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[Spécial, CFJ] L'Armée des morts - 17/02/2035
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 10 Jan - 17:05
Accrochée aux épaules de Samuel, véritable poids mort peinant à rester debout sur mes deux guibolles malgré le soutien de l’homme, je le laissais donner ses dernières directives, prenant une décision que je ne doutais pas avoir influencé quelques instants plus tôt. A nouveau, le Canadien me gratifia d’un “shhhht” très clairement destiné à me faire taire, tant par la voix que par la pensée. Il m’apparaissait évident que ce n’était ni l’heure ni l’endroit pour continuer à m’accabler, à libérer ma conscience de l’immense culpabilité qui m’écrasait ; cependant, mon esprit n’arrivait pas à se taire. Tout dépassé et impuissant qu’il était à retrouver ses marques, un repère auquel s’accrocher autre que la ceinture scapulaire du chef de camp ; je me laissais finalement entraîner par mon compagnon retrouvé vers la caravane.

Multipliant les effort, luttant contre l’extrême fatigue pour faire mettre un pied devant l’autre, manquant d’ailleurs de me vautrer à chaque pas alors que la pointe de mes chaussures raclaient le sol poussiéreux à chacune de mes enjambées ; j’imposais à Samuel un rythme de progression d’une affligeante lenteur, mes noisettes à la vision abstraite ne distinguant que très grossièrement la silhouette de la caravane. Elle me semblait si proche et pourtant si lointaine que l’idée même de couvrir les derniers mètres qui m’en séparaient était éreintante en soi. L’urgence et le chaos se faisaient de plus en plus ressentir, en témoignait le hurlement d’un type dont ni la silhouette ni la voix ne me disaient rien, exhortant Samuel à se magner le cul. Inutile de préciser à quel point je me sentais l’impression, justifiée, d’être un véritable fardeau pour tous, eux comme moi-même.

Pire encore, si la voix de l'inconnu m'amena à penser que d'autres survivants avaient pu rejoindre le campement durant mon "absence" je percutais soudainement de n'avoir ni vu, ni entendu parler d'Elizabeth. Où était-elle ? Était-elle en vie ? Pourquoi James ne l'avait-il pas encore informée de mon retour, du miracle. Je voulus profiter du court et pourtant long trajet jusqu'à la caravane pour m'enquérir de l'état du campement auprès de Samuel, mais la situation ne s'y prêtait définitivement pas. Je me convainquais plutôt que Liz allait bien, et qu'elle était occupée avec James à nous sortir de là. Les retrouvailles, les vraies, intenses et larmoyantes, seraient pour plus tard.

Finalement, j’atteignais la porte de la caravane, découvrant par ailleurs sur ma droite que quelqu’un manœuvrait la petite Chevy pour venir atteler la caravane. Tout allait si vite, une agitation paniquée qui se voulait contagieuse mais qui pourtant ne pouvait m’atteindre tant je me sentais plus spectatrice et victime que réellement actrice de tout ce cirque. Laborieusement, je grimpais sur le marche-pieds de la caravane, m’aidant de ma main libre pour m’agripper au cadre de la porte et me hisser à l’intérieur de celle-ci, toujours soutenue par le Canadien. Je pouvais ressentir l’extrême tension qui gagnait l’atmosphère, rendue plus écrasante encore par les râles de la horde désormais toute proche. Des cris, des grognements innombrables qui ne faisaient que renforcer l’état de panique générale et plus oppressante encore la nécessité de lever les voiles dans l’urgence, en abandonnant tout ou presque derrière.

Une fois les deux pieds sur le plancher, je libérais le pauvre Samuel du fardeau que j’imposais à ses épaules, ma main droite trouvant l’appui d’un coin de la table où trônait le poste-radio. D’un regard contemplatif et hébété, je discernais non sans mal les nombreux impacts de balles qui avaient déchiré les parois de la caravane, lui conférant un aspect de passoire mal dégrossie. Mon regard passa ensuite sur les lieux où se trouvaient stockées les ressources du campement, le tout retourné dans un joyeux bordel ; empreinte de l’urgence.

Tournant brièvement mon visage vers Samuel, je lui lançais une brève phrase, paroxysme de l’évidence, dans un souffle éteint : “Sors-nous d’là…” A chaque seconde écoulée, je pouvais sentir mon angoisse grimper d’un cran plus oppressant encore. La horde, ses râles omniprésents qui me ramenaient à ce jour où j’étais condamnée, où Takashi avait trouvé la mort et moi l’agonie. Ma propre panique, ma propre lâcheté - encore - cet écrasant sentiment que je devais fuir, tout abandonner… Puis m’abandonner. A nouveau, mon esprit se laissait subjuguer par la peur des ces monstres, leur inarrêtable avancée, leur impitoyable résolution.

Quelques pas supplémentaires et je me laissais finalement tomber lourdement sur le lit-couchette qu’occupait encore Clark quelques jours avant mon propre trépas. Affalée sur mon flanc gauche, percevant à peine l’agitation provenant de l’extérieur et les légères secousses qui agitaient la caravane, je m’abandonnais totalement à mon apathie, figée par la terreur que m’inspirait cette horde, tétanisée par ma propre faiblesse et la constatation que ma survie ne reposait désormais plus que sur les épaules de mes compagnons de survie et leur capacité à agir dans l’urgence pour nous sortir de ce merdier. Un merdier que j’avais provoqué par ma trahison à leur égard. Je les avais enfoncé dans une merde noire, et je comptais désormais sur eux pour m’en extirper.

Je me recroquevillais sur la couchette, découvrant que le matelas s’était vu criblé de quelques ogives lui aussi, la mousse arrachée en maigres flocons au tissu qui jonchaient désormais le plancher de la caravane. Lentement, je croisais mes avant-bras sur mon abdomen, ma main droite venant caresser la plaie morbide de mon bras gauche à travers le tissu. Sous mes doigts, je ne ressentais rien, ni la caresse, ni la pression exercée par ceux-ci. Juste un morceau de chair rêche et mort. Fermant les paupières, laissant fuir de nouvelles larmes désespérées, j’en appelais mentalement à la Mort elle-même. Quelque part, au plus profond de moi, je la suppliais de venir me chercher, ou de m’adresser un quelconque signe de ses volontés à mon égard. Devais-je la laisser venir à moi, l’accepter et embrasser sa froide morsure ; ou devais-je plus simplement lui rendre la monnaie de sa pièce et la rejeter, trouver de nouvelles convictions pour remplacer celles qu’elle m’avait arrachées en me refusant le repos éternel une seconde fois ?

Seul le temps pourrait le dire ; ou les réactions de ceux que j’avais trahis.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 11 Jan - 16:42
Sans tant de mal mais sans pouvoir réellement prendre Ivy dans ses bras pour imposer son rythme de déplacement, Samuel chemina avec cette dernière jusqu'à la caravane. L'arme pointée devant lui, il se retrouva d'ailleurs à la pointer successivement sur James et Jordan alors que ces dernier allaient et venaient afin de remplir leur rôle dans cette "retraite stratégique". Heureusement, malgré le stress de la situation et la menace se faisant omniprésente, il surmontait parfaitement ses peurs et les illusions de la nuit, évitant ainsi d'aggraver leur situation en incluant le tir fratricide dans le lot de la soirée.

Quoi qu'il en soit, bien au fait de l'approche des morts, il fut des plus soulagé lorsqu'il sentis la jeune femme se faire plus légère puis quitter son soutien en entrant dans la caravane. Sauve pour le moment et plus à l'abri que le moindre d'entre eux, elle s'était retenue de tenter de vider son sac mais ne manqua pas de glisser quelques mots qui, ironiquement, lui tirèrent un sourire bien furtif, surement un peu cynique d'ailleurs.

Ce qui se passait dans son esprit torturé allait cependant devoir attendre. L'intello en sécurité, il allait maintenant leur falloir garantir cette sécurité, même à court terme. Les mains libres, Samuel fit un rapide tour sur lui-même tout en rangeant ces satanées jumelles qui, à force, se révélaient aussi utile qu'incommodante. Jordan était repartis vers la route, James avait démarré la voiture, quant à l'inconnu... Il n'en savait rien de l'inconnu.

Mais surtout, il manquait quelqu'un qui n'avait pas répondu à son appel, quelqu'un qu'il n'entendait plus sous les grognements et les plaintes des geignards... A côté de ce constat toujours plus inquiétant, le camping-car de Melody trônait, là, silencieux, immobile, imposant. Ils trouveraient forcément un moyen de revenir le chercher mais pour l'heure, l'absence de sa propriétaire allait le clouer sur place, faute de clé ou même d'un conducteur fiable.

Sans réellement savoir pourquoi, il fit quelques pas vers le feu de camp éteint, le regard posé sur les tentes avachies, perforées... Et les corps... Peut-être était-il en proie à sa propre culpabilité, ses nerfs désiraient-ils finalement le lâcher au pire moment ? Nul n'en saura rien puisque, finalement, un aboiement lui parvint mais pas dirigé vers lui.

Pivotant automatiquement vers le Est, il perçut finalement la présence du chien dans une impression de déjà-vu. Comme à leur dernière sortie, l'animal gambadait avec légèreté alors que plusieurs silhouettes avançaient continuellement vers lui pour essayer de l'attraper. Le tour de force de ce sacré compagnon à quatre pattes était d'esquiver les morts qui commençait à venir au compte goutte tout en les menaçant vivement de ses aboiements, focalisant de fait l'attention sur lui et non sur la Chevy ronronnant pourtant tout près. Ensuite... Ils n'étaient encore que cinq...

De son côté, Samuel demeurait trop loin pour percevoir plus que des silhouettes dansant leur ballet, mais il avait confiance, confiance en cet être qui semblait taillé pour se jouer de la mort. Il devait lui faire confiance, sans quoi, il lui faudrait aller descendre ces zombies et ne pas être là pour faire ce qu'il avait de mieux à faire, s'assurer que rien ne puisse empêcher la caravane de bouger le moment venu... En attendant que James ne rapproche la voiture et n'ait probablement besoin de son aide pour atteler l'engin en quatrième vitesse.

C'est ce pourquoi il s'en retourna rapidement vers la caravane pour s'enquérir de ces informations et guetter l'approche de la Chevy, l'arme au poing, prêt à réagir à la moindre menace, quelle soit dirigée vers lui ou vers un autre survivant.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 13 Jan - 19:05
Sa marche arrière ne fut pas maîtrisée, loin de là dans la précipitation et parce qu'il n'a jamais été un as de la conduite, mais au moins il arrivait à bon port. Il freina sèchement devant la caravane, manqua de la taper mais en étant parvenu à placer relativement bien l'engin et mit la voiture au point mort. Il releva le frein à main, avant de choper son fusil et sortir à la va-vite du véhicule en laissant la porte du conducteur grande ouverte. La première chose qu'il fit, c'est observer les alentours à la recherche des autres et il ne voyait plus ni Samuel ni Ivy à l'arrière, ni cet inconnu. Il n'aimait pas ça.

Le temps de faire le tour du véhicule alors que le vacarme des morts couvrait maintenant l'ensemble du camp à la manière de tambours de guerre raisonnant pour annoncer la venue de l'armée des morts, il vit Samuel posté qui observait l'arrière du camp où son chien était resté. S'approchant rapidement de la caravane, il se dépêcha d'engager la manoeuvre de tractage en lançant au chef de camp d'une voix forte pour couvrir le bruit ambiant :

« J'ai eu du bol mais c'est bientôt prêt ! La clé de la Chevy est sur le contact, vas-y je termine et je file chercher la moto ! »

Terminant là-dessus avec Samuel, en espérant que ce ne soit pas les dernières paroles échangées avec le canadien, il poursuivit la manoeuvre jusqu'à ce que la caravane soit tractée et cela prit un peu de temps, le barbu y allant d'un fort coup de main pour faire aussi vite que possible, et cela malgré qu'il soit dépendant de la machine. Enfin quand ce fut fait, partant du principe qu'Ivy et Jordan étaient déjà à l'abri dans la caravane et appréhendant que ce ne soit pas tout à fait le cas, il ne restait plus rien à faire pour eux : son job était terminé et il avait tout intérêt à filer à la Moto Trial Sherco 2.9 qui avait été apportée par la rousse dont il n'avait pas le nom, elle-même disparue peu après être tombé malade. En y repensant, il songea à tous les drames vécus par le groupe, à toutes les galères et à toutes les personnes qu'ils avaient perdu. Ils avaient perdu beaucoup de monde, des ressuscités à peine ramenés à la vie et qui ont disparu en un claquement de doigt, dans la douleur ou dans l'incertitude.

Quelle ironie, de voir ce que le monde avait fait de ces personnes touchées par la grâce, tout comme lui, tout comme le groupe qui demeurait. Car si cette fille n'était pas revenue à la vie, si elle n'était pas - sans doute - morte par la suite, il n'aurait jamais pu compter sur cette moto pour lui donner l'opportunité qu'il s'apprêtait à saisir. En soi c'était un bien maigre apport pour un tel coût, mais s'il arrivait à ramener Elizabeth et les autres sains et saufs auprès du groupe, alors l'existence de cette fille dont il ne connaissait pas le nom n 'aura pas été vaine.

Filant vers le mur de véhicules du coté de la tente - maintenant ex-tente - de Samuel pour gagner la moto, il prit soin dans sa course de saisir la bandoulière de son fusil pour le placer dans son dos contre son sac, libérant ses mains tandis qu'il s'arrêtait devant l'engin et grimpait dessus en agrippant le guidon. Une fois installé, il s'empressa de récupérer la clé dans sa poche et se pressa d'autant plus pour l'insérer et démarrer. Le temps de prendre une inspiration qu'il espérait, l'aiderait à avoir un nouveau coup de bol, il donna un coup de pédale et le grondement élancé de la Trial le soulageait : elle tournait. Restait à espérer que cela dure.
Cependant c'est à ce moment, quand il s'apprêtait à partir en relevant le regard vers l'entrée du camp pour constater les éventuels premiers assaillants, qu'il vit Jordan se tenant là prêt à un combat suicidaire. Il sentit son coeur fait un bond dans sa poitrine et son premier instinct fut de ne pas le laisser prendre ce risque, de ne pas le laisser mourir. C'est alors qu'il eut un flottement, un instant à peine perceptible durant lequel les deux facettes de l'homme qu'il était, la colère et la justice, s'affrontaient dans leur opposition perpétuelle sur une question : aider Jordan à survivre, ou pas.

C'était une vrai plaie qu'un tel questionnement le prenne à cet instant, ou à n'importe quel autre, mais il ne pouvait pas ignorer ses doutes. Il ne pouvait pas ignorer ce qu'il avait ressenti dans la forêt, après les rôdeurs, comme il ne pouvait pas ignorer ce qu'il avait vu un peu plus tôt, la façon dont le jeune homme avait massacré cette femme qui gisait non loin le crâne ouvert - provoquant non pas un simple bond cette fois mais un vrai soulèvement de son coeur à cette vision. Jordan était une source de doute immense : il avait démontré qu'il avait l'esprit d'équipe, qu'il voulait faire de son mieux, qu'il cherchait à s'intégrer, qu'il y avait du bon en lui de façon évidente.
Comme il avait démontré qu'une part de lui était habitée par quelque chose dont il n'était pas sûr, un mal terrible que le chirurgien ne pouvait savoir, risquait de devenir une menace. Il devait se décider, ici et maintenant et en dépit de ce flottement, de ce doute qui ne s’effacerait sans doute pas avant que la vérité n'éclate, malgré cela, une donnée faisait pencher la balance et elle était de taille.

Jordan avait été là, était resté là, s'était battu et l'avait aidé au pire du combat, en dépit des rafales qui hurlaient de parts et d'autres. Il avait fait ses preuves et les sentiments de justice et de fraternité de James Everett prenaient le pas sur ceux de colère et de crainte. Tournant d'un coup d'un seul la poignée, il lança la moto en avant et rapidement, prit un virage serré sur la gauche, un virage non sans mal mais heureusement qui n'était pas complexe à réaliser, pour venir sortir du campement et grimper sur la route jusqu'à venir près du jeune homme pour l'interpeller à bout portant :

« Reste pas là Jordan ! Aller monte, on s'en va ! »

Sa tension déjà très grande atteignait des extrêmes et il doutait que son imagination soit à la hauteur de ce qu'il s'apprêtait à voir venant du nord, ni de ce qui était peut-être déjà à proximité d'eux. A son tour de prendre des risques pour Jordan.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 13 Jan - 19:35
Ils étaient là, les éclaireurs de la grande vague de pure souffrance, venus pour détruire les vivants.

Contrairement à ce que Samuel eut cru, ce n'était pas cinq mais une douzaine de morts dont les silhouettes apparurent à l'arrière du camp les unes après les autres, deux par deux ou trois d'un coup, resserrés comme une unité de guerre vouée à la destruction. Le chien Amstaff en lien avec Samuel, bien que capable de se battre comme de défendre, mais manquant encore cruellement d'un dressage, recula rapidement en aboyant les premiers instants pour menacer et à la fois garder ses distances, puis finit par abandonner son poste et partir en courant vers le camp. Il ne se faisait pas prier pour fuir la menace et semblait très énervé et tendu par la situation, au risque de filer de son propre coté si son nouveau maître ne le mettait pas à l'abri du danger rapidement.

De leur coté, James et Jordan qui se trouvaient maintenant côte à côte, pouvaient voir devant leurs yeux une scène des plus macabres et des plus spectaculaires, dans le sens le plus terrifiant de la chose : des centaines, peut-être des milliers de rôdeurs avançaient en une marée gigantesque droit vers le sud, couvrant toute la plaine à perte de vue vers l'est et la route jusqu'à la forêt à l'ouest, s'y enfonçant même. Donnant l'impression d'être des millions de silhouettes ne laissant aucun échappatoire, cette foule de monstres déchaînant un vacarme maintenant assourdissant avançait rapidement vers le camp.

Pour ne pas suffire, depuis le mur de véhicules coté extérieur, de derrière le grand camion laissé à l'abandon et par le dénivelé de la route à gauche des deux hommes, une dizaine, même une vingtaine de mangeurs de chair apparaissaient à proximité d'eux. Les encerclant presque en ne laissant que le sud et le camp comme issues, les bêtes les plus proches ne tardèrent pas à s'orienter fixement sur les deux hommes en tendant mains et crocs, lâchant de pénibles plaintes témoignant de leur souhait unique de déchiqueter leur chair. Les premiers vinrent rapidement à quelques mètres et seront sur eux dans une poignée de secondes.

L'armée des morts était maintenant à moins de trente mètres des derniers survivants... et les éclaireurs fondaient sur le camp. La vague déferlera sur eux sous quelques minutes à peine.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Mer 13 Jan - 22:10
Les morts arrivaient depuis l'entrée arrière du camp, la plaine en décor de fond et le chien du chef de camp partait en arrière pour se préserver de la menace qui avait maintenant forme, après un temps à n'être que râles et vacarme. Peu après le départ du chien, une treizième silhouette se faufila au pas de course depuis le coté sud de la même entrée, attirant rapidement les mangeurs de chair qui s'orientèrent vers lui quelques instants, et suivirent sans le pouvoir sa progression pour entrer à l'intérieur du camp.

La treizième silhouette encapuchonnée et bien plus mobile, arrivait les bras chargés, entre son fusil Ak-47 en bandoulière laissant du leste sur son dos, ce qui donnait au fusil la faculté de rebondir entre ses omoplates durant sa course, dans une main une machette de survie en très bon état et dans la seconde un sac de course d'assez petite taille - qu'il devait sans doute avoir caché plié au préalable sous ses couches de vêtements.
Le temps de traverser les mètres qui le séparaient de la caravane et de Samuel à proximité, tout en creusant la distance entre lui et les morts-vivants qui s'engouffraient dans le campement en passe d'être abandonné, il finit par cesser sa course en reprenant sa respiration à la marche, l'air presque guilleret et l'attitude toujours sereine quand on savait la situation, puisqu'il s'approchait de Samuel en montrant le sac en plastique et la machette, lui adressant un sourire aux lèvres fermé très étiré jusqu'à redresser les pommettes au plus haut, même exagéré. Il avait vraiment l'air d'être cinglé et ne paraissait même pas vouloir cacher cette impression en l'état évidente.

« Il semble que la pêche soit bonne. Peut-être pourrions-nous songer à presser le pas, les choses se gâtent. » Dit-il en passant dans le dos du chef, que celui-ci ait suivi son mouvement ou non, il se rapprochera quelque peu de lui sur la fin comme s'il cherchait à lui parler à l'oreille.

Après quoi il marchera à reculons pour ne pas perdre Samuel du regard, un regard plein de sous-entendus dont il gardait les substances, tout en longeant la façade de la caravane jusqu'à arriver à sa porte. Ceci fait, il y grimpera, là où seule Ivy se trouvait en ce moment.

Jordan Getz

Anonymous
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Jeu 14 Jan - 18:30
Les morts approchaient. Je soupirais lourdement, abaissant légèrement mes yeux. Je sentais le sang couler lentement sur mon visage, se perdant dans les quelques poils qui ornaient ma barbe. Les quelques gouttes de transpiration qui sortaient des pores de ma peau juste au niveau de ma tempe rejoignaient ce même liquide rougeâtre que j’avais gagné dans la haine et la douleur. Peut être était-ce le jour de ma mort définitive ? Après que la mort m’ait embrassé, elle s’apprêtait à m’amener faire une dernière danse ? Une valse interminable avec tous ses rejetons ? Etrangement, je m’y étais résigné, à mourir.  Mais je n’aurai jamais pensé que ce serait comme ça, mais plutôt comme la toute première fois, seul. Je ressentais ce même vertige intérieur lorsque j’avais appris que Melody avait été enlevé. Une sorte de chute infinie alors que j’avais bel et bien les pieds sur terre, dans cette poussière qui s’envolait légèrement au vent, cette poussière qui était devenue mon chez-moi. Allais-je devoir abandonner encore une fois mon foyer en fuyant, ou bien allais-je mourir là où je le souhaitais ?

C’était un beau jour pour mourir, une bonne nuit plus exactement. Face avec une armée de morts, mort lors d’un ultime combat dont la fin était déjà écrite. Je relâchais légèrement la pression de ma hache avec ma main gauche, je relevais légèrement le regard pour observer l’amas de ces cadavres ambulants, dont certains étaient à quelques dizaines de mètres. A quoi bon se battre alors que la mort est inévitable ? J’étais déjà résigné à mourir, je l’avais déjà été auparavant, lorsque la mort était venue m’embrasser avant mon long sommeil qui se devait d’être éternel.

« C’est une bonne nuit pour mourir. » disais-je à moi et moi-même à voix basse.

Perdu dans le vide de mes pensées, je n’avais pas entendu James démarrer sa moto, je ne l’avais que vu s’arrêter à côté de moi, me surprenant d’une part, et entendant sa requête. Il voulait que je monte avec lui. Il était prévu que je monde dans la voiture avec Samuel non ? La voiture d’ailleurs, qui avait eu du mal à nous ramener de la ferme, alors avec une caravane… Surtout avec les morts à nos trousses.

« Si je monte, qui aidera Samuel ? Mais en même temps… si je reste, ce sera pour toujours… Putain… Qu’est-ce je dois faire… » alors que je parlais sans aucun destinataire, j’avais lâché la hache de ma main gauche pour la mettre à l’arrière de ma tête. Juste au dessus de l’endroit où j’avais pris une balle. Faisant de légers mouvements rapides en me grattant l’arrière de mon crâne tout en levant légèrement les yeux vers le ciel quelques instants, avant de tourner la tête vers James et de le regarder dans les yeux tout en sautant à l’arrière de sa moto, approchant ma bouche de son oreille, je lui disais, en forçant la voix :

« Reste à côté de la voiture et roule pas trop vite, je veux pouvoir descendre en urgence si y a besoin ! »

J’avais ma hache dans ma main droite, soutenue juste à la base du fer. Donnant deux légères tapes sur l’épaule à James avec ma main gauche pour lui indiquer que j’étais prêt. Juste après, je mettrais ma main le long de son ventre, pour attraper le bord de son gilet pare-balles, faute de pouvoir m’agripper à son dos avec son fusil et son sac qui me gênaient.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 14 Jan - 22:58
Ainsi prostrée sur la banquette-lit, les yeux clos, j’avais tenté de trouver un semblant de repos. Sans succès… Toute éreintée que j’étais, j’avais les nerfs bien trop à fleur de peau pour songer à réellement m’abandonner aux bras de Morphée. L’agitation extérieure à la caravane ne semblait en aucun cas se tarir. Des bruits de moteurs se mêlèrent aux râles de la horde de plus en plus proche. Quelques secousses agitèrent ma planque carrossée, faisant tomber les objets les plus légers entreposées dans celle-ci, quelques tintements métalliques s’arrachant même des placards situés en hauteur. Tout le matériel accumulé risquait de valdinguer dans notre fuite, si tant est que nous trouvions le temps de nous enfuir. La porte de l’un d’eux alla même s’ouvrir, répandant une partie de son contenu alors qu’une dernière secousse agita la caravane.

De mes noisettes cernées, j’avais contemplé, presque au ralenti, la chute de deux paquets de biscuits et trois boîtes de conserve qui roulèrent sur le plancher creusé en son centre à force de passage, jusqu’à s’arrêter contre le corps d’une mitraillette jetée là à la va-vite. La simple vue de ses denrées me rappela à ma faim. Mon estomac, tordu de crampes si douloureuses qu’il n’en gargouillait même plus, rendant mon abdomen douloureux et ma respiration laborieuse. Dans un mouvement très lent, je me redressais en position assise sur la banquette, posant mon regard soudainement affamé sur un des paquets de biscuits. En me relevant, peinant quelques instants pour trouver un maigre équilibre sur mes appuis, je marchais jusqu’à l’objet de ma convoitise, grimaçant d’effort et de douleur en me penchant en avant pour le ramasser, la main droite tendue vers le sol quand ma gauche prenait appui sur le bureau où se trouvait installé le poste-radio.

Au moment où enfin je refermais ma prise sur le paquet de biscuit, je ressentis sous les doigts de mon autre main la texture familière du papier. Dans la crispation de l’effort, j’en avais froissé quelques feuilles ; et ce n’est qu’en me redressant que je me rendais compte que ma main était posée sur les registres du campement. Fronçant légèrement les sourcils, je me résignais à tirer la chaise installée devant la table pour ensuite y poser mes miches à ce point amaigries que j’avais l’impression d’être assise sur mon bassin. D’un geste sec et avide, j’ouvrais le paquet de biscuits secs et en piochais un premier que j’enfournais dans ma bouche avec gloutonnerie. Prenant à peine le temps de mâcher la friandise, je l’avalais avec difficulté. Je pus le sentir descendre lentement le long de mon œsophage qui n’avait plus vraiment l’habitude de travailler. Je n’avais prêté attention ni au goût, ni à la saveur de ce que je venais d’avaler. Je me moquais de savoir si c’était encore consommable ou périmé. C’était de la bouffe et je crevais juste de faim.

Avec le même empressement, je réitérais la manœuvre, mon esprit ne se préoccupant même plus d’une quelconque menace pouvant approcher. Je ne désirais que taire ma faim, et étancher ma soif de réponses. Ce n’est qu’après avoir avalé la quatrième sucrerie que je daignais enfin reporter mon attention sur les registres étalés sous mes yeux, avec en première page celle de la semaine en cours. Approchant cette dernière de mes yeux pour rendre lisibles les différentes lignes plus ou moins rédigées en pattes de mouches, je stoppais ma mastication de stupeur en observant la dernière date inscrite.

Le 17 Février. Trois semaines… J’étais restée à l’état de cadavre pendant près de trois semaines avant de revenir ? Je me pris la tête entre les mains, plaçant celles-ci sur chacune de mes tempes en m’empoignant les cheveux entre mes doigts. Qu’avait-il bien pu se passer durant tout ce temps ? Tout n’avais été qu’une fraction de seconde à mes yeux… Agitée, frappée d’une incompréhension toujours plus grande et d’un profond déni de la réalité, je remontais la chronologie des dates et des mouvements du bas vers le haut de la page, puis m’emparais de la suivante.

Jordan. Johann. Jian. Jena. Mark. Qui étaient donc tous ces gens dont je n’avais même pas entendu parler ? Hormis le dernier d’entre tous les prénoms. Mark… Était-il possible qu’il s’agisse de l’homme qui m’avait trouvé dans la boucherie ? Mais les autres ? D’où sortaient-ils tous ? Un profond malaise s’empara de moi. D’un seul coup, je ne me sentais plus du tout à ma place ici, malgré les présences de Samuel et de James. Seul un profond soulagement me gagna alors que je pouvais voir le nom d’Elizabeth noircir les pages. Au moins était-elle toujours ici, quelque part et surtout vivante. Un fugace sourire accompagné de larmes brouilla ma vue. Je désirais tant la revoir, la retrouver enfin et la serrer dans mes bras. Sentir la laine de son pull trop grand me gratter la peau, m’imprégner de son odeur, entendre sa voix… Plus qu’aucun autre ici.

Reprenant ma consommation de biscuit, je continuais de feuilleter nerveusement les registres, y foutant même un beau bordel en mélangeant l’ordre des pages, réalisant avec effroi que j’avais manqué tant de choses depuis ; ignoré tant de difficultés qu’ils avaient sûrement connues… Ma culpabilité revenait à grand galop, fracassant les portes de mon esprit à grand coups de bottes dans la tronche, tout comme je pus soudainement entendre que quelqu’un montait dans la caravane, juste derrière moi. D’un geste vif, je me retournai, craignant le pire, et surtout de voir des chicots putrescents surgir. Mais non, rien de cadavérique. Juste mon sauveur. Cet inconnu qui possédait soit-disant tant de réponses à nos questions.

En le reconnaissant, ma tension ne chuta que très légèrement. Mon bras droit passé par dessus le dossier de la chaise alors que je m’étais retournée sur celle-ci, je plissais les paupières en le dévisageant autant que faire je pouvais à cette distance. Finissant d’avaler les dernières bouchées du biscuit, puis humectant mes lèvres gercées d’un rapide coup de langue, je finis par l’interpeller de ma voix éraillée.

“Vous… Co-Comment vous saviez ? Qu'on... Qu'on venait ?” lui demandai-je sans rien dissimuler de ma suspicion toujours aussi vive à son égard. “Et pas de réponse en énigme c’te fois…”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Ven 15 Jan - 18:22
A sa plus grande satisfaction, James avait rapidement réussi à ramener la voiture en position et n'avait pas perdu une seconde pour lui faire savoir qu'il allait parfaitement s'occuper de la caravane. A l'annonce de cette bonne nouvelle, le jeune homme qui s'était tourné vers le toubib reporta son attention vers l'arrière du camp, prêt à appeler son ami à pleins poumons.

Cependant, alors qu'il prenait une pleine inspiration, la silhouette du chien se détacha du groupe de mort qui s'était littéralement transformé en meute. Sachant pertinemment que cette dernière allait immédiatement suivre le mouvement, il ne désira pas perdre la moindre seconde et se vint près de la place conducteur de la Chevy pour tirer le siège en avant et libérer le passage vers la banquette arrière.

Ceci fait, il effectua un petit tour d'horizon, voyant qu'aucune menace n'était encore trop proche. Le canidé parvenu jusqu'à lui, visiblement aussi éreinté qu'eux de cette soirée chaotique, il lui fit signe de passer mais ne récolta en retour qu'un regard qu'il ne sut réellement comprendre mais qui ne lui inspira pas tellement de bonne choses, tout préoccupé qu'il était par la situation elle même et non l'analyse du comportement du Amstaff dont les clés demeuraient encore un mystère.

Ainsi, pressé mais ayant bien conscience qu'il avait toujours affaire à un être vivant qui se devait d'être ménagé et rassuré, il s'accroupit et tendit le bras droit vers Snatch et ce afin de passer la main contre son flanc en lui soufflant quelques mots avec le même ton qu'il avait eu pour l'intello revenue d'entre les morts :


"Monte Snatch, on s'en va."

D'un mouvement doux, il tapota l'arrière du siège conducteur avec sa main armé afin de convaincre son compagnon de monter, cependant, l'inconnu du soir se pointa alors, le pas assez rapide et lourd pour ne pas être confondu avec un mort, ce qui poussa l'homme et le chien à retourner son attention vers lui. Samuel, redressé, fit un tour sur lui-même pour suivre l'étrange mouvement du barbu. Cependant, loin d'avoir le temps ou la présence d'esprit de s’inquiéter ou se poser des questions, il répliqua, de sa voix autoritaire :

"Gardez un œil dehors par la trappe !"

L'ordre lancé, il baissa la tête vers son gardien et, d'un claquement de doigt, l'aida à détourner son attention de celui qui s'engouffrait dans la caravane pour, sans autre instruction de sa part, pénétrer dans le véhicule et monter sur la banquette arrière. Immédiatement, Samuel renvoyait le siège rebondir en position normale et ôta son fusil de son dos avant d'entrer dans le véhicule et lâcher les deux armes à feux sur le siège passager.

Ensuite, la portière refermée, il desserra le frein à main et engagea la première vitesse avant de tourner le volant vers la gauche. La sortie du camp se trouvait droit à la perpendiculaire de sa position et le pauvre manager n'était pas le genre d'homme à faire du camping aussi le pilotage d'un tel ensemble l'intimida un peu, l'incitant à démarrer tout en douceur et droit vers la gauche afin de ne pas manquer d'espace et devoir se risquer avec une marche arrière.

En commençant à tracter la caravane, il ne manqua pas de jeter un oeil dans son rétroviseur gauche, histoire aussi de ne pas risquer d'accrocher le camping car et se foutre inutilement dans la merde... En plus de rayer le trophée de Melody... De sa vision périphérique et surtout grâce à sa non-surdité, Samuel s'aperçut vite que Snatch préférait garder visiblement garder la tête entre les sièges, guettant avec une certaine tension les morts qui n'avaient de cesse de s'approcher du véhicule.

Quelque peu rassuré de cette présence, de l'idée de ne pas se retrouver tout seul dans la voiture, il finit par passer l'entrée du parking du motel et tourna à nouveau à gauche pour s'engager sur la route et leur salut à tous les quatre. Là, il se laissa quelque peu surprendre par des éclaireurs de la route, plus avancé que ceux à l'arrière, qui vinrent derechef se fracasser contre le véhicule en geignant.

Malgré le fait que le chien se soit immédiatement mis à aboyer, cherchant sans aucun doute à intimider ces monstrueux attaquants, Samuel se préserva d'agir à la va-vite, poursuivant sa manœuvre de la main gauche tout en saisissant son pistolet resté sur le siège passager. Une fois le tournant pris, il heurta quelques isolés qui s'affalèrent rapidement au sol. L'un d'eux eu même l'occasion de frapper la vitre conducteur mais le véhicule n'eut pas l'air de s'en plaindre aussi le canadien monta légèrement en vitesse, vérifiant ses rétroviseurs afin de s'assurer que la caravane suivait aussi facilement et sans accrocher de voyageurs indésirables.

Maintenant qu'ils étaient sortis, restait à voir si James avait écouté Jordan et que les deux étaient restés non loin, quoi qu'il en soit, Samuel n'avait pas manqué de remarquer l'absence de ce second depuis qu'il l'avait vu quitter la caravane, ce qui l’inquiéta étant donné le fait que si James ne l'avait pas attrapé, il n'avait visiblement pas su juguler une horde que nul n'aurait put ralentir.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 18 Jan - 9:40
Des rôdeurs et encore des rôdeurs, venant de parts et d'autres, si bien qu'en quelques instants, il en venait autant de la route, que du dénivelé et de la plaine coté voitures. Mais cette vision terrifiante, fut-elle immédiate, était incomparable à l'immense armée de monstres qui avançait droit devant eux, droit vers eux. Parcouru d'un millions de frissons irritants et perturbants, James était terrifié et c'était là la moindre des choses quand on voyait autant de mangeurs de chair agglutinés comme si le Diable les dirigeaient, ne laissant pas le moindre interstice de long en large.

Il n'imaginait pas ce que vaudrait d'affronter ces monstres, ou plutôt de se faire massacrer par ces monstres et ne voulait rien en savoir. Tandis que les bêtes les plus avancées allaient bientôt être sur eux, le barbu agrippant les deux poignées de la moto avec un stress palpable car il n'attendait que Jordan pour filer à toute allure et aussi loin que possible, c'est avec grande surprise qu'il observa le jeune homme parler tout seul et surtout, traîner là au pire moment possible, tous scénarios confondus.

« Mais qu'est-ce que tu fous ? Tu crois que c'est bien le moment ?! Grimpe tout de suite idiot ! » Avait-il balancé d'un ton fort énervé, de ces colères soudaines liant grande crainte et stress intense qui prenaient le pas sur tout autre sentiment.

En l'occurrence, c'était légitime car il ne manquait qu'une poignée d'instants avant que les rôdeurs ne leur tombent dessus et ne les empêchent de partir définitivement. A l'instant même où Jordan grimpait, le chirurgien démarrait en trombe et frottait de la roue arrière de cet engin le béton pour faire demi-tour, filant après quoi à toute allure à la suite de Samuel en sortant très vite de la route coté plaine pour éviter les rôdeurs qui avaient percuté la voiture du chef de camp, ou inversement. Ils avaient été justes et c'était le cas de le dire, car il avait presque pu sentir le rôdeur le plus proche tendre ses doigts griffus à quelques centimètres de la moto et qui les auraient agrippé à une seconde près.

« Tais-toi ! Tu le fais exprès ou tu es shooté ? Il y a toute une armée qui arrive et toi tu oses pinailler sur place ? Tu te rends compte que c'était moins une ?! La prochaine fois que tu risques ta vie et la mienne en attendant que ça se passe je t'abandonne sur place tu m'entends ? Bon sang... »

Bien que le fort bruit de l'engin justifiait en soi qu'il élève la voix pour se faire entendre, il y avait clairement une bonne part de colère qui persistait. Avait-il fait exprès pour tester son dévouement ou cette manière de risquer sa vie inutilement était une récurrence chez lui pour s'amuser ? Heureusement, il s'était ressaisi juste à temps pour ne pas l'obliger à choisir car son choix aurait été clair : il ne se suiciderait pas pour le bon plaisir d'un inconscient et il en pensait au moins ça. Il fallait être vraiment inconscient ou dérangé pour regarder le ciel et se gratter la tête alors que des rôdeurs sont à quelques mètres de vous à peine et que toute une vaste armée suit un peu plus loin.

La moto grondait en suivant à distance la voiture de Samuel qui était sur la route. Se donnant le temps d'être tout à fait stable et surtout de ne prendre aucun risque, puisque à cette allure tout raté finirait par une catastrophe et qu'il était loin d'être un pilote, il finit par se rabattre sur sa droite et remonta sur la route tout en accélérant pour se rapprocher assez près - mais en gardant une distance de sécurité - de la voiture coté conducteur. Dès qu'il serait à niveau, il fera signe à Samuel de s'arrêter. Il semblait visiblement pressé et attendra que Samuel se décide à ralentir pour faire de même.

« Aller on se reprend. On s'en est sorti et c'est le plus important mais ne fais plus ce genre de frayeur. Dès que Samuel se met à l'arrêt tu le rejoins, il m'a confié une autre mission à l'opposé d'ici et il aura besoin de toi. J'ai un talkie pour garder contact. » Dit-il à Jordan sur un ton beaucoup plus calme pour finir.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 18 Jan - 23:58
Ils avaient tenté de les intercepter, de les empêcher d'échapper à cette mort parmi les plus horribles. Certains ayant pris de l'avance s'étaient en vain jetés sur la voiture du chef de camp, d'autres avaient essayé d'attraper les deux derniers hommes sur la moto et ainsi l'un d'eux faillit y parvenir. Mais finalement, les survivants s'éloignaient en laissant derrière eux leur campement qui quelques instants plus tard, ne serait déjà plus le leur.

L'armée des morts était parvenue jusqu'au campement et entamait pour une partie de la vague l'invasion de ces ruines sans vie où seuls des cadavres encore frais sauraient repaître quelques dizaines d'entre eux, alors que le reste, qui avait déjà commencé à se disperser dans plusieurs directions depuis des lieux, ne s'arrêtait pas là.

Il ne resterait plus rien du camp des frères Jefferson, que des souvenirs de labeur et de drames, peut-être un sentiment amer d'une résurrection non-voulue pour le plus grand nombre qui aura enchaîné épreuve sur épreuve. Maintenant, l'avenir offrait de nouvelles possibilités, et à la fois creusait une difficulté déjà haute d'une survie plus incertaine que jamais.

Les survivants ne furent pas au bout de leurs peines car un accident arriva. La Moto Trial Sherco 2.9, conçue pour ne porter qu'une seule personne, ne supporta pas cette surcharge et alors que James venait pour remonter sur la route et rejoindre la voiture de Samuel, Jordan à force de secousses sur si peu de place glissa et la moto perdit l'équilibre. L'un comme l'autre, Jordan et James tombèrent violemment de l'engin et valdinguèrent sur la plaine en bord de route, alors que l'engin qui percutait tout aussi brutalement le sol crissait sur de longs mètres en voyant quelques morceaux de tôle en être arraché.

Outre la tôle, les freins prirent un coup, ce qui la rendrait quelque peu capricieuse dorénavant tant qu'un mécano ne s'occupera pas de la réparer. Pour les deux hommes les conséquences furent moins drôles encore : Jordan s'écorcha le visage et prit un mauvais coup au genou droit et à l'avant-bras gauche ; James s'écorchait également le visage, la main droite et l'arrière du crâne tout en prenant un mauvais coup au coude droit en atterrissant. Heureusement pour eux, le sable et l'herbe minimisèrent les dégâts là où le béton de la route à deux pas aurait été bien moins conciliant.


Eléments scénaristiques:
 
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