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[Spécial, Z.d.C 2] Juste toi et moi - 19/02/2035
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Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 30 Jan 2016 - 21:37
Matthew avait gardé la main de Melody dans la sienne, détournant simplement le regard pour le poser sur le sol à coté, car il n'avait guère besoin de la regarder maintenant pour sentir ses yeux, ses impressions, son ressenti tant la situation s'avérait intime et pleine d'empathie croisée. Acceptant son nouveau contact de la tête sans y montrer aucun retrait ou la moindre tension de ses muscles, il se contenta au contraire de raffermir l'emprise de ses doigts pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune envie de la rejeter, bien qu'il ne se montrait pas aussi familier qu'elle. Il l'écouta parler et fini par répliquer d'un ton tristement ironique :

« Ou Ricky. »

Cela paraissait évident, il avait dit ça sans y penser un seul instant mais dans une situation aussi grossière et grotesque, à devoir ainsi soupçonner tout le monde, à savoir que l'un de ceux avec qui lui et Melody avaient vécu, survécu, que l'un de ceux qu'ils devaient considérer comme camarade était un traître à la solde d'un ennemi qui ne leur voulait que du mal... c'était déjà grossier et grotesque. Calvin, dans son odieuse infamie, avait tout remis en question et ruiné tout espoir de créer un groupe uni et dirigé vers un objectif commun, pas pour Matthew en l'occurrence.

« Je te dirais bien que les gens de la ferme n'ont rien à y voir, mais à ce stade, je ne suis plus sûr de rien. Ce que je pense en revanche c'est que la taupe n'aurait aucun intérêt à être à la ferme. Si Soulstrange ne sait pas déjà où elle se trouve, alors l'absence de tentative laisse croire qu'il a une autre idée derrière la tête, ou qu'il s'en fiche. Non, c'est vous qu'il veut et ce serait plus probable que le traître soit avec le groupe.

Quant au reste du groupe parti en excursion, je ne peux rien te dire, navré. Hormis mes quelques contacts avec l'autre type, je me déplace seul et c'est difficile dans ces circonstances d'avoir les yeux partout. Je ne savais pas pour leur absence avant l'attaque. Je n'ai pas non plus de nouvelles du type sans nom. Les rôdeurs ont investi la plaine et se baladent dans toute la forêt, sans parler des bandits, peut-être des hommes de Strange qui vadrouillent dans le coin. Je ne pouvais pas trop m'éloigner sachant que tu étais là et avec le vagabond on évite le contact radio tant que la situation est délicate. Je ne le contacterais qu'au moment de te ramener auprès de Samuel et des autres. Il t'apprendra ce qu'il y a à savoir et je préfère ne pas en parler moi-même, je ne veux pas t'influencer. »


Au terme, il frotta son pouce contre la paume de Melody en détachant doucement sa main et la pris pour la déposer sur la propre cuisse de la brune, la tapotant plusieurs fois sur le dos avec une certaine tendresse inavouée. Son regard se releva vers elle et il voulut lui sourire, mais il ne put exprimer qu'un pénible sourire en coin, qu'elle ne verrait qu'en prêtant une pleine attention à son regard encore plus las et désolé qu'au début de cette conversation.

« En attendant, il faudrait que tu te reposes. La morphine va cesser de faire effet d'un instant à l'autre, je peux te faire une nouvelle injection mais si j'insiste ça peut te faire plus de mal que de bien, je sais à quel point ce genre de produit peut devenir addictif. Je peux te donner plutôt des médicaments pour calmer la douleur. Ça ne marchera pas aussi bien, tu souffriras un peu, mais tu devrais pouvoir parvenir à dormir. A toi de décider, nous partirons demain matin pour que James puisse utiliser son truc sur toi. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 31 Jan 2016 - 12:45
Matthew ne la virant pas de contre lui ou n'ôtant pas sa main de la sienne, Melody le ressent au fond d'elle et cela se mêle avec les paroles qu'il a eu, il lui fait confiance. Si bien sûr elle le savait déjà qu'il pouvait lui faire confiance, l'entendre le dire a une saveur particulière et indéfinissable, flattant son orgueil, ça c'est indéniable mais il y a bien plus que cela pour elle. Intimité, complicité. La brune a une réelle tendresse pour Matthew et il lui semble que c'est partagé. Et si de la surprise passe dans son regard en l'écoutant répondre simplement le nom de son frère, elle capte rapidement qu'il ne le pense pas, qu'il se contente de mettre en avant l'absurdité de la situation en général.

Bien sûr que non, Ricky ne pourrait jamais faire cela surtout qu'il y a des chances que Matthew lui ai expliqué brièvement ce qu'il a vécu le temps qu'il était absent même s'il n'est pas entré dans les détails. Le cadet Jefferson ne pourrait jamais céder à ce genre de chose, enfin normalement, à moins que peut-être il ne pense que le trahir peut sauver la vie à son aîné. Non c'est ridicule que cela, même si elle connait assez mal Ricky, elle ne peut pas envisager cela. Et puis elle compare avec son propre frère, Matt et elle ne pourraient jamais se trahir ainsi, plutôt mourir que de le faire. Par contre pour les autres, elle peut tout à fait l'envisager et Matthew lui même ne nie pas que ça peut être une possibilité et il y a peut-être même déjà pensé vu la tournure de sa réponse.

Pour le reste du groupe, Matthew n'a aucune idée de ce qui a pu se passer, elle pouvait s'en douter, il a raison, il ne peut pas être partout à la fois. Ce qui n'est pas forcément rassurant, et tendrait à lui faire penser que le Marchand enfin ce Soulstrange s'est arrangé pour les séparer avant d'attaquer. Et d'abord pourquoi elle s'en ferait pour eux hein ? S'il y a vraiment une taupe, elle pouvait très bien être dans le groupe parti en ville. Le traître pourrait avoir manoeuvré pour les séparer sans avoir l'air de rien et leur avoir tendu un piège. Ce n'est pas mieux pour l'homme sans nom, Matthew n'a pas de contact avec, il ne le fera qu'à la dernière minute, là aussi tout et n'importe quoi peut être envisagé, de sa part ou de celle des autres. Faut-il vraiment qu'elle y retourne ? Melody est bien mieux là avec Matthew, plus en confiance et en sécurité que n'importe où ailleurs.

La brune se contente de montrer sa compréhension des paroles qu'il vient d'avoir par un simple hochement de tête tout en baissant le regard pour suivre les mouvements de leurs mains et les gestes que Matthew a. Elle en ferme les yeux quelques instants, oui elle est si bien ici malgré ses blessures. Finissant malgré tout par rouvrir les yeux et les relever sur Matthew pour observer son regard et apercevoir l'esquisse de sourire qu'il a. Il ne lui en faut pas plus pour qu'à son tour elle lui sourit, un sourire bien plus marqué sur son visage à elle, teinté de tendresse certes mais aussi reflétant la fatigue qu'elle ressent autant physiquement que mentalement et pourtant un sourire semblant dire "ne t'en fait pas, ça va aller, tout va finir par s'arranger". Cette fois, elle ne traîne pas pour lui répondre.

- Pas de morphine s'il te plait, c'est horrible cette sensation d'avoir l'esprit paralysé, par contre si tu as un truc à grignoter et à boire, je dis pas non. Et je suis pas la seule à avoir besoin de repos, toi aussi, parce que je suppose que tu es sur le qui vive encore plus depuis que tu m'as emmenée avec toi...

Un moyen pour elle de sous entendre qu'elle ne veut pas que Matthew s'éloigne, qu'il reste près d'elle. Déjà qu'elle n'a aucune envie de retourner au campement, chose elle aussi sous-entendue dans les paroles qu'elle a ensuite.

- Et tu ne m'as pas dit comment tu veux que je t'aide ? Chercher des indices sur ce traître ? Mais si j'en trouve comment tu le sauras ?

Oui elle a besoin de savoir que si elle retourne là bas, ça ne sera pas pour rien et qu'elle reverra Matthew en chair et en os tôt ou tard. Déjà qu'elle se retient de lui demander clairement de rester là avec lui ou de lui demander de revenir avec elle. Après tout si ce Marchand et ses enfoirés d'hommes veulent Matthew absolument mais qu'ils ne veulent pas faire du mal aux "ressuscités", Matthew serait peut-être plus en sécurité avec eux, avec elle. Et ils devront faire un choix, pour atteindre Matthew, ils devraient d'abord s'en prendre aux ressuscités justement s'ils veulent vraiment l'avoir. Oh elle sait que son raisonnement ne tient pas la route, qu'elle serait en pratique sans doute la seule à vouloir faire barrage ainsi.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Jeu 4 Fév 2016 - 11:11
« Va pour les médicaments. Je vais rester ici. Le plus important c'est que tu arrives à dormir, on s'occupera du reste demain et on en reparlera si tu veux, mais pour l'instant, tu as eu assez d'informations à enregistrer en une fois, pas faciles à entendre, j'aurais voulu t'épargner. »

Il avait répondu avec une grande sincérité, car il n'en pensait pas moins mais davantage encore. Leur accord passé, il récupérera son sac à dos dans lequel était contenu les médicaments dont il avait parlé, lui donnant deux pilules dont Melody ne pourrait certifier l'origine ni même poser un nom dessus, quoi qu'il en soit Matthew a cru bon de lui répéter qu'il s'agissait de calmants et qu'ils allaient l'aider à dormir. Il veilla de même à lui donner sa gourde d'eau et à lui apporter une conserve de petits pois et jeunes carottes avec une fourchette, ainsi qu'un assortiment de viande cuite séchée qu'elle reconnaîtra être un mélange de cerf et de loup si d'aventure elle en connaissait la saveur.
Après quoi, il demeura auprès d'elle et même, resta se reposer avec elle dans le lit en veillant à être coté vide afin de pouvoir parer à tout imprévu, sans pour autant retirer la moindre partie de sa combinaison lourde qu'il conserva durant le repos en question, ne s'autorisant qu'à déposer son fusil sniper à canon long contre le mur de bois à quelques centimètres à peine. Le reste de ses armes seraient gardées sur lui, soit le FN Five-seveN, le poignard de chasse et les poings américains, aussi encombrant que soit tout cet équipement digne d'un guérilleros de l'apocalypse. Même dans ces conditions, ainsi à l'abri d'une cabane élevée dans les arbres et en compagnie d'une femme, il semblait se refuser à relâcher son attention ou même à se détendre.

Pour autant, il prit soin à se mettre en bord du lit relativement serré pour ne pas écraser Melody, lui laissant assez de place pour qu'elle puisse y trouver un cocon entre l'homme et le mur de bois et poser son bras blessé. Si elle cherchait un contact, il ne l'empêcherait pas du tout, n'hésitant pas à l'enlacer au contraire sans qu'il n'y ai rien d'autre, mais avec toute la tendresse et l'affection qu'il devait probablement à celle qui partageait sa couche, car si les événements du camp militaire et la disparition avaient étouffé la relation qu'ils avaient commencé à tisser à travers le camp et leurs escapades de chasse en forêt, un lien à peine effleuré mais réel, ces retrouvailles difficiles avaient tout de même un certain charme propice à les rapprocher de nouveau, ne serait-ce qu'un moment.

Cependant si elle ne cherchait pas le contact, il la laisserait en paix. La suggestion, l'injonction, le souhait pour elle - quelque soit sa forme - de repos fut respecté en le sens que ce moment passé ensemble sera silencieux, se contentant de cette possible étreinte sans y interférer alors que lui regarderait le plafond avec sa mine soucieuse et triste en grattant le cuir chevelu de la belle, ce qui d'une certaine façon rendrait ladite étreinte plus réconfortante pour l'un comme pour l'autre. Il ne s'agirait pas d'un silence pesant et gêné, empli de doutes. Bien à l'opposé, les deux chasseurs y trouveraient la tranquillité, la paix et la sérénité qui laisseraient en suspend le reste du monde le temps de cet entracte.
Cela durera jusqu'à ce que les calmants fassent effet, creusant l'état de fatigue déjà avancé de la brune et estompant quelque peu ses blessures difficiles qui se réveillaient, car en dépit de tout ce calme, elle avait toujours deux trous dans le corps qui avaient la ferme intention de se faire sentir, comme une vengeance aux atrocités subies. Finalement et en dépit de la douleur minimisée, elle s'endormira, ne pouvant lutter contre la toute puissance de Morphée, mais elle ne dormirait pas seule aujourd'hui.

****

En approche de la fin de journée, Melody, tu pourras découvrir un nouveau réveil moins lourd qu'au matin, tes muscles plus détendus et moins étirés, mais si ton bras et ton épaule se révéleront eux aussi moins lourds, ils te rappelleront à l'ordre immédiatement par la douleur de ta peau et ta chair se réveillant tout aussi vite. Tu découvriras alors qu'il n'y a plus Matthew à tes cotés sur le lit. Celui-ci, tu le verras rapidement assis auprès de la table en partie garnie de viande séchée, y creusant pour une raison qui t'échappe dans l'absolu, la pointe d'une de ces grandes balles de sniper issues de sa ceinture à l'aide de la lame de son poignard de chasse, un coude tenant la balle sur la table et accomplissant sa tâche d'un regard fixe et imperturbable à faible proximité de son arme.

Le temps de sortir de ce sommeil qui fut à la fois doux par moments et douloureux à d'autres, tu constateras que le départ de Matthew du lit ne fut pas sans remplaçant : contre ton ventre, coté vide, a été installé avec soin ton grand sac à dos que tu reconnaîtras sans peine, avec à coté de ce dernier l'arbalète Carbon XTRA CLS. Le chasseur, sentant que tu émerges, jettera un coup d'oeil dans ta direction avant de te lancer ce qui suit, tout en revenant à sa tâche :

« Tu as ronflé.

Ton flingue est dans le sac, les clés et les couteaux y sont toujours. J'ai remplacé la corde de l'arbalète, elle en avait bien besoin, le coup du lacet, c'était sacrilège. Par chance, il m'en restait trois dans mon bordel, je t'ai laissé les deux autres cordes dans le sac au cas où celle installée casserait à l'avenir. »


Tu pourras constater en vérifiant, tôt ou tard, qu'il disait vrai : tes affaires sont dans ton sac qui n'a pas été abîmé, hormis quelques tâches de sang que tu pourras facilement conclure comme venant de tes blessures. L'arbalète regagnant sa prestance grâce à une corde digne de ce nom qui assurera une puissance de tir au meilleur. Quant à savoir si tu as effectivement ronflé ou s'il s'agit d'une mauvaise blague à tes dépends, un seul détient la vérité...

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 4 Fév 2016 - 15:32
Un nouveau sourire et un hochement de tête de la part de la brune, signes qu'elle accepte ce que Matthew vient de lui dire. Bien sûr qu'une part d'elle veut continuer à parler, à cogiter, à essayer de tout mettre en ordre dans sa tête, mais le reste de son être ne veut qu'une pause autant physique que mentale. C'est vrai, il y a tellement de faits et de choses à pleinement digérer qu'elle n'est pas en mesure de la faire là alors que lentement mais sûrement la morphine diminue son étreinte lui laissant sentir à nouveau son bras. Mais il y aussi le fait qu'il dise rester ici, ce qu'elle prend pour un "près de toi", de quoi la faire abdiquer rapidement. Les cachets que Matthew lui donne, elle ne prend qu'à peine le temps de voir si l'un deux porte une inscription avant de les avaler et cela par pure curiosité et non parce qu'elle doute de l'homme en face d'elle.

Si elle sentait parfaitement la soif la tenailler, il n'en était pas de même pour la faim où là elle savait juste qu'elle avait besoin de manger si elle voulait retrouver un tant soit peu de force. Ce n'est qu'en commençant à grignoter qu'elle se rend compte qu'elle a bel et bien faim, lui faisant faire abstraction de la viande dont elle ne reconnait ni l'odeur ni le goût, le cerf encore là elle peut y parvenir mais pas l'autre viande. Melody n'a jamais été végétarienne ou autre chose de ce genre là malgré son amour des animaux mais il y a des bestioles qu'elle n'aurait jamais envisagé de manger. Trop d'empathie et-ou d’anthropomorphisme sur certaines espèces sans aucun doute.

Matthew près d'elle, Melody termine par s'installer sur le lit en s'allongeant, néanmoins elle est agréablement surprise que Matthew en fasse autant et si elle ne dit rien, cela peut se percevoir dans son regard voir même dans ses mouvements. Sans réfléchir au fait qu'il peut malgré tout l'en empêcher, la brune vient se lover autant qu'elle le peut contre Matthew. Ce qui ne va pas sans une grimace de douleur due à ses blessures mais qu'importe, elle profite de la présence de cet homme si désirable contre elle. Mais surtout du sentiment plein et entier de sécurité qu'elle ressent grâce à lui et qu'elle n'a pas ressenti depuis trop longtemps, depuis bien avant son réveil dans les bois d'ailleurs. Ce cocon, cette bulle hors du temps, elle en avait besoin, elle a beau vouloir se montrer forte en permanence, elle ne l'est pas tant que ça au final, du moins pas de son point de vue à elle. Les mouvements que Matthew peut avoir, les cachets qui finissent par faire effet mais aussi la tranquillité, la tendresse, l'affection et la sécurité qu'elle ressent, tout est réuni pour qu'à terme elle sombre dans le sommeil, incapable de lutter plus longtemps.


Les brumes d'un sommeil sans rêves, ou du moins de ceux qui ne laissent aucune trace au réveil, se dissipent lentement, faisant émerger la brune qui reste quelques secondes sans savoir ni où elle est, ni pourquoi elle y est. Tout lui revient en mémoire d'un bloc, ses blessures, son précédent réveil, Matthew et la longue conversation qu'ils ont eu, Matthew et la manière dont elle s'est endormie ainsi que l'absence de son corps contre le sien. Le brouillard de son esprit, causé par la morphine est également absent, elle se sent moins paralysée par lui, peut-être un peu trop vu le grognement de douleur qui roule dans sa gorge avant de franchir ses lèvres. Ses blessures, par balles, sont elles aussi bien réveillées. La brune se redresse, posant sa main valide à côté d'elle pour s'y aider, ses mâchoires se crispent alors qu'un pic de douleur la traverse, à lui en faire venir les larmes aux yeux. Pourquoi a t-elle refusé la morphine déjà ? Ah oui pour ne pas avoir l'esprit embrouillé et aussi un peu parce qu'elle pensait pouvoir encaisser la douleur et ne pas montrer de faiblesses devant Matthew.

Melody reste ainsi, sans doute plusieurs minutes, à moitié assise, le visage penché vers le lit et en appui sur son bras valide. Ne bougeant pas jusqu'à entendre la voix de Matthew à quelques mètres d'elle. Finissant par redresser la tête vers lui avant de terminer son mouvement visant la position assise, non sans un nouveau grognement de douleur se faisant entendre à travers ses lèvres closes. Elle ferme les yeux quelques secondes pour laisser passer le plus gros de la douleur avant de desserrer les dents.

- Merci Matthew. En fait je passe mon temps à la chasse, je n'avais encore pas pu aller en ville pour essayer d'en dénicher une neuve.

Et si c'est tout à fait le cas, sa phrase est surtout là pour s'excuser du fait que Matthew ai vu l'arme ainsi. Arme sur laquelle elle reporte son regard émeraude et n'ayant plus besoin de l'appui de sa main pour maintenir une position droite, elle laisse ses doigts venir glisser sur l'arbalète en la frôlant.

- Tu sais, je la gardais pour toi. Pour le jour où je te retrouverais, si tu veux la reprendre, ça serait normal.

Melody termine sa phrase en relevant les yeux vers Matthew et en esquissant un sourire. Oh bien sûr s'il venait à la vouloir, cela l'emmerderait quelque peu, elle est tellement à l'aise avec cette arme au delà même du symbolisme qu'elle représente ou représentait plutôt, maintenant qu'elle a retrouvé Matthew. La brune reste à regarder l'homme trifouiller, creuser ou autre ses balles avec une attention et une minutie dont le but final lui échappe totalement.

- Pourquoi tu fais ça sur tes balles ?

Et oui fallait bien que sa curiosité l'emporte à un moment ou un autre et qui arrive très vite au final. Surtout qu'elle n'est pas une experte en arme à feu au delà du maniement d'une arme de poing et de son entretien, elle aurait beau essayer de chercher la réponse, elle ne la trouverait pas. Curiosité qui va au delà de ce qu'il fait présentement.

- Tu as pu te reposer ?

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 6 Fév 2016 - 15:26
Sereinement installé sur la vieille chaise en bois qui lui servait d'assise, il tenait la balle entre l'index et le pouce, redressée devant son regard tout en tenant son poignard par la garde et son second pouce en appui contre la lame pour mieux en contrôler l'usage. Son geste était étroit, les mouvements brefs, que ce soit pour ne pas risquer de se blesser ou par soucis de la tâche détaillée qu'il accomplissait.
Un travail minutieux à n'en pas douter, étant donnée sa concentration et la façon dont il frottait la lame sur la tête blindée de la balle, consciencieusement, sous forme d'à-coups répétés comme s'il taillait une très petite flèche. Après quelques longs instants et au terme des questions de Melody, il fit tourner la balle entre ses doigts et entamait à nouveau la tête dans un axe perpendiculaire.

« Avant tout ça et même bien avant, j'étais éclaireur-sniper au service de notre "beau pays". Quand on était sur le terrain, mon unité avait une tradition ; la veille de chaque mission, on récupérait les balles prévues pour celle-ci, notre couteau et on taillait la tête de chacune de ces balles d'une croix avant de les mettre dans le chargeur et charger l'arme. C'était une façon de se préparer psychologiquement à ce qui allait arriver, à ce que l'on allait faire, les vies que l'on allait peut-être prendre. »

Il s'arrêta et retira le poignard qu'il vint poser sur la table délicatement, observant ensuite la balle qu'il tenait entre les doigts un instant puis souffla dessus pour en dégager la limaille. Il tourna après quoi le regard vers Melody, se redressa de la table et lui lança la balle d'un geste nonchalant, cette dernière atterrissant sur le lit près de la brune. Si elle la prenait pour vérifier ses dires, elle verrait qu'effectivement, la tête de la balle a été taillée d'une croix, un trait plus long perpendiculaire à l'autre, ce qui suggérait très fortement le symbole chrétien.

« Une façon de se rappeler qu'en ayant agi, qu'il soit question de suivre les ordres ou non, chaque meurtre est une dette qui Lui est due. Alors on comptabilisait chaque tir, notre dette grimpait et on y pensait, tout le temps. Notre chef d'unité, qui était plutôt le gars bon samaritain - dont on se demandait bien ce qu'il foutait là, avait une citation pour ça ; il n'y a pas de paix, si injuste soit-elle, qui ne soit préférable à la plus juste des guerres. Qui aurait cru qu'il y avait des hommes d'esprit dans l'armée, et pas seulement de grosses brutes à moitié cinglées. »

Il était revenu face à la table entre-temps et avait récupéré une autre balle, une dizaine d'autres étaient d'ailleurs alignées debout avec discipline. Il reprit également le couteau et, en exécutant les mêmes gestes, de la même manière et avec la même attention traduisant une pratique presque religieuse, il entama de nouvelles entailles.

« L'arbalète est à toi maintenant. » Reprit-il. « Elle ne m'appartient plus depuis que je l'ai abandonné malgré moi dans ce camp militaire. Tu en as pris soin, tu t'y es faite et j'ai l'impression qu'entre vous c'est une relation qui marche. Même si je le voulais, je n'en ai plus le droit et je ne le veux pas. J'ai trouvé une remplaçante avec qui je pratique un... autre genre de chasse, elle veille sur moi, je prends soin d'elle et on s'entend bien. »

Il fit signe de tête vers le fusil sniper resté debout contre le mur et près du lit, un modèle français FR-F2 en excellent état, si tant est qu'elle ait la moindre connaissance dans ce domaine pouvant lui permettre de l'identifier. Même sans connaissances, elle pourra constater qu'il s'agit d'une arme imposante, solide et certainement perfectionnée par rapport à d'autres modèles.

« Et oui, j'ai pu me reposer un peu, ça requinque. Sers-toi dans le fouillis si tu veux manger, tu devrais trouver une petite bonbonne d'eau sous le tas de bouffe, je l'ai fait bouillir hier. Je t'aurais bien proposé une bière mais les commerces sont en rupture de stock en ce moment. »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 6 Fév 2016 - 19:22
Pour tout dire, Melody est fascinée par les mouvements de Matthew, minutie, patiente et application. L'homme est concentré sur ce qu'il fait et cela se voit et pourtant cela ne l'empêche pas de lui répondre. La brune commence par arquer un sourcil en l'écoutant avant qu'un air bouche bée n'arrive sur son visage, elle ne s'attendait pas du tout à ce que Matthew soit un ancien militaire et même plus que ça, Matthew faisait parti de l'élite du corps armé. Enfin elle le voit comme ça, par rapport aux reportages ou autres qu'elle a pu suivre là dessus. Mais en fait à bien y réfléchir, elle n'avait strictement aucune idée de ce que pouvait faire Matthew avant l'apocalypse, impossible pour elle de le voir autrement qu'en homme fort, en survivant. Et finalement ce qu'il lui dit va avec le comment elle le voit et les paroles qu'il a ne font que renforcer ce qu'elle pense de lui et la confiance qu'elle a en lui. Oui bien sûr que Matthew est un homme dangereux mais cela elle s'en doutait depuis avant sa disparition, il suffisait de le voir évoluer pour s'en rendre compte et cela ne lui fait pas peur du tout, bien au contraire. Et même s'il n'était qu'un millième de ce que peut être Matthew, il ne faut pas oublier qu'elle a toujours vu des armes à feu chez elle avec son flic de père.

Au milieu des explications de Matthew, le lit réceptionne la balle, Melody la prend dans ses doigts en la tournant et retournant pour regarder la croix qu'il a gravé dessus, restant à la regarder avant de refermer sa main dessus. Le beau brun en vient à parler de l'arbalète, elle reporte son regard sur l'homme, toujours silencieuse, elle écoute et analyse ce qu'il lui dit avant de se mettre à sourire toute seule. La brune trouve les paroles de Matthew assez poétique et romantique, il faut dire qu'elle a l'impression et presque la certitude qu'il parle de l'arme de jet puis de son fusil comme si les deux armes étaient ses amantes. La première qu'il a délaissée sans le vouloir et se faisant une raison, il a maintenant une nouvelle amante. Déportant son regard l'espace d'un instant sur l'arme à feu près du lit, elle ne sait pas du tout ce que cela peut être comme modèle mais au delà du côté imposant du fusil, elle penche en toute logique pour un fusil de sniper. Sans aucun doute le meilleur qui soit.

Melody se décide enfin à parler après que Matthew lui parle eau, nourriture et bière, un air mutin passe sur son visage et dans son regard émeraude.

- Je préfère le Scotch de toute manière.

Oh oui bien sûr qu'elle a entendu qu'il dit s'être reposé et cela lui fait plaisir mais en même temps si elle s'attarde dessus, elle est tout à fait capable de lui signifier qu'il n'a pas dû assez se reposer à ses yeux à elle. Faim et soif ? C'est malin maintenant qu'il en parle, elle les ressent mais seulement pour ça, il faut et qu'elle arrive à se lever mais aussi à faire quelques mètres pour obtenir à boire et à manger. Mais là elle voit deux solutions, soit elle fait sa fille et demande à Matthew de lui apporter ce qu'elle veut, soit elle le fait par elle même. Et un petit quelque chose lui dit que Matthew cherche à la pousser là et bien soit, elle relèvera le défi ! Redressant le menton dans le même temps qu'elle pense à cela, elle entreprend de d'abord déplacer l'arbalète et son sac pour ensuite venir se mettre au bord du lit. Ce qui ne se fait pas sans un nouveau grognement de douleur pulsant depuis son bras et son épaule.

La brune reste au bord du lit, les pieds dans le vide une bonne minute avant de secouer la tête, elle va y arriver, hors de question qu'elle baisse les bras. Appuyant enfin sa voûte plantaire sur le sol de bois, elle se redresse pour se mettre debout, sans doute trop rapidement au vu du vertige qui la prend. La brune attend que ça passe avant de se décider à avancer, péniblement certes mais elle y parvient. Finissant par arriver au tas de bouffe comme Matthew l'a dit pour en extirper l'eau, pas très pratique de n'avoir qu'une main pour ouvrir le contenant mais là encore elle y arrive avant de boire quelques gorgées d'eau. Finalement elle renonce à manger quoi que se soit, elle se retourne et observe Matthew même s'il est de dos, elle fait demi-tour et s'avance vers lui.

- Ton chef n'avait pas tord, la guerre est une belle connerie inventée par l'homme, personne ne devrait avoir à vivre ce genre de choses.

Plus stable sur ses jambes, Melody progresse plus rapidement pour rejoindre la table et Matthew, se stoppant à un mètre ou deux derrière lui. La balle gravée toujours dans la main, elle la serre plus fort dans ses doigts alors qu'elle réprime une folle envie là, celle de venir glisser ses bras autour du cou de Matthew pour ensuite les laisser glisser à l'enlacer avant de poser son menton sur l'épaule de l'homme ou plutôt au creux de son cou. Elle en meurt d'envie même et elle ne sait pas comment elle se retient de le faire, terminant par se décaler légèrement tout en comblant la distance entre eux. Elle rouvre sa main et fait glisser la balle entre ses doigts avant de la déposer verticalement sur la table ajoutant une dernière chose ou plutôt deux mais l'une derrière l'autre.

- Et tu n'es pas une grosse brute à moitié cinglée. Si tu marques tes balles maintenant, cela veut dire que tu as une mission qui arrive ou je me trompe ?

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Mar 9 Fév 2016 - 11:44
Le chasseur fit mine d'être absorbé par sa tâche bien qu'à dire vrai, son geste avait été fait de si nombreuses fois et avec une technique si précise et bien assimilée qu'il avait en réalité l'esprit ailleurs. Le temps que la brune parvienne à se lever pour se diriger vers le stock de l'ex-chef de camp, ce dernier tourna la tête pour la regarder en coin et esquissa un très léger sourire amusé, bien plus expressif intérieurement qu'à regard extérieur.

Achevant de tailler une nouvelle balle, il souffla dessus pour dégager l'émaille, répétant une même méthode : tailler, dans un sens puis dans l'autre différemment, souffler dessus, poser la balle à coté d'une autre pour maintenir une formation en ligne de ces outils de mort et récupérer une autre parmi les quelques-unes à part qui elles n'observaient aucune discipline, simplement couchées en tas. Il y avait en totalité onze balles alignées devant lui et il n'en restait que quatre en attente, trois maintenant qu'il en avait prit une nouvelle à qui faire subir le même rituel préparatif. Sans compter la seizième actuellement dans la main de la jeune femme.

Entre-temps, Melody l'avait rejoint et il eut un bref coup d'oeil réflexe sur sa gauche, quant bien même il n'y avait aucun doute sur le fait que c'était elle et qu'il ne prenait aucun risque, son attitude illustrait une attention de tous les instants, un mélange de paranoïa et d'analyse quasi-permanentes qui épuiserait n'importe quel esprit à force, certainement que le sien ne pourrait être épargné quelque soit l'habitude qu'il en avait, car ce genre d'exercice n'avait aucun moyen de renforcer ledit esprit à long terme, comme un muscle qui se fragiliserait à force de trop soulever de poids et trop longtemps. Il n'avait cependant perdu aucune réplique de la brune, bien qu'il n'y ai pas répondu directement. Ce n'est qu'après un court temps marqué par l'interruption de son rituel, tenant la balle encore intacte devant ses yeux et le couteau suspendu dans le vide à proximité, qu'il finit par répondre :

« Oui. »

Cette réponse était courte, mais dans son ton lourd de sens elle pouvait en tirer de claires conclusions, notamment celle qu'il n'avait pas l'intention de la mêlée à cela, même s'il l'avait mêlée à l'essentiel. Avec délicatesse, le mouvement néanmoins ferme, il entailla la tête blindée de la balle d'allers-retours grinçants.

« Si tu te sens prête, on ne va pas traîner. Tes camarades doivent se faire un sang d'encre et il te faut James sans plus tarder, je t'ai assez torturée avec ma médecine de base, mes médicaments et mes histoires de complot. Tu m'as posé des questions avant notre repos, autant que je te réponde maintenant pour terminer avec ça. Le Vagabond, ce type sans nom avec qui je collabore pour le moment, il fera le lien le temps que je finisse avec mes affaires, ensuite je viendrais te trouver.

Nous avons un contact par talkie-walkie à courte portée sur une fréquence différente tous les trois jours à minuit et une minute, pas plus de trente secondes. Je me planque à trois cent mètres de sa position et on échange nos informations de manière claire et concise, pour minimiser les risques d'être écouté. Six fréquences alternatives en fonction de la date. La dernière fois c'était la nuit dernière, je sais où le groupe a trouvé refuge. Si tu as le moindre soupçon ou que tu trouves un indice qui peut nous permettre de creuser une piste, tu n'auras qu'à l'informer.

Je sais que je te demande de collaborer avec lui toi aussi alors que tu ne le connais pas et en secret, comme je sais qu'il se peut qu'il soit lui-même une enflure au bout du compte malgré ce qu'il a fait pour nous et même dans ce cas là, jouer le jeu va nous donner un avantage : tant qu'il se croit au centre des choses et à l'abri des soupçons, il va probablement tester les limites de son influence et chercher à tirer sur la couverture pour son bénéfice, tu garderas en parallèle un oeil sur lui, ça nous donnera de précieuses infos au moment de nous retrouver pour faire le point directement. Personne ne doit nous soupçonner alors il faudra faire preuve de patience et avoir l'air de ne se douter de rien. Tu crois que tu pourras faire ça pour moi ? »

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mar 9 Fév 2016 - 14:43
La brune n'aura pas loupé le coup d'oeil de Matthew dans sa direction, ne le comprenant pas vraiment puisqu'il est clair que cela ne peut être personne d'autre qu'elle. Tout comme elle voit cesser ses mouvements pour finir par lui répondre, un simple oui au ton sans équivoque, elle a visé juste mais il ne veut pas lui en parler. Le prenant comme le fait qu'il n'a pas totalement confiance en elle, chose qui la chagrine un peu avant qu'elle ne se dise qu'il y a peut-être chose derrière le ton qu'il a employé. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir envie d'en savoir plus en protestant sauf que de toute manière elle n'en a pas le temps alors que le beau brun enchaîne.

Selon lui il est temps qu'il la ramène auprès des autres, lui donnant des raisons tout à fait compréhensibles sauf qu'elle n'a aucune envie de partir et de quitter Matthew à terme. Bien sûr qu'elle sait qu'elle a besoin des soins miraculeux de James pour guérir plus vite et que si par miracle elle restait avec le sniper, elle serait plus un poids qu'autre chose pour lui dans ces circonstances. Mais en même temps il l'a soignée et elle guérira forcément même si cela met du temps. Et puis elle ne veut pas le quitter, quitter cette bulle de sécurité qu'il a mit en place même sans le vouloir et dans laquelle, elle n'a pas peur de se dire qu'elle voudrait y rester éternellement.

Matthew lui parle de nouveau de cet homme, ce Vagabond, lui expliquant comment ils fonctionnent tout les deux, la manière dont ils échangent. Lui expliquant ce qu'il aimerait que Melody fasse une fois au campement, collaborer en secret avec cet inconnu. Idée qui la révulse totalement, elle ne le connait pas du tout et malgré le récit de Matthew et l'aide qu'il lui a apporté, elle ne le sent pas du tout, quelque chose ne va pas, à moins que cela soit juste le fait qu'il soit un ancien mercenaire ou autre du Marchand. Ses pensées se matérialisant dans sa posture, ses mâchoires qui se serrent, ses doigts se refermant sur la paume de sa main, le tout accompagné d'une sorte de tremblement de son corps. De nouveau elle reste silencieuse, réfléchissant à tout ce que Matthew vient de lui dire et maintenant et avant, finissant par desserrer les dents et prendre une profonde inspiration, ressemblant plus à un soupir qu'autre chose.

- Je...Je n'ai aucune envie de retourner là bas avec cet homme, avec eux surtout en sachant tout ça, je voudrais pouvoir rester avec toi...Mais oui je le ferais. Pour toi, pour ton frère, pour Jenny, pour moi et pour ceux qui sont vraiment innocents dans tout ça.

Pour son frère aussi, où qu'il soit, elle espère qu'il n'ait jamais à vivre ce genre de chose et que le jour où elle le retrouvera, elle n'ait pas à s’inquiéter pour lui en permanence et inversement. Et en même temps, Matthew n'a t-il pas glissé au milieu de ses paroles, qu'un jour ou l'autre, elle le reverra en tête à tête, qu'ils vont devoir être patient. La patience, une des choses les plus difficiles qui soit pour elle mais après tout elle n'a plus quinze ou vingt ans pour agir sur un coup de tête comme elle l'a déjà fait par le passé. Enfin de toute manière, elle sait très bien qu'elle serait incapable d'abandonner les autres ainsi, elle s'en voudrait pour le reste de sa vie et plus simplement d'abandonner Matthew alors qu'il a visiblement vraiment besoin d'elle.

Très tendue avec toutes ses idées en tête, à devoir ramener la balance du côté de la raison, Melody termine par rouvrir sa main droite sans prêter attention à son bras gauche. La non maîtrise de ceci entraînant un mouvement réflexe de ses doigts, mouvement qui met en marche ses muscles, ses nerfs et ses tendons courant le long de son bras gauche, réveillant violemment ses blessures. La douleur se propage à nouveau dans son corps, lui faisant à nouveau monter les larmes aux yeux avant qu'elle ne les ferme et qu'elle n'essaye de se forcer à respirer calmement et profondément pour diminuer l'intensité de ce feu irradiant depuis son bras. Si elle ne voulait pas se montrer faible devant le beau brun c'est loupé là surtout avec ce qu'elle fini par lui demander.

- Par contre si tu pouvais me torturer encore un peu avec un anti-douleur, je dis pas non là.

La belle brune se force à poursuivre sa respiration de manière la plus contrôlée possible, finissant par rouvrir ses yeux émeraudes pour les reporter sur Matthew qu'il ait ou non bougé de la table. Et lui adresser une nouvelle demande qui pourra peut-être le surprendre, ou pas, elle en sait rien mais qui montre en tout cas qu'elle accepte même à contre coeur ce qui va se passer ensuite.

- Et si tu veux qu'on ne traîne pas, il va me falloir d'autres vêtements, les miens si possible et mes chaussures.

Après tout, elle est toujours pieds nus et dans l'espèce de pyjama que Matthew lui a mit. Bon les vêtements passent encore bien qu'elle risque d'avoir froid une fois hors de l'abri de la cabane avec un tissu si fin sur le dos, qu'il en serait peut-être même à moitié transparent si elle se mettait à contre jour. Mais pieds nus en hiver, ça ne le fait pas du tout.

Matthew Jefferson

Anonymous
Invité
Sam 13 Fév 2016 - 12:43
Le temps de terminer la seconde entaille de la balle, il acquiesça aux demandes de Melody en une fois et installait le cylindre métallique aux cotés de ses soeurs et au garde à vous. Poussant légèrement la chaise vers le mur pour ne pas bousculer la brune, il se redressa en prenant le bras valide de cette dernière et lui indiqua le lit.

« Je m'en occupe va t'asseoir, ne va pas trop te fatiguer avant le voyage. »

Le chasseur se dirigea ensuite vers l'amas de vêtements qu'il avait disposé dans un coin. Elle aura pu le constater, il avait volontairement éludé sa réflexion sur le camp et la mission qu'il lui avait confié, un esprit aiguisé n'aurait eu aucun mal à comprendre pourquoi étant donné tout ce dont ils avaient déjà parlé, ou plutôt tout ce que Matthew lui avait déjà dit puisqu'il avait largement mené la conversation. Ses bottes martelaient le plancher de bois, sa tenue tactique toujours aussi imposante et épaisse, sa chevelure longue et sauvage voilant son visage d'un certain nombre de mèches, il semblait bien suffisamment se débrouiller pour autant dans ses déplacements et ses gestes.

Si bien qu'il s'accroupit pour fouiller le tas de vêtements évoqué et finit par en sortir, probablement planqué en dessous, un sac de course à l’effigie d'un supermarché local qu'il alla poser sans tarder sur le lit, près du grand sac à dos de la brune. Là dedans, les vêtements qu'il lui avait retiré et qu'elle pourra constater en s'y intéressant, avaient été nettoyés, Matthew ayant tenté tant bien que mal de frotter le sang sans beaucoup de réussite. Il n'en resterait cependant que des tâches assez claires.

Qu'elle ai approuvé sa demande en rejoignant le lit ou non, il la regardera en lui adressant un simple : « Je te laisse te changer ici » tout en ouvrant une poche de son très fourni gilet d'où il extirpa une seringue de petite taille planquée dans une pochette plastique étroite, où la jeune femme y verrait un liquide bleuâtre assez clair déjà contenu. Le chasseur ouvrit le sachet, retira la seringue, testa légèrement la pression de celle-ci qui projeta quelques gouttelettes du liquide par l'aiguille et approcha de Melody quelque soit sa position.

« Bouge pas, ça ne piquera qu'une seconde, comme chez le médecin de quartier. »

Soutenant le bras blessé d'une main, il appliqua l'aiguille qui s'employa à faire son office lorsqu'il injecta le produit, qu'elle ne sentit effectivement que brièvement - sensation perdue dans ses fortes douleurs - avant de ressentir à contrario et bien davantage la disparition de toutes ces douleurs en l'espace d'une poignée de secondes et moins encore.

Son bras retrouverait quelques bons kilos mais en contrepartie, elle serait pleinement soulagée de son mal, tout du moins de façon superficielle mais c'était déjà ça. Son devoir accompli, il rangea la seringue usée dans le sachet en plastique et regagna la table, replaça sa chaise, s'y affaissa, posa le sachet, récupéra une des trois dernières balles et son poignard, puis redémarra ses affaires. Par la suite, il prendra soin de garder les yeux fixés sur son travail pour que Melody, malgré l'inconfort d'une présence à proximité qui ne soit pas son petit ami, puisse se changer dans le respect de son intimité.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 13 Fév 2016 - 14:18
Matthew acquiesce à ses demandes, terminant de marquer sa balle avant de se lever et de l'inviter à aller se poser pour ne pas qu'elle se fatigue de trop. C'est au tour de la brune d'acquiescer en silence à ce que l'homme lui dit et si elle va se poser sur le lit, elle en profite également pour le suivre du regard, l'observant marcher et progresser dans la cabane. Relevant chaque mouvement qu'il a mais aussi les paroles qu'il n'a pas eu en réponse de ce qu'elle a pu lui dire sur la mission qu'il lui confie. Et même si elle comprend totalement qu'il ne rajoute rien là dessus avec tout ce qu'il lui a déjà dit, la part de son être qui est "trop fille" n'aime pas cela. Cette partie d'elle aurait sans nul doute voulu que Matthew la laisse penser que lui non plus ne veut pas qu'elle s'en aille, pas forcément par un geste ou une parole, un regard peut-être.  Enfin ce n'est pas vraiment le genre de chose à laquelle on peut se permettre de penser mais surtout de s'avouer à soi même quand on vit une situation comme celle-ci. Alors que tout en le suivant du regard une nouvelle douleur pulse dans son corps en provenance directe de son bras gauche.

Après la courte fouille du tas de vêtements, Matthew lui ramène un sac dans lequel elle peut apercevoir le tissu de sa veste chaude et sans nul doute le reste également. Mais avant de s'y intéresser, elle relève ses yeux verts sur le beau brun quand il se remet à parler, lâchant à sa suite un simple :

- D'accord.

Avant de le laisser lui injecter le produit qu'il a sorti d'une de ses poches, un liquide bleu que bien sûr elle ne peut pas identifier. Si sa curiosité n'en sera pas satisfaite, c'est le cadet de ses soucis après tout, elle se contente de rester aussi immobile qu'elle le peut pendant qu'il lui fait cette piqûre. Injection qu'elle n'aurait que peu sentie sans nul doute mais qu'elle sent encore moins présentement, qu'est-ce qu'un petit picotement désagréable au regard du reste de ses blessures, rien du tout.

En à peine quelques secondes Melody ne ressent plus rien du tout hormis le fait que son bras semble peser une tonne et c'est un véritable soupir de soulagement qui franchit ses lèvres à cette constatation, soupir que Matthew ne pourra pas louper même s'il s'éloigne pour retourner à la table. La brune le suit de nouveau du regard et le voyant reprendre ses petites affaires, son attention se reporte sur le sac qu'il lui a posé sur le lit. Elle commence par l'ouvrir avant d'en sortir ses vêtements un par un, ses doigts se stoppant sur les traces de son propre sang, ne pouvant que remarquer que Matthew s'est évertué à l'ôter autant qu'il le pouvait, ne laissant subsister que ces quelques marques plus claires. La brune en a un sourire en constatant cela, elle ne pensait pas du tout qu'il aurait essayé de récupérer les vêtements et à ses yeux à elle c'est plus que réussi là et il ne lui reste plus qu'à se changer du coup.

Il faut quand même savoir que Melody n'a jamais été du genre très pudique, au grand damne de son frère d'ailleurs, si elle se sent en confiance et là c'est le cas. Enfin elle ne se baladerait pas nue ou topless bien entendu mais être vue en sous vêtements ne la dérange pas du tout. Néanmoins à cet instant et pour ne pas gêner Matthew qui n'est pas si loin d'elle que ça au final, la brune se remet debout avant d'ôter tant bien que mal le haut qu'elle porte et en tournant le dos au beau brun. De ce fait Matthew ne pourra voir que son dos nu si jamais son regard se perd par là quelques secondes et sans doute qu'il pourrait noter qu'elle porte un tatouage dans le bas du dos : un triskel.

Renonçant à remettre son soutien-gorge avec un seul bras valide pour l’agrafer, elle ne remet que le débardeur noir qu'elle portait l'autre soir avant d'enquiller le dit soutien-gorge dans son sac à dos, heureusement pour elle, elle n'en a pas vraiment besoin pour que sa poitrine se tienne seule. Pour le pantalon, la tâche s'avère plus compliquée avec une seule main, une fois le bas de pyjama troqué par son pantalon cargo et comme toute fille qui se respecte, elle a une astuce lui permettant de le fermer sans peiner. Elle s'assoit plus s'allonge sur le lit, ce qui tout le monde le sait permet aux filles de voir leur ventre se faire plus plat, non pas qu'elle en a besoin normalement mais là oui, pour permettre à sa main droite d'arriver à réunir les deux morceaux du pantalon et de fermer le bouton sans aide extérieure. Se redressant ensuite pour rester assise et enfiler ses chaussettes puis ses chaussures de marche. Heureusement d'ailleurs qu'elles sont de bonne manufacture malgré leur vécu et qu'elles possèdent un peu comme des rangers, un rabat se fermant par une boucle de métal et sous lequel les lacets sont à l'abri de toute tentative qui pourrait leur prendre de se défaire.

Melody est maintenant habillée et si faire cela est facile pour n'importe qui, dans son état cela lui a malgré tout demandé un effort, qu'elle ressent assez bien. Elle laisse filer une minute ou deux avant de reporter son regard sur Matthew.

- Je suis prête, on peut y aller.

Matthew devait déjà le savoir de toute manière étant donné que même sans la regarder se changer, il a dû entendre chaque mouvement qu'elle a pu faire. Mais là au moins il pourra sans hésiter la regarder et bouger, d'ailleurs même si elle est toujours assise sur le rebord du lit, au moindre signe de la part du beau brun elle se lèvera pour le suivre. Sans oublier son sac et la précieuse arbalète. Bien qu'elle n'a toujours aucune envie de partir et qu'elle le fera à reculons comme on dit.
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