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[Spécial, CFJ] L'Armée des morts - 17/02/2035
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Le Vagabond

Anonymous
Invité
Jeu 28 Jan - 19:59
Resté assis alors qu'Ivy s'évertuait à faire entendre sa voix par la radio, celle de Samuel qui vint en retour, dispatchant ses ordres aussi secs que directs, terminèrent par celle du médecin demeuré hors des yeux du Vagabond comme de la jeune femme pour rétorquer de façon plus claire et concise. Dans son dos, Ivy pourra entendre un ricanement oppressant de la part de l'inconnu qui lui lançait sans aucune finesse :

« Le chef a donné ses ordres et quand le chef parle, il doit être obéit, ainsi le veulent la coutume et la bonne conduite. Il semblerait que vous soyez aussi inutile que déconsidérée dans cette situation petite Ivy, mais ne vous en faites pas, peut-être sera t-il moins grossier si vous lui refaite un de ces câlins dont vous avez le secret. »

Sans pouvoir l'affirmer, elle aura pu sentir le regard pesant et moqueur du Vagabond qui se redressa après quoi en s'étirant les bras, les épaules et le dos comme s'il se réveillait d'une bonne sieste dans un foyer tranquille et calme, bien qu'il n'en soit rien au contraire. A croire qu'il vivait cette débâcle avec autant de calme que d'un déphasage inexpliqué de la réalité. Déni absolu ou folie avérée ? Rien n'était moins sûr et pourtant, il ne se pressa guère pour avancer vers la porte de la caravane d'un pas mou et peu convaincu, venant se poser l'épaule contre en regardant distraitement par la lucarne.

« Ça ne doit pas être facile de se faire obéir par un groupe aussi dépareillé. Deviendra t-il plus tyrannique ou se dira t-il que ce n'est que peine perdue, laissant à un autre le soin de s'arracher les cheveux à faire survivre ce groupe d’électrons libres ? Je ne serais pas étonné qu'il y ait déjà conspiration pour le détrôner. Cela dit... est-il un bon chef ? Peut-être que non, rien qu'à voir la façon dont il vous a tourné le dos à votre arrivée héroïque. Il se peut qu'il mérite d'être jeté aux ordures après tout. Il a l'air un poil cinglé non ? Et je parle en connaissance de cause. Que pense notre morte-vivante préférée de tout ça ? Cela valait-il finalement le coup de revenir ? »

Développant sa pensée à voix haute sans tenir compte d'aucun facteur émotionnel ou de bonne tenue, à moins qu'il ne cherche au contraire à faire sortir la jeune femme de ses gonds, il appuya qui plus est ses propos d'un regard en coin affublé d'un rictus sardonique.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 28 Jan - 23:09
Je devais le faire, que ce soit pour prouver ce dont j'étais capable, ou bien tout simplement pour montrer aux autres ce que je pouvais faire. Certainement pour me faire à l'idée que même si j'avais échoué à sauver Melody, je restais tout à fait capable d'aider les autres. Malgré mon état, j'allais monter sur cette moto, avec ma hache, et j'allais m'occuper de retrouver les autres. Malgré le sang sur mon visage, malgré un œil empli de sang qui ne me laissait pas le loisir de pouvoir voir correctement, j'étais prêt à partir.  

Après avoir dit droit dans les yeux à James ce qu'il devait en être, je me dirigeais vers la moto encore couchée hors de la route d'un pas lent, en essayant de boiter le moins possible, espérant que notre unique médecin ne remarquerait pas ce détail et me laisserait partir sans discuter, ce qui n'était pas de celle qui nous avait rejoint, qui nous intimait de rejoindre la caravane. Elle avait raison, et ses paroles étaient sages, James devait rentrer et se reposer, mais il fallait aussi aller chercher les autres, et je refusais de laisser le barbu y aller à ma place, enfin, je prenais sa place plus exactement. Peu importe ce que disait Samuel, qui aboyait des ordres dans son talkie. C'était certainement celui qui avait le moins de légitimité à le faire. Lui qui était resté à l'arrière du camp, attendant tranquillement alors que Melody avait traversé les lignes ennemies avec une arbalète et un pistolet, alors que James et moi mêmes étions restés au front. Lui qui était resté derrière comme un lâche en attendant que tout ça se passe, ne faisant que laisser son chien aller lui rapporter son journal. Vous parlez d'un chef. Un rictus de haine s'était dessiné sur mon visage rien qu'en l'entendant. Ce lâche.  

Du sang continuait de couler de mon arcade et de ma nuque, mais peu importe. On avait perdu Melody, James s'était pris une balle, c'était à moi de partir chercher les autres. Enfin, j'aurai sans doute fais ça si on ne m'avait pas frappé à l'arrière de mon crâne. Perdant conscience et me laissant abandonner à une chute spirituelle sans fin. Une nuit sans rêves, où les ténèbres de l'inconscient m'avalèrent.  


Mon corps tombant dans les abysses sombres et inexplorées de mon esprit, mon inconscient. Mon visage face au sol alors que mon corps était légèrement courbé, mes pieds à l'extrême opposé de ma tête, pointant vers le ciel, qui était dénué de bleu, ne laissant qu'une poignée d'étoiles détruire l'unicité des ténèbres qui m'avaient avalées encore et encore, des centaines et des centaines de fois. Me confrontant à ceux à qui je tenais, à ceux que je détestais mais aussi à moi-même. Des ténèbres qui imposaient un seul et unique vainqueur d'un combat à mort qui devait et se devait de recommencer à chaque instant. Un cercle infini, parfait, qui n'attendait que d'être brisé, que j'attendais de briser à chaque fois. Le cercle d'une arène, de mon arène, de l'arène dans laquelle je combattais mes propres peurs, mes propres haines, mon moi tout entier. Mon moi que j'avais accepté tel qu'il était, mon moi que j'écoutais à chacune de ses paroles, mon moi que j'avais écouté lorsque tout avait été perdu dans cette chaude après-midi d'été.

Cette après-midi où tout ce qui me restait m'avait été enlevé en une poignée de secondes, sans que rien ne puisse détourner ma funeste destinée. Dans un premier temps, des paroles, calmes, puis des tons qui montèrent avant d'entendre le cri d'une machine destinée à tuer encore et encore, crachant à chaque instant sous simple volonté de son maitre la mort elle-même. C'était à cet instant que le premier était tombé. Puis vint d'autres hurlements de haine et de violence, humains et mécaniques. Scindant les âmes et les corps de ceux qui avaient étés mes amis, ma famille, mon père. De l'hémoglobine en masse, des vivants qui n'étaient plus que des corps ensanglantés destinés à pourrir dans ce désert immense et si infime à la fois. Des battements de cœur qui s'accéléraient, une main qui venait se poser sur le manche de cette lame. Cette lame qui avait été le plus précieux présent de celui qui avait pris le rôle de guide dans ce qui pouvait s'apparenter à une vie tourmentée.  

Une lame qui vint guider mon bras jusqu'à la gorge de l'homme qui venait de prendre le peu de personnes à qui je tenais, laissant à son tour, une pluie d'hémoglobine envahir le sable chaud sur lequel nous avions pieds. Cette même lame qui se détacha de ma main lorsqu'elle put partir pour rejoindre le bras de celui qui tué tout ceux que j'aimais. Cette lame qui m'avait guidé jusqu'à lui, et enfin, moi. Moi qui avait laissé mes mains se refermer sur sa gorge pour ne plus laisser aucune plainte sortir, ni aucune gorgée d'air rentrer. J'étais debout, seul, seul dans ce désert infini mais à la fois si infime, une ville se laissait dessiner à l'horizon, une ville que nous avions visité la veille, encore une, pour essayer de se relever encore et encore chaque matin, espérant recommencer encore et encore. Mes mains sur le corps de mon père, mes mains qui ne sentaient plus son pouls, mes mains qui creusaient dans le sable pour pouvoir lui offrir l'honneur qu'il méritait.  

Mes mains qui avaient laissés ma lame se ficher dans la gorge de ce mort qui s'était abattu sur moi, déchirant ma chair. Ce mort que j'avais repoussé, ce mort, sur lequel j'avais sauté à pieds joints sur son crâne, alors que mon être tout entier était empli de rage. Enragé alors que je n'avais pu enterrer celui qui avait toujours compté pour moi alors que la mort venait me tendre la main pour la rejoindre dans une ultime valse. Une ultime valse qui ne serrait que le début d'un long bal.  


Même si ma conscience revint, je préférais rester dans l'obscurité, les yeux fermés. Allongé je ne sais où, peu m'importait. C'était confortable, je pouvais rester là, les yeux fermés, plus rien n'avait d'importance, plus rien ni personne ne me demandait quoi que ce soit, à l'exception de moi-même.

"Seuls les morts et les larves restent à terre. Et encore, les morts se relèvent maintenant. Je pensais que tu étais bien plus vigoureux qu'une larve. Je me suis certainement trompé."

Toujours cette même voix, la mienne. Voix de ma profonde conscience ou bien voix de la raison ? J'avais plutôt tendance à penser aux deux. Il avait raison. Enfin... J'avais raison. Je n'étais pas du genre à rester à terre comme une larve. Combien de temps cela faisait que j'avais perdu conscience ? Certainement trop longtemps. Vu ce qu'il se passait, une seconde était de trop. Je posais ma main droite à plat sur ce qu'il semblait être un lit, enfin, en ouvrant légèrement les yeux, je pouvais voir qu'il s'agissait des sièges arrières de la voiture, la même qu'avait pris Melody pour venir nous chercher à la ferme. Repoussant le haut de mon corps de venait se redresser avant de laisser ma tête retomber sur la fenêtre de la portière droite, m'arrachant un léger grognement alors que mes blessures au visage se retrouvaient au contact du verre froid. Je serrais les dents légèrement, laissant une légère trace de sang salir cette vitre. Mon œil droit ne discernant qu'un léger halo de lumière à travers la vitre, certainement la lueur émise par le phare de la moto. Ma tête tournait, la douleur m'attaquait de toute part de mon corps, mon œil droit qui était celui du côté de la vitre me refusait une vision claire. Laissant un voile sanglant envelopper ce qui se trouvait à l'extérieur de l'habitacle.  

Je ne parlais pas, je tentais de me reprendre en main avant cela, ma respiration se voulait difficile et lourde alors que je n'arrivais pas à rester droit, étant obligé de me coller à la portière. En proie à de violents vertiges, je ne pu rester plus longtemps du côté de la portière. Ma tête retombant violemment sur l'appuie tête du siège de devant. Peut être était-ce à cause du coup que j'avais pris à la tête et qui ne me fit souffrir que lorsque mes doigts vinrent effleurer cette bosse que j'avais hérité. James m'avait frappé. Il était parti sauver sa belle. Je soupirais à cette pensée en espérant qu'il serait prudent et que rien ne lui arriverait, à lui, mais aussi aux autres. Je n'avais pas bougé, j'avais balancé ma main gauche derrière mon épaule droite pour attraper la ceinture de sécurité qui se trouvait là avant de la tirer et de la ramener où se trouvait précédemment ma main gauche pour refaire ce geste si anodin d'une vie perdue. Mettre sa ceinture. Je souriais tout seul en faisant ceci. J'espérais plus que tout au monde que tout le monde allait bien, et que tout le monde reviendrait en un seul morceau.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 30 Jan - 14:25
Toujours campée en appui sur mes avants-bras, la tête baissée et l’émetteur radio toujours enserré dans ma main droite, j’avais écouté Samuel, puis James répondre tour-à-tour. Le Canadien poursuivait dans ses plans, ordonnant au médecin de partir pour je ne savais quelle mission et se séparer de nous ; et laissant même une bordée d’instructions à l’attention du vagabond, dont le volume du poste-radio semblait m’éviter d’avoir à les relayer. Pour changer, je me sentais toujours plus dépassée par la situation, ses enjeux et ses perspectives. D’aucun dirait que le terme ‘bordel’ serait un euphémisme pour décrire tant la situation que ce que j’en comprenais sous mon crâne.

Derrière moi, j’avais pu percevoir sans réellement en saisir toutes les subtilités la remarque du vagabond quant à mon utilité dans la situation, son ton moqueur m’atteignant bien plus que ses mots. Cela faisait des heures, des jours même si je supprimais simplement les semaines écoulées durant mon trépas provisoire de mon calendrier mémoriel, que je me torturais l’esprit avec ces considérations sur ma propre capacité à survivre, assimiler les règles imposées par ce nouveau monde et y chercher ma place. Quant à la trouver, j’avais encore un long chemin, obscur et sinueux à arpenter.

D’un point de vue parfaitement rationnel, je ne pouvais nier que le vagabond avait raison sur toute la ligne à mon propos, et moi-même le reconnaissait sans trop de difficulté, ravalant et apaisant les blessures portées à ma fierté de fausses promesses et espérances que la situation finirait soit par s’arranger, soit par me dompter.

A nouveau, l’homme avait repris la parole, prononçant ses mots, ses phrases, d’un ton en parfait décalage avec le moment, avec ma propre condition, me poussant à me demander si ce type avait au moins le moindre sens de la réalité, si pour lui, affronter le bordel et la panique, essuyer des attaques d’hommes armés et la menace d’une horde équivalait à une simple balade du dimanche ? D’un geste vif mais maladroit, difficilement retenu, j’avais rejeté l’émetteur devant moi, le laissant ainsi glisser sur le bureau jusqu’à cogner contre la base du poste radio avant de me redresser, prenant seulement appui sur mon bras gauche pour pouvoir me retourner et faire face au vagabond - plus exactement avoir sa silhouette abstraite située près de la porte dans mon champ visuel. Ma main droite, reposant mollement contre le haut de ma cuisse, se retrouvait saisie et agitée de nombreux tremblements provoqués par la profonde colère que ses propos avaient fait naître en moi, seulement contenue par mon extrême fatigue qui ne me permettait plus de m’emporter.

“Les plus grands échecs mènent vers les plus grandes réussites,” avais-je lentement soufflé au vagabond, les traits de mon visage laissant paraître la colère suscitée par mon orgueil blessé qui tentait de se retrouver, se justifier au-travers de propos et de pensées totalement incohérentes ; bien résolu à ne pas laisser ses attaques orphelines de toute réaction.

“Vous semblez tellement… détaché et… et désabusé par tout ça… Ça… Ça vous amuse p’t-être de voir et vous moquer d’ceux qui n’ont pas la même aisance que vous face à ces horreurs… Vous pensez p’t-être que ça vous place au-dessus d’nous d’agir… comme ça, mais… mais c’est faux…” poursuivis-je d’un ton de plus en plus vacillant et pourtant amer.

“Au-delà de vot’ cinoch' et d’vos airs de survivants blasé, à ne considérer que vot’ seul intérêt, c’est vous qui êtes en position d’faiblesse. C’est vous qu’on jet’ra aux ordures, par crainte, par dégoût, par mépris. Et l’pire, c’est que j’suis sûre que vous l’savez déjà, que vous vous y attendez et que ça n’vous effraie même plus d’être rej’té ou abandonné…” avais-je craché sans ne plus rien dissimuler de mon mépris et mon dédain à son égard. Lentement, j’avais passé ma main droite sur mes paupières closes, puis sur mon visage, contemplant par la suite la paume de ma main noircie des cendres qui me collaient à la peau.

“Si j’étais comme vous, j’aurais souhaité ne jamais rev’nir, être tranquille et détachée d’tout ça… Mais non, c’pas si simple… Ce... Cette… Cette chose...” - je lui montrais la paume de ma main, ouverte, mon ton se faisant plus appuyé de certitudes, laissant transparaître une certaine ferveur irrationnelle, aux frontière d’un fanatisme aveugle - “...m’oblige à r’venir, à échouer, à souffrir, à faire face à un monstre de chair et de feu… aux… aux horreurs de c’chaos… Mais c’sera pas vain. Ça vaudra toujours l’coup de r’venir ; même pour suivre un tyran ou un cinglé, dans ses erreurs et ses horreurs, sa folie ou ses faiblesses. Même pour l’aimer ou l’haïr, l’protéger ou l’détruire, ça vaudra toujours l’coup de r’venir…”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 31 Jan - 18:25
Rien à l'horizon, et seulement sur l'horizon car c'était tout ce qu'il pouvait être certain de voir. Ca et là, il sentait bien l'un ou l'autre mouvement sur la route, la plaine dans la forêt, mais la vision nocturne n'était pas la vision de jour, avec tous les inconvénients que cela impliquait. Au moins était-il sur de ne pas se ruer sur une autre horde qui aurait été attirée par le boucan... Tenter le du tout-terrain aurait été à peine moins suicidaire que de tenter de traverser une foule de mort.

Finalement, c'est son compagnon à quatre pattes qui le fit sortir de son observation, aboyant légèrement, le museau tourné sur sa droite. Samuel suivi le mouvement, relevant même son bras gauche au cas où il ait besoin d'ouvrir le feu, mais ce n'était pas un ennemi qui venait là... En revanche, ce n'était pas exactement l'arrivée à laquelle il s'était attendu non plus.

Jordan inconscient, le jeune homme n'eut rien d'autres à faire que voir James l'amener difficilement sur la banquette pendant que lui-même déblayait la place à ses côtés pour inviter son ami canin à s'installer et laisser toute la place à l'arrière pour le sonné. Malgré tout, sachant que seuls le toubib et lui pourraient témoigner de l'échange, contrairement à la radio, il glissa, rapidement, quelques mots fort sérieux :


"J'appellerais Wallace pour valider l'emplacement du nouveau camp, si je n'appelle pas et si Melody ne reparait pas, tu es chef par intérim en attendant de retrouver les autres."

Malgré la rapidité du parler, le chef actuel ne fut pas certain d'avoir été compris. Son interlocuteur s'en était allé bien vite, ce qui est normal, mais surtout, c'est à peine si il l'avait regardé, à peine si il avait parut dans son état normal. Trop peu de temps pour construire des théories là-dessus, aussi le canadien embraya sur la première et reparti en douceur après avoir posé arme à feu et jumelles sur le tableau de bord.

Un instant, il fut tenté de prendre son talkie, demander à Ivy qu'elle guette James, ou plutôt les phares de la moto, puis il y renonça. Si le véhicule pouvait encore rouler, il était seul avec sa mission... Mission qu'il était le seul à pouvoir remplir à présent. Non, au lieu de ça, il en profita pour bouger son rétroviseur central, visant le Jordan allongé plutôt que son pare-brise arrière, histoire de garder un œil sur lui.

Il ne fallut pas longtemps pour que ce dernier se remette à bouger et se relève, attirant l'attention de Snatch sans éveiller la moindre agressivité chez le Amstaff', ce qui rassura Samuel d'une crainte qu'il n'avait même pas pris le temps d'évaluer, l'idée que Jordan ait été mordu et ne soit benoitement mort sur sa banquette arrière malgré l'avis du médecin.

Mais non, il semblait aller bien, peut-être même souriait-il, le conducteur ne pouvait en être sûr et certain vu la luminosité ambiante, mais cela ne l'empêcha pas de lui parler, ce qu'il savait faire de mieux sans trop détourner son attention de la route sur laquelle il cheminait à moyenne allure à présent :


"Ça va Jordan ? Je te proposerais bien un verre d'eau et quelques pansements, mais il va falloir attendre un peu, tout est dans la caravane, sauf si quelqu'un à jugé bon, sans me prévenir, de remettre une trousse de secours dans le coffre."

Bien sur, plus qu'une réponse verbale, le chef de camp examinait autant que possible l'attitude de son comparse sur la banquette arrière. Ce dernier ne manquera pas de remarquer les fréquents coups d’œils du conducteur par l'entremise du rétroviseur, le regard neutre, analytique et passablement dénué d'empathie, même si pas complètement.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 2 Fév - 21:21
« Compte sur moi ! »

Il avait porté la voix tout en repartant en courant, ayant perçu la réplique de Samuel à la volée, mais en totalité tout de même. Dans la précipitation, il avait presque crié pour être sûr d'être entendu par le chef de camp, bien que cela ne soit pas pour aider à leur discrétion. Cela dit, une fois qu'il aurait relevé cette moto, l'idée même de discrétion aura disparu.

C'est ce qu'il fit quand il arriva à son niveau. Quelque peu essoufflé de cet aller-retour pour porter Jordan à la voiture, il s'arrêta en prenant une bonne inspiration toutes les trois secondes afin de renouveler l'air contenu dans ses poumons tout en scrutant l'engin cabossé. Saisissant le guidon des deux mains pour la redresser, une rapide inspection ne lui appris qu'une chose : la carcasse avait souffert et nul doute qu'il faudrait quelques morceaux de tôle pour qu'elle se refasse une santé, mais ce n'était pas le plus important. Ce qui comptait le plus en l'occurrence, c'était qu'elle redémarre et il allait être vite fixé. Avant tout il porta le regard vers le nord, vers l'ancien camp et vérifia d'un bout à l'autre la plaine. Il crut voir quelque chose, trop diffuse et incertaine pour affirmer qu'il soit question de silhouettes de rôdeurs, peut-être même était-ce son esprit qui l'imaginait, faute à la peur.

Car il avait peur, c'était indéniable, qui ne serait pas apeuré ? Une immense horde venant de la ville avait déferlé sur le camp abandonné et voilà que le chirurgien s'apprêtait à partir, alors que la nuit était tombée, vers cette même ville dans le but de trouver leurs alliés. C'était fou, et dire qu'il avait assommé Jordan pour pouvoir agir aussi inconsciemment, il se serait bien donné une baffe mais au fond il y avait cette petite voix qui lui confirmait, qui lui affirmait, qu'il faisait ce qu'il devait faire d'une manière ou d'une autre. Il lui faudrait pour cela contourner la Horde aussi loin que possible vers l'est, quitte à passer par le Secteur A et longer la ville même ensuite pour revenir vers l'Ouest tout du long, dans le but ultime de longer la ville au nord par l'extérieur. Ce sera sans doute plus long qu'il ne l'imaginait, il devra être extrêmement prudent, mais il faisait ce qu'il avait à faire, oui, c'était certain. A cette idée, il s'accrochait, pour le groupe, pour Elizabeth.

Le barbu avait grimpé sur la moto et donné un coup de talon sur la pédale et le moteur se mit à gronder férocement : ça fonctionnait. Un vrai soulagement se ressenti en lui, étrangement mêlé à quelque chose d'opposé. Une pression de la main empoignant fermement le le guidon et le voilà partant à vitesse relative au début, puis à toute blinde après quelques secondes, loin du camp, de ses alliés et de toute forme de sécurité, pour se jeter dans le plus grand des dangers.


Sortie du jeu.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Mar 2 Fév - 23:49
L'inconnu, sa capuche se mouvant en même temps que sa tête qu'il posait contre la porte de la caravane, en s'étant mis tout à fait de coté, observait Ivy avec - de visu - une indifférence inébranlable, et voyait sa longue barbe se plier sur le col de sa tunique, accessoire d'une tenue peu esthétique mais probablement bien assez chaude en cette saison. Quand elle eut fini, sans qu'il ne l'ait arrêté d'aucune façon, il plissa la joue en levant les yeux sur sa gauche, prenant un air de réflexion avant de répéter d'un ton monotone :

« Même pour suivre un tyran ou un cinglé, dans ses erreurs et ses horreurs, sa folie ou ses faiblesses ; même pour l’aimer ou le haïr, le protéger ou le détruire, ça vaudra toujours le coup de revenir. »

Il revint alors à elle et plia les lèvres d'une petite moue d'acceptation en acquiesçant, sans vraiment savoir s'il était vraiment d'accord avec l'idée ou s'il ne faisait que semblant pour correspondre à son attitude.

« Quelle prose, très intéressante. Ainsi, si j'en crois ces belles paroles dignes d'un poème emo-gothique, peu importe que l'on suive un monstre ou un fou dangereux et que l'on soit complice de ses crimes ou de ses excès, ce qui compte, c'est de survivre. Si vous étiez comme moi disiez-vous ? » Il esquissa un sourire amusé, vraiment pour le coup car ses derniers mots relevaient d'une flagrante ironie, reprenant avec plein de sous-entendus.

« Peut-être que je parais me sentir au-dessus des autres avec mon air "détaché" et "désabusé", mais une chose est sûre, je ne vous arrive pas à la cheville. Un tel sens de la survie au détriment de toute forme de considération, de morale ou de compassion, ce n'est pas si répandu qu'on le croit, vous feriez une excellente "femme de main" pour ce cher Marchand, il recrute assez facilement les personnes qui suivent ce genre de code survivaliste.
Enfin, c'est le mot qu'il emploierait, en ce qui me concerne j'ai toujours assumé que c'est individualiste, savoir chercher son intérêt, au moins j'aurais quelqu'un avec qui m'entendre dans ce groupe qui va, certes, me mépriser et me craindre. Quant à finir aux ordures, j'en doute. Je surestime peut-être l'intelligence de votre chef, mais il n'est pas correct stratégiquement de jeter aux ordures un homme capable de lui apporter ce que je prétends, surtout quand l'ennemi est immensément supérieur. Je doute également et à contrario que vos amis soient prompts à être en accord avec ce que vous venez de dire mais ne vous en faites pas petit Ivy, je ne dirais rien.

Je suis très talentueux à garder les secrets et je n'aimerais pas que vous finissiez aux ordures, ce serait gâcher un tel potentiel destructeur. C'est ce qui arrivera, oh c'est une certitude. Vous vous détruirez vous-même tôt ou tard, reste à savoir combien de vos amis vous emporterez avec vous... »


Il ponctua son discours d'un bref clin d'oeil en venant croiser les bras, déhanchant ses épaules légèrement dans la manoeuvre pour conserver une position confortable et détendue.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mer 3 Fév - 21:40
Je redressais ma tête de l’appuie tête. La douleur m’empêchait de laisser ma tête appuyée, que ce soit la douleur liée à la blessure que j’avais à la nuque qui s’était rouverte lors de notre cascade avec le médecin du groupe, ou encore à cause de la bosse que ce dernier m’avait asséné avant de partir sauver sa belle. Le dos épousant la forme de mon siège, seul ma tête s’en était détachée pour finir légèrement penchée vers l’avant. J’avais fait ce que j’avais pu. Le destin ferait le reste. J’essayais tant bien que mal de m’en convaincre. Peut être que le déni était le meilleur moyen de mettre fin à ma culpabilité ? Peut être que James avait décidé de prendre son destin en main, qu’il avait lui même décidé de m’empêcher de l’aider, mais quoi qu’il en était, j’avais laissé Melody seule alors que j’aurai pu lui venir en aide. N’importe qui d’autre aurait pensé que la balle prise précédemment dans la nuque était une raison valable pour rester caché, mais pas moi. J’avais échoué. Lâchement.  C’était sans doute un poids trop lourd à porter sur mes épaules, mais peut importe. Atlas devait supporter le poids du monde sur ses épaules sans sourciller, je me devais de supporter au mieux le mien.

Samuel était là, au volant. M’interrogeant sur mon état. C’était à priori une bonne chose de sa part, si l’on faisait abstraction de ses sarcasmes, ce qui avait eu pour effet de me faire tiquer. C’était bien le seul qui pouvait faire cela, en ce moment même. Un tel lâche qui était resté en arrière nous laissant nous faire massacrer, laissant Melody se faire enlever, laissant James et moi mêmes se faire tirer dessus sans sourciller, laissant le chirurgien partir seul vers l’inconnu avec tout ce qu’il venait de subir. Alors que lui, restait bien à l’abri dans sa voiture, avec son chien juste à ses côtés. Il ne m’inspirait que du mépris, la haine n’était pas encore arrivée, mais elle n’était pas loin. Je le sentais. Je voyais toujours extrêmement mal avec mon oeil droit, mais je pu malgré tout voir la lumière des phares de la moto de James bouger légèrement avant de les voir partir de mon champ de vision. Il était parti. J’inspirais profondément, espérant que sa route ne le mènerait pas à sa perte. J’observais son départ avec mon oeil empli de sang, espérant qu’il revienne entier. Répondant à Samuel un bref :

“Ça va.”

Je venais à déposer mon front contre le siège avant. Amenant mes coudes sur mes genoux malgré le mauvais coup que j’avais pris au droit, pour enfin rejoindre mes mains et croiser mes doigts ensemble. J’avais de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, j’avais perdu trop de sang. C’était peu être peu pour le commun de mortels, mais il fallait être honnête, je ne pesais lourd, et même le moindre prélèvement de sang me clouait au lit pendant de longs moments. J’attendrai de trouver un miroir pour me rendre compte de l’étendue des dégâts. Une goutte de sang, qui avait coulée depuis mon arcade glissait sur ma tempe, pour rejoindre ma mâchoire, où je m’étais blessé lors de notre chute à moto, se perdant dans les quelques poils qui ornaient mon menton, avant de tomber éclabousser ma chaussure. Je fermais les yeux. J’étais incapable de les garder ouverts plus longtemps, j’avais besoin de repos.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 3 Fév - 22:11
Au fur et à mesure que le vagabond me parlait, analysait mes propres mots pour me les renvoyer en contre-arguments plus ou moins valables à mon sens, mon visage était passé du mépris et de la colère froide à un étonnement sincère nuancé de dégoût. A nouveau ma main se plaqua sur mon front, mes doigts se crispant dans mon cuir chevelu épais et rêche. Certains propos de sa part me percutaient l’esprit de toute part, rendant chacune de mes pensées plus incohérente encore que la précédente.

“Au détriment d’toute considération et d’toute morale ?” avais-je répété malhabilement, autant pour moi que pour lui. “Vous vous foutez d’moi ?” lui demandai-je d’un ton à peine plus véhément que paumé. “Vous croyez que j’suis fière de c’qui arrive ? D’en être la cause ? Que j’ressens ni colère, ni culpabilité, ni r’mords pour tout ça ?”

A nouveau, mes yeux s’embuèrent de larmes, mon corps tout entier se mettant à trembler fébrilement. Le dégoût, la honte, la culpabilité, une colère auto-adressée ; autant de ressentiments qui débordaient de mon esprit au bord de la rupture. Un esprit qui ne pouvait accepter l’idée-même de se voir rejeté par ce groupe, dernière branche physique à laquelle je pouvais encore espérer me raccrocher pour ne pas complètement sombrer dans la démence.

“Si… Si… Si j’avais eu plus de courage, depuis l’début… Si j’avais eu l’cran d’mettre mes états d’âme de côté, ma peur, pour pas m’faire bouffer par c’putain d’infecté, ou de m’laisser crever dans c’te putain d’cave, une bonne fois pour toute… L’pyromane aurait jamais eu ces infos… Il… Il…” Je tapotais frénétiquement ma tempe de mon index. “Il aurait pas em… empoisonné mon esprit avec tout ça… Tous ces doutes… Et ces morts… Et ces cendres…”

Je m’interrompais quelques secondes, chassant mes larmes d’un revers de manche. Sans vraiment m’en rendre compte, j’avais avancé de quelques pas en direction du vagabond. Dans une posture tout à fait maladroite et mal assurée, j’avais pris appui de mon bras gauche contre l’une des armoires de rangement, faisant presque face à lui désormais, séparés d’à peine plus d’un mètre de distance. Je le toisais lentement de la tête aux pieds, reprenant mon souffle pour ce que je pouvais en récupérer, ce qui était clairement loin d’être le cas de ma santé mentale ; puis reprenait enfin la parole, d’un ton plus modéré mais pas moins vindicatif.

“Alors ouais… En terme d’bordel dans la tronche, vous m’arrivez clairement pas la ch’ville ; mais… mais j’vous laisserai pas en profiter. J’m’en fous que vous gardiez le secret, pour ça ou pour le reste… J’vous suis d’jà r’devable d’une vie… Ça vous suffit pas ? Vous en voulez une deuxième p’t-être ? Servez-vous, vous gênez pas... J’en ai à r’vendre apparemment…” lui proposai-je dans un sarcasme hargneux avant de m’interrompre aussi soudainement que j’avais explosé, haussant les sourcils pour marquer toute la surprise qui venait de me frapper. Je secouais lentement la tête, me massant le front une nouvelle fois en fermant les yeux, laissant fuir d’autres larmes en gardant le silence durant de longues secondes.

Quand finalement je les rouvris, je retrouvais le regard de l’inconnu. Mes noisettes ne luisaient plus vraiment de cet éclat de froide colère, juste d’un simple abattement. Simple et lourd. A quelques reprises, j’avais tenté de prononcer quelques mots, ceux-ci butant contre mes lèvres sans que le moindre son ne puisse les quitter, à peine de furtifs mouvements saccadés dont on ne pouvait rien tirer. Pas même moi.

“Vous… vous… vous n’avez pas besoin de garder ce secret-là. J’ai… J’ai juste été lâche… Encore... C’est un secret pour personne de toute façon… Lâche avec eux et… Et injuste avec vous. Je suis... J’suis désolée de vous avoir avoir balancé toutes ces conneries…” confiais-je au vagabond d’une voix vacillante.

A la suite de quoi, je me laissais lentement glisser contre le placard jusqu’à ce que mon cul touche le plancher de la caravane. Adossée contre le meuble, l’arrière du crâne reposant contre celui-ci, je me sentais prise d’un vertige et d’un épuisement sans commune mesure.

“On s’occupera de clarifier tout ça… Plus tard…” avais-je marmonné en terme de conclusion.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Ven 5 Fév - 14:11
La route se poursuivait, avec ses chaos, ses ombres dansantes et la crainte perpétuelle de recevoir des tirs ou faire une embardée pour tous finir dans le décor... Mais au final, la route se révélait fort calme à l'exception de l'un ou l'autre maraudeur, plus mort que vivant, qui se montraient plus ou moins depuis la forêt ou la plaine mais pas vraiment sur la route elle-même.

Ainsi, quelques bornes défilèrent sous eux avant que le véhicule ne ralentisse, quittant la 350 pour une route secondaire, sur la gauche, sans braquer. Samuel venait de passer sur la Block Line qui allait lui garantir sa direction plein Sud, mais aussi se diriger bien plus facilement vers Round Top Road à l'aide des petites routes, ce genre de petite route typique du Sud-américain, aussi droite et orientées que possible.

Quoi qu'il en soit, une fois engagé plein Est par la 376, il ralentit vraiment l'allure pour quasiment rouler au pas, ne gardant le pied sur la pédale que pour empêcher le véhicule de trainer sur son ralenti et la faire la moins bruyante et la plus lente possible. Dans le même temps, il entre-ouvrit sa propre fenêtre, faisant entrer l'air frais ainsi que le son de l'extérieur, principalement celui d'un moteur ronronnant et d'une caravane couinant à chaque aléas de la route.

Et c'est là qu'il fit preuve d'audace. Jordan étant visiblement en trop mauvais état pour lui servir à quelque chose et la vigie, présente ou non, n'ayant surement pas d'outil de vision nocturne, c'était à lui de se guider comme un grand... Après avoir éteint ses phares, après avoir cessé d'être la luciole qui devait attirer tous les solitaires et toutes les meutes depuis plusieurs minutes, sans parler de la Horde qui pouvait le suivre à la trace. Bref, il devait rouler en semi-aveugle, s'aidant autant que possible de ses jumelles nocturnes pas du tout adaptées à un tel usage, et s'épargner autant que possible d'appuyer sur la pédale de frein, pas avant d'être arrivé en vue du Secteur A.

Restait à espérer de ne pas laisser quelques morts dans leur sillage, lugubres miettes de pain par lesquelles d'autres les auraient suivis à la trace. Quoi qu'il en soit, basse vitesse, écoute attentive, observation constante, Samuel déployait tout ses sens pour assurer le voyage en pleine nuit noire. Hélas pour lui, la relative obscurité seulement percée par la luminosité des cadrans ne sembla pas au gout de Snatch qui, après un bref instant, commença à geindre et à s'agiter sur le siège passager, servant malgré lui le jeu des morts en préoccupant le canadien.

Mais ce dernier ne se laissa pas démonter et, faisant peu de cas du Jordan se reposant tant bien que mal à l'arrière, il siffla légèrement et se tapa rapidement les cuisses, et ce, à plusieurs reprises, jusqu'à ce que l'animal ne daigne se coucher à cheval entre les deux sièges pour poser l'avant de son robuste corps sur les cuisses de son maitre. Là, il lui arriverait encore de couiner, mais le jeune homme n'aurait qu'à glisse sa main gauche au bas du volant pour maintenir sa direction et rassurer la bête.

En tout cas, jusqu'à tourner, tout en douceur et sans avoir apparemment croisé de danger, vers le Nord, sur la 379, une route qui bifurquerait d'elle-même à nouveau à l'Est et les amèneraient immédiatement sur Round Top Road, leur sésame pour pénétrer dans le Secteur A par la petite porte et guetter la dispersion, ou non-dispersion, de la Horde. Ils étaient encore loin d'être arrivés et, pour le coup, l'ex-manager fit bien peu de cas de ses trois comparses embarqués, bien décidé à ne compter que sur lui-même plutôt que de s'échiner sur son talkie pour rien.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Sam 6 Fév - 20:25
L'élan prolongé d'Ivy dans ses gestes et ses propos surprirent le Vagabond qui était resté accolé à la porte bras croisés. Il avait levé les sourcils très franchement et observé fixement la jeune femme à mesure qu'elle lui rendait ses propos en pleine figure, jusqu'à forcer sur son corps blessé et épuisé pour venir lui faire face directement. Il ne fit pas un geste, que ce soit pour s'en éloigner ou au contraire pour l'aider, rien dans son attitude ne manifestait un quelconque souhait d'éviter ou faciliter cette confrontation, qu'il avait certes provoqué et cela nul ici ne pourrait le contester.

Tandis qu'elle venait près de lui, il baissait le regard, lui qui était assurément plus grand pour ne pas décrocher son regard du sien. Des yeux au demeurant intenses, profonds diraient certains, vicieux diraient d'autres, cette impression que tout à chacun aurait de voir les yeux d'un serpent, les fentes en moins - remplacées par des pupilles bien humaines, s'affirmait d'autant plus que cela paraissait vraiment constant, quelles que soient son expression ou la situation, un aspect naturellement inquiétant. Lorsqu'Ivy eut fini sa tirade durant laquelle il n'osa placer le moindre mot, il se contenta de pencher la tête sur le coté en la regardant se laisser glisser fesses à terre. Après quelques instants d'un silence pesant, l'homme laissait clairement entendre un claquement de langue exprimant la gêne que cela provoquait, bien que ce ne soit probablement qu'un faux-semblant de plus.

« Eh bien eh bien, vous en avez gros sur le coeur. Je vais quand même garder ce secret, je ne voudrais pas être celui qui vous nuit dans ces circonstances et entre nous, je vous accorde tout de même un atout : vous avez la rage au ventre. Ça se voit, ça se sent, c'est palpable. Peut-être que si vous laissiez votre rage s'exprimer un peu plus souvent, vous diminueriez vos chances de mourir trop tôt. Il se peut même que vous surviviez à tout ça en fin de compte... »

Il se redressa finalement en lâchant un soupir, décroisa les bras et s'épousseta le manteau de gestes vifs et brefs à plusieurs reprises.

« Bon, sur ce. » Reprit-il. « Si vous n'êtes pas décidée à profiter du lit de camp, je ne me refuserais pas un peu de repos, c'est que fusiller des gens ça épuise, non ? »

Une question ironique, qui relevait un événement aussi récent qu'évident pour enfoncer le clou, à croire qu'il ne relâchait pas sa volonté de la titiller de toutes les manières possibles. Ceci fait et non sans un petit sourire en coin parfaitement sournois, il se dirigea franchement, car sans gêne, vers le lit auquel il s'aligna pour se laisser tomber de façon à ce que sa tête atterrisse directement sur le coussin, la jambe tendue le long du matelas de fortune, puis une fois installé dressa la seconde pour la poser consciencieusement à son tour. Trouvant ainsi un certain confort, lui qui semblait apprécier le confort sous toutes ses formes, il vint poser ses mains sur son buste en les joignant par le croisement de ses doigts, son visage disparaissant presque de la vue d'Ivy du fait de la capuche qui le cachait pratiquement de profil - mais loin de dissimuler sa barbe fournie, il ferma les yeux et s'immobilisa.

« J'espère que votre chef sait où il va, ce n'est pas que je n'ai pas confiance mais il m'arrive d'être malade en caravane quand je n'ai pas mes quatre heures de sommeil, vous verriez ce que je vomis, c'est moche. »
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