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Le salon - 22/02/35
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 25 Fév - 22:42
Interprété par Melody Campbell et Ivy Lockhart.

Ma discussion avec Jordan en ce début de semaine m’avait rendu à la fois plus légère et confiante, bien que je peinais grandement à ne pas ressasser de sombres idées dès que je me retrouvais en solitaire ; mais m’avait fait me soulever d’autres points, d’autres questions qui avaient fini par exiger des réponses. Des réponses que je ne pouvais obtenir autrement que par moi-même. Comment survivre ? Comment m’adapter ? Comment me défendre sans avoir à me reposer constamment sur la présence d’un autre, d’un Samuel, un Jordan ou un vagabond sorti de je-ne-savais-où ? Des questions qui m’avaient tenu éveillée une bonne partie de la nuit de Lundi à Mardi, entre autres, jusqu’à ce que finalement une solution n’en jaillisse. Il n’avait fallu que quelques souvenirs et une plaisanterie pour l’esquisser, et du temps pour la laisser mûrir. Dans la pénombre de ma piaule, les bras croisés derrière la tête et mes noisettes rivées sur un plafond flou, la solution avait fini par s’imposer à moi, d’une éclatante lueur comme avait pu l’être le feu jailli de la main du Libérateur. Paradoxalement, mon geôlier m’avait soufflé cette réponse bien malgré lui… ou pas ? Le doute persistait à ce propos.

Mais comme lui, comme James, la mort m’avait confié un don que rien ne pouvait expliquer, que je ne pouvais m’expliquer, mais qui pouvait faire toute la différence si je parvenais à le maîtriser, le contrôler. Il avait désarmé le Vagabond, il avait désarmé Jordan, il avait désarmé ma raison, mais pas ma curiosité ni même ma volonté de le contrôler. J’avais ainsi passé les deux jours suivants à chercher à le ressentir, l’isoler, le faire se manifester avec plus ou moins de succès, avec pour seuls résultats de maigres conclusions, une grande fatigue et quelques saignements de nez. Au moins avais-je pu déceler la nature de mon propre don, qui semblait s’être étendu depuis mon second réveil d’entre les morts.

Car bien au-delà de la perception des champs magnétiques et des objets métalliques m’environnant, je m’étais découvert la capacité de les repousser ou les attirer à moi, avec plus ou moins d’intensité. Seulement, je n’étais encore guère capable de maîtriser leur course ni leur comportement. Le seul véritable point positif de tout cela, compris après de longues heures, était ma soudaine capacité à pouvoir faire taire le bruit de fond gênant et perpétuel du champ magnétique terrestre qui m’avait tant exténué auparavant.

C’est donc animée de cette même volonté, farouchement intacte, que je m’étais levée de bonne heure en ce Jeudi matin, chaque nuit se voulant plus reposante que la précédente, mes forces revenant petit-à-petit au fur et à mesure des repas avalés et des nuits de sommeil relativement calmes. Les provisions portées par Nelson m’avaient permis de reprendre du poil de la bête et rendre les traits de mon visage bien moins osseux. et si cependant certaines douleurs musculaires assez profondes continuaient de persister, quelques repas un peu plus copieux qu’auparavant et le confort de pouvoir sous un véritable toit, dans un vrai lit, m’avait rendu un peu d’espoir et de baume au cœur à l’idée que cette maison pourrait bien devenir notre nouveau chez nous. Une demeure que je me devais d’apprendre à protéger. Que je souhaitais aussi rendre la plus sécuritaire possible.

Ainsi, après m’être préparé un petit déjeuner plutôt frugal, mais ayant au moins le luxe de pouvoir déguster un peu de café, je m’étais installée à la table dans le salon. Devant moi, posé à côté de quelques gâteaux secs et de ma tasse de café, un cahier récupéré dans la chambre que j’occupais, dont j’avais arraché les pages déjà écrites pour le rendre vierge à nouveau. Tenant un stylo dans ma main droite, j’avais commencé à dresser une liste de composants et de fournitures - ainsi que quelques croquis grossiers - dont je comptais avoir besoin pour améliorer un peu notre cadre de vie actuel, ne serait-ce que pour obtenir de l’eau sans avoir à sortir et traverser le secteur à chaque fois.

Ma main gauche plaquée sur mon front, en appui sur mon coude et les sourcils froncés dans une moue de réflexion, les paupières fortement plissées pour mieux distinguer les lignes d’encre, je ne prêtais plus guère attention au monde qui m’entourait ni à l’activité de ceux qui pouvaient être présents dans la large pièce.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 26 Fév - 14:50
Cela fait trois jours que Melody est revenu parmi les survivants, parmi les siens elle aurait sans doute dit avant même si elle ne leur faisait pas forcément confiance au moins elle les regardait malgré tout d'un oeil bienveillant. La brune pensait qu'ils étaient tous dans la même merde et que tous voulaient s'en sortir de la même manière qu'elle avant d'apprendre de la bouche de Matthew qu'il n'en est rien. Enfin il n'a pas affirmé à 100% les choses mais cela revient au même, elle lui fait pleinement confiance. Trois jours que le beau brun occupe ses pensées en permanence, qu'elle soit réveillée ou non d'ailleurs, repensant à tout ce qu'il s'est passé ou pas passé et ce qu'il a dit. Enfin cela ne fait pas totalement trois jours, elle est revenu le 19 au soir et si son calendrier mental est exact, elle vient de se réveiller le 22 au matin.

La veille et l'avant-veille, la brune a passé plus de temps à dormir qu'à faire autre chose si ce n'est une ou deux sorties dans la cour pour s'occuper de son bébé loup. Cela l'amusant beaucoup de le voir se conduire avec elle comme si elle était devenue une mère de substitution pour lui, faut dire que le pauvre petit ne sait même pas encore chasser tout seul, entièrement dépendant d'elle. Et un peu de Snatch le pitbull de Samuel, le courant est passé tout de suite entre les deux animaux, le grand jouant avec le petit ou plutôt le petit emmerdant le grand dès qu'il le peut. Ce qui rassure Melody l'air de rien, au moins même si Croc-blanc reste craintif et avec des réflexes de louveteau sauvage, il ne devrait pas se sauver. Surtout que petit à petit le bébé loup rouge reprend des forces et des formes, on lui voit toujours les côtes certes mais il n'a plus la peau collé aux os de son corps. Bientôt il devrait arriver à prendre un peu de poids et retrouver un pelage luisant.

Et si Melody pense à lui à peine réveillée, c'est justement parce que c'est le louveteau qui vient de la réveiller en couinant à la porte de la chambre qu'elle partage avec Jordan. La brune essaye de reprendre ses esprits, grognant de douleur lorsqu'elle bouge son bras gauche, ce qui alerte le louveteau qui se tourne vers elle et vient la rejoindre en essayant de sauter sur le lit pour se vautrer au sol. De son bras droit elle se penche vers lui et le hisse à ses côtés lui faisant un énorme câlin tout en lui murmurant qu'un de ces jours elle ne pourra plus le soulever. Le bébé loup se laisse faire l'espace de deux minutes avant de se débattre pour ensuite dégringoler du lit et faire comprendre à la brune qu'il veut sortir de la chambre.

- Ça va j'ai compris j'arrive.

La brune esquisse un sourire avant de s'étirer pour se lever ou du moins se mettre au bord du lit dans un premier temps, remettant en route le petit rituel qu'elle se fait depuis son retour. C'est à dire qu'une fois réveillée et prête à se lever, elle vérifie la présence de la balle de Matthew dans la poche de son pantalon, l'observant un instant en laissant ses doigts jouer sur la croix gravée avant de la ranger soigneusement dans sa poche. Rituel qu'elle termine en récupérant l'arbalète, qui est vraiment sienne maintenant, posée à côté du lit et qui est restée chargé depuis son retour. Même si elle sait pertinemment qu'elle ne pourrait pas s'en servir actuellement, cela la rassure d'avoir l'arme avec elle et puis n'a t-elle pas aussi promit à Matthew d'en prendre soin.

Ceci terminé, elle se lève pour de bon avant d'aller ouvrir la porte de la chambre, Croc-blanc lui filant entre les jambes pour dévaler les escaliers et se remettre à couiner devant la porte d'entrée de la maison. Melody le suivant plus lentement, même si elle va un peu mieux avec tout le repos qu'elle prend, c'est loin d'être ça encore. Finissant par ouvrir la porte d'entrée pour le louveteau qui lui file dehors faire ses petites affaires de canidé à moitié sauvage. Ce geste pourtant simple d'ouvrir une porte, fait suffoquer la brune l'espace d'un instant, elle se sent mal d'être là dans une maison avec le confort que cela peut avoir, elle se sent enfermée et bien plus vulnérable entourée de murs solides que lorsqu'ils étaient encore au campement de Matthew. Elle a l'impression qu'à force de profiter de la maison et de ses lits, ils vont finir par s'encroûter et baisser leur garde.

Melody se recule de la porte tout en l'observant avant de percevoir, du coin de l'oeil, des mouvements dans le salon, reportant son attention dans cette direction elle découvre Ivy attablée entrain de gribouiller elle ne sait quoi sur un cahier. Une tasse à côté d'elle ainsi que des gâteaux secs. Intriguée la brune se rapproche pour sentir le délicat parfum du café embaumer le coin autour de la binoclarde. Elle tuerait pour retrouver le goût de ce délicieux breuvage qui lui échappe depuis tant de temps ! Délaissant miss lunettes, elle part dans la cuisine puis le garde manger pour dégoter à son tour du café et s'empresser de s'en faire une tasse. La tasse chaude dans la main, elle observe à nouveau Ivy, les deux ne se sont jamais vraiment entendues et cela ne changera peut-être jamais mais une chose est sûre pour Melody : c'est l'occasion ou jamais de parler à la brunette. Il faut qu'elle essaye de savoir ce qu'il s'est passé pour elle pendant son absence, si elle est vraiment morte ou non et ce qui lui est arrivé, après tout elle a une mission à remplir...

Le précieux nectar noir encore trop chaud pour être bu immédiatement, Melody décide d'aller s'asseoir en face d'Ivy. Laissant sa main droite autour de la tasse, elle reporte son regard émeraude sur la brunette avant de lui parler.

- Salut Ivy. Tu vas t'abîmer encore plus les yeux à écrire sans tes lunettes...

Une entrée en matière comme une autre bien que Melody aurait pu lui sortir un truc du style "alors comme ça il paraît que tu as encore déjoué la mort", chose qu'elle a hésité à faire d'ailleurs.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 26 Fév - 19:39
C’est à peine si j’avais fais l’effort de jeter un oeil vers la silhouette qui passa dans mon dos, reconnaissant simplement Melody qui se dirigeait vers la cuisine, avant de me replonger dans mes écritures. J’entendais la chasseuse s’agiter dans la cuisine, devant très probablement chercher de quoi prendre son propre petit déj’ sans m’en inquiéter plus que cela. Melody était très probablement, la personne du groupe avec qui le courant passait le plus mal ; bien que je n’avais aucun grief particulier à l’égard de la jeune femme aux yeux d’émeraude. Juste une forte incompatibilité d’humeur entre nous qui ne s’était guère tarie depuis notre dernière “discussion” - du moins pour ma part.

Néanmoins, je ne pus m’empêcher de m’intéresser à elle lorsqu’elle prit place en face de moi, une tasse de café fumant à la main, et finit par me saluer en l’accompagnant d’un conseil ophtalmologique dont je me serais bien passé. Relevant mes noisettes de ma page à moitié remplie et griffonnée pour les poser sur le visage de mon interlocutrice, je la dévisageais - enfin, la fixais puisque je ne distinguais presque rien des traits de son visage - quelques secondes avant de lui répondre, un très discret sourire purement poli sur les lèvres.

“Salut Melo,” finis-je par lui répondre avant de laisser glisser mon regard vers le cahier. “Le problème, c’est pas d’écrire, c’est de relire. Déjà que j’avais du mal à relire mes pattes de mouches avec mes lunettes, alors sans… Mais n’empêche... je préfère m’abîmer les yeux et m’occuper l’esprit que l’inverse…” lui confiai-je dans un léger sarcasme.

Mais d’un geste en contradiction avec ce que je venais de dire, je déposais le stylo en travers du cahier pour concentrer mon attention sur la chasseuse, venant porter ma tasse de café à mes lèvres de ma main gauche et en avala une gorgée tiède.

“Enfin, ne t’inquiète pas pour si peu, j’ai une vision catastrophique depuis que j’suis gamine, j’ai pris quelques automatismes sans lunettes,” précisai-je en reposant la tasse sur la table, puis de la questionner à mon tour, la désignant d’un petit geste du menton.

“Et toi alors ? Ton bras te fait pas trop souffrir ?” lui demandai-je avec empathie et curiosité. Puisqu’on en était à parler de nos handicaps, pourquoi changer de sujet ?

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Sam 27 Fév - 12:38
À peine installée en face d'Ivy que Melody ressent déjà de l'électricité dans l'air entre elle deux, ce n'est pas aujourd'hui que les choses risquent de s'arranger entre elles deux on dirait. Surtout en entendant les premières paroles de la binoclarde, pour une fois que Melody faisait un geste sympa envers elle, c'est comme ça qu'elle le prend ? En même temps est-ce qu'elle pouvait vraiment s'attendre à autre chose de la part d'Ivy ? Sans doute que non. Mais bon puisqu'elle veut jouer à chien et chat, elle risque fort de trouver du répondant. ou peut-être pas, elle n'en sait rien, la seule chose de sûre pour la belle brune c'est qu'elle va avoir du mal à avoir une conversation normale avec Ivy. L'espace d'un tapotement ou deux, les doigts de la brune jouent sur la tasse chaude qu'elle tient, laissant son vis à vis terminer de parler et faire semblant de s'intéresser à elle. Elle hausse une épaule tout en répondant.

- Ça fait.

Bien sûr que la brune a mal mais cela aurait pu et pourrait être pire donc l'un dans l'autre elle ne se plaint pas. Et puis sans ces deux balles dans le bras est-ce que les choses auraient été différentes l'autre soir, est-ce qu'elle aurait eu l'opportunité de savoir que Matthew est sain et sauf et de passer un moment seule avec lui...

- C'est toujours moins douloureux que de flirter avec la Mort une seconde fois, n'est-ce pas ? Mark nous a assuré qu'il a été contraint de laisser ta dépouille dans une ruelle du secteur C, donc soit il a menti, soit tu es encore revenue à la vie. Je t'avoue que j'arrive pas à me décider, les deux sont possible même en sachant que tu es revenue avec nous le soir de l'attaque par les hommes du Marchand. Enfin j'ai quand même une préférence pour l'option de la nouvelle résurrection.


Finalement les hostilités sont lancées, en même temps tourner cent ans autour du pot ne fait pas partie des choses que la demie écossaise sait faire ou aime faire. Et encore moins depuis son tête à tête avec le beau brun. Bien que la brune a encore des choses à dire à Ivy, elle se contente de cela pour le moment et d'attendre les éventuelles réactions en ne la quittant pas du regard pour analyser le moindre de ses mouvements. Ce qui ne l'empêche pas de porter la tasse à ses lèvres pour se délecter d'une gorgée ou deux de café et ce même s'il est encore un peu trop chaud.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 27 Fév - 22:51
A la très courte réponse de Melody, je me contentais d’un simple et discret hochement de tête, constatant qu’elle n’avait guère envie de s’épancher sur le sujet. Chose qui tombait très bien, puisque je ne désirais pas plus qu’elle m’étendre sur nos faiblesses. Du moins, jusqu’à ce que la suite de ses propos ne fassent resurgir de bien mauvais souvenirs. En même, difficile pour moi de nier que je ne m’attendais pas à ce que le sujet de ma “disparition” ne déboule dans la conversation. Au moins avait-elle été droit au but, comme à son habitude. Sûrement l’un des rares points communs que nous partagions, juste derrière notre goût pour la solitude.

Calant mon dos un peu plus profondément contre le dossier de la chaise, je relevais le menton en lui portant soudainement toute mon attention, écoutant bien chacun des mots qu’elle avait choisis pour me titiller sur ce sujet. Au fur et à mesure des syllabes, j’avais resserré la poigne de ma main gauche autour de ma tasse de café en sentant un début de colère naître au plus profond de mes entrailles, et ce d’autant plus lorsqu’elle évoqua les hommes du Marchand avant de conclure sur l’hypothèse qu’elle préférait croire pour expliquer ma présence ici.

Je pouvais sentir son regard peser sur moi depuis l’autre côté de la table sans même avoir besoin de le voir. Melody me connaissait bien peu, mais en savait néanmoins assez sur mon caractère impulsif et colérique pour en jouer. Pour se permettre de penser savoir en jouer. Je pris une profonde inspiration, fronçant légèrement les sourcils et plissant le nez avant de finalement pousser un bref soupir reflétant les légères lassitude et déception qui venaient de me gagner.

“Très sincèrement Melo…” commençai-je à répondre au bout de quelques secondes d’un ton assez plat et résigné en baissant le regard vers ma main libre, qui avait repris le stylo pour le faire jouer entre ses doigts. “...tu n’imagines même pas à quel point j’ai pu être jalouse de toi et… et t’envier. Un corps de rêve, des yeux magnifiques - et fonctionnels en plus - un caractère fort et indépendant, capable d’assurer ta propre défense toute seule… Ouaip… J’te trouve franchement énervante d’avoir autant de qualités. Et sacrément curieuse en plus de ça… Et Dieu sait que j’apprécie la curiosité. C’est une des qualités que je préfère chez les gens,” rajoutai-je avant de marquer une légère pause en la désignant de la pointe du stylo, le faisant balancer de haut en bas entre mon majeur et mon index.

“Déjà, j’suis contente de savoir que le Mark qui apparaît sur les registres est le même Mark que celui qui m’a sorti de mon trou. C’est un brave type…” glissai-je avec une franche sincérité à l’égard du chauve et du comportement qu’il avait eu, peu avant de relever mon regard en direction de la chasseuse. “Pour en revenir à la curiosité, je l’apprécie quand elle est bien exploitée…” J’adressais alors un sourire en coin à mi-chemin entre l’amusement et le mépris à Melody. “...et je suis franchement déçue de la voir ainsi bâclée par un esprit de raisonnement aussi pauvre.”

Je délaissais la tasse de café pour relever légèrement ma main gauche, dressant mon index dans un premier temps. “Mark a menti. Ça fait une hypothèse. Je suis morte et revenue d’entre les morts une seconde fois. Ça fait deux.” Pour illustrer mon propos, j’avais dressé mon majeur à l’image de mon index pour énumérer les suppositions possibles et probables, continuant ensuite avec mes autres doigts pour accompagner le reste de mes propos. “J’ai été prise par les hommes du Marchand et contrainte d’envoyer un message radio sous la menace. Ça fait trois. Mark et moi sommes en réalité à la solde du Marchand, je ne suis peut-être jamais morte du tout, je leur ai livré Takashi et je jouerais avec vous une Divine Comédie pour vous piéger un à un, les uns après les autres… Après tout, Doug n’a pas survécu ; lui. Ça fait déjà quatre. Je pourrais aussi te suggérer que j’ai feint l’inconscience dans le champ de Nelson pour me faire passer pour une ressuscitée, avec Scott et Samuel ; ou que j’ai profité de fuir en solitaire lors de cette désastreuse excursion à l’école pour retrouver mes acolytes au fond des bois et leur livrer des informations à propos de Matthew et du reste du groupe…” Je marquais une pause en arquant un sourcil interrogatif à l’attention de la chasseuse avant de poursuivre.

“Je n’aurais même pas assez de doigts, orteils inclus, pour énumérer toutes les hypothèses susceptibles d’expliquer ma présence ici, vivante et parmi vous. Du coup, la question qui se pose vraiment, entre toi et moi, c’est pourquoi tu choisirais de préférer la plus invraisemblable et irrationnelle de toutes pour l’expliquer ? Ça, ça s’avère être curieux…” conclus-je finalement en me penchant en avant, posant mon menton sur mon poing gauche finalement refermé au cours de mes dernières paroles, mon coude calé sur la table à côté de ma tasse de café.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 28 Fév - 15:28
La brune poursuit son observation sur Ivy, la regardant réagir d'une manière puis d'une autre, de la lassitude, de la déception, de l'amusement, de la moquerie. Mais aussi ce qu'elle dit, comment Ivy décrit Melody, ce qui amuse franchement la brune car tout ceci est bien réel, Melody est ainsi et cela n'est pas prêt de changer. Amusée aussi d'entendre Ivy mettre au passé son emploi du terme jalousie alors qu'il est on ne peut plus clair que la binoclarde l'est encore, normal après tout la demie écossaise a tout ce qu'il faut pour elle, de la beauté, du talent et de l'intelligence. Comment ne pas l'envier dans ces conditions là ? Et pourtant Melody sait pertinemment qu'Ivy aussi a des choses pour elle et qu'il n'est pas bon qu'elle cherche à les comparer toutes deux. Sauf que la binoclarde va bien trop loin pour que la belle brune ne le lui fasse remarquer en la coupant dans son élan.

Non à vrai dire, elle pourrait même être fortement agacée par les paroles que lui tient Ivy par la suite, surtout par l'espèce de pique qu'elle lui envoie comme quoi elle ne serait pas capable d'avoir un bon esprit de raisonnement. Chose on ne peut plus fausse par ailleurs et qui expliquerait pourquoi Melody pourrait très mal réagir à cela. À la place, la brune se contente d'avaler une nouvelle gorgée de café sans lâcher du regard la brunette en face d'elle et sans la couper à un seul moment. Notant ce qu'elle dit sur Mark pour ensuite revenir dessus et partir sur autre chose, lui sortir une liste d'hypothèse qui pourrait toutes être la vérité. Et justement un peu trop sans doute, jusqu'au moment où Ivy emploie des termes qui font écho en elle.

Divine Comédie.

Sa conversation avec Matthew lui revient pleinement en mémoire, ce sont exactement les termes qu'il a utilisé pour décrire ce que ce...Ah oui...Soulstrange fait, se cachant derrière les oeuvres de Dante pour justifier sa folie. Ou plutôt qu'il fait une fixation dessus comme le beau brun l'a dit. Melody se souvient aussi de ce que Matthew lui a expliqué sur Ivy, que ce Soulstrange l'a prise juste après sa mort et qu'il est arrivé trop tard pour l'aider. Elle se souvient aussi parfaitement de ce que cet espèce d'enculé de pyromane a fait à Matthew. De là à penser qu'il a fait la même chose avec Ivy, il n'y a qu'un pas à franchir et que Melody s'empresse de franchir. Il l'a retenue captive et lui a bourré le crane de conneries, sans doute a t-il tout fait pour qu'Ivy lui révèle ce qu'elle savait sur le campement. Et si d'un côté Melody pourrait excuser la brunette, d'un autre elle ne le peut pas, pas avec les paroles qu'elle continu de débiter.

Ce n'est que lorsque Ivy termine de parler et après une gorgée de café que Melody reprend la parole ou plutôt qu'elle répond à la question de la binoclarde.

- Parce que dans ton cas, c'est l'option la plus réaliste de toutes, on sait très bien toi et moi que tu n'as pas assez de couilles pour avoir jouer double jeu pendant tout ce temps là, tu es trop lâche, tu aurais fini par te trahir toute seule. Mais puisque mademoiselle veut un raisonnement complet, voici le mien :

Tu es bel et bien morte dans cette ruelle et dans les bras de Mark, ah oui je t'ai pas dit, il t'a laissée non pas à cause de la horde sur vous mais à cause d'un véhicule avec des hommes surarmés vous étant tombé sur le dos. Donc il t'a laissée alors que tu venais de mourir, le véhicule en question était plein d'hommes du Marchand, ils t'ont récupérée, par je ne sais quel nouveau miracle -si on peut appeler cela ainsi- tu es de nouveau revenue d'entre les morts. Ils t'ont gardée, interrogée, peut-être même torturée pour que tu leur avoues tout ce que tu sais sur le campement. Puis ils ont débarqués avec toi l'autre soir, peut-être que tu étais là dans le but de leur servir de défouloir si tu avais menti. Et vu la raclée qu'ils ont prise, te voilà de nouveau avec nous.


La brune terminant de parler en avalant une nouvelle gorgée de café, plus pour se forcer à arrêter de parler que par pure envie là.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 28 Fév - 18:22
Sans bouger plus que de raison, laissant juste passer mon poing gauche de sous mon menton vers le côté gauche de mon visage, sous l’arête de ma mâchoire, je m’inclinais très légèrement sur la gauche, ne quittant pas l’image abstraite de la chasseuse du regard. Si sa remarque à propos de ma lâcheté avait bien fait resurgir en moi cette désagréable sensation de colère, je tâchais de la contenir en me mordillant la langue à l’intérieur de ma bouche, laissant ainsi mon sourire en coin s’étirer un peu plus à mesure que les mots quittaient la bouche de mon interlocutrice.

Une posture d’écoute très attentive que je n’avais brisé que pour quelques instants, juste le temps pour moi de finir d’avaler le reste de café stagnant au fond de ma tasse ; et laissant ainsi tout loisir à la chasseresse de me faire la démonstration de ses talents de raisonnement. Lentement, mon sourire et mon visage avaient fini par se libérer de toute forme de mépris pour se figer dans une moue plus amusée encore, mais surtout dominée par une ironie certaine.

“Et voici comment la fière et courageuse Melody a démasqué la lâche et frêle Ivy 'qui n’a pas assez de couilles' pour jouer le moindre double-jeu. Si j’étais suffisamment idiote pour y croire, je pourrais presque penser que c’est un aveu de confiance que tu m’fais-là…” lançai-je dans un sarcasme assumé, avant de poursuivre d’un ton autrement plus interrogateur et suspicieux.

“...Mais du coup, ta réflexion pourrait me laisser penser qu’une personne aussi courageuse que toi aurait dès lors largement les couilles de jouer ce double-jeu. Après tout, ce n’est pas moi qui ait disparu le soir de l’attaque pour revenir quelques jours plus tard comme si de rien n’était, au sein de ce nouveau campement. Simple coup de bol d’être tombée sur nous, ici, ou doit-on prévoir de remercier notre invité encapuchonné pour ça aussi ?” avais-je demandé dans une pure question à la limite de la rhétorique. Une question qui ne demandait d’ailleurs pas vraiment de réponse de la part de la chasseuse, même si pour le coup, j’étais assez curieuse d’avoir sa propre version de l’histoire. C’est pourquoi je relevais ma main droite, stylo dressé vers le plafond comme s’il s’était agi de mon index pour lui faire comprendre que je n’en avais pas encore fini.

“Et en parlant du clodo-sans-nom qui semble se complaire dans son aura de mystères, il s’agit de la seule personne - hormis moi - qui sache que j’étais avec les hommes du Marchand le soir de l’attaque, puisque c’est lui qui est venu me sortir de leurs griffes, bien avant même que l’on arrive au campement. Ou plus exactement : lui, son pote et moi. Drôle de coïncidence donc que ton ’raisonnement complet’...” j’encadrais ces termes en mimant des guillemets avec mes doigts “...s’avère être la version des faits la plus juste et exacte qui soit. Surtout que quand on y réfléchit un peu ; à moins d’être profondément stupide, ton ‘raisonnement’ se fonde sur le témoignage d’un parfait inconnu et trois hypothèses totalement bancales.”

Me redressant de nouveau sur ma chaise et abandonnant le stylo, je réitérais le dénombrement digital de mes hypothèse en levant mes doigts un à un, en commençant par l’index de ma main droite.

“Primo, rien ne pouvait laisser penser que je puisse revenir à la vie une seconde fois, même moi j’ai eu du mal à croire que j’étais revenue une seconde fois à la vie ; et comme tu le sais si bien, je suis sacrément lâche et pas douée pour me défendre. Les hommes du Marchand auraient très bien pu m’avoir sans que je sois obligée de repasser par la case morsure, trépas et résurrection. Secundo, et en partant de l’hypothèse de ce que je viens de dire, pour quelles étranges raisons des hommes, nos ennemis qui plus est, qui n’ont pas de raisons affectives d’honorer mon cadavre d’une sépulture décente, prendraient la peine de récupérer ma dépouille fraîchement éteinte plutôt que de simplement me coller une balle dans le bulbe, ou me laisser errer à l’état de dévoreur de chair humaine pour le reste de mon existence ; là où Calvin à lui-même pris soin d’achever Doug ? Et tertio, puisque je parle de Calvin, pourquoi les hommes du Marchand me garderaient-ils pour m’interroger à propos du campement alors que trois jours avant, ce cher Calvin se prend une balle en plein cœur, et que donc, on peut en déduire qu’ils possédaient déjà bien assez d’informations pour nous trouver…”

Je hochais lentement la tête en dévisageant la chasseuse, mon sourire finissant par s’effacer au profit d’une grimace bien plus sérieuse et suspicieuse. “Ça fait beaucoup de coïncidences et de points très justement ciblés non ? Surtout pour une personne qui s’estime si maligne que, blessée dans son orgueil, elle se rue assez stupidement à deux mains pour saisir la longue perche que je lui tends en mettant à mal son soit-disant esprit de déduction.”

Lâchant un bref soupir de mépris dédaigneux à son égard, je laissais retomber mon dos contre le dossier de la chaise, entrelaçant mes doigts devant moi, les mains posées sur la table.

“Enfin... Maintenant qu’on sait toutes les deux qui a la tête et qui a les couilles, on va peut-être pouvoir se dire les choses plus sérieusement ?” finis-je par lui proposer.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Lun 29 Fév - 10:52
De nouveau la brune écoute la binoclarde se montrant de plus en plus amusée par la situation et les tentatives désespérées d'Ivy de la faire sortir de ses gonds. Est-ce que la binoclarde a la moindre idée de ce qu'elle fait là ? Avec certitude Melody peut dire que non. Plus Ivy parle et plus Melody se sent sûre d'elle, la binoclarde obtenant sans nul doute l'effet inverse de ce qu'elle cherche. Elle ne va tout de même pas s'abaisser au niveau de la brunette, ni lui faire remarquer que d'elles deux, celle qui a son orgueil blessé ce n'est pas la demie écossaise. Ou encore elle pourrait lui faire remarquer que contrairement à ce qu'elle peut dire, elle est toujours aussi jalouse de la brune. Sirotant tranquillement la fin de son café en écoutant Ivy lui sortir soit disant plein d'arguments, elle termine par modifier sa position, bougeant légèrement sa chaise pour faire face à sa voisine, elle vient appuyer ses pieds dessus, en mode décontractée.

Mais surtout plus Ivy parle plus le sourire de Melody s'agrandit si bien que lorsque la brunette termine de parler, elle est prise d'un véritable fou rire. Pas le rire nerveux non, le vrai rire d'amusement, c'est tellement drôle de voir Ivy essayer de la faire douter de tout et rien, de la voir patauger dans ses explications et surtout de la voir croire que c'est elle qui mène la danse. Rire que la belle brune met une bonne minute ou deux à calmer avant de pouvoir parler.

- Merci pour le fou rire Ivy, non vraiment merci ! C'est tellement facile de t'emmener là où on veut, au moins je suis contente j'ai pas le droit à des pleures et autres apitoiements sur ton sort, t'as raison garde les pour Samuel et les autres. Enfin le principal c'est que j'ai ce que je voulais en venant m'asseoir ici, vérifier la véracité des paroles de ces deux inconnus. Et oui je savais déjà que tu étais de retour parmi nous, que tu étais revenue avec les hommes du Marchand et que ton ami l'encapuchonné t'avait libérée d'eux. J'avais juste besoin d'une confirmation que tu viens de me donner. Enfin toi précisément, non mais je cite "une fille que vous pensiez morte" pas difficile dès lors en te voyant de comprendre de qui il parlait.

Et puisque tu es si curieuse de savoir où j'étais, ta sollicitude me touche énormément tu sais ? Bref, le soir de l'attaque alors que j'avais réussi à les prendre de revers et à tuer le "leader" de l'attaque qui venait de coller une balle à James, j'ai prit deux balles en retour. J'étais entrain de me vider de mon sang quand un homme à moto m'a trouvée, je ne sais pas comment il savait que j'avais besoin d'aide, je ne sais pas comment il savait pour l'attaque, ni comment il savait pour la horde qui approchait. Tout ce que je me souviens c'est qu'il m'a dit que personne ne pouvait m'aider tout de suite et il m'a emmenée avec lui, j'ai passé deux jours en étant out pendant lesquels il m'a soignée comme il pouvait, il m'a injectée de la morphine. Quand enfin j'ai repris conscience, il m'a expliqué pour la horde, pour toi, pour l'autre inconnu là et enfin que puisque ma vie était hors de danger, il n'avait plus de raisons de me garder avec lui.

Qui il est ? J'en ai strictement aucune idée, je n'ai pas vu son visage une seule fois et à vrai dire je m'en fous un peu, tout ce qui compte c'est que je sois en vie. Est-ce une nouvelle ruse de la part du Marchand ? Peut-être bien que oui et que se soit ce motard ou ce vagabond je n'ai aucune confiance en eux mais les faits sont là, ils nous ont aidés, ils ont le droit au bénéfice du doute de mon côté.


Melody avait parlé d'une traite sans quitter Ivy des yeux et sans avoir besoin comme elle de faire des pieds et des mains pour dire les choses, allant droit au but. Après tout pourquoi faire autrement alors qu'elle ne dit que la plus pure vérité.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 29 Fév - 17:58
Contrairement à la première fois, le soudain fou rire de Melody ne m’arracha pas la moindre expression de surprise. Ce genre de réactions n’étaient surprenantes qu’une seule fois, et de par son renouvellement dans la situation actuelle, je comprenais qu’elle dressait en réalité le rire en dernier rempart contre son désarroi, histoire de se donner un peu de temps pour essayer de se raccrocher aux branches. Ainsi, après quelques secondes passées à l’observer rire, je préférais récupérer le stylo et reprendre mes écritures et autres gribouillages, l’ignorant le temps qu’elle se calme et ne reprenne enfin la parole.

Sans vraiment redresser le nez du cahier, puisque de toute façon je n’y voyais pas grand chose, je l’écoutais néanmoins d’une oreille attentive, ne retenant à aucun moment le sourire narquois que m’arrachèrent ses aveux, l’accompagnant même d’un secouement de tête blasé et dépité lorsqu’elle me parla de ce qui lui était arrivée au cours de ces derniers jours loin du campement. Continuant les premières esquisses de mon croquis, je la laissais aller au bout de ses révélations pour finalement relever mon visage et mon regard dans sa direction quand elle acheva enfin de parler.

“J’ai rarement vu quelqu’un mettre un tel point d’honneur à se décrédibiliser. Si ton objectif, c’était de me confirmer que t’es encore plus cruche que t’en as l’air… Mes sincères félicitations, c’est réussi. Sinon, si tu voulais à ce point savoir ce qui m’était arrivé, il te suffisait de demander. J’ai beau avoir été lâche à de nombreuses reprises, j’ai pourtant pas souvenir d’avoir menti sur ce fait, ou sur le reste.

Au lieu de ça, tu te ridiculises à essayer de me démontrer à quel point ton ‘raisonnement complet’ se veut réaliste et réfléchi pour finalement m’avouer que tu n’es que le perroquet d’un inconnu ; là où tu avais justement toutes les cartes en mains pour me confronter face aux autres, voir si j’allais dire la vérité et assumer, ou si au contraire j’essaierai de mentir et me défiler.

Mais non, mademoiselle je-vaux-mieux-que-tout-le-monde préfère dévoiler ses atouts et son jeu pour confirmer une histoire qu’elle aurait pu connaître en posant la très simple et très légitime question de : ‘Qu’est-ce qui t’es arrivée ?’ T’avais même pas besoin de te fatiguer à essayer de m’embobiner avec tes bobards et ta logique de pompom-girl pédante,”
avais-je fini par l’insulter d’un ton particulièrement froid et arrogant, prenant sur moi de contenir la colère qui couvait de plus en plus, non pas que je craignais de m’emporter face à la chasseuse - ç’aurait été une réaction parfaitement prévisible vu les nombreux éclats de fureur dont j’avais déjà fait la démonstration - mais bel et bien par crainte de déclencher une nouvelle manifestation de mon don qui risquerait d’avoir des conséquences bien plus désastreuses.

Prenant une brève et sèche inspiration, je jetais à Melody un regard véritablement méprisant.

“Maintenant que t’as eu ta confirmation, tu vas pouvoir aller faire ta perruche auprès de Samuel et des autres, et tu vas bien leur répéter ceci : Mark n’a pas menti, je suis morte et je suis revenue à la vie entre les mains du Marchand. J’ai été torturée, affamée et droguée, jusqu’à ce que je leur dise tout ce qu’ils voulaient savoir sur le campement, sur la ferme de Nelson et les deux traîtres qui s’y planquent, que j’étais effectivement avec les hommes du Marchand le soir de l’attaque. Et puisque que tu veux tout savoir, je n’y étais pas pour servir de défouloir si jamais j’avais menti, ni même comme moyen de pression ou n’importe quelle autre connerie. J’y étais parce que c’était ce que le Libérateur voulait. M’obliger à vous voir tous souffrir, finir morts ou captifs, et m’obliger à endurer la réalité d’en être responsable.

Va donc leur répéter tout ça, mot pour mot, et sans y aller de ton jugement moral de mademoiselle je-vaux-mieux-que-tout-le-monde qui vient de passer quelques jours aux petits soins et gavée de morphine,”
lui avais-je ordonné d’une voix sèche et tremblante de fureur.

Le Vagabond

Anonymous
Invité
Mar 1 Mar - 0:49
Une confrontation, directe, bousculée, presque féroce dans sa version verbale, ou selon une vision plus tranchée sur la question, un crêpage de chignon entre femmes et ce, bien que ce ne soit pas n'importe quelles femmes...

Alors qu'Ivy achevait sa rétorque d'une voix sèche et tremblante de fureur, à deux doigts de sauter à la gorge de la chasseresse, il y eut de soudains claquements qui survinrent depuis le coté de couloir donnant immédiatement sur les escaliers, des claquements qui seraient aisément identifiables après quelques coups comme des applaudissements francs de mains quelconques.

Suivant un instant de vague incertitude, l'on pu voit la silhouette encapuchonnée du Vagabond s'extirper de derrière le mur et venir cogner l'épaule contre l'arche avec bien plus de nonchalance qu'à l'habitude, et même de la maladresse car il ne semblait pas tout à fait tenir droit sur ses pieds. Une capuche qui est issue d'une veste qui tombe jusqu'à ses pieds, tel un imperméable digne d'un détective privé de la belle époque cinématographique, bien que la veste ne soit pas en très bon état. Ses mains sont entourées de bandes grises en plus mauvais état et clairement salies.

Malgré son apparence négligée et errante, il a tout de même une certaine allure et de près un quelque chose dans ses manières qui ont le don d'attirer l'oeil, au-delà de sa barbe qui est vraiment longue et sa moustache, proprement fournie, signe que sa pilosité s'avère être totalement délaissée. Probablement comme le reste de sa personne ainsi dit plus tôt. Sous sa veste brune, on distingue le col en V d'une sorte de tunique également brune superposée à une autre plus fine et blanche, ou ce qui était à l'origine de couleur effectivement blanche. Entre la première tunique et la veste, une espèce de cordelette néanmoins très épaisse disparaît en dessous et tient peut-être quelque chose.


Outre son fusil AK-47 installé en bandoulière dans son dos, il avait sous le bras une bouteille au liquide blanc transparent indiquant en gros "VODKA" qu'il s'empressa de récupérer de la main droite en se redressant droitement, se mettant à tanguer quelque peu pour s'approcher de la table tout en débarrassant sa bouteille du bouchon qu'il laissait tomber aussitôt pour valdinguer sur le sol. Cela ne faisait aucun doute : il était ivre, à faible ou forte dose cela restait à déterminer. Tendant la main libre devant lui dans l'air pour conserver un certain équilibre, il continua de marcher, plus ou moins, jusqu'à passer dans le dos d'Ivy - se penchant à ce moment là pour inspirer brièvement l'odeur ses cheveux - et termina sa laborieuse avancée en bousculant la chaise vide juste à coté.

Il prit quelques instants pour se stabiliser et pressait les paupières longuement et fortement avant de rouvrir ses yeux sombres, puis tout en passant sa langue entre ses lèvres avec soin, leva l'index à l'attention des deux jeunes femmes pour qui il passait le regard à tour de rôle, ensuite il saisit simplement le dossier de la chaise qu'il avait bousculé pour la tirer et passa encore plus maladroitement devant pour s'y affaler si lourdement qu'il en bascula sur le coté - opposé à la jeune femme, renversant un peu de son breuvage sur sa veste. Il parvint néanmoins à se rattraper assez vite à la table et se souleva d'une grimace appuyée du visage jointe d'un râle d'effort jusqu'à se remettre assis. Son fusil, malmené par la manoeuvre, finit par glisser sur la chaise et se caler plus ou moins bien dans son dos.

Relâchant un soupir de soulagement maintenant son labeur achevé, il s'affala complètement sur la chaise en laissant tomber une main sur la table mollement, l'autre portant la bouteille à ses lèvres de laquelle il descendu une bonne gorgée et expira en parallèle d'une nouvelle grimace à la chaleur de cet alcool agressif dont quelques gouttes dégoulinaient sur sa longue barbe. Il plaqua la bouteille sur la table, comme pour relever et contraster cette confrontation de buveuses de café, et son regard certes altéré par le breuvage mais ne perdant rien de son intensité, y gagnant même en luminosité, se posa sur Melody qu'il se mit à fixer sérieusement.

« Mademoiselle Melody Campbell, dame chasseresse et popotin bien arrondi. » Laissa chanter sa voix douce et mélodieuse. « Quel plaisir de faire enfin votre connaissance. J'ai entendu parler de vous entre autres, il paraît que vous avez fait dévorer un pauvre garçon dans la forêt il y a de cela quelques temps déjà, hmmm... »

Il gonfla ses pommettes et fit semblant d'afficher une mine en désaccord en poursuivant le son de gorge émis.

« C'était vilain, très vilain. Cette histoire a fait son chemin jusqu'aux fortifications des hommes de l'illustre Soulstrange, inutile de dire que certains de ces hommes ont hâte de vous rencontrer eux-aussi et de voir si vous vous allongez toujours aussi volontiers. Et ma chère petite Ivy... » Enchaîna t-il avant même d'avoir tourné le regard, finissant par le faire en penchant la tête plus qu'en la tournant cela étant dit, étirant un large sourire en profitant de cette proximité avec elle pour la fixer avec d'autant plus d'appui. « Toujours aussi farouche, quelle force de caractère... comme quoi plus c'est petit, plus c'est mignon et nerveux, vous ne pensez pas ? »

Il était revenu à Melody sans perdre son sourire et même, lâchant un léger rire fort amusé avant de l'effacer brusquement, passant du chaud au froid en un instant de son visage marqué réellement d'une froideur aussi soudaine qu'authentique, terminant avec un ton autrement plus malicieux :

« Mais je vous en prie, continuez. C'est si distrayant de vous voir vous déchirer. »
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