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[Ferme Wallace] Le garage - 20/02/2035
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Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 21 Jan 2016 - 1:02
Au bout de quelques minutes, le jeune homme aux allures de cow-boy aura fini par réapparaître au premier étage, les bras chargés d’une mince pile de vêtements. Redescendant les marches avec une certaine précaution, il t’aura rejoint quelques secondes plus tard, déposant les vêtements sur une petite commode avant de t’interpeller à nouveau d’un sourire amical. D’un geste de la main, il t’aura indiqué une porte située à quelques pas sur ta droite, placée au milieu d’un couloir prenant son origine à la gauche du poste-radio que tu venais d’utiliser sans éveiller les soupçons du prénommé Ricky.

“Je t’ai trouvé quelques vêtements de rechange. Ils risquent de t’être un peu grands, mais si tu le souhaites, il y a une salle de bain juste là,” t’expliqua-t-il d’un ton aimable et sincère. A nouveau, le jeune homme semblait te laisser quelques libertés au sein de la ferme ; mais alors qu’il allait ajouter quelque chose de plus à ton attention, il fut surpris et interrompu dans son élan de parole par de soudains grésillements s’échappant des enceintes du poste-radio.

Durant quelques instants, seule de la neige et des miaulements oscillatoires jaillirent de l’émetteur, avant qu’une voix, nasillarde et hachée ne finisse par se faire entendre. Quelques souffles brefs et rauques précédèrent ses premiers mots, articulés avec une lenteur dont le ton laissait percevoir une jubilation intrinsèque à un certain sadisme.

“Ne vous inquiétez pas, cher Kyle…” susurra la voix, hachant ses mots de quelques souffles. “...votre amie aura sûrement trouvé notre protection attentionnée… et vous la trouverez vous aussi... bientôt...,” conclut-elle dans un léger râle, sonnant comme empli de promesses, rendu difficilement perceptible par les grésillements du poste-radio.

Un silence lourd flotta durant de longues secondes, Ricky se figeant dans une expression ébahie par la surprise et l’étonnement de voir l’appareil de transmission recracher des informations encore fraîches. Que tu l’ais remarqué ou non, son visage se grima par la suite d’une mimique de profonde colère, laissant couver un autre genre d’orage sur le point d’éclater sous le toit de la demeure.

“Mais qu’est-ce que t’as foutu bordel !?”
s’emporta-t-il soudainement, réduisant la distance vous séparant de quelques pas impulsifs, son visage s’empourprant et ses yeux, braqués sur ta personne te fusillant, s’ils l’avaient pu, sur place. “Est-ce que t’as la moindre idée de ce qui se passe !? De ce que tu viens de faire !?”

Emporté par l’émotion, le jeune cow-boy acheva de franchir les quelques pas qui vous séparait désormais, te bousculant même d’un geste des mains plaquées sur ta poitrine. Une soudaine explosion de colère qui ne manqua de faire taire les voix s’échappant depuis la cuisine.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mar 26 Jan 2016 - 9:49
Je me frottais les yeux. Je ressentais subitement une grande fatigue si bien que je me sentais capable de dormir pendant des jours et des jours. Le gamin redescendait les marches évoquant une salle de bain dont je pourrais disposer, et pour le coup, je crois que j’ai poussé un large soupir de soulagement. Je ne m’attendais pas spécialement à de l’eau chaude. Je sais pertinemment qu’en temps de guerre, ces choses-là relèvent du luxe dont j’ai bien appris à me passer, mais l’idée de pouvoir me décrasser, et surtout me regarder dans un miroir me plaisait vraiment.
Ne serait-ce que pour voir le résultat physique de ce que je ressentais : différent.

Les ondes radio se mirent à crachoter, attirant mon attention sur l’appareil tandis que j’écoutais attentivement la réponse qui allait en sortir, persuadé d’entendre la voix de Kat. Mais au lieu de cela, j’eu le droit à une parodie de menace digne des films d’épouvantes de série Z qui aurait sans doute impressionné la donzelle. Je préférais froncer les sourcils sur l’annonce, m’apprêtant à répondre au connard qui s’amusait avec moi et surtout ma Kat, histoire de bien consciencieusement l’envoyer chier quand le jeune ado me percuta brusquement.

En d’autre circonstance, j’aurais sans doute réagit autrement. J’aurais tenté une esquive, un blocage, ou même de lui foutre mon poing sur la figure pour m’être rentré dedans, mais au lieu de cela, je restais cois de la force qu’il avait donné à son geste et de mon incapacité à l’avoir encaissé plus solidement.
C’était un gringalet de première vue pourtant.

Mon cerveau pivota dans ma tête me donnant une nouvelle fois la nausée. J’avais reculé de quelques pas, levé les yeux sur le gamin, avant de relever le menton pour le considérer de haut en ravalant toute la fierté que j’avais perdu en l’espace de quelques secondes.
Ma langue passa sur ma lèvres inférieures, trop sèche à mon goût, avant que je ne lance d’un ton ironique.

« On m’a pourtant assuré un lieu ultra sécurisé ici. Comme quoi je ne craignais rien. Il faudrait vous mettre d’accord avec ta gonz'. Et si tu prenais le temps de réfléchir deux secondes, un simple message de 3 secondes n’est pas suffisant pour repérer une localisation. »

Je tendais l’index vers lui d’un geste menaçant, pour rajouter.

« Par contre mon grand, tu m’touches encore une fois, et tu apprendras l’odeur de ton fondement quand je t’aurais encastré dedans. Pigé ? Je t’ai agressé ni physiquement, ni verbalement, alors tu rambardes ta nervosité. »

La vérité, c’est que j’étais vraiment, et profondément vexé d’avoir été malmené par un moustique, et de me sentir incapable de quoi que ce soit physiquement. Et ça me la foutait vraiment mal de devoir me méfier d’un geek, d’un vieux, d’un enfant, et de trois nénettes maintenant que je remettais en question mes capacités.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 31 Jan 2016 - 15:20
Devant ton geste et tes propos menaçants, le jeune Ricky ne manqua pas de relever le menton et soutenir ton regard en affichant clairement une certaine défiance, et une assurance un peu trop exubérante. L’énervement visible sur son visage s’était vu nuancé d’arrogance, qui t’apparaissait comme bien trop exagérée pour être naturelle chez le jeune homme. D’ailleurs, son attitude pourrait te laisser aisément comprendre que les explications fournies par Dakota comme par Ricky transpiraient la véracité. Tout comme tu pouvais ressentir et vivre tes faiblesses en ces instants, l’intuition te frapperait que ton interlocuteur le savait tout autant que toi, sinon mieux. Et si cela n’avait pas été le cas, les propos suivants qu’il te tint auraient vite fait de dissiper le moindre doute à ce sujet.

“Ah ouais ? Je crois pas que t’en sois vraiment capable. Je sais très bien comment vous êtes et comment vous vous sentez après votre résurrection, vous, les ressuscités de l’apocalypse,” te défia-t-il sans détour. “C’est à peine si t’arrives à distinguer ton cul de ta tête et tu veux me filer des cours d’anatomie ? Si on arrive à garder cet endroit sécurisé et tranquille, à l’abri des pilleurs, des bandits et des tarés, c’est justement en ne balançant pas des messages ouverts sur toutes les fréquences du coin.”

Au-delà de son emportement, tu aurais pu malgré tout déceler une profonde sincérité et légitimité à propos des craintes qu’il affichait ainsi. Quant à les penser fondées, cela restait avant tout une question de jugement sur laquelle toi et lui n’étiez visiblement pas en accord.

Il se serait écoulé quelques secondes, te laissant tout loisir de répondre ou non au jeune homme, avant que la porte de la cuisine derrière vous ne finisse par s’ouvrir et laissa sortir la silhouette d’une femme, bien plus âgée, abordant très certainement la quarantaine. Un peu plus grande que la moyenne, un visage aux traits durs, fermés, encadré de cheveux bruns, rendu encore plus froid par la clarté de ses iris azurés qu’elle posa tour-à-tour sur Ricky, puis sur toi. Tu pourras remarquer que deux profondes cicatrices marquent son profil droit, de la base de sa mâchoire jusqu’aux contours de son oeil.

Levant ses mains, paumes ouvertes au niveau de ses épaules en geste d’apaisement, elle aura pris la parole d’un ton calme, mais extrêmement ferme.

“Et bien, et bien, que d’agitation de bon matin…” Elle fit claquer sa langue contre son palais avant de poursuivre, désignant en même temps Ricky de son index. “Quelle que soit la raison de ton énervement, tu vas me faire le plaisir d’aller te défouler ailleurs. Tu reviendras quand tu seras calmé.”

Si le jeune homme tenta bien de protester, toujours sous le joug de sa fougue, il se résigna néanmoins à obtempérer au bout de quelques secondes, désignant d’un geste de la tête les quelques vêtements qu’il avait descendus à ton intention.

“C’est pour lui,” acheva-t-il avant de remonter à l’étage de la ferme.

La femme le regarda disparaître des lieux, puis reporta enfin son attention sur toi.

“Quant à vous, je vous laisse aller prendre une douche, vous décrasser et vous changer, vous remettre les idées en place. Essayez d’économiser l’eau chaude, le cumulus n’est pas énorme ici. Après quoi, vous et moi mettrons les choses au clair. Il va être très important que vous compreniez que ce que vous aimez, ce que vous savez et ce que vous pensez n’a plus lieu d’être, du tout. Je vous attendrai ici,” termina-t-elle en te désignant, comme Ricky précédemment, la porte menant à la salle de bain.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mer 3 Fév 2016 - 10:43
Je gardais mon regard droit sur le gamin, sans cligner des yeux, la bouche résolument fermée. J’avais vraiment pitié de lui, et surtout de son incompétence dans un domaine qu’il pensait maitriser, ses propos soulignant bien cet état de fait. C’était tout à fait le genre de gaillard qui se cherchait une personnalité et surtout une place dans une société qui ne voulait pas ou plus de lui.
Quelque part, je comprenais sa détresse. Après tout, quel ado n’était pas passé par cette phase ? Et ce môme avait ça à subir dans un contexte qui le dépassait sans doute. Mais il n’était pas vraiment question que je cède à la compassion, surtout après ce qu’il venait de faire. Ça serait un signe de faiblesse, déjà que je n’arrivais pas à assumer de m’être fait envoyer valser par une brindille, si en plus je devais montrer une quelconque indulgence à son immaturité, on n’était pas sorti.

Je préférais lui répondre d’un ton plus posé, et plus lourd d’ailleurs.

« Méfie-toi de tout ce qui est temporaire. »

C’est à ce moment-là que la porte à double battant à ma gauche s’ouvrit, laissant passer une femme brune. Surement l’une des deux autres ménagères du coin. Je baissais mon index dressé dans la direction du gamin, laissant sa mère – qu’elle soit physique ou spirituelle – lui faire la morale avant de s’adresser à moi.
A son discours, je ravalais encore une fois quelques aigreurs. Je commençais à en avoir marre de leur manière, à m’avoir obligé presque sous la menace et la méfiance à les suivre, et à me faire sentir que je leur étais redevable d’une certaine manière. Cela renforçait davantage mon avis à leur sujet. Nous n’étions sans doute pas du même camp.

Je m’emparais des affaires propres abandonnées, en murmurant un léger « merci » mais néanmoins perceptible, et me dirigeait vers la salle de bain dont on m’avait désigné la porte, non sans m’être bien informé sur le reste du couloir que je venais de presque emprunter, et surtout qu’il n’y aurait aucun piège qui m’attendait de l’autre côté.
Je retrouvais donc cette salle de bain, très spacieuse, il fallait l’avouer, avec à disposition une baignoire et une cabine de douche. Je verrouillais la porte à mon passage et déposer le tas d’affaire sur la machine à laver qui patientait silencieusement. Il n’eut fallu que quelques instants pour que je me retrouve dans sous le jet d’eau brûlant me lavant de la crasse qui m’enveloppait, faisant monter la température de mon corps quelques minutes seulement avant que je ne coupe littéralement l’arrivée d’eau chaude, me prenant de plein fouet un torrent glacial. Cette douche écossaise avait pour habitude de me revigorer et j’espérais que mes anciennes pratiques arriveraient à endiguer cette espèce de léthargie répugnante qui m’avait envahi.

Sous l’eau froide, je laissais mes bras et mes jambes se dégourdir doucement, les stimulants de légers mouvements en cherchant à les reconnaitre dans toutes ces sensations qui m’apparaissaient inconnu.

« Tu me fais de la place ? » Murmura une voix sortie d’outre-tombe que je reconnaissais entre milles.

« J’suis pas sûr que tu arrives à rentrer. » Répondis-je à voix haute, sur le même ton, un sourire pincé aux coins des lèvres sentant déjà venir sa fureur face à ma provocation taquine, restant face au mur, le visage figé vers mes orteils.

Elle était encore plus belle lorsqu’elle se mettait en colère et qu’elle me laissait alors lui prouver à quel point j’avais tort.

J’abdiquais sous ce souvenir agréable, finissant par me savonner par les produits qui étaient disponibles, rapidement, avant de sortir du carré de douche et me frictionner rapidement à l’aide de la serviette mise à disposition. Il ne me restait plus qu'à enfiler les vêtements propres, s'ils étaient à ma taille.
Kat, j’espère vraiment que tu es en sécurité.

Ana Stanford

Anonymous
Invité
Sam 6 Fév 2016 - 17:36
Lorsque tu ressortiras de la salle de bain, tu pourras apercevoir la femme qui était intervenue entre toi et Ricky, le dos plaqué contre le mur du salon jouxtant la porte de la cuisine, les bras croisés sur la poitrine. Mais contrairement à sa première apparition quelques instants auparavant, tu pourras constater que ses cheveux comme ses vêtements lui collent à la peau, détrempés. De la même manière, elle aura quitté ses bottes pour se retrouver en chaussettes à arpenter le plancher de la ferme.

Il ne t’aura fallu que peu de temps pour croiser son regard azuré t’observant et t’attendant, avant de te désigner le canapé du salon pour t’inviter à t’y installer. Que tu acceptes ou non de te plier à son invitation, elle se sera ensuite assise dans l’un des fauteuils, croisant une jambes sur l’autre et s’enfonçant un peu plus profondément dans l’épais dossier du fauteuil, laissant ses coudes reposer sur les accoudoirs, les mains croisées devant elle. Elle continuait de te dévisager, un air mi-sévère, ni-compatissant gravé sur ses traits, avant de finalement prendre la parole, d’une voix plus douce que ce que son attitude aurait pu te laisser présager.

“Ricky et Dakota m’ont expliqué ta situation pendant que tu étais sous la douche, et il apparaît clair que l’un comme l’autre ont omis quelque chose d’important, aussi je vais rectifier ça,” commença-t-elle en laissant peser un léger suspense au terme de ses premiers mots.

“Je voulais te remercier, d’avoir pris la défense de Dakota face à l’autre énervé, d’autant que je sais que tu es certainement loin d’être au mieux de ta forme. Le réveil, la perte de repères, de compétences, de sensations… Et de ce que j’ai compris, de ta femme,” continua-t-elle, de plus en plus empathique.

“Ricky m’a aussi expliqué pourquoi il s’en est pris à toi, pour le poste-radio et le message. Rassure-toi, cet incident sera vite oublié. C’est juste un gosse un peu trop impulsif, mais il a raison sur certains points, notamment pour ce qui est de modérer tes ardeurs. Je comprends ton désir de vouloir retrouver ta femme, j’ai vécu la même chose que toi, et retrouver mon époux ne m’a en rien soulagée, crois-moi. Mais tu n’es actuellement pas en état de le faire. Tu peux nous le nier autant que tu le souhaiteras, tu ne pourras pas te mentir à toi-même. Nous avons ramassé assez de revenants ici pour savoir qu’il serait suicidaire pour toi de partir seul, à l’extérieur.

Ce que l’on te propose, c’est de rester pour quelques jours, prendre du repos, retrouver tes forces et tes repères. Après quoi, tu pourras prendre ta décision avec plus de recul et d’assurance. Il existe même un groupe de survivants, à quelques kilomètres d’ici, établis dans un campement qui pourront t’aider à reprendre tes marques. Ce sont tous des revenants, comme toi, comme l’autre excité qu’on a ramassé dans le champ, qui survivent à l’extérieur depuis de nombreuses semaines déjà. Ils ont l’expérience, les réponses et les ressources pour t’aider ; et la connaissance des dangers extérieurs qu’il te faudra éviter autrement qu’en te basant sur les mauvaises rencontres que tu risques de faire. Et je ne parle pas des infectés.

Qu’en dis-tu ?”

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mar 9 Fév 2016 - 11:59
Je jetais un regard en coin à mes anciennes affaires, sales et roulés en boule, avant de les récupérer avant de les déposer à côté de ce qui ressemblait à une machine à laver. Je ne savais pas si c’était vraiment récupérable, mais je ne souhaitais pas rester dans ces affaires qui n’étaient pas les miennes trop longtemps.
A la sortie de la salle de bain, alors que je frottais vivement la serviette sur le sommet de mon crâne pour finir de me sécher les cheveux, c’est la femme de toute à l’heure qui semblait m’attendre en silence avant de m’inviter, tout aussi silencieusement, à m’installer sur le coin canapé.
J’avais également abandonné mes pompes toutes crasseuses et circulait en chaussette, et visiblement, c’était plutôt une mode dans le coin, et cette remarque mentale faites, j’obtempérais dans le mutisme installé vers l’un des deux canapés, m’installant confortablement, ma jambe droite venant se percher au-dessus de mon genou gauche, mon bras gauche glissant le long du dossier de mon assise et la main droite abandonnée simplement sur mes jambes croisés.

Je fixais mon regard sur la femme, attendant son commentaire à mon sujet. Lorsque les premiers mots fusèrent, ma première pensée fut qu’il y avait au moins une personne de pas totalement perdue dans ce lieu. Si la dénommée Dakota avait fait plutôt mauvaise impression vis-à-vis de son caractère, comme le tempérament impulsif et adolescent de son compagnon, Miss z’yeux bleu avaient au moins la maturité que ses premiers signes d’âge affichaient.

Mais la suite de son discours me parut assez désagréable. Je ne voulais pas juger cette femme qui avait préféré abandonner recherche pour son propre « bien-être » oserais-je, mais ce n’était pas mon genre. La survie de Kat comptait bien plus que la mienne, c’était clair et définitif. De là à dire que je n’avais pas peur de la mort était mentir, mais pas dans le sens que le commun des mortels percevaient. Je n’avais pas peur de ce que je n’accomplirais pas, de ce qui me manquerait, ou des péchés que je n’aurais pas complètement expié, ma peur ne concernait que Kat. La peur de partir en la laissant seule avec sa peine, de n’avoir rien pu faire pour elle, de ne pas avoir pu tenir ma promesse d’être toujours là quand elle aurait besoin de moi.

Cependant je ne pouvais qu’attestait qu’elle disait vrai. La douche, même si elle m’avait fait un grand bien, ne m’avait pas remis en ordre, ni mentalement, ni physiquement. J’avais toujours l’impression de m’observer moi-même, comme spectateur d’un corps contrôlé par moi, mais plus vraiment à moi. C’était une décision très conflictuelle entre partir à la recherche de Kat en sachant pertinemment qu’au moindre danger, je ne ferais que pâle figure, ou attendre patiemment que je me remette les idées en place, au risque d’arriver trop tard.

Je me massais calmement les yeux, qui recommençaient à me faire un mal de chien, jusqu’à ce qu’elle m’évoque ce camp de survivant.

« Pamela, c’est ça ? Ou Ana ? J’veux bien croire que vous en ayez vu d’autre, et si je ne suis pas un cas isolé extrêmement rare, alors je suppose qu’il en est de même pour ma femme. »

Je me redressais de mon assise en posant mes deux pieds à plat au sol, plaçant mes coudes sur mes genoux et joignant mes doigts entre eux en fixant le sol.

« J’accepte. Vous savez où se trouve ce camp ? J’aimerais voir ce qu’il en est là-bas. J’aimerais explorer toutes les pistes et s’ils sont aussi expérimentés que vous le dites, je pense que j’y serais plus à mon aise. »

Avec un peu de chance, je retrouverais des confrères capable de monter un truc vraiment efficace pour gérer cette situation. Non pas que je me sentais pas à ma place parmi la population civile, mais c’était sans doute là-bas que je pourrais repartir sur de bonne base.

Ana Stanford

Anonymous
Invité
Mer 10 Fév 2016 - 18:52
“Ana,” aura pris le temps de glisser la concernée au moment où tu posais la question, marquant là la seule interruption qu’elle ferait au cours de tes réponses. La quadragénaire garda ensuite le silence, son regard analytique mais bienveillant toujours posé sur toi, jaugeant vraisemblablement les réactions qui accompagnaient tes réponses.

Si tu y avais porté attention, tu n’aurais pas manqué le mince sourire satisfait qui se dessina sur les lèvres de ton interlocutrice alors que tu acceptais son invitation à rester pour quelques jours. Décroisant les jambes, elle se pencha elle aussi légèrement en avant, imitant ta propre posture tout en cherchant ton regard en passant sa langue sur ses lèvres. Frottant ses mains l’une contre l’autre en affichant une moue pensive, elle laissa planer un silence de quelques secondes avant de finalement te répondre, d’un ton légèrement plus sérieux et informatif.

“Leur campement se situe en périphérie de Snyder, à une dizaine de kilomètres d’ici. Nous avons pour habitude de collaborer en les laissant prendre en charge les différents ressuscités sur lesquels nous tombons. Soit ils envoient quelqu’un ici pour faire les présentations et récupérer ceux qui veulent les rejoindre, soit Nelson ou Ricky se chargent de vous emmener auprès d’eux.

D’une manière ou d’une autre, nous ne vous rendons pas au monde de manière sauvage et irresponsable. Le temps que tu sois reposé et remis de ton réveil, nous tâcherons de les contacter afin de planifier la rencontre. Au moins, tu auras tout le loisir de juger par toi-même de leur situation, puis de réfléchir à la tienne. A partir de là, tu seras entièrement libre de rester avec eux ou suivre ta propre voie ; mais en attendant…”


Laissant sa phrase en suspens, Ana détacha ses mains l’une de l’autre pour les poser, paumes à plat, sur les extrémités des accoudoirs et s’en servir d’appui pour se relever. Une fois fait, elle te désigna la double porte battante de la cuisine de sa main gauche.

“...tu peux faire un tour en cuisine. Pamela doit encore préparer le repas, mais il doit y avoir quelques restes au frigo pour contenter ta faim. Pour ma part, je vais tâcher de te préparer une chambre. Si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à demander,” aura-t-elle conclu en t’invitant d’un geste amical à rejoindre la cuisine.

Fin


Eléments scénaristiques:
 
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