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[Spécial, CFJ] L'Armée des morts - 17/02/2035
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Le Vagabond

Anonymous
Invité
Mar 19 Jan - 0:59
Après être monté, l'inconnu tira la porte par la poignée et la referma négligemment, lâchant un soupire éreinté, ou qui faisait mine de l'être car rien d'autre ne suggérait la fatigue dans son attitude et ses traits. Des traits d'un visage dont il posait le regard sur Ivy, la capuche toujours bien disposée sur sa tête et cachant une bonne part de cette partie du corps. Dans une main, une machette de survie en très bon état et dans la seconde un sac de course d'assez petite taille, visiblement rempli puisqu'il en dépassait un manche d'arme quelconque.

Scrutant la jeune femme qui rassasiait sa faim et cela avec des raisons plus que justifiées, il finit par lâcher un léger rire amusé en s'approchant, par son éternelle nonchalance, du lit de camp en coin qu'elle avait libéré pour quérir de la nourriture. Se tournant dos à lui pour mieux s'y installer assis, il balança le sac de course qui alla s'écraser près des stocks, non loin d'Ivy, laissant échapper un poignard de chasse qui glissa sur quelques centimètres, et la hachette à moitié sortie du conteneur. L'instant d'après, c'est la machette qu'il envoya valdinguer avec un intérêt absent, n'ayant visiblement pas à coeur de prendre sa "part du gâteau" parmi les armes récupérées sur les cadavres des agresseurs. Il gardait néanmoins son fusil en bandoulière dans son dos, qui s'appuyait sur le matelas lui-même sous couverture.

Maintenant à l'abri, si l'on pouvait considérer la caravane de cette façon, et posé, il prit le temps de faire craquer ses cervicales en pliant d'un geste franc sa nuque sur son coté gauche, ce qui fut audible pour la jeune femme aux biscuits qui finit d'ailleurs par l'interpeller une fois sa bouchée avalée.

« Vous aimeriez savoir hm ? » Répondit-il insouciamment, basculant la tête de gauche à droite en s'accrochant d'une main alors que la caravane était déplacée par les manoeuvres sous pression de Samuel. « Vous voudriez avoir des réponses claires, précises. Peut-être me ferez-vous subir un interrogatoire pour me faire dire tout ce que je sais. Il se peut même que je sois un agent de votre ennemi, pourquoi pas ? J'aurais tué mes camarades pour vous convaincre de me laisser entrer dans votre cercle, car vous êtes si importants, si essentiels. »

Il avait terminé sur un ton très clairement ironique, finissant pas cesser de faire basculer sa tête pour porter vers Ivy ses yeux, dont la lueur éclatait de malice. Un avant-bras vaguement appuyé sur son genou, l'autre main demeurant accrochée au lit par le sommier de fins fers grillagés liés par barres, il reprit sans diminuer de son coté provocateur dû à sa sérénité exagérée et à son aspect sournois, creusé par le sourire amusé - ou peut-être moqueur ? - qui se dessinait.

« Pourquoi êtes-vous si méfiante petite Ivy ? Après tout l'on entre dans votre camp comme dans un bar de quartier. Il suffit que votre ami fermier ou que le jeune cow-boy vienne avec quelques inconnus sous la main, ou encore que votre chasseresse s'annonce avec une parfaite étrangère dans les pattes pour que vous laissiez tout ce petit monde - qui n'a rien fait pour mériter sa place - s'installer et mettre le nez dans vos affaires sans que vous ne vous posiez plus de questions que cela. Après tout, ils sont des monstres non ? Moi aussi j'en suis un rappelez-vous. N'ais-je pas droit à un laisser-passer par conséquent ? Ce ne serait que suivre votre manière de faire. Qui sait combien dans votre groupe sont affiliés à l'ennemi. »

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mar 19 Jan - 21:51
Pinailler sur place ?  Qu’est-ce qu’il racontait ? J’étais monté une seconde après qu’il m’ait dit de le faire… J’avais juste réfléchi à… Non. Je n’avais pas juste réfléchi, j’avais parlé à voix haute. James n’aurait jamais dit ça sans raison, surtout pas là, en pleine situation d’urgence. Qu’est-ce qui m’arrivait ? J’avais perdu trop de sang à cause de ma blessure à ma nuque pour délirer comme ça ? Ou bien c’était la fatigue et le surmenage provoqué par cette soirée en enfer ? Les deux certainement. J’étais à bout, c’était indéniable. Exténué, je n’avais qu’une seule envie, c’était de me reposer. Je fatiguais. Les rations de nourriture qui n’étaient pas adaptées, surtout après les carences que mon corps avait subies après le début de la fin, je n’étais plus aussi endurant qu’avant après mon réveil, et cette attaque m’avait laminé, physiquement et mentalement.

Le médecin avait raison de pousser une gueulante. On avait failli y rester à cause de moi et de mes conneries. Putain, mais qu’est-ce qu’il m’était arrivé ? Je ne m’étais même pas rendu compte que je parlais seul, ce n’était que des pensées qui m’avaient traversées l’esprit. Ces pensées n’étaient pas restées que dans ma tête. A cet instant-ci, je commençais à paniquer intérieurement. Est-ce que je devenais complètement fou ? Est-ce que ça m’était déjà arrivé avant ? Non. Quelqu’un m’en aurait parlé. A moins que ça ne me soit arrivé que depuis la fin. Tout comme ma voix intérieure, celle de ma conscience. Est-ce que c’était ça mon pouvoir d’après la résurrection ? Chacun était différent selon les dires de Melody et de ce que j’avais pu voir. Je chassais Melody de mes pensées. Ce n’était pas le moment. J’avais eu un frisson en m’imaginant le sort de la pauvre brune.

Nous étions justes derrière Samuel. On s’en était sortis. De justesse, à cause de moi. J’avais vraiment besoin de repos. Mes mains étaient moites et ma hache glissait. Je devais faire un effort considérable pour la garder dans ma main droite. J’avais l’impression qu’elle pesait bien plus que tout à l’heure… Sans aucun doute la perte d’adrénaline et la fatigue qui me donnaient cette impression là. Quoi qu’il en soit, James s’était rabattu sur le côté droit de la route tout en m’expliquant ce que j’aurai à faire une fois que nous nous serions arrêtés. Seulement, il me parla de ce qu’il devait se passer après. Samuel lui avait confié une mission. Sauf qu’il ne fallait pas qu’il parte seul. Tout pouvait lui arriver, que ce soit des morts ou bien des vivants. Même s’il avait un talkie, nous ne pourrions rien faire…

Je ne disais rien, préférant garder ma mâchoire serrée pour éviter de parler seul, comme tout à l’heure, me forçant à rester concentré sur la conduite de James qui se voulait bien plus calme que tout à l’heure. Repensant à tout ce qu’il s’était passé ce soir et avant. Les morts par milliers qui ne s’approchaient que pour nous tuer, et les vivants qui nous traquaient dans le seul but de nous massacrer. Nous étions seuls contre tous, et c’était dans ces instants-là que nous devions rester groupés. Surtout après que notre groupe avait été scindé en deux. Je n’osais pas non plus penser aux autres qui étaient partis en exploration. Peut être étaient-ils plus en sécurité, et c’était sans doute pour ça que nous avions étés attaqués à cet instant là. Ils attendaient d’avoir le plus de chances. Mais nous les avions vaincus, même si nous avions échoués. Même si j’avais échoué. Je n’avais pas pu sauver Melody, et même si je m’étais promis de ne pas y penser, je ne pu passer outre. J’avais échoué car j’étais lâche. J’avais préféré me cacher plutôt que de braver le danger pour la sauver sous simple prétexte d’une balle qui m’avait frôlé. J’avais honte pour moi, et je faisais sans aucun doute honte à un grand nombre de personnes qui m’avaient connu et qui n’étaient plus là pour me le reprocher.

Alors que je me torturais l’esprit, James s’avança au niveau de la voiture, et quelques secousses me firent glisser. N’ayant qu’une main pour me tenir agripper au barbu, je ne pu rester sur la moto plus longtemps. Ma main gauche qui me retenait tant bien que mal au gilet pare-balles amoché de James glissa. Mains moites et secousses ne font pas bon ménage. J’essayais de cramponner mes mains à ce que je pouvais, mais à part ma main droite qui tenait fermement mon arme de combattant du feu, rien d’autre ne pu me retenir. J’essayais de me sortir du mieux possible de cette chute, tentant de protéger tant bien que mal mon visage avec mon bras libre qui vint heurter le sol, qui n’était, heureusement, pas de l’asphalte, mais le début de la plaine. Malgré le fait que ce n’était que de l’herbe et du sable, j’avais pris un sacré coup au niveau sur le côté intérieur de mon avant-bras gauche. Ecorché jusqu’au sang, j’avais réussi à amortir le choc, mais ce n’était pas la fin.

Ma tête vint heurter le sol juste après, sur le côté droit de mon visage. Râpant et brûlant le haut de ma joue, juste en dessous de mon œil et l’os de ma mâchoire juste à la droite de mon menton tout en explosant mon arcade sourcilière en faisait gicler du sang de cette blessure. Lâchant ma hache à l’impact qui fit quelques rebonds avant de s’arrêter sur le bord de la route, mon genou avait touché violement le sol lui aussi. Le droit, du même côté que mes blessures au visage. Heureusement, mon jean avait amorti une bonne partie des dégâts, je ne devais faire face qu’à un choc. Enfin, j’avais eu bien moins de chance au niveau de mon avant bras. Du sang en coulait et du sable s’y trouvait en grande quantité, tout comme sur mon visage, où la douleur était la plus violente. Une sensation de brûlure sur l’intérieur de mon avant-bras et sur les nombreuses parties de mon visage abimées par l’accident auquel je venais de faire face.

Je ? En relevant la tête, je m’apercevais que James avait lui aussi été victime de cet accident de la route. Le plus violent auquel j’avais fait face durant toute ma vie après quelques années de route sur des deux roues de ce genre. Je tentais de me relever, tant bien que mal, enfin, plutôt mal que bien, ne pouvant prendre appui que sur mon bras droit. Du sang coulait de mon avant-bras gauche et de mon arcade. Le sang de ma victime et le mien devenaient l’ultime couleur de mon visage. Je n’arrivais pas à rester droit, je boitais à cause de la douleur de mon genou. Ma vision était trouble, floue, et… rouge ? La moitié de mon champ de vision était devenue rougeâtre, est-ce que je saignais de l’œil ? Ou bien était-ce le sang de ma blessure qui coulait là ? Non, je l’aurai senti, tout comme je venais de sentir ma blessure à la nuque me relancer. Non. J’avais déjà vu des blessures comme ça chez des boxeurs, ce n’était rien, juste la rupture d’un vaisseau sanguin, rien de plus que de l’esthétique.

Je m’avançais tant bien que mal en direction du barbu qui était lui aussi sur le bord de la route. La moto, quant à elle, avait continué sa route. Seule. Marchant tant bien que mal, aussi vite que possible malgré mon genou douloureux pour aller m’enquérir de l’état de James, qui s’était pris une balle juste avant. Cela me préoccupait assez d’ailleurs, les blessures que j’avais me faisaient souffrir le martyr, je n’osais pas imaginer l’état du médecin. D’ailleurs, qui pourrait le soigner si jamais c’était trop grave ? Rien qu’à cette pensée, je pressais le pas, sautillant en laissant le plus longtemps ma jambe droite en l’air. Ma hache avait atterri juste là, devant moi. Je ne prenais qu’une poignée de secondes pour la ramasser, comme toujours, main droite, juste en dessous du fer. Dans mon malheur, je pouvais me dire au moins, que ma blessure dû à ma brûlure ne me faisait presque plus souffrir. Mon arme dans la main, je sautillais pour aller rejoindre James.

« James !!! James, ça va ? Tu peux te relever ? »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 19 Jan - 23:28
J’avais tout d’abord suivi l’inconnu du regard, l’observant aller s’asseoir sur la banquette-lit tout en se débarrassant d’un sac de course dont le contenu ne m’intéressait guère, avant de me retourner complètement sur l’assise de mon siège, puis faire pivoter ce dernier pour faire face à l’homme. Gardant le paquet de biscuits entre les mains, j’en ingurgitais un nouveau par pur réflexe, détaillant mon sauveur du regard alors qu’il ne perdait rien de sa nonchalance avant de finir par me répondre, sans réellement apporter de réponses dans un premier temps. Dès ses premiers mots, j’avais pu sentir une frustration et une exaspération certaines me gagner, me faisant lever brièvement les yeux au ciel en achevant de mastiquer la dernière friandise engloutie.

Malgré tout, je tâchais de ne pas perdre la moindre miette de ses mots, tout superficiels pouvaient-ils être, aussi affamée de réponses que je ne l’étais par la faim. Et en réalité, ses palabres et ses manières, ses tournures de phrases en révélaient bien plus que leur sens propre, aiguisant tant ma réflexion que titillant ma curiosité. J’inclinais la tête sur ma droite, fronçant les sourcils tout en me penchant en avant, laissant mes deux coudes prendre appui sur mes cuisses alors que mes doigts se croisaient entre mes genoux. Les lèvres légèrement entrouvertes, j’avais - sur le coup - cessé de dévorer les biscuits pour me concentrer pleinement sur le petit discours et les multiples questions rhétoriques qu’il semblait prendre un malin plaisir à soulever.

Lorsqu’il finit par se taire, j’observais le silence durant plusieurs secondes, laissant mes noisettes quitter son visage pour se perdre dans une certaine divagation aléatoire, contemplant sans vraiment voir le sol, le sac de course, la machette ou un bout de paroi perforée de la caravane. Perdue dans mes pensées l’espace de quelques instants, plongée dans mes réflexions, j’avais fini par esquisser un sourire en coin résigné, accompagné d’un très bref soupir s’enfuyant de mes narines dans un spasme moqueur et blasé, presque mimétique.

“Si j’aimerais le savoir ?” finis-je par répéter mécaniquement, mon regard se fixant un point du sol, mes épaules secouées d’un bref haussement. Je secouais la tête. "J’m’en moque du savoir… Le savoir, ça n’vaut rien sans la compréhension. Comme tout l’monde, j’sais qu’la Terre est ronde ou que l’ciel est bleu. La différence, c’est aussi que j’comprends pourquoi. Avoir des réponses sans les comprendre ne changerait rien…” lui avouai-je du même ton monocorde, avant de marquer une nouvelle pause au terme de laquelle je relevais mes noisettes sur lui.

“De c’que vous m’dites, vous en savez déjà plus que moi sur c’qui s’est passé au campement pendant mon absence.” - j’esquissai des guillemets de mes doigts en appuyant ce dernier mot - “J’en comprends donc que vous n’avez pas arrêté de nous… de les observer plutôt. Dans quel but ? Avec quelles intentions ? Ça j’en sais rien par contre, et c’est c’que j’voudrais comprendre. Après tout, si j’représente rien pour vous, pourquoi m’avoir sauvé des mains de ces types ? Pourquoi m’avoir protégé ? Vous auriez pu me tuer, vous débarrasser d’moi sans aucun remord - puisque ç’a pas l’air d’vous étouffer. Les gens du campement, ils l’auraient pas su. J’étais déjà morte pour eux. Même moi j’me pensais morte….”

J’eus un léger ricanement forcé et aussi ironique que son propre ton ; puis, d’un geste lent, j’envoyai ma main droite relever ma manche gauche jusqu’à mon coude, dévoilant aux yeux de l’inconnu, s’il daignait bien y porter attention, l’ignoble trace noirâtre de ma morsure qui souillait mon avant-bras.

“Voyez vous-même…” Je tendis mon bras gauche dans sa direction en reprenant d’un ton plus sincère, posé et désemparé. “Ma méfiance, c’est un peu comme cette plaie. Elle ne devrait pas être là. Pas plus que moi. Ça défie tout autant ma raison que mes certitudes. Vous m’avez sauvé la vie, vous m’avez ramené auprès des miens, vous nous avez aidé à combattre ces hommes et vous prétendez être aux côtés de Matthew. C’est plus de raisons qu’il ne m’en faudrait pour vous faire un minimum confiance. Mais je n’y arrive pas… Ya quelque chose d’irrationnel et d’inconscient ; un doute, un soupçon, qui domine tout ça et qui me hurle de ne pas vous faire confiance.”

Lentement, je ramenais mon bras gauche vers moi, à sa position initiale en rabaissant ma manche sur ma souillure dans une mimique nuancée de dégoût et de honte ; puis je me frottais les mains l’une contre l’autre, avant de finalement presser l’arête de mon nez entre mon pouce et mon majeur droit dans une grimace de fatigue, ponctuée d’un soupir las.

“Juste... ça n’a rien de personnel… Pour tout vous dire… Depuis mon retour - le second - d’entre les morts, je ressens même de la méfiance à l’égard de Samuel. Quand je repense à ce qui s’est passé à l’école, le fait qu’il ait survécu, seul et blessé, une nuit entière face à des hommes plus nombreux et mieux armés… Peut-être que ça ne s’est pas passé comme il le raconte. Peut-être a-t-il monnayé sa survie contre une collaboration avec le Marchand. Tout comme il est très peu probable que les types du Marchand nous soient tombés dessus “complètement par hasard” dans cette école… Il y a forcément quelqu’un, ici, au campement, qui lui est affilié, de près ou de loin. Quelqu’un qui savait où et quand nous attendre… J’ai de gros doutes quant à Calvin ou à Clark à ce sujet. Quant à savoir qui pourrait l’être aujourd’hui, parmi nous…”

Je m’interrompais, basculant mon dos contre le dossier de la chaise et penchant ma tête en arrière, paupières closes, en prenant une profonde inspiration, avant de finalement lâcher mes mots suivants sur un ton rendu tremblant de regrets sincères.

“Moi… Contre mon gré certes, mais ça n’excuse rien ; n’est-ce pas ?”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 20 Jan - 14:09
Enfin, les éclaireurs avaient été écartés et, à présent, la route se dévoilait pleinement, vide de menace. Bien sur, il allait encore leur falloir mettre plusieurs kilomètres dans la vue de la Horde mais cela n'était qu'une question de temps. D'un long soupir, Samuel expira une grande partie de ses tensions et reposa son arme à feu sur le siège passager avant de ramener sa main vers Snatch qui guettait lui aussi la route par dessus son épaule droite.

Doucement, il lui grattouilla l'encolure. La vitesse du véhicule demeurait peu élevée pour la simple et bonne raison qu'il ne s'était pas encore enquis de l'état de James et Jordan, ce qui lui interdisait de relâcher entièrement la pression et appuyer sur le champignon. Malgré tout, alors qu'il délaissait finalement son ami canidé, Samuel n'eut même pas à passer la main dans sa poche pour se saisir de son talkie qu'il vit l'unique phare de la moto briller dans son rétroviseur.

Hélas, cela ne dura qu'un petit temps puisque, finalement, alors que la lumière allait en se rapprochant en douceur, elle tituba puis parti éclairer la plaine dans un mouvement bien trop vif pour avoir été contrôlé. C'est à ce moment là que le jeune homme pressa le frein et stoppa la voiture comme la caravane avec juste suffisamment de douceur pour éviter d'envoyer tout les stocks valdinguer à l'avant du véhicule remorqué.

Aussi rapide que possible car bien conscient que s'arrêter là était une erreur causée par son empathie envers le conducteur de la moto et non le passager dont il n'était même pas certain de l'existence, il se mit au point mort et saisit à nouveau son pistolet à l'aide de sa main droite pendant que la gauche faisait descendre la vitre électrique. Puis, ceci fait, il ne lui resta qu'à passer son arme à feu à la main gauche et attraper le talkie.

Enfin, tout en main, il plaça le talkie devant sa bouche et sortit la tête par la fenêtre afin de hurler, autant dans l'outil de communication qu'à l'endroit où la moto avait du disparaitre :


"JAMES ! JAMES ! EST-CE-QUE CA VA ?"

La tête tournée vers l'arrière, il pensa également à lever le nez pour scruter le toit de la caravane. Hélas pour lui, l'angle n'était pas tellement avantageux et il était possible que quelqu'un se trouve au niveau de la trappe pour jouer les vigies, mais peut-être que non, aussi, ne sachant plus vraiment si la radio de la caravane avait été laissée allumée ou pas, il réitéra sa prise de parole, autant dans le talkie que vers la caravane :

"IVY ! IL ME FAUT DES YEUX ET UN CANON SUR LA CARAVANE ! IL Y A QUELQU'UN LA ?"

A dire vrai, avoir une "tourelle" sur la caravane demeurait très secondaire, le danger était temporairement écarté mais dans la mesure où les moyens de défense du canadien étaient plus que limités par le fait qu'il devait conduire, il préférait fort que le moindre mort, ou pire, le moindre vivant, soit géré par quelqu'un dont la seule préoccupation aurait été de rester suffisamment stable pour faire mouche.

Quoi qu'il en soit, il était hors de question qu'il sorte de la voiture tant les multiples dangers lui sautaient aux yeux et la prise de risque énorme déjà effectuée par l'arrêt du "convoi".

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 23 Jan - 3:26
Il n'avait rien vu venir, ni senti le danger. Dans la précipitation, il n'avait pas envisagé le peu de place de cet engin qui ne pouvait supporter leurs deux poids à Jordan et lui, malgré le fait que le jeune homme soit loin d'être épais. Il ne s'était pas douté avoir tiré sur la corde et son erreur allait leur coûter cher. Lorsque la moto s'était mise à perdre l'équilibre, il n'avait pas réagi tout de suite, trop accaparé par sa concentration à se rapprocher de Samuel sans se planter. Si bien qu'il se planta tout de même, mais pour une autre raison.

La moto bascula soudainement et partit en vrille, au littéral, percutant le sol avant de faire de véritables tonneaux puis poursuivre sa glisse à même la terre et l'herbe sur de bons mètres. Sans savoir ce qui avait pu arriver à Jordan, le barbu de son coté tomba comme une masse et percuta du visage avant tout la terre sèche de plein fouet, le coude suivant presque aussitôt. Désorienté et à moitié sonné, il roula sur lui-même plusieurs fois à s'en écorcher le crâne et le visage à intervalle, terminant sa figure douloureuse en glissant sur une certaine distance qu'il aurait été incapable de quantifier, déjà qu'il ne se rendit compte de ce qui lui arrivait qu'à mi-parcours de son raclage du sol caractérisé.

Les instants qui suivirent furent assez flous. Lorsqu'il parvint à se remettre les idées en place, il prit conscience qu'il avait la joue écrasée contre la terre et que sa main, en plus du reste, avait aussi subi un coup par la sensation douloureuse qui lui parvenait d'elle et d'autres origines. D'une certaine façon et heureusement, le sac à dos et le fusil par dessus avaient amorti une partie de la chute, il n'avait pas eu autant de chance coté façade. A cela il finit par lâcher un gémissement rauque libérateur, marquant toute la pénibilité de cet accident dont il avait été autant le puni qu'il avait entraîné Jordan dans sa chute. Et dire qu'il venait tout juste de l'engueuler pour les avoir mis en danger, tout ça pour provoquer un accident peu après... il ne tardait pas à ressentir une profonde culpabilité, espérant que le jeune homme ne soit pas blessé et avant même de chercher à savoir ce qu'il en était de son propre état. Esquiver de peu une armée de rôdeurs pour manger le sol peut-être deux cent mètres plus loin à cause d'une erreur aussi grossière, c'était quand même un comble et il en était le fautif.

Plissant les yeux et déformant son visage d'une grimace éprouvante en le décollant de la terre dont la poussière s'était immiscée dans sa bouche, si bien qu'il se mit à tousser rudement pour l'en extraire, vainement en réalité. Alors qu'il s'aidait de ses mains pour se redresser, progressivement avec la sensation que son corps avec triplé de poids, se faisant harassant à ses muscles endoloris, il entendit la voix de Jordan se rapprocher presque dans son dos. Il s'en était visiblement mieux sorti que lui, c'était déjà ça.

« Ça va ça va, t'inquiète pas... » Dit-il sans grande conviction, et sa voix éraillée en témoignait. « Ma fierté a eu plus mal que moi. »

Il finit par se mettre assis en lâchant un souffle long et malheureux, prenant quelques instants où il ferma les yeux et prit sa respiration par bonnes bouffées avant de scruter sa main qui lui faisait encore mal, tâtant son poignet. Après quoi et plus par principe, il se passa les mains sur le visage, débarrassant autant de terre que faire se peut sans trop frotter à cause des écorchures brûlantes puis les glissa dans ses cheveux jusqu'à l'arrière du crâne également pris. Son constat fait, il laissa entendre avec désolation :

« Quelques écorchures et mauvais coups, et une bonne trempe qui réveille. » Il tentait de minimiser ce qui avait été une vraie gifle du destin, levant les yeux vers Jordan en les plissant, il n'avait pas perdu tout de sa grimace qui revenait au galop, ses écorchures ne cessant de le lancer fraîches qu'elles étaient. « Et toi ça va ? Tu es blessé ? »

Marquant un cours temps en s'appuyant de sa main gauche qui avait tout comme le reste du bras été épargnée contrairement à sa droite, dans le but de se relever, il écouta la réponse de Jordan pour dans tous les cas rétorquer ce qui suit, avant même d'avoir pu se mettre droit et notant quelques souffles fatigués entre deux mots quand il y parvint, se passant la main dans le dos pour s’épousseter les cuisses et les fesses.

« Je suis désolé Jordan, c'est ma faute j'ai merdé. Et dire que je viens de t'engueuler pour en arriver à ça, je suis vraiment navré. Faut que j'aille voir si la moto est pas trop abîmée, tu devrais monter avec Samuel, ça vaudrait mieux. »

Des grésillements caractéristiques survinrent avant qu'il ait terminé, attirant le regard de James vers le talkie-walkie qui s'était carapaté de sa poche dans la mêlée du barbu avec lui-même, laissant entendre le hurlement de Samuel qui se percevait également en doublon derrière lui, là où la voiture tractant la caravane s'était arrêtée. Tout en se massant le poignet, il se dirigea vers l'appareil pour éviter d'avoir à crier en retour et ploya les genoux non sans contraintes pour l'attraper, portant le talkie-walkie à ses lèvres en association de son pouce qui l'activait d'une pression pour répondre.

« Ici James, on a eu un accident. Plus de peur que de mal mais je ne sais pas encore dans quel état est la moto, je vais aller voir. Jordan a quand même pris quelques coups lui aussi, il va te rejoindre. »

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Sam 23 Jan - 17:25
Il avait observé Ivy tout du long de sa rétorque, n’émettant aucune objection et ne cherchant pas à freiner son inspiration et son effort de déduction, étant donné son état physique et sans doute mental. Ce n'est qu'à la fin qu'il fit une légère moue en acquiesçant quelque peu, reportant le regard devant lui en repliant et rouvrant les doigts en bout de son bras accoudé à plusieurs reprises tels des serres. A l'observation qu'elle pouvait avoir, il aurait été compliqué pour la jeune femme de savoir s'il était en pleine réflexion, ou s'il se donnait un air inquiétant.

« Vous êtes intelligente petite Ivy, très intelligente et perspicace. Vous n'avez pas encore conscience de votre potentiel, car vous manquez d'instinct. Vous bridez vos capacités de survie, peut-être parce que vous avez peur de devenir quelque chose d'animal, féroce et cruel. Est-il vraiment si important de donner sa confiance aux autres ? Est-ce de bon sens ? Les hommes étaient déjà cruels avant que la fin du monde ne vienne. Ils se dévoraient entre-eux dans la pénombre et sous couvert d'ambitions pour en avoir plus que les autres, être le plus fort d'une manière ou d'une autre. Croyez-vous que l'humanité va avoir une révélation parce qu'elle est confrontée à une épreuve de survie sans précédent ? Que les individus vont s'unir face à un ennemi commun ? »

Il leva les yeux au ciel avec une mine blasée, se décidant à poser un regard en coin sur la jeune femme.

« Ne vous leurrez pas, c'est le propre de l'homme d'agir pour son bénéfice coûte que coûte et il n'y a pas que lui. Il existe des espèces animales où parents et enfants se mangent entre eux pour survivre. Plus la situation devient chaotique et mortelle, plus l'âme de l'homme lui hurle de sacrifier tous ceux qui l'entourent pour survivre un peu plus longtemps que les autres, même si cela le pousse aux plus mauvais choix. Nous agissons tous dans l'intérêt de notre propre survie, souvent à contre-courant de la sagesse et de la raison parce que le chemin qui apparaît comme le plus facile et rapide est le plus attirant, quant bien même c'est un piège grossier. D'aucuns vous diront qu'ils cherchent à aider leur prochain, à agir selon leurs bons principes. Mais quand il faut passer de la parole à l'acte, ce qui compte, c'est d'être celui ou celle qui s'en sort avec le moins de coups possibles.

Je ne vous ai pas sauvé par amour de la vie et je n'ai pas fait en sorte que vous rentriez sauve, à défaut d'être saine, pour la satisfaction superficielle d'avoir accompli une bonne action. Si j'étais venu jusqu'à ce cher monsieur Freeman et ses acolytes dans d'autres circonstances et seul, peut-être m'auraient-ils jeté comme le malpropre que je suis, à moins que je ne me sois retrouvé avec une arme sur la tempe, jugé sommairement comme une menace à écarter fissa. Alors que là, en vous sauvant, en tuant vos ennemis et en vous ramenant volontiers, je me suis moi-même créé l'opportunité, j'ai tiré les cartes et forcé la main à votre ami par une dette à régler. Donnant-donnant et nous verrons bien à la fin qui a le meilleur jeu.
Il se peut que vous me considériez alors comme un parvenu et un profiteur, c'est vrai je l'admets et je ne laisse ainsi pas de place à l'incertitude, j'y ai mon intérêt, tout comme vous. Le bien peut cacher le mal et le mal voiler la part de bien, dès lors que l'acte est gratuit, c'est de lui que vous devez le plus vous méfier. En agissant de la sorte, nous nous assurons vous et moi de ne rien nous devoir, de n'avoir aucune obligation et de ce fait le rapport est juste, sans vice. J'ai initié le marché et votre chef va respecter sa part du contrat. Il est possible que j'ai été idéaliste dans une autre vie. Dans celle-ci je fais ce que je peux avec ce que je sais faire et je m'y tiens. Si je vous livrais mes informations, à vous seule et maintenant, en huit clos, qu'est-ce que vous empêcherait de m'évincer avant que l'on ne sorte d'ici et d'inventer un beau mensonge ? »


Il s'intéressa une ultime fois à la frêle brunette en penchant la tête de coté, fixant ses yeux clairs dans les siens, quand le poste-radio se mit à siffler brusquement une voix qui hurlait au travers. Une voix qui faisait également écho depuis l'extérieur, car si la caravane n'était pas particulièrement isolée à l'origine, les dégâts récents avaient minimisé cela davantage. L'inconnu, qui ne fit qu'à cet instant seulement attention à l'arrêt, leva les yeux et balaya distraitement la pièce, comme s'il cherchait à voir et ressentir ce qui pouvait se passer à l'extérieur à défaut que ses yeux puissent y parvenir.

« Je crois que nous allons devoir reporter notre conversation de toute manière, on vous demande. »

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 23 Jan - 18:04
James allait bien. Enfin, du moins, il disait aller bien, mais en le regardant, il avait l’air aussi mal que moi. Il ne fallait pas oublier que le pauvre avait pris une balle dans le buffet tout à l’heure, et pas une des moindres. J’étais essoufflé, d’avoir couru ces quelques dizaines de mètres, d’avoir été blessé de toute part de mon corps, essoufflé d’avoir vécu cette soirée que je pourrai sans nul doute qualifier d’une soirée de merde. Sans doute la pire soirée de ma vie. A l’évocation de sa fierté blessée, je ne pu que rétorquer un léger sourire en coin, malgré le fait que sa voix m’indiquait qu’il était vraiment mal au point. Tout en lui, tout ce qui faisait ne faisait qu’appuyer ce fait. On avait eu de la chance, on aurait pu y passer tout les deux. Alors que James frottait ses blessures, je me décidais à faire de même avec mon avant-bras gauche en le frottant à mon jean, ce qui m’arracha une grimace de douleur, mais il fallait que j’enlève le sable et autres poussières qui avaient souhaités se mélanger à ma blessure.

Le barbu me questionna sur mon état. J’étais partagé. Lui mentir ou bien lui dire la vérité ? Il faisait assez sombre, il ne devait sans doute pas voir ma tête, mais en même temps, assez de sang coulait de mon arcade sourcilière pour préoccuper n’importe qui. Mais peut importe. Nous n’avions le temps, et puis, je tenais encore debout. Pas droit, mais debout. J’avais de plus en plus de mal à voir James, que ce soit à cause du voile rougeâtre qui s’était glissé sur mon œil après notre cascade, ou bien tout simplement parce que ne voyais à présent plus que flou. Je m’étais toujours bien débrouillé dans la nuit, mais là, j’étais exténué, je n’avais qu’une envie, c’était de m’allonger contre le sol et de dormir, de me laisser aller… Mais non, je n’allais pas les décevoir. Déjà que part ma faute, on avait perdu Melody, je n’allais certainement pas me faire attendre. Il fallait la retrouver au plus vite et retrouver les autres. Je me redressais du mieux que je pouvais malgré mon genoux douloureux et lui adressait un banal :

« Ça va, t’inquiète pas. »

Il se lamentait. Il regrettait. Mais il avait raison, j’avais failli le faire tuer. C’était moi qui aurais dû m’en vouloir. Mais les remords se feraient attendre. Il fallait repartir, et vite. Reprendre la moto, espérer qu’elle était encore en état. Elle avait sans doute pris un sacré coup, mais rien à faire, elle devait rouler. Il restait la voiture dans tout les cas, et Samuel s’était arrêté juste un peu plus loin. C’était à la remarque de James que je tiquais. Je devais monter dans la caravane ? Hors de question. Je m’apprêtais à répliquer, mais nous entendions la voix de Samuel dans le talkie. Juste après la réponse de James, je lançais ma hache dans ma main gauche pour l’attraper au même niveau, toujours en haut de manche. A part quelques éraflures sur le fer et à la base du manche, elle n’avait pas grand-chose, je pourrai sans aucun doute m’en servir encore et encore. Je portais mon regard empli de colère sur notre médecin et lui dit :

« Non. Tu montes dans la caravane, tu t’es pris une balle dans le cœur, tu es blessé, tu es médecin, tu es le SEUL médecin. Si jamais tu te casses encore une fois la gueule, personne ne pourra te rafistoler. On a déjà perdu Melody, il faut rejoindre les autres, si jamais il t’arrive quoi que ce soit, personne ne pourra t’aider. Alors tu monte dans la caravane et tu me laisses prendre la moto, je sais ce que je fais, je sais conduire une moto. »

Ma voix était posé, mais ferme, montrant que je ne souhaitais aucune réponse de sa part, juste qu’il l’accepte. Il m’avait sauvé la mise, peut être qu’il le prendrait mal, qu’il refuserait de m’écouter, mais c’était sans aucun doute la meilleure chose à faire. Pour lui, pour moi, pour le groupe. Peut être souhaitait-il rejoindre Elizabeth avec sa moto, tout seul, mais il roulait au suicide. Dans son état, en pleine nuit, et surtout seul. Qui sait ce qu’on pouvait trouver sur la route ? Et peut être que les hommes du marchand les avaient suivis et les cherchaient. Je prenais une grande inspiration puis je me retournais en direction de la moto qui avait été éjectée hors de la route, tout en faisant au mieux pour ne pas boiter. Quitte à marcher le plus lentement possible, il fallait qu’il me laisse partir sur la moto, il ne devait surtout pas risquer sa vie encore une fois, et surtout pas comme ça.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 26 Jan - 0:05
Lorsque l’inconnu avait repris la parole, j’avais rebasculé ma tête en avant et dévisagé celui-ci, autant que je le pouvais, haussant quelque peu les sourcils dans une moue étonnée de l’entendre louer mon intelligence ou ma perspicacité. S’il avait certes raison sur ces deux qualités, mais ce n’étaient pas tant celles-ci qui avaient guidé et orienté mes réflexions que les propos du Libérateur et les doutes qu’ils avaient fait naître et nourri en moi. Je le laissais me répondre sans l’interrompre, le vagabond y allant ainsi de ses propres théories quant à notre conscience, notre humanité ou la place de celles-ci dans notre monde, le nouveau comme l’ancien.

Et si j’estimais ses propos parfaitement justes en de nombreux points, je n’y adhérais pas pour autant. Je ne pouvais sérieusement envisager un monde dans lequel je ne pouvais compter sur personne, à devoir me méfier de tout et de tous. Si j’avais eu un tel raisonnement, jamais je n’aurais pu accepter de suivre Matthew, ou James, Liz ou Samuel où que ce soit… Une nouvelle fois, j’aurais succombé à ce monde bien avant de m’attacher au moindre d’entre eux. J’avais beau avoir un tempérament plutôt solitaire, je n’étais pour autant pas asociale ou misanthrope.

Mais au moins avait-il raison sur un point. Je ne voulais en aucun cas devenir un animal, cruel et féroce ; ou un monstre dénué de toute empathie, de toute humanité et de foi en ses pairs à l’image du Libérateur. Quel aurait été le sens de notre survie si c’était pour finir plus inhumains encore que les morts qui nous pourchassaient ?

Je secouais lentement la tête lorsqu’il aborda les raisons de mon “sauvetage”. J’avais été une marchandise, un faire-valoir, un atout dans sa manche plus qu’un acte de conscience. Je comprenais au-delà de ses mots que s’il n’y avait trouvé aucun intérêt, il m’aurait laissé dans ma merde, avec ces types. Une remarque qui aurait pu - et dû - me faire jaillir hors de mes gonds, comme d’habitude. Mais non. Cette potentielle colère s’était étouffée dans l’oeuf au moment même où il m’expliqua le plus franchement et simplement du monde pourquoi il ne me donnerait pas encore les réponses que j’attendais de lui. Sa dernière remarque m’arracha une moue et un regard méprisants à son égard.

“Je… Sérieusement ?” lui avais-je demandé d’une voix éraillée, le ton offusqué. Pensait-il vraiment que j’allais m’abaisser à ce genre de choses ? Que j’en étais capable ? Aussi bien physiquement que moralement ?

Poussant un bref soupir de dédain et de frustration, je détournai mon visage de son regard, secouant la tête pour laisser mes noisettes se perdre dans l’observation d’un point fixe sur le sol. “Si méfiante… Hun… C’est l’hôpital qui s’fout d’la charité,” crachai-je dans un murmure rauque, au moment même où je sentis la caravane décélérer assez rapidement avant de s’immobiliser. Je n’eus guère le temps de m’en intriguer que le poste-radio dans mon dos se mit à grésiller, puis retransmettre la voix hurlante de Samuel, en échos à ses paroles qui filtraient à peine plus étouffées, de l’extérieur.

A son ton et ses propos, j’eus l’impression que mon coeur manqua un battement. Une soudaine bouffée d’angoisse me noua la gorge alors que j’imaginais James être la victime de la horde, ou d’autres assaillants. Si je n’avais pas entendu le moindre coup de feu, de toute manière trop absorbée par la conversation du vagabond et le bruit de roulement de la caravane, je n’avais en rien oublié la manière dont Calvin avait été abattu. Rien ne nous prouvait qu’un sniper n’était pas demeuré tapis dans l’ombre pour nous cueillir en pleine fuite.

Ce fut cependant la seconde phrase de Samuel, prononcée sur le même ton d’urgence qui me fit tiquer. Le Canadien allait-il au moins se rendre compte du non-sens de sa requête ? Une occasion offerte par le chef de camp que ne manqua d’ailleurs pas de saisir l’inconnu pour mettre un terme à notre conversation. Qui qu’il soit et quelles que soient ses intentions, il m’apparaissait comme un sacré opportuniste. Quant à savoir si je devais le blâmer pour cela… J’aurais bien le temps, plus tard, de démêler cette question.

Je me relevais lentement, prenant appui sur le plan de la table de mes maigres bras pour me soutenir, essayant de convertir mon angoisse psychique en mouvement physique. Une inquiètude profonde et sincère à l’égard du médecin du campement qui ne tarda guère à se voir soulager par la réponse qu’il donna au-travers de son talkie. Il allait bien, une bonne nouvelle qui m’arracha un soupir de soulagement alors que je m’accoudais sur le plan de la table, calée sur mes avant-bras, la tête baissée. J’avais fini par tendre la main droite vers l’émetteur du poste-radio, m’emparant de celui-ci pour finalement transmettre mon propre message à Samuel, et tous ceux qui étaient à portée du poste-radio.

“T’sais que je n’ai ni les yeux, ni les aptitudes pour c’que tu m’demandes ?” avais-je répliqué d’un ton las au Canadien, lui imposant plus une réalité que lui refusant une assistance que je n’étais pas en mesure de lui offrir. Quel que soit son état mental, son état de stress, j’exigeais de la part de Samuel qu’il reprenne pied, qu’il retrouve cette assurance et cette confiance en lui, en ses actes et ses décisions, qu’il semblait avoir perdus depuis que je l’avais retrouvé.

“James et… Jordan ? Ram’nez-vous à la caravane. On s’en fout d’la moto… On viendra la récupérer plus tard…” leur avais-je demandé, la voix de plus en plus vacillante et mal assurée.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 26 Jan - 18:09
Si la réponse de James lui permis de souffler plus encore qu'avant, sachant alors que les deux hommes étaient bel et bien en vie, et surtout deux en fait, celle de Ivy le laissa d'abord un peu pantois puis, en l'entendant lancer un ordre, le remis droit sur les rails. Ainsi, enchainant littéralement avec l'intervention de l'intello, il répliqua dans le talkie. Au moment où il se serait attendu à ne pas arriver à se préserver d'un certain énervement, il se fit parfaitement neutre, sa voix débitant les instructions sans bafouillage, sans agressivité mais aussi sans compromis.

"Négatif. James, si la moto est en état, tu montes dessus et tu files droit à ton objectif, c'est un ordre. Jordan, ici ! A la place passager, j'ai besoin d'un guetteur !

Ivy, dis à ce salopard de barbu que si il veut maximiser ses chances de survie, il ferrait mieux de suivre mes ordres. Vous m'entendez vous ? Gardez un œil dehors par la trappe !

Exécution."


Relâchant enfin le bouton du talkie, il quitta la plaine du regard et refit totalement entrer sa tête dans la voiture, posant l'outil de communication sur le siège passager avant de fermer la fenêtre. Ceci fait, sa main libre décida finalement de libérer son propriétaire du joug de la sacoche qui lui enserrait les côtes depuis le début de tout ça, la petite sacoche contenant les jumelles. Enfin débarrassé de cette gène, il pris une grande inspiration libre, à peine gênée par l'imposant pare-balle, et expira avec plaisir.

Sur sa droite, la gueule presque posée sur son épaule, Snatch se mit à piétiner un peu sur la banquette. La pauvre bête ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait et peinait encore à reprendre pied après cette sanglante soirée. En l'entendant, la canadien profita que la lanière de la sacoche ne se trouve qu'à son épaule pour ramener sa main droite vers l'animal et lui souffler un doux "shhht" en flattant son encolure. Le voyage serait encore long pour s'assurer d'éparpiller la Horde et le Amstaff' allait devoir faire preuve de patience.


"Ne t'en fait pas, on retourne à la maison. Reste calme."

A dire vrai, Samuel ignorait vraiment si son compagnon pouvait comprendre quoi que ce soit de ses mots. Cependant, il espéra que son ton doux et rassurant fasse le travail. Quoi qu'il en soit, le temps des papouilles se termina et le jeune homme se délesta enfin de la petite sacoche accrochée à son épaule.

Ainsi, il ne lui restait plus qu'à sortir les jumelles de son contenant, contenant qui irait sans aucun doute se faire envoyer sur les tapis de sol, et guetter ce qui se trouvait devant eux en attendant que le co-pilote réclamé puisse remplir cette fonction... En espérant que sa petite équipe n'ait pas dans l'idée de continuer à pinailler, Samuel était infiniment patient mais peu enclin à subir l'imprudence des autres...

En attendant, il valait mieux savoir si les environs plus lointains étaient totalement dégagés. Si il devait uniquement compter sur ses phares, il serait frappé par la chair ou par le plomb avant même d'avoir vu mort ou vivant le menacer.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 28 Jan - 18:10
Bien que ses brûlures le faisaient souffrir, sans compter ses muscles endoloris et son bleu au torse, certes sans gravité, mais pas sans mal ; James était résolu à aller jusqu'au bout de son objectif, ses objectifs à vrai dire : prendre la moto, contourner la marée des morts sur la distance qu'il faudrait et en dépit des risques de se rapprocher de la ville, contacter la ferme en espérant que Clark ou quelqu'un d'autre soit à ce moment pile sur la bonne fréquence et prêt à la réception - ce qui n'avait pas grande chance il fallait le dire, aller jusqu'à l'extrémité nord de Snyder par l'ouest en évitant l'intérieur de la ville afin de savoir si oui ou non une autre horde se dirigeait effectivement en direction de la ferme, et enfin le plus risqué, revenir par l'intérieur de la ville s'il était rassuré pour trouver les disparus à partir du maudit secteur C.
Sa volonté dont il se gardait de trouver le reste des membres du groupe était entière, pourtant si la ferme devait être menacée, il n'aurait pas le choix et devrait s'occuper d'elle avant-tout. James était certes un vivant plus qu'un survivant donnant davantage d'importance à son coeur qu'à des restrictions terre à terre, ceci étant il n'était pas un couillon ou un inconscient pour s'occuper d'intérêts fraternels mais néanmoins plus individualistes dans l'exécution en faisant fi des ordres. Samuel souhaitait qu'il s'assure que la ferme soit prévenue et hors de danger et il comptait bien appliquer ces instructions. Si l'armée lui avait appris quelque chose, c'est bien que la meilleur décision était celle qui n'impliquait pas de jouer les têtes brûlées ou de renier son devoir. Si la ferme n'était pas menacée dans l'absolu, il ferait un crochet par la ville pour porter assistance au groupe en sortie qui devait sans doute en avoir besoin puisqu'ils n'étaient toujours pas rentrés, sans prendre en compte une fois de plus qu'ils risqueraient de foncer dans un piège en voulant rejoindre le camp envahi, vraisemblablement privés de communication. Ensuite et quoi qu'il arrive, il rejoindrait la ferme qu'il n'avait jamais visité mais dont il avait retenu l'emplacement sur la carte depuis un moment, "au cas où" comme dirait l'autre.

Fort de cette réflexion, il fut malgré tout coupé dans son élan par un Jordan armé et en colère, ce qui sauta aux yeux du médecin qui avait porté son regard surpris sur lui. Il paraissait ferme et refusait à tout croire toute contestation de la part du barbu, qui n'apprécia pas cette remontrance - ceci dit c'était de bonne guerre. James se redressa et s'apprêtait à répliquer en fronçant les sourcils quand le talkie-walkie s'alluma pour transmettre une voix qui n'était pas celle de Samuel, mais d'Ivy. Même là, il pouvait entendre comme elle semblait mal en point, ce qui attristait le médecin qui aurait certainement du pain sur la planche une fois le groupe, tout le groupe, en sécurité. Elle, également, lui intimait d'oublier sa folle mission pour un regroupement stratégique.
Il douta. Allait-il simplement les envoyer balader tous les deux alors qu'ils exprimaient d'une façon ou d'une autre qu'ils avaient besoin de leur seul médecin - ainsi que l'avait souligné Jordan ? Quelle décision prendre lorsque l'on se trouvait prit entre deux feux, à choisir entre porter secours à des alliés, ou à d'autres camarades. Ce genre de situation, il en avait connu plus qu'il ne l'aurait souhaité et se retrouver à devoir prendre cette décision le tiraillait toujours autant, c'était un vrai calvaire de choisir quand tous avaient besoin d'un médecin et Jordan, convaincu par ses propres paroles, s'était déjà retourné pour se diriger vers la moto. Peut-être n'avait-il pas entendu ce qui avait suivi. Dans ce genre de cas, ce qui avait permis à James de mettre du baume sur sa conscience à défaut de se soulager réellement, c'était de suivre les ordres. Et l'occasion se présenta tout de suite après, quand ce fut la voix de Samuel, attendu depuis le début, qui vint poser ses instructions.

Faire un choix, les uns ou les autres, chacun comptant sur lui. Dans tous les cas, le chirurgien se retrouvait une fois de plus dans la position délicate d'un choix draconien : quelque soit sa réponse, quelque soient ses agissements, le choix qu'il ferait, il en décevrait assurément certains. Alors qu'une armée de morts-vivants déferlait sur toute la zone, il n'y avait guère de temps à la réflexion, pas d'incertitude à avoir ou d'idéalisme à trouver dans cette situation. Les pensées qui se succédaient à grande vitesse, son présent, son passé, ses remords, ses regrets, ses espoirs....

Tout s'enchevêtrait et se consolidait pour former le seul choix possible, celui qu'il avait toujours fait. Le plus acceptable.

Il activa l’émission du talkie-walkie en regardant Jordan s'éloigner en boitant, sa voix, sans aucune substance autre que la lassitude et la peine, répétait presque mécaniquement deux mots qu'il avait prononcé des millions de fois au cours de sa vie, au cours d'une carrière qui l'avait mené à l'auto-destruction, des mots qui lui collaient à la peau et l'esprit tout en le rongeant progressivement avec l'âge, car ces mots le hanteraient tout le reste de son existence qu'il ne pourrait s'en défaire ; voilà qu'il le prouvait à nouveau :

« Oui chef. »

Simplement dit, presque murmuré - si bien que Jordan n'aurait pu l'entendre, mettant fin à tout ce cirque d'intensité et d'idées croisées, il replaça ensuite le talkie-walkie à l'arrière de sa ceinture, la plaçant à coté de son arme à feu qu'il prit à la place. Regrettant déjà ce qu'il s'apprêtait à faire, il avança l'arme à la main, la tournant entre ses doigts pour tenir le canon et diriger vers le sol la crosse. Rapidement car il pressa le pas, il vint au niveau de Jordan et se lança en avant d'une impulsion de la jambe pour venir au contact presque en se jetant sur lui dans le dos, envoyant la crosse de son arme frapper sèchement le crâne de son malheureux camarade, qui ne pu se défendre contre ce qui venait certainement le surprendre, de la part d'un homme en qui il avait peut-être placé sa confiance et qu'il avait cherché à aider comme il l'avait fait plus tôt durant la bataille, ce même homme qui l'avait aidé auparavant dans leur chasse en forêt.
Cet homme, James, venait de l'assommer d'un coup sec et inattendu pour le neutraliser. Il n'avait pas frappé fort pour ne pas l'assommer longtemps et il n'y aurait aucune blessure si ce n'est une bosse anecdotique, mais par ce geste il avait probablement ruiné toute la confiance qui avait pu se tisser entre lui et le jeune homme. Cependant il avait fait un choix et si la survie devait parler, il n'aurait pu se battre verbalement ou physiquement avec lui en pleine nuit, ici-même à quelques pas d'une armée de morts-vivants pour lui faire entendre raison. Il avait une mission à accomplir et il comptait bien la mener au bout cette fois.

« Désolé mon grand, mais j'ai pas de meilleur option. » Dit-il bien que Jordan ne puisse l'entendre. « Je n'étais pas là pour sauver Jessica, je n'étais pas là pour aider Samuel quand il s'est fait tirer dessus, ni pour le groupe quand ils sont partis le retrouver. Je n'étais pas là quand Ivy a agonisé seule et abandonnée, je n'ai rien pu faire pour Melody...

Je ne reculerais plus jamais. »


Il vint le saisir sous les bras pour le soulever en grondant de douleur et s'employait à se baisser pour le hisser sur ses épaules. Heureusement, Jordan ne pesait pas lourd, moins de soixante-dix kilos, ce qui permis à James de le soulever grâce à la force qu'il avait en partie retrouvé via son entraînement quotidien depuis son arrivée au camp Jefferson, et ce malgré ses blessures immédiates. Grimaçant tout en se penchant quelque peu pour attraper la hache au sol, il prit une grande inspiration et se rehaussa debout, supportant sa charge courbé mais solide sur ses pieds, une main tenant son arme à feu et enlaçant les jambes de Jordan avec l'aide de ses épaules. Son acte était une chose qui restait injustifiable, il le savait et il aura sans doute des comptes à rendre au jeune homme plus tard, mais il n'avait pas l'intention de l'abandonner pour autant, aussi se dirigeait-il vers la caravane, ce qui lui prit le temps qu'il fallait, aussi vite qu'il put y aller. C'est en y arrivant, avançant encore jusqu'à la voiture, qu'il ploya les genoux pour attraper de quelques doigts - car la hache était encombrante - la poignée de la porte et ouvrit la voiture.

« Jordan est tombé inconscient. » Dit-il pour couper court à toute justification, ce qui était une manipulation de la vérité bien qu'il ne mentait pas vraiment, après tout il était vraiment tombé inconscient, James l'y avait simplement aidé. « Je te le laisse, il ne devrait pas tarder à se réveiller pour te donner un coup de main, je perds pas de temps, t'en fais pas pour moi. »

Il avait enchaîné à l'adresse de Samuel alors à l'avant tout en laissant sa voix s'étirer et grogner tandis qu'il installait en même temps Jordan à l'arrière, ce qui n'était pas une mince à faire, terminant par l'allonger sur la banquette. Il balança après quoi la hache entre les sièges et la banquette et se redressa vers l'extérieur en jetant un coup d'oeil furtif Samuel qu'il gratifia d'un : « Je t'informe dès que je suis en chemin, bonne chance. »

Il fit vite, autant que possible, pour déposer le jeune homme, dire ce qu'il avait à dire et repartir aussitôt, dans le but ultime de se grouiller face à la menace ambiante - les morts ne tarderaient pas à couvrir la distance qu'ils avaient mis entre eux, mais aussi pour éviter toute discussion qui laisserait voir à Samuel le malaise du médecin, quoi que dise ledit chef au présent. Il claqua la porte et reparti au pas de course, sans trop forcer pour ne pas s'épuiser après les efforts qu'il avait fait, jetant des regards à droite et à gauche sur le chemin.
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