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[CFJ, D, EXP] Exploration du secteur D - 10/02/2035
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Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 6 Déc - 21:33
Autour de nous, le nombre de rôdeurs décharnés augmentait à mesure de notre approche de la ville, ce qui était plus que logique. Je constatais que la concentration de notre conductrice augmentait d’autant et au même rythme. Si j’avais une totale confiance dans la voiture que je savais apte à encaisser bien plus que ça, j’ignorais complétement à quel point je pouvais me fier à la fille au volant et tentait de me persuader qu’elle savait ce qu’elle faisait. Pas que j’aie un problème avec les femmes qui conduisent, ce n’était pas mon genre, d’ailleurs ma femme conduisait extrêmement bien, mais je la sentais de plus en plus tendue et ce n’était pas pour me rassurer. Histoire de penser à autre chose, je repris mon observation du dehors, m’étonnant qu’en quelques mois, ces choses qui étaient mortes avaient pris l’air de cadavres bien pourrissants et n’avaient plus grand-chose en commun avec les humains qu’ils étaient. Dans mes derniers souvenirs, qui remontaient à l’été passé, ceux que j’avais croisés n’avaient pas encore été autant marqués par la décomposition. Certes, ils n’en étaient pas épargnés, et de loin, ne serait-ce qu’à cause de la température qui régnait alors ; mais jamais je n’en avais croisés des à ce point en mauvais état ! C’était choquant et franchement dégueulasse. J’essayais de fermer mon esprit à cette idée et me forçait à penser rationnellement. Ne pas laisser prise aux émotions. Ne pas écouter les craquements quant Liz roulait dessus. Ne pas chercher leur regard vide. Ne pas prendre garde aux chocs contre les portières. Ca ferait mauvais genre de faire un malaise juste en voyant quelques rôdeurs de près. Je pris une longue inspiration et expirait lentement. Protégé par l’habitacle comme par un cocon, j’arrivais facilement à rester calme et lucide. Tout allait bien.

Dans mon dos, j’entendis la voix de  Jena avertir le campement par le biais du Talkie. Ca me fit penser que je ne l’avais pas encore mis en fonction et j’inscris dans un coin de ma tête de ne oublier quand on sortirait du véhicule. Pour l’instant, nul besoin de vider la batterie dans le vide. La vitre ouverte laissait entrer sons et odeurs comme si on y était, magnifique entrée en matière dès le matin. Je me réjouissais intérieurement de ne pas avoir réellement mangé, pas complétement certain de résister longtemps à l’écœurement immanquable. Enfin, la vitre se referma et la quiétude revint, ne laissant  plus entendre que des sons assourdis provenant de l’extérieur. Celle-ci fût rapidement brisée par Jena suite à ma question ; autant je me sentis rassuré de sa réponse, autant son petit commentaire la suivant m’arracha un sourire narquois et je répondis du tac au tac en suivant le même ton, me tournant à demi entre les sièges pour tenter de l’avoir en visuel.

- En effet, sacrées vacances… Dommage, là où on était y avait pas les chaînes câblées et le confort était pas top. T’as rien manqué, j’peut te le promettre ! (je repris un ton sérieux) Sinon, content de savoir que tu veux pas nous enfoncer là-dedans.

Si j’avais encore le moindre doute quant à Jena, celui-ci venait de se faire effacer ; elle n’était définitivement pas comme nous, elle n'était pas revenue d’entre les morts. Je ne savais pas trop si je devais la plaindre ou l’envier, même si mon inclinaison première partait plutôt sur la seconde option. Ensuite de quoi je reportais mon regard vers la route et les rodeurs. Liz avait indiqué un chemin partant sur la gauche, gardé par un vieux portail à hauteur d’homme à un battant, fermé sans doute par un cadenas. Le genre de truc rudimentaire et pas assez solide pour résister à notre 4x4, pour autant qu’on n’arrive pas trop lentement dedans.

- Surtout ralenti pas en arrivant si tu veux enfoncer ça, histoire de le faire du premier coup. La voiture va tenir, t’en fais pas pour elle. Prends le bien de face par contre.

Je n’avais absolument pas réfléchi avant de lancer ma recommandation juste après la demande de Jena, ça me semblait tellement logique que c’était sorti tout seul. Reste à espérer que Liz aie les couilles pour foncer dedans sans hésiter. Difficile de voir l’état du chemin derrière, mais je le supposais assez défoncé et envahi par les hautes herbes et les broussailles, surtout si il n’avait pas été entretenu depuis une année et que plus personne ne l'empruntait.  Un terrain parfait pour l’Escalade, malgré son pedigree de gros SUV citadin. De mémoire, j’essayais de visualiser le trajet proposé. Je n’avais pas vraiment fait gaffe aux chemins de terre, mais j’imaginais bien qu’on allait déboucher quelque part de toute manière. Je n’eus pas le temps de pousser plus avant mes réflexions car, à nouveau, Jena relançait la discussion. Et là, sa question me fit sourire jaune. C’était maintenant qu’elle s’occupait de savoir avec qui elle partait ? J’entendis la laconique réponse de Mark qui visiblement n’était pas un bavard. J’en étais à me demander s’il était juste comme ça tout le temps ou s’il avait le mal des transports, ce qui aurait été comique. Je laissais passer quelques secondes de silence avant de combler la curiosité de la blonde, sans toutefois me tourner cette fois, mon regard restant rivé sur le paysage nous faisant face.

- Tu parles de vivants ou de morts, Jena ? Et toute façon…


Je considérais le moment assez mal choisi pour entamer des questions sérieuses, alors que ce qui me préoccupait réellement sur l’instant était de savoir qui du portail ou du 4x4 allait voler en éclat selon les compétences de la conductrice. A tout hasard, je m’accrochais aux bords de mon siège si elle était toujours déterminée à foncer dans le tas, ça allait secouer un chouia. Ce qui ne m’empêcha pas de compléter ma réponse, tant qu'à faire, autant y aller franco.

- … je vais te décevoir, mais me met pas une arme entre les mains, je saurais pas m’en servir. C’est pas mon truc. Alors tuer quelqu'un avec, t'imagine bien, ça risque pas d'm'être arrivé...

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 8 Déc - 16:34
Ne pas ralentir, accélérer, là était toute la difficulté. Vu l’angle du portail, si elle voulait le prendre de face comme le suggérait son « co-pilote », cela signifiait soit faire un petit détour par le champ opposé, de l’autre côté de la route, faire une boucle et revenir droit face à l’obstacle en appuyant bien sur la pédale d’accélérateur, soit effectuer un dérapage comme dans les films Hollywoodien, avec le risque de faire un tonneau bien immonde en cas de soucis, en plein milieu d’une cohue de mort qui s’agglutinait à proximité.
Si seulement ils avaient eu une pince monseigneur, ou un truc du genre, ils auraient pu faire sauter ce qui verrouillait le portail… mais non.

«  J’avais précisé que la conduite sportive, c’était pas mon fort ? »

Elle lança un regard dans le rétroviseur très rapidement, comme si elle cherchait une quelconque solution dans les regards des intéressés qui occupaient l’habitacle de son véhicule. Pour le coup, si ça avait été possible, elle aurait bien laissé le volant à quiconque le lui avait réclamé, mais en l’occurrence, le portail approchait dangereusement, et il fallait prendre une décision. Prendre un risque quelconque pour un gain peu mesurable n’était vraiment pas dans son tempérament. Elizabeth était plutôt du genre mesurée, et réfléchie.
Alors, plutôt que de suivre l’écoute de ses compagnons, qui semblaient tous trouver l’alternative du forçage des plus alléchantes, elle se retint et dépassa le portail sans même avoir pris la peine de faire croire que quelque chose serait tenté. Au lieu de cela, les lèvres légèrement pincées, elle jeta un nouveau coup d’œil au rétroviseur, et se justifia assez rapidement.

« Si la horde a traversé la clôture, c’est qu’il doit y avoir une brèche importante quelque part… je suppose. »

Bien entendu, elle n’était sûre de rien, tout reposait sur la supposition. Celle que la fameuse brèche n’avait pas déjà été dépassée, celle que la fameuse horde se trouvait bien la même que celle aperçue par Mark lors de leur tentative avortée, celle que les morts n’aient pas juste contourné l’obstacle… d’une manière ou d’une autre.
Dans tous les cas, Elizabeth ne pouvait pas être quelqu’un d’autre qu’elle-même. Si le scénario n’était pas calculé à l’avance, elle ne cèderait jamais, sauf contrainte et forcée, de choisir une alternative sur un coup de tête.

Inspirant profondément à mesure que le véhicule continuait sa route vers le Nord-Est, elle pria intérieurement que sa pensée soit la bonne, esquivant de justesse à nouveau, un ou deux zonards restés en plein milieu du chemin. C’est alors que son souhait tant attendu se livra à eux, sur leur gauche. Un trou béant ouvrait le grillage en deux, affaissé au sol pour la partie manquante.

« Ça m’étonnerait pas que les morts qu’on croise depuis tout à l’heure soient des retardataires de la masse grouillante à l’Est. » Pensa-t-elle à voix haute, tandis qu’elle prenait finalement la décision de guider son engin hors de la route et surtout hors du sentier à travers l’espace ouvert.

La voiture cahota sur les rochers, ralentissant au moindre dénivelé pour ne pas soumettre l’engin à de trop forte à-coup mécanique, donnant à sa trajectoire un arc qui tendait à redescendre vers le Sud. Elle cherchait à rejoindre la piste du grillage pour que le chemin soit plus confortable et surtout semé par moins d’embuche.

Elle avait volontairement, ou presque, ignoré Jena et sa question qui ne l’inspirait d’aucune manière. D’une manière général, elle avait une forte tendance à se méfier de ceux qui lançaient des interrogations tests, afin de voir et connaitre les réactions des interlocuteurs. Pour le coup, elle n’avait aucun souhait de confidence à une inconnue aux allures un peu trop pédante à son goût. Un jugement hâtif certes, mais dont elle ne pouvait s‘empêcher de penser. Le temps dirait seulement si elle peut avoir suffisamment confiance en cette femme, mais pour l’instant, seuls deux étaient concernés, aussi longtemps qu’elle avait fréquenté le reste de la bande.

Le véhicule continua alors sa course, en suivant la piste qui remontait jusqu’au sud de l’aéroport. Peut-être croiseraient-ils quelques cadavres sur leur route, mais beaucoup moins que s’ils avaient continués leur chemin vers le Secteur C, assurément.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 9 Déc - 22:59
Lentement, mon regard s’était porté vers chacun des interlocuteurs qui partageaient l’habitacle avec moi, curieuse de saisir leurs réactions. Mark en premier lieu, bref et concis. L’homme ne semblait pas être un grand bavard de nature, mais au moins avait-il pris la peine de me répondre d’un ton franc. Idem pour Johann peu après lui, ce dernier s’épanchant un petit plus sur ses faiblesses et ses aptitudes inexistantes en matière d’armes à feu, voire d’armes tout court. Fronçant légèrement les sourcils, je commençais à me demander si je n’avais pas légèrement surestimée l’adaptation de ces survivants à la réalité de ce monde. Mentalement, je croisais les doigts pour que nous ne tombions pas sur de trop grosses emmerdes une fois parvenus au secteur D. Mais ce fut Elizabeth qui attisa d’autant plus ma curiosité à ne pas répondre - volontairement ou non - à ma question. Un détail qui m’intrigua certes, mais que je pouvais largement nuancer tant la jeune femme me paraissait recluse dans son monde et ses pensées à longueur de temps. Là encore, je devrais faire acte de foi en chacun d’eux si les choses venaient à dégénérer, bien que concernant le cas d’Elizabeth, cela pouvait être un signe d’aveu pour lequel elle ne cessait de culpabiliser comme un signe de désaveu qu’elle ne voulait pas afficher par crainte d’être inconsidérée. A moins que ma question ne la mette vraiment mal à l’aise, ou qu’elle n’ait pas envie de s’étaler sur celle-ci face à nous, les derniers arrivés. Enfin, derniers arrivés… Ça ne valait que pour Johann et moi puisque j’ignorais depuis combien de temps Mark partageait le quotidien de ce campement.

Cependant, je ne comptais pas insister, au risque de déconcentrer notre conductrice et lui faire commettre une erreur qui pourrait se révéler désastreuse pour nous tous. Au moins avait-elle eu la présence d’esprit de ne pas foncer droit sur ce portail sans avoir cherché à le contourner dans un premier temps. Une preuve de prudence et de bon sens qui amena la brune à grappiller quelques points de mon estime toute personnelle. J’envoyais ma main droite se saisir de la poignée de maintien fixée au-dessus de la portière alors que le SUV coupait littéralement à travers champ, agité de cahots et de secousses qui rendaient l’observation du paysage quelque peu folklorique, peu avant que notre conductrice ne retrouve le sentier de terre qu’elle avait choisi d’emprunter et qu’un certain confort de roulage ne regagne le véhicule. A l’horizon, au travers du pare-brise, je pouvais voir les silhouettes encore lointaine des hangars et infrastructures de l’aéroport se découper contre l’azur pâle du ciel d’hiver. Le nombre de rôdeurs dressés aux alentours, errant sans but ni conscience, paraissait diminuer très légèrement, à l’instar de la traînée de poussière que nous soulevions en nous éloignant d’elle. Nul doute cependant que les rugissements du moteur de notre véhicule attiraient leurs attentions, mais que pouvaient-ils bien y faire ?

Au final, j’avais fini par garder pour moi mes réponses à ma propre question, m’enfonçant un peu plus confortablement contre le dossier de la banquette arrière. Je ne me sentais pas vraiment de leur annoncer de but en blanc que j’avais expérimenté le fait d’ôter la vie d’un autre être humain, et ce, il y avait seulement trois jours de ça. A vrai dire, j’avais encore du mal à concevoir la réalité de mon acte, et encore plus à y faire face malgré que mes cauchemars et nuits agitées semblaient vouloir m’y pousser. Ainsi, je tâchais de garder mon visage fermé, ou le plus neutre possible, bien qu’un oeil aiguisé et doué d’une certaine empathie saurait lire dans mon regard et mon mutisme à ce sujet toute la culpabilité qui me hantait. J’avais beau tenter de me convaincre que je n’avais pas eu le choix, que c’était elle ou moi et que c’était mieux ainsi, ça n’allégeais en rien le poids de mon fardeau. Pire encore, cela avait jeté sur mes épaules une véritable chape de plomb, freinant mes ardeurs vengeresses à l’égard du reste des vivants. J’avais ainsi déporté toute cette haine et cette rancœur vers les morts-vivants, chacun d’entre eux, les blâmant d’être la cause de tous mes maux, et les responsables de mes actes les plus atroces. Ça rendait mon quotidien bien plus supportable lorsque je rejetais la responsabilité sur ces saloperies.

Ainsi, j’avais fini par garder le silence le plus absolu, tenaillée entre mon envie de papoter avec les membres de l’excursion, même si seul Johann semblait être prompt au papotage désintéressé, et mon désir de tailler le bout de gras avec ma conscience, notamment en trouvant Seth, ou une preuve de son trépas, un indice quelconque susceptible d’aider Melody. Je m’estimais toujours redevable vis-à-vis de la chasseuse, et Dieu savait que je détestais être créancière de ce genre de faveurs. J’avais donc mis un point d’honneur à retrouver son compagnon, peu importait son état, pour aider la brune à véritablement entamer son deuil, lui offrir une certitude, toute funeste soit-elle, pour aller de l’avant ; et une occasion pour moi de me débarrasser de ce retour d’ascenseur. Tout comme il était important à mes yeux que chacun d’entre nous revienne - au moins - sauf de cette excursion au secteur D. Ça me permettrait ainsi de prouver à Melody, Samuel et tout le reste de la clique qu’ils pouvaient compter sur moi, malgré mon arrivée toute récente. Je nourrissais la profonde intuition qu’il y avait quelque chose de positif à tirer de ce groupe d’individus décidément pas comme les autres.

Et au fil de mes pensées, le regard porté vers le paysage sans prendre le temps de le voir, vague et distant, je ne m’étais pas vraiment rendu compte du chemin parcouru ni même des obstacles que nous avions pu contourner ou éviter. le haut du front calé contre la vitre, la visière de ma casquette légèrement écrasée sur mon visage, mon menton logé au creux de ma main, un index contemplatif plaqué sur mes lèvres closes, le coude calé contre l’accoudoir de la portière, il m’eut fallu entrevoir les première façades de constructions plus urbaines pour renouer avec la réalité, et le fait que nous approchions enfin du secteur visé. Redressant la tête puis me massant les paupières d’un geste instinctif de la main gauche, je reprenais place dans le moment présent, fronçant légèrement les sourcils en observant ces paysages de béton mornes et ces alignements de lampadaires décrépis qui s’étiraient vers l’horizon, avec en point de mire les silhouettes plus massives et géométriques encore de bâtiments industriels qui ne me rappelaient absolument rien. Cette fois-ci, nous entrions dans le vif du sujet, effrayant et accablant : l’inconnu.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Jeu 10 Déc - 10:45
Finalement cela n'aura pas duré longtemps, il entend l'homme roux répondre à la question de la damoiselle blonde, Mark ne pouvant alors pas faire autrement que tourner la tête vers ce nouveau venu, arquant un sourcil dans le même temps. Sérieusement ? Encore un qui ne sait pas se défendre tout seul, à tout les coups l'ex mineur va encore devoir sauver les jolis petits culs des deux filles tout seul, sans parler qu'il a la sensation de se traîner à nouveau un poids. Celui là comme l'autre avant là, le Seth, va mal finir, déjà qu'il se demande comment Johann a pu tenir si longtemps sans crever et rejoindre les forces de Lucifer.

"Putain vlà les mecs quoi, de vraies mauviettes."

Incroyable quand même d'entendre cela en plein Armageddon et même si visiblement le roux a passé du temps à l'abri loin de tout cela, en vacances comme a dit la blonde, cela n'excuse rien. Une pointe de fierté vient le saisir, lui sait se battre à la dure, défendre sa vie, courir comme jamais pour la sauver, renvoyer en enfer les suppôts de Lucifer. Lui a passé ces derniers mois sur la route, dans les rues, des horreurs il en a vu plus d'une et il s'en est toujours sorti. Il a triomphé de chaque épreuve que Dieu a mit sur sa route, il lui prouve chaque jour qu'Il a eu raison de le garder sur cette Terre. Mais le Seigneur veut aussi que ses enfants connaissent l'humilité et ne tire aucune gloire de leurs actes, Mark secoue brièvement la tête pour essayer de ne plus penser à tout cela, qui est-il pour juger Johann au final.

La bonasse brune, elle, ne prend pas la peine de répondre à Jena, se focalisant sur sa conduite qui est très bien pour leur situation même s'il est vrai qu'on peut faire plus sportif. Un jour ou l'autre, il leur montrera comment il faut faire, un jour où il aura pu avant épancher ses envies et ainsi être entièrement détendu et focalisé sur la route et le volant. Pas comme là, bien que la sortie de route volontaire d'Elizabeth, lui offre une diversion qui tombe à pic, à la première secousse, Mark agrippe la poignée se trouvant au dessus de sa tête, fixée au plafond avant de caler ses jambes et ses épaules contre la carlingue pour amortir au possible les chocs du véhicule qui ne manquent pas de se produire. La damoiselle fini par les mettre sur la piste de terre et poursuivre sa route plus calmement, l'ex mineur peut alors appuyer de nouveau sa tête contre la vitre et observer ce qu'il se passe dehors.

"L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles."

Le chemin de terre défile et Mark pense reconnaître plus loin dans le champ, les buissons ayant dissimulés la horde qui les a surpris, lui et les deux autres quelques jours avant. Mais entre la distance et la vitesse du véhicule, impossible de voir quoi que se soit, impossible de déceler un potentiel cadavre pourrissant et grouillant de vers, à moitié ou totalement boulotté par les charognards et encore moins une quelconque trace de sang. Et bien sûr ce n'est pas lui qui ira faire une quelconque remarque que cela soit pour faire ralentir la conductrice ou la faire s'arrêter.

"Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom."


Le paysage se modifie, devenant de plus en plus urbain, dévoilant de ci, de là les traces encore intacte de la civilisation qui se dressait là fièrement l'année dernière. Mark est maintenant totalement hermétique à ce qui peut se passer dans l'habitacle, que le trio converserait qu'il n'en aurait aucune idée alors que la ville, ses maisons et ses immeubles approchent à vitesse grand V.

"Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent. Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ; tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours."


Même le paysage, la route, les rues empruntées et le reste n'ont plus aucune espèce d'importance, l'homme les voit sans les voir, il a réussi à refermer son esprit dans une bulle. Récitant encore et toujours dans sa tête des prières tandis que le paysage du Texas et remplacé devant son regard par d'autres images bien plus lointaine, en provenance direct de son passé et surtout tellement agréables. À tel point qu'il peut presque humer leurs parfums, sentir le goût de leurs peaux sur sa langue, définir leurs grains de peau sous ses doigts et en dessiner les courbes.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Sam 12 Déc - 17:05
Pour finir, Liz décida de ne pas jouer avec le feu et attendit sagement une trouée de la barrière afin de rejoindre la plaine à notre gauche. Je ne savais pas si j'étais déçu de son éventuel manque d'improvisation - ou de courage, mais je ne voulais pas le dire comme ça, pas de quelqu'un ayant survécu à l'enfer, tant je savais ce que cela signifiait, ou réconforté de sa prudence. Mon côté instinctif étais déçu, mais mon côté raisonnable s'en félicitait plutôt ; au final, bénéficiant de l'aura de confiance de la voiture, je m'en trouvais plutôt frustré, le côté instinct prenant le dessus tant qu'aucun danger bien réel et direct ne venait le mettre en échec. J'aurais bien voulu la voir tester le véhicule. Je me relâchais légèrement sur mon siège, vaguement dépité, attendant la suite avec la profonde résignation de quelqu'un qui sait qu'il ne sait passera rien. Pure invention de mon cerveau trompé par les conditions actuelles, mais je n'allais pas le contrarier volontairement. Je remplaçais bientôt ces pensées par d'autres, songeant aux paroles échangées l'instant d'avant et à la non-réponse de la conductrice. Je ne voyais personnellement pas de raison de taire ce qui serait une évidence sur le terrain et préférais nettement que chacun soit au courant, afin d'éviter des risques stupides au mauvais moment. Au moins, ils ne s'attendraient pas de ma part à des actes qu'ils me savaient désormais incapable de faire. Ce qui, à mes yeux, était un gage de sureté. En plus de ça, je ne voyais de toute manière pas de raison de cacher quoique ce soit me concernant si on me le demandait, car je considérais l’honnêteté comme quelque chose de primordial. Bon. Ca ne voulait pas dire que j’ignorais le mensonge, ou que je disais toujours tout. Je n’étais pas un saint non plus. Mais je n’étais pas du genre à dissimuler, tout simplement ; je faisais facilement confiance, comme je faisais confiance à mes trois compagnons du moment pour ce qui était de ma propre survie et comme j’espérais un jour qu’il me le rende. J’avais d’autres talents que de faire mumuse avec des armes.

Liz franchi la trouée et s’engagea dans la plaine, le véhicula cahota et tressauta, tandis que je m’agrippais toujours au bord de mon siège, préférant ça à la poignée à ma tête, laissant mon corps se couler dans le siège  en attendant que ça passe. Une centaine de mètre plus tard, nous roulions à nouveau sur quelque chose qui ressemblait à un chemin, à peine moins malmené que dans le terrain brut que nous venions de quitter. Mes pensées se baladaient, bercées par les mouvements familiers, tandis que le paysage défilait, plaine, buissons, cadavres, plaine... Un lac de rétention entra dans mon champ de vision, brillant d’un vert sombre, puis disparu, remplacé par les bâtiments bas de la ville dont nous nous approchions inexorablement. Le chemin amenait tout droit sur l’aéroport et sur un quartier résidentiel d’apparence récent, nous coinçant entre les deux, se transformant en une route goudronnées longeant le périmètre, tout droit jusqu’à ce qui devait être la 37ème rue, si mes souvenirs étaient exacts. Il y avait de moins en moins de décomposés errant sur la route, comme si tous étaient appelées d’une manière ou d’une autre vers la horde que nous avions vue à l’est de la ville. Ces choses avaient elle une sorte d’instinct de meute ? Ou était-ce juste que la nourriture était plus fréquente lorsqu’ils étaient nombreux ? Ou quelque chose d’autre qui me dépassait complétement pouvait les mouvoir de manière volontaire ?  Quoique ce fût, ça nous arrangeait plutôt car l’avancée se faisait facile. Rapidement, la voiture arriva dans ce qu’un panneau me confirma être la 37ème, l’avancée en dehors des routes allant être rendue quasiment impossible par les nombreuses habitations, barrières et haies, sans compter les arbres, alors que nous venions d’entrer dans les faubourgs de la ville elle-même. J’essayais mentalement de me remémorer le trajet, espérant que Liz savait par où passer pour nous faire rejoindre la nationale 180 qui traversait la ville et que sur les cartes que j’avaient vues à la caravane, une main avait délimité comme étant la frontière du fameux secteur D qui était notre but, si j’avais tout suivi comme un pro. Un pro de quoi, je l’ignorais, mais faire un tel rapprochement me rassérénait.

La voiture s’engagea donc et tourna à gauche, dans la direction de la sortie de la ville. Je ne pouvais que constater que Liz avait bien en mémoire la carte et avait envisagé le moyen le plus simple d’accéder au secteur D, c’est-à-dire par le haut, en suivant la route la plus directe qui faisait ensuite prendre à droite sur la 1600 quelque chose, tout droit, et bingo sur la 180 qu’il suffisait ensuite de redescendre jusqu’au centre-ville, si ça les branchait. Certainement la meilleure manière se garder les fesses à l’abri d’un éventuel rassemblement de morts-vivants au centre-ville. J’admirais. Mais pas longtemps. Après 100 mètres à peine, à niveau de l’accès à l’aéroport et un quartier de villa de l’autre côté de la route, quelque chose prenait toute la route. Et pas l’ombre d’un chemin de traverses sur notre droite. Je ne savais pas si Liz l’avait vu, mais un vieux réflexe me fit m’écrier, le même reflexe qui me faisait chercher une imaginaire pédale de frein à chaque manœuvre qui ne me plaisait pas.

- Arrête-toi, stop !

De notre position, je ne distinguais pas bien, on aurait dit un attroupement d’une vingtaine de décomposés en train de… quoi ? S’acharner sur quelque chose ? Quelque chose de gros, mais quoi ? Aucune certitude, à part que j’imaginais bien une arrière garde de la horde oubliée là pour finir les restes. Ou leur restant de cerveau n’avait pas tiltés le départ des autres il y a des jours. Il n’en restait pas moins que je me demandais si ils laissaient la place de passer entre les barrières de l'aéroport et celles des villas, sans compter qu’en attirer autant alors qu’on allait certainement mettre pied à terre 1 kilomètres plus loin n’était peut-être pas le top. Je me tournais vers Jena entre les sièges.

- Jena, tu arrives à voir si y a moyen de passer ? Sinon va falloir faire demi-tour par la ville et remonter par les avenues. Vous en pensez quoi ?

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 16 Déc - 11:40
En passant par le secteur B, vous franchirez les zones identifiées en tant que Quartier 3 & 4 du secteur B, mais votre voyage n'étant pas cette destination et les zones étant peuplées de nombreux rôdeurs, vous avez du avancer à toute vitesse et n'avez donc vu quasiment rien de notable de prime abord. Votre arrêt fut bref et repartant aussitôt vers l'Ouest pour aborder le Secteur D. Arrivés par l'U.S 180 qui aura été parsemée que de quelques morts-vivants épars, vous débarquez finalement à votre destination, le long de la frontière imaginée par Matthew Jefferson. L'ancien chef du camp et dessinateur des cartes.

[CFJ, D, EXP] Exploration du secteur D - 10/02/2035 - Page 2 Secteu10

C'est par l'Ouest que vous arrivez, dans ce qui se dessine comme une zone industrielle. Si vous laissez sur votre droite le secteur B, vers lequel vous dériverez peut-être au gré de votre chemin puisqu'il partage une moitié des lieux usiniers, votre objectif apparaîtra sur votre gauche et les premiers ennuis commenceront. La route semblera complètement encombrée par un méli-mélo de véhicules, comme un embouteillage débordant sur le terre plein central et même les abords, ce qui va rendre votre progression difficile, voir impossible, tout du moins à bord de la voiture. Les véhicules semblaient pressés de fuir la ville lorsqu'ils se sont vu figés dans cet apocalypse Pour le moment, tout semble calme et les morts, éparpillés, n'ont pas encore remarqué votre présence.

Vous arriverez tout de même à bien imaginer la manière dont les différents lieux pourraient être identifiés, et vous aborderez presque de force cette zone par le Quartier 1. En sortie de route, dans le principal rassemblement de bâtisses du quartier, se trouvent quatre Lieux Industriels, bordés de large parking, ainsi que deux Lieux d'Habitations, ressemblant fortement à des bureaux, ou quelque chose d'approchant. Des sociétés bien distinctes se partagent cette partie du quartier et vous constaterez l'abandon de certaines parcelles par rapport à l'ancienne carte à votre disposition où de plus nombreux bâtiments étaient occupés. Il est probable que les entreprises de cette zone aient souffert de la crise économique, à moins que Snyder ne présentait simplement plus assez d'intérêt pour pérenniser.

Plus dans les terre, vous distinguez le creu provoqué par un énorme bassin de décantation, attestant sans aucun doute de la présence plus loin d'un autre Lieu Industriel, plus vaste que les quelques-un qui borde la route.

Un choix difficile s'offre à vous maintenant : qu'allez-vous donc faire de votre véhicule ?


Eléments Scénaristiques:
 

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 17 Déc - 10:46
Le reste du chemin s’était fait sans vraiment d’encombre. Elizabeth avait laissé le véhicule remonter le long de la piste de terre, débordant une petite cabane sur sa gauche avant de s’engager dans la courbe à proximité de l’aéroport. C’était il y a presque deux semaines maintenant, peut-être un peu moins, qu’elle en était revenu. Elle avait passé deux jours avec James coincée à bord de l’un des appareils stationnés sur la piste. Deux jours de supplice mental, partagé entre la douleur de la perte de son amie, et la douceur de la proximité du médecin. Elle n’était que peu, voire pas du tout, habitué aux relations humaines et elle savait pertinemment avoir été des plus maladroites avec lui. Il s’était montré si attentif, attentionné, et prudent, que la culpabilité à son égard ne cessait de grandir chaque fois qu’elle y pensait.
Certains diraient que pour une psy, c’était sans doute un comble, mais elle donnerait cher pour avoir le moindre conseil de celui qu’elle avait toujours considéré comme son père : Aiden.

Elle avait certes progressée, mais elle restait l’handicapée sociale qu’elle avait toujours été.

Elle suivait le chemin tel qu’elle se l’était implanté dans l’esprit. Elle avait de nombreuses fois imprimé la carte pour les sorties précédentes que la route lui apparaissait aussi claire que de l’eau de roche. Le premier semblant de difficulté se présenta à eux avant même qu’ils ne parviennent enfin à leur objectif, mais ça n’avait été qu’un leurre. Elizabeth avait finalement contourné le problème dès qu’elle en eut la confirmation, engageant le véhicule sur le trottoir, avec prudence et discrétion – bien que cette notion soit des plus subjective à bord d’un 4x4 – afin de ne pas détourner les dégénérés de leurs succulent repas.

Elle avait guetté le long du chemin qui les avait guidé jusqu’ici si elle ne voyait aucun corps qui pourrait lui paraitre familier. Qu’il ait le visage d’Ivy ou celui de Seth. Elle ne s’était jamais vraiment intéressée aux relations sentimentales des autres occupants du campement. La sienne l’avait quasiment pris au dépourvu. Mais pour le coup, elle n’arrivait pas bien à saisir les tenants et les aboutissants.
Elle s’était toujours tenue à l’écart du moindre lien social avec quiconque, et la tragédie de la perte de sa première véritable amie, même si elle ne la connaissait que depuis quelques mois à peine, voire moins, en avait été qu’accrue. Elle avait permis à deux personnes de franchir les barrières de sa proximité, et elle en avait subi les conséquences. Et si James venait à disparaitre ?
Cette idée lui glaça à nouveau les veines. Elle y pensait très souvent, et le blocage qui en résultait la faisait tourner en rond et se mordre la queue.

Toujours aucune nouvelle par la radio, qu’elle avait laissé allumée.

Une fois le premier obstacle dépassé, elle continua son chemin, contournant le dernier quartier du secteur B, et abordant le D par l’Ouest.
Devant le barrage de véhicule, elle ralentit et stoppa l’engin.

« Merde. On dirait qu’ils ont tous voulu fuir en même temps. »

Elle jeta un regard aux alentours pour être certaine qu’aucun mort ne viendrait se jeter sur la carcasse métallique de la voiture, et par déduction, sur elle, avant d’ouvrir la portière et s’extraire de la Cadillac en se saisissant de son arme de poing. Elle voulait contempler au mieux la teneur de ce qui se dressait devant eux et les empêchait de progresser davantage. Son regard passa sur le moindre détail du paysage à 360 degrés, se concentrant dans un premier temps principalement sur les possibles dangers à proximité, avant de porter plus loin, vers les entreprises dont le contours des bâtiments se dessinaient plus loin sur sa droite.

C’est ainsi qu’elle capta un panneau plus qu’intéressant, la renseignant au moins l’un d’eux.

« Regardez. » Dit-elle en désignant l’indication. «  On dirait que la déchetterie de la ville est juste là. »

Elle jeta à coup d’œil à ses partenaires de sortie, qu’ils soient restés à bord ou qu’ils aient suivit sa démarche. Ce n’était certes pas un lieu de premier choix pour leur excursion, mais au moins, cela apportait un renseignement supplémentaire. Avec un peu de chance, ils y trouveraient du matériel abandonné en bon état. Cela aurait au moins l’avantage de ne pas avoir été pillé. Qui aurait pensé à dévaliser une déchetterie ?

Elle espérait surtout que quelqu’un se décide à prendre le lead de cette excursion. Elle détestait avoir à décider et avait plus l’attitude d’une suiveuse que d’une meneuse. Elle s’intéressa alors à ce qu’en dirait les autres, à ce sujet, mais aussi à propos de ce qu’ils allaient faire, maintenant que la route praticable était encombrée.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 20 Déc - 15:14
Le reste du trajet s’était déroulé sans encombre, et sans guère de mots échangés. A l’exception de Johann, j’avais l’impression d’avoir embarqué deux grands muets avec moi. Peut-être que le temps, la confiance et les épreuves finiraient par les dérider un peu. Finalement, nous avions finit par atteindre ce que la cartographie de la caravane présentait comme le secteur D. Les silhouettes des bâtiments industriels s’étaient dessinées avec plus de netteté au fur et à mesure de notre progression. Nous en dépassions une bonne partie pour finalement rejoindre la large avenue désignée par quelques panneaux comme la 180.

A peine l’avions-nous abordé qu’au-travers du pare-brise se profilait un embouteillage monstrueux. Des véhicules abandonnés, certains encastrés dans le terre-plein central, d’autres en-travers des trottoirs, bloquaient désormais notre progression. Du moins notre progression véhiculé. A la remarque de notre conductrice, je ne pus qu’afficher une grimace d’approbation contrariée, l’imitant par la suite alors qu’elle quittait le véhicule. Mon arme à la main, canon pointé vers le sol et index posé sur l’arrière du pontet, derrière la queue de détente, j’effectuais une rapide reconnaissance des alentours, identifiant quelques rôdeurs errant au loin que le moteur du véhicule n’avait pas encore attiré vers notre position. Puis, je m’emparais de la paire de jumelle pour pousser la reconnaissance au plus loin, cherchant à identifier les possibles enseignes encore dressées sur les façades de quelques bâtiments.

Je n’écoutais que d’une oreille l’information délivrée par Elizabeth concernant la déchetterie, braquant mes binoculaires dans la direction indiquée durant quelques secondes, avant de revenir sur les bâtiments un peu plus élevés.

“J’arrive à distinguer deux tours de tailles moyennes, probablement des immeubles de bureaux vers le…” Je jetais un regard vers mon ombre à mes pieds en marquant une légère hésitation. “...Nord, nord-est peut-être. Il y a aussi un entrepôt logistique… Enfin, on dirait…” Je fronçais les sourcils en forçant légèrement sur mes azurs pour lire sur qu’il y lire la pancarte. “Merde… Il doit être vide. Il était à vendre…” précisai-je en observant l’immense annonce placardée contre la tôle ondulée. ‘For sale’.

“C’est tout ce que je peux voir d’ici…” conclus-je en abaissant mes jumelles, les laissant de nouveau pendre contre mes côtes. Je restais silencieuse durant quelques secondes, plaquant mes mains sur mes hanches après avoir remisé mon arme entre mes reins, fronçant mes sourcils alors que mon esprit cogitait sur les différentes options qui s’offraient à nous. D’une façon ou d’une autre, nous allions être contraint de poursuivre à pieds.

Je me rendis ensuite vers le coffre du véhicule, ouvrant ce dernier pour récupérer mon sac-à-dos, puis me tournais vers Elizabeth pour l’interpeller.

“Elizabeth ? Tu feras demi-tour avec le véhicule. Autant anticiper la nécessité d’un départ précipité,” ordonnai-je à la jeune femme d’un ton autoritaire, mais d’une voix calme et posée, une instruction à mi-chemin entre l’ordre et le conseil. Après quoi, je posais mon pied gauche contre le pare-choc du véhicule, renouant mon lacet par précaution, tout en parlant à l’ensemble des membres de l’expédition.

“Vérifiez vos lacets et votre matos pour être sûrs de ne rien perdre en route, à commencer par votre équilibre en cas de course,” continuai-je sur le même ton, juste avant de changer de vérifier l’attache de mon autre godasse. “On va devoir marcher pour atteindre la déchetterie. Autant être discrets à partir d’ici. Mais avant ça, on va vérifier les véhicules et ce qu’ils contiennent. Il doit encore y avoir de nombreuses affaires à bord,” terminai-je en me redressant, récupérant finalement le fusil à pompe dans le coffre avant de refermer le hayon, si personne d’autre n’avait d’affaires à y récupérer.

“Dernière chose… On ne se sépare pas, quoi qu’il arrive,” lâchai-je en guise de dernier conseil, d’un ton bien plus sec et tranché. Puis, une fois que tout le monde serait prêt à partir, je lancerais un dernier ordre. “En route.”

Mark Logan

Anonymous
Invité
Dim 20 Déc - 20:29
"Notre Père qui êtes aux cieux, Vous êtes mon refuge et le rocher de mon salut. Rien ne Vous échappe de ce qui m'arrive. Je suis votre serviteur et je porte votre Nom. Je Vous remercie de m'avoir donné le casque du salut. C'est dans votre Fils Jésus que je suis ce que je suis. Rien ne pourra jamais me séparer de votre amour. Je Vous remercie de pardonner mes péchés et d'effacer mes fautes. Je me revêts maintenant de votre cuirasse de justice. Que l'Esprit Saint scrute et mette au grand jour toute stratégie de ténèbres dirigée contre moi. Je saisis le bouclier de la Foi, pour me tenir debout dans la Parole de Dieu."

La route défile sous ses yeux qui ne voient pas. Sa ferveur l'a emporté bien loin d'ici, loin de cette voiture, loin des deux tentatrices. Ses lèvres remuent à cette nouvelle prière alors qu'aucun son ne sort de sa bouche, il n'a plus conscience qu'il n'est pas seul au milieu de cette ville à moitié en ruines.

Le claquement d'une portière résonne à ses oreilles, le faisant sursauter, d'ailleurs est-ce vraiment un claquement ou la répercussion du son alors qu'il a la tête appuyé contre la vitre. Derrière ses lunettes de soudeur, ses yeux clignent rapidement quelques secondes, son esprit brutalement ramené à ce qui l'entoure. Son regard se posant en premier sur le charmant fessier d'une damoiselle là dehors, à l'extérieur de la Cadillac. Voiture. Excursion. Elizabeth. Jena. Johann. Le puzzle de ses idées éparses se reforme dans son cerveau. Le véhicule ne bouge plus, il lève les yeux pour voir la chevelure brune de la conductrice ou ils sont enfin arrivés ou quelque chose bloque le passage pour qu'elle soit ainsi dehors. Il tourne la tête pour voir la banquette vide à l'autre bout de la voiture, Jena aussi semble être sortie, il se redresse et attrape la poignée de la portière de son côté, l'ouvrant rapidement avant de s'extraire rapidement de l'engin motorisé. Sa main droite se portant sur la garde de son couteau de combat, prêt à en découdre avec n'importe quoi qui lui passerait sous la main et qui n'est pas identifié comme non hostile. Rien ne lui saute dessus, à lui ou à la brune devant, ses épaules se détendent, sa main relâche son emprise et il peut se redresser totalement.

L'immobilité en étant plié dans la Cadillac, se fait sentir dans chacun de ses muscles, Mark s'empresse de s'étirer autant que possible, faisant craquer aussi bien ses doigts que sa nuque avant de passer d'un pied sur l'autre pour détendre ses muscles. Il en profite pour commencer à regarder le décor autour de lui et constater que s'ils sont bien arrivés dans une zone industrielle, celle-ci a des airs de mauvais films avec son enfilade de véhicules abandonnés qui peuvent cacher tout et n'importe quoi. Quant aux bâtiments, son regard confirme ce qu'il a entendu de la part de Jena et d'Elizabeth, une déchetterie, ce qui peut passer pour des tours au loin, des parkings aussi, continuant son inspection pour découvrir encore plus loin ce qui ressemble à un vieux et énorme bassin d'il ne sait trop quoi. Terminant son tour visuel tout en entendant les paroles de la blonde, qui ne lui font ni chaud, ni froid même si elles sont lâchées sur un ton se voulant un peu trop directeur.

"Si elle couine autant quand elle a un mec sur elle et en elle, cela va être un régal de jouer avec. Ouais si elle aime pas ça, elle en serait bien capable d'aimer ce que tu lui feras. Eh bien, je la ferais couiner encore plus fort, ce n'est pas un problème."

Il la regarde en esquissant un sourire.

"D'accord"

Son visage retrouvant presque aussitôt sa neutralité première et puisque la damoiselle est pressée autant se mettre à l'action immédiatement. L'ex mineur commence par faire genre, en se penchant pour vérifier les lacets de ses rangers et ce même s'ils sont parfaitement faits, il se redresse faisant jouer les muscles de ses épaules pour caler correctement son sac sur son dos. Par mesure de précaution, il repose sa main droite sur le manche de son couteau accroché à sa ceinture et commence sa progression en direction des véhicules. Sans être le plus discret possible, il avance tranquillement sans être aussi pataud voir boeuf que sa carrure peut le laisser penser. Approchant du premier véhicule lentement, il a devant lui une voiture rouge aux portes fermées visuellement et aux vitres tellement dégueulasses qu'il est impossible d'en voir l'intérieur. Prudemment, il se porte à la hauteur du coffre, pour tenter d'en faire jouer la serrure qui lui résiste, vraisemblablement il est fermé à clé ou encore faut-il le délocker depuis l'intérieur du véhicule. Laissant le cul de la voiture en paix, Mark entreprend de remonter le long du véhicule, essayant de se faire aussi silencieux que possible tandis que la légère secousse sur le coffre peut avoir sorti de stase un charognard se trouvant dans l'habitacle.

L'homme n'entend strictement rien et parvenu au niveau de la portière arrière gauche, il pose sa main libre sur la poignée, son autre main se tenant prête à sortir son couteau. Là encore il fait jouer la serrure qui ne se prive pas pour émettre un léger ploc quand elle se déverrouille. Délicatement il tire sur la portière pour l'ouvrir et si celle-ci a le bon goût de ne pas s'ouvrir en grinçant et de ne rien dissimulé de non mort qui devrait l'être. La surprise vient de derrière lui, le faisant sursauter au moment ou un zombie coincé dans la voiture derrière son dos se rue sur la vitre de son véhicule pour la taper avant de se mettre à gratter pour essayer de sortir de là et faire son premier festin depuis des mois.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Lun 21 Déc - 21:39
C’était une ville morte, la première où je pénétrais réellement en son sein depuis que tout avait commencé. Partout où je regardais, des véhicules abandonnés, des devantures éventrées aux bris de verre épars au sol, des ordures entassées dans les coins et pas un bruit, pas un mouvement, rien. J’avais entrouvert la fenêtre, à peine, et le silence, partout, impressionnant, seul le son de notre moteur  le brisait tandis que nous rejoignions notre but. Jusqu’à ce que devant nous se dessine l’accablant constat que nous n’allions pas aller plus loin de cette manière. Visiblement, les habitants avaient été pris de court en voulant fuir en une seule unique marée de véhicules, bloquée bientôt par un embouteillage monstre, mais prévisible, un accident, un arrêt, une voiture, puis une autre, puis… J’imaginais les gens sortant de leurs voitures, les cris, les insultes, la tempête des klaxons, la panique montant. Des parents emmenant leurs enfants et leurs maigres affaires prises à la va vite, les files de gens se frayant un passage à pied, poussant, se bousculant, la peur, l’angoisse, et derrière… Qui sait ? Le claquement successif des portières m’arracha à mes pensées et je suivis les autres dehors en prenant mon sac - vide -  au passage, refermant la portière puis le passant sur mes deux épaules. Aucun détail ne se négligeait. Je branchais le talkie, vérifiais la fréquence et l’éteignais à nouveau, toujours accroché à ma ceinture, sur le côté gauche. Au cas où, me disais-je. On n’est jamais trop prudent. Je passais le gros tournevis dans ma ceinture, devant, sur la droite. Au cas où, également.

Liz avait parlé de la déchetterie et je cherchais une indication du regard pendant que Jena donnait ses ordres. Sa précision sur les lacets ne me fit pas sourire, mais me laissa dubitatif ; elle pouvait se les carrer où je pense, mes lacets,  il me semblait bien avoir l’âge de savoir les attacher pour que ça tienne une fois pour toute. On n’était plus en maternelle. Miss sergent-chef ; le surnom s’implanta de lui-même dans mon esprit, rapport à pas mal de films. Je n’allais certainement pas lui discuter le poste de leader, ça lui allait parfaitement bien à part ça ; tant que ça ne tournait pas au ridicule, elle pouvait bien ordonner tout ce qu’elle voulait. A voir si j’allais obéir à tous, ça, c’était une autre histoire. En dehors de ce constat, c’était elle qui était à mon goût la plus à même d’assurer ma propre sécurité et je n’allais pas chercher à la froisser exprès, faudrait être bien con. Ca semblait également être au goût de Mark, monsieur un demi-mot à la demi-heure. Je savais en tout cas que s’il me venait l’envie de discuter, ce ne serait pas avec lui ; mais une chose après l’autre. Le panneau indiqué par Liz étais là et indiquait un endroit plus haut dans la rue – ou plus bas, ça dépendait du point de vue au vu de la platitude désespérante de la région. Elle devait être cachée par un des immeubles, ou carrément derrière. Pourquoi la déchetterie ? La question me trottait dans la tête. Des matières premières ? Ca se tenait. Je n’allais pas faire la fine bouche. Tout était bon à prendre actuellement. Je m’avançais à la suite de Mark vers la colonne de véhicules figés dans leur arrêt définitif.

- Fais gaffe à tes pieds, y en a planqué sous les voitures parfois.

Je le hélais avant de m’aventurer à sa suite dans le labyrinthe de tôle. J’avais rencontré une famille au hasard de la route qui avait perdu un de leurs de cette manière. Il fouillait des voitures à l’arrêt et une de ces saloperies l’avait soudain empoigné par en dessous. Quand ils avaient pu l’en dégager, c’était trop tard. Ils l’avaient laissé en arrière avec une arme et une gourde d’eau. Le type était sûrement devenu un de ces cadavres ambulant depuis, à moins qu’il n’ait eu le courage de l’empêcher par lui-même.  Bref, tout ça pour dire, si j’avais pu choisir, j’aurais laissé là les voitures et leur contenu pour passer par-dessus, mais je ne me sentais pas de donner mon avis, pas en étant arrivé si récemment dans le groupe. Je me contentais donc d’être attentif à tout ce que je pouvais en suivant le même chemin que Mark, jusqu’à arriver à la hauteur du cul du véhicule précèdent celui qu’il tentait d’ouvrir. Je pense qu’on a dû bondir de manière totalement synchro quand un choc a retenti contre la vitre dans son dos. « Putain, je m’y ferais jamais. » Je marmonnais entre mes dents tout en fixant la chose coincée dans la voiture et décidait de faire à ma manière, parce que après tout, j’avais pas signé pour ça.  

- Evite d’ouvrir la porte, hein. Ca ferait mauvais genre de le laisser sortir.

Je jetais à Mark ma subite montée de mauvaise humeur assez normale avec l’escalade d’adrénaline consécutive à l’irruption surprise du zombie et envisageais la voiture la plus proche, qui était à ma droite, derrière celle dont la portière subissait les assauts du costaud. Un pied au bord du pneu, un autre sur le coffre, un instant après j’étais sur le toit, magnifique point de vue panoramique sur l’embouteillage qui effectivement ne semblait bien ne pas avoir de fin. Magnifique. Vraiment magnifique.

Capot, coffre, nouveau toit. Deux voitures plus loin je m’arrêtai à nouveau, jetait un regard derrière moi pour vérifier que les filles suivaient, puis tentait de repérer quelque chose de plus intéressant dans la multitude de boîtes à surprise sur roues nous entourant. Avant ça, j’avisais plus loin, à une bonne cinquantaine de mètre, un second panneau indiquant « déchetterie » et pointant à gauche après un immeuble bas qui ressemblait à un atelier aux portes vitrées. Je montrais la direction toute approximative à mes compagnons.

- A voir, c’est par là, votre fameuse déchetterie. Et restez au milieu, y a des carcasses coincées contre le mur de ce côté.

J’avais pu voir ça depuis mes hauteurs, ce qui rendait un trajet simple en rasant les murs à peu près impossible. Le centre de la chaussée semblant être ce qui était encore le plus praticable, en jouant le zig-zag entre les véhicules. D’ailleurs, en parlant de véhicule, un break au coffre plein à craquer semblait n’attendre que notre arrivée. Je redescendais en ripant sur la carrosserie et avançait en solo, distançant mes compagnons d’une poignée de mètres. Je restais largement en vue, fallait pas déconner. La voiture était juste devant après un gros pick-up Ford, parfait. J’arrivais à sa hauteur, confiant dans le fait que j’avais les autres dans mon dos, pas loin. Autour de moi, le calme plat ; j’avisais quelques silhouettes indistincte au niveau du carrefour que nous visions mais du côté droit, autrement, nada. Je me baissais pour voir à travers la vitre poussiéreuse, la balayais d’une main. Rien ne bougeait, mais je pouvais apercevoir que l’arrière débordait de ce que j’imaginais être des sacs contenant tout ce qu’une famille avait pu tenter de sauver. Je passais la main sur la poignée de la porte passager avant et tirait ; rien ne se passât. Je testais la porte arrière ; rien non plus. Fermée. J’hésitais un instant à faire le tour mais un réflexe de prudence me fît penser que me mettre hors de vue ne serait pas une bonne idée. Je pris le tournevis en main, sortis mon bandana de l’autre depuis la poche de ma veste en m’en entourais la main droite. Une pensée à l’idée du bruit que ça allait faire me retînt fugitivement mais fût rapidement balayée par le fait que, non, au vu de notre arrivée en voiture, vouloir être discret maintenant était plutôt ridicule. Je frappais donc la vitre avec la pointe du tournevis en y mettant toute ma force. La vitre résista à la première tentative, mais pas à la seconde et éclata avec un bruit sec et une giclée d’éclats de verre qui rebondirent sur ma veste. De la même main, passant par-dessus ce qui restait de la vitre, j’attrapais le loquet intérieur et le tirait pour pouvoir ouvrir la porte. Je n’en eût pas le temps.

Je fis un bond en arrière, mon dos se heurtant violemment à la carrosserie d’une camionnette blanche contre laquelle je restais appuyé, les jambes tremblantes. « Oh putain, oh putain…  Oh - putain… » Mon souffle court se mêlait à mes murmures horrifiés tandis que je ne pouvais détacher mon regard de l’intérieur du break. La créature attachée à son siège me fixait elle aussi, lançant ses bras potelés vers moi, son visage craquelé, parcheminé et pourtant encore rond et poupin distordu par une grimace à glacer le sang, et ce râle qui s’échappait de ses lèvres ouvertes sur même pas des dents, une mâchoire nue, noire, qui voulait se refermer sur moi ou tout autre qui aurait le malheur d’être à sa portée. Un gamin. Un foutu putain de gosse de même pas trois ans ! Un de ce cadavres, rôdeurs, zombies, une de ces pourriture, à peine né et déjà mort, comment, pourquoi, quel Dieu pouvait permettre ça !? Le minuscule zombie continuait de s’agiter, attaché à son siège d’enfant, certainement fou de rage d’être ainsi maintenu éloigné de ma chair fraiche et vivante. Mes jambes m’entraînèrent vers le bas et je me retrouvais le cul posé sur le goudron, le dos de ma main devant ma bouche qui ne demandait qu’à laisser sortir la nausée qui remontait dans ma gorge et contre laquelle je luttais. Je pouvais en supporter beaucoup, mais pas ça. Pas ça. « Pas un gosse… »
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