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[CFJ, D, EXP] Exploration du secteur D - 10/02/2035
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Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 22 Déc - 16:00
Un sourcil relevé, Elizabeth observa Jena du coin du regard peu de seconde après qu’elle l’ai interpellé pour lui donner ses directives, un peu trop strict à son goût. Elle attendit que la jeune femme ait fini son discours pour porter son regard sur les deux hommes du groupe. Il était sans doute temps de remarquer si l’un d’entre eux avait un quelconque égo typiquement masculin ou s’ils étaient peu sensible à ce genre d’attitude.

La réaction du plus grand l’intrigua. Son naturel discret pour un type de sa stature et sa complaisance instantanée lui paraissait presque peu naturel. Et s’il était réellement quelqu’un de conciliant et timide, le dicton à propos de l’habit du moine trouverait tout son sens. Quant à son ex-co-pilote, il sembla ne pas s’intéresser réellement à ce qui était dit. Tout du moins, elle ne parvenait pas à capter de réelles réactions aux propos de leur Sergent Instructeur en Survie et son échange de regard ne fut partagé ni par l’un, ni par l’autre. Elle préféra alors s’abstenir du moindre commentaire à ce sujet, car si elle n’avait pas à cœur – ni l’expérience d’ailleurs- de coacher elle-même une sortie, elle aurait apprécié une mise en forme plus gracieuse.
Décidément, entre cela et les questions un peu trop intrusives pour une nana débarquant de nulle part et un peu trop miss-je-fourre-mon-nez-partout, Jena perdait de très nombreux point dans le classement de confiance personnelle de l’ex-psychologue.
Après tout, avant d’exiger quoi que ce soit des autres, il était des plus corrects de fournir acte à hauteur des attentes. Non, au lieu de cela, l’autre femme du groupe se montrait de plus en plus pédante – ou pète-cul dans un langage plus familier.

Maintenant qu’elle venait de faire monstration de son tempérament, elle avait surtout intérêt à se montrer à la hauteur de sa prétention, car nul doute qu’elle serait chopé au passage si elle faisait ne serait-ce que mine de se planter.

En attendant, Elizabeth patienta qu’elle ait fini de se servir du coffre du véhicule comme marche pied et que les deux autres s’écartent un petit peu, restant entre l’habitacle côté chauffeur et sa portière ouverte, prête à grimper à nouveau à l’intérieur dès que la voie serait libre. En attendant, elle vérifia que le chargeur de son arme est réellement plein avant d’engager de nouveau ce dernier dans son VP70, d’amorcer la première balle en tirant sur la culasse, avant de ranger l’arme entre son dos et son pantalon.

Dès qu’elle put, elle remonta à bord de la Cadillac et manœuvra afin de poster cette dernière face à la route dégagée par laquelle ils étaient arrivés. Elle s’assura par la suite que l’ensemble des portières n’étaient pas verrouillées mais bien fermées, idem pour le coffre. Une fois fait, elle attrapa le reste de ses affaires, gardant le couteau en main et le sac sur ses épaules, puis fini par rejoindre d’un pas rapide l’arrière du groupe, fermant leur marche.

Le spectacle des véhicules enchevêtrés donnaient mal au cœur. Elle n’arrivait pas vraiment à imaginer la panique qu’avait pu ressentir ses gens qui avaient tentés de fuir leur domicile, pour leur propre survie et ceux de leur proche. Sa propre situation ayant été plus confortable au moment des faits, elle n’avait eu aucune décision difficile à prendre, ni personne autre qu’elle-même à assumer, restant cloîtré dans son ranch, perdu dans la campagne Texane. Mais dans le silence qui régnait, elle entendait les échos du cauchemar qui avait envahi cette rue à l’instar de cette école qui l’avait hanté de nombreux jours auparavant. C’était lourd et pesant.

Elle observait le rouquin grimper de voiture en voiture, faisant le guet pour leur progression sans doute, qui les amenait à se faufiler entre les véhicules, ce qui n’était pas pour l’enchanter.
Elle serrait dans sa main droite le manche de son couteau, prêtant attention aux portières ouvertes, aux fenêtres brisées ou encore aux trop large interstice entre le goudron et le bas de caisse. Elle savait pertinemment que quelques cadavres se trouvaient dans le secteur, que des hommes ou des femmes avaient trouvés la mort en tentant de fuir l’épidémie qui avait finalement atteint le Texas profond, et qu’il était fort probable qu’ils aient à en croiser avant leur destination atteinte.

Le rouquin recommanda à rester au milieu de l’enchevêtrement puisque le côté qui les intéressait était pour le moment une impasse. Les pas de la brune se succédaient, à une cadence calculée, chaque mouvement étant l’assurance qu’il était le plus sécuritaire possible. Elle en profitait même pour jeter un coup d’œil ou deux à l’intérieur des véhicules pour en plus de s’assurer de la présence de potentiels dégénérés, vérifier que rien d’intéressant n’avait été laissé.

La portière conducteur d’une Dodge grise lui barrait la route. Elle s’approcha alors de cette dernière, s’assurant que rien ne vienne la surprendre dans sa manœuvre, elle poussa cette dernière retrouvé enfoncée dans la portière de sa voisine. Un léger crissement survint dans le mouvement avant qu’elle ne parvienne à la rabattre, à peine plus sonore que les voix.

C’est à cet instant qu’un bruit d’éclat retentit, la prenant un peu au dépourvu. Analysant la provenance de ce dernier, son regard porta vers celui qui avait commencé à les guider dans ce labyrinthe de carcasses juste à l’instant où il recula promptement en heurtant l’obstacle derrière lui. Alerté par ce mouvement de panique, mais étant la plus éloigné de lui, elle préféra sécuriser les alentours d’éventuels ennemis, laissant le soin à ses collègues d’aller voir ce qu’il se passait.

Attentive, son regard fut immédiatement attiré par un mouvement à travers une enfilade de fenêtre, derrière l’utilitaire blanc contre lequel Johann s’était appuyé. Un ? Non, non, deux. Il y avait bien deux têtes décharnées qui voyageaient entre les voitures et tentaient de trouver le chemin le plus court pour remonter vers eux.

« Là ! Derrière la camionnette. » Annonça-t-elle en désignant du doigt les potentiels assaillants.

Elle remonta en leur direction, espérant temporiser en attendant de savoir ce qu’il s’était passé avec Johann.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 28 Déc - 20:59
Le fusil à pompe en mains, une fois la Cadillac garée dans le sens du départ et que tous mes compagnons d’excursions furent prêt à partir, j’avais porté mon attention plus spécifiquement vers Johann. Des trois, c’était celui qui me paraissait le plus vulnérable et - de son propre aveu - le moins apte à se défendre. Par ailleurs, si Elizabeth n’avait pas pris la peine de me répondre durant le trajet, savoir qu’elle possédait une arme à feu me rassurait d’ores et déjà un peu plus quant à sa capacité à garantir sa propre sécurité. Ainsi, j’avais emboîté le pas au rouquin, le suivant de quelques mètres alors que lui-même succédait à Mark. J’avais gardé ma main gauche serrée sur la pompe de l’arme, la droite tenant plus fermement encore la crosse de l’arme, l’index bien loin du pontet et de la queue de détente malgré que la sécurité soit toujours enclenchée, la bouche du canon pointant vers le sol afin d’éviter tout accident.

Dans un tel dédale de tôles, bourré d’angles morts où chaque véhicule pouvait retenir contre leur gré et leur faim un ou plusieurs infectés, le danger pouvait nous surprendre à chaque seconde, chaque pas. J’appréciais d’ailleurs la pertinente remarque de Johann nous appelant à nous méfier des bas de caisse des épaves encastrées. Une main décharnée agrippant l’une de nos chevilles, une simple égratignure et l’histoire s’arrêtait là. Ce serait stupide. Une mort diaboliquement stupide, surtout pour moi, après avoir survécu de si longs mois, aux morts comme aux vivants.

Mais malgré toute ma bonne volonté à vouloir garantir la sécurité de tous, je ne fis pas exception à la règle lorsqu’un Z frappa au carreau de l’un des véhicules, imitant Mark et Johann dans un sursaut surpris qui ne manqua pas de m’arracher un juron bien senti. La surprise passée, vint le moment du doute quant au traitement à réserver à ce cadavre. Fallait-il l’abattre pour l’empêcher de faire plus de bruit, voire de briser la vitre du véhicule à force de coups acharnés, ou l’ignorer et poursuivre notre route avec le risque qu’il en rameute d’autres ? Le temps pour moi de réfléchir à la question et déjà le rouquin montait sur le toit d’un des véhicules sur ma droite. J’écoutai ses recommandations suite à ses observations, approuvant de quelques hochements de tête, puis reportai finalement mon attention sur Mark.

Je le laisserais tout d’abord fouiller le véhicule qu’il venait d’ouvrir avant l’intervention du Z si telle avait été son intention, avant de lui souffler ma recommandation de laisser l’infecté prisonnier du véhicule. A la suite de quoi, je poursuivais ma progression entre les rangées de véhicules, prêtant une attention toute particulière à l’endroit où je mettais les pieds, balayant de l’embouchure de mon canon et de mon regard les bas de caisse que je longeais, en alternant de gauche à droite. Les fenêtres des véhicules, les coffres des break ou encore les portières mal refermées, ou carrément ouvertes. Cet embouteillage était un véritable coupe-gorge, et ce n’est que lorsque je rejoignais Johann, enfin redescendu de sa crapahute que je me stoppais à mon tour, l’homme semblant porter un intérêt tout particulier à l’un des véhicules.

Je fronçais les sourcils en l’observant préparer son tournevis suite à son constat que le véhicule, clairement rempli d’affaires emportées à la va-vite, demeurait fermé. Je n’eus guère le temps de trancher la question de savoir si oui ou non il s’avérait judicieux de péter une vitre à ce moment précis, n’ayant pu couvrir la distance qui me séparait du rouquin avant de sa seconde tentative ne fasse voler la vitre en éclats ; mais sa réaction et son mouvement de recul me poussèrent à relever le canon du fusil en direction de la fenêtre. Je n’étais certainement pas très habituée à manier ce type d’engin, mais à une distance aussi courte, je n’avais aucune chance de manquer un potentiel rôdeur surgissant par la fenêtre. Je restais ainsi figée quelques secondes, prête à faire feu si la menace s’avisait de montrer et ouvrir sa gueule par la fenêtre contre Johann, avant de finalement me rapprocher de l’homme et l’objet de sa surprise, laissant mon dos glisser contre la paroi métallique de la camionnette.

Lorsque je découvrais le chérubin réincarné en monstre dévoreur de chair, encore prisonnier de son siège auto et la totale absence d’innocence et de malice de son regard vitreux, je sentis mon coeur se serrer en même temps que mes mâchoires. Les lèvres pincées, j’étais finalement satisfaite d’avoir mes lunettes de soleil sur le nez pour masquer l’éclat de dégoût et de tristesse qui venait de passer dans mes prunelles. Je poussais un très bref soupir avant de détacher mes azurs du marmot gesticulant pour les laisser glisser vers Johann. Irrémédiablement, mon esprit ne tarda pas à faire le parallèle entre ce gamin et ma propre fille, ravivant la flamme de ma haine à l’égard de ces monstres et de cette maladie. Je secouais légèrement la tête de dépit en retrouvant du regard la créature potelée, ma main gauche relâchant la pompe du fusil pour aller déverrouiller le loquet de fermeture de la portière, si Johann n’en avait pas eu le temps, avant d’ouvrir celle-ci en grand. Une action qui fit d’autant plus s’agiter le bambin toujours attaché à son siège, lançant de faibles râles voraces et désincarnés alors qu’il n’avait même pas de dent à planter.

A la suite de quoi, retournant le fusil et l’empoignant à deux mains par le canon, je vins me positionner au niveau de l’ouverture de la portière, la crosse de mon fusil pointée en direction du visage du marmot, et je lui assénai plusieurs coups de crosse assez rageurs, m’y reprenant à plusieurs fois pour forcer la crosse au-travers de ses bras agités et finalement parvenir à lui défoncer le crâne, brisant ses os nasal, frontal et temporal droit jusqu’à ce qu’enfin la créature ne repose définitivement en paix dans son siège.

La respiration rapide et saccadée, le souffle court, je reposais la crosse de l’arme, souillée de sang et d’éclats d’os et de cervelle sur le goudron, au pied de la portière, la tenant à la verticale par le canon de ma main gauche alors que ma main droite glissant derrière les verres de mes lunettes pour essuyer des larmes naissantes en bordures de mes paupières. Je ne réprimais et contenais que très difficilement le dégoût qui m’était monté aux lèvres et m’avait enserré les tripes, jusqu’à ce qu’Elizabeth ne nous interpelle et ne détourne mon attention de ce qu’il venait de se produire. Elle nous avait indiqué quelque chose, certainement une menace, totalement invisible à ma vue puisque située de l’autre côté de la camionnette, avant de revenir vers nous. On ne devait pas s’attarder ici trop longtemps, au risque de devoir nous confronter à quelque chose de physiquement plus dangereux qu’un enfant attaché dans un siège.

Je reportais donc mes verres fumés en direction de Johann, puis lui tendrais ma main libre pour l’aider à se relever s’il ne l’avait déjà fait, en lui adressant un très mince sourire, très clairement forcé, trahissant ma lassitude et mon propre dégoût.

“Viens… Il faut qu’on continue d’avancer,” lui avais-je indiqué d’une voix bien plus douce et compréhensive, légèrement tremblante, mais d’un ton à peine moins ferme.

Après quoi, je refermerais la portière sur l’ignominie que je venais de commettre et relevais mon arme, la tenant toujours par le canon de ma main gauche. Il était hors de question que je touche à la crosse tant que je n’aurais pas trouvé de quoi la nettoyer de ses souillures. Je lançais mon regard aux alentours, à la recherche de notre quatrième et discret compagnon puis, selon sa position, lui adresserais un signe de main pour l’inviter à continuer d’avancer.

De l’autre côté de la camionnette, je pouvais entendre les râles des morts se faire plus oppressants, légèrement plus proches, leurs membres cognant contre les tôles ou leurs pieds faisant crisser le verre brisé. De ma main droite, je désignais le panneau indicateur de la déchetterie et l’immeuble bas que Johann nous avait fait remarquer quelques instants plus tôt, puis me tournai vers le rouquin à nouveau.

“Je passe devant. Reste bien derrière moi, okay ?” lui demandai-je avant de m’exécuter sans attendre sa réponse. Après ce que je venais de voir de l’homme, il était hors de question que je le laisse assumer ce risque là, pour son bien comme le nôtre ; et accessoirement : surtout le mien. Délaissant le break sur ma gauche, j’avançais à nouveau de quelques pas, légèrement plus empressés alors que la pression des râles derrière nous, quelque part à droite, se faisait plus poignante. Je sentais mon coeur battre la chamade à mesure que la tension de nous savoir désormais pistés par ces créatures se faisait plus écrasante et palpable. *Faut qu’on se sorte de ce coupe-gorge. Faut qu’on se sorte de ce coupe-gorge…* me répétai-je inlassablement pour mieux me résoudre à atteindre cet objectif.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Mar 29 Déc - 15:33
Si Mark était du genre à sourire, nul doute qu'il perdrait le sien à cet instant, en entendant successivement le roux et la blonde lui suggérer de manière on ne peut plus diplomate de ne pas toucher à cette portière. Tout comme s'il n'avait pas passé l'âge depuis longtemps de ce genre de connerie, il s'amuserait à ouvrir la dite portière et à laisser sortir le dit charognard et en laissant Mme et Mr Je-sais-tout se démerder avec, histoire de voir de quoi ils sont capables. Ce n'est pourtant pas l'envie qui lui en manque mais non à la place, il se redresse et les regarde s'éloigner vers d'autres véhicules, imaginant une toute autre scène. Sa langue passe sur ses lèvres à la pensée de cette scène tout à fait alléchante, bien qu'il devrait aussi prendre en compte la présence de la brune.

À les regarder s'écarter pour aller voir le véhicule suivant, l'ex mineur ne loupe pas ce qu'il se passe ensuite et voit Johann finir le cul par terre l'air choqué par quelque chose se trouvant dans la voiture puis il voit Jena intervenir. Mark soupire en voyant tout ça, vraiment un bon à rien le roux, faut que ça soit une damoiselle qui lui sauve le cul. Pathétique. Non vraiment cela confirme sa première impression, l'autre homme est un bon à rien et le fait se questionner encore plus sur comment il a pu tenir autant de mois sans crever, il avait peut-être un harem de filles pour le défendre. À cette pensée pour le moins saugrenue, Mark émet un bref rire, qu'il couvre rapidement du dos de sa main avant de pincer les lèvres. Essayant de retrouver un air normal, il délaisse les deux autres pour s'occuper du véhicule qu'il a ouvert, laissant le charognard taper dans son dos, il se penche dans l'habitacle pour le fouiller déjà par l'arrière. Le moindre interstice ou pourrait se glisser quoi que se soit d'utile y passe. Rien d’intéressant à part de vieux papiers ou des magasines.

Pendant sa fouille, il a parfaitement entendu la mise en garde d'Elizabeth et il se décide à observer ce qui s'est déroulé pendant les deux ou trois minutes de sa fouille. Il peut ainsi voir Johann et Jena commencer à s'éloigner pour se diriger vers la fameuse déchetterie que la brune voulait aller fouiller. Il avise également des zombies derrière la camionnette ou plutôt de leurs grognements. Faut qu'ils bougent de là tous avant que ça tourne mal, à vrai dire même lui se sent un peu coincé dans cet environnement et même au corps à corps, il n'a pas assez de place pour intervenir où que se soit. Et s'il veut pouvoir s'occuper de la blonde et de la brune en toute tranquillité que cela soit aujourd'hui ou dans une semaine, elles doivent rester en vie absolument. Bon il peut pas non plus se servir du roux comme d'un appât là donc pour le moment lui aussi ne doit pas se laisser chopper par un des suppôt de Lucifer.

Mark cherche Elizabeth du regard et si elle n'a pas amorcé le mouvement de rejoindre Jena et Johann, il l'invitera à le faire d'un "Va les rejoindre, je vous couvre." Ne pouvant décemment pas approcher de la brune et encore moins la toucher pour la traîner vers les autres, sous risque qu'il oublie totalement la menace zombies, il espère que sa simple demande suffise à la faire bouger.

Toujours est-il que la damoiselle ait déjà bougé ou qu'elle le fasse suite à ses paroles, Mark restera en arrière, ôtant son couteau de combat de sa ceinture pour le prendre fermement en main avant d'avancer pour aller dans le même sens que les autres. Passant la camionnette au moment ou les deux charognards sortent de derrière le véhicule et qu'ils peuvent maintenant s'orienter visuellement sur le quatuor dont ils veulent se régaler. Laissant aux trois autres le soin d'ouvrir la voie, Mark se contente de les suivre à moitié à reculons pour ne pas quitter trop longtemps du regard les deux zombies, ne regardant ou il va que ce qu'il faut pour ne pas se bouffer un véhicule ou autre. L'ex mineur sait qu'ils ne pourront de toute manière pas les semer mais pour agir, ils doivent d'abord arriver à la déchetterie, il y aura obligatoirement un espace dégagé, il pourra alors passer à l'action. Il est hors de question qu'il laisse ces deux là continuer à semer le chaos sur cette terre, il le Lui doit, il doit accomplir Son oeuvre. Il n'a qu'à patienter quelques minutes, franchir véhicule après véhicule.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Mer 30 Déc - 23:12
Quelques secondes. Le temps pour que mon imagination et ma raison s’accordent pour traiter l’information que je venais de me prendre en pleine figure: oui, il existe des monstres de ce type pour de vrai et t’en a devant les yeux. Ok, je le saurais pour la prochaine fois. Ou plutôt, non, il n’y aurait pas de prochaine fois. Je préférais me dire qu’il n’y aurait PAS de prochaine fois, point. Rapidement remis du choc de la surprise, je ne me relevais toutefois pas tout de suite et restait dos à la camionnette, pendant que Jena qui s’était approchée d’un air prudent et avait ouvert la voiture achevais de donner un dernier coup de crosse de son fusil à l’intérieur de l’habitacle. Je me refusais à regarder mais ne pouvait pas m’empêcher d’entendre le bruit horrible des os qui craquaient sous les coups ; j’avais la nausée au bord des lèvres et je la contenais tant bien que mal. J’aurais voulu supporter mieux que ça, mais impossible de l’empêcher. Enfin, le silence revint, Jena se releva et reprit son souffle, debout à côté de moi. J’eus une brève pensée pour l’être innocent qu’elle venait de libérer ; s’il y avait encore un Dieu là-haut, qu’il l’accueille sans faire d’histoire et lui offre la paix et le repos qu’il méritait. Je n’avais jamais été très procédurier pour ce qui est de prier, mais je lui devais bien ça. La nausée refluant, je relâchais le poing fermé que je tenais devant ma bouche et j’acceptais la main tendue plus par réflexe que par nécessité et me relevait rapidement. Ce faisant, j’observais Jena en me retrouvant face au masque de ses lunettes fumées et me demandais ce qu’elle avait en tête à ce moment. Est-ce qu’elle avait des enfants, une famille ? Si ça se trouve, ce n’était pas la première fois qu’elle croisait ce genre d’abomination et qu’elle y mettait fin. Tout compte fait, j’étais nettement plus « jeune » qu’elle dans ce monde. Allez savoir.

L’avertissement de Liz brisa net cet instant pour nous replonger à chaud dans l’actualité. M’avançant au bout du capot de la camionnette, je les vis, deux autres – adultes, ce qui étrangement me soulagea d’une crainte intangible. Il y avait un baraqué genre fan de muscu avec des lambeaux de t-shirt et un autre en chemise à carreau. Ce n’étaient pas ceux du carrefour puisque je les voyais encore depuis ici, loin sur notre droite ; ils devaient être dans l’ombre du véhicule depuis le début et je ne les avais simplement pas repérés. Pas de quoi fouetter un chat vu leur lenteur, mais le temps qu’ils pigent comment faire le tour et ils seraient sur notre chemin. Je jetais un regard derrière moi juste quant Jena montrais le panneau et me lançait ses instructions qui m’arrachèrent intérieurement un sourire. Moi qui m’attendais plus ou moins à être rabroué comme un gamin pas sage, je savourais le non-dit de sa petite phrase. « Oui madame, je vous donne la main aussi pour pas me perdre, madame ? » Je me retins bien de tout commentaire à voix haute mais n’en pensais pas moins. Elle avait peut-être plus d’expérience que moi, mais elle n’allait pas non plus m’apprendre comment éviter une paire de limaces sur pattes. Je jetais un regard dépité sur le break qu’on abandonnait ainsi alors qu’il était désormais libre d’accès et offrait à nos regards les innombrables sacs empilés dans son coffre, mais si Jena voulait avancer, alors avançons. « Ca valait bien la peine de se casser le cul. C’est elle, ou pas, qui voulait qu’on fouille les véhicules ? Faudrait que Mlle se décide à la fin. » Tout en imaginant le genre de répartie que je ne dirais jamais, je lui emboîtais le pas sagement dès son passage à la tête de notre groupe. Si elle voulait gérer, grand bien lui fasse. Qu’elle gère. Je n'en laissais rien paraître et m'efforçais de rester le plus zen possible.

- On file droit sur la déchetterie cette fois ? Non-stop ?

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Dim 3 Jan - 12:39
Elizabeth ne traîna pas sur place. La perspective que les deux dégénérés la prennent pour cible ne l'enchantaient pas vraiment, et c'est sans protester qu'elle céda volontiers cette place à Mark lorsqu'il l'invita à rejoindre les deux autres qui avaient commencé à prendre la poudre d'escampette, se réservant le rôle du courageux, sans peur ni reproche.
Se faufilant à travers les véhicules, glissant parfois par dessus le capot avant d'un ou deux véhicules car la file était bien trop proche pour effectuer une progression transversale, elle décida d'ignorer le véhicule qui avait tant attiré l'attention des deux autres, estimant la haute probabilité de voir un mort réduit à cet état définitif par des coups de crosse.

Elle avait donc recollé à la file indienne préformée par Jena puis Johann, et les avait rejoins à l'entrée de la déchetterie, les libérant enfin du labyrinthe de véhicule dont l'oppression devenait bien trop forte à son goût. Une entrée qui se présenta sous la forme d'un large portail fermée par une énorme chaîne cerclant les deux parties par de nombreux tour et un tout aussi gros cadenas.

Elizabeth s'avança vers leur ultime obstacle qui les séparait alors de leur destination, et posa sa main gauche sur le cadenas complètement rouillé mais bien solide.

"Ça va nous être utile ça." déclara t-elle simplement, d'une voix assez fine, en jetant un regard en arrière.

Si quelques zombies les avaient suivit dans ce méli-mélo de tôle froissée et rouillée, ce grand portail gênerait leur progression jusqu'à eux. Sans plus tarder à palabrer davantage, elle glissa son couteau qu'elle avait tenu en main jusqu'ici à travers les barreaux du portail de l'autre côté, pour que ce dernier ne la gêne en rien dans son escalade, et ne la blesse en rien également en cas de maladresse.
Utilisant toute sa souplesse pas tout à fait remise depuis sa défunte expérience, elle se servit de la chaîne comme d'un palier intermédiaire, s'assurant de sa prise, avant de se hisser en haut du grand portail d'une mouvement assez fluide et sauter de l'autre côté.

Une fois de l'autre côté, elle porta un regard d'ensemble, s'assurant qu'aucun danger immédiat ne vienne interrompre son audacieuse entrée. Une première structure se trouvait non loin à sa droite, sans doute le poste du gardien. Une route bien large donnait sur un rond point, et une série de trente conteneurs, alignés en flèche, quinze d'un côté, et quinze de l'autre, comme une station service, les bennes laissant chacune de la place pour un véhicule à côté. Tout semblait plutôt propre, si l'entretiens de la verdure n'était pas pris en compte.
Plus loin, sur la droite, un très grand bâtiment du style hangar. C'était silencieux.
Le calme lourd et pesant ne fut toutefois pas éternel. Un grognement et bruit de grattement sur du métal parvint jusqu'à elle sans qu'elle n'arrive à en déterminer la source. Il y en avait au moins un, pas loin.

Récupérant son arme laissée au sol, elle attendit encore un peu dans le cas où le mort ferait irruption, mais rien ne vint. Sans doute était-il coincé quelque part.

Ne faisait que trois pas en avant pour se détacher du portail, laissant l’opportunité à quiconque pour la rejoindre de l'autre côté, elle resta attentive, lui permettant de repérer, juste contre le petit bâtiment du gardien, un bidon d'essence. Plein ou vide ? Elle n'alla pas encore s'en assurer, préférant attendre ses coéquipiers dans la suite de l'aventure.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 4 Jan - 17:01
“En effet. Je veux sortir au plus vite de ce dédale. Je préfère avoir un espace plus ouvert et dégagé pour affronter les infectés,” confiai-je à Johann pour répondre à sa question, mon ton laissant clairement transparaître le malaise et l’appréhension qui me prenaient les tripes à l’idée de rester plus longtemps au milieu de cet embouteillage. Si les rôdeurs avaient en tête de nous suivre - ils ne devaient de toute manière avoir que ça en tête - autant les accueillir dans un lieu offrant plus de possibilités de repli.

Quelques minutes plus tard, au terme d’une progression toujours aussi précautionneuse au sein des étroits couloirs de tôles, nous parvîmes enfin au devant de l’entrée de la déchetterie. Le large portail cadenacé suscita chez moi un certain soulagement, approuvant silencieusement à la remarque d’Elizabeth. En voyant la jeune femme escalader le portail, je me pressais de passer mon fusil à pompe en badoulière sur mon épaule gauche, coinçant la sangle sous la bretelle du sac-à-dos pour éviter qu’il ne glisse, changeant rapidement d’arme à feu pour prendre en main mon pistolet. Tournant le dos au portail et portant mon regard aux alentours, je prenais la position de guetteur quant à l’approche d’éventuels infectés. Nul doute que les deux décharnés de l’embouteillage n’allaient pas tarder à nous rejoindre, perpétuellement mûs par cette implacable volonté de nous dévorer.

“Je vous couvre,” indiquai-je aux deux mâles en leur désignant le portail d’un signe de tête. J’attendrai ensuite qu’ils aient franchi l’obstacle pour l’escalader à mon tour, rejoignant ainsi mes compagnons à l’intérieur de la déchetterie au bout de quelques instants.

Découvrant les lieux d’une lente observation, plus concentrée sur la recherche d’éventuels mouvements que sur la disposition de ceux-ci, je ne tardais cependant pas à porter mon intérêt vers ce qui devait être le bureau du gardien. Rassurée par l’absence de toute menace immédiate, je progressais finalement à pas mesurés en direction du poste de garde, mon arme tenue à deux mains baissée devant moi, pointant vers le bitume, prête à servir. Arrivée à côté de la porte vitrée du bureau, encore fermée, je me plaquais dos au mur juste à la droite du chambranle, côté poignée, tendant l’oreille dans un premier temps à l’écoute d’éventuels mouvements ou râles émanant de l’intérieur, puis je jetais un rapide regard à l’intérieur, avant de cogner la surface vitrée de quelques coups de crosse sonores.

Si jamais une ou plusieurs charognes occupaient encore les lieux, j’espérais ainsi les pousser à manifester leur présence. Dans mon action personnelle et égoïste, je n’avais guère eu trop de considération pour les réactions de mes compagnons d’excursion, bien trop focalisée sur mon idée de sécuriser les lieux, et surtout incapable de ressentir la moindre confiance à leur égard pour m’aider dans cette tâche. Il ne fallut que quelques secondes après mes coups sur la porte pour révéler la présence d’au moins un occupant à l’intérieur des lieux.

Le cadavre ambulant vint heurter la porte dans un premier temps, avant de s’acharner de ses mains osseuses à la peau parcheminée contre la vitre. Me reculant de contre le chambranle pour venir faire face à la porte du bureau, j’avisais le zombie prisonnier du local, me fixant de ses prunelles éteintes centrées au milieu de deux globules jaunâtres. Encore vêtu d’une salopette grise, un badge d’employé de déchetterie sur le pectoral gauche, souillée de traces de sang brûnatres, les traits de son visage desséché déjà marqué par les années de son vivant se tordaient dans une grimace vorace et torturée par la faim, au teint encore plus cadavérique.

Fronçant les sourcils en sentant à nouveau la colère me consumer à l’égard de ce représentant indirectement responsable de la destruction de ma famille, mon quotidien confortable et mon monde, je pris une profonde inspiration en relevant mon arme de poing en direction de son crâne. J’allais détruire cette chose qui m’avait obligée à mettre un terme à l’existence d’une abomination de trois ans. Crispant mes mâchoires sur mes dents serrées, j’amenais ma main gauche en soutien de la droite, sous la crosse de mon Five-seveN afin d’en apaiser les légers tremblements colériques qui avaient gagné l’extrémité de mes membres. Les jambes légèrement écartées, en parfaite position pour un tir stable, j’avais pris le temps que m’offrait cet obstacle d’aluminium et de verre entre la créature et ma chair pour bien aligner les organes de visée de mon flingue avec le faciès dégueulasse du Z. Pour conclure, je pressais la queue de détente de mon index et arrachais dans une bruyante détonation la non-vie de cet être, dans un fracas de verre brisé par le projectile retombant en éclats et sonorités cristallines, suivis de près par le bruit plus mat et lourd du cadavre rendu à la mort s’effondrant de l’autre côté de la porte.

Je restais en position de tir durant quelques secondes encore, attendant de découvrir si oui ou non un autre infecté s’essaiera à sortir du bureau, avant de finalement baisser mon arme. La tension redescendant lentement, je goûtais brièvement à cette satisfaction d’avoir châtié une autre de ces créatures et payer une mince part du tribut que je devais à mon sentiment de vengeance qui me poussait chaque jour à survivre jusqu’au lendemain. Après quoi, je me retournais vers mes compagnons afin de situer tant leurs positions que leurs occupations, m’attendant très certainement à me faire recevoir pour cet acte sanglant d’auto-satisfaction purement égoïste.

"Je m'occupe du bureau," aurais-je ensuite déclaré à ceux à portée de voix. Je comptais bien jouir la première de ce que pouvait receler le lieu que je venais de sécuriser.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Mar 5 Jan - 15:02
Les deux zombies peinent à le suivre lui ainsi qu'Elizabeth et les deux autres à travers le dédale de voiture, ce qui n'est pas sans plaire à l'homme. Devant finalement glisser par dessus le capot d'une voiture qui ne lui laissait pas la possibilité de faire autrement, Mark esquisse un sourire en coin, voilà qui devrait retenir au moins un peu les charognards . Bien que leurs grognements risquent d'en attirer d'autres à terme. Oh, il ne peut nier qu'il aurait aimé que les charognards continuent leur progression et ainsi pouvoir jouer des pieds, des mains et du couteau contre eux, histoire de se défouler un peu mais il y voit là un signe du Très haut, il doit avoir d'autres projets pour lui que de tuer ces deux choses là. Ce qui bien entendu ne peut que le réjouir intérieurement. Arrivé devant la déchetterie peu après les trois autres, l'ex mineur peut à sa guise observer le lourd portail fermé d'une chaîne, émettant à voix basse un "Pffffff". Ils vont devoir soit forcer le cadenas, soit passer par dessus la grille et aucune de ces deux solutions ne l'enchante.

Mark n'a pas fini d'énoncer mentalement les deux solutions qu'il voit la brune s'appuyer au portail avant de se retrouver de l'autre côté en deux temps, trois mouvements. Il ne peut qu'admirer la souplesse dont elle fait preuve à cet instant et s'il retient de justesse un sourire carnassier, il n'en pense pas moins. Si elle a autant de souplesse au plumard, ça doit être un sacré bon coup et il ne pourra que se régaler quand il lui fera l'honneur de s'occuper d'elle. Jena le ramène les pieds sur terre alors qu'elle s'adresse à lui et sans nul doute à Johann également et puisque la commandante en chef le demande, Mark approche à son tour de la grille pour l'escalader et ce même s'il n'a jamais été réellement doué lors des parcours du combattant qu'il a du subir il y a quelques années de cela.

L'ex mineur n'a pas du tout la souplesse ou la grâce d'Elizabeth, néanmoins il parvient à se retrouver près d'elle de l'autre côté du portail, retrouvant le plancher des vaches, il peut se permettre de souffler un peu. Et pour ne pas en avoir l'air, Mark observe Johann puis il attend que Jena soit elle aussi du même côté que lui avant de tourner son regard vers la déchetterie en elle même. Il détaille le bureau et ses alentours puis les bennes plus loin et enfin un bâtiment dans le fond, possiblement un abri pour des véhicules ou il ne sait trop quoi. Et même s'il entend les râles d'un zombie piégé non loin, il n'y porte aucune attention et se détache des trois autres pour partir explorer la déchetterie.

Mark est à mi-chemin entre l'entrée et le bâtiment qu'il a repéré quand un coup de feu se fait entendre derrière lui, il fait volte face pour essayer de voir de quoi il en retourne mais peine perdue il est déjà hors vue des trois autres. Devant l'absence de cris de souffrance ou d'appels à l'aide, il n'a aucune raison de rebrousser chemin et d'aller voir ce qu'il s'est passé. Non il en revient plutôt au chemin devant lui traçant, entre les bennes, la ligne à suivre, ne s'occupant pas du contenu des dites bennes, il reprend sa marche. Il aura le temps de les fouiller en retournant vers l'entrée. Ce n'est qu'une bonne minute plus tard que devant lui, il perçoit un mouvement entre deux bennes et qui lui donne l'impression de vouloir s'éloigner rapidement. L'homme ne sait pas ce que cela peut être, sa seule certitude est que ça n'a rien d'un mouvement en provenance d'un zombie, ce qui ne l'empêche pas de sortir son couteau de combat pour le tenir fermement en main avant de s'élancer à la poursuite de ce qu'il vaguement perçu devant lui.

Sa marche rapide l'entraîne assez vite à proximité du dernier bâtiment, juste à temps pour de nouveau apercevoir un mouvement, quelque chose ou quelqu'un s'engouffrer à l'intérieur de la construction métallique. Visiblement, ils ne sont pas que quatre sur place, il ne lui reste plus qu'à définir la nature de l'autre présence. Humaine ou animal, hostile ou peureuse, voulant simplement se cacher ou tendant un piège. Que des questions qu'il a hâte de voir se résoudre, c'est pourquoi il continu son approche du bâtiment mais un peu moins vivement, essayant de faire le moins de bruit possible, bien que ses semelles marquent le sol par de légers crissement suivant ce qui se trouve à terre. Au pied de la construction, Mark prend le temps de vérifier derrière lui s'il est bel et bien seul avant de s'engouffrer à l'intérieur.

Il prend alors le temps de laisser son regard s'acclimater à l'obscurité ambiante devant même ôter ses lunettes de soudeur de sur son nez pour y arriver plus facilement. Les faisant glisser sur son crâne tout en commençant à apercevoir des formes devant lui, une vieille machine rouillée, sans doute à cause du trou dans le toit par lequel la pluie doit s'infiltrer, et dont il ne distingue que la silhouette pour l'instant. Puis il se rend compte que le bâtiment dispose en son sein d'une pièce à part. Mais ce qui l'intéresse vraiment est d'arriver à définir ce qui est entré dans la structure hors pour l'instant, il ne voit rien de spécifique même si ses yeux se font à la très faible luminosité à mesure que les secondes s'écoulent.

Johann Libert

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Invité
Sam 9 Jan - 23:05
Depuis qu’elle m’avait rejoint, Jena me semblait être nettement plus tendue et mal à l’aise que ce que je m’étais attendu à priori, mais je pouvais comprendre aisément et d’autant plus vu ce qu’elle venait de devoir faire suite à ma petite « découverte » dans la voiture – ce dont je me supposais d’ailleurs totalement incapable, mais passons ; alors que j’avais pour ma part de plus en plus de mal à rester concentré sur ce qui nous entourait, mon attention ayant du mal à se focaliser sur ici et maintenant, encore secoué par les minutes précédentes et trompé par l’impression de sécurité que donnait le groupe. Ca ne me plaisait pas des masses, néanmoins, rien n’était réellement alarmant pour l’instant, ni ici ni plus loin à travers le grillage de la déchetterie où ne voyait pas âme qui vive - enfin, morte ou vive, on se comprend.

J’attendis avec Jena vers le portail d’entrée le temps que les deux autres arrivent sans encombre quelques secondes plus tard.  A peine regroupés tous les quatre, Liz ne perdis pas de temps et prenant tout le monde de court se retrouva en moins de deux à l’intérieur de la structure qui était notre but. Je regardais la manœuvre d’un air vaguement sceptique,  envisageais la hauteur du portail et mon niveau physique du moment qui, je le sentais bien, étais un peu rouillé, puis m’élançais à la suite de Mark qui venait de se réceptionner de l’autre côté à son tour. Ca n’avait pas la fluidité d’un acrobate de métier, mais j’évitais de m’accrocher le fond du jeans au grillage et si je manquais de souplesse à l’atterrissage, rien qui soit ridicule. J’allais devoir faire un effort pour une petite remise en forme, mais j’étais encore apte au service. Tout allait bien.

Dès qu’elle nous eut rejoints à l’intérieur de la déchetterie, Jena décida visiblement que le danger n’était plus suffisant pour nous servir de nounou et alla en solo et l’air très décidée vers ce qui devait être le bureau ou la réception, ce qui me permît d’avoir le temps de faire du regard un tour des lieux et de constater que vu de l’intérieur du grillage, c’était la même chose que depuis l’extérieur, la vue dégagée en plus, et qu’une déchetterie reste une déchetterie quel que soit l’endroit. Avisant les caméras désormais inutiles plantées un peu partout sur leurs piliers, je trouvais une certaine ironie à penser que notre civilisation se retrouvait obligé de protéger ses déchets presque mieux – ou du moins tout autant, que les articles neufs, ce qui faisait qu’on se retrouvait maintenant dans un des endroits les mieux sécurisés de la ville. Amusant…

La détonation de l’arme me surpris sur cette pensée et alors que mon esprit faisait déjà défiler tous les scénarios possibles tandis que mon corps se préparait à une fuite précipitée, je me tournais vers la direction de l’écho pour voir Jena en position de tir, attentive à quelque chose à l’intérieur, face à une vitre éclatée. Cette fois, c’était sûr : si tous les marcheurs qu’on avait vu dehors n’avaient pas pigés où on était passé, on allait désormais les retrouver sur notre chemin en sortant, voir collé au grillage que ça ne m’étonnerait qu’à moitié. Au moins, je voyais mal quelqu’un me reprocher désormais d’avoir fait un peu de bruit en pétant une vitre... Après une éternité de silence, Jena cru bon de nous préciser ses intentions. « Ok, comme tu veux, pas de problème. » répondis-je mentalement à sa remarque avant de me retourner vers le centre névralgique des opérations, les bennes autour du rond-point.

- Bon, Liz, je vais faire le tour par la gauche et voir si y a des trucs intéressant là-dedans, tu prends celles de droites et on se rejoint vers le hangar au fond ? Si ça te dis.

C’était une question autant qu’une suggestion que je lançais à la brune et certainement pas un ordre, d’ailleurs ça n'en avait clairement pas le ton et elle ne risquait pas de s’y méprendre, à moins d’être sacrément cruche. Elle ferait ce qu’elle voulait, j’allais pas en plus me mettre à vouloir gérer qui que ce soit. Par contre, je n’attendis pas sa réponse pour m’avancer sur les pas de Mark jusqu’à rejoindre les premières bennes à gauche, à l’opposé et du bureau, et du hangar, et d’entamer la visite vite fait de chacune d’elle, jetant prudemment un œil à leur contenu sans oublier qu’on ne savait jamais sur quoi on pouvait tomber. Mais à part des déchets communs et quelconques, elles ne semblaient rien contenir d’intéressant et surtout, elles devaient certainement déjà avoir été visitées. A part un tournevis coincé dans la fermeture d’une des bennes que je retirais pour faire rejoindre son frangin presque jumeau à ma ceinture, rien de rien. Des cartons, des bouts de plastiques, des bouts de bois inutilisables, des vieux bouts de métaux tordus, encore des emballages, et des tas d’électroménagers et d’articles électroniques baignant dans une bouillie de rouille humide dont en ne tirerais rien non plus.

Quoiqu’aie fait Liz, soit je m’attaquerais ensuite au côté droit des bennes, soit j’irais directement vers le hangar, mais toujours est-il que je finirais par prendre cette direction et m’en approcher droit vers la porte que l'on pouvait voir sur le côté. Je supposais logiquement que Mark avait poussé son pas vers le bâtiment quelques minutes auparavant, puisqu'on ne le voyait plus nul part.

Elizabeth R. Evans

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Lun 11 Jan - 10:54
Le coup de feu avait surpris tout autant Elizabeth que son co-équipier momentané tandis qu’elle avait gardé position près du portail. Jena et Mark avait décidé de faire bande à part très rapidement, alors qu’ils oubliaient la première règle énoncée quelques dizaines de minutes plus tôt par l’auto-proclamée dirigeante du groupe. Le temps de s’enquérir de ce qu’il se passait et surtout de constater par la posture de la brune à casquette que le danger immédiat avait été écarté, Elizabeth fini par faire un tour d’horizon derrière elle, portant son attention sur l’enchevêtrement de véhicules pour y voir les deux têtes décharnées, qui avaient commencé un peu plus tôt leur progression en leur direction, continuer leur entêtante quête, avant que une, puis deux autres créatures ne se joignent au chant des grondements.

D’un claquement de langue significatif, elle reporta son attention vers Johann lorsqu’il s’adressa à elle. Au moins avait-il l’esprit plus tactique et moins solitaire que les deux camarades qui l’avaient accompagnés. Elle ne ressentait aucune affinité avec Mark ou Jena, là où quelques minutes seulement avaient suffi pour qu’elle se sente assez en confiance en compagnie de Ivy et James, lors de leur voyage vers l’aéroport. Un James qui lui manquaient cruellement pour l’heure et dont elle n’avait obtenu toujours aucune nouvelle via le Talkie-Walkie resté en permanence activé à sa ceinture.
D’un hochement de tête affirmatif, elle approuva sa suggestion, avant d’accompagner ce geste par une approbation oral, d’un simple « Ok » au cas où il ait manqué son geste.

Un simple coup d’œil à Jena avant de partir, et sa cabane de gardien pour être sûr de ne pas la laisser dans la panade, elle rangea son couteau à sa ceinture pour le troquer contre son arme à feu, dont la prise en main la rassurait davantage et sonnait plus familier.
Ses pas la menèrent vers les grandes bennes à droite, la première étrangement vide, ou tout du moins au premier abord. Car le niveau d’eau croupie et noirâtre qui stagnait dans le fond avait une hauteur assez élevée pour masquer ce qu’il avait pu contenir. Elle n’eut pas beaucoup plus de chance que son acolyte aux sections de gauche, constatant des entassements de déchets, du cartons réduit en bouillie aux gravats, en passant par des meubles complètement inutilisable et inutile par ailleurs.

La voilà à quoi elle en était réduit : faire les poubelles pour assurer sa survie. C’était une situation qui aurait été difficile à imaginer lorsque le monde tournait encore correctement, mais maintenant que l’apocalypse avait sonné, rien ne pouvait plus vraiment l’étonner. Elle enchainait les visites vers les bennes, avec un naturel déconcertant, se hissant parfois sur les parois métallique et rouillée des hauts conteneurs lorsque cela s’avérait nécessaire pour en constater les contenus.

Elle fit finalement le tour du dernier réservoir à déchet, espérant rejoindre le point de rendez-vous. C’est à cet instant là qu’elle vit apparaitre dans son champ de vision une paire de rangers sales trôner au bout d’une paire de jambes couvertes de crasses. Stoppant net sa progression tandis que son souffle se coupa dans un même temps, elle leva brusquement son canon en cette direction, s’attendant à voir cette ignoble découverte se mettre à bouger.

Un long silence s’ensuivit, et rien ne remua.

Inspirant profondément, retenant à nouveau sa respiration le temps du déplacement, elle fit quelques pas de côté pour contourner l’angle de la benne qui obstruait sa vue au reste du corps. En arc de cercle, elle garda une distance tout à fait raisonnable avec sa cible, avant de lui faire face.
Effondré contre la paroi métallique du contenant, se trouvait un homme, ou du moins ce qu’il fut. Le corps était vêtu d’une chemise à carreau en laine épaisse et d’un jean, tous deux sales, poisseux, nappé de sang coagulé, mais étrangement encore uni.
Ses cheveux tombaient lamentablement de part et d’autre d’une tête crasseuse,  mais et surtout singulièrement fendue en deux par une machette de survie, en bon état de première vue, abandonnée dans ce crâne explosé.

Pourquoi celui qui avait tué ce dégénéré avait abandonné cette arme qui paraissait bien efficace ? Et surtout, où était-il passé ? La déchetterie était vide. Pas une âme qui vive, si on omettait la créature qui avait définitivement rendu l’âme peu de temps auparavant, enfermée dans le box du gardien. Pas de situation d’urgence qui aurait justifié cet abandon, de prime abord.
Il n’y avait rien de logique dans la scène qu’elle avait sous les yeux. En se penchant davantage sur le cadavre rendu inoffensif par la présente de cette lame logée en plein dans son cerveau, autre chose l’intrigua surtout. Cet homme-là n’avait pas même eut le temps de se transformer en mort-vivant, ou tout du moins, n’en portait pas les caractéristiques et si sa mort n’était pas récente, quelques jours à peine devait séparer sa vie à trépas.

Quelqu’un avait tué un autre être humain, parfaitement vivant.

Un coup d’œil d’horizon lui apporta quelques éléments supplémentaire par la présence de tâche de sang sur le goudron. Assez grandes qui suivaient un tracés assez chaotique de son point de vue.

Un bruit sourd la fit sursauter tandis qu’elle avait décidé de récupérer cette arme, et approchait sa main de son manche avec l’intention de la sortir de son logement. Quelques morts avaient rejoint le portail d’entrée s’y agglutinant, bras à travers les barreaux.
Ce lieu était devenu plus qu’hostile dans l’esprit d’Elizabeth en dépit de son aspect sécuritaire par la présence de cette ceinture de grillage. Et si le tueur se trouvait encore dans le secteur ?

Avec une mine de dégoût, les yeux détournés par principe, elle retira la lame en tirant un coup vif sur le manche. Le corps du mort bascula sur le côté, finissant sa course complètement au sol, avachit dans une posture étrange, tordue. Les cadavres, les morts, courraient les rues depuis de nombreux mois, mais Elizabeth ne s’était pas encore fait à leur proximité, aussi pacifique qu’ils pouvaient avoir été rendu. Ils restaient des morts. Des personnes sur qui d’autre ont dû pleurer, que d’autres ont pu chérir, aimer. Ils avaient été comme elle, et cela faisait toute la différence.

Elle aurait cent fois préférés qu’ils ne soient que des monstres, issus d’un autre plan, d’un autre univers. Des créatures fabriquées, sans aucune once de sentiment, sans passé.
Mais non. Tous, ils étaient tous des hommes, des femmes. Des parents, ou des enfants de quelqu’un. Des maris, des amants. Des frères ou des sœurs. Ils avaient été tout cela, et le monde les avait oublié, effacé.

L’âme en peine, un haut le cœur lui frôlant les lèvres, Elizabeth fit demi-tour, rangeant son couteau de cuisine dans son sac à dos et plaçant sa machette dans le passant de sa ceinture. Il était temps de rejoindre Johann devant le hangar, sans même tenter de masque la crainte qui marquait ses traits.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mar 12 Jan - 2:16
Une fois le message transmis à mes deux compagnons d’excursion que j’avais encore en visuel, je les laissais à leurs propres fouilles des containers pour me concentrer de nouveau sur le poste de garde. M’approchant à pas prudents de la porte vitrée, je me risquais à jeter un oeil par l’ouverture ainsi créée dans le verre à l’intérieur des locaux, avant de finalement dégager les morceaux de verres encore coincé dans le joint du bout du canon. Rentrant la tête dans les épaules et me courbant légèrement en avant, je m’engageai au-travers du cadre vide, gardant un oeil méfiant sur la créature inanimée. De la pointe de ma godasse, je tapotais le dessous de la semelle du rôdeur, n’arrachant à ce dernier aucune réaction supplémentaire. Satisfaite, je laissais désormais courir mon regard sur le bureau en glissant mon arme à ma ceinture.

La pièce se voulait tout à fait fonctionnelle. Deux bureaux accolés l’un à l’autre, se faisant face, en occupaient le centre. Sur ceux-ci, deux écrans plats d’ordinateurs renversés et fêlés, des feuilles volantes, des calendriers publicitaires griffonnés d’annotations au stylo et éclaboussés de sang séché et la trace glissante d’une paume de main agonisante. Un cadre renversé lui aussi, protégeant de son verre poussiéreux une photo de famille. Un père visiblement entouré de son épouse et ses trois rejetons ; père dont le visage souriant n’était pas sans rappeler le type que je venais d’abattre. Je m’emparai d’un geste lent du cadre photo et en ôtai le reste de poussière du flanc de ma main gauche, prenant ensuite le temps de contempler quelques secondes l’image aux souvenirs idylliques qui me renvoyait une nouvelle fois vers mes propres fantômes. Retournant le cadre entre mes doigts, je déboîtais l’arrière de celui-ci pour ôter la photo du défunt, puis déposais mon fusil et mon sac-à-dos sur le bureau, ouvrant ce dernier pour en extirper la photo de ma propre famille et la glisser à l’intérieur du cadre. Je glissais le cadre photo dans une des poches latérales de mon sac, puis je m’accroupissais ensuite aux côtés du cadavre pour glisser le rectangle de papier glacé plié entre ses doigts recroquevillés, prenant garde à ne pas toucher l’infecté directement tout en ayant une pensée fugitive pour cet homme et sa famille pour qui je me découvrais une sincère empathie.

Après quoi, le cœur alourdi de tristesse et d’amertume, je me relevais et inspectais le reste de la pièce. Sur ma droite, juste à côté de la porte d’entrée, une colonne de casiers métallique, qui ne m’offrit rien d’autre qu’un tas de papelards devenus inutiles lors de ma fouille, et les restes d’une plante verte depuis longtemps desséchée sous la lumière crue qui filtrait par une large fenêtre donnant sur la cour. Sur le pan de mur à gauche, quelques vestiaires industriels, ouverts et vidés de tout contenu intéressant. Presque par dépit, j’avais ouvert les tiroirs des bureaux, n’y trouvant qu’un paquet de clopes , laissé là au milieu de fournitures de bureau diverses. Stylos, trombones, punaises et liasses de récépissés d’enlèvement. Sur le mur du fond, je découvrais deux autres portes. Celle de gauche portait sur son battant le pictogramme universel désignant les chiottes, celle de droite, la simple mention “Privé”. Je récupérais le paquet de clope que je balançais au fond de mon sac, toujours ouvert sur le bureau, puis je me dirigeais vers les toilettes.

La petite pièce, plongée dans le noir, n’offrait rien d’intéressant à première vue. Je relevais mes lunettes de soleil sur le sommet de mon crâne et plissais les paupières afin d’habituer mes rétines à la pénombre, pouvant finalement déceler, niché au-dessus du trône, une petite boîte à pharmacie. Ouvrant celle-ci, j’y découvrais tout le nécessaire d’un kit de secours basique, comme si la pièce avait été délaissée par d’éventuels précédents visiteurs. J’en profitais d’ailleurs pour récupérer les rares rouleaux de papier hygiénique stockés dans la pièce, garnissant mon sac à dos de mes trouvailles au terme d’un aller-retour ponctué du soulagement d’un besoin naturel.

Enfin, je me dirigeais vers la porte “privée” et tentais de l’ouvrir. Celle-ci s’entrebâilla légèrement mais resta coincée par un obstacle situé derrière le battant. Plaquant mon épaule contre celle-ci et poussant de tout mon poids, je finis par l’ouvrir suffisamment pour me glisser à l’intérieur de la petite pièce dont la très forte odeur de renfermé et de pourriture m’agressa l’odorat. Je plaquai ma main gauche sur ma bouche en réprimant une grimace alors que je sentais le cœur me monter au bord des lèvres,  Et pour cause, la pièce abritait un autre cadavre. Finissant de dégager l’étagère mobile plaquée contre le battant qui avait bloqué l’ouverture de la porte, une véritable vision d’horreur s’offrit à moi sous la faible luminosité filtrant au travers d’une petite lucarne barrée. De multiples bidons jonchaient le sol,certains s’étant épanchés de leurs contenus désormais séchés.

Les bras maintenus au-dessus de sa tête par une paire de menottes passées autour d’un tuyau, le dos au mur et les jambes traînantes sur le sol, je reconnaissais non sans mal la tenue noire et bleue d’un agent du SWAT, l’acronyme se découpant par ailleurs en lettres blanches sur son gilet pare-balle. Ses mains, raidies et parcheminées, portaient encore les marques de signe visible de violence, certaines de ses phalanges formant des angles improbables avec le reste de ses doigts.

Mais le plus insupportable dans tout cela, en lieu et place de son visage ne se tenait désormais plus qu’une bouillie asséchée, semblable à un amas de cire fondue puis solidifiée. S’il m’était difficile de distinguer les muscles, la chair et les os, il m’était plus insoutenable encore de supporter la vue de ce cadavre. Je me retournais et serrais mon poing fermé contre mes lèvres, prenant de profondes inspirations à me retenant de mon autre main à une étagère métallique toute proche.

Légèrement courbée en avant, mon visage pâlissant sous la nausée, je découvris à mes pieds la possible explication à ce spectacle : un bidon en plastique bleu vidé, jeté aux pieds du mort, qui révéla son étiquetage lorsque je le fis rouler du bout du pied. De l’acide sulfurique. D’ailleurs, le carrelage avoisinant le bidon s’était retrouvé nettoyé très proprement, offrant un contraste saisissant avec la crasse ambiante. Par ailleurs, mes prunelles azurées pouvaient voir les nombreuses gouttelettes et traînées “propres” qui tapissaient le sol autour de l’endroit où le pauvre homme avait fini menotté et très clairement torturé.

Comment des êtres humains avaient-ils pu infliger cela à un autre homme ? Je pensais avoir vu nombre de comportements violents et barbares, et des horreurs à n’en plus finir ; mais cette scène surclassait de très loin les pires ignominies que j’avais eues à contempler ou affronter. Le tout avec la gratuité la plus absolue, la plus inhumaine, puisque l’agent décédé portait toujours son gilet pare-balle et une partie de son matériel à sa ceinture. A l’exception de ses armes, à première vue. Si s’en prendre à quelqu’un pour le dépouiller de ses biens ne me choquait pas vraiment - nous n’avions pas attendu après l’apocalypse pour cela - lui infliger un tel traitement dépassait toute forme de compréhension et d’entendement de ma part.

Faisant le tour des lieux du regard, je repérais bien rapidement les épais gants jaune en plastique qui avaient dû servir aux… monstres ayant commis cette atrocité. Dans une grimace de dégoût, j’enfilai la paire de gants bien trop larges pour moi et m’approchai du cadavre pour commencer à fouiller les poches de son uniforme et de son pare-balle. Mais à peine avais-je posé la main sur lui qu’il fut pris d’un soubresaut agité, un râle gargouillant quittant sa gorge alors que je reculais d’un bond vif mais peu assuré en poussant un hurlement surpris de terreur.

Il n’était pas mort ! C’était un putain d’infecté, probablement aveugle et sourd vu l’état de sa gueule, mais il n’était pas mort... Il se débattait contre ses entraves, battait des jambes sur le sol, grognait. Dans un sursaut de panique et au terme de mouvements peu assurés, j’arrachai enfin les gants qui m’entravaient les mains pour les porter à mon arme de poing. Sans prendre le temps d’ajuster ma visée je pressais la détente à trois reprises, un seul projectile atteignant réellement la boîte crânienne du macchabée et l’envoyant définitivement au trépas. La respiration saccadée, je tremblais comme une feuille sur mes jambes flageolantes, et il me fallut pas moins d’une trentaine de secondes pour finalement réussir à baisser mon arme et réaliser que la créature était bel et bien morte alors que mon esprit ne cessait de retourner cette question : Pourquoi ? Pourquoi toute cette horreur ? Pourquoi cette bestialité et cette sauvagerie ?

Mon désir immédiat était de foutre le camp de cette pièce, de cette déchetterie et de cette ville ; rentrer au campement et prendre une douche glacée à l’eau du lac pour me nettoyer de toutes les souillures de la journée. Mais mon envie se voulait bien plus forte encore de récupérer les affaires de cet agent trépassé. Je ne pouvais pas me résoudre à avoir subi cette épreuve sans en tirer un quelconque profit. Ce mort me revenait de droit, ses biens me revenaient de droit. Aussi, je récupérais les gants et les enfilais à nouveau, puis je reprenais ma fouille du cadavre qui cette fois, ne bougea plus. Tirant sur les velcros latéraux de son gilet pare-balle, je le défis non sans efforts ni grimaces de dégoût, puis l’arrachai à son torse inerte. Puis je fouillai sa veste d’uniforme, dont les poches regorgeaient de matériel d’appoint pour une arme à feu, adaptables sur un rail Picatinny.

Finalement, je quittais la pièce en poussant un soupir de soulagement, jetant le gilet sur l’un des bureaux ainsi que le matériel récupéré, puis me précipitais, par automatisme, vers les toilettes afin d’aller y déverser le contenu de mon estomac trop longtemps contenu. Ainsi penchée sur la cuvette des chiottes, crachant, pleurant et reniflant, je restais de longues minutes à contempler le fond de la céramique, la vision d’horreur de ce cadavre imprimée tant sur mes rétines que sur ma conscience. Ce type, ç’aurait pu être moi, ç’aurait pu être n’importe lequel d’entre nous… Je restais ainsi prostrée sur les derniers évènements, soudainement tétanisée par le choc et l’horreur. De longues minutes qui défilèrent sans que j’en ai une réelle conscience, ni même conscience de ceux qui m’avaient accompagnés.
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