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Chambre 2 - 19/02/2035
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Sam 20 Fév - 15:40
Après qu’elle m’ait expliqué ses différents problèmes de vue, tout en me montrant ce qu’elle voyait grâce à ses yeux. Je me demandais intérieurement comment elle faisait pour pouvoir se débrouiller dans ce monde. Je me promettais intérieurement de lui trouver une paire de lunette pour qu’elle évite de plisser les yeux à chaque fois qu’elle souhaitait observer ou tout simplement regarde quelque chose. La simple vue d’une peinture ou d’un paysage lui était tout simplement refusée. Ce monde ne nous laissait apercevoir que l’horreur quotidienne, si une simple paire de lunettes pouvait l’aider à pouvoir observer le peu de belles choses que ce monde avait malgré tout conservé, je ne priverai pas de lui en ramener. J’appréciais grandement son sens de l’humour, détendant l'atmosphère, me laissant échapper un rire silencieux à son histoire de fil rouge.

J’écoutais attentivement son histoire, m’intéressant à ce qu’elle était, ce qu’elle avait été, elle, que j’appréciais de plus en plus, d’instant en instant. Finalement, je n’étais peut être pas seul dans cette maison. Je ne m’étais jamais autant rapproché de quelqu’un après mon réveil. Cela semblait aussi étrange pour moi que de le faire avec Ivy que je venais tout juste de rencontrer… Nous étions tellement différents, c’était un cerveau, et pas un des moindres. Tout nous opposait, la famille, les études.. Tout. Mais tout nous rapprochait, la fin du monde, notre résurrection, notre solitude. Je restais admiratif face à tout ce qu’elle m’avait dit. Un sacré bout de femme cette Ivy. Peut être que reparler de ces souvenirs était douloureux à la vue de son visage, mais se remplir l’estomac soignait toute les peines du monde. La laissant attraper ma main pour finalement partir emprunter les escaliers dans le but de rejoindre la cuisine pour farfouiller tous ces placards dans l’espoir de trouver quelques denrées à se glisser sous la dent.

Alors que nous étions arrivés dans la cuisine, la petite Ivy m’informa sur ses talents culinaires, ce qui avait eu pour effet de me faire sourire, mais aussi de ma faire répliquer à la suite.

“Je sais même pas passer les vitesses d’une bagnole sans exploser la boite de vitesse, je suis pas vraiment le gendre idéal !” Avais-je lancé en tournant sur moi même pour fixer mes yeux sur son visage juvénile tout en lui montrant le grand sourire que j’arborais à la suite de notre court échange.

Fouillant les placards situés en haut alors que la daltonienne tendait à explorer ceux du bas, je fus content de trouver des verres que j’attrapais pour les poser sur la table. Poussiéreux, je me promettais de trouver un chiffon pour aller nettoyer tout ça. Continuant à fouiller un peu, je ne trouvais pas grand chose, quelques casseroles, des poêles, mais pas de nourriture. Ivy était sans doute tombé sur les assiettes et les couverts alors qu’elle me proposa de me préparer le repas pour tout le monde. Tout le monde. Nous étions quatre. Seulement quatre. A cette pensée, mon visage se renferma, pensant à tout ceux qui n’étaient pas là. Je sortais néanmoins quatre verres que je posais sur la table.

“Ouaip. Pas de nourriture ici, faudra que j’aille chercher de l’eau et préparer un feu, à moins que la gazinière fonctionne, ce qui m’étonnerait. Il doit rester à manger dans la caravane.”

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 20 Fév - 17:33
“Je t’apprendrais…” avais-je répliqué presque par automatisme au jeune homme alors que je m’accroupissais devant une porte de placard, fouillant celui-ci à la recherche - bien vaine - de quelques restes de nourriture. Au lieu de ça, des empilements de boîtes Tupperware vide, siégeant à côté d’une large cocote-minute en inox, et une massive soupière en porcelaine. L’objet m’intriguait. Qui est-ce qui possédait encore une soupière de nos jours ? Une remarque que je gardais pour moi, me rappelant au bout de quelques secondes que nous étions dans une maison de vieux d’après ce que m’avait dit Samuel la première fois où nous étions venus. Dans un léger soupir, j’avais refermé la porte de ce placard, puis j’étais passé au suivant, jetant au passage un regard en direction de Jordan, avant de développer le fond de ma pensée.

“A conduire, et à passer des vitesses sans serrer les engrenages… Et de ton côté, tu m’apprendras l’art patient et délicat de faire cuire un œuf sans le transformer en pâte de charbon,” avais-je proposé avec un mince sourire, d’un ton certes amusé, mais qui dissimulait une proposition on ne pouvait plus sérieuse.

Dans le second placard, je découvrais plusieurs pile d’assiettes, de forme et de tailles variées certes ; mais il n’y avait nul besoin de chercher à accorder la table et la dresser comme dans un grand resto. De mémoire, nous n’avions jamais partagé un repas dans des assiettes, ni même utilisés de couverts au campement Jefferson. Toujours à bouffer à même les boîtes de conserves ou à taper directement dans le paquet. Ces quelques semaines de survie avaient vraiment été placées sous le signe du camping sauvage. Dormir dans des tentes, autour d’un feu de camp. Il n’aurait manqué que quelques bières et une gratte pour parfaire le tableau bucolique. Mais non, rien de tout ça. De longues journées suivies de plus longues nuits encore.

De la pointe de mon index, je comptais le nombre d’assiettes à prévoir, me faisait mentalement la liste de tous ceux que je pensais encore présents et que je n’avais pas encore pu retrouver. D’ailleurs, je me demandais bien où avaient pu passer James, et surtout Liz’. Je désirais tant aller la serrer dans mes bras, serrer mon visage contre son ignoble pull en laine trois fois trop grand et qui devait gratter la peau comme un champ d’orties.

Je poussais un soupir d’effort en soulevant la pile d’assiette, m’y prenant même à deux fois pour sortir et déposer au final une bonne douzaine d’assiettes sur la table. A quelques mètres de là, j’entendais le bruit de verre tintant entre les mains de Jordan. Je n’y prêtais pour l’instant guère d’attention, bien contente de pouvoir savourer un moment relativement de ce qui apparaissait comme une petite scène de la vie quotidienne, qui aurait même pu chasser toute la précarité de notre situation si celle-ci ne me hantait de jour comme de nuit. Au lieu de cela, je me concentrais sur ma tâche, fouillant les tiroirs surplombant les placards à la recherche de quelques couverts.

Couteaux, fourchettes, cuillères. Il ne m’avait fallu guère de temps pour finalement les trouver, à la gauche d’un tiroir à épice dont seul restait quelques flacons de verre aux contenus vermoulus. Curry, cumin, poivre ou encore paprika. De quoi relever un plat sans pour autant nourrir personne. Je sortais deux grosses poignées de couverts et commençais à les disposer sur la table quand Jordan me fit remarquer qu’il n’avait trouvé aucune nourriture ici. J’acquesçiais à sa constatation d’un bref hochement de tête avant de poser mon regard sur les quatre verres qu’il avait déposé sur la table, fronçant légèrement les sourcils en l’observant. Il n’avait pas l’air de vouloir en sortir plus ; et c’est une véritable bouffée d’inquiétude qui me saisit les tripes alors que je révisais mon dénombrement. Quatre personnes. Jordan, Samuel, le Vagabond et moi.

Ignorant sa remarque, ou plus exactement n’y répondant pas, je posais sur lui un regard sincèrement inquiet, mes noisettes brillantes d’une nouvelle curiosité bien moins anodine que celle que j’avais pu afficher précédemment dans la chambre.

“Quatre verres ? Où… Je… Seulement quatre ? Où est… Où sont les autres ? James ? Liz’ ? Melo et Seth ; et Frida ? Et tes deux potes de la ferme ? Jian et Johann ?” lui demandai-je d’un ton bien plus inquiet encore alors que mon visage prenait une teinte livide. Lentement, j’avais reculé de quelques pas pour aller prendre appui contre la surface de l’un des placards. Je sentais mes membres être pris de légers tremblements au moment même où mon esprit était en train de se dessiner et s’imaginer les pires réponses possibles. La plus horrible d’entre elles étant que nous ne soyons effectivement plus que quatre, pour de bon. Qu’était-il arrivé à James ? Je l’avais vu au campement l’autre soir pourtant. Samuel lui avait demandé de poursuivre sa mission. Quelle mission ? Ma respiration toujours plus haletante d’incompréhension, je me voyais d’ores et déjà rattrapée par le cruel quotidien.

“Ils sont pas…?”

Je n’avais même pas eu le cran de finir de poser la question à Jordan. Je n’étais même pas sûre de vouloir en connaître la réponse.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 21 Fév - 13:13
“J’accepte le deal !”

Lui disais-je en tournant la tête vers elle, arborant un sourire, encore et toujours. Cette journée méritait un sourire, peut être l’une des seules fois depuis la fin où je me sentais aussi bien, faisant abstraction des évènements des derniers jours. Faire la cuisine et la faire apprendre était quelque chose que je trouvais simple, très simple, alors que pour la conduite et la mécanique, c’était tout l’inverse. Peut être que cela nous rapprocherait, peut être que j’aurai enfin quelqu’un à qui parler, j’espérais que ce quelqu’un soit Ivy, tout était bien parti depuis le début avec elle. Abstraction faite de l’épisode de la hache. Mais j’étais heureux d’avoir enfin quelqu’un à qui parler. Je me sentais bien. Tout simplement.

Alors qu’elle fouillait pour trouver diverses assiettes et couverts, je me mis à avoir une pointe de nostalgie. Peut être étions-nous chez nous. Peut être que nous pourrions recommencer, avoir un minimum de réconfort, un toit, une maison, ce n’était pas grand chose dans l’ancien temps, mais actuellement, je redécouvrait quel plaisir c’était de pouvoir dresser une table. De pouvoir s’illusionner sur notre situation actuelle. Optimiste j’étais à cet instant.

Contrairement à la petite Ivy qui m’observait avec un regard qui fit naître en moi une certaine inquiétude. Comprenant quelques instants après la raison de ce regard fixé sur moi. Elle ne savait pas pour les autres. Elle s’était liquéfiée instantanément devant moi. Elle s’était reculé contre les placards, à cet instant je fus pris d’une certaine inquiétude à son sujet, elle n’était pas totalement remise, et je ne voulais pas qu’elle se sente mal ou qu’elle tombe inconsciente encore une fois.

“Non, non, non ! Ne t’en fais pas !”

Lui disais-je alors que je m’avançais vers elle d’un pas rapide vers elle, attrapant ses deux mains avec les miennes tout en m’accroupissant face à elle.

“Ne t’inquiète pas, assieds toi, je vais tout te raconter.”

J’attendrai qu’elle se soit assise, par terre, ici, contre les placards, ou bien ailleurs si jamais elle s’était sentie assez forte pour se déplacer. Si elle s’était assise face à moi, je garderai ses mains dans les siennes tout en prenant une voix aussi douce que possible pour lui expliquer la situation, laissant mes yeux sombres se poser sur ses noisettes.

“Liz’, Johann, Jian et deux autres membres du groupe, Mark et Jena sont partis chercher des ressources avec une voiture lorsque nous avons étés attaqués. Je ne pense pas qu’il y ait de raisons de s’en faire, ils savent se débrouiller, peut être que nous sommes trop loin de leur position et que nous ne pouvons pas les contacter, il faut juste attendre. James est parti à moto les chercher je crois, car ils ne savent pas que nous nous sommes fait attaqués et que nous avons déménagé. Donc ne t’inquiète pas Ivy.”

Je fixais la daltonienne dans les yeux, avec un sourire qui se voulait le plus rassurant possible, je ne voulais pas la choquer, je ne voulais pas l’informer sur ce qu’il était arrivé aux autres. Je ne pouvais tout simplement pas faire face aux émotions de la petite Ivy après l’écoute de ces funestes nouvelles.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 21 Fév - 15:01
Tremblante des pieds à la tête, j’avais gardé mes prunelles rivées sur le jeune homme alors qu’il s’approchait  de moi avec une certaine rapidité. J’ignorais si son geste avait pour but de me rassurer, ou s’il craignait simplement une mauvaise chute de ma part, mes membres et ma forme physique étant encore bien loin d’être au top niveau - et c’était peu dire - sans compter sur la faim qui me tenaillait l’estomac. Sans résistance, je l’avais laissé prendre mes mains secouées de tremblements sans détacher mon regard du sien. J’affichais très clairement toute l’inquiétude et l’appréhension qui me tenaient, et dans un réflexe impatient, serrait mes doigts autour de ses mains pour bien illustrer ô combien je comptais me raccrocher à ses mots, faisant probablement peser sur ses épaules la lourde responsabilité de bien choisir ses mots.

A sa demande de m’asseoir, je m’exécutais presque mécaniquement, laissant mon dos glisser contre le placard jusqu’à ce que mon derrière n’atteigne le carrelage froid. Une demande qui me laissa craindre le pire pour la suite. Mon visage dut afficher une moue presque implorante et paradoxalement divisée entre le souhait d’entendre très rapidement ce qu’il avait à me dire, et le déni de ne surtout pas avoir à faire face avec une réalité plus cruelle encore. Celle qu’il allait peut-être falloir transformer une partie du jardin de la maison en véritable mémorial.

J’écoutais ses mots, chacun d’entre eux comme s’ils pouvaient porter la réponse universelle à tous mes doutes, toutes mes angoisses. Ainsi donc ils étaient partis en excursion depuis des jours, à la recherche de ressources, et n’étaient pas revenus depuis l’attaque du campement. Ca faisait quoi ? Deux jours ? Trois jours qu’ils étaient tous là-bas dehors, dans cet enfer urbain peuplé d’innombrables morts et même bien pire. Et il me demandait de ne pas m’inquiéter ? C’était une chose bien plus aisée à dire qu’à faire. J’avais l’intime conviction que lui-même ne pouvait pas croire ce qu’il me racontait… Comment ne pas s’inquiéter après autant de temps écoulé sans recevoir aucune nouvelle de leurs parts ?

Je secouais la tête, lentement, puis fermais les yeux en serrant les mâchoires, en serrant mes doigts encore plus forts autour des mains de Jordan. Je retenais mes larmes et une envie de hurler, déglutissant pour ravaler cette peur tenace qui fit naître en moi une colère dénigrante et désespérée. Je pris de longues et profondes inspirations, essayant de me calmer, de me convaincre des propos du jeune homme sans réellement y croire, me faisant la réflexion que tout était possible, le pire comme le meilleur. J’avais pu revenir des limbes de la Mort à nouveau, non sans en payer le prix fort, non sans en faire payer le prix fort à Jordan, comme à Samuel ou James ; non sans douleur ni blessure. Non sans crainte et non sans haine.

Lorsque j’avais rouvert mes paupières, dévoilant mes noisettes rougies et humidifiées de larmes naissantes, j’avais soutenu le regard sombre du jeune homme, acceptant son sourire rassurant comme un gage de bonne foi de sa part. Un gage d’une véritable espérance. James et Liz’ étaient bons, très bons. Ils sauraient se sortir de là. J’avais une confiance aveugle en eux pour survivre à tout ça, pour outrepasser cette épreuve sans lâcheté, ni monstruosité. Quant aux autres, je ne les connaissais pas. Je ne savais que penser d’eux, et je devais bien me résoudre à prendre les mots de Jordan pour argent comptant.

Cependant, il ne m’avait pas tout dit. Il ne m’avait pas parlé de Melody, de Seth ni de Frida. Ca faisait toujours trois personnes dont je ne savais rien. Et pire encore, je ne lui avais pas tout dis non plus. Je ressentais une profonde culpabilité à me reposer ainsi sur lui, ses mots et son réconfort, là où j’étais responsable de ses blessures, de la destruction de notre campement.

Détachant finalement ma main droite des siennes, je l’avais lentement mené jusqu’à la manche gauche de ma chemise, remontant celle-ci jusqu’au niveau du coude pour dévoiler aux sombres prunelles de Jordan la cicatrice de la morsure. Cette infâme plaie dégoutante qui, sèche et noircie, totalement insensible, laissait encore deviner très nettement au sein des chairs nécrosées les marques de dentitions du rôdeur m’ayant mordu.

“Je… j’ai pas été honnête avec toi… Avec vous,” avais-je commencé à balbutier, détournant mon regard du sien pour fixer le sceau de la mort ornant mon avant-bras gauche. “J’ai été lâche et… et je m’en veux… horriblement… d’avoir été aussi faible et... aussi incapable de me défendre... de résister… de mettre fin à mes jours… pour de bon quand... quand il m’a drogué… quand il m’a laissé mourir de faim, m’affamant au milieu des cendres et des cadavres durant des heures, des jours entiers ; jusqu’à… jusqu’à…” Je secouais la tête, détournant mon regard embué de larmes en direction de la baie vitrée qui donnait vers l’extérieur depuis la cuisine. Je ne pouvais affronter le regard de Jordan - à moins qu’il ne m’y force lui-même d’un geste de sa part - je ne pouvais tolérer d’imaginer y voir de la colère, du reproche, ou pire encore, une pitié dédaigneuse à mon égard.

“...jusqu’à que je perde pied… jusqu’à qu’il brise mon esprit et ne m’oblige à vous trahir… à vous dire où se trouvait le campement… la ferme… qui vous étiez… et combien… et comment… Tout ce que ses hommes… Ca-Calvin… et Matthew… et... et Clark et Ricky… ne pouvaient plus lui dire parce qu’ils n’étaient plus là… Parce qu’il ne pouvait plus avoir un oeil sur nous… Les dégénérés... qu’il traque et qu’il veut faire souffrir comme… comme il l’a fait avec moi… Pour..pour qu’on devienne des… des monstres… comme lui,” avais-je fini par avouer, refermant les yeux et chassant mes larmes de sur mes joues de ma main droite.

Ce n’est qu’après quelques secondes d’un lourd silence que j’avais pu retrouver le courage de regarder Jordan en face. Un acte si simple et pourtant affreusement éprouvant tant j’appréhendais d’y lire le même dégoût, sinon plus que celui que je ressentais pour moi-même.

“J’suis désolée… J’suis sincèrement désolée pour… pour tout ça…,” achevai-je dans un murmure aussi sincère que coupable.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 21 Fév - 23:00
Elle tremblait, son teint était devenu livide, la pensée de devoir affronter la réalité en face, de devoir sortir de ce cocon empli d’illusions que nous avons créé pour nous protéger des faits et méfaits de ce monde qui nous crachait à la gueule chaque matin avec son amie la Faucheuse, ce monde qui était nôtre. Arborant un sourire qui se voulait rassurant, qui avait pour but de chasser toutes ces idées macabres, toutes ces idées pragmatiques, pour ne laisser place qu’à l’illusion de bien être et de sécurité que nous désirions tant.

Laissant la petite Ivy s’asseoir comme je lui avais demandé, je ne pouvais que sentir ses mains serrer les miennes, regrettant de ne pas avoir été assez rassurant envers la daltonienne alors qu’elle en avait particulièrement besoin, elle qui les avait tous perdus, elle ne souhaitait que les retrouver pour continuer son histoire dans ce monde sombre et dénué de sens. Je m’en voulais de ne pas avoir pu l’aider mieux, de ne pas avoir pu être d’un plus grand réconfort. Je n’étais pas arrivé à aider tout le monde, encore une fois. Gardant ma mine souriante qui se voulait au plus haut point possible rassurante pour la jeune femme, cela ne changeait rien à ce que je ressentais, un sourire de façade, pour améliorer les choses au mieux vis à vis d’Ivy. Si tout le monde était perdu, c’était fini, il faudrait que nous nous entraidions, nous deux, et ce même si les autres revenaient, n’était-ce pas ce que faisait les membres d’un même groupe ? J’espérais sincèrement au fond de moi qu’ils finiraient tous par revenir, sans exception.

Laissant mon regard se faire guider par sa main qui venait de se détacher de la mienne, une main qui remontait sa manche pour m’exhiber une horreur sans nom qui s’était incrustée dans le corps de cette pauvre Ivy. Mon sourire avait disparu, laissant ma bouche s’entrouvrir légèrement, luttant intérieurement pour soutenir cette vision effroyable, remarquant quelques marques, les mêmes que j’avais eu à mon épaule lorsque je m’étais fais mordre. Était-il possible qu’elle se soit faite mordre et qu’elle ait survécu encore une fois ? Qu’elle ait ressuscité encore une fois, mais que cette fois, sa peau conserve son aspect ?

Entendant ses premiers mots sortis avec une difficulté sans nom, j’avais dirigé mon regard sombre dans ses noisettes qui se voulaient fuyantes, refermant ma bouche, mais gardant toujours la même mine, une certaine incompréhension pouvait se lire sur mon visage, incompréhension mêlée à une curiosité sujette à ce qu’elle souhaitait me dire, à ce qu’elle n’arrivait pas à me dire. Son regard fuyait, ses mots n’arrivaient pas à sortir en ordre. Je me demandais intérieurement ce qui pouvait la mettre dans cet état, qu’est-ce qu’il avait pu se passer pour qu’elle soit dans cet état ?

Écoutant avec attention tout ce qu’elle me disait, j’étais totalement suspendu à ses lèvres. J’entendais ses mots avec un filtre, comme si j’étais spectateur, comme si j’étais dans une cage vitrée, mes oreilles bourdonnaient, mon cœur frappait violemment dans ma poitrine, laissant tout mon corps vibrer légèrement à chaque battement. Cette essence qui me maintenant en vie me rappelait que j’étais sorti des enfers pour reposer les pieds sur terre, me rappelant que j’avais survécu, et qu’elle aussi. Que nous étions deux, que je n’étais pas seul. Alors que ses paroles furent entendues par moi même, aucun mot ne sorti de ma bouche quand sa voix tremblait.

Aucun mot quand elle me parle de son honnêteté, de sa faiblesse, de ce qu’elle avait subi, aucun mot lorsque son regard vint se fixer sur un point qui m’étais inconnu mais qui n’était pas moi, je n’arrivais pas non plus à dire quoi que ce soit lorsqu’elle m’avoua qu’elle avait tout dit à ces hommes qui étaient venus nous massacrer. Aucun mot ne pu sortir de ma bouche lorsqu’elle évoqua les tortures qu’elle avait subi. Je l’écoutais avec attention, ne laissant aucune émotion filtrer sur mon visage qui avait la même façade que précédemment, celle d’un homme qui retenait son souffle, qui attendait la fin avec réel intérêt.

Je n’avais pas bougé lorsqu’elle avait arrêté de parler, reprenant le contrôle de mon esprit dans l’objectif de me remettre mes idées en place, d’organiser mon esprit vis à vis de ce que je venais d’entendre de la bouche de la petite Ivy. Jusqu’à ce qu’elle pose ses yeux dans les miens, des yeux rougies de larmes, je ne pouvais que ressentir sa détresse et imaginer l’horreur qu’elle avait vécu.

Un léger sourire se dessina sur mes lèvres alors qu’une larme coulait de mon œil gauche, je posais ma main libre sur mon épaule pour venir poser mon front sur son autre épaule face à moi. Laissant les larmes couler silencieusement de mes yeux. Je ne pouvais que ressentir sa détresse, je ne pouvais que ressentir ses émotions de tristesse, de la violence dont elle avait été la victime. Je ne pouvais que ressentir tout ça. Peut être aurai-je du la repousser. Peut être que tout ce qui était arrivé était de sa faute, mais je ne pouvais pas. Je n’arrivais pas à faire autre chose de l’excuser, de m’excuser intérieurement pour toutes les horreurs et atrocités qu’elle avait subi, tout ça, tout ce qu’elle avait du affronter seule.

Je ne restais qu’une seconde sur son épaule, relevant mon front pour fixer ses noisettes, détachant mes main de son épaule et de sa main pour les faire venir simultanément sur mon visage, dans le but d’essuyer mes larmes. Partant de l’arrête de mon nez pour les chasser du coté de mes joues avant de poser mes mains sur les deux épaules de la pauvre Ivy, reprenant un sourire qui se voulait rassurant alors que les larmes continuaient de couler de mes yeux sombres avant d’ouvrir la bouche pour lui glisser dans un murmure :

“Tout va bien Ivy, ne t’en fais pas… Ils vont tous revenir…”

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 22 Fév - 19:44
J’avais eu un très léger mouvement de recul lorsque Jordan approcha son visage de moi, à peine perceptible car le placard de la cuisine contre mon dos se dressait en obstacle direct, aussi seul un léger rehaussement de mon tronc fut perceptible. J’avais véritablement criant une quelconque réaction violente de sa part à mon encontre d’autant que nous n’étions que tous les deux et que je venais de lui avouer, avec la plus grande franchise et sincérité, que j’étais la cause directe des évènements de l’autre nuit. Mais à ma grande surprise, mon grand soulagement et en véritable réponse à ma propre détresse, je fus légèrement étonnée de voir sur son visage une larme et un sourire, quelques instants juste avant que son front ne vienne se poser contre mon épaule.

A mon tour, j’avais fermé les yeux, relevant légèrement ma main libre pour la glisser dans son dos, une brève caresse remontant le long de sa colonne du bout de mes doigts vers sa nuque. J’ignorais s’il s’agissait d’un simple acte de pardon ou de compassion, il était encore trop tôt pour le dire, et je n’étais même pas en état mental d’en juger proprement ; bien que ma première impression était d’en douter très fortement. J’avais beau eu être contrainte à parler, à subir bien plus qu’à agir, me mentant odieusement sur le fait que je n’avais pas eu d’autres choix alors que j’avais eu l’occasion de mettre fin à mon existence pour préserver leur intégrité au dépend de la mienne. Et c’était là le centre épineux du problème : au dépend de la mienne, de ma vie, ma troisième chance.

Je n’eus même pas l’occasion, et encore moins la présence d’esprit de savourer la brève étreinte empathique du jeune homme envers moi. Le geste s’était voulu aussi bref que spontané, me prenant de court et brisant toute l’appréhension de mes craintes. J’y avais répondu d’un certain automatisme, mue d’un instinct grégaire à sa propre peine qu’avait suscitée mes aveux. Lorsqu’il s’était détaché, me gratifiant à nouveau d’un sourire rassurant bien que ceint de larmes ruisselant le long de ses joues, ses deux mains sur mes frêles épaules et ses mots à vocation apaisante, j’avais doucement hoché de la tête, tant comme une réponse affirmative qu’un simple remerciement de s’efforcer d’entretenir l’espoir et l’illusion.

Mon cœur me poussait bien évidemment à vouloir entendre ces mots, leur donner le crédit d’une réalité possible, d’un retour aussi inéluctable qu’optimiste ; mais ma raison s’acharnait à en dresser un portrait bien plus sombre. Ce monde n’épargnait rien ni personne. Ce qui arrivait se voulait toujours le plus merdique possible ; mais je m’efforçais malgré tout de rendre à Jordan son sourire au travers de mes propres larmes, une bien maigre défiance lancée à la gueule d’un fatalisme pessimiste. Ils reviendraient. Je me convainquais tant bien que mal de cette certitude fondée sur l’espoir. Ils reviendraient.

D’un geste lent, j’avais laissé glisser ma main droite le long des omoplates, puis de l’épaule gauche de Jordan pour la ramener vers son visage, essuyant la trace humide qui s’était faite le long de son profil gauche, acquiesçant de nouveau, au bout de quelques secondes, à sa remarque comme si répéter cette supposition, cette folle espérance, lui donnerait plus de forme et de poids encore jusqu’à la rendre vérité et certitude.

“Oui… Ils vont revenir…” répétai-je dans un murmure si bas que je n’étais même pas sûre que Jordan ait pu l’entendre.

Puis, j’avais ramené ma main vers mon coude gauche, tirant sur la manche de ma chemise pour qu’elle vienne de nouveau masquer la cicatrice de ma morsure, une grimace de dégoût fugitive passant sur mon visage avant que je ne finisse par forcer sur mes bras et mes jambes pour me relever, m’aidant de ma main gauche en appui sur la surface du plan de travail.

“Merci…” avais-je soufflé au jeune homme, d’une voix toujours aussi tremblante, mais d’un ton sincère qui se voulait plus appuyé. “Je… Je trouverais un moyen… Pour me racheter… Pour… pour… pour ne plus me faire avoir… Ni… Ni par ces créatures, ni par ces types…” poursuivis-je en relevant une nouvelle fois mes noisettes vers les prunelles sombres de Jordan, une certaine résolution se détachant d’une maigre lueur luisante derrière ma culpabilité ; avant de les abaisser vers les paumes de mes mains que je tenais ouvertes devant moi, au niveau de mon abdomen. Ces mains qui avaient tué, emporté deux vies par l’entremise d’une mitraillette.

“Je trouverais un moyen…” répétai-je en marmonnant, fronçant légèrement les sourcils. “Faut… Faut juste que… que j’apprenne à me défendre… et à me battre…” continuai-je lentement en articulant chaque syllabe, serrant mes poings lentement au rythme de mes mots alors qu’une sourde colère, adressée contre moi-même s’instillait sournoisement au-travers de ma culpabilité, nourrie de cet amer constat de ma propre faiblesse.

Quelques secondes de perdition où mon esprit partait à la dérive de ses propres promesses, au terme desquelles j’avais fini par poser un regard légèrement surpris sur le jeune homme. Puis je lui avais adressé un sourire triste, laissant finalement glisser mes noisettes vers la table et les couverts disposés dessus, qu’il restait encore à dresser. De quelques pas un peu plus assurés, je couvrais la maigre distance qui me séparait de la table et commençais à disposer quatre assiettes aux quatre coins de la table, puis mettais en place verres, couteaux et fourchettes. Au terme de quoi, j’aurais fini par traverser le salon pour rejoindre le hall d’entrée.

Parvenue à la séparation ouverte entre le salon et le bout de couloir, je m’arrêtais en posant un regard inquiet sur la poignée de la porte d’entrée, dont le battant se voulait fermé et se dressait en véritable rempart - bien maigre, je le concédais - contre le monde extérieur, ses horreurs et ses dangers. Prenant une série de longues inspirations, je ne pouvais m’empêcher de me mordre la lèvre inférieure en contemplant la porte, serrant mes poings de plus belles, griffant mes paumes de mains de mes ongles, avant de finalement me résoudre à continuer d’avancer vers cette dernière. J’appuyai sur la poignée avec lenteur, puis tirai le battant dans le sens de l’ouverture, laissant mon regard se perdre dans l’observation de ce rectangle de paysage extérieur lourd de menaces que m’offrait le perron.

Une image banale et quotidienne, un simple geste de tous les jours qui ne présentait absolument aucun danger imminent, mais qui pourtant me laissait figée sur place. Résister à la tentation de faire demi-tour et regagner l’espace restreint et rassurant de la petite pièce que constituait ma chambre s’avéra encore plus difficile que je ne le pensais. Une peur irrationnelle que je me devais de surmonter, pour me prouver que je n’avais pas fait de promesses en l’air, à Jordan autant qu’à moi-même.

Et ce fut après une nouvelle longue inspiration que je fis le premier pas hors de cette baraque, les yeux fermés et les poings toujours plus serrés. Un premier pas qui mena vers un second, jusqu’à ce que je puisse ressentir la chaleur des rayons du soleil venir caresser la peau de mon visage. rouvrant les paupières, plissées dans un premier temps pour m’habituer à la luminosité extérieure, j’avais cherché du regard la silhouette massive et abstraite de la caravane, puis je m’y dirigeais finalement, bien résolue à sustenter ce qui me tenait au ventre. De la faim, et de la rage.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 22 Fév - 21:49
Je sentais sa main glisser le long de mon dos, nous étions tous les deux seuls, personne d’autre n’était ici, personne d’autre ne pouvait nous aider, nous consoler… Nous devions faire cela nous-mêmes, nous deux comptants l’un sur l’autre. Je n’avais aucune haine si aucun mépris pour la petite Ivy, même si tout était arrivé à cause d’elle… Non, je chassais cette idée de mon esprit. Rien n’était de sa faute. C’était de la leur. J’avais une chose de plus à leur faire payer, une de plus sur cette longue liste. Je me promettais intérieurement de leur faire payer chaque acte qu’ils avaient commis à notre encontre, chaque méfait provoqué serait puni. J’en faisais le serment.

Je ne pouvais que sourire de plus belle lorsque je vis les lèvres d’Ivy s’étirer pour ne former qu’un sourire qui me semblait sincère, un sourire qui ne se voulait pas de façade comme le mien, mais qui était vrai. Nous nous en étions sortis, pourquoi pas les autres après tout ? Peut être que nous nous illusionnions, fermant les yeux à chaque pensée pessimiste, chassant chaque idée pragmatique pour s’enfoncer dans une nuée de bêtises profondes qui n’avaient que, pour seul but, de nous sauver de notre réalité macabre. De nous faire oublier la constante présence de notre ancienne partenaire de ce qui aurait du être notre dernier bal, mais qui au lieu de ça, n’était qu’un nouveau départ. Notre mort n’avait été que le début d’autre chose. Cet autre chose que nous devions traverser ensemble, main dans la main, chacun devant porter assistance aux autres, ce que je m’efforçais de faire, et ce que faisait actuellement la pauvre Ivy en étant présente, en étant ici, en existant, tout simplement.

Fermant les yeux alors qu’elle essuyait une larme coulant le long de mon visage, je ne pouvais lui adresser qu’un sourire plus franc. Pas un sourire de façade ou un sourire qui se voulait rassurant, mais un sourire de remerciement, pas uniquement pour le fait d’avoir essuyé cette larme qui coulait parmi tant d’autres, certes, j’avais grandement apprécié ce geste, mais c’était surtout un remerciement pour le fait qu’Ivy soit ici, soit présente pour me soutenir. Tandis qu’elle reprenait mes dires, j’espérais intérieurement qu’elle était convaincue du retour des autres membres du groupe. Je commençais à laisser l’espoir de les revoir de côté, pour me laisser abandonner à une certaine confiance concernant leur retour. Cette illusion que j’avais créée pour la protéger au mieux avait réussi à m’envahir et à me protéger moi aussi.

Je déglutissais lentement et difficilement alors qu’elle remontait sa manche pour cacher sa blessure, je n’avais détourné mon regard qu’une seconde pour observer ce qu’elle faisait avant de reporter mon regard sombre dans ses noisettes. Reculant légèrement lorsqu’elle se relevait, restant toujours à ses côtés si jamais elle avait besoin d’aide de ma part. Elle semblait si faible et si fragile, je me devais de la protéger.

Les larmes avaient cessées de couler sur mon visage alors qu’elle me remercia. Me remercier pourquoi ? Pour la même chose que je devais la remercier elle aussi ? Etre présent pour elle alors qu’elle en avait besoin ? Avoir fait mon devoir en tentant de l’aider du mieux possible ? Je ne pouvais que sourire de plus belle, je n’avais pas autant souri depuis un long moment. Surtout pour et grâce à quelqu’un. Je me sentais bien en présence de la petite daltonienne.

Elle devait s’en vouloir pour me dire tout ça, me dire qu’elle ne se ferait plus avoir, qu’elle voulait se racheter. Je me voyais en elle, c’était exactement ce que je souhaitais. Me faire pardonner mes erreurs… Posant mon regard bienveillant sur les prunelles claires de la petite Ivy, voyant qu’elle les abaissa pour observer ses mains avant de continuer à parler alors qu’elle exprimait son souhait de se défendre, de se battre. Mon sourire devenait plus léger, je souhaitais aussi devenir plus fort pour me défendre, mais aussi pour défendre les miens, je ne pouvais qu’être compatissant envers Ivy. Voyant ses poings serrés, je ne pouvais qu’être témoin de cette résolution que j’approuvais intérieurement, avant d'approuver Ivy tout simplement. Posant ma main droite sur son épaule gauche, je lui disais d’une voix douce et calme :

« Je serai là pour toi Ivy, pour te protéger et te défendre, mais aussi pour t’apprendre si tu le souhaite. »

Un sourire franc se dessinait sur mon visage, un de plus, alors que j’enlevais ma main de son épaule tout en me relevant de toute ma hauteur, posant mes mains sur mes hanches. Je serai toujours là pour les protéger tous, mais l’idée de devoir lui apprendre à tuer faisait naître une autre crainte dans mon esprit, celle de la voir s’exposer au danger comme l’avait Melody, et qui était portée disparue…

Voyant ses yeux se fixer dans les miens, heureux de redécouvrir un sourire sur ce visage juvénile, je la regardais se diriger vers la table où les couverts étaient posés, alors qu’elle finissait de dresser la table, je prenais la même direction qu’elle pour attraper le reste des couverts et des assiettes qu’elle avait mis en trop, dans le but de les ranger là où Ivy les avait trouver, je n’avais pas eu de mal à faire cela, et une poignée de secondes après, je pouvais me retourner pour observer la daltonienne faire face à la porte d’entrée. Pour la voir enfin poser sa main sur la poignée, tirer la porte pour finalement l’ouvrir. Elle qui avait une crainte inexpliquée envers l’extérieur, elle avait finalement réussi à dépasser sa peur et avait réussi à se dépasser. J’éprouvais une certaine fierté pour elle.

M’avançant jusqu’à la porte que venait d’ouvrir la petite Ivy, je l’observais se diriger vers la caravane, tandis que je restais adossé au coin de la porte, un pied à l’intérieur de la maison, un autre à l’extérieur. Un bonheur m’envahissait alors que je voyais Ivy s’éloigner. Certes un bonheur éphémère, mais les petits moments tels que celui-ci faisaient la vie d’un homme. Faisaient la mienne. J’attendrai ici qu’elle revienne, conservant toujours le même sourire aux lèvres, un sourire destiné à Ivy, mais aussi à moi-même, un sourire qui avait été créé pour cette pauvre petite femme, mais aussi grâce à elle.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 23 Fév - 18:27
Pas après pas, souffle après souffle, j’avais gardé mes poings serrés en décomptant mentalement chacune de mes enjambées qui me rapprochaient de la porte de la caravane. Une petite mécanique que je chassais bien rapidement malgré son apparence anodine. En effet, compter mes pas m’avait ramené dans les ténèbres de ce mausolée de cendres, alors qu’aveugle, je partais en quête de point de repères, de mesures, d’une quelconque tangibilité à cet obscur monde qui avait été le mien. Une bouffée d’angoisse me saisit tant aux tripes qu’à la gorge, faisant s’accroître mon rythme cardiaque et ma fréquence respiratoire alors que ces souvenirs revenaient s’imposer à mon esprit.

Des images et des émotions que je parvenais à ravaler, à contenir qu’en me fixant sur mon simple objectif d’atteindre la caravane. Voyant la carriole comme une échappatoire à mes angoisses, je pressais le pas pour l’atteindre de quelques enjambées supplémentaires, me jetant presque sur la poignée de la porte pour y pénétrer, la refermant derrière moi, non sans la faire claquer. Plaquant ma main droite contre le placard qui lui faisait face, je prenais quelques secondes pour apaiser tant mon souffle que mon esprit, ravalant mes angoisses en même temps que ma salive alors que je savourais déjà l’impression de me trouver à l’abri entre ces quatre tôles.

Le temps pour mes noisettes de s’accoutumer à la pénombre plus prononcée de la caravane, profitant de la lumière tamisée par les hublots opacifiés et les raies de lumières filtrant par les impacts de balles qui en avaient percé la carlingue, et je commençais à fouiller le fratas de celle-ci à la recherche de nourriture ; bien qu’il me semblait que ce merdier ait commencé par être arrangé par d’autres. Récupérant un simple sac de course que je dépliais d’un geste sec, je partais en quête de quelques provisions, fouillant les quelques palcards les uns après les autres dont les contenus n’avaient guère apprécié le voyage entre notre ancien campement et le nouveau. Découvrant quelques paquets de riz et de pâtes sèches, je fourrais les boîtes dans le sac, accompagnant les féculents de quelques boites de conserves contenant des légumes natures ou cuisinés et même quelques portions de viande séchée encore emballée sous vide. Néanmoins, j’affichais une mine plus que circonspecte à la vision de la viande desséchée, bien peu engageante.

Tournant les talons, j’allais pour ressortir de la caravane quand mon regard tomba sur un objet cylindrique plutôt volumineux. Fronçant les sourcils, je m’abaissais pour m’enquérir ce sa nature, découvrant finalement une bouteille de gaz. Esquissant un sourire en coin plutôt satisfait, j’attrapais la bouteille par l’une de ses poignées et tentais de la tirer hors de son emplacement. Au moins le problème de la cuisson serait-il réglé sans nécessiter de faire un feu dont la fumée signalerait notre présence à tous les yeux un peu trop curieux des environs. Néanmoins, une paire de bras plus costauds que les miens devrait se charger de transporter la bouteille jusqu’à la baraque. Je récupérais au passage un briquet déposé là, au milieu de quelques paquets de clopes, que je balançais dans le fond du sac de course ; ainsi qu’une caisse à outils qui serait probablement nécessaire pour raccorder la bouteille à la gazinière qui trônait dans la cuisine.

Ainsi donc armée du sac de course bien plein dans une main, la caisse à outils dans l’autre, j’’étais ressortie de la caravane pour regagner la maison, découvrant sur le seuil de la porte un Jordan adossé contre le chambranle. D’un mince sourire s’étirant au milieu d’une grimace d’effort, accompagné d’un léger signe de tête désignant la caravane, je lui demandais un simple coup de main.

“Ya une bouteille de gaz dans la caravane, mais c’est trop lourd pour moi... Si tu pouvais t’en charger, je pourrais l’installer comme ça,” lui avais-je expliqué en laissant glisser mes noisettes vers la caisse à outils. “Par contre, on va devoir faire l’impasse sur les frites aujourd’hui,” plaisantai-je à moitié avant de rentrer dans la maison. Une fois dans la cuisine, je commencerais à vider le sac de course des quelques provisions qu’il contenait pour les disposer sur le plan de travail, en attendant que Jordan ne ramène la bouteille de gaz, s’il avait obtempéré à ma demande.

“Et sinon… Hormis la cuisine, tu as des compétences ou une formation particulière ?” aurai-je fini par lui demander lorsqu’il reviendrait.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Mar 23 Fév - 22:33
Alors que j’étais adossé au coin de la porte, je voyais Ivy revenir, un sac de course et une caisse à outils dans la main, ne pouvant retenir un regard interrogateur suite à ce qu’elle faisait avec ça, peut être revenait-elle avec à manger pour préparer le repas ? Mais pour ce qui était de la caisse à outils, je n’avais pas la moindre idée de son but ici et en ce moment. Enfin, jusqu’à ce qu’elle me parle d’une bouteille de gaz tout en m’expliquant qu’elle souhaitait l’installer. Tellement plus simple et plus pratique que de faire un feu… Vu ce qu’elle avait ramené de la caravane, mais aussi vis-à-vis de son gabarit, je ne pouvais que comprendre qu’elle l’eût laissé dans la caravane. J’avais reculé en la voyant entrer dans la maison, étant assez fier d’elle, vis-à-vis de ce qu’elle venait d’accomplir. Certes, elle n’était que sorti de la maison pour une petite minute, mais elle s’était dépassée. J’appréciais grandement cela. Le fait qu’elle était prête à se surpasser pour elle mais aussi pour les autres.

« J’y vais. » avais-je sorti à la petite Ivy juste après qu’elle soit rentrée dans la maison, je partais pour aller chercher la bouteille de gaz lorsqu'elle me parla de frites. Je ne pouvais que la regarder dans les yeux avant de les lever au plafond tout en affichant un grand sourire. « On mangera léger pour une fois ! » Une plaisanterie qu’elle aurait bien évidemment comprise, surtout en voyant la mine rieuse sur mon visage, mais aussi en entendant le ton de ma voix, qui se voulait tout, sauf sérieux. J’étais sorti de la maison. L’air était frais, agréable. Je mettais les mains dans les poches avant de marcher lentement en direction de la caravane, observant le ciel alors que chacun de mes pas me rapprochait bien trop vite de ma destination. J’appréciais grandement le plein air, bien plus que de rester enfermé toute la journée dans une maison à ne rien faire. Bien plus habitué à la ville qu’à cette cambrousse, je ne me plaignais pas. L’air n’en était que plus idyllique, et à cette époque de l’ère humaine, je ne pouvais que préférais le calme de la campagne à l’animation des villes.

Arrivé devant la caravane, je restais une petite seconde devant l’entrée, observant la légère pénombre de l’habitacle, prenant une grande inspiration avant de monter explorer l’intérieur. Je n’eus aucun mal à trouver ladite bouteille de gaz. Relevant légèrement un sourcil avant de poser une main sur la poignée avant de la lever… Enfin, avant de tenter de la lever. Je n’avais pas remporté de championnat de lever de poids depuis une éternité. Pour ne pas dire toute une vie. Abandonnant cette idée, j’attrapais de la main droite la poignée pour venir la tirer le long de la caravane, sautant pour arriver à l’extérieur, je tirais un coup sec pour faire tomber la bouteille par terre. Roulant légèrement sur le côté, elle n’avait fait que peu de bruit, reprenant mon souffle avant de poser ma main sur poignée et de me lever d’un coup sec. J’avais réussi à la lever, enfin… Je la tenais au bout de mon bras, contrebalançant grossièrement le poids de la bouteille en me penchant grandement sur mon côté gauche. C’était lourd, très lourd, mais j’y arrivant, soufflant comme un bœuf, j’étais arrivé jusqu’à la porte, entrant par la porte entrouverte, Ivy pourrait certainement lire sur mon visage que j’en bavais. Mais j’étais arrivé à la poser là où je le souhaitais, juste à côté de la gazinière. Une fois fait, je me courbais en avant pour poser mes mains sur mes genoux quelques secondes le temps de reprendre mon souffle.

Relevant la tête vers Ivy alors qu’elle m’avait posé une question sur ce que je savais faire, je me relevais de tout mon corps, redressant mon dos pour le courber en arrière, avant de tendre mes jambes jusqu’à ce qu’elles soient plus droites que droites. Mes genoux étaient arrivés à être retournés légèrement vers l’arrière, posant mes mains sur mes genoux pour tasser au mieux mon jean pour qu’elle voie de ses propres yeux ce que j’avais fait de mes jambes.

« J’étais gymnaste… avant. Je suis hyperlaxe, on peut dire que je suis super flexible, mais bon, depuis mon réveil, j’ai pas mal perdu… Je sais bien me défendre aussi, j’ai fait pas mal de taekwondo, et je sais me servir de couteaux ou de ma hache… Enfin, quand une jeune damoiselle ne me les fait pas voler ! » J’avais fait les gros yeux à Ivy sur ma dernière phrase tout en arborant un grand sourire. J’espérais juste qu’elle n’aurait pas mal pris la remarque, qui avait pour but de détendre l’atmosphère et qui aurait été comprise par n’importe qui comme de l’humour.

J’avais pris un ton plus sérieux, posant mon regard sombre dans les noisettes de la petite Ivy.

« Je pense que je serai bien plus utile dehors, à chercher et fouiller les environs. Je n’ai pas pu continuer les études avec tout ce qu’il s’est passé, je ne connais pas grand-chose précisément, contrairement à toi avec la mécanique. »

J’avais lancé un grand sourire d’admiration à la seule personne que j’appréciais dans ces lieux, Ivy. Il était vrai que ce qu’elle avait fait avant forçait le respect. Peut-être en étais-je jaloux intérieurement. J’avais bien sûr voulu faire des études moi aussi, dans un domaine qui m’intéressait. Rester traîner en ville et avec la bande n’avait pas été mon avenir lorsque j’étais gamin. J’avais jeté un léger coup d’œil au plan de travail, où trônait toutes les denrées qu’avais apporté Ivy. Je ne pouvais qu’être agréablement surpris de voir tout ça pour manger, moi qui pensais que les stocks étaient vides…

« Wow… T’as ramené tout ça ? Je vais essayer de préparer un bon truc ! »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 24 Fév - 20:35
Observant Jordan reprendre son souffle après avoir ramené la bouteille de gaz depuis la caravane, non sans ressentir un léger amusement à le voir ainsi rougi d’effort, j’avais commencé à tirer la gazinière hors de son emplacement, cherchant du regard derrière quel meuble allait se perdre le tuyau de gaz avant de m’intéresser au placard correspondant. Débarrassant ce dernier des quelques falcons de produits ménagers qui l’encombraient, je ne m’interrompais dans mon geste que pour prêter attention au jeune homme qui me fit une démonstration de sa souplesse tout en répondant à ma question. Des actes et des mots.

Je ne pus réprimer une furtive grimace nuancée d’étonnement et de dégoût en le voyant plier ses genoux légèrement en arrière. Rien que de penser que l’on fasse subir ça aux miens, “normalement” souples, donc raides, m’arracha un frisson qui me parcourut la colonne vertébrale, tandis que je m’efforçais de prêter attention au reste de ses propos. Je notais avec application dans un coin de ma tête qu’il avait pratiqué le taekwondo et savait se servir d’armes blanches. Détails qui pourraient s’avéraient utiles, cruciaux même, si d’avenir nous devions sortir de cette baraque. Mais la perspective d’avoir à sortir d’ici, de dépasser le simple périmètre de la cour et du jardin me nouait le ventre bien qu’il s’agirait-là d’une démarche qui s’imposerait bien vite comme nécessaire. Mais pour l’instant, j’étais juste affamée et une cuisinière sans gaz se dressait encore en seule obstacle entre ma faim et mon repas.

Une grimace qui s’effaça bien vite pour laisser place à une mine plus sérieuse, plus grave, lorsqu’il avait évoqué le phénomène ayant, apparemment de mon fait, projeté sa hache. Mon regard s’était perdu dans une vide contemplation l’espace de quelques secondes avant de revenir vers Jordan. Je lui avais rendu un léger sourire, bien plus triste que précédemment, en réponse au sien, reprenant distraitement ma tâche de vider le placard de son contenu.

Je n’avais pas vraiment de réponse à lui donner à propos de ce qu’il s’était produit, je n’en savais moi-même rien. Un sujet, un phénomène que je me promettais silencieusement d’étudier, afin de voir si je pouvais contrôler cette chose qui, d’une façon ou d’une autre, ne se contentait plus d’être passive. Ni aussi invasive d’ailleurs… Je déposais la dernière bouteille de produit ménager, un pulvérisateur pour nettoyer les vitres sur le carrelage, en fronçant les sourcils, prêtant malgré tout à Jordan une oreille attentive quand il me flatta sur mes talents de mécano.

Une remarque qui m’arracha un sourire bien plus franc, m’enorgueillissant de son compliment, bien que notre situation me rappela bien vite à la réalité de ce monde, assez durement.

“La mécanique, les longues études et un diplôme d’ingénieur ne m’ont pas servi à grand chose contre les infectés, à deux reprises…” avais-je soufflé avant de garder le silence quelques secondes. “Ya des leçons qui mettent plus de temps à rentrer que d’autres ; et j’ai pas la carrure d’une survivante, et encore moins d’une combattante,” repris-je d’un ton plus morne, avant de me reprendre, rehaussant ma dernière remarque d’un sourire amical à l’égard du jeune homme. “Mais ça viendra. Ça va être putain de dur, mais ça viendra,” promis-je d’un ton plein d’espérance, à lui comme à moi. Surtout à moi.

“Donc en attendant…” Je me relevais et venait tapoter la bouteille de gaz du plat de la main “...faut que je gagne ma croûte en rendant d’autres services,” conclus-je en traînant la bouteille sur le carrelage jusqu’au devant du placard.

Après quoi, la basculant légèrement vers moi pour lui passer la surélévation du placard puis la faire glisser à l’intérieur, je commençais à revisser le détendeur sur la sortie de la bouteille, puis récupérais enfin une pince multiprise dans la caisse à outils pour serrer le tout. J’avais apporté suffisamment de problèmes au groupe comme cela sans en plus avoir à rajouter une fuite de gaz sur la liste de mes désastres. Enfin, j’ouvrais la bouteille, remettais la gazinière à sa place et allais chercher le briquet parmi les provisions pour l’allumer cuisinière et vérifier que tout fonctionne.

Lorsque les flammes bleues finirent par cercler les brûleurs - et en l’absence d’explosion - ; je me retournais vers Jordan, un sourire satisfait sur les lèvres en lui adressant un clin d’oeil complice.

“Et voilà… Aux fourneaux garçon ! J’ai faim !” le taquinai-je avant de commencer à remballer les outils et ranger les produits sous le placard d’où je les avais sortis. Quelques instants plus tard, je récupérais le sac de course vide, et allais déposer la caisse à outil dans la réserve située derrière la cuisine, remarquant au passage que quelqu’un avait déjà commencé à y entasser quelques trucs.

“Le temps que tu cuisines, je vais continuer d’aller décharger du matos de la caravane. J’aime pas trop quand les choses sont pas rangées et à leur place…” l’informai-je avant de retourner vers la porte d’entrée, en vue de commencer une succession d’aller-retour.
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