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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Retrouvailles inespérées - 21/02/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 0:58
Interprété par James Everett, Mark Logan, Elizabeth Evans, Jena Higgins, Johann Libert et Melody Campbell.


Il l'avait loupé. Ce type s'était enfuit et il avait raté son tir. Pire encore, en lui courant après il n'eut pas l'occasion de le saisir ou même le tirer comme un lapin : la rue était pleine de morts-vivants qui ne tardèrent pas à lui boucher le champs de vision. Il dut se résoudre à finir toute cette galère et ce gâchis sur ça, un raté. Pressé par le danger, il s'empressa de courir vers la moto Trial Sherco en rangeant son arme à l'arrière de sa ceinture et redressa l'engin, chercha la clé à la va-vite dans sa poche et démarra en trombe, manquant une ultime fois et de justesse de se faire attraper par une croqueuse d'homme, au littéral. A croire que dans tout ce chaos et cette tristesse il y avait une chance insultante qui lui bénéficiait autant que le narguait.

Il n'avait pas d'autre façon de voir les choses. L'attaque du camp, ces jours entiers enfermé, à proximité probable de ses alliés qu'il était venu chercher sans résultat et à la fin, pour entendre ce qu'il avait entendu ? "Bien fait pour ces connards" ? La cruauté de cette situation était telle qu'il en avait les tripes compressées et douloureuses, toujours submergé par une colère intense qu'il aurait bien calmé en se défoulant sur ce type dont il était persuadé malgré le manque de preuves, était un salopard. Que faire maintenant ? Partir ? Un homme raisonné l'aurait sans doute fait, par soucis de survie ou par résignation mais James s'y refusait. En dépit de la présence des morts dispersés en nombre relatif dans toute l'avenue et vers le centre commercial, il s'engagea en direction de l'imposant complexe avec l'intention bien ancrée de vérifier cette fichue voiture.

Mais alors qu'il roulait à pleine allure dans cette direction, il fut surpris de voir que la Cadillac n'était plus là. Fronçant les sourcils, commençant déjà à cracher des injures et maudire le destin qui continuait de se jouer de lui, il accéléra jusqu'à arriver à l'emplacement où elle aurait du se trouver, observant le bitume pour espérer y voir une trace de pneus. Mais rien ne lui permettrait de déduire une orientation, aucune trace visible ne lui laissait voir une quelconque direction et en plus du fait qu'il ne savait guère pister, dans quelque environnement que ce soit, la nuit tombant ne l'y aidait pas. Il jeta un coup d'oeil vers le centre commercial, soupira longuement de fatalisme et resta sur place, à se demander quelles options il pouvait bien lui rester.

Il n'eut guère bien longtemps à réfléchir, puisqu'un mort-vivant se rappela à lui en grognant sur sa gauche et en tendant ses bras décharnés vers lui, déboulant de la rue. D'un geste réflexe, il relança la bécane et repartit maladroitement, devant se stabiliser plusieurs fois avant de retrouver une conduite correcte. Il se dirigea vers la rue en parallèle et serra sur la droite pour éviter de nouveaux morts-vivants. A ce stade, il n'avait pas le choix, il ne pouvait plus rester, cette fois il laisserait sa peau assurément, fatigué et démuni qu'il était. Les yeux tristes, la mine basse et abattue, il tourna sur sa droite à la fin de la rue et poursuivit dans une nouvelle avenue qu'il avait déjà côtoyé à la venue, se préparant à aller retrouver le reste du groupe en vaincu de cette quête vaine. Qu'allait-il faire ? Retourner se remettre un peu avant de revenir fouiller le secteur ? Allait-il pouvoir trouver quelqu'un pour l'aider dans cette tâche qui seul serait suicidaire ? Recevrait-il une seule réponse favorable à cette tâche désespérée ? Qu'allait-il bien pouvoir leur dire sur tout ce qu'il avait vécu et surtout comment justifier son acte vis à vis de Jordan ?

Il s'efforçait de ne pas baisser les bras mais c'était trop dur, partir ainsi après tous ces efforts alors qu'elle était peut-être là, peut-être vivante, peut-être en manque d'aide. Et si elle était... non, cette seule idée lui fuit freiner l'engin, regardant dans son dos, les dents serrées refusant d'accepter ce sort et ses yeux, pleins de colère et de peine, rougis, il aurait voulu hurler sa rage. Si c'était fini, si elle était partie, alors ça n'en valait plus la peine, il n'avait qu'une seule option acceptable : la chercher coûte que coûte et mourir avec elle au bout du compte. Il s'apprêtait à faire demi tour quand il entendit, à travers la ville morte et seulement animée de quelques râles en écho, un vrombissement caractéristique qui cette fois freina plutôt ses idées noires avant lui-même, fronçant une nouvelle fois les sourcils plus franchement encore en revenant vers l'avant pour regarder ce qui était à l'origine de ce bruit reconnaissable entre mille.

Et là, ce fut l'ascenseur émotionnel. Depuis une rue perpendiculaire à distance de lui, une voiture dont il n'avait aucune idée de la marque se découvrait et venait tourner dans la direction qu'il suivait à l'origine, mais surtout elle était suivie par la voiture qu'il avait tant réclamé depuis ces quatre derniers jours : la Cadillac. La fameuse Cadillac. L'espoir tomba sur lui comme une misère adoucie sur le monde et faisait taire toutes ses pensées et ses réflexions, il se contenta d'agir dans l'empressement et en oubliant toute forme de prudence. Il démarra la moto et fonça droit devant lui pour rejoindre les voitures qui se suivaient et s'éloignaient. Prenant très vite de la vitesse, oubliant par dessus le marché les risques d'accident, ce qui ne manquait presque pas d'arriver à cause d'une portière de voiture arrachée sur la route qu'il évita de très peu et non sans voir la roue arrière faire un bond qui aurait pu lui coûter cher - heureusement non puisque l'engin retrouva ses appuis en quelques instants.

Il lui fallut un certain temps pour se rapprocher des voitures avec sa petite bécane, se mettant à klaxonner sans timidité en attirant les regards d'une bonne dizaine de morts aux alentours, il s'en fichait, il voulait interpeller les véhicules. Durant un instant prolongé, il redouta de voir des visages inconnus ou pire encore et son coeur se mit à battre la chamade si fort qu'il aurait pu sortir de sa poitrine. En arrivant au niveau de la Cadillac, qui avait certainement du le voir venir par le rétroviseur, c'est là qu'il les vit. Des cheveux d'ébène, ses cheveux d'ébène à elle. Le doute aurait pu être permis pour d'autres mais dans leur cas, ils s'étaient trop intimement côtoyé pour que James ne reconnaisse pas sa Elizabeth du premier coup d'oeil. C'était un miracle, un vrai miracle, toutes ses peurs, tous ses doutes, tout son désespoir s'envola subitement en la voyant là, au volant de la voiture et vraisemblablement sains et sauve.

Un large sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'il s'efforçait de ne pas perdre toute sa concentration, jetant des regards furtifs à la route en faisant signe à sa belle de la main, lui indiquant en désignant ses yeux de le garder en vue et ensuite d'un geste explicite, de le suivre. Se hâtant d'avancer, il finit par rejoindre le véhicule de tête en découvrant que Jena était à la conduite, lui faisant un bref salut de la main avant de lui faire le même geste de suivre, s'engageant toujours plus au devant pour prendre la tête du convoi. Il fera en sorte de reprendre une conduite totalement contrôlée, à son niveau en tout cas et en diminuant de vitesse jusqu'à atteindre les 50 km/h sur rue déserte, de quoi lui permettre d'attraper son talkie-walkie à son gilet et sans totalement lâcher le guidon, s'aider de ses mains pour le paramétrage nécessaire à une transmission libre courte portée vers les deux véhicules et espérant qu'ils aient de quoi réceptionner au moins.

« Ici James. On ne peut pas rentrer au camp, il y a eu des changements, on se rend ailleurs. Terminé. »

Il avait prononcé ses mots avec le soucis d'être le plus concis et le plus calme possible, sans rien dire de ce qui c'était concrètement passé depuis leur absence datant de pratiquement cinq jours, lui-même ayant besoin de se mettre au jus de l'état du reste du groupe avant de dire quoi que ce soit de toute façon et il n'avait pas intérêt à jouer longtemps avec son deux roues. Il remit les mains pleinement sur le guidon pour se stabiliser, poursuivant sa route droit devant lui, puis se hâta de changer la fréquence de transmission pour retrouver celle utilisée avec Samuel au campement le soir de la fameuse attaque qui leur avait tant coûté. Ceci fait, il engagea une nouvelle transmission et s'il n'avait pas été suffisamment surpris de retrouver le groupe sain et sauf - à priori - il fut réellement comblé en entendant la voix de Melody qui lui répondit et lui indiquait la marche à suivre pour retrouver le groupe. Ils allaient pouvoir y arriver, ce n'était pas un espoir fou, se rassembler, tous, et trouver un nouveau souffle ensemble.

Pour la suite, il conduisit le petit cortège vers l'extérieur de la ville par le chemin le plus court, ne voulant pas tenter davantage le diable et c'est seulement une fois la route en périphérie engagée qu'il en sortit presque aussitôt pour longer la plaine en diagonal, droit vers le nord-ouest du secteur A. Là-bas, il put trouver son chemin en suivant la route principale au sein des résidences, ce qui ne fut pas compliqué : tout droit vers leur nouveau foyer.


Un peu plus tard dans la soirée.

Ils arrivèrent, enfin et sans plus qu'aucun événement ne vienne perturber leurs tentatives de réunifier le groupe. Trouvant le bout de la route principale des résidences, il tomba droit devant lui sur la propriété que Melody lui avait décrite : une cour comme entrée, d'un coté un bâtiment de service et de l'autre un garage, la maison à un étage au fond avec une façade bien particulière. Ses impressions n'étaient pas trompées, c'était une vrai petite résidence à l'américaine et le moins que l'on puisse dire c'était que le contraste avec le motel en ruines était total. Le nouveau camp n'était cependant pas sa première préoccupation. Il vint s'arrêter en plein milieu de la cour, distinguant la Chevy Spark et la caravane entre le garage et la maison sur sa droite, ce qui lui assurait de ne pas s'être trompé d'endroit définitivement. Mettant la moto à l'arrêt et redressant son appui pour la maintenir debout sans sa présence, il s'en dégagea pendant que les véhicules s'arrêtaient à leur tour et s'empressa d'une marche rapide vers la Cadillac, jetant un coup d'oeil vers la rue pour s'assurer qu'aucun mort-vivant ne viendrait gâcher ce moment.

Au final, il finirait par courir les derniers mètres quand Elizabeth serait sortie de la voiture pour la prendre dans ses bras par la taille et la décoller du sol en l'étreignant de toutes ses forces.
Malgré le gilet tactique épais qu'elle portait, lui-même le buste occupé par un gilet pare-balles, il s'accommoderait de la simple sensation de son visage et de ses cheveux si précieux au chirurgien, pressant sa joue barbue contre la sienne en fermant les yeux quelques instants pour savourer ce moment de libération psychologique et émotionnelle.

« Oh mon coeur, si tu savais comme je suis heureux de te voir. Je croyais que j'allais pas y arriver, mais tu t'en es sortie. Tu t'en es sortie... »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 12:06
Le coude coincé entre la potière et la vitre, les doigts salis par son séjour un peu trop prolongé dans un lieu qui ne permettait que peu la propreté, elle jouait pensivement avec les mèches de cheveux épaisses qui bouclaient et cascadaient sur ses épaules, sans réellement d’ordre, ni d’esthétique. La main droite vissée sur son volant, Elizabeth laissait la route se dérouler sous son regard fatigué.
Les premiers mètres qu’ils avaient dû faire sur le parking, puis pour retrouver la route principale qui les mènerait jusqu’au campement n’avaient pourtant pas été d’une réelle simplicité. Même si de grand espace restaient dégagés, le chemin avait été clairsemé d’embuche en tout genre et de zonards qui trouvaient encore le moyen de croire qu’ils mettraient la main sur un repas de choix.

Elle avait essayé d’esquiver la plus grande majorité, la forçant à slalomer maladroitement entre les obstacles, quels qu’ils étaient, mais par deux ou trois fois, elle avait été obligé de percuter de l’aile du véhicule ceux qui avaient été difficilement évitable. Au final, un grand coup de volant légèrement incontrôlé força le véhicule à s’arrêter à moitié sur le trottoir, projetant l’un des cadavres ambulant à plusieurs mètres sur le côté. Elle n’était pas une as de la conduite. Ce n’était pas la première fois qu’elle le prouvait, mais elle faisait de son mieux. Un simple regard vers son voisin d’habitacle pour s’assurer que ça allait et surtout pour s’excuser de l’événement, et elle réenclencha la première puis la seconde dans le but de recoller à la route. Entre temps, la Chrysler qui les suivait avait filé, les dépassant, et la Cadillac noire reprit le chemin à sa suite.

Mark avait trouvé place à ses côtés dans le véhicule, alors que Johann avait préféré grimper dans celui de Jena. La disposition n’avait pas vraiment d’importance en soi, mais une telle séparation permettait surtout de ne pas penser à la personne manquante. Une perte qui s’était imprégnée dans son esprit et qui ressurgissait chaque fois que ses paupières se fermaient. Elle aurait aimé que ce retour soit plus heureux, mais elle ne parvenait pas à trouver toute la félicité que le sentiment de sécurité de la voiture lui inspirait. Elle allait retrouver les siens, son James, le campement. Mais pas à cinq, comme à leur départ, et ça lui crevait le cœur.

Tandis que le chemin du retour devenait plus facile, suivant une trajectoire des plus droite et directe, un long et profond soupir s’extirpa de ses lèvres légèrement entre-ouverte avant que son regard ne se pose sur son co-pilote.

« Au fait… merci. Je ne t’ai pas remercié dans le Centre Commercial. Tu m’as aidé plusieurs fois et je n’ai pas pris le temps de te remercier. Alors… sincèrement, merci. Je sais que je pourrais compter sur toi en cas de problème. Je ferais de mon mieux. »

Elle se força à sourire à son attention, non pas que ce n’était pas sincère, mais elle était encore bien touché par la tragique perte de Jian. Même si discrêt, le pincement de lèvres fut remarquable. Cet échange fut pourtant interrompu par un coup de klaxon. Un regard dans les différents rétroviseur aura permis d’identifier une moto qui accélérait et remontait jusqu’à eux.

Plaçant les deux mains sur le volant, prête à réagir en cas de soucis, elle fronça les sourcils en suivant la progression de ce nouvel élément dont elle ignorait encore le niveau de dangerosité. La fameuse jeune fille disparue comme par magie dans le centre commercial ?
Elle eut tôt fait d’avoir sa réponse dès lors que le visage reconnaissable d’entre mille apparu dans son champs de vision. Son cœur bondit presque hors de sa poitrine, le bonheur la submergeant et balayant comme des feuilles mortes toutes ses angoisses.

« James… »

Un simple murmure s’échappant de ses lèvres alors qu’il lui faisait une série de signe pour l’informer de le suivre. En réponse, elle hocha la tête à plusieurs reprises, encore sous le choc de cette rencontre imprévue. Elle était certaine maintenant qu’il l’avait cherché. Pendant 4 jours, il avait sans doute écumé les routes de Snyder en moto à sa recherche, sans perdre espoir.
Son dos s’enfonça dans le cuir de la Cadillac, soulagée, heureuse. Elle sentit sa félicité grandir plus encore alors que la voix de son bien-aimé jaillit de la radio fixé au gilet, plus inspiré par la sonorité que par le contenu du message.
Elle en resta tout de même perplexe après coup, réfléchissant à ses mots. Du changement ? Quel genre de changement ? Pourquoi le campement n’était pas accessible ?

Elle échangea un nouveau regard vers Mark pour prendre son avis sur la question, puis fini par répondre par la radio.

« Bien reçu James. »

Elle aurait voulu lui dire autre chose, des choses plus personnelles, mais ce n’était ni le moment, ni l’instant. Elle devait se résoudre à patienter leur arrivé vers cet « autre » endroit avant de laisser enfin exprimer ses sentiments. Une attente de plus en plus insoutenable, surtout au regard de la vitesse que le cortège suivait. Elle n’espérait qu’une seule chose : tirer le frein à main et abandonner la Cadillac pour retrouver le confort et la sécurité de bras forts et apaisants. Son cœur languissait et sa nervosité grandissait à chaque minute supplémentaire, ne prêtant plus attention à l’environnement, au décor, au chemin. Elle se faisait une promesse qu’elle espérait bien tenir : elle ne partirait plus sans lui.
Quitte à se retrouver enfermé quelque part, quitte à subir les mauvaises nouvelles et les morts tragiques. Elle ne voulait plus que cela se fasse sans lui.

Dès que la moto arriva à destination, que la Chrysler se gara, Elizabeth parka également la Cadillac juste devant la porte de ce qui semblait être un garage. Les craquements brusques du frein à main se firent entendre, et la portière s’ouvrit dans ce qui ressemblait à une cour. Mais ce n’était pas cela qui l’intéressait. James venait dans sa direction, se mettant même à courir, et lorsqu’il fut assez proche, la souleva de terre pour l’étreindre. Elle ne pouvait plus empêcher ses larmes de couler, le bonheur ayant atteint son paroxysme, le cœur débordant de joie alors qu’il glissait aux creux de son oreille les mots qu’elle avait tant imaginé entendre.

Elle chercha à cercler ses bras autours de lui, mais leur équipement l’empêcha de correctement effectuer ce geste. Finalement, comme toute réponse et profitant de la proximité de son visage avec le siens, elle fondit sur ses lèvres comme un assoiffé sur un cour d’eau. Elle ne souhaitait plus le lâcher, ne plus le perdre. Au terme de ce geste, lorsqu’il fallut se contraindre à séparer leur visage pour reprendre sa respiration, elle laissera échapper entre deux souffles :

« Je savais que tu me retrouverais. J’ai tant prié… »

Mark Logan

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 14:29
Après quatre jours les sens aussi en alerte que possible et un rhume choppé en étant exposé au vent et compagnie, Mark savoure la relative tiédeur et le confort de la Cadillac. Avant de partir de cet endroit infernal, il avait pu constater que Jena avait dégoté une autre voiture en état de marche, le roux allant avec la blonde, lui est resté avec Elizabeth montant à l'avant cette fois-ci tandis qu'il a déposé son sac à dos et la pelle sur la banquette arrière. Se lovant tant bien que mal sur le siège passager, il laisse la damoiselle conduire, oh il aurait pu prendre le volant et sans doute leur épargner quelques légères embardées mais la belle brune est en bien meilleure forme que lui et cela même si elle leur a donné de quoi éviter la fièvre liée au rhume attrapé. Pour autant ce confort et cette sécurité relative manquent de lui faire piquer du nez dans l'habitacle à plusieurs reprises, ce n'est que lorsque la voiture termine à moitié sur le trottoir que l'ex mineur se retrouve bien réveillé. Un regard vers Elizabeth et un léger haussement d'épaules pour lui dire que ce n'est pas grave, qu'elle n'y est pour rien et il en revient à la route devant eux.

Le ruban de goudron défile sous les roues de la Cadillac dans une certaine monotonie qui pourrait le faire somnoler si la brune d'un seul coup ne s'était pas décidé à ouvrir la bouche pour lui sortir des remerciements qu'il n'attendait de toute manière pas. Un grognement roule dans sa gorge avant qu'il ne doive se l'éclaircir pour lui répondre.

"Pas besoin de me remercier Elizabeth, c'était normal de t'aider."

Ayant tourné la tête vers elle, il perçoit le petit sourire qu'elle peut avoir, le lui rendant sincèrement sans qu'aucune idée perverse ne lui traverse l'esprit à cet instant là. Aussitôt interrompu par un klaxon, un coup d'oeil dans le rétroviseur intérieur lui permettant de voir qu'une moto les suit et entame de remonter la voiture, dans un geste réflexe, il porte sa main droite sur la garde de son couteau avant de se tourner à moitié vers la banquette arrière pour voir si le manche de la pelle est à porté de ses mains. Peine perdue alors que la moto arrive à leur hauteur et que tout en reconnaissant le conducteur la belle brune prononce son nom dans un souffle peu audible. Mark se montre tout aussi surpris qu'Elizabeth quand il entend le talkie cracher les paroles de James, des changements ? Quels changements...À croire que le merdier est loin d'être terminé.

Las et claqué par leur séjour forcé sur le toit du Centre Commercial, l'homme soupire laissant la damoiselle retourner à la route qu'elle doit suivre avant qu'il ne se décide à regarder le paysage défiler sous ses yeux pour essayer de se repérer, se localiser tant bien que mal. Sauf que très rapidement il ne reconnaît plus rien, n'étant jamais passé par ce côté là de la ville, se demandant encore et toujours où ils vont finir. Les kilomètres défilent jusqu'à ce qu'ils arrivent en vue d'une maison, se tordant le cou pour essayer de voir devant lui malgré la Chrysler de Jena précédant la Cadillac avant qu'ils n'entrent dans une petite cour et que la belle brune ne stoppe sa voiture pour se ruer à l'extérieur sur le motard leur ayant ouvert la voie. Cette fois c'est un grognement de frustration qui roule dans sa gorge, se promettant qu'un jour c'est lui qui pourra embrasser et tenir Elizabeth dans ses bras et bien plus encore qu'elle le veuille ou non d'ailleurs !

Après un nouveau soupir, l'ex mineur se passe les mains sur la figure puis il ouvre la portière pour descendre du véhicule, la refermant avant d'ouvrir celle arrière pouvant ainsi récupérer son sac à dos et la pelle sur la banquette arrière. Claquant la portière, il fait le tour de la Cadillac pour rejoindre d'abord Jena -et le roux par extension- et voir si elle va bien avant de s'intéresser au lieu dans lequel ils viennent d'arriver. Il observe les bâtiments disposés en U puis la caravane et la petite Chevy attelée après pour finir par détailler autant qu'il le peut le bâtiment principal qui a tout d'une jolie petite maison de banlieue.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 16:14
Le jour s'étiole lentement étreint par les bras glacés de la nuit grandissante, le calme nocturne s'installant sur le campement, apaisant les esprits et les tensions qui pouvaient exister après une nouvelle journée harassante sur bien des points. Amenant également d'autres questionnements et de nouveaux doutes dans les esprits des survivants, du moins l'une d'elle le ressent ainsi pour autant l'heure n'est pas encore arrivée de trouver un repos grandement nécessaire et sans doute réparateur. Une boule de poil est bien décidée à ne pas la laisser tranquille réclamant à sa manière que la porte lui soit ouverte pour pouvoir rejoindre la nature l'ayant vu naître quelques mois auparavant. Comprenant le besoin urgent de son nouveau compagnon à quatre pattes, la brune fini par se lever enfilant sa veste du moins le bras droit laissant sa veste reposée sur son épaule gauche et la maintenir en place, délaissant l'arbalète qu'elle sait ne pas pouvoir manier présentement, elle enquille son SIG Sauer à l'arrière de son pantalon. Devant la luminosité extérieure, elle part récupérer une des lampes dans les stocks sans prendre le temps de le noter après tout elle n'en fait l'emprunt que pour une dizaine de minutes.

Rejoignant l'extérieur de la maison, elle allume la lampe effectuant quelques tours de manivelle pour en garder sa pleine intensité lumineuse et ainsi pouvoir localiser son louveteau malgré l'obscurité grandissante. Le suivant là ou il décide d'aller pour soulager sa vessie, elle pince les lèvres dans un sourire amusé en le voyant faire comme une femelle, trop bébé encore le petit loup n'a pas trouvé le mode d'emploi pour lever la patte et uriner comme un mâle. La brune le laisse ensuite fouiner dans les herbes à côté avant qu'un grésillement non loin d'elle ne perce la tranquillité de ce début de soirée, elle sursaute légèrement en pivotant vers la source du bruit pour éclairer la caravane contenant le poste-radio. Une voix masculine s'extirpe de là au moment ou elle rejoint la caravane pour l'ouvrir et grimper dedans écoutant la fin du massage. Sans être sûre de l'interlocuteur, elle répond au message radio...James c'est bien lui, vivant et en route pour rejoindre le campement et visiblement il n'est pas seul et il a trouvé les cinq autres enfin au moins quatre. Un immense soulagement s'empare d'elle bien perceptible pour le médecin à l'autre bout avant qu'elle ne lui indique comment la rejoindre, enfin les rejoindre.

La communication terminée, elle reste quelques minutes assise dans la caravane, les yeux braqués dans le vide alors qu'elle a du mal à croire qu'elle vient réellement de parler à James. Quatre putain de longues journées sans aucune nouvelle de tout le monde, plutôt deux entières la concernant ayant passé deux jours loin d'ici en compagnie de Matthew. La dernière vision qu'elle a de James vient du soir de l'attaque lorsqu'elle a vu un des attaquants coller une balle dans le toubib, dans son gilet pare-balle maintenant qu'elle y pense, le voyant s'effondrer en arrière avant qu'elle ne tire à son tour une balle qui était venue se loger dans la nuque de cet homme là. Le tuant sur le coup pendant que les autres détalaient vers l'intérieur du campement, elle déglutit difficilement à cette pensée...Tuer un homme ce n'est pas un geste anodin pourtant elle avait tiré sans hésitation, la vie de James prévalant sur celle de l'attaquant, ils avaient attaqués le campement tous, elle était dans son bon droit, tuer ou être tué, défendre les siens coûte que coûte, commettre des gestes dont on ne se pensait pas capable quelques mois avant. Raisonnement facile peut-être, déni de la réalité peut-être bien aussi mais un moyen pour Melody ne pas se laisser ronger par les remords, elle se sent bien assez coupable comme ça sur d'autres choses.

James et les autres reviennent ! Ils seront là d'un moment à l'autre c'est tout ce qui compte à cet instant précis ! La brune irait bien réveiller les autres pour leur annoncer cela mais le médecin lui a dit qu'il la recontacterait s'il a besoin de nouvelles indications. Elle prend son mal en patience comme elle le peut alors que les minutes s'égrènent, restant dans la caravane et collée à la radio dans un premier temps avant que Croc-Blanc ne se rappelle à ses bons souvenirs en venant couiner à la porte ouverte du véhicule. La brune descend de la caravane pour rassurer le louveteau qui donne l'air de se demander ce que sa mère adoptive trafique dans cet engin au lieu de s'occuper de lui ou de regagner leur logis. Restant proche de la caravane, elle éteint la lampe pour la poser sur le marche-pied de l'engin afin d'avoir la main droite de libre pour chahuter gentiment avec le bébé loup ravi de cette intention à cette heure là.

Le ronronnement de moteurs se fait entendre puis la lumière de phares se font voir, Melody cesse immédiatement tout jeu avec Croc-Blanc pour glisser sa main valide dans son dos, mettant la main sur la crosse de son arme à feu, même si elle attend James et les autres on ne sait jamais si ce ne sont pas eux. Trois véhicules arrivent dans la cour et à la clarté des phares elle reconnait la silhouette de James qui délaisse la moto sur laquelle il est pour se ruer sur une des deux voitures. Après un soupir de soulagement, la brune délaisse l'arme dans son dos pour récupérer la lampe qu'elle rallume en la relançant une nouvelle fois de quelques tours de manivelle. Elle vient éclairer la dernière position géographique qu'elle a vu de James pour le voir saisir Elizabeth dans ses bras, les deux amants se retrouvant pour s'embrasser et malgré l'envie qu'elle a de se porter au niveau du médecin, elle laisse les tourtereaux en paix pour s'intéresser aux autres revenants en avançant dans leur direction.

La première silhouette se prenant dans la halo lumineux de sa lampe est celle de Mark qui semble observer les lieux et malgré le fait qu'elle ne lui ai jamais vraiment parlé hormis pour lui faire dire ce qu'il savait lors de la disparition de Seth, elle est heureuse de le revoir vivant et visiblement entier. Si bien qu'elle approche du chauve pour faire quelque chose de totalement contraire à ses habitudes, rapidement elle enlace le grand gaillard de son bras valide l'espace d'une seconde ou deux, lui glissant au passage.

- Contente que tu aille bien !

S'écartant aussitôt de lui, elle cherche maintenant avec sa lampe les trois autres qui devraient être là, ne trouvant que deux silhouettes, celle de Johann et celle de Jena. En premier elle se dirige vers le rouquin recommençant le même cinéma que quelques instants avant avec l'autre homme, elle enlace rapidement Johann avant de relever les yeux vers lui et lui murmurer.

- Heureuse de te voir !

Si elle reste une seconde ou deux de plus contre l'homme, Melody termine néanmoins par s'écarter de lui et approcher de Jena qui à son tour a le droit à un surprenant câlin spontané mais aussi à des paroles bien plus étendues que pour les deux hommes.

- J'ai cru ne jamais vous revoir, tu peux pas savoir à quel point ça fait plaisir ! Il vous est arrivé quoi ? Et où est Jian ? Comment James a pu vous trouver on ne savait même pas ou vous alliez ?

Que cela soit Jena ou même Mark et Johann, ils auront pu remarquer que Melody ne se sert que de son bras droit, le gauche étant immobilisé en écharpe signe des blessures qu'elle porte dont les pansements sont dissimulés par sa veste posée sur son épaule qu'elle doit d'ailleurs remettre en place si elle ne veut pas qu'elle tombe. D'ailleurs même Elizabeth et James pourront discerner son bras en écharpe quand ils auront terminé leur câlin post arrêt des véhicules. Et peut-être que l'un d'eux, ou chacun d'entre eux, remarquera que la brune n'est pas seule, un bébé loup rouge est flanqué dans ses jambes sans savoir s'il doit avoir peur et grogner ou s'il doit se montrer content de quoi que se soit.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 16:51
Soulagement de remettre enfin les pieds à terre, de se voir enfin rentrer, si le terme avait un sens, s’être vivant et entier, soulagement partiel néanmoins, terni par la perte de Jian, incompréhensible, par la frustration de cette attente, par le début de maladie qui nous avait frôlé… Mélange désagréable d’émotions contraires qui m’accompagnaient alors que je suivais mes compagnons dans cette ultime fuite du centre commercial. La voiture était là, sur le parking, et la partager avec Mark ne me plaisait pas follement ; voir Jena en dégoter une autre me fit changer de plan et monter avec elle. Soulagement encore, pour un temps, de ne pas devoir partager un espace réduit avec un type que j’encadrais mal. J’avais le ressentiment tenace et je savais que j’aurais du mal avec lui par la suite. Mais je ferais avec.

La Chrysler démarra, Jena au volant, et je m’absorbais dans la contemplation crépusculaire du paysage urbain défilant derrière les vitres, gardant un mutisme songeur tout le long du trajet, ne desserrant pas les dents même si l’idée lui était venue de vouloir faire la causette. Immeuble, rôdeurs, ville morte, ville abandonnée aux morts, et nous là-dedans, pas à notre place en terrain hostile, gibier pour ces créatures. Aurait-on pu sauver Jian ? Et ces types à la radio, qui était-ce et pourquoi ? A la solde de ce fameux Marchand dont on n’avait entendu que le nom jusqu’à présent ? Et les autres, au campement, qui devaient nous croire morts, tous.

La route défilait plus ou moins vite, plutôt moins que vite vu le nombre d’obstacle à contourner et éviter, mais Jena s’en tirait bien, du peu que j’y prêtais garde, perdu dans mes pensées qui tournaient librement, sans but ni sujet et je les laissais aller, me contenant d’être spectateur des images diverses qui me traversaient l’esprit et qui, toujours, me ramenaient au même point : ma famille. Invariablement. La relative sécurité du véhicule m’apaisait, enfin, depuis des jours, je lâchais du lest, réellement.

Le vrombissement aigu d’un moteur de petite cylindrée suivi par l’annonce de plusieurs coups de klaxon m’arracha de ma torpeur et je me tournais vivement sur mon siège, essayant de repérer l’intrus qui faisait irruption, soudain sous tension et les sens en éveil, boostés par l’adrénaline, le temps d’identifier le motard, ami, ennemi ? Je mis pas mal de temps à le reconnaître, et ce ne fût que lorsqu’il passa à côté de nous pour nous précéder que j’en fus certain. James ! Alors nous n’étions pas oubliés des autres, sa présence en attestait, mais pourquoi était-il seul ? Et par quel miracle nous avait-il retrouvés dans la ville ?

La direction que notre guide nous fit prendre me fit tilter : ce n’était pas le chemin du camp, en tout cas pas celui qu’on avait pris pour arriver là, alors… où nous emmenait-il ? Et par quel détour ? Le bref message que vint crachoter le talkie de Jena n’était pas rassurer. Des changements… De quel genre ? Je me calais dans mon siège et laissais les choses aller, sans nul besoin de me creuser la tête pour des questions qui trouveraient bien leurs réponses d’elles-mêmes, bientôt, en toute logique.

***

Les rayons des phares conjoints des trois véhicules me montrèrent notre point de chute. Une maison résidentielle, garage, cour, tout y était. Qu’est-ce qu’ils fichaient là ? Avaient-ils simplement fini par déménager, comme c’était prévu ? Jena stoppa la Chrysler, Liz fît de même avec l’Escalade. Je poussais la portière en grand et m’extirpais de l’habitacle, la refermais, avant d’ouvrir la portière arrière pour récupérer mon sac dont je passais une seule lanière sur l’épaule droite. Ca me permit d’assister aux émouvantes retrouvailles des deux tourtereaux balayés, qui plus est, par la lampe torche d’un comité d’accueil. Mignon. J’étais content pour eux, au moins ils avaient quelque chose à quoi s’accrocher.

Laissant le couple à leurs effusions, je me tournais ensuite vers la baraque et observais ce que je pouvais des alentours avec une curiosité non dissimulée. Au moins c’était pas en ruine. Je repérais la caravane dans son coin et la petite silhouette qui s’avançais, tenant la lampe torche. Je reconnus Melody, difficile de se tromper. Je lâchais un soupir. On allait devoir avoir une explication de part et d’autre et annoncer qu’on rentrait avec un absent définitif avant de vider les véhicules et reprendre nos marques. Rien de bien folichon.

La démonstration enthousiaste de Melody me pris par surprise, juste le temps d’esquisser le geste d’entourer ses épaule de mon bras avant qu’elle ne se dégage, et agréablement surpris par le contact. J’imaginais ces jours à ne pas savoir, à se poser la question, sont-ils morts ? Vivants bloqués quelque part ? Ca devait avoir été dur pour elle aussi, mais je ne pensais pas qu’elle pouvait tenir à tout le monde… autant que ça. Ma gorge se serra en l’entendant évoquer Jian, et plus encore en voyant qu’elle avait l’air d’être blessé. Mais qu’est-ce qu’il avait bien pu se passer..? Je ne pût m'empêcher de lâcher quelques mots funestes avant que Jena ne puisse prendre la suite, tentant de croiser son regard, pour lui éviter d'avoir à les prononcer elle même.

- Jian est mort, Melo.

Voilà. C'était fait. Autant crever l'abcès de suite que de tenter de trouver meilleurs moyen de le dire, il n'y avait jamais de meilleur moyen d'annoncer ce genre de choses.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Ven 25 Mar - 19:20
Installée au volant de la Chrysler, j’avais récupéré Johann sur le siège passager, comprenant après les évènements survenus sur le toit du centre commercial qu’il n’avais probablement pas eu envie de côtoyer Mark de trop près. Laissant la fenêtre conducteur ouverte, j’avais posé mon coude sur le rebord de celle-ci dans un geste plus détendu maintenant que nous roulions pour regagner nos pénates. Bien évidemment, ce n’était pas par plaisir que je la laissais ainsi ouverte aux quatre vents, mais pour que l’air frais me tienne éveillée et attentive à la route tandis que le chauffage poussé à fond dans l’habitacle diffusait sa chaleur sur mes pieds et mes jambes. Une combien dont ma gorge et mon nez pris se seraient bien passés.

Silencieuse, la main droite serrant le volant, je focalisais mon attention sur les feux arrières du SUV d’Elizabeth devant moi qui parcourait les rues en slalomant entre les infectés et les divers obstacles, mon pied droit alternant entre accélérateur et pédale de frein de la berline à boîte automatique - pour ma plus grande satisfaction. Un convoi binômique dont je finis par prendre la tête en observant la Cadillac d’Elizabeth faire une nouvelle embardée, plus sauvage et moins contrôlée avant de s’arrêter sur le trottoir. Je la dépassais par la gauche, d’un geste assez brusque également en ayant vu les feux stop s’illuminer soudainement, découvrant la silhouette décharnée du Z ayant provoqué l’embardée d’Elizabeth sous mes phares. Un rôdeur que je claquais d’une bise franche et sincère de l’angle avant droit du pare-choc de la berline, avant qu’un craquement sinistre ne nous parvienne depuis l’essieu arrière broyant ses os, secouant légèrement l’habitacle dans un sursaut.

Prenant ainsi la tête du cortège, je m’engageais au bout de quelques centaines de mètres dans une rue sur la gauche, suivant l’indication d’un panneau d’affichage dressé en hauteur en travers de l’avenue, direction Ira et Big Spring, vers la 350 et notre campement. Mes prunelles se concentraient d’autant plus sur le bitume et ses nombreux obstacles à éviter que je n’avais pas repéré dans l’immédiat le phare unique de la moto qui avait remonté l’avenue dans notre direction . Non, il aura fallu pour ça que les nombreux coups de klaxons n’attirent mon attention. D’un geste réflexe, j’avais porté ma main gauche vers le vide-poche de la portière où j’avais glissé mon arme de poing, le geste me faisant faire quelques zig-zag à la Chrysler jusqu’à ce que le motard ne parvienne à notre hauteur.

Je n’avais plus qu’une seule ogive de chambrée dans la culasse du pistolet, autant dire que je ne devais pas me rater si le motard s’avérait être une menace. Une tension et une appréhension qui se dissipèrent pour ne laisser place qu’à un profond soulagement quand je reconnus le visage barbu du médecin, m’adressant un petit salut de la main. D’un signe de tête, je lui rendais son salut, puis acquiesçais une nouvelle fois à son indication de le suivre. Ralentissant un peu l’allure, je le laissais installer une certaine distance de sécurité entre sa moto et mon capot. Il n’aurait plus manquer qu’il vienne à chuter et que je l’écrase pour parfaire le tableau de cette excursion désastreuse, sans compter que sa nana faisait elle-même partie du cortège. Encore une belle scène en perspective que je préférais largement conserver à l’état d’hypothèse non avenue.

Lorsque le talkie se mit à grésiller dans une des poches latérales de mon sac à dos sur la banquette arrière, je tendais l’oreille, essayant de distinguer les propos de James à moitié étouffés par le tissu et le ronronnement du moteur. L’évocation d’un changement de destination m’arracha un froncement de sourcils pensif et méfiant. Je me demandais ce qu’il avait encore bien pu se passer comme catastrophe qui en vienne en justifier l’impossibilité de rejoindre le campement.

“Garde ton arme prête, on sait jamais,” avais-je glissé à Johann d’un ton laissant aisément transparaître mes états d’âmes de l’instant avant de nouveau me murer dans un silence concentré, seulement brisé par quelques quinte de toux ou reniflements et sans me préoccuper plus que cela de savoir si le rouquin allait suivre mon conseil. Malgré les médicaments qu’Elizabeth nous avait distribué contre la fièvre, je continuais malgré tout de ressentir un léger mal de crâne qui me cognait aux tempes avec insistance.

Le froid, la fatigue, la maladie, mais aussi et surtout, les nombreux souvenirs et autres idées noires qu’avaient suscités cette excursion au centre commercial. Ce fiasco de première catégorie que je ne pouvais m’empêcher de ressasser, le visage de Jian agonisant, l’extrême onction calibre 5,7x28 que je lui avais rendue, les propos accablants de Johann à la sortie de cette trappe ; autant de raisons de remuer la merde de ces épreuves. Le tout sur fond de piège macabre dans lequels nous nous étions jetés.

Et enfin nous en sortions. A la suite de James, j’avais quitté la ville pour m’engager au travers des plaines, d’abord sur la large 350 avant de bifurquer vers le quartier résidentiel du secteur A. Plusieurs minutes passèrent encore, le nombre de rôdeurs présents avait décru de manière exponentielle sous le halo de nos phares, ne laissant plus apparaître que quelques silhouettes errantes dans le lointain paysage. Rien qui ne nous poserait de problème, aucun danger susceptible de nous rattraper, dans l’immédiat.

Encore quelques instants de route, perdus au milieu du quartier résidentiel dont les demeures massives et éparses nous dominaient de leurs statures ombrageuses avant qu’enfin le médecin ne fasse s’engager sa moto dans la cour de l’une d’elle. Braquant le volant après avoir fortement ralenti, dans un freinage un peu sec sur la pédale que je ne jaugeais qu’avec un relatif inconfort, je garais la Chrysler en marche arrière dans la cour, à quelques mètres de l’espèce de grange. Pour finir, je coupais phares et contact et récupérais la clé de la bagnole, la fourrant dans la poche arrière de mon pantalon. Récupérant mes armes et mon sac à dos en dernier lieu sur la banquette arrière, je n’épaulais qu’une seule bretelle et m’avançais de quelques pas en direction des autres membres du groupe.

J’ignorais ce qui avait bien pu pousser ceux restés au campement à déménager, mais quand je vis Melody s’approcher, son bras gauche en écharpe à moitié dissimulé sous sa veste, je ne pus m’empêcher de redouter le pire pour les autres, ceux qui n’étaient pas présents pour former le comité d’accueil. Une foule de questions qui resteraient sans réponse pour l’instant, alors que voir la chasseresse venir me saluer après en avoir fait autant de Mark et Johann me remit un léger baume au cœur. Esquissant un mince sourire, retenu mais parfaitement sincère à son égard, je pris le soin de l’enlacer à mon tour, mon bras gauche passant par-dessus son épaule droite et prenant garde à ne pas presser contre son autre bras.

“Je suis contente de te retrouver aussi,”
lui avais-je glissé avec une affection non dissimulée, dévoilant peut-être aux yeux de mes quatre compagnons plus de sympathie en cet instant que je ne l’avais fait au cours des deux dernières semaines. Malheureusement, ma joie de retrouver la chasseresse, à qui je devais toujours d’être présente ici fut de très courte durée lorsqu’elle évoqua le nom de l’asiatique et nous assomma de questions tout à fait légitimes.

Je relâchais cependant mon étreinte et me reculais d’un pas, libérant Melody de cet instant de retrouvailles pour la dévisager, laissant Johann donner une réponse aussi concise qu’efficace. J’avais glissé un regard en direction de l’homme, accompagné d’un très bref hochement de tête pour le remercier, les lèvres pincées. De quoi ? Je n’en savais trop rien. Nul doute que la brunette ne s’en tiendrait pas à cette seule réponse, aussi pris-je ensuite le soin de la mettre au parfum, retrouvant son regard émeraude.

“On s’est retrouvé coincés dans un grand mall, en plein centre-ville, par des centaines de rôdeurs. Jian s’est fait mordre et…” Je lâchais un long soupir empli de regrets, avant de me mordre le coin de ma lèvre inférieure. “Je l’ai abattu, pour pas qu’il finisse comme eux...” avouai-je finalement sur un ton froid et mécanique comme pour me détacher de mon acte. Sans trop de succès alors que je sentais de nouveau ma gorge se nouer sous le coup du dégoût et de la colère. Je secouais lentement la tête en baissant les yeux vers le sol après avoir dévisagé Johann durant quelques fractions de secondes d’un regard coupable.

Je me passais la main gauche sur le visage, me massant les paupières et me pinçant l’arête du nez dans un geste fatigué tout en prenant une longue inspiration qui m’arracha une quinte de toux. Détournant le visage pour tousser ailleurs qu’en pleine figure de Melody, mon poing fermé plaqué sur mes lèvres, je mis quelques secondes à reprendre mon souffle et me redresser enfin, m’intéressant à la jeune femme.

“Et de votre côté alors ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi on se retrouve tous ici ?” avais-je fini par demander avec une curiosité méfiante.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 26 Mar - 15:29
La tenir, la ressentir, percevoir la douce sensation de ses cheveux et le toucher de sa peau si douce, plus encore que son souvenir lui avait fait ressentir durant tous ces jours, c'était une joie indescriptible qui s'accentuait par les gestes de sa bien aimée qui ne semblait contrainte par aucune blessure. Un souffle d'un soulagement extrême accompagnant la descente en flèche de la tension excessive qu'il avait accumulé, ses battements de coeur diminuant également pour retrouver un rythme normal, calmé, apaisé, il eut l'impression qu'on lui retirait un poids monstrueux.

Il ne s'était pas rendu compte sur l'instant des mots qu'il avait employé, s'étant exprimé avec une telle franchise sur le coup de l'émotion, il l'avait appelé « mon coeur », c'était bien à ses yeux ce qu'elle représentait, un coeur à faire battre dans sa poitrine trop creuse, une raison à apprécier une existence si courte et cruelle, un corps et un visage d'une beauté incomparable qui submergeaient son âme de bien-être. Elle était tout ce qui le motivait à rester en vie et que le ciel ait eu la pitié de la lui rendre saine et sauve, cette femme si sublime et si parfaite qu'il ne méritait sans doute pas, c'était lui rendre ce qu'il y avait de meilleur pour lui, tout ce qu'il y avait de beau et de bon chez lui.

Elle souda littéralement sa bouche à la sienne et ce contact humide lui fit automatiquement assurer la prise de leurs lèvres qu'il voulait ne plus rompre. Il finit par la reposer au sol à contrecoeur, sa fatigue bien ancrée ne lui permettant pas de soutenir sa svelte dulcinée et son équipement même s'il l'avait voulu, mais tant pis, il ramena plutôt ses mains sur la chevelure d'Elizabeth alors qu'elle confortait ses espérances de simples mots enivrants de sincérité et de vérité. Esquissant un large sourire, ses yeux pétillants de bonheur, il caressa ses cheveux de ses deux mains, y entremêlant ses doigts avec un amour que toute l'armée des morts serait incapable de déchirer, avant de revenir l'embrasser. Et il l'embrassa, plusieurs fois, avec toujours plus de plaisir et d'affection débordante, se sentant l'effet d'être un jeune homme qui venait de retrouver son idéal féminin après une trop longue séparation.

Il n'était pourtant pas un jeune homme, loin de là et au terme d'un dernier baiser de folle tendresse - pour le moment car bien d'autres suivront, il caressa maintenant les joues au teint pâle de sa compagne en la contemplant de longs instants, laissant une mine plus triste marquer ses traits et son sourire bien que le plus honnête du monde se faire de lèvres plissées. Il expira un nouveau souffle de soulagement douloureux et amena son visage près du sien qu'il approchait pour que leurs fronts se soutiennent l'un l'autre, lui répondant avec un ton des plus aimant et triste, illustrant le débordement de sentiments qu'il ressentait à ces retrouvailles inespérées.

« Je suis si soulagé et j'ai eu si peur, je crois que je n'ai jamais eu une telle trouille de toute ma vie. Si je t'avais perdue je crois que... je l'aurais pas supporté. » Il exprima après quoi un soupir rieur, légèrement mais perceptiblement, son sourire retrouvant une partie de son intensité de départ. « Mais on va rattraper le temps perdu. Je sais maintenant que c'est avec toi que je veux être, quoi qu'il arrive, quoi que ça demande, je te laisserais plus jamais t'éloigner sans moi. Tu crois que j'en demande trop ? »

Il finit par redresser le visage, plantant son regard fixateur dans celui de sa belle, espérant qu'elle ne soit pas apeurée de l'entendre ainsi vouloir être en toute franchise collé à elle sans restriction et qu'elle ai autant envie que lui de faire tomber leurs appréhensions et leurs peurs pour se lier par la présence, le corps et l'esprit. Former un duo, un couple et à la fin, une volonté.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 26 Mar - 19:16
Un long soupir de satisfaction s’extirpa d’entre ses lèvres alors qu’elle reprenait conscience de son environnement et que ses vieilles manies se rappelaient à elle et lui susurraient combien il était préférable d’y aller plus lentement au risque de ne pas parvenir à se contrôler malgré toute sa volonté et tout son amour. Aucun démon ne pouvait se vaincre en un jour, et les siens étaient bien ancré en elle.
Le visage venant se placer au creux de l’épaule de James lorsqu’il la reposa enfin à terre, le nez légèrement appuyé contre le tissu de son gilet, elle inspira une dernière fois son odeur avant de reculer son visage, et de se faire happer à nouveau par cette bouche si envieuse. Elle ne put qu'y répondre, partageant ce désir de contact, mais avec une certaine retenue malgré elle, les muscles se crispant légèrement. De retour au calme, son regard se fixa dans le siens, front contre front alors qu'il se confiait à nouveau à elle, et évacuait le stress accumulé par une confession plus qu’intime qu'elle n'avait de sa vie jamais entendu prononcé à son égard.

Avant cet événement, leur relation était restée à un stade plus que platonique, les circonstances n’avaient pas joué en leur faveur, tant sur le plan émotionnel que sur la gestion de son attachement. Elle s'était trouvé tiraillé entre une raison qui listait à l'infini les contre, et son coeur qui hurlait les pour. Autant être honnête avec elle-même, c’était la première fois qu’elle se liait autant à quelqu’un, et les circonstances tragiques de leur rencontre rendaient leur histoire si particulière, et son évolution également, qu'elle ne pouvait se baser sur aucune leçon théorique. C’était pourquoi elle voulait aller jusqu’au bout. Quitte à vivre quelque chose de nouveau, il fallait qu’elle soit honnête avec lui et cela passait par un terrible aveu.

Posant les mains à plat sur son torse, épaissi par le gilet pare-balle qu’il portait, elle l’écoutait et hochait la tête à plusieurs reprises, véritablement heureuse de constater que ses propres résolutions étaient partagées. Si les quatre jours passés sans lui avait été une véritable épreuve, elle ne pouvait qu’imaginer le calvaire qu’il avait dû supporter à ne pas savoir si elle était en vie, à espérer désespérément. Mais il l’avait retrouvé. Il n’avait pas abandonné, et pour cela, elle l’aimait davantage.
Elle se sentait maladroite en cet instant, comme l'attestait son regard et ses gestes. Elle était véritablement novice dans l’expression de ses sentiments, et la manière dont elle devait prendre et répondre à ce genre de déclaration. Y’avait-il une forme particulière à adopter ? Une bonne manière de faire ? Quelque chose de digne des plus grands romans à l'eau de rose, ou les comédies romantiques hollywoodienne ? Inspirant profondément, elle finit par murmurer :

«  Non, non… jamais de la vie. Je me disais… je me disais la même chose, en fait. La même chose…. »

Elle souffla les derniers mots, le regard rivé dans celui de James, les yeux pétillants et brillants des larmes qui continuaient de ruisseler sur ses joues, avant qu’elle ne s’essuie les yeux d’un revers de manche, profitant pour balayer les cheveux qui tombaient sur son visage.

« Je suis navrée. On est tombé dans une sorte… de piège. On était au Walmart. Il était pratiquement vide à l’origine. On y est entré facilement, et ça avait l’air d’être une vraie mine d’or. Des conserves, du matériel… mais l’alarme s’est déclenchée. Ça a attiré tous les rôdeurs alentours. Des centaines, des milliers. On était pris au piège, pas moyen de sortir… . Les radios ne fonctionnaient plus, juste des crachas de parasites… On s’est réfugié sur le toit en attendant qu’ils nous oublient. On a capté une communication radio. Des gars ont cherchés à nous faire tuer. Ils savaient qu’on était là. Ils le savaient. »

Son visage, et son regard, avaient retrouvé une mine plus sombre, tandis que ses mains s’étaient saisies de celles de James, les doigts entrelacés et serrés, à la recherche du moindre réconfort possible pour affronter le souvenir des quatre jours de détention, et de la dramatique scène gravée dans sa mémoire.

« Jian est mort… il est mort le premier jour. Ils étaient tellement nombreux. Ils grimpaient les étages de tous les côtés. »

Plus elle parlait, et plus la tristesse et l’horreur des images lui apparaissaient à nouveau, le sang qui coulait à flot, et le mort qui entamait son repas sur le pauvre adolescent encore vivant.

« James… Ils l’ont tué. Ils ont tués Jian. Ils ont tué l’un des nôtres… Ils voulaient nous tuer, tous. »

Mark Logan

Anonymous
Invité
Sam 26 Mar - 21:24
Tout à son observation des lieux, l'ex mineur a le regard qui dévie vers James et Elizabeth par instant, cela le faisant grincer des dents avant qu'il ne se décide à bouger un peu plus mais avant il sort sa lampe torche pour l'allumer cette fois-ci contrairement à peu plus tôt, la belle brune ne devrait pas venir de lui demander de ne pas le faire. Mark n'a pas le temps de finir de sortir la lampe, qu'il voit la lueur d'une autre lampe arriver depuis la caravane, distinguant la propriétaire de l'autre lampe à mesure qu'elle s'avance. Il arque un sourcil en la voyant, il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'elle semble blessée au bras gauche, persuadé qu'elle va l'ignorer comme depuis qu'il est avec eux tous, il ne s'occupe pas plus longtemps de son approche. Il faut dire que la seule fois où Melody lui a parlé, elle n'était pas spécialement aimable avec lui, le harcelant de questions concernant la disparition de Seth le jour où il était parti avec lui et Frida pour faire un tour en ville. Reportant son regard sur la lampe entre ses mains, chargée elle devrait tenir un minimum et s'empresse donc de l'allumer avant de redresser la tête bien décidé à visiter plus avant ce nouveau lieu.

Mark n'a que le temps de percevoir la chasseuse très proche de lui, qu'elle est déjà contre lui à l'enlacer d'un bras, en réflexe lui lève les deux bras il n'a aucune envie de la toucher en retour. Enfin non pas qu'il n'aimerait pas mais vu son état de fatigue et le rhume qui le tenaille au corps, il serait bien incapable de gérer le reste en plus. Elle se recule presque aussitôt en lui lâchant qu'elle est contente qu'il aille bien, surpris par les paroles il fronce les sourcils avant de grogner un :

"Merci..."

Il est pas très convaincu sur ce coup là qu'elle soit vraiment sérieuse ou alors elle l'apprécie vraiment mais elle cachait bien son jeu jusque là et visiblement elle apprécie tout autant Johann puis ensuite Jena. D'ici qu'elle soit bisexuelle la brune...Les dents serrées, Mark sent un tremblement parcourir son corps sous la déferlante d'idées qui lui passe en tête à cet instant ou plutôt une déferlante d'images toutes plus délicieuses les unes que les autres. Pour un peu il s'épuiserait lui même avec ce genre de pensées si elles n'étaient pas monnaie courante chez lui même là alors qu'il est malade et harassé.

Pour autant il se rapproche un peu du trio formé par le roux et les deux damoiselles délaissant la vision des deux autres libertins qui n'en finissent plus de se dévorer la bouche sous les yeux de tout un chacun. Laissant pour autant un ou deux mètres entre lui et les trois autres, la bonne distance pour écouter ce qu'ils disent sans avoir le parfum des deux filles dans le nez. Bien entendu, il faut que ça discute de la mort du gamin asiatique mais bordel c'est du passé que tout cela, pas besoin d'en faire tout un plat. Restant à les écouter, il remarque alors le chiot aux pieds de la chasseuse, enfin ce qui ressemble à un chiot, une nouvelle lubie de la brunette et où est-elle aller le chopper celui là, veut-elle l'engraisser pour le bouffer plus tard...

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 27 Mar - 15:52
À la lampe qu'elle tient allumée dans ses mains vient se joindre celle du grand baraqué, les deux halos lumineux se croisant alors qu'elle se recule déjà pour aller rejoindre Johann puis Jena. Un bien maigre réconfort dans cette nuit bien installée ou seules les lumières des étoiles sont visibles, pas de quoi vous réchauffer le corps alors que les esprits le sont par ces retrouvailles inespérées et pourtant tellement attendues. Nul doute que les deux côtés sont concernés, bien que la belle brune aurait voulu pouvoir réveiller ou faire sortir de leur torpeur le reste du campement, les autres aussi devraient avoir le droit à la joie des retrouvailles. En allant enlacer le rouquin, elle sent le bras de l'homme venir lui entourer les épaules l'espace d'une seconde, bien consciente qu'elle ne lui laisse que peu de temps pour réagir, elle lui sourit en s'écartant de lui avant de retrouver Jena.

La blonde et la brune maintiennent leur étreinte beaucoup plus longtemps avant que Jena ne la rompe en se reculant d'un pas pour regarder Melody dont les regard émeraude glisse sur Johann en entendant l'annonce fatidique qu'il lui délivre en réponse à une des questions qu'elle vient de poser.

- Oh...

Elle ne peut pas dire que cela la peine vraiment, elle ne connaissait presque pas le gamin à part pour l'avoir ramené au campement mais pourtant cela lui fait malgré tout un pincement au coeur, il ne méritait pas de mourir à nouveau, pas plus que n'importe qui d'entre eux. Jena reprenant derrière Johann pour compléter la réponse, la brune fronce les sourcils en entendant qu'ils ont été coincés ainsi et une réelle tristesse la prend quand Jena lui explique ce qu'elle a dû faire pour Jian. Réagissant en empathie avec la blonde, elle imagine parfaitement le déchirement qu'elle a dû vivre et l'effet que cela a produit sur le mental de Jena. C'est une chose de tirer pour défendre sa vie quand on se fait attaquer mais l'acte de Jena, elle ne sait pas si elle aurait eu le courage de le faire. La chasseuse pose alors sa main droite sur l'épaule de Jena dans un mouvement se voulant réconfortant avant qu'elle ne fasse entendre sa voix.

- Tu as fait ce qu'il fallait pour l'empêcher de se relever en monstre, garde bien cela en tête Jena !

De ce fait, ce n'est sans doute pas le moment de glisser dans la conversation qu'entre temps Ivy est revenue à la vie une nouvelle fois et qu'elle a rejoint le campement. À moins que James ne leur en ait parlé pendant qu'ils étaient coincés, ce qui expliquerait le mal être et la culpabilité de la blonde près d'elle. La quinte de toux qui secoue Jena lui fait tout aussi mal au coeur, lui laissant comprendre qu'ils ont dû bien en baver pendant ces quatre jours. La main de Melody glisse dans le dos de la blonde, frottant la paume de sa main dans un mouvement lent contre le tissu du haut de la jeune femme, un geste réflexe qui ne servira à rien d'autre qu'à essayer de réconforter celle qui le reçoit. Regardant tour à tour Jena puis Johann et enfin Mark qui s'est approché d'eux.

- Vous avez tous choppé froid ?

Secouant la tête pour en revenir aux questions que Jena a réussi à lui poser en reprenant son souffle après avoir toussé ainsi même si elle ne comprend pas encore totalement tout ce qui a pu se passer et comment ça se fait que James n'ait pas pu les soigner ou du moins soigner Jena.

- Nous...Quand vous êtes parti l'autre jour, on a essayé d'entrer en contact avec vous à la nuit tombante en ne vous voyant pas revenir mais impossible d'obtenir autre chose que des grésillements sur les talkies, sur le poste-radio. Et on a pas vraiment pu réagir à cela, des hommes, ceux du Marchand ont attaqués le campement, les tirs fusaient de toute part. J'ai pu prendre cinq d'entre eux à revers par la forêt et en abattre un juste après que James ait prit une balle dans son gilet. Derrière j'ai prit deux balles une dans le bras et une dans l'épaule, j'ai été absente deux jours. Jordan m'a raconté le reste, ils ont pus se débarrasser des attaquants mais une gigantesque horde a submergée le campement visiblement attirée là par les hommes du Marchand, ils ont dus fuir dans l'urgence pour finir ici.

Un bon compromis entre la totale vérité de ce qu'elle a vécu et ce que James aurait pu leur dire puisque que grâce à Jordan, Melody sait que le médecin l'avait vu se faire emmener.

- Et rassurez vous, je vais bien, Ana la vétérinaire de la ferme de Nelson était là ce matin pour me soigner correctement. Les autres aussi vont bien, ils ne sont pas dehors déjà parce qu'on a pas remit de tours de garde en place mais aussi parce que je ne suis pas allée les réveiller en vous attendant, James m'avait dit qu'il pourrait avoir besoin de nouvelles indications pour vous ramener ici.


De leur expliquer comment les choses se sont déroulées, Matthew revient sur le devant de la scène dans son esprit même s'il ne la quitte jamais totalement depuis deux jours. Sans doute est-ce grâce ou à cause de lui que Melody a ainsi enlacé les trois survivants, leur laissant voir une infime partie de ce qu'elle peut ressentir, il lui avait fait promettre de ne pas se méfier en permanence des autres, qu'elle ne devait pas vivre ainsi. Mais elle se souvient également de tout le reste, de tout ce qu'il lui a dit concernant un traître à la solde du Marchand ou de Soulstrange parmi les survivants, elle se souvient des pensées qui l'avaient assaillies lui laissant penser que le traître pouvait être parmi les cinq partis en excursion ce jour là. Jena ou Johann ou Mark ou Liz ou Jian pouvait être cet enfant de salaud ! Si bien qu'en parlant, elle ne s'est même pas rendu compte qu'elle a vivement ôté sa main du dos de Jena pour faire un pas en arrière.

Pendant que le louveteau aux pieds de Melody manque de se faire écraser la patte ce qui ne lui a pas plu du tout, le montrant en mâchouillant le bas du pantalon de la brune avant de s'en désintéresser pour finalement essayer d'aller observer les autres humains présents. Faisant un pas en avant pour tendre le cou et renifler du côté de Johann, les oreilles plaquées en arrière et la queue sous le ventre de crainte, l'animal sauvage peinant à ne pas avoir peur des humains malgré que l'une d'entre eux l'a sauvé d'une mort certaine deux jours avant.
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