Haut de page
Bas de page



 

[Ferme Wallace] Chambre 1 - 20/02/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Ferme Wallace :: Vie de camp

Aller à la page : 1, 2  Suivant

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 4 Déc - 16:39
Interprété par Adam West.

- Je viens de te demander comment tu es arrivé ici et pourquoi, c'est bien que je ne le sais pas moi même. Et de nos jours, je n'ai pas vraiment le loisir de faire des blagues ! L'apocalypse, les zombies qui bouffent les gens, ça ne te rappelle rien ? Vu ta réaction un peu plus tôt sur ta jambe, je dirais que tu vois très bien de quoi je parle. Et j'ai un autre scoop pour toi, oui tu as été mordu par un rôdeur et oui tu en es mort mais pour une raison que j'ignore te revoilà bien en vie et ici au beau milieu de ma prairie. Et avant que j'oublie, tu n'as pas un peu l'impression qu'un détail cloche dans la météo ? Je parie que dans ton dernier souvenir on était à la fin du printemps ou dans l'été 2034 et bien sache qu'on est au début de l'année 2035. Ah et tu es à Snyder...

Des paroles qui auront tournées et retournées dans ton esprit Adam, émises par une jeune fille blonde au beau milieu d'une prairie. La prairie, là ou ton cerveau a comme bugué ou fait un black out, commençant par te paralyser avant que tu ne sombres à nouveau dans l'inconscience, ta masse s'effondrant lourdement sur le sol. Seul toi peut savoir pourquoi tu as réagi ainsi, bien qu'il est évident que le ton rude de la jeune fille ne soit pas étranger à cela, tout comme les paroles employées. Il faudrait être surhumain pour ne pas être choqué par cela surtout après un réveil aussi laborieux que fût le tien.

Réveil que tu subis de nouveau et tout aussi brutalement que la première fois, ton cerveau émerge des brumes de l'inconscience pour être saisit par un nouveau et violent mal de tête. À moins que cela ne soit la continuité du premier ? Ce qui est fort probable dès que tu sentiras à nouveau ton corps et les douleurs l'envahissant, aucun de tes muscles n'en est épargné, si tant est que tu essaye de changer de position. Tu vas aussi commencer à te remémorer les paroles de la blondinette et sans nul doute te demander qu'il s'est passé. Tu réaliseras que tu t'es évanouit au milieu de la prairie, combien de temps es-tu resté inconscient ? Difficile pour toi de le dire et il te faudra le découvrir.

Tu sentiras également que tes vêtements sont bien humides pour ne pas dire mouillés mais contrairement à ton premier réveil, une sensation de tiédeur va t'entourer. Puis tu en arrive à la certitude que tu n'es plus allongé sur de l'herbe fraîche, tu dirais plutôt que tu es allongé sur un lit douillet et confortable. Chose qui va se confirmer dès que tu regarderas autour de toi.

Une chambre, à l'odeur de vieux bois et des draps d'un autre temps, bien que toujours à leur poste. Deux lits, un de chaque coté, faits de bois de hêtre sur un fond de mur en bois plus rude, assortis à une table de nuit en vieux chêne qui n'est ornée que d'une horloge visiblement tout droit sortie des années 80 et d'une nappe.
La table de nuit a été soigneusement installée entre deux et à coté de chaque lit une fenêtre avec rideaux, à fleurs, épais qui laissent filtrer une partie de la lumière à travers les parcelles de blanc qui les dominent, celle des étoiles en l'occurrence car l'heure semble tardive. Les fenêtres sont ouvertes et l'air qui en provient est assez frais. Face au lit à gauche de la fenêtre, une armoire large et grande, à deux portes actuellement ouvertes, truffée d'étagères excepté au milieu, où un porte-vêtement en barre est fixé et laisse l'espace vide jusqu'en bas. Le meuble est plein de vêtements, de draps et de couvertures, assez propres.


Tu es allongé sur le lit de gauche, face à l'armoire et le second lit n'est pas vide : quelqu'un s'y trouve, une femme d'après la silhouette, assise sur le lit et te faisant face, ce qui te permet de la voir sans gêne. Et aussi de la reconnaitre, il s'agit de la même jeune femme blonde qui était là à ton premier réveil et elle semble veiller sur toi. Tu te rends compte, en plus de tout cela, que ta main droite est redressée contre les barreaux du lit et si tu tentes d'en reprendre possession, un bruit métallique semblable à un cliquetis t'en empêchera et t'indiquera la présence de menottes te reliant aux barreaux de bois.

Adam West

Anonymous
Invité
Lun 7 Déc - 11:06
Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Impossible de faire le tri, tout était en bordel dans sa tête. De cette histoire dans la prairie, il n'en restait qu'un mauvais rêve, qui lui venait en tête de manière un peu fouillis alors qu'il revenait à la conscience. Un nouveau réveil s'annonçait et putain ce qu'il était dur, à moins que ce n'était le premier ?

Il émergea, tant bien que mal et même plutôt mal que bien, frappé de ces souvenirs d'un type au visage couvert de bandelettes, de paroles sans queue ni tête, d'une femme qu'il aurait juré être nue et surtout, d'un précédent réveil incohérent dans une prairie, un tas d'herbes tout autour de lui, des arbres au loin, un chien... ou plutôt, une saleté de molosse qui lui avait explosé les tympans et une petite blonde sur qui il aurait bien aimé rouler par inadvertance. Au figuré ou au littéral ? Difficile de se décider. Il leva sa main droite, non en fait, il essaya mais celle-ci fut saisit par quelque chose qui avait décidé de la garder pour elle.

Adam lâcha un long et pénible grognement en entrouvrant les yeux, essayant sans réussir de regarder ce qui pouvait bien gêner sa main avant de refermer les yeux prestement, car ses yeux lui faisaient putain de mal aux yeux. Oui, c'était à peu près ça. Il se rabattit alors sur sa main gauche pour venir la presser contre son front, enchaînant son premier son sur un souffle encore plus rauque et encore plus long. Laissant couler quelques instants, il finit par émerger complètement pour se rendre compte à nouveau que son crâne lui faisait toujours un mal de chien, ou ne s'en rendait-il compte que maintenant ? Dur à dire, cette histoire de prairie était un vrai merdier dans sa caboche.
Toujours est-il qu'il trouvait la motivation pour ouvrir ses yeux en deux petites fentes timides, c'est bien tout ce qui pourrait y avoir de timide en lui, dégageant sa main de son front pour la laisser tomber sur son torse qui se bombait sous sa respiration. Des sensations se cumulaient en plus de son mal de crâne. Il se sentait parallèlement détendu, tout du moins son corps le ressentait à moitié ainsi car il n'avait plus pour appui la dureté d'un sol bitumesque - un mot de son vocabulaire - ou parsemé d'herbes et de terre. Là, il avait l'impression de se trouver dans un vrai petit nid, malgré que ses vêtements le gênaient tant ils lui collaient à la peau. Ces sensations ne tardèrent pas à trouver réponse quand il vint tâter son torse, identifiant le doux toucher d'une couverture, avant de glisser la main sous celle-ci pour toucher ses vêtements directement en descendant le long de son corps, jusqu'à ses parties génitales.

Assurément, un esprit pas net, ou alors très sain en fait, aurait cru qu'il s'apprêtait à se masturber mais au lieu de cela, il analysait plutôt avec un sens autre que sa vue l'humidité de ses vêtements qu'il comprenait maintenant, avaient prit la flotte jusqu'à son caleçon. Au moins, son paquet était bien là, en place et entier, ce qui était la bonne nouvelle. Il écarta progressivement ses paupières pour rétablir sa vue, ce qui vint cette fois assez vite et il put en constater encore plus. Un plafond boisé, ok. Il tourna la tête sur le coté, il y avait un mur boisé, un autre lit boisé, du matos en tissu pour le recouvrir et la silhouette d'une petite blonde qu'il reconnaissait malgré lui, se figeant dans son observation avec sa tronche du type qui se payait une sacrée gueule de bois. C'était bien la blondasse de la prairie, fait chier. Ses yeux finirent par reprendre leur inspection approximative, il y avait une table de nuit encore boisée, une fenêtre un peu boisée, le reste en verre, logique. Pliant un peu la nuque pour lever la tête, il les calcula : une tête de lit boisée reliant des menottes pas boisées à son poignet, oh putain de chier.

Laissant sortir un soupire en ramenant son regard au plafond et son crâne au centre de l'oreiller, il se passa machinalement la langue entre ses lèvres gercées avant de marquer un temps - refermant ses yeux pour les reposer, au bout duquel il lança assez indifféremment :

« Si je savais que tu voulais m'attacher à ton lit pour me chevaucher, j'aurais été plus aimable au premier réveil. »

Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Mar 8 Déc - 17:47
Cela fait de longues heures que la jeune Texane veille sur l'homme inconscient dans la chambre, bien sûr il ne peut se douter de cela, ni de ce qu'il c'est passé après son évanouissement dans la prairie. Revenue à la ferme avec l'autre homme la blonde l'aura finalement laissé entre les mains de Ricky, ce qui lui a permit de tranquillement aller chercher Nelson et lui expliquer la situation. C'est ainsi que l'inconnu se retrouve finalement menotté dans le lit, bien que Dakota l'aurait volontiers laissé dehors sous les trombes d'eau et les potentiels zombies. Pourtant pas méchante pour un sou, elle aura prit la charge de le recouvrir d'une couverture et de draps pour limiter les effets secondaires de son exposition à la pluie. Tout comme elle est restée à faire le grand ménage à l'étage dans les chambres, tout en écoutant un potentiel réveil.

Oui de longues heures qui l'ont vite laissée sans rien d'autre à faire que feuilleter un magazine de musique qu'elle connait déjà par coeur et qui se trouve maintenant fermé et posé à côté d'elle. La blondinette s'apprête à quitter sa garde le temps d'aller voir si le dîner est prêt, lorsque l'inconnu semble émerger avec difficulté des brumes du sommeil. Elle commence par se figer et froncer les sourcils, regardant attentivement l'homme avant de se réinstaller sur le matelas du second lit.

Adam, tu te réveilles de nouveau avec toutes les difficultés du monde, les douleurs et le mal de tête et une fois tes attributs vérifiés et la blonde repérée, tu pourras sans doute voir une expression d'incompréhension sur son visage et en déduire qu'elle se demande bien ce qui vient de te prendre. Néanmoins elle reste silencieuse et statique, assise au bord du lit, te laissant briser le silence de ce début de soirée en premier avant qu'un soupir indéchiffrable ne se fasse entendre de sa part. Silence d'ailleurs qui a le temps de se ré-installer pendant une bonne minute, c'est le ton de sa voix qui te fais comprendre qu'elle n'est pas décidée à entrer dans ton jeu. Si tant est que cela soit un jeu pour toi.

- On aurait pas eu à vous attacher si vous m'aviez écoutée tout à l'heure au lieu de présumer de vos forces.

Bon et si elle n'avait pas un peu craqué à tout lui balancer de but en blanc. D'ailleurs elle fait celle qui veut simplement continuer la conversation entamée bien plus tôt dans la journée.

- D'ailleurs je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Dakota Marlon et vous ?

En fait Adam, tu peux clairement te rendre compte que Dakota sait pertinemment qu'elle a abusé lorsque vous étiez dans la prairie et qu'elle ne s'y est pas vraiment pris de la bonne manière. Enfin pour ce dernier point, elle espère surtout faire mieux là, maintenant que tu es réveillé.

Adam West

Anonymous
Invité
Ven 11 Déc - 23:50
Gardant la tête calée contre le coussin en agitant ses menottes, bien que cela ne menait à rien, il écouta ce que la petite blonde avait à lui dire avant de marquer un temps, froncer les sourcils, puis éclater de rire. Non pas un rire franc et stupide, mais un rire désabusé, grimaçant et un tant soit peu moqueur tandis qu'au bord de son oeil naissait une larme du avant tout à son réveil laborieux qu'il vint récupérer du dos de son index libre. Sa première réflexion l'avait vraiment amusé et putain, elle avait pas froid aux yeux celle-là.

« Evidemment. » Lâcha t-il avec un sarcasme dont il n'en cachait pas le moindre soupçon. « Je crève comme une putain de bouse en morflant dieu sait quoi et alors que je pense avoir la foutue paix, je me réveille deux secondes plus tard dans une fichue prairie avec la tête qui va imploser et sans rien comprendre à ce bordel. Et là, une pétasse blonde se pointe pour me poser des saloperies de questions à la con sans raison puisque visiblement elle en sait assez pour me balancer que je suis mort, que je suis à l'autre bout du pays et que la météo a changé parce qu'on a fait un bon de cinq foutus putain de mois. »

Il avait balancé sa tirade d'une traite en augmentant au fur et à mesure le ton de sa voix jusqu'à pratiquement lui gueuler dessus, et ne gonfla ses poumons qu'à la fin, bombant le torse à souhait pour ensuite reprendre avant de lui avoir laissé placer quoi que ce soit :

« Mais tout va bien, c'est normal pour une pisseuse qui joue à la plus maline. Et ouais, je suis au courant de l'apocalypse et des enfoirés de bouffeurs, l'un de ces salopards m'a prit un morceau de jambe pendant que je me battais avec tous ses potes. Et toi hein ? Tu t'es illustrée comment ? T'y es passé au moins toi aussi ou t'es juste une grande gueule qui s'est contentée de se planquer pour intercepter tous les paumés qui passent dans sa prairie ? Et en plus elle s'étonne que j'ai pas acquiescer gentiment à toutes ses conneries ? »

Au terme, ou plutôt après avoir vidé son sac, il avait levé la tête pour la regarder avec autant de dédain que d'avanie, se disant qu'elle devait bien représenter la race populaire des blondes.

« T'es bien foutue mais t'es pas très fûte-fûte petite Dakota. C'est quoi ça Dakota ? C'est pas un nom de mec comme pour cette tarlouze de Darsow ? Si c'est aussi un nom de blonde ça explique pourquoi il catche comme une adolescente encore vierge. Je dis ça... » Soupirait-il en reposant sa tête sur l'oreiller, reniflant sèchement. « Il a pas du mettre longtemps à se faire croquer. Mais faut croire que les mange-couilles en bouffent certains et s'amusent à en livrer d'autres dans d'autres coins du Texas, ça doit les faire marrer. »

Serait-elle étonnée de sa réaction ? Lui qui se réveillait alors qu'il aurait du être mort après avoir souffert le martyr - bien qu'il ne l'avouera jamais, pour finir attaché à un lit comme un vulgaire gigolo trouvé sur le bord de la route. Et cela sous l'oeil d'une nana qui se permettait de lui faire un sermon pour ensuite vouloir faire les présentations, l'air de rien.

Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Jeu 17 Déc - 0:57
Dès tes premières paroles, Adam, tu peux entendre Dakota prendre une profonde inspiration avant de souffler par le nez, le style de soupire typique de l'exaspération. Et si tu peux éventuellement le prendre pour toi, il concerne également ce qu'elle peut penser. Néanmoins elle te laisse parler sans même chercher à t’interrompre et elle reste sagement assise à supporter ta gueulante, du moins jusqu'au moment où Dakota entend du bruit dans l'escalier.
Des bruits de pas que tu peux clairement percevoir et qui grimpent sans doute un escalier quatre à quatre. Au premier grincement du parquet de l'étage, tu peux la voir se lever d'un bond alors que tu commences à t'en prendre à sa supposée intelligence et la voir se ruer sur la porte d'entrée de la chambre, l'entrouvrant vivement pour passer la tête par l'embrasure. Une voix masculine d'âge impossible à déterminer se fait entendre.

"Tout va bien Dakota ?"
- Oui Ricky ne t'en fait pas, il pique juste une nouvelle crise...


Si tu peux avoir l'impression d'être totalement ignoré, ce n'est pas tout à fait le cas, les deux entendant ce que tu racontes, l'homme de l'autre côté de la porte y réagissant aussi sec. Pour elle c'est vraisemblablement une distraction bienvenue pour éviter de craquer d'une manière ou d'une autre.

"T'veux pas plutôt me laisser m'en occuper ?"
- Non, je dois le faire déjà que... bref, je t'assure, ça va aller.


Les deux baissent la voix pour continuer d'échanger quelques mots rapidement et tu ne peux en discerner aucun mot, juste savoir à quel moment l'un et l'autre parlent. La jeune blonde finit par refermer la porte et se retourner vers toi, un sourire étrange sur le visage qui ne t'est bien entendu pas adressé, tandis que de l'autre côté de la porte, les pas s'éloignent sans pour autant marquer leur direction à proprement parler. Le sourire de Dakota s'efface assez rapidement de son visage quand son regard noisette se pose sur toi et que sa voix se fait bien moins joviale qu'avec l'homme derrière la porte.

- Que vous ne vouliez pas croire à ce que je vous ai dit est une chose, bien que vous ayez déjà des éléments de réponse vous prouvant que j'ai dit vrai mais je parlais de vous-même et du contre-coup de votre réveil. Vous pouvez vous montrer aussi désagréable, ironique, sarcastique et j'en passe que vous voulez, il n'en reste pas moins que vous ne pouvez nier votre état de santé à votre premier réveil, qui n'aurait pas donné lieu à celui-ci si vous n'aviez pas forcé comme un boeuf. Pas besoin d'avouer ou de le cacher derrière votre mauvaise humeur, c'est un fait acquis.


Elle te laisse quelques secondes pour réfléchir, qu'il s'agisse de votre discussion actuelle ou de la précédente où elle avait tenté de te mettre en garde quant au danger sur ta santé.

- Donc je disais, je suis Dakota et avoir votre prénom serait quand même mieux pour la suite que par exemple vous nommer machin ou le paumé comme vous dites. Vous êtes ici, dans une des chambres de la ferme de Nelson Wallace, nous sommes six à y vivre en permanence si on ne compte pas le chien et de temps à autre on recueille des personnes comme vous, ayant vécu une résurrection, se réveillant dans les parages sur nos terres des mois après leur mort.


Dakota ne te repose pas la question directement mais elle garde toujours un semblant d'espoir en ta personne pour que tu lui donne ton nom, ce qui serait un excellent début. Cependant au moment où elle visait à revenir s'asseoir sur le lit opposé, on frappait à nouveau à la porte et la jeune femme revint à pas rapides pour l'entrouvrir en se penchant quelque peu.

- Ricky je t'ai dis que... oh.


Son ton changea du tout au tout sur la fin et elle ouvrit un peu plus la porte en se remettant droite sur ses pieds, sans que tu puisses davantage voir ce qui se tramait une fois de plus du coté de la porte. Et telle une répétition de la même scène, elle parlait à voix basse, les différences étant que la voix qui lui répondait d'une manière ou d'une autre, paraissait plus grave et plus posée et que Dakota se montrait plus réceptive et attentive qu'auparavant. Au terme, la blondinette acquiesça, jeta un regard neutre dans ta direction et sortie, tout simplement.

Adam West

Anonymous
Invité
Jeu 7 Jan - 23:10
Ayant conservé sa posture et son appui contre son lit il fallait le dire particulièrement moelleux, ce qu'il n'avait pas connu depuis un moment à errer sur les routes, il ne donna aucune attention ni à son exaspération ni au bruit de l'extérieur mais prit soin d'agiter ses menottes qui l'irritaient au plus au niveau pour le simple fait de le faire.

Il ne daigna poser ses yeux sur la jeune femme que lorsqu'elle s'était levée pour rejoindre la porte, visiblement piquée à vif et braqua un sourcil lorsqu'elle eu son premier échange, avant de lancer en bruit de fond pour le type de l'autre coté :

« C'est ça, je pique une crise, j'ai les nerfs en pelotes, la caboche qui se désaxe, j'ai le sifflet qui fuit. Je suis censé être mort bouffé et ta copine me balance un ramassis de foutaises, j'ai de quoi péter une durite non bande de cinglés ?!

Ouais voilà, c'est bien, parlez à voix basse comme des pucelles. J'en ai rien à foutre de ce que vous vous racontez ! Elle va me laisser me tirer d'ici et me foutre la paix la bande à Picsou ? »


Grognant en revenant au plafond, il finit par secouer la tête. Qui sait sur quels tarés il était tombé, car après s'être fait choper au réveil en pleine brousse, le voilà menotté de force à un lit - lui qui préfère qu'on lui demande l'autorisation avant. Pourtant, son exaspération et sa colère laissaient place à un certain... ras-le-bol. C'est une vérité que lui seul connaissait : l'envie d'être en paix. Il l'avait gagné au prix d'une dernière bataille qu'il n'avait pu que perdre mais au cours de laquelle il avait trouvé un éclat, ou ce qu'il appelait une dernière éclate totale.
Bien sûr la partie où il mourrait déchiqueté s'avérait bien moins délirante et il avait obtenu justice au prix d'une balle qu'il s'était collé en pleine tête pour ne pas avoir à vivre tout l'épisode où il était dévoré vivant. Là encore il ressentait la douleur atroce du moment, la sensation des dents se plantant dans sa chair, ce qui le mettait d'autant plus en rogne car le traumatisme était palpable. Maintenant il était revenu, il était fatigué et avait mal, il le sentait à travers son corps et surtout son crâne et tout cela l'exaspérait au plus point, le rendait plus irrité et irritable qu'il ne l'avait jamais été et cette mise en scène qu'il vivait à présent n'arrangeait en rien son état.

La blonde finit par cesser de parler à la porte et revint pour lui livrer un nouveau discours complètement tordu. Elle persistait à parler de mort, de résurrection et de lui dans un même temps, sauf que maintenant elle ajoutait la présentation de tout son petit complexe de bois et de paille avec des survivants qui trouvaient ça parfaitement normal de pêcher des "ressuscités" devant leurs portes. Adam se dit alors qu'ils devaient vraiment taper dans les drogues durs pour être à fond dans leur tripe à ce point. A cela, le bougre redressa la tête comme le buste pour l'avoir face à son regard et en dépit de la migraine que cela lui provoquait, le forçant à fermer un instant les yeux pour mieux la fixer avec mépris, il lui balançait en pleine figure :

« Je m'en fous, t'arrive pas à l'intégrer ça ? Je me fous de ton avis sur mon état, je me fous de ton nom, je me contre-fous d'à qui appartient cette ferme, du nombre de tes copains ou de savoir si vous préférez vous torcher le cul par l'avant. Ok ? On est plus clair là-dessus ? J'en-ai-rien-à-péter. » Rajoutait-il en articulant de manière exagérée sa dernière expression.

Il se laissa retomber sur le lit en envoyant un coup de poing de coté contre le mur auquel était plaqué le lit - regrettant tout de suite de l'avoir fait vu le mal provoqué par l'affaiblissement général de son corps qui transitait aussi par les muscles de sa main. Son visage étira une grimace qu'il essayait de faire discrète et sa main mouvait son poignet en étirant ses doigts pour faire passer la douleur. A peine eut-il le temps d'accomplir sa besogne qu'elle se leva pour rejoindre à nouveau la porte. Le temps de commencer à parler, elle consentit d'autant plus vite pour sortir carrément de la chambre en lui jetant un dernier regard. Voilà que sa seule interlocutrice filait. Est-ce que ce n'était pas plus mal ? Sans doute, pour lui comme pour elle.

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Jeu 14 Jan - 1:10
Après que la jeune femme soit partie, la porte s'ouvrit un peu plus, laissant une silhouette entrer sans permettre à Adam de voir quoi que ce soit de l'extérieur. D'un coup, la situation changea par l'apparence de cette nouvelle silhouette : un homme, immense, près de deux mètres et massif, robuste. Pourvu de quelques rondeurs mesurées, le visage aux traits solides mais détendus par l'âge et à l'air naturellement rassurant, le regard bienveillant et paternaliste. Il porte une chemise à carreaux d'un marron forestier presque noir. Bretelles et pantalon sont encore plus sombres, bottes épaisses aux pieds, sa chevelure blanche assez longue est organisée par une queue-de-cheval. Il porte également une chaîne d'argent au bout de laquelle est suspendue une croix catholique qu'il expose sans gêne par dessus son vêtement.

Il semble très clairement être un fermier et un spécimen des plus traditionnels, son regard expérimenté se pose sur l'homme menotté rapidement et révèle une concentration analytique, derrière sa mine sereine. Il reste silencieux tout d'abord, s'étirant les doigts de la main droite qui ne tient rien de moins qu'un fusil Ruger Model 44 dont le canon pointe le sol. Sans perdre du regard son vis à vis, il vint saisir la poignée de la porte doucement et la referma. Ceci fait, il s'employa à se frotter le dessous des narines avec le dos de son index en détournant finalement les yeux, se dirigeant vers le lit opposé où la jeune blonde s'était installée précédemment de quelques pas fort tranquilles.

A terme, il prit une grande inspiration et tout en s'asseyant, s'aidant d'une main pour suivre son vieux corps, il expira longuement, puis posa son fusil à coté de lui à même le matelas.

« Premièrement, ce n'est pas ma copine, mais ma protégée. »

Sa voix avait jailli d'entre ses lèvres de sa sonorité grave et tranquille, n'affichant pas de colère ou de réprimande mais un ton relativement sec, ou tout du moins strict. Venant se frotter les mains en posant les coudes sur les genoux, se penchant ainsi en avant, ses manières s'avéraient paisibles et l'expression de ses yeux bruns laissait transparaître qu'il était contrarié, peu enclin à l'amabilité.

« Deuxièmement, vous avez proféré assez d'insultes à son encontre et je ne tolérerais pas que cela continue. »

Il ne tournait pas autour du pot, il était clair et fixant de nouveau Adam, il sous-entendait sa certitude sur la question du regard.

« La situation est difficile pour vous et je le comprends. Vous avez vécu un enfer, des horreurs que je ne me permettrais pas de minimiser. Vous en êtes même mort et pour une raison qui vous échappe autant qu'à moi, Dakota ou toute autre personne ici, vous en êtes revenu. Je ne saurais pas dire si c'est vraiment l’œuvre de dieu ou du malin mais vous avez survécu à la mort et si le traumatisme ne suffisait pas vous voilà dans un endroit que vous ne connaissez pas, confronté à des personnes dont vous ne savez rien, poussé en avant dans cette grotesque mise en scène du destin. Vous craignez que nous ne vous voulions du mal ou que nous ayons quoi que ce soit a voir avec votre devenir mais croyez-moi, il n'en est rien.

Nous découvrons ce qui vous est arrivé de la même façon que vous. Sachez que je ne l'ai pas vécu mais que j'imagine autant que faire se peut ce que vous traversez. Vous avez le droit d'être perturbé, enragé, désorienté. Nul ici ne vous le reprochera. Cependant comme je l'ai dis précédemment, je ne tolérerais pas que cela continue, alors pour votre bien je vous conseille de souffler, de soulager votre cœur et de vous calmer. Vous pouvez faire ça ?  »


Ce qu'il y avait de sensiblement perceptible, c'est qu'il n'y avait pas la moindre variation dans sa voix. Elle était franche, autant que ses propos.

Adam West

Anonymous
Invité
Ven 22 Jan - 20:53
Lorsque le vieil homme entra, Adam n'y fit pas vraiment attention au début, restant fixé sur le plafond à défaut de pouvoir contempler plus intéressant dans cet environnement semi-carcéral, semi-petite maison dans la prairie. Une petite maison carcérale en somme. Son mal de crâne s'estompait déjà un peu, si bien qu'il n'avait plus un marteau-piqueur dans le crâne à lui faire regretter le moindre effort de concentration. C'est dans cette optique qu'il finit par lever la tête pour voir l'homme à barbe qui s'asseyait sur le lit d'en face et visiblement, commençait à mettre les choses au clair sur ce qu'il considérait comme un abus. Sérieusement ?

Que cela soit du au fait qu'il était retenu contre son gré ou parce qu'il était revenu à la vie dont ne sait où, mais Adam avait toujours autant de mal a donner crédit à quelconques paroles. Retroussant les lèvres en se les mordillant, il se redressa un peu plus tout en fixant cet homme aux airs d'ancien motard reconverti en fermier pour finir sa vie, qui vraisemblablement ne tournait pas autour du pot comme il en eut l'impression jusqu'ici avec l'autre. A défaut d'avoir droit à un peu plus d'égard, il n'y avait déjà pas de faux-semblant. Adam esquissa un sourire ironique et se redressa, mieux à présent, pour s'installer assis en gardant malgré lui le bras gauche à moitié tendu par l'emprise féroce de ces menottes métalliques. Ainsi sur le cul au littéral et face à ce vieux type venu prendre le relais de la petite blonde, il fit mine de grimacer en jetant un regard de coté tout en se grattant sa propre barbe bien moins fournie de l'index.

« Je vais résumer. » Crachait-il avec une certaine irrévérence, lâchant sa barbe pour joindre fixement son regard à celui du vieux, non sans devoir plisser à un certain moment les yeux et ce durant quelques instants pour palier à son état de fatigue. « Tu piges mon malheur, pauvre que je suis, mon traumatisme et t'as aucune idée de ce que je fous ici ni comment je suis revenu dans toute cette merde. Tout comme ta bande de pelleteurs. Mais pour mon bien j'ai intérêt à fermer ma gueule et à accepter d'être traité comme un chien par de parfaits inconnus qui visiblement ramassent des paumés comme moi tous les quatre matins. »

Il vint se masser les yeux en serrant les dents assez brièvement, terminant par un soupir rieur, très ironique.

« C'est vraiment n'importe quoi ce bordel. Mais vas-y... » Reprit-il en relevant les yeux pour fixer encore davantage le vieil homme. « On va dire que je me calme et que je garderais pour moi tous les noms d'oiseau qui me passent dans la tête et qui te sont pas du tout destinés, et dis-toi que je me sens très inspiré là tout de suite. Et ensuite ? Qu'est-ce qui va se passer ? Tu vas me proposer d'être le nouveau cobaye d'une expérience de cinglés ? De vous rejoindre dans une secte d'illuminés qui vénèrent le Jéhovah et les profiteroles ? »

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Sam 30 Jan - 15:21
Le vieil homme croisa les doigts sans se redresser, plissant les yeux et les lèvres tout en restant fixé sur le visage d'Adam qu'il scrutait avec un certain scepticisme. Il ne bougeait pas beaucoup, ne faisait que quelques mimiques et son grand front était barré de pliures caractéristiques. Face à la rétorque de l'homme qui lui était bien inconnu il fallait le dire, il n'eut pas vraiment de réaction, d'expression qui dévoilerait ses pensées bien présentes, ce qui était autant visible que cela pouvait être trompeur car le fermier d'âge donnait constamment l'impression de réfléchir, ce qui avait le don de lui accorder un regard analytique en toute circonstance. Un état de fait qui ne lui permettait pas de passer pour un type distrait ou d'une attitude simpliste, et ce même les quelques fois où il n'était pas du tout intéressé. Aujourd'hui, c'était le cas.

« Non. Pas d'expérience et encore moins une secte. Je n'aime vraiment pas les sectes, j'ai eu de mauvaises expériences avec ces gens égarés. »

Il marqua un temps, détournant le regard vers la fenêtre en se frottant brièvement la lèvre inférieure avec les dents, avant de reprendre d'un ton bien moins relatif, plus porté.

« Bon, vous ne semblez pas disposé à la conversation alors je vais être direct afin que la situation ne s'éternise pas plus longtemps, parce qu'en toute franchise je ne suis pas d'humeur ce soir à faire de la pédagogie ou de l'assistanat. Vous êtes ici, pourquoi ? Je n'en sais rien et peu importe. Maintenant le fait est que vous êtes dans ma maison et que vous êtes peut-être le centième - sans trop exagérer - que je me vois contraint d'accueillir, bien que les autres se sont montrés dans l'ensemble plus conciliants et reconnaissants de ne pas avoir été abandonnés à quelques kilomètres d'ici. Voici un résumé de ce que nous expliquons à chaque individu qui se réveille dans le coin, je vais devoir pour ça répéter ce que mon amie vous a déjà dit.

Vous êtes mort, c'est très probable et c'est systématiquement le cas pour les gens comme vous. Vous êtes revenu à la vie, que ce soit grâce au ciel ou pour une autre raison, vous avez eu une seconde chance. Comme je vous l'ai dit il y en a d'autres comme vous, certains se sont organisés en un groupe avec qui nous avons de bonnes relations. Ce qui va se passer après est simple.

Soit vous décidez de partir maintenant, je ne vous retiendrais pas mais il est hors de question que je vous donnes ce hachoir avec lequel vous avez menacé Dakota, c'est comme ça et pas autrement. Il n'y a rien d'utile à des kilomètres à la ronde et dans la situation actuelle comme votre état, vous aurez de la chance si vous tenez une journée. Vous vous sentez affaibli et une partie de votre mémoire vous a échappé, sachez que ça ne va pas s'arranger dans la semaine, il va vous falloir du temps. Maintenant plus que jamais, vous ne survivrez pas seul. Donc, si vous décidez de faire preuve d'un peu de bon sens, je vous laisse rester pour la nuit et s'il le faut, pour quelques jours afin que vous repreniez des forces et preniez le temps de réfléchir à votre avenir. Ensuite vous partirez.

Vous avez tout de même une opportunité à long terme : le groupe composé de gens comme vous, que l'on appelle les ressuscités. Ils sont dirigés par Samuel Freeman, un homme qui a su préserver ce groupe et qui a accepté d'intégrer les ressuscités qui ont atterri à la ferme. Je pense qu'il vous donnera votre chance mais je vous conseille de revoir le ton à la baisse, je doute qu'il soit aussi patient que moi ou que Dakota. S'il vous offre une place, vous aurez l'opportunité de survivre assez longtemps pour savoir quoi faire de votre vie et à partir de là je ne suis plus concerné. Il y a de nombreuses menaces dans la région, sans compter les morts-vivants qui sont partout. Si vous ne voulez pas retourner dans l'autre monde à peine revenu, vous considérerez ma proposition. Le reste vous appartient et puisque vous êtes si "audacieux", je vous laisse vous débrouiller pour le reste. »


Sur ces mots, il retira ses mains l'une de l'autre et s'appuya sur ses genoux pour se redresser, sereinement, avant de glisser l'une desdites mains dans sa poche pour en sortir deux petites clés jointes par un anneau. Il s'avança ensuite vers Adam, ne se sentant guère menacé par l'homme puisqu'il lui attrapa le poignet d'une poigne forte, sans crier gare, bien assez pour qu'Adam ne puisse pas s'en défaire lui qui était frappé d'affaiblissement et de perte de ses capacités. D'un geste maîtrisé, preuve qu'il l'avait fait de multiples fois déjà, il glissa l'une des clés dans la serrure des menottes et les déverrouilla. Il se redressa finalement en glissant les clés de nouveau dans la poche tout en observant Adam de sa hauteur.

« Alors ? On se comprend ou on se fâche ? »

Adam West

Anonymous
Invité
Jeu 11 Fév - 11:16
Tout du long de la tirade du vieil homme, Adam l'avait observé avec la même fixation et la même attention que celui-ci lui portait au début. Bien que sa main menottée soit toujours la cible d'une grande gêne, il faisait en sorte de rester droit et digne, à défaut d'être en pleine forme. Ce type venait d'appeler les fanatiques des gens égarés. Spécial comme choix, était-ce une espèce de sage bouddhiste qui voyait le bon chez les autres ou un croyant qui se tartinait la face et l'esprit de dogmes malhabiles fondés sur une adhésion aveugle ?

Dans un cas comme dans l'autre, le grand gaillard ne trouvait aucune substance dans ce genre de propos, tous les sectaires fanatiques, qu'ils proviennent des vieilles religions qui ont réussi à faire marcher le commerce ou de récentes communautés considérées par tous ceux qui n'étaient pas des leurs, comme des attardés faibles d'esprit ou de bons entrepreneurs qui avaient trouvé un bon filon composé de moutons à pomper jusqu'à la moelle de tout leur fric, c'était du pareil au même. Des cinglés et des profiteurs qui s'enlisaient dans une montagne de merde enroulée de papier d'alu', le tout recouvert par une couche de vomi soigneusement appliquée avec une cuillère en or. Sans doute bien peu de gens comprendraient son image, mais lui se comprenait en tout cas et c'était le plus important non ?

Finalement, le vioc changea d'attitude et prit des airs exaspérés doublés d'un discours expéditif, mais qu'est-ce qu'il pensait provoquer en se la jouant comme ça ? Le Son of Chuck ? Dans ce cas-là il aurait été bon qu'il sache que la bave du crapaud n’atteint pas la colombe black métal, ouais bébé. Adam n'était pas un orgueilleux envers qui le moindre mot un peu puéril ou à la sauce provocateur rebelle faisait vibrer sa fierté de m'as-tu vu, c'était un je-m'en-foutiste assumé qui se moquait bien de ce qu'autrui pouvait penser de lui ou de sa voisine. C'était déjà le cas dans sa première vie, ça ne risquait pas de changer dans la nouvelle, ou ce qu'on lui a présenté comme une nouvelle vie. Il avait beau essayer de dédramatiser la situation et prendre l'explication avec humour, il avait toujours autant de mal à faire passer le suppositoire, ça ressemblait toujours à un tas de conneries mais force est d'admettre qu'il n'avait pas d'autre explication au fait qu'il devrait être crevé.

Il était bon quand même d'accorder au vieux fermier qu'il se montrait d'autant plus direct et cash maintenant que c'était déjà le cas plus tôt. Pas de faux-semblant, il pensait ce qu'il disait et disait ce qu'il pensait, sans chercher à le ménager ou à le dorloter façon condescendance d'allumé du citron comme l'autre blondasse qui l'avait sérieusement irrité. C'était un interlocuteur qui mettait les choses au clair avec Adam et avec qui la discussion ne se coltinait pas des rebonds débiles tout autour du terrain, c'était même plutôt un tête à tête au centre du ring sans casque et sans gant.
Ça lui plaisait et il fallait bien l'avouer, ça forçait le respect, mais là le grand gaillard radotait avec ce genre de pensées comme un petit vieux sénile qui comprenait rien aux nouvelles générations et qui se disait que c'était mieux avant comme dans son patelin. C'était même un retournement de situation dans le discours façon : on t'a sauvé les miches alors qu'on aurait pu te laisser crever comme un hérisson la tête coincée dans une canette de coca, je sais pas ce qu'il t'es arrivé et je m'en astique le trou d'uc, je me contente juste de pas être un gros connard pour le principe et la bonne action. T'as deux choix, rejoindre un groupe de gens comme toi, et c'est tout, oui parce qu'en fait je t'explique que t'as le choix mais tu l'as pas, tu peux te tirer tout seul dans ton coin si ça te chante, mais tu seras crevé demain et personne n'en aura quoi que ce soit à péter parce que chercher à se démerder en solo c'est pour les abrutis, ce sera bien fait pour ta gueule. Voilà, c'était à peu près ça en résumé et en lisant entre les lignes, traduit avec ses mots bien sûr sinon ce ne serait pas drôle.

Si son cerveau carburait, Adam restait en revanche pleinement silencieux et n'avait pas quitté le vieil homme des yeux, se contentant de mouvements de mâchoire répétés et de plisser les lèvres à intervalle régulier. Quoi dire à tout ça de toute façon ? Pas grande chose, ce qui importait dans l'absolu, c'était de retrouver le contrôle de la situation et de faire le point par soi-même, alors aucune question à poser ni rétorque à ce qui avait été dit qui pourrait relancer l'échange, même si putain il y en avait des choses à dire à tout ce baratin. Mais soit, son silence sembla payer puisque le vieil homme vint ouvrir les menottes et le grand gaillard put en prendre plein la vue, pas d'une jolie poitrine bien ferme et rebondie, mais plutôt d'un bon bide rebondi modèle troisième âge au niveau de sa gueule. A ce ventre de type bien nourri il se contenta d'un coup d'oeil avant de poser le regard sur son poignet libéré, ramenant sa main en mouvant ledit poignet qu'il eut loisir de masser une fois près de lui.

Laissant planer un temps de silence et de réflexion durant lequel il scruta sa main dont il étirait les doigts en même temps qu'il se massait l'emplacement des assez faibles marques des menottes, il attendit d'avoir suffisamment laissé s'écouler l'incertitude avant de prendre appui sur ses genoux et se redresser pour faire face au vieux fermier en inspirant longuement, terminant par une expiration un poil exagérée et en quelque sorte théâtrale. Sa voix grave finit par lâcher la réponse attendue par le vieil homme dont il n'était plus séparé que par une poignée de centimètres, pouvant confronter son regard dans le blanc des yeux.

« J'ai pas la forme pour me fâcher aujourd'hui et avec qui que ce soit de toute façon. »
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: