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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Retrouvailles inespérées - 21/02/35
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Johann Libert

Anonymous
Invité
Dim 27 Mar - 17:36
J’écoutais, désormais simple spectateur, Melody me tournait partiellement le dos, Jena me faisait face, je ne pouvais manquer sa réaction, croisant son regard après mes paroles, elle devait de nous tous être la plus touchée par la perte de Jian. Pas tant par sa perte, imaginais-je, que par l’acte qu’elle s’était forcée à faire. Bon dieu, jamais j’aimerais avoir à faire ça sur un autre être humain bien vivant ! Jamais ! Elle avait du cran, ça, c’était sûr. Je regrettais encore plus ce que j’avais pu leur balancer sur ce toit et me promis de réviser mon jugement sur cette femme. Elle le méritait. Pendant ce temps, elle détaillait en deux mots pour Melody. James et Liz restaient à l’écart, profitant de leurs retrouvaille et malgré moi, mon regard dériva quelques instants sur eux, avant que la voix de Melody ne me ramène à l’immédiat, alors que son regard faisant le tour des présents. Ce faisant, je manquais le second coup d’œil de Jena à mon intention.

- Presque tous, Liz a été épargnée et a fait ce qu’elle a pu pour nous éviter le pire. Y a mieux que de dormir aux quatre vents à cette saison…

Comme les autres sans doute, j’étais patraque, et maintenant que la tension était retombée je sentais la fatigue me retomber dessus. J’avais besoin de vrai repos, autant pour le corps que pour l’esprit. Je laissais Melody nous expliquer ce qui leur était arrivé, à eux, et qui expliquait bien des choses. Action concertée des hommes du Marchand ? Etrange quand même que les communications foirent justement quand le camp était attaqué… Et une horde en plus.. ? Putain, mais c’était quoi ce bazar ? Ca ne me rassurait plus du tout de me trouver là, du coup. Et voilà qui expliquait aussi son bras en écharpe. En pensant au fait que, pour peu de choses, on aurait pu ne pas retrouver le camp, ou le retrouver avec des morts, fît monter un moi un intense sentiment de détresse qui me gela sur place d’un frisson montant le long de ma colonne, irradiait dans tous mes membres, avant que ça passe tout seul, comme c’était venu. L’idée même de me retrouver sans la sécurité et la présence de tous ces gens me parut sur le coup l’idée la moins attirante du moment. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point, en si peu de temps, ils avaient pris pour moi une importance certaine, tous autant qu’ils soient. Melody s’arracha à Jena, et je lâchais la question qui me brûlait les lèvres d’un ton que je voulais dénué d’émotion, mais qui pour le coup devait légèrement trembler, plus de colère rentrée contre ceux qui semblaient avoir pris un malin plaisir à tenter de nous faire disparaître tous qu'autre chose.

- Et comment on peut être sûr qu’ici c’est sûr, et qu’ils vont pas se repointer, après ce que tu viens de nous dire.. ? Surtout que quand on était bloqué sur ce putain de toit, on a capté un message qui nous était pas destiné. On a été bloqués là-bas exprès par quelqu’un qui voulait nous éliminer, Melo. C’était pas un hasard. L’alarme s’est déclenchée et ils ont fait venir sur nous des centaines de rôdeurs… C'est un sacré coup de chance qu'on s'en soit sorti sans plus de pertes. Et ça veux dire qu'ils nous surveillaient...

En même temps que j’élevais la voix, je perçu une sorte de couinement contrarié qui venait du sol et qui me déconcentra de ma tirade ; baissant les yeux, je le vit, l’espèce de chiot brun gris aux pieds de Melody, que je n’avais pas encore repéré auparavant. La bestiole attira mon attention suffisamment pour en oublier mes craintes, l’espace de quelques instants, et voyant qu’il amorçait une avancée vers moi, je me baissais en restant à ma place, sans faire de mouvement brusque, tendant la main droite vers lui, doucement, sans vouloir le brusquer. J’avais aucune idée de ce que ce mini truc pouvait bien faire là ni de ce que c’était, mes connaissances en canidé s’arrêtant à peu près au fait que je savais de quel côté il fallait se méfier des dents, mais je me doutais qu’il y avait là un lien avec Melody, vu qu’il était dans ses pieds. Instinctivement, je lui parlais à voix basse.

- Ah ben, salut toi, qu’est-ce que tu fiche là ? Tu veux faire ami-ami ? Je mords pas, moi, tu peux y aller sans crainte, p’tite bête.

Je ne m’attendais aucunement à ce qu’il s’avance réellement de plus près, vu qu’il avait juste l’air de péter de trouille, mais si je n’avais jamais eu, ni voulu avoir d’animaux, ça ne voulait pas dire que j’y restais insensible, bien au contraire. Au diable les rôdeurs, le danger, le reste du monde, cette petite boule de fourrure était momentanément plus importante. Après tout, je n'étais pas le seul qui pouvait expliquer les détails à Melody.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 28 Mar - 19:40
Aux explications de Melody à propos de ce qui était arrivé durant notre absence à l’ancien campement, et malgré les gestes réconfortants qu’elle pouvait avoir, je me sentais de plus en plus minable de n’avoir pas su protéger Jian des morts alors qu’ils avaient, de leur côtés, survécu à une attaque de ces bandits et une horde conséquente sans accuser la moindre perte. Des mots qui ne faisaient qu’accroître ma colère, ma soif de revanche et ma culpabilité ; d’autant plus renforcés par les précisions que Johann apporta à la chasseuse. Mollement, j’avais opiné du chef à quelques reprises, appuyant les paroles de Johann et ses détails afin de les confirmer à Melody.

J’avais cependant choisi de garder le silence durant leurs narrations respectives des faits, serrant les dents pour tenter de ravaler ma colère plutôt que de la laisser exploser. Je fulminais intérieurement, et je savais pertinnement que malgré tous mes efforts pour tâcher de la contenir, la masquer, mes sentiments et ressentiments étaient probablement perceptibles à des centaines de mètres à la ronde.

Lorsque la main de Melody se détacha de mon dos, je relevais légèrement le menton et cherchais à trouver son regard d’émeraude, pivotant sur mes appuis pour lui faire de nouveau pleinement face. Nul doute qu’elle aurait pu sentir la culpabilité qui me rongeait, à l’égard de Jian notamment - et ce malgré ses mots qui s’étaient voulus réconfortants - mais aussi à l’égard de chacun d’entre eux. Elizabeth, Johann, Mark. Ces individus dont je m’étais sentie responsable et qui avaient pourtant partagé mes souffrances, mes épreuves, par ma faute de n’avoir pu empêcher cette situation de se produire. Ça et le reste d’ailleurs.

C’est d’ailleurs pour cela qu’aux questions de Johann, les doutes légitimes qu’il soulevait à haute voix quant à la sûreté de ce nouveau lieu, j’avais préféré garder le silence ; laissant le rouquin déporter son attention sur l’espèce de clebs tapi entre les jambes de Melody et qui n’avait fini par attirer mon attention qu’en couinant quelque peu. Je m’étais même retenue d’enfoncer un peu plus Johann en rebondissant sur sa propre remarque. A mes yeux, il était effectivement meilleur à aboyer qu’à mordre ; et je ne pouvais malheureusement pas le blâmer de cela.

J’avais ramené ma main vers mon sac à dos, passant la seconde bretelle sur mon épaule gauche avant de poser mon regard vers le rouquin, et fais quelques pas dans sa direction pour combler notre maigre écart, posant ma main libre sur son épaule libre, à son tour, pressant légèrement sur son trapèze d’une poigne franche, mais délicate, en guise de soutien moral malgré tout.

“T’en fais pas. Tant que je serai là, je tâcherai de t’éviter d’avoir à mordre qui que ce soit, le plus longtemps possible,” lui confiai-je, laissant à l’homme tout le loisir de méditer ce double sens, portant ensuite le même regard vers Mark, puis Melody ; un regard où se mêlaient d’amers regrets et une brûlante détermination.

“Johann a raison. On a eu de la chance de s’en tirer avec si peu de pertes… On en a tous bien bavés ces derniers temps, d’un côté comme de l’autre. Mais j’en ai marre d’être la victime de ces saloperies, et de tous ces tarés. Yen a marre d’être passif, d’attendre et de subir constamment les attaques, tomber dans des pièges et être pris en chasse. J’en ai ma claque de vous regarder chaque jour avec la trouille collée au ventre de ne pas savoir si c’est pour la dernière fois,” avais-je lâché d’un ton de plus en plus sec et brutal.

Je fronçais les sourcils en soutenant le regard de la chasseuse, tentant d’accrocher son attention, puis je dressais mon index dans sa direction, la désignant non sans y glisser là une part d’accusation qui ne lui était pourtant pas destinée, du moins pas dans son entièreté.

“Et ça… Ça, c’est de ta responsabilité. Votre responsabilité, à toi et à Samuel de… de veiller à ce que nos sorties ne se basent plus uniquement sur le facteur chance. A empêcher des types comme Jian ou Johann de partir en ville les mains dans les poches, même pas foutus de dézinguer le moindre rôdeur ou affronter la moindre menace, tout ça parce qu’ils partent sans arme comme des putains de touristes.” Mon ton s’était voulu encore plus dur, froid et accablant, rendant d’ores et déjà ces retrouvailles bien moins agréables. D’un geste vif du bras, je désignais la baraque qui devait devenir notre nouvelle demeure.

“Cette baraque... c'est un véritable gruyère. Pas une barricade aux fenêtres, pas un type qui surveille quoi que ce soit. Il serait peut-être temps d’établir des règles, avoir des directives, monter des équipes entre ceux qui savent se débrouiller au-dehors, et faire en sorte que ceux qui n’en sont pas capables le deviennent. Parce que très personnellement, j’ai aucune envie d’avoir à tous vous achever les uns après les autres...”

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 29 Mar - 2:43
Elle avait hoché la tête et affirmé ressentir la même chose, ce qui inonda James de bonheur dans tout ce malheur, qu'au final, malgré toutes ces souffrances et toutes ces épreuves, ils en sortaient tous deux vivants et prêts à avancer ensemble pour mieux affronter la suite. Cependant elle souffrait, elle souffrait atrocement et cela brisait le coeur du chirurgien qui la regardait avec une tristesse évidente dans les yeux et à ses traits. Il aurait voulu aspirer toute sa souffrance pour soulager sa peine et l'endurer à sa place, car la voir ainsi pleurer et subir tout cela lui ajoutait de toute façon une plus grande douleur au coeur et à l'âme.

Il avait laissé sa douce glisser ses doigts entre les siens et les serra affection, l'écoutant en frottant le dos de ses mains de ses pouces, une façon de l'aider à affronter cela sur le moment. Jian était mort, ce devait être cet adolescent asiatique qui avait récemment rejoint le campement. Il ne lui avait jamais parlé, ne connaissait même pas son nom jusqu'à cet instant, il faut dire qu'ils n'avaient guère eu le temps de souffler depuis des semaines pour pouvoir faire mieux connaissance et creuser leurs relations mutuelles, même Jena, Johann ou Mark, il connaissait leurs noms mais ne leur avait pas plus parlé, il ne savait même pas qui ils étaient, à peine savait-il comment ils étaient arrivés dans le groupe. Il y avait eu tellement de gens venus et repartis, morts et disparus, des nouveaux visages venaient presque quotidiennement, impossible avec tous leurs déboires et tout ce qui se passait dans cette ville de malheur de structurer leur groupe et se lier les uns les autres pour mieux travailler ensemble, pourtant ils devaient le faire.

Et James, qui avait été plutôt distant depuis un moment, sans même avoir jamais vraiment cherché à oeuvrer particulièrement en ce sens, suffisamment mis à mal par ses propres démons et craintes, avait aujourd'hui la conviction et l'envie de travailler à cela. De travailler à l'intérêt commun, le bien de ce campement et de ces gens qui étaient son groupe maintenant, avec qui il partagerait son quotidien et de qui sa vie dépendait, autant que les leurs étaient liées à la sienne. Pour tout cela, il dut se résoudre à faire entendre en son for intérieur que ce n'était pas le moment de s'isoler, qu'il fallait aider sa bien aimée à calmer son angoisse de l'instant avant qu'elle ne soit submergée, bien que lui-même accusait d'entendre cette perte qui en dépit de sa méconnaissance l'affectait, car c'était une vie perdue, un membre du groupe et un homme encore trop jeune qui plus est, mais c'était surtout le fait que son Elizabeth l'avait vu et vécu qui lui fit le plus de mal.

« Je sais ma belle, je sais, j'ai croisé certains de ces hommes. Ils finiront par payer pour tout ce qu'ils nous ont fait. » Avait-il dit en ramenant ses mains croisées à celles de sa compagne contre les joues de celle-ci, une façon instinctivement de vouloir la rassurer et lui faire sentir qu'elle était maintenant en sécurité, tout du moins voulait-il qu'elle ait cette impression difficile à justifier. « Je suis là maintenant, on est tous les deux et on est saufs. Il faut qu'on aille rejoindre les autres, ensuite on ira se mettre à l'abri à l'intérieur et on se réconfortera, on soufflera tous les deux. Ça va aller, fais-moi confiance, je ne te laisserais plus maintenant. »

Il en croyait chaque mot, en dépit de la situation et du danger permanent de ce nouveau monde et il était d'autant plus convaincu de ne plus la laisser comme il lui disait, comme il lui avait déjà dit une minute plus tôt. Il avait les larmes aux yeux et bien qu'elles n'avaient pas franchies ses paupières, il avait envie de pleurer avec elle. C'est avec elle qu'il voulait être et tous deux avaient besoin du groupe, comme le groupe avait besoin d'eux, ils étaient une communauté et il fallait trouver un moyen de renforcer cela et affirmer leurs places. C'était son nouvel objectif. Sur ces mots, il détacha sa main droite de celle de sa compagne en raffermissant la prise de sa main gauche pour la rassurer, qu'il baissa pour mieux lui tenir sa main à elle et l'incita à le suivre en lui dessinant un modeste et peu joyeux mais sincère et tendre sourire, patientant qu'elle se sente prête pour avancer vers le groupe en gardant sa sirène d'ébène auprès de lui.

Il s'approcha d'eux, voyant Mark, Jena, Johann et maintenant Melody dont il découvrait la présence, les uns face aux autres à discuter. Johann était alors en pleine rétorque et évoquait d'avoir été bloqué avec les autres sur le toit ainsi que le message radio à la fin qui confirmait la tentative de les faire tuer, tout comme Elizabeth lui avait expliqué. Il ne s'était pas trompé là-bas à son grand dam, ces hommes étaient sûrement complices des agresseurs du camp et ils avaient voulu faire la peau au groupe, à sa dulcinée, ce qui accentuait le sentiment de haine et de colère qui s'était manifesté depuis le Secteur C et que la vue de son Elizabeth en pleurs avait attisée, maintenant la confirmation de Johann comme en repensant à ce type qui lui avait échappé.

Tous deux s'étaient approchés jusqu'à arriver sur la gauche de Melody pour mieux faire face aux autres, plus ou moins, le barbu baissant le regard sur le louveteau à l'étrange pelage vers qui Johann avait finalement donné son attention. C'était bête mais ce petit animal agrémentait l'idée que le danger était pour l'instant derrière eux, que les choses pouvaient s'améliorer. Une jeune vie qui rappelait qu'au-delà de la souffrance et la mort, la vie et le bonheur n'avaient pas complètement disparu et attendaient d'être trouvés. Cet instant attendri ne dura pas, car Jena n'avait pas l'intention de s'en contenter, lâchant au rouquin une remarque dont il ne saisissait pas le double-sens mais dont il percevait quelque chose de gênant à contrario de son geste de réconfort. Il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps à ce qu'elle pouvait avoir en tête qu'elle en faisait part clairement, sèchement, brutalement et même cruellement à Melody sur qui elle haussait le ton d'un énervement largement compréhensible après ces épreuves, mais fortement déplacé envers la chasseresse à qui elle lançait ces reproches.

Il ne l'avait pas tout de suite remarqué mais Melody avait un bras en écharpe, ce qui lui sauta aux yeux et à l'esprit, que ses soupçons de l'instant quand ce motard l'avait emmené, avaient été concrets : elle avait été blessée et nul doute qu'elle subissait déjà une convalescence et des douleurs physiques qui devaient s'ajouter au reste, sans parler de ce que ce motard avait pu lui faire. Lui qui ressentait de la colère, fut pris d'un ardent sentiment d'injustice de voir la femme à la chevelure sombre déverser ses ressentiments sur Melody qui avait au moins autant souffert et qui se trouvait davantage blessée, qui plus est pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas car Jena était également relativement récemment arrivée et s'octroyait un statut et des droits qui ne plaisaient pas, mais pas du tout au chirurgien.

C'est pourquoi à l'écoute des derniers mots d'autant plus cruels de celle-ci, il avait au préalable redressé la main d'Elizabeth qu'il tenait toujours dans la sienne pour la tapoter de son autre, cherchant à la rassurer sur le fait qu'il était là et qu'il n'allait pas partir, car il lâcha ensuite sa bien-aimée pour lancer d'un ton fort et sec à l'encontre de Jena.

« Oh ! On se calme, maintenant. »

Pris dans son élan de justice mêlé d'un cocktail détonant sa colère, il adopta un regard noir et vint presque s'interposer entre les deux femmes, se mettant face à celle vers qui il portait son désaccord sans pour autant se mettre entre elles, mais il se retrouvait à coté de Melody et comptait bien poser les choses sans détour. Lui qui venait de passer quatre jours seul à broyer le noir dans ses plus profonds ténèbres avait eu tout le temps de songer à ce que valait leur nouvelle vie et à ce qu'il était mérité de faire ou de penser à présent, ce qu'il en serait s'il parvenait miraculeusement à retrouver Elizabeth et les autres en vie, ce qui était arrivé. Sa voix grave se faisait ferme, sans pour autant hausser beaucoup le ton ou se faire hostile, il n'affichait que - mais pleinement - sa contestation.

« On fait ce que l'on peut avec ce que l'on a, c'est comme ça que ça fonctionne et il me semble que tu es là depuis bien trop peu de temps et tu n'as encore rien fait de concret pour ce groupe pour te permettre de juger son organisation ou les méthodes de Samuel et de Melody pour le préserver. On fait de notre mieux avec tous les drames qui ont eu lieu, toutes les pertes que l'on a subies et les dangers qui ont failli nous coûter le peu que l'on avait, on est parti de pratiquement rien. Alors oui, on s'est pris de nombreux revers en se retrouvant presque impuissants, plus que ce que tu crois et on trimait déjà bien avant que tu n'arrives. On a eu ni le temps de souffler ou d'améliorer ce que l'on avait, le peu que l'on avait, mais on est toujours là.

Tu veux faire des reproches à quelqu'un ? Commence par moi. Le camp a été attaqué, j'ai été forcé de tuer une femme et j'ai pris une balle, je m'en suis sorti grâce à ce gilet pare-balles et on a réussi à fuir avant que ça ne vire au massacre. On a eu de la chance mais on a aussi réagi au mieux de ce que l'on pouvait faire sur le moment, on aurait pas pu prévoir l'attaque sinon Samuel et Melody ne vous auraient jamais laissé partir. J'ai vu Melody se faire enlever par un motard, j'ai vu cette horde monstrueuse déferler sur notre campement et j'ai tenté ce que je pouvais tenter même si ce n'était pas suffisant. Samuel m'avait demandé de veiller à ce que la ferme de Nelson ne soit pas attaquée avant d'aller lui-même mettre ceux qui étaient restés en sécurité, j'ai cru pouvoir en profiter pour vous trouver et j'ai manqué d'y rester une bonne douzaine de fois. Malgré tout je n'y suis pas arrivé.

Je suis tombé sur deux de ces hommes qui voulaient votre mort, j'ai été forcé de tuer à nouveau et j'ai tout de même fini coincé dans un appartement à moins de cent mètres du Walmart. Je pouvais voir la Cadillac depuis la fenêtre et tous ces morts encercler le complexe et j'étais impuissant encore une fois, j'étais piégé tout comme vous. Ma tentative n'a servi à rien mais j'ai fais ce que j'ai pu avec ce que j'avais et ce que je savais sur le moment, au final je vous ai retrouvé alors que je pensais que tout était fichu et ça me donne une raison de croire que les choses peuvent s'améliorer même si les chances sont minces. On galère, on enchaîne revers sur revers et Jian vient s'ajouter à la longue liste des gens qu'on a perdus sans rien pouvoir y faire, c'est terrible mais ça aurait pu être pire. »


Il marqua un temps, la conviction de sa voix s'étant effritée pour laisser place à la peine et au remord, lui qui était autant démuni, dégouté et dépassé qu'ils l'étaient tous ici, envieux de venger toutes ces blessures et pourtant souhaitant que tout ça s'arrête pour qu'ils puissent reconstruire leurs vies. Il ne parvint à reprendre qu'en répétant ces mots qu'il avait déjà prononcés, mais qui résumaient tout ce qu'il en pensait et tout ce qu'il en était, aussi maigre que ce soit.

« On fait de notre mieux, avec ce que l'on a, même si c'est pas suffisant on continue d'essayer et d'espérer que l'on aura pas à achever qui que ce soit ou à voir mourir un autre membre de ce groupe, un autre tout comme toi qui n'échappe pas aux risques et qui ne s'en sort pas mieux que nous, loin de là. Parce qu'on est dans le même bateau, on partage les mêmes douleurs et les mêmes espoirs que cette communauté nous donne l'occasion de retrouver le plaisir de vivre. Alors arrêtons de nous faire des reproches dès que les choses deviennent difficiles, on a tous notre part de responsabilité dans cette communauté, ses échecs comme ses réussites. Melody et Samuel ne sont pas responsables du fait que Jian et Johann n'aient rien pris pour se défendre et ils sont encore moins responsables de la mort de Jian, peut-être serait-il mort même s'il avait été armé. Les responsables, ce sont ces types qui ne cessent de vouloir notre peau et qui continuent à s'en prendre à nous. J'aimerais leur faire payer et qu'on puisse se débarrasser enfin d'eux pour que l'on puisse trouver même un semblant de paix mais pour l'instant on ne peut rien y faire.

On est de nouveau ensembles. Ils sont venus armés, ils nous ont piégé et ils ont amené des centaines de rôdeurs sur nous mais au final, on a pu se réunir à nouveau. A nous de faire en sorte de changer la donne pour ne plus avoir à seulement subir les choses quand elles arrivent. Nous tous. »


Il finit par mettre un terme à son discours et se tourna vers Melody, puis revint à Jena et glissa son regard vers le sol en laissant retomber la pression, toutes ces choses qu'il avait accumulé sur le coeur et sur lesquelles il avait cherché des mots, la brunette lui avait donné l'occasion et il ne lui en voulait pas au fond d'être en rage. Des choses qu'il venait d'exprimer, de façon parfois peut-être un peu brouillon et en se répétant mais il considérait qu'il y était parvenu et toutes ces paroles, il les avaient dites pour Jena autant que pour lui-même et pour les autres, car il ne doutait pas du fait - ou croyait sincèrement - qu'ils en pensaient tous autant en dépit de leurs différences.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 30 Mar - 11:30
Il y avait quelque chose d’enivrant dans cette situation, en dépit des émotions fluctuantes, Elizabeth appréciait ce moment, et la sensation d’avoir enfin quelqu’un avec elle, pour la soutenir, la rassurer. Jamais James n’avait failli. Dès les premiers instants, alors qu’elle le menaçait de son arme, il n’avait pas abandonné l’idée de lui venir en aide. En dépit des situations, là où bien d’autre se serait braqué, l’aurait jugé, voir rabaissé, il lui a tendu sa main. Cette bonté en lui, peu pouvait prétendre la détenir. Les reproches fusaient toujours plus rapidement que le soutient.
Cet homme était son cadeau du ciel, l’aboutissement de toutes ses épreuves, et son soutien pour celles encore à venir, la preuve irrémédiable qu’il ne fallait, à aucun moment, baisser les bras.

Son orgueil se gonflait à chacun des mots qu’il prononçait. C’était elle qu’il avait choisi. Contre toute attente, la personne sans doute la moins avenante, la femme la plus distante et solitaire du groupe. C’était sur elle qu’il avait compté pour lui faire remonter la pente également. Dans cet avion, à l’aveu de sa tentative, elle avait compris que si elle s’unissait à lui, rien ne serait plus jamais pareil, pour elle pour lui. Qu’ensemble, ils seraient capable de grandes choses. Et si un jour cet amour venait à se briser, de quelconque manière que ce soit, elle se savait capable de pouvoir apprécier la manière dont il l’avait changé.

La perte d’Ivy avait sans doute ralentit la définitive prise de conscience de ces changements. Mais désormais, c’était une évidence. Elle lui faisait confiance. Une confiance aveugle, irraisonnée, irraisonnable. Elle se sentait juste, précisément juste, comme jamais elle ne s’était sentit avant.

Elle inspira profondément, hochant la tête à plusieurs reprises à ses propos, se laissant guider jusqu’au groupe tandis que ses doigts se serraient et s’ancraient dans la main de James, partageant ainsi ses doutes, ses craintes, ses appréhensions, ses douleurs, ses cauchemars. Le poids du monde devenait moins lourd ainsi partagé par un simple contact, doux, chaud, moite.

Arrivé à hauteur des quatre autres, elle se sentit reine, placée sur un piédestal. Elle n’en éprouvait aucune honte, ni aucun malaise à afficher ce lien entre eux, là où d’autre avait encore le cœur meurtri par leurs différentes pertes, Elizabeth préférait se dire que c’était un pied de nez à la vie qui s’était si souvent acharné sur elle. Elle n’avait trouvé que le malheur lorsqu’ils nageaient dans leur bonheur respectif. Enfants, mariages, fratries, familles. Ce n’était que justice que monnaie lui soit rendue. Le prix avait été fort à payer, elle en porterait définitivement la facture, mais elle avait maintenant le courage de l’affronter.

Son regard premier se porta sur Melody, la chasseresse qu’elle n’avait jamais eu le temps de côtoyer plus que le groupe et leurs décisions communautaires les avaient poussés à faire, et sa blessure. Cela lui rappela qu’il s’était sans doute passé des choses durant leur absence, et l’emplacement où ils se trouvaient actuellement au lieu du précédant campement lui revint à l’esprit, tout comme la curiosité de connaitre toute l’histoire. Avaient-ils supposés que le groupe fut capturé par ce Marchand, et pris enfin la décision de déménager, rapidement, de crainte que l’un d’eux n’en divulgue l’information sous quelque torture que ce soit ? Comment avaient-ils fini par prendre la décision ?

James et Elizabeth étaient arrivés en plein milieu de la discussion, elle ne connaissait pas encore les détails donnés, mais lorsque Jena commença à parler, ses paroles ne furent en rien surprenant de sa part.

Quelque part, elle avait foutrement raison, mais elle n’avait ni le tact ni la manière de le dire. Pire encore, ses mots transpiraient la condescendance, surtout en présence de l’un des deux cités comme s’il avait été un enfant dont les parents se déchargeaient mutuellement la responsabilité de ses actes. Cette femme avait besoin de se remettre en question avant de le faire avec le monde selon l’avis d’Elizabeth. Il était tellement facile de parler et de ne rien faire à côté, de se tourner les pouces en attendant que d’autre prennent les responsabilité. Elle avait un rôle tellement simple, et pourtant, elle n’avait pas empêché Johann, ni Jian de partir « les mains vides ». En parler auraient sans doute envenimer la situation. Se balancer des reproches, aucun d’eux n’en avaient besoin.

Un long souffle s’extirpa de ses narines, les lèvres résolument closes, le regard rivé sur le chiot que Johann avait pris en affection quelques instants plus tôt avant d’être alerté par le contact de James qui se rompait. Elle aurait voulu protester, mais finit par se résoudre à le laisser s’échapper de son contact. Croisant les bras, resserrant l’étreinte pour se rassurer de ce manque, elle écouta le discours de James prenant la défense de Melody, rejoignant ses pensées par la même occasion. Aussi, elle fit silence, sans trouver à redire, jusqu’à ce que les mots dérivent sur l’histoire. L’histoire de James et de ce qu’il s’était passé.

Elle s’était inquiété pour lui, mais pas autant qu’elle l’aurait fait si elle avait su tout ceci. Melody blessée ? James qui s’était pris une balle ? Le campement ravagé ? Coincé dans un immeuble ? Plus il avançait dans son discours, et plus elle avait la tête qui tournait. Son cœur se serrait et ses angoisses revenaient à la charge. Comment les choses avaient-elles pu si mal tourner ?
Il n’y avait rien à répondre, rien à dire. Elle ne s’était tout simplement pas attendu à tout ceci, complètement prise de cours. Elle n’avait pas une seule seconde pensé qu’ils pouvaient vivre une épreuve peut-être plus dangereuse que celle du Centre Commercial, que la mort était également venu les titiller et que, de long en large, ils s’étaient fait malmener par les hommes du Marchand.
Elle ne voulait pas empêcher Melody, Johann, ou encore Jena de réagir aux propos du médecin qui transpirait de vérité et d’optimisme mais il était temps d’arrêter de se chercher querelle et de se serrer les coudes, qu’importaient les erreurs. Elle ne pouvait que soutenir James dans son discours. Personne n’avait jamais pu être parfait avant que le monde ne sombre dans le chaos, c’était encore moins le cas maintenant, la seule différence résidait dans le fait que les erreurs étaient immédiatement et hautement plus grave.

Au terme, elle laissa échapper d’une voix fine et discrète, espérant que les ardeurs ne s’envolent pas immédiatement après.

« On devrait peut-être… se reposer. Simplement. Les quatre derniers jours ont été éprouvant, certains même sont malades. Je ne suis pas certaine qu’on ait l’esprit assez lucide pour mettre quoi que ce soit au point maintenant ni se remettre en question les uns pour les autres. »

Elle posa son regard sur les trois concernés : Jena, Johann et Mark. Ils étaient sans doute affaiblie, et irrité. Ça se comprenait, mais il fallait vraiment qu’ils prennent du recul. Même Melody était mal en point et paraissait fatiguée.

« Ne restons pas dehors. Je suis dans un meilleur état que vous, alors je propose que James et moi restions à veiller si ça peut vous permettre de dormir sereinement. On s’occupera d’arranger les voitures et les affaires. »

Elle avait parlé d’une voix réellement douce et calme. Son regard se posa à terme sur James, soutenant ses propos et espérant son accord à sa proposition. Ils avaient beaucoup à se dire, et elle voulait absolument parler avec lui avant qu’ils ne scellent leur promesse.

Mark Logan

Anonymous
Invité
Mer 30 Mar - 12:54
Au moins le sujet concernant la mort du gamin asiatique ne reste pas longtemps d'actualité, Mark pouvant ensuite entendre un résumé de ce qu'il s'est passé pour ceux étant restés au campement. Visiblement à part la brune qui est blessée les autres vont bien, il sait qu'il devrait s'en réjouir mais cela ne lui fait ni chaud, ni froid en fin de compte, pourtant il essaye d'adopter la tête du mec inquiet puis soulagé d'entendre ainsi les choses, sait-on jamais que l'un d'entre eux se décide à le regarder à ce moment là. Au passage il apprend l'existence de la ferme et d'une de ses habitantes, ne comprenant pas très bien le rapport entre Melody et ces personnes mais visiblement les autres ont l'air de comprendre de quoi il s'agit. Enfin de les écouter ainsi a au moins le mérite de le conforter un peu plus dans ce qu'il pense, tout ce qu'ils ont vécu ces derniers jours a été orchestré par une main humaine extérieure mais comment ces hommes ont-ils pu savoir que le groupe était scindé en deux ? Comme Johann le suggère le campement devait être sous surveillance. Oui mais alors les talkies et cette histoire de brouilleur ? Est-ce que l'ennemi connaît leur fréquence radio ou ils ont brouillés toutes les fréquences ? Est-ce seulement possible d'en isoler une seule ? Il n'en sait fichtrement rien mais c'est quelque chose qui devra être dit à voix haute auprès du "chef" et même de la petite brune devant lui.

Parti dans ses pensées, il écoute d'une oreille distraite les reproches de Jena et regarde rapidement les mouvements des uns et des autres, jusqu'à voir arriver les libertins. Tiens ils ont enfin terminés de se lécher la gueule les deux par contre le toubib ouvre sa gueule pour tout autre chose, Mark écoute son laïus, un air blasé et profondément gavé s'affiche sur son visage. Tout ce qu'il entend le saoule et le fatigue encore un peu plus qu'il ne l'est d'ailleurs il s’apprête à l'ouvrir à son tour d'un ton sans doute violent quand la belle Elizabeth lui coupe l'herbe sous le pied, faisant retomber toute animosité à l'égard du barbu, enfin pour le moment. L'ex mineur hoche la tête aux paroles de la damoiselle avant de lâcher entre ses dents mais suffisamment audible pour tous.

"Perso, je vais écouter Liz...Bonne nuit."

Et avant d'entendre quoi que se soit d'autre, Mark tourne les talons et aidé par la lumière de sa lampe, il se dirige vers la maison. Une fois à l'intérieur, il se trouvera bien un coin pour dormir et pour déposer ses affaires après avoir fait le tour de la baraque en essayant de ne réveiller personne si ça dort déjà là dedans. Ou il ne fera peut-être pas le tour son rhume le rattrapant, il a l'impression d'avoir la tête dans un étau et de ne plus tenir debout, tant qu'il peut s'allonger quelque part et sombrer dans un sommeil réparateur cela lui convient et puis il fera jour le lendemain.

[Sortie de jeu]

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Mer 30 Mar - 14:58
Melody continu de les regarder tour à tour et encore plus à la réponse de Johann concernant le fait qu'ils soient presque tous malades, visiblement seule Elizabeth a réussi à y échapper et elle a fait ce qu'elle a pu pour leur éviter d'être encore plus mal, une bonne chose que celle-ci même si cela ne rattrape pas ce qu'ils ont vécus pendant ces quatre derniers jours. Elle hoche la tête à l'intention du rouquin avant d'expliquer ce qui lui est arrivé à elle et aux autres le premier soir celui de l'attaque et les réactions ne tardent pas à arriver d'abord par Johann. La belle brune baisse le regard avant de répondre à mi-voix pour le rouquin.

- On ne peut pas en être sûr Johann et oui ils nous surveillaient et nous surveillent peut-être toujours sauf qu'on le sait parfaitement maintenant.

Elle n'aime pas du tout avoir à dire cela et encore elle se retient de justesse de dire que s'il le faut le Marchand a une personne infiltrée dans le campement parmi les survivants, que cela peut être n'importe lequel d'entre eux. Enfin peut-être bien deux personnes même puisqu'il y a l'autre inconnu qui est avec eux et dont les autres ne savent rien encore. Sa réflexion est très vite coupée par le louveteau qui se fait entendre puis par Johann qui se baisse pour le regarder et lui parler, Melody s'accroupit à son tour pour empêcher le bébé loup de reculer devant Johann allant même jusqu'à l'entourer de sa main valide pour le ramener entre eux deux.

- Johann je te présente Croc-Blanc, c'est un bébé loup rouge qui a environ six mois, il est pas méchant, il a juste peur encore. Vas y prend le !

La brune sourit à l'homme en face d'elle et joignant le geste à la parole, elle soulève le louveteau d'une main pour l'amener au plus près de l'homme. Son mouvement interrompu par Jena qui prend la parole, Melody lève les yeux vers la blonde pendant que le louveteau remue des pattes dans le vide et sans y réfléchir, elle colle le louveteau au pelage brun-roux dans les bras du rouquin avant de se relever pour faire face à Jena et à ses reproches.

Hors de question que malgré son état lamentable la chasseuse ne cille devant quelqu'un, laissant la blonde déverser ses paroles d'une colère qu'elle ne sent qu'à peine contenue. Ses yeux émeraude fixant Jena avec intensité tandis que son menton se redresse pour bien lui montrer qu'elle ne recule pas devant elle et ses dires et qu'elle les refuse en bloc. Certes il y a une petite part de vrai dans tout ceci, Melody n'est pas allé voir Samuel pour lui ordonner de remettre les tours de garde en place malgré leur effectif réduit mais pour une fois la brune s'est surtout souciée d'elle même pour arriver à s'en sortir et à récupérer des forces avec les blessures qui la travaille. Elle ne risque pas d'arriver à quoi que se soit si elle reste dans cet état, à condition que cela n'empire pas malgré les soins d'Ana ce matin même. Tout comme Jena a raison sur le fait de s'organiser mais la blonde oublie que c'est Samuel qui est réellement chargé de la logistique du campement pas Melody, c'est à lui de démontrer ses capacités de chef puisqu'il a voulu cette charge là. Sauf que Melody sait aussi par quels états est passé Samuel avec la disparition d'Ivy d'abord, personne ne sait aussi bien qu'elle comment il a prit les choses, puis elle imagine très bien comment il doit être là avec le retour d'Ivy justement. Oh, si elle était de ce genre là, Melody pourrait en profiter pour renverser Samuel et reprendre les rênes mais ce n'est pas elle...

Melody entrouvre la bouche pour parler et répondre à Jena quand elle perçoit la présence de James à ses côtés qui vient prendre sa défense et s'en prendre à Jena. Elle l'écoute de bout en bout raconter sa version des faits et ce qu'il a lui même vécu pendant ces quatre jours, la chasseuse comprenant alors que le médecin n'a retrouver Liz et les autres que le jour même, la torture psychologique que cela a été pour lui de devoir tuer, de devoir observer les lieux où les autres se trouvaient. La brune sent monter un mal de tête alors que ce n'est vraiment pas la journée pour qu'elle arrive à rester totalement stoïque devant tout ça, Ana le matin qui lui refait les sutures de ses blessures et qu'elle a bien senti passer, l'arrivée des trois nouveaux en fin d'après-midi, le retour d'eux cinq. Cumulé avec un Matthew qui hante ses pensées jour et nuit, une Ivy et un Vagabond qu'elle évite de croiser depuis deux jours, sa discussion avec Jordan qui a remit bien des choses en question l'air de rien, un Samuel qui n'en branle pas une selon elle et sa fatigue persistante sans parler de la douleur. Elle est au bord de l'implosion et elle est aussi tiraillée entre deux personnes qu'elle apprécie chacune à leur manière, elle se passe une main sur la figure finissant par se pincer l'arrête du nez entre le pouce et l'index.

James termine de parler, son regard émeraude se pose sur lui quelques secondes avant de repasser sur Jena puis se posant sur Johann avant de finir sur Mark et Elizabeth. L'autre bombasse du campement en profitant pour faire entendre sa voix et essayer de raisonner tout le monde, Melody la regarde comme si elle voulait la remercier de tout coeur de ce qu'elle dit et de comment elle le dit pour qu'ensuite le grand chauve donne lui aussi raison à Liz avant de s'éloigner du groupe pour rejoindre la maison. Et avant qu'un seul d'entre eux ne puisse dire quoi que se soit, Melody se met entre James et Jena sans doute là ou ça peut le plus facilement partir en vrille surtout avec le caractère franc et bien trempé de la blonde. Avant de prendre rapidement la parole.

- Stop vous deux !
Je vous apprécie tout les deux beaucoup et vous avez tout les deux tort et raison sur certains points mais comme vient de le dire Elizabeth, on est tous exténués et rien ne sert de discuter plus longuement des choses à faire ou ne pas faire maintenant. On le fera à tête reposée, je n'ai aucune envie que vous explosiez l'un sur l'autre ou tout court. Une bonne nuit de sommeil réparateur pour tout le monde et demain on réfléchira à ce qu'il faut faire, d'accord ?


Melody n'aura pas haussé la voix pour leur parler mais son ton est resté ferme du début à la fin, cherchant à les convaincre de "baisser les armes" et de se ranger à ce qu'elle vient de dire en complément d'Elizabeth. Et voulant sceller ses paroles par un geste allant dans ce sens là et étant ainsi proche et de James et de Jena, elle commence par se tourner vers James pour l'enlacer brièvement comme elle a pu le faire avec les autres avant tout en lui murmurant.

- Tu as retrouvé Liz, tu nous a tous retrouvé, ça va aller maintenant.

Se détachant de James pour se tourner vers Jena, lui faisant face avant de lui sourire et de lui faire un nouveau câlin enfin si la blonde tempétueuse la laisse faire bien entendu. Attendant les réactions des deux les plus concernés mais aussi d'Elizabeth et de Johann, restant pour le moment entre James et Jena au cas où ça dérape malgré tout bien qu'elle sait d'avance qu'elle ne sera pas en mesure physiquement d'empêcher quoi que se soit de tourner mal.

Johann Libert

Anonymous
Invité
Jeu 31 Mar - 22:14
Ok. Le petit louveteau, donc, était bien le protégé de Melody. Mais où avait-elle déniché ça ? La petite chose avait peur de moi, mais pas tant que ça pour ce que je considérais devoir être un animal sauvage.  Melody nous encourageais d’ailleurs tous les deux à faire connaissance mais alors que la situation y gagnait d’un cran en détente, je perçu l’arrivée de Jena du coin de l’œil, voyant ses chaussures s’arrêter pas très loin de nous. Je me redressais en appui sur la pointe des pieds, restant accroupi, juste de quoi la laisser exécuter son geste qui, même si il en avait l’allure, n’avais pour moi rien de réconfortant et dont je ne compris pas vraiment la teneur, et l’entendre commencer à débiter son avis virant vite fait à la critique.

Mon attention fût interrompue brutalement par le contact doux et chaud de l’animal entre mes mains, pas plus heureux que ça d’être soudain confié à un parfait inconnu et qui ne s’en débattait que plus fort. Que dire de moi alors, loin de m’y attendre, et tentant d’abord de le calmer ou du moins de l’empêcher de gigoter autant, avant de le reposer à terre le plus gentiment possible, c’est-à-dire le lâchant sur les derniers centimètres tant il se tournait dans tous les sens.  Même aux prises avec le louveteau, je n’avais pas perdu une miette des paroles de Jena, celles me concernant tant que celles concernant le groupe en entier  et même si le sens complet de sa réplique à mon égard direct ne m’était pas clair, je sentais sourdre une certaine hypocrisie manifeste de sa part. Le fait qu’elle s’attaque ensuite à tout le monde sans prendre de gants et en tirant à vue part ne me plaisait pas non plus, mais alors pas du tout, même si elle n’avait pas tort sur certains points, elle n’avait pas à tout dégobiller ainsi, encore moins à ce moment qui me semblait parfaitement mal choisi.

J’étais prêt à lui démontrer à quel point j’estimais qu’elle disait des conneries en montant directement dans les tours, la fatigue et la crève  n’aidant pas à ma diplomatie verbale, mais l’interlude que j’avais vécue avec le petit canidé permis à James de s’interposer juste au moment où je me relevais, et m’interdis d’exprimer ce que j’avais sur le cœur, ce qui n’était certainement pas un mal, tant mon état d’épuisement général m’aurait encore permis de m’illustrer par un joli coup de sang qui n’aurait rien amené de constructif. Je la bouclais donc et laissais le doc envoyer sa longue tirade dont j’avoue ne pas avoir complétement tout saisi avec netteté, mais dont ne m’échappa pas le fait qu’ils en avaient manifestement bien bavés durant notre absence. En comparaison, nous avions eu des vacances de santé…  Pour un peu j’en aurais eu honte.

Je regardais ailleurs, pensif, quand Liz rompis le ténu silence laissé par James. Ca, c’était une fille sensée. On aurait dû commencer par ça, d’ailleurs, au lieu de se crêper le chignon. Et Melody qui en remit une couche alors que Mark s’éloignait déjà, si après ça les deux avaient encore du répondant, j’en mangeais bien volontiers ma chemise. N’en restais pas moins qu’il y avait un point bien réel dont je ne pouvais complétement tenir rigueur à Jena et que je ne pouvais laisser se noyer dans le reste du blabla envoyé ces dernières cinq minutes. La tête froide et bien calmé, j’exprimais simplement ce que j’avais en tête pour laisser les autres y penser, comme l’avais bien relevé Melody, et pendant que la brunette en était aux « freehugs » généraux.

- Ceci dit, Jena n’a pas tort sur un point.


« Même si elle a plus que sa part de responsabilité. » pensais-je en aparté.

- On a pas tellement eu l’occasion depuis notre arrivée, mais il faut penser à ce que tout le monde sache au moins se défendre la moindre. Pour la sécurité du groupe. Même si deux types armés n’auraient vraiment pas changés grand-chose face à la horde, là-bas, à part gaspiller des munitions, je ne veux plus être le type qu’on se traîne et sur lequel on vient se plaindre. D’ailleurs si certaines personnes, au lieu de se plaindre justement, avaient proposés de nous apprendre, je pense pas qu’on aurait refusé. N’est-ce pas ?


Le regard noir que je lançais à la concernée pour la défier de dire le contraire avait sûrement dû se perdre dans l’obscurité partielle qui nous entourait, mais ça n’avait pas d’importance. Elle venait se plaindre d’avoir des gens sans arme, super, mais nous avait-elle empêchés de venir ou fais quoique ce soit pour que ça ne soit pas le cas ? Que nenni ! Cette bonne femme allait me rendre dingue à coup de contradictions. A peine je pensais pouvoir l’apprécier que paf, elle redevenait proprement insupportable. Une bonne femme, donc. Mais mon intention n’était pas de raviver les braises et je gardais donc tout ça pour moi, pour l’instant.

- Sur ce, Liz a raison, on est tous crevé et ça sert à rien de discuter. Tout ce que j’demande, c’est de dormir à l’abri pour ce soir...

Mon regard passait de l’un à l’autre, me demandant si j’allais me faire incendier ou si plus simplement le signal du départ allait être donné dans la plus parfaite harmonie… Je m’égarais. J’avais vraiment besoin d’un vrai sommeil, sans les innombrables râles des morts comme fond sonore.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Ven 1 Avr - 14:27
Peu à peu, tour-à-tour, ils me tombaient dessus, les uns après les autres, blessés dans leur ego. Le premier à réagir, se postant aux côtés de Melody, fut James. Le médecin, véritable faiseur de miracle qui avait soigné ma blessure d’une simple caresse de ses doigts avait très clairement pris la défense de Melody juste après que j’eus terminé de lui révéler le fond de ma pensée. Stoïque, me campant bien droite sur mes appuis et posant mes mains sur mes hanches, j’avais légèrement relevé le menton pour soutenir le regard du chirurgien qui se posait en défenseur de la veuve et de l’orphelin.

Bien évidemment, il n’était pas difficile de comprendre sa réaction d’abord légèrement emportée, m’interpellant d’un ton sec avant de poursuivre son laïus d’une voix plus posée et argumentaire. Je n’avais pas mâché mes mots, chose à laquelle Melody devait être familière depuis que nous nous étions rencontrées, mais visiblement pas les autres survivants. Je pensais pourtant qu’après le désastre que furent ces derniers jours, ils seraient d’autant plus à même de percevoir la nuance des propos que j’avais tenus. Ou pas. La fatigue, la nervosité qui étaient miennes autant qu’elles devaient être leurs semblaient décomposer la compréhension de mes mots selon toute une palette de nuances et de perceptions.

Mais face au long discours de James, dont j’entendais chacun des mots et plus encore les explications détaillées qu’il me donnait à propos de ce qui s’était déroulé au campement le jour où nous étions partis vers le centre commercial pour initier notre fiasco ; je restais droite, ramenant finalement mes bras pour les croiser devant ma poitrine sans que mes azurs ne se détachent des siens. Droite, mais pas impassible. Non. C’était impossible, pas après qu’il se permettait de réduire ma volonté d’intégration ou mon attachement à ce groupe à une simple durée dans le temps.

Je crispai les mâchoires, serrai les dents en contenant l’envie furieuse de simplement m’avancer vers lui, couvrir la maigre distance qui nous séparait encore pour l’empoigner par le col et lui balancer ses quatre vérités à la tronche. Si l’on devait parler de temps, avait-il seulement idée de ce que ça avait été que survivre, chaque jour que l’enfer faisait, à ce monde ? Que s’ils n’avaient pas eu la survie facile, au moins avaient-ils pu s’épargner quelques mois d’horreur ? Mais ce n’était pas un argument valable. Ce n’était même pas un argument du tout. Juste une manière comme une autre de comparer l’incomparable. Une perte de temps et un véritable non-sens qui n’avait pas sa place ici.

Alors non, je ne pouvais pas lui faire de reproches. Pas à lui, ni à aucun d’entre eux. Je comprenais qu’ils aient pu interpréter mes propos comme tels, la nuance n’était pas flagrante, et le discours dénué d’une quelconque diplomatie, à raison. Le monde dans lequel nous vivions ne souffrait plus d’aucune forme de diplomatie. C’était tuer ou être tuer. Point ; et ces derniers jours ne pouvaient que me donner raison. Ils devaient s’y faire. Aussi je restais silencieuse jusqu’à ce qu’il en finisse. Silencieuse, mais pas loin d’être insensible. Chacun de ses mots faisaient mouche quelque part, résonnant contre mon esprit et venant autant alimenter la haine que je portais à nos ennemis que les reproches dont je me blâmais. Car bien qu’ils ne l’aient pas saisi, je m’estimais être la seule fautive du fiasco du centre commerciale. Fautive et pour autant pas responsable. Ici se trouvait la nuance qu’ils n’avaient pas saisie.

Finalement, quand ce fut au tour d’Elizabeth de prendre la parole à la suite de son mec, ayant l’intelligence de ne pas renchérir davantage pour nous mettre face à la réalité bien concrète de notre épuisement, aussi bien physique que mental, je détournais mon regard de celui de James pour le porter vers la maison, un regard embué de larmes que je peinais à retenir, dans un reniflement qui aurait pu tout aussi bien être du fait de la maladie que de l’émotion.

Mon rythme respiratoire s’était fait plus rapide, plus rauque et légèrement sifflant en raison de ma gorge obstruée et enrouée par le mal, alors que mes azurs se déportèrent sur la massive carrure de Mark qui quittait le groupe pour aller prendre du repos. Moi qui avait pensé pouvoir compter sur lui pour appuyer mes propos, ma vision des choses, il se contentait de foutre le camp. Putain ces mecs, dès qu’ils se choppaient le moindre microbe, y’avait plus personne au garde-à-vous…

Puis Melody s’interposa, entre James et moi, comme si elle avait craint que nous en venions aux mains. Une crainte fondée en réalité, du moins de mon côté, puisque dans d’autres circonstances, j’aurais peut-être eu l’audace d’essayer de coller une mandale au chirurgien pour s’être permis de juger de mon implication au sein de ce groupe, ou ma volonté de m’y intégrer. Mais avec les propos appelant à l’apaisement de la part des deux brunes, je ravalais bien vite ma fierté. Ca n’en valait franchement pas la peine. Ca ne sèmerait que plus de discorde, et nous n’avions pas besoin de ça. Surtout pas maintenant. Elles avaient toutes les deux raisons. Nous devions prendre sur nous, prendre du repos et aplanir les choses plus tard, la tête froide.

Je répondais à l’embrassade de Melody d’un geste du bras gauche passé dans son dos, ma main venant se plaquer entre ses omoplates dans une étreinte affectueuse, prenant garde malgré tout à ne pas écraser son bras blessé contre moi. Je prenais une longue inspiration, cherchant à apaiser les tensions intérieures qui me dévoraient, tout en gardant la jeune femme près de moi durant quelques secondes, juste le temps pour Johann de se manifester à nouveau et m’empêcher de prononcer les quelques mots d’excuses et de remerciements que j’allais confier à la chasseresse.

Me détachant ainsi de Melody, je faisais de nouveau face au rouquin, contractant mes mâchoires et le reste des muscles de mon visage dans une grimace de colère et d’exaspération, cherchant son regard dans l’épaisseur de la pénombre qui nous entourait, juste avant que, éreintée, je ne laisse finalement la colère me submerger.

“Parce que tu crois que c’est qu’une question de flingue ? Qu’il s’agit juste de ça ? D’apprendre à viser et tirer ?” Je secouais la tête avec emportement, laissant mes larmes colériques déborder de mes yeux pour rouler le long de mes joues, reprenant d’une voix sèche et brisée, dont le volume augmentait peu à peu au fil des syllabes. “Non, bien sûr que non. Un flingue ou un couteau, c’est qu’un outil. Ça… ça ne devient une arme qu’à partir du moment où dans ta tête, tu franchis ce point de non-retour où tu sais que tu vas prendre une vie, la détruire et devoir vivre avec ça sur la conscience pour le restant de tes jours. James et Melody ont du sang sur les mains, celui de nos ennemis et déjà rien que ça, ça doit être foutrement difficile. Moi, c’est celui de Jian que j’ai sur les mains, l’un des nôtres, le sang d’un môme que je m’étais promise de protéger. Et ça à beau me rendre malade, je le referai sans hésiter si ça peut t’éviter d’avoir à vivre avec ça…”

Au terme de cette phrase, je me serai approchée de Johann et aurait tenté de l’agripper par l’encolure de son blouson d’une poigne ferme de ma main gauche, afin de rapprocher mon visage du sien, à une trentaine de centimètres, pour planter mes yeux colériques et déterminés dans les siens. Bien évidemment, Johann n’aurait, s’il le désirait, aucune difficulté à se libérer de mon geste simplement en se reculant ou en se débattant, tout comme il ne gênerait en rien l’intervention physique d’un autre membre du groupe destinée à nous séparer. Que ce soit le cas ou non, je ne retiendrais rien de mes prochains mots à son encontre, lâchés d’un ton bien plus froid et amer, mais toujours aussi déterminé.


“Alors blâmes-moi autant que tu veux, mais viens surtout pas la ramener pour me demander de t’apprendre. T’as aucune envie de l’apprendre.”

James F. Everett

Anonymous
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Sam 2 Avr - 13:22
Elizabeth avait entendu sa voix, peu après qu'il eut terminé de faire entendre la sienne. Elle n'avait guère envie de prendre parti et voulait se reposer, il ne pouvait qu'être en accord avec ça, ils étaient tous fatigués, ils avaient besoin de se reposer et prendre du recul sur toute cette histoire, réfléchir à ce que cela signifierait pour eux, pour lui. N'ayant jeté qu'un coup d'oeil de coté vers sa bien aimée, il acquiesça légèrement et revint vers Jena, plissant les lèvres avec un air désolé, car s'il avait eu quelques mots francs à son encontre, il n'en restait pas moins d'accord avec le fond de ses paroles, car c'était un fait : jusqu'ici, et bien que Samuel soit censé partager son cheftain avec Melody d'une certaine manière qui paraissait encore très ombrageuse, aucun n'avait vraiment prit les choses en main, qu'il s'agisse de dicter des règles, instaurer un fonctionnement, définir des priorités, des objectifs et veiller sur les membres du groupe et leurs relations parfois houleuses.

Dans un certain sens il comprenait leur manque d'activité et de motivation, Melody avait perdu Seth et plus récemment, Samuel avait perdu Ivy, il n'avait pu que se mettre à leur place eux qui avaient perdu aussi brutalement la personne avec laquelle ils s'étaient liés, lui-même ne savait pas comment il aurait réagit à leur place, mais cela n'aurait pas été en bien et il en avait eu la preuve plus tôt, prêt qu'il était à s'engouffrer dans ce centre commercial et y mourir si nécessaire avec sa belle Elizabeth. Ces pertes, ces horreurs arrivées en si peu de temps, tout avait été vite, tellement vite depuis leur retour à la vie, ils n'avaient vraiment pas pu souffler pour envisager l'avenir et malgré tout, il n'en restait pas moins que Samuel et Melody avaient réclamé des responsabilités que lui-même n'avait pas réclamé parce qu'il savait ne pas pouvoir les assurer, mais qui exigeaient de ce fait qu'eux-deux les assument pour le bien du groupe qui se fiait à eux. Alors oui, Jena avait raison, même si la forme laissait profondément à désirer vu sa position que James ne pouvait voir autrement qu'arriviste, dans une certaine mesure, avec le peu qu'il en avait vu.

La situation tendait sans doute à se calmer, mais voilà que Melody s'interposait pour les reprendre avec un ton et des mots qui laissèrent le chirurgien très étonné, baissant le regard vers elle en fronçant lourdement les sourcils, ne cachant rien de la surprise et de l'incompréhension face à cette attitude. Mais à quoi jouait-elle pensa t-il ? Certes, il avait eu quelques mots visant à remettre Jena à sa place vis à vis des reproches qu'elle avait déversé, ce par sentiment d'injustice envers Melody présente et Samuel absent et non par opposition, mais il l'avait fait sans colère et ça n'avait composé que le tout début de son discours, la suite mêlant explications des événements en leur absence et une tentative sincère de calmer les choses en suggérant le besoin d'unité, avec un ton tout aussi posé, et la chasseresse les prenaient comme des enfants qui se chamaillaient ?

Qui plus est alors qu'il avait voulu la défendre ? Cette situation lui renvoya brutalement ses réflexions d'avant cette chasse en forêt, avant ce moment où il crut améliorer son entente avec elle, pour lui rappeler ce vice chez elle qui irritait tristement James, à savoir cette manie de transformer la situation et réinterpréter des faits pour pouvoir se donner le bon rôle et s'offrir le luxe de jouer les médiatrices avisées, un vice car pour Melody, il n'en était rien. Il avait eu des doutes envers Samuel, comme tout le monde certainement, cependant cette façon qu'avait Melody de laisser faire les choses pour mieux tomber sur autrui et s'octroyer le droit à la critique et au jugement, d'une façon tout à fait malsaine, le rendait bien plus méfiant à son égard et dans sa volonté de commander, cette méthode capricieuse d'exiger écoute et confiance des autres, de croire en sa volonté et ses dires, peut-être même d'obéir si elle était chef, simplement parce qu'elle se considérait chef sur le papier, sans rien donner en retour de ces exigences et sur cela il n'extrapolait pas car elle ne s'en était même pas caché.

Ils étaient tous fatigués physiquement et moralement et nul doute qu'ils avaient tous besoin de repos, les pensées s'enchaînant et s'amplifiant du barbu lui faisant chauffer le crâne, manquant probablement de distance dans cette situation, mais si cela paraissait évident dans une certaine mesure vis à vis de Jena, il en était moins le cas vis à vis de Melody, conscient qu'il ne prendrait pas son attitude différemment dans une situation de calme car ce n'était que la répétition d'un schéma qu'il connaissait déjà. C'est pourquoi, regardant Melody tout en l'écoutant tenter de materner ce qui n'avait pas à l'être, comme une vérité qui n'était pas une, loin de là, il était resté stoïque et n'avait pas relâché la pression sur ses sourcils. La goutte de trop fut cette tentative maladroite de l'étreindre, à laquelle il répondit clairement en posant sa main sous sa poitrine pour la stopper avant qu'elle n'accomplisse l'acte. Gardant son ton au plus calme malgré ses pensées, il se contenta de soupirer en secouant légèrement la tête, sans détourner ses yeux fixés dans les siens.

« Il me semble que j'ai simplement voulu te défendre non ? Il me semble aussi que je suis resté calme et qu'au-delà de ce début un peu rustre, le reste de mon discours cherchait à aplanir la situation, ou n'as-tu rien écouté ? » Il retira sa main et afficha un air d'autant plus sceptique, expirant une nouvelle fois avec autant de lassitude. « Tu es bien gentille mais n'essaies pas de nous donner le mauvais rôle pour te mettre en valeur, tu n'as jamais su y faire et tu te trompes, encore une fois. Je reviens sur ce que j'ai dit. »

Il avait finalement levé le regard vers Jena et lâcha avec fatalisme en se rendant compte que cette volonté justicière avait été erronée, car elle n'avait pas mérité qu'il intervienne.

« Tu as raison et je n'aurais pas du te dire ce que j'ai dit, je suis désolé. Il serait peut-être temps que ceux qui se prétendent chefs prennent leurs responsabilités au lieu de se pavaner, et malgré tout Samuel a bien moins à se reprocher à ce niveau-là, à croire que celle qui accusait l'autre d'être un manipulateur, a juste cherché à détourner l'attention. »

Il tourna aussitôt les talons et se dirigea vers Elizabeth, s'arrêtant pour lui prendre la main une fois à son niveau avant de lui suggérer à voix haute, pour que tout le monde puisse entendre :

« On se chargera de la garde dans dix minutes, j'ai quelque chose à te montrer avant. »

Il n'eut qu'à attendre qu'elle le suive avant de se diriger vers la maison, jeta un oeil à droite puis à gauche sur les deux autres bâtiments, avec la tendance à déduire que ce qu'il cherchait à cette heure-ci devait sûrement être à l'intérieur de ladite maison. Il fallait dire que ça avait été si court, si bref qu'il n'était plus sûr que cela ai été la réalité, un moment qui était resté dans l'esprit du chirurgien en devenant plus diffus avec les jours, plus incertain. Ce moment... où il avait cru voir Ivy, avec Samuel et bien vivante. Il espérait de tout coeur qu'il n'avait pas halluciné ce fameux soir, il l'espérait.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 2 Avr - 20:28
Elle avait espéré un retour différent, un retour plus soulagé, plus tendre, plus libérateur. Elle avait pu gouter à ce sentiment d’allégresse quand James avait couru pour la prendre dans ses bras, la portant pour l’étreindre pleinement et partager avec elle une joie et un soulagement sans nom. Mais le reste du groupe en avait décidé autrement. Rancœur, colère, peine, tristesse, ils avaient choisis une manière autre d'expirer la douleur ressentit les derniers jours, comme s'ils avaient été les seuls à avoir supporté ce calvaire.
Si les mots d’Elizabeth, qui n'avaient souhaité qu'en toute impartialité réclamer une pause dans les hostilités le temps que le repos remettent quelques pansements sur les plaies avaient incité Mark à partir, acquiesçant à sa remarque quant à l’état de fatigue et l’état de santé fragile de pas mal d’entre eux, chacun avait ensuite décidé que là ne serait pas le dernier mot de la soirée, Melody la première.

Avait-il été réellement nécessaire d’intervenir de la sorte alors que les tentions étaient retombées de chaque côté quand ils avaient pris la mesure de leur condition, mettant de surcroît James dans une position bien bancale et inconfortable ?

Elizabeth était fatiguée. Fatiguée de l’humanité et de leur comportement destructeur les uns par rapport aux autres. Fatiguée des égos, disproportionnés, surdimensionnés. Fatiguée des mots plus hauts que d’autres, des reproches, des sarcasmes. Elle passa sa main droite sur son front, massant ses yeux au passage avant de ramasser le reste de sa tignasse broussailleuse et sale derrière sa tête en un long soupir de lassitude.
De son point de vue, et de l’expérience vécue en compagnie de chacun d’eux… elle ne voyait pas là un groupe uni pour survivre, un seul et même camp luttant contre le véritable danger : celui des morts et des criminels. Elle se demandait même s’ils essayaient d’en faire l’effort ou s’ils s’étaient contenté de se dire que cela était peine perdue. Non, elle voyait plutôt des morceaux d'un puzzle dont aucun côté n'arrivaient à correspondre... c'était en tout cas l'image qu'elle en tirait.

Revenant vers elle au terme de sa rétorque emplie d’une déception allègrement perceptible, une grande peine envahi son cœur en comprenant la mesure de l’amertume qui marquait le visage de son compagnon. Lui qui avait pris le temps d’apporter une version plus neutre de la culpabilité qui les envahissaient tous, et au lieu d’être soutenu dans sa démarche, il se faisait pousser sur le bas-côté,  maladroitement.

Elle se contenta donc d’hocher la tête envers James lorsqu'il se présenta à elle, cherchant à le rassurer d'un contact léger du bout des doigts à la recherche des siens, avant de se pencher légèrement sur le côté, adressant un regard vers Melody et Jena, les deux principales concernée par son avis qu'elle s’apprêtait à donner. Après tout, elle en avait un, et même si certains prétendrons que sa partialité n’était qu’uniquement dû au fait de son attachement pour James, ils avaient torts et seraient bien simple de penser qu’elle ne pouvait se forger son propre avis par elle-même.

« Si personne n’est capable d’empathie, qu’ils se contentent d’agir au lieu de jouer sur le social. Tout le monde n'a pas la faculté de pouvoir comprendre et de s'adapter aux autres. Il serait temps d'arrêter de le prétendre et de prendre nos propres responsabilités. »


Son regard passa de Melody à Jena, pour finir vers Johann à qui elle se contentait d’exprimer un bref salut de la tête avant de suivre James vers la grande maison qui leur servirait désormais d’abris, et pour longtemps de son souhait. Elle ne se posa pas de réelle question dans un premier temps vis-à-vis à ce qu’il avait dit, ce qu’il avait à lui montrer. Son esprit était encore bien trop préoccupé par les accrochages qu’ils avaient eu les uns avec les autres, si bien que lorsqu’arrivé au pas de la porte, elle entendit dans son dos Jena repartir de plus belle, elle se contenta de s’assombrir un peu plus dans son constat en lien avec le groupe. L’humanité n’avait pas changé. Apocalypse ou non, la nature de l’homme était restée la même.

Elle détourna le regard, supposant le pauvre Johann moins en danger que face à un Mark en colère, et s’engouffra dans la masure, espérant retrouver rapidement le confort, la chaleur et la stabilité des bras de son aimé, bien égoïstement.
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