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[CS, CFJ] Broken Sunset - 23/02/35
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Jordan Getz

Anonymous
Invité
Lun 7 Mar - 21:31
Des morts, par dizaines, et uniquement dans la zone que j’avais observé, je pouvais affirmer sans doute qu’il y ait une bonne centaine de cadavres ambulants dans le périmètre et l’enceinte de notre ancien camp. Je prenais une grande inspiration après avoir fait quelques pas dans la direction du lac, c’était trop, bien trop. Mais pourquoi étaient-ils là ? Pourquoi se rendaient-ils dans le camp ? Si c’était pour se repaître des cadavres qui restaient encore au camp, c’était bien trop tard. Les morts se suivaient, ce n’était pas possible qu’il y en ait autant ici sans raison, ils auraient dû partir avec les autres. Quelque chose les avaient attirés. Si ma première crainte avait été de rencontrer des hommes du Marchand encore une fois ici, il fallait avouer que je me réjouissais à l’idée qu’ils soient là, dans le camp, pris au piège comme des rats. Je souriais à cette idée. C’était peut-être pour cela que les morts prenaient tant d’intérêt pour notre ancien camp qu’ils avaient précédemment dévastés.

Nous étions à une distance raisonnable du camp, mais les morts les plus proches auraient pu nous repérer si nous avancions plus, et puis, je n’avais aucune envie de me prendre une balle en pleine poitrine par un ennemi qui couvrait ses possibles alliés pris au piège mortel qu’était ce camp infesté. Je rejetais un rapide coup d’œil dans mes binoculaires pour être bien sûr de ce que j’avançais, ils avaient l’air d’être attirés par quelque chose. Je reposais mes jumelles pour les laisser pendre autour de mon cou avant de reprendre la marche, pas vers le lac non, mais vers le Nord, vers la grande route qui bordait la forêt où nous étions allés avec James et Melody.

Depuis la forêt, nous aurions une meilleure couverture, et un point de vue différent pour pouvoir observer le camp. Je ne préférais rien avancer aux deux autres, quitte à les laisser dans l’inquiétude, même sans jumelles, ils pourraient voir ce qu’il se passait, enfin, peut-être pas Ivy, mais c’était le cadet de mes soucis. Je ne me retournais même pas lorsqu’Adam m’avait adressé la parole, préférant tout simplement ignorer ses provocations. Il fallait mieux prendre sur soi que de lui fendre le crâne en deux, il pouvait certainement servir un peu. Quoi que.

Alors que j’avais pris la direction du Nord pour me diriger vers la grande route, hache à la main, comme à mon habitude, au niveau du milieu du manche, je remettais la paire de jumelles au niveau de mes yeux pour observer la direction vers laquelle je me dirigeais, le Nord. Les autres suivraient sans doute, j’avais les jumelles, Ivy ne voyait pas grand-chose, et je connaissais les lieux, Adam non. Dans le pire des cas, ils feraient demi-tour et ça nous éviterait de risquer nos vies face à une centaine de cadavres ambulants pour récupérer un camping-car.

J’avais une haute de opinion de moi-même, une grande confiance en mes capacités, mais je savais qu’il fallait que je réfléchisse à chaque fois avant de faire quoi que ce soit, m’écoutant et écoutant ma conscience. Je n’avais pas envie de mourir encore une fois, et même si j’étais revenu une fois, je n’avais aucune envie de revivre ça, ou pire, de ne pas le revivre. Alors que je prenais la direction du Nord, jetant quelques coups d’œil dans mes jumelles vers cette même direction ou bien vers le Camp, je tournais la tête légèrement vers mes deux compagnons d’infortune en leur disant.

« Suivez-moi, et pas un bruit. »

Nous étions trop loin pour que qui que ce soit nous entende, nous repère auditivement, le silence ne m’aiderait pas à réfléchir ou bien à me concentrer, mais il m’éviterait d’avoir à répondre à des questions auxquelles je ne voulais pas répondre ou bien auxquelles je n’avais pas de réponses. Et puis si Adam la fermait, je n’en serai que plus heureux.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 8 Mar - 2:19
Tout en continuant de marche aux côtés d’Adam, je me retrouvais légèrement étonnée de sa réponse quand j’eus fini d’aborder les conséquences probables de ma résurrection. Pour un type qui se disait sceptique de toutes ces histoires, j’aurais cru qu’il aurait eu plus à répondre qu’un simple “c’est sûr”. Cependant, je ne pouvais savoir s’il s’était agi là d’un simple refus d’en parler plus ouvertement et de confier ses doutes à la parfaite inconnue que j’étais ; ou une manifestation plus évidente du détachement qu’il semblait avoir depuis que nous étions partis.

Lorsque sa main rencontra mon avant-bras pour m’inciter à l’imiter et m’arrêter à mon tour, je m’exécutais sans lui présenter de réelle résistance ; hormis un mouvement de recul instinctif que je tâchais de réprimer par la suite, le poids de la caisse à outils m'alourdissant malgré tout le bras et commençant à se faire sentir. Reportant mon attention sur lui, curieuse de savoir ce qu’il allait faire, ce qu’il allait dire. Et pour le coup, je ne fus réellement pas déçue du voyage, mais dans le mauvais sens du terme.

Alors autant je n’étais pas la dernière quand il s’agissait de houspiller et secouer les autres verbalement, autant j’estimais qu’Adam y allait sans détour. Aucun détour. Une franchise brute, dénuée de nuances, presque violente selon moi, et pire que tout, parfaitement gratuite. Assez surprise par la rudesse de l’interpellation du grand gaillard envers Jordan, j’eus un mouvement de recul de mon buste bien plus prononcé alors que mon visage se grimait d’une toute aussi franche pointe de colère.

“Ho ! Si ça vous f’sait chier de reporter la fin d’votre repas pour venir, fallait garder votre putain d’cul collé sur votre chaise… On vous en aurait pas voulu,” lui avais-je lâché d’un ton sec et réprobateur avant de reporter mon attention en direction de Jordan. Je pouvais voir sa silhouette continuer de s’éloigner de nous, ayant soudainement changé de direction pour partir plein Nord. J’étais surprise de ne pas le voir s’arrêter, ni même répondre à la provocation d’Adam. Brièvement, je glissais un regard empli de reproches au grand costaud, mais sans réellement pouvoir lui en vouloir. Après tout, il ne semblait avoir qu’énoncé des faits aisément constatables à propos de Jordan. Ce qui ne m’empêcherait en rien de m’élancer au bout de quelques secondes à la poursuite du jeune homme, après avoir laissé l'opportunité à Adam de me répondre s'il le désirait.

Accélérant le pas au point de trottiner à petites foulées, je gommais assez rapidement l’écart d’une vingtaine de mètres qui nous séparait encore, percevant à peine les mots qu’il semblait nous adresser, nous intimant de le suivre sans faire de bruit. Ben tiens… En voilà un qui ne me connaissait pas encore vraiment malgré le début de notre complicité naissante.

D’un geste assez vif de ma main gauche, je l’empoignai au niveau de son biceps droit, resserrant ma prise avec le peu de force que j’étais capable d’y mettre - une poigne dont il pourra très certainement se libérer sans aucune difficulté - en tâchant de le faire pivoter pour me faire face, ou alors, je m’interposerais sur sa trajectoire pour l’inciter à s’arrêter. Dès lors, j’aurais cherché puis trouvé son regard sombre pour y plonger mes noisettes, relevant le menton pour combler notre différence de taille en l’interpellant.

“Hey… Jordan…” l’interpellai-je d’un ton certes sec, mais empreint d’une profonde inquiétude et d’une incompréhension certaine. “Pourquoi tu t’isoles comme ça ? A quoi tu joues ?” poursuivis-je en baissant légèrement le ton de ma voix, pour céder plus de place à l’inquiétude qui me taraudait qu’à l’énervement qui m’avait conduit jusqu’à lui. Après quoi, je glissais un regard bref mais appuyé en direction d’Adam avant de me focaliser sur le jeune homme de nouveau. “C’est quoi le problème ? C’est Adam ? C’est moi ? C’est…” J’embrassais le paysage du regard et d’un geste fugace de mon bras droit, alourdi par le poids de la caisse à outils. “C’est tout ça ? L’extérieur ? C’est pour ça que tu changes soudainement de direction ?” Je secouais lentement la tête en affichant une grimace lourde d’incompréhension, les lèvres légèrement entrouvertes.

“J’t’avoue que j’te comprends pas là…” repris-je après quelques secondes de silence passées à le dévisager.

Adam West

Anonymous
Invité
Ven 11 Mar - 19:33
Toujours habité par sa désinvolture qui l'accompagnait depuis le départ du camp, il espérait un peu de répondant de la part du jeune homme, ou alors à contrario faire preuve de discernement en se contentant de répondre à sa demande d'informations pour le principe, quitte à ignorer ses provocations... mais rien.

Bien loin de cela, dans un comportement qui aux yeux d'Adam reflétait une adolescence encore bien ancrée, le garçon se contenta de l'ignorer en continuant seul, montrant sa volonté de ne respecter aucun critère raisonnable de survie du point du vue du gaillard, la conciliation du groupe avant tout ne serait-ce que pour avancer et accomplir leur objectif, ou bien à défaut rentrer entiers et vivants. Non, il choisissait, pour des raisons qui échappaient au grand homme, des raisons qui ne pouvaient à son regard n'être que puériles, de faire l'autruche et de poursuivre vers l'inconnu avec vraisemblablement une fierté suicidaire.
Autant dire qu'Adam n'escomptait pas marcher dans ce jeu qu'il tranchait comme une idiotie enfantine, et toutes ces pensées il ne les avaient guère - ou pas entièrement - cachées à travers ses propos certes, mais c'est ailleurs qu'il fut le plus surpris. Alors qu'il ne lui avait pas adressé la parole, la jeune femme à ses cotés, de sa fenêtre haute comme trois pommes et aussi menue qu'un coton-tige, se permettait de lui parler de travers comme s'ils étaient amis de longue date, ou pire encore, comme s'ils étaient des égaux.

Il arqua un sourcil et se tourna vers elle qui crut pouvoir se défiler rapidement pour aller rejoindre son camarade de petite section, mais c'était sans compter sur le Son of Chuck qui s'il n'était pas orgueilleux, n'appréciait pas pour autant d'être pris de haut par une nana et gratuitement, surtout quand la personne qui le prenait de haut devait lever les yeux à s'en casser le cou pour le regarder. D'une poigne ferme, il lui attrapa le bras et la retint quelques instants en avançant d'un grand pas vers elle pour être parfaitement au-dessus, la mâchoire contractée, ses yeux parcourus d'intensité colérique et son regard glacial témoignant du fait qu'il n'y avait pas une once de plaisanterie dans ce qu'il s'apprêtait à lui dire sèchement :

« Dis-moi Bambi, à qui tu crois parler sur ce ton ? Si je suis venu c'est parce que deux planches à pain tout juste sorties de maternelle m'ont demandé de les accompagner là où elles ne sont pas de taille à se prendre pour des grands. Et si j'ai accepté de le faire par pitié pour ta petite copine partie bouder dans son coin alors qu'on se trouve au milieu d'une foutue plaine à la visibilité de n'importe quelle saloperie qui pourrait nous tomber dessus, ne crois pas trop pouvoir prendre des airs avec moi, et surtout avec des mots que tu ne pourrais pas assumer. Vas-y, file la rejoindre mais je te préviens, la prochaine fois je te mettrais la fessée et crois-moi, tu n'aimeras pas. »

Ses mots entendus de façon directe et avec la plus grande clarté, il laissa planer quelques courts instants à la fixer droit dans les yeux, serrant de nouveau sa mâchoire en même temps qu'il serrait un peu plus sa poigne sur le bras frêle d'Ivy, avant de se décider à la lâcher et lui faire un bref signe de tête de rejoindre Jordan. Elle finirait par s'éloigner vers celui-ci et il resterait à sa place, pressant davantage ses phalanges sur le manche de sa batte en patientant de savoir si cette sortie avec ces deux jeunes était vraiment une connerie monumentale ou s'il y avait encore quelque chose à en tirer. Mais il en doutait, c'était peu dire.

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 11 Mar - 20:16
Adam, campé sur sa position, n'y verra pas davantage, toujours plus qu'Ivy qui dans son état ne voyait pas grand chose, et pas tant moins que Jordan qui sans ses jumelles, ne voyait également que des silhouettes disparates.

De ces silhouettes d'ailleurs, il n'y avait pas d'évolution.

Elles continuaient de se mouvoir certes, mais sans pour autant sembler plus proches, plus éloignées ou différentes.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 11 Mar - 21:44
Rien de plus, si je pouvais prendre cela comme quelque chose de bénéfique dans un premier lieu, cela m’inquiétait d’autant plus vis-à-vis de l’hypothèse qui était née dans mon esprit. Il n’y avait plus aucun vivant dans le camp, ami ou ennemi. Dans un sens, cela nous donnait un danger de moins à nous préoccuper, mais de l’autre, cela ne faisait que rendre plus difficile la récupération du camping-car. Mais je n’avais en aucun cas dit mon dernier mot, je n’avais pu voir qu’une seule partie du campement, et encore, une seule qui restait infime. Je n’avais aucun doute sur notre future réussite, nous y arriverions, comme nous devions le faire, il le fallait.

Je continuais à marcher en direction de la route, la hache toujours maintenue au niveau du milieu du manche, d’un pas plus tranquille, la crainte de devoir me prendre une balle d’un ennemi planqué à longue portée s’était bien amoindrie. Nous aurions étés repérés depuis bien longtemps, et puis, il n’y avait pas l’air d’y avoir quelqu’un dans le camp à première vue, mais il fallait que j’en sois absolument sûr. J’avais parcouru une distance négligeable alors que je sentais une pression s’exercer sur mon bras droit. Je n’avais prêté aucune intention à ce qui se passait derrière moi durant tout ce temps, ce qui laissait à mon être le loisir d’être totalement surpris. Me redressant légèrement au contact de cette petite main alors que j’avais tourné légèrement la tête d’un geste vif tandis que ma main droite s’était resserrée sur la manche de mon arme. Cette pression intérieure qui s’était caractérisée par ces quelques gestes qui auraient pu passer inaperçus pour des yeux inattentifs avait laissé la place à un certain soulagement lorsque ce fût le visage d’Ivy que j’apercevais.

Elle semblait aussi irritée que moi à première vue, enfin, à première écoute, son ton de voix était différent de ce jour où nous avions parlés, mais je la comprenais, nous devions affronter tout cela, elle devait revivre cette soirée, cette soirée qui avait laissé des cicatrices dans nos esprits et nos consciences. Un questionnement de la part d’Ivy s’imposait. Peut-être aurai-je du lui dire la vérité bête et simple ? Un mensonge réfléchi ? Une omission totale ou partielle ? Un mélange de tout cela ? Peu importait à mon sens. Rien n’allait, pour tout un tas de raisons, mais la pauvre petite Ivy méritait d’être rassurée, elle le devait, elle méritait de savoir.

Relevant légèrement le menton avant de me tourner complètement de face envers la daltonienne, je prenais une grande inspiration sans ouvrir la bouche, laissant toujours sa main sur mon bras, sans chercher à la dégager, ni à lui donner l’impression d’une quelconque gêne de ma part. Je rebaissais mes yeux pour les poser dans ceux de la jeune femme, peut-être qu’elle aurait pu déceler sur mon visage une mine penaude alors que j’ouvrais la bouche, pour laisser à Ivy le loisir d’écouter ma réponse d’une voix calme et basse, que seule elle aurait pu entendre.

"Même si je me retiens de refaire le portait à ce connard, le problème n’est pas là. Je vais être honnête avec toi… Cette nuit-là, j’ai dû tuer quelqu’un, j’ai fait tout mon possible pour… Pour essayer de sauver Melody, pour essayer de sauver James… Mais au final, je n’ai servi à rien. Je n'ai pas pu empêcher tout ça..." Je prenais une grande inspiration par le nez tout en fermant les yeux avant de les rouvrir pour continuer mon discours envers Ivy. "On est revenu ici… Où tout s’est passé… Sauf que cette fois, on ne peut compter que sur nous. Cette fois, c’est moi qui suis responsable, c’est moi qui t’ai emmené ici, et je ne veux que rien ne t’arrive." Je posais ma main gauche sur l'épaule d'Ivy en lui adressant un sourire léger, mais qui se voulait franc.

"Je veux que rien ne t'arrive Ivy. Je veux que l'on rentre sans aucun problème, en vie, et en bonne santé. Je ne veux pas que tu revives l'enfer encore une fois Ivy. Je t'ai amené ici, je te ramènerai à la maison. Je te le promets." Je prenais une grande inspiration tout en me retournant vers le lac, laissant ma main venir passer vers l'arrière du crâne de la petite daltonienne lentement pour venir ébouriffer ses cheveux sans aucune violence. Prenant une grande inspiration par le nez, je retournais mon visage vers Ivy pour lui poser une dernière question.

"J'ai vu des morts marcher près du camp, est-ce que tu veux que l'on aille dans la forêt pour pour observer tout le camp en détail avant de prendre ton choix si oui ou non on repart à la maison ?"

Je n’avais aucune envie de faire demi-tour, je n’avais aucune envie de retourner au campement les mains vides, mais je n’étais pas suicidaire pour courir au milieu d’une centaine de rejetons de ce type. J’avais besoin de savoir exactement ce qu’il se passait au milieu du camp pour pouvoir réfléchir à la suite, même si je savais exactement ce que j’allais faire. Mon regard sombre se perdait dans les noisettes d'Ivy, laissant un léger sourire prendre forme sur mon visage, mais j'avais légèrement penché ma tête vers le côté du campement infesté de cadavres, lui laissant sous-entendre que je préférais vérifier d'un nouvel œil avant de prendre la fuite.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 14 Mar - 16:40
Quand Jordan avait prononcé ses premiers mots après s’être tourné vers moi, j’avais finalement relâché la maigre poigne que j’exerçais sur son bras droit, ramenant ma main gauche masser mon biceps légèrement endolori suite à l’emprise que le colossal Adam y avait exercé quelques instants plus tôt. Toute concentrée sur les propos de Jordan, qu’il me donnait sur un ton abaissé proche de la confession, je restais ainsi immobile à soutenir son regard de mes noisettes dans lesquelles l’inquiétude laissait peu à peu place à une compassion sincère, d’autant que ses aveux me renvoyaient à ma propre culpabilité. Le jeune homme semblait très clairement s’ouvrir à moi, comme si j’avais réellement été digne de confiance à ses yeux alors que je lui avais tout avoué de ma responsabilité dans l’attaque de ce campement que nous cherchions à rejoindre en ce jour.

Je relevais à peine sa remarque concernant Adam, préférant remettre à plus tard la nécessité de revenir sur le comportement du colosse et ravalant mon amertume à l’égard des mots et des menaces qu’il avait proférés à mon encontre et celle de Jordan. Au lieu de ça, je préférais enchaîner à la suite de Jordan, cherchant à la rassurer autant qu’il tentait de le faire avec moi, même si putain… je détestais qu’on m’ébouriffe les cheveux comme si j’étais une sale gosse. Malgré tout, je préférais taire cette remarque, ou toutes celles qui auraient pu me venir à l’esprit pour me défendre d’avoir besoin d’être protégée. D’autant plus que si j’avais réellement besoin d’être protégée, je me trouvais bien trop fière et incapable de l’admettre. Je détestais me sentir reléguée au second plan, ou pire encore, à la place du boulet, du fardeau.

Prenant une longue inspiration et me forçant à ravaler cette bouffée de prétention, je me rappelais surtout que j’étais aux côtés d’un jeune homme qui avait su trouver les mots au début de la semaine, et même la force de me pardonner - du moins l’avait-il prétendu - pour ma trahison. Tout ça pour parvenir à faire face à ce moment de doute bien précis auquel il devait faire face, sa culpabilité et son sentiment d’impuissance qui semblait suinter par tous ses pores. J’avais besoin de ses mots, quand bien même je me refusais d’en entendre une partie, et probablement avait-il besoin des miens. Ce n’est que lorsqu’il eut fini de me décrire ce qu’il avait vu que je repris la parole, les lèvres pincées durant quelques secondes avant de rompre mon silence d’un léger claquement de langue.

“Faisons le tour, par la forêt, en nous tenant à bonne distance du campement,” consentis-je lentement, presque à contrecœur. Il m’avait fallu ces quelques secondes d’hésitation pour parvenir à faire taire cette envie brûlante de faire demi-tour et repartir d’où nous venions. Un désir de sécurité que je refrénais pour ne pas laisser mes peurs et mes appréhensions reprendre le pas sur moi, sur mes actes et ma volonté. Mais avant que l’on se remettre en route, je portais de nouveau ma main libre vers celle de Jordan, glissant mon pouce dans le creux de sa main et le reste de mes doigts sur le dos de la sienne avec une certaine douceur empreinte de fermeté, un geste que j’espérais rassurant.

“Tu n’as rien à te reprocher,” lui rétorquai-je d’un ton légèrement plus sec et affirmatif, non pas avec l’intention de lui rentrer dans le lard mais bel et bien pour tenter de le raisonner, lui et sa culpabilité. “Ce qui s’est passé l’autre soir… Tu as fait tout ton possible, c’est la seule chose qui compte. Melody est revenue saine et sauve… plus ou moins et…” Je m’interrompais quelques secondes, ne pouvant m'empêcher de repenser à la dispute qu'elle et moi avions eu la veille. une dispute qui m'avait collé la rage au ventre de ne plus céder à mon habituelle lâcheté, juste pour le principe de lui donner tort.

“...et nous aussi on va rentrer en vie. Ca va bien se passer,” tentai-je de le rassurer. De me rassurer également. “Et tu n’as aucune obligation envers moi ; pas après ce que j’ai… provoqué… là-bas,” affirmai-je dans un soupir coupable en glissant un signe de tête en direction de l’ancien campement.

Puis je détournais mes noisettes de Jordan pour les porter sur la silhouette d’Adam, fronçant légèrement les sourcils et serrant les lèvres dans un grimace irritée avant de revenir sur le jeune homme.

“Ce type m’a l’air d’être un sacré trou du cul…” repris-je, la voix à peine plus portante qu’un murmure “...mais on ne peut pas se permettre de se foutre sur la gueule quand on est de sortie. Quoi qu’on en pense et jusqu’à preuve du contraire, ce gars-là fait partie des nôtres.”

En conclusion de cette phrase, je renforçais un peu plus la pression de mes doigts sur sa main, accompagnée d’un sourire amical et compréhensif, avant de la relâcher totalement pour me retourner en direction d’Adam. Et bien que la perspective de devoir jouer l’ambassadrice des angles arrondis ne m’enchantait guère, il ne fallait pas être diplômée de Harvard pour comprendre que la moindre tension, même ténue, entre nous jouerait fatalement en notre défaveur lorsque les véritables problèmes finiraient par se pointer.

J’attendrais ainsi quelques secondes les éventuelles réactions de Jordan avant de partir combler la distance qui me séparait de l’agressif Adam. Parvenant à sa hauteur, je m’arrêtais à quelques pas de lui, observant une distance somme toute raisonnable pour pouvoir le dévisager sans me briser la nuque, sans rien cacher de mon irritation alors que je n’avais rien omis des derniers mots qu’il m’avait adressés.

“Il semblerait qu’il y ait trop d’infectés de ce côté-ci de l’ancien campement. On va le contourner par le Nord-Ouest afin de voir si la voie est plus dégagée. Sinon, on fera demi-tour et on rentrera,” lui expliquai-je d’un ton neutre, histoire de ne pas le laisser dans le flou de la situation.

“On n’est pas ici pour prouver quoi que ce soit à quiconque. Donc libre à toi de continuer à suivre les deux planches à pain sorties de maternelle ou de rentrer au campement. Mais dans un cas comme dans l’autre, garde bien en tête que si tu es ici parmi nous, c’est que d’une manière ou d’une autre, ces saloperies de morts-vivants ont réussi à t’avoir toi aussi, malgré tes gros bras et ta taille de colosse. Donc tes remarques et tes airs de caïd de la cour de récré, tu peux te les garder. Ça n’impressionne personne, et à terme, ça ne nuira qu’à toi,” avais-je finalement rétorqué d’un ton beaucoup plus sec et cinglant, laissant percevoir suffisamment de mon irritation et de ma fierté blessée pour dissimuler mes véritables sentiments.

Ma petite rétorque finie, je tâchais de conserver la même distance avec l’homme, ayant même reculé de quelques pas s’il avait fait mine de s’avancer vers moi. Après tout, je venais de lui sortir un sacré mensonge, à prétendre qu’il n’impressionnait personne alors que l’appréhension et la crainte de le voir réellement mettre ses menaces à exécution me cisaillaient les tripes. Je devais bien admettre que s’il ne s’était agi que de moi, j’aurais gentiment fermé ma gueule et ruminé ma rancœur de planche à pain en silence. Mais il ne s’agissait pas que de moi. Il s’agissait de Jordan aussi, du reste du groupe, et même d’Adam bien qu’il ne semblait pas le concevoir. Il s’agissait des nôtres.

Adam West

Anonymous
Invité
Jeu 17 Mar - 1:10
Le gaillard était resté à sa place, pestant en privé en jetant des regards impatients vers les deux jeunots. Rester là à attendre qu'ils cessent de geindre était un précieux temps gâché et plus ça allait, moins il sentait ces deux zigotos. Si bien qu'il finit par entamer une marche droit vers l'Ouest, du moins c'est qu'il avait commencé à faire jusqu'à ce qu'il voit la fillette revenir vers lui. Il s'arrêta et dressa le menton en la regardant avec un scepticisme plus évident qu'une pub pour fastfood sur grande affiche au milieu de la plaine. Elle lui exposait ce qu'ils avaient de plus proche d'un plan, médiocre mais c'était mieux que rien, autant voir le verre à moitié plein non ? Dans ces conditions...

Et nul doute qu'elle aurait pu s'arrêter là et pourtant, elle usa à nouveau d'une prétention très largement au-dessus de ce qu'elle était capable de fournir, elle qui n'avait ni l'âge, ni la force, ni la taille, ni le sexe et il en était persuadé d'office encore moins le vécu de faire preuve d'arrogance d'une quelconque façon. Ses grands yeux bleus clairs, se reflétant aisément dans la lumière du jour restèrent à la fixer tout du long avant de se dresser vers le ciel tandis qu'il lâchait un léger et bien irrité rire, prit d'une furieuse envie de la lui fermer une bonne fois pour toutes à coup de batte et c'est sous cette seule impulsion qu'il décida de la suite. Revenant vers elle en contractant la mâchoire jusqu'à lui faire prendre une forme quasi-carré et en fronçant les sourcils, lui lançant un véritable regard assassin, il rabaissa son bras tenant la batte pour la placer sous sa taille et raffermit sa poigne dessus. L'espace d'un très bref flottement passé et sans plus détourner ses yeux embrasés d'une certaine fureur, il s'avança à nouveau, mais droit vers elle et d'un pas aussi ferme que ses bottes martelaient la terre sablée.

C'est ainsi qu'il fit plusieurs pas en direction d'Ivy sans rien cacher de ses intentions quand il remarqua l'attitude en retour de la jeune femme : elle reculait à mesure qu'il avançait. Elle le faisait comme un chat, ou plutôt une chatte, qui avait grogné au hasard et se rendait compte que ce qui la motivait avant tout, c'était la peur. Pour Adam et c'était un principe qui s'était vérifié plus d'une fois, reculer c'était admettre sa crainte et en l'occurrence, c'est ce qu'Ivy lui disait à travers son attitude à l'inverse de ses mots. Il aurait pu continuer et presser le pas jusqu'à arriver à son niveau pour lui exploser le crâne, il n'aurait aucun scrupule à le faire mais au lieu de cela il se surpris à poser les yeux sur ses petits pieds se mouvant à reculons et s'arrêta, permettant de ce fait à la jeune femme d'en faire autant. Il marqua une pause, releva ses iris vers elle puis souffla du nez en laissant un sourire pour le coup très amusé se dessiner sur son visage.

A ce moment là dans son esprit deux réflexion se croisaient et s'imposaient : la première, et non la plus tendre, était que lui défoncer la gueule maintenant serait un coup très mal joué, car bien qu'aucun individu de ce campement n'avait encore trouvé grâce à ses yeux, il considérait qu'entre eux et la ferme de l'autre vioc c'était le meilleur choix. Il n'était pas en mesure de se démerder seul avec tout ce qu'il se passait et aussi brutal qu'il pouvait paraître, il était loin d'être stupide, agir comme ça maintenant se retournerait contre lui tant qu'il ne s'était pas rendu indispensable. La deuxième était tout simplement que cet élan de colère, de tentative de s'imposer, à moins que ce ne soit que de la simple fierté mal placée de la jeune femme, pour finir par reculer en pleine connaissance du risque, la rendait vraiment trop mignonne, lui rappelant qu'il jouerait bien aux petits chevaux version adulte avec elle.

« T'as du cran, je dois le reconnaître. Petite, fine comme une brindille et pourtant t'as l'audace d'ouvrir ta gueule. Le truc qui foire ma belle, c'est que le reste suit pas. Ouais c'est vrai, je me suis fait croqué mais si tu savais dans quelles circonstances c'est arrivé, tu t'écraserais là tout de suite. Parce que c'est ça le problème, t'as ni le mental, ni les gros bras, ni la taille, ni... » Il laissa glisser son dernier mot dans l'air et redressa la batte à l'opposé en venant tapoter la tête métallique de celle-ci sur sa tempe pour marquer ses propos. « La batte. Un conseil qui te servira : face à un mec armé, on tient sa langue, simple question de bon sens. Et si tu tiens vraiment à jouer les durs, tu sors une arme et tu te prépares à morfler ou faire morfler, c'est comme ça que ça fonctionne maintenant. Je laisse couler pour cette fois parce que je t'aime bien, mais juste pour cette fois et si tu veux vraiment insister, applique mon conseil parce que ta fessée je te la mettrais. Sur ce ma grande, tu te fourres ton plan bidon où je pense. »

Il avait fini sur une note plus guillerette, paradoxalement aux propos injurieux qu'il tenait en replaçant sa batte sur son épaule en appui, puis se remit à avancer vers elle, ou plutôt à coté d'elle, braquant le regard droit devant lui qui se dirigeait directement vers les ruines des anciens commerces.

« A partir de là c'est moi qui prend les choses en main, t'as qu'à aller chercher ton petit ami et vous filez au Nord-Ouest si ça vous chante, mais quoi qu'il arrive vous rebroussez pas chemin et vous attendez mon signal dans le cas où des charognards bloquent l'autre accès. Me demande pas lequel, ce sera évident. Je vais vous montrer comment on gère ce genre de merde. On marche comme ça chérie : soit on se la pète, soit on se dégonfle. Et personne se dégonfle aujourd'hui. »

Lui qui ne s'était pas arrêté durant la suite de sa rétorque finit ainsi par dépasser Ivy. Que Jordan ai entre-temps rejoint Ivy ou non, il finira également par le dépasser aussi sans le moindre mot ni regard. Son but était simple : l'inverse des deux jeunes, en allant vers le Sud-Ouest, il prendrait soin d'observer l'entrée du camp qu'il contournerait et les ruines des fois qu'un passage s'y trouverait.

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 17 Mar - 1:20
Quels qu’aient été les échanges qui auront suivi, ou non, il semblait qu'Adam avait choisi de faire cavalier seul en direction du Sud-Ouest.

Si aucune donnée ne s'ajoutait pour l'instant concernant Jordan et Ivy, demeurés à peu près au même endroit, Adam lui pouvait à mesure qu'il s'avançait constater que c'étaient bien des morts-vivants qui bloquaient l'accès arrière - statut de l'entrée qu'il ne connaissait certes pas mais pouvait supposer. En longeant les ruines, il ne trouverait aucune entrée quelconque, l'amas de décombres tout à fait chaotique obstruant totalement un éventuel accès vers l'intérieur.

S'y aventurer serait sans doute suicidaire, entre les morts présents aux alentours et surtout l'instabilité de ces décombres menaçant de tomber à tout instant. En plus de cela, il verra qu'une voiture a été abandonnée, dans un état douteux et de visu, il constaterait que le pare-brise est brisé, tout comme les fenêtres avant et arrière-gauche. Au loin, une forêt s'identifierait sans mal, longeant l'horizon de part et d'autre dans tout l'Ouest après l'ancien camp.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Ven 18 Mar - 19:25
Ce n’était pas que des mots qui m’avaient rassuré après mes aveux envers Ivy, mais tout. Ses mots, sa voix, son intonation, ses gestes… Je m’étais tout de suite senti mieux au contact de sa main sur la mienne. Cette impression de vertige, de perdre pied avait cessé à cet instant. J’avais pris une grande inspiration et relevé légèrement la tête pour pouvoir observer Ivy dans les yeux au moment où sa main avait touché la mienne tout en lui souriant légèrement, léger, mais franc. J’avais tant à me reprocher, je le savais, je me le répétais en boucle dans ma tête à chaque fois que la petite daltonienne tentait de me rassurer, et même si j’avais toujours ce sentiment de culpabilité, je me sentais bien mieux après tous ces mots. Je savais qu’Ivy ne m’en voulait pas, mais ce qui m’inquiéta le plus, c’était sans doute de faire face à sa propre culpabilité, au poids de cette débâcle qu’elle semblait porter sur ses seules épaules.

L’entendre me parler d’Adam comme l’un des nôtres ne faisait naître aucune réaction physique de ma part, uniquement intérieures à mon être, je réfléchissais, je me posais un grand nombre de questions. Etait-il vraiment des nôtres ? Et si oui, est-ce qu’il fallait continuer à se le coltiner pendant tout le temps que nous restions en vie ? Mais surtout, est-ce qu’il était plus intéressant pour nous de l’avoir à nos côtés, ou bien était-il plus intéressant de le tuer avant de voir le pire arriver ? Peut-être qu’en temps normal j’aurai pesé le pour et le contre, mais actuellement, je n’avais aucun pour à poser sur la balance, et rien que l’impulsion de mes émotions ne faisait que me pousser à le laisser ici, comme les deux autres.

Alors que sa main s’échappait de la mienne sans que je ne la retienne, la laissant glisser pour poser mon regard dans les yeux d’Ivy, laissant mon sourire disparaitre alors que je posais ma main qui était à nouveau libre sur l’épaule d’Ivy sans aucune violence. Elle aurait pu voir dans mes yeux un regard déterminé, tout comme elle aurait pu le lire sur mon visage, je laissais ma voix qui se voulait ferme, mais sans être sèche, s’aventurer jusqu’aux oreilles de la petite damoiselle :

« Nous allons rentrer, et entiers. Promis. »

Je hochais légèrement la tête après avoir répliquer cela à Ivy, pour la laisser s’éloigner, continuant de scruter les environs du campement, mais aussi de la forêt où nous avions prévu de nous diriger. J’attendrai qu’Ivy revienne vers moi pour me diriger avec elle vers cette même forêt. Si jamais elle ne revenait pas, j’attendrai quelques instants pour me diriger seul vers cette même direction, toujours en observant les alentours avec ma paire de jumelles et la hache à la main.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 19 Mar - 3:07
Oui. J’avais reculé lorsque Adam s’était approché de moi, l’air très franchement menaçant, sa batte ayant quitté son épaule pour afficher plus clairement encore ses intentions. Mon rythme cardiaque avait sûrement dû doubler de fréquence alors que je sentais la trouille me nouer les tripes plus violemment encore. De quelques pas rapides, à reculons, j’avais cherché à conserver au maximum la distance qui nous séparait, bien que notre différence de taille se traduisait aussi par une différence d’allonge importante dans nos enjambées. J’avais légèrement redressé ma main libre devant moi, parée à me servir de mon don s’il continuait sur sa lancée agressive, quand bien même il n’avait jamais été dans mes intentions de m’en servir contre l’un des nôtres. Mais mon concept d’appartenance et d’intégration à notre groupe de dégénérés ne semblait pas encore être partagé par mon vis-à-vis.

Cependant, voyant que l’homme s’était arrêté pour finalement me toiser d’un regard clairement moqueur, j’en faisais de même, déglutissant en sentant ma tension redescendre de quelques crans, en même temps que ma main qui retrouvait sa position initiale le long de mes cuisses. Aussi, je me contentais d’écouter les propos que le colosse énervé avait à m’adresser. A nouveau, il m’enfonçait ouvertement, semblant même prendre un malin plaisir à cela. Peut-être était-ce là sa manière de flatter son ego ou son orgueil, ou peut-être était-il toujours aussi impulsif avec les autres ?

Je n’en savais rien et à vrai dire, la crainte ressentie quelques secondes plus tôt de le voir réellement passer à l’acte m’avait gentiment refroidi de chercher à infirmer ou confirmer mes hypothèses. Au mieux pris-je bonne note de son conseil sur la marche à suivre face à un type armé pour la prochaine confrontation avec un autre individu ; quand bien même je m’estimais suffisamment maligne pour finir par m’en rendre compte moi-même. La seule différence, c’était que si Adam disait passer l’éponge pour cette fois, je n’avais aucune certitude quant à la prochaine, qui ne se tiendrait pas nécessairement face à lui.

De là, il changea de sujet, m’invitant de son langage fleuri à aller me faire voir avec mon idée de contournement pour se décider à ne suivre que sa propre logique, et son propre chemin. Sans bouger, je l’avais regardé me passer à côté, puis s’éloigner, continuant sa route vers le campement comme s’il n’en avait rien eu à faire de ce que je lui avais rapporté. De toute manière, il ne me paraissait pas en avoir à foutre de grand chose.

Lâchant un bref soupir, situé à mi-chemin entre le soulagement et l’agacement, j’avais froncé les sourcils et plissé le nez dans une moue contrariée avant de faire demi-tour vers Jordan qui n’avait pas encore bougé. Le rejoignant à petites foulées, j’avais gardé les dents serrées et le silence durant quelques secondes, la mâchoire crispée à l’instar de ma main droite fermement serrée sur la poignée de transport de la caisse à outils.

Demeurant silencieuse, j’avais glissé un regard vers le jeune homme, puis commencé à marcher à ses côtés, poursuivant ainsi vers le Nord-Ouest dans le but de contourner le campement par la forêt. Je n’avais ainsi plus rien dit jusqu’à ce qu’Adam ne finisse par bifurquer dans sa propre direction et ne suive son propre plan.

“Il va nous offrir une diversion,” avais-je expliqué au bout de quelques secondes à Jordan, qu’il ait posé ou non la question d’ailleurs, présumant de ce fait sur les intentions réelles du grand gaillard sans réelle certitude, en ne me basant que sur l’attitude clairement agressive et rentre-dedans qu’il m’avait montré jusqu’à lors.

“On a juste à attendre son signal pour agir,” rajoutai-je en gardant la silhouette floue des ruines du motel sur ma gauche.

Je n’aurais rien ajouté d’autre du reste du trajet jusqu’à la lisière de la forêt, à moins que Jordan ne prenne la parole. Puis, j’aurais ensuite longé la route qui filait droit vers le sud depuis la bordure de la forêt, profitant de la légère couverture boisée pour progresser avec plus de discrétion, faisant malgré tout gaffe aux endroits où je foutais les pieds. Parcourir de nouveau les bois, qui ne se voulaient pourtant pas denses à cet endroit, m’était toujours un exercice aussi compliqué, révélateur de toute ma maladresse ; une progression que l’absence de lunettes ne faisait que complexifier un peu plus.

Malgré tout, je finirais par rejoindre l’emplacement de forêt qui faisait face à l’entrée Ouest de notre ancien campement, puis viendrais me plaquer contre le tronc d’un arbre pour dissimuler ma maigre silhouette à un quelconque observateur extérieur. Parvenue à ce point, je laisserai le soin à Jordan de faire un rapide topo de la situation du campement, avec ou sans jumelle.
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