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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial, Z.d.C 2] Juste toi et moi - 19/02/2035
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Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 16 Jan - 0:04
En effet, tout du long de la réponse développée de Melody, Matthew l'observa avec une fixation imperturbable qui s'accentuait du fait de leur grande proximité, si bien qu'elle pouvait détailler la couleur de ses yeux et les tracés en fond de ceux-ci. A l'écoute de son "compte-rendu" des différents survivants encore présents dans le groupe de l'ancien camp Jefferson et de son ressenti personnel, il ne la coupa à aucun moment, très attentif et intéressé par ce qu'elle avait à dire. Peu expressif, difficile à cerner, facile à observer, voilà une description qui collait à cet ancien militaire qui avait fait son habitude de prendre autrui de front, avec une franchise sans borne, sans jamais permettre pour autant la même proximité au niveau de l'esprit et de la pensée.

Son absence d'expression prit un tournant quand elle aborda la délicate question de la mort de Calvin et de son ultime soirée. Il leva le menton en fronçant très faiblement les sourcils, ce qui aurait été à peine perceptible si elle ne se trouvait pas aussi près tout en tendant davantage l'appui de sa main sur son genou gauche. Les propos concernant Ricky eurent tendance à le faire tiquer d'une légère grimace alors qu'à la potentielle grande surprise de la brune, il n'avait pas la moindre réaction quant aux détails de la mort du cow-boy.

« Le type au chapeau vous dit qu'il veut mettre les gamins à l'abri à cause de la disparition d'un autre et votre réaction c'est de vous liguer au quart de tour pour marteler le frère du disparu d'accusations gratuites. Et quand il réagit vivement, ce qui se comprend assez vu les circonstances... » Il avait laissé entendre ses mots de sa voix grave et calme en laissant paraître un ton malgré tout, assez sec et teinté d'ironie, pour terminer plus froidement. « Un bout de femme vexée lui pointe une arme dessus, Clark sort la sienne dans la précipitation pour viser celle qui des deux menace de mort et c'est lui que tu "mets en joue" ? A partir de là, on doit toujours considérer que c'est Ricky qui a pété les plombs ? »

Il marqua un temps et plissa l'oeil en redressant la pommette dans une mimique sceptique qui consistait à se mordiller quelque peu l'intérieur de la joue, puis il ajouta l'instant d'après :

« Que se serait-il passé Melody si Clark avait abattu Ivy dans la panique pour protéger Ricky ? Tu l'aurais descendu à son tour ? Et si Ivy avait tiré la première pour tuer mon petit frère de sang-froid à cause d'un mot plus haut que l'autre alors qu'il était pris à parti ? Qu'est-ce que tu aurais fait ? »

S'il était compréhensible, voire peut-être attendu qu'il soit clairement contrarié par les événements liés à son frère et dernière famille, ce qui n'empêchait pas de constater une certaine retenue de sa part, c'est ailleurs que son attitude était très étrange, ce qui n'aura pu que sauter aux yeux et à l'oreille de la brune. Plus qu'une absence de réaction, il avait qualifié Calvin Hill, un homme qui avait été son ami et qui était mort à l'heure actuelle, d'un quasi-dédaigneux "type au chapeau".

Sa rétorque achevée, il continuait de fixer la chasseresse en attendant de toute évidence sa réponse.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 16 Jan - 15:52
Pour une fois la brune peut observer Matthew de très près pouvant ainsi certes le détailler et le trouver encore plus désirable mais surtout elle arrive à percevoir quelques réactions de sa part. Trois à vrai dire et qui interviennent en même temps lorsqu'elle évoque Ricky, ce qu'elle peut fort bien comprendre et elle s'y attendait un peu aussi. Mais qu'aurait-elle pu faire ? Ne rien dire sur ce passage et mentir à Matthew par omission ?...Bizarrement même si elle avait eu envie d'éviter ce passage là ; ce qui n'est pas le cas, elle ne pourrait pas le faire de toute manière ; elle est pratiquement certaine qu'il aurait compris qu'elle n'avait pas tout dit...Par contre ce qu'elle ne comprend ou plutôt n'accepte pas sont les paroles qu'il emploie ensuite et qui sonne comme une accusation, ce qui bien entendu réveille la belle et son tempérament sauvage et fière d'elle. Un vrai coup de fouet qu'elle reçoit là, la faisant redresser son dos et se tenir bien droite et aussi bien son visage que son regard envoie à Matthew une expression de défi, sans nul doute amoindri de par son état physique et la morphine dans son corps mais l'esprit y est.

- Ne me fait pas dire, ce que je n'ai pas dit Matthew, tu n'en as pas le droit ! Oui ton frère a pété les plombs ce soir là et oui il n'est pas le seul mais je n'ai jamais sous entendu que c'était de sa faute et qu'il était le seul responsable. Et oui tu es son frère et le chagrin de ta disparition était énorme pour lui mais il n'était pas le seul dans cet état là. Sans en avoir conscience le ton de sa voix se fait plus doux et son regard quitte celui de Matthew. Ta disparition m'a foutue à terre moi aussi, je me suis attachée à toi, pas comme une soeur ou comme enfin tu vois, mais parce que tu es toi, tu es enfin étais un de mes deux seuls points de repères depuis mon réveil, un roc immuable...Ce Marchand m'a prit ça, nous a prit ça, plus rien n'avait de sens, j'étais, on était perdus sans toi.

Finissant par reporter son regard émeraude sur Matthew, sa voix reste toujours aussi déterminée à lui expliquer qu'il se trompe, tout comme la posture de son corps. Bien que s'il est aussi observateur que cela, il aura pu saisir qu'inconsciemment Melody voit en lui un homme plus qu'attirant et que si, elle a déjà pensé à Matthew autrement que de la manière dont elle le dit.

Et non Calvin n'a pas commencé par nous dire qu'il voulait mettre les deux autres à l'abri mais bel et bien par le fait qu'il baissait les bras et je te jure que tout son discours du début, puait le "j'en ai plus rien à foutre de Matthew" ou du moins je l'ai pris ainsi... S'il l'avait fait directement, on n'en serait certainement jamais arrivés là malgré tout ce que l'on pouvait ressentir, on l'aurait compris, c'est humain que de vouloir cela. Et oui c'est Clark que j'ai visé, justement parce que c'était du bluff, je n'aurais jamais pu tirer sur lui, c'était plus pour lui faire peur, le pousser à baisser son arme, Ivy, elle, était incontrôlable pour moi...Mais elle non plus je n'aurais pas pu faire quoi que se soit si elle avait finalement tiré. Cela ne serait pas resté impuni, j'imagine que j'aurais voulu la foutre hors du campement mais c'est tout, peut-être qu'un autre lui aurait fait du mal physiquement mais pas moi. Et...

Melody se stoppe net dans son explication, percutant de quelque chose d'un seul coup alors que les paroles de Matthew tournent dans sa tête, elle en plisse les yeux tout en scrutant l'homme près d'elle.

- Attend un peu. Le type au chapeau ? Cela veut dire quoi ça ? C'était ton ami avant, Matthew, il faut que tu m'expliques là !

Comment n'a t-elle pas percuté de cela directement ? Putain de blessure et de morphine qui lui brouille son raisonnement habituel...C'est un air de surprise qui au final marque ses dires l'espace d'un instant. Et maintenant qu'elle attend avec une impatiente non feinte la réponse de Matthew, sa mémoire essaye de remettre les choses en ordre voir si elle n'aurait pas dû percuter d'un autre détail petit ou gros.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mar 19 Jan - 17:08
S'il avait effectivement fixé comme il le faisait si bien depuis le début la brune tandis qu'elle répondait, ayant eu un sursaut d'énergie freiné par la morphine et la fatigue, il n'eut pas d'expression négative ou même de défi partagé face au regard émeraude de la chasseresse. Au lieu de cela, il baissa le menton et n'arqua que très légèrement les sourcils, relevant plus d'une mimique habituelle que d'une raison à la discussion présente.

Il se sentit quelque peu mal à l'aise quand elle détourna le regard et lui avoua ce qu'elle avait sur le cœur. Il finit par plisser les lèvres et souffla du nez avec tristesse, ayant voulu regarder ailleurs lui aussi mais n'eut pas le courage de faire cela à Melody alors qu'elle revenait à lui pour retrouver ses yeux. La posture, les manières qu'elle avait ne lui échappèrent pas, à cela un doute s'immisça en lui. Lequel ? Elle ne le saura pas encore, peut-être pas du tout. Quoi qu'il en soit il l'écouta jusqu'à la fin et lorsqu'elle acheva ses réponses sur des questions, revenant sur les propos qu'il avait eus à l'encontre du défunt Calvin, c'est là seulement qu'il se décida à regarder ailleurs, ou plus précisément le sol devant ses pieds.

« Melody... » Il commençait à parler comme s'il avait une annonce à lui faire, mais s'arrêta après avoir prononcé son simple nom en venant poser sa main sur sa cuisse, ainsi qu'elle l'avait initialement poussé à faire et d'une prise plus ferme encore. « Je ne te l'ai jamais dit, mais tu as un joli prénom. »

La façon dont il avait terminé sonnait plus comme un entracte à ce qu'il comptait réellement lui dire, mais ce n'était pas aussi évident qu'on pourrait le croire. Il gardait le regard baissé et plissait ses lèvres qu'il mordillait de l'intérieur, avant de reprendre :

« Je t'ai dis que tu n'aimerais pas ces réponses. »

Détournant davantage le regard vers sa droite, il lâcha brusquement sa prise et se leva debout, ramenant le regard bas tout en avançant de quelques pas incertains, marquant un temps qui semblait interminable avant de s'arrêter le pied presque contre la bouteille de gaz surmontée d'un grill de récupération. Sa main gauche fit plier son poignet et il se frotta les doigts les uns contre les autres distraitement, puis au terme, se résolut à se retourner à moitié vers elle, se plaçant de profil en basculant le regard sur le sien qui avait dû le suivre en patientant sa réponse.

« Le camp militaire de fortune, l'ancienne école où je vous ais emmené pour chercher des armes. L'ennemi nous y a tendu une embuscade parce que quelqu'un lui avait dit que l'on y serait. Quand l'attaque a eu cours et que je t'ai dit de rejoindre les autres, on s'est retrouvé encerclés avec Samuel qui était blessé à la jambe, les rôdeurs d'un coté et ces lâches qui tiraient de l'autre. Je n'ai pas eu le choix alors je l'ai conduit au bâtiment et on s'est réfugié dans une classe au dernier étage.

Ces types sont restés à l'extérieur un moment à surveiller, le temps que des renforts arrivent parce qu'ils n'avaient pas les couilles de venir nous chercher à cinq. J'aurais pu dégager de là mais Samuel n'était pas en état, on ne serait pas allé loin. Alors on est resté. Quand les renforts sont arrivés, ils ont investi le bâtiment. J'ai laissé Samuel se reposer et je suis sorti en comptant prendre l'avantage en intérieur tant qu'ils devaient se séparer pour nous chercher. Je les ai fais tourner toute la nuit, j'en ai eu près d'une dizaine, assez pour qu'ils se concentrent sur moi jusqu’à être obligés de battre en retraite le temps de se réorganiser. Ils savaient pour la plupart se servir d'une arme mais ils étaient loin d'être tous de vrais tueurs.
J'ai pris une de leurs radios, je suis descendu au rez-de-chaussé pour suivre de près leurs mouvements, il était pas loin du matin à ce moment là. J'ai entendu une conversation, deux types dans un couloir près des bureaux qui attendaient les ordres. Ils parlaient d'une "garce de blonde muette" qu'ils avaient eue dans le coin la veille. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre qu'ils parlaient de Jennifer, alors je leur suis tombé dessus. J'ai collé un carreau dans la tête de l'un, j'ai explosé la jambe de l'autre et je lui ai écrasé les deux sous une armoire.

Il m'a dit ce que je voulais savoir, que ses potes tenaient Jennifer à leur camp, qu'ils l'avaient eue dans la forêt. A tout croire ils la voulaient particulièrement parce qu'elle piquait de la nourriture et du matériel dans leurs réserves, une fille débrouillarde. Ils l'ont cherché pendant deux semaines et ont fini par la coincer, ce qui ne serait pas arrivé si je l'avais empêché de partir seule. C'était bien des hommes du Marchand, je savais ce qu'ils allaient lui faire subir et que je ne savais pas encore où ils se planquaient. Je savais que je n'avais pas beaucoup de temps, que Samuel était là, en haut et avait besoin de soins urgents. C'est pour ça que j'ai pris une décision sur un coup de tête : je suis sorti et j'ai foncé dans le tas. Ils ne m'attendaient pas ces fumiers, ils n'étaient plus que quelques-uns et j'aurais pu prendre le dessus, mais il était là... »


Il avait passé son regard de-ci de-là durant son récit, mais ce n'est qu'à la fin qu'il s'était décidé à s'arrêter en portant une vague attention devant lui. Il avait appuyé ses derniers mots dont le ton laissait percevoir une colère palpable. Qui que ce soit celui qu'il évoquait sans le nommer, la haine qu'il lui portait ne pouvait être contenue.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 20 Jan - 13:22
Son prénom prononcé ainsi par cet homme là, le fait qu'il détourne son regard en le faisant, c'est au tour de la brune de détourner les yeux. Ses joues devenant bien plus roses d'un seul coup, un contraste net avec la pâleur de sa peau. Le reste de sa phrase suspendue, la main qu'il pose sur sa cuisse et où il pourra sans doute sentir la peau de la brune frémir même à travers le fin tissu. Ses doigts à elle venant frôler la main de l'homme posée sur elle. Tout n'est qu'un enchaînement de mouvements et de réactions incontrôlés, incontrôlables mais surtout inconscient alors que tout son esprit est paralysé par les quelques mots qu'il vient d'avoir. Elle est suspendue à ses lèvres, figée dans le temps pendant quelques instants, jusqu'au moment ou il ôte sa main et se lève pour faire quelques pas.

Bien entendu que Melody reporte son regard émeraude sur Matthew, le suivant des yeux dans son déplacement. Une onde de frustration passant en elle. Que s'est-il passé ? Pourquoi a t-il fait cela ? Mais surtout pourquoi a t-elle réagi comme ça ? L'ambiance devient pesante alors que Matthew a l'air d'hésiter sur ce qu'il dira ou fera ensuite, Melody, elle, se pince l'arrête du nez de son pouce et de son index avant d'ouvrir la paume de sa main pour la passer sur le reste de son visage. La fatigue, la morphine, elle met cela sur leur dos, il n'y a pas d'autre explication possible et elle ne doit donc pas chercher une logique cachée derrière le comportement de Matthew.

Finalement, il se remet à parler, revenant sur ce qu'il s'est passé à l'école ce soir là, elle relève les yeux vers lui, les plissant dans la foulée alors qu'elle essaye de comprendre où il veut en venir. Lâchant une première remarque spontanée mais à voix basse malgré tout, pour ne pas l'interrompre, juste profiter du moment où il reprend son souffle entre deux phrases.

- Un piège oui mais je pensais qu'ils nous surveillaient seulement...

Pour le reste, elle l'écoute attentivement et si elle ne le quitte pas des yeux, Matthew pourra quand même voir le regard de la brune osciller entre lui et un point imaginaire. Signe qu'elle cherche, dans sa mémoire, les faits qu'elle même a vécu de ce soir là au lendemain soir, le déroulement de ce qu'il a pu faire et qu'elle avait imaginé pour les juxtaposer avec le récit qu'il lui donne. Les concordances, les différences, relier le tout ensemble, ce qui entraîne une nouvelle bouffée de culpabilité en elle lorsqu'il parle du matin, se sentant un peu plus responsable de ce qu'il a dû vivre. Bouffée qu'elle apaise, légèrement, en constatant qu'elle avait vu juste, que Matthew s'est défendu, battu jusqu'à la fin.

- Je savais bien que tu n'avais pas pu juste abandonner ton arbalète...

Réflexion plus personnelle que destinée à Matthew, ne venant sur le tapis qu'en raison de remarques qu'elle a entendu de la part d'autres survivants, de Doug surtout qui lui disait que cela ne voulait rien dire, qu'il l'avait sans doute posée pour se libérer d'un poids et qu'il avait de base l'intention de la reprendre. Elle savait bien que Matthew ne l'aurait jamais fait volontairement, que l'arbalète était une de ses armes fétiches.

À l'écouter, elle remarque aussi qu'il aurait sans doute eu gain de cause si...C'est qui ce Il ? Le Marchand ? Non, Matthew laisse voir trop de colère et de haine contenue à cet instant pour que cela soit si "simple". Oh wait...Elle vient de lui demander des explications sur sa manière de parler de Calvin et il lui raconte cela...Ça ne peut tout de même pas être cela ? Matthew ne peut pas parler du cow-boy en disant ce il. Et pourtant c'est la conclusion logique liant sa question et la réponse qu'elle vient d'entendre. Elle ne peut, pourtant, pas croire le rapprochement que son esprit vient de faire.

Son regard cesse de bouger pour fixer Matthew alors que sa bouche s'entrouvre pour parler. Elle la referme dans un soupir, non elle ne peut tout de même pas dire cela à voix haute. La surprise, l'incompréhension, l'hésitation se lisent sur son visage avant qu'elle ne prenne une profonde inspiration au terme d'une grosse poignée de silence et ce pour se lancer et lâcher dans un souffle.

- Il ? Tu ne veux tout de même pas parler de Calvin ??

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 23 Jan - 1:22
« Non, pas Calvin. Un autre. » Éclaircit-il rapidement. « Soulstrange. »

A l'évocation de ce nom, il fit craquer ses cervicales d'un long mouvement muselant sa rancoeur en fermant les yeux et se passa la langue légèrement sur les lèvres avant de poser ses mains gantées sur ses hanches, reprenant avec une voix davantage tintée de quelque chose, que Melody aurait du mal à définir. Quelque chose qui n'était pas négatif, situé entre la tristesse, la colère et la lassitude, difficile à dire.

« C'est comme ça qu'il se fait appeler. Je ne connais pas son vrai nom et soit-dit en passant on s'en fout. Ce que je sais c'est qu'il est un lieutenant du Marchand, l'un des plus dangereux si ce n'est le plus dangereux. Il se dirait dans leurs rangs qu'il est officieusement son bras-droit. Ce type, il est comme vous. » Laissait entendre Matthew en plongeant son regard voilé de mèches dans celui de Melody. « Un ressuscité, qui aurait survécu plusieurs fois à la mort, qui porte un masque à gaz et s'habille comme un SS de la seconde guerre. Je ne sais pas dans quelles circonstances ni comment il a fait, ou même si c'est vrai. Ce qui est sûr en revanche c'est que c'est un sociopathe névrosé et un pyromane. Il créé et contrôle le feu, et je ne parle pas de quelques flammèches. Il s'en sert pour torturer et brûler tous ceux qui ne se plient pas à l'organisation du Marchand, ou juste pour le plaisir. Un malade qui croit que les gens comme vous et lui sont des êtres supérieurs et qui fait une fixation sur la Divine Comédie, très dangereux. C'est aussi un expert en poisons, neurotoxines et autres saloperies sous forme de gaz. C'est lui qui a réussi à me neutraliser. J'en avais abattu un autre à l'extérieur et il ne me restait plus de carreau alors j'y suis aller... au contact. J'étais en train de massacrer un des leurs à coup d'arbalète jusqu'à en casser la corde, quand ce type est arrivé presque dans mon dos. »

Au cours de cette partie du récit, il ne se montra pas particulièrement fier car une substance de remord se mêlait au ton de sa voix, sans doute en rapport à ses actes meurtriers. A croire que derrière sa façade de chasseur aguerri et de tueur indéfendable, il n'était pas impassible, même quelque part, cela semblait le ronger et que ce soit à cause de son état ou de cette conversation en espace clos avec Melody, il ne cachait pas aussi bien ses émotions que par le passé.

« Il m'a projeté un nuage de gaz épais au visage avant que je ne l'atteigne. J'ai pu le saisir mais j'ai perdu toutes mes forces en quelques instants et je me suis effondré, j'étais paralysé. Ils m'ont fait prisonnier et m'ont emmené, c'est là que j'ai laissé mon arbalète derrière moi. Je me suis réveillé plus tard dans une espèce de... caveau. »

Relâchant la prise de ses mains, il fit une pause en ayant davantage de difficulté à aborder cette partie, comme s'il était habité par une frustration qu'il s'efforçait de maintenir en laisse. A la place de s'étaler plus que cela, il fit quelques pas vers le mur boisé du fond, près de la porte qui s'opposait au lit et ainsi en donnant dos à la chasseresse, ne reprenant son récit qu'en cours de route avant de poser l'avant-bras contre ledit mur auquel il était venu s'appuyer, ce qui empêchait dès lors Melody de voir quoi que ce soit de son visage.

« J'étais attaché, drogué, j'aurais bien voulu mais je n'ai rien pu faire. Il a continué à me droguer pour me garder docile, j'avais déjà ingéré de gré ou de force des saletés dans ma vie mais celles-là étaient... différentes. Il m'a affamé, pendant des jours. Il voulait me faire dire ce que je savais, sur vous autres les "dégénérés", sur Nelson et la ferme... tout le monde. Au bout d'un moment je ne savais plus combien de temps était passé, j'avais perdu... toute notion et je n'avais plus assez de force. C'est là qu'un autre homme est venu à ma rencontre, en agissant comme un voleur. Il disait être avec eux, Soulstrange et le Marchand. Il m'a proposé de m'aider à sortir en échange de mon aide, un marché. Je n'avais pas vraiment le choix alors j'ai accepté, en me disant que je pourrais m'en débarrasser par la suite s'il tenait parole. Après tout un ennemi est un ennemi et je ne voulais pas risquer d'être manipulé par ces tordus.

Il a tenu parole, il m'a aidé à m'échapper et il m'a confié avoir infiltré les rangs de l'organisation et avoir fait semblant d'être un de leurs miliciens depuis des mois. Il disait être capable de me dire tout ce que je voulais savoir et de pouvoir me conduire à Jennifer. Sur le coup, ça sentait de plus en plus mauvais mais là encore, je n'avais pas le choix, je ne pouvais pas la laisser là-bas. Alors on a collaboré, il m'a montré où elle se trouvait, où se trouvait le camp fortifié de ce salopard masqué qui leur servait de chef. Il a tenu parole une fois encore et je l'ai retrouvée... »


Il se redressa presque droitement et posa la main à plat sur le mur, tournant la tête de coté bien qu'il demeurait de dos, permettant à la brune d'entrevoir de nouveau une partie de son visage, qui mêlé à la voix se tintait d'une sorte de soulagement.

« Elle était vivante. On s'est échappé tous les trois, ça a pas été facile, ils nous ont traqué pendant des jours. Je ne pouvais pas risquer de revenir au camp ou d'aller jusqu'à la ferme, ça les auraient conduit jusqu'à Nelson ou vous et ça, ce n'était pas envisageable, on avait tous suffisamment de problèmes. J'ai fais dire à ce type tout ce qu'il savait, et j'ai su. Je n'ai pas voulu le croire au début, mais avec le temps j'ai finis par le reconnaître et l'accepter. Après ce que j'avais vu, les preuves qu'il m'avait donné, que j'ai constaté par moi-même, je ne pouvais plus douter. »

Il se retourna lentement vers elle, croisant son regard brièvement avant de s'adosser au mur, lever le menton en mouvant la mâchoire comme il en avait le secret d'un silence momentané, puis laisser tomber le couperet qui mettrait fin à tous ses sous-entendus.

« C'était Calvin, la taupe, le traître, l'enfant de salaud. Il servait d'informateur à l'ennemi depuis un moment. Peu importe quand ou comment c'est arrivé, ni pourquoi il l'a fait, mais il a fait un pacte avec Strange. Ce fumier savait déjà où le camp se trouvait quand il me détenait, il n'avait rien à me faire dire qu'il ne savait déjà, ce qu'il voulait c'était me briser. Quant à cette salope de cow-boy, il faisait en sorte de rester au camp, au guet, le plus souvent possible pour surveiller tous nos faits et gestes, sans compter qu'il était dans la confidence. Dès que le groupe était accaparé aux différents besoins et que Clark n'était pas dans la caravane, il utilisait la radio sur une fréquence sécurisée pour informer Strange, ou s'arrangeait pour le rencontrer lui ou un de ses gars les rares fois où il sortait, c'est comme ça qu'il leur a dit ce que je projetais pour le camp militaire. Ils ont saisit l'occasion pour m'isoler de vous sans risquer de tous vous tuer.
Vous n'étiez pas leur cible, vous ne l'avez jamais été, c'est moi qu'ils voulaient, Jennifer était aussi un prétexte pour m'attirer. Moi, Ricky, Clark, Jennifer, même Nelson. D'une façon où d'une autre Strange avait l'intention de nous neutraliser pour pouvoir s'occuper de vous à sa manière. Je ne sais pas encore exactement ce qu'il vous veut mais les dégénérés intéressent le Marchand et sa bande d'esclavagistes. »


Il acheva ses derniers mots avec une lenteur volontaire, détachant presque chaque syllabe avec une amertume entière, témoignant de la foi qui désormais ne l'habitait plus, d'une façon ou d'une autre et pour des raisons qu'il gardait au demeurant en son âme et coeur.

« Et moi je n'ai rien vu. Pendant tout ce temps, j'ai eu confiance en Calvin sans savoir qu'il jouait plus que bien la comédie. C'est la stricte vérité, je ne me suis douté de rien. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai été complètement aveugle. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 23 Jan - 15:20
Melody ne peut pas dire si elle est soulagée ou non de l'empressement avec lequel Matthew la reprend concernant Calvin, elle a l'impression qu'il y a autre chose derrière cela. Mais elle n'a pas vraiment le temps d'y songer alors qu'en plus de sa précision, il enchaîne pour lui parler de cet homme, ce Soulstrange. Au passage, elle n'aime pas du tout et encore une fois le choix des mots du beau brun, "comme vous", "ressuscités", oui elle l'est, oui il y a sans doute quelque chose de différent dans ses veines par rapport à celles de Matthew mais elle n'en reste pas moins humaine. En fait c'est surtout ça le hic là, elle est humaine et Matthew semble la comparer avec cet individu qui ne l'est clairement plus de ce qu'elle entend. Avec n'importe qui d'autre, elle aurait déjà réagit, grimper sur ses grands chevaux mais pas avec Matthew même s'il pourra voir qu'il y a quelque chose en elle qui la dérange à ce passage précis alors qu'ils ont leurs regards rivés l'un dans l'autre.

Elle reste à l'écouter encore et toujours, essayant de garder son attention aussi bien sur les mots qu'il a, que sur les mouvements de son corps et ce qui émane de lui comme sentiments. La brune ne sait toujours pas dire si elle a raison ou non dans ce qu'elle perçoit de lui ou si c'est juste une extériorisation de ce qu'elle aimerait. Toujours est-il qu'elle sent du remord en lui, une certaine forme de tristesse, de culpabilité quand il aborde la fin de ce qu'il a pu faire à l'école ce soir là. Et de nouveau, elle profite du temps mort qu'il donne à ses paroles pour réagir à cela à voix basse et dans un souffle. Sans doute maladroitement et certainement que cela sera inutile mais.

- Tu as fait ce que tu jugeais utile pour t'en sortir, tu ne peux pas t'en vouloir...

Temps mort qui entraîne également un changement de position de la part du beau brun qui tourne ainsi le dos à Melody ne lui laissant plus la possibilité de voir ses tout aussi beaux yeux. Elle reste néanmoins les yeux sur lui détaillant son dos et le reste de son corps, ne comprenant pas une nouvelle fois où il veut en venir jusqu'à entendre les premiers mots post-pause. Paroles qui entraînent un léger mouvement en arrière du corps de la brune, choquée, secouée par ce qu'elle entend, ce qu'il a pu vivre pendant sa captivité, dégoûtée à en avoir une sensation de nausée qui grimpe en elle. Révoltée également que quelqu'un puisse faire subir ce genre de chose à un autre être humain et pas seulement parce que c'est Matthew. Bien que le concernant cela la touche sans doute plus qu'avec un autre qui aurait le même récit. Son premier réflexe en entendant parler du "sauveur" de Matthew est de rejeter cela en bloc, de se dire qu'il y avait forcément un mauvais coup là dessous, ce qui au final n'a pas l'air d'être le cas à entendre Matthew. Puis du soulagement arrive tout aussi bien pour Matthew que pour Jennifer.

Il se retourne et la regarde à moitié, le regard émeraude de Melody retrouve le sien et nul doute qu'il pourra saisir l'ampleur du choc de ses paroles sur elle en la voyant. Elle n'est plus simplement assise sur le lit à l'écouter, pendant qu'il lui tournait le dos, elle a ramené ses jambes contre elle autant que faire se peut avec ses blessures et son bras en écharpe, sa main valide tenant ses jambes. Une position connue pour se vouloir confortable mais surtout réconfortante, que l'être humain applique quand il veut tenter de se protéger de quelque chose. Secouée au propre comme au figuré, son corps exprimant cela en tremblant par intermittence alors que ses yeux sont brillants de larmes contenues on ne sait trop comment.

Et Matthew n'a pas encore terminé, ajoutant une explication claire et net concernant Calvin qui entraîne un nouveau choc pour elle alors qu'elle prend pleinement conscience de ce qu'a pu faire le cow-boy, de ce qu'il a osé faire aussi bien à elle et aux autres mais surtout à Matthew. Trahir, fouler, piétiner la confiance de Matthew, profiter de lui comme il l'a fait. Melody imagine assez facilement ce que peut en ressentir Matthew, ou du moins une partie, ne faisant pas confiance facilement elle aussi. Elle serait sans nul doute frustrée de n'avoir rien vu, de s'être laissée avoir mais aussi en colère contre elle même et elle mettrait sans doute encore plus de distance avec les autres qu'elle ne le faisait jusque là.

- Ce n'est pas ta faute Matthew...

Seule chose qu'elle trouve réellement à dire de manière spontanée, comme tout à l'heure quand il a évoqué sa soeur, elle se retrouve incapable de dire quoi que se soit ayant un minimum de sens pour le réconforter d'une façon ou d'une autre. Et elle peut encore moins le toucher ou le prendre dans ses bras pour remplacer les mots.

Restant silencieuse en essayant aussi bien d'assimiler comme elle peut tout ce que Matthew lui révèle que de trouver quelque chose de logique à dire et même si ce quelque chose lui semble fou. Tout est remit en question avec cette conversation et l'ampleur de la folie du Marchand prend un nouveau sens également. Et au delà de son état physique, elle est aussi incapable de cacher quoi que se soit de ce qui lui passe en tête, Matthew peut lire en elle comme dans un livre, ce à quoi elle n'est pas habituée, le seul, ayant un jour pu faire cela, était son frère. La brune ne saurait dire combien de temps, elle reste sans rien dire, le regard sur Matthew sans réellement le regarder comme elle faisait jusque là, avant que sa voix hésitante ne se fasse entendre.

- Et Jennifer comment elle va ? Cet homme dont tu as parlé tu as confiance en lui ? Il est où en ce moment ?

Elle hésite un peu plus, elle n'est pas sûre que la question qui lui brûle les lèvres a vraiment un sens. Et si elle en a un, elle n'est pas sûre de vouloir en entendre la réponse mais il le faut surtout si elle se plante et que son esprit soit réellement parti trop loin dans des élucubrations d'une perception foireuse de son instinct.

- C'était toi pour Calvin ?

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Dim 24 Jan - 0:30
Il avait gardé sa posture adossée au mur, les bras le long du corps et baissait les yeux vers elle, puisqu'il avait la tête penchée en arrière. Il répondit assez machinalement aux réflexions de la brune qu'elle lui adressait, d'un calme rétabli et entier, son visage ayant de nouveau retrouvé son air presque inexpressif teinté de lassitude et pourtant, d'une pointe de bienveillance dans ces circonstances.

« J'ai confié à ce traître la protection du camp, je lui ai confié mon petit frère, Clark. Et sans compter que je lui ai demandé de vous surveiller puisque malgré le fait que je vous ai accueilli, je ne savais pas si vous pouviez représenter une menace pour ce que je considérais comme mon groupe. J'étais tellement occupé à me méfier du monde entier que je n'avais plus assez d'attention pour le soupçonner lui. Le seul dont je me suis méfié du groupe d'origine, c'était Zach et je l'ai abandonné aux rôdeurs ce jour où je suis tombé sur les premiers ressuscités, où j'ai choisi de les mettre à l'abri en priorité, fait un choix. Seth, James, Elizabeth, Rani, Wolf. Tout comme les autres, Ivy, Samuel, Frida, Takashi, Brooks, Doug, Liam, Andrea, Jimmy, Clarrance, Scott, Melina, Harvey, toi.

Combien reste-t-il de ces gens dont j'ai fait ma priorité ? A peine quelque uns. Le reste, ils sont tous partis les uns après les autres et je n'y ai rien changé. Toutes mes compétences, ce que je sais faire, tout ce que j'ai fait, ma vigilance, ma rigueur, mon attention, ma méfiance. D'une façon ou d'une autre, j'ai été fautif de leur destin, qui sait s'il reste ne serait-ce qu'un seul de ceux qui ont choisi de partir et qui ont sans doute été capturés ou tués par Soulstrange et ses hommes. Parce que celui en qui j'avais confiance et que je ne soupçonnais pas les a donné à l'abattoir. J'ai été responsable de tous ceux qui ont rejoint le camp, de toi. Même si j'avais pour devoir de vous protéger, j'attendais chaque jour le moment où l'un de vous profiterait de la situation, se retournerait contre mon groupe et révélerait sa vraie nature. Le fait est... »


Il avait fini par basculer la tête vers l'avant tout en se redressant, entamant une marche retour vers le lit sans relever les yeux. Au rythme de ses bottes, ne se percevaient que quelques chants d'oiseaux venant de l'extérieur, car lui prolongeait son interruption. Il finit par se rasseoir à coté de Melody, et ses yeux qui revenaient à elle témoignaient de la profonde infamie qu'il ressentait envers lui-même, s'entendant dans sa voix tandis qu'il reprenait le fil de son raisonnement.

« Que vous étiez une mission pour moi, vous tous. Je l'ai accepté sans y donner beaucoup de foi ou d'espoir, j'y avais simplement mon intérêt. A force de voir en vous un piège, d'attendre que les démons que vous étiez potentiellement se révèlent, je n'ai pas su voir que le diable était à mes cotés. La vérité c'est que ça n'a jamais compté, ce que vous êtes. Ressuscités, dégénérés, peu importe le nom qui est donné aux gens qui ont vécu ce que vous avez vécu, peu importe que vous soyez revenu d'entre les morts, que vous ayez cette chose ou pas en vous et peu importe cette histoire de pouvoir surnaturel et de perte de capacités.
Vous êtes humains, vous êtes comme nous et nous sommes comme vous, avec tous nos défauts et la même envie de s'en sortir quoi qu'il arrive. De survivre à ça. J'ai vu en vous une différence, une menace, mais les seules menaces, ce sont les gens comme Calvin, comme Soulstrange, comme tous ces hommes qui se servent du pouvoir qu'ils croient avoir pour écraser les autres. Tu n'es pas comme ça et je veux croire que James, Ivy, Elizabeth, même Samuel, au fond ne le sont pas, car on est tous dans la même merde. C'est seulement maintenant que je m'en rends compte. Mais même en ayant conscience de ça, je suis obligé de douter, parce que ce n'est pas fini. »


Sans détourner son visage de la chasseresse, il vint poser les yeux sur un point vague à coté, que ce soit le sol boisé, les jambes de Melody ou le lit, il était accaparé par quelques pensées qui le persécutaient de leur froide vérité.

« Jennifer va bien, elle a eu de la chance, ils n'ont pas eu le temps de lui faire du mal, quant à ce type je ne lui fais pas confiance mais jusque là ses informations se sont révélées justes. Je suis certain qu'il cache quelque chose, mais pour le moment il est parti chercher Ivy pour la ramener au camp. Elle est vivante. » Dit-il en lui reportant ses yeux, prenant un ton plus agréable. « Je ne sais pas comment mais elle est revenue à nouveau, Strange l'a capturé un peu après sa mort. Le temps que j'aille sur place elle n'était déjà plus là. Ce type qui nous aide, je l'ai envoyé stopper une voiture qui arrivait par le sud en parallèle à l'attaque du camp, une voiture où Ivy se trouvait, sans doute un moyen de pression que Strange voulait utiliser contre vous. Je suis allé au nord neutraliser ceux qui attiraient la Horde contre le groupe. Une bande de crétins que Strange a envoyé au casse-pipe, il se fiche pas mal qu'ils soient morts. A l'heure qu'il est, Ivy et cet homme qui n'a pas de nom devraient être avec Samuel. Et... oui. C'était moi, pour Calvin. Cependant tu ne sais pas tout. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 24 Jan - 14:29
Matthew repart dans une longue explication surtout teintée de ce qu'il a pu ressentir et ressent encore à l'égard du groupe ou de ce qu'il a fait et qui lui pèse lourdement de ce que la brune ressent. Les remords, les regrets, les accusations auto-proférées. Il s'en veut de tout et cela le ronge d'une certaine manière et Melody le ressent de plein fouet. Si son regard émeraude reste sur lui et le suit quand il se rapproche, c'est plus d'une façon mécanique que réellement consciente alors que les larmes contenues jusque là finissent par rouler sur ses joues. Sa position ne change pas mais son corps tremble un peu plus, à chaque parole de Matthew, cela la secoue davantage.

Bien entendu c'est parce que son être refuse qu'il s'accuse de cette manière mais également parce que c'est un peu le même genre de discours qu'elle pourrait tenir. Elle aussi à cette tendance à se sentir responsable de tout et de tout le monde, elle aussi a la fichue sensation d'échouer. D'abord avec Matthew là bas à l'école, elle n'a pas su empêcher tout ça, tout ce qu'il a vécu et vient de lui raconter. Avec Doug aussi alors qu'elle aurait dû l'empêcher de se ruer comme ça sur un zombie quand bien même en réalité c'est Seth qui aurait dû l'en empêcher. Ce qu'il s'est passé ensuite avec Ricky et Clark, la façon dont elle a agit et qui maintenant prend une nouvelle dimension, elle n'a même pas trouvé le courage de s'excuser auprès d'eux quand elle est allé à la ferme. Pour Ivy aussi, la façon dont elle a retenu Samuel d'y aller directement, si elle a empêché Samuel de se jeter sur une horde, elle culpabilise aussi pour la binoclarde qu'il soit arrivé trop tard par après. Pour Seth également, parce qu'elle n'était pas là quand il est parti seul, pourtant elle savait que ça tournerait mal d'une manière ou d'une autre, ils avaient des problèmes tout les deux certes mais ce n'est pas une raison. De ne pas avoir secouer Samuel plus que cela pour déménager le campement plus vite, si elle l'avait fait, il n'y aurait pas eu cette attaque. Échouer aussi à protéger les autres pendant l'attaque pendant laquelle justement sans Matthew, elle serait sans doute morte. Et elle en oublie certainement.

Matthew s'est assis près d'elle. Sa main droite quitte ses jambes pour venir essuyer tant bien que mal les larmes sur ses joues avant qu'elle ne cherche à glisser ses doigts dans ceux de l'homme et rester ainsi, main dans la main. Elle n'est pas vraiment en état de répliquer là, de lui faire la morale -et accessoirement de se la faire à elle aussi- d'essayer de lui montrer qu'il a tord. Juste un mouvement qui se veut à nouveau réconfortant, une sorte de "tu n'es pas tout seul" et qui serait pour elle aussi une sorte de réconfort. S'il refuse ce contact elle n'insistera pas et remettra sa main à elle sur ses jambes comme si de rien n'était.

Jennifer va bien, l'homme qui soit disant n'a pas de nom serait avec les autres, avec Ivy, une certaine surprise passe dans son regard, elle ne s'y attendait pas à celle là. Melody n'en est ni heureuse, ni autre chose d'ailleurs surtout que Matthew glisse au passage que c'est bien lui qui a tué Calvin ce soir là avant de terminer de nouveau de manière énigmatique. À la mention de Calvin, ses dents se serrent et ses doigts se crispent, ce que Matthew pourra donc forcément sentir s'il l'a laissée mettre sa main dans la sienne.

Cette foutue réponse elle ne l'aime pas du tout comme il fallait sans douter, non pas à cause de l'acte en lui même mais à cause de ce que cela implique. C'est Matthew qui est responsable de la peur panique qui a suivie et qui existait encore jusqu'à cette attaque, de leur sentiment à tous de n'être que des cibles mouvantes qui peuvent y passer à chaque instant de la journée ou même de la nuit, responsable de leur chute de moral, de leur chagrin, de leur colère. La colère, justement elle devrait sans doute s'énerver sur Matthew, l'accuser de tout et n'importe quoi à cet instant précis, démarrer au quart de tour comme elle le ferait habituellement mais elle n'y arrive pas. Sans doute est-ce un mélange entre son état physique et mental sans parler de la morphine, qui reste une sorte de drogue malgré tout, qui fait cela mais peut-être aussi parce qu'elle se sent proche de Matthew et qu'elle ne peut pas l'accuser ainsi sans tout savoir. Il doit avoir de solides raisons pour avoir fait cela ainsi, du moins elle l'espère vraiment.

Elle termine par desserrer les mâchoires, ses doigts se détendant aussi légèrement alors qu'un mal de tête commence à se faire sentir.

- Pourquoi tu l'as fait de cette manière, pourquoi ne pas avoir attendu qu'il s'isole pour le faire ? Et qu'est-ce que je ne sais pas ?

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Jeu 28 Jan - 14:37
Quand elle vint prendre sa main pour y glisser ses doigts, l'enserrant, il ne s'y opposa pas, la laissa faire et cela lui permis de ressentir par ce contact toute la crispation et sa frustration. Il avait tout de même scruté sa réaction en la regardant directement, ne devant faire face qu'à des questions à son grand étonnement. Elle n'avait pas retiré sa main, ne s'était pas indignée, ni prise d'une colère justifiée, non, elle avait simplement posé des questions. D'une façon ou d'une autre, Melody semblait accorder une grande confiance en Matthew et l'ex-chef de camp en avait conscience, ce qui le gêna inexplicablement, à moins que l'explication était aussi limpide que sa volonté à la pousser à la méfiance ainsi qu'il l'avait fait au cours de leur discussion. Une méfiance qu'il croyait peut-être plus vraie vis à vis de lui qu'en général, lui qui ne se cherchait aucune excuse à ses actes et y voyait d'un cruel réalisme son âme criminelle.

« Ce type sans nom, ce... vagabond, qui qu'il puisse être, lorsqu'il m'a tout avoué sur Strange et sur l'implication de Calvin, il m'a aussi confié que ce salaud n'était pas le seul à se jouer de nous. » Avait-il reprit sans la quitter des yeux, ne marquant qu'un très court temps dans sa réponse avant de poser les mots qui suivirent comme des enclumes écrasant les incertitudes ou les certitudes qu'ils avaient pu avoir, l'un comme l'autre. « Il y a un autre traître dans le groupe. Quelqu'un qui savait sans doute pour Calvin, qui a marché dans la merde avec lui, quelqu'un qui faisait peut-être second relais auprès de Soulstrange et qui continuerait au moment où nous parlons. Je ne sais pas de qui il s'agit, probablement quelqu'un qui s'est fait passer pour un ressuscité et qui vous a étudié, surveillé pour le compte du cinglé au masque. »

Il notifia la fin de cette révélation par un soupir, resserrant finalement lui-même l'emprise de ses doigts sur la main de Melody, aussi étrange que cela puisse paraître. Signe d'affection ? Volonté d'attirer entièrement son attention si ce n'était pas déjà fait au maximum ou pour la réconforter de tout ce qu'il lui apprenait ? Il se souvenait de ce qu'il avait ressenti lorsqu'il avait découvert toute cette machination, la colère, la haine, la remise en question de tout ce qu'il avait cru acquis, du chemin qu'il avait emprunté en pensant avoir la maîtrise du terrain. Aujourd'hui, c'était au tour de Melody de découvrir qu'ils avaient été trompés en toute impudence.

« Il était déjà clair pour moi que je ne pouvais pas revenir vers vous ou la ferme de Nelson, pas encore, car je devais tous vous préserver de ce que je savais tant que je n'étais pas sûr et parce que je ne savais pas encore si les deux camps étaient surveillés par d'autres hommes ou si Strange avait un moyen de me localiser. Tant que j'étais invisible, j'avais un avantage qui pouvait m'être utile pour en savoir plus, pour leur rendre la pareille et les espionner à mon tour, piéger leurs hommes comme ils nous avaient piégé, attirer leur attention afin de les éloigner de vous, ne serait-ce qu'un moment. Ça a fonctionné, j'ai pu récolter davantage d'informations et abattre plusieurs de leurs hommes, diriger des rôdeurs près de leurs positions. Je venais régulièrement jeter un oeil au camp, voir comment vous alliez, observer ce traître faire semblant d'être votre ami et protecteur. Ça me rendait malade mais je ne pouvais pas risquer de me dévoiler, sans parler de Clark et de mon frère qui étaient en première ligne.

Il y avait trop de choses en jeu. Alors j'ai attendu le moment opportun sans relâcher mon attention et le soir où vous vous êtes réunis près du lac, j'étais là. J'y ai vu une occasion de faire payer cet enfoiré et voir la surprise dans ses yeux avant qu'il ne meurt, qu'il sache ce que ça fait de s'en prendre une par traîtrise. Malgré tous ces doutes, tout cette paranoïa, je savais et je sais toujours que la plupart des membres du camp sont des gens qui cherchent simplement à survivre mais je devais savoir, profiter qu'un maximum de monde soit réuni dans un endroit ouvert et de la surprise pour observer la moindre réaction, la moindre expression qui pouvait me mettre sur la piste de la seconde taupe. Je vous ai causé du tort, crois bien que j'en suis navré, cependant tant que je n'aurais pas déniché celui ou celle qui se joue de nous, je ne peux pas ménager qui que ce soit, ni me révéler. Pour ça j'ai besoin de toi.

Tu es la seule du groupe que j'ai mis dans la confidence. Clark, Ricky et Nelson sont au courant également. Le soir où les jeunes ont quitté le camp pour rejoindre la ferme, je les ai intercepté sur le chemin. La suite n'est pas de leur faute, je leur ai demandé de ne rien dire, de continuer à faire semblant et de me signaler la moindre anomalie, n'importe quel indice ou doute, pour mettre la main sur le second traître. Ils ont informé Nelson et deux fois par semaine, Ricky se rend à l'écart de la ferme et on se donne des nouvelles par messages interposés. En réalité je t'ai posé des questions auxquelles j'avais déjà les réponses. Ca et mes accusations vis à vis de ce fameux soir, c'était juste pour confirmer mes soupçons.

Tu es quelqu'un de confiance pour moi Melody et j'ai besoin que tu m'aides à voir plus clair dans tout ça. Il faut que l'on trouve la taupe avant qu'elle ne puisse se rendre compte de notre investigation si on veut pouvoir sécuriser le groupe et contre-attaquer. Tant qu'elle sera là, chaque tentative de manoeuvre pourrait finir en carnage. L'homme avec qui je collabore, il détient aussi ces informations et celles que nous avons découvert par la suite, il les donnera au groupe et tu sauras alors ce qu'il y a d'autre à savoir. Certains détails resteront seulement entre toi et moi. C'est pour ça que tu devras garder pour toi le fait de m'avoir revu et ce que j'ai pu te dire. J'imagine la difficulté de ce que je te demande, surtout après ce que je t'ai avoué sur moi, mais je n'y arriverais pas seul. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 28 Jan - 18:43
Ses doigts se détendent alors que Matthew ne tarde pas une nouvelle fois à lui répondre, terminant en serrant à son tour les doigts de la brune. Son regard émeraude quitte un instant celui de l'homme pour se reporter sur leurs mains l'une dans l'autre, il ne le sait sans doute pas mais il lui offre ainsi un point d'ancrage solide dans la réalité du moment alors qu'il n'a pas terminé ses explications. Ou peut-être que si, il saura ce qu'il lui offre quand elle fini par reporter ses yeux sur lui, elle ne saurait plus dire si elle arrive encore à dissimuler quoi que se soit de ce qui peut bien lui passer en tête. Et malgré tout à mesure qu'il parle, des larmes reviennent rouler sur les joues de la brune et si elle maintient aussi fermement que possible sa main dans celle de Matthew, son corps lui donne l'impression qu'il va la lâcher, les chocs successifs des révélations du beau brun sans nul doute.

Matthew termine en lui demandant clairement de l'aide malgré ce qu'il a pu dire ou faire, en a t-il vraiment besoin alors que visiblement avec tout ce qu'il lui a dit, il est apte à s'en sortir seul quoi qu'il puisse se passer. Ou peut-être ne voit-elle pas quelque chose qui devrait lui être évident. Son cerveau est en ébullition, essayant de donner un sens à tout ceci, à ordonner tout ce qu'il a entendu et elle en a mal à la tête à tel point qu'elle a même l'impression que la cabane est entrain de tourner dans un manège sans fin. Dans un mouvement involontaire, elle vient appuyer son front contre l'épaule de Matthew, le visage caché de la vue de l'homme de par le fait qu'elle donne l'impression de regarder vers le lit entre eux deux. Pourtant elle ferme les yeux presque aussitôt pour essayer que cette fichue cabane arrête de danser en rond autour d'elle.

- Je...tu...

Non elle n'arrive pas à poursuivre immédiatement, pouvant donner la sensation que n'importe quelle réaction de sa part peut être envisagée, essayant surtout et autant qu'elle le peut de reprendre le contrôle de ses pensées. Au bout d'un certain laps de temps, indéfinissable de sa propre perception, elle prend une profonde inspiration avant de rouvrir les yeux, reculant pour retrouver sa position de départ, sans pour autant ôter sa main de celle de l'homme. Cherchant le regard de Matthew avant que sa voix ne se fasse entendre pour de bon cette fois.

- Je t'en veux Matthew de l'avoir fait ainsi avec les conséquences que cela a eu sur moi et sur les autres, je ne pourrais pas le nier, tout comme tu as vu l'impact de tes paroles sur moi mais j'ai écouté tes raisons, tes choix et je les comprend. Et ça, c'est aussi grâce à toi, à ce que tu es, tu es quelqu'un de bien quoi que tu en dise ou penses, tu sais pourquoi ? Parce que tu es resté humain malgré tout, tu n'es pas comme ces gens là. Tu m'as laissé sentir, peut-être involontairement, que tu as des remords, des regrets sur les actes que tu as été obligé de faire et tant que cela sera le cas, tu resteras humain et un homme bien Matthew.

Ou alors elle a de trop confiance en lui mais cela ne l'effleure pas du tout, Melody ne faisant que se laisser guider par son instinct et ce qu'elle a ressenti tout du long.

- Donc oui ça sera difficile mais je ne leur dirai rien du tout sur toi, même si là tout de suite, je ne vois pas ce que je vais pouvoir inventer s'ils me questionnent. Mais cet homme sans nom, tu m'as dit qu'il était avec eux mais tu dis que ça fait aussi deux jours depuis cette attaque, tu as eu de ses nouvelles ? Je veux dire, il peut t'avoir fait un coup en douce ou alors un de ceux du campement, si lui aussi ne doit pas parler de toi, ton nom est une sorte de mot de passe magique, sans, tout est imaginable...Et qu'est-ce qu'il peut avoir de plus à m'apprendre que tu ne viens de me dire ?

Melody fronce les sourcils interrompu par un fait que son esprit vient de mettre en avant au milieu du capharnaüm de ses pensées, une nouvelle théorie folle ou presque. Qui peut bien le dire maintenant que Matthew a réussi à la faire de douter d'à peu près tout le monde sauf de lui.

- Tu dis que l'autre traître est sans doute un ressuscité et si c'était Clark ? Ou Nelson ? Ou quelqu'un d'autre de la ferme ? Ils ne sont pas qu'eux trois après tout. J'y suis allé à la ferme et c'est un tel havre de paix là bas, à première vue, que...

Cette réflexion à peine émise à voix haute et à son expression, Matthew peut voir qu'autre chose vient de lui arriver en tête, qu'elle ne tarde pas à exprimer.

- Le campement...Le soir de l'attaque, cinq personnes du groupes étaient absentes, ils n'étaient pas revenus de leur excursion, tu sais quelque chose pour eux ?
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