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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Ferme Wallace] Le Salon - 28/02/35
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Dakota Marlon

Anonymous
Invité
Dim 20 Mar - 13:15
Interprété par Koda Kaminaka.

Après avoir répondu à ta question, Dakota en revient à la prairie devant vous et si elle fait attention ou elle met les pieds de ton côté après quelques minutes difficiles ta progression devient un peu plus normale même si elle reste un peu chaotique. Toujours est-il que tu parviens à rester debout sans aucun souci mais aussi à ne pas te tordre la cheville dans un trou du terrain. Il vous faudra plusieurs minutes de marche pour arriver devant les bâtiments de la ferme et la jeune blonde ne te laissera pas le temps de les observer avec minutie puisqu'elle t'entraîne directement vers la maison. Arrivée devant la porte d'entrée de la maison, Dakota l'ouvre et te fait signe de passer devant elle pour entrer la première pendant que le chien repart gambader plus loin. Une fois dans la maison et la porte refermée sur vous deux, tu peux maintenant détailler la pièce qui s'avère être une cuisine.

Blanche et douillette, la cuisine est équipée d'une table au centre, faite de vieux bois avec quelques chaises autour, soigneusement poussées dessous. Sur la droite, il y a des meubles de cuisine qui font les deux angles et s'étalent sur les différents murs, y consacrant toutes sortes d'utilités typiques de cette pièce : évier, broyeur, plans de travail multiples dans ce cas, des portes de placards un peu partout en dessous et sur les petits meubles accrochés aux murs au-dessus, micro-ondes, cuisinière, et même un lave-vaisselle et une machine à laver. Rien de bien extraordinaire, mais avec tout ce qu'il faut, des ustensiles répartis, des serviettes, des torchons, des bocaux, et tout ce que l'on peut imaginer dans une cuisine, le superflu en moins vu la situation extérieure et les risques immédiats puisque la pièce est exposée. Les fenêtres sont barricadées par des planches de bois. Une porte se situe de l'autre coté de la table, en battants.

Hormis vos deux présences, la pièce est déserte mais soigneusement rangée. La jeune femme se tourne alors vers toi prenant la parole dans le même temps.

- Avant qu'on parle plus sérieusement de tout le reste, on va commencer par te remplir l'estomac puis après je t’emmènerai à la salle de bain que tu puisses prendre une douche.

Si le ton de sa voix reste assez froid, Dakota semble être dans de meilleures dispositions que quelques minutes avant, ajoutant même.

- Je te laisse regarder dans les placards voir si tu trouve quelque chose qui te fait envie, on passera au salon pour que tu mange mais avant je te laisse quelques instants j'ai quelque chose à faire.

Ne te laissant pas le temps de réagir, Dakota te montre de quels placards elle parle avant de traverser la cuisine pour franchir les portes battantes de l'autre côté disparaissant dans la pièce d'à côté. Dans les placards tu verras quelques boites de conserves, un pot de beurre de cacahuète, de la farine, du sucre et soigneusement enveloppé dans un torchon tu pourras trouver un pain visiblement fait maison et encore relativement frais. Sur le plan de travail en dessous, tu pourras voir bien alignés dans une boite à cet usage quelques oeufs, impossible par contre de définir s'ils sont frais ou s'ils sont durs.

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Lun 21 Mar - 23:28
La réaction de Dakota à propos de la remarque taquine sur son petit copain mit Koda dans une joie putassière. Le genre de plaisir que seules éprouvent les filles légères au lycée après avoir blessé quelqu’un. Ce genre de sensation manifestait chez l’asiatique les restes de ses fréquentations de pétasses au lycée. Elle s’en était affranchie depuis et avait appris le respect des autres mais il lui restait quelques séquelles. D’ailleurs, sa boutade, qui aurait été agressive dans le passé, s’était voulue taquine mais légère, avec une once de détachement. Toutefois, elle s’était réjouie de constater qu’on ne rigolais pas avec son petit copain. La jolie blonde n’avait rien à craindre, Koda n’était pas du tout « rentre-dedans ».

Son plaisir fut de courte durée car la traversée de la prairie fut éprouvante pour elle. Le terrain chaotique se pratiquait avec difficulté pour une personne en pleine possession de ses moyens, alors il fallait se mettre à sa place. Elle devait constamment progresser sur la tranche des cratères provoqués par des trous de taupes et autres rongeurs. Les touffes d’herbe jaunies, toutes en discorde, se dressaient  pour envenimer la question d’où on posait les pieds.Par endroits, c’était une terre meuble, fraîchement retournée alors qu’à d’autre, c’était une croute sèche et fendue qui s’affaissait sous la semelle. Elle n’était pas non plus chaussée en circonstance avec ses citadines sans crampons.

Koda avait l’impression d’être montée sur des échasses après avoir vidé deux verres de whisky. Et ça l’agaçait. Elle qui était pourtant agile avec ses grandes jambes… Plus le temps passait, plus elle revoyait ses capacités à la baisse. Et elle était debout depuis à peine une minute. La jeune femme décida de se concentrer à mettre un pied devant l’autre sans trop penser aux désillusions potentielles qu’elle sentait arriver à grands pas. Au bout de quelques instants, le sol redevint plus praticable. C’était déjà ça.

Lorsqu’elles pénétra dans le corps de ferme, la jeune citadine qu’elle était fut saisie par l’aspect inédit de ce qui l’entourait. La grange, la maison campagnarde, l’agencement de la cour et tout ce qui faisait d’un ferme une ferme…. Elle n’était jamais vraiment sortie d’Amarillo, finalement. Son seul véritable voyage, c’était une visite familiale au Japon. Elle y avait fêté ses trois ans ; Ca lui faisait une belle jambe.
Arrivée devant la bâtisse, Dakota lui ouvrit la porte d’entrée et la laissa franchir le seuil. Lorsqu’elle se tint entre quatre murs, la curiosité dans son regard parut s’aviver encore davantage. Ses yeux se posaient tour à tour sur chaque élément de la pièce. Ce n’était qu’une cuisine, certes, mais Koda chérissait ces moments où elle entrait chez des gens et découvrait pour la première fois leur lieu de vie. Elle qui avait d’abord passé sa vie dans un lotissement sans caractère puis dans une morne chambre blanche, ses souvenirs d’intérieurs se mélangeaient comme une ennuyeuse mélasse.
Aussi, avait-elle considéré son travail de livreuse comme la plus belle partie de sa vie. Elle appuyait sur la sonnette, et le temps de régler, elle entrevoyait l’intérieur des appartements des clients, chaque petit détail dans l’entrée qui pouvait donner un indice sur leur vie. Le contenu d’un vide poche, le son d’une télé à fond, un poster sur un mur, une odeur de cigarette, un fumet de cuisine. Malgré cela, elle ressentait tout de même un manque. A chaque commande, elle aurait voulu passer la porte et déambuler dans les pièces, rien qu’un instant. Alors à peu de choses près, elle chérissait chaque instant passé chez d’autres gens. Ouais. A peu de choses près.

Elle se retourna vers son interlocutrice et la laissa expliquer les étapes qui allaient suivre. Et lorsqu’elle eut fini, se dirigeant à l’autre bout de la pièce, Koda se pencha en avant et joignit les mains en signe de respect.

« D’accord. Merci de ton hospitalité, Dakota. » dit-elle en fermant les yeux.

Le ton de sa voix avait exprimé une sincère reconnaissance. Il dénotait par rapport à sa manière de s’exprimer qui jusqu’alors s’était montrée désinvolte. Elle ne releva la tête que lorsque les battants ne se furent refermés. Une envie irrépressible de suivre la jolie blonde s’empara de Koda et la fit s’approcher de quelques pas vers la porte. Une envie plus forte encore que celle de s’affaler confortablement sur une chaise de la cuisine. Elle tendit la main en avant mais se ravisa, jetant un oeil par dessus son épaule à l’intention des placards. Alors, la jeune asiatique tourna les talons et ouvrit avec empressement tous les rangements que Dakota avait pointé du doigt. Elle passa sommairement en revue les rangées de conserves et attrapa au vol un « quart US » de haricots rouges et une boite plate de thon en conserve. Elle souleva le torchon pour découvrir la miche de pain artisanale avec perplexité.
Ca n’a pas l’air pratique, se dit-elle. En plus il n’était pas tranché. Ses parents ne s’arrêtaient jamais à la boulangerie et elle avait pris l’habitude du pain de mie à la clinique. La vue du pot de beurre de cacahuètes la fit hésiter mais elle n’avait pas le temps de se faire une tartine. Elle recula d’un pas pour obtenir une vue d’ensemble. Les oeufs n’attirèrent pas sont attention ; elle les pensait frais et c’était trop long à préparer. En désespoir de cause, elle pris une conserve de pêches au jus et ouvrit en hâte chaque tiroir jusqu’à trouver une fourchette.

Alors, elle s’approcha à nouveau de la double porte et baissa les yeux sur son choix. Trois, ça faisait un peu beaucoup. Elle s’excuserait. Sur ceux, elle poussa tout doucement le battant et passa un oeil dans la fente, continuant d’ouvrir tant qu’elle ne voyait personne.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 23 Mar - 0:33
Koda, si en poussant la porte petit à petit tu n’avais rien remarqué de premier abord, l’ouvrir et la franchir complètement finirait par convaincre tes premières impressions : tu te retrouvais bel et bien livrée à toi-même. Tes yeux, qu’ils furent curieux, surpris ou désemparés à cet instant, ne sauraient trouver au-delà des deux battants de la porte qu’un salon désespérément vide. Nulle trace de Dakota qui t’avait pourtant précédé ici de seulement quelques instants, fait étrange, bien qu’il ne te faudra en réalité guère de temps pour entendre quelques paroles inintelligibles en provenance du premier étage, dont un pan de couloir s’ouvrait sur le salon par-delà une balustrade située au-dessus de ta tête, juste derrière toi.

Devant toi donc, ce salon vide, aux meubles et à l’apparence à la fois rustiques et austères, mais dégageant une essence chaleureuse et une ambiance rassurante. Juste sur ta gauche, à moins d’un mètre et disposé sur un large guéridon rectangulaire, trônait un poste-radio d’aspect vieillot, mais fonctionnel, en témoignaient les légers grésillements neigeux et parasitaires qui se dégageaient de son unique haut-parleur. Toujours sur ta gauche, mais plus éloigné, un couloir menant vers au moins deux portes en bois dont les fonctions des pièces qu’elles desservaient te restaient inconnues d’un simple coup d’oeil, aucun n’écriteau ne te renseignant sur celles-ci.

Dans le recoin de gauche, un escalier en angle droit menait vers le premier étage, tandis qu’un buffet de simple facture, en bois clair et massif, probablement du chêne, trônait au bas des marches. Sur celui-ci se trouvaient disposés quelques cadres photos dont le sous-verre ne donnait sur aucune image, comme si leur propriétaire avait voulu masquer à la vue de tous, et donc de n’importe qui, les photos qui devaient s’y trouver auparavant. A quelques mètres encore vers la droite, un piano droit, calé contre le mur, un petit tabouret à trois pieds se trouvant disposé devant le clavier.

Et enfin, dans l’angle droit du salon, un coin canapé, disposé en L autour d’une petite table et donnant vue sur un écran de téléviseur qui ne diffuserait plus de programmes télévisuels avant bien longtemps, peut-être même l’éternité. Il t’était même impossible depuis ta position de savoir si l’appareil multimédia était encore en état de fonctionner.

Mais ta solitude en cette pièce ne dura guère plus d’une trentaine de secondes avant que de nombreux bruits de pas, frappant et descendant les marches d’escalier avec un rythme assez rapide ne se manifestent, puis qu’une silhouette ne finisse par en jaillir presque en face de toi.

Devant toi, un jeune garçon, d’un âge avoisinant la vingtaine, vêtu comme un cow-boy ou un rancher. Un Stetson usée vissé sur le crâne, laissant dépasser quelques mèches brunes et légèrement bouclées, presque noirs sur les profils de son visage aux traits juvéniles et aux yeux sombres, une barbe naissante de quelques jours ombrant ses joues, les contours de sa bouche, son menton et le haut de son cou. Son torse était vêtu d’une chemise à carreaux, souillée de quelques traces sombres, dont les manches longues, retroussées jusqu’à ses coudes, laissaient apparaître ses avant-bras striés de ce que tu pourrais reconnaître comme des traces de boue. A ses jambes, un jean au tissu usé, mais encore robuste, légèrement plus éclairci au niveau des genoux, recouvert à mi-tibia de longues et épaisses bottes en cuir brun, elles aussi franchement crottées.

De son empressement initial à descendre les marches du premier étage et traverser le salon, il ne restera qu'un crissement sonore de ses semelles sur le parquet. Il se sera stoppé en te voyant, l’air raisonnablement surpris ; yeux écarquillées et lèvres légèrement entrouvertes.

“Wowowoah !” s’exclama-t-il en te dévisageant, stupéfait, avant de te demander, plus raisonnablement et ayant très probablement déjà une idée de la réponse derrière la tête :

“T’es qui toi ?”

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 0:36
Refermant lentement la porte avec son coude, Koda s’imprégna des alentours de la pièce. C’était une atmosphère authentique, elle n'avait pas l'habitude de ce genre d'intérieurs. Elle se tenait là avec sa ration entre les mains, la sacoche de crochetage posée dessus avec les trois boîtes de conserves et la fourchette. Elle ne se sentait pas de les déposer où que ce soit pour l’instant.
En ouvrant la porte, elle s’était imaginée le vieux Wallace assis dans un fauteuil près d’une cheminée, écoutant Dakota penchée à son oreille pour lui donner des nouvelles.

Le coin canapé l’appelait par sa simple présence comme un lointain chant de sirène. Mais il était encore trop tôt pour se mettre à l’aise. Ca ferait une mauvaise première impression si on la trouvait déjà installée dans un fauteuil avec de la bouffe piquée dans les placards sur les genoux. Et un kit de cambrioleuse, en prime. C’était un calcul de prudence ; moins elle ferait mauvais genre au premier abord, moins on lui collerait de travail sur le dos. Enfin, sans doute.
Quand au piano, c'était un mobilier qui lui était familier. Elle en avait joué toute son enfance dans la maison de ses parents et se débrouillait correctement, bien que cela faisait longtemps qu'elle n'en avait pas joué. Ses parents lui avaient imposé de prendre des leçons, cela l'avait toujours ennuyée et elle était bien contente d'avoir arrêté. Peut être qu'il lui restait des bribes de son enseignement, qui sait ?

Elle entendit des voix à l’étage. Il y avait bien d’autres gens, alors. Un petit frisson partit de sa nuque et serpenta jusque dans ses mollets. Ca avait du charme de se retrouver seule au coeur de cette maison comme une étrangère, mais sans que l’on soupçonne sa présence à cet endroit. D’ailleurs, elle préférait attendre comme cela qu’être attendue derrière une porte, finalement. C’était plus agréable de créer la surprise.  Elle fit quelques pas en différentes direction du salon, histoire de ne pas rester statique, avant de revenir à son point de départ. La jeune femme se demandait qui elle allait rencontrer en premier.

La réponse ne tarda pas à venir d’elle même à grands bruits de pas dans les escaliers. A l’oreille, ça ne ressemblait pas à Dakota, même si elle n’était pas familière ni de sa démarche, ni de ces escaliers. « C’est pas elle » constata Koda en silence lorsqu’elle aperçu le garçon. Elle était trop concentrée sur l’instant présent pour émettre une hypothèse sur son identité parmi les noms que la blonde au chien lui avait présenté.
Il prit conscience de sa présence avec une surprise qui étonna la jeune femme. Il n’avait peut être pas dû croiser Dakota pour être pris de court à ce point là.

« T’es qui, toi ? » lança-il a son adresse. Direct et concis. Ils allaient s’entendre.

Elle répondit d’un air neutre, histoire de souligner la légitimité de sa présence et le fait qu’elle soit à l’aise.

« J’m’appelle Koda Kaminaka. Dakota m’a ramassée. Mais tu peux m’appeler Kodak, si tu veux. »

La jeune femme était allé au plus simple. Elle s'adapterait en fonction de son attitude envers elle.

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 26 Mar - 2:42
Le cow-boy, toujours aussi stupéfait et sceptique, sembla te dévisager des pieds à la tête, une grimace d’incompréhension marquant ses traits lorsque tu lui répondis et te présenta. Fronçant légèrement les sourcils, comme pensif ou du moins gambergeant tes mots, il resta silencieux quelques secondes supplémentaires.

“Ça fait trop de ‘Ko’, de ‘Ka’ et de ‘Da’ dans la même phrase ça,” marmonna-t-il à haute voix, vraisemblablement plus pour lui-même que pour toi. “Et tu dis que c’est Dakota qui t’as ramené ?” répéta-t-il comme pour se convaincre lui-même sans réellement attendre de réponse en retour.

Puis, il rompit son immobilisme pour s’approcher de toi, réduisant l’écart de quelques pas assez vifs et empressés, comme s’il cherchait à fuir quelque chose, ou à rejoindre autre chose qui ne pouvait attendre. Néanmoins, il s’arrêta de nouveau à un mètre cinquante de toi, te faisant face de sa taille à peine plus grande que la tienne de quelques centimètres. Ses yeux, que tu pourrais désormais voir d’un intense marron foncé, à la limite du noir, se plissèrent avec une insistance scrutatrice, puis descendirent vers les boîtes de conserve que tu tenais entre tes mains frêles.

Et si tu pus voir son front et ses sourcils se plisser un peu plus, aucun mot, aucune remarque, ni aucun reproche ne quittèrent ses lèvres désormais closes. D’un mouvement du bassin, il pivota sur sa jambe droite pour t’indiquer, le bras gauche levé et la main ouverte, le canapé du salon qui faisait face à la petite table basse.

“Installe-toi. Mange un peu, tu dois avoir faim,” t’invita-t-il en esquissant un sourire plus sympathique à ton attention.

Attendant patiemment que tu ne répondes à son invitation, il t’aura ensuite suivi, s’asseyant peu après toi dans l’angle du canapé opposé à celui que tu choisirais, les avant-bras posés sur ses cuisses et ses doigts entrelacés, son regard ne se détachant pas de toi.

“Moi, c’est Ricky,” finit-il par te dire, renouant avec la politesse élémentaire de se présenter à son tour après t’avoir demandé de le faire. “Si tu es ici parmi nous, je suppose que Dakota t’a déjà informé de ce qui t’étais arrivé ? La morsure, la résurrection... et toutes ces histoires à dormir debout ?” Le jeune cow-boy avait esquissé un moulinet de sa main droite pour accompagner ses paroles, avant de claquer ses mains sur ses cuisses.

“Ne t’inquiètes pas, nous ne sommes pas fous. C’est juste que tu n’es pas la première dans ce cas, à revenir d’entre les morts je veux dire. Comment te sens-tu ?”

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Mar 29 Mar - 0:42
Sa première remarque fit sourire Koda. Pas faux. Les intonations de son nom à elles seules rappelaient le son d’un pivert martelant un tronc d’arbre. Alors si on y adjoignait « Dakota » et « Kodak », la phrase sonnait comme une mitrailleuse automatique. Son surnom venait d’un jeu de mot récurrent qu’on lui servait depuis l’école primaire. Alors, au lieu de s’insurger contre cette plaisanterie un peu lourde, elle avait finit par l’intégrer. Elle répondait quand on l’appelait comme ça si bien qu’à la fin, seuls ses parents et les adultes utilisaient encore son vrai prénom.

Lorsqu’il avança à nouveau, elle fit un pas de côté pour le laisser passer. Après avoir vu l’expression blasée de Dakota lorsqu’elle l’avait récupéré au bord de la route, Koda supposait que tous les résidents de la ferme devaient être habitués a ce genre de visites, comme des employés de gîte. Alors que ça n’était pas le cas. La preuve, le cow-boy s’arrêta et se mit à l’examiner avec suspicion. Elle resta immobile comme si on passait son uniforme en revue. Elle vit qu’il avait baissé les yeux sur les boîtes de conserves. Anticipant une remarque, elle s’apprêtait à préciser que Dakota l’avait autorisé à prendre quelque chose dans les placards mais le jeune homme la prit au dépourvu en l’invitant poliment à s’installer.

« Ouais, merci. » fit-elle en hochant la tête avec le même ton sobre. Elle alla jusqu’au coin du salon, posa son paquetage sur la table basse et, d’un mouvement presque théâtral, se vautra littéralement dans le canapé en poussant un long soupir de soulagement. Savourant le confort de l’assise avec un grand sourire, elle croisa les doigts, retourna les poignets et étira les bras en faisant craquer ses articulations. Alors, sa bouche se mit à simuler une sorte de mastication, des mimiques de bouche discrètes comme si elle savourait un chewing-gum déjà bien travaillé.

« Oooh, je bouge plus… »  décréta-t-elle.

La présentation de Ricky la ramena a la réalité. Elle acquiesça à ses paroles, non moins vautrée mais toujours attentive. Quand il s’enquit de son état, Koda déglutit. Elle avait préféré ne penser à rien de ce qui lui était arrivé jusqu’alors. Elle savait qu’elle n’était pas super futée et elle avait peur de se faire un noeud au cerveau en essayant de comprendre des événements qui la dépassaient.

« Ben… J’ai l’impression de m’être fait piétiner par un bison, un lendemain de soirée trop arrosée. » commença-elle en passant la main sur sa nuque. « A vrai dire, j’y comprend rien… Je sais même pas par quoi commencer pour réfléchir. Je me suis fait mordre, je suis morte… »

Elle évoqua la morsure en marmonnant, comme si le simple fait de le mentionner lui rappelait un grave traumatisme. Koda essayait d’agir avec détachement mais dans sa manière de parler transparaissait le bouleversement qu’avaient provoqués les évènements en elle.

« …Et là, coma de plusieurs mois. Où j’étais pendant tout ce temps ? Aucune idée. Et là je me réveille à la cambrousse à des kilomètres avec une jolie gonzesse en baskets qui me dit qu’elle a l’habitude mais qu’elle sait rien de ce qui se passe. Et puis, j’ai ces trucs là en dessous… » Elle désigna mollement du doigt la sacoche de crochetage et la ration. «… en plus d’un tournevis. Bon ça me correspond, j’aime bien bidouiller, d’accord. Mais pourquoi je les ai ? Va savoir… En plus, j’ai l’impression que je sais plus faire de pen-spinning du tout… » conclut-elle, l’air affecté, la tête entre les mains.

« Et puis, il y avait ce cauchemar, là. Brrr, c’était super désagréable… Ici non plus, j’ai pas compris grand chose. On aurait dit des personnes qui lisaient des passages de vieux livres comme la Bible. Enfin bref, je suis pas du genre active. Je suis plutôt du genre à attendre qu’on m’explique ce bazar tranquillement en mangeant des haricots en conserve. » dit-elle en souriant.

Visiblement enchantée par cette perspective, Koda mima une bulle de chewing gum imaginaire et la fit éclater d’un claquement de langue. Pour illustrer son propos, elle attrapa ladite boîte sur la table de chevet et entreprit de soulever le couvercle.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 30 Mar - 2:25
Le cow-boy ne put réprimer une moue étonnée, et encore moins un léger sourire amusé en te voyant te vautrer littéralemment dans le canapé. Puis, après avoir lui même pris place et s’être installé dans une position somme toute moins alanguie, il écouta dans un mutisme presque religieux les réponses et les explications que tu donnais à des questions qu’il n’avait même pas eu la nécessité de poser. Au mieux aurais-tu pu voir le jeune Ricky acquiescer à certains de tes mots, comme s’il validait ta version de l’histoire et la comparait avec toutes celles qu’il avait d’ores et déjà pu entendre par le passé.

D’ailleurs, il ne t’aura pas échappé que le jeune homme avait montré un sourire plus large et plus amusé encore lorsque tu décrivis Dakota, juste avant qu’il ne le dissimule innocemment sous une caresse de son menton à l’aide de sa main gauche. Toute une palette d’émotions, allant de la compassion à l’étonnement, en passant par une légère incompréhension lorsque tu avais mentionné le “pen-spinning”, une activité qui ne semblait en aucun cas faire partie de ses hobbies, avaient traversé son faciès dans une suite de mimiques toutes relatives à chacune d’entre elles. Et cela, jusqu’à ce que tu ne cesses de parler pour t’attaquer à l’une des boîtes de conserve qui allait représenter un repas certes sommaire et frugal, mais ô combien requinquant.

“Bon appétit,” te lança-t-il poliment avant de lui-même s’installer dans une posture plus nonchalante et détendue. Les jambes écartées, les avants-bras posés sur en travers de ses cuisses et les mains croisées entre ses genoux, il te dévisagea durant quelques secondes avant de reprendre.

“Mange doucement, par petites bouchées,” commença-t-il par te conseiller, avant de t’adresser un sourire bienveillant. “C’est ce que n’arrête pas de répéter Ana, notre médecin-vétérinaire, aux nouveaux venus dans ton genre. Des histoires de digestion je crois bien…” précisa-t-il, avant de se faire plus sérieux, tâchant de prendre un ton pédagogue, mais légèrement mal assuré dans sa démarche.

“Nous avons pris pour habitude de recueillir les ressuscités comme toi, ici. Les accueillir, leur expliquer leur situation et essayer de leur venir en aide, leur laisser un peu de temps pour reprendre leurs marques et un peu de repos. Mais tout ceci…” son regard embrassa le salon, et très probablement la demeure toute entière d’une façon plus générale “...n’est que temporaire. Mais rassure-toi, nous n’allons pas te mettre à la porte comme des mal élevés. Je connais un groupe, un groupe de survivants, revenus à la vie eux aussi, qui est installé non loin de la ville toute proche, à Snyder.”

Le cow-boy marqua un long silence, uniquement brisé d’un raclement de gorge rauque et sonore que tu n’aurais pu manqué. Si tu l’avais par ailleurs regardé à ce moment-là, tu aurais pu voir son visage s’être comme assombri, comme si de douloureuses pensées ou de difficiles souvenirs habitaient ses pensées.

“A l’origine, c’est mon frère qui dirigeait ce groupe. On les a recueilli, on les a aidé, on a fait de notre mieux pour les guider, assurer leur survie ; et mon frère a fini par disparaître en assurant cette tâche. Mais ça, ce n’est pas vraiment ton problème, n’est-ce pas ?” te demanda-t-il sans réellement attendre de réponse en retour. “Néanmoins, nous collaborons aujourd’hui avec ce groupe afin qu’ils prennent en charge les ressuscités que nous recueillons ici. Disons qu’ils perpétuent la tradition en quelque sorte ; et que vu le bazar de ce monde, ça te sera grandement utile pour que ta nouvelle vie ne soit pas un gâchis…” reprit-il d’un ton plus monocorde et fataliste, relevant ses yeux sombres sur toi.

“Mais bon, le choix reste le tien. On ne t’oblige à rien, mais tenter sa chance là-dehors, seule, c’est du suicide, au sens le plus strict du terme. Entre les rôdeurs qui déambulent par centaines, ta condition physique de lendemain de cuite sous les sabots d’un bison et les bandits, les pillards, et les hommes du Marchand ; je t’assure que ça ne vaut pas le coup de tenter sa chance seule,” conclut-il d’un ton bien plus grave, et que tu aurais pu juger de parfaitement sérieux.

Après quoi, Ricky se redressa et quitta le canapé, se dirigeant vers la cuisine.

“Je vais te chercher un peu d’eau. Prends le temps de réfléchir à ce que je viens de te dire en attendant, et n’hésite pas à me poser des questions quand je reviendrais.”

Koda Kaminaka

Anonymous
Invité
Sam 2 Avr - 1:05
Koda salua le voeux de bon appétit que lui avait adressé Ricky d’un hochement de tête bref mais volontaire, ponctué par le claquement métallique de la boîte de conserve qui s’ouvrait. L’opercule baillait en grand sur une préparation brune ; des haricots-grains luisants à la surface d’une sauce épaisse.  Ne souhaitant visiblement pas se perdre dans une longue contemplation de ce qu’elle allait manger, la jeune femme plongea sa fourchette dans le contenant circulaire et inaugura sa première bouchée en tant que ressuscitée.

L’expression ravie qui s’épanouit sur son visage donnait une bonne impression de ce qu’elle en pensait. Certes, c’était froid mais après une semaine de cavale, semaine qui semblait s’être déroulée il y a peu de temps, alors qu’il n’en était rien, c’était bon d’avaler quelque chose dans un endroit accueillant et sécurisé.
Le conseil nutritionnel du garçon au chapeau survint à l’instant où Koda enfournait une seconde bouchée alors que la première commençait à peine à être mâchée. Elle le regarda en clignant des yeux, haussa les épaules et leva les paumes au plafond comme pour dire « Oups… Bon ben tant pis, héhé. »

Constatant que Ricky entamait des explications, elle avala ce qu’elle avait dans la bouche en évitant de penser à l’occlusion intestinale qui en résulterait et se fit plus attentive. Elle prenait une bouchée discrète de temps à autres mais regardait toujours son interlocuteur.
Le long silence ne lui échappa pas. Elle accompagna cet instant de flottement, le manche de sa fourchette pointant hors de ses lèvres comme un plongeoir en inox. Elle avait déjà vu ce visage là. Il lui était familier… C’est ça, Dakota avait eu exactement le même. En abordant le même sujet d’ailleurs.
Paradoxalement, mentionner la « disparition de son frère » ne l’avait pas bousculé autant et semblait faire partie de l’ordre des choses.

Par un réflexe de compassion, elle hocha la tête plus distinctement aux points qu’il énonçait jusqu’à ce que le jeune homme se lève pour aller lui chercher de l’eau.

« Okay, merci. » répondit-elle simplement.

Quand il fut sortit de la pièce, Koda poussa un long soupir et se frotta le front du bout des doigts, comme pour vérifier si son cerveau était toujours bien à sa place.
Bon, c’était clair: D’après lui, impossible de la jouer solo. Ca tombait bien, ça n’était pas sa philosophie de vie. Koda se considérait comme un parasite qui s’accrochait aux groupes de personnes pour en tirer ce qu’elles avaient de mieux tout en en faisant le moins possible. Elle n’était pas totalement passive mais c’était plutôt ça, l’idée. A quoi pouvaient bien ressembler ces survivants ressuscités ? Etaient-ce des guerriers musclés et expérimentés ou de simples civils comme elle qui faisaient de leur mieux ? Mais surtout, est ce qu’ils auraient un canapé aussi confortable que celui ci ?
RIcky avait aussi parlé de pillards et de bandits. L’idée que le Texas soit envahi par des bandes de rednecks et de skinheads armés jusqu’aux oreilles qui ne pensent qu’à leur pomme ne la surprenait même pas. De belles brochettes de dégénérés suivant quelques têtes pensantes. Ca devait ressembler à ça. D’ailleurs, le cow boy avait parlé d’un marchand. Peut être un nom de code ? Elle regarda en direction de la cuisine.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 3 Avr - 22:32
Le jeune homme ne se sera pas absenté bien longtemps du salon, te laissant l’occasion de savourer quelques bouchées supplémentaires si tu l’avais souhaité, avant de reparaître, un simple pichet d’eau translucide dans une main, deux verres propres dans l’autre. Déposant l’ensemble sur la table basse, il prit la peine de remplir le verre le plus proche de toi en premier lieu, par simple politesse, avant d’en faire autant du sien. Puis il se rassit, te dévisageant cependant avec un peu moins d’insistance que précédemment.

“Tu sais, Koda,” finit-il par reprendre d’un ton plus confident. “Je suis sincèrement désolé pour tout ce qui arrive, et la folie que ça peut représenter, tout ça… Je n’ose même pas imaginer à quel point ça doit être difficile d’apprendre cela et même encore plus d’y croire. Mais malheureusement, c’est la réalité. Des fois, je me dis qu’on pourrait faire plus, qu’on pourrait faire mieux avec les gens comme vous, mais en réalité, on n’a pas vraiment le choix. Ce monde est devenu tellement bizarre. Ce serait plutôt cool de pouvoir protéger tout le monde, héberger tout le monde en se disant que les choses finiront par s’améliorer ; mais en réalité, parfois, je me dis que c’est pas le cas. Que tout va aller de plus en plus mal, que c’est que le début… et que par conséquent, vous avez besoin d’être entre vous, entre ressuscités, pour bien apprendre à survivre, pour vous aider les uns les autres à reconstruire quelque chose.”

Ricky s’affala un peu plus profondément, s’accoudant de ses deux bras contre le dossier du canapé dans une posture de détente qui contrastait en tout point avec le ton qu’il avait adopté alors. Le jeune cow-boy continua sur sa lancée, comme s’il se parlait à lui-même autant qu’à toi.

“Parfois, je me pose la question de savoir si c’est vraiment utile, si cette lutte n’est pas perdue d’avance quand je vois ces morts que rien n’arrête, impitoyables. Puis à chaque fois que je me pose cette question, il finit toujours par y avoir une personne comme toi qui revient de ça, qui me redonne un peu d’espoir tu vois ? Une raison de croire. Une raison ou une folie. Je n’en sais rien. Et ça n’a pas vraiment d’importance. Juste que ça me permet de me rappeler quel est mon rôle dans tout ça, aussi infime soit-il. Et mon rôle, notre rôle ici, c’est de guider les gens comme toi vers quelque chose de mieux, vers un peu d’espoir. Parfois, faut pas chercher, c’est déjà là. Juste qu’on est trop bête pour voir ce qu’on a sous les yeux. On dit que la fortune sourit aux audacieux, alors j’espère que tu sauras être assez audacieuse pour ça,” acheva-t-il en ponctuant sa remarque d’un clin d’œil à ton intention, un mince sourire sur les lèvres.


Fin du jeu.
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