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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Le tranchant d'une lame
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 30 Nov 2015 - 22:11
Les ténèbres n'avaient qu'un seul souhait, qu'une seule et éternelle destiné, m'avaler. Le vide était présent tout autour de ma personne, que je sois assis sur cette chaise, seul meuble de cette sombre pièce, ou bien que je sois debout, rien ne m'était visible. Des ténèbres infinies qui m'invitaient à les rejoindre, je n'avais aucun but, aucune destination, et l'homme qui n'a pas de destination, n'a plus qu'un choix infini de directions. Je me décidais à avancer, à laisser derrière moi cette chaise en bois sur laquelle je m'étais éveillé, en pleines ténèbres. Je décidais de partir vers la droite de cette chaise, de ce seul point de repère. Mes pas étaient silencieux, pas de son étouffés, rien d'autre que du silence. C'est alors qu'en moi naquit cette oppression. Cette oppression qui transforma ces ténèbres infinies en une atmosphère suffocante qu'était le pauvre être que j'étais. Seul, tourmenté, oppressé dans ces ténèbres qui m'étaient, auparavant, familières. Ces ténèbres que j'avais appris à dompter, suivre, ces ténèbres, qui, aujourd'hui, ne souhaitaient qu'une chose, me dévorer vivant.

Le total silence qui régnait dans ces lieux ne faisait qu'atténuer la pression que m'imposait cette atmosphère. Après un temps à marcher dans la pénombre, je me mis à suffoquer, ma respiration se faisait de plus en plus difficile, et pour combler le tout, je commençais à paniquer. L'air qui était de plus en plus lourd m'obligeait à marcher de plus en plus vite pour rechercher la paix, que ce soit pour mes poumons, ou bien tout simplement pour moi. Au bout de quelques instants, certainement moins d'une minute, je commençais à courir alors que mes oreilles bourdonnaient et que les ténèbres face à moi, et tout autour, devenaient bleutées. La peur tiraillait mon esprit alors que la terreur s'emparait de mon âme. J'étais seul, en plein milieu d'un endroit inconnu, avec pour seul compagnon, le son de ma respiration accélérée par la peur et par l'angoisse que me prodiguait ces lieux alors que les battements de mon cœur faisaient vibrer mon corps tout entier tandis que des gouttes de transpiration perlaient sur mon front.

Je m'étais arrêté de courir, pour observer les alentours qui n'étaient, rien d'autre que des sombres ténèbres, dénuées de lueur ou encore d'espoir. La panique avait pris possession de mon âme, mon regard quant à lui, se faisait curieux à observer frénétiquement la noirceur disparaissant lentement pour laisser place à un panorama légèrement bleuté, dans l'espoir de voir quelque chose d'autre que ces sombres couleurs envahissant l'infini espace dans lequel je me trouvais. J'étais prêt à recevoir n'importe quel signal, que ce ne soit qu'un son, qu'une odeur, qu'une caresse, même de la mort elle même, j'attendais quelque chose, peut importe quoi, je l'attendais, je savais qu'il finirait par arriver à un instant ou à un autre. Ne serait-ce que pour me donner espoir car le vide qui s'étendait autour de moi et dans lequel je m'étais précipité tout en m'y perdant m'effrayait au plus haut point, ou bien tout simplement car il ne se pouvait pas que le calme de la mort soit présent partout autour de ma personne.

Les quelques gouttes de transpiration qui perlaient mon front se frayaient un chemin le long de ma mâchoire pour atteindre lentement mon menton, quitte à humidifier la légère barbe que je portais en ce jour. Ma vision devenait trouble, rien d'autre que les ténèbres s’éclaircissant lentement autour de moi devenaient floues. Les battements de mon cœur étaient si puissants et si rapides que mon corps tout entier vibra à chaque coup, et chaque coup me proféra une douleur sans précédent dans la poitrine, ma respiration quant à elle, devenait difficile, l'air étant lourd, chacune de mes inspirations se devait d'être plus longue et plus forte que les autres, alors que le résultat, était le même que la respiration d'avant, mes poumons continuaient de s'enflammer. La douleur s'empara de mon corps, la chaleur devenait de plus en plus forte, alors que juste avant, mon attention n'y avait pas du tout été tournée.

Je tombais à genoux, tirant sur le col de mon t-shirt dans l'espoir de me permettre de mieux respirer. En vain. Je ne restais conscient plus que grâce à l'apnée, l'air s'était sans doute vidé de son oxygène. Je tombais sur le côté gauche. Je ne respirais plus. Je ne bougeais plus. Là où la peur s'était installée, la résignation et l'acceptation avaient pris place. Le noir total de tout à l'heure avait fait place à un bleu du crépuscule, et le silence absolu avait été remplacé par un bruit simple, distinct, que je reconnaissais et que je reconnaîtrais entre mille. Les talons d'une femme claquant contre le sol qui, auparavant, n'avait pas daigné à laisser mes pieds briser cet oppressant silence.

Ma vision était trouble, mais pas totalement, je ne voyais rien d'autre que du flou alors que j'entendais ces talons claquer sur le sol. Lentement, mais puissamment. Lorsque mes yeux commençaient à se fermer et ma conscience s'éclipsait, je ne vis qu'une paire de pieds devant moi. Une paire de pieds portant une paire de talons aiguilles blancs. Rutilants ils étaient. Mes battements de cœur s'étaient calmés, ils avaient ralenti. J'étais allongé sur mon côté gauche, par terre. Là où je pensais trouver un sol froid, je ne m'y trouvais nullement surpris de ne rien y sentir. Pas de sensation de froid ou de chaud. Et mes yeux se fermèrent sur cette paire de talons blancs, parfaitement entretenus. Les dernières chaussures que j'avais vu aux pieds de ma défunte mère, juste avant que l'on referme son cercueil.

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Je me réveillais en sursaut dans la canapé de Stan. Après un rapide tour d'yeux pour observer les lieux, je découvris que c'était bel et bien l'appartement de Stan, sobre, simple. Ma tête était du côté opposé au dossier du canapé, face à la table basse en bois sombre qui se situait à quelques centimètres de mon visage. Plus loin, une télé grand écran, éteinte, posé sur son propre meuble qui lui était parfaitement adapté. Je me redressais lentement, observant le jour rentrer par la fenêtre juste à la droite du fameux canapé qui m'avait servi de lit cette nuit. Une voix familière me parvint aux oreilles.

" Le petit déj' est servi, viens. "

C'était Stan. Debout, derrière le comptoir qui séparait, plus ou moins, sa cuisine ouverte de son salon, en train de boire une tasse de café. Une cuillère qui avait été enlevé de son breuvage pour venir se loger entre son majeur et son index de sa main gauche alors qu'il prenait une grande gorgée de cette drogue légalisée que tout le monde adorait. Le café. Je trouvais ça dégueulasse. Je ne prenais qu'un verre de jus d'orange alors que je m'étonnais de m'être réveillé avec mon jean et mes chaussures. Une paire de baskets blanches. J'avais une goutte de sang sur celle de droite. Je me grattais les cheveux avec ma main droite, ma gauche, elle, était occupée à tenir mon verre, mon auriculaire sur le dessous de mon verre, mon annulaire et mon majeur servaient quant à eux de pinces avec mon pouce pour tenir mon verre tandis que mon index pointait vers le plafond.

L'appartement était plongé dans le silence, et il y resta pendant quelques minutes. Stan respectait toujours lorsque je ne souhaitais pas parler, mais là, il brisa ce silence.

" Tu as eu de la chance hier soir, la prochaine fois, il se peut que le mec en face de toi soit mieux entraîne, ou bien accompagné, tu te souviens de ce que tu m'as dit hier ? "

Oui je m'en souvenais. Mickael avait failli me tuer avec son couteau, j'avais eu de la chance que Stan m'ait bien appris à me défendre, que ce soit grâce au taek-wondo dans un premier temps, ou bien grâce à des techniques de défense improvisé, résultat de l'art de collègues à lui asiatiques mélangés à son savoir faire acquis au milieu des rues. J'avais eu peur dans un premier temps, puis après l'avoir maîtrisé, j'avais pris son couteau, et j'avais été ébahi par cette arme. Un couteau tout simple pourtant, mais qui était un prolongement du bras tout simplement plus meurtrier. Je me souvenais ce que j'avais demandé à Stan, je lui avais demandé de m'apprendre le maniement des couteaux, des lames, et des armes tranchantes de petite taille. Il avait accepté. Je hochais la tête à sa question, et instantanément, il se dirigea vers le canapé, enleva les dossiers et ouvrit le canapé, qui ressemblait désormais à un lit au vu de la forme, mais qui n'en était rien. Ce n'était pas un matelas dessus, mais un plastique qu'il prenait toute la taille du canapé à présent béant.

Il enleva le plastique rapidement, mais soigneusement, le gardant intact. C'était de la mousse avec à l'intérieur, une multitude d'armes. A feu, blanches, silencieuses, il y avait même une arbalète. Je comprenais pourquoi son putain de canapé n'était pas confortable. Il y avait des pistolets, des fusils, des pistolets-mitrailleurs, pas d'armes lourdes, mais je portais mon attention sur le côté le plus proche de la mousse le plus proche de la fenêtre. Ce côté n'avait que des lames. Du petit couteau de chasse à la machette de combat. Je laissais glisser ma main sur l'acier froid des lames afin d'en choisir un qui deviendrait mien. Le choix n'était pas facile, toutes ces lames étaient magnifiques. Mon doigt s'arrêta sur un poignard. J'apprendrai plus tard qu'il s'agissait d'un poignard de commando. Pourquoi celui-ci ? Parce que lorsque mon doigt atteignit sa lame, une perle de sang souilla la pureté de sa lame. C'était à présent le mien. Et j'allais apprendre à m'en servir.
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