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[CFJ, D, EXP] Exploration du secteur D - 10/02/2035
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Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 29 Nov - 20:20
Interprété par Mark Logan, Elizabeth Evans, Johann Libert & Jena Higgins.

J’émergeais de mon sommeil en ce Samedi matin peu après l’aurore, arrachée aux bras de Morphée par le perpétuel cauchemar de la vie que j’avais ôtée trois jours plus tôt. Encore pelotonnée dans mon sac de couchage, je ne pus cependant pas réprimer un frisson glacial me parcourant la colonne vertébrale et faisant se dresser la chair de poule sur ma peau. J’avais fini par sortir de la tente après quelques minutes à reprendre mes esprits et replonger de pleins pieds dans cette étrange réalité, ma main droite étant venue à nouveau effleurer mon épaule gauche du bout des doigts, au-dessus de ma clavicule, frôlant la mince cicatrice légèrement boursouflée de ce qu’il restait de ma blessure. Une blessure pourtant très récente, que James avait miraculeusement guéri d’un simple geste de la main. Un geste qui avait totalement changé ma vision des choses sur la nature de ce groupe et de ses survivants de l’extrême… Ces revenants de l’extrême. Encore aujourd’hui, j’avais un mal fou à admettre que les histoires de Samuel étaient issues de la plus stricte et pure vérité. Autant dire que je ne me sentais personne à côté d’eux, que j’avais appris à relativiser mon propre calvaire, moi qui avait eu la chance de ne jamais mourir. D’un autre côté, cela n’avait fait que renforcer ma certitude de retrouver les miens vivants, quelque part, et peut être même ici, sur Snyder, puisque tous semblaient avoir traversé des centaines de miles dans leur trépas. Plus rien n’était définitivement comme avant. Même la Mort avait changé de nature. C’était complètement dingue.

Je m’étais par la suite dirigée vers la caravane d’un pas lent, encore mal éveillée, et j’avais pu voir Melody partir vers la forêt, en compagnie de James et de Jordan. En observant leurs silhouettes disparaître à l’entrée du campement, je ne pus m’empêcher de froncer légèrement les sourcils en commençant à cogiter à mes occupations quotidiennes. Voir la chasseuse reprendre ses activités me mit un peu de baume au coeur après l’épreuve qu’elle avait traversée cette semaine, n’ayant toujours pas réussi à retrouver son compagnon disparu, dont l’espoir de le retrouver vivant s’était réduit à néant au fur et à mesure des jours passés. La seule conclusion que j’avais pu en tirer était que le pire s’était produit, tout simplement. Savoir la chasseuse occupée pour une bonne partie de la journée me donnerait enfin l’occasion d’aller chasser le Seth et ramener des certitudes - fussent-elles douloureuses et macabres - à la jeune femme, qui méritait plus que quiconque de connaître la vérité. Voir James et Jordan en sa compagnie me rassurant d’autant plus sur le fait qu’elle n’était pas seule et qu’au moins l’un des deux parviendrait à la raisonner si la situation devait dégénérer.

Et puisque je parlais de James et de deuil, je m’arrêtais dans mon avancée vers la caravane pour contempler la tente du médecin, sachant qu’il la partageait avec une autre personne. Elizabeth… Mon regard azuré passe de la tente du médecin vers la tente tombale de cette Ivy que je ne connaissais absolument pas, la vision du dôme de tissu m’arrachant un léger soupir agacé, comme à chaque fois que je posais le regard dessus. Il fallait que ça s’arrête ces conneries.

Reprenant ma marche, j’avais fini par grimper à bord de la caravane et récupérer de quoi m’enfiler un frugal petit-déjeuner fait de gâteaux secs en examinant les cartes du secteur ; puis du matériel pour préparer l’expédition que j’avais en tête. En premier lieu, je fouillais dans les quelques vêtements que possédait le camp pour me dégotter un pull polaire, bleu pastel, trop ample pour moi mais qui ferait bien l’affaire. Après quoi, j’emportais la paire de jumelles - Samuel ayant su m’en démontrer tout l’utilité - ainsi qu’un talkie-walkie ; et mettais la main sur le fusil à pompe reposant dans un coin qui semblait même prendre la poussière.

Lorsqu’enfin je ressortis de la caravane, les quelques snacks pour petit-dèj’ dans les poches, le talkie clippé à la ceinture du coté de ma hanche droite, mon pistolet entre mes reins et le fusil dans mon dos, sa sangle passée à mon épaule droite, retenue par ma main droite repliée dessus, je retournai dans ma tente et récupérai mon sac à dos avant de le passer sur mes épaules et partir en quête de compagnons de sortie, même si je savais exactement avec qui je voulais et devais partir.

Dans un premier temps, je partirais à la recherche de Mark, le dernier avec Frida à avoir vu Seth vivant sur la route du secteur D. Lui saurait par où commencer les recherches du porté disparu. Une fois localisé, je l’inviterais - non sans insistance s’il le fallait - à aller s’équiper et venir avec moi.

Après quoi, je partirais demander à d’autres survivants s’ils souhaitaient se joindre à Mark et moi, puis en dernier lieu, j’irais trouver Elizabeth pour la convaincre de venir. D’une part pour lui changer les idées et l’obliger de cesser de se lamenter et chialer la perte de son amie - quitte à être très dure dans mes propos comme j’avais pu l’être avec Melody au début de la semaine - ; et d’autre part car je ne comptais pas traverser la moitié de la ville à pieds pour atteindre le secteur D. Nous aurions besoin de son véhicule pour écourter au maximum l’excursion et minimiser les risques. Sinon, la Chevy ferait l'affaire...

Après quoi, j’aurais fini par rejoindre l’entrée Ouest du campement, près du panneau du motel, à attendre patiemment la venue de mes compagnons de sortie.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov - 10:29
Comme chaque matin, les ronflements de ses voisins de tentes, le jour qui se lève, les mouvements des uns et des autres, le réveillent de bonne heure. Il ne compte plus les jours depuis bien longtemps, ni les heures d'ailleurs mais ne dormant jamais vraiment sur ses deux oreilles depuis de longs mois, chaque petit changement est comme un signal que son esprit reçoit et convertit lentement en une phase de réveil. Sous la toile de sa tente, il reste à écouter les bruits qui lui parviennent déformés via le dôme de tissu, son regard ne lui servant à rien à part à constater que la luminosité change à l'extérieur, il les referme. Oh non il ne se rendormira pas, il est sans doute un des seuls à ne pas voir ses nuits être ponctuées de cauchemars en tout genre, il ne ressent pas la même fatigue que les autres. La sienne est surtout mentale et ses cauchemars viennent quand il est éveillé et quand il voit les filles du campement, quand il doit mettre tout en oeuvre pour ne pas broncher.

En parlant de cauchemar...Il perçoit les bruits et mouvements montants de la tente à côté de la sienne, celle que la damoiselle blonde, Jena, a prise en arrivant au campement peu après lui. Un grognement roule dans sa gorge tandis qu'un frisson lui parcoure le corps, elle est bien la petite, trop même, une sucrerie qui lui est interdite, du moins pour le moment. D'ailleurs, toutes les filles du campement sont des douceurs exquises dont il ne peut savourer les parfums mais qu'il n'imagine que trop bien. Du citron pour Jena, sucrée et acidulée en même temps, la douceur qui donne un coup de fouet. De la fraise pour Elizabeth, aux formes rondes et pleines, bien sucrée et juteuse avec une arrière pointe de punch. De la cannelle pour Melody, une épice douce quand elle est dosée avec légèreté mais qui doit surtout être bien piquante. Du chocolat noir et pur pour Frida, la douceur la moins sucrée, celle qui a du punch, qui est forte, ou on le sait mais que l'on veut quand même. Et Ivy aurait été de la banane, oui c'est cela, excellente et équilibrée, le parfum passe-partout. Cela l'amuse de comparer les filles du campement avec des parfums, se basant sur ce qu'il a vu de leurs caractères pour les déterminer. Mais cela lui permet surtout de faire passer le plus gros de ce trouble matinal, celui qui aurait pu le pousser à ouvrir sa tente, à chopper Jena au vol pour l'entraîner à l'intérieur.

Il l'a entendu s'éloigner de la tente qu'elle occupe, s'arrêter en route puis partir plus loin, perdant vite le cheminement de la damoiselle à travers le campement. L'homme prend une profonde inspiration avant d'expulser l'air de ses poumons pour terminer par étirer sa grande carcasse. Sans se presser, il se redresse, ouvrant enfin les yeux, il récupère ses lunettes de soudeur posées non loin de lui et les glisse sur lui, les laissant pour le moment relever sur son crane. Un son désapprobateur sort de sa gorge alors qu'il sent sous ses doigts les cheveux qui repoussent, d'ici deux ou trois jours, il devra y remédier. En dernier lieu, il attrape la bouteille d'eau qui repose sur son sac avant d'enfin ouvrir la tente et de se glisser à l'extérieur, une fois qu'il se trouve en position verticale, il étire de nouveau son mètre quatre-vingt dix pendant que son regard balaye le campement. Il dépose la bouteille près de ce qu'il reste d'eau bouillie et refroidie avant de se saisir des récipients vides.

L'homme s'en va tranquillement vers le petit lac, là il peut commencer par vérifier qu'aucun zombie ne se trouve par là, à venir polluer leur eau. Remplissant en premier lieu les récipients d'eau fraîche, froide même comme il peut de nouveau le constater alors que c'est au tour de son visage de se retrouver asperger d'eau. Pas tant pour finir de se réveiller que pour évacuer le restant de trouble en lui, à défaut d'une vraie douche froide, cela fera l'affaire pour le moment, il en profite aussi pour vérifier les traces qu'il a au poignet en défaisant la bande de tissu et en inspectant sa peau. Suffisamment refermée pour qu'il puisse, pour une fois, rester le poignet à l'air libre sans que cela ne soit visible, il roule la bande de tissu pour en faire une boule qu'il glisse dans une des poches de son pantalon avant de se laver les avant-bras. Là encore le froid de l'eau lui fait beaucoup de bien, surtout au niveau du creux des poignets marquant la séparation entre ses mains et ses poignets. Cette tache accomplie, il reprend le chemin du campement en portant les récipients pleins, quelqu'un n'aura plus qu'à se charger du processus de "purification" de l'eau à boire.

Il a, à peine franchit la démarcation, entre le campement et le bout de plaine menant au petit lac, que Jena l'accoste. Sérieusement ? Elle a personne d'autre à aller voir que lui en cette heure matinale et après ce qu'il a eu en lui.

"Cherche pas, elle aussi tu dois lui plaire mais elle ne sait pas comment s'y prendre avec toi ! Oui ça doit être ça."

De son air et de son regard toujours aussi neutre, il la laisse lui expliquer ce qu'elle compte faire ce jour là et donc là où elle compte aller. Cherche le cadavre de Seth, elle sait qu'elle va à la rigueur ne trouver qu'un charognard ? Visiblement oui ou peut-être pas. Toujours est-il, qu'elle veut qu'il vienne avec elle et si il hésite un court instant, la voir insister autant, pour qu'il aille avec elle, l'amuse grandement. Presque au point de la laisser en terminer avec les arguments qu'elle lui sort mais non il la coupe pour accepter cette sortie, après tout s'il se fiche de la recherche de l'homme, se dégourdir les jambes loin du campement ne peut qu'être bénéfique et puis il a toujours sa propre recherche à mener. Il a toujours une miséricorde à octroyer au zombie d'Ivy donc pourquoi ne pas lier les deux.

Laissant Jena partir en quête d'autres personnes à embarquer avec eux, Mark lui se dirige vers le feu pour enfin déposer ses récipients pleins de l'eau du petit lac. Remplissant ensuite sa bouteille d'eau, il n'a que quelques pas à faire après cela pour récupérer son sac à dos dans la tente ainsi que son couteau de combat. Accrochant rapidement le second à sa ceinture pour ensuite mettre la bouteille d'eau dans le premier, le fermer et le mettre sur ses épaules sans oublier de sortir la boule de tissu de sa poche pour l'envoyer dans sa tente. L'ex mineur se retrouve prêt en quelques courtes minutes n'ayant pas reposer les affaires empruntées lors de son dernier départ en excursion. Malgré tout, il se dirige vers la caravane pour y prendre de quoi manger un morceau avant de partir. Rejoignant aussi sec l'entrée du campement et le panneau du motel pour attendre le moment du départ mais surtout voir qui va être assez fou pour aller vérifier s'il y a encore une horde là bas sur place.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Mar 1 Déc - 0:29
5 jours depuis mon départ de la ferme. Mon 5ème réveil sous cette tente, dans ce camp, à ne pas percuter immédiatement au réveil que le monde est tombé dans une foutue merdasse, que je suis avec ce qui reste de l’humanité au fin fond du Texas, qu’il n’y a aucun moyen de retour en arrière, et que je suis mort dans une autre vie. Encore un réveil difficile avec un sale goût d’amertume dans la bouche ; l’envie de le cracher au sol ne manque pas, mais je suis dans une tente ; ça ne se fait pas. Je fixe le plafond de toile en essayant de croire quelques secondes de plus que je suis ailleurs qu’ici. Ca ne fonctionne malheureusement que très modérément. A travers la toile, je perçois l’infime changement de luminosité de la nuit qui annonce l’arrivée imminente de l’aube et du lever du soleil. Lui, au moins, s’en fiche pas mal de l’apocalypse ; fidèle, impassible, il doit bien se marrer à nous voir chaque jour essayer de ne pas crever en y mettant toute notre force.

En vrai, j’ai du mal. La vie en groupe, c’est pas vraiment mon truc et être immobilisé, coincé, dans ce motel en ruine, ça commence à me miner le moral. Ce qui ne m’empêche pas, comme chaque jour depuis bien des années, boulot oblige, d’être réveillé bien avant l’aurore et d’avoir le temps de penser à tout et rien. J’attends que les premières lueurs du jour se décident à se montrer avant de me lever et de sortir pour ne pas perturber mes compagnons. Le froid mordant m’accueille dès que je pose un pied hors de la tente et j’enfile rapidement mon vieux blouson par-dessus la chemise que j’ai choppé dans les affaires communes. On est en hiver, du moins ce qui sert d’hiver dans le coin, il faut ce qu’il faut. A part ça, je ne vois que quelques ombres et le veilleur de guet, pas grand monde encore. Des bruits assourdis proviennent de tentes ci et là. J’attends en faisant les cents pas et dès qu’il fait assez jour pour voir où on met ses pieds, je me dirige vers le lac, histoire d’effacer d’un coup d’eau froide les dernières rumeurs d’une nuit sans rêve. Je ne suis pas assez suicidaire pour y aller en pleine nuit, même si ils garantissent une « presque entière » sécurité du coin. Tu parles. Depuis ici, bien au loin, j'ai déjà vu des silhouettes qui n’ont plus d’humain que la forme.

Il commence lentement à faire jour et mes idées reprennent leur cours normal, tout aussi lentement que la montée en puissance de l’astre. Je reviens vers le camp, croisant Mark au passage ; un vague salut de ma part accompagne la rencontre, c’est tout. Je n’y prends pas spécialement garde, savourant ces derniers instants de pur calme avant la nouvelle journée qui amènera… quoi ? Une journée, encore, à glander près du poste radio, à couper du bois, à explorer les environs immédiats, certainement. Je n’ai pas encore osé m’aventurer près du camion Merco. Peut-être aujourd’hui… Oui, l’idée me plaît. Je dépasse les ruines et débouche sur la place pour tomber presque nez à nez avec Jena. Pour un peu, j’aurais dit qu’elle m’avait entendu arriver et m’attendais. Je préférais croire à une pure coïncidence. Alors que je pensais la dépasser sans plus de cérémonie, elle m’interpelle et sans me laisser le temps d’y réfléchir trop longtemps, parvint je ne sais toujours pas comment à me persuader de l’accompagner pour une sortie dans ce qu’elle nomme le « secteur D », là où, me dit-elle en prime, aurait disparu le fameux copain de Melody. Je comprenais mieux pourquoi elle était sur le pied de guerre. Mais franchement… Comment avait-elle fait pour me convaincre ? Je penchais largement sur le fait que je m’ennuyais, que je tournais en rond, que je m’étais levé d’humeur maussade et que j’avais besoin urgemment de faire quelque chose. N’importe quoi d’autre que de réparer une planche de barricade. Quelque chose d’utile. Quelque chose au dehors de ce camp. Surtout. Dehors.

Néanmoins très loin d’être certain d’être la personne qu’il fallait à Jena pour ses projets du jour, je traversais le camp en direction de la caravane, histoire de voir si je pouvais trouver de quoi m’aider dans ce qui m’attendait. Il n’y avait pas grand monde vers les tentes, à croire que la plupart étaient soit encore en train de dormir, soit déjà partis, ce qui ne changeait au final pas grand-chose. Rapidement, je grimpais dans le véhicule de stockage et me perdis dans la contemplation des objets entassés là. Qu’est-ce qui pouvais bien me servir ? Avant, je n’aurais eu besoin que de ma moto et d’une réserve d’essence. Là, la donne changeait. Je ne m’étais jamais réellement retrouvé à aller en ville depuis l’épidémie, d’une part, et en groupe, d’autre part. Je restais ainsi dans l’expectative de longues minutes, très conscient que je devais retarder le départ du futur groupe, mais je n’arrivais pas à me décider. Je tournais et retournais divers objets entre mes mains mais, vraiment, aucun d’entre eux ne me parlait. Surtout les armes. Je n’avais jamais manié d’armes, réellement. Ce n’était pas mon style. Mon truc, c’était plutôt les bastons à l’ancienne : aux poings, avec les bouteilles qui volent et les insultes qui fusent. Mais devant les décomposés, c’était plutôt moyen comme solution. Autant se tirer une balle de suite, c’était moins douloureux.

Je fini par abandonner purement et simplement toute idée de m’armer autrement que d’un gros tournevis à l’ancienne, à tout hasard, histoire d’avoir un truc entre les mains. Pas que je sois persuadé que ça m’aiderait face aux zombies, bien plutôt comme acte de bonne volonté de ma part face à Jena. Moui. Enfin. On va dire ça comme ça. C’est donc sans une once d’enthousiasme que je le coinçais moitié dans une poche arrière, moitié à la ceinture. Au pire, ca pouvais bloquer une porte en mode fermée ou briser une vitre. Ce genre de point me semblait plus intéressant. Repensant d’ailleurs à la blonde, j’avisais les talkies présents et jugeait bien pensé l’idée de ne pas être coupé du monde. Ca, j’estimais que c’était largement plus utile que le tournevis. J’en embarquais donc un que j’accrochais à ma ceinture, sur la gauche, en contrôlant qu’il ne me dérange pas. Puis, pensant au dernier moment à l’endroit où nous allions, je sortis les cartes et les parcouraient jusqu’à trouver celle qui indiquait le fameux secteur D. J’étudiais consciencieusement les différentes routes et autres indications, me rendant compte par là qu’on semblait bien partir à l’inconnu. Normalement, je fonctionnais au GPS, comme tout un chacun, voir même plus. Ca ne m’empêchait néanmoins pas d’avoir un sens de l’orientation pas trop à la ramasse sans les aides électroniques et j’essayais d’emmagasiner le maximum d’infos au cas où. Enfin, après avoir rangé les cartes, je pensais à faire une petite réserve de trucs secs à grignoter que j’enfournais dans une poche de mon blouson, puisqu’il était dit que je n’allais pas avoir droit à un petit déjeuner œufs bacon ce matin non plus.

Quand je sortis, le soleil avait décidé d’arrêter de faire son timide et il faisait quasiment plein jour. Je cherchais les autres du regard et repérais rapidement Jena vers la sortie du Motel, accompagné du baraqué. Au moins un bon point, avec ces deux-là, je ne devrais pas avoir à craindre grand-chose si il fallait taper dans le tas; je les rejoignis sans me presser et les saluais en arrivant à leur hauteur puis, après quelques instants, allait m’assoir au bord du coffre d’une des voitures de la barricade en attendant le signal de départ. Machinalement, je sentais que je me roulerais bien une cigarette pour faire passer le temps, juste histoire d’avoir quelque à faire de mes mains, mais non. J’essayais d’effacer ça de mes habitudes, après deux semaines sans chez Nelson, mais le geste me manquait, c’était horrible. Je sentais déjà, malgré tout, que je n’allais pas tenir. De toute manière c’est plus ça qui me tuera... Je me demandais qui on attendait encore et combien de personnes Jena avait réussi à rameuter. Je n'en avais aucune idée, à part que nous attendions quelqu'un. Je me demandais bien qui.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 1 Déc - 11:56
C’est le froid qui bouscula la femme. Le froid s’immisçant dans un sommeil bien vide de pensée et d’image. Un sommeil néantique dont elle n’aurait aucun souvenir à son réveil, hormis un vide certain dans sa mémoire, comme un bond prodigieux dans le temps effectué entre l’instant où ses yeux se seraient clos et ceux où sa peau se hérissa de froid.
Seule sous cette tente, elle n’avait pas immédiatement sentit le vide qu’avait creusé l’absence de James à ces côtés, lui laissant le temps de se préparer à son aise, et à préparer son expédition hors du campement.

Les gelées matinales avaient causé quelques condensations à la surface de la toile, sans la traverser, mais assez concentré pour laisser paraitre une impression d’humidité à proximité du visage de la brune. Sans vraiment émerger complètement, une partie de ses sens tout de même en éveil, elle chercha à retrouver le confort du corps et les bras protecteurs que lui offrait chaque nuit son beau médecin.
Entortillée dans son sac de couchage, ne trouvant l’appui qu’elle espérait, elle osa un léger murmure du coin des lèvres à son attention, le nommant d’une voix fine et discrète. Sans réponse, elle finit par émerger complètement de son sommeil sans rêve, se retrouvant à l’image de sa nuit, face au vide.

Ce n’est pas la panique ou l’inquiétude qui la saisit en cet instant. La confiance qu’elle avait en cet homme ne la guidait pas vraiment sur la piste de la vérité, mais sur l’éventualité d’une quelconque insomnie qui l’aurait poussé à quitter leur cocon de toile.
Néanmoins, cela la poussa à préparer mentalement son réveil.

Elle prêta attention à l’activité qui se passait à l’extérieur, aux voix, aux mouvements, mais aussi à la lumière qu’il filtrait à travers le tissu de la tente, ainsi que l’ouverture pour laisser une circulation d’air. Elle percevait même les lueurs des flammes du feu de camp danser, où quelques silhouettes s’agitaient autours. Les cheveux en bataille, elle s’extrada de l’espace clos qui lui servait de dortoir, après avoir pris soin de se rendre le plus présentable possible, ou tout du moins, le plus protégé des basses températures matinales.
Son sempiternel pull rouge sombre, bien trop large pour elle et masquant l’ensemble de ses courbes féminines, qui ne la quittait que pour être nettoyé et séché sous un sous-pull et un tee-shirt pseudo-neuf trouvé à l’arrière de la Cadillac quelques jours auparavant, histoire de multiplier les couches. Un jean sombre un peu sale, dont les traces tenaces peinaient à disparaitre, déchiré au niveau du mollet gauche depuis si longtemps qu’elle ne se souvenait plus vraiment des raisons de cet aspect. Elle avait enfilé deux paires de chaussette l’une sur l’autre pour garder au maximum ses pieds au sec dans sa paire de baskets toute usagée, qu’elle laça d’ailleurs assise juste devant sa tente.

Durant ce laps de temps offert, elle passa son regard aux alentours dans l’espoir de percevoir la silhouette de James. Si ses souvenirs étaient bons, ils étaient le 10 du mois selon le calendrier mis en place par Samuel pour les tours de guet, et ce jour-là, ni elle, ni lui n’était d’astreinte quelconque. Une certaine appréhension grimpa alors que son compagnon pointait absent de son champs de vision. A coup sûr, elle le retrouverait au bord du lac.
Pourtant, avant qu’elle n’ait pu même se mettre en chemin, les quelques personnes dont elle avait deviné les contours près du feu de camp, s’agitèrent à se préparer pour partir en excursion, et l’une d’elle, l’une des nouvelles arrivée il y a peu, se mit en tête de venir l’aborder pour lui proposer de se joindre à eux.

Perturbée par la démarche, elle refusa dans un premier temps, justifiant qu’elle ne pouvait partir sans le médecin du campement. C’est à ce moment-là qu’elle apprit son récent départ en compagnie de Melody et d’un autre dont le nom ne lui disait que peu de chose. Silencieuse après cet aveu, légèrement désemparée, elle n’écouta que d’une oreille distraite les différentes paroles de la jeune femme, ne retenant au final que sa volonté d’avoir un véhicule pour son excursion au Secteur D.

Un cheminement de pensée bouillonna dans son esprit, se demandant dans un premier temps ce qui avait pu pousser James à partir sans la prévenir, récoltant les justifications les plus logiques aux plus farfelues. Peut-être qu’il voulait lui faire passer le message qu’il était temps qu’elle se bouge un peu et prenne son indépendance de lui. Les derniers jours à le coller avaient peut-être été ressentis comme un poids sur ses épaules ?
Et dans la foulée, quelque part perché dans le discours de Jena, dont elle se foutait royalement sans vraiment le faire exprès, quelque chose la raccrocha à Ivy. Droit devant elle, le vestige de la tente vide agrippa son regard. Pour raccorder le secteur D, il fallait passer par le C si ses souvenirs étaient bons, et elle pourrait alors laisser sa tâche inachevée d’aller la chercher.

Si Ivy avait bien été mordu et que la fièvre l’avait emporté, elle errerait sans doute quelque part dans les rues de Snyder.

« J’vous accompagne… » avait-elle lancé aussi distraitement que platoniquement à l’intention de la femme qui lui faisait face, sans même prendre le temps de s’enquérir de sa réaction.

Ses affaires étaient prêtes déjà. Son sac à dos, à l’intérieur de la tente, gardait la boite à munition qu’elle avait empruntée pour une sortie et qu’elle n’avait pas encore rendue. Sur le dessus, l’arme de l’homme coincé dans l’avion qu’elle avait choisi de garder, de meilleure facture que l’ancienne et les clés de la Cadillac. Il manquait pourtant quelques éléments à ses attirails, et machinalement, elle rejoint la caravane afin de parfaire son équipement.
Un couteau de cuisine pour le côté discret, même si la tenue de l’arme lui était bien moins familière, sinon inconnu en dehors d’un poivron à trancher. Et le dernier Talkie, sans même avoir pris soin de s’enquérir du matériel que les autres avaient déjà emprunté. La dernière expérience à ce propos, coincé dans l’avion sans pouvoir appeler, et ayant raté le premier message d’Ivy, elle ne pouvait se résoudre à partir sans, pour elle-même.

Seule dans la caravane, elle consulta les registres, espérant voir le nom de James apparaitre dans ceux-ci qui lui aurait indiqué qu’il s’en était équipé d’un également. Mais rien. Au lieu de cela, le nom de Melody.

Elizabeth prit une inspiration, avant de se brancher sur le canal du campement et d’émettre.

«  Melody, c’est Elizabeth. James est avec toi ? »

Une question simple, dont elle espérait une réponse rapide. Mais rien... juste le silence radio...

Sortie de la caravane, elle rejoindrait immédiatement les trois autres protagonistes de sa sortie, clé de la Cadillac en main. Elle ne leur accorderait qu’un simple regard, les invitant à monter à bord de la voiture d’un simple « Allons-y » alors qu’elle grimperait côté conducteur. Une fois tout le monde à bord, elle démarrerait et partirait le plus simplement du monde, en direction du Nord-Est.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mar 1 Déc - 19:40
Après de longues minutes passées à patienter près du panneau du motel, les bras croisés, sautillant légèrement sur place en tentant de me réchauffer et chasser la fraîcheur matinale qui me mordait les bras, je vis arriver mes co-équipiers du jour les uns après les autres, Elizabeth la dernière, quelques instants après que sa voix ait grésillé dans mon talkie, cherchant à contacter Melody pour s’informer sur la présence de James. Information qu’il me semblait pourtant lui avoir confié quelques minutes auparavant en allant la secouer. Finalement, notre fine équipe se trouvant au complet, j’emboîtais le pas à la brune endeuillée vers le “parking” du campement, où celle-ci nous invita à prendre place à bord de la Cadillac. Après avoir déposé mon fusil et mon sac à dos dans le coffre du véhicule, j’allais prendre place à l’arrière du véhicule, derrière le siège passager, préférant laisser la place avant aux grand gabarit. Puis une fois tout le monde,à bord, Elizabeth au volant, nous nous mîmes en route, le massif SUV commençant à prendre de l’allure sur la langue de bitume menant à Snyder en vue de dévorer les quelques miles qui nous séparaient de notre objectif.

Toujours silencieuse, j’observais le paysage défiler par la vitre de ma portière. Morne et sans véritable attrait, je contemplais la lande déserte qui ceinturait la ville, toujours légèrement stupéfaite de voir à quel point le climat pouvait varier d’un coin à l’autre du Texas. Dire qu’à Austin, tout était fait de verdure et de béton… Je me demandais très sincèrement ce que serait l’été dans cette région-ci de l’état, si nous n’allions tout simplement pas risquer de tomber à court de flotte durant la période estivale. Enfin, nous étions encore loin d’en être rendu à cette saison qui me paraissait si lointaine, alors que je ne savais même pas de quoi seraient faites les heures à venir. La silhouette cadavérique isolée d’un rôdeur esquivée passant devant ma fenêtre m’arracha soudainement à ma contemplation, l’apparition fugace de cette créature décharnée m’ayant arraché un sursaut de surprise. *Putain de saloperie…* jurai-je en silence, me retournant sur mon siège pour voir le cadavre s’éloigner de nous par la lunette arrière, bien qu’il s’était retourné et avait tendu ses bras vers notre véhicule avant de modifier sa trajectoire pour se lancer à notre poursuite.

Au terme de ce petit scare-jump digne d’un mauvais film d’horreur, je reportais mon attention, la tête légèrement penchée sur la gauche, vers ce qui se passait au-devant de nous, observant la route s’étirer à l’horizon sous les roues de l’Escalade, et constatant que notre conductrice traçait sa route au milieu de quelques rôdeurs épars, les évitant de quelques coups de volant. Épars certes, mais de plus en plus nombreux malgré tout à mesure que nous approchions de la ville. Regardant de nouveau le paysage par les fenêtres, je voyais défiler la forêt où Melody m'avait retrouvé en train devenir de plus en plus clairsemée ; puis je finis par prendre la parole au bout de quelques secondes pour m’adresser à la conductrice installée à ma diagonale.

“Elizabeth ? Tu peux ralentir s’il te plaît ?” lui demandai-je tout en baissant ma vitre et m’emparant de la paire de jumelles passée autour de mon cou, portant mon regard vers un détail plutôt lointain, une masse sombre, informe et légèrement mouvante à environ cinq-cents mètres de notre position.

“Ya une horde assez conséquente par là-bas, vers… c’est quoi ça ? L’est ou l’ouest ? Enfin, à droite…” commentai-je d’un ton neutre et pragmatique, presque mécanique, sentant mes cheveux me fouetter le visage sous l’assaut franchement frisquet du vent qui s’engouffrait par la fenêtre ouverte.

“Mark ? C’est vers quel endroit que vous êtes tombés sur la horde avec Seth ?” demandai-je au chauve d’un ton qui se durcissait au fur et à mesure que j’observais les morts errants au loin.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Mer 2 Déc - 13:56
Patiemment l'ex mineur attend debout près du panneau du motel, les bras croisés en position statique, il laisse le soin à Jena de tourner en rond si elle le souhaite ou plutôt de sautiller sur place. La fraîcheur hivernale semblant glisser sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard. À vrai dire en le regardant, on pourrait se demander si quoi que se soit peut toucher la montagne de muscle qu'il est, masque impénétrable dissimulant ce qu'il pense vraiment ou véritable je m'en foutiste ? Mark répondrait à coup sûr que c'est un peu des deux. Pour les autres, la tendance irait vers la première solution et cela parce que quelques jours avant il a ramené Frida saine et sauve, quelqu'un se fichant totalement du sort des autres ne l'aurait pas fait. Les minutes filent avant qu'il ne voit arriver un autre homme, un des derniers arrivé au campement dont il ne connait rien, pas même le nom et son premier réflexe et d'abaisser ses lunettes de soudeur pour venir masquer ses yeux. Regard qui aura marqué une fraction de seconde la contrariété de voir un autre mâle se joindre à l'excursion, marqué pas assez longtemps pour que l'homme ou Jena ne s'en soit rendus compte.

Ses mécanismes de normalité parfaitement réglés et huilés, l'ex mineur tend sa main droite vers Johann dans le but d'une poignée de main accompagnant la très courte présentation.

"Mark Logan."

Mark attend que l'autre homme lui rende sa poignée de main, ou qu'il ne le fasse pas d'ailleurs, pour ôter sa main tendue avant de venir recroiser les bras dans l'attente de la suite. Suite qui arrive en la personne de la magnifique brune qu'il a pu voir en compagnie du barbu ces derniers jours, Elizabeth et James de ce qu'il a apprit. La damoiselle n'accordant à peine qu'un regard au trio déjà sur place avant de les traîner vers un des véhicules. L'homme au crane rasé, les laisse passer devant et emboîter le pas à la belle, lui fermant la marche, il peut ainsi se laisser aller à braquer son regard sur l'arrière train de la brune. Ses formes ont beau être dissimulées sous des vêtements trop grand et l'empêcher de la contempler dans son ensemble, il ne peut qu'être hypnotisé par ce qu'il voit.

Ce n'est qu'à proximité du véhicule qu'il détache ses yeux de la silhouette de la damoiselle pour observer la voiture, un sifflement admiratif franchissant ses lèvres alors que maintenant ce sont les courbes de la Cadillac qui lui plaisent grandement.

"Aussi bonnes l'une que l'autre. Tu fantasmeras plus tard, tu sais que, qui dit véhicule, dit avoir plus de mal à la trouver."

En effet. Il met son envie de mettre les mains dans le moteur de l'engin de côté, réalisant qu'effectivement, il va avoir bien plus de mal à localiser la rue dans laquelle il a été obligé de laisser la dépouille d'Ivy. Déjà que de base, il avait peu de chance de pouvoir la rejoindre, puis de trouver la petite qu'elle est été juste dévorée ou qu'elle soit devenue un zombie mais là il va avoir encore moins de chance d'y parvenir. En même temps s'il n'en parle pas avec les trois autres, ils ne peuvent pas le deviner mais ils ne lui en laissent pas le temps alors que la belle brune s'installe déjà au volant, suivie peu après par une blonde qui grimpe à l'arrière. Il ne lui reste plus que deux options, l'avant ou l'arrière derrière la conductrice et quelque part il se fiche de laquelle cela sera, aucune des deux ne pouvant lui convenir alors qu'il va se trouver coincé dans l'habitacle avec deux des filles du campement, qu'il aimerait fort connaître bibliquement parlant.

Se décidant enfin à monter dans le véhicule, à l'arrière derrière Elizabeth, il se tasse autant que faire se peut contre la portière, laisser un maximum d'espace entre lui et Jena. La tête reculée au possible, il l'appuie contre la vitre pour éviter d'avoir le parfum naturel de la brune dans le nez. Résister, se contenir. Ne pas laisser son corps prendre le dessus. Et encore moins ses envies. Ainsi prostré dans ce qui pour les autres ressemble à la position du mec qui a le mal des transports, il se concentre sur ce qui se passe dehors, sur le paysage qui défile lentement d'abord puis de plus en plus vite à mesure que la Cadillac prend de l'élan.

Le regard focalisé sur l'extérieur, son esprit entreprend de réciter en boucle des prières ou des passages de la bible. Il doit surmonter cette nouvelle épreuve. Hermétique à ce qu'il se passe autour de lui, il n'entend rien, ni les éventuelles conversations, ni il ne perçoit le sursaut de la blonde de l'autre côté de la banquette arrière. Le ralentissement du véhicule, il ne le sent qu'à travers sa vision et le paysage qui freine sa course. Il entend mais n'écoute pas les paroles de Jena, du moins au début, son cerveau mettant bien trente secondes pour comprendre qu'elle a prononcé son prénom. Il cligne des yeux, décollant légèrement la tête de la vitre pour mieux observer de quoi elle parle, sans jumelles il ne voit qu'une masse indistincte de charognards. Finissant par se repérer à peu près, à voir la position qu'ils ont eux avec la voiture, il répond enfin de sa voix grave et un peu rauque.

"De l'autre côté en fait, à l'endroit ou la plaine est la plus étroite entre la forêt et la frontière du secteur C et de la route le longeant."

Autrement dit en pratiquement cinq jours, la horde a fait un sacré bout de chemin, à condition que cela soit bien la même meute de suppôts de Lucifer. Car Mark ne doute pas que l'archange déchu, maître de l'Enfer, a envoyé toutes ses troupes sur terre, sans parler des recrues qu'ils ont pu faire depuis le début de l'Armageddon.

"Me dit pas qu'elle a en tête de retrouver le charognard ayant remplacé ce Seth ? J'en sais rien et en fait je m'en fiche, après tout, je veux bien retrouver celui d'Ivy. On verra bien."

Certes l'ex mineur est curieux de connaître la raison derrière la question de la damoiselle mais pour le moment il ne dira rien de plus. Mark a répondu et c'est bien suffisant ainsi.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Jeu 3 Déc - 22:05
Mark. C’était bien ça, le nom du balaise. Quand je suis arrivé vers le groupe, avant d’aller m’installer vers les carcasses de voiture, il s’est spontanément présenté à moi et je lui ai bien sûr serré la main en retour en répondant d’un sobre :

- Johann, salut.

Peu de temps après, alors que je poireautais assis sur le coffre de la carcasse de voiture, ce qui devait être la dernière pièce du groupe est arrivée vers nous. Je reconnus la  brune à l’air effacé qui formait un couple avec le médecin. J’essayais de me rappeler son nom complet et restais sur son surnom, Liz. Le couple se tenait souvent à l’écart de nous et je n’avais pas eu l’occasion de les côtoyer encore vraiment, aucun des deux, et encore moins de leur parler en dépassant le stade du salut-salut, autant dire que je partais avec des inconnus. Elle passa devant nous trois quasiment sans un regard  et fila directement vers l’Escalade, un vieux modèle soit, mais le genre de modèle qui me motivait nettement plus que la mini Chevy de mon arrivée pour traverser une ville infestée. Haut, robuste, je me sentais tout de suite mieux à l’idée d’avoir ce genre d’atout de notre côté, malgré ses quasi 20 ans d’âge. La journée débutait finalement plutôt bien. Le temps de descendre de mon perchoir et les autres m’avaient distancé de quelques pas, bien malgré moi ; quand je rejoignis la voiture, il ne me restait pas d’autre choix que de grimper sur le siège passager, aux côté de la conductrice. Je trouvais étrange que ce ne soit pas Jena qui choisisse cette place, ce qui m’aurait semblé pourtant logique à plus d’un égard : c’était la cheffe du groupe, elle avait des jumelles, elle gérait le trajet. Et bien non. Elle s’était installée derrière moi. Je ne cherchais pas à comprendre et encore moins à protester et pris place sans un mot. Le véhicule démarra dès ma porte claquée et je quittais le motel pour ma première virée en ville depuis bien longtemps.

Le paysage qui s’offrait à notre vue se répétait avec une motivation bornée ; arbustes effeuillés, broussailles rases, plaines aride à perte de vue et au loin sur la gauche, la forêt. De ma position avancée, je voyais les rôdeurs épars et isolés que nous dépassions à une vitesse tout à fait conséquente, tout en étant à l’affût du moindre mouvement brusque de Liz, du moindre écart de la voiture. J’avais l’habitude de conduire, pas d’être conduit et je n’aimais pas cette obligation de rester placide et inutile pendant le trajet. Ca ne me rendait pas réellement nerveux, mais bien plus attentif que d’habitude à ce qui se passait dans l’habitacle et me maintenait sur le qui-vive. De temps à autre, nous esquivions de près un rôdeur errant sur la route, offrant le spectacle pitoyable d’un être mus par un restant d’instinct primaire, perdu à la recherche dont ne savait quoi. Ils grossissaient lentement, prenaient l’apparence d’un humain, puis quittaient mon champ de vision en général trop rapidement pour que je puisse les détailler plus avant. Le dernier, plus proche que les autres, me laissa la vision d’une femme dont la robe pendait en lambeaux sur un corps trop maigre et je la voyais se tourner à notre passage, l’imaginais nous suivre dans une tentative désespérée et vaine. Personne ne parlait, comme si nous roulions dans un tombeau que nous ne voulions pas profaner du son de notre voix. Le sifflement du vent à mon oreille droite lorsque Jena ouvrit sa fenêtre me fît sursauter et je jetais un regard par-dessus mon épaule ; elle étudiait les environs.

- C’est l’est.

Je répondis machinalement à sa remarque qui pourtant n’attendait pas de réponse, tout en portant mon attention dans la direction indiquée. Sans distinguer aucun détail précis, la seule idée de ce que c’était fît se dresser les cheveux sur ma tête. Une horde de rôdeurs… Jamais, au grand jamais, je ne m’approcherais de cette engeance sans une très bonne raison. J’espérais vivement que ce ne soit pas le but de notre sortie. M’arrachant à cette vue qui, de toute manière, ne m’apprenait rien d’autre, je tournais la tête vers Liz, juste histoire d’être sûr qu’elle restait attentive sur la route et que son regard n’en était pas imprudemment détourné, n’ayant aucune envie d’emboutir une de ces choses par inadvertance. En même temps, je lâchais la question qui me brûlait les lèvres.

- Tu ne veux pas t’en approcher, rassure moi Jena ?

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 16:27
Les morts s’éveillaient et se dressaient à l’approche du véhicule, tout vrombissant, forçant Elizabeth à tourner son volant, à droite, puis à gauche, selon la situation qu’elle jugeait le plus favorable, frôlant parfois de justesse un corps désarticulé. Les manœuvres devenaient de plus en plus compliqué, et la brune n’avait pas particulièrement l’habitude des conduites un peu trop sportive. Elle se rappelait d’ailleurs toutes les difficultés qu’elle éprouvait dans l’ancien monde, lorsqu’elle voulait se garer en ville. C’était sans doute pour cela qu’elle avait choisi de migrer en pleine campagne, dans un petit ranch à retaper, quitte à avaler les kilomètres pour rejoindre son lieu de travail, matin et soir. Ca et la non-proximité.
Mais elle l’avouait volontiers, elle n’était pas un as du volant en dépit des derniers évènements qui l’avaient propulsés au rang de chauffeur pour la troisième fois.

Mais alors que leur destination était loin d’être atteinte, les difficultés ne faisant que débuter sur le long parcours en ville qui les attendait avant de rejoindre le secteur D, voilà qu’un évènement impromptu arracha un grincement de dent à la conductrice. Sérieusement ? Jena venait vraiment de lui demander de ralentir alors que les dégénérés se faisaient de moins en moins éparpillés ? Elle leva tout de même le pied de l’accélérateur et jeta un simple coup d’œil au rétroviseur pour afficher le visage de l’autre femme dans son champs de vision. Elle n’avait cependant pas perdu de vue les monstres qui suivaient, devançaient et se retournaient sur le passage de la voiture, prenant des alternative plus large histoire de ne pas se retrouver avec un mort accroché au capot ou carrément agrippé à cette de vitre qui venait de s’ouvrir.

Elle continua néanmoins sa route en direction de Snyder, n’ayant sans aucun doute aucune intention de s’arrêter à ce moment-là.

« Prévenez le campement qu’une horde se trouve à proximité. A mon avis, il n’y a rien à craindre, mais sait-on jamais. »

Elle préférait ignorer l’éventualité que Jena puisse demander à s’en approcher. Et puis quoi encore ? Déjà qu’ils n’avaient pas énormément de véhicule en état de marche, si en plus elle devait en bousiller un à s’approcher d’une horde en pleine broussaille texane. D’accord, c’était un gros 4x4 qu’elle avait entre les mains, mais elle ne s’estimait pas capable de faire des prouesses en manœuvrabilité, surtout au regard du temps de la semaine. Elle continua sa route, les deux mains sur le volant, attentive sur les dangers immédiats que représentaient les morts. La progression fut à tel point ardue à un instant donné qu’elle n’eut d’autre choix que de rouler sur le tronc de l’un d’eux sur le côté droit, rampant par privation de ses jambes sans doute dévorée, laissant échapper un léger juron entre ses lèvres tandis que le bruit caractéristique de cette carcasse pourrie réduit en bouillie et son râle ne se firent percevoir. Le véhicule sursauta au passage de l’obstacle, certes plus ou moins aisément, mais elle espérait qu’aucun morceau de chair ou d’os ne se bloque quelque part, car si cela avait été le cas, elle ne savait pas si quelqu’un était capable de mettre ses mains dans la mécanique.

Cela lui rappela à nouveau Ivy, et sa passion pour les bidouilles du style moteur et autre travaux manuels. Ça n’avait jamais été son fort à elle, qui avait toujours associé ça à une activité plus masculine que féminine, mais étrangement, cette notion-là avait changé désormais. Cambouis, clé à molette, boite à outil, tout ça ne pouvait que lui rappeler la brunette à lunette et son air plus que sérieux lorsqu’elle se penchait sous le capot. D’ailleurs, n’était-elle pas en train de travailler sur la réparation du camion avant sa disparition ?

Elle se pinça les lèvres, et chassa tout ça de ses pensées.

«  Ça devient compliqué. Tu devrais rentrer et fermer la fenêtre, j’vais essayer d’accélérer. On va pas tarder à arriver en ville et ça va être plus que costaud surtout qu’on est loin d’être silencieux. »

D’un air plus compatissante, repensant à sa propre volonté de voir si elle trouvait Ivy dans les rues de la ville, elle rajouta très vite, se rappelant alors d’une chose qu’elle avait constaté.

« Je crois qu’il y a un sentier qui longe le secteur C directement vers l’aéroport. Ca coupera pour rejoindre l’endroit que désigne Mark. On pourra toujours voir s’il y’a un indice au passage… , et ça nous évite quelques rues possiblement encombrées. En passant par le sud de l’aéroport, on atterrit presque au Secteur D il me semble. On y arrive presque. »

Les mains toujours posées sur le volant, elle braqua son index sur sa gauche, un peu plus loin devant elle pour désigner ce dont elle voulait parler : un chemin de terre aplanie barrée par un large portail en grillage. Dans son idée, si Seth avait réellement succombé sous les coups de la horde cannibale, il était peu probable qu'il reste quelque chose qui puisse par la suite se déplacer, même revenu en temps que non-mort.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 6 Déc - 12:48
“Parfait.”

Un seul et unique mot sobrement lâché à l’attention de Mark suite à ses indications sur l’endroit où Seth avait “disparu”. Je n’avais pas décollé mes yeux de mes jumelles, continuant d’observer la horde se mouvant lentement, pouvant distinguer assez clairement les individus qui la bordaient avec suffisamment de détails pour en tirer des observations plus concluantes que celles de mes compagnons de route. Lorsque la consigne d’Elizabeth résonna dans l’habitacle pour nous demander d’informer le campement de la présence de cette horde, j’attrapais le talkie-walkie fixé à ma ceinture d’un geste machinal à l’aide de ma main libre, puis portais l’appareil à mes lèvres, sans pour autant quitter la distante horde des yeux. Pressant le commutateur, je relayais ensuite l’information d’un ton neutre, avec lenteur, prenant bien soin d’articuler chaque mot dès fois que la qualité de transmission laisse à désirer pour le destinataire du message installé près du poste radio. D’ailleurs, y avait-il au moins quelqu’un pour recevoir le message là-bas ?

“Higgins pour Jefferson. Message pour signaler la présence d’une horde d’infectés assez conséquente - au moins une centaine d’individus - située à mi-chemin environ entre l’extrémité du secteur A et la zone du Cogdell Memorial. Terminé.”

Presque aussi machinalement, après avoir entendu ma voix résonner en écho dans les autres talkies de ceux qui m’accompagnaient, j’avais remisé l’appareil à ma ceinture et continué d’observer la massive horde à-travers mes jumelles durant de longues secondes, espérant y voir les effets du message grésillant, un indice quelconque de la présence de Seth parmi eux. Mais rien. Aucun mouvement soudainement plus orienté vers un point concentrique de l’informe masse qui aurait pu m’indiquer que l’un de ces cadavres était celui de Seth et qu’il portait toujours son propre talkie. Rien qui ne pouvait répondre aux multiples questions et suppositions qui me trottaient sous le crâne. Le compagnon de Melody était-il vraiment mort ? Si oui, était-il devenu un de ces cadavres ambulants ou bien avait-il été bouffé jusqu’aux os ? Peut-être avait-il perdu son talkie dans la cohue, ou celui-ci était tombé en rade de piles ou c’était tout simplement abîmé… A moins que l’homme ait survécu et trouvé refuge dans un endroit si éloigné et isolé qu’on ne parvenait pas à le joindre, se trouvant hors de portée ? Toutes ces hypothèses, impossibles à confirmer, que je ne pouvais m’empêcher de ressasser cessèrent presque instantanément lorsque ce fut au tour de Johann de me poser une question très légitime. Je marquais quelques secondes de silence en abaissant finalement mes jumelles, la suggestion d’Elizabeth m’interpellant dans cet entre-deux. Je laissais pendre la paire de jumelle autour de mon cou à nouveau, puis refermais ma fenêtre, coupant court tant au courant d’air glacial et nauséabond qui s’engouffrait par celle-ci qu’aux craintes de notre conductrice ; avant de répondre aux craintes du rouquin.

“Rassure-toi Johann, je ne prendrais pas ce risque-là. Nous n’avons pas tous eu la chance de prendre quelques mois de vacances vis-à-vis des horreurs de ce monde…” répondis-je avec une pointe de sarcasme, sur un ton d’humour pince-sans-rire plutôt mal approprié.

Une manière comme une autre de réellement m’habituer à traiter avec les informations ahurissantes que m’avait livrées le chef de camp. Après quoi, j’observais les indications d’Elizabeth sur la voie de contournement du secteur C qui allait longer l’aéroport pour nous mener droit vers notre objectif. Au moins la brune tâchait-elle de me prouver qu’elle savait réfléchir autrement qu’à se morfondre. Tout ce que je lui souhaitais dorénavant, c’était d’user de la même jugeote pour parvenir à surmonter sa tristesse et accepter la mort de sa copine. Nous aurions besoin de toutes les ressources physiques et mentales de chacun pour mener cette excursion à bien, minimiser les risques et affronter les dangers. Mes prunelles azurées s’étaient posées sur le portail grillagé qui barrait l’accès au petit chemin de terre désigné par notre conductrice.

“Tu penses qu’on peut l’enfoncer ?” lui demandai-je sur un ton à peine curieux. Question à double sens en réalité, qui se voulait tant une proposition cachée qu’un simulacre d’ordre si cela était effectivement le cas. Une question que je ne tardais pas à faire suivre d’une seconde, adressée à tous, et que allait m’en dire long sur les états d’esprits en présence dans cet habitacle.

“Est-ce que l’un de vous s’est déjà retrouvé à devoir tuer un autre homme ?” interrogeai-je d’un ton bien plus froid et sérieux.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Dim 6 Déc - 18:31
Hormis ce qui le concerne directement, Mark ne porte aucune attention aux paroles des trois autres. Aussi bien pour Elizabeth et ses mises en garde que pour le trajet qu'elle suggère et ce même si elle prononce son nom, que pour Johann et sa demande ou encore que Jena et ce qu'elle en dit. Enfin il ne donne pas l'impression de s'y intéresser de près ou de loin, bien entendu que la réponse de la damoiselle blonde l'intéresse, le rouquin a émit tout haut la question qu'il se posait intérieurement. La seule chose le faisant réellement tiquer est l'histoire de mois de vacances que Jena prononce. Mais de quoi parle t-elle ? Certains du campement avaient-ils un lieu tellement sécurisé qu'ils n'y ont pas vus de zombies pendant des mois avant que tout s'écroule ? Et d'abord comment peut-elle savoir ce genre de choses alors qu'ils sont arrivés dans le campement à peine à quelques jours d'écart ? Certes, l'ex mineur n'est pas des plus bavards, ce qui le met forcément à l'écart de certaines confidences possible mais quand même.

Un jour ou l'autre, il devra essayer de savoir mais pour le moment, il a plus important à faire et se replonge dans la contemplation de la route. De toute manière il ne peut rien faire d'autre là pour s'occuper l'esprit, il ne doit surtout pas laisser ses pensées remonter à la surface surtout dans cet espace clos. Qui l'air de rien, pour lui, est un véritable calvaire. Une épreuve à endurer aussi stoïquement que possible et ne rien laisser paraître, par réflexe il porte les doigts de sa main droite à son poignet gauche pour en frotter la peau.

"Fuck"

Il n'a plus de moyen physique pour soulager les maux de son esprit, la plaie de son poignet gauche est bien trop refermée pour que celui lui procure un quelconque soulagement. Sa jambe gauche émet un léger tremblement qu'il s'empresse de contrôler, en dégageant sa main droite de son poignet gauche et en la posant dessus. Ce qui aux yeux des autres peut passer pour un engourdissement passager de sa jambe, après tout vu le gabarit de Mark rien d'anormal à cela alors qu'il est plié dans la voiture. Frustration.

La question de Jena arrive pile au moment ou l'ex mineur recommençait à reprendre ses prières intérieures. Un râle à peine audible, sort de sa gorge alors qu'il daigne dégager sa tête de la vitre de la portière et porter son regard voilé, de ses lunettes de soudeur, sur la damoiselle. Lâchant d'un ton sans équivoque un :

"Non."

Non, il n'a tué aucun homme vivant jusqu'à maintenant, du moins pas de ses mains ou pas directement. Par contre lutter pour sa vie et assommer l'autre avant de s'enfuir et sans savoir s'il se sera bouffé par un charognard, là oui. Tout comme dans un lointain passé, il aurait pu être amené à tuer des hommes ou même des femmes mais cela ne s'est jamais produit. Donc non il ne ment pas en répondant ainsi et comme le laisse entendre le son de sa voix.

N'ayant vraiment rien de mieux à faire, il reprend son petit manège intérieur en attendant que la route se fasse ou que de l'action ne fasse sentir le besoin urgent de s'imposer à lui et aux autres aussi d'ailleurs.
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