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[CS, CFJ] Broken Sunset - 23/02/35
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Adam West

Anonymous
Invité
Mer 23 Mar - 14:30
Il sifflait l'air de Back in black d'AC/DC, son groupe fétiche d'avant-apocalypse et qui le resterait sans doute jusqu'à sa mort, après tout un homme ne change pas, il évolue, mais Adam lui ne cherchait pas à évoluer, il était ce qu'il était et il s'en encombrait très bien. Sentant le toucher métallique de la batte contre son cou et sa mâchoire, ainsi tenue à son épaule, il songea à ce qu'il allait bien pouvoir faire de sa nouvelle situation. Ce nouveau groupe, à défaut d'être idéal pour lui, n'était que le résultat d'un monde parti en vrille : un rassemblement hasardeux d'individus qui souhaitaient sans doute tous être ailleurs. Difficile d'avoir la capacité de fonder une vraie unité autour de ce genre de déboires et le grand gaillard n'était pas, il fallait bien l'avouer, la personne la plus apte à organiser ce camp ou un autre, il était trop fier et individualiste pour ça.

Ceci étant dit il pouvait s'accommoder d'un groupe et y trouver sa place, mais sur ces premiers jours installé dans ce camp, rien ne l'avait incité à le faire, s'accommoder. Il suffisait de voir le genre d'endroit qu'ils voulaient visiter, une air d'autoroute en ruines, comme si elle avait été bombardée, qui plus est infestée de bouffeurs d'anus. Qu'est-ce qui les intéressaient au point de risquer leurs petites fesses pour cet endroit où il devait certainement ne rien rester ? Parce qu'il fallait remettre la chose dans son contexte : Adam ne savait toujours pas pourquoi ils voulaient venir ici, ni ce qu'était cet endroit. Ni le petit con - selon ses propres pensées, ni la petite n'avaient eu l'intelligence de lui dire, non, ils s'étaient contenté de partir avec une organisation néantique à la manière de touristes partis visiter un coin de ville inconnu. Comment s'accommoder de ça ? C'était ridicule et c'est pas faute d'avoir tenté de leur faire comprendre, à sa manière brutale et avec ses mots de bûcheron c'est vrai.

Mais bon, s'ils prenaient la mouche pour quelques mots, il ne fallait pas se demander à quoi pourrait ressembler leurs réactions en présence d'un vrai danger. Oui, le Son of Chuck n'était guère positif à leur égard, mais c'était dans sa nature et il ne s'était pas gêné de le faire entendre plus tôt, rien de nouveau à cela. Quoi qu'il en soit, il cessa de siffloter et scruta longuement les ruines qui étaient totalement bouchées, puis la voiture en sale état, lâchant un soupir avant de ne laisser entendre que pour lui-même, puisque c'était à lui qu'il se parlait.

« Mon Adam, mais qu'est-ce que t'es venu foutre ici ? T'aurais mieux fait de rester avec tes raviolis. Regarde-moi cette caisse, c'est pas avec ça que tu pourras te la jouer Warboy. »

Sur ces mot emprunts de philosophie - ironie - et de référence cinématographique particulièrement bien située dans le contexte, il se dirigea vers la voiture abandonnée. Il chercherait à ouvrir la porte et vérifier s'il y avait des clés sur le contact, ou même de prime abord si elle paraissait encore en état de rouler. S'il trouvait les clés, il vérifierait le niveau d'essence et l'état général de la voiture, certes en bon novice. S'il n'arrivait à rien de cela, il fouillerait la voiture puis ouvrirait le coffre pour voir ce qui pourrait s'y trouver. Il n'avait pas grand espoir de trouver quoi que ce soit, mais c'était pas le genre à se passer d'essayer.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 23 Mar - 18:41
Pour Ivy et Jordan, il aura été nécessaire de s'éloigner davantage que prévu : bien que les ruines du motel ne soient pas occupées par les morts, des cadavres ambulants, bien visibles, étaient présents à son extrémité jusqu'à la route, pas moins d'une dizaine rien que dans ces environs. En contournant davantage pour rejoindre la forêt, grimpant sur la route, il aura fallut s'arrêter. Car si aucun mangeur de chair ne gênait à priori la parcelle de forêt devant eux, des silhouettes en mouvement perceptible derrière les arbres auront tôt fait de faire naître le doute dans l'esprit des deux acolytes. Des rôdeurs semblent habiter la forêt, pire encore, depuis la route, ils avaient plein regard sur les abords du camp et si en plus de n'avoir aucun moyen d'étendre sa vue, Ivy était handicapée de ce sens de façon naturelle, Jordan pouvait lui voir pleinement ce qu'il en était.

Une dizaine, une vingtaine, trente sept peut-être corps, errant, se croisant dans tous les sens sans but et sans éveil. Voilà le nombre de mort-vivants qui obstruaient complètement l'accès au camp, depuis le mur improvisé de voitures à la route, en passant par l'entrée du camp et jusqu'à la forêt, et cela ne comptait pas les bêtes présentes dans l'enceinte même de l'ancien foyer du groupe. Tenter une entrée ainsi serait un suicide pur et dur.

De son coté, Adam se sera rapproché de la voiture sans être encore menacé par aucun rôdeur. Une fois arrivé à son niveau, il aura pu immédiatement réaliser la cause de l'apparence miteuse du véhicule : il était criblé de balles qui avaient sans doute détruit le pare-brise et les vitres arrières, celles à l'avant à demi baissées. Les impacts couvraient le toit, l'arrière du capot et l'intérieur de l'engin, laissant les sièges et le tableau de bord troué de toutes parts. En poussant la porte conducteur restée ouverte, de même que la porte arrière-droite, il aura pu constater que les clés étaient sur le démarreur. Mais toutes les tentatives ne donneront rien : ça ne démarre pas. Par ailleurs l'intérieur était vide, rien de notable, sauf à regarder une seconde fois, les traces de sang sur la portière du conducteur.

Si pour le moment cette épave laissait croire qu'elle n'avait rien à offrir, la donne changea quand il ouvrit le coffre. A l'intérieur, un petit sac à dos était disposé, ainsi qu'un Tomahawk Downrange comme neuf, un arc en bois et de la nourriture en conserves et en sec. Dans le sac à dos, s'il regardait, une caméra portative tenait compagnie à deux boites de munitions, l'une petit calibre, l'autre gros calibre, avec des vêtements polaires et des cordes à l'usage incertain. Une vrai petite mine d'or pour tout survivant qui se respecte.

Trouvailles d'Adam:
 

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Jeu 24 Mar - 22:50
J’avais relâché mes jumelles pour relever légèrement la tête afin de contempler le ciel qui surplombait l’horizon, à la fois si proche, mais infiniment éloigné. J’inspirais lentement et longuement à l'aide de mes narines. L’air était idyllique. Je le sentais depuis la fin. Il avait fallu tout ça pour que je trouve un petit bonheur comme celui-ci. C’était un beau jour pour mourir pensais-je en observant les quelques silhouettes qui se trouvaient de çà et là. Je n’avais aucune volonté que ce jour soit le dernier, mais il semblait que j’éprouvais un certain détachement vis-à-vis de la mort, de ma propre mort. Peut-être que le fait de n’avoir plus personne et d’en avoir la certitude m’avait poussé sur ce chemin ci qu’était ma résignation. Une résignation à ce qui était unique et inévitable et qui m’arriverait sans aucun doute une seconde fois, ma mort, encore une fois.

C’était sans doute le bon endroit et le bon moment pour réfléchir et penser au sens de la vie, de cette nouvelle vie, ici, au milieu de ce charnier qu’était notre ancien camp, mais Ivy arriva à mes côtés. Nous avions une chose à faire, nous étions ici pour démarrer ce camping-car et le ramener au campement, et je ne souhaitais sous aucun prétexte abandonner la petite brune ou bien qu’il lui arrive quoi que ce soit. Me retournant légèrement vers la jeune femme pour venir poser mon regard sombre dans ses noisettes pour laisser une esquisse de sourire se dessiner sur mes lèvres, un sourire qui se voulait accueillant auprès d’elle alors que j’avais l’impression de voir un certain voile sombre su son visage, une certaine façade qui ne laissait rien transparaitre au sujet de ses émotions ou de son humeur.

Relâchant légèrement la pression que j’exerçais sur le manche de ma hache pour la laisser basculer quelques peu vers l’avant jusqu’à ce que ma main arrive à la fin du manche pour enfin agripper complètement mon arme afin d’empêcher qu’elle glisse davantage. Tendant complètement mon bras pour finalement le relever pour venir poser l’autre extrémité du manche sur mon épaule, afin de caler le fer contre cette même épaule. J’avais posé ma hache ici pour me préparer à une marche bien plus tranquille alors que je laissais mon regard suivre Ivy tout en lui susurrant un léger :

« Allons-y. »

Purement et simplement. Mots qui se voulaient doux pour ne pas brusquer la petite Ivy dans cette situation qui se voulait catastrophe mais que je prenais étrangement comme une promenade de santé. Peut-être qu’il n’y avait ici rien d’autre que des cadavres ambulants, que les hommes du Marchand n’étaient jamais revenus. Je me sentais soulagé à n’avoir pas vu de mouvements suspects depuis notre arrivée, même si j’avais toujours une certaine crainte de me prendre une balle d’un tireur d’élite comme me l’avait raconté Melody auparavant, mais cette crainte s’amenuisait de secondes en secondes. Ils auraient tirés s’ils étaient ici. Les morts se trouvaient par ici ou par-là, parsemés dans l’enceinte du campement, mais aussi aux alentours, mais malgré la haine que j’éprouvais à leur égard, je n’avais aucune envie de me jeter dans la mêlée pour partir les massacrer tous. Mon expérience en forêt m’avait refroidi de ce côté-là. Cela avait été juste, trop juste, je me devais de protéger Ivy, pas de lui faire courir tous les risques, mais aussi les morts étaient… Morts.

« Les morts ont perdus leurs âmes, leur cœur s’est arrêté. Tu ne peux pas emplir de terreur un cœur qui a cessé de battre, tout comme tu ne peux pas briser leur âme dans un millier d’éclats. Ce ne sont que des obstacles sur ton chemin, ils ne sont même pas des ennemis, ils ne sont ici que pour te ralentir, que pour t’éloigner de ton but, de la position que tu dois prendre. Même si le chemin est différent, tu continueras dans la même direction quoi qu’il arrive, je te fais confiance. »

Alors que nous avions fait quelques pas, la daltonienne m’expliqua qu’Adam était parti faire une diversion. Cela semblait inespéré, moi qui avait dans un premier temps pensé à courir au milieu du camp pour leur laisser le loisir d’investir le camping-car, voilà que le plan se passerait de la même manière, exception faite de l’identité de celui qui prendrait les risques. Ni moi, ni Ivy. Je ne disais rien, laissant ma main libre venir s’aventurer sur mes jumelles pour les porter à mon regard afin d’observer avec plus de précisions les alentours de l’endroit que nous devions investir. Les morts étaient trop nombreux. Nous étions obligés de contourner et de nous enfoncer bien plus dans la forêt pour garder cette position de sécurité que nous désirions tant conserver. Mais plus nous nous avancions dans la forêt, plus le visuel serait restreint et plus nous serions loin pour intervenir. Mais est-ce que cela importait réellement ? Pas le moins du monde, j’avais promis à Ivy de la ramener au campement, je le ferai.

Un signal qu’il nous donnerait. Nous étions censés intervenir à ce signal. Problème, nous éloigner retarderait notre intervention. Je réfléchissais à comment nous pourrions optimiser notre trajet pour nous approcher le plus possible sans prendre de risque alors que je remettais les binoculaires juste au-devant de mes yeux pour me décider. Non, ils étaient trop nombreux, ils bloquaient le passage, nous devions faire le tour du campement, mais le mieux restait sans aucun doute de vérifier tous les alentours du campement pour avoir le plus de chances de trouver un coin moins infesté qu’un autre. Je relâchais la paire de jumelles avant de poser ma main sur l’épaule d’Ivy. Pas de poigne, juste pour qu’elle sente que j’étais ici, présent à ses côtés, et qu’il fallait que je l’informe de la situation. A vrai dire, cette prise en main aurait pu sembler assez douce à première vue même si je l’espérais assez ferme pour l’inciter à l’arrêter.

« Il y a trop de morts devant, bien trop. On va contourner en prendre un peu plus large pour être sûr de ne pas avoir de problèmes. L’entrée du campement est complètement bouchée, je préfère faire un grand tour pour être sûr des risques avant qu’on s’aventure à l’intérieur. Tu me suis ? »


J’avais posé mon regard dans celui de la petite brune, je me voulais compatissant au possible, mais je voulais surtout qu’elle me suive sans prendre de risques inutiles, ou même utiles d’ailleurs. J’avais tendu ma main libre vers Ivy pour la guider dans cette forêt qui semblait lui poser problème. Je voulais juste que tout se passe bien pour nous deux, pour nous tous. Si Ivy me répondait positivement, je me remettrai en route, lentement, observant les alentours de mon regard nu, tenant mon arme d’une main, et la petite brune de l’autre, je n’avais pas la possibilité de porter mes jumelles à mon regard, et l’intérêt aurait été nul car les arbres me bouchaient la vue. Faisant un détour un peu plus large pour conserver un maximum de sécurité, quitte à perdre du temps, j’éviterai toute menace, et si jamais cela se trouvait impossible, je lâcherai la main d’Ivy pour prendre mon arme de fortune à deux mains pour nous défendre.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 22:12
Au geste de Jordan, posant sa main sur mon épaule avec une certaine fermeté, non dénuée de douceur cependant, je m’étais stoppée dans ma progression le long de la lisière de la forêt. Agréant silencieusement à ses propos, ses informations et ses consignes, je fis l’effort de crapahuter la pente douce qui s’enfonçait plus en profondeur dans les bois. Je n’avais après tout d’autre choix, dans ma situation, que d’accorder une confiance presque aveugle au jeune homme qui se trouvait être mes yeux dans cette sortie.

Saisissant sa main libre, je progressais non sans difficulté sur ce terrain boisé qui, bien que travaillé par la main de l’homme avant que tout ne dégénère, avait rapidement laissé place à une nature plus sauvage et désireuse de reprendre ses droits. Quelque part, n’était-ce peut-être pas là une infime portion du message qu’elle avait voulu nous transmettre en faisant se relever les morts ? Une explication comme une autre…

Ainsi, Jordan et moi nous étions enfoncés encore plus profondément au sein des bois, sur plusieurs dizaines de mètres et jusqu’à perdre le visuel sur la route et le campement. Et pourtant, je savais que ce n’était pas encore suffisant. Ils étaient là, les rôdeurs. Si ma vue me faisait défaut depuis bien longtemps, mon ouïe avait su légèrement compenser ce défaut. Je pouvais les entendre. Râlant, grognant, faisant craquer le bois morts et froissant les feuilles et l’humus sous leurs pas erratiques, faisant fuir les petites bestioles hôtes de ces bois.

Dans les jeux de lumières des branchages dansants sous le vent, la nature toute entière s’agitait et se mouvait d’ombres, noyant ainsi les mouvements des cadavres ambulants qui nous cernaient. J’en avais l’intime conviction, qui se muait peu à peu en une trouille et une appréhension de plus en plus tenaces. D’autant que ma vision des couleurs défaillantes ne m’aidait encore plus en rien à y voir clair dans ce tableau de formes abstraites et mouvantes. Tout se dépeignait en nuances de jaune et de vert, du sol terreux jusqu’au plus épais des troncs d’arbres. Il était fortement probable que Jordan ait pu sentir mes doigts se mettre à légèrement trembler entre les siens alors que mon souffle s’accélérait quelque peu, et pas du seul fait de notre effort.

Déglutissant difficilement, je me décidais à compenser ma vision défaillante en libérant mon esprit de l’entrave psychique que je m’imposais désormais au quotidien à l’encontre de mon propre don. Une grimace de gêne, légèrement crispée traversa mes traits alors que je m’ouvrais à la perception du champ magnétique et des métaux m’avoisinant. Presque instantanément, je ressentais de nouveau les lignes de flux me traverser de part en part, m’indiquant que nous progression plein Ouest, obliquant peu-à-peu vers le sud. De la même manière, je percevais la présence de la caisse à outils et de son contenu, les divers couteaux que je portais, les boucles et fermetures éclairs de mon pantalon, mon sac à dos, mes vêtements, les composants électroniques enfermés dans la coque plastique du talkie-walkie ou encore le fer de hache de Jordan, le large couteau dans sa poche ou chacune des clés qu’il avait sur lui.

Un sentiment d’oppression qui me gagna, bien que largement moins intense que celui que je pouvais ressentir à l’intérieur même de la maison, bardée de câbles électriques et de tuyaux sous ses murs, ou encore les armatures métalliques des fers à béton noyés dans le ciment, les armes, meubles, ustensiles de cuisine, vis et divers autres clous disséminés un peu partout. La pleine nature m’offrait au moins ce maigre avantage de se vouloir bien moins riche en métaux. Encore que, avec le cul que je me payais ces derniers temps, je tomberais sur l’écrasante présence d’une mine de fer que ça ne m’étonnerait qu’à moitié…

Ainsi baignée de mes champs magnétiques, dont je commençais peu à peu à m’habituer à force de m’y entraîner chaque jour, je me sentais un peu plus rassurée de pouvoir “sentir” les métaux m’environnant. Je souhaitais seulement que les rôdeurs, présents tout autour de nous aient encore sur eux des vêtements incrustés de quelques éléments métalliques ; d’autant que le chant du métal vibrant et grésillant contre mes sens étouffait les autres sons qui me parvenaient.

Ainsi rassurée, et bien que Jordan avait dû me sentir ralentir dans ma progression, je tâchais de me focaliser sur mon sixième sens tout en prenant garde aux endroits où je faisais atterrir mes godasses. Au plus profond de moi d’ailleurs, et bien au-delà de la gêne et de la crainte, je commençais surtout à ressentir un effet bien plus pervers que mon don avait sur moi : de la sécurité et de l’arrogance, issues toutes deux d’une impression de puissance largement déraisonnable. Et pour cause, je sentais l’acier de Jordan, de ses armes et de fait son incapacité, si je le souhaitais, à pouvoir les retourner contre moi. Des sentiments que je tentais de raisonner et réduire au silence pour me concentrer sur mon environnement, malgré la légère satisfaction que j’éprouvais d’être soudainement consciente que je pouvais me défendre. Qu’enfin, je n’étais plus un poids pour moi-même et pour les autres.

“Faut qu’on arrive à gagner la proximité de l’entrée du campement. On peut pas laisser Adam seul trop longtemps, au risque de louper sa diversion et le laisser prendre des risques inutiles,” indiquai-je au jeune homme en m'arrêtant et lâchant sa main. “On doit avancer,” ajoutai-je avec une certaine fermeté en pointant ma main libre et son index tendu droit vers le Sud. J'estimais que nous étions désormais suffisamment loin de la route pour poursuivre notre manoeuvre de contournement.

Dès lors, je me mettrai en marche dans la direction indiquée, en restant particulièrement attentive aux bruits d’une part, et aux informations que pouvaient me laisser percevoir mon don, pour déceler la présence d’un ou plusieurs rôdeurs sur le trajet, tout en restant proche de Jordan, et en les lui signalant le cas échéant.

Adam West

Anonymous
Invité
Dim 27 Mar - 0:11
Il n'avait pas tardé à rejoindre la caisse et là il put voir de plus près pourquoi cet engin trônait ici, au milieu de nulle part avec une aussi mauvaise mine. Criblée de balle, c'était un vrai gruyère, à se demander ce qu'avait fait cette pauvre bagnole ou son ancien propriétaire pour se faire flinguer de la sorte. Peut-être rien, après tout aujourd'hui tout le monde avait une bonne - ou inventée - raison de flinguer autrui, il était bien placé pour le savoir et en l'occurrence, il se foutait pas mal de ce qui avait pu arriver audit propriétaire à partir du moment où on pouvait retirer quelque chose de cette épave. C'était mal parti.

De près, pare-brise et vitres étaient foutus, sauf celles de devant. En soi, ça n'avait pas d'importance, ce qui comptait était ce qui se trouvait à l'intérieur, soit les pièces, quitte à ce que la voiture soit fichue au moins qu'il puisse la faire rouler jusqu'au camp pour qu'un mécano ait l'occasion de la dépiauter. Tout du moins s'il parvenait à la faire rouler, et si le groupe avait un mécano. Beaucoup de si déjà pour une petite ambition de ce genre. Faisant claquer sa langue sur son palais, il trottina pour faire le tour de bordel, il avait promis à la petite de lui montrer comment gérer une situation comme celle-ci, il avait pas intérêt à être en retard, question de crédibilité.
La première chose qu'il vit, c'est le sang sur la portière et là pour le coup, la théorie du conducteur mal aimé s'affirmait presque. Qui que ce soit la personne qui possédait ce carrosse, il ou elle l'avait payé cher, que ce soit mérité ou juste le malheur des circonstances. Néanmoins ce qui l'intéressait vraiment c'était d'abord de voir l'état de conduite et il posa sa batte sur le toit de la voiture, ouvrant d'un geste sans compassion la porte pour engouffrer sa jambe et poser sur cul sur le siège, penchant la tête pour vérifier le démarreur : la clé était dessus. Ça c'était bon, le pauvre bougre s'était fait flingué et avait laissé sa caisse en l'état. Il tourna la clé pour faire rugir l'engin, mais rien, nada, pas le moindre petit pet pour donner le quart d'un huitième d'espoir d'en faire quelque chose. Ça c'était pas bon, à croire que garder la clé n'aurait servi à rien de toute façon au proprio.

Tant pis, il tenta de se tourner et se retourner dans la voiture, fouillant la boite à gants, les sièges arrières, entre et sous les sièges, rien, pas une vieille pièce ou l'ombre d'un sachet de bonbon. C'était un vrai tas de ferraille. Il aurait bien laissé tomber pour se tirer tout de suite mais son soucis du principe le poussa à récupérer la clé pour sortir, jetant un regard autour de lui en mouvant longuement la mâchoire avec une mine sceptique, se disant que cette journée était décidément pas terrible du tout, puis attrapa sa batte de la main gauche et se dirigea vers le coffre qu'il ouvrit d'un coup de la clé récupérée. Il en attendait vraiment rien, c'était juste pour le fait de dire : j'ai regardé partout. Et c'est là qu'il se mangea une jolie surprise en plein pif, lui arrachant un véritable souffle.

« Ouuuuh putain de petit Jésus, que ta grâce me chie dessus si c'est pas un signe que la journée va être belle finalement. »

Le sourire s'étirant jusqu'aux lèvres, il se laissa même à lâcher un rire de satisfaction tout en laissant tomber la batte à l'intérieur pour se frapper et frotter vigoureusement les mains.

« Viens par là ma jolie. » Dit-il au Tomahawk qu'il prit des mains religieusement avant de redresser la tête superbement sculptée et encore neuve devant son visage pour mieux la contempler sous toutes les coutures.
« Tu vaux bien n'importe quel jolie petit cul toi. »

Il reposa l'arme à l'intérieur et recula d'un pas pour regarder tout ce matos, prenant une bonne grande inspiration avant d'exprimer sèchement.

« C'est le moment de se la péter. »

C'était décidé et son avis changeait en une minute, aujourd'hui c'était la journée des plaisirs et il ne manquerait pas de relever le signe du petit Jésus qui lui avait fait ce beau cadeau. Revenant au coffre, il retirait son propre sac à dos qu'il posait à l'intérieur pour l'appui que cela lui offrait. Il l'ouvrit et fouilla à l'intérieur, avant de sortir plusieurs bijoux qu'il avait calé au fond du conteneur. Ce qu'il sortit de sa main était surprenant pour un gros macho dans son genre : une boucle d'oreille en forme de bille argentée et trois bagues très imposantes, l'une dessinant une tête maya, l'autre une pierre à motifs et la dernière une tête de mort. C'était là l'héritage de sa vie précédente, ces bijoux dont il s'était gardé de faire connaître l'existence à quiconque à la ferme ou à ces gens depuis qu'il était arrivé au camp, qu'il n'avait pas encore porté depuis ces trois jours de vie retrouvée. Il avait voulu attendre le bon moment, la bonne occasion de faire renaître pleinement l'homme qu'il avait été, qu'il était toujours malgré les rêves étranges résultant d'une mort douloureuse.
Il les ressentaient encore, les dents jaunes et pour certaines morcelées des mangeurs de chair qui lui déchiraient la peau, lui arrachaient des morceaux de son corps avant qu'il ne parvienne à s'échapper, abattu par le choc et la douleur, broyé par une agonie dont la souffrance était indescriptible. Il avait été souillé par des poubelles ambulantes, des saloperies dégoûtantes dont il voulait maintenant encore plus qu'avant faire éclater le crâne pour qu'elles se taisent à jamais. Malgré ses airs de caïd comme disait l'autre gamine, il n'était pas autant détaché qu'il ne voulait le laisser croire, il y avait quelque chose qu'il haïssait : ces morts-vivants, ces choses qui tuaient à tort et à travers, ces décérébrés qui se foutaient de tout encore plus que lui, qui l'avaient harcelé pendant des mois et tué son dernier plan cul, une fille qui avait un sacré caractère tout comme son fessier sublime. Une fille qui avait fini le visage et le flanc déchiquetés avant qu'il ne bousille ces fumiers de croqueurs, laissant son cadavre inutile et ses cheveux blonds si soyeux fichus. Elle lui manquait cette fille, elle lui manquait...

Il voulait les défoncer jusqu'au dernier, il le ferait s'il en avait l'occasion, il en baverait de se lancer dans ce genre de croisade mais quelque part, c'est ce qu'il voulait. Il ne savait en réalité pas tout à fait si cette nouvelle chance de vivre lui convenait, lui qui était parti avec ce qu'il considérait comme une fucking classe n'aurait peut-être pas l'occasion d'avoir une si belle - et vachement terrible - mort cette fois, et rien que cette idée l'emmerdait profondément.
Mais il n'y était pas encore et maintenant il était là. S'il devait absolument en passer par là, alors il pouvait se débarrasser encore plus qu'avant de toute limite et se donner à fond dans son tripe, oui, se donner à fond dans ce qu'il aimait faire et s'offrir ce qu'il y avait de plus excessif. Un gourmand comme lui était voué à l'excès en tout, aussi bien les bastons que la bouffe et les nanas, ce que les restes de la civilisation lui laissaient, tout ce qu'elle lui avait refusé sous prétexte qu'il n'avait pas eu assez de billets verts, maintenant il n'y avait plus que les poings qui comptaient en monnaie et ça, c'était son rayon. Pas de limite aux pains distribués.

Il commença par remettre sa boucle d'oreille et ça, il ne put le faire sans se la planter dans le lobe refermé par son retour à la vie, crissant des dents en grimaçant sévèrement sous la douleur de ce geste mutilant, il n'avait pas le temps de faire ça dans les normes et même si ça le fera douiller un peu, il en avait vu d'autre et ça finira par se refermer. L'oreille saignante sur son bijou, il finit tout de même par mettre une légère pichenette dans la bille qui émit un bruit clinquant à son oreille, lui laissant la sensation grisante qu'il retrouvait une partie de lui, il s'autorisa à fermer les yeux tant que rien ne venait l'emmerder pour se faire un autre plaisir : placer ses bagues aux doigts de sa main droite en faisant ça au souvenir et à l'intuition. Sans la vue, il ressentit les formes de la tête maya dont il glissa la bague à son index, puis les courbes de la pierre à motifs dont il glissa la bague au majeur et enfin la tête de mort tout ce qu'il y a de plus balèze dont il plaça la bague à l'annulaire. Un soupire de soulagement s'extirpa de façon intelligible et il rouvrit les yeux, fermant le poing en prenant le temps de ressentir également le toucher métallique froid de ses trois amies sur sa peau. Pour achever le tableau, une épaisse coulure de sang glissait de son oreille et parcourait son cou jusqu'à rejoindre la naissance de son épaule.

Il y était, maintenant le Son of Chuck était de nouveau entier et cette sensation de retrouvailles avec lui-même galvanisa sa volonté de se lâcher et de raviver pleinement la flamme du risque et de la badass attitude sans restriction. Prit d'un espoir convaincu de s'offrir un furieux délire aujourd'hui, il rangea la batte de Baseball dans son sac à dos, puis tira son paquet de clopes dont il en récupéra une qu'il cala entre ses lèvres avant de balancer le paquet dans le sac à son tour, terminant par le briquet dont il se servit pour allumer son cylindre et une fois l'outil dedans, il compléta le conteneur avec les vêtements polaires et les cordes dont il se fichait pas mal dans l'instant d'à quoi elles serviraient. Il trouvera bien une fois rentré. Le sac refermé, il vint le remettre sur son dos mais différemment de la pratique habituelle : au lieu de placer les deux bretelles sur chaque épaule, il fit plutôt passer l'une des bretelles par dessus sa tête pour le porter comme un sac une bretelle, le manche de la batte dépassant pour pointer le ciel en diagonal.

La moitié du boulot fait, il récupéra ensuite le second sac à dos où il encastra toutes les conserves et les paquets de bouffe sèche, ainsi que les deux boites de munitions, la caméra portative et sa dague de chasse qu'il récupéra de sa ceinture pour l'y engouffrer également. Ce sac plein à son tour, il fit de même que le précédent mais à l'opposé, calant une bretelle à son épaule droite qui passait à sa hanche gauche, laissant les sacs se croiser et encombrer franchement son dos. C'était pas excessivement lourd mais bien encombrant et il n'allait pas courir vite avec tout ça, cependant il s'en foutait pas mal, il avait une autre idée en tête. Restait plus qu'à récupérer l'arc en main gauche et le précieux tomahawk en main droite, qu'il brandit de nouveau devant son visage avant de lâcher avec une voix ironiquement rauque pour imiter son idole de toute jeunesse : Rambo.

« Maintenant ça va chier. »

Une citation culte pour un moment à venir qu'il avait bien l'intention de rendre culte à sa façon. Bien encombré mais solide sur ses pieds et bien armé, il reprit sa marche dans la direction qu'il s'était donné à l'origine : la route avant la forêt et de ce fait, l'entrée principale potentielle de cette air en ruines à distance de laquelle il s'arrêterait si morts l'occupaient aussi.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 27 Mar - 12:04
Adam, ayant trouvé chaussure à son pied, ou arme à sa main, s'était équipé après avoir enfilé ses bijoux, s'infligeant une blessure à l'oreille qui, si elle reste anodine pour l'instant, lui provoquait une forte brûlure et une grande douleur à cette partie sensible bien que discrète du corps composée uniquement de chair. Cela pourrait nécessité des soins par la suite si d'aventure il y avait infection mais pour le moment, il se dirigea vers la route et ne tarda pas à y grimper, découvrant à un peu plus de vingt cinq mètres devant lui ce qu'il en était de l'entrée du camp qui existait bel et bien.

Une dizaine, une vingtaine, trente sept peut-être corps, errant, se croisant dans tous les sens sans but et sans éveil. Voilà le nombre de mort-vivants qui obstruaient complètement l'accès au camp, depuis le mur improvisé de voitures à la route, en passant par l'entrée du camp et jusqu'à la forêt, et cela ne comptait pas les bêtes présentes dans l'enceinte même de l'ancien foyer du groupe. Tenter une entrée ainsi serait un suicide pur et dur. Qui plus est il pouvait percevoir s'il s'y intéressait, du coté de la forêt, des silhouettes en mouvement perceptibles à l'abri des arbres.

A l'opposé, Jordan et Ivy avaient décidé de s'enfoncer dans la forêt, commençant à réaliser un grand tour à l'intérieur même des nombreux arbres et de la végétation qui la parsemait. Leur avancée était beaucoup plus compliquée qu'en extérieur, devant parfois passer entre deux arbres dont les branches s'entremêlaient et par des endroits très buissonneux. La visibilité y était limitée, ce qui ne faisait qu'empirer la situation d'Ivy à ce niveau là qui si elle percevait les arbres et la végétation dominante, marchait presque à l'aveugle. Son don ne lui permettait pas de percevoir aucune présence, pas le moindre petit objet métallique proche ou plus lointain pour l'aiguiller. Qui plus est, les deux compères ne pouvaient pas s'aider du bruit pour être attentifs à une quelconque menace, pas parce qu'il y en avait pas, bien au contraire, car il y en avait un peu partout. Bruissements, écrasements de branches mortes et surtout, par moments, des râles et des plaintes aux sonorités variables mais traitant toutes du même danger : la forêt semblait infestée de morts-vivants et il était pratiquement impossible de ressentir quoi que ce soit, à la fois par l'environnement forestier dont les deux individus n'avait aucune notion ou presque et par cet espèce de mélange de bruits divers et de toutes parts à l'intérieur qui formait un léger brouhaha éparse et irrégulier.

La forêt était dangereuse, très dangereuse en l'état et si à mesure qu'ils s'enfonçaient en son intérieur, ils n'avaient rencontré encore aucun mort-vivant, cela pourrait arriver d'une seconde à l'autre et nul doute qu'il seraient pris par surprise dans tous les cas. Leur détour était plus ardu qu'imaginer, malgré le don d'Ivy, s'orienter n'était vraiment pas aisé et déjà à leur emplacement assez avancé à l'intérieur, ils ne pouvaient guère être sûrs de suivre le bon chemin ou de tomber là où ils l'avaient souhaité. La forêt était trop encombrée, inconnue, sauvage et habitée.

Jordan Getz

Anonymous
Invité
Dim 27 Mar - 16:46
Une avancée qui se voulait de plus en plus compliquée, alors que des ronces qui avaient attrapées mon pied manquaient de me faire trébucher, j'éprouvais de plus en plus de difficultés à m'enfoncer dans ce chaos sylvestre. Je n'étais qu'un éternel citadin, l'asphalte et le béton des grandes constructions me rendaient bien plus confiant que cet enfer vert, enfer que j'appréciais malgré tout. Du lierre et des ronces qui avaient manquées de me faire tomber, des toiles d'araignée qui faisaient un barrage à notre progression qui devenait de plus en plus lente, de plus en plus incertaine, car si nous n'étions pas tombés sur des cadavres ambulants, nous n'avions aucun moyen de les trouver, de les compter, de les pister. Nous avancions à l'aveuglette, et si je me plaignais intérieurement de ce manque de visibilité, je ne pouvais pas imaginer ce que devait penser la petite Ivy.

Ivy qui venait de s'arrêter, selon elle, nous devions redescendre vers le Sud pour revenir au niveau du campement. Ne pas louper la diversion était certainement l'un des meilleurs arguments qu'elle pouvait me donner, il y avait cependant trop de morts pour forcer le passage sans qu'il n'ait été épuré au préalable. Ce serait sans aucun doute notre seule façon de pouvoir récupérer ce camping-car. S'il n'y avait eu que cet argument pour m'inciter à changer de direction, je n'aurai pas bougé d'un pouce, mais en ces lieux, la visibilité était nulle, nous n'avions que peu de points de repères, et surtout, nous n'avions pas l'avantage du terrain. Courir si un mort nous prenait en chasse pour finalement trébucher dans des ronces ? Très peu pour moi. Si nous nous rendions à proximité du camp et que nous nous occupions de chacune de ces charognes une par une, nous maximiserions nos chances de réussir. Il le fallait.

« Tu as raison, retournons vers le campement. »

Quelques mots, simples, concis, mais qui ne laissaient pas de place à un quelconque malentendu, il fallait rejoindre le campement et de préférence maintenant. J'avais donné un léger coup d'épaule à ma hache pour la faire basculer vers l’avant pour la faire retomber pour ensuite poser ma main gauche sur ce même manche, juste à la base du fer de mon arme, afin d'être prêt si jamais l'on croisait un cadavre ambulant d'un peu trop proche dans ces bois. Ces bois qui avaient le mérite de nous couvrir, mais qui nous bloquaient la vue mais aussi notre ouïe. Nous étions en sécurité, et encore, mais aveugles et sourds. J'avais pris la direction que la petite brune m'avait montré, la direction qui se devait d'être celle de notre ancienne demeure.

Peut-être que j'aurai voulu lui dire de rester en sécurité, de lui ordonner de faire demi-tour au moindre danger, mais non. Je sentais gonfler en moi cette confiance aveugle qui me poussait à avancer sans douter de moi ou de ce que je pouvais faire. Peut être que le fait d'avoir une aide intérieure qui me donnait toujours la bonne décision à prendre pesait grandement dans la balance. Toujours la bonne décision à prendre, toujours debout grâce à cela, je ne pouvais que la suivre et lui obéir aveuglément. Que des obstacles à franchir, rien d'autres. Pas d'ennemis, juste des obstacles, des cadavres ambulants.

« Est-ce que l'homme blâmera une voiture si son conducteur a un accident ? Non. C'est la même chose ici. Les morts ont perdus leur âme, pas les hommes. Ce n'est que chez les hommes que tu peux faire naître la terreur, ce ne sont qu'eux qui ont un cœur qui continue de battre, ce ne sont qu'eux qui ont une âme qui continue des les habiter. Les cadavres ne sont que des carcasses vides et creuses. »

Il fallait juste avancer, encore et encore pour terminer ce pourquoi nous étions venus ici. J'avais du mal à avancer dans ce jardin infernal, m'obligeant à lever les jambes assez haut, gardant tout de même un rythme assez lent pour laisser à Ivy le loisir de me suivre aisément. Peut-être que je faisais moins attention à ce qui se passait autour de moi, mais j'avais l'impression de ne voir que le but final de cette sortie en territoire interdit, le campement et ce camping-car. Avancer, abattre les obstacles, continuer à avancer, courir, prendre le camping-car et rentrer à la maison. Un plan simplet, mais certainement le plus efficace. Si nous devions rester ici à nettoyer tout le campement pour enfin partir, nous n'en aurions pas terminé avant la nuit, et si les cadavres étaient bel et bien là, je ne pouvais réprouver la crainte de nous voir attaqués par les hommes du Marchand qui seraient revenus pour guetter notre ancien campement pour nous y attendre ou bien pire.

Malgré tout, cette peur passa en second plan. Il y avait trop de choses à prendre en compte et à affronter ici pour penser à d'autres facteurs qui relevaient peut-être bien plus de la paranoïa que du pragmatisme. Nous étions déjà arrivés ici, nous n'allions pas faire demi-tour maintenant. Certainement pas moi. Peut-être étais-je complètement lunatique, à craindre tout et rien à la fois, pour ensuite partir au front armé de cette pauvre hache avec la détermination d'un suicidaire. Mais je savais que chaque choix que je faisais était le meilleur. Il me le disait. Je me le disais.

C'était sur ces simples pensées que j'avançais d'un pas lent dans la direction que m'avait montré Ivy, tenant ma hache à deux mains, me retournant de temps à autres pour pouvoir garder un œil sur la petite brune qui devait certainement avoir bien du mal à avancer dans cette sombre forêt. Je m'avancerai jusqu'à la lisière de la forêt, pour pouvoir observer bien plus précisément notre ancien campement. Si jamais nous croisions un mort d'ici là, je lèverai ma hache le plus haut possible pour frapper verticalement le cadavre au niveau de la tête, en espérant que ma hache fende son crâne en deux.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 29 Mar - 2:26
Suivant toujours Jordan, et surtout la direction sud que me laissait percevoir mon sixième sens grandement ouvert, et fastidieusement supportable sur la durée, d’autant plus en cherchant à porter mon attention sur ce qui nous entourait à l’oreille bien plus qu’à la vue, je m’efforçais tant d’avancer que de faire taire les appréhensions de plus en plus tenaces qui me bouffaient les tripes. Et pour cause, toute puissante que je me sentais, les râles, les grognements des rôdeurs nous encerclant par delà les murs de végétation se voulaient de plus en plus nombreux, intenses.

Cela ne pouvait qu’être qu’une impression issue de mes craintes à me faire avoir de nouveau, une troisième fois ; et si je redoutais d’autant moins une nouvelle mort qui pouvait se solder par un troisième retour à la vie, je refusais tout bonnement de tenter le diable à essayer de confirmer ou infirmer cette théorie. Entre l’agonie de l’infection, qui m’avait déjà paru bien plus longue la seconde fois que la première malgré l’absence de toute montre et autre instrument chronométrique, et la potentialité de me retrouver une nouvelle fois entre les mains ardentes du Libérateur, forcée de nourrir ses désirs et trahir à nouveau pour sauver ma vie ; je redoutais la mort. Je ne voulais en aucun cas avoir à exhiber une nouvelle cicatrice nécrosée à qui que ce soit, ni revivre cet enfer de cendres et de larmes.

Lentement, insidieusement, les râles se faisaient de plus en plus présents et oppressants, débordant même sur les grésillements de mon propre don pour finalement faire taire l’arrogance et tout sentiment de puissance, très probablement exagéré. Pire encore, j’avais beau être certaine de ma direction, de marcher droit vers le sud au-travers de ces branchages et buissons de plus en plus denses et gênants, je n’en avais pour autant plus aucune certitude quant à notre position par rapport au campement. J’avançais très clairement à l’aveugle - et c’était sans parler de ma myopie qui n’arrangeait rien à cela - sans avoir la moindre idée d’où on allait bien pouvoir retomber, d’autant que nous n’avions pas encore bifurqué vers l’Est, sensé nous ramener vers la route, quel que soit l’endroit. Non, nous progressions parallèlement à celle-ci à faire ainsi cap plein sud, et nous devions pourtant en être suffisamment éloigné dans la profondeur de cette forêt. Alors pourquoi les morts étaient-ils toujours aussi nombreux et aussi oppressants, si loin par ici ?

Jordan n’avait pas pris le soin de me dire précisément combien de morts occupaient le campement et ses alentours, ni ce qu’il avait pu voir au-travers de ses jumelles. Je fronçais les sourcils en contemplant la silhouette abstraite du jeune homme progressant devant moi. Il semblait, tout comme moi, avoir les plus grandes difficultés à tailler son chemin à travers les arbres. Son allure me paraissait - pour le peu que je percevais de ses enjambées - complètement dégingandée, voire maladroite. Je me demandais soudainement si notre idée avait été la meilleure ? Une question totalement rhétorique.

Bien sûr que c’était une idée de merde… Dès qu’il m’avait fait part de la présence de rôdeurs dans le campement, j’aurais dû l’inciter à renoncer, faire demi-tour et reporter cette excursion à plus tard, ou la remettre à des gens bien plus compétents que moi pour décalquer du Z et nettoyer la zone. Des types comme Adam, et peut-être même Jordan… Après tout, je ne savais que peu de choses du jeune homme, sinon qu’il avait fait du Taekwondo par le passé. Bref, laisser ce bordel entre les mains de véritables combattants pour me libérer ensuite l’accès à ce foutu camion à remettre en état de rouler.

C’est pourquoi, après m’être mangé une énième branche dans le coin de la tronche et me griffant la joue, - simplement parce que j’étais trop concentrée à chercher à vois ce que je piétinais - j’interpellais Jordan dans un souffle lancé à mi-voix.

“Jordan. Jordan ! Arrête…” avais-je fini par lui demander, jetant des regards bien inutiles tout autour de moi, animés de la crainte de voir un infecté, voire une chiée d’infectés, finir par nous tomber dessus. Puis je secouais la tête avec une certaine résignation, levant les bras pour désigner les environs, tournant légèrement sur moi-même.

“C’est pas la peine… J’suis complètement paumée et… et… putain… Y en a partout !”

Même si mon don ne m’avait permis d’en ressentir aucun, du moins un seul portant le moindre morceau de métal, je le savais. Ils étaient là, rôdant, errant, à nous traquer sans même le savoir, sans même le désirer. Juste parce que c’était ce qu’ils faisaient ; et putain... ils le faisaient sacrément bien ces cons.

“Faut… faut qu’on fasse demi-tour, qu’on récupère Adam et qu’on rentre. On n’est pas équipé pour ça…On est pas taillé pour ça. C’est du suicide, purement et simplement…” avais-je fini par avouer, sans en ressentir une grande fierté certes, mais avec au moins la légère satisfaction de ne pas me risquer à avoir une mort de plus sur la conscience.

A cela, et quoi que réponde Jordan, en positif ou négatif, j’aurais effectivement mis mes paroles en actes en me retournant, suivant l’orientation Nord-Nord-Est conférée par mon sixième sens pour rebrousser chemin et revenir sur mes pas ; une direction qui me conférait la certitude de finir par retomber quelque part sur la 350 et j’espérais pas trop loin de notre position d’origine et dénuée de rôdeurs.

Adam West

Anonymous
Invité
Mar 29 Mar - 17:15
Atteindre la route ne fut pas très long, malgré son encombrement et bien qu'il ait prit un léger virage pour ne pas tomber nez à nez avec les rôdeurs potentiels au bout des ruines. Sur le chemin, il porta la main tenant l'arc à son oreille qui saignait, faiblement vu l'endroit de la blessure mais c'était douloureux, plus encore qu'il ne l'avait imaginé et il se rendait compte qu'il n'encaissait pas la douleur aussi bien qu'avant. Grimaçant en ramenant sa main, du sang sur l'index et le majeur, il aspira de l'air entre les dents d'un appui de la langue, ce qui émit un bruit de bouche caractéristique illustrant son scepticisme.

« Putain ça douille, j'aurais peut-être du attendre avant de m'ouvrir. Tu t'emballes un peu trop mon Adam, mais t'es là pour en chier non ? »

Il finit par grimper sur la route, détachant son regard du sang sur ses doigts pour observer vers le camp et par réflexe, ses sourcils se haussèrent et ses lèvres se plièrent à la vue de la masse de morts-vivants devant l'entrée.

« Ah ouais... ils ont le chic pour chercher les ennuis les jeunes. » Dit-il avant de laisser filer un long soupir, le grand gaillard devant se résoudre à aller jusqu'au bout de sa promesse, il l'avait faite après tout. « C'est parti... »

Il murmura ces derniers mots à lui-même en passant le regard sur les nombreux charognards qui de toute façon ne tarderaient pas à remarquer sa présence, jetant un coup d'oeil du coté de la forêt qui lui titillait les sens pour se rendre compte que c'était potentiellement bouché de ce coté aussi, pas question de les semer dans la forêt et de toute façon c'est pas lui qui parviendrait à s'y retrouver, ce serait con de se perdre dans des bois étroits en plus d'avoir toute une horde de bouffeurs au cul. D'un grand mouvement il étira ses bras portant arc et tomahawk pour détendre ses muscles et faire craquer son dos, terminant par rabattre ses bras en les secouant comme pour s'échauffer tout en sautillant légèrement sur place, il termina par faire rouler sa tête d'un coté et de l'autre, puis revint fixer son objectif.

C'était le moment de retrouver ses bonnes habitudes et de s'illustrer, même si personne n'était là pour y assister, le fucking Chuck Norris God lui le regardait depuis le ciel et c'était le plus important. Tout en dégageant ses armes encombrantes en main pour ne pas se les mettre dans l'oeil, observant ses doigts dont il essuyait ceux de gauche sur sa chemise pour virer plus ou moins le sang qu'il avait laissé dessus, il plaça ensuite chaque index contre son majeur et glissa ses quatre doigts dans sa bouche avant d'émettre un long et plus qu'audible sifflement répété, y mettant de tout son souffle pour faire le plus de bruit possible.

« OH !! On se réveille les mange-couilles !! Tonton est là et aujourd'hui au menu c'est gratin de Son of Chuck et sa sauce pimentée !! » Hurla t-il à l'attention de la trentaine et plus de morts devant lui, comme à toute autre bête dans la zone qu'il attirerait volontairement. « Allez bougez-vous le cul tas de burnes moisies et venez que je vous fasse péter les chicots ! On a pas toute la journée !! »

Ouvrant de nouveau les bras, pour prendre une posture théâtrale de présentation cette fois, il se tourna momentanément vers la forêt et revint par la suite vers le camp, réclamant toutes ces créatures qui ne devraient pas manquer d'être appâtées par ce savoureux repas en perspective.

« Amenez-vous les pouilleux ! Il y en aura pour tout le monde !! C'est open fion ! » Reprit-il.

C'était faux car il n'avait pas l'intention de se faire dévorer, mais on se fichait pas mal de ce qu'il disait non ? Ces débiles ne comprenaient rien d'autre que la chair et le sang, tout ce qui comptait, c'est qu'il soit entendu pour attirer le maximum de rôdeurs et libérer l'entrée du camp pour que les deux jeunes puissent tenter leur chance, quoi qu'ils cherchent à y faire. Il pouvait donc se permettre de dire toutes les conneries qui lui passait par la tête, un peu comme d'habitude à bien y réfléchir.

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 29 Mar - 22:29
Adam entamait sa diversion portée sur l'injure et pour le moins efficace... en moins de vingt secondes, l'ensemble de la trentaine des rôdeurs de la zone s'étaient tournés vers ses hurlements et répondaient de râles et de grognements gutturaux, entamant une marche lente mais sûre vers le provocateur les uns après les autres. Bien vite, de nouvelles têtes de morts-vivants dépassèrent du troupeau en arrivant depuis l'intérieur du camp, se révélant par l'entrée illustrée du panneau, de même que des mangeurs de chair sortaient d'entre les arbres de la forêt les uns après les autres, arrivant en moins d'une minute à une douzaine rien que de ce coté, ce qui en ajoutant ceux venant par la route depuis le camp, montait la menace à pas moins d'une cinquantaine de rôdeurs.

Si Adam avait encore de la distance avant que ceux d'en face n'arrivent, la douzaine de rôdeurs depuis la forêt arriveraient beaucoup plus vite sur le coté, les premiers ne tardant pas à atteindre le dénivelé qui donnait sur la route.

Dans la forêt, toujours entourés d'inquiétants bruits disparates, Ivy finit par stopper Jordan dans son élan en lui conjurant de revenir en arrière, commençant à rebrousser chemin, cependant le jeune homme n'ira pas au bout de ses promesses envers la jeune femme et décidait de poursuivre dans sa tentative, sans aucun doute laborieuse dans ces circonstances, de contourner le danger - bien que le danger l'entourant soit au moins voir plus périlleux encore.

Ivy s'efforçait de s'aider de son don pour faire marche arrière et se frayait un chemin dans l'épaisse forêt, mais sans presque rien voir de ce qui lui faisait face et perdue par tant d'encombrement naturel, elle n'eut aucun moyen d'éviter ce qu'elle craignait arriver : en passant entre deux buissons écrasés par deux arbres imposants aux feuillages épais, elle rentra franchement dans un corps debout et mobile, surprise par la bousculade brutale qui la fit basculer sur le coté, tombant sur ses fesses. Le temps de comprendre contre quoi elle avait buté et elle perçut le râle rauque d'un homme au visage en charpie et aux yeux, ainsi qu'à la mâchoire, à l'air libre, dessinant un visuel terrible dont elle sera en partie épargnée par son manque de vue. Elle est pourtant, plus que jamais, en danger de mort car la créature à la stature bien supérieure, en dépit de la bousculade, était toujours debout et avança vers elle en se laissant tomber à terre, attrapant sa cheville avec une poigne incroyablement forte en redoublant de grognements énervés.

Jordan, lui, bien loin de se douter de ce qui allait avoir lieu sous peu, s'était enfoncé davantage dans la forêt en pensant faire un grand tour pour mieux arriver à la lisière de ladite forêt près du camp, mais il n'en était rien. Une erreur dans son avancée ? Il fallait dire que dans une forêt aussi dense, aller tout droit ou en contourner en demi-cercle s'avérait extrêmement bancal et il n'était pas difficile de se tromper lorsqu'on n'avait aucune connaissance de l'environnement. Persistant à vouloir trouver la sortie, s'en rapprochant malgré tout mais peut-être pas comme voulu, il n'eut pas la chance de le savoir tout de suite. En dépassant un arbre broussailleux, il se retrouva face à deux rôdeurs qui faisaient alors du surplace en pleine forêt, se tournant lentement à l'écoute du bruit produit par le jeune homme. Un homme de très grande taille et très mince, au corps en bonne partie encore en état et une femme, beaucoup plus abîmée et décomposée, venaient de jeter leurs dévolus sur lui. Plus encore, la plainte de la femme-morte généra quelques instants plus tard un râle proche, qui révéla un rôdeur mâle de taille moyenne et au bras droit manquant, déchiqueté, qui apparu de derrière un arbre parmi d'autres et avança aussitôt vers Jordan avec des yeux froids et envieux d'un repas ardemment désiré.
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