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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CFJ, ZdC 1] Aleatory - 10/02/35
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mer 2 Déc - 20:43
J'étais parti en tête laissant James et Melody parler entre eux juste derrière moi. Ils avaient tous eu des pertes, tous eu du chagrin, tous eu de la douleur. Certaines pertes étaient plus récentes que d'autres, et certaines m'avaient fait voir les larmes couler sur les joues des endeuillés. J'avais vu la tente d'Ivy et d'Elizabeth. J'avais vu que certaines blessures étaient bien plus longues à cicatriser que d'autres, je l'avais vu et je le savais. Bien que je n'avais eu que de grands moments où j'avais du affronter le deuil, que ce soit après la mort de ma mère, ou bien juste avant la mienne, lorsque mon groupe s'était fait massacré en plein désert. Pas grande importance, les morts n'étaient plus, et comme ils le disaient tous, il fallait aller de l'avant, car c'est ce qu'ils souhaitaient. Ce qu'ils auraient souhaité. Mais James avait raison, pour une grande majorité de gens, s'écouter, parler, partager sa peine était bénéfique. Pour une grande majorité des gens. Tout le monde avait perdu quelqu'un, Melody il y a peu, James aussi, peu de temps avant d'après ce que j'avais pu comprendre. Si cela pouvait permettre aux autres de remonter la pente comme Melody l'avait fait ces derniers jours, ce ne serait que du bon.

Quelques instants après ma galère dans les fourrés, James me rattrapa. Assez rapidement d'ailleurs, j'hésitais à dire que c'était parce qu'il se déplacer bien en forêt, ou bien parce que j'avançais comme dans un désert. Un désert de sable, où mes pieds seraient engloutis par l'immensité du vide qu'était ce désert. A chercher après une silhouette illusionnée un chemin déjà tracé. J'avais un léger pincement au cœur en repensant à ce... rêve ? Cauchemar ?  Je ne savais plus. Peut être que durant cette nuit-ci, la peur s'était emparée de moi, mais après, à mon réveil, je n'avais aucun regret, juste le sentiment d'être enfin entier. D'avoir renoué avec mon passé perdu. Avec lui. Celui qui avait été le tout. Arrivé à mon niveau, James me donne un léger coup du plat de sa main sur mon dos, ce contact m'avait rassuré intérieurement, ce qui me fit lui lancer un léger sourire, en guise de remerciement, même si j'étais certain qu'il devait penser que mon sourire n'était que le résultat de sa petite boutade qui m'aurait, certes, arraché un sourire, mais en aucun cas aussi sincère que celui que je venais de lui lancer. Je me sentais en confiance avec le barbu, même si je restais méfiant à la vue de son fusil, profonde peur de mon avant mort, et que je savais exactement ce dont été capable l'homme ces temps-ci, mais je ne pouvais pas me permettre d'être paranoïaque, je ne pouvais espérer survivre seul, et encore moins espérer survivre sainement en penser que chaque personne autour de moi veuille ma peau. Je ne pouvais survivre autour de ça, et puis, j'avais déjà passé une semaine avec eux, et si jamais il y avait un problème un jour ou l'autre, je saurai le résoudre. Malgré cette pensée, je restais optimiste envers James et Melody qui m'accompagnaient.

Melody rejoignait la remarque de James, j'avais l'air d'un guignol ici. En même temps, je les comprenais, je n'étais jamais sorti de la ville, la nature telle que celle-ci n'était pour moi qu'un songe. Peut être que je finirai par m'y faire, mais à cet instant, je me disais qu'une sortie en ville serait bien plus préférable à une sortie en forêt, parce que je détestais décevoir les gens, et c'était exactement ce que j'étais en train de faire. Peut être que Melody était une chasseuse expérimentée, mais même pour un novice je devais avoir l'air pitoyable. Je me rassurais intérieurement lorsque Melody me donna comme conseil de copier la démarche de James, qui s'en sortait, bien mieux que moi. J'espérais intérieurement que Melody ne me disait pas ça juste pour être polie avec moi, bien que je savais que la brune n'avait pas la langue dans sa poche, peut être qu'elle ne souhaitait pas réduire à néants mes espoirs de faire mes preuves. Je prenais ça comme un conseil et me persuadais que c'était ce que un conseil, et que la chasseuse m'avait dit ça dans le but que je le prenne comme un conseil. Je lui répondais d'un ton bas pour que seuls nous puissions entendre, ne pas nous faire repérer en plus de bouger en forêt comme un travelo au milieu du bal du lycée :

" D'accord, désolé. "

Désolé je l'étais, parce que j'avais l'impression de les décevoir, eux deux, la chef qui avait pour mission de nourrir les troupes, et aussi James, le médecin qui avait sauvé deux personnes déjà, et qui me procurait un sentiment de confiance. Je ne souhaitais pas être encore celui qui reste debout jusqu'à la fin car il avait été protégé, je ne souhaitais pas encore être un boulet, quelqu'un à protéger, je ne voulais plus être la personne qui était incapable de protéger les siens. J'inspirais profondément alors que Melody nous rattrapa rapidement dans les bois. Son environnement sans aucun doute, rien qu'en la voyant se déplacer dans les bois. C'était son environnement, autant la nuit était mienne, autant la forêt était sienne. Elle remercia James à voix basse alors qu'elle était arrivé à son niveau, peut être qu'elle était la chef, mais elle n'en restait pas moins humaine, ses larmes en avaient témoignées, et autant elle aurait sans aucun doute besoin de quelqu'un pour la réconforter, je n'avais aucun doute sur le fait que James saurait le faire sans aucun problème.

Melody nous dépassa, nous expliquant que nous ne devions plus faire aucun bruit, parler à voix basse. James ne devrait pas tirer sauf en cas de rencontre inappropriée avec des morts, ce que je ne souhaitait pas. Elle nous expliqua aussi que nous devrions nous arrêter sans poser de questions si elle nous faisait signe. Je l'avais compris. J’acquiesçais par un hochement de tête assez ample pour ne pas faire de bruit inutilement en parlant alors que je pouvais lui faire comprendre avec un geste tout simple. James était devant moi, je fermais la marche, mon couteau dans ma poche, j'étais prêt si jamais un problème se présentait.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 0:17
James fut surpris que Melody le tienne en exemple. Non pas qu'il soit vraiment le parfait exemple, ou bien qu'il se sente trop maladroit, demeurant aussi normal que faire se peut, mais elle n'avait jamais eu cette attitude en sa présence. Le chirurgien avait eu la forte et incessante impression que Melody était quelqu'un d'orgueilleux et axée sur elle-même au détriment de la valeur des autres. Qu'elle considérait ses vis à vis comme incapables, trop insuffisants en sa comparaison ou simplement manquant de bon sens, elle-même sûre d'être la seule à comprendre comment fonctionnait les choses et à savoir gérer cette nouvelle vie. Revêche, audacieuse, trop stricte et très distante.

Pourtant il avait crut sentir, par son silence ou quelque chose d'autre, qu'elle n'était pas si distance et assez réceptive à son humour taquin. A peu de distance derrière lui, Jordan lui s'excusait. Mais de quoi ? D'avoir voulu bien faire, quitte à être trop précautionneux ? D'avoir le soucis et la prudence de la situation ? Non, il n'avait pas besoin de s'excuser pour si peu et à la mine du jeune homme que le barbu observa d'un coup d'oeil, il se sentit le besoin de s'arrêter pour permettre à Jordan de revenir à son niveau, avant de répondre, lui confiant à voix assez basse :

« Tu n'as pas besoin de t'excuser pour si peu tu sais. » Il jeta un coup d'oeil à Melody et se pencha vers lui en murmurant sur un ton amusé. « A vrai dire je fais semblant. Fais semblant aussi, tu verras, ils n'y voient que du feu. »

Il esquissa un large sourire fermé en étouffant un léger rire, puis s'intéressa au devant de la forêt. Il maintenait le pas en avançant tout de même lentement pour être certain d'être devancé sans trop tarder par Melody, et il eut un doublement de surprise quand elle le remercia. Elle avait donc entendu ce qu'il voulait lui dire ? Peut-être que son impression était fausse après tout. Il l'avait toujours envisagé certes, James n'était pas le genre d'homme à ne pas se remettre en question ou envisager ses erreurs, Melody et lui n'avaient après tout pas eu d'occasion de se côtoyer vraiment. Posant les yeux sur elle, il eut une bonne raison de soutenir en bonne part son sourire, content de savoir qu'il s'était trompé et pour ne pas gâcher ce moment, se contenta d'opiner brièvement du chef. La suite mit le trio dans le bain, selon les indications de Melody, justifiées et claires auxquelles le chirurgien n'eut à rétorquer qu'un :

« Chef oui chef. » à voix basse.

Une formule très clichée pour la plupart, un souvenir nostalgique pour James et puisque cette chasse démarrait sur de bonnes bases, il avait l'intention de se fier entièrement à leur guide, prêt à ce que Melody lui montre, leur montre, ce qu'elle savait faire. Pour sûr elle n'était pas chef du camp et il y avait participé il fallait le dire, mais en tant... qu'associée ? Consultante ? Bras-droit de Samuel ? Difficile de mettre un nom là-dessus à ce stade. Quoi qu'il en soit, elle avait évoqué sa volonté d'avoir ce rôle de capitaine, et puisque Samuel semblait distant et absent depuis quelques jours de la fenêtre du barbu, une démonstration de la seconde prétendante au trône paraissait une bonne opportunité.

Sur ce, il suivit le pas de Melody avec attention, le regard furetant de-ci de-là en redoutant l'apparition d'un mangeur de chair, ou d'un autre genre de monstre, de derrière un arbre.

« Alors Jordan, d'où tu viens ? » Lâcha t-il encore et toujours à voix basse pour conserver une certaine détente, pour lui comme pour leur nouveau camarade.

Car si James paraissait taquin et souriant, amical, la vérité est que cette sortie sonnait comme une expiration à l'apnée qu'il avait vécu au campement, noyé par le chagrin. Un chagrin et des plaies qui n'étaient pas prêts d'être vaincus pour disparaître, très loin de lui.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 14:46
La réponse de James à ses mises en garde ou plutôt à ses demandes, lui arrache un petit sourire en coin d'amusement mais là encore elle se reprend rapidement pour retrouver un air on ne peut plus sérieux. Elle n'a pas le droit de montrer que malgré tout la vie continu pour elle et qu'elle peut encore arriver à trouver des choses positives dans ce monde, pas si près de la disparition...non de la mort de Seth. Comment pourrait-il en être autrement ? Elle doit juste apprendre à faire avec et peut-être que cela lui ferait du bien si pour une fois elle daignait se confier à quelqu'un d'autre, sauf que la seule personne avec laquelle elle pourrait le faire là, c'est son frère. Bien qu'avec lui, elle n'aurait même pas besoin de mots, les regards suffiraient et il comprendrait tout ce qu'elle ressent réellement. La brune jette un regard vers James se disant que peut-être elle pourrait avec lui, peut-être. Il est médecin après tout et doit avoir l'habitude d'entendre beaucoup de choses même sans être psy mais en même temps comment pourrait-elle lui parler de tout cela alors qu'il est lui même touché par le deuil ? Dilemme.

Toujours est-il, qu'elle ne perd pas de temps après cette réponse et se met en route, prenant la tête du trio, elle avance à quelques pas devant eux. À l'aise et détendue, tout ses sens en éveils, oubliant un peu plus à chaque pas tout ce qui lui obstrue l'esprit depuis une semaine et même plus encore. Comme à chaque fois qu'elle se retrouve en forêt, elle se sent chez elle, dans un cocon confortable l'enveloppant pour la rassurer, la réconforter et  la ragaillardir. Il n'y a plus que l'instant présent qui compte, chaque fragrance venant titiller ses narines, le moindre souffle d'air venant caresser sa peau, chaque petit bruissement qu'il soit végétal ou animal lui font l'effet d'un coup de fouet, lui faisant retrouver une certaine légèreté, la paix du corps et de l'esprit. Elle oublierait presque qu'elle n'est pas toute seule, que deux hommes sont derrière elle dont elle entend les pas sur le sol de terre et dont elle entend les voix. Si elle ne se tourne pas vers eux, elle entend néanmoins la question de James puis la réponse de Jordan qui va suivre, elle ne s'en mêle pas par contre, les laissant converser entre eux autant qu'ils veulent.

Le vieux sentier qu'ils empruntent et à peine repérable dans les sous bois, serpentant entre les arbres pour éviter les éventuels rochers ou souches présents sur sa route, la brune le suit tranquillement marchant à une allure que les deux non-chasseurs peuvent suivre aisément. Tout comme ils peuvent suivre facilement le sentier, ou les pas de Melody, puisqu'il a le mérite d'être pour le moment dépourvu de ronces envahissantes. Bien que ces dernières ne sont pas loin et ont déjà commencé leur oeuvre en rampant et se répandant sur les bords du chemin. Car oui il y a encore quelques temps, ce sentier était destiné à devenir un chemin forestier, en terre certes mais qui aurait été entretenu, un chemin s'enfonçant dans la forêt jusqu'à une petite clairière. Mais cela les deux hommes ne peuvent le savoir, peut-être que s'ils regardent attentivement, ils verront des indices sur le sol. Là un léger creux dans le sol marquant l'endroit ou une roue s'est enfoncée il y a bien longtemps. Là un rocher affleurant un peu trop et qui se trouve marqué par une carrosserie venue se frotter dessus en laissant un léger sillon dans la pierre. Autant de traces du passage des humains que la nature s'évertue avec une efficacité redoutable à effacer, reprenant ses droits en dépit même du fait que cette forêt a été plantée par la main de l'homme.

Une nature qui se fiche royalement que l'humanité soit en pleine apocalypse. Un avertissement à l'adresse des survivants "Je survivrais quoi qu'il se passe et quoi que vous fassiez !". Avertissement qui n'est pas nouveau comme l'atteste toutes les catastrophes naturelles de ces dernières décennies, ce n'est pas vers la mort de la planète que l'homme courrait mais vers sa propre extinction, la Terre mettant tout en oeuvre pour virer les parasites dit humains de sa surface. "Tu ne me respectes pas et bien dégages." Une force impossible à contenir ou à dompter qui aurait dû rendre humble chaque être humain vivant dessus. Peut-être même est-ce une nouvelle stratégie de la Nature que l'apparition inexpliquée des zombies et non pas une nouvelle connerie libérée par un savant fou quelque part dans un laboratoire. La Nature ayant peut-être enfin trouvé comment faire cesser cette course à la destruction que l'homme appelait progrès, avancée technologique, médicinale et compagnie, l'homme en voulant plus, toujours plus, au détriment d'Elle.

Cela fait maintenant dix bonnes minutes que le trio avance à travers les arbres et hormis quelques bruits d'animaux ou du vent dans les feuilles, rien d'anormal. Le sous bois a eu le temps de se modifier quelque peu, plus de végétation aussi bien au niveau des ronces que du sol qui est devenu plus humide arborant des taches bien vertes de part la mousse le parsemant, quelques buissons de ci, de là pour compléter le changement et là encore rien d'anormal. Et pourtant imperceptiblement, le pas de la chasseuse se ralentit, la position de son corps se modifie, à l'affût de tout ce qui pourrait se passer devant elle, l'arbalète redressée devant son regard, prête à tirer sur un ennemi invisible.

D'un détour du chemin, un lièvre jaillit, détalant aussi vite qu'il le peut en leur arrivant dessus enfin pas droit sur eux mais de biais. L'animal n'est qu'à une vingtaine de mètre d'eux quand la détente de l'arme de jet se fait entendre, propulsant le projectile de toute sa puissance. Le carreau venant empaler l'animal au niveau de l'arrière train, le lui brisant net. L'animal ne se stoppe pourtant pas sur le champs, il bondit et retombe au sol, se contorsionnant autant qu'il peut, entraîné par la vitesse qu'il avait acquise dans sa course. Une danse macabre lui laissant amplement le temps d'agoniser dans des sursauts improbables tout comme les angles que forment son corps. Quelque soit la réaction des deux hommes, il y en a une qui ne perd pas de temps et qui se rue sur l'animal. Melody commence par l'immobiliser avant de lui briser la nuque dans un craquement lugubre, achevant ce pauvre animal pour qu'il ne souffre plus.

Récupérant son carreau dans une main et portant le lièvre dans son autre main en le tenant par les oreilles, elle revient près des deux hommes. S'ils s'attendaient à voir un certain contentement sur le visage de la brune, il n'en est rien bien au contraire même. Certes elle vient d'attraper une proie mais elle n'a pas réussi à la tuer d'un coup, la faisant souffrir inutilement et elle déteste cela. Elle a toujours du mal à se faire au fait de tuer les animaux pour les manger. Mais au delà de ça, elle fronce les sourcils, visiblement soucieuse et d'une voix très basse, elle prend la parole.

- Quelque chose ne va pas, cela fait quelques minutes que je le sentais et le lièvre vient de me le confirmer, il y a un danger droit devant nous. Il y a une clairière juste après le virage du sentier où normalement on peut trouver des animaux, on va devoir changer de route.

Que ça soit James ou Jordan ou bien les deux qui regardent dans la direction par laquelle le lièvre est arrivé, ils pourront voir une éclaircie à la cime des arbres, signe annonciateur qu'il y a bel et bien une clairière. Melody prenant le temps de recharger son arbalète, elle ne prend pas le temps d'ôter son sac à dos de ses épaules pour y mettre le lièvre, à la place, elle l'enquille dans le sac à dos de Jordan. Guettant aussi les réactions des deux hommes, se tenant prête à les guider loin de là, enfin s'ils en ont le temps, tout dépendra de l'imminence du danger encore inconnu se trouvant à peine à une vingtaine de mètres d'eux.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 22:10
James arrêta sa marche pour se mettre à mon niveau, avec une voix basse, il me dit que je n'avais aucun besoin de m'excuser. J'aurai pu me dire qu'il ne faisait qu'essayer de me rassurer, mais le fait qu'il se mette à faire de l'humour avec moi me fit du bien. Cela me fit relâcher la pression, j'avais un bon pressentiment vis à vis du barbu, j'espérais juste que ce ne serait pas qu'un pressentiment, et que je n'avais pas tort. Quoi qu'il en soit, il enchaîna quelques instants après sur une question sur ma vie, c'était sans doute la première fois qu'une personne du campement s'intéressait à moi. Ce n'était pas pour me déplaire, même si je ne parlais pas beaucoup, je ne restais pas silencieux lorsque l'on me demandait mon avis ou bien quand on me posait tout simplement une question. Je répondis, toujours à voix basse à James, pour éviter de faire fuir notre potentiel repas et surtout pour éviter d'attirer de potentiels ennemis, morts ou vivants.

" Je suis né à Los Angeles, mais je suis parti pour El Paso vers mes seize ans. Et toi, James ? "


Certains auraient pu penser que ma réponse n'était qu'une simple politesse, mais non, pour preuve, un léger sourire s'était dessiné malgré moi sur mon visage. Je commençais à l'apprécier ce médecin, non pas parce que c'était l'une des seules personnes qui s'intéressaient à moi, mais parce qu'il avait quelque chose de rassurant, de confiant. J'en venais presque à oublier tout ça, que nous risquions notre vie pour pouvoir manger, que le monde s'opposait à nous, en fait, je ne l'avais pas oublié, je m'en foutais. Je me sentais bien ici, que ce soit par la présence de James et de Melody ou bien encore vis à vis de cette magnificence sylvestre qu'il m'était donné d'observer pour la première fois. A vrai dire, je n'en croyait pas mes yeux, la nature était si belle, j'avais une pointe de regrets à l'idée de ne pas avoir pu partager ça avec ma mère ou Stan.

Je chassais rapidement ces pensées tristes de mon esprit pour ne garder que le bon de cette journée, une balade dans les bois, calme et silencieuse. J'espérais juste que ce serait le cas pour tout le reste de notre aventure. Après avoir marché pendant de nombreuses minutes, Melody commença à ralentir, à lever son arbalète pour avoir la mire en face de ses yeux. Je m'étais arrêté. Peut être un ennemi, je regardais attentivement, expirant lentement par mon nez pour ne pas faire de bruit, guettant loin devant, ne voyant rien, j'attendais néanmoins. Melody était la chasseuse, c'était une experte, je n'avais pas mon mot à dire, et chacun de ses faits et gestes avait dû être réfléchi.

Un gros lapin traversa, enfin, je dis un gros lapin mais les seuls animaux que j'avais vu, c'était dans la boite à images. Il n'y avait pas Bambi dans les rues de LA. Melody avait eu le bon réflexe. Un tir, et l'ami de la forêt fini happé en pleine course par le carreau. Il n'était pas mort sur le coup, c'est alors que Melody s'approcha rapidement pour venir lui briser la nuque. Au bruit de ce craquement, j'avais sans aucun doute une mine de dégoût qui s'était installée sur mon visage. Melody avait tiré de loin, sur une cible aussi petite et aussi rapide. J'étais impressionné. Elle attrapa le carreau qui s'était fiché en plein dans la cible, puis, grâce à son autre main, elle attrapa notre dîner et vint s'approcher de nous. J'aurai aimé voir un sourire sur son visage suit à l'exploit qu'elle venait de réaliser, mais il n'en était rien.

Je ne compris que lorsqu'elle nous dit à voix basse, qu'il y avait un danger. Et j'appris que le gros lapin était en fait un lièvre, je mis cette information dans un coin de ma mémoire et me promit de ne pas l'oublier. Il devait y avoir du gibier juste un peu plus loin, dans la clairière que nous apercevions de là où nous étions. Melody vint mettre juste après le fameux lièvre dans mon sac. Je tendis l'oreille, j'avais cru entendre un bruit au loin, je ne savais pas si c'était le fruit de mon imagination ou bien la réalité. J'étais fébrile, mais je me persuadais à me dire que je risquais pas grand chose, James avait un fusil, Melody son arbalète, et je l'avais vu à l'oeuvre.

Un mort était bel et bien à l'origine du bruit, mon esprit était parti au quart de tour. Il avait fait son apparition à quelques dizaines de mètres devant moi, je regardais James, il avait certes son fusil, mais si nous avions l'occasion de trouver du gibier, il valait mieux être silencieux comme l'avait dit la chasseuse, d'ailleurs, en regardant la chasseuse, elle n'avait pas armé son arbalète, et je me rappelais que c'était une arme longue à recharger. J'enlevais mon sac à dos rapidement en commençant par la bretelle droite qui était légèrement plus détachée que l'autre, pour enfin enlever la gauche et poser à terre mon sac.

J'avais mon couteau, je savais m'en servir. A ce moment, le mort tourna sa tête vers nous, il nous avait vu. A première vue, c'était un homme, cheveux courts, gras, visage amaigri par les mois précédents sans aucun doute. Il portait un manteau parka vert fermé. Je trouvais ça d'un moche. Il portait aussi un pantalon cargo, le style de pantalon ample avec des poches partout, enfin, il lui manquait un morceau de tissu au niveau du mollet droit, et un morceau de mollet aussi. Du sang séché était parsemé de ça et là sur sa jambe mordue, que ce soit sur sa peau ou bien sur son pantalon. Une paire de chaussures de sécurité avec le bout en acier, comme les chaussures des contremaîtres sur les chantiers étaient à ses pieds. Il avait l'air entier, pour un mort.

" Je m'en occupe. "

J'étais certain de pouvoir le faire, je ne ferai pas les mêmes erreurs que précédemment, je savais où frapper, je savais que faire. Je ne laissais pas le temps à mes compagnons d'infortune de répliquer, je dépliais mon couteau papillon que j'avais pris juste avant dans ma main droite. J'allais le faire, malgré le fait que le regard des deux autres étaient un poids, il n'était qu'un poids qui me donnait mon équilibre. J'approchais lentement du mort qui avançait vers moi en... grouillant ? Mugissant ? Je ne saurai mettre de mot sur ce son dégueulasse qui sortait de sa bouche, mais ça me faisait penser à un cancéreux qui crache ses glaires.

Je ne devais être qu'à une dizaine de mètres du mort lorsqu'un autre bruit se fit entendre, sur ma droite, un autre mort sorti des fourrés pour venir sur le sentier. Le bruit des fourrés n'avait pas pu m'arracher à la concentration que j'accordais au premier marcheur, je fus surpris au dernier moment par la morte, car oui, c'était une femme. Elle avait le visage rouge, ensanglanté, une partie de sa lèvre inférieure avait été arraché avec une grosse partie de la peau de son menton. Elle avait les cheveux noirs, pas bruns, ni sombres, mais noirs de sale. De crasse. Je n'avais pas eu le temps de voir ce qu'elle portait, elle était trop près.

Assez près pour me toucher avec ses deux bras tendus vers moi, je reculais instinctivement d'un pas puis je donnais un coup de couteau avec mon bras droit, décrivant un grand arc de cercle meurtrier. Seulement, ma lame ne toucha que sa gorge, et même si une marre de sang gicla sur son haut, elle n'en arrêta pas pour autant de s'avancer vers moi, les deux bras en avant, toujours. Assez près pour m'atteindre, une cinquantaine de centimètre au maximum. La dernière fois que j'avais fait cette erreur, d'être surpris par la non mort d'un marcheur, j'avais été mordu. Mais pas aujourd'hui. Je pris une grande inspiration rapidement, puis, tout en apnée, j'abaissais ma tête et j'ouvrais mes mains, ma droite, quant à elle, était ouverte, seul mon pouce faisait pince pour conserver mon couteau au contact de ma paume. Les pointes de mes doigts vers l'avant, je touchais le haut du corps de la morte, juste au dessus de ses seins, où du sang venait de jaillir, il était froid au contact. Alors que la morsure du froid de ce sang fraîchement étalé sur ce haut précédemment vert sombre venait d'attaquer la pointe de mes doigts, je poussais de toute mes forces la rôdeuse vers l'arrière alors que son visage s'était abaissé près du mien, prêt à me mordre, encore. Mais il n'en était rien de justesse, j'avais repoussé la morte en arrière tout en reculant à mon tour d'un pas. J'étais désormais au bord du sentier. Une morte en face de moi, un à ma gauche. Un mètre de distance pour la femme décédée au grand maximum, environ deux pour la fashion victim.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 7 Déc - 0:18
Melody s'enfonçait dans la forêt après avoir prit la tête du groupe, suivie de près par James, qui était lui-même suivi de près par Jordan. Des branches et morceaux de branches envahissaient ce que la chasseresse considérait comme un sentier, ou ce que James voyait comme une parcelle de forêt comme une autre, si ce n'était quelques discrets éléments qui donnaient un sens à tout cela. Pour autant il préférait marcher dans les pas de la brune sans trop avoir à réfléchir sur la compréhension et l'analyse de la forêt, car même si apprendre certaines ficelles pouvait être un atout pour l'avenir, il avait déjà bien assez à faire à retrouver les connaissances qu'il avait perdu, à s'entraîner pour récupérer la force de son corps et la puissance de ses bras, ainsi que le savoir-faire de ses mains.

Mais surtout, il s'était fixé l'objectif de retrouver coûte que coûte ses connaissances de la médecine qui s'avéraient primordiales pour le groupe aujourd'hui, puisqu'il était le seul médecin présent de ce qu'il savait, la pression qu'exigeait ce rôle et les risques auxquels ils étaient confrontés en tout temps et toute heure lui rappelaient à chaque instant qu'un drame pourrait vite arriver, et que le moment de vérité entre survivre et mourir pourrait très certainement dépendre de lui. Jordan avait répondu à sa question et ne l'éclairait qu'à moitié. Il devait bien l'avouer, il n'avait pas la moindre idée d'où se trouvait El Paso, ni même que cet endroit était niché au Texas.

« J'ai passé ma jeunesse et un bon paquet de temps à Fort Worth, dans l'est, mais je viens de Philadelphie à l'origine. J'y suis né et j'y ai fait mes premières années. Je dis ça... j'ai passé quatorze des seize dernières années à l'étranger, alors je n'irais pas jusqu'à dire que je suis un bon texan, ou même un américain modèle. »

Terminant sur ce constat véridique, celui que l'ancien militaire avait passé sa vie d'adulte presque en permanence loin de son pays, James se garda d'en dire plus sur le fond de sa pensée à ce propos et essaya de ne pas se lancer dans une longue discussion pour ne pas gêner la chasseresse. De longues minutes passèrent, le chirurgien scrutait les arbres et les rayons du soleil qui passaient au travers de cette dense forêt sauvage. Difficile de croire qu'elle avait été planté il y a longtemps par l'homme, tant la nature avait oeuvré pour se l'approprier complètement au détriment de tout autre projet qui ne la concernait pas.
L'espace de cette dizaine de minutes offrant tout loisir au barbu de réfléchir à de nombreux sujets, non sans perdre sa fermeté sur son arme ou son attention sur les alentours - qui reposait tout de même sur les sens de Melody, il se prit à apprécier le calme de cet endroit vert et épuré, quand Melody se mit à ralentir. D'abord il ne s'en rendit pas compte, le regard surveillant leur flanc droit, puis il s'arrêta brusquement en ramenant ses yeux sur elle lorsqu'il se rendit compte qu'il s'était retrouvé à coté d'elle et s'apprêtait à la dépasser. Elle finit par se figer et il s'arrêta à son tour, non sans que sa botte droite ne presse involontairement un petit branchage qui craqua, se brisant en plusieurs morceaux. Surpris par le fait, il leva la botte en contractant la mâchoire, se maudissant d'avoir été distrait par leur camarade et ne pas avoir fait attention à ça. C'est là que sortit le lièvre, presque de nulle part.

Il crut d'abord qu'il était responsable de l'alerte de la bête, qui s'apprêtait à disparaître à nouveau mais fut happé par le trait de l'arbalète de la chasseresse qui le mit à terre dans une violence inouïe, lui octroyant une souffrance terrible qu'il n'imaginait pas. Restant à sa place, il grimaça quelque peu en voyant Melody rejoindre le lièvre et lui briser la nuque pour l'achever. Dire qu'il était perturbé ou dégoûté aurait été hypocrite et mal venu de la part d'un chirurgien qui avait été militaire par dessus le marché, et avait eu l'occasion de voir des choses certainement plus horribles. Pour autant, il était désolé pour cette pauvre bête qui avait été si sauvagement tuée pour assurer leur survie. Certains trouveraient cela stupide, mais après tout, chaque vie était précieuse.

Il jeta un coup d'oeil de coté avant de s'intéresser à nouveau à Melody qui rapportait sa proie, le trait ensanglanté à la main, pour déposer son bien dans le sac de Jordan avec une mine préoccupée. James fronça les sourcils à cet état de fait, et n'eut guère l'envie de relâcher son expression en la voyant en faire autant et entamer le rechargement de son arme, accentué par l'information qu'elle leur lâchait et qui résonnait dans l'esprit du barbu.
Alors leur tranquillité aura été de courte durée. Le chirurgien leva son arme devant lui par précaution en observant l'encombrement forestier au-delà duquel il paraissait effectivement y avoir une clairière ouverte. C'est là que le mort apparu, s'extrayant d'une étroite rangée d'arbres qui l'avait caché jusque là, déambulant à travers les fourrés pour se rapprocher d'eux, probablement alerté par l'agonie du lièvre et peut-être même son propre "raffut". Décidément, une unique petite erreur créait des situations en chaîne dans ce lieu sauvage.

Les muscles du chirurgien se raidirent et il serra instinctivement la crosse de son arme, ainsi que la poignée de son fusil, levant son engin en direction de la créature même s'il ne se pressait pas de s'en servir : il en avait parfaitement conscience, un tir pouvait apporter bien plus de problèmes que ce seul rôdeur et en ce qui concernait les armes à feu, il en savait bien assez pour juger un tir impulsif à cette distance, contre cette cible et avec autant d'arbres et de fourrés, plus qu'incertain. C'est Jordan qui prit l'initiative de vouloir s'en occuper, au corps à corps. James baissa par précaution le canon alors que le jeune homme s'avançait et il sentit son coeur battre dans sa poitrine, une montée de stress le prenait et à la vue du plutôt petit couteau que détenait leur acolyte, il eut davantage d'angoisse vis à vis de ce qu'il craignait, il allait peut-être arriver.
Après tout, personne n'avait oublié l'épisode Doug et ce qui lui était arrivé à vouloir s'attaquer à un mangeur de chair au corps à corps pratiquement désarmé. Il redoutait qu'il arrive la même chose à Jordan et c'est en spectateur très tendu qu'il se tenu prêt, car même si un coup de feu n'était pas l'idéal, cela valait bien mieux qu'un camarade à l'agonie. Il s'avança de quelques pas derrière le jeune homme qui passait à l'action et la suite alla très vite. Un second rôdeur apparaissait, une femme délabrée par la mort, pour s'attaquer à l'attaquant qui reculait et lançait un coup de son arme blanche qui n'eut pas l'effet escompté, ni même d'effet du tout.

« Merde ! » Lâcha le barbu entre ses dents tandis qu'il s'élançait en avant.

Cette fois contrairement à l'aéroport, il ne se jetait pas dans la mêlée sans réfléchir - il comptait bien à ce que cela ne se reproduise plus, la situation lui était apparue assez vite évidente. D'un coté Jordan prit à parti par deux créatures, de l'autre, Melody qui avait rechargé son arme et ne manquait plus que d'un angle de tir plus assuré pour faire mouche avec certitude sans alerter toute la forêt. Le rôle de James dans tout cela ? Se servir de son arme et lui faciliter la tâche.

Prit dans son élan, il broyait feuillages et branchages dans sa course mais cela n'avait plus d'importance. A la place de la discrétion, il pressa la mâchoire en basculant son fusil pour le retourner, afin que sa main gauche tienne à présent la crosse et sa main droite, la tête du canon. Il ne dérapa pas, ne freina pas ni ne se détourna de son objectif : la créature qui était à moins d'un mètre de Jordan. La suite fut encore plus rapide. Il arriva en trombe et profita de l'attention instantanément obsessionnelle de la femme morte pour le jeune homme, tendant ses mains décharnées pour l'attraper, afin de la percuter violemment de l'épaule contre la sienne en effectuant un mouvement vers l'intérieur, de façon à faire basculer la créature de son coté.
Celle-ci bascula sur sa droite en se tournant à moitié vers le barbu, qui ne s'était pas arrêté. D'une charge presque de dos il avait déstabilisé la femme morte, avait attiré son attention et en s'éloignant aussitôt, offrait un champs de tir dégagé pour la chasseresse qu'il espérait frapperait vite dans le meilleur des cas, la freinerait sans l'abattre lui dans le pire. Car lui-même ne s'occupait plus de la femme morte et poursuivait son élan à peine perturbé par le choc contre elle pour arriver en deux instants sur le second rôdeur. Celui-ci avait immédiatement donné l'attention qu'il attendait au médecin et avant qu'il ne puisse lever ses bras pour s'en saisir de ses mains à son arrivée, le chirurgien envoya un coup de crosse carabiné qui bénéficiait de la fermeté de son geste, la force de ses poings comme son élan pour venir écraser sa mâchoire fragile qui se brisa sous l'impact, envoyant la créature s'effondrer en arrière pour se mêler aux tas de feuilles plus mortes que lui.

James enchaîna trois pas mal assurés alors qu'il avait manqué de perdre son équilibre pour cause de ce terrain sur lequel il manquait de maîtrise, mais parvint tout de même à se saisir assez vite pour se jeter sur la créature tant qu'elle était au sol. Sans aucune hésitation, il se plaça au dessus de lui et jeta ses genoux à terre pour bloquer ses bras afin de se protéger des griffes du monstre, se servant de son fusil qu'il enfonçait comme un épais bâton métallique entre ses dents, y mettant de toutes ses forces qu'il exprimait en un grognement distinct pour coller sa tête au sol et immobiliser sa mâchoire dont l'axe n'était plus parfait depuis qu'elle s'était brisée.

« Un coup de main... » Grondait-il entre ses dents.

Il comptait, non espérait, que Melody avait pu réduire la cible qu'il lui avait laissé au silence afin que Jordan, ou elle-même toujours, puisse venir achever la créature qu'il contenait. Il n'avait pas l'intention de prendre plus de risques et parallèlement, s'il pouvait éviter de se recouvrir d'hémoglobine gélatineuse et autres matières organiques en voulant le défoncer à la crosse, il ne s'en sortirait que mieux.

Melody Campbell

Anonymous
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Lun 7 Déc - 12:44
Alors qu'elle explique aux deux hommes ce qu'elle a ressenti, un zombie fini par apparaître et avancer vers eux, jaugeant la situation, ils ont largement le temps de faire demi-tour et partir ailleurs....Et voilà, il fallait que cela recommence ! Il fallait que le jeune du groupe se lance à l'assaut du zombie avec pour seule arme un vulgaire petit couteau de rien du tout. La brune n'a pas le temps de le stopper d'un mouvement alors qu'elle recharge son arme et le stopper à la voix serait une sacré erreur, ses sens l'ont avertie d'un danger et ils ne l'ont pas fait que pour un seul rôdeur, ça elle en est sûre et certaine ! Ce n'est pas la première fois qu'elle croise un zombie isolé et jamais son instinct ne lui a crié au danger comme il vient de le faire. Voyant Jordan se ruer sur le rôdeur, son coeur fait un bond, lui faisant perdre de précieuses secondes pour terminer de charger l'arbalète.

Une deuxième zombie fait son apparition et la morte se jette sur le jeune homme. Melody lève son arbalète, alignant les cibles, son angle de tir est plus que mauvais là, elle blesserait Jordan là, voir pire, elle observe James du coin de l'oeil, priant pour que le médecin supporte le jeune homme de plus près. Enfin si le barbu est en capacité d'aller au corps à corps avec un zombie. Un soupir de soulagement franchit ses lèvres lorsqu'elle voit James porter secours à Jordan, elle peut prendre le temps de bouger et de trouver l'angle de tir adéquat. Oh wait...Mais il fait quoi le toubib là ? Elle suit l'improbable scène du regard, tout en se déplaçant. Chercher le bon angle de tir, son esprit fonctionne à toute vitesse, elle doit prendre en compte le déplacement de la zombie, les éventuels mouvement de Jordan, ceux de James elle n'a plus à s'en soucier alors qu'il termine au sol avec le rôdeur mâle.

L'arbalète bien alignée entre son regard et la tête de la zombie femelle, l'angle de tir dégagé pour au moins quelques secondes, Melody tire sans aucune hésitation. Le carreau se propulse et file droit sur sa cible, atteignant en une fraction de seconde sa pleine puissance pour finir par aller se loger dans la tête du rôdeur. Légèrement emporté par la force cinétique résiduelle du trait, le cadavre a le bon goût de ne pas s'effondrer sur James mais un peu derrière lui et sur le côté. Avisant des mouvements de James et de Jordan sur le second rôdeur, la brune se rue sur le cadavre du premier pour essayer de récupérer son carreau, non sans prendre le temps d'inspecter les alentours pour vérifier la possible arrivée d'autres mangeurs de chairs. Melody momentanément rassurée, se penche sur le rôdeur pour extraire le carreau qui n'est pas décidé à céder. Changeant de tactique, elle pose un pied, sur le crane du mort pour avoir plus d'appui et de force d'extraction. Elle tire sur le carreau, elle force autant qu'elle le peut, ce dernier résistant encore un peu jusqu'au moment ou elle entend l'os du crane craquer. Le trait se libère d'un coup, intact cette fois-ci, pas comme dans la maison visitée avec Seth, par contre Melody se retrouve encore une fois déséquilibrée et part en arrière.

Ne devant qu'à un gros coup de chance de ne pas finir les fesses par terre ou sur le dos, la brune retrouve son équilibre en pestant. Autant récupérer un carreau sur un animal est aisé puisque c'est surtout le coeur qui est visé et que ce n'est qu'un muscle, autant sur un zombie c'est à chaque fois la galère pour elle. Un jour ou l'autre elle va devoir y remédier mais pour cela il lui faudra l'aide de quelqu'un s'y connaissant en musculation, force, combat au corps à corps, enfin ce genre de choses. James peut-être, il suffit de voir avec quelle force il a fracturé la mâchoire du zombie mâle. La brune s'empresse ensuite de recharger son arbalète au cas où elle doit aider James et Jordan, s'ils n'ont pas déjà réglé le problème. Un bruit ou plutôt un râle en provenance de la clairière attire son attention. Reprenant son arme de jet chargée à deux mains et comptant sur les deux hommes, lentement elle s'avance vers l'éclaircie, son buste bien droit dans la bonne direction, l'arme levée, ses jambes elles se croisent pour lui faire adopter la démarche typique du chasseur approchant d'une proie sans être vu ou entendu. À petits pas silencieux, elle progresse sur la dizaine de mètres l'empêchant de voir la clairière nettement et se fige net dès que son regard embrasse la scène se jouant un peu plus loin sur l'herbe.

Une tente ; qui n'était pas là quelques jours auparavant ; à moitié effondrée ou plutôt dont le tissu est lacéré et bat légèrement en fonction de la brise hivernale lui arrivant dessus, sert de toile de fond pour l'acte qui se joue. Le reste du décor immédiat quant à lui est composé des traces d'un feu de camp dont les braises, malmenées, sont éparpillées sur l'herbe verte. Tout comme des ustensiles cabossés, et à l'usage non identifiable à cette distance, parsèment eux aussi l'herbe de la clairière sur une petite surface. Une traînée de sang indique que la personne a tenté de fuir la tente après avoir été attaquée et s'est effondrée quelques mètres après, sans doute sous l'assaut des zombies ou en résultat de sa première blessure. Mais cela n'est pas ce qui se remarque en premier, non c'est sans aucun doute les deux zombies avachis...sur la personne en question ou ce qu'il en reste. Du sang frais et chaud a giclé partout autour d'eux et sur les deux rôdeurs également, qui eux ne s'occupent que de festoyer dans les entrailles béantes de leur repas en émettant des râles et des gargarismes, des ogres qui se bâfrent jusqu'à plus faim. Si tant est qu'un zombie puisse être rassasié. À moins que le plus gros des râles, ou des gargarismes, ne proviennent de l'être humain et de son agonie lente et douloureuse au possible.

Figée à une bonne vingtaine de mètres de ce spectacle cauchemardesque, la brune n'arrive pas immédiatement à se ressaisir pour agir. Ce n'est pas la peur qui la maintient en place, c'est l’afflux de souvenirs que provoque cette vision, ceux de son mari mort dans le même style de circonstances et sous ses yeux. Sortant de cet état hypnotique, elle lève l'arbalète et ajuste son tir, lâchant le carreau se voulant meurtrier mais qui termine sa folle course en se fichant dans l'herbe au delà du zombie visé. Il ne lui reste plus qu'à recharger encore une fois son arme.

Jordan Getz

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Lun 7 Déc - 20:48
Alors que les deux morts étaient sur moi, James arriva en trombe, donnant un grand coup d'épaule dans la rôdeuse qui avait failli me mordre juste avant pour sauter directement sur l'homme. Alors que la femme venait tout juste d'être bousculée par James, Melody décocha un carreau qui vint se ficher directement dans son crâne. Je n'avais pas pris le temps de réfléchir, le cadavre n'avait pas touché le sol que j'avais sauté à genoux en face de James, juste au dessus de la tête du rôdeur. Le philadien tenait la mâchoire du mort grande ouverte à l'aide de la crosse de son fusil. Il ne pouvait pas bouger, mais le rôdeur non plus. Mon couteau déplié dans ma main droite, ma main gauche qui venait se poser sur la joue droite du mort, sentant sa mâchoire légèrement décalée.

C'était à cet instant que je me rendais compte de ce qui se passait. J'avais le pouvoir sur cette créature, c'est moi qui avait provoqué la mort de la femme en m'avançant pour aller combattre l'homme. Et j'avais la vie, ou ce qu'il restait de la vie de ce dernier dans ma main. Une simple lame. J'avais le choix de les tuer ou de les laisser en vie. Même si cette pensée m'avait traversée l'esprit, je n'avais pas pris plus d'une seconde pour planter mon couteau tout en maintenant sa tête avec l'aide de ma main gauche. Ma lame arriva au niveau de son œil gauche et se planta jusqu'à la moitié de la lame. Il bougeait encore. Mon bras tremblait, à cause de l'adrénaline d'une part, et d'autre part à cause du fait que je forçais pour enfoncer ma lame le plus loin possible dans l'espoir que cette saloperie arrête de bouger. J'appuyais avec la paume de ma main droite sur la garde de mon couteau, et la lame, rentra dans son œil, en s'enfonçant sur toute sa longueur, même une partie de la garde rentra d'un seul coup, et un bruit des plus répugnant en sorti. On aurait dit un œuf. Jeté contre un mur.

Dès qu'il arrêta de bouger, mes bras arrêtèrent de trembler, plus besoin de forcer, plus de pression à avoir. Etrangement, je ne me sentais pas aussi bien que lorsqu'il était en vie, lorsque j'avais encore le choix de vie ou de mort sur ce qu'il restait de cet homme. Lorsque j'avais ce sentiment de pleine puissance, le choix de vie ou de mort entre mes doigts. C'était assez étrange, et je trouvais ça assez malsain sur le coup. Je sortais ma lame d'un seul coup sec, alors que quelques gouttes de sang giclèrent à la sortie de ma lame. J'expirais en même temps, puis je prenais ma respiration alors que je me redressais d'un coup sec, tout en mettant mon couteau dans ma main gauche et en tendant ma main droite à James avec un grand sourire tout en lui lançant un :

" Merci du coup de main ! "


Mais Melody avait déjà ramassé son carreau dans la tête de la morte et était partie d'un pas prudent dans la clairière que nous avions aperçu quelques instants plus tôt. J'attendais que James se relève pour emboîter le pas à Melody, tout en lui laissant quelques mètres d'avance sur moi. Je n'avais aucune envie de reproduire la même erreur. Alors qu'elle s'avançait dans la clairière, je la voyais s'arrêter. J'avançais encore plus lentement qu'avant pour voir ce qui l'avait stoppée, mais je l'entendis avant de le voir. Un bruit, un bruit de morts encore provenait de la clairière,  je me décalais légèrement pour pouvoir observer le même spectacle que Melody, qui était, macabre. Deux morts dévorant un cadavre étendu dans l'herbe juste en face de ce qui avait dû être sa tente auparavant, et qui n'était, actuellement, qu'en lambeaux. Le spectacle était certes macabre, mais agréable au regard. La prairie si verte se teintait d'un rouge pur alors que le vent frais d'hiver soufflait légèrement. Je pris une grande inspiration alors que Melody avait décoché un carreau en direction des morts. Loupé.

Je n'allais pas me précipiter, je me souvenais de ce qu'il s'était passé le jour de ma mort, c'était la même chose, j'étais mort en attaquant à la gorge un mort, et il m'avait surpris en me tombant dessus avant de me mordre. C'était la même chose tout à l'heure, je n'avais pas été capable de m'occuper d'un mort seul. James avait été obligé de venir me secourir, et s'il ne l'avait pas fait, je me serai fait mordre, sans aucun doute. La mort avait pris une réelle importance dans nos vies, qu'elle était devenue presque naturelle.

James F. Everett

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Mer 9 Déc - 1:57
Cette prise de bec mortelle, au littérale, n'avait grâce au ciel pas traîné, c'est la pensée qui vint à l'esprit de James alors qu'à peine eut-il le temps de terminer, que Jordan arrivait à toute vitesse pour se mettre à genoux face à lui, préparant son couteau pour y mettre fin d'un coup assez répugnant. Lâchant une grimace de dégoût, le médecin tourna la tête momentanément, car s'il y avait bien quelque chose qui dégoûtait presque le chirurgien, c'était les yeux. Même en tant que chirurgien, la consistance et la symbolique des yeux l'avaient toujours perturbé et il s'était par le passé arrangé pour éviter un maximum les patients touchés aux yeux, pour une raison que seul son subconscient pouvait vraiment expliquer. Bien sûr il restait, ou tout du moins il était resté un professionnel qui avait fait son travail avec attention même dans les rares cas où il avait du opérer des yeux. Une presque phobie dont il avait finit par s’accommoder en se faisant violence.

Une fois que le jeune homme eu terminé, il se redressa en tendant la main à James, qui entre-temps était revenu au cadavre bien achevé du rôdeur à l'oeil crevé - et davantage. Il pouvait constater que des giclées sanglantes avaient éclaboussé le fusil ainsi que ses mains. « Saloperie ! » beugla son esprit tandis qu'il retirait son arme imposante d'entre les dents de la créature. Son soucis immédiat aura été de s'empresser à essuyer son fusil sur les vêtements sales du rôdeur, faisant de même ensuite avec le dos d'une main, passant l'arme après quoi pour essuyer l'autre. Ce n'est qu'à ce moment, une fois la tâche terminée, qu'il se rendit compte que son camarade lui tendait la main depuis une accumulation d'instants en patientant qu'il se relève. A cela, le chirurgien répondit en tendant sa propre main, enfin, pour que Jordan puisse l'aider à se redresser, dégageant son poids d'au-dessus du monstre.

« On était pas trop de deux pour cette saleté. » Rétorquait-il en retard en lâchant la main du jeune homme, prit par ses réflexions, se saisissant de la bandoulière extensible grâce à un anneau d'ajustement simplifié qu'il avait attaché à son arme pour la passer par son épaule et installer le fusil à pompe dans son dos, le resserrant par dessus le sac à dos peu encombré.

« Nous devrions... » Commença t-il en tournant la tête tout en tenant le pan de sa veste de la main gauche et plongeant la droite dans la poche intérieure, se rendant seulement compte que Melody avait prit de l'avance et se dirigeait vers la clairière à pas de loup, son arbalète armée en protection.

Il sortit de sa veste une paire de gants sans doigts en cuir noir qu'il avait trouvé parmi les sacs de vêtements de la Cadillac, inspirant d'une nouvelle pensée bien plus introspective en haussant à peine les épaules vers Jordan, signe qu'il n'y avait pas d'autre choix que de la suivre de toute façon. Prenant le pas derrière la chasseresse qui arrivait déjà à la clairière, il se pressait d'enfiler ses gants l'un après l'autre en se donnant le bon conseil qu'à l'avenir, il les garderaient fixés sur ses mains, une bonne façon d'éviter de se faire éclabousser de matière à monstre certainement dangereuse.
Ainsi ses mains libérées, parce qu'après tout il saurait mieux parer à des situations soudaines avec ses poings qu'avec un long fusil dont il ne pouvait de toute façon pas se servir sauf extrême urgence, il ne tarda pas à sortir de l'ombre des arbres pour entamer l'herbage de la fameuse clairière, se retrouvant une fois de plus à coté de Melody. Et le spectacle ne manquait pas de morbidité : deux autres monstres qui dévoraient un pauvre type - ou une pauvre femme - frappé de malchance et déchiqueté au sol. Il ne réagit pas tout de suite et ne s'avança pas davantage. Il resta là, désabusé, attristé, bousculé par cette scène qui ne lui était pas inconnue mais qui, comme à chaque fois, résumait ce monde cruel et mauvais qui était le leur aujourd'hui. Juste le leur. Combien d'autres scènes comme celle-ci serait-il obligé de contempler ? Combien d'autres inconnus se retrouveraient mis en pièces sous son regard qui ne s'y habituait pas ? Lesquels de son groupe finiront de cette façon avant que toute cette folie ne prenne fin ? Si tant est qu'elle puisse connaître une fin un jour. Si tant est que ce ne soit pas lui qui y passe le premier.

La colère, la haine, la rage, la rancoeur remontaient en lui comme si souvent ces derniers temps. Tous ces sentiments, une façon de haïr le monde et de le refuser, d'être indigné que de telles horreurs puissent exister. Lui qui avait placé sa foi en dieu si longtemps, s'était rendu compte par lassitude que toutes ces croyances n'avaient ni queue ni tête. Quel dieu pouvait accepter une telle cruauté ? En vertu de quelle autorité ? Pour quelle justification ?

Melody tira son trait et le barbu s'attendait à voir le crâne d'un de ces monstres pourfendu pour défaire une miette du mal qui rongeait leur existence, mais l'attente fut surprise par le trait qui passait à coté de sa cible. A défaut d'en avoir terrassé un, le sifflement du trait avait attiré l'attention presque vaguement d'un rôdeur femelle mâchant un morceau de chair si déchiré et ensanglanté que sa provenance serait à jamais méconnaissable, puis l'autre également femelle qui tenait le tube digestif par un bout qu'elle arrachait d'une mâchoire pressée aidée par un mouvement de tête sec. Les deux choses sans vie tournèrent le regard sans rien voir au début, avant qu'un soupçon d'instinct, à moins que cela n'était qu'un chuchotement du diable, ne les poussent à regarder derrière eux pour découvrir le trio.
Serrant les poings, James déplaça sa jambe droite vers l'arrière pour adopter instinctivement une posture de défense, alors que les deux monstres lâchaient leurs râles, leurs appels à l'affrontement en se redressant avec un intérêt tout trouvé pour ces nouvelles proies. Comme si leur repas entamé au sol n'avait plus la moindre importance, que tuer à nouveau les motivaient davantage que de manger. Elles entamèrent leur avancée, le barbu maintenant d'abord sa position, les observa avec appréhension avant de regarder Melody. Celle-ci rechargeait son arme. Il revint aux créatures, elles avançaient, rapidement en enchaînant les pas, donnant l'impression que leur repas leur avait conféré un regain d'énergie, à moins que certains rôdeurs étaient tout simplement plus vifs que d'autres.  

Il n'avait plus le choix : même si Melody terminait de recharger à temps pour tirer, elle ne pourrait en avoir qu'une seule des deux et Jordan n'avait pas encore retrouvé - ou acquis - assez de forces pour prendre ces risques, puisqu'il n'était revenu que récemment au sein de la ferme. C'était donc à lui de se porter volontaire pour lancer le premier assaut qui devait permettre à la deuxième ligne de vaincre l'ennemi. L'ex-militaire, ou en l'occurrence ancien boxeur vedette de son unité, coinça sa mâchoire en serrant ses rangées de dents l'une contre l'autre et avança devant Melody d'un pas décidé. Il entama d'abord une marche ferme sur quelques pas, observant, analysant, anticipant la rapidité, les capacités et le danger des deux monstres. Il devait être sûr de lui, ne rien laisser au hasard, frapper vite et fort, avec intelligence. L'occasion de montrer qu'il était capable pour le groupe, à la différence de ce qu'il avait montré auparavant. Ses premiers pas accomplis, il se pencha vers l'avant et se propulsa d'un coup de talon, fonçant droit vers la menace comme un bélier lancé dans une charge qu'il savait, serait quitte ou double. Il comptait bien à ce que ce soit double, et puis bon, contre des femmes même mortes et toxiques, il devait maintenant pouvoir s'en sortir sans claquer.

Il arriva en trombe sur les créatures qui l'une avant et devant l'autre, levèrent leurs mains griffues en pensant peut-être réceptionner une proie suicidaire, mais il n'en serait rien. James se déporta brutalement sur la droite d'un furtif et aisé pas chassé à la fin de sa course, pour mieux aligner les deux saloperies qu'il avait dans le viseur et au dernier moment, bondit vers l'avant, de front, en lançant ses jambes les premières. Si sa première botte aurait pu frapper de vitesse, elle n'était qu'un leurre et d'un mouvement de bicyclette dans le vide, la rabattit pour donner plus de puissance encore à la seconde qui percuta de plein fouet la poitrine de sa première cible, emportant les quatre vingt cinq kilos du bonhomme avec elle, ce dernier lâchant un grondement digne d'un ours en déversant toute la colère et la hargne qui étaient montées en lui. Le coup fut si violent qu'il projeta proprement la chose morte en arrière, percutant à son tour sa camarade pour mieux s'effondrer l'une sur l'autre deux mètres plus loin à même l'herbe fraîche qui serait maintenant souillée. Le barbu avait pu entendre la cage thoracique craquer au coup porté avant qu'elle ne s'étale misérablement.
Lui de son coté avait retrouvé sa droiture pieds bien ancrés sur le sol et bomba le torse non par fierté, car il n'en tirait aucune, mais pour se gonfler d'air et expirer un souffle rude. Cela n'avait duré que de courtes secondes et ne se laissant pas reposer sur ses lauriers, car ce n'était pas encore terminé, il poursuivit sa manoeuvre en s'avançant d'un pas hâtif vers les deux femmes mortes qui étaient restées au sol après y avoir été projetées par une véritable enclume en comparaison de leurs corps décharnés. Pendant qu'elles grognaient en canon et cherchaient un moyen de retrouver leur liberté de mouvement, le barbu saisit les jambes de la première par les chevilles pour la tirer sans aucune considération ou ménagement en arrière, reculant lui-même à pas prompts pour l'éloigner de sa camarade de tuerie et minimiser le danger qu'elles représentaient, tout en s'assurant que l'une suivrait l'autre en ayant clairement capté leurs concentrations. James reculait oui, vers ses propres camarades et attendit que l'autre rôdeur se soit finalement relevé tant bien que mal en parallèle d'être à présent assez proche des deux vivants pour s'arrêter.

Tout du long, sa victime n'avait eu aucun moyen de se redresser et se contentait de grogner en tentant bêtement de l'attraper, sans que le chirurgien ne soit inquiété à aucun moment. Une fois à l'arrêt et pour s'assurer que la chose morte reste au sol, il leva les jambes de celle-ci en pivotant ses poignets pour changer la prise de ses mains et une fois les pieds nus de la créature vers le ciel, vint écraser sa botte contre son thorax brisé pour qu'elle ne puisse plus se défendre. Certes, elle tendait les mains vers lui et grattait son jean et sa botte en claquant des dents mais ne parvenait à rien encore, tout du moins tant que les choses ne traînaient pas et cette fois, nul besoin de demander : une cible dégagée pour l'une, une cible maîtrisée à terre pour l'autre bonne à achever. On ne changeait pas une méthode gagnante, même si James avait pour le coup le rôle de fantassin en première ligne dans leurs assauts dont le but était la charge risquée, pour le bien de l'arbalétrière et du lancier en mesurent de mettre fin à la bataille. Un lancier munit d'une petite lance dirons-nous.

Melody Campbell

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Mer 9 Déc - 12:53
Son tir vient d'échouer, un claquement de langue d'agacement se fait entendre avant que Melody ne regarde pendant quelques secondes le carreau partit se ficher dans l'herbe, juste assez pour voir que les deux rôdeurs ont en entendu le sifflement et qu'ils tournent vaguement la tête vers lui. Finissant par baisser les yeux, la brune entreprend de recharger son arbalète et si dans l'absolu la chose est facilitée par le système à manivelle de l'arme, cela va lui prendre malgré tout une bonne grosse poignée de secondes. Lui laissant amplement le temps de sentir et d'entendre l'arrivée des deux hommes près d'elle, c'est sans relever les yeux vers eux qu'elle leur lance à voix basse :

- Ça va vous deux ?

Après tout, c'est eux qui sont allé au contact avec le zombie d'un peu trop près même à son goût mais avaient-ils vraiment le choix ? Jordan n'a qu'un tout petit couteau ne lui permettant pas de garder une distance raisonnable avec ces choses. Quant à James, lui peut rester à distance mais son fusil peut à coup sûr rameuter d'autres morts vivants, ne lui laissant pas d'autre choix que d'aller au contact, s'il veut rester silencieux.

Les grognements des deux zombies se font entendre plus forts, la chasseuse redresse brièvement la tête pour les voir quitter leur repas et entamer leur avancée vers le trio. Elle rebaisse la tête pour enfin finir de recharger son arbalète, la redressant prestement pour la prendre correctement en mains, pile à l'instant où James s'avance, lui bouchant suffisamment la vue pour qu'elle perde tout angle de tir correct. Au passage elle n'aura donc pas de réponse à sa question de la part du médecin mais à le voir agir, elle ne peut que supposer qu'il va bien, du moins physiquement. Non parce qu'il faut quand même que l'homme soit un petit peu dérangé mentalement pour foncer dans le tas comme il le fait là. Elle entrouvre la bouche pour essayer de lui parler, de lui demander de revenir mais aucun son ne franchit ses lèvres alors qu'elle le voit jouer au taureau coincé dans une arène qui fonce vers la matador et son drapeau rouge. Un taureau furieux et bien remonté.

Laissant James à sa charge, elle prend un instant pour vérifier le périmètre en faisant un tour sur elle même pour s'assurer que rien d'autre ne vienne leur tomber dessus. En faisant abstraction des râles des deux rôdeurs et en dehors des bruits habituels et normaux de la forêt rien ne vient l'alerter et ils n'auront aucune mauvaise surprise en provenance de la forêt. Rassurée par cela, elle reporte sa pleine attention sur le médecin et ce qu'il entreprend de faire, ne voyant du coup que le résultat de sa charge, les deux zombies, qui s'avèrent être des femelles, sont maintenant au sol et l'une d'elle s'est fait chopper par les chevilles par un James qui commence à la traîner sur le sol...pour la ramener vers Jordan et elle même. Elle fronce les sourcils en se demandant pourquoi il fait cela, en dehors de la logique d'écarter les deux zombies l'un de l'autre pour...qu'ils soient plus facile à tuer. La chasseuse percute de la situation de manière plus instinctive que réfléchie, une au sol avec James la tenant et l'autre qui se redresse un peu plus loin, l'écart ne faisant qu'augmenter cela lui offre un bon angle de tir. Elle saisit que le médecin compte renouveler le même processus que quelques minutes auparavant.

Melody pourrait fort bien se décaler de quelques pas, pour être sûre de ne pas aller à l'accident si Jordan bouge au mauvais moment mais elle préfère s'avancer et elle approche du deuxième zombie à pas lents, l'arbalète levée en alignant son regard, l'arme et la tête de la mangeuse de chairs. Ce n'est que lorsqu'elle est à cinq ou six mètres du rôdeur qu'elle se décide à libérer le trait mortel, elle se stoppe, les pieds légèrement écartés pour plus de stabilité, elle prend une profonde inspiration en venant poser son doigt sur la détente. Le déclenchement du tir produit de nouveau un léger son tandis que le carreau fuse en direction de sa cible pour venir cette fois-ci et comme lors de son premier tir se planter dans l'os crânien de la femelle zombie, l'emportant bien plus violemment en arrière pour la voir s'effondrer morte sur le sol.

La brune reste à la regarder, se pinçant les lèvres alors qu'elle réalise d'un coup pourquoi elle s'en est autant approché alors qu'elle pouvait l'abattre de loin : la crainte d'un nouvel échec. Oui comment ne pas y penser alors qu'elle a lamentablement foiré son coup le tir d'avant, elle a laissé ses sentiments, aussi douloureux soient-ils, la déstabiliser au point qu'elle a manqué de très peu de se retrouver paralysée par eux. Elle voulait vraiment s'assurer que cela ne se reproduise pas, elle en a pas le droit alors que trois vies dont la sienne étaient en jeu là, sont toujours en jeu d'ailleurs. Délaissant le cadavre du rôdeur, elle se retourne pour s'assurer du résultat de l'opération sur le deuxième et voir si son instinct ne l'a pas lui aussi trahie en lui faisant penser à tord qu'elle a compris la situation et également voir si elle peut vraiment se fier encore à lui alors qu'il lui indique que le gros danger senti n'est à présent plus qu'un mauvais souvenir. Elle a besoin de se rassurer pleinement avant d'envisager la suite des événements, un moment de flottement comme elle les déteste.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mer 9 Déc - 21:46
Nous étions arrivés aux côtés de Melody, qui était en train de recharger son arbalète. D'une étrange façon de recharger son arbalète d'ailleurs, moi qui pensait que les arbalètes se rechargeaient en tirant vers l'arrière pour ensuite mettre le carreau... Qu'importe, ce n'était pas le moment de réfléchir à tout ça. Alors que Melody nous posait une question, James décida de charger, car oui, il ne leur fonça pas dessus, il les chargea. Rentrant de plein fouet dans la première morte qui vint s'écraser sur sa camarade juste après que nous ayons entendus un immonde craquement qui devait, sans doute, provenir du violent coup que James avait asséné à cette femme. Les deux femmes, à terre, l'une sur l'autre, tentaient de se relever. Enfin, c'était juste avant que James vienne attraper les chevilles de la première pour la tirer vers Melody et moi. Après un ou deux mètres à tirer la morte, j'avais couru vers lui juste après avoir lancé un sourire à la brune pour lui indiquer que oui, tout allait bien, ne prêtant pas attention à l'autre morte qui venait de se lever alors que je m'approchais de James. Le barbu avait levé la morte, qui ne touchait à présent plus à terre, et qui essayait de mordre ou de griffer le médecin du groupe, sans succès. J'adorais James à cet instant précis. Aussi bourrin était-il, il n'avait pas peur d'aller au devant du danger, et il savait se démerder. Il m'avait sauvé la vie juste avant, et il apportait la preuve, encore une, qu'il était fort. J'appréciais ça, réellement. Et puis, ce n'était pas tout, ça avait l'air d'un bon gars, sans parler du fait qu'il était le médecin du groupe et que c'était son rôle. Je m'étais mis face à James. J'avais posé le plat de mon pied gauche sur le haut du crâne de la morte, qui était tourné vers le sol pour éviter qu'elle ne tourne la tête pour me mordre au moment où j'enfoncerai ma lame dans son crâne.

Je me penchais vers l'avant, tout en expirant lentement, sans m'arrêter. J'avais la chair de poule. Je sentais l'adrénaline dans mes veines. Une sensation de bien être m'envahit alors que j'attrapais de ma main gauche les cheveux qui se situaient juste au dessus de ma chaussure pesant sur sa tête. Je sentais bien qu'elle essayait de lever sa tête au contact de ma main sur sa chevelure, mais elle était maîtrisée par James pour son corps, et par mon pied pour sa tête. Alors que ma tête se trouvait vers le milieu de son dos, j'abaissais violemment ma main droite, qui tenait mon couteau encore souillé du sang du mort précédent. La pointe de lame toucha un point au dessus de ma main gauche, pour ne pas me blesser. Ma lame était rentrée de quelques centimètres dans le bas de son crâne, juste au dessus de la nuque. A cet instant, j'inspirais profondément par le nez. Je ne savais pas si j'avais réussi à tuer ce monstre alors je frappais encore avec ma lame, bien plus violemment que la fois précédente. A mon second coup de couteau, la lame s'enfonça jusqu'à la garde, mais j'avais frappé plus haut, trop haut, au niveau de la nuque. Je frappais encore une troisième fois, juste au dessus de mes doigts qui agrippaient ses cheveux gras et sales, à moins d'un centimètre de ma main, la lame s'enfonça en plein dans le crâne du cadavre qui ne déambulerait plus. Du sang avait giclé sur ma main, sur mes manches et sur ma chemise. De l'adrénaline et de l'hémoglobine. J'avais encore une fois mis fin à la "vie" d'une de ces créatures. Sauf que cette fois, je n'avais pas hésité avant de l'achever. Ces monstres n'avaient pas d'émotions, il ne ressentaient rien, pas de peur, rien. Je n'avais rien d'autre à ressentir que de la haine pour ces saloperies qui avaient pris ma vie.

Je ne rentrais pas ma lame, je ne l'essuyais pas. Je me relevais et je regardais James dans les yeux en lui lançant un léger sourire, juste avant de regarder aux alentours pour voir que Melody s'était occupée de l'autre décédée, d'un carreau dans le crâne. Les mortes étaient retournées dormir, mais quelque chose avait attiré mon attention juste avant. Leur repas. Je m'avançais vers ce qui avait dû être un jour humain. Du sang, des entrailles, des organes. Un charnier au grand air. L'herbe était rouge, un rouge pur, un rouge naturel, un rouge en accord avec le décor. Un rouge de sang. En m'approchant de plus en plus vers cette boucherie, je me rendais compte que les morts avaient attaqués en grande partie le ventre de... l'homme ? Ou plutôt, de ce qu'il en restait. Ses jambes avaient l'air intactes à première vue, contrairement à son bras gauche, qui n'était plus que des os à l'air libre.  J'étais fasciné par cette oeuvre d'art. J'en avais la chair de poule, mon regard s'était porté sur la tête ensanglantée de ce qu'il restait de l'homme. Il lui manquait son oreille droite et une partie de sa joue du même côté. J'éprouvais toujours autant de fascination pour ce qui devait être, une horreur, une abomination. Je m'avançais toujours, j'étais arrivé au niveau de sa tête. Je m'accroupis du côté droit du cadavre éventré. J'observais ses yeux, qui étaient fermés. Il était là, devant moi. Mort. Il allait certainement se relever. Je devais mettre fin à ses jours avant qu'ils ne recommencent. J'allais le tuer dans l’œuf. Un avortement, un meurtre sans naissance. J'avais encore une fois le pouvoir de vie et de mort sur cette chose, qui se réveillerait sans doute un jour. J’inspirais profondément avec mon nez, inclinant légèrement ma tête sur le côté gauche. Les morts n'avaient aucune peur, aucune crainte. Je n'avais rien d'autre à avoir que de la haine et de la rage envers eux. C'était sur ces pensées que j’abattis mon couteau en plein milieu de son front. Peut être qu'il ne serait jamais levé, peut être. Je m'en moquais. Pas de risques à prendre.
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