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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CS, CFJ] Broken Sunset - 23/02/35
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 25 Fév - 21:52
Interprété par Adam West, Ivy Lockhart et Jordan Getz.


Rester à tourner en rond autour de la maison pour monter la garde et rester enfermé à faire à manger et entrainement au maniement de ma hache m’était vite monté à la tête. Je n’appréciais pas de rester enfermé, d’être contraint à rester ici. J’avais besoin de bouger, de marcher sans pour autant tourner en rond. Je n’avais pas du but, mais je connaissais ma voie. Nous n’allions pas pouvoir rester tous enfermés ici à attendre que le monde tourne sur lui-même encore et encore tout comme nous l’avions fait lorsque la Mort nous avait intimés de visiter son sombre royaume. Les cauchemars uniques en leur genre se répétaient chaque nuit, j’avais de plus en plus de mal à rester ici, enfermé à me regarder en face, à voir à quel point ce que je faisais était futile et inutile. J’avais besoin de sortir, trouver de la nourriture, des armes, des véhicules, n’importe quoi. Il restait le camion et le camping-car à l’ancien campement. Le camping-car était en état de marche, contrairement au camion, mais quoi qu’il en était, il pouvait toujours être réparé, certainement par un petit génie de la mécanique dénommée Ivy.

Après une énième nuit tourmentée de cauchemars, je me décidais à partir fouiller le débarras, dans le but de me trouver un couteau, arme que je maniais bien plus aisément que la hache, et pourrai se révéler grandement utile si ma hache s’envolait à nouveau mystérieusement. Mes mains glissaient sur les quelques lames qui se trouvaient là. J’y retrouvai mon couteau que j’avais retrouvé près de moi à mon réveil, toujours dans le même état. Neuf. Mais je me refusais à la nostalgie de le reprendre, il m’avait fallu plusieurs coups pour exterminer un simple cadavre ambulant. J’avais toujours été une tête brûlée, mais la Mort m’ayant convié pour une danse, je n’avais aucune envie de retourner à son bal éternel. Plusieurs lames me plaisaient, certaines trop longues, certaines pas assez… Mais mes doigts et mon regard s’arrêtèrent sur un poignard de chasse. Lame de bonne taille, elle semblait assez solide pour que je puisse me défendre avec, et exterminer cadavres et vivants. Je me prenais juste quelques dizaines de minutes pour aiguiser au mieux la lame tout en faisant attention à ne pas l’abimer.

Glissant cette nouvelle arme dans ma poche, elle qui m’était bien plus familière que ma hache, malgré le fait que cette dernière m’avait sauvé la vie in extremis l’autre soir où tout ce merdier avait commencé, j’avais bien plus d’expérience avec les lames courtes, même si la Mort m’avait enlevé toutes ces longues années entrainement pour ne me laisser qu’un simple résidu de tout ce qui restait de ma triste vie. Une fois ceci fait, je me dirigeais dans ma chambre, où se trouvait Melody, qui restait allongée dans son lit à jouer avec le petit Croc-Blanc. M’arrêtant près de son lit, lui demandant si elle avait toujours la clé de son camping-car sur elle, alors qu’elle m’avait confirmé la possession de sa clé, je lui demandais de me la donner. La raison était assez simple, j’allais sortir, et j’avais prévu de récupérer son camping-car au campement. Seulement, elle me donna des conditions. Que j’acceptais malgré tout. Faire demi-tour en cas de danger, et d’être extrêmement prudent. J’avais prévu de demander à la petite Ivy de m’accompagner pour qu’elle puisse jeter un coup d’œil aux véhicules qui restaient au camp, et en particulier au camion, et je n’avais aucune envie de  risquer sa vie alors qu’elle semblait encore affaiblie, autant mentalement que psychologiquement. Surtout après tout ce qu’elle avait vécu. Souriant à la vue de Melody retournant jouer avec son petit louveteau au pelage rarissime, j’attrapais mon petit sac à dos qui se trouvait sous mon lit, que j’installais entre mes deux épaules avant de serrer les sangles au maximum pour éviter tout battement si jamais je devais partir au pas de course. Une fois ceci fait, je ne me priverai pas de prendre ma hache de ma main droite pour enfin sortir de la chambre, faisant bien attention à fermer la porte.

Déposant les clés du camping-car dans la même poche que celle de mon calepin vierge de toute encre, je me dirigeais vers le rez-de-chaussée, pour ensuite me diriger vers le garde-manger, juste à côté de la cuisine. J’avais besoin de fouiller les stocks, et bien comme il fallait. Nous ne partions pas en forêt, nous sortions de notre zone de confort pour rejoindre la place où avait eu lieu toute cette débâcle, une position connue d’ennemis humains hostiles, qui ne souhaitaient que notre mort, qui étaient plus nombreux et mieux armés, mais aussi qui avait été ravagée par la horde gargantuesque de centaines pour ne pas dire de milliers de cadavres ambulants. Fouillant minutieusement les stocks, je prenais ce qui me semblait vital. Une paire de jumelles et un talkie-walkie. Des yeux, des oreilles et une voix. Attrapant les clés du camion, au cas où il était possible d’en tirer quelque chose, les fourrant à leur tour dans ma poche gauche, j’étais paré. La paire de jumelle et le talkie-walkie dans mon sac, même si je me sentais quelque peu mal à l’aise à l’idée d’avoir sur moi tout ce qui nous était essentiel, me promettant de refourguer ça à la ou les personnes qui m’accompagneraient là-bas, dehors.


Une fois ceci fait, je monterai à nouveau à l’étage, pour me diriger vers la chambre de la petite Ivy, qui d’ailleurs se trouvait là. Poussant la porte qui se trouvait entrouverte, je lui adressais un timide sourire avant de l’inviter à partir avec moi dehors, dehors de ce qui était notre nouveau chez nous.

« Salut Ivy, je voulais te dire que j’allais partir pour notre ancien camp, il reste le camping-car de Melody, il fonctionne, et elle m’a donné les clés… » Je sortais les deux paires de clés de ma poche pour les exhiber à Ivy. « Et il reste aussi un camion à réparer au campement, si jamais tu veux y jeter un coup d’œil… Mais j’y vais surtout pour le camping-car, et comme tu es une as de la mécanique… On ne fera rien de risqué, demi-tour si jamais y a le moindre pépin, on ne prend aucun risque… Je sais que tu ne veux pas trop sortir, et je comprendrai que tu me dises non, mais réfléchis-y ! Je descends, je vais attendre dehors, prends le temps de bien y penser, viens juste me donner ta réponse, je ne t’en voudrai absolument pas si tu refusais. A tout de suite ! »

J’avais parlé d’une traite, un long discours à l’intention d’Ivy, je ne voulais pas la brusquer, mais je savais qu’il y avait de fortes chances qu’elle refuse. Sortir seul aurait été une grosse connerie, c’est pour cela que j’étais descendu et sorti d’un seul trait, laissant la petite Ivy dans sa chambre tout en allant dehors, pour chercher, mais surtout pour trouver une paire de bras qui pourrait m’épauler. Aucune envie de sortir avec Samuel, aucune envie de sortir avec le morpion qui nous agrippait depuis notre arrivée, je me décidais donc de demander à un nouveau. Cela nous permettrait sans doute de faire connaissance.

Ma hache posée sur mon épaule droite, je me dirigeais vers le premier nouveau que je croisais. Grand, très grand, plutôt baraqué, cheveux courts et yeux clairs. Je n’avais pas fait plus ample connaissance avec les nouveaux, et à vrai dire, je ne connaissais même pas leurs noms. Donnant un léger coup d’épaule droite pour faire balancer ma hache pour l’attraper à deux mains afin de la repositionner sur mon épaule gauche, je me dirigeais vers cet homme. Ce grand homme. Une fois que je serai arrivé à son niveau, je lui tendrais ma main droite dans le but de le saluer.

« Salut, moi c’est Jordan, Jordan Getz. Je vais sortir pour aller récupérer quelques trucs, j’aurai besoin d’une paire de bras, ça te dit ? »

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 26 Fév - 20:10
Assise en tailleur, vêtue de simples chaussettes aux pieds, d’un jogging en coton noir idéal pour traînasser et de mon simple tee-shirt à manches courtes, le cul enfoncé dans le matelas du lit deux places que j’occupais malgré mon bien maigre gabarit, mes deux mains légèrement relevées au-dessus de mes cuisses, paumes vers le ciel, les bras légèrement repliés, on aurait pu croire que je jouais les yogi sur mon matelas, en pleine séance de méditation. Et si ce n’était en réalité que guère éloigné de la vérité, je n’avais pas les paupières closes, mais le regard ardemment fixé et concentré sur une boîte de conserve vide et propre qui se trouvait à léviter à une trentaine de centimètres au-devant de mon visage et au-dessus de mes mains.

Le souffle rapide et les paupières plissées, je pouvais sentir quelques gouttes de sueur perler sur mon front ou rouler le long de ma nuque. Malgré la fraîcheur de l’air et la fenêtre et la porte de la chambre légèrement ouvertes pour laisser courir un mince courant d’air frais, je crevais de chaud comme si j’étais en pleine épreuve sportive. Et il y avait clairement un peu de ça à devoir endurer les grésillements du champ magnétique qui m’enserrait l’esprit depuis que j’avais commencé ma séance d’entraînement à la maîtrise de mon don.

Ce matin, il m'avait fallu subir plus d'une heure et demie de ce calvaire passif et épuisant pour enfin réussir à faire se mouvoir la boîte de conserve selon ma volonté propre, avec un peu plus de finesse et non plus sous l'influence incontrôlable d'un sursaut de ce phénomène, jouant de l’attraction et de la répulsion qu’exerçait mon propre corps, devenu semblable à un véritable aimant, et de l’influence qu’il pouvait diffuser aux lignes de champ qui m’entouraient. Ainsi, je m’étais rendue compte que je pouvais les manipuler, rediriger leur flux et jouer sur la variabilité de leur intensité - jusqu’à un certain point - pour contrôler la course des objets métalliques que je manipulais et ainsi défier les lois les plus élémentaires de la physique, à commencer par la gravité elle-même.

Un exercice qui cessa brutalement lorsque la voix de Jordan m’interpella, avec douceur sûrement, mais qui m’apparut sur le coup comme un véritable retentissement d’alarme. Prise d’un léger sursaut de surprise, je tournais mon regard vers le jeune homme en même temps que la boîte de conserve, libérée de toute contrainte, retombait sur le matelas dans un bruit mat et amorti. Battant des paupières à plusieurs reprises, je tâchais de me concentrer sur les propos du jeune homme débités à toute vitesse et d’une seule traite alors que je pouvais finalement relâcher mon attention de l'exercice qui n'avait pas duré plus de quelques minutes. Lorsqu’il eut fini de parler, me proposant de le rejoindre dehors pour lui donner ma réponse, je ne pus que me contenter d’acquiescer de quelques lents hochements de tête muets et éreintés avant de le voir disparaître aussi soudainement qu’il était arrivé.

Je fronçais les sourcils dans une moue de réflexion en me remémorant ses mots, sa proposition de sortir, de retourner à l’ancien campement pour récupérer le camping-car de Melody. Je ne savais même pas que Melody avait un camping-car là-bas. Quant à voir si le camion était réparable… Je n’en avais aucune idée. Si personne n’y avait touché depuis ma morsure, alors il avait certainement dû rester en l’état, son moteur à moitié démonté et ses pièces détachées entreposées dans la remorque à l’arrière.

Sortir… Retourner là-bas, affronter le monde extérieur, ses menaces et ses mauvais souvenirs. Je poussais un long soupir d’incertitude en baissant la tête, contemplant la boîte de conserve comme si elle allait m’apporter la moindre réponse ou me souffler un choix plutôt qu’un autre. Seule l’apparition d’une tâche ocre venant souiller la surface métallique ondulée m’arracha à ma fixette alors que dans un réflexe d’urgence, je portais ma main droite à mon nez, pressant mes narines pour contenir la mince hémorragie qui venait de se déclencher. Avec tout ça, je n’avais même pas senti le liquide chaud couler sur mes lèvres et mon menton.

Marmonnant un juron à moitié retenu, je me levais du lit et penchais la tête en arrière durant quelques minutes, reprenant mon souffle et mes esprits jusqu’à ce que le saignement ne finisse par cesser. Après quoi, je me changeais vite fait pour enfiler ma tenue quotidienne commençant à sentir la sueur. Jean, chemise, ceinture. J’enfilais mes godasses, puis déposais la boîte de conserve à sa place habituelle, sur la table de chevet qui bordait le plumard avant d’aller faire un crochet par la salle de bain. Utilisant un peu de coton, je m’échinais à gommer les traces de sang de mon visage et du contour de mes narines, réfléchissant toujours à la proposition de Jordan. Pesant le pour et le contre, tout en me rappelant qu’il avait parlé de faire demi-tour si le danger s’avérait trop important, je me décidais finalement à accepter de l’accompagner là-bas. Au moins cela me permettrait de faire un tour du semi-remorque laissé en carafe et voir si un autre survivant avait plongé les mains dans le cambouis durant mon absence.

Après avoir remis un peu d’ordre dans ma chevelure de quelques passages de la main, je descendais finalement au rez-de-chaussée pour me diriger vers le débarras dans un premier temps, afin de récupérer de quoi me défendre. Comme d’habitude, mon choix se porta sur un couteau de cuisine, la seule arme que j’avais pris l’habitude d’utiliser, ressentant une certaine déception d’avoir perdu mon espèce de tomahawk de pompier après mon trépas. Je me demandais si mon sac à dos avait été abandonné dans cette ruelle ou si le Libérateur, ou ses hommes, ou Mark même, l’avaient ramassé en même temps que mon cadavre.

Je laissais courir mon regard sur les autres armes présentes. Les armes à feu, que je préférais largement laisser de côté tant que quelqu’un n’aurait pas pris la peine de m’apprendre à m’en servir correctement, et les armes plus massives encore. Néanmoins, mes noisettes s’arrêtèrent et s’attardèrent sur une petite sacoche en cuir qui, lorsque je la déroulais pour en examiner le contenu, révéla trois lames, trois couteaux de forme étrange mais qui semblaient destinés à être lancés plutôt qu’à être utilisé au corps-à-corps. J’y voyais là une occasion concrète de pouvoir observer le fruit de mes premiers entraînements, et découvrir si oui ou non le phénomène allait m’aider à survivre et à me défendre. Je refermais puis récupérais l’étui que je glissais à ma ceinture avant de quitter le débarras, pour me diriger vers le garde-manger, reconverti en pièce de stockage pour tout le reste du matériel “non-létal”.

Après avoir récupéré un petit sac à dos et une caisse à outils qui pourrait toujours se révéler utile, j’avais finis par sortir de la maison, profitant de la chaleur réconfortante des rayons solaires d’une journée qui s’annonçait encore magnifique… météorologiquement parlant. Puis, après avoir repéré Jordan, je m’étais avancée à travers le jardin pour le rejoindre, posant tout d’abord mon regard sur la hache d’incendie qu’il tenait sur l’épaule, avant de me manifester à lui alors qu’il semblait tailler le bout de gras avec un des nouveaux arrivants.

“Jordan ?” avais-je glissé sans vouloir l’interrompre, déposant la caisse à outils sur le sol pour soulager mon bras droit de son poids et attendant qu’il me porte son attention avant de continuer. “J’suis d’accord. Je t’accompagne,” lui aurais-je ensuite répondu avec un mince sourire, avant de jeter un regard interrogatif et curieux vers l’inconnu dont je ne parvenais pas à distinguer les traits. Seule sa corpulence tout à fait honorable m’avait sauté aux yeux. Si un gaillard pareil nous accompagnait, il était certain que je me sentirais plus en sécurité.

Adam West

Anonymous
Invité
Lun 29 Fév - 19:31
Des maisons longeant les rues de chaque coté en propriétés dominant une bonne distance chacune, avec visiblement jardins, garages et autres bourgeoiseries qu'il n'avait vu que rarement dans sa vie, lui qui avait toujours été loin de la bourgeoisie moderne, car c'était clairement une zone résidentielle de gros bourges gras du cul, du moins ça l'avait été. Aujourd'hui, les propriétaires de toutes ces baraques étaient sûrement crevés, morts dévorés par des mangeurs de chair qui y avaient vu là de bonnes pièces bien engraissées comme l'on ferait avec des oies, le foie gras du charognard. Certains étaient peut-être devenus des charognards à leur tour maintenant, en décomposition, crasseux, décharnés, dégueulasses en somme, d'autres il ne devait rester que des os éparpillés sur des centaines de mètres par les fêtards de Satan. Quoi qu'il en soit les pensées d'Adam le poussèrent à imaginer ces trous du cul qui s'étaient sans doute pris pour les rois du monde de leur vivant, à crier, pleurer et supplier en se pissant dessus des créatures qui avaient du se foutre pas mal de leurs pitoyables tentatives.

Si la richesse a mené le monde d'avant, la pauvreté mène le monde de maintenant et c'était d'une logique à toute épreuve : dans un environnement de survie et de mise à l'épreuve violente et cruelle, ce ne sont pas les gras doubles ayant passé leur vie à se branler sur eux-même devant le miroir qui ont la moindre chance de s'en sortir, non, ce sont plutôt les autres, ceux qui ont galéré toute leur enfance, qui ont morflé leur adolescence et fait les quatre cent coups plus tard. Au final, ceux prompts à survivre dans ce merdier sont ceux qui, déjà par le passé, étaient contraints d'expérimenter la survie et connu la vrai merde, CQFD.

Une manière de se faire plaindre ? Oh que non, puisque dans le cas d'Adam, cette vie était en réalité plus intéressante qu'avant. Plus de flics, plus de pétasses nageant dans leur propre pisse, plus d'administration fanatique du capital ou de lois pour faire valoir les nombreuses pédales improvisées chef d'entreprise ou fonctionnaires vous prenant de haut à en finir en établissement carcéral pour leur avoir un peu caressé le nez et les côtes. Marche ou crève, c'est comme ça que ça fonctionnait maintenant, et les grandes gueules ne pouvaient plus qu'assumer ou se planquer face à le seule loi demeurant au nouveau monde : la jungle. Plus de boulot non plus, d'impôts, d'assistanat, d'engagement ou de propriété, quiconque voulait quelque chose n'avait plus qu'à se servir d'une façon ou d'une autre et chacun se démerdait pour lui-même. Oui, on pouvait dire que pour le grand gaillard, cette vie était plus plaisante que la précédente.

C'est plongé dans ces pensées d'un parti prit pro-apocalypse bien que l'homme soit au fond désintéressé, car les idées sans grand intérêt illustrant sa tranquillité, qu'il était assis sur une chaise récupérée à l'intérieur et posée au milieu de la cour vide, comme ça au calme, dégustant une conserve de raviolis en se servant d'une demi-croûte de pain rassis comme couvert et en observant distraitement la zone résidentielle à l'origine des pensées évoquées. La batte de Baseball qu'il avait prit des stocks pour la faire sienne était calée entre ses jambes, tête posée contre le bitume, la dague de chasse qu'il avait également prise disposée dans un étui à sa ceinture. Profitant des stocks et de ce qu'il restait dans la maison, qu'il avait fouillé sans gêne, il avait récupéré une chemise grise à bandes violettes, blanches et rouges dont il avait découpé les manches pour avoir les bras libres. Son jean miteux et malodorant avait également été troqué contre un autre plus sombre et beaucoup plus propre, seules sa ceinture et ses bottes avaient été conservées et approximativement nettoyées la veille.

C'est aussi dans ce moment tout à fait peinard à un heure aléatoire puisque Adam n'en savait rien et s'en fichait, profitant du soleil de journée, qu'il fut interrompu par un type venu à sa gauche pour lui faire une demande incongrue. Tandis qu'il gobait une nouvelle fournée de raviolis froids en émettant des bruits de bouche à la manière d'un repas de spaghettis pour ne rien perdre de la sauce tomate, dont le reste fut laissé à goutter par le demi-croûton débordant, il mit quelques instants avant de daigner lever le nez et scruter le jeune homme avec fixation, laissant son regard sceptique vadrouiller de haut en bas sur la silhouette de ce qui apparaissait de prime abord comme le squelette sur pattes d'un bébé tout juste sorti de sa période port de couches pour faire "mumuse" à l'extérieur avec une hache à l'épaule assurément trois fois trop grande pour lui.

Il n'avait toujours rien dit, appuyant plus ou moins sa main gauche tenant la conserve sur son genou et d'autant plus son regard peu convaincu en mâchant ses raviolis de manière audible, qu'une fillette sans doute trop vieille pour un corps d'enfant se présentait à son tour pour s'adresser au gamin. Il va de soi qu'il aura ignoré la main tendue de Jordan, que ce soit parce qu'il avait les mains prises ou parce qu'il n'avait pas envie de la serrer tout simplement. Au final, les voilà qui se regardaient et c'est seulement qu'Adam consenti à placer délicatement son morceau de pain à l'intérieur de la conserve tout en terminant sa bouchée, attrapa sa batte d'une poigne ferme, se redressa debout pour s'étirer - et tout cela en prenant son temps, puis termina par se retourner pour déposer religieusement sa conserve au centre de la chaise.

« J'accepte, mais vous serez gentils de ne pas traîner cent ans sur place... » commença t-il en plaçant sa batte sous son bras gauche, pour pouvoir récupérer son paquet de clopes dans la poche de sa chemise et l'ouvrir. « J'aimerais pouvoir finir mon repas. »

Il sortit une cigarette qu'il mit au bec et replongea la main dans sa poche pour récupérer cette fois le briquet et allumer son cylindre de tabac, ce sans couvrir l'acte et sous les yeux de Jordan puisqu'il était face à lui, glissant à terme le briquet avec la clope dans sa main gauche pour mieux saisir l'objet de son plaisir et expirer longuement une épaisse volute de fumée au visage du jeune homme.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 29 Fév - 21:13
Ses yeux clairs ne m’indiquaient pas grand-chose de cet homme, mais c’était surtout son regard qui me donna cette impression de dédain qu’il semblait incarner. Mangeant ici et maintenant, assis là, comme la loque humaine qu’il me laissait apercevoir. A la vue de sa batte calée entre ses cuisses, je ne pouvais qu’imaginer quel genre d’homme il était. Qui voulait briser des crânes avec une batte de base-ball ? Qui voulait tuer avec une arme à feu ? Peut-être que cet équipement sportif se rapprochait bien plus de ce que j’appréciais que les armes à feu, mais frapper pour exploser n’était à mon sens rien d’autre que de la barbarie. Pour parler brièvement des armes à feu, je trouvais cela lâche. Si une vie devait être prise, il fallait la prendre de ses mains. Les couteaux et autres lames n’étaient qu’un prolongement du bras, n’étaient qu’un outil pour arriver au mieux à se défendre, à défendre les siens. Certaines personnes pensaient que c’était horrible de poignarder ou de découper les gens en morceaux, mais il fallait dire les choses comme il fallait les dire. Découper, trancher ou bien poignarder étaient des choses bien plus propres et ordonnées que de trouer la peau d’un homme ou bien de lui exploser le crâne. La lame permettait au mort de garder son intégrité, de ne pas laisser sa dépouille innommée. Du respect et de l’honneur, tout ce qu’il semblait manquer à cet homme.

Cet homme qui se releva sans daigner à me donner son nom, se relevant pour prendre ce qui semblait être son arme pour enfin s’étirer. J’avais laissé ma main droite retomber le long de mon flanc, main ouverte, ne bougeant pas d’un pouce, laissant seulement ma mâchoire se fermer alors que ma bouche était ouverte, laissant mes dents le loisir de grincer, sentant mes dents bouger sous la pression que j’excédais suite à la colère qu’il faisait naître en moi. Je serrais ma main gauche qui était posée sur le manche de ma hache, remerciant ma bonne étoile d’avoir changé mon arme d’épaule juste avant. Cela me retenait assez bien de lui fendre le crâne en deux, le poids de la hache m’empêchait de me lancer dans une attaque à mains nues. A moins de lâcher ma hache et de lui sauter à la gorge, chose que je n’aurai aucun mal à faire, surtout qu’il avait les mains prises. Il me faisait plus penser à un redneck qu’à autre chose. Ce genre de cul-terreux qui souhaitaient impressionner les femmes en exhibant leurs soit disant talent au rodéo, tout en portant leur chapeau vieux de quatre siècles dont ils étaient si fiers. Son air dédaigneux me faisait déjà regretter de lui avoir proposer de se joindre à nous, et je ne pouvais que laisser l’air qui se trouvait à l’intérieur de mes poumons le loisir de s’échapper lentement de mes narines qui soufflaient légèrement mon exaspération, ma déception, ma colère, et tant d’autres émotions désagréables qui m’envahissaient à cet instant-ci.

Mais ce n’était rien comparé à la haine qui prenait position dans mon cœur alors qu’il expira une bouffée de fumée à mon visage. Je pouvais dire sans aucun doute que je lui aurais sauté à la gorge si je n’avais pas entendu la voix de la petite Ivy, une voix que je pourrai reconnaître parmi tant d’autres de par sa caractérisation que trouvais unique. Je ne saurai jamais dire si c’était sa voix qui m’avait calmé à cet instant ou bien tout simplement le fait de ne pas exhiber ce côté de moi-même à la petite daltonienne que j’appréciais grandement malgré tout ce qu’il c’était passé, malgré tout ce qu’elle m’avait dit. Me retournant sans faire de remarques suite aux requêtes de cet inconnu à qui nous devions laisser une place au sein de notre camp. Je fixais Ivy dans les yeux, me campant légèrement sur mes genoux pour arriver à la même hauteur qu’elle, souriant timidement alors que je posais ma main droite sur son épaule, geste empli de tranquillité alors que mon regard se voulait sincère et franc alors que je laissais ces quelques mots partir à l’oreille de la jeune femme d’une voix qui se voulait légère et douce.

« Je suis fier de toi Ivy, vraiment. Je vais te donner mon talkie-walkie, et si jamais il y a un problème, tu fais demi-tour et tu préviens les autres, tout se passera bien. Je veux que rien ne t’arrive, d’accord ? »

Une question à laquelle je n’attendais pas de réponses. Je me levais légèrement, enlevant mon bras droit de la bretelle de mon sac pour le faire glisser le long de mon bras gauche jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au niveau de mon poignet, pour ouvrir ensuite la fermeture éclair de ma main droite pour la plonger dans mon sac quasiment vide, sentant sous mes doigts le verre frais de la paire de jumelles que j’avais rangé juste avant dans mon sac pour enfin sentir le talkie-walkie que j’attrapais pour le poser sous les yeux d’Ivy, attendant qu’elle l’attrape avant de refermer mon sac à dos de ma main droite pour remettre mon bras où il était précédemment pour que mon sac trône sur mon dos comme il se devait.

Si je n’avais aucune envie qu’il arrive malheur à la petite Ivy, je n’aurai aucun scrupule à laisser mourir cet homme qui n’avait pas daigné un seul instant à me donner son nom. Étrangement, je souhaitais la mort de tous ceux qui restaient innommables ici. Une fois que la jeune femme aurait rangé la talkie-walkie là où elle le voulait, que ce soit à sa ceinture ou bien dans son sac, même s’il aurait été plus judicieux que cela soit à la ceinture, je me serai retourné vers la route qui bordait notre habitation, notre nouveau camp, celle que nous avions prise pour arriver jusqu’ici pour faire demi-tour en direction de notre ancien campement qui se résumait à un mur de voitures entouré de carcasses de voitures inutilisables et inutilisées depuis des lustres, certainement depuis ma mort, pour ne pas dire avant. Je me souvenais de la route, bien que le sang et la nuit avaient embrumés ma vision et ma conscience, j’avais pris le loisir entre temps de vérifier sur les cartes où nous nous trouvions, où se trouvait notre ancien camp. Je n’étais sans doute pas un expert en cartographie ou bien en localisation, mais je savais que je pouvais partir et revenir pour notre ancien camp sans aucun problème si tout se passait bien, nous étions relativement proches.

J’avais lors de mes premiers pas donné un léger coup d’épaule gauche pour faire balancer ma hache vers l’avant dans le but de pouvoir la reposer sur mon épaule droite tout en changeant de main, laissant ma main droite prendre la place de sa jumelle sur la base du manche pour me permettre de me défendre bien plus rapidement si jamais il y avait besoin. Sortant de la route quelques dizaines de mètres après avoir quitté le périmètre de notre nouveau campement, me décalant d’une douzaine de pas vers la droite de la route tout en prenant, tournant légèrement la tête vers la gauche pour jeter un coup d’œil vers mes compagnons d’infortune sans pour autant leur dire pourquoi j’avais quitté la route. Cette sortie devait être une promenade de santé, je n’allais pas les effrayer avec mes craintes de me faire trouver la peau par une balle de sniper venue de nulle part.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 1 Mar - 20:51
Faisant face à Jordan, je l’avais laissé déposer sa main sur mon épaule en opinant doucement du chef à ses propos, lui offrant un sourire plus large et plus chaleureux, bien que le fait d’être considérée comme une gamine faiblarde me laissa malgré tout un arrière-goût d’amertume. Cependant, je ne préférais rien rétorquer sur le moment, surtout désireuse de ne pas blesser le jeune homme dans son élan de bonne volonté protectionniste. Mais il était clair que je ne ferais pas demi-tour sans eux et que je ne les abandonnerais pas sur place si quelque chose venait à mal tourner. J’avais suffisamment assez de la mort de Takashi sur la conscience sans avoir à m’accabler d’un nouveau désastre ou d’une nouvelle perte. Baissant légèrement les yeux sur le talkie que venait de me tendre Jordan, je m’en emparais et le coinçais à ma ceinture, près de ma hanche gauche, après en avoir vérifié le canal d’émission.

"Merci Jordan, mais ça ira, t'en fais pas... Ça va bien se passer," lui répondis-je avec un certain optimisme.

Puis je me décalais d’un pas de côté pour poser mes noisettes sur l’inconnu, dont le gabarit en position debout était bien plus intimidant encore que lorsqu’il était assis quelques instants plus tôt. Je l’observais tirer les premières taffes de sa clope en silence, laissant glisser mon regard vers la boîte de raviolis posée sur l’assise de la chaise avant de revenir vers lui, fronçant très légèrement les sourcils et plissant les paupières suite à son désir de ne pas traîner là-bas pour pouvoir terminer son repas ensuite.

L’homme me laissait une drôle d’impression. Outre sa présence physique assez imposante qui avait une certaine tendance à me rassurer de prime abord, la désinvolture qu’il semblait dégager, du moins de ses premiers gestes, allait tout à fait à contre-sens de ce que je m’imaginais. Mais j’avais pris l’habitude de ne pas me fier à mes premières impressions, celles-ci s’avérant souvent fausses ou trop tranchées. Cette sortie serait la parfaite occasion de me faire une meilleure idée du personnage et de son tempérament. Après tout, lequel de nous aurait eu la prétention d’affirmer être totalement à l’aise après son retour d’entre les morts ? Et surtout parachuté ainsi au beau milieu de parfaits inconnus ?

De ma main gauche et du mouvement du menton, j’avais désigné la chaise plantée au milieu de la cour, et par extension la boîte de conserve, sujet de la remarque, avant de prendre la parole.

“On en a pour une grosse demie-heure de marche jusqu’à l’ancien campement, vous pouvez toujours finir en route,” lui avais-je suggéré d’un ton à mi-chemin entre le conseil et la plaisanterie, avant de poursuivre un peu plus sérieusement. “Quant au temps à passer là-bas…” Je jetais un regard en direction de la caravane qui, si je ne pouvais la voir dans le détail à cette distance, avait vu sa carlingue être criblée d’impacts de balles le soir de l’attaque. “...ça va dépendre de l’état dans lequel on va trouver le camping-car, en espérant qu’il n’ait pas fini transformé en passoire lui non plus ; et donc du temps que ça va prendre pour le réparer, si c’est possible…” rajoutai-je en ramassant la caisse à outils à mes pieds. Puis je reportais de nouveau mon regard vers Jordan.

“On peut y aller ?” lui avais-je demandé sans vraiment que cette question ne nécessite de réponse, avant de tourner les talons et de faire les premiers pas pour quitter la cour de la maison. Ce n’est qu’au bout de quelques enjambées, prenant malgré tout la peine de marcher à hauteur de mes compagnons de sortie, que je m’adressais de nouveau à l’inconnu.

“Et sinon ? Comment doit-on vous appeler ?” m'enquis-je, curieuse de connaître son nom, ou à minima, son prénom.

Adam West

Anonymous
Invité
Ven 4 Mar - 19:32
La batte confortablement installée à son épaule, il avait esquissé un léger sourire à la vue de l'attitude du jeune homme, sans vraiment insister d'aucune façon, il aurait certes pu le provoquer un peu plus mais peut-être parce qu'il n'y portait pas vraiment d'intérêt au final. Passant la cigarette à son bec pour tirer dessus à intervalle aussi irrégulier qu'il s'amusait distraitement avec la fumée s'échappant de ses lèvres, il commençait à prendre le pas à la suite de Jordan et s'arrêta en observant Ivy qui lui parlait de sa petite voix somme toute charmante, pour lui répondre ensuite avec la plus grande simplicité.

« J'ai une règle petite demoiselle, je ne mange jamais quand je bosse, surtout pour un gros gourmand comme moi. Si je ne respectais pas cette règle je passerais mon temps à bouffer et je ne sais pas toi, mais toute cette histoire de résurrection et je ne sais quelles autres conneries qui me laissent toujours aussi sceptique m'ont pas mal ouvert l'appétit. Faut des limites à tout même aux bonnes choses, mais je t'en prie, les jolies filles d'abord. »

Il avait enchaîné sur la proposition de la jeune femme en laissant sa clope aux lèvres, ce qui l'obligeait à mouvoir sa bouche différemment sur la fin de ses paroles en indiquant le passage de sa main à nouveau libre. La suite n'avait pas d'intérêt à être décrite : il suivait le minuscule groupe en marchant aux cotés d'Ivy, le pas tranquille et roulant des épaules en gardant une main ferme sur son arme non-conventionnelle, tirant quelques taffes et scrutant les alentours sans vraiment montrer d'inquiétude ou de crainte quelconque à ce qui pourrait leur tomber à tout moment sur la tronche.

Il avait le regard ailleurs quand sa nouvelle camarade s'adressait de nouveau à lui pour lui demander son nom et contrairement à son interaction précédente avec le garçon, garnement qui sortait d'ailleurs de la route et s'enfonçait dans la plaine ouverte à quelques pas d'eux, il revint s'intéresser à la fille en récupérant sa cigarette puis expira longuement d'un semi-soulagement une épaisse volute. Ce tabac lui faisait vraiment du bien et lui permettait de détendre les muscles.

« Adam West, mais pour toi ma belle ce sera Adam. Je crois pas avoir besoin de te demander le tien, Ivy j'ai entendu. C'est un joli prénom pour un beau minois, ça me rappelle Ivy Queen, el Gata, j'écoutais ses albums quand j'étais plus jeune. Sacrée chanteuse et bon dieu quelle poitrine elle avait, une vrai déesse avec cet accent qui faisait frétiller le jeune voyou que j'étais, il m'en fallait pas beaucoup à l'époque comme tous les gamins en manque de vraies expériences charnelles. Heureusement les années ont passées, mais toi tu serais un peu la princesa Ivy du coup, ça te va bien. Tu veux partager ? »

Tout en lui accordant un franc sourire illustrant sa bonne humeur, il lui tendit la cigarette allumée et à peine entamée si d'aventure elle souhaitait s'en munir et en profiter à son tour. Il ne fallait pas être perspicace pour comprendre qu'il lui faisait quelques avances, car la jeune femme lui était plaisante au regard et pas seulement. Malgré sa corpulence et ses penchants pour les "vraies" femmes, cette petite avait un quelque chose qui lui tapait dans l'oeil et ce corps mince bien que manquant de formes ne le laissait pas indifférent. Pour un gaillard rôdé à la chose dans son genre, vingt secondes suffisaient pour se décider et il y avait toutes sortes de choses à faire à un jeune corps comme celui-ci. D'expérience, ce genre de formes discrètes étaient promesses de gémissements savoureux.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 4 Mar - 22:33
Ivy avait l’air d’avoir confiance en l’avenir, en ce qui allait se passer aujourd’hui, vis-à-vis de notre excursion envers notre ancien campement, j’espérais juste que personne ne serait là, que ce serait une opération éclair comme je lui avais promis, et que personne ni rien ne serait là. J’avais bien peu d’espoir à ne rencontrer aucun mort ambulant après la taille de la horde qui nous avait obligé d’effectuer un déménagement plus que rapide. Je laissais l’inconnu qui s’amuser à bavarder avec la petite daltonienne, draguant la pauvre petite, et déblatérant des choses totalement futiles et inutiles sur ses habitudes. Malgré tout, si je ne l’écoutais que d’une oreille, j’avais appris qu’il s’appelait Adam, puis il avait continué à draguer Ivy, je n’avais aucune envie de m’en mêler et je préférais largement rester devant, guidant la marche, la hache sur l’épaule. J’avais surtout l’impression qu’il voulait faire le mâle dominant ici. Je sentais que je n’allais pas bien m’entendre avec lui, mais alors pas du tout. Peu importe, je pressais le pas, tout en continuait de m’éloigner de la route, mais toujours en la suivant, j’avais donné un léger coup d’épaule pour faire basculer ma hache vers l’avant, juste pour faire glisser ma main le long du manche pour la maintenir vers le milieu avant de m’avancer de quelques pas pour la poser à terre.

M’accroupissant pour déposer mon arme à terre, je libérer mon bras droit de l’emprise de mon sac pour le faire glisser le long de mon gauche pour venir l’ouvrir de ma main gauche pour la plonger pour en sortir la paire de jumelles qui s’y trouvaient. Une fois posées sur le sol verdoyant, je refermerai mon sac pour le remettre sur mes épaules pour finalement observer avec mes binoculaires la direction du notre ancien camp, cherchant des yeux le lac, qui était probablement la première chose que j’aurai du voir quelque chose normalement. Quoi que je voie, je le garderai pour moi,  ne disant rien aux autres, passant les jumelles autour de mon cou, les laissant pendre juste au devant de ma poitrine avant de ramasser ma hache et de garder ma main au milieu du manche.

Continuant à avancer en direction de notre ancien campement, je ne parlais pas, jetant uniquement un léger coup d’œil à mes deux compagnons d’infortune qui se trouvait légèrement derrière moi, vérifiant qu’Ivy allait toujours bien malgré la présence d’Adam. Je n’avais aucune confiance en cet homme, et je regrettai amèrement de lui avoir demandé de venir, s’il arrivait quoi que ce soit à cause de lui, j’en serai responsable, et je ne pouvais pas me permettre d’être faible encore. La chance ne nous sourirait pas une énième fois. D’ailleurs, étions-nous réellement chanceux d’avoir perdus la moitié de notre groupe ? Cette pensée me mina le moral. J’avançais en direction du camp, peu importe ce que j’avais pu voir, cela n’avait aucune importance, et peu importe si les deux autres me suivaient, cela n’avait pas d’importance.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 5 Mar - 0:44
Finissant par sortir de la cour de notre nouvelle demeure, j’avais laissé Jordan partir devant nous, fronçant quelque peu les sourcils dans une moue interrogative et légèrement inquiète de le voir si silencieux. Il ne m’avait pourtant pas paru spécialement mal luné quelques instants auparavant, et je ne pouvais m’empêcher de me demander si cela avait à voir avec la présence d’Adam. J’espérais que non, qu’il ne s’agissait là que du sérieux et de la manifestation parfaitement légitime de ses inquiétudes sur l’excursion à venir. Après tout, je ne savais que très peu de choses de Jordan et de son rapport au monde extérieur. Avait-il déjà participé à une quelconque excursion hors du camp ? Etait-il allé en ville ? Beaucoup de questions qui restaient encore sans réponse pour moi, et qui ne me permettaient pas de juger ou jauger quelles pouvaient être les appréhensions du jeune homme envers notre escapade vers l’ancien campement, ni même les craintes que l’on pouvait aisément ressentir à s’imaginer le pire à propos de cette aire de repos qui avait vu des centaines de morts la traverser.

Mais mes interrogations silencieuses furent bien rapidement supplantées par la voix de celui qui se présenta sous le patronyme d’Adam West, avant d’enchaîner sur mon propre prénom et les souvenirs de jeunesse - du moins la sienne - que celui-ci lui évoquait. Une série de remarques et de petites anecdotes qui, comme précédemment, me laissaient partagée quant à ce nouvel arrivant. De ce qu’il m’avait dit à propos de son repas, et ce qu’il me confiait désormais de ses désirs charnels d'adolescent, je lui trouvais une philosophie particulièrement Epicurienne.

Son attitude, sa démarche, son ton et ses propos. Tout me laissait penser qu’Adam transpirait la franchise et le détachement bruts ; le genre d’homme à aller droit au but, à simplement profiter de ce qu’il avait sous la main sans prétendre se soucier ni du lendemain, ni de ce que l’on pouvait penser de lui. La preuve en était selon moi son aveu parfaitement assumé de scepticisme face à nos resurrections, là où j’aurais personnellement eu tendance à garder mes doutes pour moi en présence d’inconnus.

A la fin de sa tirade, lorsqu’il m’interpella, je ne pus que tourner mon regard vers lui, relevant le menton pour parvenir à compenser notre différence de taille et plissant les paupières pour réussir à distinguer le bâton de nicotine dressé entre ses doigts, son extrémité se consumant dans un très mince filet de fumée bleuâtre. Je lui répondis d’un mince sourire poli en levant ma main libre, paume ouverte dans sa direction tout en secouant légèrement la tête.

“Non merci. Je ne fume pas…” refusai-je poliment, marquant ensuite un silence de quelques instants en réfléchissant de nouveau aux mots qu’il avait eus. Je ne m’estimais pas particulièrement douée en relations humaines - je savais d’expérience que j’étais plutôt du genre catastrophe naturelle dans ce domaine - mais j’avais l’impression, fondée ou non, que l’homme tentait de me faire du gringue à me considérer comme une jolie fille, vanter les lignes de mon ‘joli minois’ ou encore me surnommer ma belle ou princesa. Des pensées ressassées qui finirent par m’arracher un très bref sourire légèrement moqueur que je m’auto-adressais ; y voyant surtout là l’expression et l’interprétation de ma frustration quant à mes charmes féminins limite inexistants et mes habiletés de séductrice proche du néant.

“Connais pas c’te chanteuse,” avais-je fini par lui répondre au bout de quelques instants. “J’ai jamais apprécié les chansons d’toute façon. J’ai toujours préféré la musique électronique - ‘d’la musique de barbares’ comme disait mon vieux - ou instrumentale. Quand j’étais gosse, ma mère a absolument voulu que j’apprenne à jouer d’un instrument et j’ai dû me taper quelques années de conservatoire avant qu’elle pige enfin que ça m’faisait chier. En fait, c’est pas que ça me faisait vraiment chier - j’aimais bien même - mais devoir bosser mes gammes et mon solfège m’empêchait surtout d’observer le ciel et les étoiles,” racontai-je d’un ton légèrement détaché, et un brin mélancolique à l’évocation de ces souvenirs avant de conclure mes mots d’un simple haussement d’épaules.

“D’ailleurs, j’me demande si je saurais encore jouer de la gratte avec cette résurrection et la perte de tout ce qu’on a pu apprendre avant… Probablement pas…” m’étais-je questionné dans un haussement de sourcils et une moue interrogative, souhaitant surtout ramener Adam à évoquer le sujet de sa propre résurrection, et les doutes qui l’accompagnaient.

A papoter ainsi, je n’avais pas vraiment prêté attention à Jordan qui filait droit devant nous et marchait en nous jetant de brefs coup d’oeil de temps à autre, comme pour s’assurer que nous étions toujours derrière lui. Un comportement que je trouvais étrange de sa part, lui qui s’était montré si prévenant jusque-là. Glissant un regard en coin en direction d’Adam, je me demandais soudainement si les deux hommes étaient en froid ou s’il quelque chose s’était passé entre eux avant que je ne les rejoigne. Un doute que je souhaitais éclaircir en baissant le ton pour poser la question à l’homme qui marchait à mes côtés.

“Ya un problème avec Jordan ?” lui demandai-je, sans aucune affirmation dans mon ton simplement empreint de curiosité et d’inquiétude.

Adam West

Anonymous
Invité
Lun 7 Mar - 14:41
Le petit jeune continuait d'avancer dans son coin, lui qui était venu demander leur assistance au grand gaillard et à la jeunette nommée Ivy, et voilà qu'il se comportait comme un asocial à qui le manque de solitude faisait chier, à croire que c'était vraiment encore un gamin. Quoi qu'il en soit il ne s'attardait pas dessus, se contentant de lui jeter des regards interrogatifs quand il s'arrêtait, fouillait on ne sait quoi dans ses affaires et regardait par ses jumelles avant de repartir en continuant de se la jouer solo.

C'est davantage la jeunette qui l'intéressait, plus ou moins, elle avait refusé sa proposition, elle ne fumait pas, manquait plus qu'elle lui dise ne pas boire et il pourrait vraiment dire qu'aujourd'hui pour lui, c'était hard disneyland avec ces deux-là. Peut-être aurait-il du réfléchir à deux fois avant de se lancer dans sa première sortie ici avec des bébés survivants, le charme qu'il trouvait à la petite de prime abord, ce qui n'était pas dur car les femmes n'étaient pas légions dans le camp et tout était bon à prendre, en prit un coup.

Ramenant sa cigarette à ses lèvres, il tira dessus et soupira la fumée en l'écoutant parler. Bien qu'il n'était contre l'entendre raconter un peu sa vie, c'est ce qu'il avait cherché à s'attarder sur une anecdote après tout, il ne s'intéressait pas tellement à ce qu'elle avait à lui dire. Elle préférait ce qu'elle appelait de la musique électronique, ce qu'il considérait comme du bruit et le reste... non, en fait il n'avait pas écouté. Dans ces cas là, il avait une parade simple :

« C'est sûr. »

Voilà qui était fait, deux mots simples et efficaces à placer dans toutes les conversations, qui empêchait de relancer la discussion tout en ayant de grandes chances de s'inscrire facilement dans le contexte, selon l'interprétation qui appartiendrait aux concernés. Ouais, c'était pas mal et il l'avait sorti l'air de rien avant de tirer sur sa cigarette et poser les yeux sur le sol en maintenant une démarche ferme mais relativement sereine. Il y avait peu de chances qu'elle se rende compte de la supercherie puisqu'il n'avait guère changé d'attitude, et puis bon, quelle importance ça aurait ?

Il n'avait pas vraiment fait attention au chemin qu'ils empruntaient, après tout il ne connaissait pas du tout les lieux et n'était pas sorti pour son plaisir, mais simplement pour "donner un coup de main" à deux brindilles pour récupérer "quelques trucs", on aurait difficilement pu faire plus vague. Ça encore, au final, ça n'avait pas d'importance aujourd'hui. Cependant, la jeunette finit par combler le silence à nouveau en posant une question qui fit tourner la tête d'Adam vers elle, à l'origine parti scruter la plaine de ci de là, arquant un sourcil en prenant un l'air de celui qui n'avait pas vu venir la question.

« Jordan ? Ah oui... » Il souffla la fumée par le nez et étira un sourire amusé somme toute léger. « Le gamin. A priori non, il devrait ? De toute façon il reste dans son coin depuis qu'on a quitté le camp, s'il boude il y a pas de raison que je sois concerné. Mais attends, on va régler la question. »

Il fit un clin d'oeil à Ivy puis se racla quelque peu la gorge et prit un instant en balançant le cylindre dont il ne restait pratiquement que le filtre usagé sur le coté, le laissant s'écraser sur quelques herbes isolées de cette vaste plaine sans se soucier d'avoir à écraser ce qu'il en restait. Sa voix s'entendit cette fois plus fort et alla s'adresser directement au garçon qui continuait de garder ses distances, sa main libre venant attraper doucement l'avant-bras d'Ivy pour l'inciter à s'arrêter, car c'est ce qu'il fit, se stopper là au milieu de la plaine avec l'autre main qui conservait sa batte installée sur son épaule.

« Hey gamin, au lieu de crapahuter à dix mètres de nous comme un ado qui fait la gueule de devoir sortir de sa chambre. Notre amie Ivy pense que t'as un problème et même si je m'en fous en soi ce serait pas mal que tu t'arrêtes deux minutes pour expliquer où tu vas, ce que tu as vu dans tes bigleuses et ce que t'as l'intention de récupérer exactement. C'est pas que l'idée d'avoir un peu d'exercice me pose problème, je dirais même que j'en ai bien besoin, par contre suivre un petit mec à l'aveuglette c'est pas mon truc. »

Il avait pensé que ça n'avait pas d'importance oui, mais pour le principe et pour voir de quoi étaient faits ces deux là, particulièrement le jeune, il ne regrettait pas ses mots bien au contraire. Il resterait alors là à attendre de voir ce qu'il ferait, ce qu'il dirait, comment il agirait.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 7 Mar - 18:16
Adam, Ivy et Jordan s'approchaient de l'ancien campement Jefferson, ayant alors avalé la moitié de la distance séparant le secteur A du camp, ils pouvaient voir à trois cent mètres environ les ruines du Motel d'un coté et celles des ex-commerces de l'autre, encore lointains, et bien mieux le lac qui était à distance des ruines et se trouvait isolé tel un oasis perdu dans le désert.

Tous verront à l'oeil nu la même chose : des mouvements encore difficiles à définir mais nombreux, vers le camp et près du lac. S'il serait évident qu'il doit s'agir de silhouettes, c'est encore bien trop diffus pour en décrire la réalité et il faudra à Jordan ses jumelles pour en savoir plus, ce qu'il fit en s'en munissant l'espace d'un moment.

Lui seul aura pu ainsi constater ce qui obstrue le paysage : des zombies, de nombreux zombies, une véritable avalanche. Près du lac, il y en avait pas moins d'une dizaine qui erraient et une douzaine d'autres se baladaient entre le lac et le camp, comme si quelque chose les y avaient attiré. Dans la plaine entourant l'entrée visible de l'ancien camp, ces même zombies qui donnaient la direction depuis le lac se perdaient parmi une quinzaine, au moins, de mangeurs de chair supplémentaires. Entre le lac et l'entrée du camp coté plaine il y avait ainsi pas moins de quarante rôdeurs, au bas mot. Poursuivre tout droit ne permettrait pas d'échapper à leurs nombreux yeux.

Nul doute que l'ancien campement était encore infesté et que le projet du petit groupe de quérir ce qu'ils avaient laissé sur place serait particulièrement périlleux. Sans dramatiser à l'excès, car il restait à voir ce qui se trouvait réellement à l'intérieur du camp et du coté de la route bordant la forêt notifiée Zone de Chasse 1 sur les cartes, la situation ne présageait rien de bon.
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