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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

La caravane - 12/02/2035
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Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 15 Déc - 21:12
Gardant ce léger sourire qui avait le don d'adoucir son visage, Samuel répondit au geste de Jian en amenant son index et son majeur contre sa tempe avant que son bras ne retombe mollement en geste de désinvolture. Samuel avait beau avoir été le chef de bien des choses, dont certaines peu reluisantes, il n'avait jamais été inspiré par la discipline militaire. Évidemment, un ordre reste un ordre, quel que soit le contexte, mais le canadien appréciait plus de laisser certaines latitudes et initiatives à ceux qu'il dirigeait, cherchant plus à canaliser la synergie entre les équipes qu'à être un grand manitou.

Quoi qu'il en soit, le jeune était prêt, alors il se devait de commencer. Ainsi, il leva le bras gauche et pointa du doigt le bureau sur lequel se trouvait toujours ses notes, seuls papiers qui ne soient pas bien ordonné sur le support car posés à la va-vite.


"Peux-tu me donner mes notes Jian ? Ce sont les feuilles, là, en vrac et illisibles."

Évidemment, pour être illisibles, elles l'étaient, mais non pas car Samuel avait découvert le fabuleux secret de l'écriture médicale, mais bien sur, comme évoqué plus tôt, car elles étaient totalement rédigées dans la langue de Molière et non celle de Shakespeare, ce qui n'aurait put offrir à Jian que la possibilité d'apercevoir quelques rares mots se recroisant de près ou de loin avec la langue américaine, le français instruit au canada étant pour le moins étrange sur les anglicismes... Sans doute même qu'un français de souche y aurait eu du mal à retracer le sens de ses gribouillages.

Quoi qu'il en soit, puisque, de toute façon, il n'avait pas tant besoin de ces papiers, Samuel n'attendit pas de les avoir en main pour s'exprimer, se rapprochant par la même de son interlocuteur, ce qui lui offrait la proximité pour prendre les papiers une fois que son élève les lui passerait, mais également adopter une posture plus seyante à sa fonction du jour.


"Comme je te l'ai dit, la gestion du stress ce sont de grands principes et beaucoup d'échanges. En autodidacte, on peut mettre en pratique les principes qui sont une sorte d'hygiène de vie mentale mais l'on se prive des échanges qui permettent de mieux cerner la source du stress. Plus on est près de la source, plus la neutralisation est efficace, c'est indéniable. Hélas, les gens ont souvent du mal à cerner quel est la source exacte de leur état puisque, comme pour une maladie totalement physiologique, les symptômes ne sont pas susceptibles d'apparaitre dans l'instant.

Pour l'instant, nous nous focaliserons sur les principes. J'ai été formé à contrôler mon propre stress et dispenser cette formation mais il me faudra encore du temps pour me remettre mes innombrables séances avec mon psy et retrouver la source de mon propre stress. Bref, je n'ai pas encore la capacité de commencer à échanger et c'est une bonne chose. Peut-être James est-il suffisamment formé en psychologie pour remplir ce rôle, je t'inviterais à lui en parler avant de revenir vers moi, je ne peux pas être chef et psy en même temps."


Et le tout en préservant un sourire aimable, en bougeant ça et là, captant autant que possible l'attention du jeune homme, là, debout au milieu de la caravane, son artillerie ballotant contre lui à chaque geste. Cependant, il lui fallait à présent ses notes afin de s'assurer de ne rien manquer et de commencer les choses dans l'ordre, aussi en profita t-il pour poser sa question, celle de tout les profs :

"As-tu des questions Jian ?"

Que le réponse soit affirmative ou négative, il attendrait ostensiblement que ses notes lui soient données, si cela n'avait pas été fait l'instant d'avant bien sur, avant de reprendre la parole, soit pour répondre aux questions, soit pour entrer dans le vif du sujet.

Jian Wei

Anonymous
Invité
Mer 16 Déc - 23:56
Jian élargit un peu son sourire en voyant que Samuel avait accepté de se laisser entraîner partiellement dans son jeu puéril du petit soldat. Certainement était-ce de la paranoïa à ce niveau là, mais pendant un bref instant le jeune asiatique avait craint que son interlocuteur ne lui rende pas la pareille, accroissant ainsi le malaise qu’il pouvait ressentir et son inconfort toujours bien existant de ne pas encore pleinement faire partie de cette communauté.

Mais les choses étaient en phase de s’améliorer, elles le devaient. Ainsi donc le jeune Jian se mit dans une posture d’écoute et de concentration optimale juste pour en être sortit quand Samuel lui demanda de lui passer ses notes. Aussitôt, l’asiatique s’exécuta et lui tendit le carnet de notes tout en s’apercevant au passage qu’il ne lui mentait pas quant à la nature difficilement déchiffrable de ce qui y était inscrit. Jian n’avait eu que l’espace d’un instant, d’un clin d’œil pour regarder de quoi il s’agissait mais sa connaissance des langues occidentales était bien trop limitée pour pouvoir reconnaître quelques mots ou lettres de la langue de Molière. Tout ce qu’il avait vu c’était des lettres bizarres et des mots sans queue ni tête pour la part de son esprit qui était anglophile.

Jian écouta donc son professeur du jour lui exposer le programme qu’ils allaient suivre et ce ne fut que lorsque il eut fini qu’une petite question trotta dans sa tête. Plus par réflexe et absolument pas par moquerie, il leva la main pour signaler qu’il souhaitait poser une question.

- Si je vous suis bien, vous voulez donc qu’on parle de théorie pure aujourd’hui ? C'est-à-dire un peu un ours magistral, c’est bien cela ?
En cas de réponse négative, Jian s’efforcerait de cacher sa maigre déception car il aurait vu ce cours un peu plus… interactif, et pratique, beaucoup moins théorique que ce qui avait l’air d’être annoncé. Néanmoins comme Samuel venait de le pointer, il n’était pas psychologue et par conséquent Jian serait très satisfait de recevoir déjà ce qu’il pouvait lui transmettre… Et puis après tout cette approche psychologique et introspective, ne venaient-ils pas justement de l’adopter quelques minutes plus tôt quand il avait  laissé parlé Jian et l’avait rassuré sur certaines de ses peurs ? Finalement, Jian se dit avec sourire que Samuel était peut-être beaucoup plus psychologue qu’il ne le pensait… Oui, la déception de Jian était faible, très faible.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 17 Déc - 15:17
Les notes en main, Samuel les examina, passant son doigt sur le papier pour suivre son écriture, une écriture en pattes de mouche, comme la plupart des gauchers qui n'ont pas appris à écrire à main levée. Cependant, puisque Jian avait bel et bien une question, il leva un œil vers lui. Lorsque ce dernier termina sa phrase, il reporta son regard sur les quelques feuilles tout en répondant :

"Disons que c'est assez complexe. Il ne s'agit pas de t'apprendre une équation immuable pour dominer ton esprit, seulement te donner les clés pour réduire les inconnues à... Disons... Une fourchette de constantes. Je ne pense pas qu'il soit possible de complètement se dominer, même les personnes incapables de ressentir ou de distinguer le bien du mal ont des faiblesses, certaines choses plus ou moins anodines qui vont quand même générer du mal-être.

Mais le commun des mortels n'a pas besoin d'esquisser la plus grande froideur devant la pire des horreurs. Tout ce qu'il faut, c'est savoir contre-balancer ces horreurs dans le temps, les éliminer avant qu'elles ne rongent l'esprit, et pour ça, il ne faut pas que de la théorie, il faut que je t'aides à deviner quelles inconnues doivent être dévoilées."


Enfin, il quitta les feuilles du regard, les abaissant pour regarder pleinement Jian. Son visage était reposé, son attitude presque flegmatique. Après les évènements récents, avoir l'occasion de parler encore et encore pour exposer sa "science" sans se faire geindre dessus par un mort ou menacer verbalement par un vivant, cela reposait.

"Crois moi, ce n'est pas bien utile de découvrir que tu es arachnophobe à moins que même une image d'araignée te rende hystérique et incapable de faire quoi que ce soit. Je dois t'aider à comprendre quels évènements, quotidiens ou ponctuels, anodins ou non, provoquent une réponse démesurée de la part de ton cerveau. Ensuite, il faudra apprendre à neutraliser la source du stress du mieux que tu pourras et adopter certaines techniques qui permettent de dissiper ce qui ne peut être neutralisé.

Un exemple. En tant que manager, j'ai été rapidement mis aux commandes d'un large éventail de personnes et d'établissements, faisant de moi le numéro un, le point de convergence de beaucoup de décisions. Mais je n'étais que manager donc, il est arrivé ponctuellement que je perde la main sur certaines choses lorsque je n'en avais, selon mes supérieurs, plus le contrôle.

Hors, rien n'est jamais hors de contrôle, je n'avais juste pas l'autorité pour déployer les moyens nécessaires pour reprendre le contrôle. Et c'est justement à cet instant, au moment ou quelqu'un reprend mes rennes, que je perds le contrôle, et c'est là que mes propres techniques me permettent de rester stoïques. Je peux neutraliser mon raisonnement qui est tout subjectif ainsi que me mettre à n'importe quel tâche qui va m'aider à me relaxer."


Samuel laissa quelques secondes de silence suivre puis, esquissant à nouveau un sourire pédagogue, il demanda à l'ex-taulard :

"Tu visualises mieux vers où nous devons aller Jian ? Les aléas n'ont pas de prise réelle sur les gens, il faut travailler sur les coups durs. Pour les aléas, se relaxer suffit, mais les coups durs doivent être compris et maitrisés."

Jian Wei

Anonymous
Invité
Sam 19 Déc - 19:44
Jian écouta avec attention tandis que Samuel lui présenta sommairement les bases de réflexion qui feraient leur travail. Dune manière générale et bien que Jian n’y ai pas pensé de lui-même plus tôt, ce qu’il disait paraissait assez logique : savoir maîtriser ses émotions et les contrebalancer en temps réel pouvait paraître comme une tactique valable, mais n néanmoins foncièrement occidentale à ses yeux, une société basée sur le culte de l’émotion. Non pas qu’il n’allait pas la suivre bien sûr, cependant s’il pouvait se permettre d’apporter sa maigre expérience de la chose dans la conversation, il n’allait pas s’en priver… Non sans faire déguster à Samuel son improbable accent Hong-Kongais dont il ne se débarrasserait probablement jamais.
- Je sais que ça fait cliché, mais j’ai étudié les arts martiaux pendant de nombreuses années avant tout ça. Bien sûr suite à la morsure, j’ai oublié mes réflexes, mais la théorie est toujours là. La méthode qu’on nous préconise alors repose sur la concentration, l’ancrage dans le moment présent. On se fixe un but à atteindre, et il faut calculer comment y arriver. De ce que je sais, ça marche plutôt bien quand on est actifs en combat, surtout au corps à corps. Mais cette méthode a ses faiblesses, j’ai déjà été pris dans une fusillade, ou une situation anxiogène dans laquelle on a pas d’objectif… Je dois avouer qu’à ce moment là, ca ne fonctionne pas, on est tout aussi vulnérable que n’importe qui d’autre, artiste martial ou pas.
Jian espérait que cette intervention aurait put apporter quelque chose à son professeur du jour. Non pas qu’il avait bien sûr la prétention de remettre en question ses enseignements ou ses méthodes, mais l’enrichir d’autres connaissances n’était jamais un mal.
- Donc en fait, plutôt que faire abstraction de ses émotions, je devrais plutôt essayer de me focaliser sur mes émotions positives ? C’est cela ? Peut-être aussi justement sur mon objectif…
Déclara Jian en se rendant compte que sa méthode n’était pas si différente de celle de Samuel qui s’avérait simplement plus universelle.

La suite de la conversation prit cependant une tournure qui enjoua beaucoup moins le jeune asiatique et le sourire sur son visage s’estompa lentement à mesure qu’il prenait conscience du fait qu’il allait certainement devoir affronter de nouveau les évènements traumatisants qu’il avait vécu s’il souhaitait apprendre à maîtriser ses émotions dans les pires situations… Certes, le jeu en valait la chandelle, mais en parler ainsi à Samuel de tous ses traumatismes aussi tôt et aussi frontalement lui faisait apparaître un grand nœud dans la gorge… Une gorge qui se serrait déjà en repensant justement au jour où elle avait été si serrée qu’il aurait dut en mourir.

Mais au final, Samuel venait de s’ouvrir à Jian en lui racontant son expérience douloureuse de management et même si cela n’avait rien à voir avec la dureté des épreuves qu’il avait subit, il se serait sentit bien gêné de ne pas lui rendre la politesse. Jian déglutît donc et sans vraiment lever les yeux, il dit d’une voix hésitante.
- J’ai… J’ai peur d’être soumis de nouveau aux tortures que j’ai subies… Ou que d’autres le subissent. Je pense que je pourrais perdre le contrôle de moi si je voyais des gens souffrir… De la même manière que j’ai souffert en prison. Je crois que c'est ça ma peur, ma très grande peur...

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 22 Déc - 22:29
Suite aux paroles de Jian, le canadien demeura un instant méditatif. Son regard restait fixé sur un point à sa gauche alors qu'il balançait doucement les feuilles de papier qui se pliaient et se dépliaient au rythme de son poignet. Et puis, finalement, il repris la parole, l'air quelque peu distrait, déconnecté :

"Compte tenu de ce que tu m'avais dis, j'espérais prendre connaissance d'une autre facette de tes craintes, moins évidente et moins taboue également. Cependant... Nous ferrons avec."

Là, seulement, son regard regagna de sa vivacité bien que ses pupilles se soient contentées de passer du vide au jeune élève, le fixant sans avoir l'air de ciller. Malgré cela, sa voix parut toujours aussi lointaine, assez neutre, comme si l'ex-taulard n'avait justement pas évoqué la prison mais quelque chose de plus banal.

"Ainsi, tu as ton point de départ. Comme celui que je t'ai exposé, il ne s'agit là que d'exemples reflétant une crainte plus universelle. N'importe qui subirait un stress important devant de tels évènements, mais le fait que tu te doutes que cela puisse générer un stress disproportionné chez toi signifie que ces évènements ont plus d'importance que d'autres dans ta psyché."

A cet instant là, reprenant son souffle, il se tourna pour poser ses notes sur le premier support venu. Les mains ainsi libérées, il put reprendre l'exacte attitude qu'il avait un instant auparavant, redevenant pleinement vivant en reprenant possession de l'espace de la caravane, par ses mouvements comme sa voix.

"De mon côté, c'est simple, enfant unique, parents bourgeois, quotient intellectuel élevé, j'ai appris à contrôler mon environnement depuis ma naissance... Ou en tout cas, ce que j'ai appris de moi bébé le laisse à penser. C'est quasiment devenu une constante plus qu'une inconnue et cela fait près de vingt ans que je vit ponctuellement ou quotidiennement avec des choses échappant à mon contrôle sans devenir fou.

C'est à un jeune âge que j'ai compris qu'il était inutile de devenir dur et froid comme un roc. Celui qui fait taire ses émotions demeure sans défense lorsque ces dernières ne peuvent être apaisées, il vaut mieux avoir des défenses éprouvées et parées à gérer le surplus. En l’occurrence, se trouver en situation de danger sans visualiser de but signifie que tu te trouves en état de panique."


En douceur, puisque ses deux mains étaient libres, il pris la sangle de son fusil d'assaut et la fit glisser de son bras gauche avant de le prendre fermement dans ses bras.

"Lors de ma sortie avec Jena, j'ai tiré dans l'omoplate d'un homme avec ceci. La culasse n'a pas parfaitement reculée et s'est bloquée, envoyant la douille frôler mon visage... C'est pas prévu pour les gauchers... Quelqu'un qui aurait paniqué se serait laissé retomber en arrière et se serait acharné sur la culasse, pas de visualisations, des réflexes instinctifs qui ne sont pas toujours adaptés à nos situations.

Tu sais ? Je n'ai pas choisi mon exemple de perte de contrôle par hasard. C'est quasiment un cas d'école. En général, si tu as du stress, si tu as peur, si tu paniques, si tu déprimes, c'est par ce que tu n'a pas le sentiment de contrôler la situation.

Quoi qu'il en soit, l'arme bloquée, il me suffisait de garder l'oeil sur ma cible, décoincer la culasse d'un mouvement sec mais sans précipitation ou, si cela avait été le cas, sortir ma seconde arme ou, si je n'avais pas eu le temps, envoyer ceci dans n'importe quelle partie du corps de mon ennemi."


D'un geste sec, il mis un gentil coup de crosse contre la paroi intérieure de la caravane, faisant résonner le genre de coup qu'on ne veux surtout pas se manger, dans les jambes, les bras, le buste ou le visage, jamais.

"C'est ma solution à moi. Je n'ai pas les réflexes d'un serpent, ni un œil du faucon et encore moins une force de gorille. J'ai le cerveau d'un être humain et j'analyse mon environnement comme peu de gens le font afin de préserver le contrôle. Et si je n'ai pas les moyens d'un tel contrôle... Meh..."

Il haussa les épaules puis repassa son bras gauche entre la sangle et le fusil pour le caler dans son dos avant de désigner l'extérieur d'un signe de main assez mou.

"Ce camp est censé se trouver sous menace constante et je devrais brailler sur tout le monde, moi y compris, que les repérages sont trop long à se faire pour préparer le déménagement... Mais au fond, nous faisons notre maximum en ayant continués à perdre des compagnons durant ces dernières semaines, alors à quoi bon se focaliser sur ce qui est hors de contrôle alors que tout le monde est à cran ?

C'est en me souvenant que je n'ai pas les moyens de tout contrôler, que j'efface cette idée subjective selon laquelle je DEVRAIS être Dieu sur Terre pour protéger ceux qui le méritent, que je peux me focaliser sur le possible et préserver un contrôle partiel de la situation. Sans cela, Melody m'aurait foutu un coup de crosse sur la nuque et aurait pris les commandes pendant que je serais resté à désespérer dans ma tente."


Enfin, il eut une moue exprimant une certaine désapprobation et, rapidement, secoua une main en signe de négation, tentant de balayer tout ce qu'il venait de raconter :

"Bordel, c'est pas vraiment comme ça que je dois t'apprendre à te maitriser par toi-même. Les exemples sont bons pour visualiser de quoi on parle mais ils influencent énormément les gens qui aiment se raccrocher à des solutions toutes trouvées au lieu de faire l'effort de chercher les leurs."

Jian Wei

Anonymous
Invité
Mer 23 Déc - 16:53
Le jeune asiatique afficha une grimasse confuse et désolée quand Samuel avoua sa déception de ne pas avoir autre chose à se mettre sous la dent au niveau de ses peurs. Malheureusement Jian ne voyait pas trop ce qu’il voulait dire d’autre et de toute façon il l’avait déjà dit, il n’avait pas l’intention de rentrer plus en détails sur ce qu’il avait vécu… Ceci étant, réfléchir à cela lui donna un angle de réflexion.
- J’ai peur de revivre ces choses, les traumatismes auxquels j’ai été confronté… Étrangement je n’ai pas peur d’en vivre d’autre, juste de revivre ceux là…
Déclara naïvement le jeune homme en espérant que ce serait suffisant pour apporter un éclaircissement visiblement bien souhaité.

Vînt ensuite le moment où Samuel décida de se lancer dans une tirade stylisée et unilatérale pour évoquer ss propres peurs et ce qui n’allait pas chez lui. Bien entendu, ce serait toujours pour Jian un élément de réflexion, aussi malgré leurs divergences concernant leurs peurs, le jeune asiatique écouta attentivement l’exposé de son professeur du jour sans l’interrompre. Il se permit même à l’occasion d’afficher un sourire amusé quand celui-ci lui révéla quelques faiblesses de manière comique, ce qui donnait un petit aspect de farce à l’ensemble.
La conclusion de l’exposé de ce dernier amena une petite dimension burlesque à l’ensemble et Jian ria de bon cœur tout en veillant cependant à ne pas froisser Samuel. Après ce petit instant de détente, le jeune garçon reprit sa réflexion, en silence. Son silence dura plusieurs secondes et fut un peu plus pesant mais finalement, tout comme Samuel qui avait accepté de s’ouvrir à lui, Jian décida de lui en dire un peu plus par rapport à son passé.

- Moi aussi je suis né dans une famille bourgeoise, enfin, plutôt riche même, riche et puissante de l’agglomération Hong-Kongaise. Mon grand-père était le chef des Sun-On-Yee, les triades locales. Ma mère était sa fille, d’ailleurs c’est son nom que je porte, pour marquer que j’appartiens à LEUR dynastie, pas à celle de mon père. J’ai donc toujours été destiné à devenir un gangster. J’ai reçu une éducation très traditionnelle, très patriote et hiérarchisée, basée sur l’honneur…Oui je sais c’est ironique mais c’est une erreur de penser que l’honneur n’existe pas chez les criminels, surtout dans les triades, rien n’y existe sans l’honneur. J’ai été aussi formé au combat rapproché, à tout ce qui est illégal, même un peu au tir, j’aurais du devenir l’équivalent d’un cadre au sein de cette organisation, mais ma mère a toujours été contre, et moi 14 ans, je me suis dit qu’elle avait peut-être raison. A partir de là c’est allé très vite, on a disparu du jour au lendemain et quelques heures plus tard on était au Japon chez mon père, puis en Amérique. J’ai toujours été balloté entre plusieurs cultures, plusieurs familles. Chinoise du côté de ma mère, Japonaise du côté de mon père, puis Américaine, une vie et une culture à laquelle je ne me suis pas habitué. J’ai été assez déchiré entre cette carrière de criminel, une tradition de famille et mes parents qui voulaient autre chose pour moi. Du coup le déménagement en Amérique a été trop pour moi, c’est là que j’ai pété les plombs et que j’ai commencé à faire des conneries. La suite vous la connaissez.

Jian soupira mais sans s’interrompre dans sa réflexion.
- Je crois que j’ai peur d’être rejeté, ou de n’être pas intégré. Pourtant je n’ai jamais eu d’envie à m’intégrer en Amérique, j’ai pas choisi de venir dans ce pays, mais du coup je me suis ostracisé tout seul à un moment où j’aurais peut-être eu besoin de support. Du coup maintenant je suis ici, dans un pays dont je ne connais rien d’autre que le système carcéral…
Jian se permit un ricanement remplit d’ironie à cet instant puis il continua de son accent Hong-Kongais caractéristique.

- J’y suis probablement pour toujours et ça m’angoisse, car en plus je n’y connais rien, donc je m’intègre pas, donc je me sens rejeté, donc je ne veux pas faire d’efforts, je crois qu’un cercle vicieux s’est installé. Au-delà de ce que j’ai évoqué plus tôt qui est général, J’ai peur d’être abandonné.
Une étrange sensation envahit alors le jeune Chinois en explicitant ces sentiments, une sensation de soulagement et d’anxiété mêlée. Mettre en évidence une telle peur foutait un peu les jetons, mais c’était la première étape pour savoir mieux vivre avec.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 5 Jan - 14:44
Avec une certaine surprise qu'il masqua évidemment avec son attitude attentive et neutre, Samuel fit connaissance avec bien plus d'informations sur le passé de Jian. Intérieurement, il était pour le moins étonné que ce dernier se livre sur qui il était et ce d'autant plus qu'il était un ancien incarcéré. Comment est-ce que ce jeune homme avait put survivre aussi longtemps avec si peu de résistance psychologique ? Combien de temps survivrait-il encore ?

Peu à peu, il apparaissait à l'ex-manager que ce cours qui devait être assez anodin allait finalement se révéler très important puisque le seul présent semblait avoir cruellement besoin d'apprendre à se maitriser et à tenir sa langue.

Quoi qu'il en soit, ayant pris grand soin d'enregistrer mentalement le flux d'information que venait de lui offrir le jaune, il ne sembla pas décidé à laisser retomber les choses ni à ce que le moindre silence ne risque d'interrompre l'échange qui, si il semblait difficile à recentrer, ne manquait malgré tout pas d'intérêt. Ils avançaient, un peu en biais par rapport à l'axe que le canadien désirait suivre mais au moins ils ne s'étaient pas totalement détourné de l'objectif.


"A dire vrai... Ce genre de crainte est assez sommaire, elle découle de ta difficulté d'adaptation. Tu es un adolescent et ça se ressent mais je doute fort que cela se prolonge au delà de ton intégration au camp. Au fur et à mesure, tu prendras ta routine et tu auras tes affinités avec les autres, et puis..."

Il haussa alors les épaules et pointa Jian d'un mouvement vague de la main en poursuivant :

"Finalement, ce sera à toi d'intégrer de nouvelles personnes au groupe. Ça va venir avec le temps, j'en veux pour preuve que tu n'es pas muet, ni avec moi, ni avec les autres, donc il y a forcément une progression, c'est juste à toi de la visualiser et prendre conscience de tes progrès."

Enfin, il recroisa les bras contre son gilet pare-balle, haussant les sourcils avec une moue un tantinet moralisatrice.

"C'est dur à dire, mais je suis assez heureux que tu sois la plus jeune personne dont j'ai la charge. Maintenant, nous n'avons plus le temps d'être doux et compréhensif avec tous les gosses et les ados qui vont croiser notre route. C'est Darwinien, dans ton cas, le problème est ciblé et les solutions abondent, dès lors, cela n'a plus rien d'un cercle vicieux. Soit tu en émerges, soit tu péris.

On ne peut pas laisser de place à l'auto-apitoiement comme on le faisait dans la société d'avant, parasitées par des minorités accaparant l'attention de la société au détriment de ses membres au lieu de s'y intégrer pour profiter de sa synergie qui, évidemment, réclame un effort des deux côtés."


Finalement, il rouvrit les bras et esquissa un sourire contrastant autant que possible avec sa précédente attitude. Le processus de suggestion était franchement grossier mais, dans le même temps, il n'était pas en train d'essayer de faire céder Melody sur une de ses idées là non plus.

"Pour ça, je ne peux que te préconiser une sortie en groupe. Dans un groupe imposant, avec des éléments que tu connais, d'autres non, bref, une bonne opportunité de t'intégrer en faisant tes armes. Ce sera plus vivant et plus rapide que de flâner inlassablement dans le camps à la recherche d'une tâche à faire.

Enfin... On continue à dériver en revanche, mais au moins, ça, je peux te garantir que cela va se régler. Pense y, demain, cela fera à peine deux mois que je connais Melody, James et Elizabeth mais à côté de ça, je pense que même en un an, je ne serais jamais aussi proche de Mark. Tout du moins je l'espère."


Avec un air mi-comique, mi-triste, il leva les yeux sans bouger la tête, esquissant un étrange sourire en coin, étrange du fait qu'il avait l'air de s'agir d'un exemple parfaite d'un sourire sans joie puisque rien hormis ses zygomatiques n'avait suivis la directive "joie" habituellement associée. Et puis, en une seconde, il s'en extirpa à nouveau pour essayer de recentrer la discussion une bonne fois pour toute.

"Quoi qu'il en soit, cette sortie pourra également te faire du bien en te mettant à l'épreuve, avec plus ou moins de douceur. Dans les mois qui vont venir, nous allons souffrir et mourir et je ne te caches pas que si tu as peur du premier, je le préfère largement au second. Prends le temps de méditer tes craintes, en privé, de les visualiser et les rationaliser pour mieux détecter les déclencheurs de stress, même minimes.

Si tu te sens prêt à pouvoir gérer ça tout seul, en prenant le temps, on peut alors discuter de certaines techniques afin de dominer la pression ou la relâcher de manière contrôlé. Qu'en penses-tu ?"

Jian Wei

Anonymous
Invité
Sam 9 Jan - 18:26
Jian écouta attentivement ce que Samuel lui dit. Avoir quelqu’un à qui parler, quelqu’un pour l’écouter et le conseiller était une expérience assez nouvelle pour lui : ce n’était pas vraiment dans sa culture de départ d’avoir des parents qui écoutaient leurs enfants, soit dit cependant sans reproche particulier à ses parents. La suite de la conversation eu cependant l’air de consterner l’ancien manager… Était-ce d’ailleurs de la consternation ou autre chose ? Jian ne parvenait pas vraiment à lee dire mais ilse rendit compte qu’il ne se serait pas attendu à ce qu’il s’ouvre autant à la conversation. En même temps, la raison paraissait pourtant évidente à Jian : comme il le dirait d’ailleurs plus tard, aujourd’hui ils n’avaient plus le luxe de pouvoir perdre du temps, et au-delà du bien que se lâcher procura au jeune homme, il avait rapidement estimé que ne rien cacher serait la meilleure chose à faire pour pouvoir travailler à des solutions le plus rapidement possible. Au final, il avait donc obtenu par son propre raisonnement les mêmes conclusions que Samuel, ce qui ne manqua pas de lui faire afficher un mince sourire.

Cependant, Samuel n’était pas tendre avec Jian, il le secouait et une certaine violence symbolique suintait e la manière dont il présentait les choses… Bien entendu cette violence était motivée par la nécessité d’aller vite et de ne plus perdre de temps comme on pouvait le faire autrefois (et comme il avait eu soin de le préciser justement).

Peu après, les petites confidences de Samuel sur les différents membres du groupe firent sourire et rire l’asiatique, avant de s’excuser poliment comme il avait l’habitude de le faire. Après seulement quelques minutes de conversation, Jian avait retrouvé le sourire, convaincu que les choses allaient s’arranger entre lui et le groupe à la seule petite condition qu’il y mette un peu du sien. Vînt ensuite la proposition de l’expédition et si le jeune homme se dit dans un premier temps qu’il n’était pas prêt, Samuel n’eut cependant aucun mal à le convaincre en développant un peu plus sur les potentiels bénéfices de cette mission. C’est donc un Jian enthousiaste qui tapa dans ses mains et lui répondit tout enjoué.

- Ok, je vais faire ça.
Il se releva, juste une déclaration plutôt inquiétante (mais néanmoins réaliste) de Samuel qui réfréna son enthousiasme. Préférant se dire que l’homme broyait du noir plutôt qu’il était réaliste, Jian ne releva pas et conserva son enthousiasme.
- Ok. Bon… Je vais déjà mettre tous ces bons conseils en place et on pourra en reparler à l’occasion ?
Demanda-t-il avec un sourire avant de demander également si c’était tout ce que Samuel souhaitait aborder aujourd’hui.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 19 Jan - 14:32
A la réaction du jeune jaune, Samuel daigna esquisser un fin sourire sans doute lié à sa petite fierté. Cet engouement n'était que temporaire mais était également un symptôme d'un certain bien-être, tout du moins tant que le Canadien ne sentirait pas de mensonge de la part de son interlocuteur. Cette petite fierté ne l'empêcha quand même pas d'occulter le fait qu'il s'était largement plus comporté comme un psychologue de bas étage qu'un bon professeur de maitrise de soi.

Comme quoi, encore et toujours, connaitre et dispenser le savoir étaient deux choses bien différentes qui réclamaient autant de connaissance de soi que des autres.

Quoi qu'il en soit, Jian, semblant croire le cours terminé, ce qui montrait également qu'il avait une nette tendance à écouter lorsque cela l’intéressait uniquement, son professeur répliqua rapidement tout en lui faisant signe de rester assis, comme si il s'était attendu à ce que l'ex-taulard ne fasse là preuve que d'une politesse verbale pour mieux se barrer en vitesse :


"Pas encore. Si tu as autant la pêche, alors nous allons passer un peu en revue les meilleurs moyens de se contrôler lorsque la peur menace de se transformer en panique."

S'ensuivirent plusieurs minutes de monologue de la part de l'ex-manager expliquant des techniques plus ou moins loufoques, depuis le simple fait de contrôler sa respiration jusqu'à forcer le rire pour pouvoir contrôler ou relâcher la pression, selon les situations bien évidemment.

A l'issue de ces explications que le jeune homme voulu assez colorées pour maintenir l'attention de son "public", il daigna finalement donner quartier libre à Jian et le laisser vaquer à ses occupations. Une seule personne, c'était peu mais, au moins, il avait put faire son coup d'essai sans un vaste audimat qui l'aurait volontiers jugé après coup.

Ainsi, une fois Jian congédié, Samuel ressortis à son tour de la caravane après avoir pris soin de ranger ses notes. En posant le pied à terre, le jeune animal qui s'était montré on ne peut plus sage pendant tout ce temps daigna à nouveau lever le museau, ce qui poussa ce qu'il devait plus considérer comme un ami que comme un maitre à s'adresser à lui en ces termes :


"Dire que j'aurais du passer ma vie à commander à des centaines ou des milliers de gens... Et aujourd'hui, tu es celui qui m'écoute le plus... Heureusement..."

Pendant cet arrêt momentanée de mot, il se rapprocha doucement, éveillant toujours plus l'attention de l'animal sans générer de crainte visible, puis il s’accroupit doucement pour lui caresser le flanc, doucement. A ce simple contact, le chef du camp put se satisfaire de voir que le squelette du pauvre animal se faisait de moins en moins sentir, preuve que la robuste bête vivait bien mieux avec eux que seul.

"Je sais aussi t'écouter."

Reprenant un large sourire, le jeune homme fut remonter ses caresses jusqu'à l'encolure de Snatch d'un air un peu absent, un robuste animal, sans collier ni laisse, cela lui rappelait la campagne canadienne, bien plus que le sud du Texas et tous ces gens tenant leurs animaux féroces, qu'ils ne fassent que quinze centimètres ou quasiment un demi-mètre de haut, comme son jeune ami affalé sur le sol, profitant pleinement de cette attention sans pour autant se laisser aller en toute confiance.

Finalement, le jeune homme quitta ce contact doux et chaud et se redressa avec la même lenteur afin de ne pas effrayer inutilement l'animal. Puis, ceci fait, il fit ce qu'il se dit qu'il allait faire avant que Jian ne se pointe, aller chercher des bûches pour les balancer dans le feu qui s'était déjà bien amoindris pendant leur petit cours.



[Fin de Jeu]
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