune lors de leurs sorties, restant toujours un pas ou deux en retrait. Qui peut lui affirmer que Seth n'aurait pas joué au lâche et qu'il n'aurait pas fait l'autruche ? Oh bien entendu ce doute là n'est une petite voix bien étouffée dans l'esprit de Melody qui susurre cela sans qu'elle n'en ai conscience.

Laissant Johann prendre un peu d'avance sur elle, elle le suit des yeux, ne sortant de ses pensées qu'au moment ou il s'adresse à Jordan. La chasseuse cligne des yeux deux ou trois fois avant de percuter que c'est une tentative d'humour de la part du rouquin. Cet homme est décidément bizarre, passant du coq à l'âne en une fraction de seconde. Elle fini néanmoins par rejoindre les deux garçons et même si elle a capté la taquinerie, elle intervient de manière très terre à terre.

- Il n'y a aucun risque Johann, la viande que je ramène est saine et les rations de nourriture de la caravane aussi. Et puis on fait tout bien cuire donc.

Bon d'accord des fois, il y a des rations de nourriture périmées qui passent par la caravane mais elles ne sont pas un problème, il y a toujours des solutions et rien n'est gaspillé. Toujours est-il que là Jordan aura pu trouver près du feu de camp en hauteur, un lièvre déjà précuit pour "figer" la viande et éviter ainsi la décomposition et compagnie. Il reste à terminer la cuisson et à puiser dans le stock de rations pour l'agrémenter d'un accompagnement.

- Tu as besoin de quelque chose Jordan ?

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Anonymous
Invité
Mar 8 Déc - 20:35
Johann et Melody s'étaient approchés du centre du campement. Le roux avait encore une fois essayé de faire de l'humour. Comme à son habitude à la ferme, sauf que la différence était là. Nous n'étions plus à la ferme où l'on mettait les pieds sous la table après avoir donné un coup de main à Nelson ou bien à Ricky. Nous étions au campement, et à peine arrivés, il y avait eu une perte. Et il se permettait de faire de l'humour. Pas drôle en plus. J'avais fermé les yeux, pris une grande inspiration, rapidement, juste avant de lâcher un soupir, long et bruyant. D'ailleurs, j'espérais qu'il l'ait entendu. Heureusement que Melody vint à ma rescousse en défendant la nourriture qu'elle ramenait et qui était stockée. Au moins, c'était des produits frais. Ce ne serait que bénéfique pour la cuisine. Pour être tout à fait honnête, je m'en foutais pas mal de comment j'aurai pu faire la cuisine. Je savais que même avec du surgelé je pouvais faire quelque chose de bon, j'avais juste besoin de penser à autre chose pour éviter de rentrer en pleine paranoïa. Je n'avais pas besoin de penser à qui serait le prochain à ne pas rentrer, je n'avais aucune envie de penser que le prochain serait peut être moi. Aucune envie, et certainement aucune utilité. Je répondais à Melody en la regardant entre les deux yeux, pour être honnête, je n'arrivais pas à soutenir son regard, peut être à cause de ses yeux rouges, preuve des larmes que j'avais pu voir juste avant :

" J'aurai juste besoin de savoir ce que tu veux que je cuisine, et en quelle quantité. Je sais bien que c'est la fin du monde... " A cet instant-ci, je souriais, légèrement, mais je souriais. "... mais c'est pas une raison pour mal manger ! "

Bien que je m'en foutais de comment faire à manger et avec quoi, il fallait être honnête, j'aimais manger. Et j'adorais faire à manger. J'avais pensé à aller faire bouillir de l'eau pour accompagner les restes de la viande. Une bonne soupe, ça ne faisait pas de mal. Surtout avec des restes, ça ne ferait pas de pertes de nourriture, j'étais sûr que ça allait nourrir du monde, et pour être honnête, j'étais sûr de pouvoir en faire un truc de bon. Je pensais à ce que j'allais pouvoir faire, mais bien rapidement, je me disais dans ma tête que quoi que j'envisageais de faire, ça n'avait aucune importance si la chef me disait un gros non. Elle n'avait certainement pas de raisons de me refuser ça, au pire, elle me demanderait d'aider quelqu'un qui s'en occuperait. Qu'importe. Il fallait que tout le monde apporte sa pierre à l'édifice, j’espérais juste que la mienne serait bien cimentée.

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Anonymous
Invité
Sam 12 Déc - 14:55
Bravo pour la réaction premier degré, pour ce qui est de détendre l’atmosphère je repasserais. Désespérant. Autant pour Melody je comprenais parfaitement qu’elle ne puisse être sensible au second degré vu son état,  ce qui serait également mon cas à sa place si je devais repasser par là. Mais Jordan, quand même. A croire que son départ du petit cocon douillet de la ferme lui tapait sur le moral, à quoi s’attendait-il ? Un château doré avec une haie d’honneur ? Je l’ai connu plus réceptif à mes petites piques. Quoique. Maintenant que je me le demande, je ne crois pas l’avoir jamais vu sourire franchement, autrement que d’un air apitoyé s’entends. C’est mauvais de tout prendre de manière complétement terre à terre sans pouvoir se vider l’esprit, surtout quand plus rien ne permettait de dire que la situation allait s’améliorer. En tout cas, moi, je fonctionnais comme ça. Pourquoi tout prendre au sérieux et s’enfoncer dans la déprime de manière intentionnelle ? Notre monde s’y prenait très bien, pas besoin d’en rajouter par nous-même.  

- Merci de la précision, Melo, je m’en serais pas douté. Me voilà complétement rassuré !

J’en rajoutais d’un ton pince-sans-rire. Ce n’est pas parce que je ne recevais pas les félicitations du jury qu’il fallait que je me retienne, tout de même. Quant Jordan en aurait marre, il n’avait qu’à me le dire franchement, il était assez grand pour ça. Et puis, ce n’est pas comme si je risquais un coup de poignard en traître à la première occasion juste parce que j’avais un sens de l’humour pourri. Fallait pas déconner. En attendant, je sentais que notre première soirée dans notre nouveau « chez nous » n’allait pas être très folichonne, entre la perte du mec à Melody et Jordan qui tirait la tête, je ne savais pas où Jian avait disparu et les autres habitants du camp semblaient décidés à ne pas se montrer d’une socialité exemplaire. Soit. Je regardais ce qui ressemblait à un lapin entier attendant la suite du programme près du feu et lançais un encouragement à Jordan sans me départir de mon ton qu’on aurait pu prendre pour sérieux, ce que démentait le reste de mon attitude.

- Jordan, j’espère que tu t’avances pas dans le vide pour tes talents de cuisinier si tu veux qu’on y goûte, t’as du challenge à relever après Pamela !

En vrai, durant nos quelques jours chez Nelson,  il ne devait pas avoir manqué le fait que j’aurais pu personnellement manger à peu-près n’importe quoi pour autant que ce soit comestible et que j’étais autant doué pour ce qui était de la cuisine que lui pour la mécanique. Fallait même pas me demander mon avis, qui était invariablement un « C’est très bon », même si c’était trop salé, ou pas assez, ou trop cuit... J’avais toujours fais l’entier désespoir de tous ceux qui prenaient plaisir à cuisiner pour moi, à commencer par ma mère et pour finir par ma femme. Ouais, ça, je devais l’avouer sans honte. Heureusement, ça avait aussi des côtés pratiques, surtout en ce moment où il valait mieux ne pas se montrer trop fine bouche. Toujours est-il que si je l’avais rejoint pour voir s’il avait besoin d’un quelconque coup de main, Melody allait être nettement plus adaptée dans le rôle, sans compter que ça lui donnerais l’occasion d’être occupée. Voyant que ma présence était inutile, je décidais d’aller finir de préparer ma tente et ranger mes maigres affaires, les laissant sur un vague signe de main signifiant « à plus tard ».

- Bon, je m’en voudrais de gâcher le dîner par mon incompétence en cuisine, je vous laisse entre vous, vous nous appellerez !

Je me retirais donc pour faire ce que j’avais en tête, puis une fois ceci terminé, amélioré entre autre avec une couverture trouvée dans la caravane, et avant que leur lapin-à-la-soupe soit prêt, j’allais faire un petit repérage des environs en solitaire en faisant le tour extérieur de la zone du motel, sans m’éloigner toutefois de plus d’une cinquantaine de mètres, juste histoire de voir exactement dans quoi j’avais mis les pieds.
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