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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Chambre 2 - 19/02/2035
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mer 17 Fév - 22:51
Interprété par Ivy Lockhart et Jordan Getz.

J'avais laissé passé une journée, une journée durant laquelle j'avais essayé de m'occuper au mieux de monter la garde mais aussi de la petite Ivy en changeant au mieux ses compresses de fortune fabriquées avec une chemise déchirée et en arrangeant au mieux ses draps et couvertures lorsqu'ils s'étaient faits éjectés par des mouvements trop brusques de la part d'une jeune femme ayant une nuit difficile. Durant cette journée, je n'avais pas, ou presque pas eu d'échanges avec elle, et à vrai dire, je me sentais seul dans cette grande maison, et je n'avais aucune envie de me mêler à Samuel ou à l'inconnu que je considérais plus comme un intrus qu'un allié. Je le qualifiais plus de paria que d'intrus. Même si notre premier contact n'avait pas été très bon, pour ne pas dire complètement catastrophique, j'estimais qu'il était tout à fait possible de partir sur de bonnes bases et d'arriver à une relation saine avec elle. Je ne prendrai pas ma hache pour la rencontrer.

Rester tourner en rond toute la journée ou bien partir aux abords du lac, rien d'autre à faire que de marcher encore et encore. La solitude me pesait. Je n'avais jamais été un grand bavard, mais un minium de chaleur humaine et de conversation auraient étés grandement appréciés. Je ne la connaissais pas, j'avais envie et besoin de me faire un avis à son sujet, je ne tenais pas à devoir me méfier des trois personnes qui se trouvaient sous le même toit que moi. J'étais résolu à lui parler après de longs instants d'hésitation passés à aiguiser ma hache, encore et encore, alors qu'elle était assez tranchante pour fendre en deux un homme sans le moindre effort. J'avais réussi à enlever une bonne partie du sang qui se trouvait sur le fer de mon arme. Même si quelques traces se retrouvaient par ici ou par là. On lit l'usure des hommes aux cicatrices qu'ils portaient sur leur corps, le mien, avait été refait, mis à part les quelques égratignures qui se trouvaient sur mon avant-bras et sur la partie gauche de mon visage. Une qui resterait certainement bien longtemps était celle qui se trouvait au niveau de mon arcade sourcilière. J'espérais juste que les quelques autres qui se trouvaient juste en dessous de mon œil, en haut de ma joue finiraient par disparaître. J'étais revenu tout neuf, et j'étais déjà abîmé.

J'étais remonté à l'étage, arrivé au fond du couloir, je me mis à regarder vers ma gauche, observant la porte de la chambre de la petite Ivy. Elle était fermée, je soupirais de soulagement puis me rendis dans la chambre que j'occupais pour pouvoir déposer ma hache sous le lit que je m'étais attribué juste avant de regarder par la fenêtre. Le soleil était assez haut dans le ciel, j'imaginais donc qu'elle était réveillée. J'espérais aussi qu'elle était en meilleure forme. Cela faisait beaucoup d'imagination et d'espoir. Bien trop. Beaucoup trop. Mais ce n'était pas en restant assis sur le lit à attendre bêtement que j'influerai sur ces choses. Je sortais de ma chambre pour arriver devant la porte de celle qui était jute en face de moi. Baissant la tête pour pouvoir observer la pointe de mes pieds juste avant de lâcher un soupir destiné à m'encourager, à libérer mon corps avant de relever la tête, mais aussi le poing droit pour venir frapper doucement la porte à trois reprises, attendant qu'elle me dise d'entrer, ou non, ou autre chose. Elle était d'ailleurs peut être encore endormie, et si c'était le cas et qu'elle ne me répondait pas, je la laisserai tranquille pour repartir vaquer à mes occupations.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 18 Fév - 0:50
Malgré ma fatigue - paradoxale pour quelqu’un ayant eu droit à un repos de trois semaines - j’avais eu un mal fou à trouver le sommeil avant une heure avancée de la nuit. Un sommeil lourd et agité de cauchemars, des souvenirs mêlés d’horreurs et de souffrance, où le fléau s’abattait sans discontinuer sur ceux auxquels je tenais, les emportant tous les uns après les autres. Des cauchemars coupables, où je me voyais aussi victime que responsable de ces atrocités, des onirismes emplis de râles gutturaux et de cris d’effroi et de souffrance, desquelles il m’arrivait de m’éveiller, en sueur et en larmes, la respiration haletante, les couvertures rejetées au loin. Plusieurs fois j’eus ces désagréables réveils, jusqu’à finalement sombrer et m’abandonner à Morphée, pleinement, alors que filtraient par la seule fenêtre de la chambre les premières lueurs de l’aube.

Quand je me réveillais à nouveau, la chambre se voulait nimbée d’une pleine luminosité, et s’il me fallut de longues minutes pour émerger de mon sommeil et réussir à ne plus grimacer sous les rayons du soleil, il m’en fallut le double pour me remettre ma situation et l’endroit où je me trouvais à l’esprit. Me levant finalement avant d’enfiler le jean et la chemise trouvés la veille - bien trop amples pour moi au point que je dus en retrousser les manches du pantalon comme de la chemise - je m’étais approchée de la fenêtre de la baraque, contemplant ce monde extérieur que je m’étais mise à redouter au-travers des carreaux ternis par une légère couche de poussière.

D’un geste sec, j’avais soulevé la fenêtre à guillotine et laissé entrer une bouffée d’air frais dans la chambre, dont les odeurs de charognes n’avaient en réalité rien à envier à l’atmosphère intérieure de la baraque. Néanmoins, j’y trouvais là un parfait compromis entre ma toute nouvelle crainte du monde extérieure et mon désir, mon besoin de l’affronter. Les deux mains en appui sur le rebord de la fenêtre, je penchais légèrement la tête par celle-ci, avant de m’y appuyer de mes avants-bras, les mains jointes par mes doigts entrecroisés. Le visage fermé, le regard contemplatif, je laissais mes noisettes promenaient sur ce paysage abstrait, baigné d’un flou indistinct de nuances jaunâtres sous un ciel bleuté et ensoleillé. Je pris une grande et profonde inspiration, cherchant un apaisement intérieur dans ce calme tout relatif. J’essayais de chasser les reliquats de mes cauchemars nocturnes, ainsi que les souvenirs des cauchemars vécus.

Un instant de légèreté qui ne dura pas plus de quelques minutes, soudainement interrompu par trois coups répétés contre le battant de la porte de ma chambre. J’avais lentement tourné la tête en direction de la porte, fronçant légèrement les sourcils en me questionnant sur l’identité de ce visiteur. Quelque part, j’espérais vraiment que le Canadien se trouve derrière cette porte, moi qui n’avais pas encore eu - ou plus exactement avait cherché à l’éviter - l’occasion de lui parler, de m’excuser, de discuter de choses légères, et d’autres bien plus graves.

Je me redressais puis marchais jusqu’à la porte, d’une allure assez lente, chaque pas faisant grandir en moi l’appréhension d’avoir à faire face à mes responsabilités, le soulagement comme la crainte, la joie comme la culpabilité. Avec cette même lenteur caractéristique, je tournais la poignée puis ouvrais la porte, glissant d’abord un oeil par entrebâillement de celle-ci avant de l’ouvrir plus grandement.

Déception et curiosité me saisirent en même temps d’une étreinte contradictoire alors que je découvrais un visage inconnu. Je fronçais les sourcils et plissais les paupières en dévisageant le jeune homme qui se tenait-là, face à moi, avant de lui adresser un mince sourire poli, et quelque peu forcé.

“Euh… Salut…” avais-je soufflé, hésitant légèrement quant à la suite des mots à prononcer ; puis préférant finalement l’option du silence, me contentant simplement de lever ma main droite en un petit geste de salut tout à fait commun.

Un flottement de quelques secondes passa, où je restais figée et stoïque en le dévisageant, forçant sur mes yeux pour mieux discerner ses traits, avant que je n’ai le réflexe de me reculer de quelque pas, ma main gauche lâchant la poignée de la porte.

“En… Entre si tu veux…” lui avais-je proposé en m’écartant légèrement de côté.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 18 Fév - 12:48
La porte s’ouvrit, me laissant découvrir la petite Ivy debout, qui était, à priori, bon signe. Elle n’avait pas l’air en pleine forme, mais bien heureusement, elle allait mieux, et ça se voyait. Elle semblait perdue lorsqu’elle me vit sur le palier de sa porte, je ne l’avais rencontré qu’une fois précédemment, et dans des conditions qui étaient loin d’être enviables. A son salut plus que bref et timide, je lui répondis en arborant un léger sourire mais franc, tout en levant ma main droite au niveau de mon oreille, signe identique au sien :

“Salut.”

Je ressentais son malaise face à l’inconnu que j’étais pour elle, et cette gêne pris possession de moi, alors que je prenais une grande inspiration silencieuse durant ce bref silence qui semblait durer une éternité, je fis heureux qu’elle m’invite à entrer. Je la remerciais d’un sourire plus marqué sur mon visage tout en entrant dans sa chambre pour faire un pas de côté pour la laisser fermer la porte tout en lui soufflant dans un murmure qu’elle seul aurait pu entendre :

“Merci.”

Une fois la porte refermée derrière nous, je la regarderai dans les yeux qu’elle avait plissés, me laissant penser à une certaine méfiance de sa part vis à vis de ce que j’étais pour elle, un inconnu. Laissant mon sourire devenir plus léger pour me permettre de lui parler clairement, je prenais une légère inspiration tout en venant coller mes paumes les unes contre les autres, les serrant pour essayer de contenir ma nervosité face à cette situation que je trouvais légèrement oppressante, je lui lâchais d’une voix calme et basse :

“Je suis désolé de te déranger, je voulais juste savoir comment tu allais.” Reprenant une légère et rapide inspiration avant de parler d’une voix légèrement plus forte, d’une voix plus confiante : “Je m’appelle Jordan, Jordan Getz, je suis arrivé au camp il y a environ deux semaines. Je voulais aussi m’excuser pour la caravane, tu me reconnais peut être pas, mais c’était moi avec la hache, et… euh… le sang.” J’avais passé ma main droite juste au devant du mon visage, du bas de ma mâchoire jusqu’au niveau de mon front deux fois de suite pour lui montrer que c’était bel et bien sur mon visage que le sang s’était trouvé lors de cette soirée chaotique. Ce n'était peut être pas utile de le préciser, mais vu la réflexion que l'autre paria m'avait faite à ce sujet, j'avais le sentiment que je devais informer la petite Ivy de ce fait-ci.

“Je veux pas te déranger, juste pour te faire savoir que je suis dans la chambre en face si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, je serai là.”

Je ne lui avait pas laissé le temps de me répondre, je me sentais mal face à elle, face à la réaction qu’elle aurait pu avoir en apprenant que c’était moi qui avait eu cette tête là. Cette tête, ce visage, écarlate, rougie par le sang qui aurait pu être mien, ou bien celui d’un autre. J’espérais juste qu’elle ne se sentirai pas mal de dormir juste en face d’un homme qui avait massacré une femme.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 18 Fév - 21:37
“Pas d’quoi,” avais-je répondu au jeune homme en m’écartant pour le laisser entrer. Lentement, posant mes noisettes dans son dos, je l’avais observé avancer avant de refermer la porte d’un geste lent. Juste le temps pour nous de nous faire face à nouveau. Assez tranquillement, j’avais croisé mes mains derrière mon dos puis pris appui contre le battant de la porte refermé, mes yeux rivés vers le sol et la contemplation de mes orteils, jusqu’à ce que le jeune homme reprenne la parole. Ses mots m’arrachèrent un sourire en coin, à la fois sincère et résigné, ainsi qu’à des pensées bien plus sombres accompagnées d’une tenace appréhension.

Relevant d’abord les yeux, puis le menton, j’avais cherché à accrocher son regard de nouveau, le laissant aller au bout de sa présentation et de ses propos. A l’évocation de ce qu’il s’était passé dans la caravane, de ses explications comme de ses excuses, j’en déduisais qu’il s’agissait de l’homme qui était monté peu après que nous nous soyons arrêtés. L’homme contre lequel cette… chose qui me possédait et que je ne parvenais pas à contrôler s’était exprimée. Mes noisettes posèrent sur lui un regard désolé, que je m’efforçais à maintenir bien que la tentation de fuir était grande. Mais je devais reprendre la parole, lui répondre quelque chose.

“Ivy. Ivy Lockhart,”
avais-je fini par me présenter à mon tour, brisant le maigre écart entre nous et rompant ma posture assez renfermée pour tendre ma main droite dans sa direction, dans un geste de salut un poil plus franc et amical que le précédent, gratifié d’un mince sourire plus chaleureux.

“C’est gentil à toi de… de… de t‘inquiéter... pour moi,” continuai-je presque aussitôt, laissant finalement mon regard fuir en direction de la commode placée sur ma droite pour quelques secondes, puis revenir à lui. “Je vais bien… Je crois. Juste… J’ai encore un peu de mal à… à… à revenir… à la réalité, tu vois ? Et… Enfin… C’est à moi de te présenter des excuses pour..." J’hésitais plus longuement, cherchant mes mots, un terme à poser sur le phénomène qui l’avait frappé. “... pour, pour… pour le truc avec ta hache, hier… Non attends… avant-hier ?”

Dans une grimace pensive, j’avais amené ma main gauche gratter le sommet de mon crâne, mes sourcils se fronçant tandis que je m’efforçais de recoller les morceaux épars de mes souvenirs. Mes noisettes quant à elle se perdaient à nouveau dans la contemplation du plancher, comme si ce dernier pouvait receler les réponses que je cherchais à mes nombreuses questions.

“Putain, J’suis complètement paumée…”
lui confessai-je dans un murmure, finissant par me masser la tempe gauche dans un reniflement.

“Je… J’ai vu, sur les registres, beaucoup de noms que je ne connais pas. Jordan, Jian, Johann… J’sais même pas quel jour nous sommes à vrai dire… J’ai l’impression d’être complètement étrangère à… à tout ça… Donc… Enfin… Tu me déranges pas, t’inquiètes... “

Je posais une nouvelle fois mon regard sur lui, opinant très légèrement de la tête avant de finir par me décoller de la porte pour aller m’asseoir sur le lit non loin, tapotant le matelas de ma main droite pour l’inviter à s’asseoir à mes côtés s’il le souhaitait.

“Assis-toi s’tu veux,”
lui proposai-je pour renforcer mon invitation, avant de désigner les draps retournés d’un geste désinvolte de ma main gauche. “Fais pas gaffe au bordel… J’ai passé une… une sale nuit dira-t-on ; et j’dis pas non à un peu d’compagnie… Enfin, une compagnie plus agréable que celle de l’aut’ clodo,” précisai-je non sans laisser transparaître un certain amusement nuancé de lassitude.

Que Jordan me rejoigne ou non, j’aurais fini par remonter mes genoux contre ma poitrine, les entourant de mes bras avant de caler mon menton contre le sommet de ceux-ci, avant de lui poser une nouvelle question.

“Toi aussi t’es un ressuscité ? Un dégénéré comme ils disent ? Ou… Ou t’es un gars genre… normal ?” lui demandai-je en laissant glisser mes prunelles sur sa personne, d’un ton parfaitement sérieux, mais sympathique.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 18 Fév - 22:53
Elle avait des yeux d’un léger marron que je n’avais pas remarqué auparavant, malgré le fait que j’étais resté m’occuper d’elle pendant de longs moments, je ne l’avais jamais vu ouvrir les yeux… Jusqu’à maintenant. Je souriais en entendant ses paroles, son nom d’une première part, mais aussi à la vue de sa main tendue. Je lui tendais ma main droite presque machinalement, directement, ce qui me fit sourire bien plus franchement. J’étais bien plus heureux de cet échange, qui ne faisait que commencer, mais j’étais satisfait. Satisfait de la tournure qu’il avait pris, peut être que je n’étais pas seul ici finalement. Un peu de chaleur humaine et de relations sociales ne pourraient me faire que du bien, comme c’était le cas actuellement.

Bizarrement, je n’avais pas arrêté de sourire, moi qui avait gardé un visage fermé depuis bien longtemps. Actuellement, je me sentais bien, malgré tout ce qu’il s’était passé, tout ce que je n’avais pas pu faire... Je ne me sentais pas coupable, je me sentais juste bien à cet instant. C’était sans doute la première fois depuis mon réveil que je me sentais aussi bien. Certainement encore plus lorsqu’elle me parla de mon inquiétude à son sujet. Bien plus.

Mon sourire s’était légèrement atténué mais restait toujours perceptible sur mon visage lorsqu’elle s’excusa pour ce qui s’était passé l’autre soir, je me sentais un peu gêné pour elle lorsqu’elle bégayait. Elle ne semblait pas encore complètement remise, j’étais peiné face à ce fait, mais toujours bien plus rassuré quant à son état en la voyant et en l’entendant parler comme ceci. Je la regardais toujours, dans les yeux, ou bien posant mon regard sur son visage si son regard me fuyait. Lui répondant d’une voix que j’essayais de faire la plus douce possible :

“Non, non, ne t’en fais pas. C’est pas grave, ne t’en fais pas, tout va bien.”


Elle semblait réellement perdue, je ne savais  pas ce qu’elle avait enduré, mais je n’avais pas envie de lui demander, je ne souhaitais pas aborder un sujet sensible par mégarde, surtout pas avec elle, qui était sans aucun doute la seule personne avec qui je pouvais avoir une relation humaine un minimum correcte. Je la laissais exposer ses doutes, ses questions, ses incompréhensions, je la laissais marcher et venir s'asseoir sur son lit alors qu’elle m’invitait à la rejoindre. J’eus un rire silencieux, qui était resté enfermé dans ma bouche, mais qui avait dû se lire sur mon visage et s’entendre lorsqu’un souffle s’enfuyait de mes narines. Je préférais moi aussi sa compagnie à celle du paria.

Alors que je m’avançais pour rejoindre la petite Ivy, je me me décidais à lui parler, afin de la rassurer, mais aussi pour répondre à ses interrogations.

“Jian et Johann sont arrivés en même temps que moi au campement, il y a deux semaines, il y avait un quatrième, mais il a décidé de partir quelques jours après. Nous sommes arrivés y a environ deux semaines, et nous sommes arrivés le cinq février, si le calendrier est vrai, nous sommes le dix-neuf. Si le calendrier est bon.”

J’avais souris de plus belle sur ma dernière phrase, alors que je m’étais approché du lit tout en lâchant ma longue tirade. M'asseyant à gauche de la petite Ivy, posant ma main droite pour m’aider à m’installer pour enfin reculer mon postérieur jusqu’à ce que le bord du matelas vienne se caler contre l’arrière de mes rotules. Je l’avais regardé. Regardé coller ses genoux contre sa poitrine. Je n’avais cessé de l’observer qu’au moment où elle avait posé sa question. J’avais cessé de sourire. Mon expression était certainement bien plus grave. J’étais un homme, pas un dégénéré. Je prenais une longue inspiration, réfléchissant à ma réponse, à sa question. C’était elle qui avait fait ça avec ma hache, elle était comme moi. Se considérait elle comme une dégénérée ? Avait-elle honte d’être ce qu’elle était ? J’avais eu quelques pointes de culpabilité en repensant à ma résurrection. Je m’étais posé la question du “Pourquoi moi ?” puis, je m’y étais fait. Cessant de penser à cela à chaque instant. Trop réfléchir me faisait soulever des questions aux réponses qui restaient désagréables pour moi. Mon regard était fixé devant moi.

“Je suis un ressuscité. Comme Johann et Jian. Mais je ne suis pas un dégénéré. Je reste un homme, quoi qu’il ait pu m’arriver.”

J’avais tourné ma tête vers la droite, pour  planter mes yeux sombres dans ses noisettes plus claires, tout en souriant de plus belle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 19 Fév - 19:41
J’avais soutenu le regard de Jordan durant quelques secondes, hochant finalement la tête assez lentement en entendant sa dernière remarque à propos de sa nature. Notre nature. Je me mordillais légèrement la lèvre inférieure en m’apercevant qu’il semblait avoir mal pris le terme de dégénéré, bien que je devais lui reconnaître que j’avais lâché ce mot sans prendre aucune mesure. Et quelque part, j’en ressentis une légère culpabilité que celle de l’avoir induit en erreur à ce sujet.

Détachant mon regard du sien, j’avais replongé mon visage contre mes genoux, mes lèvres posées contre ceux-ci, mon nez dominant leur sommet dans un souffle las et profond. Dans mon esprit ne cessaient d’ailleurs de tourner les informations qu’il m’avait confié à propos de la date actuelle. Le 19 Février. Malgré mon premier réveil et les quatre mois écoulés, je n’en revenais pas d’avoir pu passer plus de trois semaines parmi le monde des morts sans n’en garder aucun souvenir. D’ailleurs, je souffrais véritablement de ne pas savoir quand est-ce que j’étais réellement revenue d’entre les morts - ou les infectés - pour la seconde fois. Mon calvaire entre les mains du Libérateur se voulant aussi inquantifiable en temps qu’en horreur.

Durant une longue minute, peut-être même deux, j’avais gardé un silence contemplatif, mes noisettes rivés droit devant moi, vers la porte de la chambre comme si je craignais de voir quelqu’un d’autre débouler. Sûrement Samuel, ou ce vagabond. Peut-être même les deux, l’un ayant entendu les aveux de l’autre quant à mon rôle dans toute cette débâcle. Une pensée, une crainte, qui m’arracha un frisson glacial me parcourant l’ensemble du corps et me faisant trembler des pieds à la tête l’espace de quelques secondes, juste avant que je ne reporte à nouveau mon attention vers le jeune homme, décollant mes lèvres de contre mes genoux.

“Celui… Celui qui nous a nommé ainsi… ne semblait pas être péjoratif en l’énonçant…” avais-je finalement repris, cherchant à dissiper le doute que j’avais peut-être fait naître chez Jordan. “Il semblait vraiment persuadé que nous… nous étions… comment dire ? Supérieurs ? Ou différents… Il… il m’a dit que nous étions des dégénérés, à mi-chemin de la vie et de la mort. Et que les hommes, les normaux… nous redoutaient, craignaient ces histoires de… phénomènes et de résurrection… et… et… et je t’avoue que j’sais pas trop comment l’appréhender. Ni quel… quel sens donner à tout ça…”

Je plissais les paupières en le détaillant, forçant de nouveau sur mes yeux pour mieux distinguer son visage, les écorchures qui le barraient. Chacune d’entre elles me renvoyaient à ma propre culpabilité, ma responsabilité. Je déglutis en repensant à ce que j’avais avoué au Libérateur. Je crispais mes mains autour de mes avants-bras pour en atténuer les fébriles tremblements qui venaient de les saisir, tout comme mes lèvres.

“Je… J’ai essayé de sortir… hier ? Je crois que c’était hier soir oui… Mais…” Je secouais la tête avec une certaine amertume. “J’ai pas réussi, à franchir la porte d’entrée…” Je lâchais un bref soupir moqueur envers moi-même. “Et ya pourtant pas de raison de craindre non ? J’veux dire, ya Samuel et ce type qui sont tout à fait capables de nous protéger, quoi qu’on dise de c’gars-là… J’ai… C’est lui qui m’a ramené après tout… Mais non… Rien à faire…”

D’un mouvement lent, je détournais la tête pour contempler la fenêtre de ma chambre encore ouverte, une grimace mélancolique sur le visage. “Chaque fois que je suis sortie du campement, ya eu des victimes… D’abord Matthew, puis Samuel, puis Doug, puis Takashi et moi...” Je secouais la tête une nouvelle fois. “J’suis un vrai aimant à emmerdes, t’as qu’à demander à ta hache…” ironisai-je amèrement avant de reporter mon regard sur lui. “J’dis pas ça pour toi… enfin j’veux dire… j’te traite pas d’emmerdes quoi…” crus-je bon de soudainement préciser pour ne pas froisser le jeune homme, un mince sourire désolé ponctuant mes derniers propos, avant de me décider de complètement changer de sujet de conversation.

“Sinon, t’es revenu dans quel coin de Snyder ? La plupart d’entre nous ont été ramené par Matthew ou Calvin mais… comme ils n’étaient plus là quand t’es arrivé, j’me demande qui c’est qui t’as trouvé…”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 19 Fév - 22:22
Un regard clair empli de tristesse et de regrets. Voici ce que j’observais en elle. Son hochement de tête ne me semblait avoir été présent uniquement par pure politesse. Le fait qu’elle détourne son regard pour planter son menton entre ses genoux me firent regretter ma réponse. Je n’avais aucunement voulu l’embarrasser, de quelconque manières, mais c’était l’impression que j’avais. Laissant mon sourire disparaître, lui qui, n’était là que pour mettre à l’aise la petite Ivy, même s’il était vrai que j’appréciais ce contact humain avec elle. J’étais surtout resté à l’écart depuis mon arrivée au camp, depuis mon réveil, depuis la fin en fait.

Je laissais mon regard suivre celui d’Ivy, se posant sur le pan de mur où se trouvait la porte que j’avais emprunté quelques instants auparavant. Reprenant ma respiration lentement, calmement, alors que le silence était devenu maître dans cette pièce. Un silence calme. Sans être oppressant, sans être lourd, juste le silence. Paisible et unique. Un instant de tranquillité que je ne regrettais pas, que je ne refusais pas, un instant de tranquillité qui avait été impossible à dénicher depuis la fin.

Un instant de tranquillité qui n’avait duré qu’un instant. Cela ne me dérangeait pas de converser avec Ivy, pas le moins du monde. Je posais mon regard dans ses yeux lorsqu’elle repris la parole, l’écoutant avec attention. A vrai dire, son explication sur les termes qu’elle avait employé sur ce que nous étions m’intriguait. Pas péjoratif ? Supérieurs ? Peut être qu’une expression de surprise pouvait se lire sur mon visage alors que je pensais à ce que devais ressentir Ivy, elle devait être perdue, elle avait l’air perdue. Mais je pris une grande inspiration avant de lui répondre, sincèrement.

“Mon père m’a dit un jour, que nous étions tous des hommes, et que nous étions tous différents, mais tous identiques. Notre point commun, c’est que nous sommes tous différents. C’est encore plus vrai aujourd’hui. Je suis un homme, je suis humain, et je le sais. Les gens auront toujours peur de l’autre, et certainement bien plus aujourd’hui. Mais bon. Les choses sont comme elles sont.”

J’avais eu un léger sourire alors que je lâchais ma tirade, détachant mes mains pour les rattacher quelques instants après. Un léger pincement au cœur m’était apparu alors que je repensais à Stan. J’étais fier de lui, et à présent, j’étais heureux de pouvoir me souvenir de ce qu’il m’avait appris, de ce qu’il m’avait dit, de me dire que je ne l’avais pas oublié. Il avait été un grand homme, et j’étais fier de l’avoir suivi. Une sensation de bien être m’envahissait alors que je repensait à lui. Ivy avait recommencé à parler, m’exposant ses peurs, ses doutes… Je me sentais peiné pour elle, peut être que le fait d’avoir repensé à Stan m’avait rendu plus sensible sur le coup, ou bien le manque de relations humaines depuis plusieurs mois… A la fin de sa tirade, qui avait fait naître en moi un sentiment de mal-être, j’avais passé ma paume de ma main dans son dos, passant de bas en haut, puis recommençant dans le but de la rassurer, prenant une voix aussi douce que possible dans l’espoir de la faire se sentir mieux.

“Hé ! C’est pas grave Ivy, c’est tout à fait normal après tout ça… Personne ne t’en voudra, arrête de te tracasser pour ça, d’accord ?”

J’avais adressé un grand sourire à la petite Ivy alors que j’avais posé mes yeux sombres dans ses noisettes. Je commençais à l’apprécier, elle, ce qu’elle était, ce qu’elle me laissait percevoir, ce qu’elle me disait… Cela me faisait mal au cœur de me dire qu’elle se sentait aussi mal que ça.

Laissant ma main revenir rejoindre sa jumelle alors qu’Ivy se retournait pour observer la fenêtre pour en venir à parler encore de son malheur, alors qu’elle se lamentait sur son sort. J’avais envie de réconforter, du mieux possible, je le souhaitais vraiment, mais j’en étais incapable. A l’écoute de ces noms qui m’étaient inconnus, sans doute des victimes, encore et encore, à l’exception de Samuel, qui était là. Je ne savais pas quoi lui dire, et je ne souhaitais pas parler de quelque chose dont je ne savais rien, c’était sans aucune doute un sujet épineux, et bien heureusement pour moi, elle était repartie pour me parler de ma hache, un brin d’humour ne faisait que détendre l'atmosphère, et ce n’était pas un mal. Au contraire. Un brin d’humour auquel je répondis par un rire franc, un rire qui n’avait duré que quelques secondes, mais qui restait tout de même sincère. Mon sourire s’était fait plus grand en entendant sa dernière phrase, celle qui m’expliquait que non, elle ne me qualifiait pas d’emmerde.

“T’en fais pas, j’avais compris Ivy.”

L’ambiance semblait devenir plus légère, ce qui était appréciable, à mon sens, puis elle vint à changer de sujet, pour me poser une question sur moi, sur l'endroit où je m’étais réveillé, je n’aimais pas tellement parler de moi, mais j’avais l’impression que ce n’était que des banalités, et puis, elle s’était ouverte à moi, je me devais de faire un effort.

“Hum… Je me suis réveillé à côté d’une ferme. Un gros chien de garde en guise de prince charmant, et un grand-père qui avait posé le canon de son fusil sur ma tête. Nelson. Et dire que je me plaignais de mon réveil dans l’ancien temps.”

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 20 Fév - 1:48
Je n’avais pu retenir un franc sourire accompagné d’un souffle amusé en entendant Jordan me parler de son réveil auprès du vieux Nelson. Un sujet plus léger, si on le voulait, qui me permit de décroiser mes bras d’autour de mes cuisses, pour finalement venir plaquer un poing serré contre mes lèvres, essayant tant bien que mal de dissimuler mon rictus amusé. Lentement, j’avais glissé un regard en coin vers le jeune homme, légèrement plus brillant d’une certaine complicité naissante, me faisant la remarque que nous partagions finalement plus qu’un simple réveil.

“Alors comme ça toi aussi t’as eu droit à un réveil en tête à tête avec un canon de fusil ?” lui avais-je demandé dans une question purement rhétorique, avant de me redresser légèrement, bombant le torse et forçant sur ma voix dans des tons bien plus graves et vieillis.

“Vous avez salopé mon plancher, jeune fille…” avais-je répété dans une très mauvaise imitation du vieux fermier, avant de reporter mon attention vers le jeune homme. “J’venais de dégueuler par-dessus son matelas quelques instants après mon réveil,” expliquai-je ensuite à Jordan. “Puis Nelson est entré, fusil à la main, nous braquant Samuel et moi - on s’est réveillés ensemble - en me balançant cette remarque et nous demandant ce qu’on foutait chez lui…” Je secouais lentement la tête en me remémorant la scène, non sans en ressentir désormais une sincère mélancolie joviale.

“J’en n’avais aucune putain d’idée à c’moment-là… Il a sûrement dû m’prendre pour une tarée quand j’lui ai dit que j’en savais rien, que je pensais être morte… Bref, le laïus habituel…”

Evoquer ainsi les souvenirs de mon premier réveil, qui me paraissait depuis bien plus agréable et sujet à plaisanterie que le second, me faisait ressentir un certain soulagement, accompagnée d’une douce légèreté. Tendant mes deux bras en arrière, plaquant mes mains sur le matelas derrière moi pour prendre appui sur celles-ci, légèrement penchée en arrière, j’étirais finalement mes jambes devant moi, laissant pendre mes pieds dans le vide, les genoux calés contre le matelas. relevant un peu plus le menton, je fixais le plafond d’un regard contemplatif, passant ma langue sur mes lèvres d’un geste rapide avant de reprendre, le ton plus pensif.

“Ton paternel semblait avoir une bonne philosophie...” commentai-je doucement, revenant sur sa précédente remarque avant de poursuivre, un mine sourire bien plus triste venant habiller mes lèvres. “Le mien n’arrêtait pas de me dire de me méfier de tout, surtout des mecs,” lui confiai-je ensuite, lâchant un petit soupir dédaigneux, adressé avant tout à moi-même. “Et le pire… C’est qu’il avait raison. Lui et moi, on n’a pas rencontré beaucoup de ‘Nelson’ avant tout ça…” soupirai-je finalement en me redressant, soudainement rappelée à l’ordre par un gargouillis d’estomac assez bruyant. grimaçant légèrement, je poussais sur mes bras maigrichons pour me redresser en position assise.

Remontant mes jambes, puis les croisant en tailleur sur le matelas, je regardais de nouveau le jeune homme, forçant de plus belle sur mes yeux pour mieux le discerner. La faim, plus que me ramener à ma condition, me ramenait d’autant plus à ses raisons. Le caveau sombre et tapissé de cendres humaines, le Libérateur pyromane, mon second réveil que j’avais cru impossible ; et la culpabilité qui s’en suivait. Je secouais la tête vivement, chassant ces idées noires pour ne pas ni impliquer, ni inquéter le jeune homme qui n’avait après tout rien demandé d’autre qu’un peu de compagnie, et je refusais d’être plus longtemps de mauvaise compagnie.

“Tu… Tu viens d’où sinon ? J’veux dire, avant tout ça, et si c’est pas trop indiscret pour toi… J’sais que des fois, j’peux être assez chiante avec ma curiosité mal placée… et puis t’as pas faim ? J’crève la dalle sérieux… Parler de Nelson m'a donné envie de frites...”

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 20 Fév - 10:55
Voir la petite Ivy sourire me rendit content sur le moment, elle qui avait l’air au fond du trou juste avant, elle qui avait l’air complètement perdue, voilà qu’elle arborait un léger sourire, bien que caché derrière sa main, il n’en restait pas moins que l'atmosphère était devenue bien plus légère. Je me sentais bien de pouvoir partager quelques instants comme ceux-ci avec Ivy. Un instant calme, de tranquillité, sans avoir à se soucier de ce qu’il pourrait arriver, quelque chose que je souhaitait avoir plus souvent. Elle aussi s’était réveillée à la ferme, ce n’était peut être rien, pour ne pas dire complètement futile, mais je me sentais bien mieux vis à vis de la petite Ivy, ce sentiment de gêne envers elle avait complètement disparu.

J’explosais de rire et venais détourner mon regard vers la porte quand j’entendis son imitation du vieux fermier. Combien de temps n’avais-je pas ri ainsi ? Combien de temps n’avais-je pas tout simplement ri ? Bien trop longtemps. Après tout ça, après tout ce qu’il s’était passé, alors que la moitié des membres du groupe avaient disparus et n’avaient pas donnés signe de vie, je restais là, à rire, bêtement. Mon rire ne dura que quelques instants avant de laisser la place à une profonde culpabilité. J’avais échoué à protéger les autres, Melody comme James. Je pouvais me trouver des excuses comme la balle qui m’avait frôlée, ou bien James qui m’avait assommé, mais ça ne changeait rien. J’avais reporté mon regard sur la petite Ivy, une esquisse de sourire toujours présente sur mon visage alors qu’elle m’expliquait son réveil avec Samuel. Je n’avais rien dit, l’écoutant attentivement jusqu’à ce qu’elle changea de position pour étirer ses jambes.

Alors qu’elle me parlait de mon père, de Stan, je ne pu me retenir d’avoir un pincement au coeur et de me redresser légèrement, c’était sans aucun doute un sujet sensible, même s’il semblait que j’en avais fait le deuil. S’il semblait. Oui, il avait une bonne philosophie, une très bonne même. Je ne disais rien, la laissant me parler de son père, alors que je voyais sur son visage qu’elle avait autant de peine que moi en pensant aux être chers qu’elle avait perdu. On avait tous perdu quelqu’un d’important pour nous, c’était indéniable. Son père. Il me semblait qu’il avait été un bon père pour elle, protecteur à priori, mais aussi rien qu’à voir sa mine en parlant de lui je me doutais qu’elle avait été bien accompagnée par lui tout au long de sa vie. Mais il avait raison de la mettre en garde, se méfier de tout le monde, surtout pour sa fille, je ne pouvais rien faire d’autre que hocher la tête en direction d’Ivy. Je n’avais pas rencontré beaucoup de ‘Nelson’ moi non plus, à l’exception de Stan.

La voyant rentrer ses jambes pour s'asseoir en tailleur, je fus surpris de voir ses yeux, ils avaient l’air de forcer pour m’observer, c’était alors que je me permis de lui poser une question :

“Tu as des problèmes de vue ?”

Cette question m’étais venue tout à fait naturellement sans que je puisse y penser. Qu’elle me réponde ou pas, j’avais répondu à son autre question, concernant mes origines. Sa curiosité ne me gênant nullement.

“La curiosité est un vilain défaut !” lui disais-je en arborant un grand sourire avant de lui répondre franchement. “Je suis né à Los Angeles, je vivais seul avec ma mère. Elle bossait comme serveuse dans un petit restaurant, mon père s’était barré avant ma naissance, mais j’ai eu la chance de rencontrer un mec en or, qui m’a appris plein de trucs, un mec que je considère comme mon père, je passais tout mon temps libre avec lui. Peut être pour combler le manque d’amour paternel, mais bon… Je ne regrette rien. Ma mère est morte quand j’étais ado, je suis resté avec mon “père” pendant quelques années pour ensuite partir pour El Paso, y a… deux ans ? Ouais deux ans je crois. Puis cette merde a commencé et mon père, enfin, celui que je considérais comme mon père est revenu et la suite, tu la connais." J’avais fais le signe des guillemets avec mes doigts lorsque je parlais de Stan, le qualifiant de mon père, chose que je n’avais jamais faite avec lui. “Et je meurs de faim, tu me trouves des patates et de l’huile, et c’est parti pour une tonne de calories ! Aller viens, je vais voir si je peux te préparer quelque chose, je m’en sors pas trop mal en cuisine."

Je m’étais levé en l’invitant d’un signe de tête tout en tendant ma main gauche vers elle, mon regard sombre planté dans ses noisettes, espérant réussir à la faire sortir, pour lui rendre confiance en elle… Et puis j’avais vraiment faim.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 20 Fév - 13:41
A sa question sur ma vision défaillante, j’acquiesçai lentement de quelques hochements de tête avant de lui répondre, mon ton laissant clairement percevoir le fatalisme et la résignation à ma condition de bigleuse.

“T’as même pas idée à quel point. J’suis myope... Et daltonienne. J’suis incapable de voir la couleur rouge, en fait…” lui avais-je expliqué, avant de saisir mon tee-shirt de cette couleur entre mes pouce et index droits et le tirer légèrement devant lui, comme pour illustrer mon exemple.

“J’sais que ce tee-shirt est de couleur rouge, du moins... ce que vous appelez rouge. A mes yeux, il apparaît jaune-verdâtre, très foncé, à la limite du noir. Pour moi, c’est ça le rouge…” lui avais-je détaillé, sans même me demander si cela l’intéressait d’une manière ou d’une autre.

“J’ai été recalée au concours des démineurs du SWAT quand ils se sont rendus compte que j’étais pas foutue de couper le fil rouge,” poursuivis-je d’un ton on ne pouvait plus sérieux, avant de lui adresser un grand sourire assez malicieux. “Non… J’déconne…” avouai-je finalement en cherchant à retrouver son regard durant quelques instants. Puis à nouveau, je reportais mon attention, brièvement, vers la porte de la chambre avant de revenir vers Jordan. Il était temps de rendre justice au jeune garçon qui avait fait l’effort de satisfaire à ma curiosité.

“J’suis née et j’ai grandi à Détroit. Ma mère était prof de maths, et mon père mécano poids-lourds. Quant à moi, j’ai toujours voulu devenir astronaute.” Je levais mes noisettes vers le plafond, comme pour percevoir le ciel au-travers du faux-plafond. “Mais bon… Quand ma myopie s’est déclarée, on m’a vite fait comprendre que je garderais les deux pieds sur Terre pour le reste de mon existence. Du coup, j’me suis réorientée vers la mécanique, l’aérospatiale ; poursuivant ainsi la loooongue tradition familiale des mécanos en tout genre. Mes parents ont tout sacrifié pour déménager à Austin - même si quitter Détroit, ça posait pas vraiment de problème vu l’économie en berne là-bas  - pour me faire entrer à l’Université… Normalement, j’aurais dû obtenir mon doctorat l’an dernier, mais l’épidémie est arrivée et… Voilà… fin de l’aventure,” conclus-je non sans laisser paraître la tristesse et la mélancolie qui venaient de me saisir à l’évocation de ces souvenirs.

Mais Jordan ne me laissa guère le temps de m’enfoncer dans mes ruminations, se levant, puis me tendant sa main gauche en appuyant son invitation d’un signe de tête. Je soutenais son regard sombre durant une fraction de secondes, avant de lui adresser un sourire amical et sincère, puis envoyer ma main droite se loger dans le creux de la sienne. D’une légère tirade, je me servais de sa main offerte pour m’aider à me relever, puis lui emboîtais le pas en direction de la sortie de la chambre, et par la suite du rez-de-chaussée.

“Une chance que tu saches cuisiner alors… Parce qu’autant j’peux construire une navette spatiale, autant j’saurais même pas m’faire cuire un œuf. J’suis vraiment pas bonne à marier...” lançai-je avec une certaine ironie en descendant les marches de l’escaliers menant vers le rez-de-chaussée de la maison.

Après quoi, je tâcherais de rester à proximité de Jordan et l’assister au mieux dans sa quête d’huile et de patates que j’estimais cependant hautement improbable. Il m’était d’avis que nous finirions par nous contenter de conserves et de nourriture sèche ; mais je ne rechignerais pas l’aider pour autant, bien que je lui laisserais la politesse pour fouiller les placards les plus hauts de la cuisine.

“Autant préparer le repas pour tout le monde,” lui aurais-je simplement suggéré avec un ton d’évidence, me mordant l’intérieur de la joue juste après avoir lancé ma remarque maladroite.
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