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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial, CFJ] L'Armée des morts - 17/02/2035
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 6 Fév - 20:28
Cette route, qui se continuait, encore et encore, alors que nous avancions de plus en plus lentement. Relevant ma tête du mieux que je le pouvais, je ne pouvais observer rien d’autre que les ténèbres de la nuit à travers le pare-brise, rien d’autre que notre ultime but, les ténèbres infinies. Encore et encore. Après avoir enduré les noirceurs de l’âme humaine, les pires cauchemars de Dame Nature, nous devions affronter la quotidienne obscurité de la nuit.

Étrangement, un grand nombre d’émotions se succédèrent dans mon esprit. Passant par l’espoir, l’espoir de revoir tout le monde sain et sauf, Melody, James, ceux qui étaient partis plus tôt dans la journée… Passant par la colère, la colère contre Samuel, qui était resté là, inutile, à laisser nos gens disparaître, les uns après les autres, tout en restant impassible, en les faisant disparaître, pour cette nuit ou pour toujours… Pour enfin finir par de la résignation. Résigné à la fatalité qu’était devenu notre monde, résigné à ce qu’il devait arriver. J’avais pensé à la mort dans un premier temps, mais ce n’était pas ma plus grande peur. Rien que l’idée de me retrouver seul encore une fois m’horrifiait.

J’ouvrais les yeux, la pénombre s’était incrusté à chaque endroit où mes yeux se posaient, à l’exception des voyants de la voiture qui m’étaient en grande partie cachés par le corps de Samuel. Je me redressais tant bien que mal pour que mon dos épouse la forme du siège sur lequel je me tenais. J’avais mal à mon avant-bras, mais bien heureusement, ce n’était qu’une grosse égratignure, je l’avais remarqué malgré le voile sanglant sur mon oeil droit et le flou qui commençait à perturber ma vision alors que je souhaitais regarder la paume de mes mains. Des mains parfaitement propres. J’eus un léger sourire en les voyant. Malgré tout ce que j’avais fait, tout ce qu’il s’était passé, j’avais toujours les mêmes mains. Propres, douces, fines, sans aucune trace. Cette image n’était pas que physique. Elle me rappelait que je n’avais pas à être coupable d’avoir voulu défendre les miens, d’avoir voulu survivre, comme tous les autres. Malgré ces pensés, je fus pris de profonds regrets.

Des regrets pour ne pas avoir réussi à aider Melody, des regrets pour avoir laissé partir James, des regrets pour avoir été faible. Encore une fois. Des regrets pour ne pas avoir réussi à sauver tout le monde. Encore une fois. J’espérais au plus profond de moi qu’ils reviendraient. Entiers. Je pris une grande inspiration puis je venais caler ma tête contre la portière de la voiture. Tandis que mon sang continuait encore à couler de ma blessure à l’arcade, il semblait que ma nuque avait arrêté de saigner. J’avais toujours le visage rouge de sang, rouge de son sang à elle, et du mien. Rouge de mes blessures suite à l’accident qui m’avaient esquinté une bonne partie de face droite. Rouge, comme la couleur de la guerre et de la haine.

Le chien semblait avoir peur du noir. J’esquissais un sourire en l’entendant couiner. Alors que quelques instants plus tard, Samuel siffla pour le rappeler à l’ordre et la calmer. Bien plus compatissant avec le canidé qu’avec nous. Rappelé par ma nature haineuse profonde, mon sourire, ou plutôt, l’esquisse de mon sourire avait disparue. C’était dans les situations les plus extrêmes qu’on voyait la vraie nature des gens. S’ils allaient tendre la main aux autres, ou plutôt, leur marcher sur le crâne. Tournant légèrement la tête vers la gauche pour pouvoir observer ce qu’il se trouvait à l’arrière de la voiture, je fus heureux d’y retrouver ma hache grâce à la faible lumière des voyants. Lançant ma main gauche vers le manche de celle-ci, je l’attrapais de part son extrémité pour la faire revenir vers moi, tout en gardant le fer toujours dirigé vers le bas pour le ramener entre mes deux jambes, le manche dirigé vers le toit de la voiture, mes deux mains posées sur sa base. Hors de question de rester comme un couard ici. Je n’étais pas un lâche. Peut être qu’il aurait été plus prudent de rester caché, comme l’avait fait Samuel avant, mais non. Je n’étais pas comme lui. Je ne le serai jamais.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 7 Fév - 12:47
Affalée, toujours en proie à une inertie de plus en plus en lourde, j’avais lentement fermé les paupières en laissant peu à peu mon épuisement prendre le dessus. C’était bien évidemment sans compter sur le vagabond qui, me semblait-il, avait fait de mon affliction son terrain de jeu. Si j’avais la rage au ventre, alors mon être tout entier ne devait être qu’un seul et simple ventre. La rage dont il parlait, semblable à ma fatigue ou ma faim, me courrait sous la peau. Un véritable brasier ardent qui n’avait trouvé que mes mots, mes sentiments et ressentiments exprimés à haute voix, mes doutes et mes remords comme exutoire. Mais dans ces flammes s’était forgée une seule et unique certitude, écrasante et inébranlable : je survivrais à tout ça. Je repousserais toutes les limites possibles pour cela, pour me protéger, pour protéger les miens.

Mais l’inconnu ne semblait pas se satisfaire d’avoir le dernier mot. Non... il semblait vraiment prendre un malin plaisir à venir me triturer l’esprit là où ça faisait mal, là où ma raison et ma conscience se livraient un duel sans merci pour parvenir à prendre le pas sur l’autre. Et dans mon état, il était clair que ma rationalité partait avec un très gros handicap face à ma conscience qui, dans ses tourments, avait commencé à piocher dans les ressources les plus enfouies, sombres et chaotiques de l’insanité.

Si ressasser le souvenir de ma frêle carcasse, mes mains maladroites, mitraillant de dos deux pauvres types se voulait effectivement éreintant, rejouer cette scène derrière mes paupières closes ne m’aidait en rien à m’apaiser. Je maudissais le vagabond d’avoir rendu à cet acte toute sa fraîcheur et sa barbarie, toute l’horreur de ce que j’avais commis et la culpabilité que j’en ressentais. J’avais beau tenter de me convaincre que je n’avais pas eu le choix - ce qui était faux de toute manière - ; que j’avais pris la bonne décision, celle de protéger les miens, de rendre à ses hommes toute la violence, les conséquences de leurs actes, je n’en éprouvais pas moins une honte encore plus grande de savoir qu’ils s’étaient trouvés là par ma faute, d’après mes indications, probablement avec l’ordre de faire autant de mal que possible.

Car c’était bien là l’objectif avoué du Libérateur. Répandre la souffrance, le malheur et le désespoir dans les cœurs de mes compagnons. Les écraser, les briser, physiquement et surtout psychologiquement, tout comme il avait pu le faire pour moi. Je finirais fatalement par m’en remettre, du moins physiquement. Le corps, avec le temps et les moyens, parvenait à se remettre de presque toutes les épreuves, et avoir à ses côtés un miracle nommé James y aiderait indubitablement. Mais quid de ma santé mentale ?

A nouveau le vagabond avait pris la parole, trouvant un quelconque amusement dans la situation, sa situation, plaisantant assez lourdement sur son repos nécessaire et son mal des transports. Je me décidais de l’ignorer, ne plus entrer dans son jeu. Il prétendait avoir des choses à dire, des secrets et des informations à révéler mais ne comptait pas le faire, ni ici, ni maintenant. Ainsi, ce qu’il pouvait bien dire, encore, ne pouvait m’être d’aucune utilité, hormis celle de m’enfoncer un peu plus profondément dans mon désarroi. Et je n’avais franchement pas besoin de lui pour ça.

Je secouais très lentement la tête, esquissant même un très maigre sourire en coin révélant un sarcasme muet que je m’auto-balançais à la tronche. Le Libérateur avait gagné sa manche, bien avant même que je ne prononce le moindre mot. Une victoire acquise au moment exact où j’avais rouvert les yeux dans son espèce d’urne funéraire géante. En instillant la terreur la plus pure et le doute le plus poignant, il avait mis en branle une écrasante machine, aux rouages psychologiques complexes qui finirait bien, tôt ou tard, par accomplir son but : atteindre un tel niveau de perdition qu’il n’y aurait plus ni doute, ni peur, ni souffrance ; ni la moindre once d’humanité.

Et ça venait de commencer. Deux hommes, sacrifiés sur l’autel de ma peur de perdre les miens une seconde fois. Le premier engrenage d’une longue série, j’en avais l’intime conviction. Prendre ces deux vies avait été si simple. Il m’avait seulement fallu un doigt, et trois kilos de métal destinés à cet usage, pour y parvenir.

Et un bel élan de “rage au ventre.”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 7 Fév - 23:51
De très très longues minutes s'écoulèrent ainsi, le véhicule roulant sans doute à une dizaine de kilomètres à l'heure, les quelques malheureux kilomètres que représentaient ce trajet allait commencer à ressembler à un voyage trans-états. Cependant, Samuel gardait le cap, imperturbable, concentré sur la route et les quelques rares véhicules abandonnées qui le contraignait à se rapprocher du bord de la route sans pouvoir en distinguer clairement la limite. En fait, il était tellement focalisé sur sa conduite qu'il ne semblait pas avoir remarqué ce que Jordan faisait derrière lui.

C'est après maintes petites péripéties, la plus effrayante ayant été de sentir les roues de droite quitter le bitume pour de la terre pendant un quart de seconde, que le canadien tourna lentement le volant vers la gauche avant de se mettre à zig-zaguer en douceur pour retrouver son emplacement au milieu de la route.

A cet instant, il daigna finalement prendre la parole, s'adressant à Jordan sans changer son manège, les yeux rivés dans ses jumelles :


"Jordan, ça va ? La nuit est loin d'être terminée et tu es le dernier sur qui je peux compter."

Que le jeune homme lui réponde ou pas, Samuel tapoterait son compagnon à quatre pattes avant de le repousser en douceur pour le faire retourner sur la place passager tout en maintenant le volant en position à l'aide de son genou gauche. S'ensuivra un long instant de silence de sa part qui ne se terminera que par l'abandon des jumelles sur le tableau de bord. Sans prévenir le moins du monde, Samuel coupa alors le contact de la Chevy et tira avec une douceur relative sur le frein à main.

Enfin, ils s'étaient arrêtés... Mais ce n'était pas leur destination, pas encore.


"Nous sommes sur Round Top Road, à l'extrême Sud-Est du Secteur A..."

Doucement, le canadien s'était retourné sur son siège afin "d'observer" Jordan dans l'obscurité causée par l'arrêt complet du véhicule, caressant distraitement l'encolure de son Amstaff' pour s'assurer qu'il reste tranquille. Sa voix se faisait assez discrète et, du même coup, son débit de parole s'était également amoindri afin de faciliter son élocution :

"... Nous devons nous rendre à l'extrémité Nord-Est. Pour ce faire, il suffit de tourner à gauche, là, maintenant, puis de suivre la route tout droit. L'ennui, c'est que pour ce faire, nous devons traverser le quartier un sur toute sa largeur et je n'ai strictement aucune idée de l'état de la route, de la population zombie fixe... Ou des migrants de la Horde qui ont put se diriger dans cette direction.

Il y a environ un kilomètre et demi de route jusqu'à notre destination, je vais faire le trajet à pied avec Snatch pour nous assurer qu'il n'y a pas de danger. Il fait nuit et je devrais être très prudent, il faudra surement compter une heure minimum avant mon retour, tu en profiteras pour te soigner et te reposer.

Entre autre, je n'ai aucune confiance dans l'inconnu qui se trouve dans la caravane et Ivy est... Elle n'est pas en état. Vous garderez la radio allumée, si je ne vous contacte pas au bout d'une heure, c'est qu'on m'aura descendu. Si tel devait être le cas, essaye d’appeler James. Si il ne réponds pas, tu devras prendre le volant pour vous replier sur la ferme Wallace et quoi qu'il arrive, même si Ivy le demande, n'allez pas me chercher et ne restez pas sur place."


Enfin, il se tut, mais pas pour longtemps, juste deux secondes, juste le temps de marquer la fin de ses instructions et pouvoir finalement demander :

"C'est bon ? Des questions ?"

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Lun 8 Fév - 20:36
Confortablement installé, si tant est que l'on puisse considérer confortable ce lit de camp, le Vagabond semblait se perdre dans une somnolence qui ne souffrait d'aucune méfiance d'Ivy, tout comme de Jordan et de Samuel, ni même de crainte quant à leur devenir. C'est néanmoins en redressant quelque peu la tête qu'il réagit à l'arrêt du véhicule et une bonne poignée de secondes après.

Décrochant ses mains l'une de l'autre, il prit appui sur le lit et se redressa assis, scrutant avec intérêt le poste-radio qui demeura pourtant silencieux. Ses sourcils légèrement redressés, bien assez pour marquer son étonnement, il porta le regard vers la jeune femme dont il ne savait guère si elle était encore consciente ou non, lâchant d'un ton hasardeux après quelques instants d'un silence qui s'étendait au présent.

« Pensez-vous que nous sommes arrivés ? » Il marqua un court temps et avec beaucoup de scepticisme, reprit. « M'entendez-vous seulement ? Vous faites peine à voir, il serait grand temps pour vous de recevoir quelques soins. Je ne suis pas médecin mais on dirait que vous êtes à l'agonie, ne mourrez pas aussi vite, ce serait du gâchis. Non pas que je sois particulièrement soucieux, ce serait mentir mais j'aimerais tout de même que nous ayons l'occasion de discuter un peu plus longtemps de nos "pensées profondes", c'est très distrayant d'avoir à faire à un esprit aussi torturé. »

Son attention restait fixée sur la jeune femme, patientant une quelconque réponse ou un signe qu'elle n'était pas encore totalement tombée dans les ténèbres. A l'extérieur, un calme olympien trahissait en soi que tout n'était pas terminé pour ce soir. Pas d'ouverture de la porte à la volée, pas d'instructions balancées durement depuis le poste-radio pour inciter au déploiement, ni même un signe que tout allait bien. Un silence... irritant, qui se dessinait sur le visage du Vagabond en une grimace pour un homme bien peu convaincu de la tournure de la situation.

Sans cesser de s'intéresser à la jeune femme et quelque soit sa réponse ou son attitude, il terminerait par se redresser debout cette fois, se frottant les doigts les uns contre les autres en basculant la tête en arrière, faisant craquer quelques cervicales comme plus tôt dans un mouvement en demi-cercle, avant de se diriger vers la porte d'un pas lent mais intrigué pour regarder à travers le hublot et observer l'environnement extérieur. Une chose était certaine, il n'était pas pressé d'aller voir par-lui même ni d'utiliser la radio pour en savoir plus.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 8 Fév - 21:56
Lentement mais sûrement, nous avancions dans les sombres ténèbres de cette nuit, qui nous avalait les uns après les autres. J’étais l’un des derniers. Cela ne m’enchantait guère. Trop de souvenirs. Trop d’images de ces hommes qui tombaient les uns après les autres, me laissant seul à jamais. Peut être que j’avais peur, peut être que j’étais résigné à faire ce qui devait être fait, car quelqu’un devait le faire quoi qu’il en soit. Le boulot devait être fait, si je pouvais le faire, je le ferai. Mes pensées furent interrompues par un mouvement imprévu du véhicule, où je sentais, bien que légèrement la voiture partir et glisser sur le côté. Un frisson me parcouru l’échine, rendant mon corps raide alors que mes yeux ne purent observer rien d’autre que l’obscurité extérieur. Bien heureusement, cela ne dura qu’un court instant. L’asphalte continuait de nous guider vers notre destination alors que Samuel prit la parole. Alors qu’il s’enquérait de mon état, il m’avoua qu’il était le seul sur qui il pouvait compter actuellement. Pour être honnête, ce n’était pas bien compliqué, nous n’étions plus que tous les deux.  

« Ça va. »

Je savais avant même ce qui allait se passer. Il allait me demander quelque chose, c’était évident. Laissant les autres prendre des risques à sa place, encore une fois, une énième fois. Peut être qu’il m’en ferait part plus tard. Il conduisait à conduire, comme si de rien n’était. Prenant soin de son chien bien plus que des gens de son camp. J’étais en proie à une certaine interrogation, comment les autres avaient-ils pu le choisir comme chef ? Lui plutôt que Melody qui avait certainement bien plus de mérite ? Mon questionnement pouvait attendre, pas ce qui suivait. Samuel arrêta la voiture, complètement. Coupant le moteur pour venir ensuite venir tirer le frein à main. Mon dos se décolla légèrement du siège alors que mes mains caressaient le manche de ma hache, nous ne roulions pas vite du tout. Je fermais les yeux alors que nous venions de nous arrêter. Je fermais les yeux alors que c’était dans cette situation qu’il fallait les garder ouverts. Inspirant d’un grand coup, pour laisser mes narines dégager cet air qui n’était destiné qu’à faire un passage dans mon corps, pour enfin rouvrir mes yeux d’un coup. Mes deux yeux. Ne me laissant voir qu’une vision floue mais qui me laisser percevoir les détails qu’il y avait à voir, tandis que mon œil droit était plus capricieux, m’obligeant à observer à travers un voile sanglant causé par cet accident.

Le soit disant chef pris la parole encore une fois. Bien plus longue cette fois. Tout en caressant son chien, comme à son habitude. Je pensais à un état des lieux dans un premier temps, mais non. Il avait l’air de m’expliquait tous les risques qu’il voulait prendre pour nous. Pour Ivy, celle qui était décédée, pour cet homme, en qui il n’avait aucune confiance, et pour moi, qu’il avait laissé se faire massacrer au front. Mais quoi qu’il en fût, je préférais largement rester ici plutôt que de partir à sa place, et pas une seconde l’idée de partir à la mort seul comme un chien ne me serait venue à l’esprit. Pas une seconde. Et surtout pas pour lui. Rester ici à surveiller ? Certainement quelque chose que je savais faire le mieux. Il y avait des risques, et ce n’était pas moi qui allais les prendre. Mais je savais que faire s’ils se réaliser. L’abandonner sur place. Prévenir les autres et partir. Je n’aurai aucun problème avec ça. Certainement aucun. J’avais des questions, des tas, c’était un fait. Mais leur réponse ne m’intéressaient guère. C’était pour ça que j’en posais une seule.

« Quelle fréquence pour la radio ? »

J’attendrai qu’il me réponde avant de sortir de la voiture après avoir détaché ma ceinture de sécurité pour ensuite prendre ma hache de ma main droite. Alors que je sortais de la voiture, je sentais le sang qui coulait sur mon visage bien plus rapidement. Elle ne s’arrêtait pas de couler. Dans mon malheur, je n’avais plus trop mal à mon genou, ce qui me permettrait sans doute de courir en cas d’urgence. Mais à la vue de mes blessures et du sang que j’avais perdu, même si ce n’était pas beaucoup, ce serait largement suffisant vu mon gabarie. Posant ma hache sur mon épaule droite, gardant ma main gauche de libre, là où mon avant-bras avait pris un sacré coup, mais qui restait sans doute moins pire que ce que j’avais pris au visage, rendant mon œil presque inutile. Mes blessures au visage ne se verraient sans doute pas avec tout le sang que je portais comme trophée de guerre. M’avançant vers la caravane sans me retourner, sans regarder où était notre « chef ». C’était sans importance. Qu’il fasse ce qu’il avait à faire. Arrivé à l’arrière de la caravane, je m’arrêterai à quelques mètres de la porte. Observant les alentours, tentant de discerner quelque chose dans cette sombre obscurité. Après avoir fixé quelques instants l’horizon bien plus proche que la place où se terminait l’asphalte, une goutte de sang glissa de mon menton pour tomber par terre. Mon sang. Il fallait que je me soigne. Poussant légèrement le haut du manche de ma hache avec mon épaule droite pour en faire basculer le fer dans le but de faire glisser ma main droite le long de ce manche d’acier pour enfin faire glisser ma main jusqu’à ce même endroit où mon épaule était venue frapper. Agrippant ma hache, réduisant son encombrement au maximum tout en gardant l’arme à la main, j’ouvris la porte de la caravane avant de poser mon pied droit à l’intérieur.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 9 Fév - 18:45
Bercée par les cahots de la caravane tractée et son léger balancement, terrassée par mon propre épuisement, j’avais toute les peines du monde à rester éveillée, bien que l’esprit incapable de raisonner correctement ni même d’être alerte, je ne voulais en aucun cas sombrer dans le sommeil ou l’inconscience en me retrouvant seule avec l’inconnu. Seule une méfiance exacerbée à son égard et la crainte qu’il ne veuille me faire du mal - des sentiments aussi incongrus qu’inexplicables dans ma situation alors que je me trouvais de toute façon bien incapable de l’en empêcher d’une quelconque manière - me permettaient de résister. Et encore, c’était un exploit de ne pas simplement me laisser aller.

Malheureusement, au bout d’un certain temps dont la durée m’apparaissait totalement indiscernables, ce fut de nouveau la voix du vagabond qui m’arracha à mon assoupissement. Je mis un certain temps à comprendre le sens de sa première question, avant d’effectivement me rendre compte que nous nous étions bel et bien arrêtés. Fronçant légèrement les sourcils, je tournais la tête en direction de l’inconnu qui, depuis sa couchette, recommençait à me parler, visiblement incapable de s’empêcher de m’asticoter tant sur mon état que sur mes pensées. Aussi exaspérée qu’excédée, je me demandais, non sans hargne, s’il comptait fermer sa gueule à un moment donné.

Avec une lenteur affligeante, je relevais ma main droite à hauteur de mon visage avant de la laisser retomber mollement, un geste lui signifiant de “laisser tomber” pour ce soir, qu’il n’obtiendrait plus rien de moi en terme de discussion philosophique sur ma place, mon rôle ou mes états d’âme. Un geste que j’espérais assez clair pour lui qu’il commençait à vraiment me faire chier. Je me moquais des raisons de notre arrêt, de savoir si nous étions arrivés ou s’il ne s’agissait que d’une simple et courte pause imposée par une vessie débordante. J’avais toute confiance en Samuel pour nous sortir de là, me sortir de là et assurer ma sécurité.

Dans le calme ambiant, s’imposant finalement avec l’arrêt des papotages de l’inconnu, il me sembla discerner le son mat et crissant de quelques pas provenant de l’extérieur de la caravane. Sans voix, sans mots échangés ne laissant filtrer la moindre information quant à l’identité ou les intentions de celui qui rôdait au-dehors. Pas même un râle qui aurait pu m’informer de la potentielle nature mort-vivante de la chose.

A la fois affreusement sceptique et encore plus craintive, emplie d’une appréhension que tout ne pouvait plus aller que de mal en pis, je redressais lentement mon dos contre le placard contre lequel il se trouvait adossé, poussant sur mes main et ramenant mes jambes devant moi, genoux repliés. Je me tassais et tâchais de me faire la plus petite possible, mes noisettes rivées sur la porte de la caravane, le cœur et les tripes de plus en plus saisis par la crainte de voir un des hommes du Marchand débouler.

La porte s’ouvrit à la volée, alors que l’inconnu allait lui-même la rejoindre, le tout sur la silhouette abstraite d’un type dont je ne reconnaissais ni l’allure globale, ni les traits. Simplement, je pouvais deviner dans sa main droite un long objet contondant, voir sur son visage les reflets ocres et noir du sang. Le sien ? Celui d’un autre ? Je m’en foutais royalement. Je n’eus de toute manière même pas le temps d’y penser, réfléchir ou raisonner sur son identité ou ses intentions, une nouvelle fois.

Cette vision rétroéclairée d’une silhouette que je cataloguais arbitrairement comme inconnue, donc hostile m’arracha un réflexe de peur panique. Mon corps fut pris d’une légère secousse, mes veines s’inondant d’un flot d’épinéphrine malvenue tant suscité par la trouille que par le besoin de me protéger de cet agresseur. D’un geste vif mais malhabile, j’avais relevé mes mains en protection au-devant de mon visage, fermé les yeux en détournant la tête, me recroquevillant encore plus sur moi-même  ; et souhaité le voir le plus loin possible.

A nouveau, un atroce grésillement résonna contre mes tympans, écrasa mon esprit l’espace d’une demie-seconde, voire moins. Un éclair de violence électrique qui me traversa instantanément, faisant se dresser ma peau d’une chair de poule qui suivit ce frisson glacial tout le long de mon épiderme avant de disparaître, aussi intensément qu’abruptement.

Face à moi, dans un dernier éclat de conscience et de lucidité, la masse ferreuse - de ce que toute personne à la vision non défaillante aurait reconnu sans problème comme étant un fer de hache - se sera vue projeté et rejetée vers l’arrière, vers l’extérieur de la caravane, son propriétaire avec s’il n’avait pas eu le réflexe de la lâcher ou la force de la retenir.

Mais au terme de cet éclat, avant même d’être en mesure d’en percevoir les conséquences ou d’en contrôler les effets, la fulgurance de cette énergie à nouveau consommée et arrachée à moi dans ce réflexe instinctif finit par avoir raison de ma conscience. Un dernier éclat qui me projeta dans les ténèbres lourdes et écrasantes de l’inconscience.
[Sortie du jeu]

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 11 Fév - 16:19
Une seule question, et même pas une bonne. Au moins, il n'avait pas eu à tout répeter, ce qui lui procurait une satisfaction certaine après cette soirée qui était loin d'avoir put le faire briller, hormis pour énerver l'adversaire et le conduire à ouvrir un peu trop la bouche et découvrir un peu trop ses fesses. Quoi qu'il en soit, il n'allait pas non plus laisser Jordan dans l'impasse, quoi que la chose soit on ne peut plus simple :

"Ne te bile pas avec ça, la radio est sur la fréquence des talkies, tu n'as pas besoin d'y toucher. En cas de problème, inutile d’appeler la ferme Wallace, ils te connaissent, ils sauront à qui ils ont affaire.

Et fais attention dehors, malgré tout, il y a peut-être quelques morts qui nous suivent ou nous ont repérés, pas d'armes à feux, cela pourrait porter jusqu'au motel et ramener un peu trop de convives."


Sur ce, il se retourna face au volant et commença à récupérer son matériel à tâtons, la sacoche des jumelles, le talkie, son beretta et sa AK, profitant de cette brève accalmie pour s'apercevoir, au toucher, qu'une douille s'était à nouveau coincée au lieu de s'éjecter. D'un mouvement sec et puissant, il tira la culasse, envoyant le morceau de métal entre les deux sièges pour sans doute finir sa course sous l'un d'eux.

A cet instant seulement, il ouvrit la portière conducteur en douceur et se fit légèrement aveugler par l'éclairage des portières, inévitable. Il émergea rapidement du véhicule, suivi derechef par Snatch avant de refermer l'issue, ou plutôt plaquer la portière contre son support avant d'appuyer dessus, bref, la refermer sans la claquer.

Ce qu'il avait de surprenant, c'était le silence, pas un silence de mort, non, juste le silence campagnard d'antan. Une petite brise soufflant l'air frais nocturne et emmenant avec elle les parfums subtils de la nature, pas un grognement ni gémissement de mort, seulement quelques rares stridulations d'insectes et surtout le bruit caractéristique d'un Crotale en chasse, heureusement à bonne distance.

Malgré ces conditions à priori idyllique pour une promenade nocturne, Samuel prit soin d'examiner le Sud, l'Est et le Nord, s'assurant déjà que son périple ne devienne pas vain au bout de trois cents mètres de marche, avant de se retourner et s'appuyer sur la voiture pour examiner l'Ouest où quelques silhouettes "gambadaient" après quelque chose de trop court sur pattes pour pouvoir être distingué dans l'herbe. Bref, aucun danger à l'horizon pour peu que le silence soit maintenu.

Alors évidemment, lorsqu'il entendit un bruit de métal et de bois valdinguer sur le bitume, peut-être même jusqu'à finir le fossé, Samuel ne put réprimer un soupire, passant la main droite dans ses cheveux tout en flanquant son visage à l'intérieur de son coude gauche.

Jusqu'où allait-il garder les nerfs assez solides pour faire avec ce genre de bêtises, lorsque ce n'était pas carrément des tentatives, réussies ou non, de désobéissance à l'égard de ses ordres ? Il n'en savait trop rien, mais pour cette fois, contrairement à James, il ne pouvait pas juste tourner le dos et continuer sa mission. C'est ce pourquoi, laissant les jumelles sur le toit de la Chevy, il prit son fusil d'assaut pour s'enquérir de ce qu'il se passait et, intérieurement, un tout petit peu espérer d'avoir le "casus belli" rêvé pour faire étaler le Vagabond sur le lit et lui tirer une balle avec le calme que l'oreiller lui aurait procuré... Car ce satané inconnu n'était évidemment pas à son poste !

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Sam 13 Fév - 13:22
Au geste d'Ivy, le Vagabond n'eut qu'un simple acquiescement, cette fois sans aucun sous-entendu quelconque. Reportant son attention vers l'extérieur à travers le hublot, il patienta dans un silence de mort que le véhicule redémarre ou qu'à défaut, le chef de camp se présente pour annoncer leur arrivée à la destination qu'il avait décidé, peu importe laquelle il avait choisi. Mais loin de tout cela, c'est une autre présence qu'il discerna d'abord par l'ouïe, puis ensuite par la vue en coin d'une silhouette armée d'une hache, rien que cela. Après la débandade du camp Jefferson, l'inconnu tout juste arrivé, s'il avait sans doute aperçu que d'autres membres du groupe avaient été présents au-delà de la belle, la bête et son maître, la réaction qu'il aurait alors démontrerait que s'il avait pu voir le jeune homme qui n'était en rien un ennemi, il n'en aurait pas retenu les détails le concernant.

Tournant les talons, le Vagabond se dirigea vers le lit de camp, attrapa d'un geste fort sûr de lui son fusil de guerre laissé en arrière et se tourna vers la porte de la caravane en faisant sauter d'un geste la sécurité de son arme, la saisissant à deux mains fermes au niveau de son estomac en pointant le canon droit vers le seul accès du conteneur métallique.

En ouvrant, Jordan pouvait ainsi découvrir en premier lieu l'inconnu qu'il n'avait par concours de circonstance pas vu avant maintenant et qui brandissait une arme AK-47 dans sa direction. Cet homme, grand de taille, a la tête couverte d'une capuche qui voile en partie son visage et plus encore de profil, bien qu'à le voir de face, son visage est plus facile à détailler. Sa barbe noire est longue, son visage blanc presque mat, qu'il s'agisse de son teint ou du fait qu'il n'ait pas pris sa douche depuis un moment. Quoi qu'il en soit, il a une apparence de vagabond ou de ce que l'on disait à l'époque de la société bien pensante : un clochard. Sa capuche est issue d'une veste qui tombe jusqu'à ses pieds, tel un imperméable digne d'un détective privé de la belle époque cinématographique, bien que la veste ne soit pas en très bon état. Ses mains sont entourées de bandes grises en plus mauvais état et clairement salies.

Malgré son apparence négligée et errante, il a tout de même une certaine allure et de près un quelque chose dans ses manières qui ont le don d'attirer l'oeil, au-delà de sa barbe qui est vraiment longue et sa moustache, proprement fournie, signe que sa pilosité s'avère être totalement délaissée. Probablement comme le reste de sa personne ainsi dit plus tôt. Sous sa veste brune, on distingue le col en V d'une sorte de tunique également brune superposée à une autre plus fine et blanche, ou ce qui était à l'origine de couleur effectivement blanche. Entre la première tunique et la veste, une espèce de cordelette néanmoins très épaisse disparaît en dessous et tient peut-être quelque chose.

S'il aurait été légitime pour le jeune homme de craindre à sa vie face au puissant canon de l'arme le menaçant de mort d'un instant à l'autre, il n'en fut rien car l'inconnu au contraire baissa son fusil en penchant quelque peu la tête sur le coté, scrutant de ses yeux de serpent le garçon qui tenait une hache à la main. Il entrouvrit les lèvres avec l'intention de répliquer lorsque, à sa grande surprise au même titre que Jordan, il serait témoin de la hache prise d'une inexplicable envie de fugue en volant vers l'arrière, frappant le sol plus loin avec perte et fracas. Un instant après, ayant regardé aussitôt Ivy par déduction logique puisqu'il avait déjà eu une démonstration au campement, il constatait qu'elle était tombée inconsciente et une grimace irritée fut tirée à son visage. Quelle chance pour que le chef de camp lui attribut, à lui l'inconnu arriviste, la responsabilité de l'état de la jeune femme ?

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 13 Fév - 15:00
La porte ouverte me laissa une vision de la caravane qui n’était pas celle que j’attendais. C’était un homme qui se tenait derrière la porte, et si je savais qu’il y avait un inconnu qui nous avait aidé, ce n’était pas à celui là que j’avais pensé. Le touareg avait laissé place à un clochard. Encapuchonné et armé d’un fusil d’assaut qui était pointé dans ma direction. N’ayant pas le temps de me laisser déborder par la peur ou même de laisser mes sens entrer en action, il abaissa son arme tout en penchant légèrement la tête sur le côté. Me laissant soupirer de soulagement intérieurement. Ce n’était pas ce que j'attendais, mais cela aurait pu être pire. Bien pire. Alors que ma hache fut tirée en arrière sans que je ne puisse la retenir, je me retournais rapidement, observant l’asphalte où ma hache avait rebondi sur le sol, sans aucune aide extérieure. La pénombre me refusait la vue de la destination où ma hache avait terminé sa course. Me retournant vers l’intérieur de la caravane, où l’homme au regard dérangeant observait la jeune femme, couchée. Ivy. Celle qui était morte. A vrai dire, je ne m’interrogeais plus sur la nature du vol de mon arme. Si elle était bel et bien comme nous, il n’y avait qu’elle pour faire ça. Et ça l’avait sans doute bien affaibli en voyant son état.

Je me refusais à aller chercher ma hache maintenant. Plusieurs raisons me firent choisir de plutôt rentrer dans la caravane. Dans un premier temps, je ne voyais presque plus rien à longue distance, surtout dans le noir total de cette nuit hivernale, ensuite, le bruit qu’avait fait ma hache était assez lourd pour pouvoir attirer des morts ou vivants qui se trouvaient à proximité, et je n’avais aucune envie qu’ils me tombent dessus alors que j’étais seul, désarmé, et blessé. Montant dans la caravane en passant juste à côté de l’inconnu, je pris la peine de ferme la porte de la caravane grâce à ma main droite juste après m’être légèrement retourné pour avoir une vue sur la poignée. Une fois fait, je me dirigerai vers la jeune femme. Et si jamais l’inconnu aux yeux de serpent m’avait parlé, je n’y prêterai aucune attention.

Posant mon index et mon majeur de la main droite sur sa gorge, sentant avec soulagement un pouls, extrêmement rapide mais qui ralentissait sans pour autant m’inquiéter. Il était vrai que mon visage était recouvert de sang, je n’y avais repensé que lorsque j’avais senti une goutte glisser sur mes lèvres. Elle ne me connaissait pas et avait dû être effrayée. Je fermais brièvement les yeux tout en expirant lourdement avec mon nez, elle avait perdu conscience à cause de moi. Glissant ma main gauche sous son aisselle droite, puis ma main droite derrière ses rotules dans le but de la soulever pour la remettre correctement sur le lit tout en évitant de la traîner ou de la malmener encore plus, j’y arrivais sans grande difficulté. Elle n’était pas si lourde que ça, et même si j’avais perdu pas mal de forces depuis mon réveil, j’arrivais tout de même à supporter son poids. Seul le contact de mon avant-bras blessé avec ses vêtements me fit serrer les dents.  

Ne faisant fi de ce qui se passait dans la caravane, que ce soit vis à vis de cet inconnu ou bien de ce qui pouvait arriver de dehors, je plaçais ma main droite derrière l’épaule de la pauvre jeune femme en la faisant basculer légèrement sur le côté, laissant son dos en face à face avec la paroi de la cage d’acier dans laquelle nous étions. Attrapant rapidement un manteau vert volé à un cadavre ambulant quelques semaine auparavant pour le mettre sur mes épaules de la jeune femme, ce qui avait pour but de lui servir de couverture.

Tout en me relevant, je posais une question à l’homme aux prunelles dignes du vil Nahash, qui j’espérais, ne possédait de lui que ses yeux, une seule question. Et si jamais il m’en avait posé d’autres auparavant, il n’aurait pas eu de réponse, et n’en aurait pas. J’estimais que ma questions valait toute les autres.

“Où est votre ami, le motard ?”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 15 Fév - 15:02
En fait de réponses, Samuel vit seulement Jordan se retourner vers l'intérieur de la caravane et y entrer en prenant bien soin de refermer derrière lui. Alors en chemin et peinant à ne pas trainer les pieds à cause de sa lassitude, il se stoppa purement et simplement et emplit l'obscurité d'un nouveau soupire.

Cependant, loin de se démonter et heureusement assuré que la zone était plutôt propre, le chef de camp tapota sa cuisse puis s'accroupit pour pouvoir poser sa main sur le dos de Snatch, lâchant une brève caresse avant de tendre le bras dans la direction où la hache avait chuté, murmurant :


"Cherche, cherche la hache."

Derechef, l'animal se lança avec une certaine désinvolture, marchant seulement quelques mètres et s'y reprenant à deux fois pour arriver à saisir correctement l'outil/arme avant de revenir auprès de son maitre qui se répandit en félicitations murmurées. Ce n'est que lorsqu'il chercha à se saisir de la hache qu'il sentit une résistance qui lui interdisait totalement d'en prendre possession. Évidemment, il savait bien ce qu'il était en train de se passer et, même dans cette pénombre qui ne lui permettait que de distinguer la silhouette du chien, il se laissa aller, toujours à voix basse :

"Snatch, c'est pas un jouet, lâche ça. Allez, fais pas l'enfant, on jouera quand on sera arrivés... Allez..."

A présent redressé, le jeune homme gardait son emprise sur le manche de hache, s'empêchant tant bien que mal de céder à l'envie de secouer l'objet dans tous les sens, ce qui n'aurait surement pas donné l'envie à l'animal de lâcher son bien. Finalement, bien décidé à ne pas perdre inutilement son temps sur quelque chose d'aussi futile, il lâcha l'objet de la discorde pour s'en retourner calmement vers la voiture.

Grand bien lui en fit puisque, rapidement lassé de ne plus avoir l'attention de son maitre, le canidé reposa la hache au sol avant de s'asseoir, sage comme une image. Ainsi, Samuel put à nouveau le féliciter pour son travail et finalement prendre l'imposante arme pour la poser sur le siège passager de la Chevy, la seule difficulté étant alors de faire comprendre à son jeune ami qu'ils ne repartaient pas en voiture.

Ceci fait, ce fut un soupire de soulagement qu'il émis avant de jeter un œil dans ses jumelles, elles-même dirigées vers l'Est, et se mettre en marche en prenant bien soin d'avoir son gardien auprès de lui et son fusil prêt à répliquer.

Il parcouru quelques quatre cents mètres avant de voir quelque chose de suspect sur la route, un corps allongé sur le ventre qui ne semblait pas décidé à changer d'emplacement. Le plus intéressant de la scène était un joli mais grand sac à dos et une batte de baseball encore fermement serrée par son ancien propriétaire. Malgré cette intéressante découverte, il se préserva de presser le pas, gardant surtout un œil sur ses flancs afin de s'assurer de ne pas tomber dans un piège grossier de la part de bandits qui pourraient s'être cachés.

Ainsi, quelques longues minutes plus tard, il se retrouvait cette fois à marcher avec une grande parcimonie, le fusil pointé sur la masse informe sur le sol. Ce n'est qu'une fois le pied sur la batte de baseball et le canon enfoncé dans le cou du malheureux, la peau aussi fragile et endommagée que du vieux papyrus malgré le froid, qu'il daigna enfin baisser partiellement sa garde et fouiller le cadavre à tâtons.

De cette fouille ne ressortit qu'un seul objet notable, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agissait d'un kit de montage de rail pour lunette de combat, le tout accompagné d'un optique moyenne-portée. Quelque chose de si précieux et si inutile pour un pauvre ermite avec une batte que c'en était presque hilarant. Cependant, loin de se laisser distraire, Samuel vola le grand sac à dos et y rangea la batte de baseball ainsi que son propre sac, vide et si léger qu'il l'avait quasiment oublié de toute cette aventure. Une fois le dos bien alourdit cette fois, il prit la peine de saisir le cadavre par les aisselles et le trainer sur le bord de la route... Un mort qui non seulement n'essayait pas de le mordre, mais qui en plus lui offrait un tel cadeau au moment où il ne l'attendait pas, cela méritait quand même un peu de respect... Tout du moins, tant qu'une autre menace ne pointerait pas le bout de son nez.
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